Bonjour à tous,

Nous vous retrouvons avec un nouveau texte du Noël des Sorciers.

En vous souhaitant une bonne lecture,

Yunoki & Baderoh


The Christmas Crown par Vanimia

Un joyeux capharnaüm régnait au Chaudron Baveur. Un amas de sorciers et sorcières semblait s'être donné rendez-vous dans l'établissement et encombrait les lieux de bruyantes exclamations et de rires apaisants. Nul n'aurait pu distinguer l'arrivée de deux nouveaux sorciers dans le bar si ce n'est le gérant, Tom, qui jeta un œil bienveillant vers la cheminée de service et leva sa choppe de Bièreaubeurre en direction de l'homme aux allures élégantes portant une longue robe descendant sur ses chevilles et des bottes en peau de dragon sans aucun doute ainsi que son fils, plus débraillé, qui se faisait un plaisir d'attirer l'attention des personnes présentes par quelques grimaces plaisantes dont il avait le secret et qui anima les rires de l'assemblé. L'homme s'approcha du bar et déposa quelques pièces sur le comptoir.

– Lord Potter, quel plaisir de voir que vous vous joignez à nous aujourd'hui ! Le petit a encore grandi, remarqua-t-il en lançant un regard amical vers le sorcier qui lui avait chaleureusement serré la main.

L'homme offrit un sourire cordial à son vis-à-vis.

– C'est toujours avec joie que je me rends en votre établissement Tom, James n'arrête pas de me presser pour passer chez vous depuis le début des vacances.

– N'hésitez pas à rester autant de temps qu'il vous plaira, je peux vous faire préparer une table si cela vous arrange, proposa le barman.

– Ne vous dérangez pas pour nous, nous devons nous rendre sur le Chemin de Traverse. James est hanté par l'idée de ne pas avoir un cadeau pour l'anniversaire de sa mère, je ne pouvais décemment pas le laisser y aller seul, il est encore si jeune !

Le Lord accorda un regard tendre à son jeune héritier. Celui-ci était maintenant entouré d'une foule de curieux tous pendus à ses lèvres alors qu'il déblatérer une histoire paraissant invraisemblable en agitant les bras en l'air. Il reporta son attention sur le gérant lorsque celui-ci réapparut derrière le bar.

– Bientôt à Poudlard votre petit gars, il va en faire des ravages !

– Ca, je n'en doute pas une seule seconde.

L'homme se saisit du verre apporté par le barman et en avala le contenu en une seule gorgée.

– Nous n'allons pas plus vous importuner, vous semblez être débordé et puis, il nous faut nous dépêcher si nous voulons être de retour pour le déjeuner, passez une bonne journée Tom, souhaita le Lord avant de s'éloigner pour récupérer James.

– Passez mes vœux à votre femme pour cette belle journée et joyeuse Yule, leur tonna jovialement le barman alors que ses clients passaient la porte menant au passage pour le Chemin de Traverse.

Père et fils ne perdirent pas de temps et s'engagèrent rapidement dans l'allée marchande. Celle-ci était rayonnante de décoration et les lueurs qui se dégageaient des échoppes n'avaient rien à envier aux astres scintillants au dessus de leurs têtes. Les chapeaux des boutiques étaient couverts de la poudreuse qui tombait sur Londres depuis quelques jours. Malgré le froid ambiant, il régnait une atmosphère joyeuse dans l'allée commerçante ensevelie sous la neige. Les passants se saluaient avec bonne humeur, oubliant pour ses quelques jours de fête, leurs différents. Des échoppes s'échappaient des chants aux paroles insensés qui faisaient rire les plus jeunes et sourires leurs aînées. Le magasin de farces et attrapes présentaient de nouvelles inventions spéciales pour les jours de fêtes et attira inexorablement James qui se jeta sur la vitrine aussi rapidement qu'un niffleur l'aurait fait sur un coffre de Gringotts. Lord Potter leva les yeux sur le ciel enneigé et tenta de récupérer son fils avant qu'il n'ait la brillante idée d'entrer dans la boutique et de dépenser l'entièreté de la bourse qu'il lui avait confié.

Ils arpentèrent quelques minutes encore la rue marchande, passant devant la boutique de Florian Fortârome qui faisait pour l'occasion une dégustation de saveurs plus étonnantes les unes que les autres. Le gérant les interpella et James se rua sur le chariot du marchand de glaces, bousculant au passage un garçon l'air maigrelet. Tous deux étalés dans la neige, il éclata d'un rire rafraîchissant et se releva rapidement en tendant sa main vers l'autre garçon pour l'aider. Celui-ci accepta la main tendue après un moment d'hésitation et épousseta ses vêtements après s'être remis sur pieds. Le jeune garçon semblait du même âge que James mais n'était pas bien grand, accentuant ses rondeurs d'enfants.

Il releva ses orbes ébène sur celui qui l'avait aidé et s'apprêtait à dire quelques chose lorsqu'un homme élancée s'avança du duo.

– James, fais plus attention la prochaine fois ! Tu vas bien mon garçon, tu n'es pas blessé ?

Le jeune garçon baissa la tête et murmura un réponse négative qui se perdit dans le bruit ambiant. Une main vint détacher un flocon des cheveux noir de jais du garçon et celui-ci recula de quelques pas prestement. James le regarda surpris puis montra ce qu'il venait de récupérer avec un sourire gêné.

Le jeune homme lui fit de gros yeux et s'enfuit soudainement comme un voleur. James tourna la tête vers son paternel, son sourire s'effaça, ne sachant ce qu'il avait fait de mal pour que l'autre agisse ainsi. Lord Potter secoua la tête, un air peiné en regardant la direction dans laquelle le jeune garçon s'était enfui et ébouriffa les cheveux de son fils en l'enjoignant à se rapprocher du chariot. Il fit préparer deux énormes glaces qui, étonnement, scintillaient et s'éteignait comme le faisaient les fées lors des réceptions. James oublia rapidement le garçon et tendit joyeusement les mains vers son père qui lui offrit la crème glacé avec un sourire tendre lorsque les yeux du garçon se mirent à scintiller.

Ils passèrent la matinée à faire le tour des magasins pour trouver le cadeau parfait. James traînait son père dans tous les magasins qui bordaient le Chemin de Traverse sans que celui-ci ne puisse rien y faire. Étonnement, le jeune Potter ne lui avait encore rien demandé d'acheter pour lui-même. Ce n'était pas pourtant l'étincelle qui manquait dans ses orbes noisette étant donné toutes les nouveautés qui faisaient rage dans le passage sorcier, mais James finissait toujours par se détourner de ce qui avait attiré son attention. Le lord était presque fier du comportement curieusement mature de son unique fils, mais il le connaissait assez pour savoir qu'une fois que les fêtes prendraient fins, celui-ci lui ferait une liste détaillée de tous les bibelots qu'il aimerait acquérir.

C'est pourquoi le Lord se laissait tirer dans un magasin de plus dont la devanture était remplie d'objets en tout genre qui n'avaient absolument rien à voir les uns avec les autres. Le bazar de l'intérieur était plus grand qu'il ne le paraissait de l'extérieur et il y régnait une ambiance mystérieuse. Aussitôt qu'ils passèrent le pas de la porte, des voix chantèrent pour annoncer leur arrivée au propriétaire.

Au lieu de se jeter vers les étagères comme l'aurait fait son hériter quelques jours auparavant, James plissa les yeux, un air sérieux collé sur son visage d'enfant. L'homme derrière le comptoir les salua silencieusement d'un hochement de tête qui lui fut gracieusement rendu par le Lord. Les rayons n'étaient pas nombreux mais les épaisses étagères montant jusqu'au plafond supportaient une montagne d'objets insolites. James se mit à les examiner les uns après les autres, tendant la main pour en attraper un de temps en temps pour le voir de plus près. Il demandait aussi l'aide de son père pour mieux voir les planches qui se trouvait loin au dessus de sa tête et qu'il observait du dessous.

Les voix chantèrent une nouvelle fois lorsque la porte laissa la fraîcheur de l'hiver s'introduire dans la boutique.

– Referme vite la porte mon garçon, retentit une voix rocailleuse avant que le claquement distinct de ladite porte ne les interrompe.

James n'y prêta pas attention, préférant continuer son exploration. Le lord leva presque les yeux au ciel en le voyant s'approcher de farces et attrapes réunis dans un panier à l'air ancien. Cependant, il ne s'arrêta pas devant comme il l'aurait prédit mais un peu plus loin, là où se trouvait une rangée d'objets stylisés encore plus mystérieux que tout ce qu'ils avaient pu voir jusque là. Il lui montra que ce qui avait attiré son attention et le Lord s'en empara avant de lui donner.

James l'observa de près. C'était un miroir finement ouvragé portant des ornements discrets sur son contour. Si ce n'est cela, il avait l'air parfaitement normal.

– Qu'est-ce que c'est ? Demanda le plus jeune.

– Je ne sais pas, James, répondit-il en cherchant une indication à l'endroit où le miroir était précédemment posé.

Un léger rire retentit à leurs côtés attirant leur regard sur son propriétaire. Ils se retrouvèrent face à face avec l'homme du comptoir.

– Ça, mon garçon, c'est un miroir à double sens, ce sont de très vieux bibelot ces miroirs, enchantés par un sorcier dont on a jamais connu l'identité, expliqua le vendeur.

– Et à quoi ça sert ? S'enquit James, soudainement intéressé.

– Les miroirs vont par paires, voici le second, dit le vieux sorcier en sortant d'on ne sait où un second miroir identique au premier. Comme l'indique leur nom, ils sont à double sens. Tu dois en donner un à quelqu'un et garder l'autre pour toi, ainsi tu n'auras qu'à donner le nom complet de la personne possédant le second miroir pour que celle-ci soit avertie de ton appel et que vous puissiez communiquer directement en face à face. Le miroir commencera à briller pour prévenir d'un appel. C'est n'est pas un objet très courant ici, mais il existe des endroits où des répliques font la fortune des commerçants. Cependant ceux-ci ont une certification comme quoi le créateur de ces objets les a lui-même enchanté.

James tourna la tête vers son père les yeux brillant et celui-ci expira en souriant légèrement.

– La décision te revient, James.

– Combien pour les deux ? Demanda le jeune Potter, les joues roses.

– Ce sera cinq gallions et sept mornilles jeune homme.

Le plus jeune leur offrit un grand sourire et indiqua d'un ton réjoui au vendeur qu'il souhaiterait acheter la paire. Le Lord soupira de soulagement avant de lancer un Tempus qui lui signala que l'heure du déjeuner était presque arrivée.

Ils avaient prévu un grand festin digne des plus grandes fêtes et une sorte de mini-bal était prévu dans la soirée où ils accueilleraient leurs plus proches amis pour fêter l'anniversaire de Lady Potter et pour achever le rituel convenant aux périodes de Yule. La demeure étaient déjà en train d'être décoré par quelques elfes s'étant joyeusement proposés pour cette tâche et ils n'avaient aucun doute que ceux-ci arriveraient parfaitement à la remplir dans les temps.

Ils s'approchèrent du comptoir auquel un jeune garçon à la tignasse aussi noire que celle de James attendait en leur tournant le dos.

– Alors tu as finalement choisi, gamin ? Interrogea le vendeur en s'adressant directement au garçon qui leur était inconnu. Celui-ci tenait dans ses mains un magnifique ruban d'une couleur opaline striée de bandes argentées. Le garçon acquiesça silencieusement et tendit le ruban au vendeur. Celui-ci l'emballa soigneusement dans un paquet joliment noué.

– Trois gallions et deux mornilles si tu veux bien, lui demanda le vieil homme.

Le garçon fouilla ses poches et en ressortit un pile de pièces qu'il tendit au vendeur, l'air incertain. L'homme examina les pièces avant de reposer son regard sur le jeune homme.

– Il manque un gallion et deux mornilles, mon garçon.

Celui-ci baissa la tête et fouilla le reste des poches de sa robe esquintée qui avait l'air d'avoir vue de meilleure jour. Celle-ci était un peu trop grande pour le garçon et descendait sur ses chevilles en époussetant le sol à chacun de ses mouvements. Le garçon resta le nez plongé vers le sol en secouant la tête. Il fit demi tour avant que qui que ce soit ne puisse dire un mot.

Il s'apprêtait à passer la porte lorsque, étonnement, James l'interpella. Le garçon se figea devant le battant de la porte et se tourna à moitié.

Le Lord reconnu le garçon aux obsidiennes qui s'était enfui après que James l'ait embouti et tous deux envoyé dans la neige. Son jeune fils semblait également avoir remarqué que le garçon ne lui était pas aussi inconnu qu'il le laissait paraître.

– C'est pour un cadeau ? Demanda James d'une voix curieuse.

Le garçon murmura une faible affirmation en se cachant derrière son rideau de cheveux. James fronça les sourcils en remarquant l'étincelle qu'il cherchait dans les yeux de l'autre et s'approcha de lui, un sourire aux lèvres.

– Prends ça alors, je n'en ai plus besoin, dit-il et il retira quelques pièces de la bourse avant de la lui tendre.

Le garçon ne semblait pas savoir comment réagir alors James la posa dans sa main et revint vers son père. Il déposa les pièces sur le comptoir et le vendeur lui tendit un paquet aussi bien emballé que le premier. James s'en empara et tira son père en dehors de la boutique après avoir salué le garçon.

– Au plaisir de vous revoir bientôt, Lord Potter ! Les apostropha une dernière fois le vieil homme et ils sortirent pour de bon, retrouvant la chahut du Chemin de Traverse. Ils s'arrêtèrent un moment devant un groupe d'enfants chantant une chanson que le plus âgé avait déjà entendu par le passé.

– On peut rentrer maintenant ? Je commence à avoir faim et Mère doit nous attendre avec impatience, se justifia le jeune Potter en souriant.

L'air serein, le Lord acquiesça et les emmena un peu plus loin, dans un endroit moins peuplé. L'homme prit James par surprise et le jeta sur son épaule sous les fausses protestations de son fils qui se débattait tout en éclatant de rire. Dans un craquement sourd, les deux disparurent alors qu'un jeune garçon sortait du magasin, les yeux brillants d'une joie contenue, et se rendit rapidement au chaudron baveur, les mains fermement accroché au paquet cadeau. Il utilisa la poudre de cheminette et s'envola en l'espace d'un instant, l'idée bien ancré en tête d'aller toquer chez une certaine rousse de sa connaissance.