Salut à tous ! :D Et on est reparti pour le passé avec un chapitre qui, comme c'est indiqué, annonce l'arrivée des chasseurs, dont l'un des plus connus ! Ryker Grimbooooooooooooooorn ! :D Mais ce chapitre annonce aussi de l'action et du drama pour le prochain chapitre ! ^^ Alors petites réponses aux reviews…
Le Furie Nocturne ne fait pas partie du présent. C'est juste l'ennemi principal du passé, donc il ne peut pas être responsable du triste sort des parents de Valéria. Et puis si ça avait été Krokmou le responsable, on aurait entendu parler de lui à la télé, ce qui n'a pas été le cas :)
Alors oui, les parents de Valéria sont bien morts. :( Mais est-ce bien à cause de Viggo ? Vous aurez la confirmation dans le prochain chapitre qui reparlera du présent ;)
L'Ingrid de mon histoire n'a rien à voir avec celle de l'époque d'Harold, sauf pour le physique et la référence argentée de sa tenue viking :) Et quel lien Viggo a-t-il avec elle ? Ça vous fait peur ? Ahaaaaa ! N'ayez crainte chers lecteurs. Vous aurez aussi les réponses dans le prochain chapitre du présent :)
Ce qui s'est passé entre Valeria et Harold est rapide, je suis d'accord, mais c'était surtout nécessaire pour ce qui va suivre. :) Néanmoins, je suis contente de savoir que vous êtes contents qu'ils se soient tout dit et qu'ils soient enfin ensemble :)
Voilà, voilà ! Ce chapitre contient quelques vœux que vous avez manifesté dans les reviews et j'espère que ce chapitre vous plaira ^^ N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Encore merci à vous tous, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^
Chapitre 14 - L'arrivée des chasseurs
Après avoir refermé la porte de sa chambre, Verika laissa son dos s'affaler contre elle. Elle levait les yeux au plafond et respirait très vite. Ce qu'elle venait d'apprendre venait quand même de lui faire un choc ! Harold l'aimait toujours… malgré ce qui s'était passé ?! Pourquoi il n'était pas passé à autre chose alors qu'il n'y avait que de l'amitié entre eux ?! Mais d'une part, elle se souvenait que pour une enfant de cinq ans, elle l'avait aimé de tout son cœur, tout comme elle aime Dagur aujourd'hui. Mais après qu'il l'ait abandonnée, cet amour était parti en même temps qu'elle.
Mais savoir ça la laissait perplexe ! D'après Dagur, quand il était parti avec Osvald sur Berk, il lui avait dit que personne n'avait parlé d'elle ! Pas même Harold ! Harold l'aimait-il vraiment au point de ne pas l'avoir oubliée et de ne n'avoir rien tenté avec Astrid ? Elle aimerait y croire. Mais elle était avec Dagur maintenant. Elle l'aimait, et elle était heureuse avec lui ! Alors elle ne laisserait pas une stupide déclaration, ni les quelques impressions qu'elle avait ressenti depuis son arrivée gâcher son bonheur ! Et puis vu la réaction qu'elle venait d'avoir y'a peu de temps, les choses changeraient enfin entre lui et Astrid. Et ce serait peut-être pas plus mal ! Verika était satisfaite de cette idée, mais d'un autre coté… elle se sentait ravagée et écœurée… si les dieux n'avaient pas été si cruels, elle serait encore sur Berk, avec son père, ses amis, et elle aurait probablement vécue l'histoire qu'elle avait souhaitée avec Harold quand elle était petite.
Elle avança dans la pièce, et passa ses mains sur son visage pour les passer dans ses cheveux. Elle soupira longuement, puis fut de nouveau envahie par le chagrin. Elle ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Pourquoi ressentait-elle… tout ça ? Pourquoi avait-elle le sentiment d'être malheureuse alors qu'elle avait tout ce qu'il fallait ! Cette révélation lui faisait-elle prendre conscience qu'elle aurait aimé être avec Harold plutôt qu'avec Dagur ? Maintenant qu'elle connaissait ses sentiments, voulait-elle les ressentir pour lui ?
- Non… non, non, non, et non ! Tout ça n'a aucune importance ! Je ne l'aime pas ! Tss. J'n'ai même pas besoin de le dire à haute voix. C'est une évidence ! J'aime Dagur plus que tout au monde, j'ai mes propre amis, j'ai ma famille, un foyer et tout ce qu'une personne puisse rêver ! Alors maintenant que j'ai mis les choses au clair, qu'ils se mettent ensemble et qu'ils fassent tout ce qui leur plaisent ! Ça m'est bien égal !
Elle posa ses mains sur les hanches, mais fut troublée par autre chose. Ses larmes. Elles ne cessaient de s'écouler. Elle passa une main sur ses joues et regarda les traces de ses larmes sur sa main.
- Si je n'en ai vraiment rien à faire... alors pourquoi est-ce que je me sens si mal… ? Dit-elle en pleurant.
Elle essuya ses larmes pour de bon et se fit couler un bain. Elle avait besoin de se détendre. Le temps que l'eau chauffe, elle ferma à double tour la porte pour ne pas être dérangée, puis elle enleva son armure pour n'être qu'en tunique bleu ciel. Une fois l'eau bien chaude, elle ôta sa tunique et s'y glissa dedans sans trop grimacer face à la température élevée. Elle fit sa toilette en essayant de ne penser à rien, mais c'était impossible. Cette révélation ne la quittait pas. Elle pensait à Harold, à la possibilité qu'elle aurait pu être avec lui, à Astrid, mais en pensant à elle, le visage de Verika devint sévère.
- Elle dit qu'il m'aime… mais ça n'empêche pas qu'il ait eu du courage pour elle, et pas pour moi.
Elle ressentait à présent de la jalousie envers Astrid. Elle secoua la tête en se disant que c'était débile de se prendre la tête pour tout cette histoire ! Et qu'à l'heure qu'il est, ils devaient tous les deux êtres en train de « fêter » la fin d'une histoire qui faisait plus de mal que de bien. Elle ramena ses jambes contre elle et demeura immobile, regardant juste l'eau couler goutte par goutte sur la pointe de ses mèches. Soudain, on frappa à la porte.
- Verika. Ouvre, c'est moi. Signala Dagur.
- Je veux être seule !
- Ecoute, je sais ce qui s'est passé. Et…
- Alors tu comprends pourquoi je veux être seule ! Va-t'en !
Pas de réponse. Était-il toujours derrière la porte, ou était-il parti ? Qu'importe. Elle voulait voir personne pour le moment. Puis elle entendit des bruits de pas qui s'éloignaient. Elle soupira tristement et retourna dans ses pensées.
oO*Oo
- Aieuh… !
- Désolée Harold… Grimaça Astrid.
Harold était assis sur le lit, la tête penchée vers l'arrière pendant qu'Astrid soignait son nez. Il demeurait calme et pensif, ce qui inquiéta la blonde.
- Tu m'en veux de lui avoir dit ça ?
- Bien sûr que non.
- Harold… par ma faute, regarde ou on en est ! On s'est reperdue toutes les deux, elle croit que je lui ai menti pour nous deux, elle t'a fracassé le nez, et…
- C'est bon, Astrid. Elle a raison sur un point.
- Lequel ?
- Je devrais passer à autre chose. Mais le problème… c'est que je n'y arrive pas. Je crois que si je veux avancer, il faut que j'aie une discussion avec elle.
- Tu comptes vraiment aller lui parler après ce que tu sais et ce qu'elle ta fait ? Je ne sais pas si c'est du courage ou du suicide.
- Il faut que je lui parle. Y'a que comme ça que je pourrais passer à autre chose.
- Et pour toi, c'est quoi « passer à autre chose » ? Pas que je me sente à tout prix concernée vu ce qu'elle a dit, mais... Dit-elle, légèrement embarrassée
- Astrid. Je sais ce que tu espères de moi. Ou ce que tu as espéré. Crois-moi, j'aurais aimé que ce soit possible, mais… Soupira-t-il
- Tu l'aime. Souriait-elle. Je comprends, Harold. c'est la viking de ton cœur. La seule et unique.
- Mais à mes yeux, tu es tout aussi précieuse qu'elle, Astrid. Tu es ma meilleure amie. Et une amie comme toi, il n'y en a pas deux. Et avec le recul… je crois que ton amitié vaut plus la peine qu'un amour impossible…. Souriait-il, en espérant que ces mots réconfortent la jeune viking
- Merci Harold… toi aussi tu es mon meilleur ami.
Émue, Astrid lui rendit son sourire et termina ses soins. Harold serra les dents et ramena enfin sa tête vers l'avant et se massa la nuque. On frappa à la porte et Astrid alla ouvrir, le poing serré, prête à coller son poing au cas où. C'était le reste du groupe.
- Qu'est-ce que vous faites là ? Demanda-t-elle
- On voulait juste voir l'ampleur des dégâts.
- Apparemment, il n'a pas grand-chose. Moi qui m'attendais à le voir avec un gros coquard sur la tronche… Soupirai Krane
- Harold a peut-être moins la peau qui marque que Rustik, mmh ? Se moqua Varek
- Haha, très drôle.
- Bien. Maintenant que vous avez tous vu ce que vous voulez voir, allez vous coucher.
- Vous allez vous mettre ensemble tous les deux ? Demanda Varek, légèrement curieux
- Non. On reste juste amis. Répondit calmement Astrid
- Par Thor ! Harold, tu t'accroches encore à Verika malgré qu'elle te déteste, qu'elle ne t'aime pas, et qu'elle est déjà prise ?! S'étonna Krane
- Oh, mon frère… quelle tragédie… Soupira tristement Kogne
- Rien de tout ça ne serait arrivé si tu avais voulu partager ta chambre avec moi. Reprocha sévèrement Astrid
- Quoi ? Tu veux dire que c'est ma faute ? S'étonna Kogne
- Dans toutes les tragédies, faut toujours un coupable ou un bouc émissaire. Ajouta Krane d'un air tragique
- Tu trouves que j'ai une tête de bouc, c'est ça ? S'énerva-t-elle en se tournant vers son frère
- Un bouc qui sent le poisson, ce n'est pas commun ! Rétorqua-t-il
- Rho la, la… vous savez quoi ? Vous me gonflez avec vos histoires d'amour et de tragédie grecque ! S'emporta Harold en se levant du lit
- Où tu vas ? Demanda innocemment Rustik
- Prendre l'air ! S'exclama Harold
Il s'arrêta et fixa chaque membre du groupe à tour de rôle.
- Oh et puis vous savez quoi ? Je ne vais pas partir. C'est VOUS qui allez déguerpir de notre chambre ! Dehors ! Allez dormir ou je ne sais pas quoi, mais fichez moi la paix ! Ordonna-t-il sévèrement
Le groupe obéit sans trop sourciller et Harold claqua la porte dès que tout le monde fut sorti. Astrid le regardait sans dire un mot, se doutant qu'il ne valait mieux ne pas parler. Harold se coucha, et Astrid fit de même en lui tournant le dos, osant à peine lui souhaiter une bonne nuit.
oO*Oo
Marina était devant son miroir et se faisait toute belle. Elle n'avait pas entendu la discussion assez tendue entre Astrid et Verika parce qu'elle était en train de préparer la chambre de façon... romantique. Elle avait allumé quelques bougies, mis de l'encens, une des petites merveilles que lui avait vendue Johann le négociant, en plus d'une eau parfumé. Contrairement à Verika, Marina était plus coquette qu'elle, malgré son talent pour le combat. Une fois que tout était prêt, elle s'en alla d'un pas hâtif vers la chambre de Rustik et frappa sans appréhension. Et par chance, ce fut Rustik qui lui ouvrit la porte. Il n'était pas en train de dormir, vu qu'il avait l'esprit encore perturbé par le drame sur son île et la mort de son père.
- Salut. Souriait-elle
- Euh… salut.
- Désolée de te déranger aussi tard, mais j'ai besoin des services d'un homme fort.
- Qu'est ce qui se passe ?
- J'ai fait tomber quelque chose derrière un meuble assez lourd, et je n'arrive pas à le déplacer. J'ai essayé mais je me suis fait mal au bras. Si tu acceptes de m'aider, tu n'en auras pas pour longtemps, promis.
- Euh…
Manque de bol pour lui, Varek ne pouvait pas lui venir en aide puisqu'il dormait déjà vu ses puissant ronflements ! Du coin de l'œil, il le vit également dormir sur toute la surface du lit, et de baver sur SON oreiller ! Rustik grimaça de dégoût mais se jura de se venger.
- Alors ? Tu… tu veux bien m'aider ?
- Euh ouais, pas de soucis. Pour aider les filles, je suis toujours le premier ! Souriait-il en levant son pouce
- Génial ! Merci Rustik ! S'enthousiasma-t-elle
Elle l'emmena dans sa chambre et les premières choses que Rustik nota, c'est... pourquoi l'ambiance de la pièce paraissait bizarre… et que ça puait grave à cause de l'encens ! C'était limite écœurant ! S'abstenant de faire une remarque, il reporta son attention sur le meuble que Marina indiqua du doigt. C'était une commode toute simple mais pour une fille, elle devait quand même pesait assez lourd. Rustik craqua ses doigts et déplaça le meuble suffisamment loin pour que Marina récupère ce qu'elle avait fait tomber. Elle récupéra sa brosse avec joie et Rustik remit la commode en place.
- Et voilà ! Mission accompli !
- Merci beaucoup Rustik. Comment puis-je te remercier ?
- Oh pour une brosse à cheveux, t'a pas besoin de me remercier.
- Vraiment ?
Elle s'approcha de lui et posa ses mains sur ses bras musclés. Rustik déglutit, mais il déglutit encore plus quand elle s'adressa à lui d'un ton très sensuel.
- Il n'y a vraiment aucune façon de te remercier ?
- Euh… Marina, tu me fais flipper la…
Elle virevolta son regard émeraude entre ses lèvres et ses yeux, puis elle s'approcha de lui pour lui voler un baiser mais Rustik tourna la tête au même moment.
- Tu fais quoi la ? Demanda Rustik
- Tu ne l'as toujours pas remarqué ?
- Remarqué quoi ?
- Que tu me plais, idiot ! Riait-elle, amusée de son état
- Quoi !? Je… je te plais ? Pour de vrai ?
- Bah oui. Pourquoi ça a l'air si surprenant pour toi ?
- Parce qu'aucune fille ne s'intéresse à moi en général. Elles me fuient, ou me repoussent.
- Et bah elles sont bien bêtes ! Moi, tu me plais beaucoup, alors je vais être direct. Est-ce que je te plais aussi ?
- Bah... c'est vrai que tu es très mignonne et que tu as du charme, mais…
Marina s'empara de ses lèvres et résista à Rustik qui se débattait légèrement sur le coup de la surprise. Marina réussi à le faire tourner sur place, puis le jeta sur son lit. Rustik atterrit sur le dos et Marina se hâta de venir s'asseoir au-dessus de lui. Elle lui prit son casque et le posa sur sa tête avec un sourire assez malicieux.
- Comment je suis ?
- Euh… flippante ? Nan sérieusement, tu me fous la trouille…
- Parce qu'aucune femme ne s'est jamais intéressé à toi ? Je vais te faire apprécier ce sentiment, Rustik… tu vas vite y prendre gout… Murmura-t-elle d'un ton sensuel
Elle se pencha pour l'embrasser et Rustik se laissa faire cette fois. Il osa la toucher et la caressait par-dessus ses vêtements même s'il était encore timide et sur la réserve. Mais quand Marina passa ses mains sous le haut de Rustik et qu'elle lui demanda de l'enlever entre deux baisers dans le cou, il déglutit et s'extirpa du lit, faisant valdinguer Marina par terre.
- Mais qu'est ce qui te prend ?! S'étonna-t-elle en se redressant par terre
- Désolée Marina, je… je ne peux pas...
- Mais… je croyais que je te plaisais… ?
- Tu es mignonne oui, mais… pour ce qu'on s'apprêtait à faire, il faut être amoureux et le vouloir. Et ce n'est pas mon cas. Et puis j'ai encore la tragédie du village et la mort de mon père dans la tête. Désolé…
Il récupéra son casque et sortit avec hâte de la chambre pour retourner dans la sienne, après lui avoir adressé un regard navré. Marina demeura agenouillée sur le sol, médusée, puis s'appuya sur son lit pour pleurer.
oO*Oo
Même que la nuit était tombée et que la majorité des résidents de la forteresse dormait, deux personnes ne dormaient pas. C'était Harold et Verika. Tous les deux étaient allongés dans leur lit, et fixaient le décor plongé dans la demi-obscurité. Verika se leva la première, agacée de ne pas trouver le sommeil. Elle s'approcha de sa fenêtre et apprécia la brise fraîche qui caressait son visage. Elle croisa les bras sur le rebord en pierre, posa son menton dessus et fredonna la berceuse de son père tout en fixant l'horizon, mais aussi la cour et le saule pleureur qui se trouvait presque en dessous de sa fenêtre. Harold se leva plusieurs minutes après elle pour aller chercher de l'eau en cuisine. Il prit garde à ne pas réveiller Astrid et marcha à pas de loup dans le couloir malgré qu'il avait une jambe en métal. En cuisine, il n'y avait personne et il put étancher sa soif.
Mais sur le chemin du retour, il tendit l'oreille, car il avait l'impression d'entendre un chant. Ça venait de la cour ? Reconnaissant l'origine du chant, ça lui faisait tout drôle de le réentendre après toutes ces années. Il entra dans la cour et chercha Verika, mais elle n'était pas là. Pourtant il l'entendait encore chanter. Il leva alors les yeux et la vit à sa fenêtre, mais elle ne semblait pas l'avoir vu. Quand le chant s'arrêta, elle demeura encore un moment à sa fenêtre, mais elle aperçut une silhouette dans la cour. Elle reconnut immédiatement Harold et retourna se coucher avec un regard sévère. Harold se demanda ce qu'il devait faire. Repartir dans sa chambre ? Ou tenter un dialogue définitif avec elle ? Mais il savait qu'elle ne lui ouvrirait pas la porte. Alors il eut une idée. Il s'empara d'une corde, d'un harpon et d'une arbalète, inspira pour se donner du courage, et tira en direction de sa fenêtre. Verika fut saisie sur le coup, et fut intriguée de voir un harpon accroché à sa fenêtre ! Quand elle pencha sa tête par la fenêtre, elle fut surprise de voir Harold en train de monter jusqu'à sa chambre en se hissant par la corde ! Bien qu'elle trouve l'idée romantique, audacieuse, mais totalement stupide, elle mourait d'envie de détacher le harpon, mais elle se ravisa, ne voulant pas être accusée du meurtre de l'héritier légitime de Berk. Quand Harold atteignit enfin la fenêtre et qu'il fut rentré, il reprit son souffle et leva son regard. Il croisa alors le regard de Verika qui le regardait d'un air mauvais, les bras croisés.
- Qu'est-ce que tu fais la ?
- Je suis là pour discuter.
- Tu n'as pas autre chose de plus important à faire que de venir me casser les pieds en pleine nuit ? Surtout après les tartes que je t'ai mis tout à l'heure ? T'est suicidaire ou quoi ? railla-t-elle
- Qui sait.
- Et ça ne t'es pas venu à l'esprit que je ne sois pas seule dans ma chambre ?
- Sur le moment… j'avoue que non.
- Je vois.
- Mais il faut qu'on discute, si je souhaite… comme tu me l'as bien conseillé, passer à autre chose.
- Qui te dit que j'ai envie de t'écouter ? Rétorqua-t-elle
- Tu m'aurais déjà balancé par la fenêtre, non ?
- Je ne veux être accusé d'un meurtre. Enfin bref. Je t'écoute. Y'a que comme ça que j'aurais la paix.
- Merci.
- T'a cinq minutes. Et déballe tout d'un coup ! Je ne suis pas d'humeur à discuter. Dit-elle en allant se servir à boire
Elle était donc de dos, et c'était plus facile pour elle de l'écouter et de gérer ses propres émotions s'ils ne se regardaient pas…
- Euh… ok. Tout d'abord… je suis sincèrement désolé pour tout. C'est vrai que j'ai été un lâche ce jour-là. Mais j'étais petit, peureux et timide. Et c'est vrai que j'aurais dû essayer de dire ou de faire quelque chose pour les empêcher de t'emmener. Pardon, Verika…
Elle ne disait rien, mais gardait son air sévère planté droit le mur face à elle, et buvait lentement son verre. Harold n'osait s'approcher d'elle et attendit qu'elle dise quelque chose. Mais elle demeura muette, alors Harold poursuivit son discours.
- Tu te demandes surement pourquoi j'ai autant changé ? Parce que le jour où tu es partie, j'ai réalisé l'ampleur de ma bêtise et je m'en suis toujours voulu. Même encore maintenant. J'ai donc décidé de devenir le viking que tout le monde attendait de moi. Tous les jours, je me suis entraîné comme un dingue, dans un seul et unique but… celui de te retrouver, de me faire pardonner et de te protéger comme j'aurais dû le faire.
Le cœur de Verika battait horriblement fort dans sa poitrine. Elle était dans le même état que quand Astrid lui avait présenté ses excuses. C'était donc pour ça qu'il avait changé ? Qu'il s'était autant battu ? Pour elle ?!
- Et pour ce qu'Astrid t'as dit… c'est vrai. Je n'ai jamais cessé de t'aimer. C'est toi la viking de mon cœur, Verika. Je sais que tu es avec Dagur et que je n'ai pas le droit de dire ce genre de choses, mais il fallait que je te le dise. Mais maintenant que je t'ai retrouvée… je suis prêt à tourner la page puisque je n'ai apparemment aucune chance d'obtenir ton cœur, vu qu'il appartient déjà à quelqu'un qui t'aime et qui te protège comme j'aurais aimé le faire. Mais tout ce que je veux… c'est que tu me pardonne.
Elle reposa son verre et fit mine de réfléchir. Comme pour Astrid, elle était heureuse d'entendre ça. En sachant ça, elle était prête à lui pardonner aussi. Mais quand elle croisa son regard, elle vit un certain éclat dans les yeux d'Harold. Celui d'un homme fou d'un amour impossible et désespéré. Si elle était seule, elle aurait apprécié qu'il la regarde ainsi. Mais Dagur faisait partie de sa vie et il était hors de question qu'elle succombe et qu'elle gâche leur histoire ! Elle repensa alors à Astrid et à l'éclat de son regard quand elle lui avait avoué qu'Harold l'aimé toujours. Dans ses yeux bleus, Verika avait décelé une part d'elle qui était sincère, mais également envieuse et jalouse. Et ce regard portait la souffrance de pas mal d'années. Verika la comprenait et ne lui en voulait pas. Elle voulait même l'aider, mais en même temps, elle voulait se débarrasser des sentiments qu'Harold ressentait pour elle, mais aussi pour ne pas en ressentir pour lui.
- Verika ?
- Je veux bien te pardonner…
Elle marqua un blanc et croisa les bras.
- ... si tu me jure sur les dieux d'arrêter de me regarder comme tu le fait, et que tu regardes Astrid avec un regard qu'elle rêve surement de recevoir depuis des années.
- Quoi ? Mais… non. Je ne peux pas.
- Pourquoi ça ? Tu veux que je te pardonne oui ou non ?
- Oui ! Mais entre Astrid et moi, il n'y a que de l'amitié. Nous sommes juste amis.
- Ces yeux m'ont prouvé le contraire quand elle m'a annoncé que tu m'aimais toujours.
Elle osa s'approcher de lui et plongea son regard dans le sien.
- Alors arrête de vous faire du mal et va de l'avant avec elle. Ce que tu cherches, tu ne le trouveras pas avec moi, mais avec elle. Alors ?
- Je...
- Alors ? Insista-t-elle plus fermement
Harold se pinça les lèvres, le regard détourné du sien. Il n'avait pas envie de se forcer à aimer Astrid, mais s'il voulait que Verika lui pardonne et qu'il puisse aller de l'avant, même seul, il n'avait pas le choix. Il soupira et replongea dans le regard de Verika en arrêtant de la regarder comme elle le lui avait demandé. Sans amour.
- Entendu.
- Bien. Maintenant, va la rejoindre et évite de revenir me parler, ok ? Railla-t-elle froidement.
- Attend, pourquoi tu… on n'est pas redevenu amis ?
- J'ai dit que je te pardonnais, mais je n'ai pas dit que j'allais redevenir ton amie. Faut pas abuser non plus.
- Mais pourquoi ? Pourquoi on ne pourrait pas redevenir amis ?
- Parce que je n'ai pas envie. Tout simplement. Ajoute-t-elle d'un air mauvais en se dirigeant vers la porte
- Alors dans ce cas, je refuse. Dit-il en fronçant le regard
- Quoi ? Comment ça ? Dit-elle en se retournant.
- Je refuse notre accord. Je ne cesserai jamais de t'aimer, de te regarder comme je le fait depuis que je t'ai revue, et encore moins tomber amoureux d'une autre. Et je ne cesserais jamais de vouloir ton pardon. Mais je veux surtout qu'il soit sincère et sans condition.
- Imbécile… Tu veux donc te rendre malheureux jusqu'à la fin de ta vie ? Tu oublies que je suis avec Dagur et que je l'aime ! Dit-elle, surprise
- Non, je n'oublie pas. Mais je ne peux pas renoncer à toi, Verika.
- Mais… pourquoi ? Insista-t-elle
- Parce que je t'aime.
Elle était bouche bée. Et dans son regard, elle voyait bien que tout ça était sincère ! Si Harold était toujours aussi fort pour quelque chose, c'est qu'il ne savait pas mentir ! Elle passa ses mains sur son visage, soupira à travers et s'adressa calmement à Harold
- Harold… écoute moi bien. Je parle sérieusement. Tu ne peux pas t'infliger ça éternellement ! Tu m'as retrouvé et tu sais quelle est ma vie ! Tu pourrais enfin tourner la page et être heureux avec Astrid ! Comme moi je le suis avec Dagur !
- Tu es si heureuse que ça avec lui ?
- Oui ! Et contrairement à ce que tu dis, le viking de mon cœur, c'est lui. Pas toi. Je t'ai peut être aimé quand j'étais enfant, mais mes sentiments sont morts le jour où je suis partie.
- Tu ne ressens donc rien pour moi ?
- Non. Maintenant, va-t'en avant que je ne te chasse de ma chambre à coup de pied dans le derrière ! Et encore je suis gentille parce que je pourrais très bien te faire redescendre par la fenêtre ! Gronda-t-elle
- D'accord, d'accord, je m'en vais.
Les bras croisés, Verika ne le quittait pas du regard. Harold fit à peine trois pas vers la porte, mais il se risqua à faire un truc de dingue. Il avait bien remarqué dans son regard qu'elle mentait. Elle avait des sentiments pour lui. Il en était sûr ! Il fit brutalement demi-tour pour embrasser Verika, mais la jeune femme, bien qu'à moitié surprise de son intention, lui attrapa le bras et le coinça dans son dos.
- Tu ne peux pas t'empêcher d'en faire qu'à ta tête, hein Harold ? J'ai été sympa avec toi. J'ai accepté de t'écouter et de te résonner gentiment, et c'est comme ça que tu me remercie ?! En tentant un truc stupide qui vient d'anéantir toute les chances que je te pardonne et qu'on redevienne amis ?!
Sous le coup de la colère, elle serra le bras d'Harold qui serra les dents.
- AIE ! Quoi… ? Je croyais que tu ne voulais pas qu'on redevienne amis… !
- Pour le moment, non. Mais avec le temps, peut-être que ça aurait été possible. Mais avec ton entêtement, ton refus de m'oublier et ta tentative débile, tu viens d'anéantir toutes tes chances !
Pour son propre plaisir, elle serra encore une fois son bras et le traîna de force vers la porte pour le chasser avec un bon coup de pied dans le derrière ! Harold venait de finir à plat ventre pendant que Verika lui donnait un dernier conseil.
- Ne t'avise plus jamais de venir me parler, Harold. Ni même de retenter ce que tu viens de faire. Parce que si tu as la bêtise de vouloir recommencer, je te ferais bien pire que ça. Et Dagur se fera une joie de me filer un coup de main.
Elle ferma brutalement la porte, ne se souciant guère de réveiller les autres. Harold se releva juste après et vit Dagur qui était adossé contre la porte de sa chambre. Les bras croisés, il regardait Harold avec un grand sourire qui témoigner sa satisfaction.
- Dure soirée ? Se moqua-t-il
- Vous êtes donc bien ensemble. Maugréât-il
- Et ouais !
- Et depuis quand ça dure ?
- Depuis qu'elle a 16 ans. Ou plus précisément depuis le jour où son père est mort. Elle s'est donné à moi, j'ai su la réconforter, et depuis, nous vivons une magnifique histoire. Souriait-il en papillonnant des yeux et en joignant ses mains.
- Tu t'es donc bien gardé de me dire que tu vous étiez ensemble, hein ?
- Oh que oui ! Je ne voulais pas gâcher d'avance ce moment que je savoure. Et je te le confirme, je ne suis pas mécontent du résultat ! Et encore plus de ce qu'elle vient de te faire ! Ahahahahaha…
- Tant mieux pour toi si ça te fait marrer. Railla-t-il
Il retourna vers sa chambre sous le regard toujours aussi ravi de Dagur. Quand il ne fut plus dans le couloir, Dagur perdit son sourire pour laisser place à de l'inquiétude quand il entendit du fracas dans la chambre de Verika. Il toqua à la porte et s'autorisa lui-même à entrer. Verika était prête à donner un coup de poing à son visiteur, croyant que c'était encore Harold, mais se stoppa quand elle vit Dagur.
- Holà, holà, c'est moi. Dit-il en levant les mains
- Désolée. Mais un conseil, Dagur. Laisse-moi…
- Pas avant d'avoir eu quelques explications. Je peux savoir ce qu'il t'a fait pour que tu l'ais chassé de ta chambre, et que tu sois dans cet état ? Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'il fabriquait ici ? Demanda-t-il en verrouillant la porte pour qu'ils ne soient pas dérangés
- Si tu veux tout savoir, je ne l'ai pas invité. C'est lui qui s'est invité tout seul. Par là. Dit-elle en indiquant du regard la fenêtre.
- Et pourquoi faire ? Demanda-t-il en larguant le harpon qui s'écrasa bruyamment sur le sol pavé de la cour
- Pour avoir une discussion. Mmh ?
Dagur venait de se coller contre son dos et enlaça son ventre de ses bras tout en calant sa tête dans le creux de son cou. Bien qu'elle aurait préféré être seule le temps que ses émotions se calment, elle se laissa apaiser par la présence de Dagur.
- Tu veux m'en parler ?
Verika se mordit la langue. Bien sûr que non qu'elle ne voulait pas lui en parler ! Oh que non ! Elle ne pouvait pas lui dire qu'Harold l'aimait toujours, qu'il avait essayé de l'embrasser et que elle, elle ressentait également des choses pour lui malgré ce qu'il venait de se passer, et qu'elle les ressentait depuis son arrivé ici ! Si elle le lui avouait, ce serait fini entre eux, et elle ne voulait pas le perdre. C'était à elle de dissimuler ses sentiments pour Harold et de se forcer à ne plus les ressentir.
- Non. Ça vient d'être réglé et je veux penser à autre chose, sinon je vais encore casser un truc. Grommela-t-elle d'un ton convainquant.
- Dans ce cas.
Il la porta dans ses bras et l'allongea directement sur le lit. Surprise sur le coup, Verika tenta néanmoins de dissuader Dagur de poursuivre dans son élan, surtout quand son bas à elle fut retiré.
- Euh... Dagur, je crois que ce n'est pas une bonne idée… je n'ai pas du tout la tête à… ah !
Dagur ne l'écoutait pas et continuait de lui dévorer l'entre-jambe. Face à de telles prouesses dont il avait le secret, Verika ne voulait plus qu'il arrête et jouissait sans cesse de plaisir, mais de manière contenue en recouvrant sa bouche de sa main. Comme Harold et les autres logeaient pas loin de sa chambre, elle n'avait pas envie qu'ils l'entendent couiner comme une souris, ni qu'ils entendent le lit grincer ! Elle gardait sa main contre sa bouche et courba le dos quand elle atteignit l'orgasme. Pendant qu'elle se trémoussait sous l'effet de ses vagues de plaisirs, toujours en couvrant ses cris, Dagur ôta le haut de sa tenue, puis son propre pantalon et n'attendit pas pour pénétrer en elle. Son plaisir était alors doublé, et c'était encore plus horrible pour elle ! Elle mourrait d'envie de se lâcher comme elle le faisait d'habitude, mais elle n'y arrivait pas. Dagur le comprit très vite et s'empara de ses mains pour les bloquer de chaque côté de sa tête.
- Dagur, non ! Ils… ils vont m'entendre… Supplia-t-elle
- On s'en fiche d'eux. S'ils ne sont pas contents, qu'ils se bouchent les oreilles ! Jouis ma belle… jouis ! Ordonna-t-il sensuellement
Il enchaîna les coups de reins, tout aussi frénétique les uns que les autres. Verika ne pouvait plus se contenir, et le fait de se mordre la lèvre n'aida pas. Elle laissa alors ses cris de jouissance s'exprimer, ce qui excitait encore plus Dagur.
- Oh oui, donne tout bébé ! Vas-y… donne-moi tout ce que t'as !
Elle était de plus en plus folle, et lui aussi. Quelques minutes après, Dagur explosa à son tour et s'effondra, mort de fatigue, contre le corps de sa belle qui tremblait de plaisir. Mais le souci, c'est qu'Harold n'était pas totalement sorti de sa tête durant leurs ébats ! Par chance, Dagur ne semblait pas l'avoir remarqué. Elle avait même eut peur de prononcer le nom d'Harold plutôt que le sien ! Là, ça aurait tout gâché ! Elle ferma tristement les yeux et enlaça le corps de Dagur, tout en priant les dieux pour que cette tourmente s'arrête et que tout redevienne comme avant, avant que les Berkiens ne débarquent…
oO*Oo
Par chance, leurs hôtes ne les avaient pas entendus puisqu'ils dormaient tous profondément. Sauf Harold qui s'était efforcé de les ignorer même une fois la porte de sa chambre franchie. De très mauvais poil et fou de rage contre Dagur, Harold était retourné se coucher sans réveiller Astrid. Elle dormait profondément, le visage tourné vers lui et le corps trop près de son côté. Pour réussir à se calmer et ignorer les échos à moitié étouffé de leurs ébats jusqu'à ce qu'ils aient finis, Harold avait regardé Astrid en train de dormir, regardant avec un léger amusement sa mèche qui bougeait à chaque fois à cause de sa respiration. Malheureusement, à part les insoutenables échos, les paroles de Verika lui trottaient encore dans la tête. Mais plus Harold regardait Astrid, plus ses sentiments pour Verika s'intensifièrent. Il avait compris qu'il aurait beau regarder Astrid pendant des heures, ça n'y changerait rien ! C'était Verika qu'il aimait ! Mentalement, il s'était excusé auprès d'Astrid et lui avait tourné le dos pour pleurer en silence, et n'avait trouvé le repos que lorsque Dagur et Verika avaient cessé de faire du bruit.
oO*Oo
La nuit fut longue pour certains. Pour d'autre, elle fut dure, normal ou reposante. Mais dehors, le temps semblait être en accord avec certaines personnes. Le ciel était gris et orageux. Le son de la pluie réveilla la majeure partie d'entre eux et chacun se leva à son rythme pour prendre leur petit déjeuner. Sauf que certains, comme Dagur et Verika, déjeunèrent dans la chambre en plus de passer encore du bon temps ensemble. Les tourments de Verika s'étaient calmés et la matinée avec Dagur fut très agréable. Marina n'avait pas faim, tout comme Harold, mais Astrid le poussa à aller prendre des forces. Il descendit en sa compagnie et celle des autres membres du groupe, mais Marina resta seule dans sa chambre. Elle n'avait même pas envie d'aller voir Verika pour lui parler de sa mésaventure et de sa déception de la veille.
Trois heures après, du va-et-vient sur les quais attira l'attention des Parenvrilles, dont Verika qui faisait sa ronde habituelle sur les murailles. Un navire accostait sur les quais. Verika regardait la voile qui portait le symbole d'un dragon rouge dont le corps était pourfendu d'une épée et d'une flèche. Verika savait à qui appartenait ses couleurs. Des chasseurs de dragons ! Mais que venaient-ils faire ici ? Elle courut informer Osvald mais en le voyant déjà sur les quais en compagnie de Stoik et en le voyant saluer d'une poignée de main celui qui devait être leur chef, elle s'arrêta de courir et continua de les regarder, arc et flèche prêts au cas où. Elle le suivit du regard jusqu'à ce qu'ils entrent dans la forteresse. Elle retourna à l'intérieur et croisa la route des deux chefs et des chasseurs. Celui dont Osvald avait serré la main, un grand gaillard au crâne rasé et aux longues moustaches noire, lui adressa un regard froid et hautain. Alors qu'un autre, un jeune homme aux cheveux noirs et aux tatouages bleu sur son menton, lui accorda un faible sourire après l'avoir regardé de haut en bas.
- Verika, va chercher Gueulfor, Dagur, Harold, et les autres. Un conseil va bientôt avoir lieu dans la salle habituelle. Demanda Osvald
Elle fit oui de la tête et adressa un regard froid envers le chauve et un regard neutre vers le tatoué. Verika se dirigea en premier vers les chambres et ne trouva personne d'autre que Marina et l'informa aussitôt de l'arrivée des chasseurs et de la requête d'Osvald. La blonde descendit en faisant une tête de yack et Verika ne put s'empêcher de lui demander ce qu'elle avait, et pourquoi elle n'était pas à son poste ce matin.
- Je n'avais pas envie de sortir. Je voulais être seule, c'est tout.
- Mais comment ça se fait ? Tu étais si joyeuse hier soir ! Qu'est ce qui s'est passé ?
- J'ai foncé, comme tu me l'a conseillé. Et j'ai atterrit droit dans le mur… Soupira-t-elle tristement
- Attends… Rustik à un rapport avec ton état ?
- Oui… il a repoussé mes sentiments et il m'a dit qu'il n'était pas amoureux de moi.
- Oh Marina… je suis désolée…
- C'est rien. Tout le monde ne peut pas trouver le grand amour… allez, j'y vais. A tout à l'heure.
Elle la suivit tristement du regard un court instant, puis s'en alla chercher les autres. Elle trouva ensuite Dagur qui était occupé à affuter la lame de son épée dans l'armurerie, Ce dernier haussa un sourcil face à son annonce et se dirigea sans plus tarder vers la salle à manger. Elle trouva le reste du groupe dans la salle d'entrainement, mais Harold n'était pas avec eux.
- Euh... où est Harold ?
- Aux dernières nouvelles, j'ai entendu dire qu'il était parti voir Gueulfor à la forge.
Roulant les yeux au ciel de devoir faire toute la route sous la pluie, elle courut sans plus tarder vers la forge. Elle ignora le salut amical du vieux forgeron et trouva comme prévu Harold qui bricolait à ses côtés. Et bien qu'Harold lui adressa un regard à demi glacial, tout comme elle, elle leur exposa la situation et les deux Berkiens se hâtèrent de rentrer en compagnie de la rouquine. Elle ne disait rien et gardait un regard sévère qui dissuaderait quiconque de venir lui parler. De toute façon, Harold n'avait pas envie de lui parler pour le moment, et Gueulfor les observait tristement. Et heureusement, le fait qu'elle soit aux côtés d'Harold ne raviva pas les sentiments qu'elle avait eu la veille. Ils rejoignirent tout le monde qui était déjà installé à table, mais les jumeaux arrivèrent en dernier. Quand Kogne posa son regard sur le jeune homme tatoué, elle le fixa bouche bée. Ce gars était tellement beau et musclé qu'elle tomba raide dingue de lui ! Un rappel à l'ordre de la part de son frère la fit revenir à elle, et les jumeaux s'asseyaient enfin à table.
- Bien. Maintenant que les enfants sont rassemblés, on va pouvoir commencer à parler affaire. Même si je me demande pourquoi l'affaire ne se conclut pas qu'entre vous et moi. Déclara le chef des chasseurs à l'attention des deux chefs.
- Du calme, Ryker. Ses enfants… comme tu dis, sont nos fils et héritiers, et leurs amis sont les plus vaillants guerriers de Berk et des Parenvrilles. Ils assistent régulièrement aux conseils, alors je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas tenus au courant de celui-ci. Informa calmement Osvald
- Si vous le dites. Alors… si nous parlions affaires, chefs ? Demanda Ryker avec un sourire en coin
- Euh... une petite question. On sait tous qui ils sont, alors qui les a invités ? Demanda Rustik
- C'est moi, mon garçon. Lui répondit Osvald. La situation avec les dragons devint vraiment trop compliquée. Soit c'en est fini d'eux, soit c'en est fini de nous. Et comme la première option est indiscutable, il nous faut l'aide d'experts en la matière.
- C'est-à-dire ? Demanda Verika
- Que vos chefs ont fait appel à nous pour traquer le Furie Nocturne et le mettre à terre, en échange d'une coquette quantité d'or. Lui répondit Ryker avec un mauvais sourire.
- Et vous avez besoin de nos présences pour autoriser ça ? Si vous êtes déjà d'accord pour les payer, je ne vois pas notre rôle dans l'histoire. S'étonna Harold en regardant Osvald
- Les chasseurs ne sont pas là que pour conclure définitivement notre marché. Ils sont là pour recruter de nouveaux chasseurs.
- Woh ! Vous êtes sérieux ?! Demanda Krane à l'attention de Ryker.
- Exact, jeune fille. Répondit Ryker
- Hé ?! C'est elle la fille ! Protesta Krane en pointant sa sœur du pouce
- Ça arrive pas mal qu'on se trompe quand on nous voit pour la première fois. Pouffa Kogne
- Ecoutez-moi bien.
Ryker se leva de table et fit le tour, tout en regardant à tour de rôle tous ceux présents dans la salle.
- Lors de notre dernière expédition, nous avons capturé pas mal de dragons pour les marchés du nord. Nous avons gagné un bon paquet d'or, mais nos effectifs ont subi de grosses pertes durant la traque. C'est pour ça que si vous voulez qu'on abatte rapidement ce démon, il nous faut un coup de main.
- Trop cool… on deviendrait de vrais chasseurs de dragons ?! S'enthousiasma Krane
- C'est un de mes choix de carrière qui prendrait enfin vie ! S'enthousiasma Kogne
- Les filles ne sont pas admises sur mes navires. Je ne prends que les guerriers les plus valeureux.
- Eh bien, vous allez devoir faire une exception, Ryker. Aucun d'entre eux ne vous rejoindra sans nous. Déclara Verika
Le jeune homme tatoué, Eret, esquissa un sourire en coin face au courage dont elle faisait preuve envers Ryker. D'ordinaire, très peu de gens osaient le défier ! Et encore moins des femmes ! Ryker et elle se défièrent du regard, avant que Ryker ne se mette à sourire d'un air moqueur.
- Vous comptez pour une fille ou pour un garçon, mon jolie ? Héhé. Ce n'est pas parce que vous portez une armure faite en peau de vipère, que vous avez les cheveux courts et que vous savez vous battre que je vous accepterais parmi mes hommes. La seule raison pour laquelle des femmes seraient présentes, c'est pour nous offrir leur compagnie. Rien d'autre.
Verika enrageait d'entendre ça. Tout comme Astrid, Kogne, les garçons, et les deux chefs. Marina ne disait rien, car cet homme lui flanquait la trouille vu qu'il n'était pas loin d'elle. De ce fait, Ryker ne put s'empêcher de faire glisser entre ses doigts ses longs cheveux blonds.
- Surtout des filles aussi mignonnes que toi, ma jolie.
Ce geste déplut aussi bien à Marina qu'à Verika, qui ragea de voir un type pareil la toucher, si bien qu'elle lança une dague dans sa direction. La dague passa à ça de la main de Ryker et se planta dans la table. Ryker adressa alors un regard mauvais à la jeune viking.
- Osez encore une fois la toucher, et je vous jure que je ne vous raterai pas !
- Mouais… Bref. Dit-il en s'éloignant de Marina. Trêve de bavardages inutiles. Nous partons ce soir pour les îles du Nord. Qui parmi vous s'engagent ?
Comme Stoik et Osvald s'y attendaient, ils souriaient de voir tout le monde, y compris les filles, se lever de table et défier Ryker de contester leur décision.
- Bien. Dans ce cas, soyez tous sur les quais avant le coucher du soleil, où je pars sans les retardataires. Et je vous préviens d'avance… le voyage sera loin d'être facile et que le premier, ou la première qui m'ennuie un peu trop finira sur un radeau et rentrera par ses propres moyens sur l'île. Alors ? Toujours partants ?
- Oui ! S'exclamèrent-ils à l'unisson
- Parfait. A ce soir, alors. Souriait-il.
Tout le monde quitta la table et commença à sortir tranquillement. Ryker adressa un regard méprisant envers Verika, et avec un petit sourire en coin, il donna une claque sur les fesses de Marina alors qu'elle s'éloignait avec les autres. En entendant Marina pousser un léger cri de peur et de dégoût, Verika devint alors verte de rage et fonça droit sur Ryker pour lui en coller une !
- Verika, non ! Ne fait pas ça ! S'exclama Marina avec effroi
Le chauve étendit son sourire en voyant la réaction de la rouquine si imprévisible. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que la rouquine soit très douée au corps à corps, ce qui fait qu'elle esquivait chacun de ses coups et qu'elle lui en donnait plein en rafale qu'il contra également. Le fait de s'acharner sur Ryker lui permit de se défouler un bon coup face à tout ce qu'elle ressentait en ce moment. Tout le monde observait en retrait le combat entre ces deux-là d'un air inquiet, impressionné et fier, surtout pour Dagur. Il observait le combat avec un sourire en coin, les bras croisés et l'air confiant. Personne n'osait d'ailleurs les séparer. Ryker venait de parer un autre de ses coups de poings qu'il n'eut pas le temps d'esquiver un coup de pied retourné, qu'il se prit en plein dans la mâchoire ! Il était tellement costaud qu'il n'avait presque rien senti, mais en retour, il colla avec joie son poing dans la mâchoire de Verika qui elle, vola vers l'arrière. Mais elle se re-stabilisa bien vite en position de combat et essuya le léger filet de sang qui coulait de sa bouche avec un sale petit sourire joueur.
- Bon maintenant ça suffit ! Arrêtez ! Ordonna Osvald
Ryker rendit son sourire à Verika et elle repris l'assaut malgré les protestations de son chef et de ses amis. Elle courut et fit une glissade vers ses pieds, mais Ryker l'esquiva, mais se prit de nouveau un coup de poing qu'il n'avait pas vu venir. Il s'en prit encore deux, et se reprit un autre violent coup de pied qu'il contra en bloquant le pied de la rouquine. Il envoya Verika contre un poteau et chargea sur elle pour lui donner un puissant coup de poing. L'esprit toujours en alerte, Verika l'esquiva au dernier moment laissant Ryker abattre son poing dans le bois. Mais il réussit malgré tout à la choper pour lui mettre deux coups de genoux dans le ventre, ce qui la fit à moitié grimacer à cause de la qualité de son armure, puis il la fit tourner violemment dans l'air avant de la larguer vers la grande table. Verika fit alors un vol plané, puis un dérapage sur la table qu'elle stoppa aisément en se remettant en position de combat. Elle avait les yeux fermés, et quand elle les rouvrit pour regarder Ryker, son sourire se prononça et elle fonça une dernière fois vers lui, fermement décidé à en finir et de lui faire payer son sale geste envers Marina ! Elle lui donna un dernier coup de poing, puis elle réussit Thor sais comment à lui grimper dessus, à se glisser derrière lui, a entourer son cou de ses jambes et de l'envoyer valdinguer à son tour vers la table en basculant son propre corps vers l'arrière.
Vu le gabarit du bonhomme, la table ne céda pas, mais les chaises s'écroulèrent à terre et Ryker glissa vers le sol. Verika, en position de combat ninja, se redressa et remit en place sa frange. Elle ignorait les acclamations venant des jumeaux et de Rustik, et continuait de regarder Ryker qui se redressait sans relever la tête. Elle restait quand même aux aguets, mais son regard se fronça quand elle vit Ryker attraper une chaise et la lui balancer d'une seule main avec rage ! La jeune femme n'eut pas le choix que d'envoyer balader le projectile avec un coup de pied retourné, mais en s'occupant de la chaise, elle n'avait pas empêché Ryker de lui attraper le bras et le lui déboîter ! Elle hurla de douleur et se fit balancer violemment par terre, mettant ainsi fin au combat. Gémissant de douleur, elle regardait d'un air inquiet et haineux le chef des chasseurs s'approcher d'elle. Mais Eret intervient à ce moment-là en s'interposant entre eux.
- C'est bon Ryker. Je crois que vous avez tous les deux eut votre compte.
- Elle, c'est sûre. Mais moi, je crois que je n'en aurais pas fini avec elle. Surtout si l'envie lui reprend de m'en coller une. Rétorqua-t-il avant de quitter la salle pour rejoindre ses navires.
Tout le monde le suivait du regard d'un air mauvais, puis quand il fut parti, Eret aida gentiment Verika à se relever. Dagur et Kogne remarquèrent qu'Eret regardait Verika d'un air qui ne leur plaisait pas tellement, même si le jeune chasseur ne faisait strictement rien de mal. Verika tenait de son bras valide son bras déboîté, tout en respirant très fort et très vite. Refusant poliment l'aide supplémentaire du jeune chasseur pour qu'il lui remette son bras en place, elle se pinça les lèvres en s'approchant d'un poteau. Et d'un mouvement net et rapide, elle remit toute seule son bras en place en cognant son épaule dessus. Tout le monde serra les dents pendant qu'elle hurlait de nouveau. Elle s'adossa ensuite contre le poteau, les dents serrées. Elle reprit petit à petit son souffle et adressa un regard à Marina qui c'était mise à courir vers elle pour la serrer dans ses bras. Avec affection, Verika la serra à son tour dans ses bras, mais grimaça encore un peu face à la douleur.
- Par les dieux, ça va… ?! S'inquiéta la blonde
- Ouais, t'inquiète… ce n'est pas la première fois que j'ai un bras ou une jambe déboîtée… La rassura-t-elle
- Je sais bien... Merci de m'avoir défendue, mais ce n'était pas la peine de…
Le cor de la forteresse se mit à gronder. Inquiète, Marina et Verika se mirent à courir vers l'extérieur de la forteresse, suivis de Dagur alors que les Berkiens et les chasseurs présents dans la pièce se demandaient ce qu'il se passait. Ils les suivirent et une fois sur les murailles, ils virent qu'une nuée de dragons se dirigeait droit sur la forteresse ! Mêlés au ciel gris foncé et à la pluie, ça ne présageait rien de bon.
