Salut à tous ! :D Désolée, je n'ai pas le temps de répondre aux reviews pour cette fois, mais je tenais à faire une petite précision pour ce chapitre. :) Vous allez rencontrerez Excellinor, la mère d'Alvin. Mais comme elle ne figure pas dans la série, je ne sais pas trop quel genre de caractère, d'attitude et de façon de parler elle pourrait avoir x) J'espère seulement que ce que j'ai fait d'elle vous plaira, tout comme l'ensemble de ce chapitre ! ^^ Encore merci à tous, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^
Chapitre 16 - L'arbre-sorcière
Verika se fit rapidement rattraper par Harold, même qu'elle lui ordonnait gentiment de la laisser tranquille. Elle en avait même marre de demander ça à tout le monde ! Elle ne cessait de pleurer et tout ce qu'elle voulait, c'était être seule pour pouvoir évacuer sa colère et son chagrin en paix ! Elle se mit à courir plus vite et s'enferma de justesse dans la salle. Harold se fit claquer la porte au nez et tambourina à la porte de ses poings. Il lui demanda à plusieurs reprises de lui ouvrir, mais elle s'obstina à refuser. A un moment, elle n'entendit plus rien et soupira de soulagement. Posant son regard sur ses armes fraichement affutées, elle empoigna son épée et s'acharna contre un pilier en bois tout en criant pour faire ressortir sa colère.
Elle se sentait ravagée. Toutes ces informations et ses sentiments tournoyaient dans sa tête comme si elle abritait un ouragan, et ça lui donnait à moitié la nausée. Mais la dernière annonce était le bouquet ! Elle venait d'apprendre l'existence d'une grand-mère qui pratiquerait la magie et qui serait enfermée dans un arbre ?! Elle s'acharna de plus belle face à cette pensée qui n'avait aucun sens. La magie n'existe pas dans ce monde ! Quoique… Les dragons existent bien, alors pourquoi pas la magie et les sorcières ? Après tout… certains villages ont des shamans, des guérisseurs… mais ce qui la mit surtout en colère, c'est… pourquoi sa grand-mère ne s'était pas manifestée pour s'occuper d'elle ? Pas qu'elle l'aurait suivie, mais pour elle… c'était logique qu'Excellinor se manifeste ! Elle était sa petite fille ! Et pourquoi son père ne lui avait jamais parlé d'elle ?! Elle avait trop envie de savoir pourquoi, ce qui la motiva encore plus pour partir à sa rencontre et avoir des réponses.
Mais le comble, c'est qu'avec cette révélation, plus la mort de Marina et l'arrivée des Berkiens sur l'ile, Verika avait l'impression de ne plus avoir le contrôle de ses émotions, de son attitude, ni de ses gestes… Elle se rappela les paroles qu'elle avait prononcé envers le pauvre Johann, les menaces envers Rustik et sa haine envers lui, son lancer de chaise et pour finir, elle venait de taper plusieurs fois Gueulfor alors qu'il était devenu zinzin à cause d'un mauvais coup à la tête ! Lui qui a toujours été si gentil et conciliant d'après son jeune souvenir… elle s'en voulait. Elle s'en voulait pour tout ! Elle s'en voulait même de ne pas avoir eu la décence de présenter ses condoléances pour Varek. Elle s'écroula à genoux, épuisée et rongée par le chagrin. Elle enfouit sa tête dans le creux de ses mains mais releva la tête quand elle entendit la porte s'ouvrir et se refermer, et elle fut surpris de voir Osvald. Quoi que non, en fait. C'était SA forteresse. Il avait donc le pouvoir et le droit d'entrer où il voulait. Il la regarda avec compassion mais aussi avec son regard sérieux bien à lui.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? Je ne veux discuter avec personne pour le moment… Dit-elle le plus calmement possible
- Je n'en doute pas. Mais il faut quand même que tu écoutes ce qu'on a te dire.
- Comment ça on ?
- Je dois d'abord te parler. Après, Stoik t'avouera quelque chose et ensuite, ce sera Harold et ses amis. Ils attendent tous derrière la porte, en fait.
- Chef. Malgré tout le respect et l'affection que je vous dois, je n'ai PAS envie de discuter ! Ni à vous, ni à personne ! Dit-elle en se relevant, l'épée toujours à la main
- Je sais, mais il le faut. Alors commence par poser ton épée et calme toi. Conseilla-t-il gentiment
- Que je me calme ?! Non mais arrêtez de me dire ça ! Et puis de quel droit osez-vous me demander de me calmer ?! Comment pourrais-je être calme avec tout ce qui me tombe dessus depuis mon enfance ?!
- Verika…
- Si je résume tout… Ma mère m'a abandonnée à la naissance ! Mon père m'a était enlevé quand j'avais cinq ans ! On m'a injustement chassée de mon village ! Mon père est mort sans que je puisse lui dire au revoir ! Le village tout entier débarque et mes sentiments envers eux me rendent dingue ! Ma meilleure amie est morte ! J'apprends que j'ai une grand-mère qui serait une sorcière et qui serait peut-être en vie dans un arbre ! On me demande si je ne serais pas aussi une sorcière ! Et pour finir… je m'en prends à un infirme ! COMMENT VOULEZ VOUS QUE JE RESTE CALME ?! JE… je…
Elle éclata un sanglot et lâcha son épée qui résonna sur le sol poussiéreux. Osvald s'approcha sans crainte d'elle et la serra dans ses bras, tel un père. Elle le repoussa gentiment, puis finit par pleurer dans ses bras, la tête contre sa barbe châtain. Elle en avait marre de lutter. Elle en avait marre de pleurer. Et surtout, elle en avait marre de tout ça.
- Verika… Je sais que tu es chamboulée, perdue et malheureuse, et que tu en veux au monde entier pour tous tes malheurs. Mais tu ne peux pas non plus oublier tes devoirs.
- Mes devoirs… ? S'étonna-t-elle
- Oui. Ceux de la future femme du chef.
- Euh… on n'en est pas encore là, Dagur et moi ! Rétorqua-t-elle, surprise et embarrassée
- Je sais. Mais vu que vous êtes ensemble depuis longtemps, c'est tout comme. Et si ce jour arrive, vous aurez des responsabilités envers notre peuple et ceux des autres. Et le respect et la confiance en tant que chef et femme de chef se gagne bien avant. Et aujourd'hui, malgré ton chagrin très compréhensif, tu m'as déçu.
- Osvald…
- Tu imagines si à chaque fois qu'on perdait quelqu'un de très cher, on abandonnait les autres ? Désolé de te dire ça mais…. c'est ce que tu as fait. Tu as fait passer tes intérêts avant ceux de ton peuple. Si Stoik ou moi avions fait pareil que toi des que nous avons perdu nos épouses, nos familles ou nos amis, nous aurions vite été destitués de nos titres.
- Je…
- Je t'ai vu traverser le village sans te soucier de ceux qui avaient besoin d'aide. Mais j'ai également vu leur regard peiné. Tu crois qu'ils voudront de quelqu'un d'insensible aux cotés de Dagur quand il deviendra chef ?
- Humph… Riait-elle. Pour une fois que j'ai voulu aider personne…. Pour UNE fois ! Je n'en reviens pas que l'on ose me faire la morale ! Et puis vous croyez vraiment qu'ils voudront d'une sorcière pour veiller sur eux ?! On sait tous la réputation qu'elles ont ! Et ce n'est pas pour jouer en leur faveur !
- Verika.
- Et si tout le monde sait que mon père avait une mère qui pratiquait la sorcellerie, pourquoi je n'ai pas déjà été exclue du village ? Après avoir été bannie de Berk, j'aurais dû m'attendre à être bannie des Parenvrilles ! Alors pourquoi ?! S'exclama-t-elle folle de rage
De l'autre côté, tout le monde écoutait, l'oreille collée contre la porte. Ils n'avaient rien entendu sur leur conversation concernant le rôle des chefs, mais quand Verika avait haussé la voix contre Osvald au sujet de ses malheurs et des sorcières, la, ils se pinçaient les lèvres et craignaient la suite. Elle était tout de même en train de gueuler sur son chef ! C'est un miracle qu'il ne lui ait pas déjà mit une claque pour la calmer !
- Tu veux savoir pourquoi personne ne t'a jamais fait de remarques ? Parce que tu n'es pas une sorcière. Tes parents n'étaient pas des sorciers et Excellinor n'était pas non plus une sorcière durant sa jeunesse. Quand Alvin était un jeune adulte, elle s'est intéressée d'elle-même aux rituels noirs. Tes parents n'ont donc rien à voir avec ses choix et ses actes, et encore moins toi.
- Ce… c'est vrai ?
- Suis-je du genre à mentir, Verika ? Demanda-t-il d'un ton très calme
- Non… je… je vous demande pardon, Osvald. Pour tout. Je ne voulais pas remettre en cause vos paroles, et encore moins vous décevoir… Et vous aviez raison. J'ai laissé mon chagrin m'empêcher d'agir comme je l'ai toujours fait. Mais je vais rattraper mes erreurs. Je vais aller au village et venir en aide à ceux qui en aurait encore besoin.
- Sage décision. Souriait-il en lui caressant affectueusement la joue. Mais avant, il faut que tu écoutes Stoik. Lui aussi à quelque chose d'important à te dire.
- Rhooo… Qu'est-ce que je vais encore apprendre… Murmura-t-elle avec crainte.
- Quelque chose qui t'aidera surement à avancer. Stoik ?
La porte s'ouvrit et Stoik entra dans la salle alors qu'Osvald sortit en adressant un regard confiant à son ami. Un malaise et un silence s'installa entre eux. Harold et les autres s'inquiétait de savoir comment ça aller se passer. Le regard à demi fuyant, Verika ouvrit le dialogue.
- Je m'excuse d'avoir tapé sur Gueulfor… Vu son état, je n'aurais pas dû. Je suis allée trop loin…
- Merci. Je sais bien que ce n'était pas volontaire. Tu étais à bout de nerfs et tu voulais qu'il te lâche.
- Merci. Et euh… comment-il va ?
- Il dort, fermement attaché sur un lit au cas où. Le temps que vous serez partis, Osvald et moi on veillera sur lui.
- D'accord. Si jamais il se remet pleinement de son état… présentez-lui mes sincères excuses.
- Entendu. Ecoute, Verika. J'ai quelque chose d'important à te dire… au sujet des raisons qui m'ont poussé à te faire quitter Berk.
Le cœur de la jeune viking se serra. Qu'est-ce qu'elle allait encore une fois apprendre ? Stoik se frotta nerveusement les mains et se lança.
- Voilà. Quand j'ai fait bannir ton père, il m'était impossible de te garder sur l'ile. Pas parce que tu étais à tout prix la fille d'un traitre, mais parce que ta vie aurait été un enfer.
- Comment ça ?
- Si tu étais resté sur Berk alors que ton père venait juste d'être banni, personne n'aurait voulu héberger la fille de celui qui a causé tant de morts, même que tu n'y étais pour rien et que tu n'avais que cinq ans. Tu aurais vécu seule dans ta maison, tu aurais dû te débrouiller pour survivre, tu aurais subi les mauvais regards, les moqueries, les insultes, et j'en passe. Et ça, je ne voulais pas te l'infliger en plus de ce que j'avais déjà fait.
- Même vous, vous ne m'auriez pas gardé ? Mon père était pourtant votre meilleur ami…
- J'étais jeune, Verika. J'étais le chef et je devais montrer l'exemple et être ferme, malgré que ce choix m'ait au final apporté des regrets. Surtout quand j'ai vu Harold aussi dévasté par ton départ et ma décision.
- Mmh, mmh… Fit-elle en hochant lentement la tête
- C'est pour ça qu'Osvald s'est proposé pour t'emmener avec lui. Il m'a assuré que chez les Parenvrilles, tu pouvais recommencer une nouvelle vie sans avoir à vivre tout ce que je t'ai énoncé. J'ai su que tu as trouvé ton bonheur, mais en retour, ta vie a été remplie de haine et de rancœur à notre égard. Ça, je n'en ai jamais douté…
- C'est sûr que je vous en ai voulu. A tous. Même avec ce que vous venez de me dire… vous avez donc fait ça uniquement pour mon propre intérêt ?
- Oui.
- Mais… pourquoi vous ne me l'avez pas dit ?
- Je ne sais pas… Quand j'ai vu la colère que tu as exprimée envers moi quand je t'ai annoncé le sort de ton père, je… je crois que je n'ai pas eu le courage de te le dire. Tu étais trop jeune et tu n'aurais pas voulu me croire. Tu te serais entêtée à vouloir rester ici. Alors il valait mieux te faire quitter l'ile en insistant sur le fait que tu étais la fille d'un traitre. C'était injuste, mais pour ton bien, c'était la seule solution…
- Stoik…
- Je sais bien que ça ne servirais a rien, mais… je te demande sincèrement pardon, Verika. Pour tout.
Les larmes aux yeux, Verika se mit à courir vers lui pour l'enlacer. Tout comme avec Osvald, elle pleurait contre sa barbe. Stoik avait aussi les larmes aux yeux et avec un sourire soulagé, il enlaça la jeune femme et se permit de lui caresser les cheveux.
- Je vous pardonne… Dit-elle dans un sanglot
Le sourire de Stoik s'étira. Il ferma alors ses yeux et laissa ses larmes couler sur sa barbe.
- Mais je voudrais vous demander quelque chose…
- Dis-moi ?
- Si Harold, ou même les autres avaient osé contester votre décision… vous les auriez écoutés ?
- Avec le recul, je crois que oui. Avoua-t-il sincèrement
Heureuse d'entendre également ça, elle étira son sourire et resserra son emprise sur Stoik. Ses larmes coulaient de plus belle et elle éclata de nouveau en sanglot, mais plus joyeux. De l'autre côté, ils s'inquiétaient de l'entendre pleurer une seconde fois. Ils ouvrirent donc la porte et quand Verika ouvrit les yeux, elle vit Harold et le groupe qui les regardaient avec inquiétude, mais aussi avec surprise de voir Verika en larmes dans les bras de leur chef !
- Euh… tout va bien ? S'inquiéta Astrid
- Oui… Répondit Verika
Elle s'écarta des bras de Stoik et essuya rapidement ses larmes. En les regardant, elle repensait à ce que Marina aurait voulu qu'elle fasse à leur sujet. Verika se sentit alors nerveuse, voir même un peu apeurée. Le pardon définitif était-il encore possible après tout ce qui venait de se passer ? Elle fit quelques légers pas vers le groupe tout en se tortillant nerveusement les doigts. Son cœur battait très vite et son sang bouillonnait à ses oreilles. C'en était presque insoutenable.
- Je… Je voudrais…
- Un instant. Osvald et Stoik ont eu la parole, alors maintenant, c'est notre tour. L'interrompit Krane. Je m'excuse de t'avoir demandé si tu étais une sorcière.
- C'est sûr que si tu en étais une, t'aurais déjà calciné Rustik depuis longtemps. Souriait malicieusement Kogne
- Sympa. Quant à moi, je m'excuse d'avoir demandé ce que j'ai demandé. Enchaina Rustik.
- Et sache qu'on est tous désolés pour Marina. On a su qu'elle était comme une sœur pour toi. Ajouta Astrid
- Je… merci à vous… et moi, je suis navrée pour Varek. C'était un gentil garçon. Il ne méritait pas ça…
Elle fit une pause et repris le dialogue après avoir repris une bouffée de courage.
- Et… je m'excuse pour mon comportement immature. Même que d'une part il était justifiable, j'ai enfin ouvert les yeux grâce à vos paroles. Nous étions que des enfants et depuis, nous avons vécu d'autres malheurs. Alors pour honorer le souhait d'une amie, je vais le suivre et aller de l'avant. Avec vous. Enfin… si vous êtes toujours partants pour qu'ont redevienne amis… ?
Astrid afficha un grand sourire ravi et se jeta au cou de la rouquine qui fut surprise mais soulagée que la réponse soit « oui » ! Pour le délire, les jumeaux et Rustik se collèrent autour d'elle pour lui faire un câlin général. Naturellement, Verika souriait et pleurait de joie. Stoik et Osvald souriaient, tout comme Harold qui n'avait pas osé se joindre à eux. Verika l'avait remarqué et écarta gentiment les autres, sans lâcher Harold du regard. Elle avançait lentement vers lui, au rythme des battements de son cœur qui résonnaient dans sa poitrine. Une fois proche, chacun plongea son regard dans celui de l'autre. Pour la première fois depuis leur retrouvaille, le doux regard de Verika semblait être revenu d'outre-tombe. Son amie d'enfance était revenue. Mais le serait-elle de nouveau, à défaut de ne pas être plus que des amis ?
- Quant à moi… je m'excuse pour l'autre fois. S'excusa-t-il. Je n'aurais pas dû faire ça, et je te laisserai tranquille désormais. T'auras plus jamais à craindre que je…
Elle lui sauta au cou et le serra dans ses bras. Malgré les sentiments qu'elle ressentait inévitablement pour lui, elle ne voulait pas l'entendre dire ça. C'était bête, mais elle ne voulait pas. Son étreinte fit donc taire Harold, et ce fut à son tour de s'excuser, mais assez discrètement pour pas que les autres entendent.
- Tu n'as pas à t'en vouloir. Tu as suivi ton cœur, mais je ne peux pas t'offrir le mien, Harold. Désolée. Mais t'avoir de nouveau pour ami serait déjà une chance incroyable… Tu veux bien me pardonner ? Lui murmura-t-elle à l'oreille
En réponse, il la serra dans ses bras, sans rancœur. Verika souriait, heureuse du doux sentiment de bonheur qui envahissait son cœur. Comme la porte de la salle était à moitié ouverte, Dagur pouvait voir depuis le bout du couloir, que sa belle était dans les bras d'Harold. Il ne pouvait pas voir ses expressions faciales, mais il pouvait au moins voir qu'elle était heureuse de l'enlacer. Elle semblait heureuse tout court. Il serra naturellement les poings et les dents, et ne sursauta même pas quand la voix de Ryker se fit entendre dans son dos.
- Ça fait mal, hein ? Pire que de recevoir une flèche en plein cœur ? Souriait-il
- De quoi tu parles ? Maugréa-t-il sans lâcher Verika des yeux
- De voir celle qu'on aime dans les bras d'un autre. Surtout que t'a l'air d'avoir de la haine pour lui.
- Ce que je ressens pour elle, lui ou les autres ne te regarde pas, Ryker. Que veux-tu, au fait ? A part m'ennuyer ?
- Avoir une explication.
- Sur quoi ?
- Eret. D'après mes hommes, ils l'auraient vu se battre non loin de toi.
- Tiens donc. Et qu'est-ce que tu veux savoir ? Ou du moins qu'est ce qui te dérange pour que tu viennes m'en parler ? Maugréa-t-il
- Le fait qu'il soit mort avec une épine de vipère dans le cœur. Eret était un de mes meilleurs éléments. Et des épines de Vipère, il en a esquivé des centaines ! Et puis je connais l'impact que font ces épines sur un corps humain. Avant qu'il soit brûlé, j'ai pu jeter un œil à sa plaie. Et la taille et la profondeur de la blessure ne correspond pas aux dégâts d'un lancer d'épines habituel.
- Tu insinue quoi ? Que je l'ai tué ?
- J'ai bien vu ton regard quand il s'est approché de ta furie après notre combat. Ça ne te plaisait pas et ça se voyait clairement malgré que tu voulais être discret. Donc oui, je pense que tu l'as tué.
- Quelle déduction ! Et quand bien même que je l'aurais tué… tu ferais quoi là, maintenant ? Tu me tuerais pour venger sa mort ? Souriait-il d'un ton provoquant
- Et avoir toute la forteresse sur le dos ? Non, merci. Je tiens à ma vie et à mon métier ! Mais je vais te dire une bonne chose, Dagur. A l'avenir, prend garde à ce qui t'entoure. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Héhé.
Il garda son sale petit sourire quand il s'en alla rejoindre son navire, laissant Dagur face à cette vision de voir Verika heureuse avec les Berkiens, tout en ayant une partie de son esprit tourmentée par ce que Ryker venait de lui dire. Le chasseur comptait donc lui faire payer la mort d'Eret, mais comment ? Tout ça laissa sous-entendre qu'il valait mieux être prudent, et qu'il frapperait sans qu'il s'en rende compte. Mais qui était visé ? Lui ? Verika ? Quelqu'un d'autre ? Peu importe. Il ne laisserait pas ce gros tas de muscles s'en prendre à elle ! Dagur se jura alors de lui arracher le cœur si jamais il osait la toucher ! Sur les nerfs, il s'en alla à son tour préparer ses affaires pour le voyage. Entre temps, Verika s'était séparé d'Harold et discuter avec les autres au sujet du Furie Nocturne.
- Je trouve quand même ça bizarre que les dragons ont attaqué deux fois de suite, et en force. On dirait qu'ils sont pressés d'en finir avec nous ! Disait Astrid
- C'est réciproque. Quoi qu'il en soit, il faut que ces monstres paient pour ce qu'ils ont fait. On a tant perdu à cause d'eux… Répondit Verika avec tristesse et rage
- Tous ensembles, on y arrivera. Grâce à Johann, on a peut-être une chance d'en finir. Rassura Harold
- Et on commence par chercher quoi ? L'épée ou le poison ? Demanda Rustik
- Très bonne question, mon cher Rustik. Deux objets essentiels et tout aussi précieux l'un que l'autre… Réfléchissait Krane
- .. mais tout aussi dangereux. Mmh… pas facile de faire un choix…. Réfléchissait également sa sœur
- On commencera par aller chercher le poison. C'est l'étape la plus proche et je pense que Verika sera d'accord pour que cette histoire avec sa grand-mère soit vite finie. Pas vrai ?
- En effet. Merci Harold.
- Ça ne servait à rien que je demande alors ? Constata Rustik
- Bon. On fait quoi maintenant ?
- Servez-vous en armes dans l'armurerie et entraînez-vous autant que vous voulez. Suggéra Verika, avant de s'éloigner vers la porte
- Tu ne restes pas avec nous ? S'étonna Astrid
- J'ai des choses à faire au village. On se voit ce soir sur les quais. Souriait-elle
Elle ferma la porte et laissa lentement sa tête s'abattre contre, avec un léger sourire aux lèvres. Pendant toute ces années, elle n'aurait jamais cru que tout puisse redevenir comme avant avec eux. Et là, avec un peu de bonne volonté, c'était enfin arrivé. Son sourire s'étira quand elle repensa à ce que lui avait dit Marina. Qu'elle aurait plus à gagner qu'à y perdre. Et elle avait en effet raison. Elle essuya ses larmes au coin des yeux, soupira et se rendit au village. En route, elle croisa très peu de gens qui étaient en difficulté. Mais elle les aida quand même et au mieux. Les habitants, reconnaissant mais aussi navrés de la mort de Marina et compréhensifs de la réaction de Verika, lui présentèrent leurs condoléances. Elle les remercia avec un simple sourire triste et poursuivit sa route. Certains n'eurent pas vraiment cette bonté, et se contentaient juste de la regarder avec un air déçu et mécontent, ce qui la chagrina. Ce fut enfin l'heure pour eux de partir. Verika et ses amis étaient sur les quais, prêt à embarquer. Leurs pères et chefs leur souhaitaient bon voyage, bonne chance et leur recommandèrent surtout d'être prudents face à un tel voyage. Ils embarquèrent et saluèrent le village réuni jusqu'à ce que les passagers ne puissent plus les distinguer.
Le ciel devenait légèrement rose et l'île des Parenvrilles s'éloignait de plus en plus. Verika était restée accoudée aux rebords du bateau pour la regarder tant qu'elle la voyait encore, alors que les autres s'étaient dispersés sur le navire. Elle s'était déjà absentée pour des missions, mais là, elle sentait que c'était différent et que cette fois, le voyage de retour ne serait pas aussi simple. Elle sentait également que la rencontre avec sa grand-mère ne serait pas une partie de plaisir. Ce qui l'inquiéta encore plus. Pour se calmer, elle ferma les yeux et savoura l'odeur iodée et la légère brise qui fouettait son visage et ses cheveux. Elle les rouvrit quand elle entendit des bruits de pas sur le sol légèrement grinçant et tourna sa tête vers Dagur qui se joignait à elle.
- Ça va ?
- Oui. Je profite de cette atmosphère assez apaisante, parce que je sais qu'après ce ne sera pas pareil.
- Par rapport à ta grand-mère ?
- Oui.
- Que comptes-tu faire vis-à-vis d'elle ?
- Je ne sais pas. Je ne sais même pas si elle sait que j'existe. Et je ne sais pas trop comment ça va se passer avec elle. Je vais en quelque sorte être confrontée à une étrangère. Et le fait que Johann m'a dit qu'elle pratiquait la sorcellerie et qu'elle était cruelle… bah ça ne me donne qu'à moitié envie de la voir.
- C'est sûr.
- Mais vu que je suis sa petite fille… tu crois qu'elle sera plus clémente envers moi pour nous donner ce qu'on cherche ?
- Je n'en sais rien. Mais tout va bien se passer. Rassure-toi.
Avec un doux sourire, elle appuya sa tête contre son épaule et regarda le vas et viens des vagues qui s'écrasait contre la coque. Son sentiment de bien-être auprès de Dagur lui rappela les paroles d'Osvald sur le rôle qu'elle aurait à endosser un jour. Elle n'avait jamais prêté attention à la possibilité qu'elle devienne femme de chef. Ce genre de détail lui était complètement sorti de la tête ! Mais vu que son couple était solide, ça ne risquerais pas de changer si elle devenait plus qu'une simple petite amie. Son bras frôlant celui de Dagur, elle se rappela de sa blessure causée par le Krokpic.
- Au fait... ça va ton bras ? Demanda-t-elle en regardant son bandage
- Trois fois rien. Et merci d'être descendue m'aider.
- C'est normal. Mais c'est aussi grâce à Marina. C'est elle qui m'a ordonné d'aller t'aider…
En voyant son air triste, Dagur soupira tristement et lui prit tendrement la main.
- Je suis désolé pour elle. Je sais ce qu'elle représentait pour toi. Mais on la vengera, Verika. Je te le promets.
- Merci... Lui souriait-elle
Dagur lui rendit un sourire réconfortant, avant de s'approcher pour l'embrasser et Verika s'apprêtait à faire de même. Un peu plus loin sur le bateau, Harold détourna le regard pour ne pas voir ça. Ayant de nouveau gagné l'amitié de Verika, il ne voulait plus prendre le risque de la perdre en continuant de l'aimer d'un amour impossible. Il adressa alors un regard puis un sourire à Astrid, et quand cette dernière se tourna vers lui, elle lui rendit son sourire. Mais Dagur et Verika furent interrompus par Ryker qui ne semblait pas très content.
- Hé, les amoureux ! Ce n'est pas une croisière romantique, ici !
- T'a quelque chose à dire, Ryker ? Grommela Verika
- Oui. La majeure partie des passagers sont des hommes ! Alors vous êtes priés de vous calmer si vous ne voulez pas les chauffer et leur donner de mauvaises pensées qui pourraient nuire à notre mission ! Rétorqua-t-il d'un air mécontent
- Et toi, tu ferais mieux de t'adresser à nous d'une autre manière, Ryker. Oublie pas qui je suis et ce que je suis capable de faire quand je suis en colère ! Rétorqua Dagur
- Je me moque de qui tu es, Dagur. Et non, je ne sais pas de quoi tu es capable. En revanche, je sais ce que ta précieuse sorcière est capable de faire quand on la fou en rogne ! Héhé. Souriait-il
Certains membres de l'équipage avaient entendu le mot sorcière, tout comme Harold et ses amis. Les hommes de Ryker n'appréciaient pas trop d'entendre un tel mot, mais les Berkiens s'en moquaient puisqu'ils savaient que ce mot ne signifiait rien vis-à-vis de Verika. C'est plutôt en voyant sa tête très calme qu'ils craignaient qu'elle explose de nouveau de colère !
- Tes paroles ne m'atteindront pas, Ryker. Pas cette fois. Souriait-elle avec un air de défi
- Vraiment ? Mmh… c'est vrai que comme ta copine est morte, tu ne pourras plus t'enflammer. Héhé. Souriait-il d'un air moqueur. Mais peut-être que s'il arrivait quelque chose à ton autre copine…
- Ose t'en prendre à elle, et tu mourras de mes propres mains. Le menaça-t-elle sans s'énerver et sans s'arrêter de sourire.
- T'a entendu la dame, Ryker ? Demanda Dagur quand il le vit serrer les dents. Si tu ne veux donc pas subir à nouveau sa colère, mais également la mienne, je te déconseille donc de faire des trucs de fou furieux.
- C'est toi qui ose me parler de folie furieuse ?! A ce qui parait, t'est un vrai taré !
- Exactement. Et pour te donner un exemple… sache que si tu touches à un seul cheveu de ma copine… je te passerais sur le corps, et ta cage thoracique, je la porterais en armure de combat !
Verika souriait de voir Ryker rager face au sourire sadique de Dagur. Une main sur la hanche, elle continuait de regarder Ryker jusqu'à ce qu'il se décide à partir, ce qu'il fit en grognant, mais Verika l'interpella.
- Ryker ?
- Quoi encore ?
- J'aimerais disposer d'un carquois de flèches toxiques. Comme mon domaine, c'est l'archerie, il serait judicieux que j'en possède.
- Tiens donc. Et pourquoi devrais-je t'en fournir ? Autre que la raison que tu viens de me donner ?
- Humph. Je suis surprise que tu me demandes ça. Disons que ça éviterais que des dragons de valeur inestimable soient froidement abattus alors qu'il suffirait de les immobiliser. Tu n'es pas d'accord ? Souriait-il avec malice
- Mmh… pas bête. Va te servir et poste toi à la vigie. Comme ça, j'aurais la paix le temps qu'on arrive sur l'île des Exilés !
- Ça tombe bien, moi aussi. Ajoute-t-elle avec un clin d'œil.
Dagur pouffa discrètement. Ryker grogna de nouveau, le nez retroussé. Il l'aurait déjà tranché en deux tellement qu'elle l'énervait ! Mais il se ravisa et s'éloigna. Avec satisfaction, Dagur et Verika le regardaient s'éloigner, puis ricanèrent quand leurs regards se croisèrent. De loin, elle adressait un sourire à Astrid et aux autres, puis s'avança vers un tonneau rempli de ces fameuses flèches. Dagur adressa un rapide coup d'œil aux nouveaux amis de sa belle. Il savait qu'ils la regardaient. Tous. Il lui attrapa donc la main et l'attira brusquement vers lui. Verika fut surprise sur le coup, mais moins quand ses lèvres entrèrent en contact avec celle de Dagur. Il l'embrassait fougueusement, sans se soucier de ceux qui les regardaient. Verika partageait aussi cet avis. Dagur rompit le lien et adressa un tendre regard à sa belle.
- Ce crétin de chauve m'a coupé dans mon élan. Fallait donc bien que je me rattrape. Et tu sais que je déteste être frustré.
Les joues rouges, Verika exprima un léger rire puis s'en alla avec un petit sourire. Après c'être équipé de ces fameuses flèches, elle monta à la vigie et veilla l'horizon. En hauteur, avec le ciel et l'horizon pour seul paysage, et le vent pour seule compagnie, Verika se sentait bien. Elle se sentait… libre ! Le ciel était légèrement sombre quand le navire atteignit les côtes de l'île des Exilés. Verika eut un pincement au cœur quand elle revit cette île ravagée et meurtrie. Les souvenirs de sa première visite lui revinrent en mémoire et la firent soupirer de tristesse. Reprenant assez vite le contrôle de ses émotions, Verika quitta la tour de vigie en glissant le long d'une corde, puis rejoignit le groupe qui descendait à terre. Elle fut cependant surprise de ne pas voir Ryker se joindre à eux.
- Il ne nous accompagne pas ? Demanda-t-elle discrètement à Astrid
- Il nous a dit que quelqu'un devait rester sur le navire pour le protéger d'une attaque. A croire qu'il adore son navire. Dit-elle en roulant les yeux
- Ou qu'il a peur de rencontrer une sorcière ! Pouffa la rouquine.
- Qui sait ? Riait-elle.
- Mais je pense que ça doit être aussi pour répondre aux questions des gardiens s'ils se montrent un peu trop curieux.
- Ah, pas faux. En tout cas, merci de m'avoir défendue sur le bateau.
- Y'a pas de quoi. Euh… Johann à donner des indications spécifiques sur… l'arbre ? Comment saura-t-on que c'est celui qu'on cherche ?
- Il nous a dit « C'est un arbre qui se démarque des autres au sein de cette nature morte. »
- C'est tout ? S'étonna Verika. Vu la taille de l'île, on risque de devoir chercher pendant un bon moment !
- Johann n'est pas vraiment du genre aventureux. Les risques, ce n'est pas pour lui.
- C'est vrai. Son truc, c'est de discuter avec les autres et de tourner ses discussions sous forme d'histoires passionnantes. Souriait-elle
- Tu aimes ces histoires ? Souriait-elle, légèrement étonnée
- J'ai toujours aimé ces histoires. A chaque fois qu'il m'en raconter une, j'étais totalement absorbée ! Et Johann n'est pas du genre à être détesté. J'ai toujours eu de la sympathie pour lui et je me sens mal d'avoir été sévère envers lui alors que ça se voyait qu'il avait peur de ma réaction… Soupira-t-elle
- Johann est aussi quelqu'un de compréhensif. Je suis sure qu'il ne t'en veut pas. La rassura-t-elle en posant sa main sur son épaule.
Elles continuèrent d'avancer pour rejoindre les autres qui étaient un peu plus loin. Sur le navire, Ryker demanda à un de ses hommes de se joindre au groupe. Mais avant qu'il ne descende à son tour du navire, Ryker lui donna discrètement un ordre supplémentaire.
- Si jamais des dragons vous attaquent en cours de route, abat les. Mais durant le combat, tu en viseras un et tu perdras l'équilibre pour que ta flèche touche la rouquine. Mais soit le plus crédible possible. Il faut que ça passe pour un accident.
- Oui, Ryker. Mais pourquoi dois-je… ?
- Parce que j'ai mes raisons. Contente-toi d'obéir. Allez, file !
Le chasseur rejoignit le groupe au pas de courses sous le regard de Ryker qui esquissait un mauvais sourire en coin. Le groupe marcha donc le long de l'île, scrutant chaque arbre qu'il rencontrait, mais aucun ne semblait sortir de l'ordinaire. Au cours d'une heure de marche, le ciel était encore plus sombre, mais la lune leur apportait suffisamment de clarté pour se déplacer et différencier les arbres. Mais la lueur des torches leur apporta une aide supplémentaire. Selon la logique des grandes phrases presque énigmatique de Johann, le groupe en a déduit que l'arbre tant recherché devait se trouver au milieu de l'île, puisque Johann a dit « au sein de cette nature morte ». Chaque membre du groupe restait aux aguets d'une éventuelle attaque de dragons sauvages ou d'une manifestation de la sorcière. Le chasseur envoyé par Ryker surveillait aussi les alentour, arc à la main, mais gardait un œil discret sur Verika.
- Euh… dites ? Pourquoi on cherche un arbre en pleine nuit ? On n'aurait pas pu, j'en sais rien moi, chercher demain matin ?
- Ouais, c'est vrai ça ! Pourquoi personne n'a protesté quand Ryker a annoncé le plan ? S'étonna Krane
- Je suis d'accord ! Surtout qu'en plus, ça me colle de plus en plus la frousse tous ces bruits qu'on entend en boucle depuis une heure…
- Ça, c'est nos bruits de pas, Kogne. Informa Verika
- Ah. Ok. Mais je reste flippée. Cette île est vraiment lugubre… même de nuit !
- Ecoutez les gars. On n'a pas trop le choix. Plus vite on trouve ce qu'on recherche, plus vite on pourra battre le Furie Nocturne et rentrer chez nous. Répondit Harold
- Et puis ce n'est pas comme si c'était notre première mission nocturne, Rustik. Ce sera vite fini, crois-moi. Ajouta Astrid
- Mouais. Mais c'est quand même mieux de chercher quand il fait jour. Grommela-t-il
- Plus besoin de chercher. Je crois qu'on a trouvé ce qu'on cherche. Informa Dagur
Le groupe arriva au bord d'une espèce de cratère légèrement creux et légèrement large. Et au milieu de ce cratère, se trouvait un arbre qui, au premier regard, ressemblait aux autres arbres morts de l'île, mais un peu plus gros, un peu plus grand et avec des branches plus épaisses, tout aussi dégarni de végétation que ses semblables.
- C'est… flippant. Je n'aime pas trop ça. Grimaça Astrid.
- Moi non plus. Approuva Harold.
Le regard froncé, Verika fut la première à s'avancer, torche à la main.
- Hé ?! Tu vas où ?! S'étonna Rustik
- Ce n'est pas en restant là qu'on aura ce poison. Et moi, je veux vite en finir. Répondit-elle tout en avançant.
Dagur adressa un sourire moqueur à Rustik et s'avança à son tour. Le reste du groupe suivit le mouvement et se retrouva alors face à l'arbre qui devait faire la taille de trois d'entre eux réuni. Verika se proposa pour examiner l'arbre, prétextant l'excuse qu'elle ne risquait rien vu le lien du sang. Le groupe accepta et la regarda tourner lentement autour de l'arbre et le regarda de haut en bas en s'aidant de la torche pour voir un détail ou un indice, mais elle ne trouva rien. L'arbre semblait tout à fait ordinaire. Même quand elle posa sa main sur l'écorce.
- Je crois qu'on est venu pour rien. Cet arbre est on ne peut plus ordinaire. A mon avis, toute cette histoire d'arbre habité par une sorcière est une fable destinée à flanquer la frousse. Et Johann l'a complètement gobé. Dit-elle, dos au groupe
- Alors on a fait tout ce chemin pour rien ?!
- Je crois bien, Rustik. J'ai regardé partout, en vain. Cet arbre… est juste un arbre. Ajouta la rouquine
- Bon. Bah retournons au bateau. Annonça Harold
- Vous êtes sûr que c'est rien qu'un arbre ? Insista Krane, légèrement déçu
- Non, parce que si vous voulez, on peut l'escalader pour trouver un indice ? Proposa Kogne
- Ça ne servirait à rien. Vu l'état des branches et de l'écorce, vous risquerez de tomber et de vous casser quelque chose. Leur répondit Astrid
- Allez, rentrons. Conseilla Harold
Le groupe rebroussa chemin, suivi en dernier de Verika. Une fois le cratère remonté, elle demeura sur place, le regard toujours tourné vers cet arbre.
- Verika ? Fit-Harold
- Je vous rejoins. Allez-y. Dit-elle d'une voix presque absente
Harold n'insista pas, comprenant pourquoi elle voulait rester seule un moment. Il la laissa en lui adressant un simple conseil de prudence. Quand le groupe le vit avancer seul, Harold leur donna une brève explication qu'ils comprirent et respectèrent également. Même Dagur, même s'il n'avait pas trop envie de la laisser seule. Il suivit les autres en restant en retrait, l'oreille tendue au cas où elle viendrait à crier. De son coté, Verika ne quittait pas l'arbre du regard. Au fond d'elle-même, elle était triste que toute cette histoire soit fausse, mais elle était également soulagée que d'une part, tout ça n'existe pas. Sa grand-mère était surement morte depuis longtemps. Et puis un monstre soit disant très cruel ne méritait surement pas qu'on s'intéresse à lui. Verika poussa un profond soupir et fit demi-tour.
Mais à peine eût-elle fait quelque pas, qu'une étrange manifestation émana de l'arbre. L'écorce semblait moins morte et de fines racines s'étendirent et rampèrent gracieusement le long du sol pour rejoindre discrètement Verika. La jeune femme ne se rendit compte de rien, jusqu'à ce qu'elle ait l'impression que l'air était devenu plus frais. Se disant que c'était parce qu'il faisait nuit ou qu'elle était fatiguée, elle haussa les épaules et continua. Puis elle s'arrêta de nouveau quand elle entendit une branche craquer. Alertée, elle regarda autour d'elle et en hauteur, une main sur la paume de son épée, pour voir si un dragon ne se trouvait pas tout prêt. Mais il n'y avait rien. Les racines en profitèrent pour remonter le long de ses jambes sans qu'elle s'en rende compte, et elle avait à peine eut le temps de réagir que les racines s'accrochèrent à ses jambes pour la tirer vers l'arrière en direction de l'arbre !
Elle laissa tomber sa torche et hurla tout en s'essayant de s'accrocher au sol avec ses ongles. Au loin, le groupe entendit son cri et fit immédiatement marche arrière, Dagur et Harold courant le plus vite possible. Même le chasseur courut pour voir ce qui se passer. De toutes ses forces, Verika avait réussi à s'accrocher à la racine d'un arbre le temps que ses amis arrivent, mais ses mains lâchèrent le bout de bois et elle continua de se faire tirer ! Même que ça l'effrayait et que c'était pas du tout habituel, elle ne put s'empêcher de se dire que tout était vrai ! Que sa grand-mère était responsable de tout ça et surtout, qu'elle était en vie ! Elle continuait quand même de se débattre et vit avec soulagement Dagur et les autres arriver en courant. Dagur lança avec précision sa hache sur les racines qui s'emballèrent sur place. Verika enleva immédiatement les racines encore accrochées à ses jambes et se fit immédiatement emmener par Dagur qui la porta dans ses bras, laissant les autres se battre contre les racines vivantes.
Mais ils se firent tous balayer avec de puissants coups de fouet au ventre et aux chevilles, puis les racines foncèrent sur de duo fuyant et Verika se fit de nouveau attraper par les jambes ! Dagur tenta tant bien que mal de la retenir mais il se fit brutalement éjecter comme ses camarades. Impuissants et à terre, ils regardaient tous leur amie se faire traîner vers l'arbre malgré ses cris, ses appels à l'aide et ses tentatives pour s'enfuir. Puis ils la virent se faire absorber à la verticale, dans le tronc de l'arbre, comme si elle coulait dans une marre de boue bien épaisse ! L'arbre ayant eu ce qu'il voulait, il retrouva son apparence de tout à l'heure, pour redevenir un arbre ordinaire. Horrifié, le groupe se releva et voulu s'approcher de l'arbre pour essayer de libérer leur amie, mais Harold le leurs déconseilla.
- Non ! Restez où vous êtes !
- Mais pourquoi ?! Elle est dedans, il faut qu'on l'aide ! Protesta Astrid
- Je sais…. Mais vu ce qu'on vient de voir, il vaut mieux ne pas s'en approcher, le toucher ou encore taper dessus avec une arme ! Si Verika est encore en vie à l'intérieur, vaux mieux ne pas prendre le risque de la blesser !
- Et qu'est-ce qu'on fait alors, monsieur le génie ?! On attend que l'arbre se manifeste ?! S'emporta Dagur
- Je ne vois pas d'autre solution, Dagur. En attendant, trouvons vite un autre moyen de la faire sortir sans lui faire de mal.
- D'accord. Mais je te préviens, vieux. Si Verika n'en sort pas indemne, je t'en tiendrais personnellement responsable, c'est clair ?! Le menaça-t-il froidement
- Tu n'auras pas besoin d'en arriver là, Dagur. On va la sortir d'ici. Le rassura-t-il, non effrayé de ses menaces.
Dagur lui adressa un dernier mauvais regard avant de s'éloigner de lui pour réfléchir. Ce fut ensuite Astrid qui vint auprès d'Harold, toute aussi inquiète que les autres.
- Tu crois qu'elle est toujours en vie ?
- Je le sens, Astrid.
- D'accord. On va la tirer de là, hein ?
- Oui. Faut juste savoir comment.
- Mmh, mmh. Mais quand même… j'ignorais que des trucs comme ça pouvaient se produire… C'est dingue de se dire que la magie existe…
- Mouais. Mais si les dragons existent, y'a pas de raison pour que la magie n'existe pas.
- Pas faux...
oO*Oo
Verika était toujours en vie, ça c'est sûr ! Prisonnière de l'écorce, elle fut extirpée vers le cœur de l'arbre de la même manière qu'elle fut absorbée. Reprenant son souffle tout en essayant de rester le plus calme possible, elle regardait tout autour d'elle et ne vit que l'intérieur de l'arbre, qui était en plus beaucoup trop étroit. Elle pouvait à peine se mouvoir à l'intérieur ! Varek n'aurait même pas pu être enfermé à l'intérieur et aurait très vite étouffé ! De plus, ça sentait le bois à plein nez ! C'était légèrement entêtant. Et puis elle s'étonnait d'y voir clair comme en plein jour ! Serait-ce à cause de la magie ? Sans doute. Elle inspira calmement même si elle hallucinait d'être encore en vie et d'être enfermée dans un arbre ! Osant à peine toucher les parois, elle poussa un cri de terreur quand elle vit un visage et des bras s'extirper de la paroi.
- OH MON THOR !
C'était le visage d'une vieille femme aux longs cheveux blanc gris défraîchie et qui n'en possédait plus tellement sur son crâne. Son visage était très ridé et laid, vu les furoncles assez prononcés sur son visage et son nez allongé et crochu ! Mais la spécificité de son visage, c'est qu'il était fait avec le bois de l'arbre ! Tout comme ses bras ! Quand elle ouvrit ses petits yeux, Verika vit qu'ils étaient comme les siens et ceux de son père, mais un peu plus clairs. Et quand elle lui sourit, ses dents jaunes déformées et espacées donnèrent un frisson d'effroi et de dégoût à la jeune femme. Et encore plus quand la main boisée, crochue, flétrie et aux ongles noires de la vielle femme se posa avec une étrange tendresse sur sa joue. C'était extrêmement bizarre ! C'était du bois, nom de Thor ! Pas de la peau !
- Regardez qui voilà… la chair de ma chair… le sang de mon sang… Murmura-t-elle lentement d'une voix aiguë et douce
- Euh… grand-mère ? AH !
De sa main, la vielle femme lui attrapa brutalement le visage et continua de regarder son invitée tout en affichant un doux sourire.
- Tu as les yeux de mon cher fils adoré… Et apparemment, tu es le portrait craché de cette bonne a rien de Terma ! Conclut-elle sèchement
Verika eut un hoquet de surprise. Depuis sa naissance, elle avait peu de fois entendu les gens prononcer le nom de sa mère, Termagant, alias Terma. Elle lâcha brutalement sa petite fille qui se cogna l'arrière de sa tête contre l'arbre.
- Cette idiote a quand même réussi à mettre au monde une jolie petite fleur ? Hin… c'est visiblement le seul miracle qu'elle ait réussi à faire de sa vie vu qu'elle vous a abandonnés dès ta naissance. J'ai toujours su qu'elle n'aurait pas le courage d'être mère. Quel gâchis. Se moqua-t-elle
- Pas la peine de me rappeler ce qu'a fait ma mère ! Je ne suis pas là pour ça ! Rétorqua-t-elle sévèrement en se massant le crane
- Ah oui ? Et que fait tu ici, pauvre idiote ?
- Pauvre idiote ?! Je suis ta petite fille !
- Ça m'est égal ! Alors ? Vas-tu me répondre ou dois-je extirper la vérité de tes boyaux ?
- Je… en fait, je suis venue pour plusieurs choses. Déjà, j'aimerais avoir des réponses.
- Sur quoi ?
- Je ne sais pas trop par quoi commencer… Déjà, sais-tu que j'existais ?
- Oui.
- Et sais-tu ce qui est arrivé à mon père ?
- Evidemment !
- Alors pourquoi tu n'as pas venu à ma rencontre pour t'occuper de moi ?! J'avais cinq ans !
- Parce que deux choses. Premièrement, j'ai été enfermée dans cet arbre à cause d'un sorcier voilà déjà 18 ans. Et deuxièmement, même que j'aurais été libre quand mon cher fils a été banni par ces maudits Berkiens, je n'aurais pas eu le cœur à vouloir élever une morveuse qui me rappelle trop sa bécasse de mère ! Je hais les enfants ! Sauf mon fils, puisque c'est MON enfant !
Verika soupira, les yeux fermés. Elle n'en revenait pas de ce que sa grand-mère venait de dire… Comment a-t-elle pu croire un seul instant que cette sorcière se montrerait compatissante envers sa propre famille ?!
- Comment as-tu su par rapport à moi et à mon père… ?
- Grâce à mes visions, ma petite. Je suis peut être coincée dans cette maudite prison, mais j'ai toujours la possibilité de voir l'avenir ! Ce qui fait que j'ai toujours su que tu viendrais un jour à ma rencontre et que tu briserais la barrière grâce au lien du sang, comme l'avait prédit ce maudit sorcier. Ton contact m'a réveillé et j'ai réussi à utiliser mes faibles pouvoirs pour te ramener à moi. Mais ça ne fait pas de toi une sorcière pour autant ! Haha ! Riait-elle. Bref ! Autre chose que tu voudrais savoir ? Parce que toutes ces questions m'ennuient ! Demanda-t-elle sèchement
- Non. Je voudrais avoir quelque chose. Selon des rumeurs, tu aurais encore du poison de Vorpent. J'en aurai besoin pour avoir une chance d'abattre le Furie Nocturne.
- Tu veux que je te donne mon poison ?! Hors de question !
- Mais pourquoi ?!
- Parce que je me fiche de ces dragons ! Je garde ce poison pour mon usage personnel et la prochaine personne sur qui je l'utiliserais, c'est sur ce maudit sorcier qui m'a enfermée là-dedans ! S'exclama-t-elle furieuse
- Mais grand-mère ! Je… AIE !
- Ne m'appelle pas comme ça, jeune gourde ! La gronda-t-elle en lui donnant une claque sévère. Je n'ai jamais voulu le devenir et je ne veux pas avoir à faire avec toi ! La seule chose que je veux de toi, c'est ton sang !
- Mon… mon sang ?!
- Oui. Comme tu peux le voir, je suis liée à cet arbre mort. Et ça n'a que trop duré ! Et pour renaître, il nous faut de la sève… De la sève rouge…. Le sang de mon sang.
- Hein ?! Non ! Hors de question ! Protesta-t-elle en reculant tout contre la paroi
- Tu n'as pas le choix ma petite ! Riait-elle
- Alors faisons un marché ! Un peu de mon sang contre le poison ! Nous serons ainsi libre toute les deux et nous pourrons vaquer à nos vengeances personnelles ! Et… AIE !
- Tu es sourde ou tu es stupide comme ta mère ?! Hurla-t-elle en lui donnant une autre gifle. J'ai dit que je ne te le donnerais pas ! Il est à moi et je le garde !
La main contre sa joue, Verika regardait les mains de sa grand-mère. Ou plus précisément ses ongles. Ils étaient noirs ! Comme la couleur du poison dont avait parlé Johann ! Ayant une idée, elle ferma les yeux et soupira tristement pour ce qu'elle allait faire. Habillement, elle s'empara de son épée pour lui couper les mains. Elle n'avait pas beaucoup d'espace mais c'était suffisant pour qu'elle puisse la sortir du fourreau et s'en servir pour obtenir ce qu'elle voulait. Les mains de la sorcière tombèrent à terre, ce qui la fit hurler de douleur. Verika constata qu'il y avait vraiment très peu de sève… ou de sang orange qui coulait de ses bras sectionnés et qui gesticulaient dans le vide ! Elle ramassa les mains et les plaqua contre elle avec une seule main, car l'autre tenait encore l'épée. Dos contre la paroi, elle fixait froidement Excellinor qui se calma et qui la dévisageait avec un regard empli de haine et de fureur !
- AAAAAAAH ! Pauvre petite imbécile ! Comment oses-tu me faire ça ?! Comment oses-tu lever ton épée contre ta propre famille ?! Lui hurla-t-elle en essayant de l'attraper avec ses bras coupés
- Justement. Parce que tu n'es pas de ma famille. Tu ne l'as jamais été. Rétorqua-t-elle froidement
Elle leva son épée et posa la pointe de sa lame sur la gorge de la sorcière.
- Ma seule et unique famille… c'est ceux qui ont pris soin de moi et qui m'ont aimé depuis l'enfance ! A savoir Osvald et Dagur ! Maintenant, laisse-moi sortir ou je te plante ! Ordonna-t-elle, prête à lui transpercer la gorge
- Hahaha… Tu veux donc me tuer ? Ça m'étonne que tu ne veuille pas me demander la dernière chose qui te tient à cœur… à savoir si ta mère est toujours en vie !
- Que… ?!
Devant l'air perplexe et hésitant de sa petite fille, Excellinor lui révéla enfin la vérité, non sans tristesse, mais avec joie et sadisme !
- Sache que si elle t'a abandonné à la naissance… c'est surtout à cause de moi ! Je ne supportais plus de voir mon fils avec une fille qui n'était pas digne de lui ! Même que j'étais loin de Berk, j'ai su qu'elle attendait un heureux événement. J'ai donc patienté jusqu'à ce qu'elle t'expulse de son corps, puis à la nuit tombée, je l'ai ensorcelée pour qu'elle décide de vous abandonner et de s'enfuir loin de Berk ! Et une fois sur une barque, je lui ai ordonné de rejoindre les poissons ! Hahaha !
- Alors pourquoi m'avoir épargnée, puisque tu me méprise ?!
- Parce que je ne voulais pas avoir mon fils sur le dos s'il avait su ! Mais comme il n'a jamais su que c'était à cause de moi, en fin de compte... j'aurais peut-être dû envoyer ta mère par le fond bien plus tôt ! Vu que tu lui ressemble, ça m'aurait épargné de revoir cette cruche à travers toi ! Mais j'ai bien fait de ne rien faire puisque qu'aujourd'hui, j'ai besoin de toi pour sortir d'ici ! Mais si tu veux qu'après, je t'aide à rejoindre au plus vite tes parents, tu n'as que demander ! Hahaha !
Folle de rage d'entendre un tel aveu, de connaitre enfin la vérité, de l'entendre dire de telles horreurs, mais aussi de l'entendre sans cesse insulter sa mère alors que son père l'aimait de tout son cœur malgré qu'elle était partie sans dire un mot, elle poussa un cri de guerre et enfonça son épée dans sa gorge ! La lame ressortit vers l'extérieur, couverte de liquide orangé, ce qui intrigua et horrifia ses amis à l'extérieur. Verika les entendit en train de l'appeler, et alors qu'elle regardait sa grand-mère subir des spasmes violents tout en disparaissant dans l'écorce, signe qu'elle mourait, elle vit les parois se rétrécir lentement autour d'elle, et le peu de sève que l'arbre possédait, s'écoulait de partout et elle en reçut sur elle. Sans plus attendre, elle empoigna son épée et la planta de nouveau dans l'arbre pour se faire une porte de sortie. Avec toute sa force concentrée dans son seul bras, elle la taillada verticalement, la retira et donna un puissant coup de pied. Mais ça ne servit à rien. L'arbre était plus épais que ce qu'elle pensait et l'espace devenait de plus en plus restreint ! Et avec de la sève sur le corps, ça la gênait pour bouger. Elle devait vite agir si elle ne voulait pas finir compressée à l'intérieur ! Elle pensa alors à Dagur. Si elle avait pu l'entendre, alors il pouvait l'entendre aussi !
- DAGUR ! SORT MOI DE LA ! Hurla-t-elle
- VERIKA ! Hurla-t-il à son tour
Soulagé de l'entendre, il prit sa hache et taillada l'écorce pour la faire sortir. Avec sa force et sa maîtrise de la hache, il lui offrit très vite une porte de sortie. A moitié étouffée par l'arbre et le manque d'oxygène, et collante à cause de la sève, Verika fut enfin libérée de cette prison, tirée par la main grâce à Dagur. Dehors il pleuvait. Le sol terreux était devenu boueux et à peine sortie de sa prison, Verika glissa et tomba à même le sol. Elle était recouverte de boue et se releva avec peine d'une seule main, sous le regard inquiet des autres
- Verika ?! Ça va ?! S'inquiéta Dagur en s'agenouillant à ses cotés
- Je… je l'ai…
- Hein ? De quoi tu parles ?
- Le poison… je l'ai… regarde…
Elle lui montra les mains de sa grand-mère qu'elle tenait fermement contre elle. Dagur et les autres grimacèrent en voyant ce qu'elle tenait, puis ils redevinrent inquiets quand elle s'évanouit. Dagur la rattrapa à temps dans ses bras, et regarda son visage recouvert de boue et de sève que la pluie faisait lentement disparaître. Elle avait toujours son arc et son carquois sur elle. Après avoir ramassé son épée et après avoir rangé les deux mains dans un sac, ils adressèrent un dernier regard à l'arbre qui devenait encore plus mort qu'avant, à en juger par la sève orange qui n'arrêter pas de s'écouler de partout, puis ils décidèrent de rentrer au navire. Presque arrivés au bateau, Verika était toujours dans les bras de Dagur, mais elle se réveilla d'elle-même à cause de la pluie qui s'abattait doucement sur son visage. Le groupe s'arrêta, les yeux rivés sur elle alors que Dagur la laisser descendre.
- Hé ? ça va aller ? Lui demanda Dagur
- Oui… oui, je crois. Merci de… ATTENTION !
Un Vipère et deux Gronks sauvages venaient de surgir et de s'attaquer au groupe ! Ils n'eurent aucun mal à venir à bout des Gronks, mais le Vipère posa un peu plus de problème. Se rappelant la consigne de Ryker, le chasseur fit semblant de rater un premier tir et grogna de mécontentement. Il tendit une deuxième flèche et pris son temps pour viser le reptile, puis faisant un pas de côté, il dérapa volontairement à cause du sol boueux et sa flèche se planta dans le dos de Verika. La rouquine eut un hoquet de surprise, puis après avoir jeté un faible regard à sa blessure, elle s'écroula par terre, sous les cris de ses camarades.
