Salut à tous ! :D Comme promis, nous voilà de retour dans le présent ! J'espère que ce chapitre vous plaira ! ^^ Mais avant de vous laisser retrouver Valéria, Harold et compagnie, voilà les réponses aux reviews ! :D

Si vous avez été choqués du choix de Marina en termes de garçons, sachez que moi, ça m'a fait bizarre d'écrire un début de relation entre eux ! xD Elle aurait pu craquer sur Varek, Krane ou encore un autre personnage qui va arriver par la suite, mais si j'ai choisi Rustik, c'est parce que je trouvais le scénario comique et intéressant, et aussi parce que c'était un souhait qu'on voulait se voir réalisé. Voilà. ^^

Ravie que l'envie d'aller de l'avant concernant Verika vous plaise ! :D Si elle peut gagner votre cœur, j'en serais ravie ! ^^ Dans le cas contraire… bon bah tant pis x) Il est vrai que je me suis inspirée d'Ingrid pour certains passages :) et pour exaucer un autre vœu, oui, il y aura un affrontement entre elle et Harold dans les deux prochains chapitres ! ;)

Pour ce qui est de l'entente entre elle et les Berkiens, je préfère vous laisser découvrir la situation par vous-même. :) Pareil pour la relation entre Harold et Astrid, histoire de préserver l'intrigue et le drama :)

L'origine du vacarme métallique sera dévoilée dans le prochain chapitre qui parlera du passé. Et ce sera… la semaine prochaine, avec une partie du présent ! ^^ Encore merci à tous pour votre fidélité et votre soutien ! Vous êtes adorables ! « Smack ! Smack ! » Je vous souhaite une bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^


Chapitre 12 - Malaise

Après être retournée se coucher, Valéria s'était cachée sous sa couette pour pleurer en silence, mais aussi pour se cacher tellement elle avait honte de ce qui s'était passé dans la cuisine. La honte qu'elle éprouvait l'avait empêchée de dormir durant un bon moment, puis elle s'était finalement rendormie. De son coté, Harold était resté assis dans la cuisine, mangeant sans appétit de la charcuterie, du pain et du fromage. Il avait tout nettoyé et s'était recouché non sans avoir adressé un regard navré en direction de la porte de Valéria.

Le lendemain, Valéria fit sans le vouloir la grasse matinée. Mais quand elle se réveilla, le souvenir de la veille ne l'avait pas quitté et elle traîna encore au lit, se demandant comment elle allait faire vis-à-vis d'Harold. Elle allait surement ne pas vouloir le regarder ou lui parler. Mais ayant beaucoup de choses à faire pour demain et ne voulant pas qu'Harold se pose des questions sur son attitude envers lui, elle se leva. Pour pouvoir penser à autre chose, elle énuméra dans sa tête tout ce qu'elle avait à faire. Et en premier, elle se mit à chercher dans ses affaires un de ses vieux portables. Elle en trouva un pas trop compliqué pour lui et emporta en même temps le chargeur avant de descendre en bas. Dans la cuisine, Harold s'était réveillé avant elle et il était déjà habillé, et il avait décidé de lui préparer un petit déjeuner. En la voyant, Harold lui adressa un léger sourire.

- Bonjour.

- Bonjour.

Inutile de se demander mutuellement s'ils avaient passé une bonne nuit. Aucun des deux ne voulaient raviver le souvenir de la veille pour ne pas blesser l'autre et montrer qu'ils restaient fixés dessus.

- Euh... j'ai cherché ça pour toi.

- C'est quoi ? Demanda-t-il en regardant d'un air curieux l'objet plat et rectangulaire.

- C'est un portable. Et ça, c'est le chargeur qui lui donne de la batterie pour qu'il fonctionne. Quand il sera chargé, je ferai ce qu'il faut pour que tu puisses t'en servir en cas d'urgence. Mais rassure toi, je t'expliquerai les bases. Le rassurait-elle avec un sourire sincère

- C'est gentil Val. Merci.

- De rien. Qu'est-ce que tu faisais ? Demanda-t-elle en jetant un regard intrigué à la table

- Euh... je me suis dit que ce serait sympa que ce moi qui prépare le petit déjeuner. Histoire aussi de… mieux m'adapter. Souriait-il d'un air motivé

- Excellente initiative. Et merci pour l'attention. Souriait-elle

- C'est normal, Val. Ok. Alors installe-toi, je m'occupe de tout.

Elle s'installa à table sans trop penser à la veille. Elle se força de regarder Harold et de voir comment il se débrouillait, et lui donner des conseils au cas où. Après lui avoir répondu qu'elle voulait bien du café, elle le vit prendre la cafetière et en verser dans un mug avant de le mettre au micro-onde. Elle lui donna les indications pour le mettre en marche et pendant que le compteur descendait à zéro, il lui fit des tartines à la confiture. Elle les mangea avec appétit, et quand son café fut chaud, Harold lui demanda si elle voulait du lait, mais elle lui répondit qu'elle voulait un peu de sucre. Harold en versa et lui tendit son mug qu'elle prit avec un léger sourire. Mais quand elle en but une gorgée, elle ouvrit grand les yeux et recracha tout par terre, ce qui inquiéta Harold.

- Qu'est ce qui se passe ? Ce… c'est trop chaud ?

- Pweu… non, c'est… t'a mis du sel dans mon café… ! Pweu…. Grimaça-t-elle

- Du sel ? Non, regarde… c'est ça que j'ai mis ! Se défendit-il en lui montrant un petit flacon rempli de sable blanc

- Harold. C'est du sel, ça. Goutte.

- Hein ? Mais… oh non… j'suis désolé, Val… S'excusa-t-il après avoir constaté que c'était bien du sel

- C'est rien…

Elle prit du sopalin et essuya sans plus tarder le sol. Harold voulait l'aider, mais il se sentait plus bête qu'autre chose. Ne pas savoir faire la différence entre du sel et du sucre… en plus le pot était à côté d'un pot similaire rempli de poudre noire ! Ça aurait dû être une évidence, non ? Elle mit ses déchets à la poubelle et se lava les mains. Elle prit ensuite la bouteille de jus de fruit dans le frigo, mais elle n'avait pas fait gaffe à Harold qui lui tendait automatiquement un mug propre. Du coup, elle percuta son bras et le mug tomba par terre et se fracassa en plusieurs morceaux.

- Ce n'est pas vrai… Soupira-t-elle en se baissant pour prendre le ramasse poussière

- Désolé, Val… Je vais t'aider. S'excusa-t-il en se baissant aussi

- Ça ira, Harold. ça ira. C'est moi qui n'ai pas fait gaffe…

Mais Harold l'aida quand même, et en voulant ramasser le même morceau, leurs mains se touchèrent. Valéria croisa alors le regard d'Harold et automatiquement, le fait d'être trop près et en contact avec lui, lui rappela l'incident de la veille. Le cœur battant, elle s'écarta de lui et jeta directement les morceaux à la poubelle, avant de se laver de nouveau les mains et de monter en haut.

- Val ? Tu... Tu ne manges plus ?

- Sans te vexer, le sel m'a un peu coupé l'appétit. Je mangerais ma deuxième tartine après ma douche. Oh ! Et euh… refait moi pas le coup de la chasse d'eau, s'il te plait.

- Promis. Je vais finir de manger le temps que tu prennes ta douche.

- Ok. Souriait-elle.

Elle monta se laver et Harold termina de déjeuner, la tête dans les mains. Il avait vraiment l'impression d'enchaîner maladresse sur maladresse… Sous la douche, Valéria laissa l'eau chaude couler sur sa tête pour tenter d'extirper cette horrible sensation de honte qu'elle venait tout juste de ressentir. La douche fut brève vu qu'elle avait encore plein de choses à faire. Elle s'habilla, se coiffa et se maquilla vite fait, puis elle rangea la salle de bain et fit son lit avant de descendre. Harold avait fini et il était en train de débarrasser quand elle s'asseya à table pour finir sa seconde tartine. Elle mangeait en silence, perdue dans ses pensées et pris soin de ne pas regarder Harold. Harold l'avait remarqué, mais il ne fit pas la remarque. Après avoir fini de manger, Valéria commença à sortir ce qu'il fallait pour le repas de ce midi, toujours sans rien dire. Elle sorti le morceau de mouton, des légumes, des épices et des pommes de terre. Elle commença à préparer la viande avec du beurre, des oignons, de l'ail et des herbes, quand Harold prit un couteau et une pomme de terre. Ce qui intrigua la jeune femme.

- Tu fais quoi ?

- C'est évident, non ? Je t'aide. Souriait-il

- Oh… c'est gentil, Harold. Mais ça va aller. Lui souriait-elle

- Tu as peur que je fasse d'autres bêtises, c'est ça ?

- Hein ? Non, bien sûr que non. Mais comme c'est un plat que tu as… plus ou moins pas mangé depuis une éternité, je me dis que tu le savourerais mieux si je le préparer seule. Un peu comme une surprise. Argumenta-t-elle en continuant de préparé la viande.

- Et je fais quoi moi alors ?

- Euh… je n'en sais rien. Lis ton livre.

- Je n'ai pas trop envie de lire. J'aimerais décoller un peu de ce bouquin et apprendre à vivre dans le monde moderne en compagnie de quelqu'un. Pas à travers un livre.

- Je comprends ce que tu veux dire. Dans ce cas, continue d'éplucher. Lui souriait-elle

Même que son sourire était sincère, Harold avait bien vu qu'il était forcé et que son regard était fuyant. Était-ce à cause d'hier soir ? Il aimerait le savoir.

- Val ?

- Mmh ?

- Tu m'en veux, c'est ça ?

- Pour un mug de café salé et un mug brisé ? Non. C'est des choses qui font rager sur le coup, mais pas au point d'en vouloir. Et puis c'était un accident, vu que tu voulais bien faire.

- Non. Je voulais dire… Par rapport à hier soir.

- Ah.

Ce qu'elle redoutait arriva. Harold y pensait encore et elle n'avait pas fait suffisamment d'efforts pour cacher ses sentiments. Elle allait devoir être convaincante pour faire croire le contraire.

- Non, je ne t'en veux pas non plus pour ça.

- Alors pourquoi tu ne souris pas comme d'habitude ? Pourquoi j'ai l'impression que tu es… différente ?

- Parce que, je… je suis contrariée. Voilà pourquoi.

- A cause de moi ?

- Non, Harold… c'est par rapport à demain ! J'ai la station qui ouvre et pour la première fois, je vais devoir gérer ça sans mes parents ! Et ça me fout le trac !

- Ah oui, c'est vrai… désolé. Je sais ce que c'est d'avoir des responsabilités reléguées automatiquement par ses parents.

- Vraiment ?

- Oui. Je suis le fils du chef. Donc… je sais ce que ça fait. Ça te parait dur et impossible à faire sans eux, mais au final… tu te rends compte que ce n'est pas si difficile que ça. Suffit juste d'avoir du courage et d'être soutenu.

Valéria ne le quittait pas des yeux, absorbé par ce qu'il disait. C'était donc le fils d'un chef viking ? Et il connaissait aussi le poids des responsabilités ? Le fait qu'il lui a dit ça l'aida à se sentir mieux à ce sujet dont elle éprouvait également de l'inquiétude. Mais quand Harold croisa son regard, elle senti son cœur battre plus fort. Confuse, elle lui adressa un faible sourire et termina de préparer la viande pour la mettre à cuire dans le four. Soudain, quelqu'un sonna à la porte et Harold alla ouvrir. C'était Cami.

- Salut, Cami.

- Salut, Harold. Euh… comment ça va depuis hier soir ?

- Ça va mieux, merci. Et toi ?

- Comme d'hab, je vais bien. Mais je ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir pour hier soir.

- C'est rien, va. Euh… Viens, entre.

- Merci. Salut Val. Dit-elle en entrant

- Salut. Lui souriait-elle tout en épluchant les légumes.

- Euh… Vu ce qui s'est passé hier soir, j'ai hésité à venir, mais je ne suis pas venue les mains vides.

Elle sortit d'un sac plastique une boite en carton qu'elle posa sur la table de cuisine et l'ouvrit devant leur regard curieux. La boite contenait plein de donuts de toutes les couleurs.

- Je me suis dit que ça vous ferait plaisir.

- C'est gentil, Cami. Ça a l'air super bon. répondit Harold

- Je confirme. Dit Valéria

Valéria n'en avait pas encore prit un, ce qui intrigua Cami. D'ordinaire, Valéria raffolait de ces trucs et là, elle n'en mangeait pas et n'y prêta pas vraiment attention. Harold en prit un et trouva que c'était super bon ! Mais Cami lui posa une question d'un air embarrassé.

- Harold ? Est-ce que tu peux nous laisser, s'il te plait ? J'dois parler d'un truc privé à Val.

- Bien sûr.

Il embarqua son donuts et monta dans sa chambre. Après s'être assurée qu'il ne puisse pas écouter, Cami se tourna vers Val qui continua d'éplucher ses carottes.

- Bon. Qu'est ce qui y'a ?

- Rien.

- Tu ne te jette pas sur les donuts, alors que tu adore ça. Donc si, il y a quelque chose qui ne va pas.

Valéria la regarda deux secondes sans rien dire, puis elle claqua la langue avant de s'essuyer les mains et de s'emparer d'un donuts au sucre. Elle le mangea par grosse bouchée, ce qui confirma la théorie de la blonde.

- Je l'ai embrassé. Lâcha-t-elle entre deux bouchées

Sa réponse fut comme une claque pour Cami. Se retenant d'exprimer à haute voix sa surprise pour pas qu'Harold se doute de quelque chose, elle mit sa main devant sa bouche jusqu'à ce qu'elle ait digéré la nouvelle. Mais en voyant la tête dépitée de sa copine, elle en fut encore plus étonnée.

- Euh… vu ta tête, ça a pas du si bien se passer que ça...

- Non.

- Mais qu'est ce qui s'est passé ? Il t'a repoussé ?

- On peut dire ça.

- Mais pourquoi ? S'étonna Cami

Elle ne comptait pas lui révéler le secret d'Harold. Elle le lui avait promis. Mais ça ne l'empêcher pas d'expliquer le problème sans risquer de révéler autre chose. Alors elle expliqua la vérité à sa manière.

- Bah en fait… Il aime toujours cette fille. Et comme il était ravagé par ses souvenirs avec elle, j'ai rien trouvé d'autre à faire que de le prendre dans mes bras pour le consoler. Puis d'un coup, je l'ai embrassé. Deux fois.

- Deux fois ?! Et... ça lui a pas plu ?

- Je n'en sais trop rien. Mais comme je savais qu'il l'aimait toujours, je ne sais pas ce qui ma prit.

- Bah peut être que tu commences à tomber sous son charme, non ?

- C'est vrai que c'est difficile de ne pas être insensible à son charme. Mais il aime déjà quelqu'un. Ça devrait être suffisant pour se forcer à ne rien ressentir.

- Mais tu ressens quelque chose. Sinon, tu ne l'aurais pas embrassé. Souriait Cami

- Je n'aurais pas dû. Ça a servi à rien, si ce n'est faire naître un malaise entre nous, à me culpabiliser et me mortifier de honte…

- A ce point-là ?

- Oui. Depuis hier soir, je n'arrive pas à chasser ce sentiment de honte de ma tête, je n'arrive pas à lui parler naturellement, ni à le regarder… je n'arrête pas de me dire « Je n'aurais pas dû faire ça… «, « Pourquoi j'ai fait ça… » et pour couronner le tout, je n'arrive pas à montrer à Harold que ça ne m'affecte pas. Je me suis fait griller tout à l'heure, mais heureusement, l'excuse à demi vrai du stress mêlée à l'ouverture de la station m'a sauvée.

- Mais… cette fille ? Où elle est ?

- D'après ce que j'ai pu comprendre… elle est morte. Mais il reste accroché à ses souvenirs.

- Oh. C'est beau… mais il se fait du mal pour rien, le pauvre. Soupira-t-elle en se prenant un donuts

- Je suis d'accord. Mais je ne peux pas le forcer à l'oublier du jour au lendemain pour se mettre avec moi. Je ne suis même pas sûr que je lui plaise… Dit-elle en prenant un second donuts.

- Y'a un moyen de le savoir. Dit Cami d'un air pensif, mais sérieux

- Mmh ?

- Rends-le jaloux.

- Hein ? Jaloux ? Mais… quand bien même j'accepterais, avec qui je le rendrais jaloux ? Chris ? Je n'ai pas très envie de l'impliquer dans cette histoire pour arriver à mes fins. Si je veux qu'il se passe quelque chose entre nous, je préfère que ça soit naturel et que ça vienne de lui. Mon râteau d'hier soir m'a suffisamment découragée pour ne pas ressayer. Et puis franchement, j'ai autre chose à penser.

- La station. Devina Cami.

- Et ouais. Je dois encore repasser ma tenue, travailler sur mon discours et j'ai le repas à finir.

- Bon bah je ne vais pas te déranger davantage. Si tu as besoin de moi, tu m'appelle ? Souriait-elle

- Pas de soucis. Et merci pour les donuts. Ils sont top. Souriait-elle

Cami quitta la maison et Valéria retourna à ses fourneaux. Elle pourrait dire à Harold que Cami était parti, mais elle préférait rester seule un petit moment et continua de faire à manger en mettant ses écouteurs. Depuis sa chambre, Harold avait tout entendu parce qu'il avait fait exprès d'écouter afin d'avoir sa réponse. Même qu'il en était presque sûr, ça lui faisait de la peine d'en avoir eu la confirmation. Il s'asseya sur le rebord de son lit et fixa le sol d'un air pensif.

Ainsi donc, Valéria éprouvait des sentiments pour lui, en plus de se sentir honteuse et blessée, tout en demeurant compréhensive à son rejet ? Harold s'en voulait encore plus en réalisant ça. Et tout ça parce qu'il était prisonnier de ses sentiments pour quelqu'un qui n'existe plus depuis des siècles… Il pourrait très bien faire le deuil et passer à autre chose, mais il n'en avait pas le courage. Même encore aujourd'hui, ses regrets concernant Verika le rongeait du plus profond de ses tripes, alors comment pourrait-il arriver à les chasser et faire la paix avec lui-même ? Et même s'il y arrivait, est-ce que Valéria accepterait de vivre quelque chose avec lui ? Vu qu'elle a dit à Cami qu'elle regrettait de l'avoir embrassé et qu'elle avait la station à gérer, une romance n'était peut-être pas la bienvenue.

Il repensait et réfléchissait à tout ce qu'elle venait de dire à Cami. Elle n'était pas sure qu'elle lui plaise ? Harold esquissa un sourire en réalisant que ce qu'elle venait de dire était idiot. Bien sûr qu'elle lui plaisait ! Elle était belle, en plus d'avoir tellement de qualités, qu'aucun homme sur terre ne pourrait être insensible. Mais comme elle l'avait dit, Verika demeurait toujours dans son cœur. Et comme les deux jeunes femmes se ressemblaient sur quelques points, notamment la couleur de leurs cheveux, leur teint de porcelaine, leur sourire et leur caractère, il aurait donc peur d'avoir l'impression d'être avec Verika plutôt que Valéria. Et s'il venait à commettre une maladresse, Valéria serait blessée et il s'en voudrait à jamais.

Au final, Harold était encore plus torturé par ce qu'il ressentait. Il n'arrivait plus à réfléchir, ni à savoir ce qu'il voulait. Une chose est sure, il ne voulait plus être dans sa chambre. Il redescendit en bas et depuis l'escalier, il regardait discrètement Valéria qui faisait la vaisselle en musique. En la regardant, il esquissa de nouveau un léger sourire. C'est vrai qu'elle était belle. Et tellement gentille. Tellement gentille que c'était intolérable qu'elle souffre. Mais quand il la regardait, l'envie d'être avec elle était plus forte que tout. Ou du moins, l'envie devenait plus forte. Il devait le reconnaitre, il se sentait bien avec elle. Et il ne doutait pas qu'il puisse être heureux en sa compagnie, puisqu'il l'était déjà. Alors pourquoi hésiter ? Les dieux lui en voudraient-il s'il décidait de laisser Verika au passé et de tout faire pour se reconstruire un avenir avec une personne qui l'accepte et le comprenne ? Au diable les dieux, se disait-il. Il prit la décision d'essayer d'aller de l'avant et de progressivement montrer à Valéria qu'il était prêt à passer à autre chose, même si elle était de la famille Grimborn. A cette idée, Harold ferma les yeux et repensa une dernière fois à la jeune viking.

- Pardonne-moi, Verika. Mais je ne peux plus continuer de vivre dans le passé. Il faut que j'aille de l'avant. Mais jamais je ne t'oublierais. Ni toi, ni les autres. Jamais.

Il termina de descendre les escaliers vu que Valéria ne l'avait pas vu. Elle venait de finir sa vaisselle et elle jeta un œil à la cocotte sur le feu. Ça sentait bon les patates et les légumes. Il souriait en la voyant sourire de satisfaction. Malgré qu'elle ait ses écouteurs dans les oreilles, Harold attendit qu'elle n'ait rien dans les mains pour lui faire signe sans causer de dégâts. En se retournant, elle eut un léger hoquet de surprise en le voyant, puis elle ôta ses écouteurs. Depuis le départ de Cami, elle avait décidé d'être plus détendu et de faire comme s'il ne c'était rien passé. Elle continuerait de le regarder et de sourire comme avant, même si elle devait souffrir et s'en vouloir en silence.

- Ça été avec Cami ?

- Oui, très bien. Pour le repas, tout est en train de cuire et ce sera prêt pour midi.

- J'ai hâte d'y être. Ça sent très bon.

- Merci. Bah en attendant, qu'est-ce que tu dirais si je t'apprenais à te servir d'un portable ? Proposa-t-elle avec le sourire

- Je veux bien. Souriait-il en retour

Ils s'asseyaient donc côte à côte sur le canapé, mais pas trop collés non plus. Valéria lui donna le téléphone pleinement chargé et prit le sien dans sa poche. Harold examina l'appareil sous tous les angles, puis redevint attentif quand Valéria lui expliqua les principales touches du téléphone, chose qu'il assimila très vite. Il put allumer son portable sans soucis. Elle lui fit inscrire son numéro, ainsi que le fixe de la maison, elle lui montra comment envoyer un sms, passer un appel, écouter son répondeur et prendre des photos ou vidéos. Ayant tout expliqué et ayant tout retenu, Harold s'amusa quelques instants avec afin de mieux assimiler son apprentissage. Valéria quitta la pièce pour retourner voir le repas et annonça que c'était prêt. Harold l'aida à mettre la table et quand il gouta enfin au rôti, il se retenait de se montrer triste ou même de pleurer tellement qu'il était heureux d'en manger. Mais Valéria n'était pas dupe.

- C'est bon ? Souriait-elle

- C'est délicieux. Merci encore. Souriait-il

- De rien. Ça m'a fait plaisir de cuisiner ça.

- J'espère qu'un jour, je serais capable de te cuisiner quelque chose. Encore faut-il que je sache maitriser vos modes de cuisson.

- Avec le temps, ça viendra. Dis ? Je peux te poser une question au sujet du dragon ?

- Bien sûr.

- Si tu étais en train de le chasser… mais que tu as fini sous la glace… ça veut dire que vous l'aviez combattu ici ?

- Logiquement.

- Woh… alors les dragons ont foulés ces terres ? Ça m'étonne qu'on n'ait trouvé aucun ossements… ça aurait été une découverte fabuleuse pour l'histoire de l'humanité !

- Sans aucun doute. Mais vu ce qu'on faisait d'eux, pas étonnant que vous n'ayez rien trouvé.

- Vous en faisiez quoi ?

- Ont récupérait tout ce qu'on pouvait pour nos armes, nos conforts, nos trophées de guerre…

- Tu saurais me le dessiner ?

- Qui ?

- Le Furie Nocturne. Voir même les autres dragons, vu que tu as un don pour le dessin. Sauf si bien sûr, tu ne te rappelle plus d'eux ou que tu n'en a pas envie. Chose que je comprendrais.

- Je ne risquerais jamais d'oublier un tel dragon. Mais oui, je veux bien le dessiner. T'a une feuille ?

Elle lui donna ce qu'il fallait pour dessiner et ne quitta pas la feuille des yeux, le menton dans le creux de sa main. Prenant sur lui, Harold dessina du mieux qu'il pouvait le Furie Nocturne. Valéria admettait qu'il avait vraiment du talent, parce qu'en regardant le résultat final, on aurait dit que cette créature avait toujours existé.

- Il est… magnifique. Le dessin, j'entends. T'a vraiment du talent.

- Merci, Val. Et toi ? Tu sais dessiner ?

- Oh non. Je suis nulle en dessin. Riait-elle. Bref, tu as bien mangé ?

- Oui. Un repas digne de Snoggeltog.

- Snog… quoi ? Qu'est-ce que c'est ?

- Oh, c'est euh… c'est une fête qu'on célébrait pour la fin de l'année. Odin nous rapportait des cadeaux à ce moment-là et on les retrouvait dans nos casques.

- Quoi, Noël ? Snoggeltog, c'est comme ça qu'on appelle cette fête chez vous ? Souriait-elle

- Et vous, vous dite Noël. Ça sonne plus… différent. Mais c'est tout aussi magique.

- Oh ça oui, c'est magique.

Ils passèrent un moment à table à comparer leurs fêtes selon les époques et ils riaient bien. Et c'était tout aussi instructif pour l'un que pour l'autre. La conversation et la bonne humeur était revenue entre eux, même si par moment, à force de trop le regarder, Valéria avait envie de céder à l'envie de détourner le regard face aux souvenirs et au sentiment de honte qui revenaient la hanter. Quand à Harold, il n'arrivait plus à trop à penser à Verika tellement que le regard, le sourire et la curiosité de Valéria l'hypnotisait. Ils débarrassèrent la table, puis Valéria monta dans sa chambre pour repasser sa tenue et Harold poursuivit sa lecture dans sa chambre. Une fois sa tenue repassée, Valéria travailla sur son discours dans le bureau de son père. A un moment, Harold alla la voir et frappa à la porte, et Valéria leva son regard vers lui, par-dessus ses lunettes noires. Harold la trouvait jolie avec des lunettes. Ça lui faisait bizarre, mais il aimait bien, même s'il préférait la voir sans.

- Salut.

- Salut.

- Euh… Je ne te dérange pas ?

- Non. Qu'est ce qui y'a ?

- Rien. Je me demandais… si tu voudrais sortir avec moi aujourd'hui ?

- Pardon ?

- Enfin... faire une balade. Le bon air nous ferait du bien, non ? Qu'est-ce que tu en dis ?

- J'aimerais bien, Harold. Mais je dois finir mon discours et faire encore quelques bricoles niveau informatique. S'excusa-t-elle en indiquant l'ordinateur d'un signe de tête

- Ah. Ce n'est pas grave, Val. Ce sera pour une prochaine fois. Souriait-il

- Avec plaisir. Souriait-elle

Elle se remit à pianoter les touches avec vitesse, ce qui attira la curiosité d'Harold. Valéria leva du nouveau le regard de son ordinateur et remarqua qu'Harold la regardait.

- Autre chose ?

- Non, je… je trouve cet appareil intriguant. Qu'est-ce que c'est ?

- Un ordinateur.

- Un ordinateur… Tu fais quoi avec, exactement ?

- Je tape des textes, je cherche des informations, je réponds à des e-mails... euh, du courrier qu'on m'envoie, et plein de choses très utiles.

- Quand tu auras fini de travailler, dessus, tu pourras m'apprendre à m'en servir ?

- Pas de soucis. Mais pas sur celui-là. C'est l'ordinateur de mon père et il ne sert que pour le travail. Pour l'amusement et le reste, je te passerais mon ordinateur portable. Et je te rassure, il ne fait pas la taille de ton téléphone. Ca s'emporte aussi très facilement sur soi, mais c'est beaucoup plus gros et grand. Souriait-elle

- D'accord. Allez, je te laisse.

Il la laissa travailler tranquillement, et il chercha quoi faire. Il en avait marre de lire et il voulait faire un truc utile, mais qui ne gênerait pas Valéria dans son travail et qui ne risquerait rien entre ses mains. Il fit de nouveau le tour de la décoration du salon, et s'attarda un instant sur un portrait de Valéria. Se forçait-il à la regarder ou bien était ce naturel ? Peut-être les deux. Il prit son téléphone et essaya de se rappeler comment on prenait une photo. Il réussit enfin à en prendre une du portrait et alla s'asseoir dans le canapé. Pendant un quart d'heure, il s'amusa à tester presque toutes les options du téléphone puis il entendit Valéria descendre l'escalier, pour venir s'asseoir avec Harold sur le canapé.

- Ça va ?

- Ouais. Et toi ? Tu ne t'ennuies pas trop ?

- Non, ça va. Je me familiarise encore plus avec mon téléphone.

- Un vrai homme des temps modernes. Bravo. Et euh… désolée d'avoir refusé la balade tout à l'heure. Mais je n'avais pas le choix.

- C'est rien, Val. T'a réussi à finir ton discours ?

- Oui.

- Alors c'est le principal. Mais si j'ai proposé ça, c'était surtout pour que tu te détendes et que tu penses à autre chose.

- C'est très gentil. Mais ce que j'aime faire quand je stress pour ce genre de chose, c'est rester chez moi et m'éclater avec un jeu ou regarder la télé. Dit-elle en montrant la tété d'un signe de tête

- Et sur les deux, tu veux faire quoi la ?

- Je n'en sais rien. Peut-être regarder une série ?

- Alors je suis partant.

- Super. Euh… vu l'heure qu'il est... je vais mettre une pizza à cuire et pour l'apéro, je vais sortir des chips, du saucisson sec et de l'hydromel.

- Tu veux de l'aide ?

- Oui, je veux bien.

Il l'aida en coupant le saucisson pendant qu'elle mettait la pizza au four. Elle sortit ensuite le reste et débouchonna la bouteille d'hydromel. Ils emmenèrent tout sur la table du salon et Valéria choisissait une série qu'elle avait envie de regarder et qu'Harold lui avait demandé de choisir. Peu importe ce qu'il allait regarder, du moment qu'il était avec elle, qu'elle se sentait bien et qu'elle souriait. Ils trinquèrent avant que l'épisode 1 ne démarre, puis entamèrent le bol de chips et l'assiette de saucisson. Harold était captivé de ce qu'il voyait à la télévision, mais surtout de cette machine géniale qui envoyait des images. La télé. Vive le monde moderne ! Valéria riait et souriait selon certains passages de la série, tout en prenant garde de ne pas s'étouffer avec la nourriture. Chacun d'eux piochés à tour de rôle dans le bol de chips, mais à un moment, tous deux piochèrent en même temps. Leurs mains se touchèrent et après avoir croisé le regard d'Harold, Valéria la retira le plus naturellement possible avant de reporter son attention sur la série. Harold la regarda d'un air légèrement triste et contrarié en voyant qu'elle semblait toujours affectée par hier soir, même si elle faisait de son mieux pour le cacher. Il tourna donc son regard vers la télé.

Le minuteur du four sonna. Valéria se leva et découpa la pizza en deux. Ils finissaient tranquillement leurs repas et continuaient de regarder la télé. L'heure tourna. Si Harold n'était pas fatigué, Valéria commençait à l'être. Luttant contre le sommeil à cause de la digestion, de l'alcool, du stress et de la fatigue, Valéria n'arrivait malheureusement plus à tenir et avait fini par s'endormir, laissant sa tête basculer sur le côté du canapé. Harold ne s'en était pas rendu compte tout de suite. C'est en adressant un regard furtif à la jeune femme qu'il la vit en train de dormir.

- Val ? L'appelait-il

Pas de réponse.

- Val ? Murmurait-il en la secouant légèrement.

Rien. Elle s'était endormie. Harold ne pouvait s'empêcher de la regarder et de sourire en voyant qu'elle était mignonne. Mais il ne pouvait pas la laisser dormir dans le canapé en sachant ce qui l'attendait demain matin. Elle devait dormir dans son lit. Harold se leva discrètement et essaya de la prendre dans ses bras en prenant grand soin de ne pas la réveiller. Dans ses bras, Valéria avait sa tête callée contre le creux de son épaule et s'était accrochée instinctivement à lui. Harold esquissa un sourire en l'entendant pousser un léger soupir de bien-être. Harold monta discrètement en haut mais ce n'était pas facile de monter un escalier avec quelqu'un dans les bras ! Il entra enfin dans la chambre, retira la couette et la posa doucement dans son lit. Mais comme elle s'était accrochée à lui, il avait du mal à s'en dépêtrer ! Perdant l'équilibre, il se retrouva presque allongé sur elle et grimaça avec crainte de sa réaction si elle se réveillait ! Mais elle dormait toujours. Harold soupira de soulagement et se releva pour la recouvrir de sa couette. Il ne s'en alla pas tout de suite et continua de la regarder dormir. Il n'osait même pas lui caresser la joue, de peur de la réveiller. Il lui souhaita bonne nuit et quitta la chambre pour aller se coucher.

Le lendemain, Valéria se leva de bonne heure et même avant Harold. Elle avait pris possession de la salle de bain et quand elle en ressorti, elle était déjà coiffée, maquillée et avait déjà revêtu sa tenue. Elle descendit prendre son petit déjeuner et Harold se leva peu de temps après. Se frottant les yeux, il se figea quand il vit Valéria. Et quand elle se retourna, il fut comme foudroyé tellement qu'elle était belle dans son tailleur noir assorti à une jupe noire qui lui arrivait au-dessus des genoux, un beau chemisier bordeaux et des talons noirs. Elle avait un joli maquillage qui mettait son teint et ses yeux en valeur et elle avait coiffé ses cheveux roux en un beau chignon avec une frange coiffée sur le côté.

- Bonjour. Souriait-elle, amusée de le voir bouche bée

- Euh... bonjour. Val, tu es… méconnaissable !

- Merci, Harold. Rougissait-elle

- Comment tu te sens ? Tu as bien dormi ? demanda-t-il en prenant place à table

- Très bien, mais... je peux te demander quelque chose ?

- Quoi ?

- J'ai l'esprit un peu embrumé par rapport à hier soir. Je me souviens du repas et de la série mais je n'arrive pas à me rappeler de la suite...

- Tu t'es endormie et je t'ai couché.

- Ok. Mais... j'ai le sentiment d'avoir fait ou dit un truc gênant... c'est le cas ?

- Non. Souriait-il

- Bon d'accord, ça me rassure. Je vais devoir bientôt y aller. Ca va aller pour toi ?

- Si j'ai survécu à des attaques de dragons, je peux bien survivre une journée sans toi. Assure-t-il avec un clin d'œil

- Bien. Euh… Il y a tout ce qu'il faut dans le frigo pour te faire des sandwichs, et dans le placard, il y a de quoi grignoter. T'a qu'à te servir. Je t'ai laissé mon numéro de portable sur le frigo, et le double des clés au cas où il y a un problème. N'hésite surtout pas à m'appeler. N'ouvre à personne et ne décroche pas le téléphone si tu as peur de ne pas savoir quoi répondre. Et...

- Val. Tout ira bien. Sauve-toi avant d'être en retard.

- D'accord...

Elle prit son sac à main, sa mallette de travail, son manteau et son écharpe et se dirigea vers la porte. Mais avant de la franchir, elle eut un drôle d'impression. Elle n'avait pas envie de le laisser seul alors qu'il commençait à peine à s'intégrer au monde moderne et à savoir se servir de l'électroménager. Quand elle se tourna vers lui, Harold lui adressa encore un sourire et la rassura.

- Tout ira bien, Val. Je serais prudent. Et je ne ferais pas exploser la maison, si c'est ça qui t'inquiète. Plaisanta-t-il

- Non… Je n'ai pas peur de ça, Harold. Riait-elle. Bonne journée.

- Toi aussi.

Elle fila de la maison et se hâta de grimper dans sa voiture sans regarder derrière elle, ni Harold qui se tenait auprès de la porte encore ouverte. Si elle le refaisait, ça éveillerait des soupçons et elle n'arriverait pas à aller au travail. Quand elle fut parti, Harold ferma la porte et essaya de trouver de quoi s'occuper. Il commença par ranger et nettoyer un peu la maison, sa chambre, il fit sa toilette, lut son livre, et essaya de faire marcher la télé. Il y arriva et zappa les chaines jusqu'à ce qu'il trouve quelque chose qui lui plaise.

oO*Oo

Valéria arriva à la station avec un sourire et un état d'esprit confiant. Elle s'inquiétait un peu moins pour Harold et elle s'était dit qu'il n'hésiterait pas à l'appeler au cas où, et que s'il ne l'avait pas fait d'ici midi, c'est elle qui l'appellerait. En sortant de la voiture après s'être garée, elle marcha jusqu'au hall d'accueil de la station, et ne fut pas étonnée de voir son oncle déjà sur place, habillé d'un élégant costard noir, d'une chemise grise et d'une cravate noire. En voyant sa nièce, il arbora un large sourire et l'accueillit les bras ouverts, chose qu'elle fit aussi.

- Ah. La voilà. La fierté de la famille.

- Oncle Viggo… Rougissait-elle dans ses bras.

- Comment te sens-tu ? Pas trop anxieuse ?

- Le nier serait mentir. Mais comme maman me l'as dit, tout se passe bien chaque année, alors ce sera pareil cette année encore.

- Humph. Ta mère a toujours été d'un grand optimisme. Qualité que tu as visiblement héritée. Bien. Les premiers clients ne vont pas tarder à arriver. N'oublie pas. On respire, on se détend et on sourit.

- Oui, mon oncle. Souriait-elle

Ils accueillirent tous les deux les clients qui arrivaient au fur et à mesure dans le hall après s'être garés. Chacun d'entre eux demanda vite fait des nouvelles, ou comment se faisait-il que Mr et Mme Cooper ne soient pas là, et Valéria leur expliqua brièvement la situation mais avec gentillesse. Les clients qui les avaient salués avec une poignée de main amicale se dirigeaient ensuite vers l'accueil pour avoir les clés de leur chalet. Ils repartirent aussitôt s'installer, et Viggo et Valéria continuaient d'accueillir les clients jusqu'à ce que la majorité soit arrivée. Valéria prit deux minutes pour s'isoler et vérifier son téléphone. Pas d'appel et pas de messages. C'est que tout devait aller bien. Elle souffla un bon coup, puis sorti les notes de son discours qu'elle allait devoir prononcer dans peu de temps.

- Que fais-tu ? Lui demanda Viggo, ce qui fit sursauter la jeune femme

- Oh, je… relis les notes de mon discours.

- Mmh, mmh. Puis-je y jeter un coup d'œil ?

- Bien sûr. Tiens.

Il lut de façon très brève les notes et hocha par moment la tête. Pour elle, c'est que c'était bon signe.

- Très bon discours. Clair… court… agréable.

- Merci.

- Mais tu as peur de le prononcer à haute voix devant tout le monde, n'est-ce pas ?

- Un peu. Grimaça-t-elle

- Ça se voit et ça se ressent, Val. Tu es nerveuse et tu joues avec tes ongles. Ce qui est normal, je te l'accorde. Tu veux que je le prononce à ta place ?

- D'une part ça m'arrangerais vu que je ne suis pas très à l'aise pour parler devant une grande assemblée. Mais d'un autre coté… C'est à moi que mes parents ont confié la gérance de la station. Il est donc normal que ce soit moi qui m'adresse à eux.

- Sage réflexion.

- Merci. Je peux les reprendre ?

- Tu n'en auras pas besoin. Dit-il en les rangea dans la poche intérieure de sa veste

- Mais…

- Val. Si tu les gardes avec toi, tu vas les relire et les relire jusqu'à ce que le moment venu arrive. Et sous l'effet du stress, tu vas t'emmêler les pinceaux et tu vas bafouiller. Tu l'as écrit quand ?

- Depuis quelques jours et je l'ai conclu hier.

- Donc tu connais le contenu de ton discours ?

- Oui, mais…

- Ecoute. Les clients sont des habitués depuis une bonne paire d'années. La confiance est donc déjà établie. Tu es d'accord ?

- Oui.

- Alors tu arriveras à parler devant eux.

- Si tu le dis. Dans ce cas, je suivrais ton conseil.

- Bien. Je suis fier de toi et de voir que tu affrontes tes peurs avec courage.

Elle hocha la tête et lui souriait faiblement. Il poussa un léger soupir, puis il lui prit son menton comme il l'avait toujours fait quand il avait un truc important à lui dire.

- N'oublie pas qui tu es, Val. Tu portes le nom des Cooper, mais tu portes avant tout le sang des Grimborn dans tes veines. Depuis des siècles, les membres de notre famille n'ont jamais cessé de faire preuve de courage et de témérité. Et c'est ce que tu feras dans peu de temps. Alors en attendant, détends-toi et va prendre un rafraîchissement au buffet de bienvenue.

Avec un sourire et une plus grande confiance en elle, Valéria suivit son conseil. Son oncle l'accompagna et discuta avec quelques clients. Quand le moment fut venu, Valéria monta sur la petite estrade pour faire son discours de bienvenue. Et devant le sourire de tous ces gens qu'elle connaissait, elle n'eut en effet aucun mal à parler sans commettre de bavure ou encore bafouiller. Les clients l'applaudirent, ainsi que son oncle qui souriait avec fierté. Tout le monde s'en alla ensuite dans son chalet ou dans les secteurs d'activités, et quand ils ne furent qu'à deux, Valéria adressa un grand sourire à son oncle et se permit de l'enlacer affectueusement.

- Merci mon oncle… heureusement que tu es là…

- Je serais toujours là, Val. Toujours. Répondit-il en lui caressant affectueusement le dos.

Le midi, elle mangea avec son oncle dans le réfectoire de la station. Ils discutèrent de toute sorte de choses liées à la station, puis en plein repas, le portable de Valéria se mit à sonner. En voyant le nom d'Harold s'afficher, elle fut soulagée mais inquiète en même temps. Elle sortit de table et décrocha à l'écart, sous le regard de Viggo qui, derrière son verre, ne quittait pas sa nièce des yeux.

- Allô ? Dit-elle

- Val ? c'est moi, ça va ? Demanda-t-il d'un ton très calme

- Très bien. A ce que je vois, tu sais te servir du portable. Souriait-elle

- J'ai un bon professeur. Ça été ce matin ?

- Impeccable ! Beaucoup de stress pour rien en fait.

- Je suis soulagé d'entendre ça. Je me suis inquiété, tu sais ?

- C'est gentil. Là, je suis au réfectoire avec mon oncle. Et ça fait du bien de manger avec un meilleur état d'esprit !

- C'est sûr.

- Et toi, ça été ta matinée ?

- Ça été. J'ai fait ce que je pouvais faire, et j'ai réussi à rallumer la télé. Je continue de la regarder en mangeant un bon sandwich.

- Cool ! Dans ce cas, bon appétit.

- Bon appétit à toi aussi, Val. A ce soir.

- A ce soir, Harold. Merci d'avoir appelé. Souriait-elle

Elle décrocha et sentit une vague de soulagement l'envahir. Elle retourna à table avec un sourire qu'elle n'arrivait pas à faire disparaitre, ce qui intrigua Viggo.

- Un bon appel, je présume ?

- En effet. Dit-elle en se rasseyant

- C'était ta mère ?

- Non. C'était Harold.

- Harold… ah oui. Le jeune homme que j'ai rencontré l'autre jour chez toi. Comment va-t-il ?

- Très bien.

- Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ? Ah oui, c'est vrai. Ce n'est pas ton petit ami. La taquina-t-il avec un sourire en coin quand il vit ses joues viraient aux roses

Le fait qu'il réponde à sa place lui rappela qu'Harold ne pourra en effet jamais être son petit ami. Elle se mit une claque mentale pour avoir craqué sur un garçon déjà pris. Son sourire disparut progressivement et elle fit disparaître sa tristesse en mangeant et en continuant de parler de la station. Viggo ne s'était visiblement pas rendu compte de la peine de sa nièce. Le reste de la journée passa très vite. Valéria avait passé une bonne journée mais elle était quand même contente de rentrer chez elle. Raison numéro 1 ? Elle pouvait enfin retirer ses talons qui lui avaient martyrisé les pieds toute la journée ! Quand elle passa la porte, Harold tourna son regard vers elle, et vit Valéria s'adosser contre la porte. Les dents serrées, elle enleva immédiatement ses chaussures. Elle avait tellement mal aux pieds qu'elle avait grimacé à chaque pas.

- Rhaa… saleté… Grommela-t-elle

- Tout va bien ? Demanda Harold qui était assis dans le fauteuil

- Pff… Ce qu'il ne faut pas porter quand on dirige une station… Crois-moi, si je pouvais y aller en jean et en baskets, je le ferais ! Aie… Grimaça-t-elle

- Attends. Dit-il en se levant

- Non, ça va aller, Harold. Ne te lève pas pour…

Elle claqua la langue quand elle vit Harold l'aider à se débarrasser de ses affaires. Il les déposa sur le canapé, puis revient vers Valéria pour la porter dans ses bras, comme une princesse. Ce qui étonna fortement la jeune femme qui se mit à rougir.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Ma sauveuse est souffrante. Je lui viens donc en aide. Souriait-il en croisant son regard.

Elle lui adressa un faible sourire émue et timide. Il était rare pour elle de voir chez un garçon autant de galanterie dans les gestes et dans la parole. Et le fait qu'il l'appelle ainsi la faisait naturellement sourire. Harold l'amena dans le fauteuil et la déposa confortablement en position horizontale. Valéria se laissa faire et ne cessait de sourire timidement.

- Voilà. Laisse tes jambes flotter dans le vide et tu verras que ça ira mieux. En attendant, tu veux boire quelque chose ?

- Oui, je veux bien un chocolat chaud. Souriait-elle, reconnaissante qu'on prenne soin d'elle.

- Comment je fais ça ?

Elle lui expliqua comment s'y prendre et Harold appliqua correctement les consignes. Cette fois, il n'avait pas du tout envie de tout gâcher. Dans son fauteuil, Valéria se laissait fondre contre le coussin encore imprégnés de la chaleur et de l'odeur d'Harold, les yeux fermés et avec un doux sourire. Elle savait qu'il valait mieux ne pas faire ça, mais c'était plus fort qu'elle. Surtout en cet instant, parce qu'elle se sentait super bien. Depuis la cuisine, Harold veillait sur le lait qui chauffait, et en même temps, il avait regardé un court instant Valéria, et s'était mis à rougir en regardant ses jambes. Il admettait qu'elle avait de très belles jambes mais jamais il n'avait vu les jambes d'une fille. En même temps sur Berk, vu les températures froides et assez constantes, aucune filles au village ne se serait promené les jambes à l'air ! Les bras, oui, mais le reste, non. Et puis ça ne se faisait pas. Mais faut croire qu'à l'époque actuelle, c'était normal. Mais ça rendait Harold tout… bizarre. Heureusement qu'il ne la voyait pas encore plus dénudée, le pauvre serait rouge comme une tomate ! En plus, il n'avait jamais vu de fille. Alors dans quel état il serait ? Il termina de préparer le chocolat et l'apporta à Valéria qui le but avec plaisir. Sur invitation de Valéria, Harold s'en fit un aussi mais il fit de son mieux pour ne plus regarder Valéria. Il avait également du mal à faire disparaître ce rougissement. Depuis son fauteuil, la rouquine avait remarqué qu'il avait une tête bizarre.

- Hé, ça va ?

- Mmh, mmh. Ça va. Répondit-il le plus naturellement possible.

- T'es sur ? Alors pourquoi tu as les joues… oh.

Elle porta un regard à ses jambes et fit le lien avec Harold. Se sentant tout à coup très mal à l'aise, elle posa son mug et monta en haut pour se changer. Ayant peur de l'avoir à nouveau blessée, Harold abandonna la cuisine et lui courut après.

- Val, attend ! Ou tu vas ?

- Dans ma chambre. Répondit-elle d'un ton légèrement froid

Elle claqua la porte au nez d'Harold et se dernier resta planté devant, encore perplexe de sa réaction. Valéria avait mis son pantalon de pyjama et un gilet à capuche. Elle s'apprêtait à sortir, mais elle n'en avait pas envie. Si elle sortait, elle allait devoir s'expliquer et elle n'en avait pas envie non plus. Elle resta donc allongée sur son lit, torturée par ses pensées et sa tristesse. Harold quant à lui, était toujours devant la porte, décidé à lui faire avouer la vérité.