Salut à tous ! :D Alors petites réponses à vos reviews…
Viggo Grimborn, c'est le nouveau méchant de la série Dragon, par-delà les rives :) Série que je recommande à ceux qui ne l'auraient pas encore vue :)
Je suis ravie de voir que la présence de Viggo dans le monde réel en mode homme d'affaire affublé d'un beau costard vous plaise ! :D Oncle Viggo. Ça choque en effet x) Mais est-il gentil ? Ou méchant ? Pas de spoil, vous le découvrirez par vous-même ^^ A la base, je voulais Drago pour ce rôle, mais comme je n'ai pas encore écrit une fic avec Viggo, j'ai vite changé d'avis et je ne suis pas mécontente du résultat ! ^^ Et pas d'inquiétude, vous verrez Viggo encore et encore et encore… xD mais le fait que vous ayez appris son existence en tant qu'oncle de Valéria, met à néant vos théories du lien familial entre elle et Verika ! Et ouaiiiiiis ! Elles n'ont pas de lien de sang ! Juste une ressemblance physique ! Rien de plus ! Mouhahahaha ! xD Et vu que Valéria est la descendante de celui qui a apparemment détruit la vie d'Harold, ça va être la misère entre elle et lui ! Oui ? Non ? Peut-être ? Vous verrez bien ! MOUHAHAHAHA ! xDD
Quant à Ryker Grimborn, rassurez-vous, il fera aussi partie de l'aventure ! Mais d'ici là à savoir quand il fera son apparition, patience ! ^^
Pour la triple répétition du mot « certain » dans la même phrase, j'avoue que ce n'était pas du tout volontaire ! xD
Dans ma fic, Viggo à sa barbe, comme dans la série :) Je précise au cas où vous auriez compris qu'il avait le visage complétement rasé. Moi je visualise le truc et je n'aime pas, mais alors PAS DU TOUT ! xD
Pour l'histoire de l'écriture runique, je ne le cache pas, j'étais sur le cul ! xD Merci pour l'échange culturel ! J'en étais ravie et je m'incline face à autant de connaissances ! ^^ Mais malheureusement, je ne peux pas changer un détail aussi immense à travers tous mes chapitres déjà écrits. Désolée x) Donc pour éviter que je m'arrache les cheveux et prendre le risque de devenir chauve, je vais rien changer et on va tous faire comme si l'écriture moderne n'avait pas de secret pour notre cher viking adoré x)
L'existence des personnages de l'univers de Dragons à l'époque moderne n'a aucun but en particulier, sauf pour Viggo :) Je voulais juste utiliser le maximum de personnages pour ma fic, et comme je ne pouvais pas tous les inclure dans l'histoire du passé, je les ai donc inclus dans le présent ! ^^
Voilà, voilà ! ^^ Je vous remercie de me suivre encore une fois, de me faire part de vos avis, vos questions, vos connaissances et vos délires ! C'est toujours un vrai plaisir pour moi de lire vos reviews et d'y répondre ! Merci ! ^^ La semaine prochaine, c'est retour dans le passé ! Bonne lecture ! Bisous ! :D
Chapitre 8 - Chagrin
Harold n'était toujours pas rentré. Valéria avait terminé de préparer le repas et de mettre la table. Elle avait attendu Harold, puis ne le voyant toujours pas rentrer, elle s'était mise à manger son assiette. Elle mangeait lentement, car elle n'avait plus trop d'enthousiasme, et elle n'aimait plus trop manger seule. Elle s'était déjà retrouvée seule chez elle, et ça avait toujours été. Mais là, depuis sa rencontre avec Harold, elle n'aimait plus trop être seule et ressentir ce sentiment de solitude. Quand elle eût fini de manger, elle regarda la pendule. Ça ne faisait pas loin d'une heure qu'il était parti. Elle débarrassa son coin de table et laissa l'assiette d'Harold sur la table en mettant un couvercle au-dessus de son assiette. Que faire maintenant ? Elle remonta d'un pas traînant en haut. Sa lessive devait être finie puisqu'elle ne l'entendait plus d'en bas. Mais avant d'atteindre la salle de bain, son regard se posa sur la chambre d'Harold. Elle y entra quand même pour ouvrir la fenêtre afin d'aérer un peu.
Son regard se posa sur la tenue noire qu'il portait lors de leur rencontre et qui était posée par terre en un petit tas. Levant les yeux au ciel avec un petit sourire, elle prit la tenue et la plia du mieux qu'elle pouvait, puis la posa sur la chaise. Elle posa ensuite son regard sur les produits qu'elle lui avait acheté et s'en approcha. Elle prit le flacon de parfum et se mit à le sentir, laissant un doux sourire s'élargir sur son visage. Cami avait raison. Ce parfum irait à merveille à Harold. Même qu'ils avaient été assez proche avant que son oncle débarque, elle se rappela ne pas avoir senti le parfum sur lui. Peut-être n'aimait-il pas l'odeur ? Enfin bref. Elle voulut remettre le capuchon sur le flacon, mais il lui glissa des mains et roula jusqu'en dessous du lit. Soupirant de soulagement que ce ne soit pas le flacon qui soit tombé par terre, elle le reposa sur la commode, puis s'agenouilla pour chercher le capuchon. Quel ne fut pas son étonnement de voir un livre sous le lit ! En le prenant, elle le reconnut tout de suite. C'était le livre qu'Harold lisait quand elle est revenue des courses, et qu'il avait pris avec lui en montant tout à l'heure.
Elle s'asseya sur le lit, lut le titre « L'histoire de notre monde » et le feuilleta rapidement par bloc de page. Elle connaissait ce livre. Il résumait l'histoire de la civilisation humaine depuis le commencement jusqu'à l'époque moderne. Elle se demanda quand même pourquoi Harold lisait ce livre. A moins d'être un grand passionné d'histoire, ce n'était pas le genre de littérature que les jeunes de son âge raffolaient. Même elle, elle ne lisait pas ce genre de livre. Elle continua de le feuilleter, l'air légèrement pensive, quand soudain, un intrus inclus entre deux pages attira son attention. C'était un bout de papier assez ancien. Curieuse, elle le déplia et s'étonna d'en déplier deux. Elle haussa un sourcil quand elle vit un dessin d'enfant qui représentait deux gosses en train de vaincre… des dragons ? Encore plus curieuse, elle regarda le deuxième et fut bouche bée en voyant un joli portrait d'une fille aux cheveux court dessinée au fusain. Elle était vraiment bien dessinée et elle était vraiment belle, mais son visage semblait triste malgré qu'elle dormait. En bas de la feuille, elle vit une phrase écrite avec des caractères étranges. Et sur le dessin d'enfant, il y avait aussi une phrase écrite avec les mêmes caractères, mais d'une façon différente.
Valéria comprit que ces deux bouts de papier appartenaient à Harold. Mais elle trouvait tout ça assez étrange et curieux. Et surtout, pourquoi avoir mis ces feuilles dans un livre d'histoire, tels des marques pages ? Elle regarda vite fait de quoi parlaient les pages du livre, et elle s'aperçut que ça parlait de l'époque viking, vers 1066. Le visage songeur, Valéria essayait de comprendre pourquoi il s'intéressait à cette époque, et là, ce fut comme une tornade d'indices et d'évidences dans sa tête !
Sa combinaison noire… le symbole en forme de dragon gravé dessus… son réveil dans la glace… son air perdu et stupéfait face à tout ce qu'il voyait… son refus de tout dire… ses coups de colère… sa méfiance… sa tristesse… Verika…
En repensant à elle, Valéria regarda de nouveau le portrait de la jeune fille. Elle était sûre que c'était elle sur le dessin ! Et que ce qui était écrit devait être son nom, ou un message à son attention ! Mais comment le savoir ? Elle embarqua les feuilles et fila dans son bureau et se connecta à internet. Elle tapa dans la barre de recherches « alphabet viking » et elle trouva plein d'images correspondant aux caractères du dessin. Elle prit un bout de papier et traduisit les messages lettre par lettre. Elle put alors lire sur le dessin d'enfant « Meilleurs amis pour la vie ! Verika. » Et sur le portait « A jamais dans mon cœur. Harold. »
Valéria plaqua une main contre sa bouche. C'était donc elle, Verika ? C'était donc… sa bien-aimée ? Aucun doute vu sa tristesse quand il avait parlé d'elle, et vu que c'était la toute première chose qu'il lui ait dite quand il s'est réveillé à l'hôpital. Elle sentait affreusement son cœur s'accélérer. Valéria mettait alors bout à bout les pièces du puzzle.
Si c'est Verika qui avait dessiné le premier dessin et qui écrivait presque comme Harold, ça voudrais dire… en plus des indices bien trop évidents et des pages du livre… qu'ils étaient tous les deux des vikings ? Son cœur battait trop vite et elle ne se sentait pas bien. Un viking... Harold était... un viking ?! Non. Ce n'était pas possible ! C'était sûrement une blague !
- Impossible... impossible... murmurait-elle en boucle
Elle devait tenir le coup face à ces informations étourdissantes, mais elle en avait la nausée. Mais en fait, plus elle y pensait en silence, plus toute ces évidences étaient évidentes ! Elle laissa sa tête s'effondrer contre le bureau et demeura ainsi pendant au moins 10 minutes. Ça n'avait pas de sens ! Cette histoire n'en avait aucun ! Si ça se trouve, c'était juste deux personnes qui s'étaient déguisés en viking et qui jouaient le jeu à fond ! Les costumes, la qualité du papier, l'écriture, l'utilisation d'un fusain, la vie en pleine nature… mais aussi fou que tout ça puisse être, Valéria sentait que ses découvertes étaient beaucoup trop réalistes.
- Nan…. Nan, nan, nan… Ça fait trop de coïncidences ! Pourtant… c'est vrai qu'il ne connaissait rien aux simples choses de la vie comme les cheeseburgers et les pancakes ! Et puis c'est vrai qu'il semble tout le temps pensif ! Ailleurs ! Contrarié ! Non, non, il... il faut que je le retrouve…. Que je lui dise que je sais tout ! Ou du moins que j'obtienne des réponses à toute cette histoire de dingue ! Mais où est ce qu'il peut être ? Et en plus, il n'a pas de portable. J'aurais dû lui en donner un vieux à moi… Tss.
Elle resta encore cinq minutes assise à son bureau, réfléchissant encore et encore à tout ça, la main contre sa bouche. Puis d'un air décisif, elle prit les deux dessins et les rangea soigneusement dans sa poche avant d'enfiler son manteau et de prendre le volant. Avec la voiture, elle arriva vite en ville, non sans continuer de penser à Harold. Terminant de se garer, elle vit la bibliothécaire se rendre dans une boutique. Sans savoir pourquoi, quelque chose lui disait d'aller la voir. Valéria sortit de sa voiture pour rentrer dans la boutique. Elle se fit saluer par la vendeuse, puis Valéria alla directement à la rencontre de la bibliothécaire.
- Madame Baker ?
- Oui ?
- Euh...
Elle ne savait pas trop quoi dire en fait. Elle avait suivi son intuition, ok, mais il ne lui avait pas donné plus de détails pour la suite !
- En fait, je voudrais un renseignement. Improvisa-t-elle
- Ah ? Je vous écoute.
- Je... je voudrais savoir si un jeune homme vêtu de noir, et visiblement tourmenté, est venu à la bibliothèque récemment ?
- Eh bien… oui, en effet. Pourquoi ?
- C'est un ami et je le cherche.
- Ah. A part en fin de semaine… je ne l'ai pas revu.
- Oh… bah merci, madame. Bonne journée. Dit-elle avec un faible sourire
Valéria avait à peine tourné les talons que la bibliothécaire s'empressa de lui dire autre chose au sujet d'Harold.
- Votre ami est vraiment quelqu'un d'acharné à la lecture et à ses recherches. Je n'avais jamais vu ça auparavant. Mais c'est vrai qu'il avait vraiment l'air tourmenté, le pauvre.
- Des recherches ? De quel genre ? demanda Valéria même si elle connaissait la réponse
- Eh bien... durant deux jours, il n'a pas arrêté de venir faire des recherches sur un sujet bien particulier. L'époque Viking.
- L'époque Viking….
- Oui. Il a lu et fouillé tous les livres de l'étalage prévu sur ce sujet. Mais visiblement, il ne semblait pas trouver ce qu'il cherchait. A croire qu'il devait travailler sur quelque de vraiment complexe ! Je me demande ce que les jeunes d'aujourd'hui peuvent étudier en cours d'histoire.
Valéria ne l'écoutait qu'à moitié. Elle était pensive malgré son cœur qui s'emballait à nouveau. Madame Baker venait de lui confirmer sa propre trouvaille. Harold était bien un viking coincé dans notre époque, et il lisait tout ce qu'il pouvait pour savoir ce qui avait changé depuis 1066… La bibliothécaire vit alors que la jeune femme semblait contrariée.
- Apparemment, vous semblez ne rien savoir à ce sujet.
- Euh… en effet. Il est... assez mystérieux, je dois dire. bafouilla-t-elle. Encore merci pour votre aide, madame. Et désolée pour le dérangement.
- Ce n'est rien. Bonne chance à vous.
- Merci.
Bredouille, Valéria sortait de la boutique sans oublier de dire au revoir à la vendeuse. Mains dans les poches, elle inspira une grande bouffée d'air frais et réfléchissait encore aux lieux ou Harold pourrait se trouver. Depuis le trottoir, elle voyait le café de Chris. Y'avais du monde, mais elle ne reconnut pas Harold parmi toute ses personnes. Elle remonta donc dans sa voiture et sillonna toute la ville. Après une heure de recherche, elle commençait à désespérer. Tapotant nerveusement ses doigts sur le volant, elle continuait de réfléchir.
- Peut-être…. Qu'il est parti de cette ville ? Mais si c'est le cas, il serait parti sans me dire au revoir ? Nan, je ne pense pas qu'il aurait fait ça.
Elle se laissa tomber le long de son siège et soupira longuement. Des larmes coulaient sur ses joues et elle les essuya vite fait. Voulant prendre un mouchoir dans son sac, elle tomba sur le dossier médical d'Harold. Elle l'avait complétement oublié, et Harold aussi ! Elle l'ouvrit et esquissa un sourire quand elle revit la photo d'Harold quand il était endormi dans son lit d'hôpital.
- Il me manque... c'est dingue… Mais le plus dingue, c'est que je ne suis pas en colère contre lui. Je trouve ça même logique qu'il n'ait parlé de son secret à personne. Même à moi. Au fond, peut être que je lui en veux un petit peu ? Sérieusement, qui l'aurait cru ? On l'aurait pris pour un dingue… Même s'il m'en avait parlé, je ne sais pas comment j'aurais réagi. Il a dû avoir peur que je me moque de lui et que je le prenne pour un fou… mais le fait d'avoir appris ça, même de cette manière, ça me donne encore plus envie de lui venir en aide…
Cette phrase venait de lui faire tilt ! Lui venir en aide… la première fois qu'il avait reçu de l'aide, c'était sur le chantier ! Mais comme il n'avait pas le droit d'être là-bas, il avait dû se rendre dans la forêt qui se trouvait juste à côté ! Quand on est contrarié, ça aide de marcher au sein de la végétation. Et Valéria était certaine qu'il était là-bas ! Ne perdant pas de temps, Valéria posa le dossier à côté d'elle et se hâta vers la forêt. Mais à un moment, le trajet en voiture n'était plus possible. Elle allait devoir continuer à pieds. Elle prit une profonde inspiration, sortit de la voiture et marcha au pas de course. Elle pénétra alors dans les bois, nerveuse et inquiète, alors que son regard balayait chaque recoin. Intérieurement, elle espérait qu'Harold n'avait pas fait une grosse bêtise.
oO*Oo
Depuis qu'il était parti de chez Valéria, Harold n'avait pas cessé de marcher. Il n'avait pas l'intention de se rendre dans un endroit particulier de la forêt, mais il préférait le calme qui y régnait à toute l'agitation de la ville. Et d'un autre côté, c'était plus facile de s'imaginer marchant dans les forêts de Berk, bien que s'en souvenir était assez éprouvant. Voulant faire une légère pause, Harold s'asseya sur un gros rocher, le regard perdu dans la décoration à demi enneigé.
- Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? pourrais-je retourner chez elle en sachant qui elle est ? Ou du moins de quelle famille elle est issue ? Ce serait trop dur. C'est quand même à cause de sa famille que j'ai tout perdu… je sais très bien que Viggo n'y est pour rien, et que Valéria non plus, et qu'elle m'a tant offert depuis notre rencontre. Mais j'arrivais même plus à vouloir croiser son regard, ni à vouloir être auprès d'elle… pourtant, à part elle, qu'est-ce que j'ai dans ce monde… ? Plus rien, ni personne de mon passé. Alors qu'est ce qui me retient ? Elle ? C'est vrai que j'aime beaucoup sa compagnie. Elle est gentille, attentionnée, généreuse... mais vu comment je n'arrête pas de réagir, mon départ fut sans doute la goutte de trop. Et si je rentre, je ne m'attends pas à un accueil chaleureux et elle voudra sûrement des explications. Je pourrais les lui donner, mais je sais que je n'y arriverais pas…
Il soupira de nouveau, quand une voix le fit sursauter.
- Te voilà enfin.
Harold se retourna et vit Valéria qui le regarder avec une légère inquiétude sur le visage.
- Val…
- Tu sais que j'ai parcouru presque toute la ville et la forêt pour te retrouver ?
- Désolé. J'allais rentrer, tu sais ?
- Humph. Comment pouvais-je le savoir ? T'aurais même pas pu m'envoyer un sms, vu que tu n'as pas de portable.
- Un quoi ?
Valéria soupira. Son plan était en marche.
- Tu ne sais pas ce que c'est qu'un portable ? Ou même un sms ? demanda-t-elle calmement
- Et alors ? Qu'est-ce que ça peut faire ?
- Répond moi Harold. Qu'est-ce que c'est ?
- Euh c'est … oh et puis zut ! c'est si important pour toi que je sache ou non ce que c'est ?
- Humph. C'est sûr que pour communiquer à l'époque viking, ils ont dû user beaucoup de rouleaux de parchemin.
Harold se figea quand elle prononça cette phrase, et son cœur rata un battement, alors que la jeune femme demeurait calme. L'époque viking ?! Pourquoi disait-elle ça ? Mais Harold préféra jouer l'indifférence.
- Vu que je ne suis pas de cette époque, je suppose que oui.
- Tu en es sûr ?
- Bon ça suffit, Val ! Qu'est-ce que tu essaie de me dire ? Pourquoi parles-tu avec acharnement de cette époque-là ? Répond !
- Ah ! Ça, c'est la meilleure ! Quand je te pose des questions dans le but de t'aider, tu m'envoie « gentiment » balader. Mais quand c'est toi, je devrais te répondre sur le champ ? Oh, à quoi bon me disputer sur ce sujet… je sais tout, Harold.
- Hein ? Comment ça ?
- Je… je sais tout. Répéta-t-elle d'un ton toujours aussi calme, malgré la lueur de tristesse dans son regard
- Tout quoi ? s'impatienta Harold, légèrement inquiet
Elle poussa un léger soupir, puis sorti de sa poche les deux dessins et les montra à Harold qui venait de se figeait sur place. Il essayait de savoir comment elle les avait trouvés, et le souvenir de les avoir rangés dans le livre, puis de l'avoir caché avant qu'elle ne rentre lui revient en mémoire comme un boomerang ! Quel idiot… pourquoi il les avait pas gardé sur lui ?! Bien que Valéria était une fille gentille et qu'elle ne le narguait pas avec sa trouvaille, Harold ne put s'empêcher de ressentir de la colère et de vouloir à tout prix récupérer ce qui lui restait de son passé.
- Val, rend moi ça. Demanda-t-il calmement
Avec un soupir, elle lui rendit son bien. Harold le récupéra aussitôt et soupira de soulagement quand il les regarda avant de les remettre dans la poche de son gilet.
- Maintenant que j'ai découvert une partie de ton secret… tu comptes me dire le reste ou pas ?
- Vu ce que tu as déjà découvert, tu ne me prends pas pour un fou ?! s'étonna Harold
- Crois-moi si tu veux, mais... je te crois. Sincèrement.
- V… Vraiment ?
- Oui. Aussi incroyable que ça puisse paraître, oui. N'importe qui te prendrait en effet pour un fou et un menteur, mais pas moi. C'est sûr que si tout ce que j'ai découvert est exact, c'est quand même une histoire de dingue ! Mais je suis prête à l'entendre, Harold. Et si ça peut te rassurer, je garderais tout ça pour moi. Personne n'en saura rien. Je te le jure.
- Val, je… d'accord. Viens t'asseoir.
Contente qu'il accepte de se confier, elle s'asseya à ses côtés, et Harold, enfin prêt à révéler son histoire, se lança.
- Pour commencer… je m'appelle Harold Haddock. Et fatalement, je… je suis un viking âgé de presque mille ans.
- …
- Toujours flippée ? grimaça-t-il en ne la voyant rien dire.
- Pas du tout. Mais quand tu dis mille ans, y'a juste un truc qui m'étonne.
- Ah bon ? Et… c'est quoi ?
- Bah c'est que personne ne t'ai retrouvé durant toute ces années, mais surtout, c'est que tu sois resté en vie durant tout ce temps ! La majeure partie des cas qu'on a retrouvés congelés ont survécu au bout de 50 ans ou 70 ans dans la glace. Mais mille ans... tu as dû être congelé dans les neiges éternelles. C'est la seule explication.
- Oui, ça expliquerais tout.
- Mais comment tu t'es retrouvé coincé sous la glace ?
- En fait… mon groupe et moi étions partis dans les montagnes pour chasser une créature qui terroriser tout le monde. Au cours de la bataille, plusieurs d'entre nous sont tombés et moi... j'ai fini sous la glace. Je ne sais même plus si on a réussi à le vaincre, ni si y'a eu des survivants, et encore moins ce que sont devenus nos familles, nos peuples, nos terres... je ne sais rien...
- Je suis désolée, Harold… Et je... je ne veux pas t'infliger encore plus de peine... mais Verika ? Elle faisait aussi partie de l'expédition ?
- Oui... elle en faisait partie...
- Désolée... vu que tu as gardé ces deux dessins avec toi, tu devais beaucoup tenir à elle.
- Oui…
Valéria soupira tristement. Elle était plus désolée pour lui que choquée de ce qu'il venait de lui dire. Ça aurait très bien pu être un mensonge, mais son chagrin était tellement convainquant et sincère. Elle ne jugea pas nécessaire de parler davantage de cette fille et de son passé. Elle savait l'essentiel. Harold essuya ses larmes avant de se tourner vers elle.
- Tu es vraiment quelqu'un de bien, Valéria. Je... je suis désolé de ne pas avoir accepté davantage ton aide. Excuse-moi…
- Tu n'as pas à t'excuser, Harold. Après ce que tu as vécu, c'est normal de réagir comme ça. Mais maintenant que tu t'es confié, peut être acceptera tu plus facilement mon aide ?
- Je crois que j'ai plus à gagner si je dis oui... souriait-il légèrement
- Bien. Alors voilà ce qu'on va faire. On va rentrer à la maison et tu vas manger un morceau. D'accord ?
- D'accord.
- Pour la suite, voilà ce que je te propose. Je vais t'aider à t'insérer dans la vie moderne et mettre à ta disposition tout ce que tu as besoin pour élargir tes connaissances. Je vais également te faire des papiers d'identité. C'est primordial si tu veux passer inaperçu dans notre monde. Et pour le reste, tu continueras de loger chez moi. Contrairement aux hôtels, je propose des pancakes au petit déj ! riait-elle. Mais si tu restes, je veux juste une chose en retour.
- Quoi ?
- Que tu continues de me couper du bois ou de me réparer quelques bricoles dans la maison. Alors, marché conclu ? souriait-elle
Harold la regardait bouche bée. Cette fille était vraiment incroyable ! Elle ne le blâmait pas, ne le repoussait pas et elle continuait de lui venir en aide ! Mais… Pourquoi ? Il avait besoin de savoir.
- Val… Pourquoi tu tiens tant que ça à m'aider ? Je veux dire... pourquoi moi plus qu'un autre ?
- Je ne sais pas. Le destin à sûrement voulu que je croise ta route pour que je te vienne en aide ou pour une autre raison bien précise. Souriait-elle
- Pourtant... tu as fait tant de bonnes actions. Tu aurais pu t'arrêter bien plus tôt, non ? Pourquoi avoir continué ?
- Peut-être que pour une raison qui ne te semble pas évidente et acceptable, je désire continuer et je ne veux pas t'abandonner. On est amis, non ? Et les amis se soutiennent et s'entraident en cas de coups durs.
- Merci Val… je… merci.
- De rien. Allez viens grand père. On rentre. blagua-t-elle en partant vers le chemin de la voiture
- Grand père ? Hé ! j'ai peut-être mille ans, mais d'apparence, je suis du même âge que toi ! riait-il en la suivant
- Hihi. Au fait, ça te fait quoi de te dire « j'ai mille ans » ? ça doit faire bizarre, non ?
- C'est sûr. Après, personne n'est censé vivre aussi longtemps. Moi, j'ai juste subi un mauvais coup du sort. Je me demande même si les dieux ne m'ont pas maudit.
- Maudit ? T'est sérieux là ?
- Tu ne te sentirais pas maudite si tu parvenais à survivre durant mille ans sous la glace, et qu'à ton réveil, tu dois continuer de vivre avec le poids de ton destin et de tes souvenirs sur les épaules ?
- Euh… si. Je crois que si. Mais tu n'as pas à t'en faire Harold. Tu n'es pas seul. Je t'aiderais à affronter tout ça. La rassura-t-elle
Ils se souriaient mutuellement, puis ils reprirent calmement la route. Dans la voiture, Valéria lui redonna son dossier médical.
- Tiens. Tu l'avais oublié. Pense à le prendre quand on sera rentré.
- Ok.
- Et euh… c'était quoi cette créature que vous chassiez ? C'était un dragon ? Vu les bêtes dessinées sur le dessin de Verika, ça ne peut être que ça, non ?
- Le fait de demander ça ne te fait pas peur ? s'étonna Harold
- Bah non. Pourquoi j'aurais peur ? s'étonna-t-elle de nouveau
- Tu n'as pas peur que je te dise qu'en effet, les dragons existent et qu'ils sont capables de tout ravager sur leur chemin ? Que ce sont des monstres qu'il faut à tout prix éliminer ?
- Non. Je veux bien te croire à leur sujet, mais on n'a plus rien à craindre d'eux.
- Comment ça ?
- Tout simplement parce que les dragons n'existent pas dans notre monde. Peut-être qu'ils ont vraiment existé comme tu l'as dit, mais on n'a pas trouvé de preuves de leur existence, comme pour les dinosaures. Les dragons figurent dans les livres, les histoires, les légendes, etc. On sait tous ce que c'est et ils nous fascinent. C'est tout ce qu'il faut savoir. Souriait-elle
- Ils n'existent donc plus... ? On... on aurait donc réussi à le vaincre… ?
- Vaincre qui ?
- Le plus puissant de tous les dragons. Le Furie Nocturne.
- Le Furie Nocturne… whoa. ça fait quand même froid dans le dos un nom pareil ! Même que ce sont des monstres, ils restent assez fascinants et j'aimerais bien en savoir plus sur eux. Enfin… si tu es d'accord pour m'en parler.
- Tu es épatante Val. Tu as une ouverture d'esprit incroyable ! Si j'avais raconté tout ça à Cami ou à Chris, ils m'auraient sûrement renvoyé à l'hôpital en me traitant de fou…
- Ça, je n'en sais rien. Mais moi, je ne le ferais jamais. En tout cas, merci Harold. Aller rentrons, j'ai faim !
- Moi aussi. Souriait-il
Dans un meilleur état d'esprit que tout à l'heure, les deux amis regagnèrent la maison quinze minutes plus tard. Harold n'oublia pas son dossier en sortant de la voiture, et rangea tous ses papiers dans sa chambre. Valéria fit réchauffer son repas et Harold l'engloutissait avec appétit, et Valeria mangea une ou deux bricoles à ses côtés. Après le repas, Harold posait sans honte quelques questions sur le monde moderne et Valéria se faisait une joie d'y répondre. Maintenant que son secret était découvert par une personne de confiance, Harold se sentait différent, moins inquiet et plus confiant pour les jours à venir. Durant le reste de la journée, Harold continua de lire son livre et Valéria chercha une tenue pour ce soir, histoire d'être à l'aise et de marquer la soirée. Elle emmena ensuite Harold faire quelques courses avec elle, prétextant qu'elle ne voulait pas arriver chez Cami les mains vides. Dans le supermarché, Harold était ébahi de voir autant de nourriture différente stockée dans un grand espace ! Leur garde-manger dans son village lui semblait minuscule à côté ! Après avoir pris un soda et un lot de biscuits apéritifs, Valéria se tourna vers Harold.
- C'est bon, j'ai ce qu'il faut. Quelque chose te ferait envie ?
- Je n'y connais rien à toute cette nourriture moderne, Val.
- Je sais. Mais je pensais à des choses que tu mangeais… avant. C'était quoi vos repas en général?
- Euh…. On buvait de l'hydromel, du lait de Yak…
- Hein ?! Du lait de Yak ?! Euurk… grimaça-t-elle
- Bah quoi ? C'est super bon, tu sais ! Souriait-il face à sa grimace
- Je n'en doute pas. Mais perso, vu la taille de la bestiole, la longueur des poils et l'odeur qu'elle doit dégager, ça doit être super fort ! Et ça ne me tente absolument pas. Aussi bien le lait que la viande ! Mais de toute façon, tu ne trouveras pas ça ici. Ce n'est pas commercialisé.
- Oh.
- Mais l'hydromel, ça peut se trouver. Je vais en prendre deux. Une pour nous et une que tu donneras Cami pour la fête. Et je pense que ça va leur faire plaisir que tu nous fasses découvrir une boisson qu'on n'a pas l'habitude de boire.
- Crois-moi, vous ne serez pas déçus. C'est super bon !
- Je n'en doute pas ! Et si tu veux du lait qui se rapproche du lait de Yak... y'a du lait de chèvre. Ça te dit ?
- Je veux bien.
- Et vous mangiez quoi ?
- Du Yak, des œufs, du mouton en ragoût ou en viande séchée, du poisson…
- Mmh… Je peux acheter du mouton et faire un rôti pour demain midi, si tu veux.
Il lui adressa un sourire reconnaissant, puis ils sillonnèrent les rayons. Ils trouvèrent tout ce qu'ils voulaient, ainsi que du pain, de la charcuterie et du fromage. Valéria s'amusait de voir Harold tout regarder et tout sentir pour faire son choix ! Une fois à la maison, Valéria rangea les courses avec lui, puis ils vaquèrent à leurs occupations. Un quart d'heure avant le début de la fête, Valéria était venue voir Harold qui lisait allongé sur son lit.
- Ça va bientôt être l'heure d'y aller. Tu es prêt ?
- Oui. Mais… j'ai juste peur d'une chose.
- Oh ? De quoi tu as peur ?
- Que ça coince avec tes amis. Ou du moins qu'ils se moquent de moi si jamais je ne sais pas me servir d'un objet moderne.
- Harold. Tu n'as pas à avoir peur. Ils ne sont pas méchants et moqueurs. Et puis je serais là. Le rassura-t-elle en lui adressant un clin d'œil
Le sourire qu'elle lui adressait, en plus de ce petit geste et de cette phrase, redonnait confiance à Harold. Ils allèrent en voiture jusque chez Cami et furent les premiers à arriver. La blonde les accueillit avec un immense sourire.
- Bonsoir !
- Bonsoir Cami !
- Bonsoir. Souriait Harold
- Oh, Harold ! s'enthousiasma-t-elle. Brrr, entrez vite, il fait froid ! C'est génial que tu sois venu ! dit-elle quand ils furent rentrés
- Merci, Cami. Tiens… Pour te remercier de me recevoir. Dit-il en lui tendant la bouteille d'hydromel.
Cami haussa un sourcil quand elle vit que c'était de l'hydromel, mais elle prit la bouteille avec le sourire
- Merci Harold, c'est gentil ! Je n'en ai jamais bu, donc ce sera l'occasion d'en goûter ! Installez-vous et mangez un petit truc. Chris ne devrais pas tarder.
Elle s'en alla en cuisine pendant qu'Harold et Valéria enlevaient leur manteau. Quand Valéria ôta son manteau, Harold eu un hoquet de surprise en la voyant vêtue d'une belle tunique bleu canard qui rehaussait la couleur de ses cheveux, mais aussi celle de son teint. Tout comme la couleur de la tenue que portait… Harold soupira discrètement pour ne pas montrer aux filles son état légèrement surpris et tourmenté. C'était la soirée de Valéria, alors autant pas la gâcher. Quand elle lui fit face, il lui adressa un doux sourire.
- Tu es très jolie dans cette couleur. Euh, cette tenue.
- Hin... merci Harold. Rougissait-elle
- Il a raison. Cette couleur te va à ravir ! Elle met en valeur tes beaux cheveux roux et ton teint de poupée ! Ajouta Cami en revenant dans le salon
- Hé, c'est bon… rougissait-elle en remettant nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille.
Harold nota qu'elle était adorable quand elle rougissait. Valéria s'en alla vers le petit buffet disposé sur la table de salon, et se prit un verre de soda. Harold la rejoignit et Valéria lui donna un second verre de soda.
- Tiens. Tu vois ? Tout ce passe bien. Souriait-elle
- Parce que qu'il n'y a que vous deux. Chris n'est pas encore là.
- Il se comportera avec toi comme quand tu l'a vu au restaurant. T'a pas à t'en faire. Et puis…
La sonnette retentit et tous les regards se tournèrent vers la porte.
- Haaa ! voilà Chris ! s'enthousiasma Cami
Cami alla ouvrir et Chris apparut avec un sourire légèrement… gêné.
- Bonsoir tout le monde. Euh…
- Ouais ! Bonsoir tout le monde ! fit la voix de Gustav dans le dos de son frère
- Gu…Gustav ? Mais que… qu'est-ce que tu fais ici ? bafouilla Cami
- Je venu faire la fête avec vous, tiens !
Il dépassa son frère et entra sans gêne dans le salon. Son regard balaya la pièce et se posa sur Valéria qui était près du buffet.
- Ha, Val ! Comment tu v… Hé ? C'est qui lui ? demanda-t-il d'un ton grossier en pointant Harold du doigt
- Hé, moucheron ! Fait gaffe comment tu lui parle, ok ? C'est un ami de Val, donc tu lui parle autrement.
- C'est rien, Chris. Enchanté, Gustav. Je m'appelle Harold. sourit-il en lui tendant la main.
- Mouais. Enchanté. Grommela-t-il
Il serra en retour la main d'Harold, sans pour autant le quitter des yeux avec un regard a demi-sévère. Près de la porte, Cami s'adressa discrètement à Chris, mais pas d'un ton très ravi.
- Tu peux me dire ce qu'il fiche ici ?
- Tu vas voir, c'est assez drôle en fait. Dit-il en enlevant son manteau
- Comme tu peux le voir, je suis déjà morte de rire. Alors ? Grommela-t-elle, impatiente
- Avant que je parte du restaurant, il est venu me rapporter un truc que j'avais oublié à la maison et que je lui ai demandé de me rapporter. Et quand il m'a demandé ce que je faisais ce soir, je lui ai dit la vérité et il s'est… incrusté.
- Et tu ne pouvais pas le renvoyer chez lui ? Il va tout gâcher et nous mettre sur les nerfs !
- Aucun risque, je veillerais à ce qu'il ne vous dérange pas trop. Et puis je ne pouvais pas trop l'envoyer balader, il m'a quand même rendu service.
- Mouais. T'a intérêt de veiller sur lui ou je l'envoie balader moi-même.
- Et moi, t'es contente de me voir ou pas ? souriait-il
- Bien sûr, idiot. Souriait-elle en roulant les yeux au ciel
Chris riait discrètement. Ils papotèrent un moment ensemble, alors que Gustav n'avait pas lâché Harold et Valéria.
- T'est donc un ami de Val ? Comment ça se fait qu'on ne t'a jamais vu avant ?
- Je… viens d'arriver en ville. Répondit naturellement Harold
- Mmh, mmh. Bon je vous laisse. Je n'ai pas trop envie de tenir la chandelle. Ronchonna-t-il
Valéria rougissait discrètement tandis que Gustav se servit un soda et s'en alla en cuisine.
- Tenir la chandelle ? Quoi, il croit que toi et moi, on est…
- Il a 16 ans, Harold. Y'a pas besoin d'explication nécessaire. Mais le fait que tu sois venu avec moi va sûrement le dissuader de venir m'embêter. Dit-elle d'un ton soulagé
- Il te courtise, c'est ça ?
- Courtiser ? Woh, quel langage, grand père ! Dit-elle en lui adressant un clin d'œil.
- Bah quoi ? On dit comment chez vous ? Ou du moins… à cette époque ?
- On dit draguer. Cami aussi y a droit, et ça nous rend chèvre même si on sait que ce n'est pas de sa faute. Il est gentil mais c'est dommage qu'il soit collant et lourd.
Harold lui adressa un regard compatissant. Cami et Chris se joignirent à eux et Chris salua le duo. Ils se servirent à boire et commencèrent à faire connaissance avec Harold. Même qu'il était assailli de questions, il se sentait bien. Valéria avait raison. Tout se passait bien ! Il buvait, il mangeait, il s'amusait et tout le monde aussi. Sauf Gustav. Enfin si, mais à moitié à cause de la présence d'Harold. Cami ouvrit ensuite la bouteille d'hydromel et chacun de ses invités se régala de ce doux nectar au parfum mielleux. Harold admettait que depuis son époque, la fabrication de l'hydromel avait bien changé ! C'était même meilleur que ce qu'il avait connu ! Grâce aux effets de l'alcool, la tension dans l'air était moins présente vis-à-vis de Gustav. Tout le monde s'éclatait et même Gustav commençait à se marrer et à sourire. Cami proposa un jeu assez classique en soirée. Le jeu de « action ou vérité ». Ils vidèrent une bouteille de soda et tout le monde s'installa par terre avec leur verre et les biscuits apéritifs. Cami expliqua vite fait les règles et une fois que tout le monde eût compris, elle fit tourner la bouteille. Après plusieurs tours, la bouteille pointa Gustav.
- Bien, Gustav. Action ou vérité ?
- Euh…. Je ne sais pas moi… Allez, action.
- Prononce l'alphabet en rotant pendant 30 secondes !
- Quoi ?! Mais…
- Joue le jeu, Gus. Tu te vengeras sur elle si elle est désignée au prochain tour. Blagua Chris
Cami lui adressa un regard sévère mais joueur, alors que Valéria riait avec Harold. Durant le temps imparti, Gustav prononça l'alphabet en rotant, sous les rires des plus âgés, et conclu à la lettre J. Il reprit son souffle, but une gorgée de son verre puis fit tourner la bouteille qui pointa Cami.
- Alors, Cami. Action ou vérité ?
- Mmh… action.
- T'es sûre ? souriait-il d'un air mauvais
- Bah... oui. Quoi, tu espères me voir trembler devant ton défi ? J'ai peur de rien moi ! ricana-t-elle
- Ah oui ? alors prouve-le. Embrasse Val.
Gros silence au sein du groupe, alors que Gustav regardait la blonde avec un petit sourire satisfait et les bras croisés. Les filles échangèrent un regard étonné avant de se sourire mutuellement.
- Bon. Je crois que je n'ai pas le choix.
- J'avoue. Mets-lui le gwak, ma vieille.
Sans que ça les dérange de s'embrasser devant trois garçons, les filles se prêtèrent au jeu et échangèrent non pas un bisou timide sur le rebord des lèvres, mais un simple baiser qui suffisait à rendre les garçons bouchée bée et rouge comme des tomates. Elles rompirent ensemble le baiser et se marrèrent en voyant la tête de leurs amis.
- Bah quoi ? on a joué le jeu ! pouffa Cami
- Ouais, mais… bafouilla Chris
- Cami, joue, sinon ils ne vont jamais s'en remettre ! Conseilla Valéria en riant
- J'suis d'accord. Allez hop !
Cami fit de nouveau tourner la bouteille et cette fois, Harold fut désigné.
- Action ou vérité, Harold ?
- Vérité.
- Ok. Alors euh… quel est le truc le plus honteux que tu n'aies jamais fait ?
- Le truc le plus honteux ? Euh….
Voulant se prêter au jeu, Harold chercha dans ses souvenirs la chose la plus honteuse qu'il aurait pu faire au cours de sa vie. Et la première chose qui lui vient à l'esprit, ce fut le jour où il n'avait rien fait pour empêcher les Parenvrilles d'emmener Verika avec eux. Ce fameux jour ou du plus profond de lui-même, il avait eu honte d'avoir était faible, lâche, minable, trouillard, et qu'à cause de ça, il avait perdu sa meilleure amie et son grand amour. Mais ce n'est pas le seul souvenir et les seules conséquences qui lui revenaient en mémoire. Il y avait aussi le jour ou Verika c'est fait… Envahi par la honte, les regrets et le chagrin, Harold fronça le regard et serra les poings. Les autres le regardaient d'un air étonné, alors que Gustav sifflait d'un coup son verre d'hydromel. Personne ne lui avait dit qu'il ne fallait pas boire ça comme un verre de lait ?!
- Je passe. Demande autre chose, Cami. Demanda-t-il, les yeux brillant
- Euh… d'accord. Euh….
- Oh là ! Pas si vite ! Tu dois jouer le jeu, Harold ! protesta Gustav en reposant son verre
- Gustav, c'est bon. Protesta Valéria qui pensait avoir compris ce qui n'allait pas.
- Non, ce n'est pas bon, Val ! On a tous obéi aux règles et lui, il devrait esquiver son tour parce que ça l'embête de répondre ?
- Gustave, tais-toi. Ordonna sévèrement Chris
- Non mais attendez ! Si c'était à nous ou aux filles de répondre à ce genre de questions, on l'aurait tous fait ! Pourquoi il ne joue pas le jeu ?
- J'ai mes raisons, d'accord ?! S'emporta Harold
- Hé oh ! Calme-toi, ok ? On a tous joué le jeu, alors ne fait pas ton dégonflé !
- Je ne… je… bafouilla-t-il, les larmes au bord des yeux
- Hé ? Tu ne vas pas te mettre à pleurer ? Si… ?! Oh, la vache ! C'est pourtant moi le plus jeune du groupe ! Haha ! se moqua-t-il en voyant les larmes dans les yeux d'Harold
- Gustav ! s'énerva Valéria
- Non mais sérieusement, qu'est-ce que t'a pu faire de si honteux pour te mettre dans cet état ? insista Gustav
Excédé par le poids de ses souvenirs et de la colère qu'il ressentait envers Gustav, Harold se leva et sorti de la maison en claquant la porte. Valéria voulait le rattraper mais Chris l'en dissuada, prétextant qu'il valait mieux le laisser seul un moment. Elle hocha la tête en signe de compréhension, même si l'envie de courir après Harold la dévorait. Ne voulant plus jouer, les filles remirent tout sur la table pendant que Chris sermonnait Gustav à l'étage. Dix minutes passèrent. Puis quinze, et enfin vingt. Harold n'était toujours pas revenu et Valéria s'inquiétait de plus en plus. Surtout qu'il était parti sans son gilet et qu'il neigeait légèrement. Elle sorti à son tour après avoir informé Cami, emportant avec elle le gilet d'Harold. Elle fit le tour de la maison et se figea de tristesse quand elle le vit en train de pleurer, assis par terre contre le chêne du jardin. Il pleurait à chaudes larmes, la tête dans le creux de ses bras. Valéria se demandait si elle devait aller vers lui, mais l'entendre pleurait ainsi lui fendait le cœur. Elle se risqua quand même à l'approcher.
- Harold... ?
Il ne répondait pas et continuait de pleurer. L'avait-il entendu ? Ou l'ignorait-il ? Qu'importe. Elle ne pouvait pas le laisser dans cet état. Elle s'approcha et posa sa main sur le bras d'Harold qui redressa lentement sa tête pour la regarder dans les yeux. Muettement, ses yeux émeraude imploraient une requête et Valéria l'avait tout de suite comprit. Elle lui adressa alors un léger sourire tout en couvrant ses épaules de son gilet.
- Viens. On va rentrer. dit-elle d'une voix douce.
Il fit un faible oui de la tête et suivit Valéria jusqu'à la voiture. Elle lui demanda d'attendre ici le temps qu'elle retourne chercher ses affaires chez Cami. Valéria salua ensuite ses amis, les remercia, s'excusa et s'en alla sans oublier de lancer un regard sévère à Gustav qui faisait la tête et qui ne disait plus rien. Le sermon de Chris a dû porter ses fruits. Le chemin du retour se fit dans le plus grand silence. Valéria essayait de trouver quelque chose à dire ou à faire pour lui remonter le moral, mais à chaque fois, quelque chose l'empêchait d'agir. Ce n'est qu'une fois dans la maison qu'Harold bafouilla une excuse.
- Désolé d'avoir gâché ta fête…
- Harold, tu n'as rien gâché. C'est Gustav qui…
- Bonne nuit, Val.
Il monta se coucher. Valéria le suivait tristement du regard sans rien dire. Elle ne lui en voulait pas du tout. Des fêtes entre amis, il y en aurait d'autres. Mais ce qu'elle voulait pour le moment, c'est qu'Harold ne soit plus triste. Mais tant qu'il sera envahi par les souvenirs de son ancienne vie, même qu'ils datent de presque mille ans, il mettrait du temps à s'en remettre. Mais Valéria ferait preuve de patience et de tolérance. Elle se le jura en montant à son tour pour aller se coucher. Elle ne mit pas longtemps avant de s'endormir, mais trois heures plus tard, elle fut progressivement réveillée par une odeur désagréable. Elle ouvrit à moitié les yeux et essaya de reconnaître l'odeur. Ça sentait le cramé ! Paniquée, elle se leva à toute vitesse et se rua vers la cuisine, intérieurement convaincue qu'elle n'avait pas rallumé la gazinière depuis ce midi ! Mais ce qu'elle vit la laissa sans voix. Harold était dans la cuisine, en larmes devant sa poêle remplie d'œufs cramés et d'une casserole débordante de lait de chèvre bouilli. Quand il vit que Valéria le regardait sans rien dire et la bouche entrouverte, il s'excusa, la voix troublée par son chagrin.
- P-pardon, Val… je... je ne voulais pas te réveiller, mais j'avais faim et je voulais manger des œufs et boire du lait chaud… mais comme je ne voulais pas te réveiller, j'ai voulu me débrouiller tout seul, mais j'ai tout fait cramer… je ne maîtrise pas ce fichu matériel !
- Harold, c'est rien, calme toi…
- Je suis vraiment désolé… je… je gâche ta fête, je te réveille, je gaspille la nourriture…. Et je ne suis même pas fichu de m'adapter ! Je ne suis qu'un bon à rien ! Pour tout !
Il plaqua sa main contre sa bouche et continua de sangloter, faisant couler ses larmes le long de ses joues. N'en pouvant plus de le voir comme ça, Valéria se mordit la lèvre et se risqua à faire quelque chose. Elle prit Harold dans ses bras et tenta de le calmer.
- C'est rien, Harold…
- Val…
- Chuuut... calme-toi. Chuuut…
Il continuait de pleurer et serra Valéria dans ses bras, signe qu'il appréciait ce geste d'affection. Il tremblait de chagrin, la tête enfouie dans le cou de Valéria qui lui caressait tendrement la tête, et qui passait tendrement ses doigts dans ses cheveux. Même que ce n'était pas approprié à la situation, Valéria se sentait toute drôle face aux souffles d'air chaud dans son cou, à l'étreinte d'Harold et à son odeur. Le visage à moitié niché dans ses cheveux et contre sa peau, Valéria avait le rose qui lui montait aux joues. Elle inspira discrètement son parfum et comme elle en était subjuguée, elle poussa à son tour un léger soupir qui fit frissonner Harold. Il lui fit face, les yeux encore brillants et légèrement calmé. Après un court moment, Valéria osa lui voler un baiser, les mains accrochées au t-shirt d'Harold, juste au niveau de la poitrine. Mais ce geste fut comme un électrochoc et Harold rompit le baiser et regarda dans les yeux une jeune femme rougissante et légèrement inquiète de ce qui allait suivre.
- V… Val ? Qu'est-ce que tu… ?
- Désolée, je… je ne savais pas trop quoi faire pour te remonter le moral… dit-elle en rougissant encore plus
- Je…
Elle s'était approchée pour lui voler un autre baiser. Il avait besoin d'aide et c'est tout ce qu'elle avait trouvé pour le moment. Et comme elle venait de se lever de son lit, ses lèvres étaient chaudes. Surtout celles d'Harold, vu qu'en plus, il avait chaud à cause de sa nervosité. Au contact de ses lèvres, il sentait un frisson parcourir la totalité de son corps et une nouvelle sensation de chaleur l'envahissait de partout. Une chaleur qui lui faisait oublier l'espace d'un instant ses soucis, la soirée chez Cami et tellement de choses, mais il savait ce que ce baiser voulait dire et ce que ça pourrait engendrer. Tout comme quand Astrid lui avait pris la main le jour où Stoik les avaient officiellement nommés guerriers du village. Et tout comme envers Astrid, il n'était pas prêt à passer à autre chose. Verika était encore trop présente dans sa mémoire et son cœur. Appréciant pourtant cet échange magique, il s'extirpa de force de ses lèvres et tourna la tête, le regard fuyant et contrarié
- Quelle horreur... menti-t-il
- Euh... je ne savais que j'embrassais si mal, merci. Mais de là à dire que c'est une horreur... c'est sympa ! dit-elle, perplexe et vexée.
- Ce n'est pas ça, Val. C'est juste que... je ne peux pas. C'est tout. S'excusa-t-il
- Mais… pourquoi ? Est-ce que c'est par rapport à…
Face au silence d'Harold et son regard triste et fuyant, elle comprit que c'était bien à cause d'elle.
- Elle hantera toujours ton cœur, c'est ça ? Même mille ans plus tard ?
- …
Il ne répondait pas. C'est que c'était donc vrai.
- Elle devait vraiment être une fille extraordinaire pour que tu l'aime encore et que tu sois dans cet état. D'un sens, c'est beau … mais c'est triste. Dit-elle, les yeux brillants et le cœur en peine.
- Val, je suis désolé, je… bafouilla-t-il, peiné de la voir comme ça
- Non, t'a pas à t'excuser, c'est… c'est ma faute. Je n'aurais pas dû faire t'embrasser en sachant... ce que je sais. Surtout deux fois de suite. Assura-t-elle en souriant
Elle faisait de son mieux pour que son sourire soit le plus sincère et le plus naturel, malgré la honte et la peine qu'elle ressentait. Son regard se posa alors sur les dégâts culinaires.
- Tu veux que je te fasse cuire des œufs et chauffer du lait ? demanda-t-elle, histoire de changer de sujet.
- Non, merci. Je… j'en ai plus très envie. Je vais manger des choses qui ne nécessitent pas de cuisson. Et ne t'en fais pas, je rangerais tout.
- D'accord. A demain. Souriait-elle avant de faire demi-tour
Harold la regardait monter l'escalier et l'entendait fermer la porte de sa chambre. Il soupirait longuement, écœuré d'avoir gâché le peu de bonheur que les dieux lui accordaient. C'était injuste et il n'avait pas voulu lui faire du mal. Elle ne le méritait pas. Et à cause de ce « souvenir »… il venait probablement de gâcher une belle histoire. Encore une fois.
