Hey Hey!
Voilà la suite de l'histoire! Merci pour les reviews, c'est sympa, ne vous arrêtez surtout pas là! (message subliminal de l'auteure) dans la première partie, le dialogue pendant la réunion de l'AD est tiré directement du livre, donc ça appartient encore une fois à JKR, mais tout le reste est bel et bien à moi :)
Il y a le premier pov de Sélène dans ce chapitre, je ne l'ai pas fait trop long, parce que je préfère qu'elle garde encore un peu de mystère pour vous, mais vous me direz quand même comment vous la trouvez :)
Bisouuuuuus
4. Bain de Minuit
- C'est bizarre, dit Fred, les sourcils froncés, un jour on s'est réfugiés ici pour échapper à Rusard, tu te souviens, George ? Mais, à l'époque, c'était un simple placard à balais.
- Ouai, je m'en rappelle. C'est bien mieux comme ça ! Dis-je en admirant la pièce dans laquelle nous venions d'entrer. Autour de nous, les autres élèves étaient surexcités.
C'était la Salle sur Demande. Ou la Salle Va-et-Vient, selon les versions. Une pièce cachée de Poudlard, comme il en existe tant d'autres, qu'on ne peut voir que si on la désire vraiment. Et chaque fois qu'elle s'ouvre, c'est sur un nouvel univers, l'endroit qu'on rêvait de trouver à ce moment précis. Ce soir, c'est une pièce magnifique, une salle de cours rêvée. Il y a des livres de partout, certains qui ont l'air d'être millénaires ! Il y a des armoires pleines d'objets inconnus que j'ai envie de manipuler dans tous les sens, des coussins éparpillés sur le sol pour qu'on ne se fasse pas mal en cas de chute, la lumière est puissante. Harry s'agite dans toute la pièce, fier de sa découverte. Et moi (comme Fred, j'imagine) je pense à toutes les choses que j'aurais pu faire apparaître dans cette pièce si j'en avais connu la particularité quelques années plus tôt. La voix de ma coéquipière Angelina Johnson me sort de mes pensées.
- On n'a qu'à s'appeler la Ligue des champions anti-Ombrage, propose-t-elle, pleine d'enthousiasme.
- Ou alors le Front de libération contre les crétins du ministère, renchérit Fred.
- Moi, je pensais plutôt à un nom qui ne dévoilerait pas tout de suite ce que nous faisons, repris Hermione en regardant Fred les sourcils froncés. Ce qu'elle peut être rabat-joie...
- L'Association de défense ? Suggéra Cho Chang. En abrégé, ça donnerait A.D., personne ne saurait de quoi il s'agit.
- Oui, c'est pas mal, l'A.D. Mais ce serait mieux si ça voulait dire l'armée de Dumbledore, puisque c'est la pire crainte du ministère, non ? Ajoute Ginny, son regard de harpie fixé sur Cho. Je crois qu'elle sait qu'il se trame quelque chose entre Harry et elle, et ça ne lui plait pas du tout. Ma pauvre petite soeur...
- Tout le monde est d'accord pour l'A.D.? Demande Hermione avec son ton insupportable de pimbêche. On vote à main levée. Ca fait une majorité, la motion est adoptée !
Elle affiche au mur un morceau de parchemin sur lequel est écrit en énormes lettres dégoulinantes "ARMEE DE DUMBLEDORE". Ensuite, Harry nous a fait un looooooooooong (vous comprenez à quel point il était long ?) discours sur comment il fallait commencer par les bases de la défense, et que des petits sorts de rien du tout lui avaient sauvé la vie devant Celui-Dont-Le-Nez-N'existe-Pas et blablabla et blablabla... Enfin la tirade de héros incompris qu'il nous répète depuis quatre ans, quoi. Et puis on a fait des groupes de deux, et on a commencé à s'entrainer à lancer l'Expelliarmus. Ca m'a étonné qu'aussi peu d'entre eux arrivent à le lancer correctement. Avec Fred, on s'amuse un peu avec Zacharias Smith. Chaque fois qu'il veut jeter le sort de désarmement, on fait sauter sa baguette d'entre ses mains, et cet idiot ne se doute de rien ! Mais Harry veille au grain. Finalement, ce n'est pas beaucoup plus amusant qu'un cours.
- Désolé, Harry, Dis-je en croisant son regard. Je n'ai pas pu résister.
Pour être honnête, le reste de la séance est tout aussi barbant que le début. Tant que tout le monde ne maitrise pas parfaitement le sort, on est obligé d'insister là-dessus. J'ai l'impression que cela fait une éternité que je suis là, quand Harry donne un grand coup de sifflet. "C'était très bien, mais nous avons un peu dépassé l'horaire et il vaudrait mieux s'arrêter maintenant. Même heure, même endroit la semaine prochaine, d'accord ?" Les bravos et les contestations grossissent pour former un brouhaha incompréhensible, et peu à peu, tout le monde quitte la salle, à part le trio de choc. Tout le monde se dit au revoir, et chacun repart vers sa Salle Commune. Mais il est encore tôt, et personnellement, les règles à la con d'Ombrage sont le cadet de mes soucis.
- Tu viens pas, George ? Me demande Fred, alors que je bifurque vers la cours.
- Non, je vais me balader un peu, je ne suis pas fatigué. Avoué-je.
- Ok, à tout à l'heure frangin, Dit-il en s'éloignant.
- Ouai, bonne nuit Fred.
Les mains dans les poches, je traverse la cours. Je resserre la cape autour de mon cou. Il commence à faire froid, mine de rien. Bientôt, j'arrive dans le Parc. J'adore le Parc. Déjà, parce que c'est un endroit très vaste, avec des troncs d'arbres assez volumineux pour qu'on puisse se cacher derrière, si l'occasion se présente. Ensuite, parce que c'est peut-être un peu con, dit comme ça, mais l'odeur de l'herbe fraichement coupée me rappelle le Terrier, et que malgré tout, chez moi, ça reste le plus bel endroit du monde. Ne croyez pas que j'ai le mal du pays, j'adore être à Poudlard. Mais parfois, même si je prends tout sur le ton de l'humour, je pense à mes parents. Avec l'Ordre du Phénix, le fait qu'ils soient traitres à leur sang, l'adoration de mon père pour les moldus, tout ça... Je me fais un peu de soucis pour eux. C'est qu'il ne sont plus tous jeunes, les Weasley !
Cette pensée me fait sourire. Puis soudain, j'aperçois quelque chose, ou plutôt, quelqu'un, au loin, dans le lac. Dans le lac ? Déjà, il fait à peu près zéro degré, et il faut être inconscient pour plonger dans une eau gelée comme celle-là. Ensuite, il faut être cinglé pour plonger là-dedans, c'est infesté de créatures immondes ! On en a eu la preuve l'année dernière, pendant le tournois des Trois Sorciers. RIP Cedric, on pense fort à toi. Bref. Je continue à traiter d'imbécile et de dégénérée la personne qui est en train de se baigner, puis, une autre idée me vient en tête. Et si il se noyait ? Après tout, ça ne m'étonnerait pas tant que ça qu'une bestiole du lac soit assez déphasée pour emporter un élève dans l'eau et s'amuser à le couler...
- Hé ! Je cris vers l'inconnu dans l'eau. Aucune réponse.
Je me mets à courir vers le lac. En trébuchant à moitié, je retire mes chaussures. Toujours au pas de course, je desserre ma cravate, et défait en quatrième vitesse les boutons de ma chemise, que je laisse tomber par terre, en même temps que ma cape. J'espère sincèrement que personne n'est en train de me regarder depuis une fenêtre, parce que je dois vraiment avoir l'air d'un crétin, me foutant à poil en courant vers le lac, seul en pleine nuit. Je m'apprête à enlever ma ceinture, déjà à moitié pendante d'un côté de mes hanches, quand j'arrive sur la rive du lac. J'inspire longuement, me préparant au choc thermique que mon entrée dans l'eau glacée va sûrement provoquer. Et au dernier moment, je m'arrête. Un rire caquetant retentit dans l'air.
Je reconnais alors le corps. Sélène. Son visage et ses épaules sont les seules parties de son corps émergées. Ses cheveux mouillés paraissent lisses, ils sont rabattus en arrière. Sa peau luit à la lumière de la lune. Elle passe une main sur son visage, et continue de me toiser, son sourire moqueur persistant sur ses lèvres pleines. Je fais redescendre la pression. Elle n'a pas l'air d'être en mauvaise posture. J'ai vraiment du avoir l'air con. Je me sens rougir, et heureusement, dans la pénombre, elle ne doit pas le voir. A première vue, elle est nue. Il ne faut pas que j'y pense. Heureusement, l'eau est sombre, et m'empêche de voir le reste de son anatomie. Décidément, cette fille est folle. Qui est-ce qui se baigne dans le lac de Poudlard, parmi les monstres, en pleine nuit, qui plus est en automne ? Personne. Enfin si, du coup, elle.
- Mais qu'est-ce que tu fous là, Weasley ? Me demande-t-elle, le ton toujours rieur. Apparemment, j'ai égayé sa soirée.
- Je te retourne la question ! Je suis un peu piqué dans ma fierté.
- Tu croyais sauver une demoiselle en détresse ? Dit-elle en partant d'un nouveau rire fracassant. Je ne réponds pas. C'est vrai, qu'est-ce que j'imaginais ? Retournes-toi, je vais me rhabiller. M'ordonne-t-elle.
J'obéis, mais pourtant, je n'en ai aucune envie. J'aime bien l'idée de rester là, debout, les mains dans les poches, à la regarder sortir nu et frissonnante de ce bain de minuit. A défaut de cela, je me contente du bruit de ses pas sur l'herbe tendre. Je l'entends chuchoter un sort, certainement pour se sécher. Puis les froissements de tissus, jusqu'à ce qu'enfin, elle m'autorise à me tourner à nouveau. Elle ne porte pas sa cape, ni même l'uniforme. Une robe noire, informe, sur des collants, noirs eux aussi. Ses cheveux sont toujours humides, mais ils recommencent à boucler. Elle s'assoit sur le sol, pourtant inconfortable, et tapote la pelouse à côté d'elle. Je la rejoins. Quand nos regards se croisent, que j'aperçois le liquide nacré dans ses prunelles, me sang se remet à bouillonner dans mes veines. C'est fou l'effet qu'elle me fait.
- T'as pas répondu, Weasley. Qu'est-ce que tu faisais dans le parc à cette heure-ci ? Demande-t-elle, plus calme, cette fois. Elle rentre une main dans une poche et en ressort une cigarette, qu'elle allume d'un coup de baguette.
- J'avais pas envie de dormir, j'avais besoin de marcher un peu. Eludé-je. Et toi ?
- Je fais ça assez souvent. J'aime bien m'installer, et regarder les étoiles. Elle s'allonge sur le dos, renvoie sa fumée. Elle a l'air rêveur.
- Regarder les étoiles ? Je ne te savais pas si fleur bleue. A mon tour, je suis un peu moqueur. Elle se relève et plante une nouvelle fois son regard dans le mien. Elle est aussi froide que la mort.
- Fleur bleue ? Vas te faire foutre, Weasley. Elle n'a pas l'air vexé pour autant. Sélène, c'est le nom d'une étoile. Je m'amuse à la chercher, mais en fait, je la trouve jamais.
- Pourquoi on t'a donné le nom d'une étoile ? Je ne sais pas trop ce qui me prend. Ni ce qui lui prend, en fait. Avant cela, on n'avait jamais vraiment parlé. En tout cas, pas plus d'une ou deux phrases essentielles, et de quelques gémissement torrides.
- J'en sais rien. Répond-t-elle.
- Tu n'as pas demandé à tes parents ? Insisté-je. Elle pince les lèvres une seconde, puis se détend à nouveau. Elle n'a peut-être pas une super entente avec sa famille.
- Je ne suis pas très curieuse. Répond-t-elle sèchement.
Il y a peut être quelque chose de louche là-dessous. Ou peut-être qu'elle n'aime tout simplement pas parler de sa famille. Ou peut-être les deux. Peu importe, de toute façon je ne vais pas continuer ce petit interrogatoire. Ca me semble déjà incroyable qu'on soit allés jusque là sans qu'elle m'envoie paitre et remonte au pas de course jusqu'à son dortoir. On n'est pas passés loin, tout bien réfléchis. L'air glacé balaie mon torse, et je me rappelle soudain que je ne porte toujours pas de chemise, et qu'il fait de plus en plus froid. Je vais pour me relever, mais sa main attrape mon avant-bras avec une prise plus puissante que je ne l'aurais imaginé.
- Où tu vas ? Me demande-t-elle, ses grands yeux hypnotiques encore une fois plongés dans les miens.
- J'ai froid, j'ai laissé la moitié de mes fringues dans le parc, faut que je les récupère. Je m'élance une nouvelle fois dans mon mouvement, mais elle me ramène vers elle.
- Laisse tomber tes affaires, ok ? Dit-elle en enfouissant sa main dans mes cheveux.
- Tu viens m'aider à ramasser mes affaires ? Demande-t-il. Je ricane.
Je suis allongée dans l'herbe, au bord du lac. J'adore ça. Les brindilles qui me picotent la nuque, qui se détachent pour s'emmêler dans mes cheveux, le bruit calme du lac, les hululements qu'on entend depuis la volière... J'aime Poudlard la nuit. C'est paisible, mystérieux. Au départ, je suis venue ici juste pour regarder les étoiles, et faire trempette. C'est un peu bizarre, je sais, de se baigner dans le lac à cette époque de l'année. Mais j'adore nager. Dans l'eau, je me sens bien, libre, défaite de toutes les pensées qui se bousculent en permanence dans ma tête.
Et puis Weasley est arrivé. Il m'a fait rire. Il a sûrement cru que je me noyais, ou quelque chose comme ça. Il courait comme un damné en enlevant ses vêtements, prêt à se jeter dans le lac pour me sauver. C'est typique des Gryffondor. Toujours à foncer tête baissée sans réfléchir, à prendre des risques pour rien. Je crois que je l'ai un peu vexé, en me moquant de lui, mais ça aussi, ça m'a fait rire. J'ai un faible pour George. Il est un peu timide, comme s'il ne savait jamais sur quel pied danser. Et il est drôle. Mais surtout, il ne cherche pas à s'attacher, à essayer de faire de moi sa copine, ou un truc comme ça. Ca me convient très bien. Et physiquement, c'est quelque chose. Tout ce que j'aime. Grand, musclé, sa chevelure cuivrée toujours en bataille, ses yeux bleus expressifs, qui n'arrivent pas à cacher quand il a envie de moi... J'adore.
La première fois qu'on a couché ensemble, il était un peu stressé, je l'ai vu. Il ne savait pas trop ce que je voulais, ce que je ne voulais pas... J'ai trouvé ça amusant, d'autant plus qu'il s'est vite décoincé. En fait, c'est un super coup. Pendant le sexe il perd ses airs d'ado blagueur. Il devient un peu sauvage, torride... Excitant, quoi. C'est déjà la deuxième fois qu'on couche ensemble, et je pense que ça ne sera pas la dernière. Ca ne m'empêche d'aller visiter d'autres paturages, mais je le garde sous la main. J'ai un faible pour lui, que voulez-vous...
- C'est ça, oui. Je vais remonter. A bientôt, Weasley...
Hors de question que je l'aide à récupérer ses fringues. Après tout, je n'y suis plus rien s'il les a perdu. Et puis il ne faudrait pas qu'on devienne ami ou un truc de ce genre, sinon, le sexe ne sera plus pareil. Et je n'ai pas envie que ça change. Quand j'arrive dans le dortoir, Angelina est la seul qui soit encore réveillée. Elle est assise en tailleur sur son lit, un gros bouquin ouvert entre ses jambes. Elle ne relève même pas la tête. Elle fait la gueule, depuis quelques jours, je le sais. J'ai toujours pensé qu'elle était jalouse. C'est peut-être le cas... Peut-être même que j'ai couché avec un mec qu'elle aime bien, ces derniers temps. Peu importe, je m'en fous, après tout, ce ne sont pas vraiment mes amies.
Et puis j'aime bien l'idée de rendre des filles jalouses. J'aime bien me faire détester. Provoquer. Au moins, je ne passe pas inaperçue. Et personne n'ose venir me chercher des noises. Ils me craignent un peu, je pense. Après tout, personne ne sait rien de moi, ici, même pas elles. C'est mieux comme ça. Mon passé, c'est ma plus grande faiblesse, et si personne n'en sait jamais rien, ça m'arrange. En me couchant, j'aperçois au-dessus de mon lit la seule photo de moi que j'ai en ma possession. Elle a été prise à l'orphelinat, quand j'avais cinq ou six ans. Je fais la moue, les bras croisés. Je n'ai jamais trop aimé les photos. Ni l'orphelinat. C'était la belle époque, celle où j'avais encore un peu d'espoir.
Comme la plupart des gosses de l'orphelinat, j'ai longtemps imaginé qu'un beau jour, on viendrait me chercher. Chaque fois que j'entendais taper à la grande porte, au rez-de-chaussée, je me faisais des films. J'imaginais un couple, jeune, dynamique, qui m'attendrait avec le sourire. Ils seraient blonds, grands, minces, comme moi. Riches, peut-être, de sang pur avec un peu de chance. Ils m'emmèneraient dans un magnifique manoir, bordé par un grand jardin. Je me découvrirais des frères et des soeurs, et évidemment, ils auraient une excuse valable pour m'avoir abandonnée. Je ne leur ai jamais trouvé d'excuse, mais eux, ils en auraient certainement une.
Et puis au bout de quelques années, j'ai commencé à comprendre. Personne ne viendrait jamais me chercher. Mes parents étaient morts, ou alors ils se foutaient complètement de savoir ce que j'étais devenue. Ma mère s'était peut-être faite engrosser au lycée, mon père l'avait peut-être plaquée, et alors elle m'aurait abandonnée parce qu'elle n'avait pas de fric, et qu'elle voulait encore s'éclater. L'explication était sûrement aussi simple et cruelle que celle-là. Alors l'espoir est parti, et il a laissé place à l'amertume. Mais je ne le regrette pas. Mon caractère s'est forgé sur cette base, et je suis en accord avec la personne que je suis devenue. Peu importe que ça ne plaise pas aux autres. Je sais qu'au fond, c'est moi qui ai raison. Les humains sont vils, égoïstes, sans pitié, on se sert les uns des autres, mais surtout, on ne doit jamais s'attacher.
