Au garage
"Ralph ! Dépêches toi, le bus pour l'exposition sur Pluton part dans moins de 10 minutes !"
"J'arrive Maman ! "
Sur ces mots, un petit garçon avec un sac à dos plus gros que lui déboule dans l'immense garage. Pour la première fois depuis le début de la semaine, Paige vit son fils enjoué d'aller à l'école. Peut être s'était-il finalement intégré à sa classe ? Mais elle ne se faisait pas d'illusion : seul la perspective de la visite au planétarium le rendait heureux.
Paige s'apprêtait à prendre le sac de classe de son fils lorsqu'il se retourna pour lui dire, empressé :
"Non laisse je peux me débrouiller tout seul !"
"Ralph ? "
Sans lui demander la permission, elle prit le sac qui semblait bien lourd pour ne contenir qu'une boite à déjeuner, quelques crayons et un cahier. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle découvrit un télescope miniature.
"Tu comptais m'en parler sur le chemin ? "
Le petit garçon ne répondit rien tout en regardant le bout de ses chaussures.
"Tu pensais vraiment emmener ce téléscope là bas ? Tu te rends dans un endroit remplit de télescopes !"
"Je tiens à préciser que ce n'est pas un télescope ordinaire. Aucun de ceux qu'ils leur prêteront au planétarium ne sera aussi développé. Non ils ne prendraient certainement pas le risque de mettre entre les mains crasseuses de gamins de 10 ans des objets de haute technologies de plus de 10 000 $. " interrompu Sylvester.
'Merci Sylvester, mais je n'avais pas besoin de ton intervention" Répondit sèchement Paige.
Pour ne rien arranger à l'argumentation de la mère de famille, Walter décida de faire son entrer et de donner son avis :
"C'est Happy qui l'a amélioré donc il n'y a aucun risque. Et Toby s'est renseigné sur le design de ceux qu'ils leur prêteront donc personne ne verra la différence à part si l'on regarde au travers. "
"J'ai compris je n'ai rien à dire puisque tout le monde est contre moi ! Allez on y va, on a déjà bien assez perdu de temps"
Quelque part dans un motel en Californie
"29."
"Ok je m'en occupe. "
29 c'est le nombre de caractère du code wifi du motel. Un jeu d'enfant à décoder pour Terence. Sa soeur Alisson trouvait ça ridicule de mettre un mot de passe aussi long pour une chose aussi futile. Le supplément internet ne coutait que 4 dollars pour 1 journée. C'était beaucoup trop cher pour quelque chose qui ne nécessitait que quelques clics.
"Non mais tu te rends compte ? 4 dollars ! C'est le prix de deux cafés au diner du coin !" S'emballa la grande brune.
Il faut dire que l'argent ce n'était pas ce qu'ils possédaient le plus. Leurs affaires logeaient dans une grosse valise éraflée. Le seul luxe qu'ils s'octroyaient était leur ordinateur portable dernier cri.
Ils n'avaient jamais été proches de leur famille si ce n'est de leur grand-mère. Personne ne les comprenait vraiment. Dans leur malheur, ils pouvaient compter sur l'autre, une moitié d'un tout. Leurs parents faisaient vraiment des efforts pour s'intéresser à leurs centres d'intérêts. Mais ce n'est pas si simple de calculer la trajectoire du frisbee au parc lors de pique nique.
Ils avaient passé leur diplôme sans faire d'histoire pour leur faire plaisir. Mais en réalité, l'intégralité des programmes leur étaient d'une simplicité déconcertante.
Une fois ce stupide morceau de papier attestant leur réussite dans la société en poche, ils avaient quitté le cocon familial. A l'autre bout du continent.
Les premiers temps n'avaient pas été facile. L'argent n'était pas inépuisable et trouver un emploi à la hauteur de leur capacité n'était pas chose aisée. Qui plus est lorsque cet emploi se devait de céder deux postes plus ou moins identiques au même moment. Il était hors de question de se séparer si loin de la maison. Dans cette nouvelle ville, ils étaient chacun pour l'autre la seule parcelle de stabilité.
Terence et Alisson avaient toujours été très proches. Les mots étaient presque inutiles entre eux. Il y avait ce lien si particulier qu'on les jumeaux entre eux deux. Presque ésotérique.
Cela faisait maintenant trois heures qu'ils avaient atterri dans ce petit hôtel miteux. La route jusque ici était longue.
Lorsque les jumeaux avaient vu aux informations les actions héroïques de scorpion, ils n'avaient pas eu besoin de se concerter pour prendre la décision de rejoindre ce « groupe » atypique. Ils avaient compris tout de suite que leur place se trouvait là bas. Au sein de cette entreprise, ils n'auraient pas besoin de se justifier ou d'expliquer pourquoi lorsque l'on mettait i au carré on obtenait un chiffre négatif.
"Je vais chercher le diner. Je suis de retour dans une petite heure. " Informa Terence.
Alisson savait que la chasse au repas durerait certainement plus longtemps. Elle avait largement le temps de prendre une douche et de continuer ses recherches sur la biologie marine.
Quelques rues plus loin
Terence avait une furieuse envie de manger chinois. Il avait aperçu un petit restaurant qui faisait à emporter. Il s'y dirigea d'un pas tranquille. Il faisait assez doux pour la saison.
Sur son chemin, il croisa un sans abris qui en échange de 1,50$ acceptait de jouer aux échecs avec vous. Tout de suite, le prodige tint bon et résista à l'envie de faire une partie. Malheureusement ses bonnes résolutions n'allaient pas tenir pas longtemps: il rebroussa chemin et chercha la somme dans ses poches.
"Merci mon garçon, je te laisse les blancs." Fit le vieil homme.
Les pions se déplaçait à la vitesse de l'éclair. Le vieillard se débrouillait plutôt bien. Mais Terence savait qu'il allait gagner. En trois coups supplémentaires, il réussit à déjouer la technique défensive de Phillidor de son adversaire. Bien qu'il ait gagné facilement, le jeune homme avait apprécier la partie.
"Je te félicite, personne n'avait encore jamais réussit à percer ma défense."
"Je trouve toujours le défaut dans la cuirasse" Répondit-il avec un sourire en coin. "Je vous souhaite une bonne soirée. "
Avant de repartir il remit encore 1 dollar dans le chapeau du type. Il savait que sa bonté lui avait couté la moitié de son diner mais il s'en fichait. Il avait offert un semblant de repas à cet homme. Et au passage il s'était amusé.
Au restaurant, il choisit deux boites de nouilles chinoises, du poulet au saté et 4 nems.
La nuit commençait à tomber. Il pouvait observer les étoiles. Il adorait ça.
Lorsqu'il rentra au motel, ses plats à emporter étaient à peine tièdes. Alisson lui adressa un regard qui voulait dire « tu perds rien pour attendre. Demain ton café ne sera pas noir et brulant mais clair et froid ». Cela ne le gênait pas. Il n'aimait pas manger trop chaud.
"T'en as mis un temps?! Je paris que tu t'es arrêté là où tu n'aurais pas dû."
"Je vois pas de quoi tu parles." Fit-il simplement attendant que sa tempête de soeur se calme.
"T regardes moi! Tu as joué à quoi? Laisse moi deviner! Aux dames? Non je sais, aux échecs!" Affirma-t-elle.
"Et de quelle couleur étaient les pièces?"
"Blanches."
"Bon si tu as fini de lire en moi on va peut être manger, ça va refroidir."
"Tu aimes quand ça refroidit et puis tu sais très bien qu'à cette heure là ..."
"Tu n'as plus faim car il est trop tard oui je sais." Dit-il en finissant sa phrase. "Tu m'as toujours pas dis comment on allait approcher Scorpion, au fait."
"Tu me fais confiance?"
"Toujours." Répondit-il sûr de lui.
"Alors on va aller au café où ils ont leurs habitudes et on va observer."
Au garage
"Maman maman! C'était super la visite!" Fit d'un ton enjoué Ralph.
"Je suis contente que tu te sois amusé mon grand." Répondit Paige d'un ton doux.
"Et le télescope il est génial, par contre les guides sont vraiment incompétents."
"Dis moi pas que ..."
"Laisse moi deviner." Intervenu Walter. "Ils se sont trompés dans les exos planètes?"
"Exact. "
"Bon et avec tes camarades de classe comment ça c'est passé?" Essaya de rattraper Paige.
"On s'en fiche ça, l'important c'était le contenu de la visite." Rajouta Walter.
"Bon bah je vais raconter ma journée à Sylvester." Fit le petit garçon.
"Arrête avec les contenus et les faits! C'est important qu'il se socialise et tu devrais en faire autant."
"Qu'es-ce que tu veux dire? Je suis socialisé, il y a Scorpion et ..."
"Ce que je veux dire, c'est ... va dans un lieu public, laisse les rencontres défiler, parle leur de tout de rien, de la météo!"
"Et quel est l'intérêt?"
Devant ce manque de motivation, Paige tourna les talons et laissa Walter planté au milieu du garage.
Le lendemain matin
"Il est où 197?" Demanda Happy à Toby.
"Au café."
"Attends on parle bien de Walter?"
"Oui tout à fait."
"Qu'est-ce qu'il y fiche?" Fit-elle étonnée.
"Vaguer au gré des rencontres!" Répondit ironiquement Toby.
"Ça sent pas bon ça!"
"Non pas bon du tout. En tout cas, j'espère qu'il va se bouger les fesses! C'est les olympiades aujourd'hui!"
"Doc!" Fit-elle d'un air consternée.
Au bar
"Comment peut -on être devant un verre pendant si longtemps sans même y toucher?!" S'interrogea Alisson.
"Il réfléchit sûrement." Proposa Terence.
"Bon il y a des limites! Aller j'y vais!"
"Tu es sûre que c'est comme ça que tu va y arriver?"
"T'inquiète pas, observe et apprends." Fit-elle dans un grand sourire devant le regard blasé de son frère. Elle approcha de l'endroit où se trouvait Walter, s'assit à côté de lui et s'exclama:
"Vous devriez boire votre verre car depuis le temps que vous êtes devant, la présence des bactéries a été multiplié par 1000."
"Vu le temps et la température du verre et de l'air ambiant c'est plutôt ..." Essaya-t-il de répondre avant d'être interrompu.
"C'est 1083 désolée pour ce manque de précision."
Walter écarquilla les yeux se s'attendant certainement pas à ça.
"Oui en effet, c'est ça. Vous faites beaucoup de choses comme ça?"
"De quoi. Compter? Oh pas grand chose je sais juste que ça fait 4440 secondes que vous êtes là sans bouger. Et ça fait 3 fois que vous regardez votre montre, vous êtes en retard?"
"Je travaille dans le garage en face et aujourd'hui on fait des jeux, des olympiades et je pense que mon retard va être remarqué. Pardon je me suis pas présenté, Walter O'Brian." Fit-il en tendant la main.
"Alisson Sullivan." Répondit-elle en lui serrant la main.
"Ça vous dit de venir participer à nos olympiades, vous avez l'air compétente."
« D'accord, mais à une condition."
"Laquelle?"
"Mon frère vient aussi." Dit-elle en montrant le jeune homme quelques tables plus loin. "C'est lui l'atout maths moi je ne suis pas très douée."
"Allons y alors." Accepta Walter voyant un nouveau challenge à relever et sortit du bar suivi par Alisson et Terence.
