Disclamer: Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
UA-Yaoi.
Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazil pour son soutien et son aide.
Malaca17 merci pour ce gentil review et bonne Année 2015 à toi aussi:).
Marine Et oui Angelo fait une belle bêtise... merci pour ton commentaire.
Leia26 merci c'est gentil. J'espère que la suite continuera à te plaire.
Ignis.J'espère que tu vas être moins stressée avec ce chapitre...Quoi que? ^^. Merci pour ton commentaire.
Bonne lecture.
Chapitre 23
Jeudi 2 Octobre, Los Angeles...
Aioros confortablement installé dans son canapé en cuir marron glacé, attendait Minos qui finissait de se préparer. Il relisait pour la énième fois le dossier que Dohko lui avait remis après son enquête. Il devait beaucoup au détective ainsi qu'à Shion. Lequel avait justement dans ses connaissances, les deux actionnaires majoritaires ayant des parts dans la société convoitée par Aioros. En fait, le Tibétain aidé de son amant, avait appris qu'ils avaient prévu de les revendre aux frères Alysson. Néanmoins, ils avaient changé d'avis et accepté de les vendre au Grec lorsque Shion leur avait exposé la situation. Il faut dire que le PDG de la chaine hôtelière Pope était quelqu'un de respecté et craint dans le monde des affaires. Désormais il détenait, non, Minos détenait cinquante-cinq pour cent des actions de l'entreprise et pour ainsi dire, il était le patron. Un sourire vint se former sur ses lèvres au souvenir de la réaction de son amant deux jours avant, lorsqu'il lui avait raconté comment lui et ses amis avaient réussis à engoncer les jumeaux et les avaient mis dans l'impossibilité de riposter et d'agir.
En fait Aioros devait bien avouer qu'ils avaient eu de la chance que cela se passe aussi vite. Vraiment énormément de chance et aussi énormément de travail. Mais depuis que Minos lui avait raconté ce que ces types lui avaient fait subir, il n'avait eu de cesse que de les faire payer pour que justice soit enfin rendue envers son amant.
Aujourd'hui c'était le grand jour, le jour de la prise de pouvoir du Norvégien. Le jour de sa demi -vengeance...
"Aioros... Comment me trouves-tu?"
Tout en parlant, Minos s'examinait dans le miroir du vestibule. Il rajusta autour de sa taille la ceinture en cuir noir de son pantalon de costume Armani anthracite. Une chemise blanche et une cravate en soie gris clair finissaient l'habillement.
Le Norvégien se tourna vers son vis-à-vis lorsqu'il fut à ses côté. Aioros leva la main pour remettre en place du bout des doigts une mèche des cheveux du Norvégien.
"Classieux et très beau" souffla-t-il en déposant un léger baiser sur ses lèvres.
"Tu as contacté...Comment elle s'appelle déjà... Kido ?"
"Oui. Rassure-toi, tu ne verras pas plus qu'il ne faut ces êtres méprisables...J'ai donné rendez-vous demain à Saori Kido, elle va venir avec son parrain et ami Tatsumi pour la seconder."
"Ils ont vraiment acculé au suicide son demi-frère Jabu?".
"D'après Dohko, oui... Il avait fait un stage dans l'entreprise Alysson et s'était plaint de Harcèlement à des amis. Peu de temps après il avait mis fin à ses jours... Je n'en sais pas plus."
"Hum... Bien...Je suis prêt pour l'affrontement ...
Une heure trente plus tard dans le bureau des ex-PDG, le téléphone sonna et Thanatos y répondit en faisant un petit signe à son frère au bout d'une minute.
"Ils arrivent...une relation avec le PDG du groupe Pope, tu crois?"
Hypnos haussa les épaules. Puis il fronça les sourcils, intéressé par un détail du rapport posé sur le bureau.
"En tout cas, ce type n'est pas connu dans le monde des affaires...sauf si tu as envie de te payer une pute...Pourtant ce nom me dit quelque chose... mais je n'arrive pas à me rappeler."
" Il n'y a pas de photo dans le dossier?"
"Non...Il est Norvégien et vit en Grèce depuis son enfance... c'est aussi l'amant de Pholos Aioros, un collaborateur et ami d'Ariès. Notre détective n'a pas eu le temps d'en savoir plus."
"N'empêche qu'il est majoritaire et de ce fait, il va prendre les rênes. Je ne supporterai pas qu'un prostitué me donne des ordres." lança rageusement Thanatos.
"Rassure-toi moi non plus ... Mais pour l'instant, jouons le jeu et qui sait, on pourra peut-être s'amuser un peu avec lui." fit Hypnos un sourire pervers aux lèvres.
Au même moment, le Norvégien tapotait des doigts nerveusement sur le comptoir de l'accueil où il attendait patiemment que la standardiste eut fini de les annoncer. Au bout d'un instant, la jeune femme leur indiqua l'ascenseur et le numéro de l'étage, le dernier, où se trouvait le bureau des patrons. Le Norvégien semblait calme, serein, mais c'était une façade, étant donné tous les sentiments contradictoires qui le ravageaient.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et presque aussitôt, ils furent abordés par la secrétaire personnelle des jumeaux qui arborait un sourire :
"Veuillez me suivre messieurs, je vais vous emmener au bureau de messieurs Alysson."
Quelques coups brefs et Minos fit son entrée suivi d'Aioros. Hypnos se leva quittant son bureau et alla serrer la main d'Aioros, puis il se tourna vers le Norvégien en le fixant de ses prunelles or avec suffisance. Néanmoins, il le salua courtoisement, un sourire enjôleur aux lèvres. Tandis que Thanatos appuyé sur le rebord de la fenêtre ne bougea pas d'un iota se contentant de leur lancer un regard de défi.
"Veuillez- vous asseoir messieurs..." fit Hypnos en leur désignant deux fauteuils en cuir blanc face au bureau. Il alla s'installer dans le sien et prit le téléphone pour demander à sa secrétaire d'apporter quelques collations.
"Venons-en au fait...vous avez acquis des actions de notre entreprise et nous voulons vous les racheter...votre prix sera le nôtre." Tonna la voix impatiente de Thanatos.
Hypnos se tourna vers son frère en fronçant les sourcils de colère, Il lui avait pourtant demandé d'être diplomate...Mais non comme d'habitude, il entrait dans le vif du sujet sans y mettre de gants. Il poussa un soupir en regardant de nouveaux les deux hommes et leur fit un petit sourire contri.
"Veuillez pardonner l'impatience de mon frère. Il aime aller directement au but et il en oublie la politesse. Ceci dit, pourquoi, avez-vous acheté des actions de notre entreprise? Il me semble monsieur Pholos que votre domaine n'a rien à voir avec notre entreprise...Est-ce que je me trompe?"
Aioros jeta un regard de côté au Norvégien qui n'avait pas desserré les dents depuis leur arrivée. Voyant qu'il ne semblait pas en mesure de dire quoi que ce soit. Il répliqua:
"Non mon cher...vous ne vous trompez pas. Cependant dois-je vous rappeler que les parts de votre société ne sont pas à moi, mais à monsieur Griffon Minos... ici présent .Et de ce fait, c'est à lui que vous devez vous adresser..."
"Oui désolé...Monsieur Griffon Minos, dois-je répéter ma question?" fit le doré, un sourire mielleux aux lèvres.
Le Norvégien sentit la colère monter et un puissant jet de haine l'envahir. Mais il réussit à rependre le contrôle de lui-même. Et c'est le visage impassible qu'il rétorqua, lui lançant néanmoins un regard hostile:
"Ce n'est pas nécessaire...mais avant de vous répondre, j'aimerais que votre cadre supérieur soit là comme je l'avais exigé. Or, je ne le vois nul part... serait-il en train de vous chercher un amant pour ce soir? Ou devrais-je dire une victime..."
Le Grec tourna la tête vers lui, un sourire de soulagement sur le visage. Son amant avait retrouvé toute sa verve.
"Que voulez-vous insinuer?" gronda Thanatos
"Je n'insinue rien, je relate une vérité..."
Tout en lâchant son stylo plume qu'il triturait nerveusement sur son bureau Hypnos décrocha le téléphone et ordonna à sa secrétaire d'un ton sec de faire venir Algol. Puis il toisa Minos en contre attaquant:
"Maintenant on arrête de jouer! Combien voulez-vous pour le rachat de vos parts? Allez...dites un prix."
" Non... ça ne marche pas comme ça... Pour la première fois, votre argent adoré, celui qui vous a fait si puissant, grâce auquel vous avez pu imposer votre loi, celui par lequel vous avez pu assouvir toutes vos perversités sans jamais en être condamné, ne vous sera d'aucune utilité. Non...pas cette fois-ci...La vengeance n'a pas de prix."
Thanatos quitta le rebord de la fenêtre pour contourner le bureau et s'assit sur le coin, se trouvant presque face au Norvégien. Il se pencha un peu en avant et le scruta intensément, puis demanda sèchement, passant au tutoiement.
"Arrête avec tes sous-entendu et viens en au fait...Tu nous reproches quoi au juste?"
Minos lui lança un regard noir, mais ne daigna pas répondre. Il voulait que son ex soit là. Il voulait voir son regard lorsqu'il le reconnaitrait.
Hypnose réfléchissait aux paroles vengeresses du Norvégien et se demandait où il l'avait vu...Peut être dans une de ces soirées que lui et son frère affectionnaient ? La porte s'ouvrit le sortant de ses pensés et presque aussitôt un homme, assez sûr de lui, grand et blond entra. Le Norvégien ne se retourna pas, il attendait son moment.
"Bien...nous allons pouvoir continuer notre...discussion..."S'impatienta dans un sourire crispé, le doré.
Algol avança et salua Aioros qui s'était levé doucement, faisant fit de la main tendu du blond. Celui-ci surpris laissa tomber la main ignorée.
"Enchanté de vous rencontrer monsieur? "
" Mon nom vous importe peu puis-ce que ce n'est pas moi votre nouveau PDG..."Répliqua froidement le Grec en pressant de ses doigts doucement l'épaule de son amant pour le soutenir.
Rassuré par ce geste, Minos quitta son fauteuil et se retourna lentement prêt à l'affrontement. Il toisa l'homme qui l'avait tellement fait souffrir:
"Bonjour Algol... tu te souviens de moi...ton ex amant."
À ces mots les jumeaux froncèrent leurs sourcils, l'ex d'Algol? Thanatos émit une sorte de grognement étouffé. Merde maintenant il se souvenait, comment ne l'avait-il pas reconnu avant? Pourtant il n'avait pas tant changé que ça... En fait si...l'homme qui était à côté de lui était beaucoup plus classieux et sûr de lui. Il jeta un regard en coin à son frère et vit à son expression que lui aussi se rappelait ...
Algol déglutissait péniblement, il avait beaucoup de mal à soutenir le regard de Minos. Les mots peinèrent à franchir de ses lèvres, tant sa simple présence le tétanisait:
"Tu...tu es...es..."
"Eh bien Algol? Aurais-tu perdu ta langue ? Pourtant elle était bien pendue, lorsque tu m'as traité de pute. Tu n'as toujours rien à dire? Bon alors je continue... Non seulement tu m'as drogué mais tu m'as abandonné aux mains de ces types et tu les as même aidés ...Maintenant c'est à mon tour de m'amuser!"Cracha d'une voix meurtrière le Norvégien.
Ayant du mal à reprendre ses esprits. Hypnos se laissa tomber dans son fauteuil. Minos braqua son regard mortel sur les jumeaux.
" Et vous? Vous vous souvenez du jeune homme que vous avez violé? Vous vous souvenez de ce jour au tribunal où vous avez eu la perversion de m'insulter de prostitué en sachant ce que vous m'aviez fait...Et bien voilà...ne vous en déplaise, je m'en suis sorti. J'ai rencontré un homme merveilleux, un homme à qui je dois beaucoup, un homme qui m'a donné les moyens d'assouvir ma vengeance... Pour commencer, sachez qu'il y a environ deux heures, je suis passé à l'hôtel Sofitel où j'ai réussi à voir le directeur d'Union Pacific Company. J'ai annulé le rendez-vous de demain et de ce fait le contrat que vous deviez passer avec eux."
Un silence mortel s'installa dans la pièce, les jumeaux se sentaient pris au piège, tandis qu'Algol restait figé ne pouvant détacher ses yeux hébétés de Minos qui arborait un sourire sardonique, visiblement enchanté du malaise qu'il avait provoqué...
"Il n'est peut-être pas trop tard...je vais l'appeler " monologua Hypnos tout en se précipitant hors du bureau en appelant sa secrétaire.
"Tu es content de toi, connard... tu sais combien tu viens de faire perdre à l'entreprise?" siffla furieusement Thanatos.
Minos s'amusait comme un fou, que cette vengeance était salvatrice. Il fit un clin d'œil à son amant qui lui répondit par un sourire amusé. Ils virent revenir Hypnos blanc comme un mort, les cheveux ébouriffés à force d'y avoir passé la main.
"Trop tard ... il vient de prendre l'avion pour New York...Tu te rends compte que tu as perdu autant d'argent que nous? Il faut être complètement débile pour agir de cette façon..." lança-t-il avec un regard noir au Norvégien.
"Hum...débile? Non...Rancunier Oui...Ma première exigence en tant que patron est que vous congédiez Algol."
Sidéré le blond ouvrit la bouche puis la referma pour l'ouvrir de nouveau en s'écriant:
"Tu crois que je vais te laisser me mettre dehors de cette façon?"
Faisant fi de son ex-amant le Norvégien regarda ses interlocuteurs avec un sourire fourbe et d'un ton dédaigneux, il déclara:
"Veuillez m'excuser, mais j'ai un autre rendez-vous. Je vous laisse régler le renvoi de ce type..."
"Hey...Tu vas où comme ça?" tonna la voix criarde de Thanatos
Sans prendre la peine de répondre tout de suite, Minos suivit Aioros qui se dirigeait vers la porte. La main sur la poignée le Norvégien se retourna soutenant trois paires d'yeux haineux.
"Un rendez-vous...Demain j'aimerais trouver à mon arrivée tous vos contrats avec les noms des anciens et des potentiels acheteurs ainsi que ceux en cours...entre autres. Sûr ce messieurs, je vous salue..." fit Minos dans un ton quelque peu glacial
Ils plantèrent là les trois hommes, qui la porte à peine fermée commencèrent à s'agiter. Hypnos au téléphone tandis que les deux autres s'envoyaient des insultes à la figure.
Les portes de l'ascenseur se refermaient lorsqu'ils entendirent "La ferme!" hurlé par Hypnos. Deux mots qui firent illuminer d'exaltation le regard du Norvégien. Dieu que cela faisait du bien...
Vendredi 3 Octobre: Athènes chez Queen...
L'Allemand émergea difficilement jusqu'à ce que ses yeux se posent avec un froncement de sourcils sur la place vide qui était à ses côtés. Pharaon s'était encore levé avant lui. Un rictus naquit sur ses lèvres quand il se remémora leur soirée. C'était juste une aventure sans lendemain...mais il devait bien avouer que l'Égyptien était un sacré bon coup. Alors autant en profiter ou... était-ce Pharaon qui profitait de lui? Qu'importe! Ils prenaient du plaisir tout les deux sans rien demander en échange jusqu'à la séparation d'Angelo et Shiryu. À cette pensée, il se leva un sourire pendu aux lèvres et se rendit sous la douche.
Un petit moment plus tard Queen fit son apparition dans la cuisine. Il y vit Pharaon boire un café en fixant de ses yeux noirs une enveloppe bleue posée devant lui.
"C'est pour moi? Les photos?"
"Oui..."
"Tu as envoyé les doubles au Japonais?"
"Hum...je les ai mis à la poste hier soir avant de venir. Il va les recevoir le jour de son anniversaire. Quel beau cadeau nous lui offrons ...Tu ne trouves pas?" Ajouta Pharaon un sourire torve ornant ses lèvres.
"Tu ne pouvais pas attendre un jour de plus? J'ai comme l'impression que tu veux le faire souffrir. Pourtant tu m'as bien dit que tu étais amoureux de lui?" Demanda le policier sentant poindre un doute.
"Bien sûr que je l'aime! Sache que malgré mes propos cela ne me plaît pas de savoir qu'il va souffrir lorsqu'il verra ces photos. Néanmoins, plus vite ils se quitteront mieux cela sera pour eux comme pour nous. En plus si j'ai choisi ce jour c'est justement pour le protéger en cas où leur dispute dégénèrerait .Il y aura du monde pour le protéger... Surtout, que ton Italien peut être violent. " Rétorqua l'Égyptien. Et comme je serai au premier rang autant profiter un tantinet de la situation, non ? Pensa-t-il sournoisement.
" Je ne crois pas qu'il puisse l'être envers lui. Et supposant qu'Angelo ouvre le courrier avant ?"Ajouta le policier.
"Je sais, j'y ai pensé aussi... Je vais mettre discrètement les mêmes photos dans la boîte aux lettres du magasin de Shaka avec bien en évidence le nom de Shiryu sur l'enveloppe. Comme celui-ci ne travaille pas aujourd'hui notre cher patron lui remettra en main propre demain."
Pensif, Queen s'était assis face à l'Égyptien, il remua sa cuillère dans sa tasse de café et but une gorgée du breuvage noir. Se décidant à poser la question qui le turlupinait :
"Dis...Il y a un truc qui me chiffonne... Cela fait plusieurs fois que l'on couche ensemble et je t'ai jamais vu entièrement nu...On le fait toujours dans le noir et au petit matin tu es constamment levé avant moi...Quelque chose que je ne dois pas voir?"
Pharaon le fixa quelques secondes, avant de rétorquer froidement :
"C'est quoi ça? Tu me la joues au flic ... Si tu veux le savoir, je suis pudique."
"Toi pudique? Tu te fous de moi?"
"Non... c'est perso'...Je te raconterai peut être un jour. Bon si tu le permets, je dois partir. N'oublie pas d'appeler ton amour d'Italien demain matin..."
Sur ces mots il se leva, prit sa veste et se dirigea vers la porte. Le flic s'apprêtait à l'interpeller quand il se ravisa. Cela ne servait à rien... Il en apprendrait plus en le suivant. Ce qu'il fit.
Une heure plus tard Queen rentrait chez lui mécontent et dans un même temps rassuré, sa filature n'avait abouti à rien. Pharaon s'était rendu directement au magasin sans en bouger. Cependant l'Allemand continuait à avoir un doute. Son regard tomba sur la tasse. Une idée germa dans son esprit, Il se dirigea vers un placard d'où il prit un gant en latex qu'il mit à sa main droite et prit un plastique pour y mettre dedans la tasse. Il devait se rendre au commissariat et en profiterait pour faire analyser discrètement les empreintes.
Vravrona chez Angelo...
Shiryu s'était installé sur la terrasse profitant du beau temps qu'il faisait encore. Il attendait Angelo qui avait conduit Kiki à son école. Il sourit en regardant les chatons jouer entre eux. Le jeune homme poussa un soupir de satisfaction et se laissa aller à ses réflexions. Il savait depuis peu que Dohko était son frère grâce au test ADN. Cette nouvelle l'avait rempli de joie. Puis ses pensés dérivèrent sur Angelo, il l'aimait tellement. Il voulait que leur amour dure à jamais. Son sourire s'élargit en entendant la voiture se garer.
Angelo traversa le séjour puis ouvrit la grande baie vitrée pour s'installer près de son jeune amant.
"Tu m'as l'air bien joyeux?" Dit l'Italien entre deux bouffées de cigarette.
"Je suis heureux de revoir Dohko ... Hey! Tu m'avais promis d'arrêter de fumer..." Ajouta le Japonais en tapant sur la main tenant la clope.
"Non je t'ai dit que j'allais diminuer."
Néanmoins il l'écrasa dans le pot de terre à côté de lui, faisant fi de la plante ainsi que la moue mécontente de son chaton à ce geste.
" On va préparer la salle que Milo nous prête pour ton anniv'?, fit-il avant de l'enlacer et de prendre ses lèvres en un baiser savoureux. C'était juste pour être sûr que tu saches que je t'aime." Souffla l'Italien à l'oreille de son jeune amant
"Je sais."
"Je préfère ça."
Ils se regardèrent en riant. La sonnerie du portable de l'architecte sonna et Angelo leva les yeux au ciel :
"J'me disais aussi étonnant que Saga ne m'ait pas encore appelé...pourtant il sait que j'ai pris ma journée..." Grommela-t-il en sortant son portable.
" Je pars devant, tu me rejoindras. Je connais les appels de Saga..." fit Shiryu avec une petite grimace.
Angelo regarda le jeune homme partir lui faisant un signe en souriant. Sourire qu'il perdit aussitôt en décrochant:
"Pourquoi tu me téléphones? Je t'ai pourtant dit que je ne voulais plus..."
"J'ai reçu une lettre anonyme avec des photos de nous deux ... très compromettantes." Le coupa Queen.
"..."
"Angelo?"
" Dans le lit?"
"Oui...je vais les emmener avec moi au poste de police. Ce qui m'embête, c'est qu' ils vont te reconnaitre... si j'ai eu ces photos peut-être que toi ou Shiryu allez les recevoir. C'est dans une grande enveloppe bleue..."
"Tu dis des... il y en a plusieurs et quand les as-tu reçues?"
" À l'instant..."
"Et on est tous les deux... nus?" murmura sourdement l'Italien
"Oui... et dans une position vraiment...Enfin tu vois quoi!"
Merde, merde Angelo sentait son cœur battre à grand coups dans sa poitrine, il sortit de la maison et alla voir dans la boite aux lettres. Rien il n'y avait rien... Pourtant il avait croisé le facteur en revenant de l'école.
"Pas de courrier..."
"Le facteur est passé?"
"Ouais..."
" Il ne te reste plus qu'à le surveiller demain..."
"Je te préviens Queen si je viens à apprendre que tu es pour quelque chose dans cette histoire. Je te jure que tu vas me le payer!" S'écria Angelo fou de rage.
"Tu me prends pour qui?! N'oublie pas que je suis flic...Puis dis-moi pourquoi je ferais un truc pareil?"
"Tout ce que je vois c'est que pour toi ces photos ne posent pas de problème puisque tu es seul. Mais pour moi, c'est autre chose, elles peuvent briser mon couple..."
"Je sais... je ne dirais rien, mais je suis obligé de les faires analyser...tu comprends pour les empreintes. Et je te conseille de faire de même..."
"Me prend pas pour un con...je suis certain qu'il n'y aura aucune trace de l'ordure qui a fait ça!"
" Après tout, fais comme tu l'entends ...Cependant si cette personne veut que Shiryu les voit ..."
"Je suis chez toi dans une heure tache d'être là, je veux voir ces foutues photos."
"Je ..."
Angelo n'entendit pas la suite car il avait fermé son portable rageusement, il devait trouver une excuse pour s'absenter un moment.
Une heure plus tard l'Italien se garait devant la maison de Queen, il était dans un état proche du meurtre. Il avait convaincu Shiryu qu'il devait se rendre sur un chantier à Athènes en urgence et qu'il serait de retour avant midi. Bien sûr le jeune homme montra son mécontentement, mais retrouva vite son sourire lorsqu'il lui affirma n'être pas absent très longtemps.
Il sortit du véhicule et entra sans y être invité. Il vit l'Allemand venir à sa rencontre et ne put résister à sa colère, il attrapa Queen par le col et le plaqua contre le mur en le regardant l'air menaçant.
"Si tu brises mon couple je t'envoie à l'hôpital... et je peux te jurer que ..."
"Je n'y suis pour rien! Combien de fois dois-je te le dire? Je suis sur la photo alors dis-moi comment je l'aurai prise?"
"Montre les moi " Ordonna Angelo en le lâchant.
Queen alla chercher l'enveloppe et la lança sur la table de cuisine .Après une micro seconde d'hésitation l'Italien sortit les photos. Il devint blanc et se laissa tomber sur la chaise en jurant "Putain de merde!"Angelo remit les photographies dans l'enveloppe, il la tint par les doigts au dessus d'un cendrier, prit son briquet et y mit le feu. Le policier voulut s'interposer, mais s'arrêta net en voyant le regard meurtrier de l'Italien. Sans un mot ils regardèrent l'enveloppe prendre feu. Une fois que la flamme lécha ses doigts, l'Italien la laissa tomber pour devenir un tas de cendres.
"Espèce d'idiot c'était le seul moyen de savoir qui l'avait envoyé..." le foudroya le policier.
Sans prendre la peine de répondre, l'architecte quitta la maison de Queen et partit rejoindre son chaton, réfléchissant à la façon dont il allait bien pouvoir lui expliquer cette nuit-là...
Sur la route menant à la demeure de Saga...
Mü roulait à vive allure un fin sourire aux lèvres, Shion et Dohko revenaient aujourd'hui. Cela faisait un mois qu'il ne les avait revus et son frère lui manquait énormément. Arrivé devant la maison, il croisa une camionnette de livraison qui sortait de celle-ci. Surpris, il gara sa voiture et fronça les sourcils en voyant le véhicule de Saga .Que faisait déjà son amant à la maison? Pourtant ce matin, il lui avait dit qu'il rentrerait en fin d'après midi. Peut-être avait-il fini plus tôt pour venir avec lui chez Angelo. Dans tout les cas, le Tibétain était content qu'il soit là. Il monta les marches et ouvrit la porte d'entrée.
"Saga?"
"Je suis dans le séjour"
En entrant dans la pièce, il vit Saga installé dans le canapé un carnet d'échantillon posé sur ses genoux. Le Tibétain alla le rejoindre.
"Tu es rentré tôt aujourd'hui..."fit-il en se penchant pour l'embrasser furtivement avant de s'installer à ses côtés.
Voyant le regard chargé de questions de son vis-à-vis posé sur les carnets, le Grec lui expliqua:
"Ce sont des échantillons ...tu vas choisir la tapisserie ou la couleur avec moi."
" Tu veux refaire quelle pièce?"
"Celle-ci...elle a besoin d'un grand coup de neuf..."
Mü lança un œil autour de lui, c'était un fait, les murs du séjour avaient besoin d'un coup de neuf. Un détail retint son attention... Mais? Il pivota et plongea son regard jade dans ceux vert gris, de Saga.
"Il manque le..."
"Le tableau représentant Rune... termina à sa place Saga. J'ai pensé qu'il était temps de m'en séparer ainsi que d'autres objets qui lui appartenaient ou qu'il m'avait offerts. Tu sais...J'ai pris conscience qu'inconsciemment, j'avais fait de cette pièce une sorte de sanctuaire. Alors J'ai décidé de tourner la page une bonne fois pour toutes, c'était un adieu définitif cette fois."
Le silence envahit soudain la pièce. Mü regardait la main gauche de son amant ou plutôt son annulaire, il ouvrit la bouche, mais pas un son n'en sortit. Il ne savait que dire, une myriade d'émotions grandissait en lui .La main de Saga frôla la sienne et le fit sursauter. Mü leva les yeux et l'architecte put y lire le trouble ainsi qu'un soulagement qu'il n'osait avouer.
"Mü...dit-il avec douceur, j'ai bien vu, même si tu ne disais rien, la peine que te faisaient tous ces souvenirs. Et mon seul regret est de ne pas avoir réagi avant."
"Je...j'avais l'impression de passer en second plan et je suis peut-être égoïste, mais je te voulais pour moi tout seul...je ne voulais plus te partager avec lui...cependant jamais je ne te l'aurais avoué."
"Je sais "sourit Saga "
Mü bougea pour s'asseoir sur les genoux du Grec, et attrapa son visage avec douceur pour l'embrasser. Ils s'échangèrent un baiser court mais tendre, puis le Tibétain se blottit contre le torse de son amant, respirant avec bonheur son parfum.
Saga embrassa doucement le sommet du crâne de Mü, avant de lui montrer les carnets:
" Alors mon ange prêt pour une nouvelle déco..."
"Oh que oui!"
Et c'est le cœur en paix que Mü se blottit un peu plus contre Saga et ensemble, ils regardèrent les échantillons pour refaire une pièce qui recelait trop de souvenir.
Vravrona ancien restaurant de Milo...
Angelo roulait à vive allure. Arrivé devant la maison du Grec, il sortit du véhicule et, n'ayant pas encore décoléré, il referma brutalement la portière. Shiryu, qui était dos à la porte en train de disposer des chaises autour d'une table, se retourna précipitamment à son entrée. Le jeune homme traversa la pièce d'un pas agile et se jeta dans les bras de l'Italien. Surpris par cette attitude démonstrative de son chaton, Angelo en oublia toute sa rage et sa peur pour passer ses bras autour de sa taille, le serrant amoureusement. Ils restèrent un moment ainsi, sans bouger, profitant juste de la présence de l'autre. Puis l'Italien se recula légèrement et une de ses mains vint caresser doucement la joue du jeune homme.
"Tu es si content que ça de me voir mon petit chaton."
"Hum... j'avais besoin de ce petit moment de tendresse." Répondit Shiryu en déposant ses lèvres sur celles de son amant qui ne se fit pas prier pour lui répondre.
Néanmoins, la vision de deux corps nus dans un lit obnubilait Angelo, il repoussa doucement le jeune homme:
"Shiryu il y a quelque chose d'important que je dois te dire ...Tu sais quand j'ai fait mon ..."
"Salut vous deux... on vient vous donner un coup de main" S'écria Shun
Il entra accompagné d'Aiolia coupant Angelo dans son élan de relater enfin cette fameuse nuit, dont il ne se souvenait plus...
Maison d'Angelo...
L'Italien s'adossa au pied de la tonnelle et alluma une cigarette. Il aspira une longue bouffée de fumée qu'il recracha par petits cercles en direction du ciel, admirant les volutes bleutées formant des spirales, puis disparaître.
"Un sou pour tes pensées..." fit la voix de Shiryu. Il sortait de la cuisine un bol dans chaque main qu'il posa sur la table, café noir sans sucre...Tu vas bien? C'est ton nouveau chantier qui te perturbe?"
"Non...pourquoi tu dis cela?"
"Depuis que tu es revenu de ton rendez-vous, tu as l'air bizarre..."
L'Italien écrasa sa cigarette dans le cendrier qu'il tenait et alla s'asseoir face à son chaton. Cependant il répondit à la question par une autre:
"Qui va apporter le gâteau demain? Aiolia m'a dit que Milo ne pourrait pas venir avant dix-neuf heures trente"
"Camus... je l'ai invité et il s'est proposé pour l'amener...cela te dérange que je l'ai convié?"
"Non...bien sûr que non...Ils sont rabibochés?"
"Camus et Milo? Oui et non...enfin je veux dire qu'ils sortent ensemble, mais vivent séparément."
"Mmm...c'est bien que Milo ait pardonné..."
"Oui...Ils se sont expliqués et je crois que la franchise de Camus a beaucoup contribué à ce qu'il lui pardonne. Maintenant j'espère sincèrement qu'ils vont revivre ensemble. Pour l'instant, Ils y vont en douceur et ils apprennent à se redécouvrir."
" Tu pense que si Camus lui avait caché qu'il avait couché avec ce type...Ils ne se seraient pas retrouvés?"
"Je pense que mentir ne mène à rien, bien au contraire..."
Shiryu je...je dois t'avouer..."
Angelo fut coupé pour la deuxième fois dans ses tentatives d'aveux. Il jura mentalement contre la guigne qui s'acharnait contre lui.
"J'ai eu un vingt en histoire..." annonça fièrement Kiki en courant vers eux suivi d'Aiolia et de Shun main dans la main.
Le sourire aux lèvres, ils regardaient le petit garçon claquer son cahier devant Shiryu et Angelo, fier comme Artaban. Après les félicitations de rigueur et d'encouragement, le rouquin se rendit dans la cuisine prendre un goûter et revint s'installer avec eux.
"Ils arrivent bientôt? "
"Dans environ trente minutes" Le renseigna l'architecte.
Kiki décida d'aller faire ses devoirs pour être tranquille et avoir du temps à consacrer aux deux invités surtout que Shion lui avait promis qu'à son retour en Grèce ils iraient faire une randonnée à cheval .
"Et pour toi shiryu, cela doit te sembler étrange? Dohko est parti en ami et il revint en grand frère." Lança le châtain
" En fait on se doutait que l'on était frères .Néanmoins je dois avouer qu'avoir la certitude, va créer un lien qu'on n'avait pas osé développer et j'ai hâte de le revoir."
"C'est quand même incroyable... de manière différentes je le conçois, nous avons tous les deux été retrouvés par nos frères. Ikki me recherchait depuis des années, tandis que pour vous deux cela a été vraiment un pur hasard, pareil pour Shion et Kiki ..."
"C'est vrai mon petit lutin, la destinée a bien fait les choses...tu te rends compte? Sans votre fuite, on ne se serait certainement jamais revus... merde rien que d'y penser ça me fout les boules" Fit Aiolia en attrapant son ange dans ses bras. Son vis-à-vis ne se fit pas prier pour si installer confortablement.
"Ouai pareil pour moi que ferais-je sans mon têtu de chaton."Sourit l'Italien haussant un sourcil moqueur.
Ledit têtu se tourna et se pencha sur Angelo avec cette moue que l'architecte aimait tant, il plissa les yeux et rétorqua:
"Tu serais avec une autre personne puisque tu ne m'aurais pas connu...et pour ta gouverne, je ne suis pas têtu!" Articula le jeune homme appuyant bien sur les cinq derniers mots.
"Si tu l'es..."
"Pff... et bien puisque tu..."
Il ne put terminer sa phrase, Angelo l'avait fait taire d'un baiser.
"Tu as recommencé..."
"Quoi?"
"M'embrasser pour me faire taire."
L'Italien eut un sourire mi-figue mi-raisin et sans répondre, il se contenta de reprendre les lèvres de son amour.
"Vous me faites trop rire tous les deux, c'est bien vrai que les caractères opposés s'attirent." dit le Grec, puis il baissa la tête vers Shun toujours assis sur ses genoux qui souriait à la vue des deux amoureux. Il murmura quelque chose à l'oreille de son lutin rougissant subitement aux mots coquins. Néanmoins il ne put empêcher un petit sourire fripon de fleurir sur ses lèvres en lui répondant:
"Moi aussi...mais il faudra attendre ce soir".
"Qu'est-ce qu'il y a ce soir?" Demanda Shiryu essoufflé en quittant les lèvres tentatrices d'Angelo
Les minutes se déroulèrent dans la même ambiance joyeuse et insouciante, légèrement teintée d'inquiétude pour un certain architecte. Kiki était venu les rejoindre attendant avec impatience l'arrivée de Shion et Dohko. Lorsque le bruit salvateur se fit entendre, un claquement de portières, ils virent partir en courant le rouquin, un sourire allant jusqu'aux oreilles. Pour revenir dans la minute tenant la main de Shion suivi de Dohko, Mü et Saga.
Shiryu regarda son grand frère, il fut pris subitement d'hésitation, il ne savait pas comment réagir. Celui-ci percevant l'embarras du jeune Japonais, s'approcha de lui et prit d'une grande émotion, il le serra fort dans ses bras sous les regards attendris des autres. Ils restèrent ainsi quelques instants puis Dohko s'écarta lentement. Ils se regardèrent émus.
"Je suis heureux que tu sois mon frère."Affirma le jeune Japonais
" Moi aussi...Bien que je m'en doutais. Mais en avoir la certitude me remplit de joie... J'ai apporté un album photos des parents et de nous petits. Je te le montrerais après avoir monté les valises"
Le jeune homme lui fit un signe de tête affirmatif. Dohko aidé d'Angelo monta les bagages. Shun et Shiryu se rendirent en cuisine chercher des collations. Tandis que Shion répondait aux questions de Kiki assis à ses côtés. Les deux jeunes déposèrent les boissons sur la table .Le petit garçon leur lança un regard puis fronça les sourcils en demandant soudainement laissant coi tout le monde.
"Peut-être que moi aussi j'ai un frère qui me cherche? Mais je ne comprends pas...pourquoi Dohko pensait que tu étais mort Shy? Il ne savait pas que tu avais été adopté? Parce qu'Ikki lui le savait..."
Tous les regards se tournèrent vers Shiryu qui inspira un grand coup ...
"Mes parents sont morts dans un accident de voiture et normalement je devais être avec eux ... En fait j'étais malade ce soir là. Ils ont donc appelé quelqu'un pour me garder et le petit garçon dans la voiture était l'enfant des amis de mes parents, ils devaient le reconduire chez lui au moment où ils ont eu l'accident."
"Mais alors la dame qui te gardait, elle savait que tu étais vivant... pourquoi elle ne l'a pas dit? Et qui c'était cette femme? Je ne comprends pas!"
"Cette personne était notre mère d'adoption Kiki...je...je...elle m'a emmené avec elle...parce qu'elle voulait d'autre enfants et qu'il fallait attendre trop longtemps pour adopter un autre orphelin."
"Maman t'a kidnappé? Et...et moi? "
Cette fois-ci Shiryu ne sut que répondre ou plutôt, il ne savait pas comment lui répondre sans le blesser. Il y eut un silence où tous les protagonistes attendaient que Shion avoue son lien de paternité au petit. Se doutant que le moment était venu et malgré sa peur de faire de la peine à son fils Shion répondit:
"Elle t'a enlevé dans la chambre d'hôpital, pendant que ta mère dormait, tu n'avais même pas une semaine."
"Menteur...Pourquoi tu dis ça? Tu ne connaissais pas ma vraie maman!"
"Si et Mü aussi...il est ton oncle"
"..."
"...je...je suis ton père...Et..."
"Menteur, menteur... maman nous aimait...jamais elle ne nous aurait fait du mal...Hein oui c'est vrai?"Ajouta-t-il pivotant ses orbes grises larmoyantes et implorantes, vers ses frères.
Un silence triste dura quelques secondes où chacun avait le cœur serré face à la tristesse de Kiki. Mü lança un regard à Shion et vit qu'il regardait son fils les yeux brouillés de larmes, puis ses yeux se posèrent sur Shiryu et Shun qui n'étaient pas dans un meilleur état que lui.
Shun sentit la main d'Aiolia presser la sienne tendrement. Tandis que Shiryu s'approcha de son petit frère, il le prit dans ses bras:
"Oui...Kiki...elle t'adorait. Tu étais son petit ange ...Mais tu sais mon grand, Shion dit la vérité...il est ton ..."
Le jeune homme n'eut pas le temps d'aller plus loin dans ses explications que le petit garçon se mit à boucher ses oreilles de ses mains, il fut soudain secoué de sanglot.
"Je...je... veux plus rien... savoir...j'vous déteste, vous...vous mentez! J'vous déteste tous!"
Puis d'une façon imprévisible qui les prit tous au dépourvu, il poussa Shiryu et s'enfuit précipitamment en courant. Ses deux grand frères partirent à sa poursuite suivis de Shion.
Pendant ce temps, Angelo et Dohko alertés par les cris retrouvèrent Mû et Saga, qui leur expliquèrent la triste scène qui venait de se dérouler.
Kiki se laissa tomber sur le sable le corps secoué de sanglots. Il remonta ses genoux contre sa poitrine et les encercla de ses bras. Il sentit ses deux frères s'asseoir à ses côtés, mais fit semblant de ne pas les voir. Il leur en voulait à eux aussi. "Pourquoi vous m'avez rien dit?" pensa-t-il en colère, mais sans s'en rendre compte, il l'avait dit à voix haute.
" Parce que nous ne le savons que depuis très peu de temps. Mais je te jure que l'on devait t'apprendre la vérité ces jours-ci..." Rétorqua Shiryu en passant un bras autour de ses épaules.
Il le maintint serré contre lui pour lui apporter un peu de réconfort. De son autre main, il tourna son visage vers lui et essuya délicatement les larmes de ses pouces. Tandis que Shun passa doucement sa main dans les cheveux roux en lui murmurant:
" On t'aime petit frère et cela nous fait mal de te voir souffrir...Même si notre mère nous a menti pendant toutes ces années et qu'elle vous a enlevés toi et Shiryu...Il faut que tu comprennes qu'elle nous aimait et que nous continuerons à l'aimer malgré tout."
"Pourquoi elle a fait ça? Elle ne pouvait pas adopter deux autres enfants?"
"Tu sais Kiki il faut souvent attendre longtemps et je crois quelle était malade et ne se rendait pas vraiment compte du mal qu'elle faisait... Et puis maintenant, on a retrouvé notre famille! Moi Dohko, toi un oncle et un père qui soit dit en passant, t'aime plus que tout. Il t'adore Kiki..."Répondit d'une voix apaisante Shiryu
"M'en fiche...je ne veux plus lui parler."
"Pourquoi? Pourtant il est gentil" l'interrogea Shun surprit qu'il en veuille tant à Shion.
"Parce que..."fit-il la moue boudeuse essuyant ses larmes du revers de sa main droite
Shiryu fronça les sourcils et fixa le rouquin en cherchant les mots adéquats pour ne pas le braquer:
" Tu peux te mettre un instant à sa place...tu ne crois pas qu'il a assez souffert? Pendant des années, il n'a pas cessé de te chercher, se demandant où tu pouvais être, si tu étais heureux, malheureux ou encore si tu étais vivant... Je sais que tu l'aimes bien, tu étais tellement content de sa venue ...Alors dis-moi franchement, de quoi as-tu peur?"
"... je ne veux pas aller avec lui en Amérique...je veux rester avec vous et Angelo ici...et s'il est mon père, il va m'obliger à le suivre..."S'écria Kiki recommençant à pleurer.
"Non!"S'exclama Shun
"Si! Je vous dis que si... à l'école il y a une petite fille qui a du partir avec son papa en Angleterre, elle pleurait parce qu'elle voulait rester avec ses grands-parents, mais lui il l'a emmenée quand même."
"Pas moi Kiki... jamais je ne te ferais ça...Je t'aime mon garçon et tout ce que je veux c'est ton bonheur... "Fit une voix calme et mais néanmoins émue.
Shion écoutait discrètement la conversation depuis le début ne put s'empêcher d'intervenir voulant réconforter son fils sur ce qui le tracassait. Reconnaissant la voix, Kiki se leva vivement lançant un regard renfrogné sur son vis-à-vis. Ses deux frères, après un petit sourire envers le Tibétain et un baiser sur les joues mouillées de Kiki, les laissèrent en tête à tête.
" Écoute chéri...D'abord il faut que je te dise que tes frères et Angelo ont réagi comme toi lorsqu'ils l'ont appris. Ils n'ont pas été contents. Eux aussi avaient peur que je t'emmène avec moi...pour être franc, dans les premières heures où j'ai eu la certitude que tu étais mon fils, je me disais que l'on allait être heureux ensemble, que tu allais venir vivre chez moi. Puis Dohko m'a ouvert les yeux me faisant comprendre que oui c'était mon bonheur, mais peut être pas le tien. Alors j'ai cogité et lorsque j'ai compris où était ta vie et comme tu étais heureux ici, j'ai décidé de te laisser avec ta famille, tes amis ..."
"C'est bien vrai que je peux rester en Grèce?" Quémanda le rouquin l'observant de ses grands yeux gris encore incertains.
" Promis, Juré...Alors on peut rester copains? "
"Oui, mais t'es mon papa et ça ne te fait pas de peine que je reste ?"
"Si...mais je me dis que je vais revenir souvent pour te voir et si tu veux bien sûr, tu pourras venir pendant les grandes vacances. "
Kiki regarda ses pieds réfléchissant puis leva la tête sondant sérieusement Shion. Il fronça ses sourcils à la pensée qu'il venait d'avoir:
"Hum...Alors maintenant je dois t'appeler papa?"
À la vue de son minois au moment où il posait la question, Shion eut un rictus amusé. Son fils était attendrissant avec ses petites mimiques.
"Seulement si tu le veux mon cœur..."
"Ok je vais y réfléchir."
"Bien... et si on rentrait, je suis sûr qu'ils sont tous à nous attendre."Fit-il d'un air conspirateur
Ils avançaient tous les deux l'un à côté de l'autre, lorsque le cœur de Shion fit un bond dans sa poitrine. La petite main de son fils venait de prendre la sienne entre ses doigts. Un sourire heureux étira ses lèvres et c'est main dans la main, qu'ils se rendirent vers la maison.
À suivre.
Comme il n'est pas encore trop tard grâce à ma beta lectrice qui a corrigé très vite ce chapitre.
Je vous souhaite une très bonne Année 2015!
