Salut à tous ! :D ça y est ! C'est la reprise ! ENFIN ! xD Et pour cette occasion, vous avez droit à un long chapitre dont vous m'en direz des nouvelles ! ^^ Alors, petites réponses à vos reviews….
Je suis très contente que Marina et Verika vous plaisent, et j'espère qu'elles continueront. :) Pour le moment où le passé et le présent se rejoindront, disons plutôt… que comme les deux époques sont narrées séparément, vous apprendrez la vérité sur Harold au fil des chapitres. :)
Pour la description de la forteresse sur l'ile des Parenvrilles, j'ai repris la description que j'avais faite de la forteresse dans ma fic « Points communs » si ce n'est que la, je l'ai beaucoup plus détaillée vu que c'est un lieu où se déroulera bon nombre d'événements important :)
Comment ne pouvais-je pas inclure la jolie berceuse d'Ingrid pour la pauvre petite Verika ? :) A la base, j'avais inclus la chanson « When you're alone » du film Hook, mais comme je suis tombée sous le charme de cette petite chanson que je n'ai pas arrêté de chanter en boucle durant les jours qui ont suivis la diffusion de la série… bah j'ai changé d'avis. ^^
Alors pour ce qui est de traduire ma fiction en anglais, je suis désolée, mais c'est non. Mon niveau en anglais est tout simplement insuffisant pour un tel travail. Désolée. :/
Voilà, voilà ! J'espère en tout cas que vous avez passé de bonnes vacances ! Pour ma part oui, surtout que là, je suis heureuse d'être de retour et de reprendre la publication qui continuera d'avoir lieu tous les vendredis ! ^^ Comme d'hab, si vous avez aimé ce chapitre, laissez une review et pourquoi pas un fav et un follow ! Ça fait toujours plaisir ! ^^ Encore merci à tous d'être présents pour la reprise, bonne lecture et bonne rentrée ! :D
Chapitre 6 - Perdre, c'est trouver
Osvald était occupé de nettoyer sa hache ensanglantée quand Verika se présenta devant lui avec Marina qui continuait de lui tenir la main. Dagur resta en retrait, adossé à un pilier de la salle, attentif et curieux. Devant le regard interrogateur de son chef, la rouquine expliqua la situation et n'eut aucun mal à exposer sa requête. Quand Osvald lui demanda gentiment pourquoi il devrait l'accueillir sous son toit, Verika lui donna les raisons qu'elle avait données à Marina.
- Parce que j'ai eu de la chance et parce que je veux que Marina en ait aussi. Moi aussi j'avais cinq ans quand vous m'avez amenée ici. Vous m'avez sauvée, alors je veux pouvoir faire comme vous. S'il vous plaît, Osvald.
- Mmh…
Osvald fit mine de réfléchir sérieusement au problème de Marina. Verika resta ferme et droite et ne quitta pas son chef des yeux. Marina mâchait nerveusement la pointe d'une de ses mèches ondulées et Dagur ne quittait pas non plus son père du regard. Osvald se disait que ce ne serait pas une si mauvaise idée d'héberger cette petite. Il voyait bien que Verika avait l'air attachée à elle et que le mauvais sort de cette enfant l'affectait particulièrement. Et puis le fait qu'elle lui dise qu'elle veuille être aussi bienveillante que lui envers les autres, lui donnait vraiment le sentiment d'être un bon chef. Et même qu'il était content que Verika et Dagur soient amis, ça le rassurerait de la voir devenir amie avec une fille de son âge. Ça voudrait dire qu'elle s'ouvrait aux autres et qu'elle n'aurait pas peur de se refaire des amis, comme sur Berk. Et puis si Dagur et lui devaient repartir sur Berk, et vu qu'elle ne pouvait pas les accompagner, autant qu'elle ait une amie avec qui jouer dans ce grand bâtiment.
- Bon et bien, je ne vois pas pourquoi je dirais non. Souriait-il
Le visage de Verika s'illumina et elle enlaça Osvald qui riait naturellement.
- Merci beaucoup ! Je m'occuperais bien d'elle, vous verrez !
- Je n'en doute pas, Verika. Mais le temps qu'une chambre soit prête pour elle, elle dormira dans ta chambre. D'accord ?
- D'accord ! Viens, Marina ! dit-elle en lui tendant la main
Marina prit sa main avec un sourire, mais avant d'aller plus loin, elle lâcha sa main, se tourna vers son chef et s'inclina respectueusement.
- Merci beaucoup, chef.
- De rien Marina. Repose toi bien et reprend des forces.
La petite s'inclina encore une fois avant de courir rejoindre sa nouvelle amie. Dagur suivit le mouvement d'un pas plus lent, sous le regard d'Osvald qui souriait sous sa barbe tout en reprenant le nettoyage de sa hache.
- Aaah la, la. Les jeunes. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour les voir sourire.
Dans la chambre, Verika s'occupait de préparer le bain de Marina, pendant que cette dernière mangeait à sa faim les denrées alimentaires disposées sur la table. Dagur était parti dans sa chambre après s'être fait gentiment chasser par les filles, mais surtout par Marina qui ne voulait pas qu'un garçon la voit toute nue. Verika s'amusa à lui laver les cheveux, à lui faire des nattes, à l'habiller avec une de ses robes, bref, elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour redonner le sourire et l'espoir à Marina. Elle lui donna une robe turquoise, puis les filles se mirent au lit vu que Marina n'arrêtait pas de bailler. Malgré son chagrin, Marina parla de tout avec Verika, jusqu'à ce qu'elles s'endorment. Elles avaient parlé de ses parents, puis de Dagur car Marina voulait savoir si Dagur était le frère de Verika, mais cette dernière lui répondit que c'était un ami très précieux à ses yeux. Marina lui avait demandé d'où elle venait mais sur ce sujet-là, Verika resta muette, prétextant ne pas vouloir parler de son passé. En parlant de ça, Verika se rendit compte que sa colère envers les Berkiens n'était toujours pas partie, mais que leurs visages commençaient à s'effacer de sa mémoire. Elle se disait que ce n'était pas plus mal. De toute façon, personne sur cette ile ne lui manquait. La seule exception, c'était son père.
Le lendemain, Verika fit visiter à Marina la forteresse et la visite se conclut sur la salle d'entraînement. Dagur y était déjà, s'entraînant au lancer de hache, ignorant les filles qui discutaient entre elles. Comme les filles étaient dans cette pièce, Verika interrogea Marina sur sa préférence en matière de combat et d'arme. La gamine n'en avait aucune idée sur le coup, mais quand elle demanda à Verika avec quoi elle combattait, elle lui répondit qu'elle utilisait un arc. Marina eût alors envie d'apprendre à en manier un. Et comme Verika était très douée, elle se ferait une joie de lui apprendre. Et tout comme Verika, Marina devint très douée pour l'archerie. Le combat au corps à corps ou avec une arme, ce n'était pas son truc. Elle savait se débrouiller, mais pas autant que Verika et Dagur qui eux, savaient se battre sans se blesser, aussi bien quand ils jouaient que quand ils s'entrainaient.
Au fil des années, les filles bâtirent une solide amitié, l'une pouvant toujours compter sur l'autre. Les premiers temps, Verika avait joué le rôle de grande sœur protectrice car Marina était du genre trouillarde, surtout envers leur nouvelle nourrice, qui avait remplacé Roze après que cette dernière ait perdue la vie en chutant du haut des escaliers, se brisant ainsi la nuque. La nouvelle n'était pas une jeune femme très douce et gentille, mais une vielle femme stricte du nom de Bertha, et qui était toujours affublée d'un air sévère. Une fois, elle s'était occupée de donner un bain à Marina, mais elle n'arrêtait pas de lui faire mal en la lavant. La petite avait les bras à moitié rouges et quand elle se plaignait, la vieille la rouspétait et continuait de lui faire mal prétextant qu'elle était vraiment sale et qu'il fallait bien frotter pour faire disparaitre les traces de terre. Mais la petite, n'en pouvant plus de souffrir, se mit à hurler. La vieille lui donna une claque pour la calmer, mais Verika, qui venait d'entrer dans la chambre de Marina, ordonna à la vielle nourrice de s'en aller en la menaçant de son épée. Bertha lui ordonna de ranger son arme mais Verika refusa et réitéra son ordre. La vielle refusa et s'approcha pour lui confisquer son arme et la corriger, mais Verika fut plus rapide qu'elle et lui donna un claque sur son genou douloureux, avec le coté plat de son épée. Verika était entre son amie et la vieille, et Bertha était près de la porte. Verika la menaça encore une fois et Bertha, humiliée et furieuse, s'en alla voir Osvald pour lui faire part du comportement des petites. Le temps qu'Osvald monte, Verika terminait de s'occuper de Marina qui pleurait toujours, et quand Osvald arriva dans la chambre, Verika prit l'entière responsabilité et lui expliqua tout. Elle lui montra même les marques sur la peau de Marina et demanda à ce qu'elle n'ait plus de nourrice. Verika avait affirmé à Osvald qu'elle prendrait elle-même soin de Marina, comme si elle était sa grande sœur. Osvald accepta sa requête mais envoya les petites s'excuser auprès de Bertha avant de se retrouver chacune congédier dans leur chambres pour le reste de la journée.
Quand Verika eut 16 ans, beaucoup de choses avaient changées. Elle était devenue une très belle jeune femme, elle avait les cheveux longs jusqu'en bas du dos, tressés sur le dessus de sa tête, elle portait toujours une longue tunique jaune qui lui arrivait au-dessus des genoux. En plus de sa tunique, elle portait juste une large ceinture de cuir marron, des brassards de cuir marron, un petit gilet sans manches en fourrure marron qui était joint par des lacets au niveau de sa poitrine, un pantalon noir et des bottes marron foncé. Marina aussi avait beaucoup changé. Ses cheveux étaient aussi longs que ceux de Verika, toujours ondulés, mais ils étaient coiffés en une queue haute. Sa tenue était faite d'une tunique turquoise et de protections en acier, et son caractère avait bien changé. Elle était toujours aussi douce et elle avait bien appris à se défendre face aux autres. Mais ça n'empêchait pas Verika de continuer de veiller sur elle et de la protéger. Quant à Dagur, il portait une armure de cuir clouté de couleur marron et verte avec le symbole des Parenvrilles sur la boucle dorée de sa ceinture, un casque en acier à double cornes qui rehaussait la férocité de son regard. Il s'était fait tatouer trois griffes bleu foncé à l'œil et à son bras, et ses cheveux étaient maintenant longs et tressés vers l'arrière. Dagur avait « officiellement » rejoint les guerriers du village depuis ses 16 ans et les filles l'enviaient.
Mais cette année, Verika était en âge de passer l'examen. Examen qu'elle réussit haut la main avec les félicitations de ses amis, d'Osvald et de son village. Mais chose qu'elle avait demandé auprès d'Osvald, c'était que Marina passe l'examen le même jour qu'elle, même si elle devait attendre trois ans de plus pour le passer. Et Marina avait exprimé la même demande. Osvald avait demandé aux filles pourquoi il devrait faire une exception. Marina argumenta d'elle-même qu'elle était prête à passer l'examen, qu'elle se sentait capable de réussir et qu'elle n'aurait pas peur d'être confrontée à un examen difficile. Quand Osvald posa le regard sur Verika, cette dernière ajouta que Marina était une excellente archère et que le village aurait grandement besoin d'elle lors d'une attaque de dragons. Après mure réflexion, Osvald donna son accord, ce qui emplissait les filles de joie. Marina passa donc l'examen après Verika, et n'ayant pas menti, elle réussit une épreuve compliquée. Déclarées guerrières attitrés de la garde du village, les filles fêtèrent leur victoire à l'écart et en compagnie de Dagur, Surtout Verika qui lui avait sauté au cou.
- Ça y est, Dagur ! Je suis enfin une guerrière officielle du village ! Tu sais ce que ça veut dire ?! s'exclama-t-elle folle de joie
- Je sais, Verika. Souriait-il avec sincérité, bien qu'il sembla quelque peu contrarié.
- Qu'est ce qui y'a ? s'étonna-t-elle
Dagur lui annonça alors son départ pour Berk le lendemain matin. Son père l'avait informé, ou le lui avait rappelé juste avant l'examen. Bien que Dagur n'avait pas très envie de faire ce voyage, tout comme Verika, il était obligé d'y aller avec son père pour renouveler le traité de paix entre les deux tribus, et apprendre comment gérer ce genre de chose en tant que futur chef. Verika était quand même heureuse que Marina soit là. Elle se consolait de ne pas être seule à attendre leur retour. Pour le reste de la journée, elle resta seule et assez muette à cause de l'annonce de ce voyage qui venait de gâcher cette journée. La nuit fut longue pour elle. Ni Marina, ni Dagur n'avait réussi à lui remonter le moral. Le lendemain, tout le monde s'apprêtait enfin à embarquer. Verika et Marina avaient déjà dit au revoir à Osvald, et conclurent par Dagur. Pour remonter le moral de la rouquine, Dagur argumenta à Verika les bonnes raisons de faire ce voyage.
- Tu sais, c'est peut-être pas plus mal que j'y aille. Je vais pouvoir juger et critiquer tout ce qui me dérange dans ce fichu village ! Mais aussi chez leurs résidents ! Et sais-tu… qui je serais heureux de rabaisser encore une fois ?
- Le dégonflé. Répondit-elle en roulant les yeux au ciel
- Ouais ! Et si ça se trouve, il est toujours aussi peureux, crétin et maladroit !
- Sans doute.
- Je reviendrais avec des nouvelles qui te feront surement très plaisir, tu vas voir.
- Merci Dagur. Bon voyage et… reviens vite. Conclu-t-elle d'un ton neutre
Dagur lui adressa un signe de tête, puis il en adressa un à Marina avant de monter sur le navire de son père et de faire voile vers Berk. Verika resta avec Marina sur les quais jusqu'à ce qu'elles ne voient plus les navires. Verika était quand même contente de ne pas être seule, mais sans Dagur, elle y avait comme un vide en elle. Elle savait qu'il revenait le soir même, mais elle sentait que ça allait être l'attente la plus longue de sa vie. Marina fit de son mieux pour l'occuper et la rendre moins triste.
- Ne t'en fais pas. Il va vite revenir.
- Je le sais. C'est juste que Berk est une île maudite à mes yeux. J'ai tout perdu, là-bas. Tout. Et du coup, vu qu'il est parti là-bas… j'ai peur.
- Peur… ? Peur de quoi ? demanda-t-elle d'un ton inquiet et curieux
- Qu'il arrive malheur et qu'il ne revienne jamais.
oO*Oo
Sur Berk, tout le village se préparait à recevoir la visite d'Osvald et de Dagur. Ce qui impliquait le fameux rituel du ceinturon pour Stoik qui avait encore une fois du mal à la mettre tout seul. Heureusement qu'il pouvait compter sur Gueulfor ! Mais même à deux, c'était difficile de l'attacher !
- Rrrh ! Stoik ! Rentre-moi ce bide ! grogna Gueulfor qui tentait désespérément de l'attacher
- C'est ce que je fais, Gueulfor ! Je ne peux pas le rentrer plus que ça !
- Ha. Le rituel du ceinturon. Toujours du mal à le boucler ? plaisanta Harold qui venait de rentrer. Donc ça approche ?
- Ouais. Dans peu de temps, on va signer le traité de paix avec la tribu des Parenvrilles. Répondit Stoik
- Sérieusement, ils devraient changer de nom de tribu. Surtout quand le chef s'appelle Osvald l'agréable et qu'ils ne sont pas parti en guerre depuis cinquante ans ! rétorqua Gueulfor
- Mouais, j'suis d'accord. Mais dites-moi une chose… il ne va pas venir avec son taré de fils ? demanda Harold avec une grimace
- Dagur ? Oooh, tu peux y compter. Répondit Gueulfor
- Oooh super. Comme si j'avais envie de le revoir. Grommela Harold qui n'avait rien oublié de la dernière fois qu'il l'avait vu.
- C'est normal qu'il vienne, fils. Il est le successeur de son père. Ce qui implique qu'il doit l'accompagner pour chaque évènement important afin qu'il poursuive son apprentissage.
- Humph. Comme si on pouvait lui éduquer quoi que ce soit d'autre à part la brutalité et le sadisme. Maugréa Harold
- Voilà chef ! c'est fait ! Mais pour la prochaine fois, il faudra un peu serrer la ceinture si tu veux réussir à remettre celle-là. Héhé. Blagua Gueulfor.
- Merci du conseil Gueulfor. Pffou… j'espère qu'elle ne va pas exploser à la tête d'Osvald quand on va se saluer… Soupira Stoik qui avait un peu le bide serré en plus d'avoir du mal à respirer.
- Mouais. Ce serait bête de rentrer en guerre à cause d'un lancer de ceinturon ! Et la dernière chose qu'on ait besoin, c'est d'une bataille avec les Parenvrilles, parce que chez eux, les batailles, ça ne rigole pas !
- Ouais. Bon allez, je vous laisse. On se retrouve sur les quais, papa. Salua Harold.
Harold quitta la maison sous le regard inquiet des deux ainés. Harold marcha d'un pas lent jusqu'aux quais, quand il se fit soudainement interpeller par Astrid qui le regardait d'un air un peu inquiet quand elle vit son regard légèrement sévère.
- Hé, Harold ? ça va ?
- Ça pourrait aller mieux.
- Qu'est ce qui se passe ? Tu t'es encore fâché avec ton père ?
- Pour une fois, mon père n'y est pour rien. Ou d'une certaine manière, si.
- C'est en rapport avec la venue d'Osvald ? devina-t-elle d'un ton désolé
- En partie. Je viens d'apprendre que Dagur sera là, lui aussi.
- Ça, t'en sais rien.
- Gueulfor et mon père en sont convaincus. Et vu les arguments qu'ils m'ont balancé, ça fait aucun doute que Dagur sera là.
- Ça se voit que t'es pas ravi de le revoir.
- Oh que non. J'ai jamais aimé sa compagnie, mais depuis… tu sais quoi, c'est encore pire.
- Mmh, mmh. Et là, tu vas aux quais pour les accueillir ?
- Ouais. Je suis obligé, vu que je suis le fils du chef. Mais tant qu'ils ne sont pas encore arrivés, je voudrais être seul un instant.
- D'accord. Je comprends, Harold. A tout à l'heure et… bon courage. L'encouragea-t-elle avec un sourire
- Merci, Astrid. Sourit-il en retour
Astrid le laissa poursuivre sa route, le cœur en peine pour lui. Elle savait que le retour d'Osvald et de Dagur ravivait beaucoup trop de souvenirs en lui. Mais Astrid savait que ce n'était pas qu'à cause de ça. Elle savait que Verika ne serait pas sur les bateaux et que ça faisait de la peine à son ami qui ne l'avait jamais revu et dont il n'avait absolument aucune nouvelle. Pas même d'Alvin. C'est comme s'ils n'avaient jamais existés. Mais dans son cœur, Verika existait toujours et ça aidait Harold à garder cet objectif qu'il s'était fixé y'a plus de 10 ans. Même qu'elle lui aurait fait la remarque, Harold aurait tout fait pour nier son indifférence. Mais elle le connaissait bien. Il s'était peut-être forgé une carapace, mais il continuait de souffrir. Sinon, il n'aurait pas repoussé Astrid le jour de leur examen. Astrid n'avait d'ailleurs pas insisté, car elle savait que ça ne servirait à rien, sinon à se prendre des râteaux. Alors au lieu d'être une petite copine qui arriverait peut être à guérir son cœur, elle était juste une amie sur qui il pouvait compter.
Harold s'était assis sur le rebord des quais et s'était contenté de réfléchir en regardant son reflet dans l'eau. Un quart d'heure plus tard, les cors retentirent et Harold leva le regard vers l'horizon. Les navires arrivaient. Il se redressa et fut bientôt rejoint par son père et Gueulfor. Harold prit sur lui pour rester calme et neutre, même si l'horrible scène de séparation mêlée aux cris et aux supplices incessants de Verika, ainsi qu'au sourire victorieux et moqueur de Dagur lui donnait franchement l'envie d'hurler de rage et de réduire en charpie le fils d'Osvald. Les navires accostèrent et Osvald fut le premier à descendre. Les deux chefs et amis se saluèrent avec de grandes tapes amicales et des rires.
- Alors Stoik ? T'a pas trop galéré pour mettre ta ceinture cette fois ? blagua Osvald
- J'espère avoir moins galéré que toi ! riait Stoik
- Que veux-tu ? Entre bons mangeurs, on se comprend !
Ils éclatèrent de rire, puis Osvald salua Gueulfor, et Harold qui souriait poliment. Harold avait conscience qu'Osvald n'y était pour rien dans son malheur. Au contraire il lui était reconnaissant d'avoir voulu prendre soin de Verika. Mais quand Harold aperçut Dagur sur le navire, la colère l'envahit mais il demeura calme, même quand Dagur lança avec un grand sourire sa dague au-dessus de la tête d'Harold et qui se planta sur le pilier en bois juste derrière. Face au sang-froid d'Harold, qui en général, tremblait comme une feuille au moindre lancé de couteau, Dagur haussa un sourcil et descendit rejoindre les autres.
- Bonjour, Dagur. Salua poliment Stoik.
- Bonjour. Stoik. Répondit-il d'un air presque hautain
Déjà rien que de l'entendre parler ainsi suffit à faire froncer le regard du chef des Hooligans. Pour éviter un excès de colère, Stoik reporta son attention sur Osvald.
- Bien. Si nous discutions de ce traité, Osvald ?
- Avec plaisir, Stoik. Comme ça, plus vite c'est fait, plus vite on pourra se détendre et bavarder autour d'une bonne chope d'hydromel !
- Je serai des vôtres ! héhé. Ajouta Gueulfor avec humour.
- Avec joie ! alors. Par quoi on commence, Stoik ?
- Comme on l'a toujours fait. On commence par un tour de Berk, l'armurerie et le festin dans le grand hall.
- Et pas d'exécution de dragons dans l'arène ? mmh ? demanda Dagur
- On en exécute déjà pas mal chez nous, fils. Là, je voudrais profiter d'un séjour plus calme. Répondit son père
Dagur roula les yeux au ciel et jeta un regard à Harold qui demeurait bien calme. Quand leurs regards émeraude se croisèrent, il aurait pu y avoir un duel si des éclairs seraient sortis de leurs yeux. Les ainés avancèrent mais les deux adolescents restèrent sur place à se regarder. Dagur afficha un sourire en posant ses mains sur ses hanches.
- Harold. Comme on se retrouve. Je t'ai manqué ?
- Pas du tout. Rétorqua-t-il froidement
- Oooh oh. A ce que je vois, on a chopé du répondant. Et du courage !
Il arracha sa dague du pilier et s'amusa à regarder son reflet dans la lame.
- Quand je pense que t'a même pas sourcillé quand je te l'ai lancé.
- Ça ne me fait plus peur, si tu veux savoir.
- C'est vrai ? Oooh… je ne pourrais donc plus m'amuser à te faire peur avec mes lancés ? Quel dommage. Mais c'est bien que tu aies vaincu cette peur. C'est juste que… c'est dommage que tu n'en aies pas eu le jour où Verika est partie d'ici ! Hinhin…
Même qu'il s'y attendait de sa part, c'était quand même la goutte qui faisait déborder la cruche. Harold ne creusa même pas le sujet et préféra l'ignorer et rejoindre leurs parents.
- Attend une minute ! Y'a pas… un truc qui cloche là ?
- Quoi encore ?
- Où est ce qu'elle est ?
- De quoi ? s'impatienta Harold
- Ta jambe, tête de noix !
- Oh ça ? Ah. Un récit fabuleux dont je ne prendrais pas la peine de te raconter vu que tu t'en fiche d'avance.
- Dis toujours, pour voir. Nan, attend, laisse-moi deviner ! Un dragon à essayé de te bouffer mais il a pu manger que ta jambe ? Ahaha ! Tes os sont tellement maigres qu'ils lui sont restés en travers de la gorge et ça lui a coupé l'appétit ? Ahahahahaha !
- Ah, ah, ah. Très drôle Dagur.
Il continua d'avancer mais par rage et exaspération de cette insolence, Dagur lança de nouveau sa dague qui se planta à ras du pied valide d'Harold. Mais ce dernier s'était stoppé et regarda avec indifférence la dague avant de tourner son regard vers Dagur et de lui adresser un petit sourire en coin.
- Même pas peur.
Dagur serra les dents, mais en pensant à Verika et ce qu'elle serait ravie d'entendre, il se détendit et suivit Harold et leur pères à travers toute l'ile. Ils firent un tour à l'armurerie puis se régalèrent d'un festin dans la grande salle. Gueulfor apporta le traité qu'Osvald signa sans problème. Maintenant que c'était fait, ils pouvaient enfin célébrer l'événement et ripailler jusqu'à ce que leurs ceintures explosent ! Durant le repas, Dagur et Harold demeuraient silencieux dans leur coin. Dagur s'ennuyait à mourir et Harold avait hâte que la visite s'achève. Les hommes bavardèrent de tout et de rien, tout comme leurs chefs, sauf que le trio ne discuta pas un seul moment de Verika. Pas qu'ils ne voulaient pas parler d'elle, mais vu qu'il y avait Harold à coté et qu'ils n'avaient rien oublié de ce fameux jour, ils firent abstraction le temps du repas. Même si Dagur ne participait pas trop à la fête, il écoutait attentivement les conversations. Et il en apprit pas mal ! Genre Harold qui savait se battre comme tout le monde, qu'il était respecté, moins maladroit… mais qu'il avait surtout combattu des dragons et qu'il avait perdu sa jambe à cause des dégâts causés par le Furie Nocturne…
Soudain, la porte de la grande salle s'ouvrit et un viking venant de l'île des Exilés débarqua calmement dans la salle. Gueulfor alla à sa rencontre et le viking lui transmit un message papier. Gueulfor le lut et entrouvrit légèrement la bouche. Il demanda au viking de patienter le temps que le forgeron emmène Stoik et Osvald pour discuter à l'écart. Les deux chefs le suivirent d'un air curieux, tout comme leurs fils qui restèrent à table sur ordre de leurs pères. Une fois à l'écart, Gueulfor donna le message à Stoik qui eut la même réaction que Gueulfor, et Osvald ne tarda pas à les imiter.
- Alvin… est mourant. Murmura Osvald
- Oui. Et il souhaite voir une dernière fois sa fille avant de quitter ce monde. C'est tout ce qu'il demande. Ajouta Gueulfor.
- Et si c'est un leurre ?
- Je ne crois pas. Depuis toutes ces années, Alvin n'a jamais rien demandé et il n'a jamais tenté de s'enfuir. Et le messager n'a pas pour habitude de livrer des bobards. Rétorqua le blond
- C'est vrai. Qu'est-ce qu'on fait alors ? demanda Osvald à Stoik.
- Verika est sous ta responsabilité. Plus sous la mienne. Donc fait lui part de ce message. Qu'ils se voient une dernière fois.
- Euh… je croyais que les détenus de cette prison n'avaient pas le droit aux visites ? surtout les Traîtres. rétorqua Gueulfor
- Je leurs ai déjà refusé beaucoup de choses, alors je peux au moins donner mon accord aux dernières volontés d'un mourant et ancien meilleur ami. Osvald, je crois que la visite s'achève maintenant. Je n'ai plus trop la tête à festoyer. Dit-il d'un ton grave en se tournant vers lui
- Je comprends. C'est pareil pour moi. Soupira ce dernier
Le trio retourna dans la salle et annoncèrent la fin de la visite comme si de rien n'était. Mais Dagur et Harold n'étaient pas dupes et se doutaient de quelque chose. Harold, Stoik et Gueulfor raccompagnèrent les Parenvrilles aux quais, et après s'être dit au revoir, les navires repartirent vers l'horizon. Le messager de l'île des Traîtres repartit également. Profitant d'être enfin libéré de la présence de Dagur, Harold s'adressa à son père.
- Euh, papa ? C'était quoi la nouvelle ?
- C'est rien, fils.
- Papa. Cette nouvelle a abrégé la visite. Qu'est-ce que vous avez appris ? insista-t-il
Stoik soupira longuement et quitta les quais sans rien dire. Il avait apparemment besoin d'être seul un instant. Gueulfor informa donc Harold à la place de Stoik.
- Alvin est mourant.
Harold ne trouva rien à dire et demeura silencieux. Il regardait juste son père s'éloigner, et ne pouvait s'empêcher de ressentir de la peine pour son père qui était sur le point de perdre à jamais son ancien meilleur ami.
oO*Oo
Dagur eut la même idée qu'Harold et interrogea son père au sujet de cette nouvelle qui semblait être la cause de ce brusque départ. Quand Dagur lui posa la question, Osvald mit un temps avant de lui répondre. Il poussa un soupire, les mains appuyées sur le rebord de son navire.
- Verika va avoir besoin de toi, Dagur. Aujourd'hui, plus que jamais.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Son père est mourant. Et il veut la voir une dernière fois.
Dagur fut choqué et enragé par cette nouvelle. La première chose à laquelle il pensa, c'était à Verika et à la souffrance qu'elle allait devoir endurer et qui aller s'installer sur son visage. Elle qui avait travaillé si dur, voilà que tout allait s'effondrer. Dagur serra les poings et s'adressa froidement à son père.
- Vous l'avez privée de son père durant toutes ces années alors qu'elle vous a demandé plusieurs fois d'aller le voir. Et c'est au moment où il est sur le point de mourir… que vous vous décidez enfin à lui dire oui ?
- La loi est la loi, Dagur. Nous avons fait ce qui devait être fait. Il ne devait pas y avoir d'exception. Répondit calmement son père
- Je… RHAA !
Il empoigna sa double hache et donna de grands coups dans le mât principal sous le regard de tout l'équipage. Son père n'avait pas bougé d'un pouce car il connaissait les réactions un peu trop poussées de son fils. Mais pour cette fois, il comprenait vraiment le degré de colère qu'il devait ressentir. Osvald était sans aucun doute un guerrier honorable, mais la chose qu'il craignait le plus à venir, c'était la réaction de Verika. Il tourna le regard vers son fils qui venait de conclure le massacre du mât et qui reprenait son souffle.
- Souhaites-tu que j'en assume les conséquences et que je lui en parle ?
- Non… tu n'en feras rien. C'est moi qui le lui dirais. Parce que je suis le seul qui saura comment anticiper sa colère. Répondit-il froidement
- Comme tu voudras, Dagur.
- Humph. Et est ce qu'elle sera autorisée à aller le voir ?
- Si elle désire toujours, oui.
Dagur siffla du nez en guise de réponse, tellement il était en colère. Le voyage de retour se déroula donc dans le calme absolu et dans son coin, Dagur réfléchissait à la meilleure manière d'annoncer la nouvelle. Dans la forteresse, les filles s'occupaient comme elles pouvaient, bien qu'elles soient restées à l'extérieur depuis leur départ. Plus Verika serait entourée de monde, moins elle penserait à Dagur. Mais ça ne marchait pas vraiment. Elles avaient fait deux fois le tour du village, elles avaient mangé sur le rebord des murailles et là, elles marchaient tout le long des murailles qui entouraient le village. Verika scrutait calmement l'horizon mais Marina vint troubler le calme.
- Verika ? on ne pourrait pas redescendre ? Ça fait quand même trois fois qu'on fait le tour…
- Si tu veux descendre, descends. Je ne force personne à me suivre.
- Je sais, mais je ne veux pas te laisser toute seule. Alors s'il faut faire deux tours en plus, je les ferai. Souriait-elle
- Tu es gentille. Désolée d'être chiante… s'excusa-t-elle
- Ce n'est pas grave. C'est vrai que c'est rare de te voir dans un tel état.
- En effet. C'est rare. soupira-t-elle en regardant le ciel.
- C'est parce que tu l'aime qu'il te manque autant et que tu as peur qu'il lui arrive quelque chose ?
- Euh, je… évidemment que je l'aime. Dagur compte beaucoup pour moi. Mais je ne suis pas sûre que ce soit la réponse que tu veuille entendre.
- Ouais. Là, tu me dis que tu l'aime comme un ami, ou un frère. Moi, je veux savoir si tu l'aime comme un grand amour.
- Mmh… Je ne pense pas. J'ai été amoureuse une fois dans ma vie et c'était y'a bien longtemps. Mais je n'ai pas oublié ce que ça fait quand la personne que tu aimes et que tu as toujours protégé, t'abandonne quand c'est toi qui as besoin de lui. Dit-elle plus froidement en repensant à Harold.
- Oui mais là, c'est différent. Dagur t'a jamais laissé tomber, lui.
- Je sais, Marina. Mais je ne veux pas tomber amoureuse de lui. Si je le perds, je ne m'en remettrais pas. Humph. Je ne m'en remettrais d'ailleurs pas si je venais à perdre mon meilleur ami. Ou même toi. Lui souriait-elle
- C'est vrai ? je te manquerais beaucoup si je n'étais plus là ?
- En doutes-tu ? Après toutes ces années ? Marina. Dagur et toi, vous êtes mes meilleurs amis. Vous perdre serait une déchirure.
Elles s'enlacèrent, les yeux emplis de larmes.
- Ce serait pareil pour moi, Verika... souriait Marina tout en pleurant
- Merci. Et je… Marina, regarde.
Les filles tournèrent leur regard vers l'horizon, et virent des navires portant l'emblème des Parenvrilles sur leurs voiles. Ce qui les étonna car c'était à peine le début de l'après-midi.
- C'est quoi ce délire ? Ils devaient revenir ce soir, non ? s'étonna Marina
- En effet. Mais je n'aime pas trop ça. Viens, on va aux quais !
Elles se rendirent à toute hâte vers les quais, et quand elles virent Dagur et Osvald, elles furent soulagées. Surtout Verika qui esquissa un grand sourire. Le temps que les navires accostent, Verika s'adressa discrètement à Marina.
- Au fait, tu voulais savoir si j'aime Dagur pour savoir si tu peux le fréquenter, c'est ça ? souriait-elle
- Pas du tout. Ce n'est pas mon genre de toute façon. Je préfère les hommes à la carrure plus prononcée. Répondit-elle calmement tout en lui souriant.
- Voyez-vous ça. Je vais tout savoir ici. Blagua Verika
Marina était contente de voir sa meilleure amie retrouver sa bonne humeur. Mais elle perdit le sien quand Verika afficha un air étonné. En se tournant vers leur chef qui venait de descendre, Marina avait remarqué que son regard était contrarié et triste. Et le regard qu'il lança à Verika confirma leur crainte. Il s'était passé quelque chose sur Berk. Inquiète, Verika se tourna vers Dagur qui venait de descendre. Leurs regards se croisèrent, et Dagur, ne sachant pas trop comment annoncer la nouvelle, passa une main sur son visage.
- Dagur ? Tout… tout va bien ?
- Je... suis-moi, Verika.
Il l'entraîna avec lui, laissant sur les quais Marina qui se demandait quoi et qui s'inquiétait de nouveau pour son amie. Dagur emmena Verika jusqu'à la salle d'entraînement et ferma les portes. Mais la rouquine perdit vite patience.
- Bon, Dagur. Tu vas me dire ce qui se passe ? Parce que je me demande encore pourquoi vous êtes revenus si tôt ! Pas que je ne sois pas contente, mais…
- J'ai appris une mauvaise nouvelle.
- Ah ? j'écoute. Dit-elle d'un ton plus calme, mais inquiet.
- Alors voilà. La visite s'est bien passée et le traité a été signé. J'ai vu et appris des choses intéressantes, mais en plein repas, un messager venant de l'ile des Exilés à débarqué et a livré une mauvaise nouvelle à mon père et Stoik.
- Un message… de l'île des Exilés ? répéta-t-elle avec crainte.
- Oui. C'est au sujet de ton père. Il… il est mourant. Conclut Dagur
Verika se sentit mal. Horriblement mal. Elle avait l'impression que le monde autour d'elle s'écroulait en un millier de morceaux !
- Il… est mourant ?!
- Oui.
Elle éclata inévitablement un sanglot dans les bras de Dagur.
- Papa…
- Et ce n'est pas tout. Il a demandé à te voir une dernière fois.
- Il.. il me réclame ?! Alors dans ce cas, il faut y aller sans perdre de temps ! Viens ! s'exclama-t-elle en lui prenant la main
- Pas de panique, j'allais te le proposer.
- Me le proposer ? Donc tu... attends ! On… on ne doit pas s'y rendre en cachette ?
- Pas la peine. Mon père t'autorise enfin à quitter l'île pour aller le voir.
- Ce… c'est vrai… ?
- Oui. Et moi je t'accompagne, comme je te l'ai promis.
Malheureuse, mais émue, elle lui sauta au cou et fit maladroitement tomber son casque. Elle pleura encore un moment dans ses bras et apprécia que Dagur la serre tout contre lui et lui caresse les cheveux. Ils se mirent ensuite en route vers l'île des Exiles, et Verika avait demandé à Marina de les accompagner après l'avoir mise au courant. Le trio quitta l'île à bord d'un petit navire et arriva à destination une heure plus tard. C'était la première fois qu'ils venaient ici. Ils n'avaient jamais vu l'île des Exilés auparavant et le peu qu'ils avaient entendu de cet endroit ne donnait pas envie d'y mettre les pieds. Des terres hostiles, de la végétation morte et une ambiance morne. Se dire que son père a dut séjourner des années entières sur une île pareille, c'était insupportable. Elle avait vécu dans le grand confort et lui… elle en avait des frissons. Un garde les interpella aux portes de l'île.
- Halte ! Qui êtes-vous ? Que venez-vous faire ici ?
- Je suis Verika, la fille d'Alvin. J'ai appris qu'il était mourant et qu'il souhaite me voir. Dit-elle avec courage.
- Alvin, hein ? Waouh ! Je ne savais pas qu'un type comme lui avait une fille aussi mignonne! Vous ne lui ressemblez pas du tout ! complimenta le garde en la regardant des pieds à la tête
Mais ce regard ne plaisait pas du tout à Dagur.
- On ne t'a pas demandé de commenter leur lien de parenté. Alors maintenant qu'elle t'a dit la raison de sa présence, laisse nous passer. Ordonna Dagur
- Euh... oui, mais c'est juste que… je ne sais pas si je peux vous laisser passer ! Vous avez l'autorisation de Stoik ou d'Osvald ?
Les nerfs à vif, Dagur sortit son arme et pointa la pointe de la lame sous le menton du garde qui prit peur. Les files regardaient leur ami avec un léger sourire amusé
- Sais-tu qui je suis, pauvre imbécile? Je suis Dagur ! Fils du chef Osvald l'agréable de la tribu des Parenvrilles ! Je n'ai pas du tout besoin de l'autorisation de mon père ou de Stoik la brute pour pénétrer à ma guise sur cette île !
- Je... oui, monsieur…
- Bien. Maintenant que ce détail est enregistré dans ta misérable caboche, tu vas nous laisser passer sans contester. Parce que si Alvin meurt avant que sa fille n'ait pu lui parler, je saurai à qui m'en prendre.
- Euh… oui. Allez-y, mademoiselle. Allez dans le grand bâtiment droit devant vous. C'est là qu'il se trouve.
- Merci.
Ils entrèrent enfin dans la forteresse qui semblait aussi triste que l'extérieure. Le garde soupira de soulagement, mais il pria les dieux pour que le pire n'arrive pas.
- Au fait Dagur, bien joué le coup de » je suis le fils du chef ! obéis-moi ! » félicita Marina
- Merci. Je déteste qu'on me fasse perdre mon temps et qu'on me contrarie. Souriait-il
Ils entrèrent dans le bâtiment indiqué par le garde mais furent interpellés par un autre.
- Halte. Que faite vous ici ?
- Je suis venue voir mon père. Nous avons l'autorisation pour…
- Vous… Vous êtes Verika ?
- Oui, c'est moi. Pourquoi, qu'est-ce qu'il y a ?
- Je suis désolé, mademoiselle. Votre père… nous a quitté y'a tout juste dix minutes.
- Non… murmura-t-elle
Elle s'effondra à genoux, le visage horrifié par la nouvelle. Elle porta sa main à sa bouche et fixait le vide tandis que des larmes coulaient sur ses joues. Marina s'agenouilla et la consola du mieux qu'elle pouvait. Dagur était navré pour elle, mais il savait qu'un garde paierait très cher la perte de temps.
- Ou est-il ? demanda Dagur
- Nous l'avons transféré dans une autre salle afin de le préparer pour ses funérailles. Est-ce que vous voulez quand même aller le voir ? demanda le garde à l'attention de Verika
- Je…. Je ne sais pas… je l'ai pas revu depuis mes cinq ans. Je ne veux pas que la dernière image que j'ai de lui soit… ça…
- Je crois que tu devrais aller le voir. Lui dit sérieusement Marina
- Tu crois… ?
- Oui. J'avais refusé de voir le corps de mes parents avant qu'ils soient inhumés. Et je le regrette. Ne fais donc pas la même erreur que moi.
- D'accord… emmenez-moi auprès de lui, s'il vous plait.
Le garde emmena Verika et ses amis dans la salle où Alvin séjournait le temps que son bûcher soit prêt. Il était là, allongé sur une table assez solide pour son poids. Verika avançait presque timidement tellement qu'elle ne reconnaissait son père qu'à moitié. Il avait toujours la même tenue que dans son jeune souvenir, il était plus gros, et le temps ne semblait pas l'avoir épargné. Il lui semblait tellement vieux… encore plus vieux qu'Osvald alors qu'ils étaient du même âge. Elle posa sa main délicate sur les énormes mains de son père, mais qui étaient encore assez douces pour elle, comme dans son souvenir. Elle leva son regard vers son visage et se pinça les lèvres en voyant qu'il semblait paisible, mais en voyant aussi ses poils de barbe et de cheveux gris, ses cicatrices, les effets du temps… mais elle se consola d'une chose. Toute sa souffrance était finie. Verika se fit interpeller par le garde pour lui dire que le bûcher était prêt.
- Au revoir, papa… dit-elle en serrant une dernière fois la main de son père.
Elle fut de nouveau secouée par un sanglot. Elle aurait tant aimé lui dire au revoir tant qu'il était encore temps ! Même le jour où il fut emmené sur cette ile ! Sa rage était tellement grande qu'elle hurla puis s'effondra en larmes sur le corps de son père. Marina et Dagur durent intervenir pour l'éloigner de lui afin qu'il puisse être emmené. Ils emmenèrent ensuite Verika jusqu'au bûcher pour qu'elle assiste aux funérailles, mais c'était trop dur pour elle. Elle pleurait de plus en plus au fur et à mesure que le feu s'élevait et elle ne supporta bientôt plus d'être debout. Dagur la porta dans ses bras jusqu'à leur bateau, mais avant ça, il s'adressa d'un ton menaçant au responsable de la prison.
- J'aimerais que le garde de l'entrée soit puni pour lui avoir fait perdre du temps. A cause de lui, Alvin n'a pas vu son souhait se réaliser. Pareil pour elle. J'espère pour vous que vous prendrez les mesures nécessaires envers ce crétin, sinon, vous aurez de mes nouvelles.
- Oui, monsieur.
Quand ils arrivèrent à leur bateau, Dagur déposa Verika sur le banc, puis il prit les rames avec Marina. Durant le trajet, Verika ne disait rien et se contentait de regarder le vaste océan. Elle n'avait pas la force de ramer avec eux et elle semblait dépourvue de toute gaieté. Et c'est ce que Dagur et Marina craignaient. Du moins sur le long terme. Quand ils arrivèrent chez eux, le soir tombait petit à petit. Verika descendit du bateau et marcha d'un pas traînant vers la forteresse. Elle croisa Osvald qui ne savait pas trop comment réagir en la voyant dans cet état. Elle le regarda deux secondes puis se dirigea vers sa chambre en l'ignorant. Elle ignorait également ses amis qui lui parlaient, mais quand Marina lui prit la main, Verika explosa de colère.
- MAIS PAR LES DIEUX ! VOUS ALLEZ INSISTER ET ME SUIVRE ENCORE LONGTEMPS COMME CA ?! SI JE NE DIS RIEN ET NE RÉAGIS PAS, C'EST QUE JE VEUX QU'ON ME LAISSE TRANQUILLE !
- On veut juste t'aider, Verika. S'excusa Marina.
- Je sais. Alors si vous voulez m'aider, laissez-moi !
- Tu ne vas pas faire une bêtise, j'espère ? s'inquiéta la blonde
- Je vais juste me défouler sur un truc. La rassura-t-elle en grommelant
Elle les laissa sur place et s'en alla vers la salle d'entraînement. Elle claqua les portes, prit une épée et commença à réduire en charpie un mannequin en paille, puis elle s'acharna sur un tonneau, puis sur un deuxième, et enfin, elle s'acharna à donner des coups d'épée sur un pilier en pierre. Elle frappait de plus en plus vite et on n'entendait que les bruits métalliques de l'épée et ces cris de rage. Au final, l'épée était toute tordue. Verika la balança à travers la pièce et s'effondra de nouveau à genoux. Elle pleurait comme elle voulait, hurlant dans le vide son désespoir et son chagrin. On pouvait l'entendre dans toute la demeure et c'en était insoutenable. Ses proches se contentaient juste d'attendre que ça passe car ils se doutaient tous qu'il lui fallait juste un peu de temps pour qu'elle passe ses nerfs. Et vu les bruits qu'ils entendaient, le matériel d'entraînement devait prendre très cher. Verika cessa d'hurler mais continua de pleurer. Elle regardait dans le vide, mais quand elle entendit le grognement d'un dragon, son attention se porta sur lui. Elle se releva et chercha celui qui venait de grogner. C'était un Vipère femelle aux écailles bleu foncé et bleu clair. En le regardant enchaîné et muselé dans sa cage, le regard de la jeune femme devint sévère.
- Vous… saleté de démons volants... C'est à cause de votre existence que j'ai perdu mon père ! Sans vous, il n'aurait pas désobéi aux ordres et je n'aurai pas été séparée de lui durant toute ces années... Et au final, il est mort avant même que j'ai pu le revoir !
Elle attrapa une hache et ouvrit la cage sous le regard du reptile qui paniquait et qui essayait de se débattre tout en grognant férocement à son attention.
- Tu vas payer pour cette injustice, dragon. Tu paieras pour toutes les injustices que j'ai subies. Je sais. T'a rien fait, mais faut bien un bouc émissaire, non ? Et puis ça fera un dragon de moins dans cet archipel de merde ! s'exclama-t-elle furax
Elle leva sa hache et l'abatis de toutes ses forces sur la tête du dragon qui succomba direct à sa blessure. Mais Verika ne s'arrêta pas là. Elle continuait de marteler de coups de hache le cadavre du reptile qui saignait abondamment. Elle lui coupa la tête et une énorme giclure s'abattit droit sur sa tenue et son visage. Elle était couverte de sang chaud qui empestait plus que le sang humain, mais elle s'en fichait. Elle s'acharna encore et encore comme une possédée et recevait à chaque fois une giclure, jusqu'à ce qu'elle se fasse stopper par Dagur qui avait accouru dans la salle après avoir entendu le dragon hurler.
- Verika ! Arrête !
- Non ! Lâche-moi ! Je n'ai pas fini !
- Verika, ça suffit ! Regarde ! Il est mort ! Il a eu son compte !
- Lui, oui, mais les autres non ! Je vais tous les tuer ! JE VAIS LES TUER ! TOUS !
- Arrête ! Calme-toi ! ordonna-t-il après avoir réussi à lui faire lâcher son arme
- Non ! je… je vais me les faire, Dagur... je dois les tuer…. ils… ils le méritent tous… dit-elle en larmes
- Je sais. Mais pour le moment, ça suffit. Calme-toi.
- Je… je...
En larmes, elle croisa son regard qu'elle voyait d'assez près malgré les mèches de cheveux qui tombaient devant ses yeux. En se débattant, elle avait fait tomber son casque et sa tresse était légèrement défaite. Elle trouvait que ça lui allait bien le style un peu décoiffé, plus sauvage. Elle se risqua même à poser son regard sur ses lèvres et elle eût comme une folle envie d'y goûter. Est-ce qu'elle avait vraiment envie de l'embrasser ou est-ce que c'était juste dû à ses récentes émotions ? Elle n'en savait rien. Dagur la maintenait toujours par les épaules et l'envie de se rapprocher un peu plus de Verika était très tentante malgré l'état dans lequel elle était. Il porta alors sa main à sa joue et essuya de son pouce le sang qui coulait. Verika sentit sa main glisser vers sa nuque et l'attirer vers son visage, mais elle le repoussa gentiment.
- Désolée, Dagur, je… euh…
- C'est rien. Ce n'était peut-être pas le bon moment.
Verika baissa le regard avant de sortir de la salle et de monter dans sa chambre pour prendre un bain. Dagur fit de même après avoir ramassé son casque et d'avoir adressé un regard au reptile sanguinolent. Puis il esquissa une grimace en voyant le carnage qu'avait causé Verika. Une fois dans sa chambre, Dagur nettoya le sang qu'il avait sur lui et enleva juste le haut de son armure. Il s'allongea sur son lit, les bras croisés derrière la tête et soupira longuement en repensant à ce qui aurait pu se passer, ainsi qu'au râteau qu'il venait de se prendre. Quant à Verika, elle ne bougea plus une fois qu'elle était dans son bain et qu'elle était toute propre. Son esprit était assiégé par le souvenir de son père décédé et de toute cette injustice liée à tout ça. Elle se rappela aussi quelques bribes de souvenirs, comme les jeux qu'ils faisaient ensemble dans la maison ou encore le son de sa voix quand il lui racontait des histoires ou lui chantait des berceuses. Elle n'avait même plus la force et l'envie de chanter la berceuse qui l'avait aidée à supporter son absence. Tous ces efforts n'avaient servis à rien. Elle exprima un juron et se laissa glisser le long de sa bassine pour finir totalement sous l'eau, les jambes légèrement en dehors de l'eau. Sous l'eau, elle demeurait calme et ne pensait plus à rien. Elle ne voulait plus se prendre la tête avec le reste du monde. Elle voulait juste faire son deuil en paix.
Après sa toilette, elle mit de nouveau une tunique jaune et un pantalon noir et partit directement se coucher sans manger. Elle n'avait pas faim de toute façon. En essayant de trouver une position confortable, elle tomba sur la fameuse poupée aux longs cheveux bruns qui était cachée sous son oreiller. Se rappelant ce qu'elle symbolisait, Verika fronça le regard et la balança avec rage vers le feu de cheminée. La poupée atterrit directement dans les flammes et se laissa consumer tandis que Verika se couchait en se recouvrant totalement des draps. Elle parvient à s'endormir mais toutes ses pensées et ses rêves étaient tournés vers le baiser qu'elle avait failli échanger avec Dagur, si bien qu'elle se réveilla plusieurs fois, et la dernière fut au beau milieu de la nuit. Elle n'arrivait pas à sortir cette vision de sa tête ! Pas que ça ne lui aurait pas plu. Et c'était loin de lui déplaire vu ce qu'elle en a rêvé. Elle se redressa sur son lit et passa ses mains dans ses longs cheveux ébouriffés. Elle repensa du coup à sa conversation avec Marina sur les murailles. Au cours de toutes ces années passées ici, Verika avait pris conscience que Dagur ressentait quelque chose pour elle. Et ce depuis l'enfance. Il était différent qu'avec elle ! Il a toujours été là pour elle. Pour tout ! Et elle devait admettre qu'elle était heureuse quand elle était à ses côtés. Et quand il s'est absenté, elle avait la boule au ventre. Celle qu'on ressent quand la personne qu'on aime s'absente. Et quand il était de retour, elle était heureuse et rassurée.
Elle se demanda ce qu'elle avait à perdre si elle tentait quelque chose avec lui. Il y aurait sans doute des commérages, mais à ses yeux, Dagur n'était pas son frère, même s'ils ont été élevés sous le même toit. Songeuse, elle ferma les yeux et se remémora le moment où ils se seraient embrassés, puis elle posa deux doigts sur ses lèvres. Elle sentit alors un frisson parcourir sa peau et elle fut légèrement étonnée quand elle vit qu'elle en avait la chair de poule ! Et pour être honnête avec elle-même, elle avoua qu'elle aurait aimé l'embrasser. Mais elle l'avait repoussé. Elle haussa les épaules et se recoucha. Mais elle n'arrivait pas à se rendormir. Ce baiser la hantait toujours ! Et en plus, elle avait trop envie d'être avec Dagur ! Elle grommela un faible juron en sortant de son lit et se dirigea silencieusement vers la chambre de Dagur. Elle passa la porte et la referma aussitôt, mais Dagur s'était réveillé direct. Il s'était finalement endormi torse nu sur son lit et regardait Verika d'un air étonné.
- Verika ?
Elle ne préféra pas parler. Elle s'avança vers le lit et grimpa dessus pour être à califourchon au-dessus de Dagur, qui ne cessait de la regarder avec le même air étonné. Elle se pencha vers lui et déposa ses lèvres sur les siennes tout en attrapant son visage avec ses mains.
- Verika ! Qu'est-ce que tu… ?!
- Fais-moi tout oublier, Dagur…
- Hein ? Mais je croyais que…
Elle claqua la langue, puis elle se releva, toujours à califourchon sur lui. Avec un adorable rougissement et un regard luxurieux, mais aussi une infime appréhension, elle dénuda ses épaules et fit glisser sa tunique jusqu'à ses hanches. Pour Dagur, c'était une vision de rêve. La femme qu'il aimait était là, à demi-nue sur son lit, et sur lui, les seins à moitié caché par sa belle chevelure de feu. Et avec l'éclat de la cheminée qui luisait sur sa peau de porcelaine et ses cheveux, elle était absolument magnifique…
- J'ai dit… fais-moi tout oublier, Dagur…
Ayant bien compris le message, Dagur se redressa d'un bon et colla son torse bouillant contre le corps de Verika. La belle poussa un petit soupir de surprise et de plaisir en sentant son corps chaud contre le sien, puis Dagur s'empara de son visage pour lui voler son tout premier baiser. Un baiser sensuel et langoureux… Pour eux, c'était encore mieux que s'ils s'étaient embrassés dans l'arène avec toute cette odeur de sang.
