Salut à tous ! :D Alors pour la fin du chapitre précédent, désolée si vous vous êtes demandé quoi. La seule excuse que je peux offrir et justifier… c'est que la relation entre Valéria et Harold est assez complexe par moment. x) Surtout à cause de ce qui les unis et de ce qu'ils vivent actuellement. Mais ne vous en faites pas ! Vous aurez davantage d'explications dans ce chapitre ;)
A ce que je vois on aime toujours tonton Viggo ? Parfait ! Avec ce qui va suivre, j'ai hâte de lire vos réactions ! ^^
J'espère de tout cœur que ce chapitre vous plaira ! :D Y'a de l'amour avec un passage classé M, du drama, encore du drama, un nouveau personnage qui débarque… et encore du drama xD Alors jusqu'au chapitre 16, vous aurez droit à du passé, de l'action, des dragons, des nouveaux arrivants, de la romance, et encore et toujours plus de drama ! Merci qui ? ^^ N'hésitez pas à me faire part de vos avis dans les reviews ! ^^ Encore merci à tous, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^
Chapitre 13 - Un monde qui s'écroule
- Val. Il faut qu'on discute.
- Je n'ai pas envie de parler. Laisse-moi. Demanda-t-elle calmement à travers la porte.
- Ecoute. Tant que je ne sais pas ce qui y'a, je reste devant la porte !
- Bah tu pourras attendre longtemps. Je ne compte pas sortir d'ici.
- Mais tu n'as rien mangé ! Protesta Harold
- C'est rien. Je vivrai sur mes réserves.
- Mais… c'est ridicule. Ouvre-moi la porte pour qu'on discute. S'il te plait…
Il attendit qu'elle lui réponde ou vienne ouvrir, mais elle n'en fit qu'à sa tête et resta sur son lit. Muette, le regard fixé sur son lustre, telle une gamine qui boude. Harold insista encore une fois, mais n'obtenant rien de sa part, il la laissa tranquille et retourna ranger la cuisine. Puis il monta se coucher sans rien manger non plus.
En pleine nuit, Valéria avait trop faim. Elle sortit alors de sa chambre après s'être assurée qu'Harold ne soit ni devant sa porte, ni en bas. Elle descendit sur la pointe des pieds et alla chercher un paquet de gâteaux et une bouteille de jus de fruit. Elle remonta discrètement dans sa chambre sans croiser Harold. Elle referma discrètement sa porte et retourna vers son lit, quand soudain, la lumière de la chambre s'alluma. Elle poussa un cri de terreur et balança le paquet de gâteaux vers la personne qui était là, et Harold se prit le paquet en pleine figure !
- AIE !
- Harold ?! Mais… mais qu'est-ce que tu fabrique dans ma chambre ?! Sort d'ici ! Ordonna-t-elle, furieuse
- Je… argh… je veux qu'on discute.
- Encore fixé la dessus ?! Je n'ai pas changé d'avis depuis tout à l'heure, Harold ! Maintenant, sort d'ici !
- Non. Maintenant que je suis là, on va pouvoir discuter.
- Ne me force pas à employer la manière forte pour te faire sortir !
- Essaye un peu. Tu ne me fais pas peur, Val.
Valéria le fixait d'un air sévère et bouillonnait de l'intérieur. Elle avait envie de le chasser de sa chambre avec une bonne prise de combat, mais elle ne voulait pas lui faire de mal. Elle n'avait toujours pas envie de lui parler, mais elle avait également envie de tout lui dire pour enfin se libérer de ses sentiments qui la rongeaient. Elle ne savait plus quoi penser ni comment agir, si bien qu'à bout de nerfs, elle répéta sa demande, les larmes aux yeux.
- Harold. Pour la dernière fois… sors et laisse-moi tranquille…
- Val... Mais qu'est ce qui t'arrive ? S'inquiéta Harold
Même qu'il avait entendu sa conversation avec Cami et qu'il pensait savoir la cause de son état, Harold n'avait pas envie de dire qu'il savait tout. S'il devait savoir quelque chose, c'était à elle de le lui dire.
- Ce qui m'arrive ? Hin…
Nerveuse et voulant finalement tout avouer, elle croisa les bras et se tourna vers sa fenêtre. Elle savait que si elle le regardait, elle n'arriverait pas à parler.
- J'ai des sentiments pour toi, Harold. Des sentiments qui ne sont pas réciproques vu que tu aimes toujours Verika… Alors si j'agis comme ça, c'est parce que l'idée que je ne te plaise pas ou qu'on ne soit pas ensemble me fait de la peine. Et... et je fais des efforts surhumains pour ne pas repenser à ce que j'ai fait l'autre soir ! Ni à la honte et la peine que j'ai ressentie quand tu m'as repoussé et quand tu m'as avoué que tu l'aimais toujours…
Harold ne disait rien, préférant la laisser finir. Valéria essuya une larme et continua d'avouer sa peine.
- Et si je suis montée tout à l'heure, c'était pour me changer. Je ne voulais plus que tu me vois ainsi. Ca me rappelait trop ma peine et le fait que tu as déjà quelqu'un dans ton cœur. Et je ne veux pas te forcer à l'oublier pour moi, vu que tout ce qui te reste de ton passé, c'est tes souvenirs… Alors je préfère faire comme si je ne ressentais rien d'autre à part de l'amitié et de la compassion.
Elle essuya une autre larme et soupira longuement.
- Voilà... Tu sais tout. Ça te soulage de savoir enfin ce que j'ai ? Demanda-t-elle sans se retourner
Harold ne savait pas trop quoi répondre. Face à son mutisme, Valéria ferma tristement les yeux et fut envahie par une nouvelle peine. Maintenant qu'Harold savait tout, il allait y avoir un malaise entre eux et leur vie commune en subirait les conséquences...
- Laisse-moi, Harold. J'ai besoin de dormir pour être un minimum en forme demain.
- D'accord.
Elle l'entendit ouvrir et fermer la porte. Elle passa alors ses mains sur son visage, puis dans ses cheveux, et se retourna pour aller éteindre la grande lumière. Mais elle se figea quand elle vit qu'Harold était toujours dans sa chambre, la main sur la poignée.
- Harold. Tu…
- C'est à mon tour de parler, Val. Je trouve que c'est injuste ce que tu t'inflige. C'est peut être noble, mais c'est injuste. Alors oui, depuis mon réveil je restais accroché à Verika et à mes souvenirs. Mais elle fait partie de mon passé. Et maintenant que je suis revenu à la vie, j'ai envie d'aller de l'avant sans pour autant tout oublier.
Il s'avança lentement vers elle, le regard plongé dans le sien. Valéria faisait pareil, le cœur battant et les yeux brillants d'inquiétude.
- Et tu penses que je ne suis pas attiré par toi ? Même si ça fait depuis peu de temps qu'on se connait ? Détrompe-toi, Val. Tu es une fille absolument merveilleuse. N'importe quel homme serait idiot de ne pas ressentir quelque chose pour toi. Et c'est ce qui m'arrive petit à petit.
- Quoi, tu… tu ressens quelque chose pour moi ? s'étonna-t-elle
- Je pense que oui. J'aime te voir sourire, te parler de mes histoires, j'aime ta curiosité, ta gentillesse, ton altruisme, ta compassion, ton ouverture d'esprit…. tout. Mais plus que tout, j'aime être avec toi. J'apprécie même l'idée de rester à tes cotés et de veiller sur toi comme toi tu le fait pour moi.
Elle était heureuse de l'entendre dire toutes ces choses merveilleuses. Elle avait toujours son regard plongé dans le sien et elle avait un doux sourire aux lèvres. Mais son sourire disparut à l'idée que toute ses belles paroles soit un prétexte pour lui remonter le moral.
- Harold, je… il ne faut pas que tu me dises ça pour me consoler. Je… je ne veux pas de faux espoirs...
- Je ne veux pas te donner de faux espoirs, Val. Tout ce que je t'ai dit est sincère.
Harold porta alors sa main à sa joue, et Valéria ressentit un léger frisson. Son doux sourire refit surface quand elle vit Harold lui sourire avec sincérité. Harold approcha lentement son visage du sien et tous les deux avaient le cœur qui battait très fort. Ils étaient à deux doigts de s'embrasser quand soudain, la sonnette de la porte d'entrée se mit à retentir et une voix masculine se fit entendre. Echangeant un regard intrigué et étonné d'avoir de la visite aussi tard, Valéria descendit ouvrir, suivit d'Harold. Et qu'elle ne fut pas leur surprise de la jeune femme en voyant Viggo qui arborait une mine inquiète.
- Oncle Viggo ? Que… qu'est ce qui se passe ?
- Tu n'es donc pas au courant ? Comprit-il en voyant son air étonné
- Au courant de quoi ?
Viggo poussa un soupir contrarié puis entra dans le salon sur l'invitation de sa nièce.
- Val. Sache… que je suis désolé. Et que je serais toujours là pour toi.
- Pou… pourquoi tu dis ça ? Tu me fais peur…
- J'ai… reçu un appel dans la soirée. En provenance des Caraïbes.
Valéria le fixa avec ses grands yeux noisette emplis de crainte. Harold les regardait successivement, lui-même inquiet de ce qu'il allait dire. Viggo ne lâchait pas sa nièce du regard, lui prit fermement les mains et lui avoua enfin l'origine de l'appel.
- Tes parents sont morts, Val.
Cette nouvelle eut le même effet que si on lui avait tiré dessus à bout portant avec un fusil à pompe !
- Qu… quoi ?! Mais… pourquoi je n'ai pas été…
Elle se rappela ne pas avoir récupéré son portable dans la poche de son tailleur. Elle se rua sur le canapé et quand elle retrouva son portable, elle vit avec effroi un appel manqué d'un numéro inconnu, puis deux appels manqué de son oncle. Elle porta sa main à sa bouche, et se tourna vers Viggo.
- Qu… qu'est ce qui s'est passé… ? Demanda-t-elle d'une voix coupée par un sanglot
- D'après les autorités locales, le bateau sur lequel ils se trouvaient a explosé. Ils ignorent encore la cause exacte. Et les chances qu'il y ait des survivants sont extrêmement minces. Voir même impossible.
- Non… Murmura-t-elle, horrifiée
- Je suis désolé, Val. Quand ils m'ont appelé, j'ai tout de suite pensé à prendre de tes nouvelles. Mais quand j'ai vu que tu ne me répondais pas, j'ai…
Valéria s'était ruée dans ses bras pour pleurer à chaudes larmes. Viggo l'entoura affectueusement de ses bras et la consola du mieux qu'il pouvait. Il demeurait fort pour elle. Harold avait de la peine en voyant le visage de Val dévasté par le chagrin. Il restait dans son coin, sans rien dire, sans intervenir. Il avait même le sentiment d'être un intrus, qu'il aurait dû rester en haut.
- Je… je trouvais ça bizarre que maman ne m'ai pas appelé pour savoir comment ça s'était passé… Qu'est-ce que je vais devenir sans eux…
- Tu vas devoir affronter cette épreuve avec le soutien de ta famille et de tes amis. Ce sera long et pénible, mais avec le temps, cette blessure finira par guérir.
- Merci… mais comment fais-tu pour demeurer aussi calme… ? Tu ne pleures même pas…
- J'ai pleuré après avoir reçu l'appel. Ce n'est pas le genre d'appel qu'on aime recevoir en pleine nuit. Mais quand j'ai pensé au chagrin que toi tu allais ressentir, j'ai pris la décision d'être fort pour toi. Je sais que tu les aimais plus que tout au monde et que le chagrin d'une fille doit être plus fort que celle d'un frère.
- Oh ça oui, je les aimais… je les aimais tellement… Sanglota-t-elle, fermement agrippée à son manteau
- Ecoute... Dit-il en la prenant par les épaules. Je sais que ça va te semblait impossible, mais essaie de dormir. Met toi au lit, pleure autant que tu veux et tu verras, tu vas progressivement t'endormir.
- J'en doute, mais… d'accord… Répondit-elle en larmes
- Bien. Je crois que je vais te laisser avec ton ami. Veille bien sur elle, mon garçon. Demanda-t-il en tournant son regard vers Harold.
- Oui, monsieur.
- Courage, Val. Je viendrais demain matin avant l'ouverture de la station pour prendre de tes nouvelles. Dit-il en se tournant vers sa nièce
Elle fit un faible oui de la tête, et Viggo se permit de lui donner un baiser sur le front puis il s'en alla avec tristesse. Valéria referma la porte et resta un moment figé sur place, la main sur la poignée, tremblante de colère et de chagrin, ce qui fit réagir Harold.
- Val ?
Elle lâcha la poignée et se dirigea avec un regard sévère et bordé de larmes vers la cuisine. Elle sorti la bouteille d'hydromel et but cul sec dans la bouteille. Après une longue gorgée, elle reposa la bouteille, repris son souffle et s'essuya la bouche avec sa manche. Elle recommença encore une fois, puis tourna son regard vers Harold avant d'aller s'asseoir sur le canapé.
- Tu te joins à moi ? Demanda-t-elle d'un ton neutre
Harold soupira tristement avant de la rejoindre. Il buvait son verre avec plus de lenteur qu'elle, vu qu'elle venait de lui en servir un. Valéria ne disait rien au fur et à mesure que la bouteille se vidait. Elle n'arrivait pas à parler, ou à vouloir parler. Elle buvait, restait silencieuse, rageait et pleurait. La présence d'Harold ne semblait même plus avoir de l'importance. Quant à lui, il ne disait rien non plus. Que pouvait-il dire dans l'état où elle était? Il n'osait même pas s'en aller. Sa conscience lui déconseillait de la laisser seule. En buvant, il pensait à son propre père. Il ne savait même pas comment avait fini sa vie vu qu'il avait fini sous la glace avant de rentrer. Il essayait aussi d'imaginer la réaction de son père quand il avait appris sa disparition. Avait-il sombré dans le chagrin ? Avait-il sombré dans la folie ? Avait-il refait sa vie ? Avait-il poursuivie sa vie seul ? Tant de questions auquel il ne connaitrait jamais les réponses. Valéria venait de boire une autre gorgée, puis elle s'adressa à Harold sans le regarder.
- Si tu veux, tu peux aller te coucher.
- Non. Je ne te laisse pas.
- Quoi ? T'a peur que je fasse une bêtise ? Je ne fais que boire. Je n'ai pas besoin qu'on veille sur moi… Et puis je ne suis pas de bonne compagnie. Ça se voit. Grommela-t-elle en rebuvant une gorgée
Harold soupira tristement. Dire que y'a peu de temps, l'ambiance était peut-être tendue, mais elle allait les conduire vers un moment qui aurait fortement plus à l'un et à l'autre. Se souvenant qu'il était sur le point de l'embrasser, Harold regrettait de ne pas avoir été jusqu'au bout. A ce moment-là, il s'en voulait de penser à sa déception alors que Valéria était en train de se souler à cause de cette effroyable nouvelle. Il fut sorti de ses pensées quand il entendit Valéria soupirer et éponger son front avec la manche de son gilet.
- J'ai chaud…
- C'est l'alcool. Enlève ton gilet si t'a trop chaud. Suggéra-t-il avec innocence
La rouquine tourna son regard vers lui avant de reposer la bouteille sur la table basse et de se redresser d'un bon pour s'asseoir à califourchon sur ses genoux, ce qui surpris Harold.
- Tu fais quoi, la ?
- Tu m'as bien fait comprendre que je te plaisais, non ? D'ailleurs, t'étais pas sur le point de m'embrasser tout à l'heure ?
- Euh… si, mais…
- Alors finis ce que tu as commencé. Ce qui va se passer aura sûrement un meilleur effet que de finir cette bouteille.
- Ecoute, Val. Je ne pense pas que…
- Que quoi ? Tu es timide ? Tu veux que je fasse tout le boulot ? Ok.
Elle dégagea ses cheveux vers l'arrière et commença à défaire sensuellement la fermeture éclair de son gilet, puis l'envoya balader d'un geste sur le sol. Elle était en débardeur noir et elle avait à peine commencé à vouloir l'enlever qu'Harold lui attrapa les mains pour qu'elle arrête.
- Wouh… On devient plus actif, maintenant ? Riait-elle
- Val, arrête, s'il te plait.
- Pourquoi ? Moi je veux juste qu'on reprend là où on s'est arrêté.
Elle attrapa son visage et s'empara de ses lèvres. Malgré le fait que ses lèvres soient douces, chaudes et qu'elles aient un doux parfum de miel, il n'arrivait pas à vouloir l'embrasser comme il aurait aimé le faire. Redoutant les conséquences, il la repoussa comme l'autre soir. Et son geste ne plut pas du tout à la jeune femme.
- Je peux savoir pourquoi tu me repousse encore une fois ? C'est quoi l'excuse ? Tu ne veux pas de moi ?
- Bien sûre que si, mais…
- Mais alors quoi ?
- Tu es saoule ! Et je ne veux pas qu'à cause de l'alcool, tu te jettes sur moi et que je profite de ta vulnérabilité ! Je ne suis pas ce genre d'homme !
- Oh bon sang… Pourquoi les mecs deviennent raisonnables quand ça ne nous arrange pas ? Grommela-t-elle. Ecoute, j'ai envie de toi, maintenant ! Alors évite de jouer au gentil garçon raisonnable et fais ce que tu as à faire !
Elle attendit qu'il fasse un truc, mais Harold se contenta de froncer le regard et de la repousser gentiment vers la place vide à sa gauche.
- Non.
- Mais pourquoi ?! Je m'offre à toi ! Je ne vois pas ce qui te dérange !
- Je ne veux pas que ça se passe comme ça, Val. Désolé. Dit-il sans la regarder
Valéria le regarda deux secondes avant de se lever encore une fois d'un bond.
- Tu fais chier. Grommela-t-elle
- Val, attend ! L'interpella Harold en lui attrapant le poignet
- Lâche-moi !
Elle se libéra de son emprise et poursuivit sa route vers l'escalier, avant de lui refaire face d'un air sévère.
- Pour ta gouverne… Sache que si une fille te fait savoir qu'elle a envie de toi, et surtout de son plein gré, fonce ! Du coup, à cause de ta bonne attitude, je me sens furax et frustrée ! Alors que tout ce que je voulais, c'était d'être réconfortée !
Elle grimpa alors les marches quatre à quatre et claqua la porte de sa chambre. Harold l'avait suivie du regard et grimaça légèrement quand il entendit la porte claquer. Il poussa un soupir et se leva pour ranger la bouteille. Soudain, la porte d'en haut s'ouvrit et Valéria se mit à courir jusqu'au toilettes pour aller vomir. D'en bas, Harold entendait tout et il était encore plus désolé que dégouté. Il entendit la chasse d'eau puis des pas trainant dans le couloir. Quand il monta pour aller la voir, il la vit dans la salle de bain en train de se rafraichir le visage. Il croisa de nouveau son regard furieux, puis elle s'enferma directement dans sa chambre, et s'endormit sans qu'elle s'en rende compte. Harold fit alors de même.
Le lendemain, le réveil fut pénible. Elle avait la gueule de bois et la migraine, et sa tristesse ne l'avait toujours pas quittée. Elle ne se souvenait même pas avoir rêvé de ses parents. La seule chose dont elle se souvenait, c'était de ce qui c'était passé hier soir avec Harold. Elle grimaça de honte et se prit la tête entre ses mains avant de retourner se coucher. Elle n'avait pas envie d'aller travailler aujourd'hui. Comme le lui avait dit Viggo, il passa à la maison pour prendre de ses nouvelles. Comme Harold était déjà levé pour préparer le petit déjeuner, c'est lui qui alla ouvrir.
- Bonjour, Harold.
- Bonjour. Entrez.
- Merci. Ou est Val ? Demanda-t-il une fois dans le salon
- Je crois qu'elle dort encore.
- Mmh, mmh… Comment va-t-elle ?
- Je dirais dévastée.
- N'importe qui le serait en perdant un membre de sa famille. Et encore plus quand tu en perds deux d'un coup. La soirée a été éprouvante, j'imagine ?
- Assez, oui… Avoua Harold
Viggo se tourna vers lui et fixa calmement Harold dans les yeux, sans rien dire. Harold se sentait légèrement mal à l'aise mais ne lâchait pas pour autant Viggo du regard.
- Je vois que tu tiens à elle. Ais-je tort ?
- Non.
- Alors accorde-moi une faveur. Ne la laisse pas tomber. Elle vient de perdre ses parents, il est donc inutile de faire saigner davantage son cœur. Pas que je veuille te mettre la pression, mon garçon. Mais comme j'ai pu constater qu'elle tenait également à toi…
- Je n'ai pas l'attention de lui faire de mal. Soyez en sûr.
- Voilà qui est rassurant. Je ne vais pas monter pour aller la voir, mais je repasserais ce soir après le travail. Pour aujourd'hui, qu'elle se repose. Je me chargerai de la station.
- Je lui transmettrai le message.
- Merci. Bonne journée Harold. Et merci d'être là pour elle.
- Merci à vous aussi, monsieur.
Viggo lui adressa un léger sourire avant de prendre la route vers la station. Harold leva son regard vers le plafond, là où se trouvait la chambre de Valéria. Il se risqua à aller la voir et frappa à la porte avant d'entrer.
- Val ? Demanda-t-il timidement
Elle était toujours dans son lit, le dos tournée à sa porte. Elle était éveillée et fixait le mur malgré les larmes qui coulaient sans cesse sur son oreiller. Mais elle ne répondit pas à l'appel d'Harold, même qu'il était entré dans sa chambre. Elle ferma discrètement les yeux, laissant de nouvelles larmes s'écouler sur ses joues. Elle ne voulait pas lui parler, ni voir personne pour le moment. Pour l'instant, tout ce qu'elle voulait, c'était rester seule et pleurer pour ses parents. Elle s'excuserait auprès d'Harold plus tard, en espérant qu'il lui pardonne son comportement de la veille.
Toute la journée, Valéria était restée dans sa chambre à pleurer dans le noir. Malgré son estomac qui gargouillait, elle n'avait pas faim. Elle était incapable d'avaler quoi que ce soit. Elle était juste sortie quelque fois pour aller aux toilettes mais elle était vite retournée dans sa chambre. De son coté, Harold était incapable de faire grand-chose, à part être aux aguets pour elle. Il était revenu la voir le midi, mais sans résultat. Et quand vient enfin le soir, il retenta encore une fois d'aller la voir. Nouvel échec. Se demandant ce qu'il pouvait bien faire, il retourna dans le salon avec son livre. Mais l'envie de lire n'était pas la non plus. Viggo sonna à la porte et comme pour ce matin, Harold lui confia le compte rendu de la journée. Le regard de Viggo devint soucieux, puis il s'en alla en renouvelant ses recommandations vis-à-vis d'Harold.
Quand Viggo fut parti et qu'Harold eût refermé la porte, il laissa sa tête s'abattre dessus. Des recommandations… des recommandations… qu'est-ce qu'il pouvait bien faire, à part la laisser seule, en train de pleurer et de s'affamer ? Avec détermination, il monta la voir, mais elle était toujours dans le même état depuis ce matin, sauf que là, elle était face à la porte, éveillée et sa lampe de chevet était allumée.
- Val ?
Pas de réponse. Harold se risqua quand même à s'approcher du lit et s'asseya prêt d'elle, mais elle ne disait rien, comme si elle n'en avait rien à faire.
- Val… Dit-il en posant sa main sur la sienne. Tu devrais descendre et venir manger un morceau.
- Je n'ai pas faim… Murmura-t-elle
- Ecoute. Je sais que c'est dur, mais il faut que tu manges. Si tu veux, je t'apporte ton repas et je mange en même temps avec toi.
- Il n'y a qu'une chose que je veux pour l'instant. A part qu'on me rende mes parents…
- Oui ? Dis-moi ce que c'est. S'il faut sortir et aller l'acheter, je le fait sans hésiter !
- Non, Harold. Ce que je veux… c'est que tu acceptes mes excuses…
Elle se redressa sur son lit et lui adressa un regard navré et empli de larmes.
- Je suis sincèrement… désolée… Je ne voulais pas… Sanglota-t-elle
Sans réfléchir, Harold la serra dans ses bras. Comprenant qu'il lui pardonnait, Valéria resserra son étreinte et sanglota dans le creux de son épaule. Harold la berça et lui caressait les cheveux tout en chuchotant à son oreille.
- Tout va bien, Val… Tout va bien…
- Merci Harold… Tu es vraiment un garçon formidable… Et je m'en veux d'avoir été aussi méchante alors que tu voulais juste mon bien…
Elle lui fit face, les mains encore agrippées à ses épaules. Harold était hypnotisé par son regard ravagé par le chagrin et les regrets. Il s'en pinça les lèvres. Ça lui brisait le cœur de la voir ainsi.
- Je te demande pardon, Harold… Sanglota-t-elle de plus belle
Elle ferma les yeux mais les rouvrit brutalement quand elle sentit les lèvres d'Harold contre les siennes. Elle rompit le contact et le regarda avec des yeux ronds. Mais Harold ne se fâcha pas. Au contraire, il lui donna une explication avec un léger sourire.
- Désolé, je ne savais pas quoi faire pour te remontrer le moral.
Valéria ne put s'empêcher de sourire en entendant cette phrase.
- Mais si tu veux que j'arrête ou que je continue, tu…
Ce fut elle qui déposa timidement ses lèvres contre les siennes, puis Harold, puis de nouveau elle, puis ils s'embrassèrent mutuellement avec passion. Valéria avait le sentiment de revivre et Harold ne culpabilisait pas. Il avait vraiment eu envie de l'embrasser. Verika n'existait plus à ce moment-là. Toutes ses pensées et ses sentiments étaient tournés vers Valéria. Et lui-même se sentait libéré. Pendant qu'ils s'embrassaient, leurs mains parcouraient timidement le corps de l'autre à travers les vêtements. Mais Valéria eu soudain un vertige, ce qui inquiéta Harold.
- Val... ?!
- J'ai faim…
- Oh. Euh… tu veux que je te ramène quelque chose ?
- Oui...
- Je suis ravi d'entendre ça ! Je reviens vite ! Souriait-il
Il lui donna un autre bisou et fonça en bas, sous le rire discret de Valéria. Elle s'asseya confortablement sur son lit et ne pensait maintenant qu'au baiser qu'elle venait d'échanger avec lui. Même qu'elle avait pleuré et qu'elle avait chaud par rapport à ça, elle sentait ses joues devenir brulantes pour une autre raison. Son cœur était à présent partagé entre le chagrin et le bonheur. Et le second sentiment aida à supporter le premier. Harold remonta peu de temps après avec un plateau bien garni. Elle regardait avec appétit tout ce qu'il lui avait ramené et elle ne traina pas pour manger. Ils mangèrent calmement et au grand plaisir d'Harold, Valéria avait mangé un bon nombre de choses.
- Ça va mieux ?
- Oui. Merci Harold. Souriait-elle
- Au fait… Ton oncle est passé prendre de tes nouvelles.
- Je sais. Je l'ai entendu ce matin et ce soir. Mais je n'avais pas envie de voir ou de parler à qui que ce soit. J'essayais de faire mon deuil à part…
- C'est ce que je me suis dit.
- Qu'a-t-il dit ?
- Il s'inquiétait pour toi. Et il te recommande de te reposer, et que pendant ton absence, il s'occuperait de la station.
- D'accord… Heureusement qu'il est là. Et que toi aussi. Sans vous, je ne sais pas ce que je ferais…
- Je ne sais pas. Mais d'après ce que je sais, tu te serais battue. Ce n'est pas ton genre de baisser les bras, même après une tragédie pareille.
- Oui. Comme me l'a dit mon oncle… je suis une Grimborn.
Elle soupira un bon coup et essuya une énième larme qui perlait dans le coin de ses yeux. Harold avait serré la mâchoire en l'entendant prononcer ce nom. Mais comme il ne voulait pas qu'elle se pose des questions, il afficha alors un air neutre puis se leva du lit.
- Tu vas où ?
- Je vais débarrasser ça. Je suis content que tu ais repris des forces. Souriait-il
- Merci à toi de m'avoir apporté tout ça. Souriait-elle aussi
Une question lui brula les lèvres, mais elle n'osa pas la lui poser. Harold descendit avec le plateau, donnant ainsi le temps à la jeune femme pour se décider à lui poser sa question. Elle se sentait toute drôle, mais dans le bon sens. Ou le mauvais. Elle ne saurait le dire. Nerveuse, elle se rongea l'ongle du pouce tout en réfléchissant et en repensant à leur baiser. Harold la tira de ses pensées en réapparaissant devant la porte.
- Il est tard. Je vais aller me coucher. Lui dit-il avec un léger sourire.
- Pareil. Je pense que je vais mieux dormir cette nuit. Souriait-elle
Harold hocha la tête et continua de la regarder. Elle fit de même, et ça dura un court moment jusqu'à ce qu'Harold s'en aille. Ne voulant soudainement pas rester seule, elle l'appela et Harold revint sur ses pas.
- Oui ?
- Je… je ne veux pas être seule ce soir. Tu… tu veux bien rester avec moi ?
- Pour… se coucher ? Ou pour…
- Juste pour ne pas être seule et éviter de choper une migraine à cause d'une nouvelle crise de larmes. Le rassura-t-elle
Harold lui rendit son sourire et entra alors dans le lit, totalement habillé. Valéria s'écarta et s'installa confortablement à ses côtés. Ils se dirent bonne nuit avec un simple baiser et Harold éteignit la lampe de chevet. Dans le noir, tous deux restaient immobiles, couchés sur leur côté. A travers le peu de clarté offert par le ciel, ils ne cessaient de se regarder et chacun d'eux avait l'irrésistible envie de se rapprocher de l'autre. Mais au moment où Valéria eut envie de faire le premier pas, Harold se redressa et après quelques secondes d'hésitation, il franchit le cap et enleva son gilet puis son maillot. Le cœur battant et intimidé de ce qu'il s'apprêtait à faire, il se tourna vers Valéria qui put légèrement voir le reflet de son torse, vision qui ne la laissa pas du tout indifférente. Aussi anxieuse et timide que lui, elle se mit naturellement sur le dos et laissa Harold se mettre au-dessus d'elle. Elle pouvait ainsi sentir le souffle de sa respiration contre son visage et son parfum envahir ses sens. C'était tellement enivrant, et la situation était tellement excitante, qu'elle ne put résister à l'envie de l'embrasser. Durant leur échange fougueux, leurs vêtements ne cessaient de finir les uns après les autres par terre. Chacun découvrait le corps de l'autre et en rougissait naturellement. Après qu'elle lui ait ôté son pantalon, Harold enleva lui-même sa prothèse et avec une légère gène, il laissa Valéria regarder sa jambe amputée. Avec un tendre sourire, elle se permit de la toucher et Harold ne la repoussa pas. Elle caressa tendrement sa jambe amputée, puis remonta sensuellement du bout des doigts vers la zone intime d'Harold, avant de coller son corps contre le sien et de l'embrasser, tout en faisant des va-et-vient avec sa main sur son membre.
Les baisers s'enchainaient, ainsi que des caresses qui les faisaient frissonner de plaisir. A un moment, Harold demanda la permission d'aller plus loin. Avec un tendre sourire et un adorable rougissement, elle lui répondit en lui donnant un simple baiser, puis elle lui donna ce qu'il fallait pour se protéger. Après qu'elle lui ait rapidement expliqué pourquoi, ce que c'était et le lui avoir mis, Harold inspira discrètement, tout comme Valéria, puis il entra doucement en elle. Au début, c'était très tendre mais au fur et à mesure, ça devenait beaucoup plus intense ! Harold se lâcha sans crainte, entrainant Valéria dans l'ultime plaisir. Epuisés, les deux amoureux échangèrent encore quelques baisers et quelques caresses, puis s'endormirent l'un contre l'autre, avec un léger sourire sur les lèvres.
oO*Oo
Dans les rues de la ville, le calme régnait en grande partie, si ce n'est qu'on entendait les voitures et quelques passants. Dans un taxi, une jeune femme aux cheveux noirs tressés se rendait à un hôtel. Une fois arrivée, elle paya le chauffeur en prononçant un simple merci, puis descendit de la voiture et entra dans l'hôtel. Le responsable de l'accueil, qui avait également accueilli Harold pour lui dire que c'était complet, déglutit discrètement en voyant débarquer cette belle jeune femme vêtue d'un tailleur gris très sexy ! Même s'il faisait nuit, elle avait gardé ses lunettes de soleil. Le réceptionniste aurait aimé voir l'intégralité de son visage même si la vue sur son léger décolleté était déjà suffisante ! D'une voix froide, mais séduisante, elle exposa sa requête.
- Je souhaite voir monsieur Grimborn.
- Euh… bien sûr. Qui dois-je annoncer ?
- Mademoiselle Silv.
Le réceptionniste passa son coup de fil pendant que la brune pianotait avec impatience le comptoir avec ses longs ongles couleur noir cerise. L'homme raccrocha enfin et informa la demoiselle.
- Il vous attend, mademoiselle. Chambre 12.
- Merci.
Sans lui adresser un sourire, elle s'avança vers l'ascenseur. L'homme ne put s'empêcher de la suivre du regard et de déglutir en voyant son déhancher. Si elle avait porté une jupe à la place d'un pantalon, le pauvre aurait eu encore plus chaud ! Avant de rentrer dans l'ascenseur, elle se retourna et lui adressa un regard froid qu'il arrivait à voir derrière ses lunettes. Il se concentra de nouveau sur son travail, et poussa un soupir une fois les portes de l'ascenseur fermées. Les bruit de ses talons résonner dans le couloir et quand elle arriva devant la porte de la chambre de Viggo, elle esquissa un sourire en coin en la voyant entrouverte. Elle entra puis referma la porte, et vit alors Viggo, de dos, en train de servir deux verres de vin.
- Heureux de te revoir….
Il se retourna et la jeune femme lui adressa un sourire ravi. Elle enleva ses lunettes et Viggo plongea son regard dans celui vert pomme de son invitée.
- … Ingrid. Souriait-il
oO*Oo
Le bruit avait cessé. Verika s'arrêta deux secondes pour tendre l'oreille, puis elle le réentendit. Ça venait de l'armurerie ! Elle s'y hâta en compagnie d'Astrid, et quand elle entra dans la salle, elle fut sciée de voir les étagères contenant les armes littéralement renversées !
- Mais qu'est-ce que vous avez fabriqué ?! Demanda-t-elle en regardant les dégâts avec des yeux ronds
- Bah on a voulu prendre une arme pour la tester, mais en tirant dessus pour l'enlever, l'étagère est tombée…
- … et celles d'à côté ont suivi le mouvement.
- En tirant dessus… ? Vous n'avez pas pensé à les soulever pour les ôter de leurs socles ?!
- Ah il fallait les soulever ? S'étonna Kogne
- Je rêve…. Bon, vous allez vite ranger tout ça le plus vite possible. Si les dragons nous attaquent à nouveau, on aura besoin d'une armurerie en état pour se préparer ! Alors au boulot ! Ordonna Astrid, les bras croisés
- Compris. Mais sache qu'on est désolé, Verika.
- C'est rien. Mais merci.
- Au fait, ton nouveau look il déchire ! Complimenta Kogne
- C'est vrai que les cheveux courts et l'armure faite en peau de Vipère te vont bien. Ajouta Astrid avec un sourire complice
- Sans oublier le tatouage ! Tu as du souffrir non ? Ajouta Krane
- Pas trop.
- Et t'en a d'autre ?
- Non. Je n'ai que celui-là.
- Est-ce que je peux le regarder de plus… non, je vais d'abord ranger. Se résigna Krane après avoir croisé le regard d'Astrid.
- Enfin bref. A l'avenir, évitez de traîner ici. Si vous voulez tester des armes ou vous entraîner, allez dans la salle d'entrainement. D'accord ? Dit gentiment Verika
Ils hochèrent la tête, puis continuèrent de ranger alors que les filles s'en allaient. Elles restèrent ensemble et à la demande d'Astrid, Verika lui fit visiter la forteresse et le poste de défense de l'île. Elles firent le tour de la muraille qui englobait la totalité de l'île, visitèrent le village et rentrèrent pour le souper. Verika se sentait bien en compagnie d'Astrid. Elle avait l'impression d'être revenue à l'époque où elles passaient du temps ensemble sur Berk. Verika était encore un peu sur la réserve, mais elle arrivait progressivement à s'ouvrir et à suivre le conseil d'Osvald. Le souper ne fut pas servi en cuisine, mais dans la grande salle à manger vu que les réfugiés n'y logeaient plus. En entrant dans la salle, elle y revit Varek et les jumeaux et leur adressa un léger sourire. Marina débarqua à son tour et Verika l'emmena dans un coin de la salle pour lui parler en privé.
- Qu'est-ce qu'il y a ? S'étonna Marina
- Tu avais raison pour plein de choses.
- Vraiment ?
- Oui. Ça va me prendre du temps, mais j'essaie progressivement d'oublier ma colère et d'aller de l'avant.
- C'est vrai ?! Oh, je suis contente pour toi ! Et j'ai vu que tu étais avec euh… Astrid. Tu as l'air de bien t'entendre avec elle ? Souriait-elle
- Apparemment. Et je voulais te dire aussi… que je suis désolée de ne pas avoir montré plus de soutien envers toi vis-à-vis de Rustik. Et pour me faire pardonner, j'ai été à la pêche aux infos.
- Et ?
- Et bien… je sais qu'il n'a personne dans sa vie. Alors s'il te plait tant que ça, fonce. Dit-elle avec un clin d'œil.
Marina lui sauta au cou, folle de joie d'entendre ça. Verika exprima un léger rire et la serra un moment dans ses bras, avant d'aller s'asseoir à table. Les autres arrivèrent en groupe ou à tour de rôle, puis le repas commença. Le souper se déroula dans une meilleure ambiance qu'à midi, vu que les jumeaux amusaient la galerie. Verika se retenait de rire, mais à un moment, une blague de Krane était tellement drôle qu'elle se mit à rire, laissant tout le monde sans voix. Face à la surprise générale, mais surtout celle de Dagur, elle plaqua sa main contre sa bouche et poursuivit son repas avec un léger rougissement. Dagur demeura calme et songeur tout le long du repas. Marina ne cessait de jeter quelques regards à Rustik et de lui sourire, rendant celui si mal à l'aise derrière son sourire forcé. Les jumeaux continuaient de délirer, Astrid et Varek discutaient avec les chefs, et Harold demeurait tout aussi calme que Dagur. Il se retenait de regarder Verika, surtout par rapport à l'idée débile que les jumeaux avaient eu à son égard. Mais à un moment, il osa la regarder et croisa son regard alors qu'elle buvait son verre d'eau. Elle le regardait simplement sans exprimer de colère, ou même lui sourire en reposant son verre. Elle était neutre. Indifférente. Puis elle se concentra de nouveau sur son repas, et Harold fit de même. A la fin, Verika trouva le courage de s'adresser à Stoik, encore une fois à la grande surprise de tous, mais surtout du chef.
- Stoik.
- Oui, Verika ?
- Je suis désolée. Pour le village et ses habitants.
- Merci Verika. Remercia-t-il avec un léger sourire.
Elle hocha la tête et sortit de table pour aller se coucher et les autres suivirent le mouvement. Sauf Dagur. La journée a été longue et assez éprouvante et tout le monde avait besoin de sommeil. Marina partit vers sa chambre, et les autres continuèrent leurs routes dans le couloir opposé. Les jumeaux entrèrent dans la leur après avoir salué leurs amis, puis Varek fit de même, Rustik aussi et Harold entra à son tour dans la sienne. Mais un détail frappa Verika. Elle savait que pour ces trois chambres, il n'y avait qu'un lit double par chambre. Avec un pincement au cœur, elle s'adressa à Astrid d'un ton le plus neutre possible
- Tu m'as menti, Astrid.
- Menti sur quoi ?
- Sur toi et Harold. Apparemment, vous êtes plus que des amis vu que vous partagez la même chambre. Souriait-elle
- Non, non, y'a rien entre nous ! C'est juste que je n'avais pas le choix pour le partage de la chambre ! Kogne ne voulait pas se séparer de son frère, et entre Rustik qui aurait joué les machos et Varek qui ronfle et qui prend de la place… Se défendit-elle
- Humph. Pourquoi tu te donnes du mal à mentir et à te justifier ? Si vous êtes ensemble, tant mieux pour vous. Souriait-elle en lui adressant un petit clin d'œil
- Mais je te jure qu'il n'y a rien entre nous ! Il faut que tu me croies ! Se défendit-elle encore
- Pourquoi c'est si important que je te crois ? On est tous adultes et on fait ce qu'on veut. Et ça ne me fait rien si tu veux savoir. Alors va vite le retrouver et bonne nuit. Conclut-elle, un peu plus froidement que tout à l'heure
Elle se rendit vers sa chambre mais Astrid la rattrapa par la main.
- Verika, ne te met pas en colère, s'il te plait ! On vient de renouer une amitié ! Implora-t-elle
- En colère ? J'ai de bonnes raisons d'être en colère ! Tu m'as menti ! Et le fait que tu te justifies encore une fois prouve bien que j'ai raison ! S'exclama Verika
- Je n'ai pas menti ! S'exclama Astrid
Le problème, c'est que leur tapage attira l'attention des autres et ils écoutèrent tous à travers leur porte sans que les filles ne s'en rendent compte.
- Et puis Harold ne m'aime pas.
- Quoi ? Avec toutes les qualités que tu as, tu n'as pas réussi à le faire succomber à tes charmes ? Je me demande bien pourquoi ! Soit il est toujours aussi bête qu'avant, soit vous êtes tous les deux…
- Parce qu'il t'aime !
Cette nouvelle eut de nouveau l'effet d'une claque ! Le reste du groupe serra les dents en n'entendant pas Verika réagir, y compris Harold. Mais il demeura calme, triste, attentif et prêt à intervenir au cas où ça tournerait mal.
- Il quoi ?!
- Il… il t'aime. Depuis l'enfance, ça n'a jamais changé. Et même qu'il sait que tu le déteste, il t'aime encore et toujours.
- C'est ridicule…. Au lieu de tourner la page, il s'entête à s'accrocher à un sentiment qui n'existe plus depuis qu'il m'a abandonné ?!
- Verika. Je… non, attends ! S'exclama-t-elle
Verika s'était dirigé d'un pas furieux vers la chambre d'Harold qui manqua de peu de se prendre la porte dans la figure ! Il avait à peine croisé le regard de Verika que cette dernière lui colla son poing dans la figure !
- Voilà ! Ça, c'est pour ce que tu m'as fait il y a 15 ans ! Et ça…
Elle lui en colla aussitôt une deuxième ! Harold avait à peine le temps de se remettre du premier coup qu'il n'avait pas vu le second venir ! Il termina par terre et Astrid accourut pour le relever.
- … c'est pour te faire comprendre que je ne t'aime pas ! Ou plus ! C'est comme tu préfères ! Alors évite de perdre ton temps avec moi et passe à autre chose ! Pigé ?!
Voir du sang couler du nez d'Harold ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle quitta la pièce, mais pas sans annoncer une dernière chose à Astrid, mais aussi bien à Harold.
- Tu m'as demandé si j'avais quelqu'un dans ma vie, Astrid ? Eh bien, oui. C'est Dagur.
Elle eut quand même le plaisir de voir une petite réaction faciale de la part d'Harold, signe que cette nouvelle l'avait touché. Avec un sourire mauvais, elle claqua brutalement la porte puis s'enferma dans sa propre chambre.
