Disclamer: Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

UA-Yaoi.

Un grand merci à ma gentille beta lectrice Zarbioide et merci à Frazil pour son soutien et son aide.


Leia26. Merci pour ton commentaire et ta fidélité à cette histoire^^.

Marine. Oui Pharaon est complètement cinglé. Merci pour ta review et ta fidélité!

Bonne lecture.


Chapitre 34.

Angelo serra les dents sous la douleur et dans un dernier effort, il arriva enfin en haut du petit sentier escarpé, longeant la petite falaise. Il se cacha derrière un vieil olivier où il s'assit quelques instants, dos contre le gros tronc noueux, pour reprendre des forces. Puis discrètement, il regarda derrière l'arbre et grâce à la lune qui brillait et semblait fuir les nuages qui la cachaient par moment, l'Italien aperçut à quelques mètres de lui, une silhouette qui lui tournait le dos. Certainement Pharaon pensa-t-il. Sans bruit, il se leva et combla l'espace qui les séparait lorsqu'il s'arrêta net en fronçant les sourcils. L'Égyptien soutenait un jeune homme aux longs cheveux de jais qui semblait être inconscient. Il ne fallait pas être devin qui savoir que ledit jeune homme était Shiryu.

"Lâche-le immédiatement!"Ordonna l'Italien d'un ton dur.

Le corps de Pharaon fit volte-face lentement, la figure tordue par la rage. Se reprenant, il répondit sournoisement en posant le Japonais sur le sol parsemé d'herbes folles et de cailloux.

"Comme tu veux...Cependant sache qu'un poison mortel circule dans ses veines ! Et que je suis la seule personne à pouvoir le neutraliser"

Le sang se vida du visage d'Angelo. Faisant fi de l'Égyptien, Le cœur rempli d'effroi et de terreur, il s'agenouilla fébrilement aux côtés de son jeune amant inconscient et chercha son pouls. Il s'aperçut avec soulagement que son cœur battait, faiblement certes... mais il battait. L'architecte scruta le visage de son chaton inconscient, il avait l'air de dormir paisiblement et...Et, s'il ne se réveillait plus jamais? À cette pensée lugubre, sa gorge se
noua, sa vue se troubla sous les larmes qui envahissaient ses yeux, alors qu'il sentait dans son dos le regard noir de Pharaon. Prenant une grande inspiration, il se retourna en ravalant ses larmes naissantes pour voir l'expression du visage du tueur. Mais il n'y décela rien, car l'Égyptien avait un air indéchiffrable.

" J't'en prie donne-lui l'antidote...Je sais que tu étais sincère en disant que tu le considérais comme un ami, un frère..."

"Oui...peut être...Seulement, maintenant il ne l'est plus, puisqu'il m'a trahi et menti..."Répondit Pharaon avec indifférence

"Donne-moi l'antidote!"S'énerva l'Italien

"Déjà que je n'ai plus la satisfaction de te savoir mort! Tu voudrais que je le sauve? Laisse-moi rire et puis quoi encore" Siffla le tueur.

Essoufflé Aphrodite arriva enfin à destination. Il ne fit pas de bruit et resta tapi derrière le même vieux chêne qu'Angelo il y avait quelques minutes. Il eut un soupir silencieux en constatant que Pharaon ne l'avait pas vu. Ne sachant ce qu'il devait faire, le Suédois regarda autour de lui. Et soudain il vit une grosse pierre à ses pieds et la ramassa d'un air sceptique. C'est alors qu'il entendit la voix menaçante de l'Égyptien et crut voir son ami menacé par une arme. Affolé, il ne réfléchit pas et sortant de sa cachette la lança sur Pharaon. Celle-ci ne toucha pas le tueur qui l'évita d'un mouvement vif, mais le déstabilisa.

Profitant de ce moment, Angelo voulu s'élancer sur lui. Malheureusement, il fut vite mis en joue par l'Égyptien qui le menaça de son arme:

"Loupé l'efféminé...se moqua Pharaon, maintenant tu t'allonges face contre terre ou je te tue aussi! Continua-t-il plus durement en fixant Angelo.

"Pauvre malade! Tu penses que je vais te laisser ..."

"Fais ce qu'il te dit Aphr!" l'interpella l'Italien en lui coupant la parole sachant que le fou devant lui n'hésiterait pas un instant pour tuer son ami.

Le Suédois fixa son homologue et après une hésitation obéit. Pharaon plissa les yeux et eut un petit sourire perfide:

"Adieu Angelo...tu seras bientôt rejoint par ton...chaton."

Cependant il n'eut pas le temps d'appuyer sur la gâchette car, sous les yeux interdits de l'Italien, Pharaon écarquilla ses yeux de surprise, il porta une main tremblante à sa blessure et regarda le sang maculer ses doigts tandis que son visage pâlissait horriblement. Il posa ses orbes d'ébène hébétées sur Dohko tenant le révolver qui l'avait blessé, puis sur Hadès et il poussa un cri de colère avant de s'écrouler sur le sol.

"Non! hurla Angelo en s'abaissant pour le retourner doucement. Non... ne meurs pas avant de m'avoir dit où se trouve l'antidote."Continua-t-il en regardant le polo qui se tachait de sang au niveau du ventre où il avait reçu la balle.

Dohko se précipita vers son cadet qui était par terre, semblant mort. Il tomba à genoux à ses côtés, submergé par la panique.

"Shiryu?!

"Oh mon dieu! J'ai cru que c'était sur toi qu'on avait tiré Angelo...J'ai tellement eu peur! s'écria Aphrodite en les rejoignant et en mettant une main sur son cœur. Que...Quel antidote?" Ajouta-t-il en posant son regard sur le corps inerte. Puis écarquilla les yeux de stupeur en commençant à comprendre.

"Oh mon dieu... il...a été empoisonné!" S'affola-t-il

"Ahah...ah...il... vient de... tuer... son frère..." Rigola Pharaon avant de tousser et de cracher du sang.

"J't'en prie Pharaon... pour lui... j't'en prie."Supplia une nouvelle fois Angelo les yeux remplis de larmes.

"Je...je ne voulais pas" Murmura Dohko avec effrois en reportant son regard sur Shiryu.

"Pharaon... j'ai un échange à te faire... ma vie contre l'antidote, soumit froidement Hadès surprenant tout le monde. Je suis celui qu'Ares voulait tuer avant tout...cela ne serait-il pas une satisfaction pour toi, ma mort?"

Pharaon tourna la tête vers Hadès pour le sonder. Celui-ci avait une expression indéfinissable, néanmoins l'Égyptien sut qu'il était sincère.

"D'ac...cord ...donne... mon... arme."

Les trois protagonistes se regardèrent sidérés par les paroles d'Hadès. Que devaient-ils faire? Empêcher l'avocat de se sacrifier? Alors dans ce cas, Shiryu était peut-être, voué à une mort certaine. Ils n'eurent pas le temps de pousser plus loin leurs réflexions qu'ils virent Hadès prendre l'arme et la donner au tueur:

"Tu vois? Je suis sérieux ..."

"L'antidote! Il faut qu'il dise où se trouve l'antidote avant..."Paniqua Angelo oubliant, dans sa peur de perdre son amour, qu'une vie en dépendait.

"Non...! Tu ne peux pas faire ça Hadès! Shiryu ne le voudrait pas..." S'écria Dohko la mort dans l'âme. Puis qui te dit qu'il a vraiment l'antidote."

Surprenant tout le monde, dû à son mauvais état, Pharaon prit l'arme des mains d'Hadès d'un geste vif leva le pistolet vers le torse de celui-ci.

"Posez cette arme ou je tire." Cria la voix du commissaire Degel.

Surpris quatre têtes se retournèrent vers les policiers qui se trouvaient à même pas trois mètres d'eux et qui braquaient leurs lampes, seule source de lumière des alentours, sur eux.

Un petit sourire naquit sur les lèvres de Pharaon et malgré l'ordre du policier, il mit un doigt sur la gâchette prêt à tirer. Mais heureusement pour l'avocat, le tueur fut prit de tremblement, néanmoins il persista et tira. La balle frôla le côté du torse d'Hadès ne faisant que l'érafler. L'inspecteur réagit d'emblé et visa le tueur. Mais il baissa son arme en voyant que Pharaon avait lâché la sienne à bout de force.

Angelo se baissa en souleva délicatement Shiryu dans ses bras sous les regards mortifiés et peinés de ses homologues, puis vint devant Pharaon et posa délicatement le jeune homme à côté du mourant en mettant sa veste sous la tête de son jeune amant.

"Regarde...regarde-le...Il t'a donné son amitié, il t'a défendu lorsqu'on disait du mal sur toi. Il t'a même soigné ...Et s'il était conscient, je suis certain qu'il essaierait de te sauver... Tu as sa vie entre tes mains Pharaon...Vas-tu laisser mourir la seul personne qui t'ait jamais tendu la main?"

Pharaon cracha une nouvelle fois du sang et tourna son visage sur le Japonais; il avait l'air d'un ange, ses long cheveux noir encadrant sa figure aux traits si doux devenue, si pâle. Il repensa à toutes les fois où Shiryu lui avait souri, lui avait...Il fut prit d'une nouvelle quinte de toux et commença à avoir froid, la mort arrivait. Il sentit qu'on lui faisait une piqûre et qu'on le mettait délicatement sur un brancard. Les fous...c'était trop tard cela servait à quoi de faire tout ça?

"Vous savez quel poison, il lui a administré? "

"Non..."

"Sans antidote... j'ai peur qu'on ne puisse rien pour ce jeune homme."Soupira tristement un urgentiste.

" Ce n'est pas de l'arsenic qui provoque d'atroces souffrances, ce qui n'est pas le cas. Ni du cyanure, la mort se fait par arrêt cardiaque quasi-immédiat, là aussi ce n'est pas le cas...En plus il n'a pas eu de convulsions...Reste bien la digitaline ce poison agit sur le cœur, et provoque des arythmies mortelles, quelques minutes à quelques heures après l'ingestion..." Réfléchissait à voix haute son collègue

Pharaon entendit comme dans un brouillard la conversation. Il enleva le masque à oxygène qu'on lui avait mis et fit un petit signe à Angelo. Aussitôt on voulut lui remettre, mais sous le regard implorant de l'Italien, Degel demanda aux urgentistes de laisser parler l'Égyptien.

Le cœur battant à tout rompre Angelo se pencha et Pharaon murmura quelque chose à son oreille puis ferma les yeux épuisé par l'effort qu'il venait de fournir.

Assis dans l'ambulance d'où il venait d'être soigné, l'avocat fixait son beau fils allongé sur un brancard à ses côtés, le cœur tenaillé par des regrets. Il sentit les larmes aux coins de ses yeux et chercha dehors du regard Angelo. Il vit celui-ci se relever serrant les poings sous la colère et injurier le tueur. Un policier sous les ordres du commissaire l'éloigna du blessé .Il fronça les sourcils et l'espoir que Pharaon ait dit où il avait caché l'antidote s'évapora comme de la neige au soleil.

L'ambulance avec le mourant partit vers l'hôpital où Eaque avait été transporté.

"Je vais avec lui!" Cria Angelo en montant dans le véhicule où était son chaton ainsi qu'Hadès.

"On vous suit ..."l'interpella Dohko avant que les portes de l'ambulance ne se referment.

Le Commissaire Degel après quelques recommandations à ses hommes, prit le même chemin que le détective et Aphrodite, perdu dans ses réflexions. Le tueur professionnel avait été capturé et vu le nombre de victimes à son actif, il allait passer pas mal d'année en prison... peut être même à perpétuité. Encore fallait-il qu'il survive à sa blessure...En songeant à ses deux lieutenants que ce fou de Pharaon avait tué, il en éprouvait plutôt un soulagement. Ce qui le perturbait, c'était l'état de Shiryu. D'ailleurs, il allait se rendre à l'hôpital pour avoir des nouvelles. Quand aux ingérables témoins, il poserait quelques questions ce soir et pour les victimes, ils ne seraient certainement pas en état de lui dire quoi que ce soit.

"Oui, continua-t-il se parlant à lui-même, je les interrogerais plus tard".

Degel s'arrêta et regarda la voiture de Dohko et ses occupants qui franchissait le portail. Le véhicule disparut de sa vue. Un soupir s'échappa de ses lèvres en se tournant vers la villa enfin ce qu'il en restait. Il donna quelques autres instructions et discuta avec les pompiers avant de partir pour l'hôpital.

Hôpital Evanghelismos ...

Angelo, revenu de la salle de soin un pansement sur son arcade sourcilière, faisait des allers-retours dans la salle d'attente de l'hôpital, il n'avait toujours pas de nouvelles de Shiryu ! Cela faisait des heures, lui semblait-il, que les médecins l'avaient emmené et depuis…rien!

"Angelo assieds-toi...N'oublie pas que tu as deux côtes fissurées. "Lui ordonna doucement Aiolia.

Il jeta son regard sur son ami qui venait de l'interpeller. Le châtain assis en face de lui avait passé un bras autour des épaules de Shun. Celui-ci avait posé sa tête sur le torse de son lion, il avait les traits tirés et n'avait pas prononcé le moindre mot depuis leur arrivée à l'hôpital. Lui aussi attendait qu'on injecte enfin l'antidote à Shiryu.

"J'ai pris des antalgiques et j'suis pas en sucre...j'en ai vu d'autre." Grogna l'Italien.

Aphrodite s'apprêta à le sermonner, mais voyant l'expression peu avenante de son ami, il s'en abstint. Il poussa néanmoins un soupir à fendre l'âme.

Rhadamanthe se détourna de la fenêtre où il fixait les passants sans vraiment les voir et alla s'asseoir dans un soupir nerveux, attirant le regard d'Ikki.

L'Anglais et Kanon avaient accompagné l'ambulance qui avait transportait Minos dans un état grave à cet hôpital et heureusement, celui-ci, grâce à l'intervention du médecin, était hors de danger. Maintenant Rhadamanthe attendait comme les autres des nouvelles d'Eaque et de Shiryu.

" Minos a eu une sacrée veine que vous ayez croisé Dohko... sinon..."

"Il serait mort..."Continua Rhadamanthe.

"C'est comme Mü, il a eu énormément de chance..."

"Tiens en parlant de lui? Il n'est pas sorti trop vite?"

" Sa blessure était superficielle et l'hôtel où ils logent pour ce soir se trouve à trois pas de l'appart' de Rhadamanthe. Kanon a dit qu'il passerait demain matin pour changer son pansement."Les informa Dohko.

" À croire que vous étiez tous protégés par je ne sais quoi..."Décréta le fleuriste pensif.

"Pas Shiryu..."Grogna Angelo d'un ton bourru.

S'il perdait son chaton… Non! Il n'osait pas l'envisager. À quoi cela lui servirait-il de vivre s'il n'était plus là ? Il n'avait jamais aimé personne comme il l'aimait. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un avec qui, il se sente si complet.

Un homme poussa la porte, interrompant les pensées de l'Italien. Tous les regards se tournèrent sur Hadès. Celui-ci prit place aux côtés de l'avocat silencieusement.

"Alors? Tes blessures?"S'informa le blond.

"Rien de grave une simple éraflure et des contusions."

Une minute plus tard, Kanon réapparut dans la salle d'attente. Il était parti pour essayer d'avoir des nouvelles.

" Alors ?" Demanda Dohko en quittant son siège vivement.

Tous les autres s'étaient tournés vers lui. Le Grec eut une petite moue mi-heureuse-mi navrée.

"Eaque va bien, il est en salle de réveil. La balle n'a touché aucun organe vital. C'est tout ce que j'ai pu apprendre…"

Un soupir de soulagement d'Hadès suivit cette déclaration. En fait tout le monde éprouva un contentement à cette nouvelle, mais l'incertitude de l'état de Shiryu laissa planer l'inquiétude.

"Quoi ? Et Shiryu? Faut pas des heures pour faire une analyse!"S'énerva l'Italien qui recommença à faire les cent pas.

Finalement le médecin arriva suivi de l'inspecteur Degel et leur expliqua en entrant dans le vif du sujet la situation:

" À notre grande surprise Monsieur Izumi n'a aucun poison dans son organisme. Seulement un puissant narcotique ... Pour l'instant, il est toujours dans un sommeil profond et calme."

Angelo ferma les yeux, un sentiment intense de soulagement au creux de l'estomac. Un soupir de soulagement fusa dans la pièce. Dohko posa une main sur l'épaule de l'Italien, celui-ci tourna la tête et les yeux humides des deux hommes se rencontrèrent, ils se sourirent émus et soulagés.

"Pharaon vous a menti..." Continua le policier.

"Mais...Pourquoi!"S'exclama Shun.

"Pourquoi? Cela on le saura que lorsque je pourrais l'interroger ...s'il s'en sort."

"Docteur, je peux aller le voir?"Demanda Angelo d'une voix émue.

"Bien sûr... il est chambre 224...et Monsieur Garuda est dans la même que monsieur Griffon chambre 220..."Ajouta le médecin à Hadès. Puis il lança avant de les quitter:

"Pas plus de quinze minutes...Sauf pour les visites du jeune endormi et seulement deux personnes proches. Pour son cas c'est mieux qu'il ne soit pas seul à son réveil.

"Je vais téléphoner à Shion, Il est à l'hôtel avec Kiki, Saga et Mü. Sourit Dohko heureux de cette nouvelle. Je vous rejoins aussitôt..."

De son côté, Hadès les salua et pris l'ascenseur pour rejoindre l'homme de sa vie.

"Shun... Il faut rentrer maintenant."

"Mais non! Je veux voir Shiryu!"

"Tu as entendu le docteur... la dose de somnifère était très forte et il va certainement dormir encore deux trois heures, si ce n'est plus." Le résonna Ikki.

"Ton frère a raison mon lutin...Puis toi aussi, tu as été fortement éprouvé par tout ça et tu as besoin de te reposer."

"De toute façon si on ne part pas on va bientôt nous mettre à la porte" Ajouta Aphrodite.

Tous le monde quitta l'hôpital tandis que Shun commença à argoter. Mais Aiolia ne lui laissa pas le temps d'argumenter plus longtemps. Il prit la main de son jeune amant et l'entraina à sa suite. En sortant de l'hôpital, ils tombèrent sur Aioros qui courait vers l'entrée:

"Aioros? Mais comment as-tu fais pour être déjà là?"

"Bonsoir ...Jet privé d'un ami...Tout le monde va bien? Faites pas attention... mais j'ai hâte de voir Minos."

"Oui. On comprend...Il est dans la chambre..."

"Je sais, j'ai appelé...à demain!" Les salua le Grec en courant vers l'entré de l'hôpital.

"Aiolia...Soupira Shun. Je suis bien trop énervé, en colère et en même temps si content que Shiryu n'ait pas été empoisonné que je serai incapable de trouver le sommeil...".

"T'inquiète, je vais tellement te fatiguer que tu vas dormir comme une pierre..."

"Ah oui? À quoi penses-tu? "Répliqua sèchement Shun en plissant les yeux.

Un petit silence s'étira avant qu'Aiolia reprenne la parole d'un ton un peu trop enjoué pour être sincère. Mais il voulait faire sourire le jeune homme.

"Au sport en chambre."

"Je vais mal et toi tout ce qui t'intéresse c'est de faire l'amour! S'emporta Shun les yeux brouillés de larmes...Tu ne vois pas que je...je ... j'ai eu la frousse pas seulement pour mes frères et les autres... mais pour moi! J'ai eu peur de mourir! J'voulais pas mourir..." Craqua-t-il en sanglotant.

Le visage aussi pâle que celui d'un mort Aiolia prit de ses mains, les poings de son lutin hystérique qui le frappait sur le torse.

"Arrête !'s'écria-t-il se maudissant intérieurement de sa stupidité à ne pas avoir trouvé les bons mots pour rasséréner son ange. Tu vas te faire mal...Shun regarde-moi...s'il te plait. Insista-t-il. C'est normal d'avoir eu peur de mourir...tu crois que tu as été le seul à ressentir cette crainte? Non...tout le monde a eu peur..."

"J'suis un lâche."

'Non! Au contraire, je peux t'affirmer que tu as été très courageux ...tu es quelqu'un de courageux." Contra Aiolia, appuyant bien sur les mots pour lui montrer qu'il pensait ce qu'il disait.

"Ah ouais et tu tiens ça d'où..." Fit le jeune homme reniflant comme un enfant.

"Je le sais...As-tu seulement conscience de ce que j'ai ressenti en te sachant entre les mains de ce fou? De ma peur de ne plus te revoir vivant...Je t'aime tellement Shun et en te parlant de...de sexe, je ...je voulais te détendre et voir cette petite lueur mutine dans tes yeux..." lâcha le châtain d'une voix douce tout en plongeant ses orbes bleu ciel dans les émeraudes de son lutin.

Un léger sourire retrouva les lèvres de Shun et il souffla ému:

"Excuse moi de m'être emporté contre toi..."

"Chut..." chuchota Aiolia tendrement en posant mon index sur ses lèvres douces et chaudes. Puis il prit la main qui paraissait si petite dans la sienne:

" Viens... rentrons à la maison."


Dans une chambre de l'hôpital, Angelo et Dohko attendaient fébrilement le réveil de Shiryu. Le frère était assis au chevet de son cadet. Et, Angelo, ne pouvant pas rester en place, se tenait pour l'instant appuyé contre le mur. Il était tellement heureux à cet instant, tellement soulagé, de savoir que son chaton allait se réveiller qu'il en avait une boule dans la gorge. Il laissa son regard brillant glisser sur le jeune homme. Un petit sourire doux naquit sur ses lèvres au souvenir de leur rencontre: Une vrai tête de mule ce gamin...Il eut un petit ricanement amusé en pensant à Saga et son amour avec un grand A. Il devait bien admettre que son ami et associé avait bien raison. Il avait appris beaucoup de choses sur ce qu'une personne pouvait ressentir face à l'amour de sa vie...son jeune amant... son âme sœur. Tu m'as donné l'envie d'aimer et ce jusqu'à mon dernier souffle. Mon amour c'est toi et ce jusqu'à la fin.

Au bout d'un moment, Shiryu encore un peu engourdi ouvrit les yeux lentement et leva son regard pour voir... un plafond blanc ? Il fronça les sourcils... Il ne se souvenait plus trop bien pourquoi il se trouvait dans un lit d'hôpital…

Il entendit une voix qui murmura doucement son prénom:

"Shiryu..."

Il tourna la tête et la première personne qu'il vit fut Dohko. Puis soudain ses yeux se remplirent de larmes en regardant son frère ... Les souvenirs lui revenaient:

" Nooon ! Je ne veux pas !"Gémit-il les larmes commençant à couler sur ses joues. "Ils sont morts... Angelo est mort, Je ne veux pas vivre sans..."

"Non Shiryu... ils ne sont pas morts. Angelo est vivant ainsi que Kiki et Shun. "Le rassura avec douceur son aîné.

"Alors mon beau au bois dormant... Enfin réveillé ?"L'interpella l'Italien d'une voix qu'il voulut badine.

"..."

Encore sous le choc Shiryu tourna la tête vers la voix grave qui venait de prononcer ces mots et croisa le regard bleu nuit brillant de larmes contenues.

"Tu n'as pas attendu que ton prince charmant puisse venir t'embrasser pour dissoudre l'enchantement ?"Continua-il la voix chargée d'émotions.

Hébété, le jeune homme se redressa et le regarda silencieusement laissant ses larmes glisser sur ses joues. Il ouvrit la bouche et la referma aussitôt se contentant de fixer son amant... Puis un petit sourire ému naquit sur ses lèvres :

"Je ne suis pas encore réveillé complètement "Fit-il d'une voix à la fois bouleversée et mutine en fermant ses paupières d'où s'échappèrent quelques larmes de joie.

Angelo s'asseyant sur le lit, se pencha et scella leurs lèvres le plus doucement possible. Shiryu rouvrit ses yeux et plongea son regard brouillé rempli d'une myriade de sentiments dans les orbes bleu foncé.

Un raclement de gorge se fit entendre et les deux amants tournèrent la tête vers Dohko qu'ils avaient oublié. Un léger sourire satisfait planait sur ses lèvres. Il se leva de son siège et embrassa la joue rouge de son cadet.

"Je vais prévenir tout le monde de ton réveil...à demain petit frère. Et n'oubliez pas que vous êtes dans un hôpital... " Leur fit-il remarquer en souriant.

"Oui...On va rester sage...répondit Shiryu rougissant encore plus...Tu dis à Kiki et Shun que je les embrasse...à demain Dohko."

Une fois l'aîné parti Angelo prit son amant dans ses bras, le jeune homme se laissa aller contre la poitrine musclée. Une main caressa les longs cheveux noirs. Relevant son visage vers l'homme qui le serrait contre lui tendrement, Shiryu vit la physionomie de son amant se rapprocher, il le laissa butiner son visage de baisers et ferma les yeux de contentement. Cela faisait tellement du bien... Ne plus penser à rien... Il entrouvrit les yeux quand il sentit une bouche caresser la sienne et répondit avec la même tendresse.

Des bruits de pas dans le couloir les firent se séparer. Mais ils ne firent que passer sans s'arrêter. Shiryu fronça les sourcils et demanda brièvement:

"Et...Et Minos?"

"Hors de danger...Ne t'inquiète, tout le monde va bien."

"Hum...Et...Pharaon?"

"Lui...va certainement pas s'en sortir...Une mauvaise blessure...Mais laissons les explications pour demain..."

Shiryu hocha la tête de bas en haut puis soudain fondit en larmes. Angelo le serra dans ses bras en lui disant des mots tendres à l'oreille pour le calmer. Il avait compris tout de suite que le jeune homme évacuait simplement son trop plein de stress. La peur de l'avoir perdu, d'avoir perdu presque toutes les personnes qu'il aimait et chose tout à fait normal, la peur de mourir.

"Tout va bien mon amour...Je suis là."

Se calmant Shiryu leva son visage noyé de larmes et mit ses bras autour du cou de l'Italien pour prendre avec délice les lèvres de son amant, qu'il pensait ne plus jamais goûter.

Pendant ce temps là...

L'inspecteur Degel poussa un soupir triste en pensant aux deux policiers arrivés avant eux à la villa. Ils avaient été tués par les malfrats mis à la disposition de Pharaon. D'ailleurs ceux-ci étaient morts sous les tirs de ses hommes qui n'avaient pu faire autrement. Le policier commença à s'impatienter, il détestait les hôpitaux pour être si longs à donner des nouvelles. Finalement après deux heures d'attente un chirurgien arriva.

" Son état est stationnaire... Mais il est impossible de se prononcer tant qu'il n'aura pas repris connaissance."

"Je peux le voir ? Demanda le policier.

"Bien sûr, il est chambre 112...Mais je vous préviens que vous ne pourrez pas l'interroger pour l'instant."

"Il va s'en sortir docteur..." S'enquerra Degel désirant presque une réponse négative.

"Pour être honnête... je ne sais pas ..." Avoua le médecin avant de le laisser.

Le lendemain matin...

Une fois que l'infirmier eut fait une nouvelle prise de sang à Shiryu, le médecin lui affirma qu'il pouvait sortir. Pendant qu'Angelo alla rechercher ses radios et son ordonnance, le jeune Japonais rendit visite à Minos et Eaque. Ils discutaient depuis un moment lorsque le jeune homme lança un regard discret à son beau père un peu en retrait. L'avocat se contentait d'écouter la conversation sans vraiment y prendre part.

Shiryu quitta la chambre de Minos et d'Eaque. Une fois dans le hall, il vit Angelo venir vers lui. Ils se dirigèrent vers la sortie, lorsqu'ils croisèrent le commissaire Degel:

"Bonjour messieurs..."

"Inspecteur." Le saluèrent de concert les deux amants.

"Comment va Sylphide?" Questionna Angelo.

"Bien...Je lui ai ordonné de prendre quelques jours de congé. J'aimerais que vous passiez au commissariat pour votre déposition... cet après-midi?" Continua l'inspecteur.

Voyant les deux amants acquiescer, il reprit:

"Je pense que vous devez le savoir...Pharaon s'est réveillé. "

"Ah parce qu'il n'est pas mort!" s'exclama l'Italien

"Non, mais d'après le chirurgien, il ne passera pas la journée .J'ai essayé de l'interroger...il n'a pas été très loquace."Fit le commissaire Degel en faisant une moue dépitée.

"Inspecteur croyez-vous que cela soit possible que je puisse le voir?"

"Quoi! T'es pas malade!?"

"J'en ai besoin Angelo...pour...pour faire un trait sur...sur tout..."

"Je ne sais pas...Je vais voir si le médecin est d'accord."Ajouta le policier.

Mécontent, l'Italien regarda l'inspecteur s'éloigner à grands pas. Puis il se tourna vers Shiryu en posant un regard scrutateur et maugréa:

"Pourquoi? Après tout le mal qu'il t'a fait...qu'il nous a fait! C'est un monstre, un tueur...J'te comprends pas..."

"Je sais très bien qui il est ... je veux seulement savoir pourquoi...pourquoi il n'a pas cherché à me tuer et si...s'il était vraiment aussi fou qu'il le laissait paraitre...J'en ai vraiment besoin Angelo..."Continua-t-il en posant sa main sur le bras de son amant d'un geste tendre et apaisant.

Quittant des yeux les doigts de son chaton, l'Italien eut la mauvaise idée de relever ses orbes bleu foncé sur le visage de son vis-à-vis, mal lui en prit .Il vit deux yeux verts brillants l'observer intensément.

"Bon Ok...Mais que quelques instants et la porte reste entre-ouverte..."Céda l'Italien.

Cinq minutes plus tard, le policier de garde ouvrit la porte de la chambre 112, laissant Shiryu entrer sous le regard perplexe d'Angelo.

Le jeune homme vit Pharaon allongé sur le lit d'hôpital, la mine pâle, un bandage sur le torse, une perfusion à son bras gauche dont le poignet avait été menotté au lit...Il s'approcha doucement et vit que celui-ci avait les yeux clos. Haussant les épaules, il fit demi-tour pour rejoindre la porte.

Mais au même moment, comme s'il avait sentit sa présence à ses côtés, l'Égyptien ouvrit légèrement les yeux et d'une voix essoufflée l'interpella:

"Shir...yu..."

"Oui..."Répondit l'interpellé en se rapprochant doucement du lit. Il resta debout en laissant un petit mètre d'espace entre eux.

"Tu peux...ap...procher...j'mords pas." dit faiblement Pharaon en tapotant sur le drap.

Shiryu avança et s'assit sur chaise à côté du tueur. Celui-ci leva faiblement la main pour la laisser retomber sur le drap.

"Pour...quoi t'es là?"

"Pour savoir..."

"..."

"As-tu des remords?"

"T'cherches... quoi? Ma... rédemp...tion? Non...Ja...jamais...de re...gret .Si...un... d'pas ...avoir... tué Hadès...et...les autres." Murmura faiblement Pharaon.

Essoufflé, par l'effort qu'il venait de fournir, il ferma un instant les yeux.

Déçu mais pas surpris par ces paroles, Shiryu secoua la tête tristement et voulut se lever lorsque la main du tueur se posa sur la sienne. Le Japonais releva son regard vert sur l'Égyptien silencieux se contentant de le dévisager de ses yeux noirs inexpressifs.

"Je te plains Pharaon, je te plains de tout mon cœur..."

"Tu ...vien...dras sur ma... tombe?" Demanda soudain le blessé changeant brusquement de sujet.

Le cœur de Shiryu se serra à ces mots. Néanmoins il répondit froidement en retirant sa main de celle du tueur:

"Non..."

"J'sais...que... si..."

Le Japonais se leva et allait sortir de la chambre lorsqu'il entendit dans un souffle :

"A...dieu... mon...Am...mi."

À ces mots le jeune homme se raidit légèrement, mais il ne se retourna pas et quitta la pièce en murmurant:

"Adieu... Pharaon."

Le policier en fonction fit un signe de tête au jeune homme, jeta un regard dans la chambre, puis ferma la porte pour reprendre sa place devant celle-ci.


Angelo assis sur une chaise se leva à son approche et ils se dirigèrent vers le hall silencieusement. Levant les yeux sur son amant, Shiryu vit qu'il le regardait d'un air singulièrement songeur.

"Alors tu as eu des réponses à tes questions?"

"Non...pas vraiment...Mais ne parlons plus de lui ...Tu as pris ton anti douleur?"

"Ouais...Ça va chaton, t'inquiète pas..."

Une fois sur le trottoir, Shiryu respira un grand coup.

"Angelo... pourquoi as-tu l'air si songeur?"

"Songeur? Ouais peut-être... Je pensais que changer d'air nous ferait du bien ...on pourrait partir pour quelques jours en Sicile. J'aimerais te faire connaitre ma ville natale."

Un sourire ravi naquit sur les lèvres du jeune homme et il répondit joyeusement:

"J'ai hâte de voir ton pays d'origine...On part quand?"

Angelo allait répondre lorsque son portable sonna. Il fronça les sourcils en voyant le nom de son interlocuteur. Il l'écouta un instant sous le regard curieux de son jeune amant, puis ferma son mobile.

"C'était l'inspecteur Degel...Pharaon... vient de mourir."

"Il le savait...il m'a dit adieu... je pense que c'est ce qu'il voulait..."

"Hum..."

"Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi il n'a pas exécuté sa vengeance chez toi? Pourquoi là-bas à la falaise? Cela aurait été bien plus simple..."

"Faut pas chercher à comprendre. Ce type était cinglé et habité par le Mal ...Il y a des choses dans ce monde qui restent du domaine de l'incompréhensible et le resteront toujours."

Shiryu eut l'air de chercher ses mots, ouvrit la bouche, mais la referma sans rien dire. Silencieux, il prit la main d'Angelo dans la sienne, nouant ses doigts à ceux de son amour. Il leva les yeux sur son amant en souriant. La chaleur qu'il décela dans les yeux bleus qui le fixaient l'envahit d'un bien être baigné d'amour, un amour profond, sincère. C'est le cœur léger qu'il leva la main et déposa un baiser sur celle d'Angelo qu'il tenait toujours.

Si Angelo fut surpris par le geste de son chaton fait devant les passants, lui d'habitude si pudique. Il n'en montra rien et se pencha pour chuchota à son oreille:

"J'ai hâte que l'on soit rentré..."

"Moi aussi...Shura est garé en face!" s'écria soudainement Shiryu en faisant un signe de la main à l'Espagnol. Une fois rentré à la maison, tu vas te reposer..."Ajouta-t-il l'air sérieux.

"Et tu vas me border? "Demanda l'Italien un petit sourire coquin pendu aux lèvres.

"Angelo...Tu es blessé. Tu as entendu le médecin...repos..."

"Ouais t'as raison chaton, j'vais me reposer toute la journée comme ça ce soir..."

"Tu pourras encore te reposer."

L'Italien répondit par un vague grognement. Shiryu dut se mordre la lèvre inférieure pour ne pas rire.

"Dis? Tu te moquerais pas de moi là?" Demanda Angelo en plissant les yeux d'un air suspicieux.

Le jeune homme ne put se retenir et se mit à rire. L'Italien secoua la tête et leva les yeux au ciel pour finir par sourire. Dieu qu'il aimait entendre le doux rire de son chaton.

Vravrona...

En rentrant les amants eurent la surprise de voir que presque tout le monde était là. Kiki avait littéralement sauté dans leur bras quand il les vit arriver. Et, quelques minutes plus tard, il fit de même avec Shun et Aiolia. Malgré son enthousiasme de voir ses ainés, le petit garçon perturbé par les derniers événements reprit sa place auprès de son père et peut être pour se réconforter, ne lâcha pas ses frères des yeux.

"Dites? Pharaon va aller à l'asile puisqu'il est malade dans sa tête? "Demanda subitement Kiki, surprenant tout le monde par cette question et surtout le ton sérieux employé.

Shion ne s'attendait vraiment pas à ce qu'il aborde ce sujet. Hier il lui avait exposé pourquoi l'Égyptien avait agi de la sorte en lui disant que c'était une personne malade, psychopathe. Il dut donc chercher un instant ses mots pour expliquer que Pharaon était mort.

"Comme tu sais, Pharaon était grièvement blessé... et ce matin... il...il est décédé de ses blessures à l'hôpital."

"Ah...fit le rouquin, il se mordit la lèvre inférieure et fronça le nez...si je ne suis pas triste...C'est mal?" continua-t-il en regardant les adultes de ses grands yeux gris d'un air contrit.

"Ce qui serait mal ce serait d'avoir souhaité sa mort...Par contre que tu ne sois pas triste est tout à fait normal." Le rassura son père.

"Je crois que personne d'entre nous n'est affligé par sa mort... " Dit à son tour Shun.

"Kiki...Tu viens m'aider à préparer le repas?" Demanda Shion voulant le distraire un peu.

"OK... Cet après-midi on va voir Mü chez Saga. Vous venez aussi?" Questionna Kiki en fixant ses frères d'un air interrogateur.

"Oui..." Répondirent-ceux-ci de concert.

"Au moins, on est sûr qu'il ne pourra pas s'évader un jour de prison et recommencer ses meurtres." Ajouta Shura une fois que le garçon fut sorti de la pièce.

"Oui...c'est mieux pour la tranquillité de tous." Acquiesça Shiryu en s'asseyant à côté d'Angelo.

"Oui parfaitement..."Approuva l'Italien en lui volant un baiser.

Deux mois plus tard...

Dans son bureau, Hadès discutait par téléphone avec un client, lorsqu'il entendit les pas d'Eaque passer prés de la porte, lui indiquant que celui-ci allait sortir car il avait mis ses chaussures. Cela faisait deux mois qu'ils vivaient ensemble et l'avocat était comblé dans tous les sens du terme. Il aimait le Népalais et celui-ci lui rendait bien. Qui aurait pu dire un jour, qu'il put être aussi heureux.

"Mourrr'... tu peux venir."Cria son ange.

Excédé, Hadès s'excusa auprès de son interlocuteur et alla rejoindre son amant qui se tenait dans l'entrée. Il fermait la fermeture éclair de son blouson.

"Tu sors?" Demanda l'avocat surpris, oubliant de ce fait son mécontentement d'avoir été interrompu.

"Non... on sort."

"Je n'ai pas le temps Eaque, je dois finir..."

"Je te rappelle que tu as rendez-vous avec ton notaire."Le coupa son-vis-à-vis en lui tendant sa veste.

"Mince, Je l'avais complètement oublié celui-là! Que ferais-je sans toi mon cœur."Ajouta Hadès en souriant avant de prendre sa veste et d'ouvrir la porte. Ils descendirent par les escaliers du confortable immeuble de deux étages.

Maison d'Angelo, fin d'après-midi...

Le silence régnait dans la maison depuis ce matin. Shiryu profitait de cette solitude pour rattraper son retard dans ses études et n'avait quasiment pas quitté le bureau de la journée sauf pour se nourrir. Regardant l'heure sur l'écran de son ordinateur, il décida de faire une pause dans ses révisions. Il s'étira en levant les bras et sourit en voyant Caillou faire de même, tandis que les deux autres chatons regardaient par la fenêtre.
Son esprit dériva vers son amant avec qui il vivait depuis quelques mois maintenant et un sourire attendri se fixa sur ses lèvres aux souvenirs de ces merveilleux jours qu'ils avaient passés en Sicile.

Shiryu revivait ces bons moments, lorsque le bruit d'une voiture attira subitement son attention. Il se leva et se crispa presque involontairement lorsqu'il vit une Porsche noire se garer devant la maison. Il sortit de la pièce en fronçant légèrement les sourcils: Qu'est-ce qu'il venait faire ici?

Le jeune homme arriva à la porte juste au moment où celle-ci s'ouvrit. Il écarquilla les yeux de surprise en voyant Shun entrer suivi d'Hadès.

"Bonjour. Qu'est-ce que...vous êtes venus ensemble?"

"Oui...Hadès m'a récupéré à l'arrêt de bus et m'a proposé de me raccompagner. Il veut nous parler..." l'informa Shun avec un petit sourire penaud.

"Nous parler? Mais qu'est-ce que tu peux bien vouloir nous dire ?" Demanda Shiryu, reportant son attention sur l'avocat.

Hadès eut son petit sourire en coin habituel et fit abstraction de la remarque de son beau-fils. Celle ci n'ayant pas été posée d'un ton malveillant, mais seulement surpris par sa visite.

Le jeune homme s'effaça et le laissa entrer. Celui-ci emboita le pas de Shun sous son invitation et le suivit dans la cuisine en évitant soigneusement le regard de son beau-fils. Shiryu n'eut d'autre choix que de les suivre.

"Tu veux boire quelque chose?" Demanda Shun à son beau-père.

"Oui merci...un café."

Sans attendre d'être invité, Hadès prit place sur un des tabourets autour de l'ilot central. Pendant que Shun préparait le café, Shiryu mit de l'eau dans la bouilloire pour faire du thé.

Shun sourit à l'avocat qui s'était assis et déposa une tasse de café fumant devant lui ainsi qu'une assiette de biscuits. Il alla chercher le sucre, tandis que Shiryu posa les deux tasses de thé qu'il venait faire et s'installa aux côtés de son frère.

"Comment va Kiki? "

"Il a été chamboulé pendant quelques temps, mais il a eu un suivi psychologique. Maintenant il va mieux...surtout depuis que Shion lui ait annoncé qu'il allait acheter une maison ou faire bâtir à Vravrona...Il était fou de joie!" le renseigna Shun le visage s'illuminant aux souvenirs du bonheur de son petit frère à cette nouvelle.

"Oui, je me doute ..."Fit Hadès pensif le regard plongé dans son café qu'il touillait doucement avec sa cuillère.

"Alors que veux-tu nous dire de si important?" s'enquit Shiryu.

L'avocat but une gorgée du breuvage noir avant de répondre.

"C'est à propos d'héritage... "Commença-t-il.

Il remarqua le coup d'œil perplexe qu'échangèrent les deux frères. Il fit une pause et soupira avant de reprendre en sortant un dossier du porte-document en cuir noir qu'il avait posé sur l'îlot :

"Tenez, je vous ai apporté une copie du testament de mon père...Comme vous pourrez le voir, il vous a légué à chacun de vous trois, une très belle somme d'argent.

"Mais... pourquoi? "

"Tu étais au courant depuis sa mort?"

Dirent de concerts ses deux beaux-fils.

"Pourquoi? Je n'en sais rien ... Et, oui... je l'ai su quand le notaire a lu son testament le lendemain de sa mort. Vous n'avez pas été convoqués vu votre jeune âge..."

Hadès leur exposa dans les moindres détails, la donation faite en leur faveur et la close spécifiant qu'ils recevraient leurs legs à vingt et un ans. L'avocat expliqua aussi que s'ils le voulaient, il pourrait faire débloquer une certaine somme dans l'immédiat. Une fois que l'avocat eut fini de transmettre toute les informations sur le testament, il poussa les papiers devant ses beaux-fils. Mais il fut surpris de leurs réactions protestataires, lui qui s'attendait à une explosion de joie.

"Alors c'est pour ça! C'est à cause de cet héritage qu'Arès nous en voulait? Qu'il voulait nous tuer aussi? Parce que son père a préféré donner sa part, à trois personnes étrangères plutôt qu'à lui son propre fils. Maintenant je comprends mieux. Et toi tu le savais et tu n'as jamais rien dit..." s'exclama Shiryu dépité.

Pour la première fois depuis le début de leur conversation, Hadès perdit un peu de son assurance, il soupira. Il n'avait aucune envie de se disputer avec son beau-fils.

"Oui je me doutais que cet héritage en était certainement la cause. Sachez néanmoins que j'en avais informé le commissaire Degel. Et, même si je vous l'avais dit, cela n'aurait rien changé...je ne pouvais défaire ce que mon père avait fait.J'ai essayé de l'expliquer à Ares ...Mais il n'a rien voulu entendre."

"Tu aurais quand même dû nous tenir au courant." Répliqua Shun.

Hadès leva son regard sur les deux jeunes hommes qui lui faisaient face. Il vit deux pairs d'yeux accusateurs posés sur lui. Il y avait tant d'explications possibles à cette accusation…Mais malgré tout, il ne se trouva aucune excuse et avec une ombre de sourire de dérision, il admit:

"Oui je sais ...Encore un mauvais point pour moi...n'est-ce pas?"

"Enfin...c'est du passé maintenant... trancha Shun d'une voix conciliante. Il...il n'y a pas un zéro ou deux de trop?" Demanda-t-il soudain, passant clairement du coq à l'âne.

Shiryu se pencha vers son frère pour voir ce qui le mettait dans cet état de surprise et lorsqu'il vit la somme astronomique de leur héritage, il leva son visage interdit sur Hadès oubliant un instant sa rancune.

"La somme qui est notée? C'est divisé en trois n'est pas?"

"Non...c'est le montant pour une personne. Tournez la page, tout y est détaillé." Les informa-t-il.

"Bah mince alors..."Commença Shun avant d'être interrompu par la sonnerie de son portable.

Quelques instants plus tard, il se leva en s'excusant auprès de l'avocat :

"Désolé, mais je dois vous laisser. C'était Aiolia, il est en route pour venir me chercher et je dois me changer."

" Pas de problème...je finis ce délicieux café et je vous laisse. Je dois aller rechercher Eaque. Mais avant je tenais à vous dire que...que je suis fier de votre réaction face à Pharaon...vous avez été très courageux. "

"Ah bon t'es sincère? Parce que j'étais terrifié même si j'essayais de ne pas le montrer."S'enquit Shiryu surpris

"Moi aussi, j'ai eu très peur."Affirma Shun.

"Malgré tout... vous êtes restés dignes. Mais cela ne me surprend guère..."

" Merci..."Fit Shun visiblement ému de la soudaine considération d'Hadès.

Le jeune homme se leva et ajouta avant de sortir de la pièce:

"Tu donneras le bonjour à Eaque. Et... merci d'être passé."

Le silence se fit et l'avocat but le reste de son café en évitant soigneusement le regard vert d'eau de son beau-fils. Beau-fils au demeurant qui ne savait plus trop comment réagir maintenant.

"Tu veux un biscuit?" Demanda soudain Shiryu, faute de trouver autre chose à dire.

"Non merci." Répondit son vis-à-vis non sans un petit rictus amusé.

Le jeune homme prit son courage à deux mains et interpella son vis-à-vis doucement:

"Je...je...merci d'avoir voulu me sauver en proposant à Pharaon ta vie contre la mienne...c'était... courageux."

L'avocat leva un sourcil et rétorqua:

"Mais de rien..."

"..."

"Tu me la poses pas ?"

"Quoi?"

"La question que tu as envie de me poser...dans cette cave lorsque Pharaon te menaçait d'un couteau sous la gorge...Est-ce que j'aurai tiré?"

Shiryu croisa le regard de son beau père.

"L'aurais-tu fait?"

"En toute honnêteté? Je ne sais pas et je crois qu'on ne le saura jamais vu, que je n'ai pas eu à choisir. Néanmoins je peux t'affirmer qu'à ce moment là et encore aujourd'hui, que j'avais la quasi certitude qu'il ne t'aurait pas tué."

"Et tu avais raison..."Souffla le jeune homme.

"Je ...Je n'étais pas au courant qu'Ares était mon demi frè l'ai appris seulement le jour où il m'avait invité à la villa de Rafina, le fameux jour où il t'a kidnappé...J'en veux terriblement à mon père de m'avoir caché l'existence d'Arès et aussi le fait qu'il ne l'ait pas reconnu... tout cela ne serait pas arrivé s'il l'avait fait! Tout le monde à souffert à cause de lui... surtout toi..."

"..."

Un sourire amer s'inscrivit brièvement sur le visage de Shiryu. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux mal à l'aise. Voyant le trouble dans le regard du jeune homme, l'avocat se leva et posa doucement une main sur son épaule d'un geste réconfortant:

"Excuse-moi de t'avoir fait penser à ce douloureux moment. Je suis vraiment qu'un sale égoïste. "

"..."

"Le pire est que je m'étais dit que jamais, je ne me conduirais comme mon père. Pourtant j'ai agi avec vous comme lui le faisait avec moi. Pathétique n'est-ce pas?" Soupira l'avocat en retirant sa main.

Le jeune homme bouleversé par les paroles d'Hadès, essaya de reprendre contenance avant de répondre:

"Oui... mais... contrairement à lui, tu en as pris conscience... "

"Hum...fit pensivement l'avocat. Bon Je vais te laisser... J'ai été content qu'on ait pu un peu se...parler... Reprit son beau père en mettant sa veste qu'il avait posée sur le dos du tabouret. Je vous appelle pour vous donner l'heure du rendez-vous avec mon notaire."Ajouta-t-il en se dirigeant vers la porte d'entrée.

"Hadès?"

La main sur la poignée, il suspendit son geste et se retourna vers celui qui l'avait interpellé. Shiryu sembla réfléchir plusieurs secondes, comme si il ne savait pas comment formuler ce qu'il allait dire.

"Je...nous fêtons Noël ici cette année entre la famille et nos amis...et si tu n'as rien de prévu, je serai content que tu viennes avec Eaque...Enfin si tu..."

Dire qu'il n'eut pas été surpris de cette invitation soudaine et imprévisible eut été un euphémisme. Il resta une seconde interdit et voyant une lueur désabusée passer dans les yeux verts d'eau. Il rétorqua précipitamment:

"J'en serai enchanté et Eaque aussi..."

" Le vingt quatre au soir pour dix neuf heures, cela te convient? "

"Oui ...c'est parfait...Shiryu...je ...Merci. " dit Hadès en ancrant enfin ses prunelles vertes dans celles de son beau-fils.

Le Grec après un dernier salut quitta la maison hâtivement ne voulant pas que son homologue voient les larmes qui commencèrent à brouiller sa vue.


La porte d'entrée claqua et Shiryu vit Angelo entrer dans la pièce. Celui-ci sourit à son chaton et franchit les quelques pas qui restaient entre eux, le prit dans ses bras, plongeant une de ses mains dans ses longs cheveux noirs. Shiryu pressa ses lèvres contre celles de l'Italien dans un soupir, puis leurs bouches se scellèrent dans un baiser enfiévré. Lorsqu'ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, Angelo demanda:

"Je viens de croiser Hadès ...Qu'est-ce qu'il est venu faire?"

"S'expliquer...et nous parler d'héritage..."

Shiryu montra à Angelo les papiers que l'avocat avait laissés. L'Italien fronça les sourcils en lisant le document et siffla entre ses dents en voyant la somme faramineuse. Il releva brutalement la tête pour le regarder avec un petit air incrédule.

"Oui je sais...c'est énorme. Sourit le jeune homme. Ce leg à part... Je crois qu'Hadès essaie vraiment de changer. Il a fait un grand pas vers nous aujourd'hui."

"Et toi? Tu lui as pardonné?"

"J'ai fait un pas vers lui aussi..." Sourit Shiryu.

"Savoir pardonner est signe de grande sagesse...On est seul ce soir?" Ajouta son amant en lui reprenant les lèvres tendrement.

"Oui...Shion et Dohko sont passés prendre Kiki à la sortie de l'école pour passer le week-end chez Saga et Mü. Quant à Shun il se prépare pour aller chez Aiolia. Il semble qu'on a la soirée pour nous deux." Affirma Shiryu en le fixant de ses prunelles où dansait la flamme du désir.

"On est obligé d'attendre le départ de Shun?" Chuchota son vis-à-vis contre ses lèvres.

"Cela vaudrait mieux..."s'esclaffa le jeune homme.

Les deux amants sursautèrent en entendant Shun les interpeller joyeusement en sautant la dernière marche pour aller vers la porte d'entrée qui s'ouvrit sur Aiolia.

"Vous n'avez plus à attendre..."

Après avoir embrassé son lutin, le Grec avança vers la cuisine pour saluer ses amis. Cependant il n'en eut pas le temps car son jeune amant lui prit le bras en l'entrainant vers la sortie en criant:

"À dimanche les amoureux!"

"Hey! T'es bien pressé?"Protesta Aiolia.

"Oui..."

"Ah Ouais? Fit le châtain en levant les sourcils d'un air surpris. Puis un sourire coquin naquit sur ses lèvres...Salut!" Ajouta-t-il envers les deux amants en accélérant le pas.

"J'crois que t'as mal compris ce que je ..."

Angelo et Shiryu n'entendirent pas la suite car la porte venait de se fermer. Ils se regardèrent et échangèrent un sourire complice. Puis Shiryu se mit à rire en repensant aux mimiques comiques et l'air coquin d'Aiolia. Le jeune Japonais leva la tête et son rire devint un tendre sourire lorsque leurs regards se croisèrent…aigue-marine contre vert d'eau. Un regard qui en disait long sur l'amour absolu qu'ils se portaient tous les deux.

"Je t'aime tellement..."Murmura soudainement le Japonais en reprenant son sérieux. "Tellement..."

Angelo sentit son cœur s'emballer et glissa une main sur la joue de son chaton et lorsque leurs yeux se fixèrent à nouveau, il murmura d'une voix rauque:

"Moi aussi chaton...moi aussi."


Voila cette histoire arrive à sa fin, il ne reste plus que l'épilogue.