Salut à tous ! :D Alors pour commencer, je tiens à m'expliquer sur le comportement apparemment inapproprié de Dagur, Verika et Harold à l'époque viking :) en effet, leur attitude ne correspond pas du tout à leur âge. Je peux le comprendre et j'en ai tout à fait conscience. Mais à la base, je voulais que ces trois-là soient plus matures, et qu'ils comprennent plus vite que les autres ce qui se passe dans leur monde, même s'ils sont encore très jeunes. :) Et puis j'avais besoin de les introduire dans l'histoire à un âge très jeune, parce que y'a encore pas mal d'événements qui vont se dérouler durant leur enfance jusqu'à l'âge adulte! ;) Et j'avais TROP envie d'intégrer une l'histoire d'amour qui naît et qui fleurit depuis le plus jeune âge. Dans la vraie vie, c'est très rare, mais je trouve ça tellement beau et mignon… :3 tout comme les couples qui restent ensemble jusqu'à la fin de leur vie… :3 Mais bref, sachez que cette romance dans cette fic sera très utile pour la suite ! ;)
En ce qui concerne Alvin, la raison de son bannissement m'a été inspirée de ce qu'il a fait dans la série. Voilà :) alors oui, Stoik vous a semblé cruel, tyrannique, injuste…. mais il me fallait encore plus de drama pour ce chapitre x) Mais son comportement peut être justifiable si je dis qu'il était fou de colère que son meilleur ami ai désobéi, qu'il a trahi sa confiance et qu'il a envoyé trop de gens d'un coup rejoindre les dieux ? Sur le coup de la colère, on prend parfois de mauvaises décisions, et là, il a pu réagir trop excessivement :/
Vous m'avez fait rire avec vos théories sur la réincarnation x) mais à ce niveau-là, je ne dirais RIEN ! Je vais laisser vos théories mijoter dans votre esprit jusqu'à ce que vous ayez la réponse ! Mouhahahaha ! Que je suis cruelle ! xDD Bon. Au niveau de l'éventuelle couple Harold-Valéria… je crois que je suis grillée depuis le chapitre 1… x) mais pour ça aussi, vous verrez bien ! :p
Je suis bien contente que le chapitre précédent vous ai plu, et j'espère que ce chapitre qui contient un passage dans le futur et un dans le passé, vous plaira tout autant ! :D encore merci pour vos reviews et vos soutiens ! A vendredi mes poulets! Cocoooooooooooot ! xD
Chapitre 4 - Un pas en avant
Après son acharnement sur sa vaisselle, Valéria n'avait pas cessé de courir dans tous les sens durant toute la journée. Entre sa maison, la paperasse, les coups de fil, le chantier et la station... elle en avait des choses à faire. Mais ça l'aidait à oublier sa colère et ce qui s'était passé ce matin. Quand le soir arriva, la pauvre était littéralement crevée. Elle passa la porte de chez elle et balança d'un air las ses affaires sur le canapé. Elle se fit ensuite chauffer un mug de chocolat et s'installa confortablement dans son fauteuil, appréciant le calme et la chaleur de sa boisson. Son portable se mit soudain à sonner. Même si elle avait envie de ne parler à personne, elle regarda quand même qui l'appelait. C'était sa mère. Ravie d'avoir des nouvelles, mais aussi pour pas inquiéter ses parents qui se trouvaient assez loin, elle décrocha.
- Allo ?
- Allo ma chérie ? C'est maman. ça va ?
- Oh, euh... ouais ça va. Je suis dans mon fauteuil avec un chocolat chaud en guise de compagnie.
- Bien. Et comment ça se passe avec la station ? Pas trop de problèmes ? Ce n'est pas trop dur ?
- Nan. Je suis bien entourée et conseillée mais je pense que quand les premiers clients arriveront, là, ça va être drôle. Ricana-t-elle
- Rassures-toi ma chérie. tout va bien se passer. Tu sais comment ça se passe chaque année ? bah ce sera pareil cette année encore !
- Je sais maman. et vous ? ça se passe bien vos vacances ?
- A merveille ! la croisière est superbe, on s'amuse bien, j'ai déjà un début de bronzage et ton père se régale avec le buffet et la piscine.
- Je n'en doute pas ! Je suis contente si vous vous amusez bien. Et merci de me donner de vos nouvelles, maman.
- C'est normal. Bon, Faut que je te laisse, j'ai un cours d'aqua gym qui va pas tarder. Ton père t'embrasse très fort !
- Moi aussi je vous embrasse. à bientôt maman. souriait-elle
- A bientôt ma chérie! Je t'appellerai lundi pour savoir comment ça s'est passé. Bisous !
- Bisous.
Valéria attendit que sa mère raccroche. Ça lui avait vraiment fait plaisir de l'entendre et de savoir qu'ils s'amusaient bien. Mais se dire que ses parents étaient heureux, lui avaient également fait rappeler que elle, ne l'était pas. Les paroles blessantes d'Harold tournaient en boucle dans sa tête et elle se sentait de nouveau en colère. Elle coupa alors son portable, car elle ne voulait plus parler à quelqu'un d'autre de la soirée, de peur de rejeter sa colère sur ceux qui ne lui avaient rien fait.
oO*Oo
Comme c'était l'heure de fermeture, Harold dût de nouveau ranger ses livres et quitter la bibliothèque. Et comme c'était vendredi soir, ça n'ouvrirait pas avant lundi. S'inquiétant déjà de ce qu'il allait faire durant deux jours, Harold alla trouver refuge au restaurant de Chris. Y'avais pas trop de monde, alors ça allait. Chris le reconnut et lui souhaita la bienvenue.
- Salut Harold ! Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- Bonsoir Chris. Je voudrais manger un morceau.
- Bien sûr. Assieds-toi, j'arrive.
Harold s'asseyait au fond du restaurant, là où Valéria et lui avaient mangé ensemble la première fois. Il aurait pu s'asseoir ailleurs, mais il avait envie d'être là. Chris arriva peu de temps après.
- Dis-moi tout.
- Euh… Tu as encore des cheeseburgers ? Avec des… frites et du soda ?
- Oui. Je t'apporte ça dans peu de temps.
Harold hocha la tête en signe de remerciement et attendit que Chris revienne avec sa commande. Pendant ce temps, Harold lisait la carte avec les menus, desserts et boissons. Y'avais beaucoup trop de choix pour lui. Et toutes ces propositions avaient des noms étranges. Même certains ingrédients signalés dans la composition des plats ne lui disaient rien ! Comme la mozzarella. C'était quoi ça ? Harold comprit que s'il voulait survivre et s'adapter dans ce monde, il aurait du boulot ! Chris arriva avec sa commande et l'addition. Mourant de faim, Harold se concentra plus sur son plat que le petit bout de papier. Mais il ne mangeait même pas son repas avec appétit. Valéria lui manquait. Le fait de ne pas être seul lui manquait. Et plein d'autres choses en rapport avec elle. Il n'aurait jamais cru ça. Surtout qu'ils s'étaient à peine rencontrés ! Il se demanda même si elle lui manquait vraiment ou si c'était sa culpabilité à son égard qui lui faisait penser ça. Selon lui, elle lui manquait quand même. Surtout ses sourires.
Rassasié, il s'occupa ensuite de ce bout de papier et essaya de le comprendre. Il sortit l'argent que Valéria lui avait donné et il essaya de trouver le compte juste. Ce n'était pas simple avec tous ces billets ! De son temps, il traitait avec Johann le Négociant, et qu'avec des pièces ou des bricoles conçus de ses mains. Ayant une somme assez proche de la somme demandée, Harold finissait lentement son soda, l'esprit préoccupé par Valéria. Il ne pensait qu'à elle.
- Faut que je me fasse pardonner… Mais comment ? se dit-il
Il se rappela qu'elle raffolait des cheeseburgers. Ou du moins, son appétit à leur égard lui laissait penser ça. Et il avait assez d'argent pour lui en prendre un et le lui ramener. Chris revint à sa table, pour débarrasser et encaisser.
- Bien mangé ?
- Oui. Ils sont vraiment excellents. Félicita sincèrement Harold
- Merci. Si tu le permets, je vais encaisser.
- Oui, j't'en prie. Est-ce que c'est possible d'en avoir un autre ?
- T'a encore de la place ? blagua Chris en lui rendant sa monnaie
- Ce n'est pas pour moi.
- Ah. Euh... oui, c'est possible. Avec un soda et des frites ? Je t'amène ça. dit-il après avoir eu confirmation
Chris retourna en cuisine et Harold rassembla le compte juste pour sa seconde commande. Il comprenait enfin comment ça marchait. Chris lui donna sa commande dans un sac en papier kraft et encaissa de nouveau. Harold prit le paquet, le remercia et lui souhaita une bonne soirée. Chris fit de même, mais une fois dehors, un problème se présenta à Harold. Il neigeait. S'il voulait que Valéria mange son repas chaud, il devait vite être chez elle. Y allait en bus serait une bonne idée, mais il n'y connaissait rien. Il ne savait même pas où le prendre et où il devrait descendre ! Il choisit alors la dernière option. Y aller à pied. Et vu la clémence du temps, il ne traina pas.
Chez elle, Valéria s'était de nouveau calmée, mais la maison avait bien subi son coup de nerfs. Elle en avait profité pour tout ranger ce qui trainait depuis des jours. Assise sur le canapé, elle réfléchissait, le regard fixé sur les flammes de sa cheminée. Elle trouvait cette situation dommage et triste car elle aimait bien la compagnie d'Harold. Mais en réalisant que lui ne semblait pas aimer être avec elle ou avec n'importe qui d'autre, elle ferma ses yeux et soupira longuement. Soudain, on frappa à la porte. Intriguée, elle se leva et alla ouvrir. Même si elle avait souhaité ni voir, ni parler à personne. Sa bouche s'entrouvrit en voyant Harold recouvert de neige, grelottant avec un paquet dans les bras. Surtout que ce bougre n'avait pas son cache-nez, son bonnet et ses gants ! Et elle n'avait même pas fait gaffe qu'il s'était mis à neiger ! C'était presque la tempête dehors ! Une bourrasque de neige s'infiltra à moitié chez elle, la faisant frissonner.
- Whoa la vache ! Rentre vite ! ordonna-t-elle, gelée
- Avec plaisir... répondait Harold
Valéria referma la porte et se frotta les bras. Harold avait tellement froid qu'il ne sentait presque plus rien. Il était presque figé. Il était heureux d'être enfin au chaud, mais l'ambiance était quand même glacial vu comment Valéria le regardait. Apparemment, elle lui en voulait encore. Ce qui était compréhensif.
- Bien que je t'aie fait rentrer, je peux savoir ce que tu fais la ? Je croyais que tu voulais être...
- Je suis venu... pour m'excuser... de m'être mal comporté avec toi... et je t'ai ramené ton souper... mais ton cheeseburger doit être glacé maintenant... s'expliquait-il, bleu de froid
Cette attention lui faisait plaisir. Avec son argent destiné à son usage personnel, il les avait quand même dépensés pour elle, pour quelque chose qu'elle aimait. Et voyant qu'il était recouvert de neige et tremblant de froid, elle n'eut même pas le cœur de se fâcher davantage contre lui, ni de le repousser.
- C'est rien, ça se réchauffe. En tout cas... merci pour le repas et tes excuses. C'est gentil. Allez viens, rapproche toi du feu.
Harold s'asseyait donc devant la cheminée et Valéria le recouvrit avec un plaid. Elle lui frottait naturellement les bras et les épaules pour qu'il se réchauffe plus vite. En jetant un œil à la fenêtre, elle hallucinait du vent et de la neige qui soufflait et qui s'abattait sur la vitre. Mais en regardant Harold, son regard se fronça.
- Harold... Comment tu es venu jusqu'ici ?
- A pied.
- Quoi ?! A pied depuis le centre-ville ?! Mais... ça doit faire une vingtaine de minute jusqu'à la maison ! Pourquoi t'a pas pris le bus ?!
- J'y connais rien à ça... se justifia-t-il
- Mais...
Elle fonça dans ses bras pour l'enlacer, le regard sévère. Ça avait surpris Harold qu'elle fasse ça vu tout ce qu'il lui avait dit comme méchancetés. Elle murmura alors dans son cou et le souffle chaud de sa bouche procura à Harold un étrange frisson et le doux parfum à la pêche de Valéria lui embruma encore une fois les sens.
- Idiot ! T'imagine s'il t'était arrivé un truc en route ?! Tu aurais pu passer la nuit à l'hôtel et revenir t'excuser avec un petit déjeuner quand le temps se serait calmé !
- Les hôtels sont complets... t'a oublié ?
- Je... rhaa zut, c'est vrai... mais t'aurais dû venir quand ce n'était pas la tempête ! Regarde-toi maintenant! Tu es gelé ! s'exclama-t-elle furieuse, les yeux brillants
Elle était toujours dans ses bras. Sa chaleur corporelle tenait Harold bien au chaud et inconsciemment, il l'avait enlacée avec le plaid qui recouvrait ses bras, la gardant ainsi au chaud et prisonnière contre lui.
- Je devais venir m'excuser, Val. Et ça valait la peine que je traverse une tempête de neige.
- Quand bien même... t'est un idiot d'avoir pris ce risque... je laisserai la cheminée allumée pour cette nuit. Souriait-elle
- Tu veux toujours que je reste ici ? s'étonna Harold
- Ou irais-tu avec toute cette neige et aucun refuge ? Mmh ?
- Je ne sais pas.
- Alors voilà qui est réglé. Et puis tu t'es excusé et t'a ramené le souper, ça me suffit pour renouveler mon offre. Et puis ça ne gênera personne puisque mes parents sont en vacances pendant deux semaines. D'accord ?
- D'accord.
- Bien. maintenant que ça c'est réglé, je vais aller faire réchauffer mon repas au four, y'en aura pas pour longtemps.
Allumant la petite lampe et fermant de nouveau les rideaux pour ne plus voir cette tempête, elle extirpa avec précaution son repas qui n'avait apparemment pas trop souffert de la neige. Mettant le tout sur une grande plaque, elle enfourna tout ça dans le four et dix minutes plus tard, c'était prêt. S'installant de nouveau aux côtés d'Harold, elle mangea avec appétit, invitant Harold à piocher dans son surplus de frites.
- Hum... qu'est-ce que c'est bon ce truc... soupirait-elle ravie et repue. Encore merci, Harold. Je me suis régalée.
- Moi aussi. Val ?
- Mmh ?
- Je... voudrais te parler d'une chose.
- Ah ? Quoi donc ?
- Nos réactions de ce matin m'ont fait réaliser que... même si je le renie, j'ai en effet besoin d'aide.
Valéria l'écoutait attentivement. Elle sentait qu'il allait lui dire quelque chose d'important, alors autant ne pas l'interrompre et rester attentive.
- Mais comme tu m'as tendu la main pour tellement de choses, j'ai réalisé que c'était idiot de ma part de le refuser, de m'en montrer indigne et de croire que je pouvais me débrouiller seul... J'ai besoin de toi, Val. Si tu veux toujours m'aider, je l'accepterais volontiers.
- Je... bien sûr que je veux toujours t'aider... souriait-elle, ravie d'entendre ça
- Merci... et saches aussi que... un jour, je te parlerais de moi et de mon histoire. Mais pour le moment, je ne me sens pas prêt. je pense qu'il me faudra du temps pour l'accepter moi-même.
- Pas de soucis, Harold. On fera comme tu le sens. Et prends le temps qu'il te faudra.
- Merci. Tu es vraiment quelqu'un de bien, Val. Je... je suis désolé de ne pas avoir accepté ton aide plus tôt que ça. Excuse-moi.
- Tu sais... Après tout ce que tu as vécu, c'est normal de réagir comme ça. Et encore plus si on est amnésique. Alors... ne t'excuse pas. souriait-elle.
Harold lui rendait un sourire sincère qui était empli de gratitude. Aux côtés de Valéria, il se sentait envahi par l'espoir et le réconfort. Avec elle pour lui éclairer le chemin, sa nouvelle vie ne sera peut-être pas si pénible que ça.
- Bon. Avant d'aller se coucher... passage à la douche obligatoire !
- Tu insinues quoi ? Que je sens mauvais ?
- Un peu. Se moqua-t-elle avec un petit sourire
- Tss. Certainement moins qu'un yak ! pouffa-t-il
- Je ne sais pas, je ne peux pas comparer. Mais si pour demain, tu veux avoir toute tes chances pour tes recherches, une douche bien chaude sera d'une très grande aide. Et ça t'aidera à bien dormir.
- Je crois que je n'ai pas le choix.
- Non. Hihi. Aller viens, je vais te montrer la salle de bain et te donner ce qu'il faut.
Avec le sourire, elle l'emmena à l'étage dans une pièce située en face de sa propre chambre. Harold balayait la pièce du regard, tandis qu'elle sortait des serviettes d'un placard. C'était donc dans ce genre de pièce que les humains modernes se lavaient ? Ils avaient vraiment besoin de tout ça ? Chez les vikings, tu te lavais peu et c'était dans un point d'eau !
- Voila. Le temps que tu te laves, je vais préparer ta chambre et...
- Ma chambre ? Je ne dors pas sur le canapé ?
- Pourquoi dormir sur un canapé alors que y'a une chambre d'ami qui sert à personne ?
- Ah.
- Je disais donc, je vais rassembler ce qu'il faut dans ta chambre.
- D'accord. merci.
Elle referma la porte derrière elle, laissant le jeune viking face à l'appareil de douche dont il ne connaissait pas du tout le fonctionnement. Avant de se déshabiller, il entra avec sa tenue et sa jambe en métal dans la cabine de douche. Il l'étudia attentivement et pris le pommeau dans ses mains. Il trouvait tout ça vraiment curieux. Dessus, il ne voyait aucun bouton pour l'allumer mais il en vit d'autres avec des couleurs sur l'espèce de boite de commande attachée au mur.
- Comment ça marche ce truc... ? Bleu, c'est quoi ? froid, je suppose. Et rouge... ça doit être chaud. Donc si je le tourne...
Il tourna le bouton rouge un peu trop vite et de l'eau chaude s'échappa à pleine puissance du pommeau ! Harold poussa un cri de surprise et lâcha le pommeau qui envoya de l'eau dans tous les sens ! Il tenta de tourner le bouton pour l'arrêter mais il glissa sur le sol trempé de la cabine. Valéria, qui avait entendu un cri puis un boum, était vite entrée dans la salle de bain, puis dans la douche et avait enfin réussi à stopper l'eau.
- Mais qu'est-ce que... Harold, ça va ?! demanda-t-elle en voyant Harold par terre
- J'ai glissé, mais ça va... J'ai juste été surpris par la puissance du jet d'eau...
Devant son regard interrogateur, Harold se justifia davantage.
- Je n'avais pas de douche chez moi. Je ne sais donc pas trop comment ça marche. Et avec la fatigue, j'ai... enfin voilà.
- T'en fais pas, c'est que de l'eau. Mais la prochaine fois, enferme-toi dans la cabine et tourne le bouton moins fort. Conseilla-t-elle en l'aidant à se redresser.
- Compris.
La situation actuelle faisait rougir la jeune femme. Elle était assez proche d'Harold, dans la cabine de douche et légèrement trempé. Encore heureux qu'ils avaient leur vêtements, et qu'Harold n'était pas nu quand elle était entré. Pour lui épargner une nouvelle catastrophe, elle bidouilla les boutons de la douche.
- Voila. J'ai programmé le jet d'eau pour qu'il ne soit pas trop chaud et pour qu'il te tombe directement sur la tête. Ta juste qu'à tourner celui-là pour démarrer et arrêter la douche.
- D'accord.
- Bon. Je vais te laisser... ah oui, j'avais oublié de te dire un truc. Mon père a embarqué son shampoing, mais tu peux utiliser le mien. Le parfum est neutre. A tout à l'heure.
Cachant son rougissement derrière ses cheveux roux à moitié trempé, elle sorti une bonne fois pour toute de la pièce. Harold verrouilla la porte pour pouvoir tranquillement ôter ses vêtements sans risquer que Valéria rentre de nouveau et le voit nu. Au final, il avait juste gardé sa prothèse en métal. Il entra dans la douche en refermant la porte coulissante, puis il actionna le bon bouton. De la bonne eau chaude s'extirpa du paumé et tomba directement sur sa tête. Légèrement surpris sur le coup, il ferma ensuite les yeux pour apprécier les bienfaits de l'eau chaude sur sa peau. Qu'est-ce que ça faisait du bien...
- J'en ai marre qu'elle ait raison... ironisa-t-il avec un sourire en coin
Sur le mur carrelé, il y avait une étagère avec un flacon de shampoing. Harold prit la bouteille et versa le produit dans le creux de sa main. Après l'avoir senti, il s'en mit sur les cheveux et se massa la tête puis le corps. Ça sentait bon. Et avec les vapeurs d'eau chaude, c'était enivrant. Une fois sa toilette finie, il resta encore un instant sous le jet d'eau, les yeux fermés. Il ne réfléchissait plus à ses recherches, ni au reste. Il ne le voulait pas. Il voulait savourer pleinement cet instant. Il coupa l'eau et sortit prudemment afin de se sécher avec les serviettes. Il en mit une autour de sa taille, et l'autre sur ses épaules. Il arrangeait de son mieux ses cheveux, ramassa sa tenue et sortit de la pièce.
- Val ?
- A ta droite !
Il longea le couloir et la vit dans une chambre simple mais qui était très jolie et confortable. Ça se voyait que sa famille avait les moyens d'avoir du beau mobilier et tout le confort. Valéria était occupée de disposer du linge sur le lit quand elle l'entendit pousser la porte.
- Alors cette douche ? demanda-t-elle sans se retourner
- Bénéfique. Je me sens mieux. Par contre, je...
- Ravie de l'entendre. Et... oh.
Elle était surprise de le voir qu'en serviette. Elle se rappela alors qu'elle avait oublié de lui donner un pyjama avant qu'il ne prenne sa douche et elle s'en blâma mentalement. Quelle étourdie. Mais on va dire que le résultat valait le coup. Son regard s'était inévitablement posé sur ses abdos et son torse bien dessiné, et elle sentit comme un frisson parcourir toute son épiderme.
- Euh... Ouais. Désolée d'avoir oublié de te donner un pyjama. Mais je l'ai mis sur ton lit. Et sur la chaise, je t'ai mis des vêtements neutres qui appartiennent à mon père. Ils seront peut-être un peu trop grand pour toi, mais…
- C'est génial, Val. Merci encore.
- De rien. Bon. Bonne nuit Harold.
- Bonne nuit.
Elle se hâta de sortir de la pièce et Harold se doutait bien du pourquoi. Quand elle fut dans le couloir, elle poussa un long soupir muet puis elle se dirigea vers sa propre chambre. Harold, ferma sa porte, posa sa tenue dans un coin de la pièce et enfila son pyjama constitué d'un simple t-shirt blanc à manches courtes et d'un pantalon souple gris foncé. Il examina ensuite la pile de linge sur la chaise et vit un t-shirt noir, un jean et un sous vêtement. Son regard se posa ensuite sur le lit double. Ça avait l'air vraiment douillet. Mais avant d'aller se coucher, Harold retourna farfouiller dans sa tenue pour voir si un objet qu'il avait sur lui avait survécu à ce bond de mille ans, ainsi qu'au fouillage des médecins de l'hôpital. Eh bien oui. Dans une poche secrète de sa combinaison, il en sortit deux parchemins miraculeusement intacts. Les lèvres pincées, il les déplia soigneusement et senti son cœur s'emballait et les larmes envahir ses yeux. Il savait l'effet que ces deux parchemins allait produire. Mais il avait besoin de les voir et de s'assurer qu'il les avait toujours. Il les regarda pendant un court moment, puis ayant les yeux qui piquaient et le sommeil l'emportait petit à petit, il les rangea à leur place, se coucha sans plus tarder et sombra très vite dans un profond sommeil
oO*Oo
Harold était rentré chez lui en courant. Son père ne risquait pas de venir à la maison avant un bon moment et c'est ce que voulait Harold. Il ne voulait pas le voir. Il ne voulait plus voir personne. Sur un meuble du salon, il avait retrouvé les dessins que Verika et lui avaient fait lors de l'attaque des dragons. Il regarda brièvement le sien mais celui de Verika le rendait encore plus triste... Elle s'était dessinée elle et lui, main dans la main, armés et entourés d'un Gronk, d'un Vipère, d'un Braguettaure et d'un Cauchemar Monstrueux qui baignaient dans leur sang sous les yeux des deux petits guerriers qui arboraient des sourires victorieux. Et en bas du dessin, elle avait écrit un petit mot.
« Meilleurs amis pour la vie ! Verika. »
Son cœur se serra davantage. Plus il regardait le dessin, plus les larmes lui montaient aux yeux. Il courut cette fois vers sa chambre et se coucha sous la couette avec les dessins, et pleura encore, encore et encore.
Dehors, plusieurs villageois avaient entendu des sanglots incessants, mais ils n'avaient pas réagi plus que ça. Ils n'en parlèrent même pas à Stoik quand ils le croisèrent dans le village. Le chef rentra tard chez lui, et ne voyant pas Harold au rez-de-chaussée, il monta à l'étage pour s'assurer de sa présence. Stoik vit une petite masse sous la couette et s'approcha pour voir son fils. Il retira discrètement la couette et poussa un soupir triste quand il vit son petit garçon qui c'était endormi avec des dessins qu'il tenait contre son cœur. Ses joues étaient rouges et bordées de larmes encore visibles. Stoik avait bien conscience de ce qu'il venait d'infliger aux enfants. Mais quand on est le chef d'une tribu, il faut savoir prendre des décisions, même si on sait d'avance qu'elles feront beaucoup de mal. Même qu'Harold lui avait dit qu'il le détestait, Stoik caressa la tête de son fils et retourna en bas.
Le lendemain, Stoik demanda à Harold de descendre, mais Harold refusa de sortir de son lit. Il n'avait plus de goût à rien, même pour un petit garçon de son âge. Déjà qu'en temps normal, il n'avait pas grand-chose, mais sans Verika, c'est comme si on lui avait pris tout ce qu'il avait de précieux et qui le maintenait en vie. Parce que Verika était la seule à le comprendre et à l'aimer comme il était. Mais maintenant... elle était partie. Pour toujours, et avec Dagur. Harold avait bien vu le sourire que Dagur avait exprimé quand Verika avait cessé de l'appeler et de le supplier. Ça lui avait visiblement fait très plaisir de la voir en colère contre Harold et de l'ignorer quand elle fut emmenée sur le bateau. Même si Dagur revenait avec son père et sa tribu dans les années à suivre, Harold savait que Verika ne viendrait pas avec eux puisqu'elle était plus ou moins bannie ou rejetée de Berk. Et les bannis et les rejetés n'ont plus le droit de revenir. Jamais.
En repensant à ce moment-là, Harold n'arrêtait pas de se dire « Pourquoi j'ai rien fait ? » « Pourquoi j'ai rien dit ? » « Je lui avais pourtant promis d'être toujours là pour elle... » Harold s'en voulait d'avoir rien fait, et il s'en voudrait toute sa vie.
- Si seulement j'étais aussi fort et courageux comme les autres... j'aurais tenu tête à papa et aux autres. Verika serait sans doute partie, mais elle ne m'aurait pas regardé avec autant de colère...
Il se remit à pleurer. Mais il en avait justement marre de pleurer et d'être faible ! Il voulait que ça change ! Alors le petit garçon qu'il était sécha ses larmes et prit une grande décision qui allait changer son destin.
Changer, pour ne plus jamais revivre des moments comme ça et perdre ceux auxquels il tenait.
Si du moins il laissait encore son cœur témoigner de l'affection pour quelqu'un d'autre. Harold se leva de son lit, rangea précieusement ses dessins pour pas oublié sa résolution et descendit en bas pour manger un bon morceau de viande. Pour être fort, rien ne vaut de la bonne viande rouge ! Stoik était encore à table et haussa un sourcil quand il vit son fils descendre et s'asseoir à table.
- Bonjour Harold.
- B'jour.
Sa voix était sèche. C'était la preuve qu'il lui en voulait toujours. Harold prit un gros morceau de viande et des pommes de terre, et mangea autant qu'il le pouvait sous le regard étonné de son père. Mais Stoik n'était pas un père aussi cruel et méchant. De bonne humeur, Stoik lui proposa une idée.
- Ecoute Harold. Qu'est-ce que tu dirais si toi et moi, on allait à la pêche?
- Non, merci. Aujourd'hui, j'ai prévu de m'entraîner.
- De t'entraîner ? A quoi ? s'étonna Stoik
- A manier la hache pour pouvoir combattre les dragons. C'est bien ce que tu attends de moi, non ? rétorqua-t-il
- Euh... oui, fils. Sage décision. Approuva-t-il même s'il était encore un peu surpris
Le reste du petit déjeuner se passa dans le silence, et Stoik regarda son fils prendre dans un tonneau une des armes prévu pour son âge et franchir la porte de la maison sans dire au revoir à son père. Stoik soupira encore une fois avant de finir son repas et sortir à son tour.
Pendant quelques temps, Harold fut le sujet de nouveaux commentaires et moqueries. Tout le monde avait entendu dire que la catastrophe ambulante, la crevette qui parle, le boulet, le faible, le bon à rien ou encore le pleurnichard, voulait s'entrainer pour devenir un grand guerrier. Mais la plupart d'entre eux savaient que ça ne durerait pas, et qu'au moindre obstacle ou gros bobo, il abandonnerait et retournerait pleurnicher chez lui.
Mais au grand étonnement de tous, ce ne fut pas le cas ! Harold progressait à son rythme et faisait preuve de beaucoup moins de maladresse. Il fit même preuve de courage en répondant à Rustik parce qu'il avait encore osé l'insulter et le provoquer, et il lui colla en plus une bonne droite dans la figure. Astrid et les autres de son groupe étaient impressionnés et convaincus. Car un gamin comme Harold, qui tient tête à Rustik, qui arrive à le faire pisser du nez et le faire pleurer comme une fille, c'était un exploit qui remettait en cause certains jugements ! Harold se réjouissait de voir ses progrès porter ses fruits, et ça le motiva pour continuer sur cette voie.
Pendant des années, Harold gagna en force, adresse et respect. Il était vite devenu l'apprenti de Gueulfor car il avait un don pour le forgeage et à 16 ans, il avait intégré avec ses amis les cours dans l'arène afin de devenir officiellement des guerriers du village. Plus les jours passaient, plus les cours les menaient vers la voie de la réussite. Les cours sur le Gronk et le dragon Vipère étaient déjà passés, mais durant un soir où Gueulfor leur contait des histoires, les dragons attaquèrent par surprise ! Le vieux forgeron et le groupe retourna au pas de course vers le village, et chacun des membres du groupe alla à son poste. Harold fila avec Gueulfor à l'armurerie et les autres allèrent à la citerne pour éteindre les éventuels futurs incendies. Ils auraient tous préféré aider les autres pour terrasser les dragons, mais la règle est la règle. Sans l'autorisation du chef et de la doyenne du village, les nouvelles recrues ne pouvaient être autorisées à combattre qu'à la fin de leur formation. Stoik aida ses hommes au niveau des catapultes, mais cette dernière fut vite assiégée par un Cauchemar Monstrueux. Stoik lui régla vite son compte avant de poursuivre les attaques.
Mais contrairement aux autres attaques celle-ci était différente. Les dragons étaient plus nombreux, et plus acharnés pour la destruction. Gueulfor dût même quitter l'armurerie pour aller leur donner un coup de main. Quant à Astrid et au reste du groupe, ils furent vite assaillis par les nombreux feux à éteindre. Soudain, un Gronk et un Vipère crachèrent des boules de feu sur la citerne qui explosa en mille morceaux. Le groupe fut alors pris pour cible, mais sans armes et sans adultes pour les aider, ça allait être difficile de se défendre !
- ASTRID ! s'exclama Harold depuis l'armurerie
La blonde se tourna, comprenant qu'elle devait vite aller chercher des armes et des boucliers. Elle partit avec Varek et ordonna aux autres de distraire les dragons. Avec l'aide des garçons, elle apporta aux jumeaux des lances et à Rustik une masse à pointes. Quant à Varek, il avait pris une masse lourde, Astrid avait pris une double hache et Harold avait pris une hache simple.
Le moment qu'Harold avait tant attendu, tout comme ses amis, se présenta enfin à lui, au bout de dix ans d'entrainement et d'attente. Celui de pouvoir combattre des dragons aux côtés de ses amis et de pouvoir protéger son peuple, comme un digne guerrier et futur chef. Munis chacun d'un bouclier, ils appliquèrent les leçons de Gueulfor en faisant du bruit avec leurs boucliers. Les deux dragons se retrouvèrent vite étourdis par tout ce tintamarre et avant d'être complétement abasourdi, le Vipère lança ses épines sur le groupe qui se cacha derrière des tonneaux ou un chariot pour les éviter. Mais ils se remirent vite à refaire du bruit, et Harold, qui avait eu le temps de bricoler une arme spéciale, s'empara de son bouclier qui se transforma en une puissante arbalète. Il visa le ventre du Vipère qui s'écrasa au sol et dont Rustik se hâta d'achever l'existence. Quant au Gronk qui se retrouva seul contre six, il ne savait plus où donner de la tête ! Il se mit alors à tirer dans tous les sens et les adolescents esquivèrent au mieux ses tirs de lave. Varek fut mis hors-jeu après que son bouclier fut détruit par un de ses tirs et Astrid en profita pour lancer un bola qui ligota ses pattes. En guise de représailles, le dragon lança ses derniers tirs et Harold profita de la provision d'épines pour les renvoyer vers le Gronk avec son arbalète. Le dragon, toujours ligoté, faisait du surplace et contra l'attaque d'Harold avec sa peau rocailleuse. Harold recommença plusieurs fois et rapidement avec l'aide d'Astrid qui lui donnait les épines, et les jumeaux profitèrent de l'attention du Gronk sur le duo, pour sauter du haut d'un toit afin d'empaler le dragon en plein dans son dos. Sa chute amortit la leur, et ils se chargèrent de l'achever tout en se disputant sur qui l'avait tué en premier.
Légèrement épuisés et essoufflés, ils profitèrent de ce moment de répit et de gloire rien qu'à eux pour reprendre leur souffle et se félicitaient. Harold se tourna vers Astrid et lui adressa un sourire qu'elle lui rendit.
- Merci pour ton aide Astrid...
- De rien Harold... Ton arbalète-bouclier est une superbe inven... HAROLD ! s'exclama-t-elle
Elle était de nouveau en alerte et son regard azur était de nouveau audacieux. Harold se retourna et vit un Cauchemar Monstrueux apparaitre entre les deux dragons morts ! Il vit ainsi le dragon regarder les reptiles sanguinolents avec colère et se mit à rugir vers le groupe, prêt à venger ses amis.
- Là, ça se corse... restez vigilants ! ordonna Harold, tout en fixant sévèrement le dragon
Face à ce dragon qui était destiné aux plus valeureux des guerriers, Harold redoubla quand même de courage, tout comme ses camarades. Le groupe allait devoir réunir toutes leurs forces pour le mettre à terre mais ça n'allait pas être simple ! Le dragon de feu portait de puissants coups de queue dès qu'ils essayaient de l'approcher. Tout le monde fut à terre, sauf Astrid qui avait réussi à esquiver l'attaque avec un saut périlleux arrière. La cible la plus proche du dragon étant Rustik, Astrid devait agir vite! Elle trouva l'arme de Varek par terre et le balança de toutes ses forces à la tête du dragon. L'ayant repérée, le Cauchemar Monstrueux lui adressa un regard furieux et lui courut après, tout en crachant des jets de flammes, et la guerrière les esquiva du mieux qu'elle pouvait. Bien qu'elle était terrifiée de se faire courser par un tel dragon, elle resta courageuse. Le dragon réussit toutefois à la coincer et au moment où il allait lui porter le coup de grâce, Stoik sauta à la tête du dragon et l'obligea à engager un duel contre lui. Le dragon, encore plus furax, voulut cracher un jet de flammes à la tête du chef, mais manque de bol, il était à sec, ce qui fit sourire Stoik.
- T'es à sec ?
Il en profita pour l'assaillir d'uppercuts et de coups de pieds, et l'éloigna d'Astrid qui fut vite aidé par Harold. Le dragon recevait patates sur patates et fut contraint de filer à tire d'aile. Mais la bataille était loin d'être finie. Un long cri strident ressurgit depuis le ciel et tout le monde savait de quoi il s'agissait. Le Furie Nocturne venait enfin d'arriver pour participer à la bataille. Contrairement aux autres dragons, ce dragon ne se montre jamais, ne vole jamais de nourriture et ne rate jamais sa cible ! Personne ne sait à quoi il ressemble et personne n'en a jamais tué un. Beaucoup disent que ce dragon issu de l'union entre la mort et la foudre, est le plus puissant de tous les dragons, et qu'il les commande. Et que parfois, à son bon plaisir, il venait prêter main forte pour les pillages de nourriture en terrorisant les vikings de par sa présence, son cri et ses tirs encore plus destructeurs. Et c'est ce qu'il fit. Il tira plusieurs salves sur le village mais la dernière fut réservée à un brasier géant qui se trouvait pas loin d'Harold et Astrid. Ils s'étaient bien sûr protégés derrière leurs boucliers, et aperçurent avec effroi la colonne embrasée retomber vers eux.
La colonne tomba sur une maison située près d'eux, et tout le monde détala au plus vite. Mais dans la destruction de la maison, plusieurs débris de bois furent projetés à travers la zone, telle les épines d'un Vipère, et Harold, qui avait eu le temps de pousser Astrid derrière une pile de caisses en bois afin de la mettre à l'abri, reçut un gros morceau de bois dans la jambe gauche. Hurlant de douleur, il s'effondra à terre et regarda sa jambe littéralement transpercée par le bois. Il ne la sentit plus! Il ne pouvait plus la bouger ! Et retirer le bout de bois ? Ce n'était même pas envisageable ! Sauf si on voulait extirper de la chair et tout le reste ! Apeuré, Stoik se rua vers son fils et le prit dans ses bras. Son regard se posa sur sa blessure puis sur Harold qui venait de sombrer dans l'inconscience à cause de la douleur. Harold ne se réveilla que quelques jours plus tard. En ouvrant les yeux, il vit qu'il était chez lui, et la surface douillette et chaude lui indiqua qu'il était dans son lit. Il porta sa main à ses yeux pour les frotter et en s'étirant, il entendit un bruit de ressort.
- Qu'est-ce que... ? Par Thor ! Ma jambe !
Harold se rappela brutalement l'incident ! Il se redressa d'un bond et retira la couette pour voir sa jambe, et là, il fut sous le choc. Il regardait la prothèse en acier que Gueulfor lui avait conçu sans rien dire, la bouche légèrement ouverte et le regard abattu. Les secondes, puis les minutes passèrent, et Harold ne réagissait toujours pas. Puis au bout d'un bon moment, il ferma les yeux et soupira calmement, se disant qu'il aurait pu perdre bien plus qu'une jambe et qu'il avait sauvé la vie de quelqu'un. Et qu'après tout, comme le disait si bien son père... « On est des vikings ! Ça a toujours été un métier à risques ! Ouais. Bah là, c'est bien vrai. Tu parles d'une blessure de guerre ! Ne supportant plus d'être dans son lit, et mourant d'envie de savoir si les autres allait bien, Harold rassembla son courage et essaya de se lever tout seul. Si le fait de tenir debout, ça allait, bah le fait de se déplacer, c'était autre chose.
Harold fit à peine un pas qu'il manqua d'entrer en contact avec le plancher s'il ne c'était pas rattrapé à un des piliers de son lit. Il s'entraina à marcher autour de son lit en s'aidant des piliers, puis jugeant que ça devrait aller jusqu'à la porte, il marcha pas à pas vers elle. Mais à trois pas de la poignée, la porte s'ouvrit et Stoik apparut dans le champ de vision du jeune homme qui avait presque fallait se manger la porte en pleine poire ! En voyant son fils enfin debout, Stoik fut fou de joie !
- Harold !
- Euh... salut papa.
Stoik souleva son fils et l'enlaça un peu trop fort, le faisait presque suffoquer contre sa barbe.
- Aaah ! Par Thor ! tu es enfin réveillé fils !
- Ouais... mais je ne vais pas tarder à me rendormir si tu m'empêche de respirer... ! suffoqua-t-il
- Oh pardon.
Il le reposa à terre, et Harold reprit une grande bouffée d'air avant de recroiser le regard heureux de son père. Mais il était tellement content, qu'il se mit à rire et donna une grande claque dans le dos d'Harold qui serra les dents.
- Haha ! Heureux que tu sois de retour parmi nous, fils !
- Merci papa...
- Comment tu te sens ? A part... ça. dit-il en désignant de sa main la prothèse.
- Oh euh... fatigué, j'ai faim... et pour ça, ça va. Je m'y fais.
- T'es sûr ? C'est quand même ta jambe que tu...
- Je sais, papa. Mais ça va, je t'assure. Et puis... c'est un des risques à prendre quand on combat des dragons.
Stoik ne répondit pas et se contenta de sourire. Il était fier de ce que son fils venait de dire, du courage qu'il voulait montrer malgré la perte d'un membre, ce qui n'était pas rien, même chez les adultes, mais aussi de ce qu'il avait fait avec ses amis le soir de l'attaque. Durant la convalescence de son fils, Stoik avait demandé au reste du groupe de lui expliquer ce qui c'était passé.
- Et euh... comment vont les autres ? demanda Harold
- Ils vont très bien. Ils étaient même impatients que tu te réveilles afin de recevoir officiellement leur titre de guerrier du village ! Surtout Rustik ! Haha !
- Mais euh... pourquoi tu le leur a pas donné durant mon sommeil ?
- Parce que je ne pouvais pas faire la cérémonie sans le dernier membre du groupe, fils. souriait-il
- Attends... c'est de moi que tu parles ? Je… je suis admis ?
- Tout à fait. Le village peut être fier d'accueillir des nouvelles recrues comme vous. Bien joué, fils.
- Merci, papa.
Harold lui adressa un sourire sincère, chose qu'il n'avait plus fait depuis le départ de Verika. Stoik lui rendit son sourire et aida son fils à sortir. Dehors, tout le monde acclama le retour de la dernière recrue de l'entrainement dragons, car eux aussi avaient été mis au courant des exploits du groupe. Stoik fit une rapide annonce, et tout le village les accompagna jusqu'à l'arène, là où se trouvait Gueulfor, Astrid et les autres. Quand ils virent le chef débarquer avec son fils, ils furent fou de joie, et quand le village apparu dans les tribunes, ils furent tous surpris. Harold les mit rapidement au courant avant que son père ne commence son discours. Une fois qu'il eût fini de parler, il prit son épée et déclara à chaque membre du groupe qu'ils étaient officiellement des guerriers du village. Qu'importe la situation, ils avaient tous le droit de se battre au nom du village. Le village se mit à applaudir quand le dernier d'entre eux fut félicité et Stoik imita son peuple, tout en adressant des regards fiers aux jeunes adolescents. Harold voyait que son père ne le lâchait pas du regard, et on voyait bien que Stoik n'avait jamais été aussi fier de son fils.
Cette agréable sensation de bonheur envahissait le cœur d'Harold mais inconsciemment, il se rappela de sa résolution. Il s'était promis voilà déjà 10 ans, de tout faire pour devenir un guerrier fort et respecté, et non redevenir la crevette maladroite qu'il était. Mais cette résolution, il l'avait prise le jour du départ de Verika. Et c'est là qu'il réalisa qu'elle aurait dû être parmi eux si aucun de ses malheurs ne lui était arrivé. Elle se serait probablement tenu aux côtés d'Harold, elle lui aurait souri, elle l'aurait félicité, elle lui aurait pris la main, elle l'aurait enlacé, elle lui aurait déposé un bisou sur la joue, bref... elle aurait fait tout ce qui s'apparentait à de la joie.
Dans sa tête, Harold la voyait clairement faire tout ça. Il n'avait pas repensé à elle depuis son départ, et d'un coup, son visage s'assombrit. Il avait l'impression que tout ce qui l'entourait n'existait plus ou n'avait plus d'importance. Il prit également conscience que depuis dix ans, les Parenvrilles n'était pas revenus à Berk et que personne ne savait ce qu'était devenue Verika. En même temps, qui irait se préoccuper du sort d'une bannie ? Mais un contact chaleureux le sortit de ses pensées et il regarda la cause. C'était Astrid qui avait tendrement enlacés ses doigts entre les siens et qui lui souriait tendrement. Mais son geste signifiait surtout qu'elle était heureuse qu'il soit revenu parmi eux, qu'elle était fière de lui, qu'elle lui était reconnaissante et surtout, qu'il lui avait manqué. En la regardant elle, puis sa main, Harold eut un moment de réflexion. Devait-il resserrer l'emprise de sa main sur la sienne... ? Ou la relâcher... ?
Le jour du départ de Verika, il s'était juré de changer, pour justement ne pas perdre encore une fois ceux auxquels il tenait, mais aussi pour ne plus souffrir. Et aux cours de ces dix dernières années, Harold avait laissé Astrid et les autres s'installer dans son cœur. Ils étaient devenus ses amis. Et Astrid... était juste une amie à ses yeux. La seule fille qu'il n'avait jamais aimé... elle était partie. Et Harold s'était mis d'accord avec lui-même pour ne plus jamais aimer une autre fille qu'elle. Car perdre son grand amour, ça fait encore plus mal que le reste.
Pourtant, il avait conscience qu'Astrid semblait éprouver quelque chose, et qu'elle pourrait le rendre heureux. Et vu qu'elle ne le lâchait pas du regard, ça voulait dire une chose. Qu'elle attendait un geste en retour. Même un tout petit. Alors si Harold décidait de serrer en retour sa main et de lui rendre son sourire... ça voudrait dire que quelque chose pourrait naitre entre eux, et que si c'était le cas, qu'il allait davantage s'attacher à elle, et qu'un jour, il pourrait la perdre. Rien qu'à l'idée de souffrir encore au nom de l'amour, Harold sentit son estomac se crisper. Il était sûr de ne pas vouloir revivre ça. Il lâcha donc la main d'Astrid qui fut légèrement étonnée mais Harold se rattrapa tout en lui adressant un sourire sincère.
- Félicitations, Astrid.
- Toi aussi, Harold. Félicitations. souriait-elle
En regardant Harold, elle voyait bien qu'il était intérieurement triste. Et elle savait pourquoi. Elle non plus n'avait pas oubliée ce fameux jour. Et c'est en voyant l'éclat de ses yeux, qu'elle comprit qu'Harold ne laisserait jamais le bouclier de son cœur disparaitre pour que quelqu'un d'autre en prenne l'assaut.
La situation actuelle était en quelque sorte assez ironique. Même si Verika n'était plus là, elle était toujours présente.
