Disclamer: Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
UA-Yaoi.
Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazil pour son soutien et son aide.
Ignis, je te remercie pour ton com et tes encouragements!
Marine, merci pour ton soutien!
Bonne lecture
Chapitre 21
Le dix-huit septembre, quelque part dans Athènes...
Sortant du magasin de Shaka, Shiryu se dirigeait d'un pas souple vers le salon de thé de Milo. Une semaine maintenant qu'il était ouvert et, de plus en plus de monde venait déguster sur place ou emporter les délicieuses pâtisseries du Grec. Le jeune Japonais dépannait Milo à la confection des gâteaux et occasionnellement aidait Eaque qui malgré son bras en atèle, servait à table. Un léger sourire fleurit sur ses lèvres en repensant à Minos qui avait décidé de leur donner un coup de main. Le Grec avait été très hésitant au début connaissant son caractère de cochon, mais manquant de personnel et ne pouvant pas les payer pour l'instant, il n'eut d'autre choix que d'accepter. Le jeune homme s'arrêta un instant à la vitrine d'un magasin de bijoux et regarda pour une énième fois celui qu'il voulait acheter pour Angelo. Un soupir s'échappa de ses lèvres, pour l'instant il ne pouvait se le permettre. Il avait bien économisé un peu, mais il venait d'acheter la veste en cuir que Shun avait admiré si souvent. Étant en voyage avec Aiolia en France, il ne pourrait que lui donner à son retour, le vingt et un septembre.
Au même moment pas loin du salon de thé...
Camus regardait la vitrine et ce qu'il vit lui donna l'eau à la bouche. Il entra et regarda autour de lui, il y avait pas mal de monde. Le salon de thé était organisé en deux espaces, séparés par une grande voute. On passait de l'une à l'autre avec beaucoup de facilité. D'un côté les vitrines à pâtisseries, chocolateries, glacerie dont les murs étaient en chaux blanches et dans l'autre pièce un parement de pierres naturelles décorait les murs, agrémentés par-ci, par-là de petites niches décorées de statuettes de déités entre autre. Des tables rondes en bois massif blanc agrémentées de sets en papier bleu turquoise et de cartes proposant un large choix, pour se laisser tenter immédiatement par toutes ces promesses. Des chaises dont le revêtement était en cuir opalin étaient disposées autour. Aux fenêtres des longs rideaux bleu marine pendaient frôlant de justesse le carrelage en grès émaillé blanc.
Prenant son courage à deux mains, il alla s'installer à une table et consulta la carte. Eaque vint prendre sa commande.
"Vous avez choisi monsieur?"
"Oui...un Paris Brest et un café ..."
Le Népalais partit et revint deux minutes après, déposant la pâtisserie, la boisson et un petit sucrier blanc. Camus le remercia et prit sa petite fourchette se préparant à déguster son gâteau.
" Camus ? " l'interpella une voix douce, qu'il reconnut aussitôt.
Il leva les yeux vers le jeune homme et sourit en le saluant, content que le Japonais soit venu à sa rencontre.
"Bonjour Shiryu. Je suis heureux de te voir. Tu viens aussi pour manger une pâtisserie?"
"En fait j'aide Milo. Mais je commence dans une demi-heure. Je peux m'asseoir un peu avec toi?"
"Oui. Alors qu'est-ce que tu deviens? J'ai appris que tu avais été kidnappé ainsi qu'Hadès et son copain..."
Shiryu lui relata tous les incidents qu'ils leur étaient arrivés et le renseigna sur ses amis. Ils bavardaient depuis un moment quand Camus demanda:
"Et Angelo?"
" Il est en Crète depuis quelques jours pour son travail, mais heureusement, il revient demain après-midi..."Ajouta-t-il le sourire aux lèvres.
Acquiesçant, le Français posa sa fourchette et but une gorgée de son café pensif. Shiryu le regarda en silence, pendant un court instant, puis demanda:
"Euh...Et toi Camus ...tu es heureux ...avec..."
"Julian? On est plus ensemble. Tu sais, c'est quelqu'un d'admirable, mais ... je me suis rendu compte que je ne l'aimais pas...en tout cas pas comme il le méritait "Déclara le Français sereinement.
"Oh..."
"Mais je suis sûr qu'il rencontrera l'âme sœur bientôt, je lui souhaite de tout cœur..."Affirma-t-il en reprenant le couvert.
"Hum...Et tu ne me demandes pas des nouvelles de Milo?" le questionna soudainement Shiryu.
La fourchette que tenait Camus crissa sur l'assiette. Il s'appuya sur le dos de sa chaise fixant son protagoniste, puis lâcha d'une voix neutre:
"Je ne préfère pas parler de lui..."
"Shiryu... on a besoin de ton aide" l'interpella Eaque en passant près d'eux.
Le Japonais fit un signe affirmatif de la tête au Népalais .Il hésita un instant, puis décréta en soutenant le regard du Français:
"Tu aimes encore Milo n'est-ce-pas ?...Non laisse moi finir! "fit-il en voyant les yeux bleu céruléen devenir glacials." Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas...mais j'ai bien vu tes œillades, discrètes certes, néanmoins tu ne pouvais pas t'en empêcher. Tu espérais l'apercevoir. Je ne pense pas que tu sois quelqu'un qui abdique facilement...alors va le voir. Dis à Milo ce que tu ressens encore pour lui... "
"Je n'abdique pas comme tu dis... N'oublie pas que cette situation, c'est moi qui l'ai choisie, c'est moi qui suis parti, c'est moi qui l'ai trompé, je ne peux simplement pas aller le trouver et lui dire que j'ai fait une énorme connerie que...que ...non Shiryu...je ne peux pas..."
"Bon c'est toi qui vois. Mais au cas où tu changerais d'avis, il est là bas, fit-il en montrant la porte du menton. Tu peux prendre la petite ruelle derrière, il y a un petit jardin qui donne direct au labo'. Il vient rarement en salle. Ah oui j'oubliais... Tu as vu le nom de l'enseigne de cet établissement, ça veut tout dire...non? Tu sais Camus, je crois sincèrement qu'il t'aime toujours...". Sur ces mots le jeune homme partit rejoindre ses compagnons.
Fronçant les sourcils le Français prit la carte qui était ouverte et la ferma. Regardant la couverture, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il eut un sourire attristé en apercevant l'inscription gravée en lettres d'or " Camilo".
Camus paya sa consommation et quitta le salon de thé, réfléchissant aux paroles de Shiryu, il t'aime toujours. Instinctivement ses pas le portèrent dans la ruelle. Reprenant ses esprits, il s'arrêta et aperçut un petit mur où fleurissaient à foison des bougainvilliers et un portillon en bois bleu ciel entrouvert. Le cœur battant la chamade, il mit la main sur le panneau azur et le poussa doucement. Instantanément ses yeux cherchèrent le Grec, il avança discrètement. Et là, il stoppa net. Le cœur battant la chamade, il vit l'homme de ses pensées, l'homme qu'il avait quitté et pourtant qu'il aimait de toute son âme. Il était là, assis sur une marche, une cigarette à la main dont la fumée s'élevait en douces volutes bleutées. Dieu qu'il lui manquait et pourtant leur séparation ne remontait pas à si loin que cela.
Entendant un bruit Milo leva la tête et le regarda fixement, juste un pli entre ses yeux traduisait sa surprise.
"Camus? Qu'est-ce que tu fais là?"
"Je...je voulais te féliciter pour ton salon de thé..."répondit-il en essayant de prendre un ton décontracté.
"Pourquoi passer par derrière?" s'enquit le Grec en se levant, il s'approcha pour faire face à son vis-à-vis.
Le Français sentait le regard bleu ciel encré sur lui attendant une réponse,
"Parce-que je...je ...Shiryu m'a dit que je pouvais...enfin que je..."Bafouilla-t-il.
Mince...il n'arrivait même plus à aligner une simple phrase. Et lui... pourquoi il se contentait de l'observer? Il avait l'air tellement distant.
"Ce petit jardin est magnifique..." Camus soupira intérieurement. De mieux en mieux, il se serait donné des gifles!
Milo ne répondit pas. Il n'afficha pas la moindre émotion, même si la tempête se déchainait dans son corps. Voir l'homme qu'il aimait toujours ainsi devant lui le chamboulait et le rendait vulnérable. Il ne voulait pas avoir une telle conversation banale avec lui, il voulait des explications, des raisons. Il voulait savoir pourquoi il était vraiment là?
"Tu es venu pour quoi Camus?"
Le cœur du Français fit un bond dans sa poitrine. Pourquoi n'arrivait-il pas à lui parler?
"..."
Milo haussa les sourcils, puis reprit d'un air agacé.
"Est-ce si difficile ?"
Camus acquiesça en silence, quelque peu perdu dans ce qu'il voulait lui dire. Pourtant il décida de se lancer:
"Je voulais te parler de nous..."
"Et de ton amant Julian ..."Lança d'un ton sec Milo
Camus commençait à perdre patience, Il n'avait pas envisagé cette conversation de cette façon. Il se sentait désarçonné par l'attitude de Milo, Bien qu'il le comprenne, sa froideur le déstabilisait. Mais il y avait cet espoir qui le retenait, celui de la réconciliation.
"Je ne suis plus avec Julian..."
"..."
"Je ...j'ai découvert que je l'aimais bien mais pas d'amour...pas comme toi je t'aime..."
Le cœur du Grec fit un bond dans sa poitrine au Je t'aime, néanmoins il lâcha:
"Cela ne t'a pas empêché de partir avec lui..."
"Je sais...J'ai agi comme...écoute Milo je sais que je t'ai fait mal..."
"..."
Gardant de nouveau le silence, Milo attendit patiemment la suite des événements. Il n'avait aucune envie de faire le premier pas une nouvelle fois. Si Camus voulait essayer de renouer une relation, alors il devait le montrer, le prouver. Lui ne ferait rien. Toutes les cartes étaient dans les mains du Français.
Ne voyant aucune réaction du Grec. Camus sentit un grand froid l'envahir ... Mais il ne pouvait pas lui reprocher quoi que se soit, c'était lui l'adultère...Alors ça allait se terminer ainsi? Avait-il vraiment perdu Milo?
"Tu ne peux oublier ce que je t'ai fait...et je le conçois...Dis quelque chose!" s'énerva Camus
"..."
Le Français darda sur lui un regard irrité et se détourna comme pour partir. Soudainement, il fut stoppé dans son mouvement par Milo qui le retint et le maintint à bout de bras. Le Grec le regarda bien dans les yeux et lui rétorqua d'une voix sérieuse et ferme qui fit frissonner Camus.
"Que veux-tu que je te dise? Non Je n'oublie pas... ce que tu m'as fait m'a causé énormément de souffrance. Mais tu avais tes raisons n'est-ce pas ? Et même si j'ai du mal à comprendre pourquoi et à te pardonner...Je suis prêt à avoir cette discussion avec toi ...Mais pas ici, pas comme ça ..."
"Tu peux venir à mon appart' ce soir ou demain soir...enfin si cela te convient?" Demanda Camus sentant l'espoir revenir malgré la froideur de Milo.
"Alors ce sera demain vers dix-neuf heures..."
Camus chercha dans sa poche et en sorti un bout de papier qu'il tendit à Milo.
"Mon adresse ...Alors à demain."
Le Français quitta le jardin sous les yeux de Milo. Ledit Milo ferma les paupières. Il les rouvrit pour laisser enfin sortir les larmes qui coulèrent le long de ses joues laissant sortir la tension accumulée face à Camus. Il n'arrivait plus à penser de façon cohérente. Ses émotions se bousculaient dans sa tête. Quand il l'avait vu là dans le jardin il avait cru rêver. Quand il lui avait dit qu'il n'était plus avec ce Julian, un espoir s'était encré en lui. Alors pourquoi ces larmes continuaient de couler? Peut-être parce qu'il avait eu mal de le voir devant lui essayant de garer sa précieuse fierté .Mais Il allait le revoir demain soir et peut-être...oui peut-être...ils iraient vers une réconciliation...Alors pourquoi cette inquiétude qui lui tordait les boyaux? Peut-être tout simplement à cause du peut-être...
Plus tard dans le nouvel appartement d'Hadès...
Dans l'appartement, décoré dans des tons chauds avec un mobilier classique et confortable, hérité de sa défunte mère. Hadès sorti de l'hôpital depuis presque deux semaines, était assis confortablement sur le canapé trois places en cuir noir aux lignes sobres et élégantes. Il regardait un dossier d'un air absent. Il appuya sur la touche appel pour la énième fois. Au bout d'un moment, il ferma le clapet en pestant contre son portable. Pourquoi Eaque ne lui répondait pas? Il allait falloir qu'il remédie à sa soudaine révolte. "Il ne perd rien pour attendre celui là" marmonna- t-il entre ses dents.
Il était presque dix- neuf heures lorsqu'il entendit un tour de clé dans la serrure de la porte d'entrée, située dans un tout petit corridor à côté du séjour. Il entendit un bruit de pas se rapprochant alors de la pièce. Hadès de mauvaise humeur se leva du canapé et ce fut d'un regard mécontent qu'il accueillit Eaque.
" J'aimerai que tu m'expliques à quoi te sert ton portable? Tu ne peux pas répondre quant on t'appelle?"
"Au cas où tu l'aurais oublié, je t'ai répondu au premier. Mais vu tes mots tendres, j'ai préféré ignorer les autres..."rétorqua le Népalais
"Tu étais encore avec l'autre pute, ce Minos!"
" Entre autre oui...et tu sais très bien qu'il ne l'est plus. Alors arrête de l'appeler comme ça!"
L'avocat le darda un instant avec fureur puis lâcha sur un ton provoquant :
" Si tu le dis... Néanmoins se faire entretenir par un mec riche, c'est quelque part se prostituer...puis je regrette une pute restera toujours une pute..."
Eaque mit un temps avant de réagir puis lui envoya un coup de poing en pleine figure sans ménager sa force. Il en avait réellement assez de ses propos venimeux. Sous la violence du coup, Hadès tomba à terre, à la fois furieux de s'être si facilement fait avoir et surpris qu'Eaque ait osé le frapper.
Ne regrettant pas son geste, le Népalais s'abaissa et se retrouva sur lui.
"J'en ai marre de jouer...j'en ai marre de toi!" s'écria-t-il, haineux.
L'avocat esquissa un sourire mauvais, tentant de rester digne après cette humiliante attaque. Il lui attrapa les épaules et le retourna sans ménagement contre le sol, se retrouvant à son tour en position de dominateur et s'installa à califourchon sur son bassin. Eaque ne s'étant pas attendu à un tel revirement de situation, se mit à se débattre en l'insultant:
"Espèce de salopard...Lâche-moi!"
"Arrête de jouer les vierges effarouchées" ricana férocement l'avocat.
"Va crever !"
Hadès bougea alors sensuellement du bassin de manière suggestive ce qui fit réagir instantanément le jeune homme bien malgré lui.
"Laisse-moi tranquille !" Tonna le brun en sentant son sexe durcir sous les frottements insistants qu'exerçait son amant contre son jean.
L'avocat attrapa les poignets du Népalais qui continuait à se débattre comme un beau diable malgré son état d'excitation, et les tint au dessus de sa tête afin qu'il puisse l'embrasser sans être gêné. Eaque ne se laissa pas faire et mordit furieusement les lèvres tyranniques qui s'efforçaient tant bien que mal de se frayer un chemin jusqu'à la langue d'un Eaque plus que contestataire.
Hadès maintint ses efforts et le jeune homme finit par céder à ses assauts enflammés commençant à lui rendre chaque baiser avec une passion non feinte. Lorsque l'avocat constata qu'il avait gagné la partie, il se redressa brusquement sous les gémissements frustrés du jeune homme.
"Tu vois ...même si tu penses non, ton corps lui dit oui...Mais Il va falloir que tu calmes ton ardeur car j'ai du travail qui m'attend..."
"Va te faire foutre ! Cette fois-ci j'en ai plus que marre!" s'écria Eaque les yeux remplis de larmes de rage, "Terminé...tu entendsTer-mi-né" Ajouta-t-il insistant bien sur le dernier mot.
"Ha oui..."
"Oui Hadès... je te quitte...je ne peux plus continuer comme ça. Je ne veux plus espérer, ni me voiler la face"
N'essayant même plus de retenir les larmes qui s'échappaient de ses yeux, il se dirigea vers la chambre et sortit d'un placard un sac où il y mit rageusement quelques vêtements et en ressortit pour rejoindre la porte d'entrée sans un regard sur Hadès. Ledit Hadès se contenta de le suivre de ses prunelles vertes furieuses.
"C'est quoi ton problème à la fin! "s'écria-t-il
"Mon problème? Tu oses me le demander... Et bien vois-tu, tous les jours j'espère que tu viennes à m'aimer, même un peu...tu vois où j'en suis? Je ne t'en demandais pourtant pas trop... mais tu sembles ignorer le mot "aimer". Alors je vais te l'expliquer. Aimer, c'est vouloir tout partager avec l'autre, ses joies comme ses peines. Aimer c'est respecter l'autre et lui faire confiance. Penses-tu pouvoir en être capable un jour? Non n'est-ce pas...pour toi je serai toujours un prostitué...Et malgré ça...Je t'aime"
L'avocat fut surpris de cet aveu, mais il n'en montra rien. Il ricana en répondant :
"Si tu m'aimes comme tu le dis si bien...pourquoi pars-tu?"
Droit face à la porte sans se retourner Eaque lui répondit:
"C'est justement parce que je t'aime que je pars..."
Sa main se posa sur la poignée, il ouvrit la porte sortit et la referma doucement derrière lui. Hadès fronça les sourcils en le voyant partir. Il resta un moment à fixer le pommeau pensant la voir tourner sur le retour d'Eaque en s'excusant de s'être emporté. Mais au bout d'un moment l'avocat haussa les épaules et alla prendre ses dossiers dans le salon pour se rendre dans son bureau. Hadès claqua ses papiers sur la table, il s'assit et prit un stylo commençant à écrire tout en maugréant : " Bon vent s'il pense que je vais lui courir après ...il croyait quoi...ce petit con... qu'il était irremplaçable?"
Héraklion en Crète, Hôtel El Greco...
Angelo venait de rentrer d'un entretien avec son client. Il avait montré les plans du projet perçu avec grand enthousiasme par le propriétaire de l'immeuble. L'Italien avait déposé une requête pour un permis de construire depuis deux jours, puisque la surface globale après travaux dépassait le seuil de170 m2 surface SHON . Maintenant il ne restait plus qu'à attendre l'autorisation pour prendre en charge la planification de la rénovation des anciens appartements de son client. Ce matin il avait commencé les négociations avec deux entreprises pour les études de devis et continuerait demain.
L'Italien se dirigea vers la salle de bain pour y prendre une douche relaxante. Il ôta ses vêtements puis entra dans la cabine et alluma l'eau. Il se mit sous le jet et pensa pour une énième fois à son chaton. Shiryu lui manquait, il avait besoin de le voir, de le toucher. Il avait besoin de lui à ses côtés.
L'architecte enfilait un pantalon lorsqu'il entendit la sonnette de la porte. Il se dirigea vers l'entrée, tout en se questionnant sur l'identité de son visiteur, car il n'attendait personne. Il prit une chemise au passage qu'il boutonna à la va-vite puis ouvrit à son mystérieux visiteur.
"Queen? Qu'est-ce que tu fous là?"
"Merci pour l'accueil..." Rétorqua l'Allemand vexé. "Je viens de passer quelques jours chez mon ami Nikos ...tu vois de qui je parle? Le fils de Marcus ..."
"Ouais merci j'connais...mais ça me dit pas ce que tu fous devant ma porte de chambre?"
"Bah...je voulais faire un tour dans cette ville avant de prendre l'avion demain. J'ai donc pris une chambre pour ce soir dans cet hôtel où je descends toujours lorsque je viens par ici. Je précise car je te vois arriver...et non ce n'était pas intentionnel de ma part .D'ailleurs je ne savais pas que tu étais à Héraklion et encore moins dans cet hôtel..."
"Si tu ne savais pas que je me trouvais ici...comment se fait-il que tu sois au courant que je m'y trouve et par dessus tout le numéro de ma piaule "
"Coïncidence, hasard, appelle ça comme tu veux...mais ce matin, je demandais ma clef de chambre lorsque je me suis retourné et je t'ai vu sortir de l'hôtel. Je t'ai appelé mais tu ne m'as pas entendu et je t'ai vu monter dans une voiture. J'ai alors demandé au réceptionniste des renseignements. Voila tu sais tout... je venais t'inviter au restaurant..."
"Non Queen je ne préfère pas et j'ai déjà réservé ..."
"Aller pour te remercier de ton aide pour la rénovation de ma maison."
"Tu l'as fait auparavant..."
"Ok je sais ...mais...merde Angelo tu n'as pas à avoir peur! Je ne vais pas te sauter dessus...j'ai compris que tu aimais Shiryu et que tu ne le tromperas pas. Alors un dîner simplement entre amis ...tu ne veux plus que l'on soit copain? "
"La question n'est pas la." rétorqua l'architecte
"Non? Cependant tu refuses de manger avec moi...Je ne vois pas ce qui t'inquiète, entre nous c'était purement sexuel. Tu avais envie de changement de partenaire, j'étais là ... point barre."
"OK... d'accord ...je te retrouve dans une quinzaine de minutes au resto' de l'hôtel."Soupira l'Italien
"Tu me trouveras au bar..." lança jovialement Queen avant de partir.
Angelo ferma la porte en fronçant les sourcils et en se maudissant, il regrettait déjà d'avoir accepté l'invitation de l'Allemand.
Le regard rivé sur son téléphone il appuya sur une touche et entendit la mélodieuse voix de Shiryu lui répondre. Ils conversèrent un moment et se quittèrent par des mots tendres. L'Italien ferma le clapet de son portable, un sourire se dessina sur ses lèvres. Il n'aurait jamais imaginé devenir autant accro au gamin, vouloir passer sa vie avec la même personne, lui qui avait toujours été volage. Comme dirait Saga, il avait rencontré l'amour avec un grand A. Et c'était peu de le dire.
Cette même fin de journée...
La rutilante Opel Adam grise de Minos s'arrêta devant la maison d'Angelo pour y déposer Shiryu et Kiki, qu'ils avaient récupéré chez son ami Johann. Après les avoir salués, le Népalais repartit vers sa maison. Il gara son véhicule, il ouvrit la porte d'entrée et se dirigea vers la cuisine lorsque son portable sonna. Il regarda le cadran et vit le numéro d'Eaque. Surpris puisqu'ils venaient de se quitter, il décrocha:
"Eaque?"
"Minos...je peux squatter chez toi pour quelques jours?"
"Oui bien sûr...t'as une drôle de voix! Ça va pas?"
"Je...je me suis disputé avec Hadès...et...et je l'ai quitté"
"J'y crois pas... t'as enfin vu clair? Je te l'avais..."
"Minos ! Arrête... s'il te plaît..."
"Bon ok...t'es où? "
"Je monte dans le bus...je serai à Vravrona dans une bonne heure..."
"Je t'attends..."
Minos raccrocha pensif, pour qu'Eaque en vienne à quitter l'avocat, il devait y avoir une bonne raison. Il savait l'amour qu'avait son ami pour ce type. D'ailleurs il n'avait jamais compris comment son protagoniste pouvait être amoureux d'un connard qui n'en avait rien à foutre de lui, si ce n'était que pour le sexe. Mais l'amour est aveugle et il était bien placé pour savoir que c'était vrai. Néanmoins il avait rencontré Aioros et lui c'était un type bien. Tiens en parlant de lui ...il allait l'appeler car il fallait bien l'avouer son Grec lui manquait...
Une heure dix plus tard, Eaque ouvrit la porte d'entrée qui donnait directement au séjour. Il entendit Minos lui crier qu'il était dans la cuisine. Le Népalais s'y dirigea et lorsqu'il entra, ce fut pour croiser les yeux gris argent interrogateurs de son ami. Il lui répondit par un regard qui voulait dire qu'il ne souhaitait pas en parler. Alors le Norvégien n'insista pas et continua à remuer énergiquement le shaker pendant quelques secondes. Puis il déposa deux verres à cocktail et y versa la boisson alcoolisée. Devant le regard surpris de son ami, il précisa en posant le verre devant lui:
"C'est un Daïquiri"
"Hum...Tu n'es pas resté manger avec Shiryu ce soir?"
"Non sinon je ne serais pas ici à te regarder et à attendre tes explications... Bon sang tu as vu ta tête?! Tes yeux sont rouges d'avoir pleuré... "
"..."
"Qu'est-ce qu'il t'a fait ou dit pour que tu sois dans cet état?"
Eaque ne savait pas quoi répondre. Il se contenta d'éviter le regard de Minos et de baisser la tête regardant son verre qui était devenu un sujet d'observation très intéressant. Alors qu'il observait toujours sa boisson, les larmes coulèrent doucement et silencieusement sur ses joues. Le Norvégien observait son ami avec inquiétude. Minos avança sa main et la posa sur celle de son ami. Eaque leva ses yeux larmoyants vers son protagoniste qui le regardait les sourcils froncés.
Au fond de lui Minos était en colère. Il ne supportait pas de voir Eaque dans un état pareil à cause d'un connard qui était un handicapé de l'amour. Hadès avait fait souffrir de nombreuses fois le Népalais et Minos avait du mal à accepter que cet avocat jouait avec celui qu'il considérait comme son frère."
"Si ça ne tenait qu'à moi, je te dirais de te trouver une autre personne qui vaut mieux que lui..."
"Minos..." Soupira Eaque "Ce n'est pas aussi simple que ça...je l'aime."
"Alors pourquoi tu l'as quitté? Il t'a fait mal?"
"Mal? Pas physiquement mais psychiquement ...j'ai vraiment compris ce soir... qu'il ne m'aimera jamais et que pour lui je serai toujours une pute ...merde quel con je fais...pourtant à l'hôpital on avait eu une conversation qui m'avait déjà fait mal .Mais malgré tout, je continuais à croire qu'il puisse venir à m'aimer..."
"Il t'a traité comme un prostitué?"
"Je ne veux plus en parler, Dit-il d'une voix fatiguée et brisée. Je veux juste dormir afin de ne plus y penser. "
"OK ...je vais te montrer ta chambre... mais après tu viens manger...j'ai mis un plat aux micro-ondes"
Au moment où Eaque se levait pour suivre Minos, la sonnette retentit. Le Norvégien alla ouvrir la porte. Il se retrouva face à ...
"Rhadamanthe?"
"Minos ...Je voudrais te parler, tu as cinq minutes?" Demanda l'Anglais
"..."
Sans un mot le Norvégien se poussa pour le laisser entrer :
"Et de quoi un célèbre avocat veut-il parler avec un prostitué? Au fait tu t'es rappelé que tu me connaissais?" Demanda-t-il sarcastiquement
Rhadamanthe le fixa un moment. Puis en éludant sciemment la question, l'Anglais promena son regard autour de lui et releva un sourcil surpris lorsqu'il aperçut Eaque appuyé au chambranle de la porte de la cuisine. Tiens qu'est-ce qu'il faisait là? ...Se tournant vers Minos, il l'interpella:
"Tu m'offres un truc à boire?"
Ledit Minos lui fit signe de la tête de le suivre et l'invita à entrer dans la cuisine .Passant prêt de son ami, il lui lança un regard désolé. Quant à Rhadamanthe lui s'arrêta à la hauteur du Népalais qui n'avait soufflé mot et croisa son
regard noisette cerné, larmoyant, mais aussi réprobateur posé sur lui.
"C'est bien que tu sois là! Je voulais te parler aussi..."
"Ha bon...De quoi? Je pensais que tu m'avais tout dit à ton appart' " Lâcha Eaque avec acrimonie.
" Et puis de quoi veux-tu discuter...de notre enfance, de notre ancienne amitié? Ou de la façon dont tu m'as traité un certain soir? Ou alors quand tu m'as snobé à Paros et à l'anniversaire d'Aiolia?"L'admonesta Minos en le foudroyant du regard.
" Je sais... c'est pour cela que je suis ici ...pour m'excuser..."
Silence complet, nos deux amis attendaient d'un air dubitatif les justifications de Rhadamanthe, curieux de savoir le ou les motifs de ses agissements vis-à-vis d'eux.
"Je me suis comporté d'une façon abjecte envers vous deux...je me disais que si vous étiez devenus des prostitués, je n'y étais pour rien ..."
"Vrai ...mais pourquoi nous avoir snobés?" demanda sèchement le Norvégien
"Moi je vais te le dire Minos! Monsieur le grand avocat avait honte de connaitre deux putes...à tel point que ça le dérangeait que j'étais avec son ami Hadès...mais rassure-toi Rhadamanthe ...tu avais raison, je ne suis pas assez bien pour lui ..."S'écria le Népalais des larmes dans la voix.
Un silence suivit cette remarque. Eaque sentit sa gorge se serrer. Il n'allait quand même pas encore pleurer et de surcroît devant Rhadamanthe. Il prit sur lui et ravala les larmes qui menaçaient de franchir la barrière de ses paupières, scotchant sur son visage un sourire insidieux. Il s'asseya et dit :
" Désolé de m'être emporté, mais vois-tu aujourd'hui je suis d'humeur belliqueuse..."
"Hum ... Hadès n'était pas de meilleure humeur quand je l'ai eu au téléphone...vous vous êtes séparés ?"
"T'as eu Hadès au téléphone? "
Rhadamanthe se tendit, Il détestait lorsqu' on répondait à une question par une autre.
" Oui juste avant d'arriver ici...Je ...je... contrairement à ce que tu peux croire. Je ne m'inquiétais pas pour Hadès .Seulement je le connais bien et quand j'ai compris que tu étais amoureux de lui, je me suis dit, il va droit dans le mur..."
"Ah oui! C'était si sûr que ça qu'il ne pouvait m'aimer?"
"Attends... laisse moi finir je ne suis pas en train de te dire qu'il ne pouvait pas t'aimer...Je..."
"Si, tu viens de le dire...parce que tu crois que ton cher Hadès vaut mieux qu'Eaque ?" gronda Minos
Passant une main nerveuse dans ses cheveux, le self contrôle que Rhadamanthe parvenait à garder dans n'importe quelle situation, commençait à lui faire sérieusement défaut. Poussant un soupir las, il but une gorgée du Daiquiri que le Norvégien lui avait versé, il fit la grimace et il demanda:
"T'aurais pas du whisky?"
Minos alla chercher le spiritueux, en versa dans le verre et se rassit attendant la suite. Les deux protagonistes regardaient l'avocat qui savourait la boisson.
" Délicieux ce whisky...Tu l'as ..."
Rhadamanthe leva le regard et perçut deux paires d'yeux gris anthracite et noisette le foudroyant d'un air mécontent. Il reçu un coup au cœur et se revit à l'orphelinat. Ses deux amis le regardant de la même façon, parce qu'il avait donné son repas du midi à un garçon qui le menaçait de lui prendre son livre s'il n'accédait pas à son ordre. Ce qui avait rendu furieux ses deux alter-égos contre lui d'avoir cédé, mais qui malgré tout avaient partagé leur faible repas avec lui .Il comprit à l'instant, qu'il n'avait jamais pu vraiment les oublier et surtout du mal qu'il leur avait fait en ayant eu cette réaction. Il prit une grande inspiration et but le reste de son verre.
" Je me suis peut-être mal expliqué... Ce que je voulais dire Eaque, c'est que moi...je dis bien moi, pensais qu'Hadès ne pouvait pas t'aimer. Parce que oui vous avez raison, Kanon avait raison, je ne suis qu'un con présomptueux. Pour être sincère... J'avais honte de dire que je vous connaissais. Cette nuit Minos ...où je t'ai laissé de l'argent, je me suis dit que je l'avais fait par pitié...Sache que c'était de la poudre aux yeux! La vérité est que je voulais me donner une bonne conscience. Facile n'est-ce pas ?! Je me demandais pourquoi vous étiez devenus des prostitués. Mais je n'ai jamais essayé de le savoir vraiment. Parce que j'avais peur de ce que je pouvais apprendre."
Rhadamanthe soupira, et passa nerveusement sa main dans ses cheveux, puis reprit ses explications.
"Au fait pour être exact... c'est que j'avais honte d'avoir était adopté par des gens merveilleux. Honte d'avoir une vie heureuse où tout m'a réussi. J'ai trouvé mon âme sœur dont je suis fou amoureux, je suis riche et j'ai un métier qui me passionne. Alors oui, j'avais honte vis-à-vis de vous deux...honte de ne pas avoir
remué ne serait-ce qu'un doigt pour vous aider..."
Sans un mot Minos se leva et reversa l'alcool dans leur verres.
"Je ne vois pas pourquoi tu as honte d'avoir été heureux ? On te reprochait seulement d'avoir fait semblant de pas nous connaître" murmura Eaque touché malgré lui de ce que venait de leur avouer l'Anglais.
"Tu sais ce soir là dans cette chambre quand je suis sorti de la douche et que j'ai vu l'argent sur le lit ...ça m'a fait affreusement mal, je me suis senti tellement sale ...merde Rhada...tu pouvais simplement m'inviter à prendre un verre me dire ce que tu devenais et, peut-être me demander pourquoi j'en étais arrivé à me prostituer comme auraient pu le faire un ami presque un frère."Souligna le Norvégien la voix remplie d'amertume
"Je comprends ton aigreur...j'ai agit comme un con...".
"On ne te le fait pas dire ". rétorqua le Népalais.
" Vous savez, reprit l'Anglais voulant crever l'abcès une fois pour toute. Kanon m'a fait comprendre qu'au fond de moi, je vous en ai voulu et que je vous en voulais encore de ne pas être venu me dire au revoir le jour où mes parents adoptifs sont venus pour m'emmener en Angleterre. Je vous ai cherché du regard désespérément. Puis on m'a fait monter dans le véhicule, je me suis mis à genoux sur la banquette arrière et j'ai regardé par la vitre jusque l'orphelinat disparaisse de ma vue. Alors j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps...pourquoi vous n'étiez pas là pour me dire au revoir? ". S'enquerra Rhadamanthe troublé
Ils se regardèrent, tous deux surpris par cet aveu et surtout de le voir nerveux lui qui était toujours si imperturbable et stoïque.
"On était là, mais cachés... on avait peur de craquer, de pleurer devant toi .On ne voulait pas te montrer notre détresse de te voir partir. On voulait avant tout que tu sois heureux..."
"..."
L'Anglais prit son verre et le vida d'un coup sec et se leva en demandant:
" Vous...vous croyez que l'on pourrait redevenir des...des amis ?"
"Ouais tu le veux ce soir, mais demain lorsque tu nous croiseras tu changeras de trottoir..." Lâcha Minos septique, il avait du mal à admettre que Rhadamanthe soit vraiment sincère.
"Si... je resterai sur le même trottoir...D'ailleurs je vous invite au restaurant demain midi..."Fit l'Anglais en tendant une carte de visite avec le nom dudit restaurant, "J'espère que vous allez venir..."Insista-t-il.
Ils sursautèrent lorsque le portable de Rhadamanthe sonna. Il regarda le cadran et vit que c'était Kanon qui l'appelait. Il prit congé des deux alter égos et sortit de la maison en décrochant, sous deux pairs d'yeux incrédules. Haussant les épaules Eaque demanda:
"Tu vas y aller? "
"Sais pas...je verrai demain... tu viens manger un truc?"
"Non...je n'ai pas faim, je veux seulement dormir..."
Comprenant que la visite de Rhadamanthe en plus et surtout sa dispute avec Hadès avait bouleversé le Népalais, Minos le précéda pour lui montrer sa chambre.
Héraklion hôtel El Greco...
Angelo et Queen conversaient tranquillement de tout et de rien en mangeant leurs desserts, passant simplement un bon moment. L'Italien se leva pour se rendre aux toilettes laissant seul le policier. Celui-ci regarda discrètement autour de lui puis mis dans le verre le somnifère. Quelques minutes plus tard l'architecte revint et ils reprirent leur discussion lorsqu'au bout d'un moment l'Allemand dit:
"Merci d'avoir accepté ma compagnie à ta table. Je ne voulais pas dîner seul et cela aurait été stupide d'être chaqu'un de son coté..."
"Hum...tu as raison "fit Angelo rassuré et soulagé que le policier ne lui ait fait aucune avance."Tu m'excuses mais j'ai eu une dure journée et j'en ai une autre qui m'attend demain... alors je vais te laisser." Ajouta-t-il.
Surpris et paniqué car l'Italien n'avait pas bu son verre de vin rouge et de ce fait n'avait pas ingurgité le sédatif, Queen répondit :
"Moi aussi je vais rejoindre ma chambre... mais avant je finis ma boisson, au prix qu'il coûte ce serait dommage de le laisser...tu ne finis pas le tien?"
Angelo hésita en regardant son verre de vin rouge à moitié plein. Cependant songeant au prix qu'il avait payé, il se dit que l'Allemand n'avait pas tort. Il le termina sous le regard satisfait du policier.
Queen avait quitté l'architecte à sa porte et maintenant il attendait dans sa chambre Pharaon qui avait prit l'avion cet aprè coup discret fut frappé à sa porte, il alla ouvrir, l'Égyptien se tenait devant lui. Il le fit entrer et son vis-à-vis lui demanda:
"Il l'a prit?"
"Oui ...t'es sûr qu'il n'y a pas de danger pour Angelo? N'oublie pas que je suis flic ... et si jamais..."
"Mais non je te dis! S'énerva Pharaon. Puis ne voulant pas que son protagoniste abandonne, il reprit plus doucement, ce somnifère je le connais et je peux t'affirmer qu'il n'est pas dangereux... il va dormir comme un bébé jusqu'au matin."
"Et comment tu sais ça? "Remarqua d'un air soupçonneux Queen
"Parce que j'en ai pris de temps en temps quand j'étais avec mon ex...Lorsqu'il rentrait saoul il avait tendance à me battre et me baiser, alors je prenais un de ces sédatifs pour dormir avant son retour et avoir la paix..."
"Hum... cela fait presque trente minutes, tu penses qu'il doit dormir?"
"Oui ...suis moi "
Ils sortirent de la chambre discrètement pour se rendre dans celle d'Angelo. Pharaon passa une feuille de journal sous la porte et crocheta la serrure de façon à faire tomber la clef dessus. Pendant ce temps Queen surveillait si personne ne passait par là. Une fois qu'il entendit le petit bruit de la clef en tombant sur le sol, il tira doucement le papier et la récupéra. Il ouvrit la porte et s'aventura prudemment dans la pièce éclairée seulement par les rayons de la lune, suivit de l'Allemand. Ils s'avancèrent vers le lit où l'Italien était allongé sur son ventre, un bras dans le vide, son autre bras sous lui. Un drap le recouvrait jusqu'à la taille. Ses vêtements étaient éparpillés par terre.
Queen sachant ce qu'il devait faire, se déshabilla complètement. Pharaon tira le drap et le policier s'allongea sur l'Italien nu lui aussi, entourant de sa jambe le bassin de l'architecte. Il posa sa tête sur le dos musclé d'Angelo comme deux amants endormis après avoir fait l'amour. L'Égyptien recula vers la fenêtre et prit des photos. Une lueur mauvaise apparut un instant dans ses yeux et ses lèvres s'étirèrent en un sourire cruel. Magnifique son plan se déroulait parfaitement ...
L'Allemand voyant Pharaon se diriger vers la porte, se leva et avant de la refermer derrière lui, murmura:
"Ton avion décolle à quelle heure?"
"Tôt demain matin... je viendrai chez toi vendredi soir. Tu me raconteras le réveil de ton Italien."
"Hum... J'espère qu'on a pas fait tout ça pour rien..."
"Oh que non...une fois que Shiryu verra ces photos, tu peux me croire il en sera fini de leur couple et ce sera à nous de les consoler.
Sur ces belles paroles l'Égyptien partit à grand pas, suivi du regard sceptique de son complice. Il ferma la porte à clef et retourna se coucher au coté d'Angelo. Il resta un moment à le contempler puis avec un soupir amer, il s'allongea sur le dos pensant à la réaction violente, à n'en pas douter, qu'allait avoir l'Italien à son encontre...merde... il commençait à avoir des remords. Cependant lorsqu'on voulait quelque chose, il ne fallait pas s'embarrasser de regrets. Et ce qu'il voulait, c'était Angelo.
Athènes chez Hadès...
Hadès était sur son balcon assis dans un petit canapé de jardin en résine tressée gris clair. Il regarda le ciel, la lune était absolument magnifique et brillait plus que d'habitude. Les étoiles rappelaient à l'avocat les petites étincelles qui se trouvaient dans les yeux noisette d'Eaque. Son regard descendit vers le sol, les lampadaires éclairant les trottoirs, il vit des gens passaient en discutant, mais pas de Népalais en vue dans cette rue. Il continuait à espérer le voir revenir à chaque instant. Il se perdit à nouveau dans ses pensées totalement tournées vers Eaque et l'endroit où il pouvait être actuellement, quoi qu'il se doutait où il squattait. Néanmoins, il ne pouvait le sortir de sa tête. Il était parti depuis seulement quelques heures et il se sentait tellement vide. Son cœur se serra en repensant aux paroles du Népalais et aux siennes cruelles. Eaque...Eaque pourquoi n'as-tu pas vu ce que je taisais? Et pourquoi ma foutue fierté m'a empêché de te le dire...s'écria-t-il en lui même
Hôtel El Greco en Crète le lendemain matin...
"Qu'est-ce que tu fous dans mon lit?!" Hurla Angelo la voix rageuse
Désorienté et fou de rage, Angelo essayait de comprendre pourquoi Queen et lui étaient nus dans son lit, sans même avoir le moindre souvenir. Il se massait les tempes, essayant de chasser la migraine qui lui vrillait le crâne.
"Putain tu vas me répondre?"
"Arrête de crier...j'ai la tête qui va exploser" lâcha le policier simulant une migraine en se tenant la tête.
Angelo était devenu blanc comme un mort, ses mâchoires se contractèrent et ses poings se serrèrent.
"Dans une seconde tu vas avoir une raison de geindre."
"Mais je ne sais pas ce que je fais dans ce lit! Qu'est ce que tu crois à la fin que je t'ai sauté dessus?! Et toi tu ne te souviens de rien?"
"..."
Sous le regard peu avenant de l'Italien, il sortit du lit et ramassa ses vêtement qui trainaient par terre et se rhabilla.
"Écoute...on a certainement bu un coup de trop et ...et merde ...on n'a pas baisé si c'est cela qui te perturbe. Je te jure qu'on a rien fait de mal...enfin je crois... De toute façon, je te donne ma parole que je n'en parlerai jamais à Shiryu."
"Sors de cette chambre..."
"Ok ...je m'en vais... j'espère que cet incident ne va pas entacher notre amitié... "
Sans répondre à l'Allemand, Angelo le foudroya du regard et se dirigea vers la salle de bains en claquant la porte violemment. Queen ne demanda pas son reste et sortit da la chambre pour se rendre dans la sienne. Son cœur se mit à battre la chamade en songeant à la réaction d'Angelo dans quelques jours, lorsqu'il allait lui montrer des photos reçu anonymement, d'eux dans une position des plus compromettante. Un sourire perfide naquit sur ses lèvres en imaginant celle de Shiryu lorsque celui-ci recevrait les mêmes photographies. Pharaon avait dûment extrapolé et leur mise en scène très bien manigancée...
À suivre
PS: Surface SHON = surface hors œuvre nette
Merci à ceux ou celles qui prennent le temps de lire ma fic.
Bisous
