Torticolli
Il était déjà dix heures du soir lorsque Jane et Lisbon passèrent la porte de leur appartement. Jane faisait la grimace et Lisbon étouffa un bâillement.
- Bon Dieu, heureusement que cette affaire est finie, soupira-t-elle.
- Grâce à moi.
Elle lui lança un regard exaspéré tout en enlevant sa veste.
- Oui, oui, bien-sûr, comme d'habitude.
Jane sourit et alla lui aussi accrocher sa veste au porte-manteau. Il pencha légèrement sa tête sur le côté et grimaça à nouveau.
- Argh. Tu aurais pu me réveiller, quand même, tu savais bien que ça allait me faire mal si je m'endormais dans cette position.
- Attends, je me porte volontaire pour conduire alors que je suis crevée et monsieur se plaint encore ?
- Tu es sans pitié.
Il porta sa main à son cou pour essayer de se masser.
- Je vais me laver en premier, lança-t-elle en se dirigeant vers la salle de bain.
- Cette femme se fiche totalement de mon état actuel, gémit-il assez fort pour qu'elle l'entende en se laissant tomber sur le divan.
- Tout juste ! cria-t-elle de la salle de bain.
Par réflexe, Jane secoua la tête de gauche à droite mais arrêta bien vite lorsque la douleur se multiplia. Lisbon eut vite finit de prendre sa douche et ce fut au tour de Jane. Quand il en sortit, Lisbon était sur le divan et avait préparé du thé. Jane vint s'asseoir près d'elle et porta la tasse à ses lèvres.
- Tu pourrais dire merci, dit-elle d'un air vexé.
- Non, tu fais ça juste pour te racheter.
- Tu es insupportable.
Il la regarda avec des yeux ronds comme si il était parfaitement innocent et Lisbon rit légèrement.
- Tu as encore mal ?
- Non, ça va.
Elle fronça légèrement les sourcils et vint se placer derrière lui. Il la sentit descendre un peu le col de son peignoir et poser ses mains sur sa nuque.
- Tu es tout crispé. Avoue-le, tu as toujours mal.
- Je n'avouerai rien du tout, répliqua-t-il dans un autre sourire.
Il but à nouveau une gorgée et sentit tout à coup les mains de Lisbon se mouvoir pour le masser. Il ne s'attendait pas à la sensation que lui procura ce geste et posa sa tasse sur la table basse. Elle ne manquerait jamais de l'étonner. Ses mains étaient douces et chaudes et il sentit ses muscles se décontracter. Il ne bougeait plus, ne voulant pas qu'elle s'arrête. Ses doigts passaient de sa nuque à ses épaules à ses omoplates et il décida de lui faciliter la tâche en retirant son peignoir, se retrouvant en short. Elle laissa alors ses mains courir librement le long de son dos. Puis, après quelques minutes, elle alla les poser délicatement sur ses avant-bras pour les caresser de bas en haut. Il sentit son souffle dans sa nuque.
- Ça va mieux ? murmura-t-elle.
Il aurait voulu répondre mais il n'en avait pas la force tant il se sentait détendu, il avait l'impression qu'il allait tomber de fatigue dans la seconde. Il se contenta d'aller chercher la main de Teresa avec la sienne avant d'y déposer un baiser. Ses paupières étaient lourdes. Elle bougea derrière lui et s'extirpa du divan. La seule chose que lui pouvait faire était de s'y allonger. Il capta l'odeur du thé et la sensation d'une couverture sur son corps, puis s'endormit.
Devant lui, Teresa était accroupie, souriant d'un air attendri. Elle passa une main dans ses boucles blondes et déposa un baiser sur sa joue, avant de se lever pour aller dormir. Bien-sûr qu'elle savait qu'il allait avoir mal dans cette position…
