Disclamer: Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

UA-Yaoi.

Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazil pour son soutien et son aide.


Malaca17 je te remercie! Ton commentaire est vraiment gentil et tu ne peux pas savoir à quel point il me fait plaisir:)

Leia26, un grand merci pour ton soutient.

Marine, tu as raison le mensonge ne résout rien! Tu vas voir dans ce chapitre comment Hadès prend le départ d'Eaque merci pour ton review.

Camillou, tu es là depuis le début pour me soutenir, alors tu n'as pas à être désolée! Merci pour ton commentaire.

Ignis, merci pour ta fidélité, tes commentaires me font toujours plaisir.

Je vous souhaite en avance, puisque je ne posterai pas un autre chapitre avant l'année prochaine.

Un joyeux Noël !

Bonne lecture


Vendredi matin en France à Sainte Maxime...

L'Auberge du Chardon Bleu,chambre 169.Ouvrir les yeux demanda un certain courage à Shun. Son corps était courbaturé, normal après une nuit à faire des folies. Il regarda Aiolia qui dormait sur le ventre la tête enfouie dans son oreiller, son bras gauche encerclant la taille du jeune homme. Il glissa son regard sur le réveil indiquant que la matinée était déjà bien entamée. Un sourire satisfait apparut sur ses lèvres en se remémorant la soirée. Hier soir en rentrant du restaurant, ils avaient fait l'amour comme des affamés de leurs corps. Avec un soupir de contentement, il se laissa retomber sur le matelas.

"Mmmmh..." Marmonna le Grec. Se réveillant, il resserra sa prise sur le torse de son lutin.

Shun releva lentement la tête et croisa le regard de son lion. Il déposa un baiser sur ses lèvres pour le saluer tout en lui souriant.

" J'adore tes cuisses," lui souffla Aiolia en les caressant du bout des doigts, lui provoquant de courts frissons.

"Seulement mes cuisses?" Fit Shun d'un petit air mutin

"Non ... J'aime ton corps en entier, j'aime aussi ta façon de gémir, ton odeur, la saveur de ta peau, la chaleur de ton ventre, la douceur de tes lèvres."Murmura Aiolia faisant glisser ses doigts doucement sur chaque infime partie de son corps.

De douces vagues de plaisir déferlaient en Shun au rythme des attentions que lui prodiguait le Grec.

"J'aime entendre ton rire qui me réchauffe le cœur, J'aime tes petits cris ..."Souffla- t-il les yeux pétillants.

"Tu essais de dire que je suis parfait ? Bah ça je le sais déjà." s'esclaffa malicieusement le jeune homme en entourant de ses bras la nuque d'Aiolia pour reprendre ses lèvres.

Quittant la bouche tentatrice avec regret, le Grec voulut se lever du lit, mais il fut agrippé par la main de Shun

"Où vas-tu ? "

"Sous la douche ... glacée de préférence, histoire de calmer mon désir" Répondit le châtain.

Il regarda son lutin qui faisait une moue adorable montrant son mécontentement. Une chose était certaine, si Shun s'était montré maladroit et timide au début de leur relation, ce cap était définitivement passé. Aiolia découvrait à chaque fois qu'ils faisaient l'amour avec un plaisir délectable, la nouvelle assurance du jeune homme, qui se montrait petit à petit, toujours plus sensuel et entreprenant. Et Dieu qu'il aimait ça. Mais pas là maintenant ...

"Mon ange j'en ai autant envie que toi ...mais il est dix heures et on doit déposer la voiture de location chez l'agence Sixt à Nice avant midi et il faut une bonne heure pour y arriver...Allez fais un sourire à ton lion...je te promets que cette nuit, je vais te faire grimper aux rideaux "

Prenant l'air d'un chat devant un bol de lait, Shun haussa un sourcil et rétorqua en regardant l'entre jambe du Grec :

"En entendant, tu es sûr que tu ne veux pas une gâterie?"

L'œil rempli de désir, Aiolia s'exclama faussement outré :

"Shun!"

Se secouant, il sortit du lit et lança en rejoignant la salle de bain:

"Par contre on peut prendre la douche ensemble."...

Athènes...

L'Anglais revenait du tribunal où il avait plaidé avec succès une affaire de divorce. Il ne se gara pas loin de la rue piétonne Dionysiou Areopagitou où se trouvait le restaurant Domitrius. Il esquissa un sourire en repensant à la scène où Kanon lui avait écrasé un gâteau sur la tête.

Rhadamanthe scrutait la foule quand il sentit quelqu'un lui tirer la manche. Il se retourna pour voir son amant qui se tenait derrière lui. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Kanon le regardait un sourire aux lèvres, la peau hâlée par le soleil, un corps musclé parfaitement mis en valeur par un jean bleu clair et un polo dont le ton vert rappelait la couleur de ses yeux. Son amour était magnifique de naturel.

"Tu regardes après Minos et Eaque?"

"Oui...Mais pas sûr qu'ils viennent..." Fit le blond en enlevant la veste légère de son costume.

Ils entrèrent et après avoir donné son nom, un serveur les conduisit à leur table. Quand l'homme se fut éloigné, ils s'installèrent.

" Je suis passé au magasin de Shaka pour lui souhaiter son anniversaire et il m'a demandé si on pouvait garder Haruto ce soir. Shura l'a invité au restaurant, puis à un concert."

" Dis-moi...Tu n'as pas consenti?!" S'exclama le blond d'une voix inquiète.

"Je n'ai pas eu le choix..."

"Mince Kanon...tu sais très bien que je n'aime pas les enfants? Et toi non plus..."

"Ce n'est pas que je les aime pas...mais je me vois mal m'occupant d'un marmot."

"Alors pourquoi tu as accepté?" Râla l'avocat

"Comme je viens de te le dire, j'ai pas trop eu le choix...Tiens voila nos amis." Ajouta Kanon en voyant Minos et Eaque suivre le serveur jusqu'à leur table.

Ils les saluèrent en s'asseyant tout en regardant autour d'eux .Ils ne s'attendaient pas à un restaurant de ce standing, même s'ils se doutaient que Rhadamanthe était habitué à manger dans ce genre d'endroit.

"Tu voulais nous impressionner en nous invitant dans ce resto'? " lança d'un ton moqueur le Norvégien

"Pourquoi je ferais ça? Et ne me dis pas qu'avec Aioros, vous ne fréquentez pas les mêmes..."

"Non...il n'aime pas les snobs." rétorqua Minos

À cette répartie, Eaque lança un coup d'œil à l'avocat et il vit à son air sombre que le Norvégien avait fait mouche.

"Tu sais, il ne faut pas se fier aux apparences...Et puis le personnel est très sympa'. Le jour où j'ai écrasé un gâteau sur la tête de Rhada les gens ont applaudi."

Kanon raconta ce moment, il détendit ainsi l'atmosphère, sous les yeux reconnaissant de l'Anglais. Il fit rire ses alter-égos qui chambrèrent le blond.

Un serveur s'approcha et prit leurs commandes puis il les laissa continuer à discuter. Dix minutes plus tard, les entrées leur furent servies et le sommelier proposa un vin pour le plat qui allait suivre. Lorsqu'il eut reçu l'accord de l'avocat, il s'éloigna pour aller chercher la bouteille prévue.

Ils mangeaient leur dessert lorsqu'un homme de forte stature se leva d'une table voisine pour s'approcher de la leur.

"Eaque... ça fait un bail !"

Ledit Eaque devint blanc comme un linge en reconnaissant le type face à lui.

"Kiros..."souffla-t-il entre ses dents

" Toi aussi Minos ça fait un moment que l'on ne te voit plus...Je vois que vous êtes en bonne compagnie ..." sourit perversement le type en saluant d'un signe de tête l'avocat et Kanon.

"Ouais et tu déranges." riposta le Norvégien

"C'est comme ça que tu me parles...tu ne fais pas tant de manière d'habitude ou c'est le fait que tu es dans un resto' chic avec des personnes aisées...bon après tout je m'en fous. Je venais vous donner la carte de mes amis qui sont à l'hôtel d'à côté. Ils aimeraient bien que vous veniez les rejoindre ce soir ...ils paient bien" Ajouta-t-il avec un clin d'œil.

L'atmosphère autour d'eux devint glaciale

"Je vous prierais de ne pas importuner mes amis...et de rejoindre vos homologues avant que je ne vous fasse jeter dehors." l'interpella calmement Rhadamanthe d'un ton sec.

" Amis? Ils ne peuvent l'être ...ce sont des putes... et..."

"Vous n'avez pas entendu ce que je viens de vous dire...Je n'ai peut-être pas été assez clair?

Kiros perdit de sa verve en voyant le regard dur du blond en face de lui. Un serveur vint les rejoindre en enjoignant l'homme de retourner à sa table et de ne plus importuner monsieur de Wyverne ainsi que ses amis. Ajoutant qu'il serait bien à l'avenir qu'il ne fréquente plus ce restaurant. Quelques minutes plus tard, les trois protagonistes partirent la tête basse, honteux des regards outrés des autres clients.

" Bien envoyé...tu lui as coupé le sifflet à ce connard... lâcha Kanon en finissant de boire son café. Je dois vous laisser, des clients à voir...à ce soir Rhada"

L'Anglais le regarda partir d'un pas énergique.

" On pouvait se défendre tout seul... Toutefois c'était sympa de ta part de nous avoir soutenu " fit Minos en guise de remerciement.

Puis il lança une œillade à Eaque qui était très concentré sur le mouvement de sa main tournant la cuillère dans son breuvage noir.

"Merci..."souffla-t-il brusquement en relevant les yeux sur Rhadamanthe. Soudain, il se figea et devint blanc comme un mort. Surpris le blond et Minos se tournèrent pour voir la cause de la soudaine raideur de leur ami. Ils virent Hadès qui avait les yeux rivés sur Eaque, puis son regard dévia vers eux, il leur fit un signe de tête et se retourna pour rejoindre ses invités. Néanmoins ses prunelles vertes se posèrent à nouveau sur Eaque quelques instants avant de gagner sa table. Le Népalais avait cru y déceler de la contrariété ou peut-être bien du regret...non il se fourvoyait Hadès n'avait jamais de remords.

Aéroport d'Athènes

Shiryu et Aldébaran attendaient l'Italien assis à une table tout en dégustant un thé froid pour l'un et un café pour l'autre. Ils discutaient joyeusement des vacances prolongées du Brésilien. Au bout d'un moment, ils quittèrent l'endroit où ils étaient pour rejoindre le hall.

Lorsqu'il aperçut Angelo venir vers eux, les yeux du jeune Japonais brillèrent de joie et un large sourire apparut sur ses lèvres pour disparaitre aussitôt lorsqu'il vit Queen lui parler valise à la main.

Un frisson, mi-colère mi-angoisse, traversa le jeune homme et il dut faire un effort pour se reprendre. Après tout, ce n'était pas parce qu'il arrivait en même temps qu'Angelo, qu'ils étaient dans le même avion... se rasséréna Shiryu. Sauf qu'Aldébaran s'écria à cet instant en faisant un grand signe de la main au policier:

"Oh Hé... Queen comment va Georges?"

" Bonjour Aldé...il va bien et te passe le bonjour."Lui répondit l'Allemand de loin. "Fais pas attention, mais on m'attend ... à plus" Ajouta-t-il

Il fit un signe de tête à Shiryu et se dirigea vers la sortie. Le jeune homme n'avait pu s'empêcher de le suivre du regard en fronçant les sourcils puis le déporta questionneur sur Aldébaran:

"Tu ne connais pas...Georges est le fils de Marcus et il vit dans un village juste à coté d'Héraklion ..."

Digérant l'information, il fixa Angelo qui arrivait vers eux, un sourire doux et aimant illuminait son visage. Il posa sa valise à ses pieds et il embrassa Shiryu chastement et furtivement, pour ne pas le mettre mal à l'aise sachant que le jeune homme n'aurait pas voulu qu'il aille plus loin devant tous ces gens. Pourtant ce n'était pas l'envie qui le démanger.

"Tu m'as manqué mon chaton"

"Toi aussi." Souffla doucement le Japonais

Ils se dirigèrent tous les trois vers le véhicule du Brésilien qui prit la valise des mains d'Angelo et la mis dans le coffre. Le trajet se fit sous la discussion d'Aldébaran et de l'Italien. Shiryu assis à l'arrière, ne se mêlait pas à la conversation. Songeur, il se contentait de regarder par la vitre le paysage défilé.

Une fois que leur ami les eut déposés devant la maison. Il repartit en direction du port Raphina. Ils firent le tour de la villa pour arriver sur la terrasse. Toujours silencieux, le jeune homme ouvrit la porte donnant sur la cuisine. Posant son bagage, Angelo le retourna vers lui, il l'attrapa par la nuque et plaqua sa bouche contre la sienne les faisant gémir tous les deux. Ils s'embrassèrent passionnément comme si leur vie en dépendait.

"Hum...ça aussi, ça m'avait manqué "Chuchota l'Italien contre les lèvres de son chaton.

"..."

"Qu'est-ce qui se passe dans ta tête?" Demanda-t-il, lui caressant doucement les cheveux et observant son visage à l'expression pensive.

"Beaucoup de choses, "dit-il.

"Comme quoi?"

"Ri...Rien..."

"Si...je te connais chaton et je vois bien qu'il y a un truc qui te chiffonne...c'est parce que tu as vu Queen à l'aéroport?"

"Et bien oui...pourquoi ne m'as-tu pas dis, qu'il était à Héraklion au même moment que toi ?"Lui reprocha Shiryu

L'Italien planta son regard dans celui, mécontent, du Japonais. Angelo resta figé un moment, fronçant les sourcils. Il se demanda ce qu'il devait vraiment raconter de cette soirée. Toute la vérité? Non il avait peur que le jeune homme ne comprenne pas et d'ailleurs que lui dire puisqu'il ne savait pas lui même ce qui c'était passé cette nuit-là. Il sentit une sourde angoisse monter en lui. Il leva la main pour effleurer sa joue du pouce et lâcha dans un soupir:

"Qu'est-ce que tu vas t'imaginer? Si je t'ai rien dit, c'est parce que j'en savais foutre rien... "

"Vous vous êtes rencontrés à l'aéroport peut-être..."fit le jeune homme d'un ton persiffleur.

"Non avant... au resto' de l'hôtel et on a dîné ensemble et je te coupe tout de suite, fit- il un mettant l'index sur les lèvres du Japonais qui allait rétorquer. On a fait que dîner... c'est lui qui m'a aperçu et il a tenu à m'inviter. Dans un premier abord j'ai commencé par refuser. Puis je me suis dit qu'il n'y avait pas de mal à manger à la même table. Je rajoute qu'on a payé chacun son menu."

" Ah non? Tu ne vois pas où est le mal...Tu te moques de moi! Ce type te tourne autour malgré qu'il sache que l'on est ensemble. Le pire c'est que tu savais très bien que je le prendrais mal. Néanmoins tu as préféré lui faire plaisir... "Affirma farouchement Shiryu. Les yeux lançant des éclairs, il repoussa d'un geste brusque l'Italien.

" Ce n'est pas ce que tu crois...j'ai d'ailleurs regretté aussitôt d'avoir accepté cette invitation. Mais crois-moi ou pas, je me suis dit qu'en allant diner avec lui en copain lui ferait comprendre que j'avais trouvé celui avec qui je voulais rester toute ma vie, celui que j'aime plus que tout au monde et je t'interdis de croire qu'il pourrait en être autrement..."

Le cœur de Shiryu fit un bond dans sa poitrine aux paroles d'Angelo. Sa colère fondit comme neige au soleil et laissa place à l'émotion.

"Et... et il a compris ?"

"Oui ... Je pensais que tu me faisais confiance Shiryu..."Énonça l'architecte renfrogné.

"Je...je suis désolé ...mais c'est plus fort que moi, je suis jaloux quand il s'agit de ce type." Admit le Japonais avant d'appuyer son front sur l'épaule d'Angelo.

Il était contrit de s'être emporté ainsi sur son amant qui n'avait fait que manger avec Queen .Et puis il aimait l'Italien et il devait, non... il lui faisait confiance.

"Chaton ... je te l'ai déjà dit et te le répète, Il n'y a que toi rien que toi...capito mio amore?"

"Hum...On reprend du début...Tu veux bien?"

Shiryu leva la tête pour glisser ses prunelles vertes scrutatrices dans celles bleu nuit de d'Angelo qui acquiesça de la tête.

"Alors bienvenue chez toi mon m'as énormément manqué..."Continua Shiryu en déposant un baiser au coin de ces lèvres.

"Tu me surprendras toujours !" Affirma l'Italien esquissant un sourire amusé

Shiryu lance Lui Un Regard coquin.

"Je peux te surprendre encore " Rétorqua le jeune homme

" Serait-ce une proposition, chaton ?"

"Je suis en manque de toi. "

Shiryu posa ses lèvres sur celles d'Angelo. L'Italien sentit la pression des lèvres douces et chaudes contre les siennes, la caresse de la langue du Japonais. Il gémit, et entrouvrit les lèvres en passant ses bras lentement autour de la taille de son chaton. Ledit chaton passa ses mains dans les cheveux de l'Italien, puis sur sa nuque, et glissa sa langue dans sa bouche. Les deux jumelles se trouvèrent, et se caressèrent sensuellement, dans un balai délicat et enivrant.

Shiryu s'accrocha à Angelo se sentant tomber dans un abîme de plaisir. Il tirait sur ses cheveux doucement, et frottait son corps contre le sien…

Angelo s'écarta de leur étreinte, et reprit son souffle dans le cou du Japonais.

"J'ai envie de toi... maintenant..." chuchota-t-il contre l'oreille de son jeune amant.

Shiryu le fixa de ses prunelles vertes où dansait la flamme du désir. Il allait lui répondre, quand...

"Angelooo..." Cria une voix heureuse

Ils sursautèrent, et se tournèrent d'un même geste vers Kiki. Il les regardait un grand sourire aux lèvres et les yeux pétillant de joie. Il sauta littéralement dans les bras de l'Italien qui essayait de reprendre ses esprits:

"Je suis trop content que tu sois revenu..."

"Moi aussi mon grand... Helena..." Salua Angelo

"Bonjour... Alors ton voyage d'affaire c'est bien déroulé?"

"Oui foutrement bien même."

"Tant mieux...Je vous laisse, j'ai du boulot qui m'attend à la maison."

"Attend je vais te donner quelques pâtisseries." l'interpella le Japonais

Shiryu apporta une boite en plastique avec les petits gâteaux que Milo lui avait donnés et le remit à la jeune femme qui le remercia avant de partir. Il posa un plat avec le reste sur la table. Tandis qu'Angelo apporta une bière et un pichet de jus d'oranges. Le Japonais fronça les sourcils, Il en versa un verre à Kiki et alla prendre une bière. Il revint s'assoir à côté d'Angelo qui ouvrit la bouche pour protester, mais la referma sans rien dire sachant pertinemment que son têtu de chaton n'en ferait qu'à sa tête. Son vis-à-vis lui fit un sourire taquin.

"Je sais très bien ce que tu penses...mais ce n'est pas une bière qui va me tuer ".Regardant sa montre le jeune homme demanda à son petit frère qui racontait à l'Italien sa journée, s'il avait des devoirs à faire.

"Oui ...mais je peux les faire après, toute façon j'en ai pas beaucoup."

"Kiki si tu les fais maintenant ...tu seras tranquille pour jouer encore un peu."

"Oui c'est ça et après tu vas me dire qu'il est trop tard..." marmonna le rouquin en faisant la moue.

"Mais non...aujourd'hui tu es rentré plus tôt..."

"Bon ok..."Acquiesça-t-il boudant toujours

Kiki prit son cartable et se dirigea en trainant les pieds dans sa chambre où Angelo lui avait aménagé un coin bureau.

"Alors on en était où tout à l'heure ...Ah oui tu disais que tu pouvais me..."

L'italien fut coupé par la sonnerie de son portable et soupira mécontent en voyant celui qui l'appelait:

"C'est Saga...Il veut certainement que je lui fasse un compte-rendu ... j'en ai pour deux minutes" Ajouta-t-il en se dirigeant vers son bureau.

Dix minutes plus-tard et non deux, l'architecte revint. Étant enfin tranquille et seuls nos deux amants allèrent reprendre là où ils s'étaient arrêtés, lorsque Kiki déboula de l'escalier en s'écriant:

"Shy... tu peux m'expliquer mon exercice de maths? Je comprends rien!"

"C'est pas vrai..." maugréa dans ses dents Angelo tandis que Shiryu éclata de rire ...

Appartement de Rhadamanthe...

Le blond glissa son regard en bas à droite de l'écran de son PC ouvert devant lui. Voyant l'heure, il eut un soupir excédé. Mais que faisait Kanon? Il espérait que son amant soit rentré avant l'arrivé de son frère et Shura sans oublier le mioche qui allait rester dormir ce soir. Son regard se recentra sur l'écran et son sourire revint en contemplant la photo qu'il venait de mettre. Il avait demandé au serveur du restaurant de le photographier en compagnie d'Eaque et de Minos. Ils affichaient tous les trois un sourire. Rhadamanthe remarqua aussi que le Népalais malgré son attitude joviale avait de la tristesse dans ses yeux.

L'Anglais se leva pour aller ouvrir la porte d'entrée, car la sonnette venait de retentir. Derrière cette porte ce trouvaient Shura les bras chargés de paquets ainsi que Shaka tenant par la main le petit Haruto qui serrait contre lui son doudou.

"Bonjours et bon anniversaire Shaka." Souhaita par pure politesse l'Anglais qui n'avait pas digéré son comportement envers lui quand Kanon l'avait quitté. Néanmoins il était le frère de son amour et sincèrement il le préférait nettement à Saga.

"Merci...Kanon n'est pas encore rentré?" Questionna l'Indou.

"Non, justement j'allais l'appeler."

"Vous pouvez me montrer la chambre où Haruto va dormir...je vais déposer ses peluches dans le lit " Demanda Shura un grand sac dans les bras.

"Venez, je vais vous montrer...Il en a besoin d'autant?" Ajouta l'Anglais surpris

" Oui et tout n'est pas là... Ah ...Si cela ne vous dérange pas je vais pousser le lit contre le mur."Déclara l'Espagnol en le voyant au milieu.

"Faites pour le mieux ..."

Laissant Shura se débrouiller avec le lit, il alla rejoindre Shaka en maudissant pour une énième fois Kanon. Il trouva le blond consolant le petit garçon qui se lamentait la tête enfoui dans son cou.

" Demain on revient te chercher de bonne heure. Et puis, tu connais tonton Kanon et tonton Rhadamanthe. Ils sont très gentils et ils vont jouer avec toi .Tu vas être sage...Promis?"

Le petit Haruto releva sa frimousse toute triste et fixa des ses yeux larmoyants Shaka."

"Oui sasse..."

"Tu n'as pas encore trouvé de nounou?" S'enquit l'avocat pour dire quelque chose.

" Non...et pourtant j'en aurai bien besoin."

" Tu n'en trouveras jamais. Personne ne trouve grâce à tes yeux. " Rétorqua Shura qui sortait de la chambre.

" Je ne peux pas laisser mon petit ange avec n'importe qui et ce n'est pas facile à dénicher la perle rare!"Se défendit le blond

"Bah cela dépend de ta conception de la perle rare. Le lit est fait et j'ai mis toutes tes peluches dedans. " Ajouta Shura en chatouillant le ventre du petit qui se mit à rire.

Le portable de l'Anglais vibra, il l'ouvrit pour lire le texto et fut soulagé en voyant que Kanon serait à l'appartement dans trente minutes.

"Kanon a fini ses visites, il arrive."

Shaka déposa le petit au sol. Il tira d'un petit sac des crayons de couleur ainsi que des livres, des cubes, des petites voitures entre autre. Il déposa le tout sur la petite table de salon. Tandis que Shura posait, biberons et autres aliments au goût d'Haruto sur l'îlot de cuisine. Après que le couple eut donné leurs dernières recommandations à Rhadamanthe, l'Espagnol prit le petit dans ses bras et lui fit un gros bisou sur la joue puis le reposa au sol.

Shaka s'accroupit à son niveau, il était un peu angoissé à l'idée de quitter son petit ange. Il lui fit des câlins à n'en plus finir sous les yeux exaspérés de l'un et moqueurs de l'autre.

"Shaka ...On va être en retard." l'interpella Shura

Une fois que le couple fut enfin parti, le petit planta ses yeux olive dans ceux de l'Anglais.

"Tonton adamante tu zoues avec moi?"Demanda le petit en prenant une feuille et un crayon qu'il donna à l'avocat puis il alla commencer son dessin.

"Ah...tu veux faire du coloriage?"

"Viii"

Poussant un soupir agacé l'Anglais se mit à genou en se disant que le petit aurait bien besoin d'aller voir un orthophoniste. Au bout d'un moment, il dévia son regard de son croquis pour regarder Haruto qui tirait la langue tellement il se concentrait sur ce qu'il faisait. En fait ce n'était pas si compliqué que ça de s'occuper d'un petit enfant. Enfin c'était ce qu'il pensait jusqu'à que le petit en question relève la tête et lui montre son chef d'œuvre:

"Garde cro beau ..."

Puis il se pencha pour regarder celui de Rhadamanthe et s'exclama:

"Cro mosse ..."

Et là... le grand avocat toujours maître de lui, l'adulte normalement sensé, celui qui a fait de grandes études, fronça les sourcils, vexé à ces mots. S'il avait bien décodé le mioche osait lui dire que son dessin était trop moche...

"Tu dis n'importe quoi...c'est le tient qui est moche...regarde, il est rempli de gribouillages..." L'Anglais stoppa net en voyant la lèvre inférieure trembler, les larmes dans les yeux menaçant dangereusement de tomber sur les joues rosées et rebondies.

"Messant t'es cro messant" s'écria le petit en pleurant.

"Bravo Rhada...très intelligeant "s'admonesta-t-il. Maintenant il fallait consoler le petit garçon.

Rhadamanthe souffla, puis il se mit à la hauteur de l'enfant pour s'excuser, lorsque la sonnette de la porte d'entré retentit. Mince pourvu que cela ne soit pas Kanon sinon il allait passer un sale quart d'heure. Il alla ouvrir en marmonnant dans ses dents et découvrit avec soulagement et surprise son homologue.

"Hadès? "

"Comme je passais devant ton appart' ...mais je dérange peut-être ?" Fit-il en remarquant le petit garçon qui pleurait toujours

"Non... tu tombes bien...tu veux me rendre un service ... va regarder les dessins du petit et tu lui dis que le sien est trop beau, bien plus beau que le mien..."

Hadès leva un sourcil surprit, puis moqueur il le nargua:

"Ne me dis pas que le grand Rhadamanthe ne s'en sort pas avec un gamin?"

Il se dirigea vers lui et vit deux dessins, qui se trouvaient sur la table de salon. Il saisit celui aux gribouillages, affichant un air très sérieux, il demanda:

" Qui a fait ce très beau dessin?"

Le petit releva la tête pour voir celui que l'homme montrait et il eut un petit sourire fier en voyant le sien. Oubliant même son chagrin.

" Moi...et lui?" questionna-t-il en montrant du doigt l'autre coloriage.

" Tu sais qui l'a fait?"

"Vii z'est le messant Adamante..."fit-il en montrant du doigt son méchant tonton.

Hadès se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire et continua d'un ton sérieux:

"Rhadamanthe! Ton dessin est vraiment médiocre...tu devrais mieux t'appliquer!"

Ledit Rhadamanthe fit la moue et poussant le bouchon un peu plus loin, il fit semblant d'être triste. Haruto regardait tour à tour Hadès et le blond surpris qu'un monsieur dispute son tonton. Pas rancunier, il alla entourer de ses petits bras les jambes de l'avocat en le consolant:

"Z'est pas gave Adamante...ze vais t'en faire un cro beau."

"Oh oui...C'est gentil de vouloir me faire un dessin"

Oubliant sa colère contre son messant tonton le petit alla commencer son coloriage.

Ne voulant pas quitter Haruto des yeux, le blond fit signe à son homologue de se rendre à l'ilot central. Hadès s'assit sur un tabouret et regardait son ami préparer un café qu'il posa devant lui. Prenant le sien le blond s'installa face à lui:

"Alors tu peux me dire la vraie raison de ta venue?" le questionna l'Anglais sachant très bien qu'il était là par curiosité.

"Tu ne donnes pas le biberon d'eau au petit, il a peut-être soif." Lui demanda Hadès sans répondre à celle de son ami.

Rhadamanthe eut l'air surpris, néanmoins il alla le porter à Haruto. Le petit lâcha aussitôt son crayon pour le prendre avec un merci et se mit à boire.

"Tu as raison ... mais pourquoi il ne l'a pas demandé?" fit le blond en se rasseyant.

"Tout simplement parce qu'il était trop occupé avec son coloriage pour y penser."

"Hum ..."

"Que faisaient à ta table Minos et Eaque?" s'enquerra-t-il finalement

Nous y voilà pensa Rhadamanthe, Hadès le regarda intensément, dans un silence curieux . L'Anglais se racla la gorge et se lança. Il raconta son enfance à l'orphelinat avec ses amis, ses frères de cœur Eaque et Minos, son adoption et surtout sa cruauté à les dédaigner. Il expliqua aussi sa visite chez Eaque et Minos et pour finir son invitation au restaurant où ses deux amis avaient accepté de renouer avec leur ancienne amitié. Il finit son récit un doux sourire aux lèvres en se remémorant ce moment.

Sidéré Hadès regarda le blond. Cela faisait des années qu'ils se connaissaient, ils avaient fréquentés la même université. Ses parents et les siens avaient été amis et pourtant jamais, pas une seul fois Rhadamanthe n'avait émis le fait qu'il eut été adopté, ni parlé de ses amis ...

"Pourquoi tu ne m'as jamais rien dit?"

"Quand nos parents se sont rencontrés, je vivais avec eux depuis deux ans et ils m'ont demandé de ne pas parler de l'orphelinat que maintenant j'étais leur fils. J'ai compris plus tard, en entendant un jour ton père dire que les gamins qui sortaient de ce lieu ne pouvait qu'être mauvais et des bons à rien. En fait, ils voulaient le lui cacher. Et entre nous, j'ai aimé quand mon paternel a mis son poing dans la figure du tien."

Hadès rétorqua faussement vexé:

"Comment peux-tu dire ça...Un homme aussi bon que mon père... Non sérieux, je ne comprenais pas qu'ils soient amis .Tes parents étaient des gens merveilleux et mon père comme tu le sais un être méchant et froid. Mais ce jour-là a été bien triste pour moi car on ne se voyait pour ainsi dire presque plus. Et je me suis retrouvé seul avec lui ..." Ajouta-t-il amer.

"Heureusement que l'on a été à la même université..."

"Tu sais Rhada...je...je n'ai pas eu de peine à sa mort...je me suis soulé pour la fêter...en fait... je suis comme lui... un homme froid et méchant. "

"Mais non ..."

Hadès le regarda, dubitatif avant de marmonner entre ses dents:

"Non? Demande à mes beaux fils, demande à Eaque...Ils te diront que je suis un monstre sans cœur."

"La vérité c'est que tu le fermes aux autres parce que tu as peur de souffrir... Ton amant était un lâche, il s'est laissé acheter par ton père. Il a fui en faisant fit de ton amour pour lui. Et entre nous Hadès, je ne crois pas que tu aies perdu grand chose. Il ne méritait pas ton amour, si tu l'aimais vraiment..."

"Comment oses-tu! " Rétorqua le Grec

" Oui j'ose et baisse d'un ton tu vas faire peur au petit..."

Sa colère s'estompa aussi vite qu'elle était venue. Après tout Rhadamanthe avait raison. Son amant était parti sans même avoir le courage de lui parler en face. En fait avec le recul, il se demandait s'il l'avait vraiment aimé autant qu'il l'affirmait. Pas autant qu'il aimait...

"Il doit me détester après ce que je lui ai dit..."

"Qui?"

"Eaque... ahahah", Hadès eut un rire amer. "Tu vois que je suis mauvais ...Il me dit qu'il m'aime et moi je fais celui qui s'en moque en l'humiliant. Je l'ai perdu comme j'ai perdu mes beaux fils...Et je ne peux le leur reprocher... Cela peut paraitre étrange, mais ils me manquent et Eaque ...Eaque ...aussi"

L'Anglais regarda son ami, étonné par ses paroles et surtout par la peine qu'il décelait dans ses dires.

"Tu sais, je trouve ça beau de suivre ses sentiments, d'y croire encore. Ouvre ton cœur et tu verras, tu ne t'en sentiras que mieux..."

"Je ne peux me changer et de toute façon, Il est trop tard..."

"Rien n'est jamais acquis ... Eaque t'en veut énormément, mais il t'aime aussi énormément et cela depuis un bon moment...Alors Hadès fout ta foutue fierté de côté et arrête de te voiler la face ..."

Ces paroles firent naître de l'espoir dans les yeux d'Hadès. Rhadamanthe lui versa un second café et il le but pensivement.

Soudain ils attendirent le bruit de verre se briser sur le sol. L'Anglais se leva d'un bond, merde il avait oublié le petit. Il sonda la pièce et vit débouler du bureau Haruto tenant le chat par la queue qui gesticulait dans tous les sens en miaulant:

"Z'ai attrapé le sat"

"Ce n'est pas vrai..." S'exclama le blond. "Pose Zeus par terre !"

"Vii" Il ouvrit la main lâchant le chat qui partit dans un dérapage se cacher sous le rideau, poursuivi par un petit garçon content pensant que le chat jouait à cache cache.

"Ze te vois ..."

Hadès ne put s'empêcher d'esquisser un sourire amusé.

" Bon je te laisse ...Bonsoir Haruto!"

Le petit garçon courut vers lui. Il tira sur sa veste pour qu'il s'abaisse. Hadès se raidit, mais devant l'insistance du petit, il se pencha pour recevoir un bisou sur la joue. Aussitôt le petit retourna à sa surveillance. Déconcerté l'avocat le suivit du regard en fronçant les sourcils, puis se reprenant, il dit avant de partir

"Bon courage avec ce garnement et... merci..."

Appartement de Camus.

Camus avait décidé de préparer une Moussaka un des plats préféré de Milo. Au début, Il était parti sur une poêlée de fois gras aux cèpes .Mais après réflexion, il avait changé d'avis. Après tout ce n'était pas un dîner en amoureux, loin de là. Soupirant un grand coup il s'admonesta, Il faisait vraiment n'importe quoi. Le Français sentait son anxiété s'accroître au fur et à mesure que le temps passait. Il termina le montage avec une autre épaisseur d'aubergines, puis nappa généreusement le tout de sauce Mornay. Il parsema ensuite le reste de fromage râpé. Il ouvrit la porte du four et enfourna le plat.

Présentement, il ne restait plus qu'à attendre l'arrivée de son ex. Il jeta un regard fier sur son appartement. La salle à manger était grande et lumineuse avec une baie vitrée qui donnait sur un petit balcon. Dans le salon trônait un canapé rouge, une bibliothèque et deux fauteuils du style Louis XVI qu'il venait d'acquérir. La cuisine moderne était séparée du séjour. Il y avait aussi une grande chambre et une salle de bain.

Il était maintenant dix-neuf heures trente et le Grec allait bientôt arriver. Camus avait dressé une table pour deux dans la salle à manger. Indécis, il la regarda pour une énième fois se demandant s'il avait bien fait de l'avoir préparée... et si Milo ne voulait pas diner avec lui?

Le Français fut coupé dans ses réflexions par la sonnette de la porte d'entrée. Il inspecta une dernière fois les lieux et pris une grande inspiration. Sans presser le pas, il se dirigea lentement vers la porte, une pointe d'appréhension coincée dans son ventre.

Le sourire familier qu'il découvrit derrière la porte fit rater un battement à son cœur.

"Bonjour...entre" Fit-il en s'écartant pour laisser pénétrer le Grec dans la pièce.

Milo avança et regarda autour de lui puis ses yeux cherchèrent ceux marine du Français et lui dit:

"Tu as un bel appartement, il a un petit côté parisien."

Camus était incapable de prononcer quoique ce soit, complètement noyé dans les magnifiques orbes de son vis-à-vis. Il brisa le contact visuel au bout d'une éternité et réussit miraculeusement à prononcer un "Merci...". Et bien, ça promettait.

"Va t'installer dans le salon ... je vais chercher à boire...Ouzo?"

" Oui."

Pendant que Camus était dans la cuisine Milo regarda les livres dans la bibliothèque.

"Ton roman a été édité?" L'interpella-t-il en voyant Camus revenir et déposer les verres sur la table de salon.

"Hum... Mon éditeur m'a demandé d'écrire une suite à mon histoire."

"De quoi ça parle exactement ?"

"Une histoire sur des chevaliers dans le onzième siècle..."

Ils discutaient depuis un petit moment assis l'un en face de l'autre. Le stress qu'ils avaient tous deux ressenti encore quelques minutes plutôt, avait disparu. Milo accoudé contre le dossier moelleux du canapé buvait les paroles de Camus, intarissable sur l'épopée de ses personnages .Il y avait bien longtemps qu'ils n'avaient pas discuté ainsi... Déjà bien avant que le Français ne parte... Le Grec ne pouvait s'empêcher de l'admirer discrètement, il était beau, tellement beau.. Il sentit sa gorge se serrer.

"Que s'est-il passé Camus ? Murmura- t'il lorsqu'il trouva enfin la force en lui pour poser la question.

Camus le fixa un moment d'un sourire amer et triste à la fois.

" Dînons avant si tu veux bien...j'ai préparé une Moussaka."

"Je ne suis pas venu pour diner Camus, mais pour des réponses à mes questions... "

Milo se força au calme. Ça ne servirait à rien. Strictement à rien de s'énerver. En plus, Camus avait voulu lui faire plaisir en faisant ce plat et il ne voulait pas le blesser. C'était vraiment la dernière chose qu'il désirait.

" Bon d'accord" Capitula-t-il en voyant les yeux marine s'encrer au sien en une supplique.

Ils mangèrent silencieusement chacun perdu dans ses pensées. Puis Milo posa ses couverts et demanda en fixant son ex :

"Alors...Pourquoi on en est arrivé là?"

"Nous? Oui peut-être as-tu raison... Mais avant tout, il faut que tu saches que Julian n'a rien à voir avec le fait que je sois parti."

Les doigts bronzés de Milo se resserrèrent autour de son verre. Ses mâchoires se crispèrent en répliquant:

"Ah non... tu vas me dire que tu n'es pas parti avec lui parce qu'il te faisait miroiter ce que tu n'avais pas avec moi?"

" Non...cela faisait un moment que j'envisageais de te quitter... Je pensais que notre amour s'essoufflait... Alors j'ai voulu me retrouver seul et réfléchir sérieusement à ma situation"

En face de lui, Milo sursauta et fixa ses deux billes bleu clair sur lui, interrogateur et surpris par ces paroles.

" Tu sais très bien que notre couple n'allait plus trop bien depuis un moment... Julian a été dans un certain sens le déclencheur" Ajouta Camus devant la stupéfaction de son ex amant

"Dans ce cas pourquoi n'es-tu pas resté avec lui?" Le tança le Grec

"Parce que je me suis aperçu que je ne l'aimais pas, que je m'étais fourvoyé et que dans le fond de moi-même je savais bien que je n'avais jamais cessé de t'aimer...que je t'aime toujours.

"Mais que te manquait-il tant pour que tu me quittes... Puisque tu prétends m'avoir toujours aimé?"

" La routine...On était devenu comme un vieux couple. Depuis quand n'avait-on pas parlé comme aujourd'hui? M'avais-tu une seule fois demandé de quoi parlait mon roman... Quand m'avais-tu invité au resto' ou autre? Et quand je t'invitais tu me répondais que c'était idiot étant cuisinier de dépenser de l'argent pour ça. Entends bien Milo... je sais que tu m'aimais et je n'ai rien à te reprocher...Seulement on était des amis d'enfance et on était toujours ensemble. Cela est arrivé tout simplement, un soir où on discutait de notre cour de cuisine, de Julian qui me courait après ...Tu te moquais de lui, tu disais qu'il était trop frigide pour savoir bien embrassé ...Tu te souviens de ce jour là?

"Oui comme si c'était hier...La nuit où on a fait l'amour pour la première fois..."

" C'était notre première fois pour nous deux. Depuis cette nuit on ne s'est plus quitté. On a vécu conjointement chez mes parents. Dans le premier temps, j'étais euphorique. Puis tu as voulu revenir en Grèce, je t'ai suivi, normal tu me diras on était en couple... Tu as voulu reprendre le restaurant de tes parents, restaurant qui tombait en ruine, mais toi naïvement tu croyais que tu allais pouvoir le rouvrir...Puis tu avais tes amis, moi je n'avais que mon envie d'écrire ... "

"mais ..." insista Milo

" Mais...Tu me mettais toujours dans ton projet resto', tu disais que j'étais le meilleur cuisinier que tu connaisses et qu'on allait faire une équipe du tonnerre. Alors j'ai mis de côté mon rêve ...celui d'être un jour édité"

" Rêve que Julian a concrétisé..."

"Oui..."

Milo se leva et se rendit à la fenêtre regardant pensivement les passants sans vraiment les voir histoire de se reprendre.

"Alors si je comprends bien ce que tu viens de me dire...Tu avais envisagé de me quitter avant ta rencontre avec Julian? " Lâcha-t-il le dos tourné au Français.

"..."

Se retournant Milo l'interpella secouant sa tête en colère:

"Mais bon sang Camus pourquoi tu ne m'en as pas parlé? Si tu pensais que notre couple battait de l'aile, il fallait me le dire... car vois-tu pour moi, tout allait pour le meilleur des mondes...En fait non...admit-il soudain. Pour être honnête, je m'étais rendu compte qu'il y avait un truc qui clochait, tu étais toujours sur la défensive...Mais jamais, tu entends bien! Jamais je n'ai douté de notre amour!

"Je sais..."

"Je peux comprendre tes incertitudes, je peux comprendre que tu aies voulu te retrouver seul pour réfléchir. Je me rends compte que je t'ai délaissé, je dirai même que j'ai été égoïste...Mais je ne conçois pas que tu m'aies trompé..."

" J'ai mal agi et je le regrette, tu ne peux pas savoir à quel point... Je voudrai retourner en arrière et tout effacer mais je ne le peux pas...on pourrait en discuter pendant des heures rien ne pourra l'annihilé... Je te demande seulement d'essayer de me pardonner. Je sais que tu n'es pas encore prêt à le faire ...Seulement sache que je n'ai jamais cessé de t'aimer...tu me manques tellement...Mais il est trop tard n'est-ce pas? Tu ne me pardonneras jamais..." termina le Français d'une voix brisée par l'émotion et la peur de l'avoir perdu à jamais.

Milo voulut instantanément aller le rassurer, pour lui dire que ce n'était pas grave, qu'il pouvait oublier et l'aimer comme il n'avait eu de cesse de le faire depuis toujours. Il croisa le regard marine brouillé de larmes .Il savait que ce n'était pas une bonne idée, mais il ne put résister. Il prit son visage entre ses mains, amena sa tête vers lui et l'embrassa. Sous la surprise Camus se raidit, mais lui rendit aussitôt son baiser. Plus rien n'exista autour d'eux.

Le Grec s'écarta de lui, en le regardant un moment dans les yeux. Puis Il alla chercher sa veste sur le canapé et se dirigea vers la porte.

"Alors ça se termine de cette façon? C'était un baiser d'adieu..."l'interpella Camus ne voulant pas qu'il parte ainsi.

La main sur la poignée Milo se retourna sur Camus qui n'avait pas bougé d'un iota mais qui soutenait son regard sans broncher. Il eut un petit sourire las en lui disant:

"Que veux-tu que je te dise ...Allez, c'est bon, c'est oublié...ou je préfère ne plus en parler... "

"Le pardon n'efface pas le passé mais il élargit notre futur. " Cita le Français.

"J'essaie de porter un regard plus réaliste sur les raisons de ton geste. Je ne vais pas te dire que l'on va se remettre ensemble tout de suite. Cependant tu me manques toi aussi..."

Après un dernier regard sur Camus, Milo sortit en prenant soin de fermer la porte, laissant au milieu de la pièce un Français perdu... Il était parti sans rien ajouter d'autre, Il sursauta lorsque la sonnette retentit. Pour la deuxième fois ce soir il alla ouvrir et découvrit...

"Milo?"

Les yeux bleu ciel plongèrent dans les superbes marines

"J'ai oublié de te dire bonsoir..."

Il s'avança et l'embrassa passionnément. Puis le relâcha

"Bonne nuit Camus..."

Cette fois-ci Milo partit pour de bon. Le Français resta à fixer la porte. Soudain son portable sonna il alla le chercher et regarda son texto, un sourire illumina son visage en le lisant.

"Si tu es d'accord, je t'invite au restaurant demain soir... Je passe te chercher à dix-neuve heures trente. Cela te convient?""

" Oui... "Répondit le Français dont le cœur cognait comme un fou dans sa poitrine.

Vendredi tard dans la nuit.

Les seuls bruits perceptibles étaient les gémissements devenant petit à petit des cris de volupté d'un des deux personnages, les grognements sourds de l'autre. L'un d'eux avait les cheveux long ébène, son corps fin et subtilement ciselé révélait chez lui une grande agilité. Ses paupières closes sur deux yeux verts dissimulaient tout le plaisir qu'il ressentait à ce moment. Il leva la main pour la passer dans les cheveux indisciplinés de son amant.

Au-dessus de lui, un homme, plus fort, plus puissant avec un corps bien bâti. Les mains accrochées aux hanches de Shiryu, ses yeux bleus foncés fixaient son chaton avec amour. Tout deux sentaient que bientôt, ils ne pourraient plus se retenir, ils savaient que la jouissance allait les emporter vers les portes du septième ciel et ce fut dans un cri qu'ils se répandirent, l'un sur son torse, le second dans l'antre chaud de son vis-à-vis. Ils s'écroulèrent sur le matelas moelleux, reprenant peu à peu leur souffle. Le jeune Japonais ne tarda pas à rejoindre les bras de Morphée. L'Italien les recouvrit alors des couvertures et ramena l'autre corps contre son torse avant de s'endormir à son tour.

La nuit était tombée depuis un moment déjà, et le jeune homme aux cheveux de jais dormait paisiblement dans les bras de son amant. Quand soudain... il fut réveillé par un bruit, alerté il écouta un instant et s'aperçut que c'était des gémissements. Il sortit de son lit, passant précipitamment son boxer et se dirigea rapidement vers la chambre de son petit frère. Il ouvrit la porte pour voir Kiki s'asseyant sur son lit en séchant ses larmes. Shiryu vint s'asseoir à ses côtés, le voyant trembler, il le prit et le serra fort contre lui en murmurant des mots tendres. Ses larmes commencèrent à s'atténuer le long de son visage alors qu'il s'échappait de son cauchemar.

"Qu'est-ce qu'il y a mon grand ? Tu as fait un mauvais rêve?"

"Oui..." Chuchota Kiki

"Tu veux que je reste avec toi ?"

"Je veux bien..."

"Allez, viens là !"

Shiryu s'allongea tenant toujours son petit frère contre lui. Il passa sa main dans la chevelure rousse en lui parlant doucement:

"Tu désires m'en parler?"

" Il voulait nous tuer Shy ...il t'avait attrapé par les cheveux et toi tu me criais de me sauver...je...je pouvais...pas...bouger...et...pas crier non...plus..." s'écria le garçon en laissant de nouveaux s'échapper ses larmes.

"Chut...c'est fini...tu vois...je vais bien et toi aussi ...tu sais plein de gens font des cauchemars, par moment en on fait parce qu'on a vu un film, à cause de certains aliments ou c'est peut être dû aussi aux événements traumatisants par lesquels on vient de passer...Tu n'as pas à t'inquiéter c'est bel et bien fini, ce type ne pourra plus jamais faire de mal à personne mon cœur...jamais."

Rassuré par les mots doux de son frère Kiki s'endormit contre lui tout recroquevillé.


Remarquant que son chaton n'était plus à ses côté, Angelo quitta sa chambre et alla voir en premier dans celle de Kiki. Il le trouva endormi, son frère recroquevillé contre lui. Prenant soin de ne pas réveiller le garçon, il se pencha sur Shiryu et glissa avec beaucoup de précaution son bras sous ses genoux et l'autre sous ses épaules. Il le souleva facilement et rejoignit leur chambre où il le déposa avec délicatesse. Angelo retourna couvrir le petit garçon et eut un sourire en voyant que deux chatons étaient en boules à la place de Shiryu. En le voyant Tigrou émit un petit miaulement, puis reposa sa tête contre son jeune maitre. L'Italien sortit aussi doucement qu'il était entré.

Au matin le jeune homme se réveilla en premier et contempla son amour. Il décida de le réveiller avec tendresse et des câlins. Angelo ne tarda pas à réagir aux avances de son chaton. Shiryu heureux se sentait comblé par cet homme. Ne se doutant pas une seconde que son bonheur pouvait basculer rapidement.

À suivre

Merci à ceux ou celles qui prennent le temps de lire ma fic.

Bisous