Disclamer: Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

UA-Yaoi.

Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazil pour son soutien et son aide.

Athna, merci pour ton com! Oui Eaque mériterait d'être heureux. Dans ce chapitre tu vas avoir des nouvelles de nos trois alter égos. Combien de chapitres je compte faire? Je ne peux pas te répondre car moi même je ne le sais pas! J'écris comme cela me vient...mais je ne pense pas dépasser les trente chapitres. J'espère que cette fic continuera à te plaire!

Ignis, merci pour tes commentaires si gentils! Oui tu as raison Minos et Eaque mériteraient de s'en sortir. Dans ce chapitre tu vas voir ce qu'il va se passer pour un des deux... Quand à la petite famille...à suivre.

Marine, dans ce chapitre tu vas avoir les réponses à tes questions. Merci pour la déco' :)et surtout pour ton soutien!

Léa26, merci pour tes encouragements et ta fidélité à cette histoire

Bonne lecture.


Chapitre 19

Nous sommes toujours le 2 septembre matin:

Chez Aioros

Le Grec sortit tout frais de sa longue douche portant pour seul vêtement un peignoir en éponge blanc. Il regarda Minos affalé dans leur lit, sur le ventre, la bouche légèrement entrouverte. Ses longs cheveux en pagaille glissaient sur son visage. Un sourire naquit sur les lèvres d'Aioros, il se dirigea vers le dressing et s'habilla d'un jean gris clair et d'un polo manches courtes à rayures grises et bleu marine. Puis il décida d'aller préparer le petit déjeuner.

Dans un grognement Minos se retourna, mais ne sembla pas se réveiller. Ses paupières étaient obstinément fermées. Au bout de quelques minutes, il ouvrit les yeux et fronça les sourcils. Une bonne odeur flottait dans l'air. Il regarda la place à côté de lui, pas d'Aioros, il se retourna et tira le drap sur lui. À ce moment-là, ledit Aioros entra dans la pièce un plateau pour le petit déjeuner dans les mains. Il sourit à son amant, et le déposa sur ses genoux. Il le regardait avec un air que le Norvégien n'arrivait pas à définir. Ou plutôt si, il avait l'air d'un homme qui s'était éclaté avec lui cette nuit. Le Grec glissa un oreiller derrière le dos de son amant pour que celui-ci soit confortablement assis et s'installa à ses côtés sur le bord du lit.

Minos prit la tasse de café et la but à petites gorgées silencieusement, ne sachant que faire, car il fallait bien l'avouer le petit déj' au lit... de cela non plus, il n'était pas habitué. Qu'allait-il se passer maintenant?

"Tu n'es pas très bavard ce matin..."l'interpella le Grec doucement, il prit le document qui était posé sur le plateau et le lui tendit en ajoutant: "Tiens un petit cadeau..."

Le Norvégien le regarda d'un air sceptique et le lui prit des mains. Au fur et à mesure qu'il lisait son visage passa par un panel d'émotions, il leva les yeux vers le Grec en questionnant désorienté:

"Tu as mis la maison à nos deux noms? Pourquoi? Si c'est pour cette nuit tu m'as déjà payé et je..."

"Non...cela n'a rien à voir! "

"..."

NerveuxAioros racla sa gorge en posant sa tasse, il le fixa de ses yeux bleu clair.

" J'ai beaucoup réfléchi, sur moi, toi... nous et je n'ai pas envie de te perdre. "

"Ah..?

" Oui... Je voudrais... que... tu ne te prostitues plus..."

" Comment ? Mais... Mais..."

" Laisse-moi finir. Et sache bien que ta décision ne changera rien au fait que la maison t'appartienne de moitié. Voilà... Je ne veux pas seulement que tu habites ici pour assouvir mes pulsions sexuelles. Mais que tu dormes avec moi, contre moi, que l'on fasse l'amour. Je voudrais que l'on soit ensemble. Que l'on soit un couple."

"Non mais t'es malade! Regarde-toi...regarde-moi... je suis une PUTE! Il faut que tu oublies cette absurdité. "

" Ce n'est pas une absurdité ...je...je t'aime ...".

Le regard de Minos s'assombrit, il poussa le plateau et se leva ne prenant pas la peine d'enfiler un vêtement. Il se dirigea vers la fenêtre qu'il ouvrit doucement, laissant la fraîcheur de l'ombre pénétrer dans la pièce. Il requerra:

"Tu m'aimes ? Et depuis quand?"

Aioros prit sa chemise qui trainait par terre et s'approcha en la lui mettant sur ses épaules et le serra contre lui son dos contre son thorax, ses bras protecteurs enroulés autour de son torse.

" Peut-être depuis le jour où je t'ai proposé ce "contrat". Le fait est que j'étais attiré par toi et que j'éprouvais des sentiments. Mais c'est sur cette falaise, quand je t'ai vu tomber et que j'ai eu la peur de ma vie. C'est là que j'ai compris à quel point je t'aimais..."

"Non! Ne dis pas ça... tu ne sais rien de moi... je ne suis pas quelqu'un de bien et je...je ne sais pas ...je ne peux pas t'aimer comme tu le voudrais...". S'écria Minos

"Je ne suis qu'un client pour toi? Tu n'as rien ressenti cette nuit?"

"..."

" Il est où le problème?"

"C'est moi !" s'emporta le Norvégien en se retournant violemment, le foudroyant du regard," Tu ne comprends pas ! J'ai peur ...peur que ça soit éphémère. Tu dis m'aimer...mais quand tu auras marre de moi ...tu feras quoi? Tu feras comme lui...?"

"Faire quoi? Qu'est-ce qui t'est arrivé? Parle-moi...Je t'aime et ça implique aussi savoir écouter l'autre, le soutenir, l'aider...Tu sais, il n'y a rien d'humiliant à saisir une main tendue."

Minos poussa son amant et se dirigea vers la salle de bains. Après un instant d'hésitation, il se tourna vers Aioros et à la vue du regard franc et aimant, il soupira:

"Je prends une douche et ... je te raconterai comment j'en suis venu à me prostituer...Tu nous refais du café? J'arrive..." ajouta-t-il


Aioros pensivement versait le café fumant dans les tasses quand il vit Minos entrer dans la cuisine d'un pas calme et sûr de lui. Il le regarda dans un sourire en le voyant pénétrer dans la pièce.

"On le boit ici ou sur la terrasse?"

"Les ouvriers ne viennent pas aujourd'hui " demanda Minos en s'asseyant à la table de cuisine, répondant par cette attitude à la question du Grec.

"Ils viennent cet après-midi..."

Aioros posa le bol devant lui et s'installa en face, buvant son café silencieusement. Il attendit patiemment que le Norvégien se décide à lui parler.

"Pourquoi il y a un trou dans le jardin?"

Le Grec eut un petit sourire en coin à cette question, Minos tournait autour du pot.

"C'est pour une piscine...Minos?!"

Ledit Minos soupira à l'interpellation, mit un sucre dans son café puis se mit à tourner lentement sa cuillère dans sa tasse. Il se retenait de se tortiller sur sa chaise alors qu'il sentait Aioros le dévisager. Il n'était vraiment pas à l'aise, ne sachant trop comment commencer à retracer sa vie. Il s'y résout et relata sa descente aux enfers. Il commença à décrire son enfance, père inconnu, une mère toxicomane qui décède quand il avait cinq ans. L'orphelinat, la rencontre dans ce lieu de deux amis Eaque et un autre garçon blond dont il taira le nom. Le placement à l'âge de quatorze ans dans cette famille d'accueil dont le père buvait et battait sa femme:

"J'ai fugué à l'âge de dix-sept ans, de toute façon ils en avaient rien à foutre de ma tronche. J'ai fait des petits boulots au noir par-ci par-là, j'ai aussi chapardé dans un magasin, mais je me suis fait gauler. Heureusement le commissaire a été assez sympa et après une nuit au poste, il m'a laissé partir non sans avoir appelé l'homme de chez qui je m'étais barré. Une fois rentrés, furieux, il m'a mis une sacrée raclée. Trois jours après, je m'étais une nouvelle fois arraché de cette baraque. Je ne les ai jamais revus. Un soir que je descendais une ruelle sombre pour trouver un coin tranquille pour pioncer, je me suis fais agresser par deux types complètement bourrés qui me prenaient pour une pute. Je les ai rembarrés et fous de rage, ils m'ont jeté par terre et me rouant de coups. J'ai entendu au loin quelqu'un crier d'arrêter...je me suis évanoui ..."

Minos but une goutte de son café et fit la grimace, il était froid. Le Grec se leva et lui prit la tasse des mains. Il vida le contenu dans l'évier et remit le breuvage noir.

"Tiens chaud c'est meilleur. Ce type qui t'a sauvé c'était lui...ton ex?"

"Ouais...quand j'ai repris conscience j'étais chez lui...Au début il était si gentil, il m'a proposé rester dans son appart' en attendant que je trouve un job. Une semaine plus tard on a fait l'amour. Il était mon premier amant...Il était prévenant, tendre, il me faisait des petits cadeaux sans arrêt et je suis tombé dingue amoureux. Mais au bout de quelques mois il a changé, il rentrait de plus en plus tard de son boulot. Il disait qu'il avait de l'ambition et qu'il voulait grimper dans la hiérarchie et pour ça il ferait n'importe quoi... J'ai compris peu de temps après en trouvant un mot dans sa poche de pantalon, ce que voulait dire n'importe quoi...il couchait avec ses patrons, des jumeaux."

"Et ce sont eux qui t'ont violé?" Souffla Aioros en prenant la main du Norvégien, qui tordait la petite cuillère à café dans la sienne, commençant à se douter de la suite.

"Je les avais déjà rencontrés une à deux fois, deux connards de riches présomptueux qui pensaient qu'ils n'avaient qu'à claquer dans les doigts pour avoir ce qu'ils voulaient et en l'occurrence, ils avaient jeté leurs dévolus sur moi. Comme je ne voulais rien entendre, mon ex se mit en colère. Il me disait que je pouvais bien faire ça pour lui, qu'il m'avait sauvé et recueilli, que si je l'aimais comme lui m'aimait, car entends-le bien ,il baisait avec eux pour mon bonheur à moi aussi. Quelle ironie n'est-ce-pas?! Devant mon énième refus, il est devenu violent et un jour je lui ai dit que je le quittais. Il a commencé à pleurer, à me demander pardon, qu'il ne me demanderait jamais plus de coucher avec un autre...qu'il m'aimait...Et...et moi comme un con je l'ai cru ... une semaine après un vendredi soir, il est revenu un peu plus tôt du travail et il a préparé le repas me disant qu'il s'occupait de tout. Il m'a fait couler un bain et un moment après je l'ai vu entrer dans la salle de bains une coupe de champagne à la main." Pour toi mon amour" avait-il murmuré en me la tendant "Dépêche-toi le diner est prêt ...ah oui pas la peine de t'habiller j'ai prévu un plat spécial pour toi" Ajouta-t-il avec un air coquin en me faisant un clin d'œil. Je suis sorti de l'eau comblé, j'ai passé un peignoir et je me suis rendu dans la cuisine, il m'a tendu une deuxième coupe que j'ai refusée au début car la tête commençait à me tourner, il a insisté...j'ai cédé...je me sentais bizarre..."

Voyant la tasse trembler dans les mains de Minos, Aioros fit le tour de la table. Il lui prit doucement la main en s'asseyant près de lui:

" Tu veux t'arrêter un moment?"

"Non...ça va...je vais continuer...j'ai compris plus tard qu'il avait mis de la drogue dans mon verre. La sonnerie de la porte d'entrée a résonné et il est sorti de la cuisine pour y revenir accompagné des deux jumeaux...je te passe les détails sordides. Pendant qu'ils me violaient, il était là les aidant même par moment, puis il est sorti me laissant entre leurs mains toute la nuit. Au petit matin il est revenu et les deux frères lui ont donné une enveloppe et un billet d'avion. "Tu as ta promotion ...ta pute était très bonne". Sur ces mots, ils sont partis en riant. Quant à mon ordure d'ex amant il a pris quelques billets qu'il a lancé sur le lit en me narguant "Tu sais moi à ta place, je ferai ce que tu sais faire le mieux...LA PUTE! Ah oui...lundi l'appart doit être libre... " Il a prit sa valise et il est parti sans un seul regard ni un seul regret. Je suis resté prostré et je...je "

Aioros était devenu blanc comme un linge. Voir Minos brisé dans sa douleur, lui déchirait le cœur. Comment ce soi-disant amant avait-il pu manigancer ce viol ? Détruire un être humain! Car c'est bien ce qu'avaient fait ces monstres... ses mâchoires se crispèrent. Ces mecs étaient des malades, s'il tenait ces ordures il leur ferait payer cher, très cher. Minos leva son regard rempli de larmes vers lui. Ne pouvant supporter d'y voir autant de souffrance, il le prit dans ses bras en lui caressant les cheveux. Toujours contre son torse Minos continua, il fallait qu'il aille jusqu'au bout:

" Le lendemain, je suis sorti de mon apathie. Je me suis rendu à l'hôpital puis j'ai porté plainte ..."Minos eut un sourire amer." je n'avais pas d'argent alors j'ai eu un avocat commis d'office, un jeune qui débutait et qui c'est littéralement écrasé devant celui expérimenté des trois accusés...accusés qui bientôt grâce à ce fourbe de défenseur, passèrent de coupables à l'état de victimes. J'étais consentant d'après lui et j'en passe. Lorsque je suis sorti de ce tribunal, je me sentais encore plus dégueulasse. En quoi cela m'a aidé de porter plainte? Foutaise que cette justice... Si t'as pas un rond t'es que de la merde! C'est ce jour là que ma décision a été prise... puisque je suis traité de pute alors pourquoi pas le devenir? Que pouvait-il arriver? J'étais déjà souillé, sale...alors je suis descendu dans les profondeurs des enfers, un peu plus chaque jour... Pathétique, non?"

Minos releva la tête, il sonda le regard du Grec y cherchant une réponse, puis ferma les yeux laissant une larme coulait le long de sa joue, puis deux...:

"Alors tu vois ce que je ne suis pas digne d'être ton..."

Il ne put finir sa phrase que son amant lui releva le visage et approcha doucement ses lèvres des siennes. Minos répondit au baiser avec ferveur y cherchant un peu réconfort. Quittant les lèvres du Norvégien, Aioros murmura en caressant sa joue:

"Au contraire tu es plus digne que n'importe qui d'autre et ce sont eux les fautifs, eux qui t'ont poussé dans la prostitution..."

"Shiryu s'est fait violé... il n'est pas devenu un prostitué pour autant." fit remarquer Minos

"Oui mais contrairement à toi on l'a aidé, il n'a pas été seul...il a pu en parler ...je ne tiens pas à minimiser ce qu'il a vécu. Mais lui son tortionnaire est mort ... et je pense qu'il peut commencer à reconstruire sa vie...toi tes violeurs vivent tranquillement leur petite vie sans jamais avoir eu le moindre ennui... Hélas tu n'as pas eu un avocat comme Shura pour te défendre et des amis pour te soutenir...mais maintenant tu n'es plus seul je suis là ..."

"..."

"Je t'aime Minos...et je comprends mieux ta réticence à te mettre en couple. Quoi qu'il en soit, je te repose ma question. Veux-tu vivre avec moi? Je sais que tu n'as plus confiance depuis la trahison de ce connard. Mais je veux t'apporter la sécurité, mon soutien, le respect, la vie que tu mérites...Je ne veux que ton bonheur mon amour."

Profondément ému par ces paroles Minos mis ses bras autour de son coup et l'embrassa en soufflant sur sa bouche :

"Je peux être une vrai teigne..."

"Humm je sais..."

"J'ai...me dé...penser"

Quittant les lèvres tentatrices, Aioros le fixa le regard interrogateur où s'installait l'espoir.

"Puis j'sais pas faire à manger..."

"Je sais."

"..."

"Alors? "

" J'aime...j'aime faire l'amour avec toi"

"Moi aussi..."

"Bah... on a un point en commun et pas des moindres ... Alors...OK ...je veux bien essayer."

"Cela veut dire oui?"

"T'es con je viens de te dire Ok alors oui... c'est oui! Tu pensais vraiment que j'allais te dire non...n'est-ce pas?" L'interpella le Norvégien dont le cœur battait violemment dans sa poitrine.

"Oui " Avoua Aioros avant de l'embrasser une nouvelle fois.

"Aioros? Fais-moi l'amour..."

"Tout de suite mon ange." fit le Grec l'entrainant à sa suite

"Ça va pas la tête! Tu crois que j'ai l'air d'un ange...Non trouve un truc qui me colle"

"Mon chou?"

"Beurk"

"Mon cœur, choupinet..."

"Non mais franchement t'as pas plus nase""

"Mon 'ti loup...Mon sucre d'orge..."

La porte de la chambre se ferma et ce ne sont plus des sobriquets que l'on put entendre mais des gémissements de deux être heureux qui se sont trouvés.

Chez le vieux Marcus

Pharaon était allongé sur son lit regardant la photo qu'il avait dans ses mains. Du pouce il caressa le visage de son défunt amant en soupirant tristement, imbécile qui n'avait que sa vengeance en tê de fois m'as-tu dis que l'on ne devait jamais avoir de sentiments? Que cela interférait avec notre travail et que c'était dangereux... et pourtant tu t'y es jeté la tête la première. Car La haine... n'est-elle pas un sentiment ? Mais tu peux reposer en paix ...tu seras vengé! Tu sais tout à l'heure j'ai surpris une conversation très intéressante et je peux te jurer que cette fois-ci ils ne vont pas s'en tirer à si bon compte ...ce n'est plus ta vengeance mais la mienne ...Bon je dois aller jouer mon rôle d'ami ...tu sais de qui je parle n'est-ce pas? De ta petite pute et bientôt la mienne et oui, il suffit de les séparer lui et son Italien. Quoi tu te moques? Tu ne m'en crois pas capable? Sache que ce flic Queen est accroc à l'Italien ... et oui...hahaha... je vais aider ce pauvre homme à reconquérir son ex amant ... Ne suis-je pas âme charitable? "Conclut d'une voix fielleuse Pharaon ne s'adressant plus à la photographie d'Arès. Mais à son reflet dans le miroir.

Villa d'Angelo

Dohko cherchait Shiryu lorsqu' il le vit assis sur un banc sous un vieux chêne. Il regardait en souriant les chatons gambader. Il alla le rejoindre et se mit à ses côtés. Le jeune homme tourna la tête vers lui gardant le silence. Le détective laissa un mutisme s'installer entre eux deux. Ils regardèrent la mer au loin. Après un petit bout de temps, Dohko décida qu'il en avait assez du silence en y mettant fin.

"Shiryu ...tu te doutes de quoi je veux te parler?"

" Je sais que tu penses que je suis ton frère... mais on ne sait pas encore qui a véritablement péri dans l'accident avec tes parents ... Et même... si c'est le fils de leurs amis, qui te dit que je suis apparenté avec toi? Alors pourquoi en parler maintenant?"

" Pourquoi je pense que tu es mon frère? Hier Kiki m'a montré la peluche Marsy que tu lui as donné...Mon petit frère avait la même et il ne s'en séparait jamais... tout commence à s'éclaircir et plus mon enquête avance, plus ça va dans mon raisonnement et surtout mon intuition...sinon on peut faire une recherche d'ADN...Tu n'as pas l'air heureux à la pensée que je puisse être ton frère?"

"Ce n'est pas ça Dohko... c'est que en ce moment il arrive beaucoup trop de choses et tant que je n'ai pas de certitude, je préfère m'abstenir d'y croire ...En plus il faut que je digère ce quelle a fait...mais tu sais, je serais heureux de t'avoir comme frère ..."Ajouta-Shiryu avec conviction

Il passa une main dans ses cheveux noirs afin de les repousser en arrière et exposa au détective ses inquiétudes:

" Hier à l'hôpital, lorsque le lieutenant Degel nous a interrogé sur nos enlèvements... Il a laissé entendre qu'Ares s'en était pris à moi et Eaque pour faire souffrir Hadès ...Vois-tu je n'y crois pas trop. L'inspecteur a aussi posé pas mal de questions sur le jour où Aiolia et Shun ont failli mourir lorsque le tueur a tiré sur eux...Il n'a rien dit, mais vu l'interrogatoire très précis dont il nous a soumis, je suis quasi certain qu'il pense qu'Ares avait un complice...ce qui est logique puisse qu'il ne pouvait pas être à deux endroit en même temps..."

Dohko l'avait écouté avec une grande attention. La police avait raison, lui aussi avait peur que ce fou ait un complice ...Mais pour l'instant mieux ne valait pas révéler au jeune homme ses soupçons.

"Peut être...mais s'il y a bien un deuxième tueur, à la mort d'Ares, il a du prendre la poudre d'escampette. Puis celui qui a tiré sur la voiture était certainement le même qui a voulu tuer Shun à l'hôpital ... "

Le détective se leva et tendit la main au jeune homme qui la saisit machinalement perdu dans ses pensées. Puis se souvenant d'une scène à l'hôpital, il lui adressa un regard amusé:

"N'empêche qu'Eaque, Minos et moi, on a vraiment cru que le lieutenant allait vous mettre en prison, la façon dont il vous a enguirlandé. Surtout toi, Angelo, Shura et Rhadamanthe"

"Il n'avait pas tort...on a agit comme des gamins et c'était très dangereux. Étant détective assermenté et Rhadamanthe ainsi que Shura avocats, jamais nous aurions dû agir de cette façon. Une fois que l'on savait où vous vous trouviez on aurait dû attendre la police. Et pour couronner le tout Angelo avait une arme sans permis avec quelqu'un d'autre que le lieutenant Degel , on se serait retrouvé devant le juge. "

"..."

"Et toi tu vas bien, tes hématomes ne te font pas trop mal?"

"Non ça va... seulement quand je fais un mouvement brusque ...le plus touché est Hadès..."

"Tu vas aller le voir cet après-midi?"

"Non..."

"Tu devrais Shiryu tout au moins prendre de ses nouvelles. Même s'il n'était pas le beau père "parfait", il vous a élevés." fit Dohko en imitant les guillerets avec les doigts

"Pas parfait est un euphémisme ...de toute façon plus la peine de parler de lui, je m'en fiche carrément de savoir comment il se porte!"

Il toisa le détective en colère et lui tourna le dos pour retourner à la villa, quand il se retourna et avec un petit sourire contrit, il l'embrassa sur la joue en murmurant:

"Désolé de m'être emporté ..."

Athènes appart' de Rhadamanthe

Kanon étant revenu, Rhadamanthe l'avait emmené dans son bureau. Il lui raconta tout sur son enfance sans ne rien omettre. Il ne se souvenait plus très bien de ses parents, il avait oublié leur voix, leurs visages. Il avait tout oublié d'eux... sauf leur amour et sa peine quand on était venu lui apprendre leurs morts. N'ayant pas de famille pour l'adopter, il avait était amené à cet orphelinat.

Le médecin qui était installé dans le fauteuil, devant son bureau de bois laqué le soutenait silencieusement le regard rempli d'amour. Il lui posait de temps en temps une question. Mais vers la fin de son récit le Grec fronça les sourcils de mécontentement. Rhadamanthe avait mal agi envers Eaque ce matin.

Voyant le regard du Grec changer, l'Anglais se leva pour aller s'asseoir sur le bras du fauteuil et embrassa son bel amant. Kanon laissa glisser sa main sur le cou de Rhadamanthe, et caressa doucement, presque machinalement, la nuque offerte. Leurs lèvres se séparaient lentement, pour venir presque instantanément se retrouver, plus avides et plus gourmandes. L'avocat délaissa bientôt les lèvres du Grec pour les glisser au creux de son cou, juste derrière son oreille.

" Mmmh Rhada, tu ne crois pas que le moment est mal choisi pour aller dans cette direction-là ? Et n'oublie pas que tu dois aller parler à Eaque ..." souffla Kanon

Il le sentit soupirer dans son cou. Puis il releva la tête vers lui en fronçant les sourcils:

"Pourquoi? Je n'ai rien à lui dire... Tu ne m'en veux pas pour t'avoir caché mon enfance?"

"Non et oui... Puis...j' me dis que le principal c'est que tu te sois livré. Tu as souffert Rhada de la perte de tes parents et du fait de te retrouver dans cet orphelinat où tu ne t'es jamais adapté en plus, le directeur était un vrai connard ... tu le dis toi même heureusement qu'ils étaient là...Va le voir." Ajouta-t'il d'un ton persuasif. Rhadamanthe se raidit.

"Comme je te l'ai expliqué, on a été des amis ...comme tu peux le remarquer, j'ai bien dit, on A ÉTÉ des amis, le passé Kanon. On n'est plus des potes à ce jour, juste une rencontre par hasard d'ex copains."

"Écoute-moi bien le British infatué, présomptueux et j'en passe. Après tout ce que tu viens de me raconter...tu oses dire de telles inepties! Sans eux tu en serais où? Eaque a été puni souvent parce qu'il te défendait toujours. Et Minos n'a-t-il pas prit un coup de couteau à ta place? Quand tu as été adopté, tu dis qu'ils avaient été heureux et lorsque le couple d'Anglais est venu pour t'emmener, ils n'étaient pas là pour te dire au revoir... je vais te dire une vérité ... En fait, tu leur en as voulu et tu leur en veux encore de ne pas s'être montrés ce jour-là... Tu ne t'es jamais dit qu'ils avaient de la peine de te voir partir, qu'ils ne voulaient pas te montrer leurs pleurs... mais qu'ils savaient que c'était ce qu'il y avait de mieux pour toi... qu'ils avaient compris que tu n'aurais pas survécu dans cet orphelinat. Arrête-moi si je me trompe."

"Peut-être as-tu raison ? Quant au coup de couteau je n'ai pas demandé à Minos de se mettre entre le garçon et moi! Et pour ta gouverne, sache que je sais très bien ce qu'ils ont fait pour moi. Néanmoins s'ils sont devenus des prostitués, je n'y suis pour rien et je n'ai pas à assumer leurs erreurs et leur descente en enfer... "

" Quelle mauvaise fois! Et ne prends pas pour acquis tes certitudes... Je ne pense pas qu'ils te demandent ou te demanderont quoi que ce soit...T'es vraiment insensible?! "

" J'ai aidé Minos en lui donnant de l'argent sans rien en échange"

"...? Tu avais revu Minos avant le repas d'anniversaire d'Aiolia?"

" Oui... quand on a enquêté chez Hadès, il était avec lui...et...il y a quelques mois... Il faisait le tapin et je lui ai proposé une somme d'argent pour une nuit." Voyant le regard foudroyant de Kanon, il ajouta précipitamment:

"C'était avant que je te connaisse et de toute façon je n'ai pas couché avec lui."

"Ce que tu as fait est abject ..."

"Je te dis que je n'ai pas couché avec lui...merde...je trouve que j'ai au contraire bien agi. Lorsqu'il était sous la douche, j'ai mis l'argent sur le lit et je suis parti. Crois-moi d'autres en auraient profité pour le baiser ..." s'énerva l'Anglais

"Tu te rends compte au moins de ce que tu dis...du mal que tu lui as fait cette nuit là?!"

"..."

Kanon décida de changer de conversation, connaissant son têtu d'amant, il valait mieux ne pas trop insister pour le moment...

"J'ai la dalle ... pas toi?"

" Si..."

Rhadamanthe se leva de l'accoudoir du fauteuil et attrapa ses clefs de voitures posées sur son bureau.

"Tu t'en vas ?" demanda Kanon surpris.

"Je vais chez le traiteur, je ne pense pas qu'Eaque soit en état d'aller au restaurant." lui répondit-il déposant un baiser sur ses lèvres.

L'Anglais sorti sous l'œil pensif de son amant. Tiens... pas si, je m'en-foutiste que ça ...n'est-ce pas Rhad?

Deux heures plus tard, Hôpital d'Athènes.

Shiryu frappa à la porte de la chambre et l'ouvrit sans attendre la permission. Shun déporta son regard de son livre et regarda dans sa direction. Il lui sourit ravi de le voir. Shiryu le lui rendit et lui montra la boite qu'il avait dans les mains:

"Je t'ai acheté des chocolats." Dit-il en allant la poser sur la table." Comment tu vas petit frère?" Ajouta-t-il en s'asseyant sur le bord du lit

"Bien ... le médecin m'a dit ce matin que je sortais vendredi."

"Tant mieux ..."

"Angelo ne t'accompagne pas?"

"Il avait rendez-vous avec Milo... et Aiolia? Étonnant qu'il ne soit pas là."

"Resto' avec ledit Milo...il va bientôt revenir."

Ils discutèrent des terribles moments par lesquels ils venaient de passer et de leur chance d'être toujours en vie... Après un moment Shiryu décida de lui révéler les mensonges de leur mère d'adoption... et ce que Shion leur avait appris à propos de sa paternité. Bouleversé Shun posa beaucoup de questions, son frère lui répondit le plus explicitement possible. Continuant de parler, Shiryu avait remarqué que ses mains trituraient nerveusement les draps de son lit. Il pencha la tête sur le côté avec un regard interrogateur :

" Qu'est-ce qui ne va pas Shun?"

"Mais rien... je vais bien, la preuve je sors vendredi. Tu crois que le médecin me laisserait sortir si j'allais mal?"

"Je ne te parle pas du physique, mais du mental."

Il le regarda longuement en silence, puis assura au bout d'un moment:

"Mon état psychique se porte à ravir...Je pourrais te demander la même chose, après tout tu as été enlevé par ton...par ce fou de tueur..."

Passant-outre la remarque de Shun, Shiryu posa son regard scrutateur sur son frère en insistant:

"Je te connais et je sais qu'il y a un truc qui te chiffonne, alors ne me prend pas pour un con en me disant que tout va pour le mieux! C'est par rapport à Aiolia?"

Shunse crispa soudainement, et soutint le regard interrogateur de son frère pour lâcher la seconde d'après :

"Moi et Aiolia on ne s'est pas disputés ..."

"Mais..."

"Mais j'ai beaucoup réfléchi dans cette chambre d'hôpital. Tu te rends compte, je vais avoir dix-sept ans et je ne connais rien de la vie d'un jeune de mon âge...j'ai... je me suis promis de rattraper le temps perdu... Je veux aller en boite, m'éclater...vivre quoi!"

"Il y a un truc que tu oublies...Aiolia" Répliqua l'ainé. " Fait-il parti de cette vie? Tu as des doutes sur ton amour pour lui?"

"Ne dis pas de bêtises...Je l'aime ! Je ne pourrais pas vivre sans lui... mais je lui ai déjà proposé d'aller en discothèque. Monsieur a décrété qu'il avait horreur de ça. Et bien tant pis ! Je sortirai sans lui parce que moi j'aime danser, comme toi d'ailleurs..." Poussant un soupir las, il ajouta "Est-ce trop demander? "

Shiryu réfléchit longuement au soudain désir de frivolité de son cadet.

"Je ne sais pas, là tu me scotches. Quoi que... je peux comprendre ton besoin de te divertir après avoir failli mourir par deux fois. Mais je ne crois pas que ton LION soit d'accord pour que tu t'éclates en discothèque avec d'autres que lui...Il est vachement jaloux!

"Ouais je me doute qu'il ne va pas être content..."

"C'est un euphémisme..."

"Ne fais pas cette tête-là...Puis toi aussi tu devrais t'amuser un peu."

Shiryu regarda son frère un sourire mutin apparut sur ses lèvres en imaginant la réaction d'Angelo et vu son caractère, il serait capable de ne pas le quitter d'une semelle.

"Qu'est ce qui te fait sourire?" demanda Shun

"Je m'imaginais en boite avec un Italien jaloux et batailleur."

"Ah nom dieu, il ne manquerait plus que mon Grec en fasse de même...Bah là d'un coup, je n'ai plus envie de discothèque..."

" Surtout qu'il y en a un autre qui serait là pour surveiller"

"À oui...Qui?"

"Ikki!"

Les deux frères se regardèrent et partirent dans un fou rire qui leur arracha les larmes des yeux. Puis reprenant leur sérieux, Shun qui malgré ce petit instant euphorique, ne pouvait s'empêcher de penser aux révélations de Shiryu à propos de leur mère d'adoption. Perturbé il lâcha:

"Shy? Pourquoi a-t'elle fait ça? Pourquoi vous avoir enlevés toi et Kiki? Pourquoi n'a-t'elle pas adopté une nouvelle fois? Et pourquoi cela n'a pas l'air de te toucher plus que ça?"

L'ainé perdit son sourire et fixa Shun un long moment avant de répondre. Pourquoi? Oui pourquoi... mais il n'en savait pas plus que son cadet.

"... tu sais même si je ne le montre pas cela me fait mal ! Moi aussi je me pose ces questions...je l'aimais tellement," Shiryu serra la main de son frère en voulant le rassurer et par ce geste lui aussi. "Quoi qu'il en soit, elle nous aimait Shun de cela je suis sûr et peut être un jour nous en saurons davantage ...Mais là avant toute chose, Je pense à la réaction de Kiki quand il va apprendre la vérité..."

Un silence pensif s'installa entre eux jusqu'encore une fois Shun le rompit en s'enquérant:

"Tu va lui pardonner?"

"À qui?"

"Hadès...tu as dit qu'il regrettait le mal qu'il nous avait fait...alors je pensais que l'on pouvait tourner la page et lui pardonner...tu ne crois pas?"demanda-t-il hésitant

"Je n'ai pas à te dicter ta conduite... tu veux lui pardonner alors pardonne...mais ne compte pas sûr moi pour en faire autant ... Moi ses regrets ne me suffisent pas." Affirma Shiryu.

Voulant changer de conversation, il quémanda à son cadet la mine gourmande:

"Bon, maintenant les explications finies tu pourrais peut être m'offrir un de ces délicieux chocolats que je t'ai apportés "

N'étant pas dupe mais n'insistant pas, Shun ouvrit la boite et prit la friandise et lorsque son frère voulut la prendre il la mit dans sa bouche, regardant Shiryu les yeux brillants de malice, il lâcha:

"Nan...ils sont à moi."

S'ensuivit une bagarre joyeuse entre les deux protagonistes qui leur fit oublier momentanément leurs préoccupations pour emplir la pièce de leur rire.

Salon de thé de Milo.

Revenant du restaurant où il avait déjeuné avec Aiolia. Milo poussa la porte de son salon de thé et regarda autour de lui d'un œil satisfait. Ils avaient bien travaillé et il ne manquait plus que les meubles et accessoires pour la salle ainsi que les vitrines pour les pâtisseries qui devaient être livrées le lendemain. Il se dirigea vers son laboratoire de pâtisserie, il ouvrit la porte et regarda avec fierté l'endroit où il allait confectionner ses pâtisseries, les matériaux neufs, four à air pulsé, étuve chauffante, armoire réfrigérée ... sur le plan de travail, se trouvaient batteur, mélangeur pétrin, robots et tous les ustensiles pour les entremets, le tout en inox.

Il traversa la pièce pour se rendre derrière où se trouvait une petite terrasse ainsi qu'un magnifique petit jardin ombragé. Il s'assit quelque seconde pour fumer une cigarette, son regard se porta sur le mur où florissaient à foison des bougainvilliers, donnant sur une ruelle .Il écrasa sa clope et se dit qu'il ne pouvait rien faire de plus aujourd'hui qu'attendre Angelo. Le dit Angelo ne tarda pas à arriver en sifflotant.


Camus venant de visiter un magasin fermé depuis peu, se promenait dans la rue piétonne du quartier kolonaki. Voyant de l'autre coté de la chaussée Angelo entrer dans un salon de thé pas encore ouvert, le Français décida d'aller voir de plus près. Il entendit soudain son portable sonner. Il le sortit de sa poche de jean et vit que c'était Julian. Il s'arrêta alors de marcher et décrocha.

"Oui?"

"Tu es où mon ange? Je me sens seul quand tu n'es pas là..."

" Je viens de visiter un local ..."

"Mamours! Pourquoi tu ne m'as rien dit? Je serais venu avec toi..."

"Je voulais le choisir moi même...et de toute façon, il ne correspondait pas à mes critères"

"Tu veux que je vienne te chercher?"

"Non je prendrai le bus"

"Mais je peux t'envoyer une voiture ou tu peux prendre un taxi..."

"Non ce n'est pas la peine...à tout à l'heure Julian."

"Je t'aime mon ange."

"Hum... oui..."

Pensif, Camus ferma son portable et traversa la rue. Il regarda à la vitrine et vit l'Italien seul mesurant une voute qui séparait la grande pièce. Il décida d'entrer espérant avoir des nouvelles des trois frères, s'il acceptait bien sûr de lui parler, avec Angelo on ne savait jamais. Il poussa la porte et entra. L'Italien marquait ses mesures sur un cahier, au bruit il releva la tête et fut surpris de voir le Français qui le regardait un petit sourire gêné aux lèvres:

"J'espère que je ne te dérange pas? Je voulais prendre des nouvelles de Shiryu et Shun..."

"Ils vont bien..."répondit laconiquement l'Italien, il allait lui demander ce qu'il faisait là, lorsque Milo l'interpella en sortant de la cuisine.

"Alors les mesures étaient bonnes? Et..."

Le Grec se figea sur place, il sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine.

"Camus?!"

"Je...je voulais avoir des nouvelles des frères et...et...je pensais qu'Angelo était seul et..."

Le dit Angelo prétendit qu'il devait aller vérifier des trucs derrière et s'éclipsa à grande enjambées pressé de quitter cette pièce et de laisser les deux protagonistes à leurs embarras. Après tout c'était pas son problème.

Camus réussit à reprendre le contrôle malgré l'emballement de son cœur et les émois qu'il ressentait. Il réussit à faire bonne figure devant son ex amant. Pourtant il mourrait d'envie de lui sauter dans les bras et de l'embrasser. Pourquoi cette réaction? Il n'était plus avec Milo. Mais quand il l'avait vu apparaitre, il avait été chamboulé, désorienté, et il ne pouvait plus rester là.

"Je... suis désolé...je vais te laisser..."

Milo le vit faire demi-tour et se diriger vers la sortie .Sortant enfin de sa torpeur, il l'interpella:

"Attends!... je...Pourquoi?"

Le Français eut un instant d'hésitation la main posée sur la poignée. Puis se retourna et plongea son regard marine insondable dans les prunelles bleu ciel qui le fixaient. Pas besoin de plus de mots Camus avait compris la question :

"Je...j'ai voulu chercher quelque chose qui me manquait et je l'ai cherché ailleurs..."

"..."

"Mais c'est dans notre couple que j'aurais dû le chercher..."

Sur ces mots Camus ouvrit la porte et sortit, traversant précipitamment la route .Quand Milo le vit partir, il eut envie de lui courir après et de lui dire qu'il l'aimait malgré le mal qu'il lui avait fait. Mais il ne le fit pas...

Il avait réfléchi pendant des jours, se remémorant chaque instant qu'ils avaient passés ensemble, essayant de trouver les signes qui auraient pu lui indiquer qu'il voulait le quitter...mais rien. Il n'avait rien trouvé. Il avait fait de son mieux pour oublier sa peine et s'était exclusivement concentré sur la rénovation de son salon de thé. Cependant il savait bien, même s'il faisait bonne figure, qu'Il n'avait pas le cœur à ce qu'il faisait et il en connaissait la cause : Camus !

Milo resta quelques minutes à fixer la porte en se remémorant les paroles de Camus. Mais c'est dans notre couple que j'aurais dû le chercher. Qu'avait-il voulu dire? Il regrettait maintenant de ne pas lui avoir couru après.

Hôpital d'Athènes.

Hadès se réveilla il fallu quelques secondes pour que sa conscience lui revienne et avec elle la douleur... il avait suffi d'un léger mouvement pour qu'elle se réveille et se répande dans tout son être. Il avait difficilement retenu un grognement et s'était immobilisé, attendant qu'elle ait diminué. Son regard parcourut la pièce, cherchant une personne, ne l'apercevant pas il haussa les épaules.

Sa mémoire refit surface et avec elle ses derniers souvenirs. Il se remémora Eaque, face à lui sur la falaise, son expression affolée, et l'arme que le tueur avait tendu vers lui. Il se souvenait aussi parfaitement du bruit de la détonation quand ce dernier avait tiré et de la douleur quand la balle avait frappé son corps.

Il fut interrompu dans ses souvenirs par l'arrivée du médecin et de l'infirmière. Hadès se laissa ausculter en silence, il était tiré d'affaire mais devait se reposer et rester allongé. Il fallait rester encore quelques jours à l'hôpital, ensuite il pourrait poursuivre sa convalescence chez lui à condition que quelqu'un reste à ses côtés. Une fois l'infirmière et le médecin ressortis, l'avocat regarda le lieutenant Degel qui venait d'entrer avec l'accord de l'urgentiste.

"Bonjour, je ne vais pas vous déranger longtemps, seulement quelques questions à vous poser." Fit le policier.

"Vous ne m'ennuyez pas...mais je ne vois pas ce que je peux vous dire de plus que vous ne savez déjà."

"Par exemple, saviez-vous que vous aviez un demi-frère?"

"Non...enfin si depuis peu, le détective Aiolia m'en avait informé. Mais je ne savais pas qu'il était en fait Ares et de surcroit un tueur professionnel"

"Hum...vous a-t-il dit pourquoi il s'en était pris à vous?"

"Par vengeance... Je me demande pourquoi il n'a pas essayé de me tuer avant? Cela aurait été si facile pour lui..."

"Certes mais il n'aurait pas eu la joie de vous voir souffrir...vous savez votre demi-frère était un psychopathe, un criminel qui aimait détruire et ne ressentait aucune peur, ni culpabilité. Vous pouvez me croire il vous aurait tous tués... Mr Denferrés, je ne comprends pas son acharnement sur vos beau-fils...le viol de Shiryu était pour vous faire accuser... mais après ? "

"Peut être...l'héritage. "

"Quel héritage?"

"Mon père avait fait un testament, il léguait un quart de son patrimoine à la fratrie. Je me souviens dans la geôle, il ma dit que cela le mettait hors de lui qu'il avait laissé un legs aux frères et que lui son propre fils, non seulement il l'avait renié, mais il n'avait même pas eu la décence de lui léguer quoi que ce soit ...en fait je crois qu'il voulait sa reconnaissance ...peut être est-ce pour cela qu'il l'a tué..." lâcha Hadès

" En tout cas, ceci explique sa rancune envers vos beau-fils, quand à Eaque d'après son témoignage il l'avait enlevé parce qu'il vivait avec vous et qu'Ares croyait que cela vous aurait touché. Une dernière question, l'avez-vous entendu prononcer un nom, parler à une autre personne autre que ses hommes de main? "

"Comme? "

"Un coéquipier, un amant... je pense qu'il n'agissait pas seul ..."

"Mais je pensais que c'était celui que le détective avait tué?! Ce n'est pas le cas?" s'étonna l'avocat

"Peut être..."répondit le lieutenant Degel. Mais mon instinct me dit que non, pensa-t-il en se levant.

" Si le moindre souvenir vous reviens appelez ce numéro..." dit le policier en posant une petite carte sur la table de chevet. Il sortit en le saluant d'un signe de tête.

Hadès le regarda partir pensif, essayant de se remémorer ce qui s'était passé pendant sa captivité. Il revit le visage de son demi-frère ...un psychopathe sans aucun remord, ni émotions. Qu'avait-il ressenti lorsqu'il avait étouffé son propre père? Rien ...du moins c'est ce qu'il lui avait laissé entendre. Et s'il avait réussi à le tuer, aurait-il eu un remord? De cela l'avocat en doutait. Pourtant un instant, un instant éphémère, il avait cru voir dans ses yeux une étincelle de regret avant d'appuyer sur la gâchette. Hadès se secoua mentalement, de toute façon, il était mort alors plus la peine de polémiquer dessus. Ares avant tout était un tueur qui s'en était pris à Shiryu et à Eaque entre autre. Tient en pensant au Népalais, il fronça les sourcils en colère, où était-il? Il n'était pas venu le voir. Pourtant le médecin lui avait assuré qu'il n'avait rien de grave et qu'il était sorti. Son regard se porta sur l'horloge. Bon ce n'était que le début d'après-midi, il allait certainement arriver...

Appartement de Shura

Angelo leva un sourcil moqueur, cela faisait dix minutes que Shura essayait de monter la nouvelle garde robe qu'il venait d'acheter et il n'arrêtait pas de ronchonner:

"Je n'y comprends rien ...pourtant je suis la notice..."

"Déjà mets le panneau à l'endroit...allez donne moi la visseuse, je vais te la monter sinon demain on est encore là ..." soupira l'Italien

Shura regardait fasciné par le savoir-faire de son ami qui dix minutes après le regarda un sourire narquois aux lèvres et clama:

"Voila terminé...!"

"Hum...merci... tu veux une bière?"

"Ouais je veux bien ...à quelle heure à l'aéroport demain?"

"Onze heure" répondit l'Espagnol en lui tendant la canette décapsulée.

"Ça va pas trop peur du changement que le petit va amener?"

"Bah pour dire vrai... si...mais je n'ai pas trop le choix n'est-ce pas? "

"Non...Mais je suis certain que tu vas faire un bon père."

"C'est ce que Shaka m'a dit aussi, mais le petit n'a pas l'air de m'aimer...Bref et toi ?"

"Quoi moi?"

"Ton couple avec Shiryu...vous...enfin vous avez couché ensemble?"

Comprenant parfaitement ce que voulait dire Shura, l'architecte fit néanmoins semblant de n'avoir pas saisi le sens de la question:

"Oui tous les soirs ...il s'endort dans mes bras."

"Je ne te parle pas de dormir mais de faire l'amour!"

"Non le gamin n'est pas encore prêt et je ne veux pas le brusquer..."

"Waouh... d'habitude tu ne sais pas dire non à ton pénis...alors avoir dans ton lit un beau jeune homme ... tu dois avoir du mal à te retenir" Ricana Shura en buvant une gorgée de sa bière.

"Douche froide...tu connais pas?"

"Moi! Bien-sûr que non!"

"Menteur..."rit l'Italien, reprenant son sérieux il confia: " C'est vrai que j'aimerais que l'on fasse l'amour et j'ai franchement du mal à le tenir dans mes bras sans pouvoir le toucher. Mais...j'ai peur de le brusquer étant donné que je lui avais dit pouvoir patienter. Pourtant je ressens bien son désir quant on s'embrasse, cependant j'aimerais qu'il fasse un geste vers moi..."

" Tu es vraiment accroc cette fois-ci, n'est-ce pas? "

"Je n'ai jamais ressenti rien de pareil pour personne..."

"Tu sais... peut-être qu'il attend lui aussi... lui en as-tu parlé? "

"..."


Angelo laissa son ami pour allait chercher Shiryu. En route il repensa à ses paroles. Shura avait raison, c'était lui qui devait allait vers son chaton pas le contraire. Lui qui devait lui montrer à quel point il l'aimait. Bientôt la voiture ralentit avant que le conducteur ne gare le véhicule le temps que le jeune Japonais qui l'attendait sur le trottoir ne monte. Une fois qu'il fut assis Angelo se pencha, prenant le visage de Shiryu en coupe puis effleura de son doigt sa joue bleutée son estomac se serra.

"Ça te fait mal?"

"Nonnnn..."Balbutia le jeune contre les lèvres d'Angelo qui s'était penché pour l'embrasser, sa langue s'aventura dans la bouche du jeune qui ne put que gémir en s'accrochant à la chemise bleu ciel d'une main, passant l'autre dans les cheveux. Ils se séparèrent à bout de souffle. L'Italien adressa un sourire à Shiryu qui le lui rendit avant de mettre sa ceinture de sécurité.

L'architecte actionna son clignotant et quitta l'emplacement où il s'était garé pour se diriger vers leur maison. Jetant un rapide regard à Shiryu, il posa légèrement sa main sur sa cuisse. À ce geste désinvolte le jeune homme tourna sa tête vers lui. Esquissant un sourire il enlaça les doigts avec les siens. Il reporta ensuite son regard sur la route Le trajet se passa dans un silence confortable. Toutefois, agrémenté de quelques jurons typiquement italiens grommelés sur certains conducteurs.

Le lendemain en fin de matinée, chez Julian.

Camus était installé confortablement sur une chaise longue essayant de se concentrer sur la lecture d'un roman. Or il relisait pour la énième fois la même phrase ne pouvant se concentrer sur sa lecture. Il ne pouvait s'empêcher de réfléchir à sa rencontre avec Milo. Il savait pertinemment qu'il était celui qui avait rompu, par conséquent il aurait dû être celui qui ne souffre pas trop de la rupture...Non? Mais quand il avait vu son ex hier, il s'était rendu compte qu'il l'aimait toujours... Julian était arrivé dans sa vie au moment où il allait mal. N'avait-il pas confondu l'amour avec le désir? Il le connaissait depuis longtemps et à un moment il avait cru être attiré par lui.

Il était toujours plongé dans ses réflexions, lorsqu'il fut interrompu par Julian qui lui donna le fixe en souriant d'un air de conspiration. Le Français lança un regard inquisiteur en le prenant.

"C'est pour toi... ton éditeur" l'informa gaiement le Grec

"Oui?" demanda-t-il à son interlocuteur

Camus discuta un moment puis ferma le téléphone et se tourna vers Julian qui écoutait en souriant la conversation.

"Il va faire publier mon roman?!"

"Oui ...tu es content?"

"Pour l'instant je suis encore sous le choc de cette nouvelle... mais bien sûr que je le suis!"s'écria Camus heureux.

Julian s'approcha et pour l'embrasser tendrement en lui murmurant :

"Ça se fête..." fit-il en le prenant par la main pour l'emmener vers la table du salon de jardin où y trônait un seau à glaçon dans lequel une bouteille de champagne française était plongée. Julian la prit et fit sauter le bouchon, il emplit deux flutes et en tendit une à Camus:

"À ton succès..."

"Ne mets pas la charrue avant les bœufs, on ne sait pas encore s'il va se vendre"

"Moi je suis certain qu'il va faire un carton..."

"Hum...j'espère..." répondit Camus

Pendant que Julian donnait ses directives à son employée, le Français s'était éloigné un peu. Il était content et triste à la fois. En fait il était perdu. Le Grec souriant le chercha du regard et quand il l'aperçut, il l'interpella:

"Chéri... j'ai demandé à Marie de nous apporter le dîner sur la terrasse, cela te va?"

"Oui..."

Il revint et s'assit à la table sous le regard scrutateur de son amant qui le mit légèrement mal à l'aise. Julian s'enquerra prenant place face à lui:

"Es-ce que tout va bien ?"

"Oui, tout va très bien, pourquoi cette question ?"

"Tu as l'air étrange..."

"..."

Julian plissa les yeux. Il tendit une main pour attraper celle de Camus, mais ce dernier l'esquiva d'une façon qui aurait pu paraître détachée si son amant ne l'avait pas aussi bien observé. Le Grec fronça les sourcils et questionna d'une voix un peu plus froide qu'il ne l'aurait souhaité:

"Tu m'évites?"

"Mais non je ne t'évite pas... "

Julian lui lança un regard suspect que le Français essayait d'affronter, pour qu'il ne remarque pas son trouble. En fait il se sentait très mal à l'aise. "Bon sang, pensa-t-il, il va bien falloir que je me décide à savoir ce que je veux faire de ma vie? Sois rester avec Julian sans véritable amour. Sois le quitter et reconstruire sa vie sans l'être aimé"

Au moment où il ouvrit la bouche pour révéler à Julian ses tourments, le portable dudit Julian se mit à sonner. Une fois la conversation terminait, il ferma le clapet et avec un petit sourire contrit, il s'excusa:

"Désolé mon amour un petit problème que mon secrétaire n'arrive pas à résoudre. Je serai de retour pour le diner ... Je t'aime chéri ..."Ajouta-t-il en l'embrassant tendrement avant de partir sous les yeux troublés du Français.

À suivre

Merci à ceux ou celles qui prennent le temps de lire ma fic.

Bisous