Salut à tous ! :D Alors petites réponses aux reviews…

Vous semblez tous contents que Valéria soit enfin au courant pour Harold, mais vous êtes vraiment convaincus que ça se passera toujours bien ? Attendez de voir la suite ! :p

Alors vous m'avez exposé des théories très intéressantes dans vos reviews ! Merci ! :D Mais pour ne pas gâcher le mystère, je préfère ne pas y répondre et vous laisser mariner jusqu'à ce que vous ayez vos réponses pendant la lecture ! ;)

Oui. Dans ma fic, Gustav est un petit con ! x) Dans la série, il me tape sur les nerfs ! J'étais donc trop tentée de l'inclure dans le rôle du petit con qui gâche tout ! xD Et encore, il n'a pas fini de foutre la pagaille ! Et ouais. Surprises, surprises. :)

Et oui ! Valéria a embrassé notre bel Harold ! 2X ! En même temps, même s'il est vieux et jeune, comment pouvait-elle ne pas lui résister ?! Nous non plus, on ne résisterait pas ! Il est si beau, plein de charme, de charisme, il est fort, il est brave, il est intelligent… ah la, la… il a tout pour plaire ! *w* Merci Dreamworks de l'avoir rendu si beau ! *w* Non parce que le Harold des bouquins n'a ABSOLUMENT RIEN A VOIR AVEC CELUI DES FILMS ! Allez vous renseigner et je suis SURE que vous serez du même avis que moi ^^

Dernière chose, je préfère vous prévenir que ce chapitre contient quelques scènes classées plus ou moins M pour les âmes sensibles. Voilà, voilà ! ^^ Encore merci à vous tous, bonne lecture et à vendredi pour encore plus de passé, de dramaaaaaaa et de Furie Noctuuuuuuurne ! Bisous ! ^^


Chapitre 9 - Changements

Verika était allongée contre Dagur, la tête callée dans le creux de son épaule. Elle avait les yeux fermés et se reposait suite à ce moment torride qu'elle venait de vivre avec Dagur. Quant à lui, il regardait Verika qui se reposait dans ses bras, tout en caressant lentement son bras. Un petit gargouillis se fit légèrement entendre, ce qui la réveilla et la fit rire.

- Qu'est ce qui y'a ? Demanda Dagur

- J'ai faim. Souriait-elle en souriant dans ses bras

- C'est une bonne chose. Tu veux que j'aille te chercher un truc ?

- Oui, s'il te plait.

Dagur se leva du lit, remit son pantalon et alla lui préparer une petite assiette. Verika se redressa sur le lit, releva la couverture jusqu'au-dessus de sa poitrine, puis soupira de bien être contre le dossier du lit et son oreiller. Sans pouvoir s'en empêcher, elle regarda le reflet de la cheminée sur le dos de Dagur, ainsi que sur ses cheveux roux au final, complétement détachés. Elle ne regrettait pas ce qu'ils venaient de faire. L'on dirait que c'était sur un coup de tête à cause de ses émotions troublées, mais au final, après avoir franchi le cap avec lui, c'est comme si une part d'elle-même reconnaissait avoir toujours voulu de lui. Dagur lui tendit une assiette qu'elle prit en lui adressant un sourire, puis elle entama son plateau repas sans plus attendre alors que Dagur retournait à sa place.

- Hé, mange doucement. Tu vas t'étouffer.

- Mmh… Je n'ai pas mangé depuis qu'on est rentrés. Et avec ce qu'on vient de faire, mon appétit est décuplé.

- Justement… vu ce qu'on vient de faire... on est ensemble ou pas ?

Verika croisa son regard, la bouche pleine. Elle reposa lentement son bout de pain dans l'assiette, avala sa bouchée puis adressa un tendre regard à son amant.

- Je pense… que si on ne l'était pas, je me serais sauvée dans ma chambre quand tu serais tombé endormi. Sauf que je suis toujours là, et je suis en train de manger dans ton lit. Et pour être franche, je ne veux pas te quitter.

- Vraiment ?

- Oui. Je suis bien avec toi, Dagur. A tes côtés, je me sens… de nouveau entière et non brisée par le chagrin. Et ça a toujours été comme ça. J'ai… été sotte de ne pas avoir fait un pas vers toi alors que je savais depuis toujours que tu m'aimais. Mais c'est juste que je ne voulais pas souffrir si jamais je te perdais, ou que tu venais à m'abandonner comme Ha… euh, l'autre.

- Verika. Tu te souviens de ce que j'ai fait quand nous étions sur le bateau, le jour de ton départ ?

- Oui, et je ne l'oublierais jamais. Tu as tailladé ta main et tu as fait le serment de ne jamais m'abandonner.

- Exact. Et quand je fais un serment, je ne le romps jamais. Mais…

Il prit tendrement la main de Verika dans la sienne. Cette dernière ne cessait de sourire et de le regarder avec un regard empli de tendresse.

- … si les dieux m'accordent le bonheur dont j'ai toujours rêvé, alors je m'engage à tout faire pour que tu restes la Verika dont je suis tombé amoureux.

- Dagur…

- Et je m'engage aussi à ne jamais te faire de mal et t'abandonner, même si je l'ai déjà juré depuis le début. Souriait-il

Emue, elle lâcha son assiette qui tomba par terre avec tout le restant de nourriture, puis elle prit le visage de Dagur dans ses mains et l'embrassa fougueusement. Dagur le lui rendit avec passion, puis elle rompit elle-même le contact et colla son front contre le sien.

- Moi aussi je fais le serment de ne jamais t'abandonner et de te rendre heureux, et ce jusqu'à la fin de ma vie... dit-elle en caressant son visage

- Et pour mon père ? On fait quoi ?

- Je n'ai pas honte de nous. On est heureux, alors autant qu'il le sache. Qu'ils le sachent tous... souriait-elle

Dagur lui vola à son tour un baiser fougueux, mais tous deux se séparèrent en riant.

- Rha… j'ai un de tes cheveux sur la langue…

- Pareil… rha, je n'arrive pas à l'enlever... riait-elle

- Je crois que je vais les couper. J'en ai marre des cheveux longs. A moins que toi tu préfères qu'ils soient comme ça ?

- C'est ta tête, Dagur. T'en fait ce que tu veux. Souriait-elle

Elle se leva du lit, complétement nue, ce qui fit légèrement rougir Dagur. Nue, elle était vraiment très belle. Elle avait une silhouette gracile ainsi que des formes qui ne laissait pas Dagur indifférent, en plus de ses longs cheveux roux et de son teint de porcelaine. Verika ramassa son assiette et les restes de nourriture qu'elle posa ensuite sur la grande table.

- Cela dit… je trouve que les cheveux courts, ça t'irais bien.

Elle se servit un verre de vin et en but une gorgée, puis elle se tourna vers Dagur et fut étonnée de le voir avec des joues rouges.

- Qu'est ce qui y'a ? Souriait-elle

- Tu aurais pu mettre quelque chose sur toi, non ?

- Pourquoi ? Tu continueras de me voir comme ça pas mal de fois, alors pourquoi me cacher ? A moins que je ne sois pas agréable à regarder ? Souriait-elle malicieusement

- Oh que si. Tu es même… magnifique.

- Merci Dagur. Et puis, on est qu'à deux alors j'en profite.

- T'en profite ? Tu le fait exprès pour que je te regarde ? Dit-il d'un air amusé.

- Oui. Répondit-elle sans rougir.

Dagur haussa un sourcil et Verika argumenta suavement sa réponse tout en s'approchant du lit.

- Je veux que tu me regarde, Dagur. Pas seulement mon visage… mais mon corps tout entier. J'aime la façon dont tu me regarde… et j'aime voir ce que j'arrive à lire aux fonds de tes yeux.

Une fois près du lit, elle but une autre gorgée et lui tendit son verre.

- Tu as soif ?

Il le prit sans répondre, et le but sans lâcher Verika du regard. Ses yeux étaient ancrés dans les siens. Il engloutit le verre d'une traite puis le balança à travers la pièce avant d'attraper Verika par les hanches et de l'attirer vers lui. Collés l'un contre l'autre, ils avaient très chaud à cause de l'amour qu'ils ressentaient, du vin et de la cheminée. Verika lécha sensuellement la trainée de vin rouge qui coulait le long de la bouche de Dagur, jusqu'au milieu de son cou, puis repris possession de ses lèvres alors que ses mains caressaient ses épaules et ses cheveux. Dagur gémissait de plaisir et rapprocha davantage Verika contre lui afin de lui refaire goûter aux plaisirs corporels.

Le lendemain, les deux amoureux se réveillèrent ensemble, heureux comme jamais. Ils prirent même un bain ensemble. Verika avait attaché ses cheveux en chignon haut pour pouvoir coller sans gêne son dos contre le torse de Dagur. Il lui lavait tendrement les bras et elle se laissait faire avec un doux sourire.

- Tu es bien là ?

- Je ne veux plus bouger. Riait-elle

Elle bougea légèrement ses jambes pour se remettre à l'aise, et quand son pied se frotta contre celui de Dagur, ce dernier exprima un rire discret

- Quoi ? Dit-elle

- Je viens de me souvenir que je devais te parler d'un truc assez… surprenant. T'en aura peut-être rien à faire, mais je pense qu'il faut que tu le sache.

- J'écoute. Dit-elle, attentive et curieuse.

- Devine qui a perdu sa jambe sur Berk ? Dit-il d'un ton presque enjoué

- Euh…

Pour être honnête, elle n'avait pas très envie de penser à Berk et à ses horrible habitants alors qu'elle prenait du bon temps avec Dagur. Mais vu le ton qu'il avait employé dans sa question, ça devait en effet être assez intéressant. Se prêtant quand même au jeu, elle suggéra un nom qui correspondait à la bonne humeur de Dagur.

- Le dégonflé ?

- Gagné ! Tu veux savoir comment il a fait ?

- Les détails sont-ils importants ? Parce qu'il perde un pied, un bras ou la vie, je m'en fiche complétement !

- Oooh que oui ! Ils sont même très importants ! Et j'ai plein d'autres trucs à dire à son sujet.

- Vraiment ? On prend un bain là. Tu veux vraiment que je fasse la tête ? Soupira-t-elle

- Verika, il faut que tu le sache.

- Bon. Dans ce cas, vas-y.

- Alors dans l'ordre, c'est plus un froussard et un maladroit. C'est un combattant respecté du village, Stoik est tout fier de lui, Astrid et les autres sont ses meilleurs potes, il bosse à la forge, il créait des armes et ils ont tous été nommé guerriers du village. Même une crevette bonne à rien comme Harold !

- Hein ?! Tu rigole ?

- Je suis on ne peut plus sérieux. Assura-t-il

Elle montra un peu plus d'intérêt à ses révélations assez choquantes pour elle, ce qui fit sourire Dagur. Elle n'en revenait pas qu'il avait changé depuis son départ, mais elle se demandait bien pourquoi !

- Mais… comment ça se fait qu'il ait changé ?

- Ça, je l'ignore. Mais en tout cas, il a vachement changé. De caractère, j'entends. Sur le plan physique, c'est toujours un minus doublé d'une crevette. Dis-toi qu'il n'a même pas bougé d'un centimètre quand je l'ai visé avec ma dague ! Alors que d'habitude, il tremblait comme une feuille ! Et en plus, il a osé me répondre, me défier du regard et me sourire d'un air effronté.

- Je n'en reviens pas… tu me parle bien d'Harold, la ? Pas des autres garçons du groupe ?

- C'est bien d'Harold que je parle.

- Woh... Et sa jambe ? Comment il l'a perdu ?

- En se battant avec ses nouveaux amis contre des dragons. Ce fameux Furie Nocturne a causé des dégâts et Harold s'est pris les ricochées après avoir mis de justesse Astrid à l'abri.

- Astrid… murmura-t-elle, perplexe.

Elle regardait la surface de l'eau savonneuse d'un air perdu, dégoutée et perplexe. Harold été donc devenu un vrai guerrier du village. Il savait se battre, il n'était plus un lâche et un faible, et il a même risqué sa vie pour Astrid, la fille la plus belle et la plus forte du village d'après son jeune souvenir. Mais ce qui la rendait dingue, c'est qu'Harold ne l'aimait pas trop quand il était petit. Il disait qu'elle était froide, fière, méchante et agressive. Alors pourquoi il a pris le risque de se blesser pour la protéger ? C'est qu'il devait être tombé amoureux d'elle et que Verika, il l'avait oublié. Elle ne voyait que ça comme possibilité ! Mais Verika se sentait également en colère qu'Harold ai eu du courage après son départ. Mais qu'il n'en ait pas eu pour elle, au moment où elle avait besoin de lui! Elle voulait également savoir autre chose.

- Et euh... est-ce qu'il a parlé de moi ? Ou même quelqu'un d'autre au village ?

- Non. Quand j'ai énoncé ton nom pour le provoquer et voir jusqu'où il irait, dit toi qu'il n'a rien fait et n'a rien dit. Comme si tu n'existais plus à ses yeux ou qu'il n'en avait plus rien à faire. A la place, il s'est juste barré pour suivre mon père et Stoik pour la visite. Et ni Stoik, ni même Gueulfor n'ont parlé de toi. Personne.

- Personne… Murmura-t-elle

Elle avait les yeux qui brillaient et sous l'eau, elle serrait les poings avec rage. Mais en repensant aux conséquences de son départ et à ce qu'elle vivait actuellement, elle soupira calmement, mais avec un léger sourire triste.

- Tu sais quoi ? Je suis partagée entre ce que je ressens.

- Comment ça ?

- Durant toute ma vie… je leur en ai voulu à tous de m'avoir abandonnée alors que je n'avais rien fait de mal. Mais avec ce que tu viens de me dire, je me rends compte… que si j'étais restée sur Berk, je serais sans doute à l'image de ce qu'Harold était quand il était petit. Je serais devenue une fille méprisée et rejetée, sans amis et sans amour…

Elle se pinça les lèvres et prit fermement la main de Dagur.

- D'une part, je leur en veux… mais d'un autre côté, je leur suis reconnaissante de m'avoir abandonnée… S'ils n'avaient pas fait ça, je n'aurais pas trouvé une vraie famille et de vrais amis sur qui compter. Et je ne vivrais pas ce que je vis avec toi…

Elle ferma les yeux et laissa des larmes couler sur ses joues. Dagur enroula son corps de ses bras et nicha sa tête dans le creux de son cou.

- Je suis désolé, Verika.

- De quoi ? De ce que je ressens ? De ce que tu m'as dit ? Rassure toi, t'a bien fait de m'en parler. Ça m'a permis de mieux réaliser la chance que j'ai aujourd'hui. Le rassurait-elle avec un sourire et une caresse sur le bras

- Mais t'as toujours la haine envers eux ?

- Je crois que je ressentirais toujours de la haine et de la gratitude envers eux, et envers lui. Non. Peut-être pas pour lui. Lui, je le détesterais jusqu'à la fin de ma vie ! Et même jusqu'au Valhalla, tiens !

- Parce que tu l'aimais quand t'était gamine, et que du coup, ça te mets en rogne qu'il ait choisi de changer après que tu ne sois plus là, et qu'il ait agit bravement envers Astrid plutôt qu'envers toi ?

- Gagné. Et… attends deux secondes. Tu savais que je l'aimais quand ont été petit ? s'étonna-t-elle

- Ce n'était pas difficile à deviner. Tu le regardais d'une façon que j'ai enfin pu connaitre qu'hier soir.

- Oh. Mais sache que ce que je ressentais pour lui à l'époque, c'est du passé, Dagur. Mais si je le revois, je…

- Tu feras quoi, tiens ? Souriait-il, intrigué

- Je ne sais pas trop. Mais il ne va pas aimer. Oh, ça non ! Haha ! Riait-elle d'un air mauvais.

- Oh oooh ! J'espère être là pour voir ça ! Riait-il

- J'espère aussi. Et maintenant qu'il est enfin devenu ce qu'on attendait de lui, tu feras quoi vis à vis de lui ?

- Oh, je continuerai de le persécuter. Mais d'une autre façon qui ne va pas lui plaire. Et je sens que je vais bien m'amuser ! Haha !

- Je n'en doute pas ! Riait-elle.

- Pour commencer, il faut que je lui trouve un nouveau surnom… mmh…. Je crois que je vais l'appeler... « mon frère » Oui ! C'est ça ! Mon frère ! Mon frère d'arme qui combat les dragons !

- Hin, je sens qu'il ne va pas aimer et que ça va être drôle. Bon aller, je vais sortir du bain avant que je devienne toute flétrie comme une grand-mère ! dit-elle avec bonne humeur

Il lui rendit son sourire et embrassa tendrement sa belle, puis il la lâcha pour qu'elle sorte du bain. Elle sortit progressivement, offrant à Dagur un sublime défilé depuis ses épaules jusqu'à ses fesses. Elle s'enroula d'une serviette et il fit de même. Après s'être habillée, Verika prit plaisir à lui mettre sa tenue. En passant une main dans ses cheveux, Dagur se rappela ce qu'il avait dit la veille et demanda à Verika de lui couper les cheveux, chose qu'elle savait faire et qu'elle fit avec le sourire. Elle les coupa en grande partie mais en laissant un poil de longueur. Dagur les arrangea à sa manière et il se retrouva avec les cheveux courts en bataille. Le résultat plut aussi bien à l'un qu'à l'autre ! Ils sortirent ensemble de la chambre sans aucune honte pour prendre leur petit déjeuner dans la salle à manger. Osvald se trouvait déjà sur place et haussa un sourcil quand il vit la nouvelle coupe de cheveux de son fils.

- Fils ? Qu'a-tu fais à tes cheveux ?

- Ça ne se voit pas, père ? Je les ai coupés. Ou plutôt, c'est elle qui les a coupés.

- Vraiment ? Mais je croyais que tu voulais avoir les cheveux longs ?

- Quand j'étais gamin, oui. Mais maintenant, je suis un homme ! Et puis les cheveux longs, c'est pour les filles et ce n'est pas pratique pour chasser des dragons.

Osvald approuva d'un simple hochement de tête, tandis que Verika souriait tout en roulant les yeux au ciel. Ils prirent leur petit déjeuner avec lui, mais Osvald ne cessait de les regarder et trouvait étrange que Verika soit d'humeur souriante et non abattue par la mort d'Alvin. Il ne s'attendait même pas à la voir à table, mais plutôt confinée dans sa chambre. Mais il s'étonnait aussi qu'entre la veille et ce matin, Verika ai déjà coupé les cheveux de son fils. Ça ne voulait dire qu'une chose mais il préférait vérifier pour être sûr.

- Y'a… quelque chose de changé entre vous deux, non ?

- Euh… bafouilla Verika derrière son bol de lait de Yak, légèrement prise au dépourvu

- Ça dépend de ce que vous entendez par là. Répondit Dagur

- Vous êtes ensemble c'est ça ? Souriait-il d'un air légèrement taquin

Verika se sentait toute bizarre en l'entendant dire ça. Elle sentait ses joues devenir brûlante et elle ne put s'empêcher de sourire d'un air timide et embarrassé, et de se cachait derrière son bol.

- Bien vu, père. Vous n'allez pas devenir aveugle tout de suite ! Bravo ! Souriait Dagur d'un air également taquin

Osvald exprima un léger sourire derrière sa grosse barbe. Ils continuèrent de manger non sans un léger malaise et Marina les rejoignit peu de temps après leur arrivés. Elle fut étonnée de la nouvelle coupe de Dagur et de voir Verika assis à table avec le sourire, mais elle était également heureuse de la voir ainsi, et de voir qu'ils étaient enfin ensemble ! Lors du déjeuner, Osvald reçu de la part d'un garde une lettre qu'il lut avec un regard soucieux qui intrigua le trio.

- Fils. J'ai une mission pour toi. Dit-il, le nez encore plongé dans la lettre.

- Ah ?

- Un village situé sur l'île de Bashem est menacée par un cauchemar monstrueux sauvage qui a élu domicile dans les montagnes. Le village nous demande de l'aide afin de le terrasser.

Osvald se tourna vers son fils avec un regard digne d'un chef.

- Nous ne pouvons les laisser en danger plus longtemps. Tu pars immédiatement avec une armada de trois navires pour leur venir en aide. Tu assureras le commandement de la flotte, des troupes et de la traque.

- Entendu. Je ramènerai la tête de ce dragon en guise de trophée ! Haha ! S'enthousiasma-t-il

Il engloutit son verre et se leva pour se préparer. Verika se leva aussi, suivie de Marina.

- Les filles ? Où allez-vous ? Demanda Osvald.

- Bah, je pars avec eux. Répondit Verika, surprise de sa question

- Et moi aussi, chef.

- Non. Vous deux, vous restez ici pour assurer les défenses de l'île.

- Mais….

- Vous comptez parmi les meilleurs archers de la garde de l'île. Et vos compétences seront plus utiles ici que là-bas. Surtout avec des effectifs en moins et un combattant tel que Dagur.

- A vos ordres. Dirent-elles flattées, mais déçues de ne pouvoir l'accompagner.

Dagur leur adressa un regard navré et s'en alla se préparer dans sa chambre. Elles s'en allèrent également de la salle, mais Osvald interpella Verika.

- Verika ?

- Oui, Osvald ? Dit-elle tandis que Marina s'en allait pour les laisser seul.

- Je ne saurais jamais quand est ce que ce sera le bon moment pour t'en parler. Mais je veux que tu sache, que même si tu m'en veux au sujet de ton père… sache que je suis désolé. Et…

- Contrairement à ce que vous pouvez croire, je ne vous en veux pas, Osvald. Vous n'avez fait que respecter les lois. Assura-t-elle sincèrement

- Ah. Bien… Mais je tiens à te dire que je suis navré pour ton père, et que tu n'aies pas pu lui dire au revoir à temps.

- Merci… Souriait-elle, légèrement triste

- Ça va aller ?

- Oui. Grâce à vous trois, je surmonterai cette épreuve. Et je... je tiens encore une fois à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi, depuis le début. Rien que par rapport à ça, je ne pourrais jamais vous en vouloir…

- Verika…

Il essuya de sa main les larmes qui coulaient le long des joues de Verika.

- J'ai bien connu Alvin. Et je peux t'assurer qu'il aurait été fier de voir la guerrière que tu es devenue. Et je le suis également.

- Merci. Il faut que j'y aille, la. A plus tard.

Il hocha la tête et la laissa rejoindre sa meilleure amie pour se rendre avec elle sur les quais. Une fois sur place, elle regardait d'un air soucieux l'horizon, détail qui n'échappa pas à la blonde

- Il va revenir. Comme l'autre fois. Assura-t-elle avec un sourire réconfortant

- Je sais. Ou j'espère. Cette fois, c'est différent.

- En quoi c'est différent ? Ah, oui. Parce que vous êtes ensemble, c'est ça ?

- Dans le mille.

- En tous cas, je suis contente pour vous. Je peux même dire que ce n'est pas trop tôt ! Blagua-t-elle

- Tu peux le dire. Riait-elle légèrement

Elles assistèrent donc à l'embarquement des troupes et du matériel pour la traque. Dagur arriva à son tour en compagnie de son père, et avant d'embarquer, il tourna le regard vers Verika et lui adressa un simple sourire. Mais son regard en disait plus et elle l'avait bien deviné et compris. Elle lui rendit son sourire et fit un signe de tête encourageant. Il salua également Marina puis il embarqua à son tour. Les trois navires firent voile vers l'île de Bashem et comme Osvald s'y attendait, les filles furent presque les seules à être restées sur les quais alors que les navires étaient déjà loin. Verika regardait toujours l'horizon, mais cette fois d'un air sévère et songeur.

- C'est trop tôt.

- Hein ?

- Je trouve que c'est trop tôt pour une mission. Et je trouve ça quand même curieux qu'il parte au moment où j'ai perdu mon père et qu'on se mette ensemble. J'ai besoin de lui pour surmonter cette épreuve, et les dieux me l'enlèvent. C'est injuste.

- Les dieux sont parfois cruels. Ils aiment jouer avec nos destins pour nous mettre à l'épreuve.

- C'est sûr que c'est mes nerfs qui vont être à l'épreuve. Surtout qu'il s'en va pour plusieurs jours… heureusement que tu es là et que j'ai mon poste dans la garde, sinon, je deviendrais dépressive, et je n'aurais pas bougé de là jusqu'à son retour. Souriait-elle avec reconnaissance en regardant son amie.

- Merci, Verika. Tu verras, ça va aller. La rassura-t-elle en posant sa main sur son épaule

- Mouais. Bon. On va vite bouger d'ici.

- Tu veux qu'on fasse quoi ?

- Je ne sais pas. Je m'entraînerais bien au lancer de hache. Tu me suis ?

Marina l'accompagna donc dans la salle d'entrainement mais à peine entrée, Marina se plaignit d'une odeur assez désagréable qui envahissait toute la salle.

- Aaah... ça pue le dragon crevé !

- Euh… Ouais.

Elle se rappela de son coup de colère et de la veille et du carnage causé sur le dragon Vipère. Elles allèrent jusqu'à la dépouille recouverte de sang séché et grimacèrent en voyant les dégâts. Dans son élan de colère, Verika n'avait pas fait gaffe à l'ampleur des dégâts, et en regardant la bête, elle n'arrivait pas à croire que c'était elle qui l'avait réduit en charpie !

- Quand tu disais que t'allais t'acharner sur un truc, t'a pas fait semblant ! Pouffa Marina

- Ouais. Mais ça m'a fait du bien de faire… ça.

- C'est ce que je constate… ceux qui s'occupent de l'entretien des cages vont être ravis en voyant le carnage.

- Mmh, mmh.

Verika continuait de regarder son souffre-douleur d'un air songeur. Une idée assez peu habituelle lui passa par la tête et en fin de compte, elle se disait que ce ne serait pas une si mauvaise idée que ça. Ça apporterait même beaucoup d'avantages si elle venait à être aboutie.

- Hé ? T'arrête pas de le regarder. Est-ce que ça va ?

- Oui. Je viens juste d'avoir une idée et je l'analysais en silence.

- A quoi tu penses ?

- A me faire une armure avec sa carcasse.

- Quoi ?! Tu... tu veux porter la carcasse d'un dragon ?!

- Oui. Réfléchis. Tout d'abord, ça offrirait une sacrée protection lors des raids et ça terrifierait les dragons de voir qu'on fait des armures avec la carcasse de leurs congénères.

- Euh… ouais mais….

- Et puis ça me donnera de quoi m'occuper en attendant le retour de Dagur. Mais si je fais cette armure, elle symbolisera à jamais ma haine envers ces démons mais aussi un tournant dans ma nouvelle vie. Mon titre de guerrière du village, la mort de mon père et mon histoire avec Dagur. Je vais commencer une nouvelle vie alors autant apporter un peu de changement niveau vestimentaire.

- Je vois. Bon bah dans ce cas, allons-y.

Les filles s'engagèrent donc à mettre au point cette armure. Elles firent des croquis puis tailladèrent ce qu'elles avaient besoin sur le dragon avant qu'il ne se fasse emmener. Par chance, elles avaient des compétences dans ce domaine ainsi que dans la confection des tenues. Elles ne demandèrent de l'aide à personne, parce que personne ne comprendrait. Osvald fut vite mit au courant et ne s'opposa même pas à cette idée. Après tout, Verika était libre de faire ce qu'elle voulait. Surtout avec la dépouille d'un dragon ! Après tout, ils accrochaient bien leur cranes sur les murs et ils récupéraient le reste pour leurs armes et bricoles utiles. Alors pourquoi ne pas se servir de leur dépouille pour confectionner des armures ? Elles mirent quatre jours pour la confectionner. Après avoir séjourné sur le mannequin disposé dans sa chambre, il fallait bien que Verika la porte. Elle l'enfila sans trop de difficulté et en fut très satisfaite !

- Alors ? De quoi j'ai l'air ? Demanda-t-elle à Marina

Marina la regardait de la tête aux pieds. C'est vrai qu'elle avait fière allure dans sa tunique bleu ciel faite avec les ailes du dragon, et avec par-dessus sa combinaison bleue marine faite avec la peau du dragon. Ça faisait ressortir la couleur de ses yeux et de ses cheveux. Et avec ses brassards et bottes noires, ornées de lanières de cuir qui maintenaient les petites épines jaunes du dragon qui serviront à la défense au corps à corps, ça ajoutait un truc en plus. Une petite note de couleur. Son bassin était orné d'une large ceinture de cuir et d'un bustier noir, et son épaule gauche était recouverte d'une épaulière composée de plusieurs morceaux de cuir. Mais pour son épaule droite, elle était dénudée, ce qui étonna la blonde.

- D'une vraie tueuse de dragons ! Mais je me demandais… pourquoi tu as laissé ton épaule droite dénudée ? Je ne me suis pas posé de questions en voyant les croquis, mais la…

- Parce que j'ai l'intention de me faire tatouer.

- Tatouer ?! Grimaça-t-elle

- Bah quoi ? Presque tous les guerriers le font. Regarde, Dagur est tatoué et ça lui va très bien.

- J'en conviens. Et qu'est-ce que tu te ferais tatouer ?

- Le symbole de notre tribu. Un Écrevasse de couleur bleue. Comme la couleur des tatouages de Dagur. Mais aussi pour montrer aux autres que je suis bien l'une des vôtres. Souriait-elle

- Bah bon courage ! Moi, je ne me ferais jamais tatouer ! Bwaa… Grimaça-t-elle avec un léger sourire

- Je le ferai demain. Merci de m'avoir aidé, Marina.

- De rien. Je suis contente que t'ai pu penser à autre chose.

- Oh tu sais, ça ne m'a pas empêché de penser à lui. Mais quand t'a l'esprit occupé, c'est moins dur… Dit-elle en passant une main dans ses cheveux.

- Quand il rentrera, il aura de sacrées surprises !

- Et encore, je ne compte pas m'arrêter là. Dit-elle en regardant la mèche de cheveux qu'elle tenait entre ses doigts.

- AH NON ! S'emporta sévèrement Marina

- Quoi ?

- Que tu portes une armure en dragon, c'est une chose. Te faire tatouer, c'en est une autre ! Mais là… ne me dis pas que tu veux couper tes sublimes cheveux ?! Parce que si c'est le cas, je m'y oppose !

- Je fais ce que je veux avec mes cheveux, Marina. Et puis je ne les ai presque jamais coupés ! Et Dagur a raison. Ce n'est pas pratique d'avoir les cheveux longs pour combattre.

- Oh non… tu ne vas pas les couper comme… ?

- Si. Et même si je pense savoir la réponse, tu veux bien me les couper ?

- Alors là, non, ma vielle ! Je refuse d'être celle qui massacrera cette superbe tignasse !

- Je ne savais pas que tu aimais mes cheveux à ce point-là. S'étonna Verika

- Bah ouais, je les adore ! Depuis toujours ! Et je te le dis franchement… se serait du gâchis de les couper ! Ils sont si beaux ! T'est sur de pas vouloir les coiffer en une longue tresse ? Parce que ça, je veux bien te les tresser aussi souvent que tu me le demanderas ! Argumenta-t-elle dans l'espoir de la faire changer d'avis

- J'ai besoin de changement, Marina. Et mes cheveux y passeront aussi.

- Bon. Je vois que tu ne changeras pas d'avis, alors je te laisse te massacrer toute seule. Et moi, je vais m'entraîner au lancer de hache et prier pour que Dagur aime celle que tu vas devenir. Maugréa-t-elle

- Il aime ce qui est surprenant, Marina. Il aimera tous ces changements.

- Y'a plus qu'à espérer ! Salut ! Dit-elle en quittant la chambre.

Elle ferma la porte et Verika haussa les épaules avec un léger sourire. Elle prit une mèche de ses cheveux et les regarda un long moment sans rien dire. Ce n'était pas un coup de tête. C'était quelque chose qu'elle voulait vraiment faire ! Mais est-ce que ça lui irait bien ? Elle se mit devant son miroir et rassembla ses cheveux de façon à ce qu'ils lui paraissent courts. Elle se regarda sous tous les angles, et plus elle se regardait, plus elle avait envie de les couper ! Elle prit donc une dague bien tranchante, inspira tout en se regardant dans le miroir, pris une première mèche et la coupa au niveau de son menton. Elle fit de même avec tout le reste et au final, ça lui faisait bizarre de se retrouver avec les cheveux au carré. Coiffure qu'elle avait quand elle était petite. Mais ne voulant pas se rappeler son enfance et tout ce qui s'y attachait, elle fronça le regard et continua de tailler ses cheveux jusqu'à ce qu'ils ne soient pas trop courts et légèrement en bataille, avec une légère frange sur le côté gauche. Ça faisait à moitié garçon manqué et ça lui plaisait beaucoup ! Elle se sentait tellement légère ! Libre ! Différente ! Quand elle vit tous ses cheveux coupés sur le sol, elle se pinça les lèvres et rigola intérieurement. Elle n'eut même aucune peine à les jeter dans le feu de la cheminée. Pendant un bon moment, elle continua de se regarder dans le miroir et de jouer avec ses cheveux. Elle sorti de sa chambre avec le sourire pour se rendre dans la salle d'entrainement. Ceux qu'elle avait croisés durant le trajet la regardaient d'un air surpris mais en la voyant sourire, ils souriaient aussi. Elle croisa également Osvald qui ne l'avait pas reconnue sur le coup.

- V... Verika ?! C'est… c'est bien toi ?

- Oui ! Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Souriait-elle en tournant sur elle-même

- Euh je… Je dois dire que c'est très surprenant… Mais ça te va très bien.

- Merci ! J'avais besoin de changer, Osvald. Vu tout ce qui m'arrive récemment, c'était vital.

- Ah. Et… comment tu te sens ?

- Différente, libre, épanouie et j'en passe ! Sourirait-elle d'un air radieux

- Alors je suis très content pour toi. Souriait-il en retour

Elle lui adressa un autre sourire et poursuivit sa route, sous le regard amusé et attendri du chef. Quand elle arriva dans la salle d'entrainement et que Marina croisa son regard, elle soupira légèrement et donna son avis.

- Ça te va bien.

- C'est vrai ?

- Oui. Et t'en fait pas, je m'y ferai. Souriait-elle

- Merci. Allez, on s'entraîne ?

- On s'entraîne.

Les filles s'entraînèrent au lancer de hache et au combat au corps à corps. Le lendemain, elles s'entraînèrent à l'arc et au combat armé. Dans l'après-midi, Verika pris son courage à deux mains et alla se faire tatouer son Écrevasse sur son épaule. Ce ne fut pas une partie de plaisir mais le tatoueur fit ça rapidement et bien ! Durant les jours à venir, Verika avait mal à son bras et ça lui brûlait atrocement, mais elle retrouva vite l'usage de son bras et pu retourner à son entrainement pour éviter de penser à Dagur dont l'absence n'avait que trop duré à ses yeux. Elle et Osvald n'avaient aucunes nouvelles de l'île ou de Dagur, et ça commençait à les inquiéter. Mais une semaine et demie après son départ, les navires étaient enfin de retour avant que le soleil ne commence à se coucher. Les gardes postés à la tour de vigie sonnèrent le cor d'alerte afin d'avertir tout le village. Les filles étaient occupées d'aider les cuisiniers à transporter des vivres dans la cuisine, et quand elles entendirent le signal, Verika ne put s'empêcher de se pincer les lèvres et de resserrer son emprise sur son sac de pommes de terre. Elle mourrait d'envie d'aller aux quais mais elle ne le fit pas, au grand étonnement de Marina.

- Pourquoi t'y va pas ? Tu meurs d'envie d'y aller !

- Tu ne comprends pas. Si j'y vais et qu'il n'est pas à bord… je... je serais capable de me jette dans la mer et de me laisser mourir.

- Verika…

- Je préfère attendre qu'il vienne à moi ou qu'on m'informe d'une mauvaise nouvelle. Mais je ne veux pas être là-bas. C'est tout. Allez viens, on a encore du boulot.

Elles terminèrent de transporter les vivres, puis Verika demeura seule dans la salle du trône. Elle marchait le long de la galerie des portraits familiaux et lutta pour ne pas regarder le dernier portrait qui représentait Dagur et son père. Elle retourna près du trône en bois, et regarda chacun des crânes accrochés au mur ainsi que l'emplacement vide. Elle se rappela de sa conversation avec Dagur quand il lui avait fait visiter la forteresse le jour de son arrivée, mais aussi de ce qu'il lui avait dit et du bisou qu'elle lui avait donné. Ça la fit sourire, mais l'inquiétude la rongea de nouveau. Le cœur battant un peu trop vite à son goût, elle se permit de s'asseoir sur le trône d'Osvald, enfouissant sa tête dans ses mains. Elle soupira longuement puis passa ses mains dans ses cheveux qui s'ébouriffèrent. Se disant qu'elle préférerait l'attendre dans sa propre chambre, elle monta d'un pas traînant vers le couloir des chambres et s'asseya sur son lit. De par sa fenêtre, elle avait une vue sur les quais et sur l'horizon. Elle entendit des éclats de rire hyper joyeux et ne put s'empêcher d'aller voir qui riait comme ça. C'était juste des soldats qui étaient content de revoir leurs amis et famille.

Elle essaya quand même depuis sa fenêtre de localiser Dagur mais elle ne le vit nulle part. Elle redoutait le pire, mais elle nota que la majeure partie de l'équipage était relativement content d'être rentré. Si Dagur était mort, ils seraient moins joyeux. Elle s'apprêta alors à redescendre vers les quais, mais elle se figea quand elle vit Dagur à sa porte. Il la regardait sans rien dire et elle faisait comme lui. Il était vivant, mais il était dans un état légèrement plus sauvage par rapport à son départ. Sa barde avait poussé, certaines parties de son armure était esquintées, couvertes de taches de suie et de sang, et il avait quelques cicatrices et blessures de guerre sur les bras et les mains. Mais le pire, c'est qu'il avait une énorme cicatrice sur toute la joue droite ! Verika se demandait ce qui lui était arrivé, mais le principal, c'est qu'il était vivant et qu'il était rentré !

- Bah alors ? Tu ne viens pas me dire bonjour ? Plaisanta-t-il en souriant

Les yeux brillants, elle lui rendit son sourire et courut vers lui pour le serrer dans ses bras. Dagur ferma la porte avec son pied et enlaça tendrement sa belle dans ses bras

- Comment ça se fait que tu n'étais pas sur les quais ? T'avais peur que je sois mort sur cette ile ou quoi ? Souriait-il

- Ne parles pas de malheur… Mais en gros, oui. J'ai eu peur…

- Tu me sous-estime, Verika. Pour se débarrasser de moi, faut y aller ! Et ce n'est pas un cauchemar monstrueux enragé tenace qui m'aurais empêché de rentrer ! Riait-il

- Je sais que t'es un guerrier coriace et compétent. Mais que veux-tu ? Je tiens trop à toi ! Alors c'est impossible pour moi de ne pas m'inquié…

Il l'embrassa fougueusement. Ça faisait des jours qu'il ne l'avait pas vu et il mourrait d'envie de l'embrasser. Verika lui rendit son baiser avec la même fougue et laissa ses larmes s'échapper de ses yeux tellement que son cœur débordait de joie ! Les deux amoureux rompirent le lien puis se regardaient dans les yeux avec tendresse.

- A ce que je vois, y'a eu du changement. Nouvelle armure, coiffure… tatouage même. Dit-il en haussant un sourcil

- Oui. Et... ça te plais ? Demanda-t-elle timidement

- C'est surprenant… Mais je préférais comment tu étais avant. T'aurais pas pu attendre que je sois rentré pour me demander mon avis ? Rétorqua-t-il d'un air mécontent

Verika le regardait avec des yeux ronds. Elle ne savait pas quoi répondre à ça ! Elle qui était convaincue que ça allait lui plaire, voilà qu'il la préférait comme elle était avant ! Elle commençait déjà à ce dire que Marina avait raison, et qu'elle était bonne à changer de tenue et à laisser repousser ses cheveux, mais soudain, Dagur se mit à rire.

- AH ! Je t'ai eu ! Ahahahahaha ! C'était trop facile ! Evidemment que ça me plait !

- Ouf, j'suis rassurée… Souriait-elle

- Mais peu importe comment tu te coiffe ou tu t'habille, tu seras toujours ma Verika !

- Merci, Dagur. Rougissait-elle

- Juste une question. Qu'est ce qui a causé tout ça ?

- Ma nouvelle vie. J'avais envie de changer et de marquer le coup. Rien de plus.

- Je vois. Et… c'est moi, ou ton armure a été faite avec le pauvre dragon que t'a massacré ?

- Si. Je l'ai en quelque sorte… recyclé. Souriait-elle

- Joli travail.

- Merci. Et toi ? ça été ?

- C'était long, c'était ardu, mais ça en valait la peine ! Commander une flotte entière, gueuler des ordres, corriger ceux qui faisait n'importe quoi, traquer un dragon sauvage pour ensuite le mettre à terre et lui trancher la tête ! Bon j'en suis pas sorti indemne, mais…

- Quoi, c'est ce dragon qui t'a fait ça ?! Demanda-t-elle en effleurant sa cicatrice du bout des doigts

- Et oui. Faut bien qu'on chope des cicatrices dans ce métier, sinon ce n'est pas cool. Dit-il avec un clin d'œil

- Hin. En tout cas, je suis heureuse que tu sois de retour. Tu m'as manqué… Dit-elle en le serrant de nouveau dans ses bras

- Toi aussi.

Il lui donna un baiser dans le cou, ce qui la fit frissonner et sourire. Quelqu'un frappa à la porte et Verika alla ouvrir. C'était Marina.

- Euh, excusez-moi de vous déranger, mais… Dagur ? Ton père veut que tu lui fasses un rapport sur la situation.

- Ça ne peut pas attendre ? Je suis occupé la !

- Je ne crois pas qu'il puisse attendre. Dit-elle avec compassion

- Pff… J'te suis. A tout à l'heure. Grommela-t-il

- A tout à l'heure. Souriait Verika, amusée de la tête de Dagur

Le compte rendu de Dagur dura presque une demi-heure. Il reçut les félicitations de son père, puis fut autorisé à quitter la salle du trône pour aller se reposer dans ses quartiers. Verika l'y attendait avec un bon bain bien chaud et avec un sourire radieux. Il ferma la porte et se laissa fondre dans son bain. Verika ne portait que sa longue tunique bleu ciel afin d'être à l'aise, le reste de sa nouvelle tenue étant posé sur une des chaises de la pièce. Elle lava le corps de Dagur avec un doux sourire et pris soin de ses blessures pendant qu'il lui racontait ses aventures. Il voulut ensuite se raser, mais Verika lui avoua qu'elle aimait bien cette barbe sauvage, que ça lui allait mieux et qu'elle le trouvait plus séduisant avec, détails qu'il prit en note. Ils mangèrent ensemble, et Dagur continuait de lui raconter ses aventures et Verika lui racontait tout ce qu'elle avait fait depuis son départ. Ils passèrent la nuit ensemble, et ce fut une nuit torride qui prouvait que l'un avait énormément manqué à l'autre.

oO*Oo

Quand ils étaient ensemble, on ne les entendait pas trop à travers les épais murs de pierres. Mais Marina, qui se trouvait dans sa chambre, était loin d'être idiote. Elle savait ce qu'ils faisaient et même qu'elle était contente qu'ils se soient retrouvés, elle ressentait une pointe de jalousie.

- Quand est-ce que je connaîtrai l'amour, moi… ? Quand est ce que je rencontrerai le viking de ma vie… ? Soupira-t-elle avant d'aller se coucher

oO*Oo

Quatre années ont passés. Durant cette époque, les assauts des dragons ne changeaient jamais. C'était la seule chose qui embêtait tout le monde. Pour tout le reste, tout allait bien ! Les récoltes, la paix entre les voisins, le commerce, tout. Mais même si les dragons n'ont jamais cessé d'être un fléau pour les vikings, ça ne les empêchait pas de continuer de s'entraîner. Et l'entrainement acharné des guerriers de chaque village avait été très fructueux ! Surtout pour les jeunes recrues ! L'adolescence était finie et ils étaient tous devenu des hommes et des femmes. Chacun d'eux avait bien grandi, bien changé, ils étaient plus forts et plus compétents. Certains avaient gagné en muscle, comme Rustik, mais le plus voyant, c'était Dagur. Ses bras avaient doublé de volume, tout comme sa force ! Harold aussi avait beaucoup changé. Il était devenu le plus grand de la bande et il était devenu encore plus beau avec ses cheveux en bataille et sa légère barbichette. Il portait une combinaison en cuir noir et marron et il s'était fabriqué ses propres armes. Son bouclier ne l'avait jamais quitté, et il s'était fabriqué en plus une sorte d'épée qui pouvait s'enflammer et qui pouvait cracher du gaz d'Hideux Braguettaure. Au cours de toutes ces années et de toutes les péripéties qu'il avait traversé, son intelligence et sa manière de résonner n'avaient fait que croître. Il avait même apporté de sacrées modifications à sa prothèse, la rendant plus résistante et plus pratique.

Pour le reste, rien n'avait changé. Il était toujours déterminé à respecter ses résolutions d'enfance, et jusqu'à aujourd'hui, il avait réussi. Astrid et lui étaient de très bons amis, mais ça s'arrêtait là. La guerrière l'avait bien comprit des années plus tôt et elle n'avait pas cherché à devenir plus qu'une amie. Malgré les taquineries qu'Harold recevait de la part de son père, de Gueulfor et de ses amis sur le fait de passer à autre chose, il tenait bon.

Ne sachant absolument rien de la vie de Verika et ne l'ayant jamais revue depuis son départ, Harold continuait de penser à elle tous les jours. Il s'efforçait de ne pas oublier le son de sa voix et son visage, même si au bout de 15 ans, elle devenait de plus en plus floue dans sa mémoire. On lui avait pas mal de fois recommandé de ne plus y penser et d'en faire le « deuil » mais c'était une chose qu'il ne pouvait pas faire. S'il l'avait oubliée dès le début, jamais il n'aurait eu la force de devenir celui qu'il était aujourd'hui. Il avait plusieurs fois eut envie de prendre le large et de naviguer jusqu'à l'île des Parenvrilles afin de la retrouver et d'essayer de se faire pardonner, mais à chaque fois, il c'était ravisé pour Thor sait quelles raisons.

Harold était loin de se douter qu'il allait effectivement la revoir. Mais dans quelles circonstances ?