Salut à tous! :D Tout d'abord, je tiens à vous dire que je suis rassurée que ma version d'Excellinor vous ait plu! ^^ L'idée de la faire en arbre sorcière m'est venue tout simplement en lisant sa description et son histoire sur sa page httyd wikia, mais aussi avec l'arbre du cavalier sans tête dans le film Sleepy Hollow de Tim Burton :)
Ouais ! Verika est redevenue amie avec tout le monde ! C'est cool hein ? Ravie que vous en soyez tous content ! ^^ Mais pas de bol pour le coup de la flèche ! J'avoue que c'était vache de ma part de lui faire ça peu de temps après les réconciliations. x) Et oui ! Je suis capable de faire des coups vache à mes persos ^^ Pour les réactions du groupe et de Dagur concernant son état, vous le saurez la semaine prochaine. Mais je peux vous dire que ça va chier ! Notamment pour celui qui lui a tiré dessus ! x) Et je tiens aussi à dire que les théories que vous avez exposées sont toutes intéressantes :)
Enfin bref. Pour aujourd'hui, on laisse le passé de côté et on replonge dans le présent afin d'y retrouver Viggo et notre chère Ingrid ! ^^ Et vu le titre du chapitre, ça va être glorieux, c'est moi qui vous le dit ! x) Milles merci à tous pour votre soutien et vos reviews, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^
Musique : The very thought of you - Billie Holiday (Du film "Forever young")
Chapitre 17 - Aveux
- Alors, Ingrid. Comment s'est passé ton voyage ? Souriait Viggo
- Merveilleusement bien. Les Caraïbes sont vraiment magnifiques. Et rien de tel qu'un bateau de croisière qui explose en pleine nuit pour conclure une journée en beauté !
- Tu t'es amusée à ce que je vois. Un rafraichissement ? J'ai pris ton vin préféré pour fêter ta réussite.
- Charmante attention, Viggo. Merci. Dit-elle en prenant son verre de vin. Et oui, je me suis bien amusée. Tout faire exploser… tu sais que c'est mon hobby. En plus d'aimer tuer. Souriait-elle en lui adressant un petit clin d'œil.
- Oh ça je ne risque pas de l'oublier, ma chère. Combien d'explosions et de meurtres a tu commis pour nos plaisirs personnels, déjà ?
- J'ai arrêté de compter après 20. Riait-elle en posant son verre. De plus, je t'ai ramené un petit cadeau.
- En plus de l'explosion du bateau ? Il ne fallait pas, voyons.
- C'est un petit cadeau qui me fait tout aussi plaisir.
Elle lui donna un frêle baiser sur les lèvres.
- Tu verras, ça va te plaire. Je reviens. Souriait-elle
- Et tu ne peux pas me le montrer ici ?
- Faut un peu de mystère, mon cher. Et reste comme tu es ! Je veux avoir de quoi travailler quand je sortirais.
- Comme si je suis du genre à bâcler le travail. Riait-il
Elle se dirigea vers la salle de bain avec sa valise, sous le regard amusé de Viggo qui s'asseya dans le fauteuil avec son verre de vin. Le temps qu'Ingrid termine ce qu'elle était occupée de faire, il buvait à son aise. La porte de la salle de bain s'ouvrit dix minutes plus tard, alors il tourna la tête. Ingrid avait détaché sa longue tresse et elle était vêtue d'une belle nuisette bleu nuit à dentelle noire. Viggo nota que son grain de peau était moins pale qu'avant son départ. La jeune femme a du bien profité du soleil des iles pour bronzer. Elle s'avança vers lui avec une démarche gracieuse et aguichante avant de tourner sur elle-même devant lui.
- Alors ? Ça te plait ?
- Comme toutes les autres, elle te va à merveille. Et ton bronzage aussi.
- Je l'ai fait en mode intégrale. Aucune zone de mon corps n'a été épargnée.
- Je vois. T'a dû en faire baver plus d'un.
- Certainement. Riait-elle. Mais celui que je compte faire baver ce soir...
Elle lui prit son verre et but une gorgée dont une goutte coula le long de sa gorge et termina sa course sur sa poitrine. Elle reposa ensuite le verre et grimpa malicieusement sur Viggo. Elle attrapa sa cravate et obligea son visage à se rapprocher du sien, puis elle lui murmura ceci d'un ton très sensuel.
- … c'est toi.
Elle lui vola un baiser langoureux, puis s'en suivit une série d'actions très torrides qui durèrent un très, très long moment. Quand ils eurent atteint le plaisir ultime, ils s'installèrent nus et en sueur sur le lit. Ingrid était allongée sur le ventre et Viggo était assis contre le dossier du lit. Il prit une cigarette, l'alluma puis tendis le paquet à Ingrid.
- T'en veux une ?
- Volontiers.
Elle l'alluma à son tour et la fuma tranquillement tout en regardant Viggo fumer la sienne. A ses yeux, cet homme avait un charisme exceptionnel. Et depuis leur rencontre, il y a déjà cinq ans, sa vie n'en fut que plus meilleure. Ils étaient pareils tous les deux. Ils s'étaient bien trouvés.
- Maintenant que leur compte a été réglé, quel est la suite ?
- On attend quelques jours pour que ma nièce s'habitue à son chagrin, mais aussi qu'il la détruit de l'intérieur afin qu'elle soit jugée inapte à diriger la station. J'espère que tu n'as pas oublié de jouer les factrices ?
- J'ai déposé le courrier juste avant de venir.
- Bien. Je ne tarderai pas à recevoir mon exemplaire alors. Bien, bien, bien.
- Je peux te poser une question ?
- Mmh ?
- Ça ne te pèse vraiment pas de jouer la comédie envers ta nièce ?
- Oooh que si. Tu n'imagines même pas ce que c'est de devoir jouer depuis 20 ans le rôle d'une personne bienveillante envers une gamine qui a le même caractère et la même logique que sa mère ! Déjà que depuis des années, j'ai dû jouer le grand frère fier de sa petite sœur à qui on a injustement confié la charge de cette station familiale.
- Pourquoi tu ne me demande pas de la tuer ? Ça t'épargnerais d'endurer ça encore plus longtemps.
- C'est très tentant, et très gentil, mais il vaut mieux éviter. Si elle meurt presque en même temps que ses parents, ça fera trop louche et je ne voudrais pas être soupçonné de meurtre si je suis le seul membre de la famille à être encore en vie. Ce qui est presque le cas si on tient compte que ma nièce est encore vivante. Il vaut mieux donc faire passer tout ça sous la folie d'un malade anonyme qui souhaite faire chuter l'entreprise familiale et vouloir notre mort à tous.
- Excellent plan. Ça se voit que tu le mijote depuis des années.
- Hin. Comme quoi, c'est utile de se montrer attentif quand on t'annonce un projet de voyage pour trente ans de mariage, et de se montrer heureux quand on t'annonce que le voyage va se réaliser. Humph. Ma sœur ne s'est jamais rendu compte de rien. Pas même de ma rage quand elle a succédé à notre mère avec son abruti de mari. Et sa fille est aussi bête qu'elle. Elle ne se rend même pas compte que je joue la comédie. Humph. Comme on le dit si bien… On peut tomber dans l'erreur de deux façons. La première est de croire ce qui est faux. Et la seconde… est de refuser de croire ce qui est vrai. Souriait-il
- Et même que c'est ta seule famille, ça ne te fait rien de vouloir leur mort ? Pas que je culpabilise ou que je montre un signe de faiblesse mais… ton sang-froid et ton calme me fascine.
- Ça ne me fait rien du tout. Tu vois, Ingrid… un joueur doit être en mesure de sacrifier chacune de ses pièces pour remporter la victoire. Sans distinction. Les pièces, tout comme les personnes, sont sacrifiables. Personne n'est irremplaçable.
- Ah la, la… J'adore quand tu prononces des grandes phrases comme ça mon amour. Ça ne me laisse jamais de marbre… Souriait-elle en lui caressant le bras
- Ravi de l'entendre.
- Mais je vais faire quoi en attendant que son heure arrive ?
- Ne t'en fais pas, Ingrid…
Il posa sa cigarette entièrement consumée dans le cendrier et s'allongea contre son dos.
- Tu auras bien vite l'occasion de t'amuser encore un peu. En attendant, profite des vacances et du paysage enneigé de la région.
Elle ronchonna un peu. Il embrassa le creux de son cou, pendant que sa main taquinait sa féminité, ce qui la faisait légèrement couiner de plaisir.
- Et puis comment ce jeu pourrait-il être amusant s'il se termine aussi vite ? Mmh ? Murmura-t-il sensuellement à son oreille
Elle esquissa un sourire amusée, puis Viggo pénétra brutalement en elle. Face à ses coups de rein brutaux, Ingrid jouissait s'en relâche et s'accrochait fermement à la literie, manquant de se péter un ongle.
oO*Oo
Le reste de la nuit passa très vite, mais elle fut des plus reposantes pour Valéria. Grâce à Harold et à ce qu'ils ont fait, elle avait bien dormi. Sa tristesse était toujours présente mais la douleur était pour le moment atténuée. Elle se réveilla avant Harold qui dormait encore. En le regardant dormir, elle se mit à sourire, mais un léger doute s'installa en elle. Bien qu'elle ait énormément apprécié cet instant magique, est-ce que c'était vraiment raisonnable d'avoir franchi ce pas aussi vite alors qu'ils se connaissaient à peine ? Elle se demandait même si… en temps normal, si la tragédie concernant ses parents n'était jamais arrivée, est ce qu'ils auraient couché ensemble si vite ? Elle se sentait heureuse auprès de lui et ses sentiments pour lui étaient sincères. Mais elle avait la désagréable impression d'avoir fait ça sous le coup de l'émotion. Mais après tout, elle était adulte et elle avait le droit de faire ce qu'elle voulait, comme tout le monde ! Mais intérieurement, elle n'arrivait pas à apprécier ce concept. Elle se sentait de nouveau perdue. Elle embarqua ses vêtements et sortit discrètement de la chambre pour s'habiller et réfléchir dans la salle de bain. Après ça, elle se passa un peu d'eau fraiche sur le visage. Ça lui fit beaucoup de bien, puis elle regarda son reflet dans le miroir.
Son visage ne reflétait pas un visage rougis et rongé par le chagrin comme si elle avait passé la nuit à pleurer. Non là, c'était le visage d'une femme triste, mais qui avait bien dormi dans les bras de l'homme qu'elle aimait. En constatant ça, elle se mit à sourire timidement. C'est vrai qu'elle avait bien dormi dans ses bras. Et qu'avec ce qu'ils ont fait… comment ne pas bien dormir ? Elle ferma les yeux et revivait en pensées chaque instant. Elle revivait chaque baiser, chaque caresse, chaque sensation de plaisir, ce doux sentiment de bonheur et de sécurité… tout. Et elle ne ressentait à ce moment pas de honte ou de regret. Ce qui l'étonna. Alors pourquoi en regardant Harold, elle ressentait ça ? Peut-être avait-elle hâte qu'il se réveille pour qu'il lui fasse par de son ressenti sur la situation ? Mais d'après ce qu'elle se souvenait, il ne s'était pas conduit comme quelqu'un qui hésitait ou qui regrettait, mais comme quelqu'un qui en avait envie. Pas que pour lui, ni que pour elle, mais pour eux. Se souvenir de tout ça lui donna l'agréable conviction qu'il l'aimait. Et ça lui réchauffait le cœur. Elle avait finalement trouvé la bonne personne ? C'était vraiment arrivé ? Même si le destin d'Harold n'avait rien à voir avec le destin ordinaire des autres garçons de son âge, ça lui était égal ! Par amour pour lui, elle était prête à l'aider et à le soutenir jusqu'au bout ! Et puis d'une certaine manière, ce secret les liait encore plus l'un à l'autre.
Le cœur plus allégé et rassuré, elle descendit préparer le petit déjeuner. Mais que faire de la journée ? Elle se demanda si elle était prête à retourner au travail aussi vite. Heureusement que son oncle était la… elle se sentirait encore plus perdue si elle aurait dû affronter le problème de la station toute seule... Le temps de tout préparer, elle se mit à réfléchir et prit la décision de reprendre le travail dès demain. Comme lui dirait son oncle « Tu es une Grimborn. Soit forte ! » Et elle avait envie de l'être pour ses défunts parents, afin de poursuivre la mission qu'ils lui avaient confié. Elle voulait que, de là où ils étaient, qu'ils ne la voient pas se morfondre et qu'ils soient fiers d'elle. Cette pensée la fit sourire malgré ses larmes et elle se jura de tout faire pour ne pas abandonner et être à la hauteur.
Harold descendit au bout d'un moment, réveillé par le bruit et les odeurs, mais aussi par le fait que Valéria n'était pas à côté de lui au réveil. Quand leurs regards se croisèrent, ils se souriaient mutuellement. Avec une légère timidité, Harold embrassa Valéria sur la joue.
- Bonjour.
- Bonjour, Harold. Bien dormi ?
- Moi, oui. Et toi ?
- Grâce à toi, oui. Souriait-elle
- Bah je suis content si tu as pu dormir. Mais je me suis inquiété quand j'ai vu que tu n'étais plus là.
- J'avais envie de préparer le petit déjeuner et de te l'apporter avant que tu te réveilles, mais c'est râpé. Tant pis. Souriait-elle en haussant les épaules
- C'est gentil, Val.
Harold prit une pomme et la mangea debout, à côté de Valéria qui préparait des tartines au miel. Par gourmandise, elle en mangea une cuillère mais du miel coula sur sa bouche. Et avant même qu'elle n'ait pu s'essuyer, Harold lui vola un baiser. Avec le gout du miel et de la pomme, c'était très agréable et très gourmand. Même qu'il n'y avait plus de miel sur le coin de ses lèvres, ils continuaient de s'embrasser. Dans un élan d'excitation, Harold attrapa Valéria par la taille et l'installa sur le plan de travail, ce qui amusa la jeune femme.
- Harold ?
- Désolé, j'ai… j'ai eu envie de faire ça.
- Alors continue. Souriait-elle
Il lui rendit son sourire puis continua de l'embrasser. Valéria enroula ses jambes autour de sa taille, colla son corps contre le sien, et caressa sensuellement ses cheveux et son dos à travers son t-shirt. Harold libéra ses lèvres pour l'embrasser dans le cou, tout en caressant son corps en passant ses mains sous le gilet qu'il venait d'ouvrir. Tout aussi excitée que lui, elle lui ôta son t-shirt et continua de le caresser tout en reprenant possession de ses lèvres. Ils étaient tous les deux guidés par leur sentiments, et même s'ils rougissaient et hallucinaient d'agir comme ça à peine levés, et dans la cuisine, ça les amusaient. Valéria se sentait bien, et elle ne voulait pas qu'Harold s'arrête. Harold la débarrassa ensuite de son gilet, puis s'apprêtait à ôter à son tour son t-shirt mais on sonna et frappa au même moment à la porte !
- Val ? C'est Cami ! Ouvre !
- Oh merde… ! Rhabille-toi vite… ! Murmura Val d'une voix aigue
Elle attrapa ses vêtements et descendit du plan de travail, puis elle se cacha derrière le comptoir pour se rhabiller. Harold fit de même, frustré, mais tout aussi rougissant et embarrassé qu'elle.
- T'est obligée de répondre ? Murmura Harold
- Val ?! Insista Cami
- J'ARRIVE ! Oui, je suis obligée… ! Elle doit certainement se demander pourquoi je ne donne pas de nouvelles depuis dimanche… ! Répondit-elle dans un murmure.
Elle lui donna un rapide baiser amusé.
- C'était super agréable comme petit déjeuner. On reprendra plus tard si tu veux. En attendant, soit naturel et euh… épluche une orange le temps que ça se calme en bas. Riait-elle
- Euh… Ouais. Riait-il aussi
Elle lui redonna un baiser et se releva en maudissant les moments gênant comme ça. Cami ne pouvait pas savoir, mais quand elle le saura, Valéria était sûre d'être amusée de sa réaction ! Le temps d'arriver à la porte, elle remettait ses vêtements et ses cheveux en place, puis elle essuya sa bouche légèrement baveuse et adopta une allure neutre avant d'ouvrir. À sa grande surprise, Cami n'était pas seule! Chris était là et Gustav aussi. Elle les fit entrer et constata qu'ils avaient tous des têtes d'enterrement, ce qui voulait dire qu'ils étaient au courant. Ils saluèrent tous Harold qui leur fit un signe de la main. Même que ce n'était pas le moment, Gustav regardait discrètement Harold d'un air mauvais. En voyant Harold ici, de bon matin et dans un pyjama, Gustave comprit avec rage qu'il avait passé la nuit ici. Et peut-être même avec Valéria !
- Oh, Val… Murmura Cami en la serrant dans ses bras. Nous sommes désolés pour tes parents... Comment tu te sens ?
- Bah, c'est très dur… mais je fais avec, Cami… Mais comment avez-vous su… ?
- Ils n'arrêtent pas d'en parler à la radio et à la télé depuis que c'est arrivé. Répondit tristement Chris.
- Oh. C'est vrai que je n'ai même pas regardé les informations en ce moment…
- Mais sache qu'on est là pour toi et pour te soutenir ! C'est pour ça qu'on a pris la journée pour être avec toi.
- Je… c'est super gentil… Merci à vous, je suis très touchée ! Mais faut pas vous ayez des ennuis avec vos boulots !
- Ne t'en fait pas pour nous. Le plus important, c'est toi Val.
- Ouais ! Et je t'ai apporté une petite douceur. Répondit Gustav
Tout fier de son attention, il ouvrit la boite de pâtisserie devant elle mais soudain, Valéria se mit à avoir les larmes aux yeux. Tout le monde se demanda quoi, surtout Gustav.
- Quoi ? Qu'est ce qui y'a ? T'aime pas les macarons ?
- Si… C'est juste que c'était les gâteaux préférés de ma mère…
- Ah bah bravo, Gus ! C'est malin ! Gronda Cami en lui donnant une claque derrière la tête
- Aïe ! Mais j'en savais rien moi ! Se défendit-il
- C'est rien Gustav… C'est rien… Mais ton geste est très gentil. Merci.
Elle prit la boite et lui adressa un sourire sincère malgré qu'elle continuait de pleurer. Elle posa la boite sur le comptoir et essuya ses larmes avec un sopalin. Cami regardait successivement les deux colocataires et elle eut comme une étrange impression.
- On ne vous dérangeait pas au moins ? S'inquiéta Cami
- Bah c'est juste qu'on était en train de déjeuner. Mais ce n'est pas grave, Cami.
- T'est sure ?
- Si je te le dis. Allez, joignez-vous à nous et venez manger les macarons avec un bon café ! Proposa-t-elle avec le sourire
- Oh bah dans ce cas, je ne dis pas non. Souriait Chris
- Moi non plus ! Souriait Cami
- Bon bah… je viens aussi. Ajouta Gustav d'un ton moins emballé
Ils s'installèrent tous à table et Valéria leur servit du café et disposa la boite de macarons au milieu de la table. Tout le monde piocha dans la boite, sauf elle. Elle se contenta de manger ses tartines au miel, parce qu'elle ne voulait pas de nouveau pleurer à cause des pâtisseries. Après le petit déjeuner, Harold et Valéria était partis s'habiller dans sa chambre. Vu les circonstances, Valéria était obligée de porter du noir. Avec un pincement au cœur et les larmes aux yeux, elle chercha un pantalon et un t-shirt noir, et très simple pour rester à la maison. Elle se coiffa et se maquilla légèrement. Elle n'avait pas envie de voir ses joues et ses yeux dégouliner de rimmel au cas où elle se mettrait encore à pleurer. Quand elle descendit la première, Cami et Chris eurent de la peine de la voir tout en noire, alors Cami l'emmena discuter dans le jardin au sujet d'Harold. Cami lui confia qu'elle avait l'étrange impression d'avoir débarquée au mauvais moment, et Valéria confirma sa crainte derrière ses joues rouges et son petit sourire amusé. Elle confia à sa meilleure amie plus de détails, et comme elle s'y attendait, Cami fut agréablement choquée ! Puis s'en suivit quelques ragots et questions entre copines, ce qui fit rire Valéria. Malgré son chagrin, elle arrivait encore à rire de bon cœur. Pendant que les filles discutaient et riaient entre elles, Harold fut gentiment harcelé de questions par Chris.
- Alors… Toi et Val, vous êtes ensemble ?
- Euh… Bah comment dire…
- Hé. Y'a pas de honte. Et puis ça se voit trop, en plus du fait que Val semble heureuse à tes cotés. Et ça nous rassure de voir ça. Confia-t-il avec le sourire
- Ah. Bah dans ce cas… oui, on… est ensemble. Et moi aussi je suis heureux auprès d'elle. Avoua-t-il avec un léger rougissement
Chris lui adressa un sourire avant de continuer à débarrasser la table avec l'aide d'Harold. Gustav ayant entendu leur conversation, il ragea intérieurement d'avoir laissé passer sa chance. Mais il n'arrêtait pas de regarder Harold et d'essayer de voir ce que Valéria pouvait lui trouver. Il ne lui trouvait rien d'exceptionnel ! Les filles revinrent au chaud dans la maison, puis Chris proposa de faire une partie de jeu vidéo argumentant sur le fait qu'avec plein de joueurs, ce serait très drôle, et Valéria accepta avec enthousiasme. Mais le chiffre impair posa un petit problème. Cami se proposa donc pour échanger à chaque tour sa manette avec Gustav qui fut à moitié emballé parce qu'il rageait encore avec ses pensées. Ils jouèrent alors toute la matinée. Valéria avait discrètement expliqué à Harold le principe d'un jeu vidéo et comment ça fonctionnait, ce qu'il avait vite comprit malgré sa curiosité face à tous ses boutons et la forme de la manette. Face aux interrogations des autres, Harold leur avait avoué qu'il n'avait encore jamais joué avec cette console. Durant les parties, tout le monde riait de bon cœur, ou certains rageaient parce qu'ils venaient de perdre. Harold s'amusait beaucoup sur ce jeu et riait de bon cœur avec Valéria et ses amis. Il se sentait bien et en confiance avec eux. Pour le repas, Cami proposa de se faire livrer des pizzas. Le groupe fut vite d'accord, et Valéria alla chercher une brochure. Tout le monde pris son temps pour choisir ce qu'il voulait et furent ravis quand ils reçurent leurs commandes une vingtaine de minutes plus tard. Avec l'aide de Valéria, Harold avait choisi une pizza qui lui rappelait son époque. Une pizza à base de crème fraiche et de saumon.
Le temps qu'ils mangent, ils regardèrent une série comique, manquant parfois de s'étouffer en mangeant. Durant un moment, Valéria avait laissé sa tête s'appuyer contre l'épaule d'Harold, ce qui le fit sourire, mais aussi Cami et Chris. Mais pas Gustav ! En colère et jaloux, ce dernier se leva du canapé, prétextant devoir aller aux toilettes. Il monta à l'étage et fit semblant d'aller aux toilettes, grommelant dans sa minuscule barbe, les bras croisés et dos au mur.
- Mais qu'est-ce qu'elle lui trouve à la fin ?! Qu'est-ce qu'il a de plus que moi ?! Ça doit être parce qu'il est plus grand que moi, qu'il est plus vieux ou qu'il a une barbe plus prononcée que la mienne ? Je n'en sais rien et ça m'énerve ! Rhaa… si ça se trouve, Val n'a pas su voir l'homme que je suis ! Ou alors… elle n'est pas faite pour moi. Mmh… Cami le serait peut-être ? Mais avec mon frère qui est presque toujours avec elle, ça va être dur… Mais tant que Cami n'est pas prise, je vais encore tenter ma chance avec elle. Tant pis pour toi Val ! Si Harold te largue, ce sera peut-être trop tard et inutile. Mais comme je suis un chic type… je te laisserais pleurer sur mon épaule. Et te laissais me voler un baiser que tu trouveras plus que réconfortant.
Avec un sourire fier et prétentieux, il tira la chasse et sortit des toilettes. Les images de Valéria qui l'embrassait ou qui pleurait à chaudes larmes sur son épaule le faisait sourire d'un air absolument idiot. Mais en entendant Harold rire avec les autres, sa colère refit surface et son regard se fronça.
- Quand même… Je trouve que cet Harold est louche. Aucun de nous ne l'a jamais vu en ville, et du jour au lendemain, c'est le petit ami de Val et un pote du groupe ! Et tout le monde l'aime bien ! Rhaa ! Ça m'énerve encore plus que le reste ! Faut que j'en aie le cœur net. Je ne peux pas laisser Valéria fréquenter un type qui profitera d'elle, de sa fortune et de ses souffrances ! Alors… C'est par ou qu'il crèche ? Mmh… là, je suppose.
A pas de loup, il se dirigea vers la chambre d'ami et referma à moitié la porte pour pouvoir entendre si quelqu'un montait afin de vite sortir de la pièce. Il scruta la chambre du regard, et trouva la combinaison d'Harold par terre et bien rangée contre la commode, ainsi qu'une boite en carton. Curieux, il l'ouvrit, et vit la prothèse en métal. Il fut très étonné de voir une prothèse pareille ! Et elle ne correspondait au dessin de la prothèse dessiné sur le couvercle. Déjà rien que ça, il émit quelques théories qui ne lui plaisait pas du tout. Sur le lit, il vit ensuite le bouquin d'histoire qu'Harold lisait depuis son arrivé dans cette maison. Il l'ouvrit et feuilleta les pages.
- Humph. Drôle de lecture. Moi, l'histoire, ce n'est pas mon genre ! Non mais sérieux ! C'est quoi ce type ? C'est un intello ou quoi ? Ah la, la… Mon pauvre Harold…. Tu devrais essayer les revues qui parlent de choses plus importantes et plus intéressantes, comme le… Tiens ? Il a mis un marque page ?
Dans le livre, Harold avait mis aux pages qui parlaient de l'époque viking, plusieurs feuilles de papier avec tous des bouts de textes et de schémas sur les fonctionnements des appareils de la maison. Ignorant brièvement le contenu des pages du livre, Gustav étudia plutôt les notes d'Harold. La bouche entrouverte, Gustav se faisait des films sur cette découverte, prenant Harold pour un débile profond ou dieu sait quoi !
- Mais c'est quoi ce délire ?! Qui de nos jours prend des notes sur le fonctionnement des appareils ménagers aussi simples comme le micro-onde ou le four ?! Woh ! Il a même écrit ce que Val aime manger et boire ! Et ses horaires de travail ! Et ses numéros de téléphone ! Et plein d'autres trucs ! Qu'est-ce que ça peut vouloir…
- Je peux t'aider ?
Gustav sursauta et se retourna illico vers la porte. Il était grillé. Valéria était à la porte, les bras croisés et elle avait ce regard calme, froid, et extrêmement sévère. En croisant son regard d'ordinaire si doux, Gustav se sentait comme paralysé et cloué à genoux sur le sol. Malgré sa peur, il n'arrivait pas à détacher son regard du sien. Il ne savait d'ailleurs pas quoi lui répondre.
- Hé bien ? S'impatienta-t-elle
- Bah… Je suis allé aux toilettes mais… je cherchais la salle de bain et du coup, je… me suis trompé de pièce.
Valéria haussa un sourcil et Gustav déglutissait discrètement. Qu'est-ce qu'elle pouvait lui faire peur quand elle avait ce regard… Même qu'il avait le béguin pour elle, il pouvait aussi en avoir la frousse !
- Tu me prends pour une idiote ? Tu connais la maison et tu sais parfaitement où se trouve la salle de bain. Alors je peux savoir pourquoi tu fouille dans les affaires d'Harold ?
- Parce que je… euh…
Avec rapidité, elle lui attrapa méchamment l'oreille et le força à la suivre jusqu'en bas. Au rez-de-chaussée, tout le monde tourna la tête vers l'escalier quand ils entendirent Gustav crier de douleur. Et quand ils virent le regard glacial et furieux de Valéria, et sa main qui tenait l'oreille de Gustav, ils se demandèrent ce qui a bien pu se produire. Enfin en bas, elle balança Gustav à terre et celui-ci atterrit sur les genoux en se massant l'oreille et en chouinant comme un bébé.
- Qu'est-ce qu'il a fait cette fois ? Demanda Chris d'un air blasé
- Ce qu'il a fait ? Je l'ai trouvé dans la chambre d'Harold en train de fouiller dans ses affaires ! S'exclama-t-elle furieuse
Harold eut un hoquet de surprise. Il avait remarqué depuis le début que ce gamin ne lui témoignait aucune sympathie. Mais pourquoi ? Serait-ce à cause de ce que Valéria lui avait dit l'autre soir ? Que Gustav la draguait lourdement, ainsi que Cami ? Serait-il alors jaloux d'Harold ? C'est-ce qu'il commençait à croire. Sinon pourquoi fouiller dans ses affaires ? Espérait-il trouver quelque chose qui puisse faire enrager Valéria et donner une mauvaise impression aux autres ?
- Est-ce que c'est vrai, Gus ? Demanda sévèrement Chris
- Oui…
- Et on peut savoir pourquoi ?
- Parce que… euh…
- J'attends une réponse, Gustav ! S'exclama sévèrement Valéria
- C'est à cause de lui ! S'exclama Gustav
Il pointait Harold du doigt, ce qui le surprit ainsi que les autres.
- Comment ça ? S'étonna Cami
- Contrairement à vous, je ne lui fait pas confiance ! Personne ne le connaît ! Personne ne l'a jamais vu nulle part dans cette ville ! Il n'est jamais dehors ! Et du jour au lendemain, c'est le petit copain de Val et votre ami ! Je trouve ça louche !
- En quoi c'est louche, Gustav ? Hein ? En quoi ma vie te dérange ? S'énerva Harold
- Elle me dérange parce que je ne veux pas que Val souffre à cause d'un gars comme toi ! Surtout quand on a un marque page rempli d'infos sur elle !
Cette information laissa tout le monde perplexe, mais Harold et Valéria étaient très calmes.
- Ça vous la coupe, hein ? Mais en tant qu'amis de Val, vous devez savoir ! Ce type… a comme marque page, des feuilles remplies d'infos sur Valéria, comme ses horaires de travail, ses numéros de téléphone, ce qu'elle aime boire et manger… Tout ça parmi des notes sur le fonctionnement des appareils électrique de la maison ! Non mais sérieux ?! Qui de nos jours à ce genre de marque page ?! A moins d'être un…
- Ça suffit, Gus ! S'énerva Chris en lui donnant une gifle
- AIE ! Mais Chris !
- Pas de mais ! Ce que tu as fait est très mal ! Tu as menti à Valéria ! Tu l'as mise en colère alors qu'elle est en deuil et qu'elle s'amusait bien ! Tu fouille dans les affaires d'Harold ! Tu déballes sa vie devant nous sans te soucier de ce qu'il pourrait ressentir ! Et tu t'apprêtais à l'insulter de je ne sais pas quoi ! Et tu peux me croire, ton attitude va être rapportée aux parents ! Et pour ta peine, c'est la dernière fois que tu viens avec nous. Tu te tape toujours l'incruste, mais cette fois, c'était la dernière !
- Quoi ?! Tout ça parce que je voulais vérifier que Val ne fréquente pas un mec dangereux ?!
- Si vraiment j'étais dangereux… tu ne crois pas que Val l'aurais déjà senti ? Demanda sévèrement Harold
- Vu son état, elle peut-être confuse à ton sujet ! Mais moi… je me méfierais d'un unijambiste qui n'a pas de travail et qui profite de la richesse des autres !
- Un unijambiste ? S'étonna Cami. Oh ? On ne dirait pas à vue d'œil…
- Ouais ! Il n'est vraiment pas comme les autres ! Il a une jambe en moins, il a une armure dans sa chambre, il lit l'histoire des vikings et il a noté comment fonctionnait le micro-onde ! Non mais tu es débile ou quoi ?! Tout le monde sait comment ça fonctionne puisque c'est un appareil moderne !
- GUSTAVE ! CA SUFFIT ! S'emporta Chris, à bout de nerfs
- Sauf que je ne suis pas comme tout le monde. Répondit calmement Harold
Valéria eut soudain l'air inquiet. Elle avait le sentiment qu'Harold était sur le point de révéler son secret à ses amis… Etait-ce une bonne chose de faire ça dans un moment pareil… ?
- Depuis le début, tu me méprise. Et je sais pourquoi. Mais j'en ai marre que tu m'insulte et me juge sans me connaitre ! Alors je vais te dire pourquoi j'ai tout noté sur ce fameux marque page. En fait… je ne suis pas de votre époque.
- Hein ?! S'exclama Gustav
- Harold ! Intervint Valéria avec inquiétude
- Tout va bien, Val. Comme je disais, je suis d'une époque où le fonctionnement de tous ces équipements m'est étranger. Tout simplement parce que je suis récemment sorti d'une prison de glace. Donc ça ne se voit pas… mais je suis beaucoup plus âgé que j'en aie l'air.
Il tourna ensuite son regard vers Valéria et lui adressa un regard et un sourire empli de tendresse et de reconnaissance.
- Et grâce à Valéria… je peux enfin rattraper le temps perdu et me réintégrer auprès des autres. Et tout ce que tu as trouvé comme infos sur elle, c'est pour que je puisse me débrouiller seul et la prévenir au cas où il y aurait un problème.
Valéria lui rendit un sourire et un regard ému. Chris et Cami les regardait avec le sourire, mais Gustave était toujours perplexe de la réponse d'Harold.
- Si tu avais pris la peine de demander, je t'aurais donné une réponse, Gustav.
- Ah ouais ? Et l'armure ? Et le livre qui parle des vikings ? C'est une passion pour cette époque sans doute ? Rétorqua-t-il
- Ça, c'est ma vie privée. Et elle ne te regarde pas. Autre chose ?
- Je… non.
- Alors dans ce cas, présente leurs tes excuses, Gus. Et vite ! Conseilla Chris.
- D'accord… Je m'excuse. Sincèrement. Dit-il en les regardant à tour de rôle.
- Bien. Maintenant, file à la maison. Je parlerais de ton attitude aux parents des que je serais rentré.
- Tu vas quand même le leur dire alors que j'ai compris pourquoi et que je me suis excusé ?!
- Bien sûr ! Tu ne crois quand même pas que des bêtises aussi graves peuvent être pardonnées aussi vite ?
- Mais je… Pff, j'm'en vais. Mais je te préviens Harold ! Si tu fais du mal à Valéria, je…
- T'auras pas besoin d'intervenir, puisque ça n'arrivera jamais. Assure-t-il en la regardant elle, et non lui.
Valéria continuait de lui sourire. Gustav quitta alors la maison avec un air sévère collé au visage. L'ambiance redevint beaucoup moins tendue, mais les questions n'avaient pas finies d'être posées !
- Alors comme ça… C'est donc toi le pauvre gars qu'on a retrouvé en état de cryogénisation ? Demanda Chris
- Oui.
- Et ça te fait quel âge du coup ? Demanda Cami
- Euh… Plus que vous en tout cas. Souriait-il
- Suffisamment vieux pour ne pas connaitre les appareils électroménagers ?
- On peut dire ça. De mon temps, c'était loin d'être au top.
Valéria était rassurée. Harold s'en sortait très bien. Il parlait de son cas sans pour autant tout révéler, et tout ça avec un humour qui plaisait à ses amis.
- Mais c'est curieux que je n'en savais rien. Du moins que c'était toi et que tu vivais ici ! Tu le savais Cami ? S'étonna Chris
- Bah… oui. Mais ce n'était pas facile d'aborder librement le sujet quand tu ne sais pas si tu as le droit d'en parler… Avoua Cami avec embarras
- Pareil pour moi, Chris. Ce n'était vraiment pas évident. Dans ces cas-là, on a besoin d'un peu de temps pour l'accepter et savoir quoi dire aux autres. Ajouta Valéria, tout aussi gênée que Cami
- Je vois. Oh, je ne vous en veux pas. C'est vrai que ce n'est pas tous les jours qu'on découvre que le petit ami d'une amie est plus vieux que nous à cause d'un long sommeil dans la glace. Assure-t-il en adressant un sourire sincère et non rancunier à Harold.
- Merci Chris. Merci à vous tous de me comprendre...
- Mais tu n'as plus trop de problèmes maintenant ? Si ? Demanda gentiment Cami
- Certains trucs m'échappent encore, mais dans l'ensemble, ça peut aller. Mais je tiens à vous rassurer, ainsi que toi, Val… que je ne profite absolument pas de mon état de faiblesse auprès des autres et de ta richesse. Je m'en moque complètement de ça ! Tout ce que je veux… c'est être indépendant, normal, et continuer de vivre le bonheur que je vis avec toi.
Valéria rougissait derrière ses longs cheveux roux, ce qui la rendait adorable aux yeux de ses amis et d'Harold.
- Moi, je le crois. Il a une bonne tête ! Affirma Cami
- Pareil. Et je tiens à te présenter toute mes excuses pour le comportement de mon frère. Je peux te rassurer qu'il sera puni en conséquence et que ça ne se reproduira plus.
- Merci, Chris.
- Et rassures toi, Val. Je veillerais à ce qu'il ne t'embête plus non plus.
- C'est gentil.
- Humph…. Maintenant qu'il sait que vous êtes ensemble, c'est sûr qu'il va se tenir à carreaux ! Ajouta Cami
- Oh. Une dernière chose Harold. Gustav a dit que tu n'avais pas de travail… C'est vrai ? Demanda Chris
- Bah… on peut dire ça. Je galère déjà à m'intégrer à l'atmosphère moderne d'une maison, alors je ne me sens pas prêt pour trouver un travail, même si je ne le cache pas que j'aimerais en avoir un. Désolé, Val. Même si j'aime être ici et… d'une certaine manière, me sentir en sécurité, il faut que je trouve de quoi m'occuper dans cette nouvelle vie. Sinon… je vais devenir fou et me sentir inutile… Lui avoua-t-il
- Harold… Murmura-t-elle, navrée
- Mmh, mmh… Dis-moi ? Ça te dirait de venir travailler au café avec moi ? Rassures-toi, je te donnerais des trucs simples à faire, et tu auras le temps de t'habituer à l'ambiance, aux machines et à tout le reste. Qu'en penses-tu ?
- Tu ferais ça ? S'étonna Harold
- Pourquoi pas ? Après tout, t'est notre ami ? Faut bien qu'on t'aide, non ?
- Et puis si on ne fait rien, Val va nous le reprocher ! Plaisanta Cami
- Hééé ! Protesta Valéria, amusée
- Je… Je ne sais pas quoi dire… merci… Remercia Harold
- Alors je t'attends demain matin pour 8h. Souriait-il. Et euh… Val ? Niveau boulot… tu comptes faire quoi ?
La rouquine s'était dit ce matin qu'elle reprendrait le travail dès demain. Mais là, grâce à la gentillesse et le soutien de ses amis envers elle et Harold, elle avait de nouveau envie de retourner travailler et de surmonter encore plus son chagrin.
- Je reprends dès demain. Assura-t-elle avec le sourire
- Bonne décision. Les clients de la station seront ravis de te revoir. Ils pensent à toi, tu sais ?
- Je n'en doute pas. Bon allez ! Un bowling, ça vous tente ?
- A fond ! Les filles contre les garçons ! Yeah ! S'enthousiasma Cami
- Alors on est parti ! Ajouta Valéria
Le petit groupe monta dans le voiture de Cami, direction le bowling. Harold s'était vite habitué à ce mode de transport et n'avait plus trop envie de vomir. Durant tout le trajet, il continuait de répondre aux questions que Chris et Cami lui posait sur lui, sa vie, ses goûts, ses hobbies, la situation dans laquelle il s'était retrouvé sous la glace, etc. Harold répondait comme ça l'arrangeait, sans trop mentir mais sans tout révéler. Et puis il répondait avec confiance. Il se sentait à l'aise en compagnie de ces deux-là. A l'arrière, Valéria souriait en permanence, car ça lui faisait plaisir de voir ça. Elle se disait aussi que c'était une bonne chose qu'Harold parle lui-même de sa vie aux autres, et que c'était plus facile de commencer à en parler avec des amis. Parce qu'il devait avoir conscience que Chris et Cami ne seraient pas les seuls à le questionner sur sa vie.
La partie de bowling se déroula à merveille, dans un esprit compétitif et dans l'amusement le plus total ! Au final, les couples s'affrontaient, même si Cami et Chris n'en étaient pas un, et Harold ne s'en sortait pas trop mal après avoir effectué trois lancers foireux. Surtout qu'au tout premier lancé, il avait continué d'avancer au-delà de la limite de la piste, et résultat, il avait glissé et avait fini sur les fesses ! Sa maladresse avait déclenché un fou rire chez ses amis avant qu'ils ne viennent l'aider à se relever. Durant la partie, Cami et Chris étaient plus forts qu'eux et c'est eux qui gagnèrent la partie. Ils burent un dernier verre ensemble, puis comme le ciel commençait à s'assombrir, Cami les raccompagna chez eux, puis s'en alla avec Chris. Le jeune couple avait le sourire aux lèvres. Ils avaient passé une bonne journée, mais à peine vingt minutes plus tard, on sonna à la porte. Valéria alla ouvrir et ne fut pas très étonnée de revoir son oncle, toujours vêtu d'un costume noir.
- Bonsoir, Val.
- Bonsoir, mon oncle. Entre. Souriait-elle
- Bonsoir, Harold.
- Bonsoir, monsieur.
- Val. Tu vas peut être me trouver agaçant à toujours demander la même chose, mais c'est surtout parce que je m'inquiète pour toi. Comment vas-tu ? Demanda-t-il d'un ton inquiet
- Je te rassure, tu ne me fatigue pas. Disons… que je suis obligée de faire avec. Mais avec mes amis, Harold et toi, je réussi à garder au mieux le sourire.
- C'est bien. Ça me rassure.
- Moi aussi ça me rassure de ne pas surmonter cette épreuve toute seule. De ce fait, je reprends le travail demain matin. Annonça-t-elle avec le sourire
Viggo haussa un sourcil. Il ne s'attendait pas à ce que sa nièce reprenne si vite l'envie de retourner travailler. Ou peut-être que si, à force de lui avoir rabâché pendant des années que c'était une Grimborn et qu'elle devait se montrer forte face à toutes difficultés. Depuis la cuisine, Harold ne se mêla pas de la conversation. Mais il avait discrètement vu l'éclat du regard de Viggo face à la nouvelle. Et même si ça date de loin, Harold n'avait pas oublié l'éclat du regard de Ryker quand il était surpris et en colère. L'ancêtre et le descendant avait le même regard ! Vive la génétique ! Mais ce qui étonna, ou inquiéta Harold, c'est que Viggo ait ce regard alors que sa nièce lui annonçait une bonne nouvelle !
- Si tôt ? Je veux dire… Tu es sure de pouvoir à nouveau assurer la charge de la station ?
- Si tu y arrive, je peux le faire aussi.
- Sans vouloir te décourager, je suis dans le monde du business depuis bien plus longtemps que toi. Quand ta grand-mère nous a quittés, ça faisait déjà quelques années que je travaillais et non quelques jours. Expliqua-t-il calmement
- J'en ai conscience. Mais il faut que je continue de m'occuper de la station comme le voulait mes parents. C'est mon devoir.
Viggo marqua un blanc, fixant le regard noisette de sa nièce qui reflétait toute sa détermination. Viggo esquissa alors un sourire et caressa affectueusement la tête de sa nièce.
- Je suis fier de toi, Val. Si telle est ta décision, et bien soit. Je ferais ce que je devais faire dès le début, t'épauler dans cette mission.
- Merci mon oncle.
- Bien. Que dirais tu d'aller dîner au restaurant ce soir ?
- Je… oui, pourquoi pas ! Après tout, j'avais déjà refusé ta dernière invitation. Je ne vais pas refuser une seconde fois. Souriait-elle
- J'en suis ravi. Tu te joins à nous mon garçon ?
- Euh… si vous voulez.
- Bien. Je vais attendre dans la voiture. Je vous laisse vous préparer.
Harold et Valéria changèrent de tenue pour mettre quelque chose de plus posé, plutôt que de garder leurs vêtements qui sentait légèrement la pizza, la cigarette, l'alcool, et la transpiration. Valéria n'avait pas le choix que de mettre une tenue noire. De plus, elle ne se doutait toujours pas des mauvaises intentions de son oncle. Si elle le découvrait, elle serait encore plus effondrée ! Harold se changea en pensant encore à cette étrange impression qu'il avait ressenti tout à l'heure. Bien que Viggo n'ait rien à voir avec Ryker et ce qu'il lui était arrivé mille ans plus tôt, Harold n'arrivait pas à ressentir de la confiance envers cet homme. Il a pourtant suffit d'un regard et d'un souvenir ! Quand il quitta la chambre, il croisa Valéria qui ressortait de la sienne, dans une robe noire toute simple mais élégante.
- Ça va, Harold ?
- Ouais, ça va. Juste un peu fatigué. C'était quand même une sacrée journée.
- Je suis bien d'accord. Mais là, on va dîner et être au calme tous les trois.
- Ma tenue est appropriée au moins ? Non parce qu'à coté de toi, j'ai l'air ordinaire.
- Je te rassure, c'est très bien. Si je pouvais mettre autre chose que du noir, je le ferais volontiers.
- Je te rassure aussi, le noir te va très bien.
- Merci.
Elle l'embrassa furtivement avant de sortir de la maison avec lui. Son oncle attendait dans sa belle voiture noire. Il était au téléphone et il raccrocha quand Valéria toqua à la vitre. Le trio arriva dans un beau petit restaurant dix minutes plus tard. Ils s'installèrent dans un petit coin tranquille que Viggo avait réservé quand il avait téléphoné dans sa voiture, puis un serveur leur ramena la carte des menus. Harold regardait tout autour de lui. C'était vraiment joli comme endroit. Au moins un restaurant 3 étoiles. Et en arrière fond, on entendait un soupçon de musique. Ça allait du jazz, au piano, ainsi que quelques vieilles chansons sur lesquelles des clients aimaient encore danser dessus. C'est sûr que ça changeait des musiques traditionnelles des fêtes vikings. Après avoir passé commande et qu'ils aient reçus leur boissons, Viggo se tourna vers Harold. Il prétendait vouloir le connaitre, mais il voulait surtout savoir ce que représentait ce jeune homme aux yeux de sa nièce.
- Alors Harold. Parles-moi un peu de toi.
- Oh, je n'ai pas grand-chose à dire, monsieur.
- Peut-être. Mais y'a des choses qui se voient.
- Comme quoi ?
- Comme quoi ? Eh bien pour commencer… Je constate que tu es d'une politesse assez peu commune chez les jeunes de ton âge. Tu es assez réservé… et visiblement, tu tiens une place très importante dans le cœur de Valéria. Elle m'a nié plusieurs fois que vous étiez ensemble, mais je persiste à croire que c'est faux. Même encore aujourd'hui.
- En effet, monsieur. Depuis peu, nous sommes ensemble. Avoua-t-il sans honte
- Harold… Rougissait Valéria
- Il n'y a pas de quoi avoir honte, Val. L'amour est une chose précieuse à trouver. Et je suis content de savoir que c'est ton cas.
- Merci mon oncle…
- Et comment vous êtes-vous rencontré ?
- Euh…
Vu qu'il avait un lien avec Ryker, Harold n'avait pas du tout envie de lui raconter la vérité ! Valéria se demanda ce qu'il comptait lui répondre. Elle avait envie de le faire, mais quand son oncle s'adresse à quelqu'un, en général, il aime bien que ce soit la personne concernée qui lui réponde. Et vu le secret d'Harold, Viggo trouverait ça louche de la voir s'empresser de répondre à sa place. Mais Harold comptait faire comme il l'avait fait pour Chris et Cami. Déformer la vérité à son avantage.
- En fait, j'ai eu un accident et Valéria m'a porté secours. Je lui dois la vie.
- Et depuis… vous ne vous quittez plus ?
- Plus ou moins.
- C'est adorable d'entendre ça. Et que fait tu dans la vie ?
- Hin... à t'entendre, on dirait que tu lui fais passer un entretien d'embauche. Le taquina Valéria.
- Si on ne peut plus rien demander ! Désolé si je t'ennuie, Harold.
- Ouais. C'est clair que vous m'ennuyez. Non monsieur, vous ne m'ennuyez pas. En fait, je suis serveur.
- Serveur ? Dans un restaurant comme celui-ci ?
- Pas vraiment. C'est dans un café-restaurant.
- Celui de Chris. Précisa Valéria
- Ah oui, ce restaurant… Et ce n'est pas trop dur ?
- Je commence demain.
- Ah.
- Voilà pour vous, messieurs, dame. Bon appétit. Annonça un serveur
- Merci. Répondit Valéria.
Viggo et Harold remercièrent le serveur puis entamèrent leur assiette, tout en continuant de discuter entre eux. Harold avait de plus en plus de mal à être à l'aise en présence de cet homme. Était-ce parce que c'était l'oncle de Valéria ? Ou parce qu'il était de la famille de Ryker et que du coup, ses souvenirs le concernant tournaient en boucle dans sa tête ? Du coup, il affichait une mine contrariée, et quand Viggo lui posait une question simple, il avait de moins en moins envie de répondre ! Ce qui étonna Valéria qui avait remarqué son état.
- Harold ? ça va ? S'inquiéta-t-elle
- Oui, ça va.
- T'es sur ? Tu n'as pas l'air d'aller bien…
- Je te dis que ça va ! S'énerva-t-il
- Si tu ne te sens pas bien Harold, je te conseille de sortir prendre l'air deux minutes, plutôt que de t'en prendre à Valéria. N'oublie pas qu'ici, nous sommes dans un établissement où tout le monde est vite attentif au moindre phénomène. Conseilla calmement Viggo malgré son regard légèrement sévère
- Non, ça ira. Répondit-il sans le regarder.
- Aurais-je dis ou fait quelque chose qui te contrarie ? Parce que si c'est le cas, dis le moi pour que je m'en excuse. S'inquiéta Viggo
- Non. Vous n'avez rien fait. C'est juste que… euh, Val ?
- Cette musique… Murmura-t-elle faiblement
Son regard était perdu dans son assiette, et des larmes s'écoulaient lentement sur ses joues.
I see your face in every flower
Your eyes in stars above
It's just the thought of you
The very thought of you, my love
Son oncle s'inquiéta à son tour, mais en prêtant l'oreille, il reconnut la musique et comprit l'état de sa nièce. Cette musique était une des préférées de sa grand-mère, mais aussi de sa mère qui l'avait beaucoup écouté dans sa jeunesse, et elle l'avait fait découvrir à son mari puis à sa fille. Ayant une très grande notoriété sur les gens de par son nom et son statut d'homme d'affaires, Viggo alla voir le personnel et exigea qu'on change immédiatement de musique, ce qu'ils firent aussitôt. Valéria finissait d'écouter la musique jusqu'à ce qu'elle s'arrête, puis sécha ses larmes. Mais ayant l'appétit coupé, elle demanda à son oncle s'il pouvait les ramener chez eux, ce qu'il accepta. Sur la demande de Viggo, Harold emmena Valéria dehors, le temps qu'il règle l'addition. Mais avant de sortir du restaurant, il croisa le regard d'Ingrid qui était assise au fond de la salle, et qui arborait un petit sourire satisfait derrière son verre de vin et sa frange blonde. Viggo lui rendit discrètement son sourire et s'en alla. Une fois qu'ils furent ramenés chez eux, l'ambiance était assez tendue. Bien qu'elle ait l'esprit perturbé par cette musique et son chagrin, l'état d'Harold au restaurant l'inquiétait encore plus.
- Harold… Tu peux m'expliquer ce qui s'est passé tout à l'heure ?
- Comment ça ?
- Bah déjà, j'aimerais savoir pourquoi tu semblais froid envers mon oncle quand il te parlait? Parce que j'ai l'impression que plus le temps passait, plus tu en avais marre et tu avais envie de t'en aller et d'esquiver la conversation.
- Un peu.
- Ah bon ? Et pourquoi ?
- Je me sentais déjà fatigué avant le repas. Et ça ce n'est pas arrangé depuis, c'est tout.
- A tel point que t'as pas hésité à hausser la voix sur moi ? S'étonna-t-elle. Sache que ça aussi ça m'a pas trop plu. A part discuter et s'inquiéter pour toi, on ne faisait rien de mal !
- Rhooo c'est bon, Val ! J'ai bien le droit d'être un peu énervé, non ?
- Mais pourquoi ? Toute la journée, ça été avec Cami et Chris qui t'ont posé des questions ! Alors pourquoi ça n'a pas été avec mon oncle ? T'a un problème avec lui ou quoi ?
- Oui ! J'en ai un ! Je ne lui fais pas confiance ! Voilà !
- Ah… Ah bon ? Et je peux savoir pourquoi ?
- Parce que je…
La conversation tourna vers la dispute. Et maintenant qu'il avait commencé à parler en mal de Viggo, Harold se sentait obligé d'aller jusqu'au bout de ses pensées. Mais pouvait-il lui faire part de son dernier mystère qui risquerait de tout gâché ? Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas... Sans rien dire, il soupira tristement et marcha vers l'escalier pour aller dans sa chambre. Mais Valéria le rattrapa par le bras et l'entraîna vers le fauteuil pour le balancer dedans. Puis elle s'asseyait sur ses genoux, les mains agrippées aux accoudoirs pour lui bloquer la route. Son regard froncé était plongé dans celui d'Harold qui craignait la suite des événements.
- Tu crois aller où comme ça ?! Tu me balance un truc important, alors vas jusqu'au bout ! Et je ne te lâcherais pas tant que tu ne m'auras pas dit pourquoi tu ressens de la méfiance envers le seul membre de ma famille qui me reste et qui se soucie de moi ?!
- Je ne peux pas te le dire, Val…
- Arrête avec tes secrets et assume tes paroles ! Dis-moi ce qui y'a !
- Non ! Je ne peux pas !
- Harold ! Dis-moi tout de suite ce qu'il t'a fait pour que tu dises ça ! S'exclama-t-elle
- JE NE PEUX PAS !
Harold réussit à se défaire de ses liens et il balança brutalement Valéria à terre, mais sa tête percuta l'accoudoir du canapé. A terre contre le tapis et légèrement sonnée, la jeune femme le regardait derrière sa cascade de cheveux roux en désordre, avec une main sur sa tempe qui saignait légèrement. Ses yeux brillaient de colère et d'incompréhension, et encore plus quand elle vit du sang sur ses doigts. Harold n'osait pas la regarder, ni s'approcher d'elle. Il s'en voulait terriblement d'avoir fait ça ! Valéria se releva lentement et s'asseya sur les genoux, la tête légèrement penchée vers l'avant. Ses cheveux avaient l'avantage de cacher sa nouvelle tristesse qui s'abattait de nouveau sur son visage, ainsi que ses larmes et la trace de sang.
- Harold… Si tu ne me donne pas de raison valable à tout ça… Tu peux être sûr de…
- Que je dise la vérité ou pas, je finirais dehors, en plus d'avoir le sentiment que tout sera fini entre nous. Alors autant que j'avoue le dernier secret qui me ronge depuis que je sais qui tu es…
- Qui je suis… ? Murmura-t-elle
- Oui. Tu es la descendante de celui à cause de qui j'ai été piégé dans la glace. Tu es l'arrière-petite-fille de Ryker Grimborn.
