Disclamer : Les personnages appartiennent à Masami Kurumada
Un grand merci à ma beta lectrice Zarbioide pour sa gentillesse et qui a le courage de me corriger et merci à frazyl pour son soutien.
Camillou: Merci, et oui ce n'est pas facile entre Angélo et Shiryu! Contente de t'avoir fait rire. Bisous
Marine: Merci de ta fidélité .Bisous
Un grand merci à ceux où celles qui vont passer par ici. Bonne lecture
Chapitre 5
Quelque part dans Athènes:
"Entrez !...Tiens... voilà les deux crétins incapables qui travaillent pour moi. Entrez et venez m'expliquer pourquoi vous vous êtes trompés de pute" dit d'une voix meurtrière l'homme aux longs cheveux noirs ondulant sur ses épaules, qui les fixait d'un regard mauvais.
Gordon et Niobé entrèrent la peur au ventre et fermèrent la porte derrière eux.
"Patron" dirent de concert les deux acolytes pas rassurés du tout, mais alors pas du tout, connaissant la folie meurtrière de leur boss. C'est pour cette démence que la mafia faisait souvent appel à lui.
"J'attends...!" Ces mots résonnèrent dans le séjour apportant un froid glacial qui fit trembler de peur Gordon et Niobé .Ils tombèrent à genoux s'excusant. Gordon prit la parole:" Désolé patron... mais Eaque est arrivé en moto et peut de temps après on l'a vu sortir. On a pensé que c'était lui, l'autre pute avait mit son blouson, son casque, a monté sur la moto et il est parti... pas un instant on a pensé que ce n'était pas Eaque!"
"Tais-toi... non seulement vous vous trompez de pute mais en plus vous n'êtes même pas capables de le tuer. Maintenant dites- moi... A-t-il reconnu un de vous deux? " Sur ces mots il s'était levé, leur faisant signe de le suivre et d'un pas tranquille alla dans son bureau où il ouvrit un tiroir, sortant sous les yeux horrifiés de Gordon et Niobé, un revolver qu'il pointa vers eux. "Lequel vais-je tuer en premier?"
"NON...non monsieur, je vous jure qu'il ne nous a pas vus!" Se tournant vers Gordon, Niobé le supplia du regard de dire quelque chose: "C'est vrai boss, on avait une cagoule, il n'a pas pu nous voir. Mais on sait qu'il est à l'hôpital ...on peut finir le boulot si vous voulez et... "
"Quand je dis que vous êtes deux idiots, je suis loin du compte. Non... vous ne le tuez pas. Pourquoi? Alors j'attends... vous ne me demandez pas pourquoi?" Il regardait ses deux hommes de main sadiquement pointant le revolver dans leur direction: "Un, deux, trois...
Statufiés, les deux hommes étaient devenus blancs. En tremblant, Niobé bégaya: "Siii...poupouu... pourquoi ? " Ouf c'était sorti pensa-t-il
"Ha hahahaha" se mit à rire comme un fou leur patron: "Bien, alors je vais vous le dire, je viens d'apprendre de mon indic que Minos allait témoigner en faveur de la victime et oui, il a soi- disant vu Hadès qui était près de sa villa ce jour-là aux heures dites. Un détective est passé au commissariat de Paros avant de repartir pour Athènes, en disant que le prostitué allait faire une déposition en sortant de l'hôpital. Pour l'instant, plus besoin de tuer les putes. Mais je veux que vous vous renseigniez sur ce détective et que vous surveilliez Hadès et aussitôt qu'il est seul, je dois le savoir ...compris? Moi je m'occupe de Shiryu parce que lui... c'est ma petite pute. Qu'est ce que vous faites encore là!?" Pointant de nouveau son arme sur eux: "Un, deux ...hahahaha..."
Les deux hommes de mains continuèrent d'entendre le rire dément même après être sortis de l'appartement à toute vitesse.
Villa des trois frères:
Saga regardait encore une fois son dossier d'architecture, il soupira et décida de le ranger. Bon sang quel stress et pourtant d'après Angelo il n'y avait pas de raison. En pensant à son collègue, il eut un sourire. Il devait avouer que l'Italien était doué et étonnamment, lui qui avait le sang chaud savait garder dans certaines circonstances son calme et c'est ce qu'il fallait pour ce métier. Le grec se leva, se dirigeant vers son bureau quand la sonnette de la porte d'entrée retentit :"Ah... sûrement Shura, je me doutais bien qu'il viendrait," pensa Saga quand même un peu surpris qu'il ne soit pas venu plus tôt. Mais bon le principal c'était qu'il soit là.
"J'arrive..."Ouvrant la porte, il resta bouche bée devant lui, ce n'était pas Shura qui le dévisageait les sourcils froncés, mais un blond assez grand aux yeux couleur or.
" Kanon!? Je veux te...mais vous n'êtes pas Kanon!" S'exclama le blond.
"Non ... son jumeau. Que lui voulez vous ?" Saga le toisait du regard froidement: "Vous êtes?" lui demanda-t-il, bien qu'il s'en doutait, mais le fait qu'il rougisse, du au manque de politesse de ne pas s'être présenté, rempli d'une joie sadique l'architecte.
"Excusez-moi...je suis Rhadamanthe de Wyvern, pouvez -vous dire à votre frère que je voudrais lui parler!"
Sans un regard sur l'avocat, ni une parole, Saga lui claqua la porte au nez. Puis satisfait de lui, alla à l'étage pour prévenir Kanon que son amant l'attendait dehors. Arrivé à la chambre du médecin, il vit deux portes s'ouvrirent presqu'à l'unisson et perçu deux paires d'yeux le fixant d'une muette interrogation.
Saga y répondit:" C'est Rhadamanthe, Kanon... il est devant à la porte d'entrée."
"Ah bon...? Et bien qu'il attende, je dois finir de m'habiller." Il lança un regard désolé vers Shaka et rentra dans sa chambre où il alla s'asseoir sur son lit en soupirant puis un petit sourire naquit sur ses lèvres. Si Rhada était venu, ce n'était sûrement pas pour l'insulter, ça il pouvait le faire par téléphone. Se levant, il alla dans sa penderie enleva le short en jean qu'il portait et décida de mettre un pantalon léger gris souris avec une chemise blanche en soie dont il remonta les manches. Pour une fois, il se peigna bien les cheveux et mis à ses pieds des mocassins gris clair. Descendant l'escalier, il respira plusieurs fois pour se calmer, sentant son cœur s'emballer. Arrivé devant la porte, une petite flambée de colère s'insinua en lui :"Reprends-toi Kanon , et n'oublie pas qu'il t'a menti." Marmonna-t-il à lui-même.
Ouvrant la porte, le médecin fut surpris de ne voir personne "Merde... il est parti" songea-t-il dépité, quand il entendit:
"Ah quand même je pensais que l'on m'avait oublié." Et il aperçu son ex-amant s'avancer vers lui.
Rhadamanthe s'approchant se demandait si c'était Kanon sur le pas de la porte ou son frère jumeau. Son hésitation étant due à l'habillement qu'il portait. Arrivé à sa hauteur, il le regarda dans les yeux ...oui c'était lui :" Whaow... la classe, ces vêtements te vont à ravir tu sais?..." Son regard admiratif ne pouvant se détacher de cet homme magnifique qui était devant lui.
"T'es venu pour dire des conneries ? "L'apostropha le médecin qui avait un peu rosi aux compliments: "Pourquoi t'es là?"
Rhadamanthe ne pouvait quitter du regard le Grec. Il lui demandait pourquoi il était là!? Avant de le voir, il savait très bien pourquoi et ce qu'il devait lui dire mot pour mot .Mais maintenant qu'il était face à lui, il avait perdu toute notion. Il ne voyait que cette bouche qu'il avait envie de prendre, de savourer ...
"As-tu l'intention d'attendre longtemps avant de me répondre ? » Interrogea Kanon, le faisant sortir de ses pensées.
Reprenant ses esprits, Rhadamanthe balbutia : "Euh...oui...voila, je suis venu pour te demander ce qui t'avait pris hier soir de venir m'insulter et te ridiculiser en même temps?" En voyant le regard assassin que lui lança à ce moment-là Kanon, l'avocat se dit qu'il n'avait pas choisi les bons mots.
"Ce sont tes excuses? Si tu veux savoir... j'en ai rien à foutre de m'être ridiculisé. L'insulte c'est moi qui l'ai eu, en plus... tu n'es qu'un sale menteur, hypocrite, vicieux...et...et..."La fureur faisant bégayer le Grec, il lui lança un dernier regard meurtrier et lui claqua la porte au nez. Le cœur s'emballant, le médecin s'adossa au battant. Il sentit les regards curieux de ses frères qui venaient vers lui.
Rhadamanthe continua à regarder la porte comme un idiot, se demandant comment il allait faire pour que Kanon l'écoute de nouveau. Au moment où il allait une nouvelle fois sonner, elle s'ouvrit sur un jeune homme blond très beau lui aussi, qui referma cette foutue porte derrière lui. En passant à ces côtés, il s'arrêta une seconde le toisant de ses beaux yeux bleus ciel devenus glacials pour l'avocat:
"Moi à votre place... j'aurais honte." Et sans un mot de plus, Shaka descendit les quelques marches, monta dans sa Citroën C5 bleu abysse, démarra et s'éloigna de la vue d'un Rhadamanthe qui secoua la tête négativement, se retournant pour une énième fois sonner: "Kanon ouvre-moi... Je m'excuse pour tout à l'heure...bon tu n'ouvres pas...ce n'est pas grave! Je vais rester là et attendre."
L'avocat était assis sur les marches depuis maintenant une bonne demi heure quand Kanon radouci, ne voulant pas que l'anglais attrape une insolation, vint s'installer à ses côtés lui tendant un verre d'eau que Rhadamanthe prit et but d'une traite: "T'es pas un peu malade pour rester planter là par se soleil de plomb?"
"Je t'avais dit que je ne partirais pas sans qu'on s'explique." lui répondit le blond le regardant avec détermination.
Kanon soupira:" Bon viens sur la terrasse on sera mieux."
Saga qui lisait son journal se leva à leur arrivé:" J'ai un coup de téléphone à passer" et il partit dans son bureau. Après un moment de réflexion à regarder le mobile, il se décida... après tout s'il y en avait bien un qui pouvait convaincre Shura à faire le premier pas, c'était bien Angelo. Racontant à l'Italien la dispute de l'avocat et de Shaka, il ne put s'empêcher de regarder par la fenêtre, apercevant son frère faire de grand geste en parlant à Rhadamanthe, ce qui lui amena un sourire sur les lèvres, surtout voyant le blond qui pour une fois avait le bec cloué. Une fois que l'Italien lui promit d'aller discuter avec l'Espagnol, il raccrocha. Choisissant de laisser seul les deux amants, il sortit par la porte fenêtre de son bureau et alla se promener le long de la plage.
"Kanon... il faut que tu comprennes que je suis l'avocat d'Hadès et que je n'ai fait que mon travail".
"Et moi je suis l'ami de Shura et Shiryu... je sais bien que tu dois faire ton travail. Mais je te reproche de m'avoir menti. Tu savais qui j'étais... en plus, tu ne t'es pas gêné pour aller déterrer une vieille affaire... tu aurais dû tout me dire.
"Je suis désolé. J'ai eu tort d'agir ainsi... comment est-ce que je peux me faire pardonner ? ''
Regardant amoureusement Kanon:" Je te promets de ne jamais plus rien te cacher " Il lui retira le verre d'eau des mains et s'approcha pour l'embrasser:" On fait la paix?" Lui susurra-t-ilau creux de l'oreille . Le médecin s'abandonna totalement à lui, s'accrochant à ses épaules pour ne pas flancher, collant son corps contrele sien. Une fois que Rhadamanthe le touchait le grec était incapable de résister.
"Je ne sais pas trop où cela va nous mener?" Murmura le médecin entre deux baisers.
"Mmmh...moi non plus! Laissons faire les choses et on verra bien"
"Oui on verra..."
Après un temps d'hésitation... L'anglais serrant toujours tendrement son amant dans ses bras : "Viens vivre avec moi... Je veux t'avoir à mes côtés, que tu sois là tous les matins à mon réveil "
Kanon le repoussa doucement, planta ses yeux verts dans ceux or, curieux de sa réponse: "Non Rhada...c'est trop tôt... ça va trop vite." Voyant que l'avocat allait contester, il lui mit la main devant la bouche: "Laisse moi finir...je veux bien aller vivre chez toi, mais pas maintenant, laissons passer le procès, cela serait mieux vu les tensions!"
Rhadamanthe le regardait déconcerté: "Après le procès ? Mais... et s'il se déroule dans plusieurs mois? Tu parles de tensions, tu penses qu'après le procès il n'y en aura plus? Moi je peux te dire que si. Il faut que tu vois les choses en face, je vais défendre Hadès que je gagne ou que je perde les mésententes seront toujours là! Kanon...je suis venu vers toi. Maintenant c'est à toi de faire un pas dans ma direction, je ne te demande pas de choisir entre eux et moi ... Je suis un paria pour ta famille ainsi que tes amis... Que vas- tu faire?"
"Mes frères et mes amis n'auront pas le choix, mais je les connais, si je suis heureux ils t'accepteront...c'est moi Rhada, pour l'instant je ne me sens pas prêt ..." Voyant l'avocat déconfit Kanon passa ses bras autour de son cou et avant de l'embrasser lui murmura: "Demain soir je peux venir comme ça le lendemain je serais là à ton réveil ".
Le médecin commença à faire de petit baisers sur le visage de Rhadamanthe qui n'en pouvant plus prit ses lèvres dans un baiser passionné.
Quand ils durent reprendre leurs respirations l'Anglais demanda:" Pourquoi pas ce soir?"
"Non je suis invité chez Angelo, mais on a tout le reste de la journée pour..." Kanon n'eut pas le temps de finir ça phrase que son amant avait reprit sa bouche, déboutonnant la chemise de ses doigts habiles, puis fit glisser ses mains sur son torse hâlé quittant sa bouche pour descendre plus bas, le long du cou, sa langue parcourant la moindre parcelle de peau. Une main un peu plus aventureuse s'attarda sur la ceinture de son pantalon essayant de défaire la boucle quand celle du médecin l'empêcha de continuer:
"Non...pas ici Saga peut arriver d'un instant à l'autre" murmura le Grec, fixant de ses yeux pleins de désir Rhadamanthe, qui n'en pouvant plus, prit Kanon par la main et lui demanda en l'entraînant derrière lui: "Où est ta chambre..."
En revenant de sa promenade Saga vit que la voiture de l'avocat était toujours là, fronçant les sourcils, il se demanda où ils pouvaient être. Quand provenant de la fenêtre ouverte de la chambre de son frère, il entendit des gémissements... il eut un sourire.
Athènes:
Après avoir déposé Shiryu et Shun au magasin de Shaka, Angelo se rendit chez son ami Shura. Il avait un peu de plomb à lui mettre dans la tête. Shaka allait mal, et lui, cet idiot, ne devait pas aller mieux. Sur ces pensés belliqueuses, il arriva devant la résidence raffinée de l'avocat qui comprenait trois étages. L'architecte prit l'ascenseur d'où les portes s'ouvrirent sur un couloir très classe où se trouvait l'appartement de l'Espagnol.
A peine eut -il sonné que la porte s'ouvrit, laissant apparaître le visage de Shura, dépité après avoir vu que ce n'était pas la personne qu'il espérait: "Oh c'est toi?! "
"Bah oui... tu attendais quelqu'un d'autre?"Lui demanda Angelo en entrant dans l'appartement.
"Euh...Non...alors qu'est-ce-que tu as à me demander de si urgent? Cela ne pouvait pas attendre ce soir?"
"Bah non... Vois-tu, je voudrais adopter Kiki et tant que je ne sais pas si c'est possible, je préfère ne rien dire aux gosses." Tout en parlant l'Italien se dirigea vers le balcon et alla s'asseoir sur un fauteuil en résine tressée chocolat et pour le confort des fesses une assise en coton de coloris écru avait été posé dessus. De l'emplacement où il était l'architecte pouvait voir la rue, il y avait beaucoup de magasins de grand standing et il suffisait de tourner au coin de la rue d'en face, pour trouver celui de Shaka.
"Tu as mangé?" Lui demanda Shura en revenant avec un plateau où une bouteille d'ouzo, une carafe d'eau et deux verres y étaient posés.
"Non...j'attends ton invitation " lui répondit Angelo avec un grand sourire.
"Plats surgelés ça te va ? " ? Demanda l'Espagnol.
"Ok...alors pour ma question?"
"Ah...oui pour l'adoption ...bah si la garde de Kiki est enlevé à Hadès , il n'y aura aucun problème je pense. Tu tiens sérieusement à l'adopter? Remarque, si Shiryu faisait la demande, là... il y aurait un souci, le juge pour enfant aurait dit qu'il était trop jeune, pas fini ses études, pas de travail, pas de logement...enfin tu vois le topo? Mais toi tu gagnes très bien ta vie, tu as une maison et Kiki t'adore. Alors non aucun problème" Après un instant de réflexion :" Si tu veux, je peux m'en occuper et faire la demande? "
"Mais le fait que je sois gay ne va pas poser de difficulté?"
"Non … en plus le juge qui s'en occupe comme je l'ai dit la dernière fois est un ami." L'Espagnol prit son verre d'ouzo et but une gorgée en regardant Angelo, puis après une hésitation: "Cela ne te fait pas peur d'adopter? C'est quand même une sacrée responsabilité et ses frères comment vont-ils réagir? Tu dois te douter que Kiki ne voudra pas être séparé d'eux et vice-versa?!"
"Bon pour répondre à ta première question...non cela ne me fait pas peur. Après tout on a été aussi adopté tous les deux, sans Rasgado tu crois qu'on aurait eu cette vie? Tu crois qu'il a eu peur lui? Et pourtant avec nous deux, il y avait de quoi. Alors vois-tu... non je n'ai pas peur. Quant à ses frères, ils peuvent rester aussi longtemps qu'ils le veuillent et tu veux que je te dise... s'ils partaient ...Bah ça me ferait bizarre ...ça me foutrait vraiment les boules, je les aime moi ces gamins!"
Shura regardait son ami un léger sourire sur les lèvres jamais il aurait cru … entendant la sonnerie du micro-onde: " Tu viens manger?!"
Quelques temps plus tard, ils étaient tous les deux sur le balcon buvant un café quand Angelo qui n'avait pas oublié l'autre raison de sa venue, demanda: "Shura? Qu'est-ce-qu'il s'est passé entre toi et Shaka?"
"Je n'ai pas très envie d'en parler, Angelo."
"..."
"Quoi?"
"..."
"Tu m'énerves!Bah oui... on s'est disputé."
"..."
"Tu te rends compte? Il veut qu'on adopte un enfant! En plus il avait déjà le dossier en main et sans m'en avoir parlé. Je sais ce que tu vas me dire...d'accord tu veux adopter Kiki! Mais lui a dix ans et imagine un bébé? Cela pleure! Ou je ne sais pas moi...et les démarches ...hein? Il faut y penser!... Je suis con?"
" Plus con tu meures."
Shura se renfonça dans son siège en soupirant, il but une gorgée de son café tiède maintenant. "Je crois que j'ai peur Angelo... peur de n'être pas un bon père ...peur que cet enfant me prenne l'amour de Shaka et de la jalousie que je pourrais avoir à son encontre. Ce qui rendrait malheureux mon amour ... et..."
"Parce que là tu ne crois pas qu'il est malheureux? Merde Shura ...tu dis n'importe quoi ! Shaka t'aime et cela depuis des années... bien sûr qu'il aimera cet enfant! C'est normal non? Mais c'est pas pour ça qu'il t'aimera moins au contraire et comme tu m'as dis tout à l'heure... tu as un métier très lucratif, un bel appart avec trois chambres et tu connais un certain juge. Alors arrête de faire le con! Si tu ne veux vraiment pas adopter un marmot... vas voir Shaka et explique lui tes raisons, ne tourne pas autour du pot. Par contre dis-toi que tu risques de le perdre, parce que entre nous la jalousie n'est pas une bonne raison. "
"Oui c'est ça... avant de donner des conseils aux autres, balaie devant ta porte."
"Tu veux dire quoi par là?"
"Rien... si tu es aveugle je n'y peux rien...Comment je peux faire pour qu'il me pardonne?"
"Te faire pardonner est ton problème..."Regardant sa montre, "Je dois partir ..." Angelo darda ces yeux bleu foncé sur son ami et après un instant d'hésitation lui dit: "Shura... le magasin est à trois cent mètres, vas-y je suis certain qu'il regarde sans arrêt à la vitrine, pensant te voir...bon... j'y vais à ce soir! Et tu ne vas pas t'en tirer ainsi, va falloir m'expliquer le coup de balai devant ma porte"
Quand l'Italien fut parti, Shura resta un moment à contempler la porte puis s'admonestant, il se rendit dans son bureau où il prit ce fameux dossier et alla s'asseoir à sa table de travail. Il le posa, tapotant de ces doigts dessus tout en étant dans l'indécision puis il l'ouvrit ...
Magasin de Shaka:
Pensant toujours aux paroles de l'avocat Angelo entra dans le magasin où il vit Shaka enregistrer les achats d'un client, quant à Shiryu, il mettait sur cintre un vêtement pour le ranger.
Une fois le client sorti, l'architecte demanda: "Alors la vente a été bonne?"
Son ami le regarda en souriant :" Oh oui... le client était venu pour un pantalon et il en a acheté trois plus les hauts et une veste, grâce au roi de la vente ici présent". Sur ces mots, il fit une révérence.
"Votre seigneur vous remercie" lui répondit shiryu avec un grand sourire, les yeux pétillants de malice et les joues rouges du compliment.
Angelo sentit son cœur s'accélérer à cette vue, puis regardant autour de lui demanda:" Il est où Shun?"
"Aiolia est venu le chercher. " Bien sûr c'était Shaka qui lui avait répondu car la tête de mule aux cheveux noirs ne lui adressait toujours pas la parole, il se tourna vers lui: "Bon t'es prêt ? "
Shiryu sans lui répondre fit un sourire au blond qui était à son comptoir et lui dit: "A ce soir..."
"Attends... je dois te donner ta commission sur les achats que tu as vendu" Il ouvrit son tiroir caisse et lui tendit des billets. Quand Shiryu vit la somme, il leva les yeux surpris :" Mais c'est trop?!"
"Non c'est normal... Tiens, n'oublie pas ça" Shaka lui tendait un sac où se trouvait un jean et un tee-shirt. Tendant les mains devant lui en les agitant dans un signe de négation, Shiryu s'écria : "Non... cela me gêne!"
"C'est mérité… allez va Angelo t'attend." Shiryu se pencha au dessus comptoir et fit un baiser sur la joue de Shaka, puis passant à coté de l'Italien, il sortit pour l'attendre près de la voiture. Angelo soupira et regardant son ami lui dit avant de sortir "Qui a dit que je ne savais pas garder mon calme? Parce que là vois-tu ça bout à l'intérieur...mais je reste flegmatique". Saluant le blond, il alla rejoindre le jeune homme.
Shaka les regardait monter dans la voiture: " Connaissant Angelo il va bientôt exploser. Dans un sens cela serait bien, il faut crever l'abcès "songea-t-il regardant encore une énième fois dehors pensant voir un certain espagnol, mais rien à l'horizon.
Sur la route aux abords de Vravrona:
Angelo, les mains crispées sur le volant, ne quittait pas le pavé goudronné des yeux. Il était énervé... oui et cela parce que le gamin qui était assis sur le siège passager, mettait ses nerfs à rude épreuve. Au bout d'un moment, ne pouvant résister au mutisme de son voisin, il grommela: " Intéressante ta conversation, t'as rien d'autre à dire?"
Pour seule réponse deux yeux verts en colère le fixèrent puis se reportèrent sur la route. La fureur d'Angelo était à son comble :"Dis moi pourquoi tu ne me parles plus depuis plusieurs jours?! Qu'est-ce-que je t'ai fait? C'est parce que je t'ai embrassé? Pourtant t'avais l'air d'aimer?!"
Shiryu tourna vivement la tête vers lui: "Que tu crois... Pourquoi m'as-tu embrassé d'ailleurs? Cela t'excite de montrer ton savoir faire à un débutant ou bien ...c'était pour faire passer le temps en entendant ton cher et tendre Aphrodite et...?" Surpris de voir la voiture s'arrêter sur le bas-côté de la route, il s'était tu d'un coup, regardant l'architecte avec méfiance.
"Vas-y continue...tu disais? Fit sardoniquement l'Italien en se penchant sur Shiryu qui recula contre la portière:
"N'y pense même pas sale pervers, je ne veux plus que tu m'embrasses...tu as compris? PLUS...JAMAIS..."
Après ces paroles corrosives, Angelo se redressa et démarra pour reprendre la route. Shiryu qui sentait ses yeux se brouiller regarda par la vitre.
"Je vois pas pourquoi tu me parles d'Aphrodite? On a rompu tout les deux." Reprit l'Italien qui ne comprenait pas pourquoi le gamin lui parlait d'Aphro?
"..."
"Alors pourquoi?"
"..."
"Aaaah..." La voiture s'étant arrêtée brusquement Shiryu fit un bond en avant.
"DESCENDS ..."
Deux yeux verts fouillèrent Angelo du regard et voyant qu'il était sérieux se durcirent. Sans un mot, Shiryu descendit du véhicule et claqua la portière. La voiture s'éloigna le laissant planté sur le bord de la route. Shiryu ne croyant pas encore que l'architecte allait le laisser là, regardait la voiture espérant la voir faire demi-tour, mais une fois qu'elle eut disparu de sa vue, il dut se rendre à l'évidence: "Je n'y crois pas... il m'a laissé en plan! Quelle connard ce type...". Rageusement il tapa dans un caillou se trouvant devant lui et se mit en route tout en traitant Angelo de tous les noms.
Arrivant chez lui l'Italien n'était pas très fier de ce qu'il venait de faire. L'envie d'aller le récupérer le tiraillait, mais la colère en lui fut la plus forte. Il coupa le contact et descendit. Passant par la porte de devant, il posa ses clefs sur un petit guéridon qui se trouvait dans l'entrée. Puis il traversa le séjour pour se rendre sur sa terrasse où il vit Kiki discutant avec son nouveau copain dont la maman était la femme de ménage venant deux fois par semaine. Voyant Angelo, elle lui sourit.
"Alors Helena le petit diablotin a été sage? "
"Un vrais petit ange, nos deux garnements se sont bien entendus et je crois bien que l'on va souvent les voir ensemble...bon je dois partir... Johann? "Son fils après avoir promis à Kiki de revenir jouer avec lui, partit rejoindre sa mère.
Excité d'avoir un nouveau copain, le jeune garçon raconta à Angelo ses heures passées avec lui quand il regarda autour de lui :"Ils sont où?"Demanda le rouquin.
"Shun avec Aiolia et Shiryu bah...euh..." Comment lui dire qu'il l'avait largué sur le bord de la route? Quand il fut sauvé par la sonnerie du téléphone. "Ah...je t'expliquerais après". Avec soulagement il prit son portable et l'ouvrit "Oui... Shaka?...". Tout en écoutant le blond, il regarda Kiki qui s'était remis à peindre et rentra dans la maison pour qu'il n'entende pas la conversation:" Non je ne peux pas te passer Shiryu... tu lui demanderas ce soir...pourquoi? Parce que je l'ai abandonné sur la route ...ne me crie dessus Shaka ...non je ne vais pas à sa recherche... je te jure qu'il l'a cherché..."
En pleine justification l'Italien ne vit pas Kiki qui étant rentré pour lui montrer son dessin avait entendu la conversation. Sortant doucement il fit le tour de la maison et alla jusqu'à l'Audi A5 blanche Ibis. Ne voyant pas les clefs, il repartit en sens inverse et vit Angelo qui fermait son portable quand celui ci se remit à sonner. L'architecte lui fit un sourire, le rejoignant sur la terrasse. " Shura?..."D'un geste Kiki lui fit comprendre qu'il rentrait et il laissa l'architecte au téléphone. Entendant quelques secondes plus tard un bruit de musique, l'Italien eut un sourire "Ouff ...il a oublié son frère" Pensa-t-il en se concentrant sur ce que lui disait son ami.
Fier de son stratagème, Kiki qui avait récupéré les clefs, démarra la voiture avec un grand sourire. Tout fier de lui, il partit à la recherche de son aîné. Au bout d'un moment il le vit au loin qui marchait dans sa direction.
Shiryu regardait la voiture qui arrivait vers lui. Se préparant à l'attaque, il eut un sourire en coin "Tiens monsieur a eu des remords et bien, tu peux rester là où tu étais car je ne monterais pas... " Ces sourcils se froncèrent surpris quand la voiture se rapprocha "Bizarre ... on dirait qu'il n'y a personne." Puis remarquant des cheveux roux il hurla: "Kiki...?!Stop!"Quand la voiture se fut arrêtée à ses côtés le jeune homme ouvrit la portière et le regarda, blanc comme un linge et lui demanda: "Mais qu'est-ce-que tu fais dans cette voiture? Angelo... il est où?"
Un grand sourire toujours aux lèvres Kiki lui répondit:" ... Il est à la maison, il ne sait pas que je suis venu te chercher. " Et fier de lui il ajouta: "T'as vu... je sais conduire."
Tétanisé, de plus en plus blanc, Shiryu regardait son frère en se demandant s'il ne rêvait pas. Puis reprenant ses esprits :"Mais tu es malade? Tu te rends compte que tu pouvais te tuer... descends immédiatement de cette voiture...mon dieu quand Angélo va s'en apercevoir il va te tuer! "
Kiki descendit en faisant la moue, il ne comprenait pas pourquoi son frère était en colère .Après tout c'était pour lui qu'il était là, relevant la tête:" Bah si on rentre tout de suite il ne le verra pas!"
"Non on laisse la voiture là et on rentre à pied"
"Te plaît ...et puis on ne peut pas la laisser là, elle est en plein milieu de la route." Faisant toujours la moue, les yeux mouillés de larmes, Kiki se doutait que son frère n'y résisterait pas.
Shiryu soupira :"Bon... tu as raison on ne peut pas la laisser au milieu de la route, je vais essayer de la conduire .Une fois assis derrière le volant, il regarda son frère lui disant de mettre sa ceinture, puis il tourna la clef "aahh..." La voiture avait fait un bon en avant et cala .Kiki leva les yeux au ciel en soupirant: "Tu ne sais même pas conduire"
"UN CONSEIL TU TE TAIS..." Reprenant son calme: "Qu'est ce que je fais de mal pour quelle n'avance pas ? D'ailleurs où as-tu appris à conduire?"
"Avec le jeu vidéo apprendre à conduire, et j'aime regarder comment fait Angelo ...Il faudrait peut-être que tu passes les vitesses." Voyant l'air ahuri de son frère, il soupira une nouvelle fois: "Bon je t'explique pour passer la vitesse tu..." Kiki ayant bien expliqué comment faire un demi- tour regardait Shiryu qui se mordait les lèvres en essayant de suivre ses indications quand "aaahhh..." le jeune homme ayant appuyé trop fort sur l'accélérateur en faisant une marche arrière, la voiture se retrouva à moitié dans le fossé heureusement pas profond, mais suffisant pour qu'il ne parvienne pas à la sortir de là.
Inquiet, il regarda son petit frère et lui demanda penaud:" ça va ?"
"Oui ...on fait quoi maintenant? Parce que là c'est pire que tout à l'heure."
Hébété il ne savait plus quoi faire, à présent ce n'est plus une personne qu'Angelo allait tuer mais deux. Reprenant ses esprits: "Regarde, il y a une maison là-bas, on va aller demander de l'aide". Sortant de la voiture, ils s'y rendirent. Arrivé prêt de la ...maison, ils se regardèrent tous les deux. Elle devait être abandonnée car elle tombait en ruine. Il y avait un vieux grillage troué de partout. Shiryu sonna au portail et ne voyant personne arriver haussa les épaules :"Allez viens il n'y a personne"
Soudainement... ils virent arriver un énorme chien noir aboyant férocement. Instinctivement, ils reculèrent, Kiki prit la main de son frère murmurant: "Shi...j'ai peur"
"Mais non... avec le grillage il n'y a pas de danger." Mais voyant que l'énorme chien essayait de passer par un trou, il prit peur lui aussi. Doucement pour ne pas affoler son frère, il lui dit: "Viens on va à la voiture." Ils refaisaient le chemin à l'envers quand ils entendirent un grognement. Ils se retournèrent et virent le chien sur la route qui courait dans leur direction. Shiryu attrapa la main de Kiki et se mit à courir l'entraînant avec lui. Il ouvrit la portière, y propulsa son frère, eut juste le temps de la fermer derrière lui que le chien bondissait sur la vitre.
Heureusement le propriétaire du chien ayant entendu ses aboiements était venu à leurs secours. Il ordonna: "Mars à la maison!". Puis se retournant vers eux, il leur demanda d'une voix graveleuse: " Un coup de main les ptits gars? Je vais chercher ma voiture et de quoi sortir la vôtre de là."
Shiryu regarda son frère et lui dit: " S'il demande mon âge j'ai dix huit ans... ok?"
"OUI... je sais ..."
Dix minutes plus tard la voiture était sortie du fossé. L'homme l'ayant démarré :"C'est bon ça roule mais ... t' as l'âge pour conduire?"
Shiryu qui s'attendait à cette question lui fit un sourire et lui certifia que oui. L'homme qui après tout s'en moquait un peu, rentra chez lui.
"Ouf" pensa le jeune homme," bon maintenant il faut rentrer". Son regard se porta sur son petit frère qui ayant suivit le cheminement de ses pensées et avec son sourire espiègle s'était mis au volant.
"Qu'est ce que tu fais Kiki?"
"SHI...si c'est toi qui conduis on n'est pas près d'arriver... franchement t'es nul pour la conduite." Rajouta-t-il sérieusement. Sidéré, Shiryu le regarda puis soupirant lui ordonna d'aller s'asseoir sur le siège passager. Le rouquin regarda son frère qui avait les mains sur le volant. Très concentré il mit la première et quand la voiture avança se tourna sur Kiki avec un grand sourire, fier de lui et lui dit: "Tu as vu, on roule" En colère contre son frère, le diablotin marmonna: "Si je marchais à coté j'irais encore plus vite...il faudrait peut être passer la deuxième!"
Après un énième calage, Shiryu gara enfin la voiture à sa place d'origine :"Vite Kiki... sortons avant qu'Angelo..." Voyant son frère se ratatiner sur son siège, il tourna la tête et vit l'Italien furax juste à côté de sa portière. L'ouvrant, l'architecte ordonna: "Descendez...". Ils l'entendirent la claquer violemment une fois qu'ils étaient sortis et demander: "Je suppose que Kiki était parti à ta rencontre?!" Levant les yeux vers lui Shiryu y vit de la colère mais aussi de la lassitude.
"Kiki ce que tu as fait est mal, tu te rends compte que tu pouvais avoir un accident et être tué. Ou si tu étais tombé sur des policiers, ils t'auraient conduis au commissariat et j'aurai eu des ennuis ... j'aurai... ." Soupirant, il se mit à la hauteur de Kiki. Lui prenant les mains, il le regarda dans les yeux, ému de voir ceux du garçon humides d'où s'échappaient quelques larmes : "Bon ...on en reparlera demain... Jamais plus tu me refais ça...OK ?" Prenant conscience de ce qu'il avait fait, il se précipita dans les bras de l'architecte en pleurant: "Je suis désolé Angelo ...je ne ferai plus de bêtises ..."
Attendri l'Italien lui ébouriffa les cheveux " Bon...le principal c'est que vous n'ayez rien...allez... va nous préparer une boisson bien fraîche ". Content qu'Angelo ne lui en veuille plus, Kiki partit en courant faire ce que lui avait demandé l'architecte qui après avoir suivi du regard le petit diable ,le porta sur Shiryu resté muet. Avant de suivre le même chemin que le petit, il lui stipula: "Il va falloir qu'on ait une conversation sérieuse tous les deux, cela ne peut pas continuer comme ça..." Encore sous le coup de l'émotion de ce tableau rempli de tendresse auquel il venait d'assister, le Japonais ne sut que répondre.
Athènes, magasin de Shaka:
Shaka avait espéré voir arriver Shura toute la journée, mais non... il n'était pas venu .Il sentit ses larmes couler. Le magasin fermé, il ne les retint plus, les sentant glisser le long de ses joues. Il s'en voulait tant, pourquoi était-il parti sur un coup de tête? Oui... il voulait un enfant, mais par-dessus tout... il voulait Shura, son amour, sa vie. C'était décidé, il allait ... Des coups frappés à la vitre de la porte le fit quitter ses cogitations. Surpris, il vit un jeune garçon qui le regardait en souriant. Il alla ouvrir et le jeune lui dit:" On m'a demandé de venir vous donner ça". Il lui tendit un magnifique lotus qui était dans un petit vase en forme de goutte. Surpris il interrogea du regard le garçon qui lui montra du doigt avant de partir: "C'est le monsieur là-bas ..." et il partit en courant. Shaka regarda dans la direction que lui avait indiqué le jeune et un timide sourire apparut sur ses lèvres, Shura était là, le regardant, puis, il le vit venir vers lui.
L'Espagnol une fois rentré dans le magasin, ferma la porte derrière lui et s'avança doucement avec un sourire tendre vers le blond qui n'avait pas bougé d'un pouce. Il posa ce qu'il tenait dans la main sur le comptoir, lui prit le visage entre ses mains et lui essuya les larmes avec ses deux pouces : " Je ne veux pas te perdre Shaka ... je t'aime" Sur ces mots d'amour, il prit sa bouche en un long baiser profond. Se ressaisissant l'Hindou alla poser le lotus sur le com... : "Mais? ...Shura...C'est le dossier d'adoption?"
"OUI...ouvre-le ..."L'avocat ne quittait pas du regard son ange qui après une hésitation l'ouvrit et quelques secondes plus tard se retourna vers Shura surpris: "Tu l'as rempli? ET MON DIEU...on a rendez-vous avec une assistante sociale le mois prochain? "
"Hum...j'ai été trouvé un juge pour qu'il m'aide dans les démarches...je dois lui ramener le dossier demain. Shaka ?... Il faut que tu saches que l'on va devoir remplir encore un tas de paperasses et un travailleur social va venir à l'appart plusieurs fois pour voir si tout est conforme pour l'enfant et nous poser des tas de questions. D'après le juge, il faut rester naturel. En plus on va devoir se rendre aux visites médicales et aux entretiens psychologiques. Après... si on a leurs accords et celui de la justice, on pourra adopter. Mais ce n'est pas pour ça qu'on aura un enfant aussitôt, car il y a beaucoup de demandes. Tu te sens prêt pour ce parcours du combattant?"
"OH... oui chéri, je suis prêt ... mais tu sais, j'ai réfléchi ... j'ai eu tort de partir. Après tout on est deux et si tu as le moindre petit doute pour adopter un enfant...je comprendrai et..."
Shura mit un doigt sur la bouche de Shaka: "Je suis sûr maintenant...tu sais, j'ai bien réfléchi et comme me l'a si bien rappelé Angelo , j'ai été adopté moi aussi et j'ai été heureux avec Rasgado. Alors ...si je peux rendre heureux un gosse comme moi je l'ai été ...OUI... je suis partant"
Le blond lui sauta dans les bras pleurant mais de joie cette fois-ci: "je t'aime!"
Chez Angelo:
Aiolia et Shun étaient arrivés en même temps que Milo et Camus. Angelo vint à leur rencontre pour les saluer et leur présenta Shiryu en ajoutant: "Je crois que vous allez bien vous entendre avec lui ... question cuisine c'est un as." À cause de ces compliments le jeune ne put s'empêcher de rougir. "Et là... ce petit diable c'est Kiki, quant à Shun... je crois que Aiolia vous l'a présenté?" Voyant les deux convives acquiescer, il n'alla pas plus loin dans les présentations sachant qu'Adébaran leur avait déjà expliqué la situation. Ils étaient tous en grande discussion lorsque Saga arriva, prévenant l'Italien que son frère ne viendrait sûrement pas, suivi de peu par Shura et Shaka se tenant par la main. L'Espagnol regarda son ami et lui dit mi-figue mi-raisin: "Tu vois Angelo, j'ai balayé devant ma porte ..."
"Ouais...heureusement que je t'ai donné le balai" Lui répondit l'Italien lui rendant son sourire :"C'est à ça que servent les amis"
"Hé...oui, et moi ton ami...je te rends le balai pour que tu fasses de même."
A ces mots l'Italien le regarda pensivement.
Quelques temps plus tard, Shun alla rejoindre son frère dans la cuisine. Il regarda un moment Shiryu qui regardait dans le vide, il ne bougeait pas perdu dans ses pensées. Puis il s'aperçut de sa présence: "Ah... tu es venu m'aider?"
"Oui... ça va toi? Tu avais l'air perdu il y a un instant?"
"Non ...simplement une petite dispute avec Angelo et..."
"Qu'est ce que tu as contre lui? Je ne t'avais jamais vu aussi agressif avec quelqu'un sauf Hadès , mais lui le méritait...alors pourquoi tu te comportes ainsi?" lui demanda gentiment Shun
Shiryu eut un micro sourire en entendant sa question, mais il y avait une souffrance évidente dans ses yeux
"Je...je ne sais pas Shun... enfin si, je crois que je suis tombé amoureux de lui et lui en aime un autre et dans un sens je pense que c'est mieux ainsi... parce que j'ai peur...peur qu'il aille plus loin que de m'embrasser, peur d'avoir un rapport sexuel... peur que pour lui ce ne soit qu'une passade...mais de toute façon son Aphrodite revient dimanche alors...et toi avec Aiolia ça va mieux?"
Shun pas dupe que son frère voulait changer de conversation lui dit affectueusement: "Shi...je ne sais pas pourquoi tu t'aies mis cette idée en tête, mais je crois qu'il a des sentiments pour toi et Aphro est son ex... ". Voyant son frère le regarder d'un air de dire on en parle plus, il préféra pour l'instant laisser tomber et répondit à sa question:
"Aiolia est un grand bêta à part m'embrasser rien de chez rien... alors j'ai décidé de lui offrir mon corps pour son anniversaire qui se trouve être vendredi prochain le 16 Août...à ton avis, je fais comment? "
Shiryu regardait son frère comme s'il venait de la planète mars, puis il éclata de rire suivit de Shun.
"Tu fais comme dans Pretty Woman, tu l'attends nu avec seulement une cravate...mon dieu... je n'ose imaginer sa tête " Reprenant son sérieux :" Tu vas vraiment le faire?"
"OUI..."
"Et s'il ne veut pas? Enfin je veux dire... pas qu'il n'en aura pas envie, mais peur que tu sois trop jeune!"
"Ah ça tu peux me croire...vendredi prochain je ne serai plus vierge." Lui répondit Shun avec détermination.
"Je peux vous aider ?" Camus venait de passer la porte et regardait la cuisine avec admiration" Elle est très belle cette cuisine " Le français connaissait Angelo depuis presque un an .Mais il n'avait jamais eu l'occasion de venir chez lui
"Oui...et Shiryu y passe beaucoup de temps. Bon je vais voir mon lion" Shun sortit un plateau d'amuse-bouche dans les mains.
Camus se tourna sur le jeune homme surpris: "Lion?"
"C'est le signe zodiacal d'Aiolia," lui répondit Shiryu. Ils continuèrent à préparer ensemble en parlant de tout et de rien quand Camus lui demanda: "Tu veux être cuisinier plus tard?"
"Non... c'est une passion, mais je ne veux pas en faire mon travail, moi je veux être Designer Graphiste...et toi tu as toujours voulu être cuisinier?"
"Oh que non...moi j'aurais voulu être écrivain et peut-être libraire." Lui répondit rêveusement Camus
"Bah... alors pourquoi être cuisinier?" Lui rétorqua Shiryu.
"Camus?!..."C'était Milo qui l'appelait, soupirant il prit un plateau et se dirigea dehors suivi de Shiryu. Un sourire attristé naquit sur le beau visage du français qui laissa échapper dans un murmure : "Pour ne pas décevoir mon père et surtout pour Milo." C'était le rêve de son père pas le sien .Il se rappela qu'en étant de jeunes adolescents le grec lui disait "Plus tard mon Camus, on sera deux grands cuisiniers, on va reprendre le resto de mon père et le faire prospérer, surtout le plus important... on sera toujours ensemble". Et lui tellement amoureux ne lui avait pas dit qu'il ne voulait pas être cuisinier. Riant en lui même... prospérer...un an qu'ils ont le resto et presque pas de clients, normal le bâtiment avait besoin d'être rénové...
Le soleil se couchait tout doucement pour laissé place à son amie la lune .Les convives discutaient tranquillement en finissant leurs dessert. Sauf Shura et Shaka qui étaient repartis depuis peu et d'après les regards qu'ils se lançaient on devinait aisément pourquoi.
"J'ai une question à te poser Milo? Tu connais Aldébaran ? Et Aiolia tu l'as connu comment?" Lui demanda Shun tout en regardant son grec avec un sourire.
Milo lui répondit gentiment :"Alors...Aldé je le connais depuis des années. Son père venait livrer du poisson et il était ami avec le mien. Aiolia...? On s'est connu au collège, il est devenu mon meilleur ami et l'est resté, je connais aussi Kanon et un peu Angelo, et de vue Shura et Aphrodithe. Et depuis aujourd'hui Saga et Shaka! Quand à mon Camus si vous vous posez la question, je le connais depuis qu'on est tout petit, ma grand-mère maternelle était française et j'allais la voir deux mois tous les ans, les parents de Camus étant des voisins, on se voyait souvent et pour être plus près de lui par la suite, j'ai fait mes études dans la restauration en France. "
Shiryu regardant le Français lui demanda :"Et toi... tu as tout quitté pour venir vivre en Grèce?"
Regardant amoureusement son grec, Camus lui répondit: " oui ...cela va bientôt faire un an que je vis dans ce pays que j'aime beaucoup." à ses mots Milo prit la main de son amour avec tendresse.
Aiolia assit à côté de Shun passa un bras autour de ses épaules et lui demanda: "Alors petit lutin satisfait?"
"Oui mon roi lion je le suis". Le détective éclata de rire.
Saga regardait le menu que lui avait proposé Camus pour samedi soir. Le Grec leva les yeux de la liste et demanda: "Tout à l'heure Milo m'a dit que vous alliez rénover votre restaurant? Cela va aller quand même pour recevoir nos invités?"
"Mais oui ...le restaurant est fermé mais on peut recevoir vos invités, cela ne pose pas de problème." le rassura Camus
Tout le monde partit sauf Aiolia à qui Angelo avait proposé de rester dormir, puisque le lendemain il devait aider Milo et Camus pour peindre les murs de la grande salle où les deux restaurateurs devaient recevoir les invités de Saga et, ayant encore une chambre de libre, il serait plus près. L'Italien alla au salon où le petit s'était endormi en regardant un film, il le prit dans ses bras et le monta dans sa chambre, puis le coucha dans son lit tendrement, remonta le drap sur ses épaules et lui fit un baiser sur la joue avant de sortir. Revenant dehors il vit les deux frères et le détective en grande conversation ponctuée de rires. L'Italien les rejoignit en se disant qu'il allait remettre à plus tard la discussion qu'il devait avoir avec eux pour la garde de Kiki.
Hôpital de Paros, dimanche matin:
Minos venait d'ouvrir les yeux, sur un plafond blanc et des murs l'étant tout autant. Il avait fallu quelques secondes pour que sa mémoire lui revienne. Il se remémora l'interrogatoire d'Aiolia et soupira en repensant à ce qu'il lui avait dit .Mais ira-t- il jusqu'au bout... allait il vraiment témoigner? Ce qui le préoccupait n'était pas Hadès, mais Eaque, il avait peur que son ami ne comprenne pas.
Soudain il entendit un coup à la porte: "Entrez..." spécifia-t-il se demandant qui cela pouvait bien être.
"Eaque?..."
"J'ai appris par l'avocat d'Hadès où tu étais...tiens je t'ai apporté des chocolats, je sais que tu les aimes." Il alla déposer la boite sur la petite table près de la fenêtre et s'assit sur le lit en regardant son ami d'un air ému: "Mon dieu Minos... si tu savais comment j'ai eu peur quand je ne t'ai pas vu revenir, je m'en veux tellement...tu as failli mourir par ma faute..."
"Arrête tu n'y es pour rien...euh... "Minos prit la main de Eaque dans la sienne, il faut que je te dise ...je...je vais témoigner pour la victime, mais tu es mon ami et je ne veux pas que tu penses que je ne te crois pas, c'est que j'ai vraiment vu Hadès ou son sosie. "
Le Népalais regarda son ami et eut un sourire triste en lui répondant:" Je le sais Minos, mais surtout ne t'en fais pas, on est ami et on le restera...je comprends pourquoi tu témoignes pour Shiryu. Tu aurais voulu que quelqu'un le fasse pour toi ... puis j'ai croisé son regard l'autre fois et j'ai vu dans ses yeux qu'il ne mentait pas. Alors dans l'histoire personne ne ment Hadès a un sosie ou un jumeau. Il faudrait convaincre la police ou le détective d'enquêter là-dessus, je vais en parler à l'avocat d'Hadès."
Minos se sentit soulagé par les paroles de son ami et avec un sourire heureux lui dit que lui aussi allait en parler.
"Tu sors quand et tu vas loger où?"
"Je sors demain ...Aiolia m'a dit qu'il allait me trouver un logement près d'Athènes, et ..."
Quand son ami fut parti Minos était soulagé, mais pour le bien de tous il fallait trouver le sosie avant le procès ...
à suivre...
merci pour les reviews
