Chapitre 30

Mercredi matin, commissariat de police. Athènes...

Arrivé devant le poste de police, Angelo chercha une place où se garer. Après avoir fait plusieurs fois le tour du quartier pour enfin réussir à trouver la sacro-sainte place de parking, l'Italien et Shiryu se présentèrent à l'accueil du commissariat où un policier leur demanda de le suivre. Ils se dirigèrent tous les trois vers le bureau de l'inspecteur Degel. L'agent frappa un coup à la porte et attendit qu'on les invite à entrer…

"Oui..."

"Bonjour commissaire... Monsieur Maschera et monsieur Izumi sont là."

"Faites-les entrer. "

Le policier se poussa et laissa passer les deux hommes, puis il ferma la porte derrière lui en partant.

"Bonjour messieurs, installez-vous." Fit le commissaire Degel en leur montrant d'un geste de la main, les deux chaises face à son bureau.

"Pourquoi sommes-nous convoqués?" Interrogea Shiryu en fixant l'inspecteur.

" Si cela ne vous pose pas de problème, j'aurais quelques questions à vous poser." Répondit poliment le détective

"À quels propos?" S'enquerra l'Italien.

"Vous devez vous en douter...non? Pourquoi êtes-vous allés lundi matin chez Queen?" Continua le commissaire.

"Pour mettre certaines choses au point avec lui."

"Comme?"

"Comme mentir à propos d'une certaine nuit ... Queen affirmait qu'on avait couché ensemble, mais ...il mentait."

"Si je comprends bien monsieur Maschera, vous me parlez de cette nuit où certaines photos de vous et du lieutenant Alraune en mauvaise...posture... ont été prises?" Fit le policier en les sondant du regard.

"Tiens! On ne se connaît plus pour que vous me donniez du Monsieur? Et pour répondre à votre question...Ouais je parle bien de ça...En fait inspecteur, je suis certain qu'il m'avait drogué pour les prendre ces foutues photos..."

"C'est grave ce que vous insinuez..."fit le commissaire Degel, éludant la première question.

"Je n'insinue rien... je dis la vérité..."Rétorqua sèchement Angelo.

"Alors d'après vous...le lieutenant Alraune, vous aurait drogué pour vous endormir ? Dans ce cas qui vous a photographiés? Et pourquoi aurait-il fait tout cela? "

"Parce qu'il s'était mis en tête, qu'il pouvait détruire notre couple en montant ce traquenard. Seulement lorsqu'il a vu que ça marchait pas, il a pété les plombs..."

"D'où votre bagarre..." Continua son vis-à-vis.

"Ouais...Mais en quoi cela concerne le suicide de Queen? Vous n'insinuez quand même pas, que ce soit pour ça qu'il s'est tué?! "

Le commissaire lança discrètement un œil sur le jeune homme aux longs cheveux noirs en face de lui, il n'avait pas dit grand chose se contentant d'écouter. Il le vit se contracter à la question d'Angelo et se détendre lorsqu'il répondit:

"Non..."

Après sa réponse négative, l'inspecteur ouvrit un tiroir de son bureau et en tira une enveloppe qu'il posa devant l'Italien.

"Cependant cette lettre écrite pour vous, laisserait à penser que oui."

La nouvelle fut accueillie par un silence des plus complets. Les yeux d'Angelo s'étaient un peu agrandis sous l'incompréhension et comme l'inspecteur paraissait ne rien vouloir ajouter, il lui demanda :

"C'est quoi cette connerie?"

"Une lettre d'adieu...et avant que vous me le demandiez...oui je l'ai lue." Anticipa le commissaire en se laissant aller contre le dossier de son siège.

Il jeta de nouveau, un rapide regard vers Shiryu et remarqua que celui-ci mordillait sa lèvre inférieure anxieusement en regardant son amant sortir le papier. Puis il dévia sur Angelo qui commençait à lire. Aucun sentiment ne passa sur son visage pendant sa lecture, seulement un petit froncement de sourcils.

Quelques secondes passèrent, Angelo leva un regard déconcerté sur le commissaire et sans prononcer le moindre mot, il la tendit avec un petit sourire encourageant à son jeune amant. Celui-ci prit la lettre de ses doigts tremblants légèrement, pour à son tour en lire le contenu.

L'Italien ne quittait pas des yeux le jeune homme, la peur au ventre que Shiryu ne recommence à douter. Il le vit se troubler et blanchir un peu. Angelo se tourna alors rageusement vers Degel.

"Cette lettre est un ramassis de mensonges! " Affirma-t-il avec aigreur.

"Peut-être..."

"Et je ne crois pas un instant qu'il ait pu se suicider..."Continua-t-il.

"Cependant le médecin légiste n'a décelé aucune trace d'une quelconque agression, répondit son-vis-à-vis d'un air préoccupé. Une dernière question avant de vous laisser partir... Queen a eu une relation sexuelle peu de temps avant sa mort...Vous n'avez aucune idée de qui cela pourrait être?" Demanda le commissaire en se levant pour les accompagner jusqu'à la porte.

"Non...Queen avait souvent des partenaires d'une seule nuit...Mais pourquoi ne pas chercher du côté du photographe?"

"C'est ce que je fais..." Répondit le policier en prenant congé des deux hommes.

À peine eurent-ils quitté le bureau que le commissaire décrocha le téléphone pour appeler son ami le chef divisionnaire Cardia:

" Pourquoi je n'ai pas le rapport de l'examen interne? Me dis pas qu'ils n'ont fait que l'autopsie externe?!"

Soupir au bout du téléphone.

"Si...puisqu'il n'y avait aucune trace sur le corps du lieutenant Alraune. Même pas celle d'une piqûre... "

"Toutefois, j'avais bien spécifié au médecin légiste que je ne pensais pas à un suicide."

"Je sais, mais la mort n'étant pas suspecte, le médecin n'a pas eu l'assentiment pour pousser plus loin l'autopsie..."

"Cardia! Remue ciel et terre...fais ce que tu veux, mais je veux cette autopsie complète avant la fin de l'après-midi!" Lança l'inspecteur en raccrochant.

Second soupir du chef Cardia. Il prit son portable et passa un coup de fil à qui de droit. Quelques minutes plus tard, il fermait son mobile d'un air satisfait. Son ami allait avoir son autopsie et lui, il allait passer une bonne soirée.

Pendant ce temps, les deux amants se retrouvèrent très vite hors du poste de police et rejoignirent la voiture. Angelo vit le visage de son chaton rempli de tristesse et sentit une boule se former au creux de son ventre. Le trajet se fit dans un silence que seul la radio brisa. D'ailleurs c'était une des chansons qu'Angelo aimait : ti amo. Perdu
dans ses pensées, Shiryu n'avait pas vu le temps passer et il fut saisi de voir qu'ils arrivaient à Vravrona. Le jeune homme se tourna vers son amant et trouva qu'il avait un air boudeur. Il leva un sourcil soucieux. Arrivé devant la maison, Angelo coupa le contact et descendit du véhicule. Shiryu fit de même et le rejoignit sur le pas de la porte au moment où il l'ouvrait.

"Angelo?"L'interpella-t-il

"Quoi..." Grommela celui-ci en entrant.

Il jeta son trousseau de clefs sur le petit meuble et se dirigea vers la cuisine suivi de Shiryu.

"Tu es en colère?"

"Tu as eu vite fait d'oublier ta promesse de ne plus douter de moi." Lâcha-t-il en ouvrant le réfrigérateur pour en sortir une petite bouteille d'eau.

"Pourquoi dis-tu ça? Je ne doute pas!"S'exclama son-vis-à-vis étonné.

Surpris, Angelo s'arrêta de boire et le regarda dans les yeux. Puis perplexe, il fronça les sourcils.

"Alors... dis-moi? Pourquoi n'as-tu pas desserré les dents pendant tout le trajet? "Demanda-t-il.

"Je...Je m'en suis pas rendu compte...j'étais perdu dans mes pensées...Angelo... pas un seul instant, je n'ai cru un seul mot écrit dans cette lettre...Sauf peut être quand il dit t'aimer... Néanmoins, ses propos me font douter de son soi-disant amour. C'est comme s'il voulait te faire culpabiliser de son suicide? Et ça je regrette... cela ne colle pas..." Affirma Shiryu en faisant un petit rictus équivoque.

"Alors pourquoi t'avais l'air si accablé à la sortie du commissariat?"

"Parce que malgré tout ce qu'il a fait, j'ai de la peine pour Queen."Soupira le jeune homme en haussant les épaules.

L'Italien sentit un grand poids s'ôter de sa poitrine. Il s'approcha plus prés du jeune homme et posa sa boisson sur le plan de travail.

"Excuse-moi chaton... mais lorsque j'ai vu tous ces mensonges qu'il avait osé écrire ...j'ai paniqué en me demandant qu'elle allait être ta réaction en lisant ces inepties."

"C'est toi qui doute maintenant..." fit Shiryu en souriant tendrement, puis il mit ses bras autour de la nuque de l'Italien et ajouta:" Mais je comprends ...Je comprends aussi que tu sois triste, c'est normal. Vous vous connaissiez depuis des années et il a été un ami."

"Il ne méritait pas une mort aussi affreuse...N'empêche que j'crois dur comme fer qu'il ne s'est pas suicidé...Enfin laissons la police faire son boulot."Ajouta-t-il en se penchant sur le visage de Shiryu.

Le jeune homme l'embrassa furtivement et demanda:

"Tu ne devais pas aller à l'agence aujourd'hui?"

"Pas obligé, je peux travailler d'ici..."

" Que veux-tu manger ce midi?" S'enquit son vis-à-vis avant d'enlever ses bras du cou viril.

"Bah ...ce que tu veux" Répondit Angelo en suivant du regard le jeune homme qui se dirigeait déjà vers le frigo.

"Il ne reste pas grand chose ...Il va falloir faire des courses, Kiki rentre après demain...l'école pourra vraiment rouvrir lundi?" continua Shiryu en sortant des ingrédients.

"Ouais, les travaux seront finis vendredi...Pour les courses, on ira cet après-midi...Je vais appeler l'agence pour prévenir Saga."Lança l'Italien en quittant la pièce pour se rendre dans son bureau.

Magasin de Shaka...

Shun encaissa les achats d'une cliente et jeta un œil sur le magasin, une femme et un adolescent dont les bras étaient chargés de vêtements suivaient Pharaon qui leur indiquait où se trouvait les cabines d'essayages. Il fut coupé dans son observation par la sonnerie de son mobile, il appuya sur une touche et répondit. Un moment plus tard, il ferma son portable et le remit dans sa poche avec un sourire rassuré.

L'Égyptien regarda discrètement sa montre et fronça les sourcils en voyant qu'il était onze heures trente. Il avait appris par Shun que Shiryu et son Italien avaient été convoqués au poste de police. Lorsqu'il avait demandé d'un air surpris pourquoi, son vis-à-vis l'avait informé de la mort de Queen. Bien entendu, Pharaon avait joué le jeu en prenant un air attristé, pas trop quand même puisqu'il n'était pas censé connaitre le mort. Quand celui-ci vit le jeune homme seul à la caisse, il s'approcha et demanda:

"Shiryu est encore au commissariat?"

"Non..."

"Ah...Je suppose que le suicide de ce policier a du encore plus agrandir le fossé entre eux?"

"Pourquoi dis-tu ça? En fait, ils se sont rabibochés hier et je viens d'avoir Shiryu au téléphone...tout va pour le meilleur du monde entre eux..."Sourit Shun content pour son frère. Puis il fit un clin d'œil malicieux en ajoutant d'un ton de confidence: "Et, Je crois bien qu'à cet instant... ils continuent leur réconciliation ...ça doit être chaud...très chaud même."

Pharaon se tendit à ces mots, il serra ses points de colère. Mais il se reprit sur-le- champ en essayant tant bien que mal de prendre une mine réjouie.

"Alors tant mieux pour eux...cependant... tu ne trouves pas ça... inconvenant qu'ils s'envoient en l'air aujourd'hui, tout en sachant que Queen s'est suicidé à cause d'Angelo? Enfin sache...que je suis heureux, qu'ils aient finalement réussis à surmonter les épreuves qui se sont mises sur leur route. " Continua l'Égyptien en voyant que Shun fronçait ses sourcils et pinçait ses lèvres.

"Je ne vois pas où tu as été pêcher qu'Angelo serait la cause du suicide?" Rétorqua celui-ci sèchement.

Pharaon resta pendant un instant coi...il venait de faire une sacrée bévue.

"Certainement toi qui me l'a dit quand..."

"Non...je ne pouvais rien te dire car je ne savais rien."

"Je ne sais pas moi! Peut-être parce qu'ils ont été amants...Puis les photos et ..."

"Et rien du tout...Dis j'ai une question?" L'interpella Shun en croisant les bras sur son torse.

Pharaon avait ouvert un cahier pour noter une commande d'un client, voulant de ce fait échapper au regard vert émeraude qui le scrutait. Il avait été surpris par la dureté de la voix de son vis-à-vis. C'était la première fois qu'il voyait Shun mécontent. Il se contenta de hocher la tête pour lui faire comprendre qu'il l'écoutait.

"Tu ne serais pas ...Shun hésita puis se lança, j'espère sincèrement tu n'es pas tombé amoureux de Shiryu?"

"Pourquoi me poses-tu cette question?" S'insurgeason vis-à-vis.

"Parce qu'il aime Angelo et les épreuves qu'ils viennent de traverser, n'auront fait que renforcer leur amour et toi, tu ne pourrais qu'en souffrir... "

"Sache mon petit Shun...Que...ce que je ressens pour Shiryu est seulement une amitié profonde et sincère... Bon maintenant...que tu es renseigné... "

Ils furent interrompus par la porte d'entrée qui s'ouvrit, laissant entrerdeux personnes. Presqu'en même temps le portable de Shun qui était posé sur le comptoir sonna. Le jeune homme l'ouvrit et répondit à son interlocuteur tout en jetant un œil sur l'Égyptien qui prenait son blouson. Celui- ci le regarda froidement en l'enfilant et avant de partir d'un pas vif, il lança:

" J'ai fini pour ce matin... Je reviens à seize heures...salut."

Shun lui répondit d'un signe de tête en le regarda s'en aller songeusement. Pourquoi avait-il eu ce besoin de piquer Pharaon de la sorte? Il s'en voulait de son emportement, mais... il se questionnait face à l'attitude de son homologue. Peut être est-ce le fait que depuis l'arrivée de l'Égyptien dans le magasin, il n'arrivait que des incidents..."

"Shun? "L'interpella la voix au bout du fil.

"Hein? Ha oui..."Fit celui-ci en reprenant le fil de sa conversation. Une fois qu'il eut fermé son portable, il alla ranger quelques vêtements qui avaient été dépliés.


Lorsqu'Aiolia entra par le fond du magasin, il trouva son petit lutin en pleine réflexion. Il avait passé par la réserve, de ce fait Shun ne l'avait pas vu arriver. Celui-ci était assis les coudes appuyés au comptoir et le visage posé entre ses mains, regardant le cahier de compte sans même le voir. Une lueur de tendresse éclaira les yeux du Grec:

"Un sou pour tes pensées!" l'interpella-t-il l'extirpant par la même occasion de ses réflexions.

Ce dernier releva subitement les yeux et cligna des paupières comme sorti d'un rêve. Il leva la tête et rencontra deux yeux bleus, pétillants. Cette vision le réjouit, Il se mit debout et leva un peu la pointe de ses pieds pour déposer un baiser sur les lèvres de son lion.

"Pourquoi avais-tu l'air ailleurs?"

Shun sourit, mais quelque chose dans son regard attira l'attention du Grec.

"Shun, ça va ?"

Le jeune Japonais hocha la tête, mais ses yeux disaient le contraire.

"Dis-moi ce qui cloche?"

Le détective poussa doucement son lutin pour le sonder. Il vit que celui-ci hésitait. Pourquoi Shun ne répondait pas ?

"Je pensais à Pharaon... fit-il soudain . Il y a un truc qui me dérange ...Mais ce n'est pas grave, peut-être moi qui me met de mauvaises idées en tête?"

"Comme?"

"Je trouve qu'il porte la poisse...Mais bon parlons d'autre chose..."

" La poisse? À qui?" Insista son interlocuteur.

Shun lui répondit par une mimique en fronçant le nez.

" Bah...Tu ne trouves pas que depuis qu'il est devenu ami avec Shiryu, il y a eu pas mal d'incidents? "

Aiolia fronça les sourcils pensifs puis fixa Shun un moment silencieusement. Il lâcha un soupir et admit:

" Moi non plus, je ne le kiffe pas et...Angelo aussi du reste...Mais...lui je crois que c'est un peu par jalousie."

"Pourquoi tu ne m'en as pas parlé." Demanda le jeune homme perplexe.

"C'est l'ami de ton frère et, à part qu'il a une tête qui ne me revient pas... on ne peut rien lui reprocher... N'oublie pas que le premier jour de travail dans ce magasin, il n'a pas hésité à défendre ton frère contre Ares..."

"Oui d'un fait exprès...il était là au bon moment..."

" Coïncidence..."

"Ah oui? Et le jour de l'anniversaire de Shiryu. Qui a attiré l'attention de Shaka pour que celui-ci repense à l'enveloppe? ... Je le vois encore dire: C'était bien ton dossier d'inscription qu'avait ce matin Angelo... Coïncidence aussi?"

Dubitatif, Aiolia fixa le jeune homme, mais il se rendit vite compte qu'il avait l'air plutôt sérieux vis-à-vis de ses doutes sur Pharaon.

"Alors tu penses qu'il était au courant des photos dans l'enveloppe que détenait Shaka? Comment pouvait-il l'être? Si ce n'est de l'avoir mis lui même dans la boite aux lettres du magasin...Mais...dans ce cas là, cela voudrait dire que c'est lui qui a pris les photos? Chose peu probable puisqu'il ne connait pas Queen ...Et surtout où est le mobile?" Monologua Aiolia se parlant à lui même donnant les réponses et les questions.

Shun haussait un sourcil en le regardant. Le Grec se rendant compte du silence de son jeune amant se tut soudainement et eut un petit sourire contrit:

"Je me suis laissé emporter... "

"J'ai vu...mais tu as certainement raison...je suis en train de me faire un roman! "

"Quoi qu'il en soit, le mieux est que je me renseigne sur lui avant d'aller au commissariat parler de tes doutes."

"Hum...tu crois qu'il faut en parler au commissaire Degel?"

"Bah ça ne coûte rien... Et comme ça, je ne verrais plus cette ride soucieuse barrer ce joli front...Tu fermes bientôt? Je t'emmène au resto..."Ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.

Ce dernier acquiesça en souriant oubliant Pharaon et ses doutes.

"Oui ... mais il faut que je sois revenu pour quatorze heures trente... je dois donner les clefs à Shaka."

"Ha oui c'est vrai...il a conduit Shura à l'aéroport!' S'exclama le Grec.

"Oui et après j'ai mon après midi..." Annonça Shun en souriant, suivi d'un regard coquin et provocateur.

Les yeux émeraude brillaient d'espiègleries. Aiolia passa son bras par-dessus ses épaules et lui déposa un baiser amusé sur la joue. Le jeune homme eut un éclat de rire et prit le bras du Grec en s'exclamant :

"Allez, on y va. J'ai une faim de loup..."

Au même moment chez Angelo...

Pendant que Shiryu cuisinait, Angelo passa un coup de téléphone à Saga pour le prévenir qu'il n'irait pas à l'agence aujourd'hui. Puis il alla chercher le courrier et revint vers la cuisine où une délicieuse odeur commençait à poindre. Il arriva dans la pièce et resta quelques instants à l'observer. Un petit sourire naquit sur ses lèvres et il se rapprocha de son amant silencieusement. Une fois arrivé derrière le jeune homme, il souffla dans son oreille le faisant frissonner:

"J'ai une faim de loup..."

Shiryu pouffa de rire, il se retourna et l'embrassa sensuellement en murmurant contre les lèvres de l'Italien:

"Patience ..."

Il donna un dernier coup de fouet dans le saladier pour que le mélange soit homogène. Il allait versait la sauce dans le plat quand Angelo y trempa son doigt pour y goûter.

"Angelo..."Le gronda gentiment Shiryu avec une moue amusée.

"Oui ?" Demanda son vis-à-vis innocemment en léchant son doigt.

"Voila...Le plat est au four pour quarante minutes...que fait-on en attendant ?" Fit-il exprès de poser la question.

"A ton avis ?"Chuchota l'Italien en déposant un baiser tout près du lobe de l'oreille.

"Je ne sais pas, il me faudrait un indice plus explicite..." Répondit le jeune homme malicieusement.

"Toi...J'ai envie de toi." Murmura-t-il en caressant ses longs cheveux noirs d'une main.

"Alors ...je suis tout à toi..."Souffla son jeune amant d'une voix sensuelle.

Angelo ne tenant plus plaqua ses lèvres sur celles de son chaton qui répondit sans attendre. Le baiser devint enflammé et passionné. Angelo lâcha ses lèvres et le regarda intensément en le poussant contre le mur de la cuisine. Puis il se colla contre lui et caressa sa taille et ses hanches en embrassant son cou. Shiryu leva la tête pour mieux dévoiler sa gorge, et il posa ses mains sur les hanches de l'Italien pour le tenir contre lui. Angelo passa alors ses mains sous les fesses de son chaton et le souleva tout en le maintenant plaqué contre le mur. Le Japonais enroula alors ses jambes autour de son bassin. Angelo le porta ainsi jusque dans le salon.


Quelques temps plus tard, reprenant leurs souffles peu à peu, essayant tant bien que mal de se remettre de l'orgasme qu'ils venaient d'avoir. Angelo caressait tendrement son chaton lové dans ses bras. Ils restèrent de longues minutes comme ça, profitant de la présence de l'autre.

" Tu sais quoi?" Souffla l'Italien à l'oreille du jeune homme.

"Mh?"

" Je t'aime."

Shiryu sourit et releva la tête de quelques centimètres pour déposer un petit baiser sur ses lèvres. Puis nicha de nouveau sa tête dans le cou de son aimé.

"Angelo?"

Sans répondre, celui-ci se contenta de tourner légèrement le visage sur le côté, en signe d'attention.

"Pourquoi le commissaire Degel a dit qu'il savait que ce n'était pas tes empreintes?"

"Parce qu'elles sont fichées...Comme tu sais avant d'être adopté par Rasgado, je traînais avec une bande de loseurs et j'ai été arrêté ...Même si je suis sorti le jour même, le flic les avaient déjà prises.

"Qu'est-ce que tu avais fait?"

"Un type m'avait cherché des poux et ça dégénéré...heureusement, il n'a pas porté plainte..."

" Oui... tu as eu de la chance ... Sans ton père d'adoption tu aurais pu finir mal." Remarqua Shiryu.

"Ouais je lui dois énormément."

"Dis...Pourquoi n'aimes-tu pas Pharaon?" Poursuivit le jeune homme.

"J'le sens pas...Je le trouve pas net. Il me fait penser au serpent dans Mowgli ..."Grimaça l'Italien.

"Kaa?"

"Ouais...Comme lui, il hypnotise ses proies pour les empêcher de se défendre et mieux les prendre dans ses anneaux afin de les dévorer."

"Hum...et aussi le : Aie confianceee...sourit Shiryu pour continuer plus sérieusement. C'est vrai qu'il aime charmer avec son regard diabolique et piéger avec ses entourloupes intelligentes."

Angelo fronça les sourcils et regarda d'un air sceptique son vis-à-vis.

"De qui parles-tu ? De Kaa ou Pharaon?"

"Pharaon... Je sais que c'est mal de parler ainsi d'un ami...Cependant... je commence à me méfier de sa sincérité."

"C'est lui n'est-ce pas, qui a mis le doute en toi?"

"Oui...Tu crois que je deviens parano ?"

" Non, depuis le début je me tue à dire qu'il n'est pas net...t'as pas pensé un instant qu'il pouvait être tombé amoureux de toi? Que c'est pour ça qu'il veut te mettre le doute sur moi et dans le même temps sur toi?"

" Tu es sérieux? Moi, Je crois plutôt, qu'il me considère comme un ami... très proche...Tu sais hier après le travail avant de revenir, il a voulu me payer un verre et on a discuté un peu. Il m'a dit que j'étais pour lui comme un frère et je suis certain qu'il était sincère...Le problème, c'est que je suis son seul ami...Par contre là où tu as raison, c'est sa possessivité envers moi. Limite s'il n'est pas jaloux de tous ceux qui m'approchent dont toi. N'empêche que sa façon de parler m'a donné à réfléchir à son sujet. Cependant il est toujours amoureux de son ex amant... je te jure... il en parle sans arrêt. "

" Quand même... tu devrais l'éviter..."s'agaça l'Italien.

"Je te signale que l'on travaille dans le même magasin..."

"Je sais, mais en dehors, tu peux ... Ça sent pas le brûlé?" Ajouta-t-il soudainement.

"Ma moussaka!" s'écria Shiryu en mettant son boxer pour ensuite se précipiter dans le cuisine, sous le regard carnassier de son vis-à-vis.

Angelo eut un petit sourire à la fois tendre et amusé, puis une lueur implacable passa dans ses yeux en pensant à Pharaon...Toi j'vais t'avoir à l'œil ...

Dix huit heures quarante, Commissariat d'Athènes ...

Assis à son bureau le commissaire Degel n'en revenait pas. Il venait de recevoir le rapport de l'examen interne. Les résultats de l'analyse toxicologique effectuée sur le corps du lieutenant Alraune révélaient qu'il y avait des traces de curare. Mais cela n'était pas la cause du décès de Queen qui était bien mort par pendaison.

Heureusement qu'il avait suivi son intuition et qu'il avait insisté pour que l'autopsie soit poussée plus loin que l'autopsie externe. Degel décrocha son téléphone et appela le médecin légiste:

"Bonsoir docteur...Excusez-moi de vous déranger à cette heure... Mais sur votre rapport, vous stipulez qu'il y a des traces de curare, toutefois il n'était pas la cause de la mort du lieutenant Alraune. Pourtant dites-moi si je me trompe... c'est bien un poison?"

"Oui inspecteur, mais à petite dose, il résulte un blocage neuromusculaire, autrement dit paralysie... incapable de bouger ou parler pendant un laps de temps. "

"Comment son meurtrier a pu lui faire ingérer ce poison, puisqu'il n'y a aucunes traces sur le corps de la victime..."

"Dans un ingrédient... qu'il aurait mangé peu de temps avant sa mort. C'est à dire à l'occurrence un paris-brest."

"Bien...Merci docteur" Salua le commissaire Degel en raccrochant.

Pensif l'inspecteur alla se rassoir et resta à regarder le dossier ouvert sur son bureau sans le voir. Il était obnubilé par ce qu'il venait de comprendre...Queen avait vu sa mort venir sans rien pouvoir faire. Quelque chose le frappa soudain, rompant le fil de ses pensées. Degel eut un frisson d'horreur, il n'osait s'imaginer la terreur l'effroi que le pauvre homme avait du ressentir, lorsqu' il avait compris de quelle façon horrible... il allait mourir...

Le lendemain Los Angeles...

Rhadamanthe descendait d'un taxi un sourire satisfait fixé aux lèvres. Il sortait d'un rendez-vous avec Saori Kido et son bras droit Tatsumi Tokumaru, la rencontre s'était admirablement bien passée. La jeune femme avait été ravie du plan de l'avocat et avait même accepté d'embaucher Mime Benetnash comme directeur commercial, s'il les aidait. Maintenant il ne restait plus qu'à convaincre celui-ci ...

Le taxi s'arrêta devant l'immeuble où logeait le jeune homme. Après avoir payé le chauffeur, Rhadamanthe descendit du véhicule. Il grimpa les marches du perron, regarda autour de lui cherchant l'ascenseur. Lorsqu'il le vit, il monta dedans et appuya sur le bouton indiquant le dixième étage. Enfin, il se retrouva devant la porte de l'appartement de Mime.

Minos lui avait appris que le jeune homme était un personnage calme et doux qui préférait éviter les affrontements. Bon pour lui tout ça, car il savait qu'il pouvait être très persuasif. Il appuya sur le bouton de la sonnette de la porte et attendit. Elle s'ouvrit sur Mime qui le regarda d'un air méfiant:

"Bonjour... Je suis maître de Wyverne l'avocat de Minos." Se présenta celui-ci.

"Ah...mais je vous ai déjà dit que je..."

"Je sais...le mieux serait que vous me fassiez entrer...Je pourrais par conséquent, vous expliquer le pourquoi de ma venue et, j'ai horreur de discuter sur le pas d'une porte." Le coupa Rhadamanthe en avançant légèrement obligeant de ce fait Mime à reculer pour lui laisser le passage.

Le jeune homme ferma la porte et se retourna sur l'avocat en fronçant les sourcils contrariés:

"Je ne témoignerai pas contre mes patrons...je vous l'ai pourtant précisé par téléphone...Pourquoi dans ce cas êtes vous venu?"

"Pour ceci ..."Répliqua le blond en posant un dossier sur la petite table du salon.

Quittant des yeux la chemise bleue, Mime leva regard incertain sur Rhadamanthe. Celui-ci s'assit dans le canapé et d'un mouvement bref de la tête lui intima de faire la même chose. Le jeune homme intimidé par la prestance et le flegme de son vis-à-vis, s'installa dans le fauteuil face à l'avocat. Rhadamanthe se pencha et poussa le dossier vers Mime. Celui-ci le prit et, après un instant d'hésitation l'ouvrit. Il fut stupéfait de tenir entre ses mains un contrat de travail. Le jeune homme posa des yeux remplis d'incompréhension sur l'avocat qui prit un air grave avant de lui dire :

"Exactement ... il vous est proposé le poste de directeur commercial...Minos m'a dit que vous aviez les diplômes requis pour cet emploi. J'ai donc contacté votre université pour plus amples renseignement et...

"De quel droit avez-vous pris ces directives sans me demander mon accord!" Le coupa le Suédois scandalisé.

"Je suis l'avocat de Minos et de ce fait, il est de mon droit et devoir de tout faire pour le défendre contre deux odieux individus qui pensent pouvoir continuer leurs harcèlements. Voir...violenter sans aucune impunité car personne n'ose les dénoncer...Vous trouvez que cela soit juste monsieur Benetnash? Vous trouvez juste que Jabu Monoceros se soit suicidé à cause du harcèlement de ces types? S'en parler qu'il y a certainement d'autres personnes qui ont subi des préjudices de leur part...Alors vous ne voulez toujours pas me parler?"

Mime resta muet un instant honteux de sa lâcheté. Mais néanmoins il rétorqua:

"J'ai bien entendu parler du suicide de Jabu...mais je n'en sais pas plus...Quant à moi...ils n'ont pas été plus loin que le harcèlement... Cependant, je vous le redis... je ne porterai pas plainte, ni ne témoignerai..."

"Bon puisque vous m'y obligez ...Dans ce cas, que vous le vouliez ou non ...Je vais vous citer pour être entendu comme témoin. Vous serez tenu de vous présenter en personne, de prêter serment et de déposer. Cette obligation fait partie de celle, qui incombe à tout citoyen d'apporter son concours à la justice en vue de la manifestation de la vérité. " Précisa Rhadamanthe un soupçon de mise en garde dans la voix. Cependant... on peut éviter le procès, de cette façon vous n'auriez pas à témoigner." Continua celui-ci en fixant le Suédois dans les yeux.

Mime s'enfonça un peu plus dans son siège et fronça les sourcils en signe d'incompréhension.

"Mais...je ne comprends plus... mes patrons ne voudront jamais retirer leur plainte?"

"Non...Sauf si j'ai un moyen de pression...vous entre autre...Vous avez deux possibilités, soit vous continuez à ne rien vouloir entendre et vous pourrez arracher ce contrat ou... Vous m'aidez en me racontant et en mettant par écrit ce qu'ils vous ont fait subir...Puis si vous connaissez bien entendu...d'autres personnes harcelées par les jumeaux, il faudrait que vous me donniez leurs noms."

"J'ai une question...Que vient faire Mademoiselle Kido dans tout ça et pourquoi me propose-t-elle ce poste de directeur?"

"Parce qu'elle est la demi-sœur de Jabu et, lorsque je lui ai expliqué mon plan, elle a tout de suite été enthousiasmée."

"Quel plan?"

" Bien...avant tout sachez... Qu'ils ne risquent rien, sauf d'être ruinés et vous serez d'accord avec moi, ils le mériteraient amplement au regard du mal qui ont fait à Minos, Jabu, vous et à n'en pas douter à d'autres. Et, toujours encore une fois...sans impunité...'

" Parlez-moi un peu de ce projet."

Rhadamanthe acquiesça et commença à lui expliquer en détail ce qu'il attendait de lui. Mime l'écouta avec attention.

" Il lui faudrait aussi les noms des vendeurs et acheteurs de l'entreprise Elysion ...et si vous lui obtenez... sa reconnaissance envers vous serait immense ...Seulement, j'aimerais que vous preniez quand même le temps de lire ce document.

Son homologue reprit les papiers en mains et il lut le contrat. Au fur et à mesure qu'il le feuilletait, Rhadamanthe put voir qu'il semblait vraiment très intéressé. Mime leva la tête et le regarda avec un certain déconcertement puis haussa les épaules avec un air résigné.

"Je...J'ai le temps de réfléchir un peu..."

"Oui...mais maître Asuras et moi même avons rendez-vous avec maître Albérich de Megrez ainsi que les frères Elysion demain après-midi...J'aurais donc besoin de votre réponse très tôt le matin ... "fit Rhadamanthe en se levant.

"Heu...Maître? Il n'y a aucune entourloupe dans ce contrat de travail? Et je suis embauché aussi pour mes compétences?"

"Non...aucune, je peux vous l'assurer...Quant à vos compétences Saori Kido a été agréablement surprise en lisant votre Curriculum Vitae...Bien entendu, elle veut vous embaucher pour vous remercier, mais aussi parce que vous êtes qualifié pour être directeur commercial... Au cas où cela vous intéresserait, nous avons rendez-vous avec mademoiselle Kido dans la matinée. Mime? Si je peux me permettre, j'aurais un petit conseil à vous donner...affirmez-vous.

Mime avait écouté maitre Wyverne avec attention, il le regarda sortir de son appartement et eut un soupir las, il alla s'asseoir et relut une nouvelle fois le contrat de travail...S'il acceptait cette proposition, non seulement il pourrait se venger de tout ce que les jumeaux lui avaient fait subir, mais en plus, il allait gagner énormément, donc pouvoir changer d'apart'. Cette perspective lui amena un petit sourire. Puis d'un autre côté s'il refusait ces salops allaient s'en sortir encore une fois et lui...Non sa décision était prise ...pourquoi attendre dans ce cas? Il prit son portable et sortit précipitamment de son appartement.

À suivre.

Comme vous devez vous en douter, la fin arrive bientôt!