Disclamer: Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

UA-Yaoi.

Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazil pour son soutien et son aide.


Pour commencer, je tiens à m'excuser du temps que j'ai mis pour écrire ce chapitre qui devait normalement être le dernier. Mais en m'apercevant qu'il était très très long,"36 pages Word", j'ai décidé que cela serait mieux pour les lectrices et lecteurs, de le couper en deux.

Leia et Marine, je vous remercie pour vos gentils commentaires et votre soutien depuis le début de cette histoire^^.Bisous

Bonne lecture^^.


Chapitre 33

Vravrona villa d'Angelo...

"Où sont Shiryu et l'Italien!"

Au moment où ils allaient franchir le seuil de la cuisine, les deux interpellés se figèrent instantanément en reconnaissant la voix menaçante de Pharaon. Ils se regardèrent, les yeux verts déroutés questionnèrent Angelo. Celui-ci posa un doigt sur sa bouche pour faire comprendre à Shiryu de ne pas faire de bruit et d'un air décidé referma doucement la porte du cellier sur eux.

"Viens... tu vas descendre dans cette cave où tu seras en sécurité le temps que l'inspecteur arrive." Murmura Angelo en enlevant un vieux tapis et ouvrant une trappe qui était dissimulée dessous.

"Et Shun?"

"Je m'en occupe..."Répliqua celui-ci en envoyant un message à Degel...Qu'est-ce que tu attends? "Ajouta-t-il en fermant son portable, la mine contrariée de voir son chaton figé sur place.

"Il...il va te tuer..." Chuchota Shiryu d'une voix pleine d'angoisse.

"Mais non...je te promets que je vais m'en sortir."

Il lui prit le bras et après un tendre baiser furtif, il voulut l'obliger à descendre les escaliers. Mais au même moment la voix du tueur s'écria froidement:

"Si vous ne vous montrez pas dans les dix secondes, je tue Aiolia et ensuite Shun!"

À ces mots Shiryu se libéra de la main de l'Italien et chuchota:

"Je suis désolé...mais je...je ne peux pas me cacher en vous laissant avec ce fou...Et...je suis peut être la seule personne à pouvoir le résonner... "

Angelo fronça les sourcils d'un air mécontent et s'apprêta à le contredire. Même s'il savait que si son chaton voulait faire quelque chose, c'était inutile de chercher à l'en empêcher. Puisque de toute façon, il n'en ferait qu'à sa tête et ne changerait pas d'avis...à moins... qu'il l'assomme...

Bang... Ils sursautèrent tous les deux. Leurs sangs se glacèrent dans leurs veines. Shiryu resta scotché, les yeux écarquillés. Néanmoins il sortit vite de sa léthargie et se précipita en courant hors de la pièce.

Angelo n'eut pas le temps de réagir que le jeune homme traversait la cuisine et n'eut d'autre choix que de le suivre.

Pharaon les attendait, révolver en main prêt à pallier le moindre problème. Il regarda avec un petit sourire ironique Shiryu entrer hâtivement et jeter un œil sur Ikki allongé sur le sol avant de se précipiter vers son cadet. L'Égyptien fit un signe autoritaire à Angelo qui était resté en retrait et se penchait sur le corps du Japonais, d'avancer jusqu'à sa hauteur.

Shun était à moitié couché sur la poitrine du Grec. Paniqué, Shiryu chercha fébrilement la moindre blessure, mais ne voyant aucune trace de sang, il lui prit le pouls. Vaguement rassuré, il se tourna vers Angelo, le visage pâle les yeux encore remplis de panique et de larmes.

"Il...il respire. J'...j'ai tellement...eu peur..." Murmurait-t-il d'une voix tremblante.

Angelo voulut avancer pour rassurer son chaton, mais voyant Pharaon avancer d'un pas, il ne bougea pas évaluant une infime petite chance, car l'Égyptien dans son mouvement se retrouvait presque entre lui et Shiryu.

"Quoi...le bruit du revolver? C'était pour vous faire venir. Eux... je me suis contenté pour l'instant de les envoyer au royaume d'Hypnose et pour ce faire, je me suis servi de celui-ci... Précisa Pharaon en montrant l'arme noire posé sur la petite table du salon. Le chargeur du pistolet contient cinq aiguilles... Mais rassure- toi d'ici une trentaine de minutes, ils vont se réveiller...Quant à toi! Si tu bouges le petit doigt, continua-t-il froidement en braquant son arme sur Angelo...Je n'hésiterai pas à te tuer. Alors pose-moi doucement ce cendrier!"

Shiryu pensa que son cœur allait sortir de sa poitrine tellement il cognait. Il avait bien vu et deviné l'intention de son amant. Mais aussi le petit sourire sardonique de Pharaon. Et là, voyant le geste du tueur qui ponctuait ces derniers mots en lui pointant son révolver sur sa tempe, Shiryu avança doucement en interpellant son amant d'une voix aux intonations inquiètes:

"Angelo..."

L'Italien obéit et reposa le cendrier en verre sur la table tout en lâchant néanmoins:

"C'est sûr qu'avec un flingue, on peut jouer les durs, tu m' dégoûtes!"

La crosse de l'arme s'abattit violemment sur la nuque de celui-ci. Sonné l'Italien tomba à genou dans un gémissement rauque. Précipitamment Shiryu s'agenouilla face à lui et se pencha pour voir le coup derrière la nuque en murmurant anxieusement:

"J't'en prie...il n'attend que ça pour te tuer..."

Sur cette supplique, le jeune homme l'aida à se relever et fixa l'Égyptien avec amertume.

"Pourquoi? Rien ni personne ne t'oblige à faire ça...Il ... Il n'est pas trop tard Pharaon, tu peux encore tout arrêter et te sauver..."

"Le canapé vite! Attache ton Italien... Et ne m'oblige pas à te le dire deux fois. " Continua celui-ci sèchement en plongeant une main dans la poche de sa veste pour en sortir un rouleau de ruban adhésif qu'il jeta aux pieds du jeune homme.

"Et ne lésine pas sur le scotch, je vais vérifier...tu ne voudrais pas que cela finisse mal pour ton Italien. N'est-ce pas ?"

Le concerné ne prit pas la peine de répondre et le ramassa. Subrepticement il échangea un regard avec Angelo semblant lui demander son assentiment. Celui-ci hocha la tête lui faisant comprendre qu'il devait obéir. Alors, à contre cœur, il s'exécuta prenant garde à ne pas faire mal à l'homme qu'il aimait. Puis il se mit devant Angelo et leva lentement la tête pour plonger son regard dans celui de l'Italien. Il y avait un éclat dans les prunelles vertes qui étonnèrent un peu l'Italien, il ne put définir ce que c'était exactement, mais il aima ce qu'il crut y percevoir...

Shiryu se leva doucement sur la pointe des pieds, prit son visage entre ses mains et l'embrassa avec douceur. Ce n'était pas un baiser d'adieu. C'était le baiser d'un homme qui faisait une promesse, celle de rester en vie.

Un claquement de langue réprobateur retentit et une voix faussement aimable s'exclama:

" Mon petit Shiryu! J'ai eu la gentillesse de te laisser dire adieu à ton ...Chéri. Mais maintenant, j'aimerais que tu viennes ici...Voyant le jeune homme hésiter, il continua dans un soupir en menaçant Angelo de son arme: Ne m'oblige pas à me mettre en colère."

Après un dernier regard sur son amant, le jeune homme obéit à l'ordre de Pharaon. Celui-ci le prit par l'épaule et le fit se tourner face à Angelo. Un large sourire sadique se dessina sur les lèvres de l'Egyptien en voyant la rage et le regard meurtrier de l'Italien lorsqu'il chuchota à l'oreille de Shiryu :

"Désolé mon ange... mais j'y suis obligé."

Shiryu sentit une légère piqure dans le cou et sombra à son tour dans un sommeil forcé.

Pharaon posa doucement le Japonais dans un fauteuil. Angelo profita de cet infime moment d'inattention de l'Égyptien pour le prendre par surprise en se précipitant sur lui. Il réussit à le faire tomber, malheureusement emporté par son élan, ce dernier se retrouva aussi au sol et avec les mains attachées dans le dos, il ne fut pas en mesure de lutter, mais de se contenter d'encaisser. Car son adversaire eut vite fait de prendre le dessus et lui asséna un violent coup de pied dans le ventre.

Sur la route entre Vravrona et l'aéroport...

Dohko roulait à vive allure, lorsqu'il vit la voiture de Kanon sur le bas côté de la route. Celui-ci tenait un Crick dans la main tandis que l'Anglais avait l'air énervé voir... très énervé! Même s'il était pressé, il avait instinctivement ralenti, il ne pouvait pas continuer sa route sans leur demander, s'ils n'avaient pas besoin d'aide. Il s'arrêta à leur niveau et coupa son moteur.

"Vous avez crevé?"

"Ah...Dohko...La providence qui te met sur notre chemin...S'exclama Rhadamanthe. Vois-tu par une malencontreuse malchance. On a crevé...Je sais ce que tu vas dire, ce n'est pas grave il n'a qu'à la remplacer par la roue de secours... "

Le blond eut un petit rictus mécontent en lançant un œil sur Kanon et continua levant la main au moment où Dohko allait parler:

"Je suis d'accord, toute fois cela n'aurait pas été un problème... si...je dis bien si... notre cher Kanon que voici, ne roulait pas sans roue de secours. Et monsieur...a le culot de me dire que ce n'est pas sa faute! "Lâcha l'Anglais dont le ton monta d'un cran.

Sidéré Dohko suivit les orbes d'or qui fusillaient le médecin, celui-ci avait la tête des mauvais jours, il rangea le Crick dans le coffre en bougonnant:

"Ce n'est pas la peine dans faire tout un fromage..."

Il ferma le coffre et lança un regard irrité vers le blond.

"C'est bien beau de râler fallait que t'y penses aussi..."

"Quelle mauvaise foi! C'est... ta voiture, pas la mienne." Répliqua Rhadamanthe en appuyant bien sur le mot voiture.

"Qu'est-ce que tu fais par ici?" Demanda Kanon à Dohko changeant subitement et surtout subtilement de sujet.

"Je vais rejoindre Shion et Kiki. Il y a eu une alerte à la bombe et leur avion a été retardé."

"Pharaon?"

"Peut-être...mais ils sont bien protégés par la police. Néanmoins le fait que Mü et Saga soient avec eux quelque part me rassure...et vous que faites-vous là?"

"À part avoir crevé! Minos a oublié son plat acheté au traiteur, on lui ramenait..."

"Ah bon? Plus besoin...Il commandait à un traiteur chinois. En passant devant sa maison, j'ai vu la camionnette de livraison sortir de son allée."

"Chinois? T'es sûr?"

"Certain... le logo Restaurant Fu Liu était en grand sur la fourgonnette...d'ailleurs, il devait aussi livrer chez Angelo."

"Bizarre...Minos a horreur de ça." Tiqua Rhadamanthe.

"Bah alors pourquoi le livreur de ce resto' était là? "Rétorqua Kanon en levant un sourcil. "Une erreur d'adresse?"

"Je n'en sais strictement rien..."Répondit l'interpellé en se mordillant les lèvres en signe d'inquiétude.

"Et si c'était Pharaon déguisé en livreur? "lança soudainement le Grec.

"Mais...Pourquoi il s'en prendrait à lui?" Rétorqua l'avocat incrédule.

"Ce type déteste Minos...Affirma Dohko. Il s'arrêta soudain ses sourcils se froncèrent et une expression d'angoisse apparut sur ses traits...Mais bien sûr! Appelle Minos." Continua le détective en courant à sa voiture suivi des deux autres.

Rhadamanthe prit son portable en essayant encore une fois de le joindre, mais sans aucun résultat.

"Toujours le répondeur...j'appelle l'inspecteur Degel " Ajouta le blond inquiet pour son ami.

"Kanon... essaie de contacter Angelo..." Enjoint le détective en démarrant la voiture.

Dohko lança un œil sur le réveil du véhicule et serra les mâchoires...vingt minutes qu'il était parti de la maison et donc le même temps où il avait vu la camionnette sortir de chez Minos...Il appuya sur l'accélérateur tout en sachant au fond de lui qu'il arriverait trop tard et il en eut la certitude lorsque Kanon lui dit qu'il était tombé sur le répondeur.

Maison d'Angelo...

Fronçant les sourcils soudainement, Pharaon aperçut le mobile d'Angelo tombé par terre et l'ouvrit. Un rictus sournois apparu sur ses lèvres en lisant les messages...

"Tient...n'est-ce pas merveilleux! Tu as informé le commissaire Degel que j'étais ici? Donc vu l'heure où tu l'as envoyé... il sera là dans environ trente minutes."

Avec un sourire moqueur, il ferma le téléphone, regarda Angelo et, brusquement lança un autre coup de pied dans ses côtes. En voyant l'infime petit mouvement de douleur de celui-ci, il le releva par ses cheveux en pressant le canon du pistolet sous son menton. Un rictus mauvais apparut sur ses lèvres.

"Alors? Comme ça on voulait se jouer de moi? "

Pour toute réponse Angelo se dégagea de la main du tueur d'un mouvement brusque de la tête. Malgré la peur, il demeura droit et fier devant un Pharaon agacé. Il allait le refrapper de nouveau lorsqu'un coup fut donné sur le volet. Ne perdant pas de temps, il alla ouvrir pour laisser entrer trois hommes de fortes corpulences.

"Bien... dépêchez-vous! Ces deux là dans la voiture..."

"Oui monsieur." firent de concert deux des gorilles en se dirigeant vers les deux frères.

"Hey! Doucement avec lui..."Gronda l'Égyptien d'un ton menaçant en voyant la façon brutale dont le garde du corps avait jeté Shiryu par dessus son épaule.

Surveillant les deux hommes sortir de la pièce, il demanda au troisième qui était resté à ses côtés:

" Hadès et sa pute sont bien à l'endroit que je vous ai indiqué?"

Angelo sentit son cœur cogner violemment dans sa poitrine en voyant les types emmener son chaton et Shun. Lorsque son regard fut attiré par un petit mouvement furtif de celui qui était allongé à même pas un mètre de lui. Une seconde passa avant qu'Ikki n'ouvre les yeux pour chercher aussitôt son cadet du regard. Un froncement de sourcils et Angelo comprit que son protagoniste allait faire une connerie et risquait d'être blessé, voir tué. Il essaya de lui faire comprendre discrètement par un petit mouvement de tête négatif et des yeux, de continuer à faire semblant de dormir.

Ikki saisit de suite ce que voulait l'Italien et se focalisa sur la discussion de Pharaon et du loubard. Puis de toute façon même s'il voulait faire quoi que ce soit, il se sentait encore trop faible et n'était pas certain qu'il puisse se lever. C'est la mort dans l'âme qu'il ferma ses paupières.

"Oui à la villa qui se trouve pas loin du port Raffina...Et vous aviez raison, elle n'est pas occupée en cette saison."Continua le troisième homme.

" Bien-sur que j'ai raison...Elle est inhabitée depuis une semaine. Je m'étais renseigné car je prévoyais de les faire mourir à cet endroit...L'endroit même où Ares a trouvé la mort ...Bon...ce n'est pas tout ça, mais il me faut partir ...Quant à lui vous avez vos instructions. "Ajouta le tueur en jetant un regard noir rempli d'indifférence sur l'Italien.

"Je sais où tu les emmènes...T'es déjà foutu...connard!"

"Ah oui? Mais quel dommage...étant mort... tu ne pourras le dire à personne." Persifla Pharaon un soupçon de moquerie dans la voix.

" Quoi qu'il arrive ...le commissaire saura où tu les emmènes... Et si ce n'est pas par moi et bien cela sera par un autre... tu entends!" Lança Angelo priant de tout son cœur qu'Ikki comprenne et qu'il n'intervienne toujours pas.

L'Égyptien plissa les yeux et toisa son interlocuteur quelques secondes d'un regard froid avant d'ordonner sèchement :

" Enlevez-ça de ma vue...et sur la route balancez-le dans un ravin... Mais avant, foutez-lui une bonne raclée et vite ...on n'a pas que ça à faire..." Lâcha-t-il en se délectant de voir les coups pleuvoir sur l'Italien.

Ikki sentit les larmes venir, la peur et la panique commencèrent à courir dans ses veines. Son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine. Ils allaient tuer Angelo... Et lui... il restait là sans faire un geste pour lui venir en aide. Mais que pouvait-il faire d'autre? Puis il devait rester en vie, car maintenant il était le seul à savoir où ce cinglé se rendait. Il le devait pour son frère, Shiryu et Angelo qui comptait sur lui.

Sur la route de Vravrona...

"Plus vite Dohko...Plus vite!"Le pressa Rhadamanthe assis sur le siège passager.

"Peux pas aller plus vite!" Répliqua l'intéressé qui avait le pied à fond sur l'accélérateur.

Arrivant enfin devant la maison, Dohko freina un grand coup. Aussitôt que la voiture fut à l'arrêt, l'Anglais ouvrit la portière et sauta littéralement du véhicule et entra en trombe dans la maison suivit des deux autres protagonistes.

" Minos!" S'écria Rhadamanthe en apercevant le Norvégien agoniser au sol, se vidant de son sang...

Il s'accroupit à ses côté, son ami était inconscient, mais il respirait.

"Rhad va chercher ma mallette dans la voiture..." L'interpella Kanon en prenant les choses en mains. Dohko appelle le SAMU...il a une hémorragie externe... il faut l'arrêter le plus tôt possible. Je vais lui faire un point de compression..."Ajouta-t-il en allant chercher rapidement un coussin sur le canapé.

"Ils arrivent...Je vais chez Angelo..." Lança le frère de Shiryu en fermant son portable.

"Tu ne penses pas qu'il faudrait mieux attendre le commissaire?" Demanda l'Anglais en prenant place au côté de Kanon.

L'Anglais tendit les compresses stériles que celui-ci lui réclama, sans quitter un instant des yeux ce que faisait son amant.

"Mon frère et mes amis sont là-bas... Alors les conseils de Degel...m'en moque!" Cria Dohko en se précipitant dehors.

Rhadamanthe soupira en suivant du regard le détective, puis secoua la tête négativement en soupirant une seconde fois. Néanmoins il comprenait le Chinois, lui même agirait de la même façon. Son regard revint sur Kanon. Celui-ci faisait un point de compression avec la main et les compresses. Il avait surélevé la jambe de Minos pour diminuer le flux sanguin.

Kanon posa une main rassurante sur son bras en souriant doucement.

"Oui... on est arrivé à temps." Intervint-il semblant lire dans ses pensées.

Rhadamanthe s'appuya contre le mur et ferma les yeux en laissant échapper un souffle de soulagement. Minos allait vivre...

Retour chez Angelo...

Le silence régnait désormais dans la maison... Ikki hésita un instant puis ouvrit les yeux. Une douleur lui vrillait les tempes, certainement dûe à un effet secondaire du produit endormant. Il regarda autour de lui, plus personne... il n'y avait plus personne. Il se leva prudemment et se dirigea vers le canapé où se trouvait Aiolia. Il posa sa main sur l'épaule du Grec et le secoua:

"Aiolia... Tu m'entends ?! Allez, réveille-toi, bon sang ! "

La patience n'étant pas son point fort, il donna une tape sur la joue du châtain.

" Réveille-toi, bon sang!"

"Hey ! Mais ça va pas de me frapper comme ça ?!Gronda Aiolia en ouvrant subitement les yeux pour les refermer aussitôt sous une douleur lancinante. Reprenant ses esprits, il se redressa brusquement et s'apercevant que Shun n'était plus à ses côtés, il le chercha du regard dans la pièce:

"Shun...Où est Shun?!"

"Pharaon l'a emmené ainsi que Shiryu..."Répliqua le Japonais en se dirigeant à grands pas vers l'entrée.

Aiolia le suivit et Ils trouvèrent le lieutenant Silphyde allongé et inconscient dans les toilettes. Le Grec prit le pouls du Belge pendant qu'Ikki continua à expliquer tous les faits qui venaient de se passer, tout ce qu'il avait entendu et aussi sa honte, son désarrois de ne pas avoir aidé Angelo.

"Ne t'en veux pas Ikki...Angelo a eu raison .Tu n'aurais pas eu le temps de faire un geste que ce fou t'aurait tué...Tandis que maintenant, on sait où il les emmène..." Fit Aiolia en ouvrant la porte d'entrée.

"Oui mais... on ne sait pas à quel endroit, ils vont avec Angelo.?"

"Préviens le commissaire...Je vais prendre la voiture de police pour me rendre à la cachette de Pharaon."

"J'vais avec toi." Fit son vis-à-vis en le suivant portable en main pour prévenir l'inspecteur.

Aiolia vérifia les pouls des deux policiers inconscient et remarqua avec soulagement qu'ils étaient dans le même état que Silphyde. Son regard alla sur le contact et n'apercevant pas les clefs, il les chercha dans le véhicule.

"Merde... je ne trouve pas les clefs. Cet enfoiré les a prises!" grogna le Grec en passant une main énervée dans ses cheveux.

"Inspecteur, Pharaon est à la villa où Ares est mort ...oui avec Shun et... Quoi?! Mais..."Ikki fit une grimace surprise en fermant son mobile..." Il a raccroché en ordonnant de ne surtout pas nous y rendre." Ajouta-t-il en fixant son vis-à-vis, puis haussa les épaules en grognant. "Et puis quoi encore! S'il croit que je vais sagement attendre que l'autre con fasse du mal à mon frère."

"Ouais ...il peut se mettre le doigt dans l'œil...T'as les clefs de ta moto?"

"Pas la peine les pneus sont crevés..."Fit son interlocuteur en montrant d'un geste ladite moto. "Qu'est ce qu'on va faire? "Continua celui-ci, incertain sur la démarche à suivre.

"J'vais essayer de ..."

"Regarde...Ce n'est pas ta voiture?"L'interpella son beau frère en voyant une Peugeot arriver à grande vitesse.

La voiture s'arrêta à leur niveau dans un crissement de roues .Dohko n'eut pas le temps de sortir qu'il les vit se jeter littéralement à l'intérieur du véhicules en criant de foncer. Ce qu'il fit aussitôt comprenant que la direction qu'ils lui indiquèrent, était celle qui menait vers la fratrie...

Au même moment aéroport d'Athènes...

Shion ferma son mobile en fronçant les sourcils d'inquiétudes, ce que venait de lui dire Dohko ne le rassurait pas. Il avait peur pour son amant mais aussi pour les frères de Kiki .Tiens en pensant à son fils, il leva les yeux vers la pendule accrochée au mur. Son front se plissa, faisant apparaître une ride anxieuse.

"Saga? Je trouve que cela fait longtemps qu'ils sont partis...Je vais voir ce qu'ils font."

"Pas tant que ça...après, il y a certainement du monde aux toilettes ...Puis le lieutenant et Mü sont avec Kiki ainsi qu'un agent de sûreté..."

"Agent de sûreté?"

"Oui, je l'ai vu aller vers eux et discuter avec Albafica et ils sont partis ensemble...Néanmoins...si cela peut te rassurer, on peut aller voir après eux ..." Soumit le Grec commençant à sentir une angoisse qu'il ne put expliquer.


"Où nous conduisez-vous? Les toilettes sont de ce côté et..."

"Pour plus de sécurité lieutenant et, pour ne pas éveiller la curiosité des gens, il serait mieux que le petit aille dans les waters des employés." fit remarquer l'agent.

Mü écoutait distraitement la conversation des deux hommes, soucieux de voir Kiki aussi silencieux et morose. Il pressa la main de petit garçon d'un geste réconfortant et quant celui-ci leva son regard bleu gris sur lui, le Tibétain lui fit un clin d'œil:

" Ça va aller Kiki ...Puis je suis certain que Pharaon va être arrêté bien avant que l'on monte dans cet avion...Allez, fais moi un sourire! " Continua-t-il en ébouriffant la chevelure rousse.

"Tu dis ça pour me réconforter... en fait t'en sais rien..." Bougonna le garçon.

"C'est ici...Vous pouvez entrer, moi j'attends dehors. "

Le lieutenant Albafica ouvrit la porte et passa devant pour voir s'il y avait personne. Puis il fit un signe au garçon qui le suivit en lâchant la main de Mü.

La porte fermée sur eux Mü lança un coup d'œil discret sur le type à ses côtés .Quelque chose chez cet homme le mettait mal à l'aise. Il ne savait pas quoi, mais il restait sur ses gardes.

Kiki se précipita dans un toilette et la seconde d'après un homme d'entretien entra dans la pièce, accompagné du garde de la sûreté:

"C'est ok lieutenant, j'ai tout vérifié..." Lâcha-t-il avant de ressortir.

Albafica regarda celui qui venait d'entrer commencer à nettoyer les lavabos et se détourna de lui lorsqu'il entendit la chasse d'eau. A peine eut il fait quelques pas vers la porte où se trouvait le rouquin, qu'il se figea. La lumière venait de s'éteindre subitement, un mouvement attira son attention. Le lieutenant n'eut que quelques secondes pour trouver une parade. Il s'insulta intérieurement pour s'être laissé avoir comme un bleu. Il prit son arme mais n'y voyant pas grand chose, il préféra foncer sur la silhouette mouvante la prenant par surprise. Un bruit mat, puis un glapissement étouffé se fit entendre lorsqu'il entra en collision avec l'homme. Sous le choc le malfrat lâcha son arme qui glissa plus loin. Sans lui laisser le temps de réagir, Albafica le plaqua sur le sol, et lui tordit le bras dans le dos. Le faux homme d'entretien essaya de récupérer son arme mais étant trop éloignée, il abandonna et se débattit comme un beau diable. Albafica tint bon et lui mit les menottes. Il alla voir aussitôt Kiki tétanisé par la peur et lui chuchota doucement en refermant la porte des toilettes sur le garçon:

"Kiki...tu restes caché jusqu'à ce que je te dise de sortir..."

Puis il s'écria en pointant son arme sur l'entrée:

" Monsieur l'agent!"

De l'autre côté des toilettes Mü entendit l'appel pressant du lieutenant et se précipita suivi de l'homme de la sécurité. Cependant à peine furent-ils entrés qu'ils s'arrêtèrent en voyant le policier menacer le faux agent. Le Tibétain fit un pas de côté et chercha du regard Kiki.

"Les mains en l'air et pas un geste suspect ou je n'hésiterai pas à tirer."

"Mais? Qu'est-ce qu'il vous prend?"S'indigna l'homme en levant les mains.

" Vous avez laissé entrer cet homme en prétendant qu'il n'y avait rien à craindre, pourtant ce type avait une arme sur lui ...Kiki tu peux venir."

"Je n'aime pas ce que vous insinuez lieutenant." Grogna l'autre en surveillant la porte qui s'ouvrit doucement.

Le jeune garçon sortit avec prudence et lorsqu'il vit Mü, il se précipita dans ses bras. Profitant d'une seconde d'inattention du policier, l'homme assis par terre et menotté, prit par surprise Albafica en lui donnant un coup de pied dans le tibia le déconcentrant un instant, instant qui suffit à l'autre tueur de sortir une petite arme de sa manche de veste qu'il braqua aussitôt sur Kiki visant la tête.

Tout se déroula alors à une vitesse folle, l'oncle du garçon voulant le protéger s'élança pour s'interposer entre le pistolet et son neveu en faisant obstacle de son corps. Mü senti la balle pénétrer dans son épaule gauche. Il s'effondra en poussant un cri de douleur.

Tandis que dans un même temps Albafica n'hésita pas et tira sur le malfrat qui s'écroula par terre gravement blessé.

"Mü!" Hurla Kiki en proie à la panique.

Se tenant le bras le Tibétain essaya de sourire malgré la douleur intense qui se lisait sur son visage. Des gouttes de sueurs commençaient à perler sur son front.

"Ça...ça va mon... grand...c'est...superficielle."Murmura-t-il faiblement.

Albafica l'examina sous les sanglots du petit, pendant qu'au loin on entendait des bruits de pas précipités. Peu de temps s'écoula avant que des policiers arrivent, suivis du médecin ainsi que de Shion et Saga. En voyant son père le jeune garçon se jeta littéralement dans ses bras en pleurs, tandis que le Grec inquiet se précipita vers Mû. Après avoir ausculté le truand, les infirmiers urgentistes l'emmenèrent sur un brancard.

Par dessus la tête de Kiki, Shion lança un regard anxieux sur son frère et fut rassuré par le médecin de l'aéroport.

"Il n'y a pas d'hémorragie et la balle est ressortie de l'épaule..."

Assis à côté de Mü, Saga blanc comme un linge avait glissé sa main dans la sienne trop bouleversé pour parler. Aux paroles réconfortantes du docteur, il lâcha un soupir de soulagement et serra un peu plus fort la main de son amour.

Route entre Vravrona et Poria...

Le chauffeur conduisait la voiture dans la nuit à présent noire. Les regards fixés sur la route devant eux, les deux truands parlaient de la folie meurtrière de Pharaon et se moquaient d'Angelo installé dans le coffre arrière de la voiture. Celui-ci mal en point tentait tant bien que mal d'enlever ses liens sans succès.

Tout arriva alors très vite. À la sortie d'un virage,le conducteur fut surpris par la traversée inopinée de la chaussée par une chèvre. Du moins c'est ce qu'il crut voir à travers les phares. Il freina brutalement en donnant un coup de volant et perdit le contrôle du véhicule qui dévia hors de la route pour descendre une pente raide menant à une petite crique.

"Freineee..."Hurla l'homme à côté du conducteur.

La voiture folle fut stoppée dans sa dégringolade par un rocher. Sous la violence de l'impact le pare-brise se brisa,le coffre arrière s'ouvrit, les airbags se déclenchèrent amortissant le choc pour les deux personnes à l'avant. Il y eut un silence de mort. Reprenant ses esprits en premier, l'Italien secoua la tête et fit une grimace sous la douleur. Il sentait le sang couler le long de sa tempe et il avait l'impression d'avoir passé sous un rouleau compresseur. Prenant soudainement conscience que le coffre s'était ouvert, il se dit qu'il devait en profiter pour sauver sa peau. Parce que mourir ne faisait pas partie de ses plans. Il s'extirpa tant bien que mal de la voiture, qui était dans un sale état à cause de l'accident. Il marcha péniblement vers le devant du véhicule et vit que les bandits étaient inertes, l'un la tête sur le volant et l'autre le visage tourné vers l'extérieur.

L'Italien se mit à genoux en plissant les yeux sous la douleur et ramassa un bout de verre pour couper ses liens .Une fois que cela fut chose faite, il voulu s'approcher d'un des deux hommes pour prendre son portable. Mais avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, il entendit un gémissement. Alors il ne chercha pas plus loin et décida de rejoindre la route.

Il continua à marcher péniblement sans se retourner, sans remord ni pitié pour les deux truands qui n'auraient pas hésité un instant à le tuer. Soudain il trébucha et se releva en maugréant sur cette route mal éclairée et observa les alentours.


Aphrodite roulait vers Vravrona en se maudissant. Mais quel crétin il était d'avoir pris la mauvaise sortie! Cela lui avait fait faire un détour, petit mais quand même! Il soupira longuement, en fait il s'inquiétait car il n'avait pas réussi à joindre Ikki, ni Angelo d'ailleurs...Tout à ses pensées, il ne vit pas tout de suite la personne qui marchait laborieusement sur le bas côté droit de la route et qui allait dans le sens opposé de lui. Lorsqu'il vit celle-ci lever les bras en lui faisant signe de s'arrêter. Qu'est-ce que ce type faisait seul et de surcroit à pieds sur une route quasi déserte? Le Suédois pas rassuré ralentit à la hauteur de l'individu... Tiens bizarre on dirait... Angelo! Il pila brusquement et descendit de son véhicule pour rejoindre son ami et s'aperçut avec horreur qu'il était mal en point. Aphrodite écarquilla les yeux et porta sa main à sa bouche. Son ami avait des plaies et du sang sur le visage et plissait les yeux sous la douleur.

" Oh mon dieu ...Angelo? Mais...qu'est-ce qu'il t'est arrivé!" S'écria le Suédois paniqué.

" J't'expliquerai en route..."Fit l'Italien s'appuyant sur le bras de son protagoniste qui l'aida à monter dans le véhicule.

Puis il rejoignit sa place au volant et mit le contact lorsque l'Italien lui dicta:

" On va à Rafina..."

"Mais? Je dois aller chez toi! Je suis inquiet pour Ikki il..."

"...Est sûrement sur la route qui mène à la villa où Ares est mort " Compléta Angelo en coupant son interlocuteur.

"Il est donc passé par ici ? Sans te voir?"

"Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué j'ai eu un accident... le type qui conduisait la voiture a perdu le contrôle du véhicule et la bagnole s'est retrouvée en bas de la pente qui mène à une crique...j'suis resté un p'tit moment sonné...Ils sont certainement passés pendant ce laps de temps et comme il fait nuit ..."

"Ils ne t'ont pas vu...Poursuivit Aphrodite en accélérant... Et la police?"

"Je suppose qu'Ikki les a tenus au courant...Et vu l'heure qu'il est, le commissaire doit bientôt arriver à cette villa... s'il n'y est pas déjà."

Le silence se fit dans le véhicule, Aphrodite se concentra sur la route pendant qu'Angelo chercha dans la boite à gant un antidouleur. Il le trouva et avala le médicament.

Prés de la falaise où Arès a trouvé la mort...

La fratrie avait repris conscience et depuis peu Shiryu essayait vainement d'ouvrir le coffre. La voiture ralentit doucement et ils entendirent un bruit comme un portail qui s'ouvrait. Puis celle-ci reprit doucement sa route et stoppa. Ils se regardèrent comprenant qu'ils étaient arrivés à l'endroit où Pharaon avait décidé de les tuer. Shun chercha la main de son aîné et la serra avec force. Shiryu répondit à son geste en accentuant la pression d'un geste réconfortant.

"Il...Il va pas nous tuer...là...maintenant?"

"Non je ...ce serait trop simple pour un esprit tordu comme le sien."

"J'ai peur Shiryu...Tellement peur..."Souffla le plus jeune effrayé.

L'ainé leva légèrement la tête et même s'il ne voyait pas le visage de son frère, il pouvait très bien l'imaginer au ton de sa voix. Son regard se fit triste et déstabilisé, car lui aussi avait peur. Néanmoins il encouragea Shun avec une assurance dont il était loin d'avoir.

"Moi aussi...Mais il ne faut pas la lui montrer. On va pas le laisser faire... ok?"

"Oui... t'as raison ...on va rester en vie." Répliqua l'interpellé d'une voix un peu plus assurée.

Pharaon sortit de la voiture. Il fut suivi aussitôt, par un grand costaud aux cheveux blonds coupés très court. L'homme de main ouvrit le coffre et l'Égyptien haussa un sourcil moqueur.

"Voyons-nous ça! Les beaux au bois dormant sont réveillés... sortez-les de là et suivez-moi, je vous conduis voir votre cher beau-père ainsi que sa pute d'amant."

Sans plus se préoccuper d'eux Pharaon tourna les talons et rentra dans la maison. Les deux frères furent bien obligés de le suivre car le colosse les menaça de son arme. Ils arrivèrent devant une porte que Shiryu reconnut et, l'Égyptien l'ouvrit en faisant une courbette moqueuse à la fratrie.

"Après vous jeunes hommes."

Ils entrèrent dans cette cave et regardèrent autour d'eux, ils distinguèrent deux silhouettes plongées dans l'ombre. La lumière se fit et les deux frères virent Eaque et Hadès les mains enchainées au mur. Ils poussèrent un cri horrifié en voyant Hadès. Plusieurs plaies couvraient son corps, son visage était tuméfié et la lèvre inférieure en sang. Shun alla s'accroupir à côté de son beau père. Shiryu qui l'avait suivit remarqua qu'Eaque avait les yeux encore brillants de larmes et que ses poignets étaient rouges et devina qu'il avait tiré sur ses chaines pour venir en aide à son amant.

"Il faudrait un peu d'eau..."Murmura Shun.

"Pour quoi faire? De toute façon d'ici peu, il sera mort et... Vous aussi."Affirma Pharaon d'une voix moqueuse.

Les yeux de Shun se froncèrent alors que les larmes se mirent à perler aux coins de ses yeux. Il se mordilla faiblement la lèvre, voulant empêcher ses larmes de couler. Eaque eut un grognement sourd et échangea un regard avec son amant. Les yeux du Népalais étaient emplis d'anxiété et d'incertitude, pour la plus grande peine d'Hadès qui sentit son cœur se briser à cette vue. Mais tout ce qu'il put faire pour le rassurer, ce fut de lui renvoyer une mimique de sourire. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir encore une fois l'embrasser.

Shiryu sentit une vague de colère mêlée d'impuissance le submerger. Il jeta un œil sur l'Égyptien et surprit son regard moqueur posé sur lui.

"Monsieur! L'interpella un des costaux. Deux policiers armés ont voulu rentrer dans la propriété en cachette. Ils savaient que vous vous y trouviez."

"J'espère que vous avez fait le nécessaire? " Demanda Pharaon le regard dur et autoritaire.

"Oui, monsieur ...ils ne poseront plus de problème...Mais d'autres vont certainement bientôt arriver."

" Comment? Comment l'ont-ils su? Oh et puis je m'en fiche...Messieurs pendant que je finis ce que j'ai à faire ici...allez surveiller dehors."

Les gangsters acquiescèrent avant de se diriger vers la porte. Pharaon se tourna vers les prisonniers avec un étrange sourire. Il fallait maintenant que les choses se terminent. Le jeune homme allait honorer sa promesse de vengeance.

"Bien le moment est venu...mais je dois vous avouer que je suis frustré... j'avais prévu de m'amuser un peu avec vous avant de vous envoyer rejoindre Arès mais..."

"Tu n'es qu'un sale petit larbin à son maitre...pathétique...Même mort! Il te dicte ta conduite...Tu n'es et ne seras toute ta vie, qu'une personne seule, sans amis, sans amour car tu peux me croire ton Arès ne t'aimait pas, il se servait de toi... "

"Sale menteur...Il m'aimait! Tu entends?! Il m'aimait!"Hurla le tueur perdant de sa condescendance.

"Faux! Il me l'a dit ici même .Bien sûr... il n'a jamais prononcé ton nom...tu veux savoir comment il te surnommait? Mon pantin..."Continua Hadès voulant le pousser à bout et l'obliger à faire une imprudence.

Hadès était certain que l'homme en face allait le tuer, les tuer. Mais il pouvait peut-être sauver ses beaux-fils. Ceux-ci n'étaient pas attachés et ils les savaient assez vifs et courageux pour réagir à la moindre déconcentration de Pharaon. Et malgré les suppliques d'Eaque lui demandant de se taire. Et malgré son cœur qui saignait car il savait qu'il ne pourrait sauver son amour. La mort dans l'âme, il continua:

"Mon pantin ou bien... Ma chienne..."

Le corps de son interlocuteur avança lentement, l'expression de la figure tordue par la rage. Shiryu et Shun se lancèrent un regard et se mirent d'accord sans avoir eu à prononcer un seul mot. La porte était entrouverte et ils s'élancèrent sans réfléchir...

"Stop! Ou je tire..."

Shun passa la porte en premier et s'arrêta à la menace, mais il sentit une main le pousser avec force et vit la porte se refermer sur lui. Il resta désorienté pendant une seconde puis il se mit à courir comme un fou jusqu'à un long couloir. Il monta les escaliers et se cacha dans la première pièce qu'il vit...Une chambre, il referma la porte derrière lui et se laissa glisser par terre. De grosses larmes tombèrent sur son jean pendant les longues minutes d'attente qui s'égrenaient dans une angoisse terrifiante.


Pharaon avait attrapé Shiryu par les cheveux et mit le pistolet sur sa tempe. Celui-ci put sentir le froid d'un canon de revolver s'appliquer à côté de son œil droit.

"Alors tu veux mourir en premier? C'est ça que tu veux!?"Hurla-t-il en tirant avec force sur la chevelure noire.

Puis son expression changea et il propulsa le jeune homme contre le mur prés d'Hadès en éclatant d'un rire démentiel:

"Bien joué ...Bravo! S'exclama-t-il en tapant des mains... Mais...hélas tous cela n'aura servi à rien, Shun va quand même mourir." Affirma-t-il un soupçon d'ironie dans la voix.

"T'es vraiment un malade..." l'interpella Eaque.

Ne prenant pas la peine de répondre l'Égyptien appela les hommes de mains et donna ses directives:

"Qu'un d'entre vous le recherche et quand vous l'aurez trouvé...tuez-le ... "

"Non...j't'en pris! Pas Shun..." Supplia Shiryu.

Pharaon fixa le jeune japonais et eut un instant d'hésitation. Puis en soupirant, il ferma son portable et se tourna vers Eaque un sourire mauvais peint sur ses lèvres.

"Malade? Non...Je suis un tueur professionnel...je tue à priori parce qu'on me le demande et...ma foi ...je reconnais que j'aime ça."

"Quand je pense que tu te disais mon ami... "Lâcha amèrement Shiryu.

"Amis? Tu as perdu mon amitié en allant fouiner dans ma chambre. Pourquoi? Pourquoi tu m'as fait ça!"

"Je...je l'ai fait parce que je commençais à avoir des sentiments pour toi et je voulais être sûr...Tu comprends tout le monde me disait de me méfier de toi et...je voulais leur prouver qu'ils avaient tort..."

"Quelles sortes de sentiments?" S'enquit précipitamment l'égyptien en s'approchant.

" Des sentiments très forts ...plus que de l'amitié" Souffla le Japonais.

Hadès et Eaque se jetèrent un regard perplexe, à quel jeu jouait Shiryu? Puis commençant à comprendre ce qu'il voulait faire, les deux hommes anxieux se tournèrent vers lui.

"Comme? "Insista le tueur.

"De l'amour..."Souffla l'intéressé.

L'avocat fronça les sourcils en pensant que le petit jeu de son beau-fils était dangereux surtout avec un fou comme Pharaon. Néanmoins, il garda le silence et attendit la suite des évènements.

Le tueur secoua aussitôt la tête de manière négative.

"Menteur! Tu ferais n'importe quoi pour les sauver!"

"Oui et je serai même prêt à me sacrifier pour eux...Mais ce que je viens de te dire est vrai..."

"Alors dis-moi ? C'était quoi ce baiser tout à l'heure, avec ton Italien?"

"Un adieu...Comprends-moi, je ne dis pas que je n'aime pas Angelo, mais pas comme je le pensais au début..."

Shiryu leva son regard sur Pharaon et vit qu'il était tout ouï à ses paroles.

"Pourquoi t'es resté avec lui. Pourquoi tu ne m'as rien dit?" Demanda l'Égyptien suspicieux.

"Parce que c'est quelqu'un de bien et je ne voulais pas lui faire de la peine .Néanmoins je me devais d'être honnête avec lui et je voulais lui dire que je le quittais hier. Seulement vois-tu, je n'en ai pas eu l'occasion. Et pour répondre à ta deuxième question... je...j'étais un peu perdu et je ne savais pas comment te dire que j'étais tombé amoureux de toi...Surtout que je ne connais pas tes sentiments à mon encontre."

" Ah oui? rétorqua l'intéressé, en levant un sourcil perplexe. Amoureux... Alors si je t'embrasse, tu ne vas pas me repousser..."Continua-t-il d'un air sardonique alors qu'il plongeait un regard insistant et méfiant dans celui du Shiryu.

Un léger frisson parcourut la peau de Shiryu. Il n'aimait pas la tournure que cela prenait. La mâchoire du jeune Japonais se contracta mais il se décida à jouer le jeu. Comme il l'avait dit, Il était prêt à se sacrifier.

Pharaon tendit soudainement la main pour l'approcher de sa joue et le jeune homme dut se retenir de reculer ou de le repousser.

"Tu ne me réponds pas?" Poursuivit l'égyptien tout en se penchant légèrement.

Les lèvres du tueur vinrent soudainement à la rencontre de celles de Shiryu. Le Japonais eut un geste instinctif de répulsion et se plaqua contre le mur. La langue du tueur avait déjà franchi tout barrage pour entrer dans sa bouche. Le jeune homme se raidit d'autant plus qu'une déplaisante sensation de dégout le gagnait, mais il se laissa pourtant faire. C'était nécessaire pour le plan qu'il avait imaginé.

Pharaon rompit le baiser, en fronçant les sourcils mécontent.

"Tu n'es pas très convainquant." Critiqua-t-il en fixant le jeune homme semblant sonder son âme.

Le Japonais eut la désagréable impression qu'il savait lire dans ses pensées. Son cœur cognait dans sa poitrine avait-il sentit que pendant le baiser, il avait prit le deuxième pistolet se trouvant dans sa poche de veste? Il le serra très fort dans la main caché derrière son dos. Il n'avait pas le choix... il devait agir et vite!

Mais avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, Pharaon eut un sourire vipérin aux lèvres et laissa échapper un rire bref.

"Ta petite manigance est pathétique...Tu penses vraiment m'avoir aussi facilement? Donne-moi immédiatement l'arme que tu m'as volé pendant notre agréable et... faux baiser." Conclut Pharaon, en fronçant dangereusement des sourcils.

Shiryu sentit une vague de colère mêlée d'impuissance le submerger. Il leva son bras et menaça son interlocuteur avec l'arme:

"Non...Dis à ton gorille de laisser Shun et détache-les "Ajouta-t-il en montrant du menton les deux prisonniers.

Hadès et son compagnon étaient n'osaient prononcer le moindre mot de peur que tous ne partent en vrille car ils savaient qu'il suffisait de peu pour que l'Égyptien tire sans aucune hésitation, ce qui n'était pas le cas de Shiryu.

Un son amusé s'échappa des lèvres de Pharaon et il se moqua :

"Et puis quoi encore?"

"Mais bon sang... Tire !" Cria soudainement la voix d'Hadès.

Le doigt de Shiryu se raffermit sur la gâchette. Cependant dans un même temps l'égyptien leva son arme. Néanmoins il ne visa pas le Japonais...non... ce fut Eaque qui fut dans sa lime de tir sous les yeux horrifiés de la personne concernée, de l'avocat et du Japonais.

"À ton avis? Qui de nous deux sera le plus rapide? Crois-tu me toucher avant que je ne tue ton ami? Sache que moi, je suis certain de faire mouche entre ses deux yeux bien avant que tu n'aies appuyé sur la gâchette. Alors que décides-tu? Je compte jusqu'à trois...un..."

Shiryu essaya d'avaler sa salive mais sa bouche était sèche. Il sentit une goutte de sueur glisser le long de sa tempe. Deux...sa main trembla et il laissa tomber l'arme.

Pharaon plissa les yeux et baissa le pistolet, mais toutefois et malgré que le jeune homme eusse obéi à son ultimatum, il tira sur Eaque.

"Non!"

"Eaque!" Hurlèrent de concert Hadès et Shiryu.

Le souffle du Népalais se coupa et il poussa un cri de douleur, sa jambe venait de recevoir la balle.

L'avocat sentit des frissons de peur parcourir son corps, Il écarquilla ses yeux verts qui passèrent en une fraction de seconde à diverses sentiments, l'affolement, l'angoisse, mais, aussi et avant tout : de la souffrance face à la douleur de son amant et de la haine envers le cinglé face à eux.

"Ça...ça va ! "Souffla le blessé voyant le regard affolé de l'avocat posé sur lui.

"Salopard!" S'écria celui-ci à l'attention de l'Égyptien.

Le tueur se contenta de le regarder de haut avec un regard supérieur avant de répondre à la sonnerie de son portable. Il écouta un instant son interlocuteur puis le ferma avec un petit sourire narquois:

"Bon maintenant fini de jouer... dans dix minute la police sera là, donc je vais vous dire adieu ..."

Il prit un bidon et en versa autour d'Eaque et d'Hadès puis fit une ligne jusqu'à la porte sous les yeux remplis d'horreur de ses prisonniers:

"Qu'est-ce? Non! Je t'en supplie ! Arrête, je ferais ce que tu voudras, mais laisse-les tranquilles! "

"Hahaha...Ah oui? Même si je te dis que...j'ai tué Minos, ainsi que Kiki et...ton Italien." Exposa le tueur en arborant un sourire acide.

Un silence angoissant s'ensuivit à ce cruel énoncé. Eaque le teint blafard baissa la tête et ne put empêcher ses larmes de couler le long de ses joues. Pendant qu'Hadès resta de longues minutes le regard humide fixé sur son amant, tandis qu'un tas de souvenirs sur le rouquin lui venaient à l'esprit. Non ! se reprit-il...Ils...ils ne pouvaient pas être morts... pas Kiki si débordant de vie...Il quitta des yeux le Népalais puis se tourna vers son beau fils et, ce qu'il vit lui tordit le cœur. Le jeune homme était blanc comme un mort, des larmes coulaient le long de ses joues, les bras ballants le long du corps. Tétanisé sur place, il avait l'air complètement perdu.

"Menteur! Il ment Shiryu pour te faire mal...pour nous faire mal! Comment aurait-il pu?"

Le Japonais essaya de parler, mais ses mots ne voulurent pas sortir, bloqués dans sa gorge serrée par l'horreur, la souffrance, le chagrin de ce qu'il venait d'apprendre par ce monstre.

"Comment? Minos je l'ai planté. Quant à Kiki un homme de main s'en est occupé...Puis...Angelo a été jeté à la mer...j'vois pas comment il aurait pu s'en sortir avec les mains attachées dans le dos..."

Un sourire sadique sur les lèvres, Pharaon se tourna vers Shiryu toujours figé, les yeux remplis d'effroi. Le regard narquois, il continua en s'esclaffant méchamment:

"Remarque mon ange maintenant... t'as plus besoin de rompre...Ahahahah"

Le regard sardonique du tueur revint sur les deux amants enchainés et d'un geste lent, sorti de sa poche de pantalon un briquet. La vue dudit biquet fit enfin sortir le jeune homme aux cheveux de jais de sa léthargie. Une salive d'un goût acide se répandit dans sa bouche, ses ongles se plantèrent dans ses paumes. Aveuglé par les larmes, fou de rage, il ramassa vivement l'arme qu'il avait laissée tomber il y a quelques minutes et ne réfléchissant pas, il tira sur l'Égyptien.

Surpris par la vivacité du Japonais, Pharaon qui avait sous-estimé la réaction du jeune homme, n'eut pas le temps de riposter et fut touché au bras qui tenait l'arme et le laissa tomber. Il lâcha le briquet et se baissa vivement pour ramasser le pistolet de sa main valide. Mais il reçu un coup de cross sur la tête et s'effondra à moitié sonné. Puis le Japonais attrapa les clefs des chaines et se rendit prés de son beau père pour le détacher. La main libre, Hadès lui prit les clefs des mains.

"Laisse, je vais le faire moi même... Donne-moi son arme et le briquet...vite!"L'interpella-t-il.

Le jeune homme obéit aussitôt et se baissa pour prendre les deux objets demandés. Mais il fut surpris d'entendre crier de concert les deux amants :

"Attention! Il est derrière toi!"

Shiryu fut tiré par les cheveux et amené violemment dos contre le torse du tueur. Il ne perdit pas un seul instant et donna un rapide coup de pied dans le flingue qui termina sa course au pied d'Hadès .Pharaon le plaqua plus contre lui avant de mettre une lame d'un couteau sur sa gorge. Montrant ses dents dans un sourire aliéné, il ordonna à l'avocat libre de ses mouvements maintenant tenant l'arme que Shiryu avait réussi à lui glisser:

" Pose ce flingue ou je lui tranche la gorge!"

Le Japonais silencieux, se contenta de dévisager son beau père en posant instinctivement une de ses mains sur le bras tenant le couteau. De par ce geste, il voulut alléger la pression de la lame sur son cou.

"Non..."Déclara Hadès d'une voix impersonnelle.

"Tu penses que je ne le ferai pas?!"

"Je pense que cette arme est ce qui va nous permettre de rester en vie...Alors je te le répète... non je ne te la rendrai pas. "

"Si tu tires, tu le tues... tu en es conscient?"

"Oui ...mais je sais que Shiryu comprend que je n'ai pas le choix" Répliqua Hadès en continuant de fixer son beau fils.

Ce dernier resta d'un calme impressionnant. Un léger
trouble voilait son regard, mais il resta silencieux. Pourtant Hadès eut l'impression de l'entendre dire à travers ses yeux verts : Fais ce que tu as à faire ...

Pharaon fixa l'avocat et fronça les sourcils, le regard dudit avocat était déterminé. Il parut hésiter un instant, puis se servant de Shiryu comme bouclier, il recula pour sortir de la cave.

Hadès plissa les yeux en continuant de pointer l'arme sur le tueur et de ce fait, sur son beau fils. Eaque de plus en plus mal, peinait à penser. Cependant il avait ouvert grand ses yeux remplis d'effroi en entendant les réponses dures d'Hadès et regarda Shiryu qui avait le visage impassible comme s'il était indifférant, comme si il se moquait d'être blessé, voir tuer, pour revenir sur son amant.

L'Égyptien franchit le pas de porte de la cave et ordonna au Japonais de la fermer à clefs. Une fois que cela fut fait. Il quitta la villa emmenant le jeune homme avec lui.

Dans un même temps...

Le bruit d'un coup de feu à quelques mètres de là, fit sursauter Shun. Le cœur battant à tout rompre, il sortit de sa cachette et avança silencieusement sur le carrelage, les sens aux aguets. Il ouvrit le plus doucement possible la porte, regarda dans le couloir s'assurant que la voie fut libre. Il se rendit prudemment vers l'escalier lorsqu'il entendit des bruits de pas discrets montants les marches. Faisant demi-tour, il ouvrit la première porte sur sa droite menant à ce qu'il put distinguer à la lueur de la lune, une autre chambre. Et pour la seconde fois se retrouva en dessous d'un lit. Dans un sursaut de logique, il se commença à douter de sa cachette. N'était-ce pas là que l'homme allait regarder en premier? Il voulut sortir de sa planque pour en trouver une autre. Mais il était désormais trop tard, la porte s'entrouvrit. Shun pria pour que le truand ne songeât pas à regarder sous le lit. Il pouvait voir, avec une peur grandissante, les pieds de l'homme se diriger vers lui. Il avait l'impression que son cœur allait jaillir d'un instant à l'autre de sa poitrine. Il ferma les yeux en priant pour ne pas être repéré. Et les ouvrit de surprise en entendant un murmure.

"Où es-tu Shun..."

"Aiolia?" Murmura une voix de dessous le lit.

Le châtain se tourna vers la personne qui sortait de sa cachette. Son cœur fit un bond dans sa poitrine en voyant Shun. Le jeune homme se réfugia dans les bras de son lion, qui le serra contre lui le réconfortant en caressant tendrement ses cheveux et attendit que son lutin arrête de trembler.

"J'ai...J'ai eu si peur que se soit un homme de main."

Le châtain resserra ses bras, berçant tendrement son lutin et embrassa les cheveux de son compagnon et lui caressant le dos, le calmant.

"C'est fini mon petit lutin...La police vient d'arriver...Viens, il faut rejoindre les autres."


Ikki regarda avec émotion et soulagement son cadet venir à leur rencontre avec Aiolia. Celui-ci avait un bras autour de la taille de Shun. Et malgré la joie de savoir son frère hors de danger, il ne put s'empêcher d'être un peu jaloux du Grec. Néanmoins, il se reprit vite, car rien ne comptait plus pour lui que le bonheur de son cadet. Il cligna des yeux pour empêcher les larmes sournoises qui voulaient s'échapper de ses paupières. Son petit frère était sain et sauf et c'était le plus important. En fait pour être honnête et ce malgré qu'il ne l'avouerait jamais, il aimait bien le châtain. Il posa une main sur l'épaule de Shun.

"Ça va otouto?"

"Oui...Mais...Pourquoi Shy n'est pas avec vous?" demanda soudainement l'interpellé en le cherchant des yeux.

Il arrêta son regard sur Dohko qui aidait Hadès à transporter Eaque. Le malheureux était en sueur et tremblait violemment. Shun déglutit en voyant la blessure du Népalais. Sa cuisse pissait le sang malgré un pansement de fortune. Ce n'était vraiment pas beau à voir.

"Content que tu ailles bien Shun...et pour te répondre, Pharaon l'a emmené avec lui." Ajouta son beau père.

Shun leva vers son interlocuteur ses émeraudes noyées de larmes.

"Pourquoi? Il...Il ne va pas lui faire mal...N'est-ce pas?"

Shun avait parlé d'une voix tremblante et triste. Il semblait si malheureux qu'Ikki le prit à son tour dans ses bras. Même s'ils s'étaient retrouvés depuis peu. Il connaissait assez son petit frère pour savoir combien, il devait être mal.

Des coups de feu les firent sursauter.

"Vite! Il faut sortir d'ici!"Les interpella Aiolia d'une voix qui laissait transparaître son inquiétude.

"Oui... Ikki prends ma place, je vais chercher mon frère."

"Je viens aussi...on ne sera pas trop de deux. " Affirma l'avocat

"Tu t'en sens capable?"

"Oui... Mon état est moins grave, que cela en a l'air. Dépêchons-nous " Répliqua-t-il d'un ton qui n'admettait pas de refus.

Dohko et Hadès partirent en courant. Ikki et Ailoia soutinrent le blessé tandis que Shun se mit à côté de son lion. Le petit groupe se dirigea doucement vers la porte d'où les deux hommes venaient de sortir et que de Pharaon avait certainement prise car c'était la plus prés de la cave. Le silence se fit soudainement, il n'y eut plus de bruit de fusillade. Et ce fut avec un grand soulagement, qu'ils entendirent le commissaire donner des ordres.

Une fois dehors Shun ne put s'empêcher de regarder avec tristesse en arrière dans la direction prise, il y avait quelques minutes par Dohko et Hadès. Il sentit la main de son lion se glisser dans la sienne en serrant sa prise. Puis il l'attira vers lui et déposa un rapide baiser sur son front.

"Ça va aller... Dohko ne laissera pas ce dingue lui faire du mal." Murmura-t-il pour tenter de le rassurer un peu.


Pharaon et Shiryu venaient d'arriver à la falaise. Une brise fraîche caressait doucement le visage des deux hommes faisant virevolter quelques mèches des chevelures de jais. L'Égyptien affichait un petit sourire plus que satisfait sur ses lèvres. Il lâcha le Japonais et lui ordonna de se mettre à genoux mains sur la tête. Voyant que celui-ci ne bougeait pas, il l'attrapa par les cheveux et lui donna un coup de point violent dans le ventre qui le fit plier en deux sous la douleur. Puis d'un violent coup de pied, à l'arrière du genou, il fit tomber le jeune homme. Shiryu sentit Pharaon saisir brutalement ses poignets, et les attacher dans son dos. Il eut un frisson de dégoût lorsqu'il sentit une langue lui caresser la joue pour aller jusque son oreille où il chuchota avant de le lâcher brutalement:

"Plan B..."

Pharaon déterra un plastique et en sortit une sorte de boîtier. Son visage s'agrandit d'un sourire très mauvais en le regardant.

"Faut pas oublier que je suis un professionnel et que j'avais prévu de passer à l'acte ce week-end...Comme tu peux voir,"continua-t-il en levant la main avec la télécommande." Il me suffit d'appuyer sur ce bouton et boum! Ils sont tous morts...un, deux et trois..."

"Non!" hurla à plein poumon Shiryu en se relevant. Trop tard Pharaon avait déclenché la bombe sous les yeux horrifiés du prisonnier.

De là où le Japonais se trouvait, il entendit le bruit de l'explosion. Shiryu ferma les yeux et serra les poings avec un terrible sentiment d'impuissance: Non...répéta-t-il une seconde fois le visage inondé de larmes et, il se laissa tomber sur le sol en pleurs.

Pharaon regarda le jeune homme écroulé de douleur. Pendant un instant, un court instant, il eut de la peine de le voir ainsi et tendit une main vers la tête brune, mais se ravisa aussitôt. Il avait fait ce qu'il devait faire, il n'était pas homme à se laisser marcher sur les pieds sans réagir. Il avait tué son grand frère et tant d'autres personnes sans l'ombre d'une hésitation. Il n'en avait aucun remord et en avait jamais eu. Il était un tueur et comme le disait toujours Arès, pas de sentiments. Puis il fallait avouer qu'il aimait voir la souffrance sur les visages. Un sourire fou naquit sur ses lèvres oubliant son moment de faiblesse. Il ricana:

" Tu vois, j'ai tenu ma promesse...reste plus que toi mon ange! "

Il fit une pause, pour se délecter de la peine dans les magnifiques yeux verts de son vis-à-vis.

"Ta quête pour les sauver aura été vaine..". Continua-t-il en sortant une petite mallette noire du sachet.

"Monstre... tu n'es qu'un monstre... "Cracha le Japonais fou de chagrin.

"Tu crois?...Oui tu as certainement raison...Sache cependant que si, j'ai tué tes frères et Hadès... C'était non seulement pour honorer ma promesse, mais aussi pour qu'Arès me laisse en paix. Tu comprends...? Il vient me rendre visite presque tous les soirs en m'ordonnant de le venger."

"Arès est mort, il ne peut pas venir te voir...Ce ne sont que des cauchemars Pharaon...tout ça pour des cauchemars..." Murmura Shiryu amèrement.

"Non! Tu comprends rien...Pas grave ça n'a plus d'importance..."

Pharaon sorti une seringue de la mallette noire et continua:

"Je te promets que tu ne vas pas souffrir...Tu vas juste... t'endormir."

En comprenant ce que voulait faire l'Égyptien, Shiryu le regarda s'approcher en faisant un pas en arrière. Lui aussi allait mourir? De toute façon pourquoi vivre puisque tous ceux qu'il aimait été morts. Puis la panique l'envahissant peu à peu, il fit un deuxième pas en arrière se maudissait de ne pas s'être enfui en courant dès qu'il l'avait vu sortir la seringue. Mais maintenant il était trop tard, car avec une rapidité déconcertante , Pharaon lui avait attrapé le bras l'emmenant contre son torse.

"Reste tranquille..." souffla celui-ci en le sentant gigoter dans tous les sens.

Shiryu sentit l'aiguille se planter dans son épaule. Ses prunelles humides se relevèrent, il bougea la tête négativement puis celle-ci se fit lourde sa vision se troubla petit à petit avant de tomber dans un profond sommeil artificiel...


Deux silhouettes se tenaient debout sur la plage à quelques mètres de la falaise et sursautèrent au bruit de l'explosion. Angelo se crispa et ce fut avec dextérité qu'il commença à monter le sentier qui menait à la falaise sous le regard anxieux d'Aphrodite à qui il avait ordonné de l'attendre. L'Italien avait préféré passer par ce chemin sachant que si Pharaon se sentait pris, il passerait par là. Il tenait donc à lui couper la route.

Aphrodite regarda la forme de l'Italien avancer d'un pas rapide malgré sa douleur et incertain car dans le noir il n'y voyait pas grand chose. Lâchant un soupir le Suédois décida de passer outre les ordres de son ami et commença à escalader à son tour le sentier menant en haut de la falaise.


Aiolia, Shun, Ikki ainsi qu'Eaque inconscient, étaient suffisamment éloignés au moment de l'explosion. Il y eut un silence de consternation, on ne pouvait qu'entendre le crépitement des flammes. Plus personnes ne disaient un mot, ils étaient tous conscients de la chance que venait d'avoir les quatre hommes d'être sortis à temps de la villa. Sous le choc, les rescapés regardaient les flammes avides qui commençaient à entourer la maison. Le feu rougeoyant semblait danser sur leurs visages. Ils émergèrent de leur torpeur lorsqu'ils entendirent la sirène des pompiers résonner dans le lointain. Les ambulanciers déjà sur place coururent vers eux et emmenèrent Eaque sur un brancard jusque l'ambulance. Une couverture fut mise sur les épaules des rescapés. L'inspecteur Degel leur posa rapidement la question essentielle à savoir; où Pharaon avait emmené Shiryu? Et où se trouvaient Hadès et Dohko?

Il plissa les yeux et leur ordonna d'un ton dur avant de partir avec ses hommes à la recherche de Pharaon et des autres:

"Vous ne bougez pas d'ici! Et, je vous préviens que... si un de vous désobéit cette fois-ci...Je le fais enfermer ...C'est bien compris!"

"Ouais... mais admettez que ci on n'avait pas fait abstraction à vos ordres ...Shun ainsi qu'Eaque et Hadès seraient morts."Répliqua sèchement Aiolia.

Degel ne répondit pas sachant que c'était juste...Et, pour être honnête si Aiolia et Ikki n'avaient pas été là, lui même et certains de ces hommes ne seraient plus de ce monde. Puisque quelques minutes plus tard, ils seraient entrés pour chercher les prisonniers et seraient certainement tous morts, soit dans l'explosion ou sous les flammes.

À suivre...