Salut à tous ! :D alors, alors ? On veut que Valéria sache DÉJÀ la vérité concernant Harold ? Ne vous inquiétez pas, elle découvrira bientôt la vérité ;) Mais comment, et quelle sera sa réaction ? ça, mystère ! No spoil ! Na ! :p
Alors, l'un des éléments majeurs de ma fic était de vouloir qu'un personnage du passé se retrouve coincé dans le futur et qu'il soit obligé de s'adapter à tout. En écrivant, j'ai trouvé que c'était intéressant d'essayer de me mettre à la place d'Harold quand je voyais tel ou tel objet qui n'exister pas à l'époque viking. :) Et pour m'aider, j'ai en effet regardé pas mal de films qui parle de la cryogénisation, comme Captain America, Forever Young, etc. ;)
Alors c'est vrai qu'être réveillé presque 1000 ans plus tard, ça devrais être encore plus déstabilisant que ce que j'ai écrit. :) Mais bon, en même temps, c'est Harold qui se retrouve dans cette situation. Et à la base, il a plus de sang-froid et de jugeote. Harold, ce n'est pas Rustik ou les jumeaux ! x) eux, ils auraient déjà paniqué et mis la pagaille beaucoup plus vite! x)
Je vous réserve encore bien des surprises et du drama mes chers lecteurs ! :D Et il y aura des PDV narratif via ce que pense Harold, mais aussi Valéria. Pas de soucis la dessus. ;) Et je suis contente de voir que Valéria vous plait ! :D J'espère que mes autres OC vous plairont également tout au long de l'histoire ! ^^ Encore merci pour vos soutiens et vos reviews, bonne lecture et à vendredi ! :D
Chapitre 3 - Séparation
Il y a bien des années, la guerre entre les vikings et les dragons faisait sans cesse rage. Pendant des générations, les vikings ont bravement combattu ces féroces bêtes ailées qui savaient se montrer tout aussi hargneuses qu'eux, et ce n'était pas prêt de s'arrêter. Un jour, les dragons attaquèrent l'ile de Berk, pillant leur nourriture et saccageant leurs demeures, comme ils le faisaient à chaque fois. Et en guise de représailles, les vikings de la tribu des Hooligans, commandés par Stoik la brute, leur rendaient la monnaie de leur pièce en les piégeant ou en les tuant. Parfois, certains dragons réussissaient à s'échapper ou fuyaient les combats, mais pour leur congénères coincés dans les filets des vikings, le destin serait assez funeste. Ils étaient utilisés pour l'entrainement des futurs guerriers, et quand ils devenaient trop vieux, ils étaient exécutés et leur cranes étaient mis en exposition dans le village.
Cette soirée là fut comme bien d'autres. Les dragons attaquèrent le village de toute part, et les villageois ripostaient et contre-attaquaient bravement. Stoik, qui se trouvait chez lui au moment de l'attaque en compagnie d'Alvin, fronça le regard en voyant ces démons attaquer son peuple. Il mit son casque, prit sa hache et sortit de la maison en compagnie de son frère d'armes et meilleur ami. Mais avant de partir, Stoik s'était tourné vers l'intérieur de sa maison, le regard froncé.
- Les enfants, restez ici ! Ne sortez pas ! C'est un ordre !
- Oui, papa. Répondit Harold
- Oui, Stoik. Répondit une autre petite voix.
Stoik referma la porte et les deux guerriers se hâtèrent vers le village. Harold, qui avait tout juste six ans, se tourna vers son amie, Verika. C'était la fille d'Alvin, une petite de cinq ans aux yeux bleu-gris, comme ceux de son père et aux cheveux châtain-roux, raides et mi-longs. Les deux enfants se regardèrent avec un air inquiet, surtout quand ils entendirent les explosions venant de l'extérieur. Harold voulait regarder par la fenêtre mais Verika la retenait en lui tirant la manche.
- Ne va pas à la fenêtre Harold ! Ils vont te voir !
- Je suis trop petit. Ils ne vont pas me voir, Verika.
- Je ne veux pas qu'ils te voient, moi ! S'ils t'attrapent, je ne veux pas être toute seule !
Son visage d'ordinaire si joyeux devint triste. Harold lui prit sa main et lui adressa un sourire qui rassura la petite.
- Je ne te laisserai jamais toute seule, Verika. je serai toujours là pour toi. Je te le promets.
- Moi aussi, Harold.
Il l'entraîna ensuite en dessous de la table avec des feuilles et des crayons. Devant son air curieux, Harold lui exposa son idée.
- On va se dessiner on train de combattre des dragons, comme si on était à la place de nos papas ! D'accord ?
- Oh chouette ! Moi, je vais me dessiner avec un arc et je transpercerais un Vipère avec mes flèches ! Et toi ?
- Moi... je vais me dessiner en train de tuer un Furie Nocturne !
- Mais on la jamais vu ! Comment tu veux le dessiner si tu ne sais pas à quoi il ressemble ?
- Euh... c'est vrai. Alors je vais dessiner un Cauchemar Monstrueux. Lui, il est tout aussi fort !
- Ouais... trop fort ! approuva Verika
Les deux enfants s'allongèrent côte à côte, dessinant avec joie leurs exploits fictifs qui un jour, deviendraient peut être enfin réels. Verika était encore trop jeune, mais elle savait un peu se défendre pour son âge. Mais ce n'était pas trop le cas d'Harold. Lui, il accumulait les catastrophes et les ennuis à son père et au village, à cause de ses idées et ses bêtises. Il n'avait pas vraiment d'amis, mais Verika était l'exception. Et contrairement aux autres comme Astrid et Rustik, Verika ne se moquait pas de la maladresse et des idées d'Harold. Leur dessins étaient enfin finis, mais à ce moment-là, ils entendirent une explosion qui avait retentit vraiment tout près de la maison, et ils entendirent même le cri d'un homme qui hurlait de douleur.
- Papa ! s'exclama Harold, apeuré
Il sortit de leur cachette et se rua vers la porte. Mais Verika l'interpella, encore cachée sous la table
- Harold, non ! Stoik a dit ne pas sortir de la maison !
- J'ai entendu un cri ! si ça se trouve, papa est en danger et il a besoin de moi !
- Harold ! supplia-t-elle d'une voix apeurée
Mais Harold eut le malheur d'ouvrir la porte. Dans le ciel, il vit un Gronk qui faisait du sur place. C'était donc lui qui était responsable de l'explosion et de la mort du viking qu'Harold voyait allongé face contre terre. Cette vision le terrifia, et encore plus quand le Gronk se mit à voler vers la maison. Harold referma vite la porte et eut à peine le temps de s'écarter que le Gronk avait réussi à ouvrir la porte en fonçant dessus. Harold était allongé par terre, juste à la merci du Gronk qui marchait lentement et qui le regardait d'un air menaçant avec les dents serrées. Verika était encore sous la table, tremblante comme une feuille. Mais dans un élan de courage, elle sortit de sa cachette, empoigna la louche qui était dans la marmite de soupe et fonça vers le Gronk en lui tapant sur le museau avec son ustensile de cuisine !
- Oust ! Méchant Gronk pas beau ! Va-t'en ! Laisse le tranquille !
Le reptile ne bougeait même pas d'un pouce tellement que les coups de la petite ne lui faisaient rien. Le Gronk tourna son regard vers elle, puis ouvrit sa mâchoire et attrapa la louche afin de la mâcher et de la recracher par terre. Verika regarder d'un air terrifié la louche complètement fichue, puis hurla de terreur quand le dragon se mit à rugir devant son nez ! La petite tomba alors à la renverse et se protégea de ses petit bras, puis elle n'entendit plus rien. En ouvrant les yeux, elle vit avec stupeur le dragon à terre, avec une hache plantée dans son crâne. Elle et Harold levèrent les yeux et virent Dagur, le fils d'Osvald l'agréable, qui tenait sa hache sans une once de peur dans le regard. On aurait même dit qu'il souriait ! Il était à peine âgé de 10 ans, mais il avait déjà l'âme d'un guerrier et rien ne lui faisait peur, comme le montre ce qu'il venait de faire. Il retira brutalement sa hache de la tête du Gronk, et du sang se mit à gicler sur le sol et sur la petite qui ne broncha pas tellement elle était encore sous le choc. Dagur s'avança vers elle et l'aida à se relever à l'aide de sa main libre.
- Tu ne crains plus rien, Verika. Je suis là maintenant.
- M... merci Dagur...
- Et j'ai vu ce que tu as fait à ce Gronk. C'était vraiment très courageux. Une vraie guerrière.
Elle se mit à rougir et Dagur esquissa un léger sourire en coin avant de se tourner vers Harold qui se relevait bien évidemment tout seul, le regard encore fixé sur le dragon qui baignait dans son sang. Il leva ensuite son regard vers Dagur qui était plus grand que lui, et qui lui faisait peur rien qu'avec son regard sévère.
- Je vois que t'en a encore fait qu'à ta tête Harold ! Heureusement que je suis arrivé juste à temps dès que ton père ma demander de venir vous protéger !
- Je...
- Comment penses-tu pouvoir protéger quelqu'un si tu le mets aisément en danger ? T'a pensé à Verika ? Bien sûr que non ! le gronda-t-il avec satisfaction
Harold ne répondit pas et se contenta de baisser la tête, honteux. Et comme d'habitude, Verika prit courageusement sa défense. Faut dire que Dagur ne lui faisait pas du tout peur.
- Ne le gronde pas, Dagur ! Il ne l'a pas fait exprès ! Il croyait que...
- Arrête de... Chut, écoutez ! On entend plus rien... ça doit être fini je pense. Restez là, je vais voir.
Le temps que Dagur sorte vérifier si y'avait encore du danger, avec encore sa hache ensanglantée à la main, Harold s'excusa auprès de Verika pour l'avoir mise en danger. La petite lui prit ses deux mains et lui adressa un tendre sourire pour le rassurer. Harold le lui rendit timidement, heureux qu'elle ne lui en veuille pas. Il remarqua qu'elle avait un peu de sang sur sa robe verte foncé, mais aussi sur la joue. Avec la manche de sa tunique verte clair, il essuya sa joue ce qui fit sourire la rouquine. Leur attention se reporta ensuite sur Dagur qui referma la porte.
- Dagur ? fit Verika
- Y'a encore des dragons dehors. Vaut mieux rester ici. Retournez dessiner, mais restez sages et évitez de faire du bruit ou des bêtises. Surtout toi, Harold ! gronda Dagur avec un certain plaisir
Harold détourna le regard, vexé et honteux de se faire blâmer par quelqu'un comme Dagur. Les deux plus jeunes retournèrent dans leur cachette et Dagur s'asseyait sur la table et nettoya sa hache tout en faisant le guet.
A l'extérieur, les derniers dragons fuyaient l'île à tire d'aile avec des moutons et d'autres animaux entre leurs pattes. Quand ils furent partis, les villageois s'occupèrent sans tarder des dommages causés par ces démons volants. Bon nombres de maisons étaient en flammes et quelques vikings étaient déjà occupés de les éteindre. D'autres aidaient les blessés et ceux qui été privés de leur maison. Quant aux morts... on s'occupa également d'eux. Il y en avait eu beaucoup ce soir-là. Tout ça à cause d'un Cauchemar Monstrueux et d'un homme, qui avait conduit tous ces malheureux droit vers un massacre. Cet homme était le seul survivant du groupe. Il s'agissait d'Alvin. Il était menotté et maintenu par deux vikings. Afin d'être jugé par Stoik qui prit enfin la parole après un court instant de silence.
- Alvin, tu as désobéi à mes ordres ! Et par ta faute, bon nombre des nôtres sont morts ! Qu'à tu as dire pour ta défense ?
- Stoik, je ne voulais pas qu'il y ait autant de morts ! je pensais qu'on réussirait à en venir à bout à ma manière, mais j'avais tort. Et je regrette de ne pas t'avoir écouté. Je t'en prie Stoik, il faut me croire !
- Tes excuses et tes regrets sont peut être sincères, mais tu as quand même désobéi aux ordres de ton chef ! Tu es donc déclaré coupable de trahison et condamné à la prison à vie sur l'île des Exilés ! Emmenez-le !
- Stoik, non ! Ne fais pas ça ! Et ma fille ?! Que va-t-elle devenir sans moi ?! s'exclama Alvin
- Son sort ne te concerne plus, Alvin. Tu aurais dû penser à elle avant de trahir ton chef. répondit calmement Osvald qui était aux côtés de Stoik
- Non, attends ! Non… STOIK ! hurla Alvin, fou de rage
Stoik resta de marbre face aux supplices de son ancien meilleur ami.
- Tu aurais pu le laisser lui dire au revoir, non ? Demanda Gueulfor
Stoik ne répondit pas. Il faisait de son mieux pour ne pas montrer à son bras droit et à son peuple que sa décision l'attristait, et que la question de Gueulfor l'attristait tout autant. Stoik se contenta donc de détourner le regard vers sa propre maison et le forgeron n'insista pas, devinant aisément que Stoik était attristé et préoccupé par un autre problème. Maintenant qu'Alvin n'était plus là, il fallait discuter du sort de Verika. Du regard, Stoik demanda à Osvald et Gueulfor de l'accompagner, et une fois chez lui, les trois guerriers virent qu'Harold et Verika s'étaient endormis. Dagur avait tellement été occupé de nettoyer sa hache qu'il ne s'était pas rendu compte qu'ils s'étaient endormis. Il expliqua également la présence d'un Gronk ensanglanté dans la maison, et pendant que Stoik et Gueulfor emmenaient le dragon mort vers l'extérieur, il aida son père à coucher les deux petits à l'étage. Osvald avait pris Harold dans ses bras et Dagur avait pris aisément Verika sur son dos. Ils les couchèrent dans le lit d'Harold, puis ils redescendirent en compagnie des deux autres qui étaient assis à table, l'air songeur.
- C'est bon. Ils dorment.
- Merci Osvald.
- Bon. Maintenant qu'Alvin a été banni, que comptes-tu faire de Verika ? demanda Gueulfor.
- Vu que son père est accusé de trahison... ça fait d'elle la fille d'un traître. Conclu tristement Osvald
- Et une orpheline, vu que sa mère est partie peu de temps après sa naissance. Ajouta Stoik
Dagur assistait à la réunion, bras croisés et adossé contre le mur. Il écoutait les adultes parler du sort de Verika et se contentait de ne rien dire. Il aurait très bien pu rester avec Verika et Harold à l'étage, mais son père et ses amis savaient qu'il ne dormirait pas et qu'il écouterait tout. Alors autant qu'il reste parmi eux.
- C'est pourquoi je ne peux pas la garder sur Berk. Ajouta le chef des Hooligans
- Comment ça ? Ok, c'est la fille d'un traître, mais la gamine n'y est pour rien ! Pourquoi devrait-elle subir... protesta le forgeron
- Parce que si elle reste, elle va subir les mauvais regards et les commentaires cruels de ceux qui ont perdu leur famille à cause de son père ! De par ma sentence, elle a déjà perdu son père. Je ne veux pas lui infliger ça en plus. argumenta Stoik d'une voix grave
- Et où ira-t-elle ?
- Je peux la prendre avec nous. Proposa Osvald. Là-bas, personne ne la jugera et elle pourra débuter une nouvelle vie.
Intérieurement, Dagur avait de la peine pour Verika et il était quand même dégoûté de son sort. La pauvre avait rien demandé à personne, et la voilà bannie de son île natale, et sans famille ! Mais d'un autre côté, savoir qu'elle allait rester avec lui sur l'île des Parenvrilles le comblait de joie ! Il était amoureux d'elle, et savoir qu'il devait à chaque fois repartir sur son île en la laissant en compagnie de cette crevette maladroite qui parle, ça le rendait furax ! C'est d'ailleurs à cause de cette rage qu'il avait décuplé son talent pour le combat et l'envie de combattre des dragons, voir même de les tuer. Il espérait aussi réussir à gagner toute l'attention de la rouquine en se montrant fort et brave.
- Et Harold ? Vous avez pensé à lui ? C'est sa meilleure amie je vous rappelle ! Enchaîna Gueulfor
- Avec le temps, il l'oubliera. Et si ce n'est pas le cas, alors j'espère qu'il comprendra pourquoi j'ai fait ça. répondit Stoik
- Eh ben. J'aurais jamais cru voir ça. soupira le blond
- Moi non plus, Gueulfor. Mais je dois faire ce qui est juste pour tout le monde.
- Je comprends, Stoik... Quand devra-t-elle partir ?
- En même temps que nous, demain matin. Le plus tôt sera le mieux. Répondit Osvald.
- Tu as raison Osvald.
Stoik leva alors son regard sur Dagur.
- Dagur. Bien que tu aies tout entendu, tu gardes ces informations pour toi jusque demain matin. Compris ? demanda Stoik.
- Oui, Stoik.
Dagur affichait une mine contrariée, mais de l'intérieur, il se sentait heureux et luttait contre l'envie de sourire. Après cette discussion, ils s'en allèrent se coucher, le cœur lourd et sans trop avoir sommeil. Mais pas Dagur. Il était le seul à être heureux et il s'était couché avec un sourire satisfait sur les lèvres ! Il avait trop hâte d'être à demain et de voir la tête de ce pauvre Harold quand sa seule amie s'en irait pour toujours chez les Parenvrilles ! Pour ça, il remercia mille fois Stoik et les dieux dans sa tête.
Le lendemain, Harold et Verika se réveillèrent paisiblement après avoir entendu le coq chanter. Aucun des deux ne se doutait de ce qui allait suivre. Quand ils ouvrirent les yeux, leurs regards se croisèrent et ils échangèrent un tendre sourire. Attirés par une bonne odeur de cuisson, ils se levèrent et descendirent prendre leur petit déjeuner. En bas, Stoik était en train de faire cuire du poisson.
- Bonjour, papa.
- Bonjour, Stoik.
- Bonjour les enfants.
Les enfants ne remarquèrent pas sa mauvaise humeur et s'asseyaient à table. Stoik leur servis leur petit déjeuner avec un regard sévère et contrarié, car il devait annoncer une nouvelle qui n'allait pas être facile à dire, ni à entendre pour eux. Il s'asseyait à son tour et entama son petit déjeuner, mais Verika questionna Stoik au sujet de son père.
- Stoik, il est où papa ?
- Il est... euh...
- Il va arriver ?
- Je... Verika. J'ai quelque chose d'important à te dire.
Verika reposa sa fourchette et fixa de ses grands yeux étonnés le chef qui se sentait mal en croisant le regard de la petite.
- Voila. Hier soir, pendant qu'on combattait les dragons, ton père... a fait quelque chose de mal. De très mal.
- Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Il a désobéit à mes ordres. Et à cause de lui, plusieurs personnes ont rejoint les dieux.
- Oh non... murmura Harold
- Je ne pouvais pas lui pardonner ce qu'il a fait. J'ai donc dû prendre une décision.
- Laquelle... ? demanda-t-elle avec crainte
Stoik prit alors une profonde inspiration.
- J'ai dû le bannir de l'île.
- QUOI ?! s'exclama Verika
Les larmes montaient aux yeux de la petite, qui fronça le regard en criant contre son chef.
- Nan, vous mentez ! Je... je veux voir mon papa !
- Tu ne peux pas, Verika. il est déjà loin d'ici.
- Mais... je n'ai même pas pu lui dire au revoir ! Pourquoi vous avez fait ça ?!
Folle de rage, elle lui balança son poisson à la figure. Harold serra les dents face à son geste et au fait que Stoik demeurer immobile avec le poisson à moitié collé sur la figure. Même lui n'aurait jamais osé faire ça à son père !
- Je vous déteste ! A cause de vous, je n'ai plus de papa ! Vous n'êtes qu'un gros méchant !
En entendant ce mot, Stoik perdit sa patience et son calme. Fronçant le regard, il retira le poisson de son visage et fixa sévèrement Verika qui ne cessait de le défier du regard.
- Méchant ? Si j'étais aussi méchant que ça, ton père serait déjà mort ! Je l'ai juste banni, Verika. Estime-toi heureuse que je ne sois pas allé plus loin !
- Je m'en fiche ! vous êtes méchant quand même ! A cause de vous je... je suis toute seule ! protesta-t-elle en larme
- Tu ne resteras pas toute seule, Verika. Des gens s'occuperont de toi.
- Qui ça ? Gueulfor ?
- Non.
- Vous ?
- Non plus. C'est Osvald qui veillera sur toi à la place de ton père.
- Osvald ? Mais... ça veut dire quoi ?
Elle n'était pas sur de comprendre, mais Harold avait une petite idée de ce que ça voulait dire et ça le terrifiait. Après avoir bu une gorgée, Stoik avoua enfin la seconde partie de la nouvelle.
- Ça veut dire que tu pars avec eux sur l'ile des traîtres. A jamais.
- QUOI ?! s'exclama-t-elle à nouveau, totalement abasourdie
Partir... pour toujours ? Ce qui voudrait dire... ne plus jamais revoir son ile natale, ni ses amis, ni Harold ?! Des larmes coulaient sur ses joues, mais Stoik prit soin de ne pas se montrer sensible à ses larmes.
- Mais pourquoi je dois partir ?! Je n'ai rien fait !
- C'est comme ça, Verika. A cause de ton père, tu es devenue la fille d'un traitre. Je ne peux donc pas te garder sur Berk. Alors plutôt que de te bannir aussi, Osvald c'est proposer pour s'occuper de toi. Tu partiras avec lui dans quelques minutes.
Verika se leva de table, le regard encore plus sévère !
- Pas question, je refuse ! Je veux rester ici avec Harold !
- IL SUFFIT ! s'exclama Stoik, à bout de nerfs
Stoik se leva de table et attrapa la gamine par le bras, non sans trop lui faire de mal.
- NAN ! LACHEZ MOI ! protesta-t-elle en se débattant
- Verika, calme-toi ! Cette décision est ce qui y'a de mieux pour toi !
- MENTEUR ! C'EST CE QUI Y'A DE MIEUX POUR VOUS ! VOUS VOUS EN FICHEZ DE…
Stoik lui donna une baffe qui la calma direct. La joue rouge et douloureuse, elle fondit en larme et Stoik la prit dans ses bras. Sans adresser un regard à son fils qui c'était levé, mais qui n'avait rien tenté envers son père, Stoik quitta la maison et se dirigea calmement vers les quais, là où les navires des Parenvrilles étaient amarrés, et là ou tout le village les attendait. Harold couru après son père qui marchait plutôt vite, et quand tout le monde vit la petite en larmes, ils eurent de la peine pour elle, mais c'était la règle. Même s'ils étaient innocents, les enfants des traitres comme Alvin ne pouvaient plus rester au village. Leur vie deviendrait un enfer, alors valait mieux pour la gamine qu'elle s'en aille et qu'elle commence une nouvelle vie. De plus, elle s'en allait avec Osvald l'agréable. Un homme gentil, juste et pacifiste. Elle serait donc entre de bonnes mains. Osvald attendait devant son bateau en compagnie de son fils qui faisait exprès d'afficher un visage neutre, tout comme la plupart des Berkiens. Stoik s'apprêtait à transférer calmement Verika dans les bras d'Osvald, mais la petite se remit à se débattre.
- NAAAN ! JE NE VEUX PAS PARTIR !
- Verika. Calme-toi. conseilla Osvald
- JE VOUS EN PRIE ! JE VEUX RESTER AVEC VOUS !
En la voyant s'accrocher de toutes ses forces à la barde et à la tunique de Stoik, les villageois ressentaient de plus en plus de peine pour elle, mais ils n'avaient pas le choix. La loi, c'est la loi. Ses amis n'avaient pas envie qu'elle s'en aille, mais eux non plus ne pouvaient rien faire. Stoik parvient enfin à la faire lâcher prise, et même si elle se débattait dans les bras d'Osvald, elle continuait de crier et de pleurer. Surtout en voyant Harold qui la regardait avec de grands yeux larmoyant.
- HAROLD ! AIDE-MOI ! NE LES LAISSE PAS M'EMMENER !
Harold voulait répondre et réagir, mais en croisant le regard de son peuple, de la bande d'Astrid et celui de son père, il se sentit encore plus petit qu'il ne l'était et il baissa la tête. Dagur esquissa alors un grand sourire en coin. De toute façon, tout le monde avec le regard fixé sur Verika et Harold, alors il pouvait se permettre de sourire.
- HAROLD ! TU M'AS PROMIS ! supplia-t-elle de plus belle alors qu'il ne faisait rien.
Il se rappelait en effet de sa promesse faite la veille. Mais qu'est-ce qu'un garçon comme lui pouvait faire, seul contre tous ? Il savait que son père ne changerait pas d'avis. Et ce qu'était Verika... même les dieux ne pourrait le changer. Elle devait partir, et pour ne pas souffrir davantage de cette injustice, il se résigna à ne rien dire, ni faire. Que ses amis ne fassent rien, c'était une chose qu'elle avait du mal à accepter. Mais là, en voyant son meilleur ami agir ainsi, Verika avait cessé de se débattre.
- Ha… Harold... ? dit-elle, les yeux rouges et pleins de larmes
Mais le petit garçon ne répondit même pas, et ne dénia lever son regard. Grossière erreur, même pour un enfant de son âge. A ce jour, aux yeux de Verika, Harold était un lâche qui n'avait pas osé défier son père et son village pour la défendre, alors que depuis toujours, c'est elle qui l'avait toujours défendu. Et voilà le résultat. Le jour où elle avait le plus besoin de lui, il n'était pas là pour elle. Elle demeura calme quand Osvald l'emmena sur son navire et elle ne tourna pas une seule fois son regard vers ses anciens amis, peuple, chef et meilleur ami. Après des derniers au revoir, les navires prirent le large et les Berkiens rentrèrent progressivement chez eux. Quand la bande d'Astrid passa près d'Harold qui avait les joues plein de larmes, il se fit quand même traiter de gros bébé, de pleurnichard et de faible, même si peu d'entre eux comprenait sa douleur. Il restait là à fixer les navires qui s'éloignaient de plus en plus, et bien que son père lui ait demandé de venir, il ne bougeait pas. Il n'arrivait pas à partir des quais. Mais dans un surplus de chagrin, Harold courut vers le rebord et cria avec toute la force de son chagrin.
- VERIKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! Ve... Verika... sanglota-t-il
- Harold. Viens. Insista gentiment son père en osant poser sa main sur sa frêle épaule.
- LACHE MOI ! s'exclama-t-il en repoussant sa main
Harold se tourna vers son père et le foudroya du regard, tout comme Verika l'avait fait plus tôt. Jamais Stoik n'avait vu son fils aussi en colère.
- TOUT CA C'EST DE TA FAUTE ! JE TE DETESTE !
Il s'en alla en courant, les larmes aux yeux, laissant son père seul sur les quais. Stoik soupira tristement puis regarda une dernière fois les navires avant de retourner au village. De là où elle était, Verika n'avait pas entendu l'appel de détresse d'Harold. Ou peut-être que si, mais elle s'en fichait. A partir de maintenant, elle ne devait plus se préoccuper de Berk et de ces habitant. Elle était à présent une Parenvrille. Ou du moins, elle en sera une quand elle mettra les pieds là-bas. Ayant un peu le mal de mer, elle s'asseyait par terre et replia ses jambes vers elle. Dagur alla la rejoindre et s'asseyait à ses côtés.
- Ça va passer. Aussi bien le mal de mer que ce que tu ressens.
- Je sais. Dis Dagur...
- Mmh ?
- Est-ce que... tu m'abandonneras un jour, toi aussi ?
- Comme Harold la fait ? Je...
- Ne prononce pas son nom. Je ne veux plus jamais l'entendre. Exigea-t-elle sans regarder Dagur dans les yeux.
- D'accord. Et pour te répondre, non, je ne t'abandonnerais pas comme... l'autre. Je t'en fais la promesse.
- Je n'aime pas les promesses. Personne ne les tient... maugréa-t-elle
- Moi si. Regarde.
Elle leva le regard et elle vit Dagur s'emparer d'une dague. Il se taillada la paume de la main sans grimacer et Verika le regarda faire, la bouche légèrement entrouverte. Dagur serra ensuite son poing et examina le sang qui s'écouler entre ses doigts.
- Mieux qu'une promesse... je t'en fais le serment.
Impressionnée de ce qu'il venait de faire pour elle, Verika lui souriait en retour. En signe de remerciement, elle posa sa tête contre l'épaule de Dagur qui continuait de sourire d'un air triomphant.
oO*Oo
Le lendemain, Harold se réveilla apaisé et bien reposé. En ouvrant les yeux, il se rendait compte qu'il était toujours dans ce monde étrange. Lui qui espérait que ce qui était arrivé la veille n'était qu'un cauchemar. Frottant son visage de ses mains pour mieux sortir de son sommeil, une douce odeur de cuisson lui parvenait alors au nez ainsi qu'un léger brouhaha. Il tourna sa tête vers la cuisine pour voir Valéria en train de cuisiner. Quand son regard se posa sur lui, elle lui souriait de la même manière qu'hier soir.
- Bonjour ! Bien dormi ?
Il hochait positivement la tête sans rien dire, le regard neutre. Alors qu'elle retournait à ses fourneaux, son regard à lui se posa sur le canapé. Vu le léger désordre dessus, il comprenait qu'elle avait passé la nuit ici et qu'elle avait veillé sur lui. Et maintenant, elle préparait le petit déjeuner en lui adressant un bonjour chaleureux. Cette fille était vraiment gentille. Harold commençait à regretter de l'avoir rejetée au restaurant. Se relevant de sa couchette, il grommelait sur le fait de se sentir encore dans les vapes. En croisant son reflet dans un miroir disposé dans l'entrée, il porta sa main à sa tempe quand il vit un pansement, De la cuisine, Valéria s'empressa de le rassurer.
- Ne t'en fait pas. C'est une légère plaie qui disparaitra bien vite. Au pire, t'auras peut être un bleu et une légère bosse. Ça te fait mal ?
- Non.
- Ok. Euh... J'ai fait des pancakes. T'aime ça ?
- Je n'en sais rien. Je n'en ai jamais mangé.
- Oh ? bah tu vas voir. Comme les hamburgers de Chris, c'est tout aussi délicieux ! Surtout avec une bonne cascade de sirop d'érable et du beurre dessus !
Harold s'asseyait donc sur un des tabourets du petit comptoir et la jeune femme servit à chacun une petite assiette de pancakes avec tout ce qu'il fallait dessus et deux mugs de chocolat chaud.
- Voila. Bon appétit. Souriait-elle en resserrant l'élastique de sa queue de cheval
- Merci. toi aussi.
Elle ne traina pas pour manger car elle était affamée. Et gourmande. Harold la regardait un instant avant d'attaquer sa propre assiette. C'était toujours la même personne souriante, de bonne humeur et apparemment énergique, vu qu'elle n'avait cessé de s'activer dans sa cuisine rien que pour quelques pancakes. Harold s'empara de sa fourchette et commença à manger. En effet, il trouvait que ce n'était pas mauvais. C'était même très bon ! Mangeant et buvant plus vite qu'elle vu qu'il n'avait rien mangé depuis la veille, il ne remarqua pas que Valéria le regardait manger tout en esquissant un sourire derrière son mug. Quand il eut fini, il la regarda en train de déposer sa vaisselle sale dans l'évier. Il lui posa alors une question qu'il ne pouvait garder plus longtemps pour lui.
- Pourquoi tu m'as encore aidé ? demanda-t-il d'un air grave
- Pourquoi tu me poses encore cette question ? Je n'y ai pas déjà répondu hier ? souriait-elle en se tournant vers lui
- Oui, mais...
- Harold. C'est pourtant évident. Je suis celle qui t'a mis en danger. J'aurais peut-être même pu te tuer si je n'avais pas freiné à temps ! Alors... de mon point de vue, c'est normal que je prenne soin de toi. Souriait-elle
- Ah. Bah... merci de m'avoir sauvé la vie.
- De rien.
- Mais tu ne sais rien de moi ! Tu ne t'es pas méfié d'avoir un inconnu chez toi ? Tu n'as pas eu peur de ce qui aurait pu arriver si je m'étais réveillé en pleine nuit ?
- Quoi ? Peur de toi ? Non. Pas du tout. Même que tu n'as rien voulu me dire sur toi, je sais... ou plutôt je sens, que tu n'es pas dangereux. Et puis si tu avais tenté de me faire du mal, je t'aurais facilement mis hors d'état de nuire. Je sais me défendre. Assurait-elle avec le sourire
- Tu bluffes.
- Tu veux que je te fasse une petite démo ? Tes pancakes seront ravis d'être directement en contact avec ta bouche ! Riait-elle
- Inutile. Je suis convaincu.
Elle exprimait un petit rire en remettant une de ses mèches derrière son oreille.
- Tu as assez mangé ?
- Euh... oui. C'était très bon. Merci.
Elle lui souriait et elle débarrassa le reste de la vaisselle en la mettant directement dans l'évier, puis son visage devient alors soucieux. Maintenant que le petit déjeuner était fini, elle se doutait bien qu'il allait vouloir partir.
- Ecoute, euh... si tu veux t'en aller, je ne vais pas te retenir. Je n'en ai pas le droit. Mais avant, je voudrais savoir quelque chose.
- Comme quoi ?
- Comment ça se fait que tu étais dehors en pleine tempête hier soir ? Pourquoi tu n'étais pas à l'hôtel ?
- J'y suis allé. Mais c'était complet à cause des vacances et du tourisme.
Les yeux de Valéria s'agrandirent face à sa propre bêtise.
- Oh pardon Harold, je suis désolée ! J'ai complétement oublié ce détail...
- C'est rien Valéria. Bon, je vais y aller. Je ne veux pas te déranger davantage.
- Tu ne me déranges pas, Harold.
- Quand bien même, il faut que je m'en aille. Encore merci pour tout.
- Et tu vas faire quoi ? Vu que Verika n'est plus là, tu...
Elle se tut quand Harold tourna son regard vers elle, étonné de l'entendre dire ça.
- Je... c'est toi qui m'a dit ça hier soir. Je t'ai demandé si tu voulais que je l'appelle mais... tu m'as dit que ça ne servais a rien vu qu'elle n'était plus la... ajouta-t-elle d'un air embarrassé
- Ah.
- Et saches que je suis désolée pour... tout ça. Mais si tu acceptes de me faire confiance et de me laisser t'aider, on pourrait sûrement trouver une piste pour la retrouver ? Ou même quelqu'un de sa famille ?
- Non. Laisse tomber Valéria. Au revoir. dit-il en se dirigeant vers la porte
- Mais pourquoi ? Pourquoi tu t'obstines à rejeter l'aide des autres ? Pourquoi tu ne veux rien dire ? De quoi as-tu si peur ? s'étonna-t-elle, abasourdie de son entêtement
Harold s'était stoppé. Il ne répondit pas et demeurait silencieux. Mais ses yeux débordaient de larmes. Il luttait contre l'envie de pleurer, mais c'était plus fort que lui. Devant la porte close, il éclata un sanglot et posa sa main contre sa bouche. Valéria ne savait pas quoi faire. Elle s'en voulait d'avoir autant insisté. Elle se risqua donc à s'approcher de lui.
- Je... excuse-moi Harold. Je ne voulais pas...
- C'est rien... ce n'est pas ta faute...
- Je...
Son regard peiné se posa sur le canapé. Elle osa alors poser ses mains sur son épaule et son dos.
- Viens, Harold. On va parler.
- Non...
- Si. Tu en as besoin.
- NON ! s'exclama-t-il en la repoussant
Face à ce geste et ce haussement de voix, Valéria s'écarta d'un pas et le fixa sans rien dire, mais Harold ne se gêna pas pour lui dire ce qu'il avait sur le cœur.
- N'y a-t-il donc aucune limite à ta générosité ? parce que la, je me sens de plus en plus honteux de subir ta gentillesse ! Les gens vont finir par penser que je profite de toi !
- Personne ne pense ça, Harold. Et moi, ça me fait plaisir de t'aider... je suis comme ça, c'est tout. Se justifia-t-elle, embarrassée
C'était la phrase de trop. Il était à bout de nerfs et mourrait d'envie d'exploser de colère. Mais devant le regard peiné de la jeune fille, il se contenta de sortir de la maison comme une flèche, laissant Valéria totalement perplexe. Elle eut deux secondes de blanc avant de sortir à son tour, rien qu'en débardeur et en jean, et de lui courir après.
- Harold ! attends ! l'appelait-elle
- Laisse-moi.
- Harold !
Malgré la neige, elle avait réussi à le rattraper. Harold remarqua qu'elle était sortie sans rien sur elle mais ne fit pas de remarque. Il ne voulait plus l'entendre.
- Ecoute. Tu es sur les nerfs à cause de ce que tu as vécu ! C'est normal et je peux le comprendre... mais il n'y pas de honte à recevoir de l'aide !
- Val. Depuis que je t'ai rencontré, tu n'as pas cessé de te conduire comme la femme la plus serviable du monde !
- Mais...
- « Prends mes gants », « Et mon écharpe», « Prends ces billets », « Confies-toi », « Tu me déranges pas », « Voilà des pancakes »... c'est agaçant à la longue ! Et ça me rend dingue ! Je suis dans cette galère et je n'ai rien demandé à personne, moi !
- Harold... murmura-t-elle, vexée et les yeux brillants
- Tu sais quoi ? J'aurais préféré mourir durant mon séjour dans la glace ! Tout aurait été plus simple ! si j'étais mort, je serais avec les miens, sans rien devoir à personne et je ne subirais plus cette gêne d'être sans rien !
Il avait exprimé sa colère un peu trop fort et un peu trop méchamment. Valéria tremblait, à moitié à cause du froid et à moitié à cause de ce qu'il venait de dire. Elle le fixait silencieusement, les larmes aux yeux, avant de se pincer les lèvres et de repartir vers sa maison. Harold se rendit compte qu'il avait était injuste avec elle et se hâta de la retenir et de s'excuser.
- Val, excuse-moi, je... Val ! dit-il en lui prenant la main
- Laisse-moi ! Le repoussa-t-elle d'un geste du bras. Puisque tu rejettes mon aide et ce que je suis, débrouille-toi tout seul puisque c'est ce que tu désires tant !
Elle courut jusque chez elle, puis elle claqua la porte, ferma les verrous et tira les rideaux du salon. Presque dans le noir, elle alluma la lumière du salon et resta plantée la, à sécher ses larmes. Jamais personne ne lui avait reproché d'être gentille, généreuse ni d'avoir la main sur le cœur ! Jamais ! Pour passer ses nerfs, et histoire de ne pas entendre Harold qui viendrait tambouriner à la porte pour s'excuser encore une fois, elle mit ses écouteurs à fond et commença sa vaisselle en frottant les assiettes avec acharnement.
Harold était resté planté devant le trottoir de la maison, et avait vu Valéria tirer les rideaux et allumer la lumière. Mais ne pouvant pas rester sur place, il se remit en route vers la bibliothèque en traînant des pieds. Une heure après, le temps de se repérer et de retrouver son chemin, il arriva à la bibliothèque une heure plus tard. Après avoir de nouveau noté son nom sur la feuille de présence, il retourna dans le rayon ou il avait trouvé tous ses ouvrages. Durant sa lecture, il ne pensait même plus à son coup du sort, ni à ses recherches, mais à Valéria et à la façon dont il lui avait parlé et tout ce qu'il lui avait dit. Il n'aurait pas dû faire ça. Il le regrettait amèrement.
