Disclamer : les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
UA – Yaoi.

Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide pour sa correction et merci à Frazyl pour son soutien et son aide.

Marine, contente que cette histoire continue à te plaire! Et merci pour tes commentaires qui me font énormément plaisir^^.

Bonne lecture.


Chapitre 16

Hôpital Evanghelismos d'Athènes

Enfin...Le chirurgien fit son apparition. Il semblait épuisé et son visage était impénétrable. Aiolia hagard ouvrit la bouche puis la referma ... Ce fut Ikki qui prit la parole.

"Shun?"

"Il est en vie," répondit le médecin en regardant Aiolia.

"Est-ce qu'il ...il va bien?"

"Son état est stationnaire...mais..."

Aiolia cessa de respirer.

"Il est impossible de se prononcer tant qu'il n'aura pas repris connaissance".

"Vous voulez dire, quand il se réveillera de l'anesthésie?".

"Il est inconscient. Ce n'est pas l'anesthésie. C'est la réaction de son cerveau au traumatise opératoire. Il faut attendre. J'aimerais être plus précis, mais je ne peux pas. La balle a évité le cœur et s'est logé dans le poumon droit. Heureusement qu'un de vos sauveurs était médecin. Le fait d'avoir compressé la blessure, lui a sans aucun doute sauvé la vie. Il devra rester en observation quelques temps et ne faire aucun effort physique pendant plusieurs semaines, mais dans l'ensemble, il y a eu plus de peur que de mal."

"Je peux aller auprès de lui?" demanda Aiolia

Le médecin soupira.

"Il est en salle de réveil. Nous vous préviendrons dès qu'il sera de retour dans sa chambre."

Un moment plus tard une infirmière vint vers eux et leur annonça:

"Vous pouvez venir le voir mais il n'est pas encore réveillé." Regardant tout le monde, elle ajouta," je suis désolée, mais pas plus de trois personnes et une à la fois."

Aiolia acquiesça et il suivit l'infirmière. Quand ils arrivèrent dans la chambre, il vit Shun qui dormait, on pouvait presque le croire tant il semblait paisible. Mais il y avait des tuyaux partout. Aiolia s'assit dans un fauteuil près du lit et lui prit la main.

"Mon ange, c'est moi. Je suis là, je ne te quitte pas mon cœur...je t'aime."

Un peu plus tard, un infirmier passa la tête à la porte pour lui dire qu'il pouvait venir chercher ses radios. Il sortit laissant sa place à Ikki.

Le Japonais prit une chaise et alla se mettre de l'autre côté du lit. Il se pencha et posa un baiser sur la joue de Shun. Mon dieu que son frère avait l'air fragile et vulnérable pensa-t-il en passant doucement une main dans les cheveux du jeune homme.

Le temps passa encore. Ikki dut sortir à son tour, il demanda une cigarette à Angelo et les abandonna quelques minutes pour la fumer. Cela faisait presqu'un an qu'il avait cessé, mais là, il lui en fallait une.

Le détective revint dans la salle d'attente avec ses radios et leur dit que le médecin voulait quand même le garder ce soir. De ce fait il avait dû batailler pour le convaincre de mettre un lit dans la chambre de Shun.

"Et tes radios ?" lui demanda son frère.

"C'est Ok... à part ce mal de tête épouvantable, je m'en sors très bien. "

"Tu as pris un antidouleur?"

"Ouais"

"Tu te rends compte qu'on a voulu te tuer!"S'exclama Milo

"Bien sûr ... mais là maintenant... Le plus important c'est Shun. Lui aussi a failli mourir et tout ça parce que j'apportais des preuves sur ce tueur... Mais pourquoi! Pourquoi cette ordure a tiré sur lui? " Aiolia se tut un instant pour reprendre contenance puis reprit," Il n'avait rien vu, il était simplement là pour m'accompagner."

"Le temps que tu te fasses soigner, j'ai eu le chef Cardia au téléphone. Le commissaire Dégel arrive...La police a fouillé la voiture et rien...plus de dossier. "Le renseigna son frère en lui posant la main sur l'épaule pour le réconforter.

Le détective soupira, ses larmes refusaient de couler... le choc certainement...le choc depuis qu'il avait repris conscience et qu'il avait cherché Shun du regard. Il avait vu cet homme penché sur le torse rougi de sang de son ange. Le coup de poing qu'il avait reçu dans l'estomac, quand il avait assimilé qu'il pouvait mourir. Essayant de soustraire de sa tête cette vision. Il regarda ses amis et comme s'il s'apercevait seulement maintenant qu'Hadès était resté parmi eux pendant tout ce temps, il le foudroya du regard, et siffla:

"Jusqu'à la fin tu vas leur pourrir la vie...tu ne crois pas que tu en as assez fait! D'ailleurs qu'est-ce-que tu fous ici?"

Demeuré silencieux jusqu'ici, il subit tous les regards réprobateurs qui se tournèrent vers lui. Il faut dire qu'il s'était fait discret, se tenant à l'écart. Mais maintenant, il était devenu le point de mire de l'assemblé. Perso, il s'en foutait comme de l'an quarante de savoir ce qu'ils pensaient de lui. Il ne préféra pas répondre et haussa les épaules d'un geste d'indifférence. Il se détourna d'eux et il alla rejoindre Eaque. Le détective le suivit un moment d'un regard hostile, puis il s'en désintéressa pour aller retrouver Shun.


Le temps passa encore. Shiryu avait pris la place d'Ikki et tenait la main de son frère dans la sienne comme le lui avait fait Angelo dans la salle d'attente. Ce simple geste lui avait transmis force et réconfort. Il voulait que cela soit de même pour son frère. Aiolia de l'autre côté du lit n'arrêtait pas de lui parler, encore et encore:

"... et une fois que tu ..."un sanglot lui échappa, il se leva pour regarder par la fenêtre, "Shun, réveille toi... S'il te plait mon ange"

"A...Aiolia...?"

Ledit Aiolia pivota sur lui même, la voix de Shun était faible et un peu pâteuse, mais c'était sa voix...sa voix? Il se précipita vers le lit.

"Oui... je suis là mon ange..."

Shiryu lâcha un soupir de soulagement le regard brouillé de larmes, il serra plus fort la main de son frère, puis il se leva en faisant un petit sourire réconfortant au Grec qui laissa enfin couler ses larmes. Le jeune homme voyant cet homme si fort craquer eut un coup au cœur et sentit ses larmes brouiller sa vue. Il appuya sur un bouton pour appeler quelqu'un et décida de sortir de la chambre pour prévenir ses compagnons, juste au moment où le médecin poussait la porte.

Vravrona chez Angelo

Un jeune homme aux longs cheveux noirs marchait tranquillement dans le jardin. On pouvait déceler sur son visage qu'il était perdu dans ses réflexions, profitant du silence. Il s'assit sur un banc parmi les oliviers. À leur retour Kiki s'était jeté dans ses bras en pleurs. Mais quand il lui avait expliqué que Shun était sorti d'affaire et qu'Aiolia n'avait rien, il avait été rassuré et il avait vite retrouvé son sourire joyeux d'enfant. Ils avaient décidé de lui cacher la partie avec le tueur, pour lui expliquer qu'un pneu avait éclaté ce qui avait provoqué l'accident.

Angelo était à la recherche de Shiryu. Quand il le vit assis sur un banc, il alla le rejoindre et s'installa à ses côtés. Ils restèrent un moment sans dire un mot, réfléchissant à cette journée qui aurait pu finir par l'immense malheur de perdre un être cher. Mais qui heureusement se terminait bien. Ce fut l'Italien qui mit fin au silence:

" Ça va?"Demanda-t-il soucieux du mutisme de son compagnon.

"Oui, ne t'inquiète pas."

Malgré ces paroles, il sentit les larmes lui monter aux yeux et se força à sourire sous le regard inquiet de l'architecte. Il se leva et tendit sa main vers Angelo l'invitant à le suivre. Quand il fut debout, le jeune homme passa ses bras autour de son cou et lui murmura à l'oreille.

"Embrasse-moi..."

"Tout ce que tu veux mon chaton."

Angelo le regarda dans les yeux avant de plaquer ses lèvres sur celles de son bel amour. Un baiser fougueux et passionné débuta entre eux deux. Shiryu entrouvrit ses lèvres permettant à la langue de l'homme de sa vie de rencontrer sa jumelle. L'Italien passa ses bras derrière la nuque du jeune Japonais afin de se coller d'avantage à lui. Au bout de quelques minutes d'échanges, ils durent se s'éparer à cause du manque d'air.

"On devrait retourner là-bas...Dohko s'occupe du barbecue... Mais je crois qu'il n'est pas très doué" Conclut dans un sourire l'Architecte

"Oui allons sauver les malheureuses côtes d'agneaux avant qu'elles ne soient carbonisées "s'éclaffa le jeune homme


Pendant ce temps. Mû et Saga rassurés sur le sort des accidentés avaient prit le chemin de la plage. En arrivant au bord de l'eau, ils enlevèrent leurs chaussures et s'assirent sur le sable. Le Grec tenait dans sa main celle de son amant la caressant doucement de son pouce. Mü détourna son regard de l'horizon et se retourna vers Saga. Le Tibétain ne put retenir une pulsion, il posa tendrement ses lèvres sur celle de son amant, se décolla puis recommença, mais cette fois en approfondissant un peu plus le baiser. Ses lèvres étaient si douces, si savoureuses qu'il aurait voulu ne jamais s'arrêter de les embrasser. Ils se séparèrent et Mü décida qu'il ne pouvait continuer ainsi, qu'il devait lui avouer son amour.

" Je rentre bientôt pour Los Angeles... Mais... Si tu veux, je peux rester."

"Oui... ce serait bien que tu restes encore un peu!"

" Non Saga pas un peu...pour toujours...je...je suis tombé amoureux de toi le premier jour à l'aéroport. Je ne t'ai rien dit car je pensais que... peut-être que... tu finirais par m'aimer. "

Il sentit Saga se raidir subtilement et il lui lâcha la main. Le cœur de Mü se serra. Mais il comprenait... Le Grec n'était peut-être pas vraiment amoureux de lui. Peut-être que tout ça se bornait à une simple affection, un désir... Peut-être que ce n'était qu'éphémère. Silencieux, les yeux humides, le cœur battant en un rythme tellement rapide qu'il lui faisait mal...Il attendait une réponse.

Saga ne s'y attendant pas, ne sut que répondre face à cette déclaration si soudaine. Pourtant ils avaient bien convenu tous les deux, qu'à la fin des vacances, ils rompraient tout simplement. Merde...pourquoi n'avait-il rien vu venir? Mü l'aimait! Il n'avait pas voulu ça ... il ne voulait pas le faire souffrir parce qu'il l'estimait... et c'est vrai qu'il se sentait bien avec lui...s'il n'y avait pas Rune, il aurait pu être amoureux, où se mentait-il? Ne l'était-il pas déjà? Mais il ne le pouvait, il avait l'impression de trahir l'âme de Rune.

Mü se leva en frottant le sable sur le derrière de son pantalon en lin beige. Il essaya de ne pas montrer sa peine. Voyant Saga se lever à son tour. Il lui lança:

"Je vois que non... "

"Ce n'est pas aussi simple que ça...j'ai beaucoup d'affection pour toi ...j'aime me réveiller à tes côtés. Je sais que lorsque tu ne seras plus là, tu vas me manquer."

"Mais tu ne m'aimes pas"

"..."

"Je ne t'en veux pas...tu as toujours été honnête envers moi...Mais l'es-tu envers toi? Regarde-moi dans les yeux ... dis-moi que tu n'es pas amoureux de moi et je ne t'embêterais plus avec... mon amour."

"..."

" Le fait d'aimer une autre personne n'enlèvera pas l'amour que tu as eu pour Rune... Il aura toujours une place dans ton cœur. Il aurait voulu que tu refasses ta vie. Mais tu sais quoi...tu n'es qu'un trouillard qui se cache derrière un mort...Oui un mort Saga! "

Sur ces mots il le planta là et commença à prendre le petit sentier en sens inverse quand il fit volte face et suggéra:

"Le mieux c'est que l'on rompe maintenant...Je suis désolé ...mais je ne peux continuer à espérer sachant maintenant que mon amour est à sens unique... je vais repartir demain pour Los Angeles. Ce sera mieux pour tous les deux"

Figé Saga le regarda partir...demain... Il repartait demain? À ces mots son cœur s'était mis à cogner très fort dans sa poitrine. Non! ... Il commença à avancer doucement puis à grand pas s'élançant à la poursuite de Mü. Quand il le vit de loin il cria:

"Attend!"

Il ne lui répondit pas, Saga se mit à courir, il le rejoignît au moment où il atteignait la terrasse. Il lui prit la main de force et l'entraina derrière lui sous les yeux ahuris des autres. Arrivé à sa voiture le Grec ouvrit la portière du côté passager.

"Monte!"

Mü s'immobilisa le cœur battant.

"Non."

Saga fronça les sourcils.

"Monte dans la voiture!"

Le Tibétain recula d'un pas.

"Pourquoi?!"

L'architecte passa sa main dans ses cheveux, il prit une grande inspiration et croisa son regard.

" Je dois t'emmener quelque part, déclara-t-il d'un ton plus calme, je te ramène aussitôt."

Il désigna la portière ouverte, et ajouta:

"Monte s'il te plaît"...

Une demi-heure plus tard Saga gara sa voiture aux abords d'un cimetière. Il en descendit, le Tibétain après un instant d'hésitation fit de même, se demandant pourquoi il l'avait amené ici. Une fois de plus l'architecte insondable lui prit la main et l'emmena jusqu'une pierre tombale. Pour la deuxième fois Mü put relire l'épitaphe "Ici repose Rune de Balrog, mon étoile céleste "

Saga serra un peu plus fort sa main et commença à parler à son défunt amant:

"Rune? Je te présente Mü... Tu sais que depuis que tu es parti, j'ai cette impression de vide en moi. Je pensais que je ne pourrais plus jamais aimer comme je t'ai aimé. Je suis venu ici souvent te dire que tu seras toujours le seul ...Je t'ai menti et je m'en voulais tellement de cette trahison envers toi que j'ai failli perdre mon nouvel amour. Alors aujourd'hui je viens te dire adieu. Tu auras toujours une place dans mon cœur. Mais la plus grande part est pour Mü. Je l'aime par-dessus tout. Je l'aime comme un fou. "

Saga se tourna vers Mü les yeux brillant en lui demandant:

"Mü...acceptes-tu mon amour, veux- tu vivre à mes côtés pour toujours? "

Une explosion de bonheur se fit dans le cœur de Mü. Il s'approcha lentement. Les deux hommes se fixaient intensément, n'osant soudain plus bouger. Il y avait tant de choses qu'ils voulaient se dire, se chuchoter à l'oreille. Brisant le silence, le Tibétain fit un signe affirmatif de la tête ne pouvant dire un mot tellement sa gorge était serrée.

Le Grec s'approcha doucement et l'embrassa tendrement, Mü passa sa main dans ses cheveux. Leur baiser tendre au départ devient plus langoureux mais resta très doux, ils décollèrent leurs lèvres et se tournèrent d'un même ensemble vers l'arbre près de la tombe d'où les feuilles s'étaient envolées pour venir se poser sur la pierre tombale comme pour souligner l'épitaphe portant le nom de Rune. Ils se sourirent et partirent les doigts entrecroisés, rassurés et heureux.

Quelque part dans Athènes

Une chanson finissait à la radio alors qu'Hadès venait de se garer sur le parking d'un hôtel. Il sortit de la voiture, prit son petit sac de voyage et se dirigea vers l'hôtesse d'accueil pour avoir les clefs de la chambre, que sa secrétaire lui avait réservée. Il ouvrit la porte et alla poser son bagage sur le lit. Il se dirigea vers la porte coulissante qui donnait sur le balcon et l'ouvrit. Il se retourna et regarda autour de lui en soupirant, il y avait un secrétaire à l'entrée, un canapé, une télé, une porte qui donnait sur une grande salle de bains avec les toilettes. Après un énième soupir, il s'assit sur le lit. Il s'en étonnait lui-même ... mais Eaque lui manquait.

Tout était flou dans son esprit... Il ne comprenait pas ce qui se passait en lui .Il savait seulement qu'il avait eu peur ...peur ce matin en se précipitant dans les marches de son immeuble. Peur ...pas pour lui...non...pour Eaque. Peur qu'il soit trop tard, peur de ne plus le revoir. Cela l'avait surpris, pourquoi avait-il ressenti cette peur au ventre? Et en voyant Shun tout à l'heure sur le brancard, cette peur sournoise qui avait enserré son cœur. Un peu plus tard, dans la salle d'attente son regard était tombé sur Shiryu. Hadès n'avait pas pu s'empêcher de lui jeter un œil. Il avait été...troublé de le voir plongé dans un silence pensif, si fragile, une fragilité si émouvante et si courageuse. Qu'est ce qu'il lui arrivait à la fin! Il s'était toujours dit qu'il n'en avait rien à faire de ses beaux fils et de ce prostitué. Mais là aujourd'hui, il s'était aperçu qu'en fait, il tenait plus à eux qu'il ne voulait bien l'admettre.

Il prit son portable et appela son détective :

"Ma secrétaire vous a envoyé un billet d'avion pour Paris, le départ est pour samedi soir..."

Une fois la conversation terminée, il resta un moment sur le balcon, perdu une nouvelle fois dans ses réflexions, un peu honteux de continuer d'enquêter sur Alexis, surtout que maintenant, il savait que ce n'était pas lui le tueur puisqu'il était avec lui au moment de l'accident. Mais bon...quand même il y avait ce doute qui persistait et il aimait aller au bout des choses. Il reprit son portable dans les mains et composa le numéro du photographe. Il allait lui dire qu'il acceptait son invitation.

Trois jours plus tard

Saga était rentré chez lui avec Mü. Milo pour oublier Camus ou tout au moins ne plus penser qu'à lui s'était réfugié dans le travail. Il est sûr qu'avec son salon de thé qui ouvrait dans une semaine, il n'en manquait pas. Shun se remettait doucement et d'après le médecin, il pourrait sortir de l'hôpital dans une quinzaine de jours à la grande joie d'Aiolia et de ses frères.

Shion et Dohko avaient trouvé une excuse pour rester chez Angelo décrétant que ce serait mieux qu'il y ait du monde avec eux pendant quelque temps au cas où le tueur serait encore dans les parages. Pour l'instant, ils étaient seuls puisque l'Italien et Kiki étaient avec Milo et que Shiryu était partis avec Pharaon rejoindre Minos qui supervisait les travaux de sa future maison.

Le détective regarda pensivement son amant qui souriait en contemplant les photos qu'il avait prises de Kiki. Levant les yeux, il dit en arborant un sourire triste:

"Ce gosse est merveilleux... La rentré scolaire est le 2 septembre...c'est à dire mardi. Et quand je le vois aussi heureux, je me dis qu'en lui révélant que je suis son père et que je veux l'emmener à Los Angeles. Je ne peux que le rendre malheureux."

Dohko se leva et alla derrière la chaise sur laquelle était assis Shion. Il se pencha au dessus de son épaule y posant son menton. Il déposa un baiser sur la commissure de ses lèvres et l'entoura de ses bras .

"Je suis certain que tu vas prendre la bonne décision... tu sais déjà ce que tu vas faire n'est-ce-pas?"

"Oui...je sais "Soupira tristement le Tibétain

Dohko caressa du bout des doigts les avant-bras de Shion. Leurs regards se rencontrèrent, l'un désespéré, l'autre réconfortant, mais aucun des deux ne dit rien. Ils n'en avaient pas besoin, ils se connaissaient par cœur. Et le regard apaisant du détective lui disait qu'il était à ces côtés.

À la Vielle maison

Minos rouscaillait sur un ouvrier, pas content il lui montrait une palette de bleu

"Pour le séjour, je vous avais dit le bleu céleste, pas bleu azur ...et ce mur là... blanc." lui indiqua-t-il de la main "Et n'oubliez pas! Gris argile dans la cuisine. Je ne parle pas Chinois pourtant... Mais qui m'a mis une paire de bras cassé comme vous!" les interpella-t-il

"Moi monsieur et jusqu'à maintenant personne ne s'est jamais plaint..." riposta leur chef

"Bah ...il faut un début à tout." conclut le Norvégien

"Waouh les travaux avancent drôlement vite" s'écria Shiryu qui venait d'arriver avec Pharaon. Surpris il regardait autour de lui. Les fenêtres avaient été posées, l'escalier avait été refait à neuf et le carrelage rénové.

"Oui heureusement que je suis là pour superviser, sinon rien ne serait fait comme il faut... Venez voir en haut, la salle de bains est finie ainsi que ma chambre."

Il monta les escaliers suivit de ses deux alter-égos, le contremaitre regarda son ouvrier et marmonna dans sa barbe:

" J'ai jamais eu un client aussi chiant...bon retourne à l'entrepôt pour changer la peinture."

Une fois qu'ils eurent visité la maison, ils retournèrent chez Angelo suivis de Minos pour le plus grand bonheur des ouvriers.

"Pharaon tu restes manger ce midi?"

"Je ne voudrais pas déranger, puis je crois qu'Angelo ne m'aime pas beaucoup ..."

" Mais non voyons! Tu sais..."

" Il a raison...Angelo ne l'aime pas et s'il le tolère c'est pour toi... franchement ça se voit comme le nez au milieu du visage." l'interrompit le Norvégien.

"Parce que toi il t'aime bien peut être? Je vais te dire monsieur le prétentieux... il te supporte pour Aioros. Parce qu'au cas où tu l'aurais oublié... tu n'es qu'une pute qui se la joue avec sa petite maison!" Riposta Pharaon lui lançant un regard mauvais.

"Jaloux mon grand ?" Le nargua Minos

Pharaon s'était arrêté le fusillant d'un regard noir. Une envie de meurtre survint dans son esprit .Oui il allait se faire plaisir en tuant ce...ce déchet. Pas aujourd'hui... mais bon sang, il allait y prendre plaisir. Il voulait le voir pleurer, le voir supplier, le voir souffrir.

Voyant les regards des deux protagonistes, Shiryu décida d'intervenir :

"Holà! On se calme...regardez-vous on dirait deux gamins. Pharaon ...Ne fais pas attention à ce qu'il dit... Il s'est levé du pied gauche ce matin. " Ajouta-t-il en lançant un regard réprobateur à son ami.

"Après moi ce que j'en dis..." soupira Minos haussant les épaules.

"Oui justement ne dis plus rien!" l'admonesta le Japonais en lui faisant les gros yeux. Puis il regarda l'Égyptien l'interpellant:

"Ne sois pas injurieux envers Minos devant moi ...sache qu'il est mon ami. Je sais qu'il peut être ... pète-sec, mais ce n'est pas une raison pour autant de méchanceté. Allez faites la paix."

Bien que Pharaon fût en colère par les remontrances de Shiryu, il n'en montra rien et il afficha un visage contrit.

"Je m'excuse...les mots ont dépassé ma pensée "

"Ouais... moi aussi"

Minos prit le pas derrière eux avec un sourire sous cape, content de lui. Ce Pharaon lui sortait par les yeux. Toujours à tourner autour de Shiryu. Non vraiment il ne l'aimait pas, il lui faisait penser à ce serpent dans le livre de la jungle. Comment il s'appelait déjà? Ah oui! Kaa...

Athènes hôtel d'Hadès

"Pourquoi je ne peux pas venir avec toi chez Alexis?" demanda Eaque croisant ses bras sur son torse, la mine boudeuse.

"Parce que"

"Pas mal comme explication..."

"Je n'ai pas à t'expliquer quoi que ce soit ...j'ai payé la chambre d'hôtel pour quinze jours. Je t'ai laissé de l'argent. Alors de quoi te plains-tu?"

"Pourquoi y vas-tu? Je sais que tu as un doute sur lui et... donne moi au moins son adresse!"

Les doigts d'Hadès vinrent glisser sous le menton d'Eaque et plongea ses yeux dans les prunelles de son vis-à-vis:

"Tu joues à quoi là?! Tu n'es pas mon amant, mais un prostitué dont je me paie les services...Alors restes à ta place..."

"Je ne suis pas ton jouet et je pourrais ne plus être là à ton retour!"

Sans prévenir l'avocat pressa ses lèvres contre celles du Népalais. Ils s'embrassèrent en un ballet fiévreux où Eaque devait suivre la cadence de son amant qui était aussi exigeant et dur que le baiser lui-même.

"Tu vois! Tu ne peux me résister, ton corps ne peux me résister "chuchota-t-il sarcastique à son oreille avant de le lâcher pour prendre sa valise. "À mardi..."

Eaque passa nerveusement une main dans ses cheveux en fulminant, il l'interpella:

"Je ne serais plus là!"

"C'est cela," ricana Hadès avant de disparaître.

Pendant ce temps chez Angelo

Shion préparait le repas, quand Kanon et Rhadamanthe firent leur apparition.

"Salut...Angelo n'est pas là?" demanda Kanon

"Non...il est parti aider Milo à son salon de thé."

"Ah ..."

"Vous êtes seuls?"

"Ouais Shura et Shaka ne rentreront que dans quatres jours... Il y a du monde sur la plage, ils n'ont pas l'air de s'ennuyer."Ajouta-t-il

"Mon cher et tendre s'est mis en tête d'apprendre à Shiryu et ses amis le jujitsu.

Rhadamanthe tourna la tête vers le chemin qui menait à la crypte où on entendait la voix de Dohko faire des reproches à ses disciples qui ne devaient pas être assez concentrés sur ce qu'il devait leur expliquer.

"J'en fais un peu c'est très efficace pour se défendre...tu viens Kanon ? Je vais voir comment ils s'en sortent. "

Assis sur le sable, nos deux amis regardaient Dohko donner ses instructions aux trois jeunes.

"La garde en jujitsu doit être souple, naturelle. Vos pieds sont écartés afin d'assurer un bon équilibre, pied gauche ou pied droit en avant... Minos ! Je n'ai pas dit le grand écart...là comme ça...Bon maintenant, le corps est ainsi placé légèrement de biais par rapport à l'adversaire afin d'offrir le moins de points possibles à ses attaques." Dohko prenait les positions pour qu'ils comprennent mieux, "Les mains sont placées à hauteur de la poitrine prêtes à parer, bloquer, saisir ou frapper. Elles sont donc ouvertes et souples...voilà vous avez compris?" Les voyant acquiescer, il ordonna:

"Shiryu prend la garde"

Le jeune homme refit parfaitement les gestes que lui avait montrés le détective et réussit à dévier l'attaque surprise de Dohko.

"Très bien ...Minos à toi"

La même chose se reproduisit le Norvégien bloqua l'attaque. Vint le tour de Pharaon qui fit semblant de ne pas savoir le faire. Il se retrouva les fesses dans le sable.

"Désolé...mais je vous avais prévenu... je suis nul!"

"Dohko cela te tenterait un petit combat avec moi. Je voudrais voir si je suis rouillé. "

Le détective lui fit un signe de la tête affirmative et se mit en position suivi de l'Anglais. Dohko attaqua d'un coup de pied fouetté de face que Rhadamanthe esquissa d'un coup de pied de côté. À la fin de leur lutte, il maintenait Rhadamanthe au sol. Ce dernier ne pouvait plus bouger et dû se rendre. Agréablement surpris, Dohko était content d'avoir trouvé un adversaire à sa taille.

Tout le monde reprit le chemin de la villa, sauf Kanon qui retint son amant :

" Tu étais trop sexy...tu m'apprends quelques techniques."

"Non pas maintenant"

"Monsieur aurait peur de se prendre une raclée"

Kanon commença à tourner autour de lui en sautillant .Il lui donna ou essaya de lui donner des coups de pieds.

" Ne fais pas ça, dit-Rhadamanthe en réprimant un rire, je te préviens..."

Kanon avança brusquement, l'avocat se plia en deux, passa une jambe derrière son genou, donna une légère pression, et le Grec partit en arrière. Il atterrit sur le dos avec un bruit mat, au pied de l'avocat.

L'Anglais attendait que Kanon se relève, mais il resta au sol, les yeux vers le ciel bleu au-dessus de leurs têtes.

"Tu... Tu ne te relèves pas ?"

Kanon se tourna vers lui.

"Non..."

"Je ne t'ai pas fait mal ?"Le taquina Rhadamanthe

" Ma fierté est en lambeaux et je demande réparation monsieur l'avocat."

"Hum ce soir si tu veux...il n'y aura personne pour nous déranger." Souffla Rhadamanthe qui s'était allongé sur Kanon et posa fiévreusement sa bouche contre celle de son amant, qui lui rendit le baiser avec autant de fièvre.

Villa d'Alexis

Le véhicule du photographe passa une grille et alla se garer. Au moment où il descendait il vit Alexis venir le rejoindre:

"Bonjour Hadès content que tu aies accepté mon invitation...mais tu es seul?" Ajouta-t-il

"Oui Eaque avait des trucs de prévu avec son ami..."

"Ah ce n'est pas grave cela sera pour une prochaine fois. Viens, je te montre la maison."

La journée passa agréablement, comme à son habitude le photographe avait été charmant. Ils avaient fini le repas du soir et buvaient un café tranquillement lorsque le portable d'Hadès sonna. Il regarda le cadran et vit que c'était le détective qui l'appelait. Il se leva et s'excusa auprès de son hôte se retirant plus loin pour ne pas qu'Alexis entende la conversation.

"Oui?"

"Monsieur il y a bien un Alexis Dimopoulos qui a exposé des photos en France. Mais personne ne l'a jamais vu, ni ne sait où il se trouve. Quant aux parents, ils sont décédés depuis quatre ans. C'est louche...et il se pourrait bien que ce type ait plusieurs personnalités. Moi je serais de vous, j'irais à la police."

"Bien comme je n'ai plus d'adresse à Athènes pour l'instant. Remettez le dossier à maitre de Wyverne"

"Oui... bonsoir monsieur"

"Bonsoir."

Il ferma son mobile pensivement alors on y était...Au fait Alexis était Ares...son frère. Il fallait qu'il appelle la police. Hadès commençait à composer le numéro du commissariat quand:

"Un client ?" L'interpella la voix du photographe prêt de lui.

"Hé oui... un coup de fil à Eaque et je suis à toi"

Tout en parlant il appuya sur les touches. Espérant qu'il le laisse un instant, le temps qu'il appelle les flics. Mais il n'eut pas le temps de terminer qu'il entendit:

"Ferme ce mobile tout de suite..."

Surpris il releva la tête et vit qu'il le regardait avec un sourire un peu trop forcé pour être naturel. Et là il comprit. Il comprit qu'Alexi savait. Le cœur d'Hadès commença à s'emballer, mais il s'exhorta à rester calme, soutenant son regard, il ferma son portable. Le tueur saisit de la main droite la poignée de son arme de sous sa chemise noire et la sortit de la ceinture de son pantalon avant de la pointer sur lui. Il tendit la main et l'avocat lui remit le mobile que le tueur fit tomber pour l'écraser du pied.

"Bien ...maintenant nous pouvons retourner prendre notre digestif...après toi mon cher frère" Ajouta le tueur appuyant bien sur le mot frère. Il poussa Hadès qui n'avait pas bougé au devant de lui. Une fois qu'ils eurent repris leurs places, il but une gorgée du spiritueux.

"Tu ne bois pas? Pourtant ce cognac est un François Voyer celui que tu préfères ...Regarde sa couleur ambrée avec cette nuance vieil or."

Hadès regarda son verre et le prit, il fit semblant de le porter à ses lèvres puis lança le contenu au visage d'Alexis ou plutôt Ares qui fit un bon en arrière de surprise. L'avocat fit volte face pour s'enfuir mais il fut arrêté net dans son élan par une balle qui se logea dans sa jambe gauche et qui le fit tomber. Le tueur se pencha en avant et attrapa brutalement ses cheveux, tirant sa tête en arrière comme s'il voulait les lui arracher par la racine.

"Maintenant dis-moi par quel miracle, pensais-tu pouvoir m'échapper, humm ? Et puis on n'a pas fini de faire connaissance tous les deux " souffla Alexis à son oreille."Debout! Je vais te conduire à ta chambre ...enfin je veux dire à ta geôle. Ne t'inquiète pas mon cher frère ...tu ne vas pas y rester longtemps seul ..."

Dans un sursaut de colère Hadès voulut lui mettre son poing dans la figure, mais Ares l'assomma d'un coup de pistolet.

"Regarde ce que tu m'as obligé à faire..."Soupira-t-il. Puis un sourire mauvais éclaira son visage.

Quelque par dans le port de Raffina

Shiryu regardait par la vitre de la voiture le paysage défiler devant ses yeux, en repensant à cet après-midi. Angelo l'avait rejoint avec Kiki à l'hôpital, ils y restèrent un moment à discuter avec Shun et Aiolia. Voyant les joues rouges du blessé dû à son énervement du fait qu'il était content de voir ses proches. Ils décidèrent de le laisser un peu tranquille avec le détective.

Une fois rentrée à la maison l'Italien lui apprit à sa surprise et joie, qu'il avait réservé pour eux deux au restaurant.

Shiryu regarda la petite ruelle dans laquelle Angelo venait de se garer avec suspicion. Il ne voyait pas de restaurant. Que faisaient-ils ici ? L'Italien frappa à une porte qui s'ouvrit sur un homme jovial d'une quarantaine d'années qui s'écria:

"Angelo! Heureux de te voir ici"

"Bonsoir... j'ai réservé une table pour deux" dit-il tout sourire

"Ah... je me doutais bien que c'était toi !" S'exclama ce dernier en serrant l'Architecte dans ses bras.

Le jeune homme regarda avec stupeur l'Italien rendre cette étreinte avec enthousiasme avec un immense sourire aux lèvres.

"Oh mais qui est ce charmant jeune homme? !"

"Shiryu je te présente Matteo un cousin éloigné.

"Bonjour."

"Tu as très bon goût Angelo ...ton ami est très beau ! S'exclama leur hôte en les guidant à travers les cuisines jusqu'à l'une des salles du restaurant, vers une table légèrement en retrait. Voilà ici vous ne serez pas dérangés ! Bon je dois vous laisser, je vous envoie un serveur." ajouta-t-il avant de les quitter

Après avoir remercié son cousin Angelo regarda son chaton qui avait rougi sous les compliments. C'est vrai qu'il était splendide! Ses longs cheveux noirs de jais lisses et soyeux étaient attachés en une basse queue de cheval, deux mèches encadrant son visage délicat, mais viril. De magnifiques yeux verts qui pouvaient virer aux gris d'après son humeur. Un corps tout en finesse et en muscle. Un corps qu'il aimerait bien découvrir avec ses lèvres...Bon là, il fallait qu'il pense à autre chose.

Shiryu balaya la salle du regard et trouva l'endroit charmant, certainement hors de prix, mais charmant. Le serveur leur tendit les menus.

"Nous prendrons deux coupes de champagne pour commencer," dit Angelo à celui-ci.

"Je vous apporte cela monsieur."

Shiryu ouvrit la carte de menus et se dit qu'il avait raison les prix étaient exorbitant.

"Angelo? Tu as vu les prix?"

" Je peux bien te gâter un peu non? Laisse toi aller et profite de cette soirée en amoureux"

Le serveur revint avec leurs coupes et demanda:

"Vous avez choisi?"

"Oui pour moi ce sera Frittura di calamari et Tagliatelle gamberi e asparagi et pour toi?"

"Capesante ai carciofi saltati et un Ossobuco alla milanese" Répondit Shiryu en rendant la carte.

"Un dessert?"

"Oui un Caffé goloso, gourmand

" Et pour moi, Torta ai mirtilli." Ajouta Shiryu

"Le patron vous offre le vin ..."

"Remerciez-le de notre part"

Shiryu passait une soirée magnifique. Le repas était succulent, quant à Angelo il était chaleureux, attentionné et tellement beau et viril dans les vêtements qu'il portait, jean bleu délavé et une chemise blanche à rayure bleu dont il avait remonté les manches.

Après un moment où ils parlaient de tout et de rien. Angelo crut voir une incertitude dans le regard de son chaton malgré son sourire. Il lui prit la main qui était posée sur la table et la serra.

"Pourquoi cette inquiétude? Pour Kiki? Tu sais il n'est pas seul ... Milo reste dormir aussi à la maison .En plus avec Dohko et son karaté! Tu as vu comment il sait se battre?!"

"Oui ...Mais c'est plus fort que moi...je n'arrive pas à m'enlever de la tête qu'il va encore s'en prendre à l'un de nous et..."

"Chut..." L'Italien s'était penché au dessus pour lui mettre son doigt sur la bouche.

"Aiolia a communiqué à la police ce qu'il avait entrevu sur les papiers que lui avait envoyé le soit- disant Niobé. Toi-même, tu as pu faire un portrait robot des deux photos que tu as vu dans ce dossier."

"Peut être...oui, mais ils ne savent toujours pas quels sont ses traits actuellement, ni son nouveau nom d'emprunt."

"Si... ce sont ceux d'Hadès avec certes des changements. Mais comme il n'a pas trop eu le temps de changer de tête... s'il est encore dans les parages, il va être vite repéré ..."

Sans répondre le jeune homme prit sa fourchette à dessert et attaqua sa part de tarte. Quand il l'eut finie, il posa sa fourchette à côté de son assiette et s'appuya contre le dossier de sa chaise.

"Qui t'a appelé tout à l'heure?"

Angelo reposa sa tasse et plissa légèrement les paupières.

"Pourquoi tu me le demandes puisque tu le sais?"

C'était une excellente question .Pourquoi alors qu'ils passaient une délicieuse soirée, il mettait ça sur le tapis ?

"Pour tout te dire, monsieur le jaloux! Queen m'a téléphoné pour me demander le numéro d'un artisan que je connais. Alors satisfait?"

Les yeux de Shiryu brillèrent d'une étincelle de malice

"Ok... Dis Angelo, il y a un type qui me regarde fixement depuis tout à l'heure... il m'a même fait un clin d'œil..."

"Qui? Il est où que je lui colle mon poing dans la tronche? C'est le blond là-bas?" gronda l'Italien regardant autour de lui

Un sourire mutin naquit sur les lèvres du jeune homme, il s'esclaffa:

"Et c'est moi le jaloux? Tu as vu ta tête à cet instant?! Si tes yeux étaient des mitraillettes ce pauvre homme serait mort. Monsieur le jaloux! "

"Stop..." rit l'Italien en levant les mains en signe de reddition. Puis il ajouta " Cela te dit de finir la soirée par une promenade sur le port?"

Un moment plus tard, ils se promenaient profitant de la douce température du soir. Angelo revint sur leur conversation qu'ils avaient eu au restaurant, voyant les regards discrets que son chaton jetait fréquemment autour de lui.

"Ne sois pas aussi fébrile! Sérieux... Je pense qu'il doit être loin maintenant. Sinon il aurait déjà tué Hadès. Non... crois-moi ...cet Ares a pris la fuite, il est probablement à l'étranger."

"Hum... tu as sûrement raison..."

L'Italien entoura ses épaules de ses bras et le serra contre lui. Il prit son menton entre ses mains et lui tourna la tête vers lui et l'embrassa. Shiryu se tourna complètement et lui rendit son baiser avec ferveur, il passa les bras autour de son cou et gémit quand sa langue vint taquiner la sienne, frémit lorsque ses mains s'aventurèrent le long de son dos pour venir se nicher au creux de ses reins. Avec un bonheur presque enfantin, il enfouit ses doigts dans sa chevelure drue et soyeuse.

Soudain il entendit contre ses lèvres un aïe. Puis Angelo le regarda les yeux remplis d'étonnement. Quand Shiryu sentit une main brutale le tirer en arrière, il n'eut pas le temps de réagir, que celui infime de voir l'Italien s'écrouler par terre et ce fut le noir complet.

Hélas Angelo avait été loin de la vérité, très loin même...

À suivre.

Menu Angelo: petite friture de calamars, Tagliatelle gambas et asperges et tiramisu, pannacotta.

Menu Shiryu: Saint-Jacques artichauts poivrades, Ossobuco de veau à la milanaise et tarte aux myrtilles.

Merci à ceux ou celles qui prennent le temps de lire ma fic.

Bisous