Salut à tous ! :D Et voilà le dernier chapitre de la fic. Nan, je plaisante ! x) C'est le dernier du mois de juillet ! Je vous retrouverai pour le 2 septembre ! :D d'ici-là, passez de bonnes vacances et amusez-vous bien ! Encore merci à tous et bonne lecture ! Bisous ! ^^


Chapitre 5 - Nouvelle demeure

Verika s'était endormie sur le bateau et sa tête était toujours appuyée contre l'épaule de Dagur qui ne l'avait pas quitté. L'ile des Parenvrilles étant enfin en vue, Dagur la réveilla gentiment. Avec les autres, il était froid, voir même cruel et sadique, mais avec Verika, il était très différent. Son père rigolait derrière sa grosse barbe couleur châtain clair, amusé de voir comment l'amour peut vous rendre différent.

- Verika ?

- Mmmmh... quoi… ? grommela-t-elle

- Nous sommes arrivés.

- Ah.

Dagur et elle se relevèrent puis s'approchèrent du rebord du navire pour mieux voir l'île. Verika la regardait avec un regard sévère. C'était donc là qu'elle allait devoir vivre et reconstruire sa vie ?

- Verika ? fit Osvald

- Quoi ? dit-elle en se retournant

- J'aimerais te parler. Dagur ? Tu nous laisse, s'il te plait ?

- Et si je n'ai pas envie ? rétorqua-t-il

- Dagur. Insista fermement son père

- Tss. D'acc.

Dagur s'en alla, laissant son père seul à seul avec la petite qui le regardait sans broncher. Osvald se doutait bien qu'elle ne devait pas être de bonne humeur. Et malgré son grand regard bleu sévère et méfiant, il ne cessait de lui sourire.

- J'ai vu que tu as dormi durant le voyage. Ça va mieux ?

- Oui. J'ai plus mal au cœur.

- Bien. Ecoute... j'ai conscience que tu dois être très en colère vu tout ce qui t'es arrivé. Mais je veux que tu saches que je suis désolé pour toi. C'est injuste.

- …

- Mais je veux que tu saches aussi, que tu n'as rien à craindre de nous. Et que je veillerai sur toi comme si tu étais ma propre fille.

- Sauf que je ne suis pas votre fille ! Et vous, vous n'êtes pas mon père ! Vous ne le serez jamais ! rétorqua-t-elle

- Verika. Je n'ai pas l'intention de remplacer Alvin. Et si tu m'as bien écouté, j'ai dit… « comme si tu étais. »

- Oh. C'est vrai. Pardon…

- C'est rien.

Il jeta un œil à l'île qui se rapprochait de plus en plus. Verika fit de même, l'esprit un peu moins en colère.

- Je suppose que tu veux savoir comment ça va se passer une fois là-bas ?

- Oui…

- Pour commencer, sache que tu auras ta propre chambre. Tu ne manqueras de rien, tu mangeras à table avec moi et Dagur, tu pourras jouer librement dans ta nouvelle maison, mais aussi à l'extérieur. Tu seras sous ma protection, mais aussi sous mon jugement si tu fais des bêtises. D'accord ?

- D'accord. Mais les villageois ? Ils vont savoir qui je suis, non ?

- Oui. Mais ils ne t'en voudront pas par rapport à ton père, vu que ce qu'il a fait n'a aucun impact sur mon île et mon peuple.

Le visage de Verika s'assombrit de chagrin et baissa la tête, disparaissant derrière un rideau de cheveux roux. Osvald releva doucement son menton et lui adressa un sourire rassurant. La petite ne put retenir ses larmes et s'agrippa aux jambes d'Osvald qui lui caressa tendrement ses cheveux.

- Tout ira bien, Verika.

- Je sais… grâce à vous… merci…

- De rien.

Elle leva la tête vers son visage barbu et lui adressa un sourire derrière ses grosses larmes. Même qu'elle était très jeune, elle avait quand même conscience que sans Osvald, elle serait seule au monde, abandonnée de tous. Le navire passa enfin la grande arcade en pierre qui menait aux quais intérieurs. Maintenant qu'ils étaient arrivés, Verika oublia sa colère car elle était beaucoup trop fascinée par ce qu'elle voyait. Elle n'était jamais venue sur l'île et elle n'en avait entendu parler qu'à travers les récits de Dagur. Elle s'était faite une image de cette puissante forteresse qui a été bâtie par sa famille depuis des siècles, et quand elle vit enfin à quoi elle ressemblait, elle fut émerveillée de voir que c'était mieux que ce qu'elle avait imaginé ! Le navire entra dans une très grande salle emplie de longs quais et de quelques navires, mais seul le leur et deux d'entre eux entra dans la salle. Les autres s'apprêtaient à rentrer vers les nombreuses autres entrées destinées aux navires. On jeta l'ancre et abaissa la passerelle. Verika voyait du monde qui attendait sur le quai principal et fut légèrement inquiète de leur réaction malgré qu'Osvald lui ait dit que tout irait bien. Le chef devina sa crainte en la voyant jouer nerveusement avec ses mains.

- Nous sommes arrivés. Je vais te présenter. Tu veux venir avec moi ? demanda-t-il en lui tendant la main

- Oui…

Elle tendit sa petite main de poupée vers celle rugueuse, mais douce, de son nouveau chef et tuteur. Quelques chuchotements et regards surpris furent lancés à l'égard de la petite qui descendait du navire en tenant la main de leur chef. Verika se cacha presque derrière lui en mordillant nerveusement l'ongle de son petit pouce. Osvald leva la main pour attirer leur attention et réclamer le silence.

- Votre attention, mes amis ! Je vous présente Verika, la fille d'Alvin. Verika ? Dis leur bonjour.

- Bonjour… bafouilla-t-elle

En la voyant toute timide et adorable, des sourires naquirent sur le visage des Parenvrilles. Verika était un peu plus rassurée et Osvald continua :

- Malheureusement, son père ne peut plus s'occuper d'elle. C'est pourquoi je me suis proposé auprès de Stoik pour veiller sur elle. Elle fait partie des nôtres à présent ! Accueillez-la comme il se doit ! souriait-il en portant Verika pour la mettre sur son épaule

La petite fut prise au dépourvu et avait encore un peu peur. Mais en voyant tout le monde l'applaudir, lui sourire et lui souhaiter la bienvenue, un sourire naquit progressivement sur son visage d'ange. Osvald la porta tout le long du chemin qui menait jusqu'à sa demeure, suivi par Dagur. Elle regardait tout autour d'elle avec des yeux émerveillés et curieux. Ils quittèrent le bâtiment des quais pour arriver sur une place qui était entourée par des murailles et des tours de guet. La place servait à gérer les arrivages de marchandises via les quais. Verika voyait du poisson, des fruits, des légumes et toutes sortes de marchandises. En s'éloignant de la place, la route les mena à un croisement qui conduisait soit vers le village aussi grand et animé que celui de Berk, soit vers une grande forteresse qui se trouvait en haut d'une pente bordée de marches et de paliers de pierre. La demeure du chef.

Tout comme la grande salle sur Berk, ce bâtiment faisait office de bâtiment central du village. C'était vraiment magnifique à regarder. Une grande œuvre de l'architecture. La forteresse était vieille et partiellement en bon état, les attaques des dragons ayant du causer de nombreux dégâts au fil du temps. On arrivait à distinguer les rénovations parmi les murs d'origine. La forteresse était rattachée via des ponts de pierres vers la muraille Est. Il y avait plein de fenêtres, ce qui voulait dire qu'il devait y avoir beaucoup de pièces à l'intérieur ! Osvald fit alors descendre Verika avec le sourire.

- Tu vois ? je t'avais dit que tout irait bien. Lui dit-il avec un petit clin d'œil

- Oui. Euh… Je fais quoi maintenant ?

- Je dois régler certaines choses. Dagur te fera visiter l'intérieur. Je reviendrai tout à l'heure.

- D'accord. Souriait-elle

Osvald se tourna vers son fils qui avait les bras croisés et qui n'avait pas dit un mot depuis tout à l'heure. Il était pas en colère et souriait légèrement.

- Je te la confie Dagur. Veille sur elle.

- Oui, père.

- Bien. Soyez sages les enfants.

Osvald se dirigea calment vers le village, laissant les enfants aux pieds des marches. Dagur et Verika se regardaient et s'échangèrent un sourire.

- Alors ? ça te fait quoi d'être ici ?

- Je suis contente. Et c'est encore mieux que ce que tu m'as raconté.

- Et encore t'a pas vu l'intérieur ! j'ai plein de choses à te faire voir !

- Comme quoi ?

- Surprise ! héhé. Allez viens. lui dit-il en lui prenant la main.

Tout le long de leur ascension, Verika s'amusait à compter le nombre de marches, mais arrivée à la dernière, elle se mélangea les pinceaux dans ses comptes. Elle allait devoir recommencer, mais plus tard. Elle leva alors le regard vers le haut de la grande double porte en bois et en acier, pour voir un dragon bleu-violet peint sur un grand blason en bois, lui-même fixé dans le mur. Verika le reconnut tout de suite. Un Écrevasse. Le dragon de la tribu des Parenvrilles.

Dagur poussa la moitié de la double porte et Verika fut amenée dans une très grande salle avec trois piliers en bois, disposés de chaque côté de la pièce, entre la porte et le mur du fond. Et au fond, Verika vit le trône d'Osvald. C'était une grande chaise en bois brut, taillée à même le tronc, et plusieurs gravures avaient été faites. Sur le mur, il y avait bon nombre de crânes de dragons qui siégeaient en guise de trophée. Verika les regarda attentivement, essayant de les reconnaitre sans que ça la terrifie. Vipère, Gronk, Braguettaure, Cauchemar Monstrueux, Ebouillantueur, Ailes de la mort, Terreur Terrible, Mille Tonnerres… mais au milieu de tous ces crânes, et juste au-dessus du trône, il y avait un socle vide.

- Pourquoi y'en a un de vide ? demanda-t-elle étonnée

- Celui-là… c'est pour le dragon ultime que personne n'a encore jamais réussi à abattre. Le Furie Nocturne.

- Le Furie Nocturne… Murmura-t-elle

Elle savait que bon nombre de vikings voulaient abattre cette créature infâme et terrifiante. Même… l'autre. Tous voulaient sa mort. Tous en avaient peur.

- Et ce dragon là… je peux te le garantir que c'est nous qui allons le mettre à terre ! On va le forcer à s'écraser au sol, on va le réduire en pièces et son crâne viendra enfin décorer le mur ! le plus beau des trophées !

- C'est sûr qu'on sera tranquilles quand il sera plus là. J'espère que vous allez l'avoir. Lui souriait-elle

- On va l'avoir, Verika. On va l'avoir ! Bref. On continue ?

- Oui !

De chaque côté de la salle, il y avait une grosse porte en bois qui menait à d'autres pièces, ainsi que des escaliers menant à l'étage. Et sur ces murs, il y avait des portraits de la famille de Dagur peints sur des boucliers. Le dernier qu'elle vit fut celui de Dagur peint aux côtés de son père. Verika fit un compliment pour la ressemblance mais Dagur protesta en disant que ce tableau ne le mettait pas en valeur. Dagur l'emmena à travers toute la forteresse et lui fit tout visiter, sous le regard intrigué mais souriant du personnel. Il était tellement content qu'elle soit là ! Il lui fit voir les cuisines, la salle à manger avec une très grande table en bois disposée au milieu de la pièce, l'armurerie personnelle de sa famille qui regorgeait de toutes sortes d'armes, la grande salle circulaire conçue pour l'entraînement au combat armé et contre les dragons, les cachots destinés aux dragons situés pas loin, puis à l'étage, il lui montra les très nombreuses chambres, dont celle de son père mais qui était fermée à clé, d'autres salles utiles aux résidents de l'étage, et enfin, il conclut par sa propre chambre.

A l'intérieur, c'était grand ! C'était en pierre grise, il y avait une grande cheminée, un très grand lit avec plein de fourrures, des armes, un mannequin d'entraînement, une cible attachée au mur avec des dagues plantées dedans, une petite table, deux chaises, de la nourriture, une grande bassine pour la toilette, un paravent, mais aussi, et encore, des crânes de dragons. Trois, pour être précis. Et sous chaque crâne, il y avait une arme ensanglantée accrochée sur le mur. Devant le regard interrogateur de Verika, Dagur se justifia avec un grand sourire ravi.

- Ceux que tu as vu en bas, c'est ceux que mon père a réussi à vaincre. Mais ceux-là… c'est moi qui les ai achevés personnellement. Avec une arme différente ! héhé. Celui-là… c'est un Vipère qui a eu cette hache plantée en plein dans le bide ! Ce Gronk a eu la tête coupé avec cette épée alors qu'il venait de s'écraser au sol à cause d'un bola. Quand à celui-là… c'est juste un tout petit Terreur Terrible, mais je l'ai eu de loin rien qu'en lançant ma dague sur lui. Et tu sais où la dague a atterri ?

- Non ?

- Dans son cul ! haha ! je me suis tellement marré quand j'ai vu ou ma dague a atterri que j'ai gardé son crâne en souvenir ! haha !

- Haha ! trop fort, Dagur !

Ça ne la choquait pas de voir ces crânes, ces armes et ce sang, ni de l'entendre jubiler de ses exécutions, ni parler ainsi. Elle connaissait le caractère de Dagur et honnêtement, avec tout ce qu'elle avait vécu, ça lui changeait les idées et elle riait de bon cœur. Elle se sentait bien et toute sa peine semblait être restée sur Berk. Son estomac se mit à gargouiller. Il devait être pas loin de midi en plus.

- Dagur ? J'ai faim. On peut aller manger quelque chose ?

- Bien sûr ! J'espère qu'il y a du poulet ! dit-il avec enthousiasme

Ils redescendirent en cuisine et les cuisiniers leur servis de quoi satisfaire leur appétit. Ils se régalèrent d'un bon gigot recouvert de sauce, de patates, de pain, de fromage et de fruits. Dagur lui racontait des histoires sur les attaques des dragons durant tout le repas. Une servante lui conseilla gentiment de ne pas trop parler en mangeant sinon il allait s'étouffer. Mais Dagur l'envoya balader et continua de parler, si bien qu'il manqua de s'étouffer avec un morceau de gigot. Verika prit peur en le voyant devenir rouge et bleu ! L'un des cuisiniers lui donna des tapes dans le dos et Dagur recracha le morceau de nourriture sur la table.

- Dagur ?! ça va ?!

- Ouais… juste avalé de travers…

En le revoyant redevenir normal, Verika soupira de soulagement mais elle était en colère contre son ami. Elle le fixait de ses grands yeux bleu sévères et bordés de larmes. Elle tremblait de chagrin et à chaque battement de cils, de grosses larmes s'écoulaient sur ses joues. Elle lui donna un coup de poing sur l'épaule, et s'énerva contre lui.

- CRETIN ! QUAND ON TE DONNE UN CONSEIL, ECOUTE LE ! N'EN FAIT PAS QU'A TA TETE !

- C'est bon, ça arrive de s'étouffer. Et comme tu peux le voir, je vais bien !

- OUI ! GRACE A LUI ! NON MAIS TU IMAGINES SI TU ETAIS MORT A CAUSE D'UN STUPIDE BOUT DE POULET ?! QU'EST-CE QUE TON PERE SERAIT DEVENU ? ET MOI ?! JE ME SERAIS A NOUVEAU RETROUVEE TOUTE SEULE !

Elle se mit à courir loin des cuisines, et Dagur eut le réflexe de lui courir après jusque dans la salle du trône.

- Verika, attends ! Je… excuse-moi. Je ferais plus attention la prochaine fois. Promis.

- J'espère. Rétorqua-t-elle sèchement, tout en essuyant ses larmes d'un revers de manche

- Je ne voulais pas te faire de la peine. C'est juste que j'suis tellement content que tu sois là ! Et non pas toute seule et chassée de Berk...

- C'est vrai ? T'est vraiment content que je sois là… ?

- Oui. Et puis tu sais quoi Verika ?

- Non ?

- Franchement, j'aurais préféré que tu sois née Parenvrille plutôt que Berkienne. Regarde ce que ça t'a apporté d'en être une ! T'a tout perdu et tous ceux qui t'aimaient t'ont abandonnée et n'ont pas bougé d'un pouce face à Stoik ! Tss. Les Berkiens sont vraiment des minables ! Si tu étais née Parenvrille, tu n'aurais jamais quitté cette ile, parce que moi, j'aurais su tenir tête à mon père ! Pas comme l'autre crevette froussarde.

- C'est vrai. Toi au moins, tu oses parler et défier les gens. Dit-elle calmement.

- Et je défierai quiconque osera s'en prendre à toi. Même si c'est mon père. Je te le promets, Verika.

Elle le regardait, la bouche légèrement entrouverte. Il était vraiment prêt à prendre le risque de défier son père et d'en subir les conséquences… pour elle ? Elle n'en revenait pas, mais elle n'en doutait pas non plus. Contrairement à Harold, les promesses de Dagur étaient sincères. Ça se voyait au fond de ses yeux vert foncé. Et puis après tout, il lui avait déjà prouvé qu'il pouvait la protéger.

- Merci Dagur. Merci… Souriait-elle, émue

Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un bisou sur sa joue. Les joues de Dagur devinrent presque aussi rouges que ses cheveux courts et Verika se mit à rire. Son rire résonna dans le grand hall et prenant la main de son ami, elle l'entraîna vers les cuisines pour qu'ils finissent leurs repas. Après leur repas, Dagur emmena Verika dans la salle d'entraînement et il s'amusa à lancer des dagues sur des cibles, faisant applaudir Verika qui finissait de manger sa part de gâteau. Dagur réserva une activité spéciale à son amie. Il avait dessiné la tête d'Harold sur une feuille et l'avait accroché sur la cible. Elle lui demanda pourquoi il avait fait ça et Dagur lui avait répondu que c'était pour qu'elle se venge. La petite accepta et avec l'aide et les conseils de Dagur, elle parvient à lancer une dague dans la cible après plusieurs essais. La dague avait atterri en premier dans les cheveux d'Harold et Verika parvint enfin à viser plus au centre. Peu de temps après, Osvald entra dans la salle.

- Aaah, vous êtes là. Tout va bien les enfants ? demanda-il avec un sourire

- Oui, père.

- Oui, chef.

Osvald fut agréablement surpris. Il se doutait bien qu'en voyant le léger sourire sur le visage de Verika, elle devait se sentir mieux. Certainement grâce à son fils, s'il en jugeait par le dessin troué à cause des dagues encore présentes. Mais il n'en fit pas la remarque et reporta son regard sur Verika.

- Alors Verika. Dis-moi. Qu'a tu fais depuis mon départ ?

- Dagur m'a tout fait visiter ! c'est beau et grand ici !

- Bien. Quoi d'autre ?

- On a mangé dans les cuisines et après, on est venus s'entraîner. Souriait-elle

- Bien. Je suis content si tu te sens mieux et si tu t'es bien amusée. Merci Dagur.

- De rien, père.

- Et vous ? Vous avez fait quoi ? demanda Verika

- Oh moi j'ai rempli mes obligations de chef, et je suis passé au marché pour t'acheter un cadeau de bienvenue.

Il lui tendit une belle robe jaune foncée. La petite la regarda avec des yeux et une bouche grande ouverte tellement qu'elle était jolie. Elle osa à peine la toucher pour ne pas la salir puis elle leva son regard vers Osvald qui justifia son achat.

- Je me suis dit qu'une nouvelle robe te ferait plaisir. La tienne à des taches de sang.

- Ah euh… c'est vrai. C'est gentil… merci chef. Souriait-elle

- Vu que tu vas vivre sous mon toit, tu peux m'appeler Osvald.

- D'accord. Merci, Osvald.

Elle s'agrippa à lui et lui fit un câlin. Osvald exprima un léger rire et caressa les cheveux de la petite. Dagur souriait de la voir souriante et heureuse.

- Bien. Que dirais-tu de venir voir ta chambre ?

Osvald lui tendit sa main que Verika prit avec le sourire. Dagur les suivis en souriant légèrement. Verika vit enfin sa nouvelle chambre qui se trouvait dans le même couloir que celle de Dagur, et qui était tout aussi grande et confortable ! Verika vit des jouets pour enfant disposés sur un tapis douillet, la cheminée était allumée et la bassine pour le bain était remplie d'eau chaude. Une jeune servante s'y trouvait juste à côté et regardait Verika avec un léger sourire.

- C'est qui ? demanda Verika

- C'est une dame qui fera ton lit, t'aidera pour la toilette et rangera ta chambre. Mais pour l'instant, elle va te donner ton bain et t'aider à mettre ta nouvelle robe.

- Pourquoi je dois prendre mon bain maintenant ? Je ne suis pas sale ! s'étonna-t-elle

- Parce qu'après, nous sortons tous les trois pour te faire visiter le village. Alors je veux que tu fasses honneur. D'accord ? Souriait-il

- D'accord ! souriait-elle

- Bien. On vous laisse. Retrouve-nous dans le hall, Verika.

Osvald referma la porte et Verika s'approcha de la servante qui l'aida pour sa toilette. Durant le bain, elles firent connaissance, la servante complimenta Verika sur ses beaux cheveux, lui demanda si elle voulait une coiffure pour sa sortie, etc… Une fois propre et vêtue de sa belle robe jaune, Verika s'asseyait sur la chaise et se laissa coiffer. La servante lui fit deux nattes et en se voyant si jolie, Verika la remercia en lui faisant un câlin. Avec un léger rire, la servante, prénommée Roze, regarda Verika courir à toute vitesse vers le hall. Elle y retrouva Dagur et Osvald qui était assis sur son imposant siège. En voyant Verika sourire et faire un tour sur elle-même pour faire tourner sa nouvelle robe, il fut stupéfait par sa beauté et sa joie. Intérieurement, lui aussi était très heureux. Ce doux sourire qu'il avait hâte de revoir chaque fois qu'il partait de Berk… et bien là, il le verrait tous les jours.

- Alors Verika ? Elle te plait à ce que je vois. Souriait Osvald

- Oh oui ! Elle est trop belle !

- Bien. Et ta chambre ?

- Elle est grande et trop belle aussi ! Et Roze est très gentille !

- J'en suis bien content. Bien. Maintenant que tu es la, il est temps de te faire visiter ton nouveau village.

Verika était tellement contente d'être là, et d'être entourée de personnes si gentilles et qui l'aiment, que ça ne la rendait pas triste d'entendre les gens dire « nouvelle robe », « nouvelle chambre », « nouvelle maison », « nouveau village »…

Tous les trois sortirent de la forteresse et marchèrent à travers les rues du village. Verika marchait aux côtés d'Osvald et de Dagur et ne cessait de sourire et de regarder tout partout, tout en se montrant attentive à ce qu'Osvald lui expliquait. Tout le long du trajet, les villageois saluèrent leur chef et Dagur, mais aussi la petite qui ne décrochait pas son sourire. Beaucoup au village bavardaient entre eux sur sa présence, son malheur, la générosité de leur chef, mais aussi sur la beauté de la petite et sur la possibilité qu'elle et Dagur finissent ensemble. Mais comme Osvald avait pris l'orpheline sous son aile, ils ne savaient pas trop si les enfants étaient comme des amis ou frère et sœur. En blaguant, un des villageois demanda à Dagur s'il était content d'avoir une petite sœur, mais Dagur rétorqua directement ceci avec son fameux sourire en coin.

- Ce n'est pas ma sœur, c'est mon amie, pigé ? Mais si quelqu'un lui cherche des noises, alors oui, je saurais la défendre comme si c'était ma petite sœur.

Le villageois, amusé de voir Dagur légèrement rougir, ne répondit pas et se contenta de hocher la tête en souriant naturellement. Le trio s'en alla, laissant les villageois hausser les épaules avec un petit sourire. La visite dura une bonne heure et demie, puis Osvald rentra à la forteresse, mais les enfants restèrent dehors pour s'amuser. Ils pêchèrent, couraient dans les rues pour attraper l'autre, puis affamés, ils rentrèrent chez eux, prirent quelques douceurs en cuisine et les mangèrent dans la chambre de Dagur, tout en discutant de l'avenir de Verika. Dagur lui avait demandé ce qu'elle voulait faire plus tard et Verika lui avait directement répondu qu'elle voulait tuer les dragons avec lui, et avoir plus de chance d'abattre le Furie Nocturne. Dagur lui demanda également quel genre d'arme elle voulait apprendre à manier. Verika chercha un instant tout en regardant les armes entreposées dans sa chambre, puis elle lui répondit qu'elle aimerait apprendre à en manier plusieurs, mais que son arme favorite serait un arc. Pour pouvoir abattre les dragons à distance et rigoler de l'endroit ou irait se planter la flèche. Dagur éclata de rire face à sa réponse, et Verika se mit à rire aussi. Ils retournèrent dans la salle d'entraînement et Dagur trouva un arc pour enfant. Il le donna à Verika qui le regardait sous tous les angles pendant qu'il cherchait des flèches et des cibles. Dagur lui fit une démonstration et lui donna tous les conseils utiles et Verika s'entraîna à tirer jusqu'à l'heure du repas.

Le repas se passa dans la salle à manger qui servait aussi de salle de réception quand y'avait de la visite. Il y eut quelques conversations et quelques instants de calme, puis vint l'heure de se coucher, puisque la petite n'arrivait plus à garder les yeux ouverts. Roze vint la chercher et l'emmena dans sa chambre après avoir dit bonne nuit à Osvald et Dagur. Roze la coucha et lui chanta une berceuse pour l'aider à s'endormir. Epuisée, Verika s'était très vite endormie. Mais au beau milieu de la nuit, Verika fit un cauchemar. Elle rêva de son village incendié par les dragons. Il y faisait sombre, y'avais de l'orage, y'avais du feu partout, tout était à moitié détruit… et là, sur la page, elle vit son père qui se faisait emmener de force sur les navires tout en hurlant auprès de sa fille. Eclatant en sanglots, elle implora Stoik, mais celui-ci l'ignora et ne faisait que la regarder avec colère, les mains sur les hanches, tout comme les villageois présents à ses côtés. Même Astrid et sa bande la regardait méchamment. Verika était seule contre tous. Personne n'était de son côté. Si. Harold était là. Mais il ne bougeait pas et gardait la tête baissée. Soudain, Verika sentit des cordes l'attraper au niveau de la taille pour la trainer vers la mer ensanglantée par les dragons abattus en plein vol. En larmes et terrifiée, elle implorait Harold qui ne bougeait toujours pas, tel une statue, et plus elle appelait à l'aide, plus elle entendait Stoik et le village rire d'une manière diabolique, jusqu'à ce qu'elle disparaisse sous l'eau…

Verika se réveilla en hurlant et éclata en sanglots tout en hurlant « Papa ! » Les résidents de la forteresse qui étaient les plus près de sa chambre furent réveillés, dont Osvald, Roze et Dagur. Roze entra dans la chambre et prit la petite dans ses bras pour la consoler. Verika continua de pleurer et expliqua son cauchemar, puis finit par se calmer et se rendormir grâce aux bercements de Roze. Osvald et Dagur s'étaient levés et regardaient la servante, ou plutôt la nourrice, consoler la petite. Ils espéraient sincèrement que son chagrin s'atténue au plus vite.

Durant plusieurs mois, Verika se réveilla de la même manière. Et toujours à cause du même cauchemar. Pourtant, ses journées étaient bercées par les rires et les jeux qu'elles faisaient avec Dagur. C'était évident aux yeux d'Osvald. La journée, tout le monde était là pour s'occuper d'elle et pour l'aider à chasser sa peine. Surtout Dagur. Mais la nuit, personne ne pouvait vraiment la protéger des cauchemars. N'en pouvant plus de faire ce cauchemar, Verika avait un jour demandé à Osvald la permission pour aller voir son père, mais ce dernier avait tenu le même discours que Stoik. La loi est la loi. Alvin était un traître, ainsi qu'un détenu de l'ile des Exilés. Et quand on est un exilé, on n'a pas le droit d'avoir des visites. Même si c'est de sa propre famille.

Verika explosa de chagrin et de colère et exigea une nouvelle fois qu'Osvald l'autorise à voir son père ! Après un long soupir très calme, Osvald lui expliqua que si Alvin venait à savoir où elle se trouve, il ferait tout pour s'échapper de prison et la récupérer. Ce qui incluait de commettre d'éventuels crimes et d'entamer une éventuelle guerre. Et s'il se faisait de nouveau attraper, le châtiment serait pire que la prison à vie. Verika l'avait attentivement écouté tout en pleurant, et quand Osvald demanda d'un ton désolé si c'est le destin qu'elle souhaitait pour son père, la gamine n'eut pas d'autre choix que de faire non de la tête et d'exprimer son refus à ce qu'il soit tué. Osvald s'excusa de nouveau mais la félicita pour sa compassion envers son père, mais il lui demanda de ne plus demander ce genre de chose et d'éviter d'en parler. La gamine accepta, les larmes aux yeux, et courut s'enfermer dans sa chambre. Dagur, qui était caché non loin d'eux entendit la conversation et afficha une mine songeuse quand cette dernière fut conclue.

Toute la journée, Verika n'avait pas bougé de son lit. Elle n'avait rien mangé de ce que Roze lui apportait et ne réagissait pas tant que ça quand on lui parlait. On la laissa donc tranquille jusqu'au soir, mais quand on revint la voir, elle s'était endormie. Mais au beau milieu de la nuit, alors que Verika venait encore une fois de se réveiller en pleurant, Dagur entra dans la chambre et la prit dans ses bras pour la consoler. Il en avait marre de ne rien pouvoir faire pour elle quand elle était dans cet état la, et que ce soit Roze qui intervienne toujours. Mais cette fois, il fut plus rapide qu'elle. Verika le laissa faire et pleura dans ses bras.

- J'en peux plus Dagur… je veux plus faire ce cauchemar…

- Je sais, Verika. Mais t'en fais pas, ça va passer. Calme-toi.

Il colla sa joue contre ses cheveux et la berça lentement. Tout comme avec Roze, Verika arrivait petit à petit à se calmer. Roze et Osvald s'étaient également levés, mais sur ordre du chef qui venait d'entendre son fils, il demanda à Roze de retourner se coucher. Osvald prêta l'oreille, le dos collé contre le mur du couloir.

- Je… je veux voir mon père, Dagur. Il me manque…

- Je sais.

- Mais ton père m'a demandé de ne plus en parler, ni de demander à le voir… Surtout que si papa sait ou je suis, ça pourrait être pire pour tout le monde, même pour lui… Alors si je veux qu'il reste en vie, je n'ai pas le choix que d'obéir à ton père.

- C'est vrai… tu n'as pas le choix et c'est injuste. Pff. En y réfléchissant, c'est sûr qu'on ne peut rien faire pour le moment. Surtout moi.

- Comment ça ?

- Actuellement, on est des gosses et on n'a pas le pouvoir sur nos décisions. Mais quand on sera adultes, je te promets de t'emmener voir ton père. Quoi qu'il m'en coûte.

- Tu ferais ça… ? Pour moi… ? dit-elle en le regardant de ses grands yeux larmoyants.

- Oui. Ça risque d'être long d'attendre pendant des années, mais un jour, tu le reverras. Je te le promets.

- Dagur…

Elle le sera dans ses bras, un sourire ému aux lèvres. Dagur esquissa également un sourire et continua de la consoler.

- Mais en attendant que ce jour arrive, il faudra te montrer forte et t'entraîner tous les jours pour devenir une vraie guerrière et rendre fier ton père. Tu imagines son sourire et sa joie quand il te reverra ?

- Oh oui, j'imagine… souriait-elle

- On commencera dès demain. On sera les Parenvrilles les plus forts du village !

- Ouais !

Osvald esquissa un sourire en entendant ça. C'était bien son fils ! Un vrai guerrier et futur chef qui sait motiver ses troupes ! Le fait que son gamin ait réussi à calmer et redonner de l'espoir à Verika était bien joué. Mais Osvald soupira discrètement. Il savait que les promesses de son fils faites par rapport à Alvin ne se réaliseront jamais. Mais bon, peut-être que Dagur avait menti pour calmer son amie. Et quand bien même, d'ici-là, Osvald et Stoik verront ce que l'avenir leur réserve au sujet d'Alvin. Il haussa un sourcil car il entendit le froissement des draps. Quand il pencha discrètement la tête pour voir ce qui se passait, il vit Dagur et Verika allongés côte à côte dans le lit. Verika s'était endormie et avait son front collé contre celui de Dagur, sa main jointe à la sienne et un léger sourire aux lèvres. Dagur souriait aussi et s'endormit peu de temps après. Osvald allongea son sourire en secouant la tête, puis referma discrètement la porte.

La promesse de Dagur avait porté ses fruits. Verika redevenait de plus en plus joyeuse, plus joueuse et plus motivée que jamais à poursuivre son entrainement au combat et à l'arc. Durant les nuits suivante, elle se réveiller mais elle faisait de son mieux pour ne pas pleurer trop fort. A la place, elle prit une de ses poupées qui avait des cheveux bruns et se recoucha avec. Dans sa tête, elle imaginait que les longs cheveux de la poupée représentaient la grosse barde brune de son père. Et pour qu'il sache qu'elle pensait très fort à lui, elle ferma les yeux et chanta une des berceuses qu'il lui avait chantée depuis le berceau.

Le ciel est noir, les collines opales

Quand arrive du nord, une tempête royale

Entends la chanson de sa majesté

De sa cape, il couvre le monde entier

Dors, dors, mon petit, dors

Il secoue ses ailes

Lève les yeux au ciel

Dors, petit ange, dors.

C'est sûr que tout le monde préférait l'entendre chanter plutôt que pleurer. Dagur s'était redressé sur son lit pour mieux entendre Verika et il était sous le charme, car c'était la première fois qu'il l'entendait chanter. Osvald était encore dans son lit, et esquissait un sourire à moitié ravi et à moitié triste. Roze était quand même allé la voir mais Verika s'était finalement rendormie, le nez collé dans les cheveux de sa poupée. Plus les semaines passaient, plus ses nuits redevenaient paisibles et elle dut chanter sa chanson moins souvent. L'espoir de revoir son père quand elle serait plus grande l'aidait à affronter et supporter son chagrin.

Trois ans plus tard, Verika avait maintenant 8 ans. Elle grandissait bien, ses cheveux dépassaient ses épaules, elle devenait de plus en plus jolie et de plus en plus habile au combat. Elle n'avait pas encore réussi à battre Dagur au combat rapproché, que ce soit avec des armes ou à mains nues, mais à l'arc, elle le dominait complétement ! Durant ses trois années, il y avait eu pas mal d'attaques de dragons dans l'archipel, et quelques unes sur l'ile des Parenvrilles. Lors de la dernière attaque, Osvald avait ordonné à Verika de rester à l'abri dans la forteresse, mais il avait également demandé à Dagur de veiller sur elle au lieu de venir les aider comme il le faisait depuis l'âge de sept ans. Les enfants obéirent, même si l'envie de combattre avec les adultes était plus forte qu'eux. Pour se consoler, ils se disaient qu'ils avaient le pouvoir sur la forteresse et de défendre tout le monde à l'intérieur au cas où.

Quand des cris de détresse résonnèrent dans la salle à manger, Verika et Dagur se hâtèrent vers la salle et virent qu'une bande de trois Terreur Terrible tournaient en rond dans la pièce et embêtaient Roze qui essayait en vain de les chasser. Malheureusement, un des dragons tira une boule de feu, mais Roze l'esquiva à moitié. La manche de sa robe s'enflamma et tout en hurlant, elle s'effondra au sol pour tenter d'éteindre le feu mais les dragons allaient continuer de l'attaquer. Prise de peur pour elle, Verika tira sans hésiter une flèche vers les dragons qui esquivèrent l'attaque puis reportèrent leur attention sur les deux nouveaux arrivant. Dagur ferma la porte et courut de l'autre côté de la salle pour attirer les dragons. Verika en profita pour aller au secours de sa nourrice qui était bien amochée. Verika veilla sur elle pendant que Dagur s'occupait des dragons. Il en avait déjà abattu deux et le troisième réussit à prendre la poudre d'escampette par la fenêtre après avoir été gravement blessé au ventre. Dagur se réjouissait quand même de cette demi-victoire, mais il souriait à la pensée que le troisième dragon n'allait pas survivre longtemps à cause de sa blessure. Il acheva pour de bon les deux autres dragons, puis il se hâta vers Verika et l'aida à emmener Roze se faire soigner, puis ils attendirent patiemment dans le grand hall que le combat à l'extérieur se termine.

La bataille se termina presque une heure plus tard. Roze était tirée d'affaire, les dragons étaient partis mais certain d'entre eux étaient captifs, et au niveau des guerriers, il n'y avait pas eu trop de pertes. Plusieurs blessés et très peu de morts. Le Furie Nocturne n'était pas intervenu aujourd'hui et tant mieux. Osvald était toujours de ce monde et en le voyant entrer dans le hall, Verika courut l'enlacer, soulagée qu'il n'ait rien. Au cours de ces trois années, elle avait progressivement appris à l'aimer et elle espérait qu'il ne lui arrive jamais rien. Même qu'il n'était pas son père, elle avait conscience qu'il faisait tout pour agir comme tel et pour son bien, et que sans lui, elle serait Thor sait où. Et elle lui rendait cette affection et cette gratitude par de simples gestes, comme des étreintes, des sourires, de l'obéissance et des remerciements. Mais elle gardait toujours à l'esprit le projet de retrouver son père quand elle serait enfin adulte. Osvald leur demanda si tout s'était bien passé de leur côtés, alors les enfants expliquèrent calmement ce qui c'était passé, recevant au final les félicitations du chef.

Dagur et Verika sortirent ensuite voir les dégâts au dehors. Apparemment, les dragons avaient décidé d'être « gentils » cette fois. Ils virent les dragons se faire emmener dans les cages qui seront ensuite emmenées dans la salle d'entraînement. Ils restèrent jusqu'à ce que le dernier fût emmené, puis ils continuèrent leur avancée dans le village. A un moment, Verika se stoppa et regarda vers sa droite. Elle vit une petite fille aux cheveux platine et aux yeux vert qui pleurait en regardant des vikings qui étaient occupés dans une chaumière bien saccagée, et elle vit également un gros Gronk mort juste à côté de la chaumière. L'un deux sorti et parla d'un air désolé à la fillette qui hurla de chagrin. Attiré par cette détresse, Verika se dirigea vers elle sous le regard intrigué de Dagur. Verika demanda gentiment ce qui s'était passé mais la petite fut incapable de lui répondre et éclata de nouveau en sanglots. Ce fut le viking de tout à l'heure qui lui expliqua qu'elle et ses parents étaient tous les trois dans la maison, mais que le toit s'était effondré sur eux à cause de la chute du Gronk. La petite avait pu alerter ses voisins à cause de ses pleurs et sortir en premier des décombres. Mais en continuant de fouiller, ils avaient retrouvés ses parents, mais ces derniers n'avaient pas eu la même chance que leur fille.

Attristée du sort de la fillette, mais surtout de voir les villageois ressortir avec les corps de ses parents recouverts de draps blanc, et de voir la petite pleurer encore plus en voyant ça, Verika l'emmena un peu plus loin pour qu'elle n'en voit pas davantage. La petite s'asseyait sur des marches et Verika s'asseyait à côté d'elle.

- Comment tu t'appelles ? lui demanda-t-elle

- Ma... Marina… et toi… ? tu t'appelles comment… ?

- Verika. Et lui, c'est Dagur. Répondit-elle avec un léger sourire. Ecoute… Marina. Je... je suis désolée pour tes parents.

- Merci, Verika. Je le déteste…

- Qui ça ? osa-t-elle demander

- Le dragon ! C'est ce maudit dragon qui a fait ça ! je le déteste... lui, et tous les autres ! A cause de lui…. Je suis toute seule…

- Toute seule ? tu n'as pas d'oncle ou de tante dans le village ? ou même un grand frère ou une grande sœur ?

- Non… j'avais que papa et maman… et maintenant, j'ai….

- Euh… Tu as quel âge, Marina ?

- Cinq ans…

Elle éclata de nouveau en sanglots dans le creux de ses mains. Le cœur de Verika se serra. Elle aussi avait cinq ans quand elle avait tout perdu. Mais grâce à des gens bienveillants, elle avait été sauvée. Et Verika se sentait obligée d'offrir cette chance à Marina.

- Non. Tu ne seras pas toute seule. Dit-elle, le regard froncé

- Quoi… ? fit-elle

- Tu vas venir avec nous voir Osvald. Je vais tout lui expliquer et je vais lui demander que tu restes avec nous. Dit-elle en lui faisant face

- Vraiment… ? mais... on ne se connait pas… alors pourquoi tu… bafouilla-t-elle en larmes

- Parce que comme toi, j'ai perdu ma famille quand j'avais cinq ans. Et le pire, c'est que personne de mon village n'a voulu s'occuper de moi. Mais Osvald a bien voulu m'emmener avec lui. J'ai peut-être perdu ma famille, mon village natal et mes amis… mais j'ai gagné tellement plus quand je suis partie.

- Et c'est quoi ?

- J'ai gagné une nouvelle maison et une nouvelle famille sur qui je peux vraiment compter. Sans Osvald et Dagur… je ne sais pas ce que je serais devenue.

Elle leva son regard vers Dagur qui n'avait toujours rien dit, mais qui écoutait attentivement. Elle lui souriait et Dagur lui rendit un léger sourire en coin.

- Et puis je veux que toi aussi tu aies la même chance que moi. Et honnêtement, je n'aurais pas pu rentrer chez moi en te sachant toute seule et sans maison. Allez viens. Souriait-elle en lui tendant la main.

La petite lui rendit un sourire reconnaissant. Verika rentra donc chez elle en compagnie de Marina qui lui tenait la main, suivis de Dagur qui n'avait toujours rien dit, mais qui ne cessait de sourire et d'être fier de Verika. Tout le long de la route, Marina pleurait encore malgré sa chance. Et comme pour Verika, elle mettrait du temps avant de se remettre de ce coup du sort.