Hello Tout le Monde !

Tout d'abord je voudrais remercier Shiriliz, Vlad et MiuStein pour leurs reviews. Sérieusement après mon absence je ne pensais pas que certains suivraient encore cette histoire, et encore moins qu'ils prendraient le temps de la reviewer, je vous remercie donc du fond du coeur !

Je vais essayer de publier un chapitre toutes les 1-2 semaines, mais je ne promets rien, je vais juste faire de mon mieux ! En tout cas j'ai bien toute l'histoire dans la tête donc même si je mets du temps à publier, je ne devrais pas avoir de syndrome de la page blanche !

J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre, j'espère que vous en aurez autant à le lire ! N'hésitez pas à commenter, j'adore les reviews et vous le savez ;)


6. Princesse

George

J'ai le ventre lourd de tout ce que j'ai mangé. Du flan à la courge en entrée, un ragoût accompagné de légumes rôtis en plat, une bonne tranche de cheddar vieux et de la charlotte aux fraises en dessert. Trop. Même si je suis glouton, là, je sens que ça pèse sur mon estomac. Je n'ai qu'une hâte : me retrouver dans mon lit, dans mes draps propres et frais, et pouvoir digérer tout ça en dormant. Je suis Fred, qui ouvre la porte de notre dortoir. Lui aussi s'est goinfré pendant le diner, et nous ne nous disons pas un mot en nous dirigeant vers nos lits respectifs. Mais au moment où j'ouvre mon baldaquin, ce que je trouve derrière le rideau de velours rouge me laisse sans voix.

Sélène est là, allongée sur mon lit. Mon sang ne fait qu'un tour, et mon estomac se contracte d'une façon qui me donne presque envie de rendre mon repas. Elle sourit. Elle est belle, j'en crois à peine mes yeux. Elle est allongée sur le côté, ses longs cheveux bouclés tombant sur sa taille, la tête posée sur sa main, l'index posé sur sa bouche. Sa jupe n'est pas règlementaire, puisqu'elle laisse apparaître une bande de peau diaphane entre ses bas et celle-ci. Elle ne porte pas sa cravate, et les deux premiers boutons de son chemisier sont ouverts, laissant apparaître le galbe de ses seins.

- Surprise... Dit-elle d'un air coquin.

- Très bonne surprise. Répondé-je

Mon bas ventre surchauffe, et je reste stoïque, jusqu'à ce qu'elle m'amène à elle en tirant sur ma chemise. J'atterris à côté d'elle sur le lit, et immédiatement le léger parfum de fraise de ses cheveux me fait voyager. J'aimerais attendre, la laisser venir à moi, lui montrer que je ne suis pas pressé, mais je n'y arrive pas. Presque sans que je la contrôle, ma main passe sur son genou, remonte le long de sa cuisse. Elle a la peau douce et chaude. Mon excitation se fait plus douloureuse quand je remarque qu'elle ne porte pas de petite culotte sous sa jupe. Elle est complètement folle, et je crois qu'elle veut me rendre fou, moi aussi ! Elle sourit quand elle se rend compte de ma réaction. Elle a réussi son petit coup.

Je ne la lache pas des yeux, parce que je sais que c'est ce qu'elle aime. Sa respiration devient plus lourde, plus rapide. Elle attrape ma ceinture d'une main vive et la retire, avant d'essayer d'enlever mon pantalon. Mes mouvements sont légèrement saccadés, imprécis, mais j'arrive tout de même à le retirer en quelques secondes. Immédiatement elle m'attrape et me guide vers elle. J'aurais voulu faire durer les préliminaires, la caresser, sentir ses mains partout sur moi, sa bouche, son souffle... Mais trop tard, je suis déjà en elle. Encore une fois la chaleur qu'elle dégage me fait perdre la tête et je dois pincer les lèvres, les coincer entre mes dents pour étouffer un gémissement ridicule. Nos regards s'accrochent, et ne se quittent pas.

Sans relâcher le rythme de mes vas et viens, j'observe toutes les parties de son corps, toutes ces expressions, toutes ces réactions... Elle mord sa lèvre inférieure, ses yeux gris toujours plantés dans les miens, elle saisit l'oreiller à côté de sa tête et s'y agrippe comme si sa vie en dépendait. Je voudrais rester là pendant des heures, des jours, des mois même si c'était possible. Mais bientôt son corps se cambre, me lançant sa poitrine au visage, me dégageant la vue sur sa gorge. Elle laisse échapper un premier gémissement, puis un second, et enfin un troisième, vibrant, alors que ses cuisses se contractent autour de mes hanches. Je me laisse aller en elle, ne pouvant plus me retenir, pas devant cette vision... Elle respire lourdement, par la bouche, les yeux rivés sur le plafond.

Je la trouve magnifique. Une mèche de cheveux blond restée accrochée à son front, son regard embué, l'expression de plaisir sur son visage... Tout me donne envie d'elle. Envie d'elle toute entière. Envie de rire avec elle, de me promener à ses côtés, de me disputer avec elle, de tenir sa main, de caresser ses cheveux, de sentir son parfum, de la serrer contre moi, de l'embrasser...

- Tu es incroyable.

C'est sorti tout seul, mais tant pis. La sensation de plaisir palpite encore dans mon bas ventre, et dans ma tête. J'ai l'impression que plus rien n'existe, à part elle, et moi. Après avoir fixé le plafond un long moment, elle pose à nouveau ses yeux sur moi. Elle semble intriguée, car ses yeux d'acier sondent mon regard comme ils ne l'ont jamais fait auparavant. Soudain, ses joues rosissent légèrement, et elle se détourne. La première fois que je gagne une bataille de regards contre Sélène... Elle fouille un instant au pied du lit, et ressort victorieuse, une cigarette dansant entre ses doigts. Elle s'allonge et à nouveau, elle n'a d'yeux que pour le plafond, alors qu'elle allume sa cigarette d'un coup de baguette.

Son torse se soulève alors qu'elle tire sur la cigarette, emplissant ses poumons de fumée. Ses doigts tremblent très légèrement autour de la fine tige, sûrement sous le coup des sensations que nous venons de vivre. Elle a ce profil magnifique : ses sourcils châtain clair à peine arqués, caractériels, et ses incroyables yeux gris si froids et expressifs à la fois. Ses pommettes hautes, rosées, et son nez fin et droit, aristocratique. Ses lèvres pleines, s'arrondissant autour de la cigarette. Qu'est-ce que j'aimerais être cette cigarette, là, tout de suite. "Aristocratique". C'est vraiment le mot qui définit le mieux son apparence. Je me demande une seconde d'où elle vient, si sa famille est de sang-pur, ou peut-être de la noblesse française mordue ? J'aimerais tellement qu'elle m'en dise plus...

- Tu fais quoi pour Halloween ? Demandé-je juste après lui avoir volé sa cigarette, pour tirer dessus à mon tour. Immédiatement, son visage se tourne vers moi et elle m'adresse un regard sombre, le visage fermé, la mine presque déçue.

- A quoi tu joues Weasley ? Répond-t-elle, les dents serrées.

- C'est juste une question, qu'est-ce qui te prend ? Me défendé-je.

- Juste une question. Qu'est-ce que tu comptais faire ? Hein ? M'inviter au bal ? Venir me chercher en bas des escaliers, me faire danser un slow et puis me passer la bague au doigt ? Je croyais que les choses étaient claires entre nous, c'est pour ça que je continuais de te voir...

Sans que je puisse avoir le temps de réagir, elle saute du lit et ramasse ses affaires, se rhabillant à tout vitesse. Mon coeur rate un battement lorsque je réalise que c'était certainement la dernière fois que je couchais avec elle. Je le savais pourtant, j'étais prévenu : un seul faux pas, et tout était terminé. Sélène Loiseau peut t'oublier en un rien de temps, elle ne s'attache pas, elle. J'imagine alors qu'elle se tape quelqu'un de mon dortoir. Peut-être même Fred. J'imagine les entendre rire, entendre leurs souffles et leurs gémissements. Entendre le lit grincer, entendre le bruit de sa tête qui heurte la tête de lit, en rythme. Mes poings se serrent d'eux-mêmes. Je ne supporterai pas ça, c'est impossible. Je ne peux pas la laisser partir et me filer entre les doigts comme ça...

- Je te jure que c'était qu'une question, ma parole tu es folle ! Crié-je, encore protégé par le sortilège d'insonorisation. Mais ça n'a pas l'effet escompté. Sans même se retourner vers moi, elle ricane et me répond froidement.

- Folle ? Et dire qu'il y a deux minutes j'étais incroyable...

Je passe une main sur mon visage et me laisse lourdement retomber sur le lit. Elle était là, tout était possible, et j'ai tout gâché. Mon estomac se contracte bizarrement, et j'ai presque l'impression que je vais rendre mon diner. Il faut que je dorme. Je m'installe dans les draps encore un peu humide, et enfouis mon visage dans l'oreiller. L'odeur de son shampoing à la fraise flotte toujours dans la pièce quand je m'endors.

Je tourne machinalement la cuillère dans mon bol de porridge, à moitié dégouté par le mélange visqueux d'avoine, de lait et de fruits secs. J'ai mal dormi, même si je n'ai pas fait de rêve, et je me suis réveillé avec le ventre lourd et la tête pleine de regrets et de questions. Autour de moi, Fred et plusieurs de nos amis Gryffondor ont une discussion animée sur le prochain match de Quidditch, pendant lequel on affrontera ces abrutis de Poufsouffle. Ron mord dans une orange, et le jus lui coule à moitié sur le menton. Hermione lui tend une serviette avec un air à moitié écoeuré, à moitié attendri. Fred me donne un coup de coude.

- Hein? T'en pense quoi, Georgy ?

- Heu... Ouais, c'est des cons, on va les tuer.

- Qui sont des cons ? Me demande Harry, sa tête émergeant soudain de son énorme bol de chocolat chaud. Fred fronce les sourcils et secoue la tête.

- C'est très mal, Georgy, de traiter les elfes de maison de cons et de vouloir les tuer. Hermione sera certainement ravie de t'expliquer en six parties et vingt-quatre sous-chapitres pourquoi c'est illégal.

- A proprement parler, ce n'est pas illégal, et c'est bien cela le prob... Commence Hermione, l'index levé et le nez en l'air, mais Ron la coupe.

- On était en train de parler du banquet d'Halloween, et de ce que les elfes vont préparer à manger, George, à quoi tu pensais ? Tout le monde me regarde, attendant ma réponse. Oui, j'avoue, je n'ai rien écouté de la conversation, j'ai plus important à penser !

- Ha...Heu... Vous savez quoi, je ne suis pas dans mon assiette, je vais t'attendre devant la salle de potions, Fred. M'excusé-je, en enjambant le banc pour sortir de la Grande Salle.

En balayant la salle brièvement, je m'aperçois que Sélène n'est pas là. Elle dort, sûrement... Ou alors elle est dans les bras d'un mec, en train de soupirer et de balancer sa tête en arrière, comme elle a fait hier soir avec moi. Mes poings se serrent à cette pensée. Elle ne m'appartient pas. Elle ne m'appartient pas. Elle ne m'appartient pas. Bordel, je savais bien dans quoi je m'engageais, la première fois que j'ai couché avec elle, mais je n'y croyais qu'à moitié. "Elle va te tordre et te flanquer par terre comme si t'étais une chaussette sale". Je me pensais plus fort que ça. J'imaginais que je ne m'attacherais pas non plus, ou alors qu'elle finirait par s'attacher à moi, je ne me souviens pas vraiment... La vérité, c'est que je me suis fait avoir comme une bleusaille, et que maintenant je n'attends qu'une chose : pouvoir lui parler, m'excuser, la convaincre qu'elle doit me revoir.

Quelques minutes plus tard je suis en train d'attendre Fred dans les cachots, appuyé contre le mur, les bras croisés sur la poitrine. Je souris aux camarades qui me dépassent pour entrer dans la salle de cours, comme si tout allait bien. Tout va toujours bien pour les jumeaux Weasley, de toute façon. C'est plus ou moins ce que les gens attendent de nous : être les clowns de la classe, toujours de bonne humeur, jamais fatigués. On donne le change. Mais mon air jovial se serre dans ma gorge et tombe comme une balle de plomb dans mon estomac lorsque je l'aperçois qui arrive vers moi. Elle est tellement belle... Ses cheveux dorés, ondulés, qui tombent en cascade jusqu'à ses reins. Ses yeux en amande, gris tempête, bordés de cils noirs et épais. Sa bouche rose et charnue, sensuelle. Elle avance à pas de louve, légèrement déhanchée, sa démarche habituelle. Je me retiens d'essuyer mes paumes contre mes cuisses et la fixe, sans savoir quoi dire. Est-ce que je suis sensé sourire ? L'interpeller ? Lui faire une remarque ? La snober ? Avant que je ne puisse choisir, elle m'a déjà dépassé, sans daigner m'accorder un regard, et a disparu dans la salle de classe.

- Tu m'as sérieusement attendu ? Je ne l'aurais pas mal pris si tu t'étais installé en cours, Georgy ! S'exclame Fred en me donnant une légère tape sur l'épaule. Je ne l'ai même pas vu arriver.

- J'avais peur que tu te perdes, ou que tu te fasse happer par une succube de Serpentard... Répondé-je en essayant de garder mon sourire taquin.

Nous entrons dans la salle aux relents d'humidité et de pourriture (ou est-ce simplement le parfum de Rogue ?), et nous asseyons à nos places habituelles. Nos places habituelles, à savoir, celles juste derrière Sélène et Katie. Le cours promet d'être long... J'entends vaguement Rogue déblatérer sur ce que nous allons étudier, pendant que j'ouvre mon sac et en sort parchemin, encrier, plume et manuel adéquat. Le cours de potions est en fait mon préféré, car c'est grâce à celui-ci qu'on a appris, Fred et moi, à faire les mélanges nécessaires pour créer la plupart de nos farces et attrapes. Les sortilèges ne viennent qu'en seconde position. A côté de moi, Fred prend la liste des ingrédients dont on aura besoin et part vers l'économat pour se servir. Je me penche sur le manuel, ouvert à la bonne page par mon frère.

Potion de Recure-Tout

Cette potion, qui doit reposer sous un quart de lune pendant cinq heures avant son premier usage, servira à tout récurer, comme son nom l'indique ! Elle retirera aussi bien les taches d'herbe ou de boue des vêtements de vos enfants, que le calcaire sur votre vaisselles ! Pour un usage approprié, nous vous recommandons d'amener la potions jusqu'à l'objet sale à l'aide d'un sortilège, car elle peut être très corrosive et nous vous déconseillons d'y laisser tremper vos doigts...

Je ne prends même pas la peine de lire la suite. Je vais passer une heure à fabriquer un produit ménager dont je ne vais jamais me servir, et qui ne va même pas devenir le point de départ d'une nouvelle invention de chez Weasley et Weasley. Fred me rejoint mais je ne lui prête pas attention, car juste devant moi, à moins de deux mètres, Sélène se baisse pour ramasser la plume qu'elle a laissé tomber par terre. Elle se penche lentement, et lentement, sa jupe plissée remonte sur ses jambes, dévoilant un peu plus ses bas de laine règlementaires. Cette vision me rend fou. Je n'ai qu'une envie : balancer mon chaudron, relever cette jupe une bonne fois pour toute et la faire crier autant que je peux. Mais déjà, Sélène s'est relevée, et elle est à nouveau concentrée sur son travail, jetant tour à tour des oeillades à son chaudron et au manuel.

Je suis machinalement les instructions de Fred pour faire la potion : tranche, découpe, épluche, étale, écrase, hache, ajoute, tourne, sens, etc etc, mais c'est elle qui occupe toutes mes pensées. J'essaye d'élaborer un plan pour parler en tête à tête avec elle sans attendre qu'elle me donne un rendez-vous (d'autant qu'il y a de fortes chances pour qu'elle ne m'en donne plus jamais). Je nous construit déjà une discussion, voire une dispute, et j'essaye de deviner ses réponses pour me construire des phrases toutes faites que je pourrai ressortir au moment opportun. Lorsque ma potion est prête et que Rogue nous libère, tout est au point dans ma tête et je trépigne à l'idée de notre entrevue. Enfin quand je dis trépigner, j'entends surtout avoir les mains moites, l'estomac dans tous les sens et une sensation désagréable de sueur froide au creux de mon dos.

- Sélène ?! L'interpellé-je dès qu'elle sort de la salle. J'ai choisi une solution plutôt directe. Elle lève ses yeux au ciel avec son petit air prétentieux que j'aime tant.

- Qu'est-ce que tu me veux, Weasley ? Je lui attrape la main sans lui laisser le temps de se débattre.

- Un moment, s'il te plait.

En quelques secondes, nous nous retrouvons dans la salle voisine de celle dont nous sortons. C'est une ancienne salle de potions. Une étagère est cassée, en dessous de laquelle quelques fioles en mille morceaux prennent la poussière. Les chaises et les bureaux sont datés, les derniers à s'être assis dessus ont surement l'âge de Dumbledore. Sélène avance jusqu'au bout de la salle, le plus loin de moi possible, et appuie sa jambe sur le mur, les bras croisés au-dessous de ses seins. A côté d'elle, un carreau fêlé laisse entrer un courant d'air dans un sifflement insupportable. Je ferme la porte derrière moi et m'avance légèrement vers elle.

- J'espère que tu ne crois pas que je vais coucher avec toi, quand même ? Elle me toise de son air le plus narquois, un sourire aux lèvres. Elle fait comme si cette idée était la plus stupide au monde, comme si elle ne coucherait jamais avec un gars comme moi. Comme si elle ne mordait pas l'oreiller moins de vingt-quatre heures avant, sous moi, en sueur.

- Je t'ai pas demandé de venir pour ça, mais pour qu'on s'explique. Elle lève les yeux au ciel, encore.

- Il n'y a rien à expliquer, bon sang, mais qu'est-ce que tu t'imagines ? Tu penses vraiment que ça a une espèce d'importance ? Elle me prend de haut, et mes mains sont de plus en plus moites. Mais elle arrive à m'énerver, et c'est pile ce que je voulais. Arrêter d'être faible, d'être à sa botte, et lui montrer que je peux lui tenir tête.

- Si en fait, il y a quelque chose à expliquer. Ramasse tout ton courage, Georgy, c'est le moment. Comment t'as pu croire que j'allais te demander d'aller au bal ? Et c'est à mon tour d'afficher un sourire satisfait. Elle fronce légèrement les sourcils. Comment j'aurais pu croire une seconde que c'était une bonne idée ? Tu n'es qu'un plan cul, pour moi, Sélène, désolé de te le dire un peu durement mais c'est vrai.

Ses lèvres pincées se délient et elle éclate d'un rire franc, s'approchant doucement de moi. Lorsqu'elle arrive à ma hauteur, ses yeux se plantent dans les miens. Ses sourcils froncés et son sourire carnassier ne laissent rien présager de bon, pas plus que la teinte anthracite qu'ont pris ses iris. Elle pose alors sa main sur mon coeur et prend un faux air d'ingénue.

- Allons, Weasley, tu crois que je ne l'entends pas ? Ton petit coeur qui fait boom-boom chaque fois que je te regarde ? Elle parle lentement, d'une voix douce, et laisse sa main caresser tout mon torse. Tu crois que je ne te sens pas frissonner quand je te touche ? Elle éclate de rire à nouveau. Elle se moque de moi, et quand je le comprends, j'ai comme un pincement au coeur. Stupide coeur. Mais je me sens aussi triste qu'en colère, et je saisis son poignet, pour éloigner sa main de moi.

- Tu veux connaitre ton problème, Loiseau ? Elle pince ses lèvres quand je l'appelle par son nom de famille. Je ne le fais jamais car je sais qu'elle déteste cela. Ton problème c'est que tu te prends pour une princesse, ou carrément une reine, même. Je m'approche de son visage jusqu'à ce que nos bouches se touchent presque. Mais si t'es une reine, t'es juste la reine des putes. Elle se sert de toutes ses forces pour arracher son bras à ma prise et me pousse vers la porte de sortie. Je n'ai jamais vu une telle expression de colère sur son visage.

- Alors dégages ! Et n'espère plus jamais me toucher, espèce de minable ! Crache-t-elle. Sans plus attendre, je tourne les talons et claque la porte derrière moi.


La journée a vraiment été interminable. Et minable. Et inter ? Bref, je n'ai qu'une hâte : aller me coucher. M'allonger sur mon lit, fermer mes baldaquins, regarder le plafond et enfin me retrouver seul avec moi-même. Dans la vie d'un jumeau Weasley, le calme est assez rare pour être apprécié. Plus qu'apprécié, je dirais même qu'il vaut de l'or. Et comme de l'or, j'en ai pas... C'est l'heure du dîner dans la Grande Salle, et autour de moi, tous ne parlent que d'une chose : le bal d'Halloween. Rien que d'en parler, j'en ai une boule au ventre et la gorge serrée. C'est à peine si je peux avaler ma cuillerée de soupe de potimarron. Quelle connerie, ces bals... C'est vraiment l'occasion pour les élèves de se disputer, de s'humilier, de mettre à part ceux qui le sont déjà le reste de l'année. Mais bien sûr, comme ça permet aux petites sang-pur blindées de Gallions de porter leurs plus belles robes et de se pavaner au bras d'un autre couillon imbus de son sang.

- Tu vas y aller avec qui au bal, Fred ?

J'hausse les épaules. J'essaye de paraitre détaché. Je regarde ailleurs, je reprends une cuillère de soupe. Je sais parfaitement avec qui j'aimerais aller au bal. Une jolie brunette, toujours souriante, intelligente et sportive. Une fille que je vois tous les jours depuis que je suis entré à Poudlard. Une fille avec qui j'ai gagné la coupe de Quidditch. Une fille avec qui j'ai fait ma première sortie à Pré-Au-Lard. Une fille avec qui j'ai révisé mes BUSEs. Une fille dont je suis tombée amoureux un jour de Décembre de ma troisième année d'étude, quand elle pleurait dans la salle commune, toute seule, parce qu'elle avait reçu une beuglante de la part de son père à cause d'une mauvaise note en potions. Je l'ai prise dans mes bras et je lui ai chuchoté que pour moi, elle était la plus intelligente de tout le château et que c'était elle qui devrait envoyer une beuglante à ses parents. Ca l'avait fait rire et ça m'avait fait tomber amoureux. Une fille avec qui j'ai couché une fois. Là encore, je l'avais trouvé toute seule en train de pleurer, mais cette fois parce qu'un garçon qu'elle aimait ne l'avait pas invitée à Pré-Au-Lard. J'avais fait semblant de ne pas savoir de qui elle parlait, mais au fond de moi, je savais. Je l'avais regardé dans les yeux, je lui avais avoué à quel point je la trouvais belle, et on avait couché ensemble. Je ne suis pas dupe, j'ai bien compris avec le temps que ce soir-là, elle s'était fait croire que c'était lui, et pas moi.

- Et toi, George, avec qui tu y vas ? Demande Lee.

Mon frère sourit et se lève. Il jette une boulette de mie de pain à l'autre bout de la table, et réussi à atteindre Angie. Boom-boom, boom-boom. Elle se retourne et lui lance un regard interrogateur. Alors, il la montre du doigt, puis se montre du doigt lui-même, et mime une valse en lui lançant un clin d'oeil. Ses joues rosissent délicieusement et elle fait oui de la tête, puis se détourne vers ses copines de dortoir. Tous nos copains éclatent de rire. Plus qu'un pincement, j'ai l'impression d'avoir un poignard fiché dans le coeur. J'ai envie de balancer la vaisselle à travers la pièce et de hurler de toutes mes forces. Mais je reste là, stoïque, ce léger sourire toujours sur mes lèvres. De toute façon, ça ne sera pas la première fois qu'il couchera avec elle.