Disclamer : les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
UA – Yaoi.

Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazyl pour son soutien et son aide.

Léa26, merci pour tes encouragements ^^.

Ignis,merci pour ton com, oui Hadès s'humanise un peu. Il faut espérer qu'il comprenne le mal qu'il a fait, non seulement à ses beaux-fils, mais aussi à Eaque.

Bonne lecture


Chapitre 17

Port Rafina

Inconscient Shiryu fut jeté sans ménagement dans le coffre d'une Volkswagen Passat noire qui démarra sur les chapeaux de roues. Abandonné sur la plage par les kidnappeurs, Angelo ankylosé essayait vainement de se lever en jurant entre ses dents. Quelques passants ayant vu la scène de l'enlèvement, accoururent pour lui venir en aide.

Un peu en retrait de l'endroit où il venait d'avoir le kidnapping, Rhadamanthe et Kanon étaient assis à la terrasse d'un café. Le serveur leur apporta la facture de leurs consommations. L'Anglais paya et ils avancèrent pour rejoindre l'Audi A6 gris acier de l'avocat, quand une voiture noire passa près d'eux à grande vitesse.

"Il est malade celui là !" s'écria le médecin

"Regarde là-bas" s'exclama l'Anglais en montrant du doigt une foule s'agglutinant autour d'un homme qui voulait se relever en manifestant sa mauvaise humeur par des gestes vifs.

"Mais? On dirait Angelo!" s'écria Kanon allongeant le pas pour rejoindre l'Italien.

"Monsieur n'essayez pas de vous lever, mon mari a appelé la police "

"Reculez-vous, s'il vous plait... je suis médecin... Angelo?" L'interpela Kanon inquiet

"Shiryu...ils... ils l'ont...enlevé...qu'est ce qu'ils foutent les flics! " Ajouta en grognant l'Italien

"Tu as été assommé?!"

"Non ...j'ai été électrocuté, enfin j'crois" marmonna-t-il "Faut chercher Shiryu et...putain... j'tiens pas sur les jambes..." Enchaîna-t-il

" C'est normal, t'as certainement reçu une décharge d'un pistolet à impulsion électrique. Tu vas encore rester engourdi au moins dix minutes " l'informa Kanon en l'examinant malgré ses protestations.

"Aide-moi à me relever, il faut que je le retrouve...j'te jure que s'ils touchent à un seul de ses cheveux... ils sont morts. " gronda-t-il rageusement.

Le médecin ne répondit pas, mais connaissant son ami, il ne doutait pas un instant qu'Angelo tiendrait sa parole.

"Voilà les flics " les informa Rhadamanthe, soucieux il ajouta:

" Je vais appeler Hadès...ça sent pas bon tout ça"

Comprenant la pensée de l'avocat, il acquiesça préjugeant que ceux qui avaient enlevé le jeune Japonais devaient être à la solde du tueur et que l'avocat avait pu être enlevé lui aussi.

Pendant ce temps chez Ares

Émergeant de son inconscience, Shiryu grimaça en sentant un douloureux mal de tête qui se propageait à l'arrière de son crâne. Il ferma les yeux, pour tenter de se souvenir de ce qu'il venait de se passer. Puis tout lui revint en mémoire, Il était dans les bras d'Angelo quand...Il ferma les yeux dans un instant de panique, pourvu que l'italien n'ait rien de grave. Il essaya de se ressaisir, il ne savait pas qui l'avait enlevé ni où il se trouvait. Il ne voyait rien, l'endroit était vraiment sombre, il n'y avait même pas de fenêtre qui laisserait passer un tant soit peu de luminosité. Se levant, il se mit à déambuler dans la pièce pour trouver la porte. Il y parvint non sans mal, Il actionna la poignée. La porte était fermée. Il avait espéré quoi? Il sentit son cœur s'emballer. Calme, rester calme. C'était la seule chose à faire. Il se mit à respirer lentement, quand il entendit un râle presqu'à côté de lui. Il tourna la tête vers le son et avança avec précaution jusqu'au moment où son pied heurta un corps à demi-allongé par terre. Il se mit à genoux à côté de la personne. Ses yeux s'étant s'accoutumés à la pénombre, il le distingua avec plus de précision.

"Hadès?!"

Il pencha sur lui un visage stoïque, et malgré la peur qui le tenaillait depuis qu'il était réveillé, il ne put s'empêcher de le narguer:

"Ce sont des cris d'agonies que j'ai entendu? Bientôt la fin..."

Hadès eut un petit sourire en coin et riposta d'une voix où perçait un soupçon de sarcasme.

"Non mon cher beau-fils, je suis désolé de te décevoir... mais le glas n'a pas encore sonné..."

Shiryu s'assit à ses côtés regardant devant lui. Il se doutait que c'était Ares qui l'avait fait enlever même s'il faisait semblant de ne pas y croire. Mais maintenant il ne pouvait plus se voiler la face.

"Qu'est ce que tu as à la jambe?"

" Est-ce un soupçon de sollicitude?" Se moqua Hadès.

" Moi de l'empathie pour toi? Alors là! Même pas en rêve " siffla le jeune Japonais.

"Pour répondre à ta question, Alexis qui en fait est Ares m'a tiré dessus..."

"La balle est ressortie?"

"Oui ...il eut la "bonté" de me soigner ..." répondit- il avec autodérision.

Shiryu enfouie sa tête dans ses bras enroulés autour de ses genoux, il pensait à Angelo .Puis soudain il la leva, et interpella Hadès:

"Tu crois qu'il va s'en prendre à Kiki et Shun?"

L'avocat tourna son visage vers lui. Même s'il avait du mal à le voir il percevait l'angoisse dans sa voix. Que pouvait-il lui répondre? Oui ce monstre pouvait très bien leur faire du mal. Mais c'est d'une voix rassurante qu'il affirma:

"Non je ne pense pas...tu sais, la police les a assurément placés sous surveillance. "

"Hum...pourquoi il ..."

"S'en est pris à toi? " le coupa Hadès "Pour me faire accuser...puis..."

Hadès se tut et Shiryu se contracta, la lumière éclaira la pièce et ils entendirent la porte s'ouvrir. Ares se tenait dans l'encadrement, une main dans la poche, et l'autre tenant une arme contre sa cuisse.

"Ah ma petite pute est enfin réveillée...Et toi mon cher frère ta jambe te fait-elle encore souffrir?" émit le tueur d'une voix sarcastique en levant un sourcil moqueur.

"..."

"Je t'ai posé une question!"

Voyant qu'Hadès le regardait avec dédain. Il avança et avec hargne, il appuya de son pied sur la blessure. L'avocat gémit sous la douleur, se mordant les lèvres pour ne pas lui donné le plaisir de l'entendre crier. Puis Ares se retourna vers Shiryu et l'attrapa par les cheveux pour le lever de force et souffla à son oreille:

"Dis... ça te dirait une partie de jambe en l'air?"

Le Jeune homme lui cracha à la figure. Fou furieux, il l'embrassa sauvagement provoquant au jeune homme un frisson de dégoût. Écœuré il essaya vainement de le repousser. Une rage froide s'empara de lui et il mordit férocement la lèvre de son tortionnaire. Après tout, il n'avait rien à perdre…n'est-ce-pas ?

Le tueur recula en essuyant d'un revers de la main le sang sur sa bouche et lui colla une gifle monumentale qui l'envoya valdingué par terre. Ares ria, de ce rire atroce, ce rire terrifiant que seul un fou pouvait émettre. Il se pencha et releva une seconde fois Shiryu, il lui prit le menton de sa main gauche et de la droite mit le pistolet sur sa tempe. Le cœur du Japonais s'affola.

" Tu tiens vraiment à mourir maintenant?"

"Laisse-le tranquille espèce de dégénéré!"

"Tiens le beau-père qui s'éveille. Depuis quand tu te préoccupes de lui? Tu ne réponds pas. Moi je vais te le dire. Tu n'en as jamais rien eu à foutre que ce soit de lui ou de ses frères. Même Eaque... tu te sers de lui pour satisfaire tes besoins charnels. Tu fais souffrir ta pute et tu l'as fait souffrir." Ajouta-t-il montrant Shiryu avec son arme qu'il avait enlevée de la tempe pour la diriger sur Hadès.

"Mais tu t'en moques, n'est ce pas? Tu es comme notre père... tu prends et tu jettes lorsque tu as eu ce que tu voulais. Comme il nous a jetés moi et ma mère! Mais vois-tu... Je suis plus intelligent. Je ne largue pas, je tue. Ah oui...J'allais oublier! Il faut que je te dise mon cher frère...le vieux n'est pas mort d'une crise cardiaque. Ah ... non..."soupira-t-il faussement attristé. Un air mauvais passa subrepticement sur son visage, mais c'est avec euphorie qu'il lança:

"Je l'ai étouffé sous tes traits, cela a été si facile. Tu aurais vu la surprise, puis l'horreur sur son visage...Haha ha ha..."Hurla d'un rire dément le tueur en allant rejoindre l'homme de main qui était resté à la porte.

Effaré Hadès resta muet un instant ne trouvant pas de mots devant une telle abomination. Reprenant ses esprits, il cracha:

"Tu n'es qu'un monstre, un fou..."

"N'oublie pas tes paroles. Le monstre, le fou que je suis, n'aura aucune pitié à vous tuer... Ah oui! À cette heure-ci un des hommes que mon ami mafioso m'a gentiment "prêté" est à l'hôpital pour tuer Shun." Se gaussa-t-il regardant ironiquement Shiryu. Le jeune homme à ces paroles était resté prostré, le regardant de ses verts brillant de larmes. Qu'il était beau, que c'était beau cet air douloureux sur son visage, qu'il occasionnait. Ares sentit la jouissance poindre en lui. Se délectant, il se tourna sur l'avocat:

" Une troisième personne va venir vous rejoindre, enfin c'est un cadeau pour toi mon frère. Je ne pouvais pas te laisser mourir sans ta pute...Oui je sais ma bonté me perdra...Ha haha..."

La porte se ferma sur ce rire qui donnait froid dans le dos. Atterré par ce que venait de dire Ares, Hadès malgré la souffrance de sa jambe se leva. Il était bien trop énervé et stressé pour rester assis. Son cœur se serra à la pensé d'Eaque. Merde pourtant il avait tout fait pour qu'il ne s'en prenne plus à lui! Il se tourna vers Shiryu qui s'était laissé glisser le long du mur pour se recroqueviller sur lui-même, les larmes coulant de ses yeux.

"Shiryu ce n'est pas le moment de craquer... Il faut trouver un plan pour sortir d'ici."

"Ah oui lequel? Il n'y a pas de fenêtre et la porte est fermée à double tour, sans compter que dehors il y a ce cinglé et ses hommes qui n'ont rien d'enfants de cœur. Et pour finir il... il veut tuer Shun. Menteur! Tu n'es qu'un sale menteur. Tu m'avais dis qu'ils ne risquaient rien..." S'écria le jeune Japonais

"Je persiste à penser qu'ils sont en sécurité ..."

"..."

"Écoute...Je sais que tu me détestes et que tu n'as pas confiance en moi. Mais il va falloir mettre de côté ta rancœur et se mettre d'accord pour s'enfuir d'ici..."

"Tu penses qu'on a une chance?"

"Oui j'en suis sûr. En plus ma jambe me fait moins mal. Tu as entendu ce qu'il a dit...Je suis quasi-certain que ses hommes de mains ne sont qu'au nombre de trois ou quatre. "

"Tu n'oublies pas l'autre taré!"

"Non, je n'oublie pas ce malade mental... Shiryu... Quoi qu'il arrive...si tu as la moindre occasion de fuir, tu fonces sans te retourner."

Voyant la confusion de son beau-fils, il essaya de le rassurer. De ce fait, lui aussi, car derrière ce sang froid qu'il laissait paraître, il était rempli de crainte, de peur et d'une angoisse terrible qu'Ares arrive à ses fins. Mais ça il ne fallait surtout pas que Shiryu s'en aperçoive. Il s'approcha du jeune homme et s'appuya contre le mur à côté de lui. Baissant le regard sur le haut de son crâne, il leva la main pour le réconforter, mais au dernier moment, il se retint. Reprenant la parole, il ajouta:

" Si l'un de nous y arrive, il pourra trouver de l'aide. Je sais que tu peux le faire... Autre chose, ne laisse pas voir ta peur à Ares ...Il aime dominer et se repait de la peur des autres. Voir que l'on lui résiste pourrait l'amener à faire une bêtise, c'est OK?"

"..."

Shiryu hésita puis se disant qu'il ne pourrait peut être plus lui poser cette question, il l'interpela :

"Pourquoi tu ne nous as jamais aimés? Et de ce fait, pourquoi tu nous as gardés après la mort de notre mère?"

Dire qu'Hadès ne fut pas surpris par cette demande, fut un euphémisme. Il décida néanmoins de lui répondre. Peut être cela l'aiderait lui aussi...

"Pour que vous ne soyez pas séparés. Quoi que tu puisses penser, je...je ne vous détestais pas...c'est seulement que tu te braquais toujours contre moi et je ne savais pas comment te prendre et...je reconnais que je ..."

"Que tu quoi? Tu dis que je me braquais...tu as giflé maman, tu nous as crié dessus en disant que tu étais le chef et que l'on devait marcher droit ...tu es sorti la laissant à terre en larmes ..."

"Tu ne sais rien du pourquoi...ta mère savait très bien que c'était un mariage de convenance que je ne l'aimais pas... elle pouvait vivre chez moi avec vous et moi je pouvais continuer ma liaison avec celui que j'aimais. Mais non! Elle s'est mise en tête qu'elle m'aimait, que si elle arrivait à me faire rompre avec mon amant, je serais à elle. Pourtant je lui ai répété plusieurs fois que j'aimais les hommes et que jamais, je ne l'aimerai elle. Et tu sais ce qu'elle a fait? Derrière mon dos, elle a engagé un détective qui m'a suivit et il a pris des photos. Photos, qu'elle s'est empressée de montrer à mon père. Le jour même, mon amant m'a téléphoné apeuré en me disant qu'il me quittait, mon père l'avait menacé. Le lendemain l'homme que j'aimais, était parti ou plutôt il avait pris la fuite.

"Quand bien même, maman avait ses torts, nous on y pouvait rien. Tu nous as maltraités pendant des années et là tout ce que tu trouves à dire... puisqu'elle a contribué à te faire perdre ton amant, tu t'en es pris à nous...c'est bien ça?"

De colère Shiryu s'était levé, lui faisant face et de ce fait, oubliant presque quelques instant leur situation.

"Maltraité est un bien grand mot... je n'ai jamais levé la main sur Kiki ni Shun... Quant à toi une gifle de temps en temps. Ce n'est pas énorme ..."

"Tu te fous de moi! Tu veux que je te rappelle? Dis-moi les cadeaux que l'on avait à nos anniversaires? Rien...même pas un gâteau ...Tu crois que Kiki pouvait comprendre...Les punitions lorsque l'on n'allait pas assez vite à répondre à tes questions ou que l'on faisait un peu de bruit...Les interdictions de presque tout...Tu étais où... lorsque Kiki ou Shun étaient malades? Pourquoi tu ne m'entendais pas lorsque je te suppliais de me faire sortir de cette pièce où tu m'enfermais pendant des jours? "

"OK...je n'ai pas su être un bon beau-père... et...je... je suis désolé...voilà content...C'est ce que tu voulais m'entendre dire?"

" Tu es désolé, mais tu ne sais même pas pourquoi...Non...ce sont des regrets de ta part que je veux, que nous voulons, des regrets sincères. Que tu reconnaisses, que tu comprennes le mal que tu nous as fait...Pas un désolé."

Hadès haussa les épaules avant de se laisser glisser par terre. Non mais, il voulait quoi à la fin? Il lui avait dis qu'il était désolé . Si ce merdeux ne s'en satisfait pas, bien lui en fasse, il n'aura rien d'autre. Non mais, c'est vrai quoi!

"Puis si ton amant tenait vraiment à toi il n'aurait pas pris la fuite ...et toi de ton côté tu aurais du tenir tête à ton père."Marmonna entre ses dents Shiryu

Poussant un soupir de lassitude l'avocat ne répondit pas. D'ailleurs que répondre? Il fallait bien reconnaître qu'il n'avait pas tort.

Pendant ce temps à L'hôpital

Aiolia prévenu de l'enlèvement de Shiryu se dirigeait à grand pas vers la chambre de Shun, suivi de l'infirmière qui le sommait de quitter l'établissement puisqu'il était quatre heures du matin. Le détective s'arrêta net voyant le couloir vide:

"Où est le flic qui était de garde?"

"Il était là il y a cinq minutes j'en suis sûre, je lui ai porté un café..."

"Vite allez chercher de l'aide..." murmura Aiolia en courant vers la chambre de Shun.

Il s'arrêta devant la porte, prit l'arme qu'il avait cachée sous sa veste et ouvrit la porte brusquement, faisant sursauter un infirmier qui injectait à l'aide d'une seringue un produit dans la perfusion.

"Qu'est ce que vous faites?"

"Je suis l'infirmier de nuit et je ne faisais qu'administrer un calmant."

"Recule de ce lit...ou je te jure que je te mets une balle entre les deux yeux."

L'homme se recula prudemment, Aiolia enleva l'aiguille du bras de Shun qui bougea en marmonnant, puis cligna plusieurs fois des paupières avant de les ouvrir.

"Aiolia?"

Le dit Aiolia eut un instant d'inattention, dont le tueur profita pour sauter sur le détective faisant tomber l'arme de ses mains. Une bagarre s'ensuivit. L'homme réussit à prendre le pistolet, il se leva et le braqua non pas sur Aiolia, mais sur Shun qui le fixait tétanisé. Le meurtrier allait tirer quand il poussa un cri de douleur et de surprise laissant choir l'arme par terre. Le Grec venait de lui enfoncer un couteau dans son bras. Furieux il retira larme blanche et avec un rictus mauvais, voulut s'élancer sur le jeune homme une nouvelle fois, mais un bruit retentit et il s'écroula sur le lit. Aiolia venait de lui tirer dessus. De concert des policiers entrèrent dans la chambre suivis de peu par un médecin de garde et des infirmiers.

Un moment plus tard, Aiolia était allongé dans le lit tenant son petit lutin endormi dans ses bras. Vu son état de choc et d'anxiété, le docteur lui avait donné un somnifère. Le Grec n'avait pas démordu, personne ne le fera partir de cette chambre. Au réveil de Shun, il devait lui dire pour Shiryu et il savait qu'à cette nouvelle, il aurait besoin de lui et il voulait être à ses côtés.

Le chirurgien avait essayé de sauver le faux infirmier, mais il était mort sur la table d'opération. Le Grec s'en voulait énormément, il n'avait pas réfléchi quand il avait tiré, pris de panique en voyant l'arme pointée sur son ange. Et maintenant à cause de sa bourde, ni lui ni la police n'en savait plus sur le kidnappeur et surtout où il se trouvait ainsi que Shiryu.

Retour à la villa d'Ares

La porte s'ouvrit sur Ares et un homme de main qui balança Eaque dans la pièce. Hadès se précipita sur lui. Il avait été frappé sans ménagement. Il s'accroupit et d'une main vint caresser la joue barbouillée de sang du Népalais qui frissonna. Regardant le tueur il s'exclama:

"Tu es complètement détraqué!"

"Je sais ...le pauvre doit souffrir. Mais bon de toute façon ce qui compte c'est qu'il sera près de toi au moment de votre mort... Oh qu'est-ce que je suis gentil... Tu ne trouves pas?"

Sur ces mots dit ironiquement, Ares partit refermant la porte derrière lui.

"Eaque... est-ce que ça va ?

"J'ai connu mieux," murmura ce dernier, les yeux clos.

L'avocat l'observa, il avait des contusions et son poignet gauche devait être cassé.

"Qu'est-ce qu'il t'a fait ?"

"Juste frapper, c'est qu'il n'y a pas été avec douceur."

Eaque tenta de se relever, mais il s'écroula en gémissant. Hadès l'attrapa dans ses bras, laissant tout le corps du Népalais peser sur lui. Il le rapprocha du mur pour qu'il puisse se tenir assis.

La porte se rouvrit une nouvelle fois laissant apparaitre Ares qui par pure méchanceté, puisqu'il savait par Pharaon que l'homme de main était mort sans réussir à tuer Shun, annonça :

"Ah oui! J'allais oublier...Shiryu, ton frère Shun est mort...toute mes condoléances..."

Là c'en était trop pour le jeune homme. Déjà qu'Eaque avait été jeté comme un moins que rien dans cette cave, il avait été choqué de le voir couvert de coups et de sang. Toute cette haine, cette méchanceté gratuite. Et là... ce monstre lui apprenait en se moquant que Shun était mort! Hadès avait raison tout ce que ce cinglé voulait c'était voir en lui, en eux la souffrance, la peur. Alors non ...il ne le lui donnerait pas ce plaisir. Il sentit en lui une rage monter et cracha:

"Menteur...sale menteur. Ça ne marche plus, ton petit jeu ne marche plus ...tu veux que je te dise?! Tu te crois le meilleur, mais en fait tu es pitoyable, ça se comprend que ton père t'ait renié, qui voudrait d'un déséquilibré comme toi..."

Shiryu n'eut pas le temps de terminer sa tirade que le coup de poing l'atteignant de plein fouet le propulsa vers le mur. Il sentit le goût de fer du sang dans sa bouche, ainsi qu'une intense et vive douleur dans le haut du dos, sans parler de sa joue.

"Tu...la...fermes..."Siffla-t-il, puis se ressaisissant, il ajouta le regard mauvais." Aiolia est arrivé trop tard. Que tu me croies ou non je m'en fous. Sache seulement que le prochain sera Kiki...je sais ce que tu penses, la police le surveille. Mais si une personne est postée à une distance d'où il ne peut être repéré et qu'il tire sur le petit avec une carabine longue portée ... ils ne pourront absolument rien faire, que constater sa mort. Comme tu peux voir ma vengeance se déroule à merveille ...ahahahah"

Après avoir lancé à Hadès une œillade sardonique, il sortit, refermant une nouvelle fois la porte sur ce rire fou, les laissant tétanisés sur place. Shiryu sentit un grand froid l'envahir et assimila les paroles cruelles que venait de lui jeter au visage Ares. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Ne pouvant, ne voulant pas extérioriser sa douleur sachant que le tueur n'attendait que ça, il donna un grand coup de point dans le mur face à lui, ne retenant plus ses larmes silencieuses.

"Reprend toi! Je t'ai déjà dit que...?"

"Laisse-le! Tu n'as donc pas de cœur? Au...au fait pourquoi je te pose la question... Tu n'es pas capable de compassion...cela ne te fait donc rien, tu les as élevés quand même! Tu sais quoi! Tu es un handicapé d'amour..." souffla Eaque faisant une grimace de souffrance.

"Tu parles pour qui pour lui ou pour toi?

"Pour moi? Tu te crois donc irremplaçable... lorsque j'ai été kidnappé, je partais de l'hôtel... je te quittais Hadès"

"Quitter? On n'était pas ensemble que je sache, tu n'es qu'un prostitué que je paie...Shiryu?" Ajouta l'avocat surpris de voir son beau-fils resté planté sans bouger, il regardait ses phalanges puis la fissure qui apparaissait sur la chaux blanche...

Surpris, Hadès se demanda pourquoi il regardait l'endroit où il avait frappé de cette façon. Il le vit défaire sa ceinture et commençait à gratter avec la boucle.

Shiryu vit apparaître derrière la chaux une brique, il s'acharna à enlever le joint qui était déjà effrité laissant filtrer la lumière du soleil. Son cœur commença à cogner dans sa poitrine. Était-ce un pas vers l'espoir? Un pas vers leur liberté?

Médusé Hadès alla le rejoindre, regardant au dessus de son épaule il lâcha avec conviction.

"C'était sûrement l'emplacement d'une fenêtre qui a été bouchée. Tu viens peut-être de nous sauver par ton geste!"

Le jeune Japonais s'essuya les larmes. Esquissant un piètre sourire, il murmura:

" Il ne faut pas faire de bruit."

"Non tu as raison, Eaque tu restes où tu es, vu ton état tu ne peux être d'aucune utilité. Shiryu tu peux aller à la porte pour surveiller si quelqu'un arrive? "Le voyant esquisser de la tête d'un geste affirmatif, il continua ses directives," Aussitôt que tu entends le moindre chuchotement, tu fais un signe. Moi je vais continuer à enlever les joints."

Pendant ce temps chez Angelo

Un taxi s'arrêta devant la maison. Après avoir payé le chauffeur, Shura en descendit et jeta un œil sur sa montre : sept heures trente du matin. Il fit un signe de la main aux policiers qui étaient dans leur véhicule reconnaissant Queen. Il contourna la villa suivant le petit chemin carrelé qui le conduisit sur la terrasse. Angelo était là assis les coudes posés sur ses genoux se tenant la tête des deux mains. Il releva le visage en entendant les pas et fut surpris en le voyant.

"Shura? Tu ne devais pas rester encore deux jours à Rhodes?"

"Si...mais mon ami a besoin d'aide ...alors me voici" déclara-t-il. S'asseyant près de lui, il allongea ses longues jambes et croisa les bras.

"T'aurais pas dû venir et Shaka?"

"Il est bouleversé et il serait bien revenu lui aussi, mais avec le petit il est préférable qu'il reste là-bas."

"Le petit?"

"Oui c'est l'héritage que nous a laissé Amista et sa femme... mais pour l'instant revenons à Shiryu."

"On a cherché presque toute la nuit avec Kanon, Rhadamanthe et Milo. Mais il n'y avait personnes dans les rues, et la voiture qui a servi à l'enlever... disparue elle aussi. On est rentré depuis deux heures, nos amis se reposent. On reprend la recherche dans une heure pour interroger les gens au cas où...il ...il a essayé de tuer Shun à l'hôpital. Heureusement Aiolia était là pour le sauver. Et moi! J'étais là et je les ai laissés l'emmener ..."

"Arrête de dire des conneries! Tu sais très bien que tu ne pouvais rien faire !"Protesta l'Espagnol

"J'ai peur Shura ...tellement peur... et s'il mourrait? Je ne pourrais pas vivre sans lui ...et puis je ne lui ai pas dit à quel point je l'aimais ...putain fait chier pourquoi je lui ai pas dit!"

"Non...arrête ça tout de suite...tu as besoin d'un bon café bien fort et va prendre une bonne douche pendant que je le prépare..."

Il regarda son ami se lever et se diriger vers les marches. Il ne l'avait jamais vu l'air aussi abattu et l'interpella:

"Angelo? On va le retrouver ..."

Angelo le regarda en silence un instant et s'éloigna en maugréant:

"Ouais ...fort très fort le café."

Peu de temps après Rhadamanthe, Kanon ainsi que Milo vinrent le rejoindre devant ce bon breuvage costaud, suivis de peu par Shion et le détective. Ils étaient tous concentrés sur le plan que leur avait soumis Dohko. Ledit Dohko croyait que l'endroit où les kidnappés étaient retenus ne devait pas être loin du port Rafina. Ils devaient donc se centrer sur ce village pour agrandir le cercle par la suite. Angelo qui en était à son énième café ne tenait plus en place. Il se leva, regardant l'heure à sa montre passablement agacé.

"Bon assez parlé, il est huit heures...faut se bouger maintenant...qui reste avec Kiki?"Ajouta-t-il

"Moi ...plus Aphrodite et Ikki qui arrivent ainsi que Saga et Mü" spécifia Shion

"Bonjour... vous allez où?" les interpella Kiki debout à la porte de la cuisine.

Il avait pris sa douche et portait un pantacourt en jean et un tee-shirt blanc avec un motif de smiley qui tirait la langue. Il regarda un peu partout en fronçant ses sourcils et demanda ce qu'Angelo redoutait:

"Où est Shiryu? Il n'ai pas venu me dire bonsoir hier"

Angelo soupira en s'ébouriffant les cheveux, merde que lui répondre? Il ne pouvait quand même pas lui dire de but en blanc, ton frère a été enlevé...

"Bon ...on t'attend devant." dit Kanon en s'éloignant avec Rhadamanthe, Milo et Dohko suivi par le regard bleu mauve de son amant.

"Tu sais mon grand on est rentré tard hier soir... il a du partir très tôt ce matin et..."

"Même pas vrai... Il vient toujours me voir avant d'aller se coucher..."

"C'est sûrement ce qu'il a fait, mais tu devais dormir...pareil pour ce matin, il n'a pas voulu te réveiller." expliqua à son tour Shion.

Kiki regarda l'Italien croisant les bras sur son torse en faisant une mimique pas contente, il répliqua:

"Pourquoi les policiers sont devant la maison? Angelo... Il a eu un accident lui aussi? Dis... Il est où Shiryu... "L'implora-t-il.

L'architecte s'assit et lui prit la main le menant devant lui. Qu'aurait fait son chaton à sa place? Il lui aurait dit la vérité, de cela il était certain.

"Non ton frère n'a pas eu d'accident... Kiki... les flics sont là, parce qu'un homme a enlevé Hadès et comme vous êtes ces beau-fils, ils préfèrent surveiller la maison. Mais tu n'as pas à avoir peur mon grand ...Ils sont seulement là par précaution. Simplement aujourd'hui, tu dois rester ici et si tu vois un homme que tu ne connais pas, tu le dis aussitôt...Ok?"

"OK... même pas peur! Je suis grand tu sais, j'ai dix ans...Mais t'as pas répondu... il est où Shy?" S'insurgea Kiki

"Il a...il a été kidnappé... mais je te promets, je vais le ramener...tu me fais confiance n'est-ce-pas?" Ajouta L'Italien le cœur serré de voir les yeux du petit se mouiller.

Le petit ravala ses larmes et hocha d'une tête tristement.

"Tu promets?"

"Oui promis..."

Il avait lâché la main du garçon et allait partir quand il se tourna vers lui, il constata que les larmes coulaient sur ces joues. Il s'agenouilla et tendit la main vers lui.

" Oh là, bonhomme ! Ne t'inquiète pas, on va le retrouver ton frère !"

Le petit se jeta dans ses bras. Angelo se sentit pendant quelques secondes désemparé, puis le serra très fort. Après un instant, il le poussa doucement vers Shion en lui faisant un sourire encourageant. L'architecte après un dernier signe alla rejoindre ses alter egos.

Retour chez Ares

Hadès avait déjà enlevé cinq briques, quand Shiryu lui fit signe de stopper ce qu'il faisait. Il continua à regarder par le trou de la serrure les deux hommes de mains choisissant du vin dans la cave. Il vit un des gardes lancer un regard vers la porte. Le jeune homme quitta son poste pour rejoindre le mur en face et s'asseoir cachant avec Eaque les petits bouts de ciments tombés. Hadès resta debout devant le trou où il avait reposé les briques en vitesse pour que l'on ne voit pas la lumière du soleil.

Pendant ces quelques minutes d'attente, l'avocat lança un regard de coin au Népalais qui le snobait depuis leur dernière discussion. Hadès reconnaissait qu'il avait été blessant envers lui. Essayant de s'excuser à sa façon, il demanda:

"Eaque ton bras te fait toujours aussi mal?"

"..."

"Tu sais tout à l'heure je...j'ai menti. Tu es...un peu plus que...qu'un prostitué...bien plus"

"..."

Décidant de rester silencieux pour lui montrer son mécontentement, et le mal que ses propos lui avaient fait, Eaque revêche détourna la tête en gardant le silence. Il ne put donc pas apercevoir le micro-sourire d' Hadès qui insista:

"Au fait ...je ne t'ai jamais demandé? Comment tu en es arrivé à ...faire ça...C'est Minos qui t'a entrainé à..."

" À quoi? À faire la pute? Depuis quand cela t'intéresse? Qu'est-ce que tu veux savoir? Comment cela s'est passé la première fois que je me suis prostitué ? Comment est-ce que je vis avec ça ? Comment est-ce que je supporte mon visage le matin dans le miroir ? Comment je fais pour supporter tes insultes continuellement ...comment j'ai pu espérer un instant que tu aies un quelconque sentiment pour la pute que je suis..." Il y avait tant de rancœur et de reproches dans sa voix. Et tant de souffrance dans ses yeux, il ajouta:

"Oui... Minos et moi on se connait depuis l'orphelinat. On était comme frère, puis j'ai été adopté et on s'est perdu de vue. Un jour, mon père adoptif m'a jeté à la rue quand il a compris que j'étais gay. Je dormais dehors depuis un certain temps, quand je l'ai revu par hasard devant un bar, on a renoué et il m'a accueilli chez lui. Il m'a proposé de me faire connaitre des clients. Il ne m'a pas entrainé, je l'ai suivi et on s'est poussé mutuellement dans cet enfer..."

Les paroles d'Eaque s'arrêtèrent net lorsque la bouche d'Hadès s'empara de la sienne. Il écarquilla les yeux de surprise et tenta d'échapper à son étreinte. Mais celui-ci devina son intention et déposa une main derrière sa nuque, l'attirant plus étroitement contre lui, faisant attention à ne pas lui faire mal au bras. Le Népalais n'arrivait plus à réfléchir. Sa main contre le torse de l'avocat n'avait plus de force… Il n'arrivait pas à le repousser. Fermant les yeux, il se laissa finalement aller, oubliant tous ses griefs. Hadès le relâcha et le laissa pantelant contre lui. Il murmura :

"Tu comptes bien plus que tu ne le penses."

"Ils sont partis ... vous avez finis vos roucoulades? On peut continuer? Au cas où vous auriez oublié, on est prisonniers et en danger ..." les rappela à l'ordre Shiryu continuant à gratter les joints. Hadès se joignit à lui. Non sans avoir levé un sourcil blasé, ce gamin ne changerait jamais toujours aussi moralisateur.

Rafina et ses alentours

Rhadamanthe raccrocha son portable et un fin sourire vint étirer ses lèvres, sa secrétaire venait de lui apprendre que le détective d'Hadès avait déposé un dossier sur Alexis Dimopoulos. Ledit Alexis qui en fait était Ares. Toujours d'après l'enquêteur, Hadès lui avait dit avant qu'il ne parte pour la France, que le tueur avait loué une maison aux abords du port de Rafina. Et cerise sur le gâteau, elle venait de lui envoyer sa photo sur son mobile. Photo qu'il venait d'envoyer à son tour au commissariat.

"Qu'est ce qu'il y a? On dirait que tu as eu une bonne nouvelle"

"Oh que oui...regarde...c'est un cliché d'Ares au jour d'aujourd'hui"

"Un...?"

Kanon de joie sauta au cou de Rhadamanthe avant de capturer ses lèvres dans un tendre baiser. L'Anglais ferma les yeux puis enlaça son amant, tout en souriant contre ses lèvres. Les deux amoureux se séparèrent et se regardèrent avec un grand sourire sur leurs visages. Kanon se tourna vers l'Italien et fut content de l'interpeler pour lui donner un peu de réconfort.

"Angelo ouvre ton portable...Rhada t'envoie une photo."

Les informations que leur donna l'avocat déchainèrent un regain d'énergie et de confiance à la troupe. Au bout de deux heures Angelo et Shura montraient le visage d'Ares sur le portable à une jeune femme, quand celle ci s'écria:

"Oui je le reconnais ce type! Il a loué la villa un peu plus loin où il y a une falaise."

"Vous êtes sûre que c'est lui?" Insista Shura

"Oh que oui, très tôt ce matin je revenais de chez mes parents et la chaine de mon vélo a déraillé. Je l'ai posé sur le tronc d'un chêne face à la villa. Lorsqu'une voiture s'est arrêté devant un portail et il est descendu pour l'ouvrir. "

"Vous pouvez nous indiquer la route?"

"Oui..."

Villa d'Ares

Hadès et Shiryu avaient fini d'enlever assez de briques pour leur évasion. L'avocat fit signe au jeune Japonais de passer en premier et se tourna vers le Népalais en chuchotant:

"Eaque à ton tour vite..."

Shiryu, une fois de l'autre côté, pensa que quelques centimètres en plus auraient été appropriés. C'est surtout pour Eaque qu'il s'inquiétait. Avec son bras, il allait déguster. Il se mit à genou et l'aida du mieux qu'il le pouvait. Eaque serrait les dents pour ne pas laisser franchir de ses lèvres, des petits cris de souffrance. Hadès sortir à son tour, il releva le Népalais l'adossant au mur de la maison.

Il faisait encore très chaud même si c'était le premier jour de septembre. Aucun nuage à l'horizon, il n'y avait qu'un mince filet d'air frais qui faisait du bien. Ils regardèrent autour d'eux, ils étaient à l'arrière de la maison et Hadès savait que la terrasse se trouvait sur la droite allant jusqu'au petit muret en pierre qu'il voyait un peu plus loin , il remarqua:

" Pars là-bas, il y a une falaise, Il faut la descendre à pied. Un chemin dévale en lacet jusqu'au bas. De la plage, on peut rejoindre le port. La descente est assez escarpée, il va falloir faire attention. "

Ils commencèrent à avancer discrètement sur la gauche rasant le mur face à un jardin qu'il fallait traverser puis continuer tout droit. Shiryu passa son bras autour de la taille d'Eaque.

"On y va ?" Dit-il à voix basse en se tournant vers Hadès

" Oui ..."

A peine avait-il répondu que le jeune Japonais soutenant le Népalais s'était déjà mis en route. Ils arrivèrent, après avoir traversé le jardin, devant une sorte de grand champ d'herbes hautes. Cependant, ils pouvaient entendre au loin les mouvements que faisaient les hommes de mains d'Ares. Ils se précipitèrent à grand pas dans cette végétation sauvage pour rejoindre cette ligne bleue qui s'étendait au loin le plus vite possible. Plus ils se rapprochaient, plus cette ligne grossissait. Ils arrivaient à la falaise et s'apprêtaient à prendre le petit sentier adéquat descendant vers la plage.

Cependant Ares arme en main suivi de ses comparses, arrivaient déjà derrière eux.

"Hadès... tu croyais vraiment m'échapper? "Cria moqueusement le tueur

À l'entente de son nom crié par ce tueur fou, le sang de Hadès se figea, de même que les deux jeunes hommes. En un instant, une expression d'horreur prit place sur leurs visages. Ce n'était pas possible, pas déjà !

" Va trouver de l'aide..." Voyant l'hésitation du son beau-fils, il ajouta en le pressant. " Tu es le seul en état...pour une fois obéis ... grouille- toi!"

Shiryu regarda au loin les hommes qui dans peu de temps les auraient rattrapés. Hadès blessé à la jambe ne pouvait avancer vite, quant à Eaque il était en piteux état. La lueur d'espoir qu'il vit en retour dans les yeux fatigués du Népalais l'encouragea. Après un dernier regard sur les deux alter-egos, il se mit à descendre de la falaise en prenant le sentier menant à la plage.

Ils le regardèrent, espérant qu'il y arrive. Hadès prit dans ses bras Eaque, ils savaient tous les deux, qu'ils n'auraient pas été loin. Ils se tournèrent vers les hommes de mains et Ares qui ne se trouvaient plus qu'à quelques mètres. Le tueur pointa son arme sur eux les invertissant un soupçon de mise en garde dans la voix:

"Un geste et vous êtes morts... où croyez- vous aller ?"Ajouta-il

"..."

"Vous deux! Rattrapez moi ce merdeux et ramenez le moi vivant..."

Ne se faisant pas prier les picciottos* se mirent à la poursuite de Shiryu.

Au même moment

Pendant ce temps devant la villa d'Ares, nos amis s'étaient divisés en deux groupes, le premier dont faisait parti Dohko, Rhadamanthe et Kanon et le deuxième Angelo, Shura, et Minos qui les avait rejoints. Le Norvégien leur apprit que son ami Eaque avait était enlevé lui aussi. Quant à Milo et Aioros, ils étaient restés en retrait cachés dans un champ d'oliviers de l'autre côté de la route, au cas où il y aurait un problème.

"Fait chier ton Minos... c'est lui qui devait être ici à surveiller."

"Oui je sais ...il est très...cabochard"

"Ouais... le mot teigne lui irait mieux tu ne crois pas?"

Aioros se tourna vers le Grec en levant un sourcil amusé.

"Peut être ..."

À quelques mètres d'eux leurs alter-egos tentaient de rentrer dans la villa en essayant d'escalader le mur en grès qui faisait au moins deux mètres de haut.

"Shura, fais-moi la courte échelle. "Demanda Angelo

"Dites...vous devriez attendre les flics...c'est illégal ce que vous faites..."Les rappela à l'ordre Rhadamanthe.

"Ouais et pendant ce temps il peut les tuer, c'est légal ça peut être?" grogna l'Italien les deux pieds sur les épaules de l'Espagnol.

Angelo atterrit de l'autre côté, il leva la tête pour voir Shura qui à son tour sauta pour le rejoindre. Entendant un bruit derrière lui l'architecte se retourna et sursauta en voyant Minos qui les regardait content du petit effet qu'il avait produit.

"Par où tu es passé?" s'écria d'une voix basse Angelo

"La petite porte pas loin du portail était ouverte, je n'ai eu qu'à tourner la poignée"

"Mais t'es con ou quoi! Tu pouvais pas le dire?!"

"Bah je viens de le faire..."

"Hé! Vous avez vu c'était ouvert ..."les informa Dohko inutilement en venant à les rejoindre, suivi par Kanon et Rhadamanthe. Le détective commença à donner ses directives.

L'Anglais fronça les sourcils en entendant le plan échafaudé par Dohko, il ne put se contenir:

"Stop...vous faites n'importe quoi... Angelo? Je n'ai pas rêvé... tu as bien une arme en dessous de ton polo?"

"Ouais et alors monsieur le coincé du cul?"

"Le quoi? "

"T'as bien compris l'Anglais."

Stoïque malgré l'envie de dire ses quatre vérités à cet Italien, il le dédaigna pour interpeller l'Espagnol

"Shura vous êtes avocat, dites lui que ce qu'il fait est répréhensible "

"Oui... Angelo tu n'as pas oublié de le charger au moins?"

"Non t'inquiète ..."

Rhadamanthe dépassé tira Kanon par le bras un peu à l'écart des oreilles indiscrètes qui commençaient à avancer furtivement vers la maison.

"Ils sont barges tes amis..."

"Oui je sais...tu n'es pas obligé de venir tu sais."

"Si je viens...faut bien quelqu'un de sensé parmi vous."

Retour en haut de la falaise

Ares s'amusait comme un fou à la roulette russe sur ses deux prisonniers, il se délectait de leur peur, la sueur coulait sur leurs fronts. Ils les avaient fait mettre à genoux face à face. Il pointa l'arme sur la tempe du Népalais qui plongea son regard terrifié dans celui d'Hadès, tout aussi terrorisé que lui.

"Quel dommage d'abîmer un si joli visage. Vraiment dommage..."

"Laisse-le partir. C'est à moi que tu en veux, je suis là. Fais-ce que tu veux de moi mais laisse-le partir."

"Oh comme c'est touchant... mais tu sembles oublier un petit détail mon cher frère. C'est moi qui décide. Malheureusement, il ne reste qu'une balle et elle est pour lui ...ta douleur n'en sera que plus jouissive. Voila pourquoi il va y passer en premier...un...deux ..."

"Baisse ton arme ou c'est toi qui y passe ordure." Ordonna Dohko

Ares se tourna vers la voix, il vit les deux armes pointées sur lui. Tout se passa au ralenti dans sa tête, il ne voyait qu'Hadès qui allait s'en sortir...Non! Même s'il devait mourir son frère le suivrait aussi. Il appuya le canon de son pistolet sur la nuque d'Eaque l'obligeant à se lever. Il ordonna:

"Faites un pas et il est mort ...et toi viens ici !" Ajouta-t-il à l'avocat

Ares commença à reculer lentement tenant toujours le Népalais en otage jusqu'au bord de la falaise. L'homme de main qui était resté avec le tueur braquait son revolver sur Dohko.

"Bougez pas ou je vous jure qu'il va y avoir des morts" cria Ares voyant Angelo donner son arme à Shura en faisant un pas vers le sentier, ayant vu son chaton en difficulté.

Rhadamanthe et Kanon eurent un soupir de soulagement en voyant les policiers arriver.

"Jetez vos armes" ordonna le commissaire Degel

Profitant de ce moment l'Italien descendit en grande vitesse le chemin menant à la plage suivi de Shura.


Shiryu était à terre, il venait de recevoir un coup le propulsant au sol. Il sentit sa lèvre se fendre et le sang couler qu'il récupéra de la pointe de sa langue. Hargneusement il se releva et bondit sur celui qui l'avait frappé en lui faisantune prise que Dohko lui avait apprise. Fier de lui il le vit tomber, il se précipita pour lui prendre l' le deuxième homme de main l'attrapa le jetant par terre, il lui assena un coup de pied dans les côtes. Il se mit à califourchon sur lui et lui prit les cheveux pour relever sa tête jusqu'à son visage. Le jeune regardait à présent son agresseur dans les yeux, il avait peur.

"T'as de la chance qu'Ares te veut vivant, sinon je m'aurai fait plaisir en te tuant lentement très lentement..." gronda l'homme ne sachant pas ce qu'il se passait sur la falaise. Il repoussa brusquement le jeune Japonais, en se relevant il lui remit un coup de pied puis un deuxième.

Angelo qui avait vu la scène de loin n'hésita pas une seconde, il donna son arme à Shura et bondit pour frapper de son poing le colosse, qui partit en arrière propulsé au sol. Il se releva en maugréant et fonça sur l'Italien. Angelo enragé eut vite fait de le mettre KO avec un puissant crochet à la mâchoire.

"Angelo..." l'interpella le jeune Japonais en essayant de se relever péniblement.

Ledit Angelo en entendant la voix de son amour se précipita vers lui l'aidant à se mettre debout. Brusquement, Shiryu se jeta sur lui, le corps parcourut de tremblement alors que des larmes inondaient son visage. L'Italien leva les yeux vers Shura tout en lui faisant un signe de la tête, lui demandant silencieusement de les laisser seuls.

L'Espagnol acquiesça à sa demande et tenant toujours en garde le second type. Il lui ordonna:

"Passe devant."

En arrivant en haut de la falaise Shura resta interdit devant la scène qui s'y déroulait, oubliant l'homme de main qui s'enfuit pour rejoindre Ares. Il fut vite mis en joue par la police qui le somma de se mettre à genoux les mains sur la tête.

Soudain Ares regarda haineusement Hadès, puis un sourire mauvais apparu sur ses lèvres. L'avocat comprit en un instant, mais hélas n'eut pas le temps d'agir. Le tueur procéda à une telle vitesse que tout le monde fut prit de cours sur l'instant. Il poussa un hurlement de bête et poussa Eaque en bas de la falaise sous des cris d'horreurs et tira sur Hadès avant de s'écrouler par terre sous la balle du commissaire Degel.

Kanon se précipita sur Hadès pour voir son état et lui porter les premier secours. Minos depuis le début était caché derrière un rocher se faisant discret, il passa inaperçu aux yeux du tueur et de ses sbires.

Ledit Minos sortit plus vite que son ombre de derrière le rocher se précipitant et sautant sur Eaque au moment où Ares le poussait dans le vide. Ils s'écroulèrent tous les deux au ras de la falaise. Emporté par son élan, Minos tomba, il put entendre un " Non" désespéré hurlé par Aioros.

" Non !" hurla le Grec en courant, se penchant, il le vit suspendu et ne put retenir des larmes de soulagement et de joie. Minos s'était raccroché in-extremis à un rocher. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il fut remonté. À peine sur la terre ferme, Aioros le saisit dans ses bras, prenant son visage entre ses mains. Il souffla avant de prendre ses lèvres tendrement.

"Ne me refais jamais ça..."

Encore sous le choc de ce qui venait d'arriver, ce dernier n'objecta rien et se laissa aller dans les bras d'Aioros.

Sur ces entrefaits, Angelo les avait rejoints. Il soutenait, Shiryu lui ayant passé un bras autour de son torse.

Rhadamanthe regarda autour de lui en soupirant. Les policiers avaient mis les menottes aux hommes de mains et les emmenaient avec eux, il secoua la tête et dit au commissaire Degel et au lieutenant Albafica qui n'avaient pas encore quitté les lieux, attendant que le cadavre d'Ares soit enlevé et que les urgences arrivent.

" Il n'a pas à dire... Ils sont barges..."

"Qu'est ce qu'il dit le coincé du cul?" l'interpella Angelo déclenchant l'hilarité la plus complète de ses alter-egos rassurés que les trois kidnappés et Minos s'en tirent à bon compte.

Hadès dont Kanon avait pansé sa blessure regardait le tueur … en fait son demi-frère, il eut un pincement au cœur en le voyant les yeux grand ouverts sans vie, le filet de sang au coin de sa bouche.

C'était tellement pathétique, sa folie de vengeance l'avait tué. Était-ce la faute à leur père qui l'avait rejeté? Où était-ce dans sa nature ...


L'ambulance arriva et les blessés furent emportés à l'hôpital. Shiryu allongé sur le brancard tenait la main d'Angelo qui était resté avec lui. Ils se regardaient en silence, pas besoin de mots. C'était fini le tueur fou était mort .Le jeune homme épuisé ferma les yeux sous le regard d'Angelo. Il avait tellement eu peur de le perdre et pour la première fois depuis que son chaton avait était enlevé, il laissa couler ses larmes de joie. Quelques gouttes tombèrent sur la main de Shiryu, ses paupières s'entrouvrirent, il y avait tellement d'amour dans ce regard vert menthe à l'eau. Il leva la main doucement et essuya les coins des yeux de son Italien avec le pouce.

"C'est fini."

Angelo se pencha pour l'embrasser murmurant contre ces lèvres.

"Oui mon amour le monstre est mort."

Un moment plus tard à Rafina

Sur la falaise là où Ares avait été tué, une personne hurla de douleur...hurla sa souffrance...

À suivre

Encore merci à Zarbioide qui a vraiment été vite pour la correction.

Merci à ceux ou celles qui prennent le temps de lire ma fic.

Bisous