Me voilà en cette fin d'après-midi pour l'OS suivant de cette série !

Je tiens à remercier chou05, Jane Doe51, Florale et Katkitten4 pour leurs reviews sur "Trois petits mots" et "Torticolli" !

J'espère que vous aimerez celui-ci :) Bonne lecture à tous !


The Sparkles in the Sky

Les doigts de Jane tapotaient le volant de son Airstream avec impatience. Mais pas moyen. Ça ne bougeait pas. Ils avançaient à du trois kilomètres/heure. Un énorme bouchon sur l'autoroute à cause d'un accident. Lisbon avait le regard tourné vers la vitre. Jane lui jeta un œil.

- Il est 20h45. Faut qu'on appelle Abbot.

Elle acquiesça. Leur supérieur leur avait demandé de faire un interrogatoire à 80 kilomètres d'Austin il y a une heure et demi de cela. Mais à cette allure, ils arriveraient à minuit. Lisbon saisit son portable dans sa poche et l'appela.

- Allô ? C'est Lisbon. Oui. Nous ne sommes toujours pas arrivés, non, et la file est toujours aussi longue. D'accord. Oui, bonne soirée.

Elle raccrocha.

- Alors ? s'enquit Jane.

- Il nous dit de quitter l'autoroute et de faire demi-tour. On s'occupera de l'interrogatoire demain.

Jane hocha la tête.

- Oui, si on trouve une sortie avant demain…

- Il y en a une là-bas. On y sera dans dix minutes.

- Et après ?

- On retourne !

- Mmh.

- Quoi ?

On entendit alors un grondement. Lisbon regarda à nouveau par la vitre.

- Le ciel se couvre. Il va y avoir de l'orage…

- Faire un si long chemin de nuit avec un orage ? gémit Jane.

- Si tu n'es pas content, je prends le volant.

- Non, ça va, fit-il avec un sourire. Mais j'ai une autre alternative.

Lisbon le regarda avec des yeux suspicieux.

- J'ai déjà peur…

- Mais non, mais non. On pourrait s'arrêter à un endroit et dormir ici. Et on reprendra la route demain à tête reposée.

- Ça ne nous prendra pas plus d'une heure de rentrer, Jane.

Il y eut un craquement dans le ciel et de la pluie se mit à tomber en trombes.

- Allez, s'il-te-plaît…

Elle soupira.

- Il n'y a rien à manger dans ton truc, Jane, et tu as vu la taille du lit ? En plus, je n'ai rien à me mettre pour dormir.

- Bien-sûr que si i manger ! s'exclama Jane d'un air outré. Tu crois que je n'avais pas tout prévu au cas où on se retrouverait dans une situation de ce genre ? Et tu n'auras qu'à mettre un de mes t-shirt pour dormir. Quant au lit… On se serrera, déclara-t-il en lui envoyant un sourire en coin.

Elle sourit en détournant le regard. Elle réfléchit un instant, puis se tourna vers lui.

- D'accord.

- C'est vrai !?

Jane était agréablement surpris qu'elle accepte aussi facilement.

- Oui. Maintenant, ne me fais pas changer d'avis.

- Bien, madame, dit Jane en s'engageant dans la sortie.

Il accéléra soudain, en ayant vraiment marre de rouler à la vitesse d'une tortue.

- Eh ! C'est comme ça tu m'empêches de changer d'avis ? s'exclama Lisbon.

- Ah, oui, désolé.

Il ralentit. Ils se trouvaient maintenant sur une petite route un peu isolée et campagnarde. Jane ne tarda pas à trouver un coin dans l'herbe et s'y arrêta. Il faisait de plus en plus sombre dehors. Jane coupa le moteur, Lisbon s'étira et ils s'extirpèrent tous les deux des sièges à l'avant. Jane entreprit d'allumer la lumière et de fermer les volets et les rideaux tandis que Lisbon reprenait son portable.

- Allô, Abbot ? C'est Lisbon. Finalement, Jane et moi on va… heu… passer la nuit dans l'Airstream. On pourra aller chez les Wagner directement demain matin. Oui ! Très bien. Au revoir.

Elle raccrocha et regarda Jane.

- Va te doucher en premier, je vais voir ce qu'il y a de comestible dans ton truc.

- Je te prierai de ne pas appeler mon palace ambulant « truc », répliqua Jane.

Elle leva les yeux au ciel. Jane prit ses affaires de nuit dans une armoire et alla dans la pièce au fond de l'Airstream. Une fois seule, Lisbon alla regarder dans le frigo. Il n'y avait pas grand-chose contrairement à ce qu'avait dit Jane. Au final, elle sortit deux sandwiches tout fait, une bouteille d'eau, deux verres et alla les poser sur la table. Le résultat était un peu pitoyable, mais bon… Pas le choix. Elle jeta ensuite un œil vers la petite armoire, se demandant si elle pouvait fouiller dedans pour se trouver un t-shirt. Oh, et puis, Jane lui, il ne se gênerait pas, si ? Elle alla donc à la recherche d'un pyjama de fortune et prit le plus grand t-shirt qu'elle trouva. Ensuite, elle trouva une petite radio dans un coin, qu'elle alluma pour combler le silence.
Jane sortit de la minuscule salle de bain quelques minutes plus tard. Lisbon alla se laver à son tour. Elle était toujours en train de tirer sur le t-shirt pour qu'il descende plus bas à son retour et Jane rit.

- Dis, ça va, ça t'arrive presque aux genoux !

- C'est facile pour toi…

Elle abandonna et vint s'installer en face de lui pour manger. Jane l'observait discrètement. Il était vraiment content qu'elle ait accepté. C'était comme une petite aventure. Tous seuls, loin des habitations, sous l'orage et dans la nuit… Alors qu'il divaguait sur ces pensées avec un sourire amusé, Lisbon releva soudain les yeux vers lui.

- Jane. Promets-moi que… On ne va… On ne…

Elle fit non de la tête en bredouillant, n'arrivant pas à exprimer ce qu'elle voulait dire. Mais Jane restait Jane, et il comprit. Il fronça légèrement les sourcils et lui prit la main.

- Je te le promets, Teresa. On ne se quitte plus. On restera toujours ensemble.

Lisbon le regarda un long moment, intensément, et il soutint son regard. Puis elle hocha la tête et se remit à manger. Jane lâcha sa main. Il pouvait comprendre qu'elle ait besoin de l'entendre. D'être sûre qu'entre eux, maintenant, c'était pour de bon. Après tout, il était partit deux fois, et il s'en voulait toujours un peu à ce propos. Il se demanda quelles étaient les pensées de Lisbon en ce moment. Ils finirent de manger en silence et débarrassèrent la table.

- Bon, on fait quoi ? Il n'y a aucune occupation ici, lança Lisbon en allant s'asseoir sur le divan.

Jane était en train de se laver les mains.

- Mais s'il y a des occupations… Heu… Des livres… des sudokus…

Lisbon se mit à rire.

- Oh oui, bien-sûr, on va faire des sudokus ensemble, ça va être tellement amusant…

Jane fit la moue, se ressuya les mains et vint s'asseoir à côté d'elle.

- Sinon on peut parler.

Elle le regarda et s'autorisa à venir se blottir contre lui. Il l'entoura de ses bras, respira l'odeur enivrante de ses cheveux.

- De quoi tu veux parler ? demanda-t-elle.

- Je ne sais pas.

Lisbon sourit.

- Ou alors on peut se taire, proposa-t-elle.

- On peut faire ça.

Ils restèrent donc un long moment en silence. Jane embrassa la tempe de Lisbon. Elle lui prit la main et la caressa de son pouce. Elle ferma les yeux. Il frôla de ses doigts cet endroit si particulier auquel elle était sensible, juste en-dessous de son genou, et il sentit les frissons la parcourir et sa main se crisper une seconde sur la sienne. Même depuis qu'ils étaient ensemble, ce genre de moment n'arrivait pas très souvent. Ils aimaient bien les faire rare pour qu'ils deviennent plus précieux. Etre simplement eux deux, Patrick et Teresa, seuls, et bien. Il soupira de bien-être et elle étouffa un bâillement.

- Peut-être que la meilleure chose à faire ce serait d'aller se coucher, murmura-t-elle.

- Mmh, acquiesça-t-il.

Elle ouvrit les paupières et se détacha de lui à regret pour se lever. Il en fit de même et ils eurent la même pensée en se regardant. Ils s'approchèrent l'un de l'autre et leurs lèvres se rencontrèrent naturellement dans un baiser tendre et calme. Lisbon posa ses mains sur les épaules de Jane, il plaça les sienne autour de sa taille. Puis l'étreinte devint plus passionnée, plus fougueuse. Lisbon sentit soudainement tous ses sens se réveiller tout à coup. Le baiser se prolongea, elle tira sans vraiment s'en rendre compte sur le col de Jane. Il passa une main sur le bas de son dos, l'autre alla à la rencontre de ses cheveux. Elle sentit une bouffée de chaleur lui monter à la tête, son souffle se saccader. Jane resserra sur emprise sur elle. C'était dans ces moments-là que tout disparaissait, il n'y avait plus qu'elle. Il pouvait percevoir chacun de ses gestes, chacune de ses réaction, et il la désirait plus que n'importe quoi d'autre. Ils ne tardèrent pas à trouver la porte de la micro chambre et à y entrer.

Finalement, ils avaient trouvé une occupation.