Disclamer: Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

UA-Yaoi.

Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazil pour son soutien et son aide.


mgs, merci pour ton com. De la réconciliation dans l'air? Désolée mais peut être pas dans ce chapitre.^^

Ignis, Merci pour ton review. Voici la suite, j'espère qu'elle continuera à te plaire.

Camillou, merci à toi!

Merci pour vos coms!

Bonne lecture^^.


Dimanche fin d'après-midi, chez Angelo...

Milo et Camus furent les premiers à s'éclipser, retournant dans la capitale pour se rendre à l'appartement du Français, en demandant néanmoins qu'on les tienne au courant et proposant leur aide au besoin.

L'Italien ouvrit le placard, en sortit une tasse et la déposa sur le plan de travail pour y verser du café bien noir. Pour la énième fois, il lança regard indécis sur son portable. Il le prit en main, puis le reposa aussitôt. Pourquoi insister puisque cette tête de mule ne déniait pas lui répondre ? L'Italiensoupira,
jeta un coup d'œil dehors et vit Shun essayer encore une fois de joindre son frère.

"Il est quelle heure?" Demanda pour la énième fois Aphrodite.

"Dix minutes de plus que la dernière fois...c'est à dire dix-huit heures vingt deux minutes " Rétorqua Ikki d'un ton exaspéré.

"Qu'est-ce qu'il fait? Shun essaie encore de l'appeler."

" Il ne répond plus...Aiolia, on devrait peut être retourner sur Athènes pour essayer de le trouver?"

"Hum, si tu veux..."

"Vous pouvez continuer à faire des allers-retours constamment sur Athènes, c'est pas sûr que vous alliez l'apercevoir. La capitale est grande...au moment où vous prenez une route, il peut en prendre une autre. " Souligna dans une logique sans faille Ikki.

"Tout à l'heure, Shiryu a envoyé un message en disant qu'il rentrait en bus. S'il ne l'a pas manqué, il sera ici dans environ quarante minutes. "Ajouta Shura d'un ton rassurant.

Mutisme, l'Italien s'appuya sur le poteau de la tonnelle et but son café songeur, semblant ne pas écouter ses amis.

"Oui mais, qu'est ce qui l'empêche de répondre?" poursuivit Eaque en fronçant les sourcils.

"Son portable est peut-être déchargé."

"Le mieux à mon avis est d'attendre l'arrivée du bus...Shiryu est quelqu'un de sensé et de réfléchi...il avait seulement besoin d'être seul pour remettre de l'ordre dans ses idées."Objecta avec assurance Shaka avant de rejoindre Haruto qui jouait un peu plus loin avec les chatons.

Shura suivit des yeux le blond et eut un léger sourire aux lèvres en voyant la scène qui se déroulait devant ses yeux. Le garçonnet lâcha immédiatement Tigrou qu'il tenait par la queue, lorsqu'il vit l'Indien venir vers lui. Il leva sa petite bouille et le regarda innocemment. Shaka s'abaissa pour être à la hauteur du petit et lui expliqua calmement qu'il faisait mal au chaton et que celui ci pouvait le griffer pour se défendre.

"Et toi, tu ne t'inquiètes pas?" Continua le Suédois en apostrophant l'Italien toujours debout fixant d'un air morne son café noir.

"Fais pas chier Aphro...Et lui...est-ce qu'il se soucie seulement un instant de moi? Il se doutait que j'allais être inquiet et chercher après lui dans Athènes...Est-ce qu'il s'en est préoccupé?" S'énerva l'Italien sans cesser de faire les cent pas nerveusement...

Aphrodite sembla se ratatiner sur sa chaise sous le regard rageur qui le foudroya. Il préféra ne pas répondre et se contenta de hausser les épaules d'un air fataliste et de soupirer.

Indigné des propos d'Angelo à l'encontre de son frère, Shun fronça les sourcils de mécontentement. Il voulut prendre la défense de son aîné et ouvrit la bouche pour répliquer vertement à l'Italien, lorsque son portable vibra. Il l'attrapa et un sourire rassuré apparut sur son visage en voyant que le message était de son frère.

"Il sera là dans vingt minutes. Il arrive avec...Hadès...?" Ajouta-t-il médusé en lisant le message que Shiryu lui avait envoyé.


Rassuré sur le sort du jeune homme, Ikki voulut prendre la route à son tour pour Athènes...Pas Aphrodite. Celui-ci faisait tout pour retarder ce moment. Son vis-à-vis le tança gentiment en affirmant que s'il ne voulait pas partir, c'était parce qu'il était poussé par la curiosité de voir ce...cet Hadès. Il réussi néanmoins à entrainer derrière lui, un Suédois boudeur et mécontent.

"Bon... je vais vous laisser moi aussi..."Fit le Népalais en se levant.

Après leur avoir souhaité bonsoir, il partit d'un pas pressé. Lorsque Shun avait prononcé le nom d'Hadès, le cœur d'Eaque s'était mis à battre très vite et la première chose qui lui était passée par la tête fut la fuite...C'était stupide et lâche. Mais il était juste un homme amoureux fou de celui qui l'avait marqué à jamais et il avait peur...

"Je me demande pourquoi Shiryu est avec Hadès?" Murmura Shun songeur.

"Encore un peu de patience et tu le sauras..." Dit Aiolia en passant son bras autour des épaules du jeune homme, qui posa sa tête contre son torse. Le Grec se pencha sur son lutin et déposa un tendre baiser sur son crâne.

"Pauvre Eaque...J'espère qu'Hadès va réagir avant qu'il ne soit trop tard." Fit Shun en levant les yeux sur son Lion, songeant à la réaction du Népalais lorsqu'il avait prononcé le nom d'Hadès.

"Hum...J'espère que ce jour-là, il va le faire gamberger"

Écoutant d'une oreille distraite la conversation des deux amants, Angelo s'arrêta soudainement d'arpenter la terrasse... Puis il lança un regard noir à Shura et l'apostropha:

"C'était quoi ton petit rictus lorsque j'ai répondu à Aphro? Tu ne crois pas que j'ai le droit d'être en colère?"

"La colère ne résout rien et je crois que frapper Queen n'était pas la meilleure des solutions...tu n'as fait que rentrer dans son jeu. Dis-moi...Tu fais quoi, s'il porte plainte?"

"Pourquoi il porterait plainte? Manquerait plus que ça..." Maugréa-t-il.

"Tu as été l'agresser chez lui."

"Pff..."


La Porsche Noire d'Hadès s'arrêta devant la maison d'Angelo. L'avocat coupa son moteur et se tourna vers son beau-fils.

"Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous. Mais je suis sûr que ça va s'arranger...Il t'aime comme un fou cela se voit comme le nez au milieu du visage...N'oublie pas de m'appeler, je suis sincère lorsque je dis que je veux vous rencontrer..."Fit Hadès en lui tendant une petite carte avec son adresse et son numéro de portable.

Shiryu resta un moment à regarder pensivement le papier, puis le saisit silencieusement. Il prit son inspiration pour se donner du courage et descendit de la voiture. Néanmoins au moment de fermer la portière, il leva son regard sur Hadès et lâcha presque malgré lui:

"Merci..."

Hadès le regarda partir, ouvrir la porte de devant puis entrer dans la maison. Il eut un petit sourire mi- fugue, mi-raisin en démarrant son véhicule. Pourquoi ne pas rendre une petite visite à Eaque?


Shiryu se rendit vers la cuisine pour rejoindre la terrasse où il savait y trouver Angelo. Il avait préféré passer par cette pièce plutôt que le séjour car il voulait voir avant d'être vu. Et il le vit ...seul appuyé sur le poteau de la tonnelle fumant une cigarette. Le jeune homme prit son courage à deux mains et le rejoignit.

Au bruit Angelo se retourna. Le temps passa sans qu'aucun son ne franchisse leurs lèvres. Le cœur battant à toute allure, Shiryu promena son regard sur son amant et se demanda ce qu'il pouvait se passer dans sa tête. Une lueur ombrageuse brillait dans les iris sombres de l'Italien, cela démontrait clairement les sentiments qu'il portait à son égard.

Angelo se contenta de le jauger du regard pendant un petit moment avant de se passer la main dans les cheveux tout en lâchant un profond soupir. Malgré son ressentiment envers lui, il n'avait qu'une envie le prendre dans ses bras. Il allait s'avancer vers lui lorsque Démon se frotta à la jambe du Japonais, celui-ci se baissa pour le caresser, puis se releva et braqua son regard sur Angelo:

"Je m'excuse pour tout à l'heure...je n'aurai pas dû me sauver de la voiture ainsi " dit posément Shiryu, maintenant leur échange visuel."Ils sont tous partis?" Ajouta-t-il en regardant autour de lui.

"Shura et sa petite famille sont en haut quant à Shun et Aiolia, ils font une ballade...les autres oui, ils sont rentrés chez eux."

"Ah..."

" Comment cela se fait-il que ce soit Hadès qui t'ait reconduit?" Demanda-t-il d'un ton irrité, "Et aussi pourquoi tu n'as pas répondu à mes appels?!" Ajouta-t-il mentalement.

"Hadès? Des types m'ont agressé pour me voler mon portable... il s'est simplement trouvé là au bon moment..."

"Ah...Et... tu n'as rien?"Demanda-t-il avec nonchalance, comme s'il n'en avait rien à faire. Mais jeta un œil soucieux en le regardant discrètement de haut en bas.

Shiryu s'approcha de lui, la tête baissée, lourde de remords, car il comprenait qu'il avait jugé son amant trop vite...

"Non...Angelo...je j'ai réfléchi et..."

"Pas maintenant..." le coupa Angelo d'une voix froide.

La gorge nouée, Shiryu sentit ses yeux se remplir de larmes en le regardant s'éloigner vers la cuisine, d'où il le vit ouvrir un placard et sortir un faitout. Il eut peur tout à coup de perdre Angelo et il s'en voulait énormément de sa réaction du matin.

"Shiryu...Regarde j'ai mis mon pyjama piderman!"S'écria le petit Haruto, courant vers lui, faisant de ce fait sortir le Japonais de sa torpeur.

Le jeune homme frotta discrètement ses yeux en s'accroupissant pour prendre le garçonnet dans ses bras. Tandis que l'Espagnol et Shaka échangèrent un regard soucieux. Puis ils jetèrent un œil sur l'Italien concentré sur ce qu'il faisait. Un peu trop concentré même...vu la raideur de son dos. Il ne fallait pas être devin pour comprendre qu'il y avait encore de la tension dans l'air.

À quelques mètres de là, maison d'Aioros...

Eaque entendit une voiture se garer devant la maison. Il regarda par la fenêtre et vit Hadès en descendre. Le Népalais fronça les sourcils et alla ouvrir la porte pour se retrouvait face à l'avocat qui allait sonner. Le jeune homme sentait son cœur battre à grand coup. Il y eu un silence tendu entre les deux hommes.

"Qu'est-ce que tu fous là?" Demanda finalement le Népalais d'un ton sec.

"Bonsoir Eaque...je viens de déposer Shiryu et comme je passais devant la maison, je me suis dis: tiens pourquoi pas rendre visite à Eaque..."

"Ah oui? Tu t'es dit ça...Pourquoi?"

"Comment ça pourquoi? Parce que j'avais envie de te voir et je pensais t'inviter au restaurant."

"Non...je préfère manger ici ..."

"Bien cela me va aussi...Qu'est-ce que tu as fait de bon?"

Eaque fronça aussitôt les sourcils et lui jeta un regard noir.

"Arrête de te foutre de moi! Tu as très bien compris que je ne t'ai pas invité...Puis t'as rien de mieux à faire que venir m'importuner?!" Rétorqua-t-il d'un ton abrupt

Hadès haussa un sourcil faussement blessé et eut un petit sourire amusé.

"Importuner? Moi qui venais ...Bon ok... "Soupira l'avocat perdant son sourire. "En fait je voulais seulement passer un moment avec toi..."

"Hier Hadès ...on a mangé ensemble, hier midi..."

"Oui et alors? Eaque...tu m'as laissé entendre que si je changeais, tu pourrais revenir vivre avec moi. Et je t'en ai fait la promesse...Bien voilà... j'ai commencé avec Shiryu ... Je lui ai parlé et il m'a écouté. J'ai fait un grand pas vers lui... Et... il n'a pas reculé. Cela va sans dire que de son coté, c'est encore aléatoire, mais j'ai bon espoir...Dis... tu ne veux pas me laisser entrer?"

Pas de réponse.

"Bon dans ce cas, je ne vais pas t'importuner plus." fit Hadès en appuyant bien sur le mot importuner. Il eut un sourire dépité en faisant demi-tour.

Il pensait vraiment m'avoir avec ses belles paroles? Se demanda mentalement Eaque en le regardant partir. Soudain chose impensable, il s'entendit l'interpeller:

"Ok... tu peux entrer"

Hadès se retourna et regarda Eaque se tenant dans l'encadrement de la porte. Un sourire en coin triomphal étira ses lèvres.

"Ce n'est pas la peine de sourire bêtement, on va faire que dîner et pas autre chose...après tu pars" Fit Eaque se maudissant déjà de sa faiblesse.

" Mais loin de moi d'avoir eut une telle pensée...je te promets de ne déguster que ce que tu vas m'offrir." Répliqua-t'il, son sourire s'élargissant davantage.

L'avocat passa devant le Népalais sceptique au double sens des paroles de son vis-à-vis et se dirigea directement vers la cuisine que l'on voyait du séjour. Eaque se fustigea mentalement en secouant la tête...mais quel idiot ! Il s'était encore fait avoir...

"Dis-moi ce qu'il faut faire...Je vais t'aider à préparer le repas." dit l'avocat au jeune homme qui venait vers lui.

"Pas besoin...mais... tu peux nous verser un apéro le temps que je mette la nappe. " Répondit Eaque se demandant si son vis-à-vis était vraiment sérieux.

Il n'en revenait pas, non seulement Hadès avait préparé les boissons. Mais avant de les apporter, il avait pris la peine de dresser la table en ordonnant à son protagoniste de rester assis, il s'occupait de tout. Chose encore plus incroyable Eaque passa une agréable soirée à discuter de tout et de rien avec son ex-amant.

Pendant ce temps chez Angelo...

Shun et Aiolia étaient revenus de leur ballade pensant avoir laissé du temps à Angelo et Shiryu pour s'expliquer. Mais ils s'aperçurent vite que non. L'ambiance entre les deux amants était des plus tendue.

Angelo leva la tête de son assiette et demanda à Shun assis près de son frère, ignorant délibérément celui-ci:

" Peux-tu me passer le sel, s'il te plait?"

Ce que fit le jeune homme en fronçant les sourcils confus et contrarié. Il voulut détendre l'atmosphère et, raconta les mésaventures d'Aiolia chez Milo. Après avoir donné à manger aux poules, il avait oublié de fermer la porte du volailler. Ils avaient dû courir pour les attraper. Tout le monde se mit à pouffer de rire. Shaka sauta sur l'occasion et conta sa journée sur la plage avec le petit Haruto ainsi que les bêtises du petit garnement. Celui ci content d'être le centre d'intérêt s'écria:

"J'ai amassé beaucoup de quillages...Ils sont cros beaux. Shiyu tu veux les voir?"

"Oui, mais après que tu auras fini de manger...Ok?"

"Ok." répondit-il en hochant vivement la tête puis il piqua sa fourchette dans ses pâtes et en mit une bouchée dans sa bouche.

Shiryu le regarda un sourire tendre aux lèvres. Il releva les yeux et surpris le regard d'Angelo posé sur lui. L'Italien détourna aussitôt les yeux et continua de converser avec ses amis.


Un moment plus tard, Shun aidait son aîné à mettre les assiettes et les verres dans le lave- vaisselle, tandis que Shura préparait le café et qu'Aiolia leur apportait le reste de couverts.

" Tu sais Dohko est en Crète "Fit soudainement Shun en appuyant sur le bouton pour mettre en route l'appareil électroménager.

Shiryu fronça les sourcils. Son grand frère devait être avec Shion et Kiki... Mais il se doutait pourquoi il était là-bas et il s'en voulut.

" Je suppose qu'Il y est pour faire sa petite enquête...De toute façon cela ne sert plus à rien ...maintenant ...on sait..."

"Ah bon...Tu sais?" l'interpella Angelo d'un ton sec en entrant dans la cuisine. "Tiens... c'est justement Dohko. Tu vas pouvoir lui conter ta journée."Ajouta-t-il en lui donnant le téléphone.

Le jeune homme le lui prit des mains en rougissant et s'éloigna pour parler à Dohko.

"Tu veux bien m'expliquer ce que tu fabriques? Pourquoi t'être sauvé de la voiture d'Angelo?" L'admonesta d'emblée son ainé

"Mais...j'avais besoin d'être seul pour réfléchir..."protesta Shiryu surpris de la colère de Dohko.

"La fuite n'a jamais rien résolu Shiryu" Soupira son interlocuteur en se radoucissant.

"Je sais... mais sur le coup, j'ai paniqué...j'étais vraiment perdu tu sais."

"Tu as parlé avec Angelo?"

"Non...il ne veut pas m'écouter"

"Alors insiste..."

"C'est bien beau de me faire la morale! Mais je serais curieux de voir comment tu réagirais...si c'était Shion qui avait été sur les photos à la place d'Angelo? Et si le type à ses côté te dise qu'ils avaient bien pris leur pied tous les deux? Hein...tu aurais réagis comment?!"S'emporta le jeune homme.

"J'aime Shion et j'ai toute confiance en lui... s'il me dit qu'il n'a pas couché avec le type, je le crois point barre...Shiryu? La confiance est un trésor que le couple se doit de protéger. Sans elle, il ne peut y avoir une relation durable."

"..."

"Bon... en tout cas mon enquête confirme les dire d'Angelo, il n'avait pas bu, donc il a été drogué. Demande à Aiolia de te donner les détails, je l'ai tenu au courant... Demain matin je prends l'avion pour rejoindre Shion et Kiki."

"Et pour la personne qui a pris les photos."

"Le néant complet...Raconte-moi ta rencontre avec Hadès..."

Le lendemain matin...

Eaque se réveilla doucement et s'étira un peu… c'est seulement lorsqu'il se rendit compte de sa nudité que le rouge lui monta aux joues .Les souvenirs de la veille lui revenaient lentement mais sûrement en mémoire. Dans un soupir, il plaça son avant-bras sur ses yeux et tout en se mordant la lèvre inférieure murmura :

"Je suis foutu… je sens que je vais me perdre encore une fois…"

Sans vouloir se l'avouer, la présence d'Hadès hier soir lui avait énormément fait plaisir. Les battements effrénés de son cœur en étaient la preuve. Le dîner préparé à la va-vite fut des plus délicieux, mais ce qui l'avait rendu si agréable c'était sans nul doute la présence de la personne en face de lui pendant ce repas. Eaque avait passé un moment des plus plaisants, à sa grande surprise. La conversation s'était installée toute seule et la manière dont l'avocat avait été à son écoute l'avait touché. Pour la première fois depuis qu'il connaissait Hadès, il s'était senti à sa place avec lui.

Tout en tournant la tête vers la personne qui occupait ses pensées, il regarda le corps alangui à ses côtés. Le drap laissant apparaitre son dos musclé. Il perçu une nouvelle envie gronder. Lorsque son regard appuyé fut perçu par Hadès qui venait d'ouvrir les yeux, deux orbes verts moqueurs rencontrèrent les siens.

" Tu comptes jouer au voyeur encore longtemps ? S'enquit son vis-à-vis avec un sourire sardonique.

Eaque se racla la gorge, bien décidé à ne pas se laisser troubler davantage par le sourire qui se dessinait sur les lèvres de l'avocat.

"Je connais ce regard plein de concupiscence...Alors ? "Poursuivit Hadès en se mettant face aux Népalais.

"J'avais envie de t'embrasser."Lâcha soudainement le brun de but en blanc.

Sans le quitter des yeux, l'avocat rétorqua :

"Qu'est-ce qui t'en empêche ?

Eaque sentit son cœur battre très fort, sa respiration devint irrégulière. Il se pencha sur son amant et pressa ses lèvres contre les siennes. Réagissant aussitôt, Hadès le regarda dans les yeux, puis passa sa main dans les cheveux bruns d'Eaque et goûta à son tour aux lèvres du jeune homme; jouant de sa langue pour se faufiler un chemin vers sa comparse. Le jeune homme ouvrit la bouche pour lui donner l'accès. Il laissa échapper un petit gémissement alors que les lèvres de son vis-à-vis parcoururent son cou.

"Eaque..."

La voix de l'avocat était sourde, chargé de désir et alors qu'il mordillait à nouveau son cou un peu plus fortement, il souffla:

"Je te veux… Beau brun… Tout de suite…"

Le Népalais émit un soupir de frustration et, après avoir volé un dernier baiser à son amant s'écarta de lui à contre cœur.

"Pas le temps... Juste le temps de prendre une douche, de m'habiller et de prendre un café."

Puis, après un dernier regard sur Hadès qui ne le quittait pas de ses yeux prédateurs remplis de désirs, il attrapa des vêtements propres avant de quitter la chambre. Il alla s'enfermer dans la salle de bain, et après avoir réglé la température de l'eau, il s'y engouffra avec délectation, sentant avec un plaisir non feint l'eau couler abondement sur ses muscles endoloris.

Quelques minutes plus tard, Eaque sortit de la salle de bains, habillé et fronça les sourcils en ne voyant plus l'avocat dans la chambre. Du bruit dans la cuisine lui indiqua clairement où il se trouvait. Lorsqu'il entra dans la pièce, Hadès lui adressa un sourire et déclara :

"Je te prépare ton petit déjeuner, tu ne peux pas partir le ventre vide...Assis-toi, tu n'as pas besoin de prendre le bus, je vais te conduire...Ajouta-t-il en ouvrant un placard afin d'en sortir deux bols qu'il posa ensuite sur la table.

Dire qu'Eaque fut sidéré serait un euphémisme. Celui-ci n'en revenait pas...Qu'est-ce qui lui prenait? Déjà qu'il n'avait pas insisté tout à l'heure quand il s'était refusé à lui, tenait du miracle...Et maintenant...Changeait-il vraiment? Ou était-ce une ruse pour mieux l'amadouer?

Lorsque le café fut prêt, Hadès s'en servit un bol et remplit celui de son vis-à-vis puis prépara quelques tartines avant de s'installer face au Népalais. Il regarda distraitement le jeune homme terminer son bol de café un sourire à la fois tendre et amusé étirant ses lèvres.

"Tu as une pause pendant le midi?" Demanda l'avocat lui adressant un regard interrogateur auquel le jeune homme répondit :

"Oui mais je ne sais pas à quelle heure...pourquoi?"

"Je ne travaille pas aujourd'hui...je pourrais venir te chercher pour manger ensemble."

"Je... Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée" fit le brun hésitant.

"Je sais ce que tu penses Eaque...tu te méfies n'est-ce pas? Mais ne t'inquiète pas...je veux seulement passer du temps avec toi et pas que pour le sexe...Je ne vais pas te mentir...je voudrais que tu reviennes vivre avec moi...Mais je te laisse décider par toi même. Néanmoins je veux savoir si toi, tu envisages que l'on redevienne...non que l'on soit un couple pour de vrai cette fois-ci. Car j'ai pris conscience que l'on n'en était pas vraiment un..."

"Laisse-moi encore un peu de temps et je te répondrai à ta question..."

"Bien...mais j'ai beau essayer de changer, ma patience a des limites...je suis prêt à attendre un moment, cependant je ne le ferai pas éternellement... pour ce midi, c'est ok?"

"Hum..."

"Finis ta tartine...on va devoir y aller."

Eaque approuva d'un hochement de tête silencieux.

Hadès se dirigea vers la porte pour aller chercher ses clefs. Il s'arrêta un instant sur le pas du chambranle et fixa Eaque hésitant, puis il affirma avant de sortir:

"Une question que tu ne m'as pas posée...mais à laquelle je vais répondre...Pourquoi je persiste autant à vouloir te récupérer? Il faut que tu saches que je ne peux plus vivre sans toi... "

Statufié de surprise, il le regarda s'éloigner. Face à cette déclaration, aussi soudaine qu'
inattendue, Eaque en était devenu muet de stupeur. Il sortit de sa torpeur en entendant le bruit du moteur. Il se précipita pour prendre sa veste et alla rejoindre Hadès le cœur léger et rempli d'espoir...

Au même moment, dans une autre maison ...

Shiryu soupira de lassitude, la journée d'hier lui avait paru interminable et la nuit aussi. Il n'avait pas réussi à fermer l'œil perdu dans ses pensées dirigées entièrement vers Angelo. Son vis-à-vis avait encore une fois passé la nuit dans son bureau. Second soupir, il regarda un peu perdu autour de lui, maintenant que tout le monde était reparti pour Athènes ainsi que Shun et Aiolia qui devait le conduire à ses cours avant de se mettre à la recherche d'un local. Le jeune homme espérait parler à l'Italien aussitôt que tout le monde fut parti. Seulement Angelo repartit dans son bureau sans lui adresser le moindre mot. Et lui, il était là depuis vingt minutes à se morfondre. L'entrée dans la cuisine de l'homme qui occupait son esprit, le fit sortir de sa torpeur. Il chassa ses pensées d'un coup de tête.

Angelo se rendit directement vers la cafetière électrique. Après avoir mis la machine en route, il s'appuya contre le plan de travail et lui lança un regard, en allumant une cigarette qu'il fuma le temps que le café passe. Le jeune homme ne bougea pas, bien décidé à lui parler.

"Tu vas continuer longtemps à me faire la tête?"

Pas de réponse, l'Italien saisit deux tasses dans un des placards, puis servit le café avant d'en tendre une au jeune Japonais.

"Assis-toi...tu veux qu'on cause...et bien, on va le faire...T'ai-je donné une seule fois une raison de douter de moi?"

"Non... et je...je pense que tu as dit vrai ..."

"Tu penses?"

"Non je... j'ai beaucoup réfléchi et j'en suis venu à la conclusion que Queen mentait."

"Oh mais quel honneur...et quelle réflexion t'as fait conclure que tu pouvais me croire et non Queen?"Lâcha Angelo

Même si il essayait de ne rien laisser paraître dans le ton de sa voix, la colère y était facilement décelable ainsi que la déception.

"Pourquoi es-tu si en colère contre moi? Après tout je n'ai rien à me reprocher...Ok j'ai quitté brusquement ta voiture en te laissant en plan...Ok je n'ai pas répondu à tes appels. Mais tu peux comprendre qu'après avoir entendu toutes ces ignominies, j'avais besoin de me retrouver seul pour réfléchir...Maintenant je me rends compte que j'ai réagi de façon puérile et je m'en veux de ma réaction ... Je te promets de ne plus douter de toi..."

Shiryu croisa le regard de l'Italien qui restait muet et se leva nerveusement. Il alla mettre sa tasse dans le l'évier et se retourna en plongeant ses yeux verts dans ceux de son amant. Il hésita un instant en ce mordant sa lèvre inferieur. Était-ce le moment ? Oui décida-t-il. Prenant courage, il posa la question qui le turlupinait depuis que Pharaon lui avait insufflé qu'il devait être coincé question sexualité.

"Angelo ...Je vais te demander un truc qui va te surprendre mais, c'est important pour moi ...Tu...tu crois que je suis un peu coincé question sexualité? J'aimerais que tu me le dises comme ça je...je pourrais...Enfin je...je veux dire que si tu as des gouts spéciaux ...comme...je ne sais pas moi ...comme par exemple... si tu aimes le SM... bien je... suis d'accord pour essayer avec toi..."

Angelo inspira un grand coup pour canaliser sa colère tout en fermant les yeux. Jusqu'à présent, il avait gardé le silence, écoutant plus ou moins calmement les inepties de son vis-à-vis en serrant les poings. Il se leva et le saisit brusquement par le bras, perdant toute forme de calme.

"Tu te rends compte de ce que tu viens de dire là ?!"

"Je me rends compte que je ne veux pas te perdre et..."

"Et moi... je crois que l'on devrait suspendre un temps notre relation, le temps que tu grandisses."

Maintenant que les mots avaient passé la barrière de ses lèvres il les regrettait déjà. Mais il était hors de question qu'il demande pardon.

"La séparation ? C'est donc ce que tu veux ? "Fit Shiryu dont le cœur battait la chamade, son visage passa du rouge au blanc en l'espace d'une seconde.

" Ce n'est pas ce que j'ai dit. Tu m'énerves à te comporter comme un gamin. Grandis un peu !"

Là c'en était trop pour le jeune homme, il aurait pu entendre tous les reproches, sauf celui-ci. Il se dégagea violemment de la poigne d'Angelo qui lui tenait toujours le bras. Il sentait les battements effrénés de son cœur et s'écria:

"Je t'interdis de dire ça! Il y a bien longtemps que j'ai grandi."

"Shiryu ... Malgré sa colère, l'Italien avait radouci la voix.

"T'inquiète pas... tu ne vas plus avoir à faire du baby-sitting longtemps..." s'insurgea le jeune homme d'une voix chevrotante avant de sortir précipitamment.

"Et puis merde !"

Sur un dernier soupir d'énervement, Angelo sortit de la cuisine pour se rendre dans son bureau sans manquer de claquer la porte pour exprimer son mécontentement.

Université nationale capodistrienne d'Athènes...

Aiolia les bras croisés, appuyé sur son capot de voiture, attendait depuis cinq minutes, de l'autre côté de la route où se trouvait l'université, son petit lutin. Il vit un petit groupe de six personnes dont Shun, sortir en parlant gaiement.

"Alors Shun tu vas venir?" Demanda un certain Ban.

"Et amène ton mec...Comme cela on pourra voir par nous même s'il est aussi beau que tu le dis." L'interpella une belle blonde se prénommant June.

" Ça va être une soirée d'enfer..."

"Sais pas...je vais lui en parler."

"Puis s'il ne veut pas venir...bah tu viens seul." fit Nachi en lui faisant un clin d'œil.

Shun allait riposter lorsque son portable vibra dans sa poche. Il le prit et sourit en voyant le nom.

"Aiolia?"

"Je me disais que je pourrais venir te rechercher...comme cela on aurait le temps de se retrouver un peu seul avant d'aller diner chez Ikki et Aphro..."

"Je suis déjà sorti..." répondit le jeune homme tout en trouvant bizarre les regards curieux de ses amis qui se posèrent sur lui.

Cependant les regards n'étaient pas dirigés à son encontre. Mais sur l'apollon à la peau cuivrée, aux cheveux châtain clair et aux yeux bleus, derrière leur ami, qui leur faisait signe de se taire un doigt sur la bouche.

"Je sais..."

Shun sursauta en entendant la voix de son amant dans son dos. Il se retourna, le vit, en train de sourire, quelques centimètres seulement les séparant. Son visage s'illumina à la vue d'Aiolia et il s'exclama joyeux.

"Idiot tu m'as fait peur..."

Le châtain se pencha et l'embrassa doucement d'un baiser furtif. Ses joues s'empourprèrent mais même s'il ne les connaissait que depuis peu, il savait que ses amis étaient ouverts d'esprit et que deux entre eux étaient gay.

"Je vous présente...mon...mec Aiolia"

"Bonjour" fit celui-ci en leur adressant un sourire.

Un des garçons et surtout June ne le quittèrent pas des yeux...Dire qu'ils pensaient que Shun en rajoutait... Tandis que l'autre du nom d'Isaak trouvait plus à son goût son nouvel ami.

"Bonjours" répondirent-ils en chœur.

La blonde en extase devant le Grec, le fixant des yeux gourmands, minauda:

"Je suis contente de te connaitre...Aiolia...on fait une fête samedi soir et on a invité Shun... bien entendu tu l'es aussi."

"Merci cela sera avec plaisir de venir avec Shun...on y va? "Ajouta-t-il en regardant son lutin.

"À demain. " dit Shun à ses amis

"Salut" répondirent-ils suivant du regard les deux amants qui traversaient la route pour rejoindre la voiture.

"Tu as vraiment envie d'y aller?" Demanda Shun en s'installant sur le siège passager.

"Et toi?"

"Hum...oui."

"Alors je t'accompagne. "Affirma son vis-à-vis.

"On va où?"

"J'me disais, puisqu'il n'est que quinze heures, qu'on pouvais aller visiter le petit quartier d'Anafiotika."

"C'est à Athènes? Je ne connais pas..."

"C'est au pied de l'Acropole, il y a un lacis de ruelles étroites toutes biscornues, dans ce labyrinthe de petites rues, c'est la végétation omniprésente qui déborde partout. Une véritable tranquillité au beau milieu de la ville qui laisserait penser que l'on se trouve dans un petit village... tu vas voir c'est très beau." Sourit Aiolia.

"OK...Dis cela ne te dérange pas si j'annule notre diner chez Aphro et Ikki?"

"Pourquoi? "

"Bah...je pense qu'on devrait dormir ce soir chez Angelo ...je n'aime pas que Shiryu soit seul et..."

"Il n'est pas seul puisqu'Angelo est avec lui...je ne pense pas que cela soit une bonne idée d'y retourner en fin d'après-midi...je crois qu'ils ont besoin de régler leurs problèmes et ceci sans personne autour d'eux." le coupa Aiolia.

"Angelo n'a pas adressé la parole à mon frère depuis hier matin... Alors excuse-moi de m'inquiéter! "

" Connaissant Angelo cela ne va pas durer...puis il faut bien admettre qu'il a des raisons de faire la tête à ton frère."

"Et bien sûr avec toi, c'est Shiryu qui a tous les torts...Il faudrait peut-être se mettre un instant à sa place! Tu ne crois pas que cela fait beaucoup de trucs à digérer pour lui en deux jours ?!" S'énerva son vis-à-vis.

"Si..." Soupira le Grec"...Tu sais, je ne prends le parti d'aucun des deux. Je dis simplement, qu'il faut qu'ils règlent leurs problèmes seuls...".

Aiolia se tut et regarda son ange. Celui-ci avait les joues rouges d'énervement et semblait réfléchir à ses paroles. Il posa sa main droite sur celle de Shun d'un geste Le jeune homme leva ses émeraudes sur lui. Il lui fit un clin d'œil en souriant.

"Je comprends que tu sois inquiet...moi aussi j'ai un frère et je réagirais probablement comme toi...tient d'ailleurs si un jour cela arrive ...n'oublies pas de remettre à ma place...sérieux Shun ...je suis certain que demain on va les voir main dans la main..."

"Puisses-tu dire vrai ...on est arrivé?" Demanda Shun en voyant qu'Aiolia garait la voiture.

"Presque...On va faire le reste à pied." Dit celui-ci en descendant du véhicule.

Un couple de personnes âgées passa devant eux les croisant. La femme tenait son mari par le bras avec un sourire radieux et lui, la regardait avec des yeux remplis d'amour. Une lueur tendre apparut sur le visage de Shun, sa colère oubliée, il leva son visage vers son amant en lui offrant un magnifique sourire.

"Toi aussi tu penses que l'amour à cet âge, c'est ce qu'il y a de plus beau ?"

"Oui...Mais l'amour à notre âge, c'est beau aussi..."

"Tu crois qu'à leur âge, on sera encore ensemble?"

"Tu en doutes? Moi non ..."fit Aiolia en le prenant par la taille. Il l'embrassa furtivement, puis avec un sourire moqueur continua: "Tu vas en prendre à perpétuité mon lutin."

"Pas grave ...moi je veux bien en prendre pour perpette" dit-il malicieux en prenant la main de son lion dans la sienne et entrelaça leurs doigts ensemble.

Athènes quelques heures plus-tard ...

Queen attendait l'Égyptien .Il poussa un soupir. Avait-il raison de se méfier de lui? Son ami lui avait remis les résultats du test ADN de Pharaon et rien, il n'avait rien trouvé...celui-ci n'était pas fiché ...Malgré tout, cela ne voulait pas dire qu'il n'avait jamais rien fait de mal, non... seulement qu'il était assez intelligent pour ne pas avoir été attrapé.

Son regard se dirigea involontairement vers la table de la salle à manger où il savait que son jeune voisin avait caché un microphone cet après-midi à sa demande. Ce soir il voulait avoir un moyen de pression sur son homologue au cas où celui-ci voudrait le faire chanter entre autre.

La sonnette de la porte d'entrée retentit le faisant sortir de ses réflexions. Il alla ouvrir pour laisser entrer l'Égyptien.

"Bonsoir...j'ai apporté le dessert...tu peux le mettre au frais?"

"Bonsoir...merci, j'adore les paris- brest... je les mets dans le frigo...va dans le séjour, j'apporte l'apéro...Whisky?" Demanda le policier avant de partir vers la cuisine.

"Oui cela sera parfait..."

Une fois dans le salon, il s'installa dans le canapé attendant Queen, il regarda dans la poche de sa veste et eut un sourire inquiétant.

"Voila monsieur est servi! "Fit l'Allemand en posant les deux verres sur la table. J'arrive, je vais chercher les amuse-bouches chez ma voisine, elle devait me les ramener de ses courses et je crois bien qu'elle m'a oublié..." Soupira-t-il

Pharaon se leva et regarda discrètement par la fenêtre le flic partir en courant pour sonner à la porte de la petite maison pas loin de la sienne. Lorsqu'il entendit la sonnerie d'un portable, sûrement celui de Queen, se dit-il en se dirigeant vers le portable. Soudainement, il fronça les sourcils en percevant un bruit presqu'inaudible comme un bourdonnement. Se dirigeant vers ce bruit, il s'accroupit et regarda d'où il venait. Il laissa franchir un petit ricanement en désactivant le microphone, mais le laissa en place. Pour quelqu'un comme lui, ce fut un jeu d'enfant. Un petit sourire sardonique étira ses lèvres... Alors comme ça on voulait me piéger?

Lorsque Queen revint avec un plateau d'amuse-bouches, il trouva Pharaon assis confortablement dans le canapé, buvant tranquillement son alcool. À la vue de celui-ci l'Égyptien lui fit signe de venir s'asseoir à ses côtés en tapotant sur le canapé. Une fois que le policier l'eut rejoint, l'Égyptien posa son verre et glissa ses doigts dans la chevelure de l'Allemand, attirant le visage de son amant vers lui pour prendre sa bouche d'un baiser passionné et sauvage. Le dos du policier rencontra celui du dossier tandis que la langue du tueur parcourait déjà le cou de son vis-à-vis. Les mains de l'Égyptien enlevèrent les boutons de la chemise du policier, caressant la peau du torse musclé, descendant jusqu'à la ceinture, lui arrachant des gémissements étouffés.

"J'ai envie de toi ..."Souffla-t-il à son oreille.

Queen sembla brusquement revenir à lui, reprenant un semblant d'esprit, il murmura:

"Pas maintenant... pas ici! "

"Bff...Ne t'ai-je pas promis une dernière fois inoubliable?" Rappela-t-il tandis qu'il le repoussait sur le canapé

"Et si quelqu'un arrivait?"

Des doigts se posèrent sur ses lèvres, l'intimant de se taire.

"Tu n'as qu'à pas répondre..."Rétorqua son-vis-à-vis, rapprochant son visage pour unir leurs lèvres, l'empêchant de ce fait de répondre.

La langue de Queen vint tout de suite à la rencontre de sa jumelle, commençant un ballet passionné. Il laissa échapper un gémissement en sentant son torse contre le sien. Pharaon au dessus commença à déboutonner sa chemise. Mais l'Allemand stoppa le baiser, à court de souffle.

"Allons dans la chambre."

"Bon... comme tu veux ..."


Redescendu depuis un petit moment, Queen était assis dans le canapé attendant l'Égyptien. Celui-ci sortit de la cuisine et vint déposer deux petites assiettes à dessert garnies chacune d'un Paris Brest, pâtisserie préférée du policier qui en raffolait.

"Merci ..."fit-il en prenant sa petite cuillère et commança à manger le gâteau.

Queen se demanda comment entamer la conversation avec l'Égyptien sur leur alliance, sans pour autant éveiller ses soupçons.

"Dit...C'était la dernière fois que l'on couchait ensemble et je ne t'ai toujours pas vu nu..."

"Pourtant je peux t'assurer que j'étais bien nu comme un vers"

"Tu sais très bien ce que je veux dire...à peine en haut, tu as fermé les rideaux. Même la douche, tu l'as prise après moi...Qu'est-ce qu'elles ont tes fesses de si horrible pour que tu les caches ainsi?" Plaisanta Queen .

"Rien ...elles sont très belles au contraire et pour te remercier de ce délicieux moment que nous venons de passer...Je vais te les montrer...Mais avant le dessert. " Fit-il en prenant à son tour le couvert et mangeant une bonne part, tout comme son vis-à-vis.

"Pharaon...Je me demandais...t'es vraiment amoureux de Shiryu?"

Pas de réponse, ledit Pharaon posa son assiette sur la table de salon avec un petit sourire en coin.

"Tu veux savoir quoi exactement...Pourquoi j'ai voulu briser leur couple...Tu le sais et tu le voulais autant que moi." lâcha-t-il au bout d'un moment.

"Ouais, mais c'est toi qui est venu me trouver pour me convaincre."

"Il n'a pas fallu longtemps pour que tu le sois...bon maintenant je vais tenir ma promesse." Continua-t-il en se levant.

Sa vois était railleuse. Ne le quittant pas un instant de ses yeux moqueurs, il défit sa ceinture et descendit son pantalon en dessous des fesses et se retourna. Le policier le vit descendre un peu son boxer et remonter sa chemise. Il fronça les sourcils en voyant apparaitre le tatouage juste au dessus des fesses...un... sphinx. Le sang de Queen se glaça, il se souvint d'avoir lu le rapport sur la mort de Valentine et d'après les dire de Sylphide ...l'amant, celui qui avait tué Valentine ..."

"Ah je vois que tu commences à comprendre" Fit le tueur en fermant sa ceinture.

Ses yeux se durcirent à nouveau et dès cet instant Queen sut que c'était lui l'assassin de son collègue Chypriote.

"Hey oui! J'ai tué Valentine...pitoyable, ce mec était pitoyable...Tu te demandes qui je suis vraiment n'est-ce pas? Au fait, avant toute chose, je voulais te dire que j'ai mis de la drogue dans ton gâteau...tu ne ressens pas un relâchement musculaire? Le curare est un redoutable poison...mais rassure-toi, j'en ai mis très peu. Dans ce cas-ci, tu vas faire un blocage neuromusculaire, autrement dit paralysie... Tu seras incapable de bouger ou parler pendant un peu près trente minutes. "

Queen s'était aperçu qu'il ne pouvait plus lever le petit doigt depuis quelques secondes. Il voulut rétorquer, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Néanmoins il arrivait encore à penser, à entendre, à voir. Son cœur battit la chamade et il fut terrorisé.

Un sourire cruel se forma sur les lèvres de Pharaon.

"J'ai non seulement tué Valentine, mais c'est moi qui ait tiré sur la voiture d'Aiolia...Et oui je suis...enfin, j'étais l'amant d'Ares. Il m'a tout appris...Je suis tueur professionnel depuis des années .Alors tu vois, tuer ne me pose aucun problème. Tout à l'heure, tu m'as demandé si j'aimais Shiryu. Bah vois-tu, c'est la seule personne que j'aurai du mal à supprimer...Par contre, je dois abattre Hadès ...ça c'est pour venger Ares. Bon il voulait dégommer aussi la fratrie, mais j'ai décidé de leur laisser la vie sauve...Oui je sais ma bonté me perdra." ajouta Pharaon en se mettant à rire comme un fou.

S'arrêtant aussi vite qu'il avait commencé, il se recomposa un visage neutre et vint s'asseoir près du policier en ricanant:

"Par contre Minos c'est personnel cette sale pute ose me prendre de haut...et l'autre... l'Italien j'peux pas le piffrer...et toi mon pauvre... "Il poussa un soupir triste," tu vas mourir suicidé de ma main. Ah regarde j'ai fait à ta place une lettre d'adieu pour ton Angelo. "Continua-t-il en mettant des gants. Il sortit de sa poche un papier blanc qu'il lut:

Pour Angelo,

Je te demande pardon mon amour de ne pas avoir compris que cette nuit là, n'était pour toi qu'une nuit comme tant d'autres, de celles qu'on a eu ensemble et j'ai espéré que tu finisses par m'aimer .Tu me l'avais fait entrevoir, puis tu es revenu en arrière. Pourtant tu m'as dis ne pas aimer le sexe avec lui, qu'il était trop prude, voir glacial. Voila pourquoi cet espoir de te voir le quitter avait jailli en moi. Je ne peux que te souhaiter de rencontrer ton âme sœur et d'être heureux avec cette personne, puisque ce n'était pas moi.

Je te dis adieu, mon tendre amour, on se retrouvera peut être là-haut, Je t'aime du plus profond de mon cœur pour l'éternité.

Ton "amant" Queen.

PS: Maintenant à toi, Shiryu...si tu aimes vraiment Angelo, je t'en supplie, ne le rends pas plus malheureux...tu es jeune et je suis certain que toi aussi, tu vas un jour rencontrer l'homme de ta vie, celui qui te fera vibrer.

Adieu

"Alors?! Qu'est-ce que tu en dis? J'en ai des frissons...Ah oui j'oubliais! Trop fort le coup du microphone...T'as presque failli m'avoir...Dommage que tu as laissé trainé ton portable..."Soupir exagérément las du tueur" Bon bah maintenant...ton suicide... surtout...Pense pas que cela me réjouisse."

Pharaon se leva du canapé prit une chaise qu'il mit en dessous d'une poutre et alla chercher une corde dans le garage.

Queen sentit une panique sans nom s'insinuer en lui...Oh mon dieu non... pas comme ça! Pas de cette façon... Il vit Pharaon venir vers lui et le lever, plutôt le trainer vers cette chaise. Le laissant à côté, il lui mit la corde autour du cou et fit un gros nœud, puis il l'assit. Queen sentit qu'il allait tomber lorsqu'il fut tiré et soulevé de façon à ce que ses pieds ne touchèrent plus le sol jusqu'à l'assise du siè drogue commençant à perdre de son effet, il put tenir debout sur la chaise. La corde à son cou, lui écorchait la peau er il essaya de lever les bras pour l'enlever mais il n'y arriva pas, tandis que Pharaon nettoyait les traces de son passage. Les pas de son bourreau revenant vers lui, le sortit de ses pensées morbides. Il chercha du regard, celui de l'égyptien.

" Non ! Attend, pitié... je..."supplia-t-il

À ses yeux perlèrent des larmes de terreurs, lorsque l'agresseur éclata de rire. Un rire de fou. Un rire dément, en poussant du pied la chaise. Un rire qu'il entrainerait avec lui dans l'au-delà.

Le vide sous ses pieds, le choc de la corde arrêtant net la course de son corps vers le sol qu'il n'atteindrait jamais. La douleur de la strangulation, quelque chose dans sa nuque qui semblait sur le point de céder puis, les spasmes incontrôlables de ses membres. La bave à ses lèvres, ses yeux qui se désorbitaient. Les borborygmes de sa gorge enserrée. Le cœur qui s'éteint. Le noir... La mort.

Pharaon avait regardé s'éteindre Queen et eut un soupir triste:

"Dommage t'étais un bon coup, mais je n'avais pas le choix...tu en savais trop"

Un autre rire dément, rappelant celui de son mentor. Puis il eut sourire mauvais:

"Au suivant!"

À suivre

PS: Pour la scène en fin de chapitre, la mort de Queen, j'ai fait beaucoup de recherches sur le net.