Salut à tous ! :D Pour le chapitre précédent, ravie que le couple Viggo/Ingrid vous plaise, ainsi que l'attitude odieuse de tonton Viggo et de la raclée de ce petit con de Gustav ! Bien fait pour lui, parce que moi non plus, je ne l'aime pas ! x)
Alors la suite de ce qui s'est passé entre Harold et Valéria, vous le saurez la semaine prochaine. Aujourd'hui, c'est retour dans le passé et je pense que ce chapitre va vous surprendre sur plusieurs points, mais j'en dis pas plus ! ;) Encore merci à tous, bonne lecture et à mardi ! Bisous ! ^^
Chapitre 18 - Distance
- VERIKA ! Hurla Dagur
- Dagur... Murmura-t-elle, la joue contre le sol boueux
Les jumeaux et Rustik se chargeaient d'en finir avec le Vipère, tandis qu'Harold, Dagur et Astrid couraient au chevet de Verika ! Les dieux soient loués, elle était toujours en vie ! Dagur jeta immédiatement un regard à la blessure. La flèche était à peine enfoncée dans son omoplate et ça saignait à peine, puisque son armure avait minimisé les dégâts. Sans plus attendre, Dagur ôta prudemment la flèche, ce qui fit hurler Verika à travers ses dents serrées, puis il la releva doucement dans ses bras. Elle grimaçait et semblait fiévreuse.
- Verika… Murmura-t-il, inquiet de son état
- Dagur… Je... je ne me sens pas très bien… Oooh…
Elle retomba instantanément dans les vapes. Le chasseur, intérieurement satisfait de sa mission, adopta une attitude navrée et choquée de ce qu'il venait de faire. Et son état s'intensifia quand il croisa le regard meurtrier de Dagur, mais d'une part, il en avait vraiment la frousse !
- Toi. Siffla-t-il
- Je... Je suis désolé, Dagur ! Ce… c'était un accident !
- Un accident ?
Dagur confia Verika à Astrid et Harold, puis se releva et marcha droit vers le chasseur, hache à la main.
- Dagur ! Non ! Hurla Harold
- Ne fait pas ça ! Hurla Astrid
Malgré les protestations du duo et des autres membres du groupe, qui au passage venaient d'abattre le troisième dragon, Dagur planta froidement sa hache dans le ventre du chasseur ! Un énorme filet de sang s'en échappa, ainsi qu'une partie de ses boyaux. Dagur n'avait pas lâché du regard celui du chasseur jusqu'à ce que son dernier souffle de vie l'ait totalement quitté. Il retira brutalement sa hache, faisant tomber le chasseur vers l'arrière, raide mort. Il fit un geste brusque dans l'air avec sa hache, chassant en grande partie le sang qui avait dessus.
- Dagur... Pourquoi t'a fait ça ?! Il a dit que c'était un accident !
- Ça m'est égal. Ce qui m'importe, c'est Verika.
Il retourna auprès d'elle et l'emmena sur le navire des chasseurs. Le reste du groupe suivit le mouvement au pas de course. Leur arrivée pressante, tout comme l'état de Verika et de Dagur, fit discrètement sourire Ryker. Mais pour éviter tout soupçon, il s'étonna de l'état de panique.
- Qu'est ce qui s'est passé ? Vous avez trouvé le poison ?
- Oui. Mais ton chasseur a commis une bavure. Et si tu veux savoir où il est, sache que je lui ai fait payer son geste qu'il a qualifié « d'accident ». Lui répondit froidement Dagur
Dagur poursuivis sa route vers les quartiers réservés à lui et aux autres membres du groupe, et déposa doucement Verika sur sa propre couchette. Astrid et les autres entrèrent, mais ils se firent rejeter par Dagur.
- Fichez le camp ! Je m'apprête à la soigner, alors allez voir ailleurs !
- Vaut mieux que tu me laisses m'en charger, Dagur. Conseilla Astrid
- Et pourquoi ?
- Au cas où tu ne le saurais pas, même que c'est nos quartiers, ça reste le bateau de Ryker. Et vu la bonne entente qu'il y a entre vous, vaut mieux que tu sois disponible pour l'empêcher d'entrer, plutôt que d'avoir les mains ensanglantées et de mettre Verika dans une situation gênante vu qu'elle sera partiellement dénudée et en mauvaise posture pour se défendre. Expliqua calmement Astrid, mais avec un regard légèrement sévère.
- Mmh… pas faux. Dans ce cas, je te la confie. Les autres, suivez-moi.
Il adressa un dernier regard inquiet à Verika qui gémissait dans son sommeil, puis sortit de la cabine, suivis du reste du groupe. Harold fut le dernier à sortir et adressa un regard tout aussi inquiet à Astrid qui le rassura d'un simple sourire. Il referma la porte, les lèvres pincées face aux gémissements de douleur de la rouquine. Astrid fit de son mieux pour lui enlever le haut de son armure et mettre son dos à nu afin de soigner sa blessure superficielle. Mais avec la toxine de la flèche, elle ne cessait d'avoir des spasmes, de trembler et de gémir, ce qui inquiétait Astrid. Sur le pont, le groupe demeurait inquiet et Dagur tourna son regard vers Ryker qui venait d'arriver.
- A ce que je vois, on s'est fait virer par la blondinette ?
- Si ton chasseur soit disant expérimenté ne lui avait pas tiré dessus par « accident », on n'en serait pas la ! Rétorqua Dagur, fou de colère
- C'est sûr que si Eret était toujours en vie, c'est lui que j'aurais envoyé pour vous donner un coup de main. Et Eret n'aurais jamais commis « d'accident »
- Nan. C'est sûr que tu ne l'aurais pas envoyé, lui. Tu aurais envoyé un autre de tes larbins envers qui tu n'accordes que peu d'intérêt. Parce que si j'avais tué Eret à sa place, tu serais déjà en train de vouloir me tuer. Ais-je tort, Ryker ?
- Possible. Mais à t'entendre, on dirait que ce qui est arrivé à ta copine est de ma faute.
- En effet. Et pas la peine de faire l'innocent. Je sais que tu y es pour quelque chose.
- Alors dans ce cas, on est quittes ? Mmh ? Souriait-il
Dagur hurla de rage et s'apprêtait à lui donner un coup de poing, mais Harold le calma en posant sa main sur son bras. Dagur passa ses nerfs en donnant un puissant coup de pied dans un tonneau rempli d'armes qui tomba sur le sol. Astrid sortit enfin de leur cabine, l'air soucieuse.
- Tout va bien ? Demanda Harold
- Sa blessure est soignée. Mais… elle n'arrête pas de gémir, de remuer, et elle est toujours inconsciente. Je crois que c'est en rapport avec la flèche toxique.
- Ryker. Cette toxine… ça ne va pas la tuer ? Lui demanda Harold avec crainte
- Vu son état, c'est trop tard. Dit-il d'une voix grave
- QUOI ?! S'exclama le groupe en cœur
- Bien sûre que non, enfin ! Cette toxine perturbe les sens d'un dragon, mais sur un humain, ça a juste les effets d'un puissant somnifère. Bien que votre amie m'énerve, je ne souhaite pas sa mort. Mais là, même que c'est la nuit, je suis sûr de ne plus l'entendre pendant au moins une bonne heure !
Il s'en alla avec un léger sourire, alors que Dagur ne cessait de le fixer avec un regard meurtrier. Le regard toujours aussi sévère, il retourna dans leur cabine pour voir Verika. Elle était vêtue de son pantalon et de sa tunique bleu ciel, et était paisiblement endormie sur le dos et semblait moins souffrir, ce qui le rassura. Ils ne seraient qu'à deux, il se serait déjà approché pour lui donner un baiser sur le front et il serait resté auprès d'elle jusqu'à son réveil en lui tenant la main. Mais quand le groupe entra, il se résilia à faire tout ça et s'installa à table pour manger un morceau même si l'appétit n'étais pas au rendez-vous. Le groupe l'imita tout en gardant un œil sur Verika. Une ambiance glaciale régnait à table, mais ça n'empêcha pas Krane d'interroger le Parenvrille sur un détail bien particulier.
- Euh… au fait, Dagur ? Qu'est-ce que Ryker a voulu dire par… « on est quittes » ? Tu as quelque chose à voir avec la mort d'Eret ? Demanda Krane
- T'occupe. Répondit-il froidement
- Alors pourquoi il a dit ça avec son sale petit sourire ? Demanda Kogne
- Vous me gonflez avec vos questions ! Ce type a été tué par un Vipère non loin de là ou je me battais ! Point barre ! S'exclama-t-il
- Dagur, ferma la, veux-tu ?! Ordonna Astrid d'un ton calme mais sévère
- Je te déconseille de me donner des ordres, toi !
- J'en ai parfaitement le droit, Dagur ! De plus, Verika dort et c'est préférable qu'elle se repose dans le calme ! Tu veux qu'elle se réveille et qu'elle s'inquiète ou quoi ?!
- JE… ! Non. Pff… Je vais prendre l'air. Tenez-moi au courant si elle se réveille.
Il quitta la table et sortit le plus discrètement possible malgré sa mauvaise humeur. Le groupe continuait de manger et continuait de discuter calmement pour ne pas réveiller Verika.
- Je suis sûre qu'il y est pour quelque chose... Maugréa Astrid en mâchant un bout de pain.
- Pourquoi il aurait quelque chose à voir avec sa mort ? S'étonna Rustik
- Tu as vu comment il a tué ce chasseur alors qu'il a accidentellement tiré sur Verika ? De plus, j'avais remarqué sa tête quand Eret a aidé Verika après son combat contre Ryker. Il avait le regard de celui qui n'aime pas qu'on touche à ce qui est à lui ! Et sa réaction montre bien qu'il a quelque chose à voir avec tout ça !
- Il était surtout furieux et inquiet pour Verika, Astrid. Résonna calmement Harold.
- T'as peut être raison… Mais je sais pas pourquoi…. Je le sens.
- Donc si c'est lui… Il m'aurait alors privé d'un bel avenir avec l'homme de mes rêves… ?
- L'homme de tes rêves… l'homme de tes rêves ! Tu l'a à peine rencontrée ! Comment tu pouvais savoir que c'était le bon ? Demanda Krane
- Je ne vais pas m'embêter à te l'expliquer, t'y comprendrais rien ! Répondit sa sœur, les bras croisés et les yeux brillants
Astrid roula des yeux au ciel et continua de manger, tout comme les autres. Le reste du repas se passa avec meilleure humeur, puis après, tout le monde alla se coucher vu qu'ils ne tenaient presque plus debout et qu'ils avaient du mal à garder les yeux ouverts. Quelques minutes après, Verika se mit à gémir dans son sommeil et Harold se réveilla. Tout le monde étant en train de dormir, il se leva et alla à son chevet. Il posa le dos de sa main sur son front et grimaça en voyant qu'elle était bouillante… Il lui couvrit le front avec un bout de tissu humide et lui épongea le visage avec un autre. Ça avait l'air de lui faire du bien alors Harold continua avec un léger sourire. Ça lui faisait drôle de s'occuper d'elle après toutes ces années, mais en même temps, ça lui faisait plaisir. Et en se rendant à l'évidence qu'elle ne sera jamais sa petite copine, il était quand même heureux d'être son ami et de pouvoir être auprès d'elle sans que ça tourne en bagarre ou en dispute. Verika redevint calme, alors Harold arrêta ce qu'il faisait mais il ne retourna pas se coucher. Il resta assis par terre et veilla sur elle encore un moment, regardant ses cheveux, son visage ou encore son tatouage.
A la lueur du feu central et de la lanterne qui brillait juste au-dessus d'eux, il la trouvait vraiment jolie de par sa beauté naturelle, mais aussi parce qu'elle était jolie quand elle était endormie. 15 ans après… il trouvait que ça n'avait pas changé. Voulant immortaliser sa beauté, leur nouvelle relation, mais aussi pour passer le temps, il prit discrètement de quoi dessiner vu qu'il avait ce qu'il fallait sur sa combinaison noire. Il se mit à la dessiner avec talent, son regard émeraude s'agitant entre elle et la feuille, derrière ses mèches brunes. Il conclut le dessin en griffonnant une pensée sincère « A jamais dans mon cœur. Harold. » Puis il rangea la feuille et son matériel dans sa combinaison. Il enleva discrètement le tissu de son front et écarta du bout des doigts une mèche de cheveux roux qui tombait devant ses yeux, ce qui la réveilla en douceur. Elle papillonna un instant du regard puis adressa un léger sourire à Harold. Bien qu'elle ait l'esprit encore assailli par sa grand-mère et la souffrance liée aux révélations qu'elle lui avait faite, ça ne l'empêcha pas d'en faire abstraction pour le moment et de lui sourire, car pour être honnête avec elle-même, elle était contente de le voir.
- Salut… Fit-elle
- Salut. Désolé, je ne voulais pas te réveiller.
- J'ai rien dit, Harold, détend-toi… Souriait-elle. Aide-moi à me redresser, s'il te plait…
Il lui donna un coup de main et s'inquiéta de voir Verika grimaçait.
- T'a mal ?
- Un peu, mais ça va passer. J'ai déjà eu bien pire. Juste… Qu'est ce qui s'est passé ? C'est un peu flou dans ma tête…
- Bah en fait… Le chasseur qui nous a accompagnés t'a accidentellement tiré dessus avec une flèche toxique. Rassure-toi, sur les humains, ça les fais juste dormir. Ce qui a été ton cas pendant une heure.
- Ah. Et… tu as veillé sur moi tout ce temps ?
- Non. Juste depuis quelques minutes parce que tu ne te sentais pas très bien.
- C'est gentil, merci. Souriait-elle. Tout le monde dort à ce que je vois. Constata-t-elle en les regardant
- Ça été une journée difficile pour nous tous. Ils ont tenus debout jusqu'au bout.
- Et toi, tu as encore eut de l'énergie pour veiller sur moi ?
- Je n'allais quand même pas ignorer ta douleur. Et puis… ça m'a fait plaisir de t'aider.
- Merci Harold. Pfou... C'est sûr que ça ne fait jamais du bien de se prendre une flèche… Mais dès demain, j'irais voir ce chasseur pour le rassurer de mon état et lui dire que je ne lui en veux pas.
Harold hocha la tête, le regard légèrement fuyant, ce qui intrigua la jeune femme.
- Quoi ? Qu'est ce qui y'a ? S'étonna-t-elle
Un léger malaise s'installa. Verika ignorait ce qui s'était passé, mais lui, non. Pouvait-il lui dire que Dagur avait froidement assassiné le chasseur alors qu'il avait dit lui avoir tiré dessus par accident ? Et est-ce que le sujet risquerait d'entrainer le sujet de la mort d'Eret ? Comment le prendrait-elle… ? Et s'il lui disait tout… Est-ce que ce serait la fin de son couple ? Lui en voudrais-t-elle au point de mettre un terme à leur relation ? Ou bien les actes de Dagur ne lui faisaient rien au bout de tant d'années passé à ses côtés… ? Et puis… Harold n'avait pas du tout envie d'être celui qui briserait leur couple à cause des commérages.
- Harold ? Y'a quelque chose que je dois savoir ?
- Oui, mais… Je ne voudrais pas être celui qui…
- Qui quoi ? Harold. Si tu as quelque chose à me dire, dis-le.
- Bah en fait… tu… tu ne pourras pas t'adresser au chasseur, Verika. Il est mort.
- Hein ? Mort… ? Les dragons l'ont eu ?
- Non. Il… Dagur l'a tué.
Les yeux de Verika s'écarquillèrent aussitôt.
- Il la tué… ? Mais pourquoi ?
- Parce qu'il t'a tiré dessus et Dagur ne l'a pas supporté, même si le chasseur lui a affirmé que c'était un accident. De plus… euh…
- Quoi ?
- Dagur pense que ce n'était pas un accident, mais que tout a été orchestré par Ryker dans le but de lui faire payer la mort d'Eret.
Ses yeux s'écarquillèrent encore plus ! Premièrement, parce qu'elle venait d'apprendre que Ryker serait mêlé à tout ça… Et deuxièmement, parce que depuis leur départ, elle n'avait pas prêté attention à Eret ! Elle n'avait même pas remarqué qu'il n'était pas sur le bateau ! La dernière fois qu'elle l'avais vu, c'était avant de partir avec Marina vers la tourelle ! En voyant sa tête figée par la surprise et l'effroi, Harold commençait à regretter d'en avoir trop dit. Qu'est ce qui allait se passer maintenant ?
- Verika… ?
- Harold… Tout ce que tu viens de me dire…. Sur les dieux, tu me jures que c'est la vérité ? Demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux
Sa voix réveilla les autres qui furent étonné de l'entendre hausser le ton, mais content de la voir enfin réveillée. Mais en voyant le visage et le regard de la rouquine, ils s'inquiétèrent. Qu'est-ce qu'Harold venait de lui dire ?! Quant à ce dernier, il ne quitta pas le regard de son amie qui reflétait l'angoisse de la situation et de sa future réponse. Mais il lui en avait déjà trop dit. Il n'avait pas le courage de lui avouer verbalement la réponse, alors il baissa le regard avec tristesse. Verika eut un hoquet de surprise face à sa réaction, et son regard se tourna lentement vers ses amis qui étaient tous debout. Verika se leva lentement à son tour, les yeux brillants.
- Dites-moi la vérité... Est-ce que tout ce que ma raconté Harold au sujet du chasseur, de Ryker et d'Eret est exact… ?
Malgré leur regard attristé qui lui apportait la réponse, ils n'eurent le temps de répondre car la porte de la cabine s'ouvrit, faisant entrer un bon courant d'air frais ! Le groupe grommela de mécontentement, mais Dagur s'excusa à peine. Quand son regard se posa vers Verika, ce fut comme un électrochoc !
- Verika !
- Dagur… Murmura-t-elle, en se tournant vers lui
Son visage ne reflétait pour le moment aucune surprise, aucune colère, ni aucune tristesse. Il était devenu subitement neutre quand elle avait entendu sa voix. Elle laissa Dagur l'enlacer devant tout le monde, mais elle ne lui rendit pas son étreinte.
- Oh, par Thor ! J'étais si inquiet ! Comment tu te sens ? ça va ?
- Je vais bien. J'ai déjà eu pire, tu le sais non ? Répondit-elle d'un ton tout aussi neutre
- Oui, mais là, c'était un cas unique ! T'as été…
- Je sais. Harold m'a expliqué ce qui c'était passé.
- Ah.
- Il m'a même expliqué beaucoup de choses. Ajoute-t-elle en lui faisant face
Son regard devient alors sévère, mais inquiet.
- Et je veux des réponses. Est-il vrai que tu as tué Eret ?
- De quoi ?! Je… Harold Haddock ! Qu'est-ce que tu as été lui raconté ?! S'exclama-t-il, littéralement furieux
- Euh… Bafouilla Harold, mal à l'aise
- Ne détourne pas la conversation Dagur ! Regarde-moi dans les yeux et dis-moi la vérité ! Es-tu, oui ou non, responsable de la mort d'Eret ?
- NON ! S'exclama-t-il à nouveau
oO*Oo
Dans sa propre cabine située non loin de la leur, Ryker était allongé sur son lit, les bras croisés derrière la tête. Il entendait les échos furieux de leur conversation et ça le faisait sourire. Sa petite vengeance pour Eret, semblable à une vengeance de gamin, avait porté ses fruits. Ryker considérait Eret comme son fils et il voulait que justice lui soit rendu, et c'est ce qu'il venait d'obtenir ! Si Verika était morte, la suite n'aurait rien eut d'amusant et de satisfaisant ! Avec quelqu'un comme Dagur, il fallait trouver de quoi le faire souffrir de l'intérieur pour que ça marche ! Et maintenant que la zizanie était installée entre les deux amoureux, il était content et retourna dormir.
oO*Oo
Verika redevint légèrement calme, mais son regard demeurait suspicieux. Elle s'approcha de Dagur et plongea son regard dans le sien et ce dernier la regardait sans broncher.
- C'est bien vrai ?
- Bien sûr que oui ! Je ne l'ai PAS tué !
Verika ne répondit pas et le regarda encore quelques secondes. Dagur n'aimait pas trop qu'elle le regarde comme ça trop longtemps. Ça le mettait bizarrement mal à l'aise, surtout que son œil gauche le démangeait. Aurait-il peur d'elle, d'une certaine manière ? Le visage de Verika redevint alors triste.
- Tu mens, Dagur.
- Hein… ? Qu'est ce qui te fait dire que je mens ?! Tu doutes de mes paroles ?! S'exclama-t-il, indigné
- Oui. Mais de ton regard, non. Quand tu mens, je le sais, parce que ton œil gauche palpite… Ça n'arrive pas très souvent, mais c'est un indice fiable... Répondit-elle en baissant le regard
- Euh, je…
Cette fois, Verika laissa sa colère exploser.
- Mais pourquoi t'as fait ça ?! Est-ce que tu as perdu la tête ?! Il n'avait rien fait de mal que je sache ! Qu'est-ce qu'il t'a fait pour que tu lui ôte la vie, nom de Thor ?! Demanda-t-elle furieuse
- Je ne répondrais pas devant eux ! Si je dois répondre, c'est entre toi et moi ! Contesta-t-il
- Oh, arrête de faire l'enfant ! Ils ont le droit de savoir ! Alors un conseil, répond tout de suite avant que je ne perde patience !
- Très bien ! Je l'ai tué parce qu'il ta regardé d'une manière qui ne m'a pas du tout plu quand il t'est venu en aide après ton combat contre Ryker !
Verika, comme la majeure partie du groupe, était sciée d'entendre une raison aussi absurde pour tuer quelqu'un ! Et vu la tête choquée de Verika, les autres craignaient la suite des événements.
- C'est tout… ? Tu… tu veux dire que tu l'as tué parce qu'il m'a tout simplement regardé… ?
- Oui. Et j'admets qu'avec le recul… Je regrette d'avoir fait ça. Je me suis laissé emporter.
- J'en reviens pas… Murmura-t-elle en posant sa main contre sa bouche
- Je suis désolé, Verika. Sincèrement.
Elle soupira tristement. Dagur s'approcha d'elle mais Verika fit aussitôt un pas en arrière tout en regardant sévèrement Dagur, ce qui l'étonna qu'à moitié.
- Donc un câlin pour faire la paix et prouver ma bonne foi, c'est hors de question, c'est ça ?
Elle fronça encore plus le regard et lui colla direct son poing dans la mâchoire ! Le groupe grimaça quand ils entendirent sa mâchoire craquer ! Ce n'était pas un coup de poing ordinaire comme ceux qu'elle donnait durant leur entrainement. Là, c'était un coup qui exprimait toute sa colère ! Dagur chuta à moitié sur le plancher, puis se releva en se massant la mâchoire. Il leva son regard vers la rouquine qui laissa encore sa colère exploser !
- Je n'en reviens pas de ce que tu viens d'avouer, Dagur ! Par simple jalousie, tu as tué un innocent ?! Il n'avait rien fait de mal ! Que tu massacre froidement des dragons, que tu sois sarcastique envers les autres, que tu leur joue des blagues mauvaises et cruelles, je le sais et je l'ai toujours accepté ! Mais la… C'est quelque chose que je ne peux pas accepter ! Et tu as fait ça sans prendre en compte mon attitude ! Tu crois vraiment que s'il avait tenté quelque chose envers moi, je n'aurais pas été capable de le repousser moi-même, sans en venir aux armes ?! Tu crois que je me serais laissé séduire ?! Tu crois que je suis du genre infidèle ?!
- Bien sûr que non ! Je te l'ai dit ! C'était une impulsion stupide de ma part ! J'ai fait une erreur et je le reconnais ! Se défendit-il
Ça se voyait qu'il s'en voulait. Et ça se voyait qu'il n'aimait pas que Verika soit dans cet état la ! Surtout envers lui !
- J'en ai rien à faire ! Ce qui a été fait est fait ! Et par ta faute, j'ai peur que tu t'en prennes aux autres ! Non mais sérieusement ?! Tu comptes leur couper les mains, leurs langues ou leur crever les yeux des qu'ils oseront me toucher, me parler ou me regarder ?!
Elle était vraiment en colère et ravagée par ses sentiments ! Elle ne cessait de lui hurler dessus et des larmes s'écoulaient sans cesse sur ses joues ! S'en était-elle rendu compte ? Verika repensa encore une fois aux paroles d'Osvald concernant leurs destins communs.
- Et tu crois vraiment qu'après ce que tu as fait… Tu pourrais encore devenir mon époux ?! Si je dois un jour devenir la femme du chef, je veux que mon mari soit celui que j'ai toujours aimé ! ET NON PAS CELUI QUE TU ES !
Elle empoigna son épée et la planta verticalement et avec rage dans la table, faisant voler tout ce qui y'avais dessus dans le décor ! Mais ayant frappé trop fort, elle venait de se faire mal à sa blessure. Les dents serrées, elle respirait plus fort que d'ordinaire, puis elle leva de nouveau son regard vers Dagur, mais aussi vers les autres qui demeuraient figés par la stupeur et l'inquiétude. C'est vrai que depuis tout à l'heure, elle ne les avait pas entendus. Ils devaient sans doute craindre d'intervenir et de ce prendre encore une fois des coups ou des mauvaise paroles. Elle soupira, puis elle se dirigea vers la porte, épée à la main.
- Je ferais mieux d'y aller.
- Où tu vas ? Demanda Dagur
- Prendre l'air. Et rester loin de toi. rétorqua-t-elle froidement
- Non, Verika, attend ! S'il te plait…
Il lui prit la main, mais dans son état, ce n'était pas une bonne idée. Elle lui fit une prise de combat qui le mit brutalement à genoux, puis elle lui attrapa sauvagement les cheveux par le dessus du crâne et planta sa lame sous sa gorge !
- Ne me touche pas, meurtrier ! Le menaça-t-elle, son regard plongé dans le sien
Le groupe eut un hoquet de surprise ! Ils n'auraient jamais cru la voir faire ça envers Dagur ! Il y avait une telle rage dans sa voix et dans son regard… qu'une personne extérieure au groupe n'aurait pu deviner que ces deux-là soient en couple ! Mais vu comment elle venait de le traiter, ça ne présageait rien de bon. Quant à Dagur, il ne lui répondit pas. Il se contenait de la regarder avec ses deux grand yeux vert, profondément choqué et blessé de l'entendre l'appeler ainsi ! En entendant ça, quelque chose changea en lui. Les regrets l'envahissaient avec une telle puissance, qu'il ne pouvait s'empêcher de baisser la tête et d'afficher un air triste tout en fermant ses yeux. Mais Verika ne fut pas atteint de son état.
- Verika… Intervient timidement Astrid
Verika leva son regard glacial vers elle, puis sur Kogne. Sachant ce que la jumelle ressentait pour Eret, Verika obligea brutalement Dagur à se tourner vers Kogne, sa main toujours agrippée à ses cheveux et son épée sous sa gorge.
- Présente-lui tes excuses ! Tout de suite ! Ordonna-t-elle
- Je... Je m'excuse… Dit-il avec sincérité
- Plus fort ! J'ai rien entendu ! Insista Verika
- Je m'excuse !
- Bien.
Elle écarta son épée, et le relâcha. Dagur atterrit sur le plancher, la tête penchée vers l'avant, et le poids de son corps étant retenu par ses mains. Il avait les larmes aux yeux et serrait les dents.
- Et sache que si tu oses t'en prendre à l'un d'entre eux en guise de représailles… C'est fini entre nous. Ajoute-t-elle en rangeant son épée dans son fourreau.
- Ah parce qu'ils sont toujours ensemble après tout ce qui vient de se passer? Demanda discrètement Rustik à Krane
- TU M'AS COMPRISE, RUSTIK ! Lui hurla-t-elle
Le jeune viking déglutit face à ce regard de braise et de glace. La jeune guerrière n'adressa pas un regard de plus au groupe ou à Dagur quand elle se dirigea vers la porte. Mais avant de sortir, elle s'adressa à Harold, sans pour autant se retourner.
- Au fait, Harold… Ne t'en veux surtout pas. Tu as bien fait de m'en parler.
Elle quitta ensuite la pièce en claquant la porte. A l'extérieur, il n'y avait presque personne sur le pont. Juste quelques chasseurs affectés à leur poste. Verika ne voulait avoir affaire à eux en aucune manière, que ce soit visuelle, physique ou verbale. Elle grimpa sans plus tarder à la vigie et scruta calmement l'horizon. Il y avait un léger vent frais et le navire se déplacer pas trop vite. Encore une fois, elle avait le sentiment d'être libre, mais cette fois, ses pensées et ses contrariétés étaient montés avec elle. Et elle allait devoir faire le point avec elle-même pour pouvoir accepter tout ce qui venait de se passer récemment… Le regard porté sur l'horizon, elle faisait muettement le tri dans ces pensées, dans ses réalités et ses souffrances.
- Je n'en reviens toujours pas de ce qu'il vient de m'avouer, ni de ce qui vient de se passer… J'ai dû en venir aux mains et aux armes pour lui exprimer ma colère et obtenir ce que je voulais ! Il ne s'est même pas défendu… Il devait vraiment regretter ce qu'il avait fait... Suis-je allée trop loin dans mes gestes et mes propos ? Peut-être que oui… Peut-être que non... Ou les deux. J'aurais peut-être pas dû le traiter de meurtrier ou de le menacer avec mon arme. Mais il fallait bien que je lui montre au combien il m'a déçu ! Jamais… oh grand Thor, jamais, j'aurais cru qu'il serait capable de ça… Envers les dragons, ça ne me gêne pas. J'ai fait pire que lui et c'est légitime vu ce que ces sales bêtes nous infligent… Mais pas envers des innocents ! Du coup, même si ses larmes que j'ai réussies à voir me prouvent qu'il regrette, j'ai peur. Peur de le voir à nouveau commettre une erreur qui pourrait tout détruire entre nous. Je l'aime... mais je ne veux pas le perdre ! C'est le Dagur que j'ai connue depuis l'enfance que je veux garder auprès de moi ! Et non pas un meurtrier qui bute tous ceux qui osent me porter de l'intérêt ! Comment pourrais-je vouloir devenir la femme d'un homme qui pourrait tuer froidement ses semblables ?! Je n'ose imaginer ce qu'il ferait s'il poursuivait dans cette voie quand il sera chef ! Le peuple se retournerait contre lui et je n'aurais pas le choix que de réparer ses erreurs… Je ne veux pas de cet avenir ! Je veux que rien ne change entre nous ! Mais pour l'instant, je ne veux ni le voir, ni lui parler, ni même recevoir de l'affection. Il faut qu'il comprenne qu'il est allé trop loin et que s'il persiste, il me perdra. Oh mes dieux... S'il tient vraiment à moi et à nous, faites qu'il en prenne vite conscience…
La pluie se mit alors à tomber. Verika leva le regard vers le ciel et ferma tristement ses yeux. Mêlées à la pluie, ses larmes coulaient sur ses joues.
- On n'a pas de chance, papa… Notre famille était depuis le début destinée à subir des malheurs… Moi qui croyais en avoir assez subi, voilà que ça continue… Pourquoi… ? De plus, je me suis fait des idées à propos de ma grand-mère…. Je suis qu'une idiote… Qu'est-ce que je pouvais espérer de la part d'une femme qui n'avais de cœur pour personne, à part toi, et qui est responsable de la mort de maman… ? Je ne l'ai pas toléré. Et toi non plus, je pense que tu ne l'aurais pas toléré si tu l'avais su. Même que c'est ta mère, je sais que tu aimais maman plus que tout…. Peut-être même plus que ta mère... Mais ne m'en veux pas de l'avoir tuée, papa. Même que je suis ta fille, elle voulait me tuer et m'empêcher d'atteindre mon but afin de te venger toi et Marina…
Épuisée, souffrante et abattue, Verika se laissa glisser le long du mat et s'asseya au fond du baquet de la vigie. La tête contre ses jambes, elle éclata en sanglot discret pour pas que les chasseurs l'entendent et ne moucharde à Ryker. Elle pleura son père, sa mère et Marina, mais aussi pour tous ses malheurs, puis elle finit par s'endormir. Mais une heure après, elle fut réveillée par la pluie qui tombait de plus en plus fort et qui était plus fraîche que tout à l'heure. Grelottante vu qu'elle ne portait pas le haut de son armure, elle redescendit sur le pont et retourna dans sa cabine. Elle ouvrit discrètement la porte pour ne pas réveiller les autres et la referma aussitôt. Il faisait bien chaud à l'intérieur et ça faisait du bien ! Elle se dirigea discrètement vers sa couchette, mais elle avait oublié l'espace d'un instant que Dagur dormait juste à côté de la sienne. Que faire ? Il dormait, mais avec une mine abattue par la tristesse. Revivait-il tout la scène dans ses rêves ? Elle n'y prêta pas attention pour ne pas céder. De plus, elle ne voulait pas dormir à côté de lui cette nuit. Sans que Dagur ne s'en rende compte, elle embarqua toutes ses affaires et alla s'installer à côté d'Astrid. La blonde se réveilla, les yeux à demi ouverts, mais Verika lui recommanda discrètement de se rendormir. Astrid ne chercha pas à discuter, ni à demander pourquoi elle changeait de place, car elle s'en doutait. Elle se recoucha et Verika fit de même. Bien qu'elle était trempée et gelée, elle se blottit sous son drap et finit par s'endormir. Si elle croyait que Dagur ne l'avait pas entendu, ni qu'il n'avait pas remarqué qu'elle avait bougé toute ses affaires, elle se trompait. Au moment où elle s'était allongée, Dagur avait ouvert les yeux et regardait tristement la place vide à ses côtés. Il soupira discrètement, serra le poing et ferma ses yeux, laissant une autre larme s'écouler.
Le lendemain, le groupe se réveilla avant Verika. Ils n'étaient pas si étonnés de la voir aux côtés d'Astrid plutôt qu'aux cotés de Dagur. Même que Dagur avait cherché cette histoire, ils espéraient d'une part que ça s'arrange entre eux. Parce que depuis que Verika était sortie de la cabine la veille, Dagur était resté dans son coin, sans dire un mot, mais son visage avait constamment reflété la douleur et la peine qu'il ressentait. C'est vrai que se faire appeler meurtrier et se faire rejeter ainsi par la personne qu'on aime, c'est sûr qu'on ne peut pas faire comme si de rien n'était… Dagur avait pris soin de ne croiser le regard de personne. Surtout celui d'Harold ! Même que Verika lui avait demandé de ne pas s'en vouloir, Harold s'en voulait quand même. Il aurait préféré ne pas être mêlé à cette histoire. Tout le monde déjeuna autour du feu central mais Dagur sortit de la cabine. Verika se réveilla peu de temps après son départ, enfila le haut de son armure puis rejoignit ses amis.
- Salut les gars.
- Salut Verika. Comment tu te sens ? Demanda Astrid
- Mieux qu'hier, mais je suis toujours remontée contre lui, contre cette histoire et tout le reste. Enfin bref. Après déjeuner, je vais m'occuper de ce poison. Où vous avez mis les mains?
- Dans un sac, là-bas, dans le fond de la pièce. Non parce que rien qu'imaginer que ce sac contient des morceaux de chair, c'est dégueu et glauque, mais en plus… ça chlingue !
- Désolée, Rustik. Mais ce problème sera vite réglé. Heureusement que vous les avez pas donné à Ryker. Cette grosse brute aurait fait n'importe quoi avec. Et d'ailleurs, pourquoi vous ne le lui avez pas donné ?
- Bah parce que ce poison... te revient en quelque sorte de droit. C'était les mains de ta grand-mère quand même… Répondit-Harold
- Je sais.
- Une question… Pourquoi tu as du lui couper les mains ? S'étonna Kogne
- Parce qu'elle ne voulait pas me donner le poison et qu'elle voulait me tuer pour se libérer de sa prison grâce à mon sang, mais aussi parce que je lui rappelai trop ma mère et qu'elle ne le supportait pas. Et comme elle m'a avoué être responsable de sa mort, et qu'elle n'arrêtait pas de l'insulter, ça m'a mise hors de moi. Je n'ai donc pas eu le choix que de lui prendre le poison qui se trouvait dans ses ongles et de lui transpercer la gorge.
Visiblement, ça ne la gênait pas de parler de tout ça.
- Et euh… Loin de moi l'envie de te remettre en rogne, Verika. Mais… Ça ne t'a rien fait de tuer un membre de ta famille ? S'étonna Rustik.
- Non. Je me suis faite des idées sur elle. J'ai cru que je pourrais retrouver un membre perdu de ma famille, mais ça n'aurait servi à rien. Je la répugnais et au final, elle voulait ma mort. Et puis… peut-on appeler « famille » une personne qui ne s'est jamais manifesté pour prendre soin de vous quand vous étiez dans le besoin ? Si Osvald ne m'avait pas recueilli, elle ne se serait pas démenée pour moi. Bon je sais qu'elle était enfermée dans cet arbre depuis 18 ans, mais elle m'a clairement dit qu'elle n'aurait rien fait pour moi si elle aurait été libre quand papa a été banni ! Nous étions peut être liées par le sang, mais elle n'était pas ma famille. Ma famille, c'est les Parenvrilles. Personne d'autre. Et puis j'ai vengé ma mère et l'avenir que j'aurais dû avoir si elle était toujours en vie. Je n'ai donc aucun regret. Et puis j'ai certainement épargné l'archipel d'un fléau. Ajoute-t-elle avant de boire une gorgée d'eau.
- T'as sans doute raison. Approuva Astrid.
- Et comment c'était dans l'arbre ? Comment elle était la sorcière? Demanda Krane
- Dans l'arbre, j'étais dans une pièce circulaire très étroite et ça empestait le bois à plein nez ! Il n'y avait pas d'issue possible, sauf si je ressortais grâce à la magie de la sorcière. Quant à elle… Elle m'est apparue en s'extirpant partiellement de la paroi en bois.
- Comment ça ?
- Regarde le mur en bois… et essaie d'imaginer qu'une tête et que des bras, à la base humains, mais dont la peau est à présent faite d'écorce, s'extirpe et essayer de t'attraper en faisant ça ! Explique-t-elle en imitant les mouvements de sa grand-mère
- Bwaaa…. C'est effrayant et trop dégueu… Grimaça Krane
- Mouais, on dirait une histoire d'horreur… Grimaça Kogne
- Je ne vous cache pas que ça m'a fichu la frousse quand je l'ai vue ! Pour une première rencontre, y'a mieux ! Elle était vraiment laide, elle parlait doucement, et d'une voix aiguë… Et quand elle m'engueulait et me frappait, ce n'était pas mieux ! Je suis bien contente que cette histoire soit finie !
Ils finirent de déjeuner en bavardant entre eux, puis Verika se leva de table et alla chercher le sac qui empestait à fond.
- Bon… Je vais attaquer ce poison. Vous restez ou vous sortez ?
- Euh… Tu comptes faire quoi exactement ? Grimaça Astrid
- Bah puisque le poison est dans ses ongles, je vais juste les séparer de ses doigts.
- Quoi t'est sérieuse ?! Mais c'est… bwaaa… Comment tu peux avoir le cran de faire ça ?! C'est du barbarisme !
- J'ai dépecée un Vipère pour me faire cette armure alors que j'avais 16 ans. Ça ne m'a rien fait et aujourd'hui, ça ne me fera rien de faire ça. Et puis ce n'est pas comme si je faisais ça sur quelqu'un de vivant. Ajoute-t-elle avec un petit clin d'œil.
- Attend une minute…. Tu dis que le poison est dans ses ongles. Pourquoi il ne serait pas dans son sang ? Demanda Rustik
- Parce que ce qui lui servait de sang est de couleur orangé, à cause de la couleur de son sang encore humain mélangé à la sève de l'arbre. Johann nous a dit que le poison est de couleur noir. Et ses ongles sont les seules choses que j'ai vues de cette couleur.
- Woh. T'est calé sur le sujet on dirait.
- Pas besoin d'être un génie pour comprendre ça, Rustik. C'est tout simplement évident. Dit-elle en haussant les épaules
Sans grimacer, elle sorti les mains du sac et les posa sur la table. Pendant que le groupe les regardait avec dégoût, elle chercha dans son sac de quoi pour se protéger, opérer et se soigner. Krane et Rustik écarquillèrent les yeux quand ils virent Verika tenir une pomme de terre entre ses mains.
- Euh… Tu comptes te faire un casse-croûte ?
- Bien sûr que non. C'est le remède contre ce poison ! Vous n'avez pas retenu ce qu'a dit Johann ? S'étonna-t-elle
- Bah on a cru qu'il plaisantait, nous !
- Johann plaisante rarement. Ce qu'il dit peut paraître invraisemblable, mais ce qu'il dit est vrai. La preuve, il n'a pas menti au sujet d'Excellinor. Ajoute-t-elle. Bon, vous sortez ou pas ?
- Euh… Je crois qu'on va sortir. Venez. Répondit Harold.
Il emmena les autres qui n'avaient vraiment envie d'assistait à ça, juste après avoir déjeuné ! Harold fut le dernier à sortir, et avant de fermer la porte, il s'adressa à Verika.
- Bon courage, Verika. Et soit prudente.
- Pas de soucis, Harold. Merci.
Une fois seule, elle enfila des gants épais en cuir par-dessus les siens, elle enfila des grosses lunettes ambrées et métalliques qui enveloppait la globalité de ses yeux, puis elle enveloppa son visage avec son drap, comme si elle mettait un cache-nez trop grand. Et avec le reste qui pendait dans son dos, ça faisait comme une sorte de cape. Mais au moins, y'avais pas de risque qu'elle reçoive du poison dans les yeux, qu'elle en respire ou qu'elle se fasse piquer ! Alors à quoi bon avoir pris une pomme de terre avec elle ? Bah dans le doute ou ça ne marcherais pas, elle préférait miser sa vie sur un équipement fiable. Elle prit alors une dague bien aiguisée et une tenaille, et entreprit de séparer les dix ongles des mains et de les entreposer dans un bol. C'était loin d'être une partie de plaisir, mais c'était vite fini et il n'y avait pas eu de dégâts, si ce n'est que la table et ses vêtements étaient recouverts d'un peu de sang. Elle nettoya tout avec un chiffon qu'elle jeta dans le feu. Elle ôta ensuite ses gants et son drap, releva ses lunettes sur son front, prit le bol et la pomme de terre, puis sorti de la cabine pour aller remettre le poison à Ryker. Elle n'y connaissait rien à la conception d'une arme toxique comme leurs flèches à la racine de dragon, mais lui, il savait comment faire. Elle le trouva sur le pont principal, à côté d'un second qui tenait la barre. Ryker étudiait la carte que lui avait donné Johann et surveiller l'itinéraire qui aller les mener à la cachette de Grimbeard l'horrible afin de trouver la Dragonsword.
- Ryker ?
- Mmh ? Qu'est ce qui y'a ? Tu ne vois pas que je suis occupé ?
- Si. Je t'apporte le poison de Vorpent.
- Ah. Mais que… ? C'est une blague ? Demanda-t-il en voyant le contenu de son bol
- Non. Ces ongles proviennent des mains de ma grand-mère, et ils contiennent ce fameux poison. Je viens de finir de les extirper de ces doigts.
- Je vois. Mais comment être sûr qu'ils sont bien venimeux ?
- Je ne sais pas. Je n'ai pas encore testé.
- Tu veux un cobaye ? Souriait-il d'un air mauvais
- Humain ou dragon ? Souriait-elle également d'un air tout aussi mauvais
- Mmh… Bien. Donne-moi ça. Je m'occuperai de concocter une toxine pour notre cher Furie Nocturne. Et t'a le remède à ce que je vois ? Je vais le prendre aussi, au cas où. Dit-il en prenant le bol et la pomme de terre
- D'accord. Mais prévois un équipement pour te protéger au cas où la pomme de terre ne ferait pas d'effet.
- Me prends-tu pour un crétin ?
- Simple conseil amical. Au fait… Dans combien de temps on arrive sur l'île de Grimbeard ?
- Si tout va bien… On y sera demain, dans la journée. Maintenant file. J'ai du travail.
- Mmh, mmh. Oh. Une dernière chose.
- Quoi encore ?
- Je suis désolée pour Eret.
Ryker la regardait avec sa tête habituelle, sans rien dire. Verika tourna les talons et retourna en cabine pour déposer ses gants et son drap. Elle garda ses lunettes sur elle, car elle avait le sentiment que ça allait encore lui servir. Elle prit ensuite son arc, ses flèches et une gourde d'eau, mais au moment où elle aller sortir, elle croisa Dagur qui venait d'entrer dans le but de lui parler en privé. Leurs regards se croisèrent en silence. Verika affichait une mine légèrement sévère et Dagur la regardait avec peine.
- Verika... On peut parler ?
- Pas envie. Je dois aller à mon poste.
- Rhooo, s'il te plait ! Ça me rend dingue que ça se passe comme ça entre nous !
- Tu l'as cherché Dagur. Fallait t'attendre à ce que j'apprenne la nouvelle et que je réagisse comme ça. Maintenant laisse-moi passer.
- Mais qu'est-ce que je dois faire pour tout arranger ?
- Comment déjà par me laisser tranquille ! Je suis très déçue de ton attitude et je ne compte pas te pardonner aussi vite !
Elle sorti de la cabine en le bousculant légèrement avec son épaule, puis elle grimpa à la vigie pour le reste de la matinée, jusqu'à l'heure du repas. Elle y passa l'après-midi et une partie de la soirée. Elle en avait pas marre d'être la haut. Au contraire, vu la situation, elle ne demandait que ça ! Et comme Dagur avait secrètement le vertige, elle était sûre qu'il ne prendrait pas le risque de grimper pour aller la voir ! Mais parfois, d'en bas, Dagur la regardait discrètement et il avait une furieuse envie de monter. Les autres l'avaient remarqué, mais ils ne pouvaient malheureusement rien faire. C'était leur problème à eux. Pas le leur. Les pauses repas se déroulaient à chaque fois de cette manière. Verika restait à table avec eux, mais Dagur mangeait dans son coin, non pas qu'il avait envie de jouer les martyres et les enfants punis. Mais à aucun moment, Verika ne céda et alla le voir pour tout arranger. Même le groupe ne tenta rien, car il savait que Verika les en empêcherait. Et jusqu'à ce que le navire arrive à destination, l'ambiance n'avait pas changé. Quand la fameuse grotte apparu enfin aux yeux de Ryker, il convoqua tout le monde sur le pont. Le groupe et l'équipage s'approcha du rebord et examina l'entrée de la grotte qui n'était pas assez grande pour y passer un navire. L'entré était rattachée à d'immenses morceaux de roches, dont une bonne partie de l'entrée était submergée par la mer. Tout le monde se disait que le navire de Grimbeard a dû être emmené à l'intérieur par une autre entrée qui s'est retrouvée condamnée, et que cette entrée devait être une simple sortie de secours.
- Voilà la situation. Le navire va rester là puisque c'est visiblement impossible d'avancer, mais aussi parce que d'après le brocanteur, il y aurait des anguilles géantes. Il faut donc des volontaires pour se rendre dans cette grotte et ramener cette épée.
- Si du moins elle existe ! Parce que quand je regarde cette grotte, je me dis qu'il nous a raconté des bobards ! Commenta Rustik
- Johann ne ment jamais, Rustik. Répondit Astrid
- Euh… Moi j'ai un problème, je sais ne pas nager. Informa Krane.
- Dans ce cas, mettez-vous vite d'accord sur qui s'en va et qui reste. Ceux qui s'en vont, montez dans la barque.
Cinq minutes plus tard, tout le groupe monta à bord sauf Krane qui regardait avec inquiétude la barque qui emmenait sa sœur loin de lui. Jamais ils ne s'étaient séparés de leur vie et Kogne était tout aussi inquiète d'être éloignée de son frère. Mais d'après une idée d'Harold, Krane aurait la mission d'actionner le levier qui ramènerait la barque au plus vite vers le navire, grâce à la corde qui était attachée à la barque et reliée à un mécanisme du navire. Mais c'était seulement au cas où y'aurait du danger. Dagur et Rustik ramèrent jusqu'à l'entrée de la grotte pendant qu'Astrid, Harold, Kogne et Verika scrutaient les alentours avec leur armes. Toujours pas d'anguilles en vue quand ils furent au milieu de la caverne. Les murs étaient submergés par la mer, ce qui voulait dire qu'ils allaient devoir continuer à la nage. Vu qu'elle était assez forte pour la natation et la plongée, Verika se désigna pour plonger en reconnaissance, ce qu'elle fit aussitôt dès que le groupe donna son accord et qu'elle eut remis ses lunettes ambrée. Ils attendirent tous patiemment, mais inquiets, de la revoir remonter à la surface. Elle remonta cinq minutes plus tard, et s'agrippa à la barque, légèrement essoufflée.
- Tout va bien… On peut facilement atteindre l'intérieur de la caverne… Le tunnel est pas très long… Et y'a un point d'air à mi-chemin… Dit-elle en relevant ses lunettes ambrée
- Parfait. Alors allons-y. Déclara Harold
- Cela dit, j'ai remarqué des fissures sur les parois du tunnel. Faudra donc faire attention et prier pour que ça ne s'effondre pas…
- Entendu. On fera gaffe, Verika. Si on nage sans toucher les parois, ça devrait aller. Répondit Astrid.
- C'est ce que je me suis dit aussi. Bon, aller. Restez bien derrière moi… Mais veillez quand même les uns sur les autres... Recommanda-t-elle en remettant ses lunettes
Ils plongèrent tous et suivirent la rouquine qui prit la tête du groupe et leur indiqua le point d'air d'un signe de la main. Elle les rejoignit et s'agrippa comme les autres à la roche le temps de reprendre son souffle.
- Tout le monde va bien… ?
- Ouais… Répondirent Harold et Dagur
- Ça peut aller… Répondirent Astrid et Kogne
- J'ai connu mieux comme baignade ! Ronchonna Rustik
- Arrête un peu de te plaindre, Rustik… Supplia Astrid
- Ouais ! Je suis séparée de mon frère et pourtant je ne suis pas en train de me plaindre ! Rétorqua Kogne
Verika leva les yeux au ciel face à leurs disputes, puis elle tourna son regard vers Harold. Elle était à côté de lui et elle lui adressa un léger sourire quand il croisa son regard.
- Ça va pour nager avec ta jambe… ?
- Ouais… Et toi avec ton épaule… ?
- Ça va aussi…
Dagur, quant à lui, les regardait discrètement avec un regard légèrement froncé. Il ne supportait toujours pas de les voir se comporter comme des amis et de les voir se sourire et se regarder sans haine ! Et il mourait d'envie de massacrer Harold pour avoir tout mouchardé ! Mais s'il se laisser guider par ses instincts sanguinaires, il était sur de perdre Verika pour de bon. Il ne savait même pas si un poing dans la figure serait toléré ! Et même qu'il avait une confiance absolue en elle, il avait peur qu'elle et Harold se rapprochent. C'était idiot de sa part, mais en sachant pertinemment qu'Harold aimait toujours Verika, c'était plus fort que lui ! Dagur faisait de gros efforts intérieurs pour accepter le fait que ces deux-là ne soient juste que des amis, mais il espérait également qu'ils ne soient jamais rien d'autre.
- Bien… Vous êtes prêt à y retourner… ? Demanda Verika
- Oui… ! Répondirent-ils
Elle plongea la première et leur indiqua la direction à prendre. Comme elle l'avait dit, ils atteignirent rapidement l'intérieur de la caverne. Ils reprirent leur souffle tout en examinant la caverne qui était assez immense en fait ! Et de loin, on pouvait voir une bonne partie du bateau de Grimbeard l'horrible, l'autre partie étant à moitié submergée dans un petit lac à cause d'un trou dans la coque. Dans l'ensemble, le bateau était dans un sale état ! Il ressemblait plus à un navire fantôme avec ces voiles en lambeaux, la coque percée d'un trou géant ou encore le bois défraîchit et recouvert de mousses, d'algues et de coquillages. Verika sortit enfin de l'eau et se fit aider par Rustik qui lui tendait la main. Elle passa une main dans ses cheveux courts et remit ses lunettes sur son front, et admira avec les autres l'étendue de la caverne qui était légèrement éclairée au plafond par quelques rayons de soleil. Ça faisait une légère lueur bleuté et c'était assez beau en fait.
- Bon. On fait quoi maintenant ? Demanda Astrid
- L'épée se trouve avec Grimbeard. Donc si on le trouve lui…. Répondit Verika
- … on trouve l'épée ! Conclu Kogne
- Et probablement dans les quartiers du commandant, à l'abri des anguilles. Ajouta Harold
- Pff ! Tu ne vas pas me faire croire qu'il serait encore en vie, cloîtré dans sa cabine ? Rétorqua Dagur
- Bien sûr que non, Dagur. Mais à sa place, c'est là que je me serais caché le temps de trouver une solution.
- Blablabla… Bon allez, on y va ! Je meurs d'envie de trouver cette fameuse Dragonsword et de la tenir entre mes mains ! S'enthousiasma Rustik en se frottant les mains
Le groupe contourna le point d'eau et marcha parmi les nombreuses colonnes de pierres et les rochers à escalader, tout en prenant garde aux anguilles, mais aussi au sol lisse et constamment humidifiée par les gouttes d'eau qui tombaient du plafond. D'ailleurs, à part les bruits de pas qui résonnaient légèrement, ils n'entendaient que ça… Le bruit des gouttes d'eau qui s'écoulaient une par une sur la roche et dans l'eau. Ils auraient pu emprunter le chemin qui traversait le point d'eau, mais il ne leur paraissait pas suffisamment fiable. Et puis c'était le lieu idéal pour que les anguilles s'en prennent à eux, si du moins il y en avait ! Harold marchait à côté de Verika, sous le mauvais regard de Dagur qui se trouvait derrière.
- Au fait, elles ont l'air génial tes lunettes. Lui dit Harold
- Merci. Je les ai confectionné moi-même. Souriait Verika
- Vraiment ? Euh… même si ce n'est pas vraiment le moment, je peux les regarder de plus prêt ? Ça m'intrigue depuis tout à l'heure… Avoua-t-il
- Bien sûr. Tiens. Souriait-elle en les lui donnant
- Mmh… En tant que forgeron, je te félicite. C'est vraiment du bon travail.
- Merci, Harold.
- Mais c'est fait à base de quoi ? D'ambre ?
- Oui. Johann en aurait trouvé sur une île lointaine, qui d'après lui, flanque la frousse ! Et comme je trouvais ça jolie et probablement utile, je l'ai acheté. Et voilà le travail.
- Je vois. Encore bravo, Verika.
Il lui rendit ses lunettes qu'elle reprit avec le sourire. Malgré ses regrets, sa peine et ses efforts pour dominer sa colère et ses impulsions, Dagur ne pouvait s'empêcher de ressentir de la rage et de resserrer sa poigne sur le manche de sa hache. Comme il était le dernier de la file, personne n'avait remarqué son état. Il reprit lui-même son calme en respirant profondément et discrètement. Puis au bout de dix minutes de marche, le groupe arriva enfin au vaisseau fantôme.
