Salut à tous ! :D Navrée pour les fans du couple Verika/Dagur. Mais bon, j'avais prévenu qu'il y aurait des retournements de situations dans cette fic x) Aujourd'hui, c'est un chapitre qui parle du présent, mais dès la semaine prochaine, vous aurez 6 chapitres d'affilée qui parlent du passé ! Les aventures de notre troupe adorée pour trouver la Dragonsword et le repaire du Furie Nocturne n'auront pas de pause ! :D En même temps, dans cette fic, il y a plus de chapitres concernant le passé que le présent ! ;) Bref j'espère que ce chapitre vous plaira ! ^^ Encore merci à vous tous, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^
Chapitre 19 - Menaces
Valéria avait les yeux grands ouverts et fixait le vide, totalement sous le choc. Sa famille… était responsable du sort d'Harold ?! Valéria connaissait l'arbre généalogique de sa famille, et l'un des premiers membres était en effet Ryker Grimborn. Elle ne connaissait pas grand-chose de lui, à part qu'il avait vécu à l'époque viking et que c'était un grand guerrier. Mais entendre Harold en parler avec tristesse et colère, confirmer davantage qu'il était bien de cette époque… Et qu'à cause de tout ce qu'il ressentait, il avait de nouveau haussé la voix, et il l'avait brutalement repoussé au point de la faire saigner. Mais le pire, c'est que ce secret le hantait depuis qu'il sait qui elle était ! Et ça devait dater du jour où son oncle était venu la première fois à la maison. La réaction et la fuite d'Harold ce jour-là devint tout d'un coup très clair dans sa tête! Et s'il sait qui elle est depuis ce jour-là… et qu'il en veut à sa famille… alors pourquoi est-ce qu'il…
Le souvenir de leur nuit passée ensemble lui revint d'un coup aussi ! Et elle fut horrifiée de croire que tout ce qu'elle croyait ressentir de bien venant d'elle et de lui… n'était en fait qu'une illusion ?! Ce n'était pas possible ! Elle tourna la tête vers l'endroit où se trouvait Harold, mais il n'était plus là ! Elle n'avait même pas fait gaffe qu'il était monté dans sa chambre pour rassembler ses affaires. Vu l'état de Valéria, il s'était bien douté qu'il allait être mis à la porte. Valéria se leva donc à toute vitesse et courut dans l'escalier. Harold l'avait entendu et s'était empressée de fermer la porte à clé, mais Valéria repoussa la porte à temps avec un puissant coup de pied. Harold l'esquiva de justesse et se retrouva face à une jeune femme en larme et en colère.
- Val…
- Si tu déteste à ce point ma famille… Alors pourquoi tu m'as dit que tu m'aimais ?! Tout n'était que mensonges ?!
Plutôt que de crier de nouveau sur elle, Harold opta de répondre calmement.
- Non, Val. L'amour que j'éprouve pour toi est on ne peut plus réel. Et je déteste simplement Ryker. Pas toi, ni Viggo. Lui, c'est juste parce qu'il ressemble beaucoup trop à Ryker que je n'ai pas confiance en lui. Mais j'ai conscience que vous n'y êtes pour rien. Seulement…
- Seulement quoi ? Le fait de te retrouver avec ses descendants devient beaucoup trop dur à supporter ? C'est pour ça que tu rassembles tes affaires ?
- Non. C'est à cause de ce que je t'ai fait. J'en suis venu aux mains et je t'ai blessée. Pardon... Mais si je m'en vais, c'est aussi parce que je ne veux plus perdre le contrôle de mes actes, de mes paroles et de mon attitude. J'ai été injuste avec ton oncle. Après tout, c'est la seule famille qu'il te reste et j'admets que c'est un homme bien. Tu lui présenteras mes excuses la prochaine fois que tu le verras.
- Tu comptes vraiment partir ?
- Il vaut mieux. Je pense que c'est ce qui y'a de mieux pour nous deux… Je ne supporterais pas de voir encore une goutte de sang s'écouler de ton visage à cause d'un coup de colère…
- Alors toi aussi… Tu m'abandonnes… ? Dit-elle dans un sanglot
- Val…
Il voulait approcher sa main pour essuyer ses larmes, mais elle repoussa sa main d'un geste rapide et lui adressa de nouveau un regard furieux et larmoyant. Harold avait encore plus de peine de la voir ainsi. Qu'avait-il fait… ? Pourquoi n'avait-il pas gardé le contrôle de ses émotions ?! Pourquoi n'avait-il pas menti en rentrant ?!
- Pourquoi tu ne m'as pas parlé de Ryker plus tôt?! Pourquoi t'a attendu que tout devienne plus sérieux entre nous ?!
- Parce que c'était trop dur ! Et je voulais surtout oublier qu'il avait un lien avec toi et moi !
- Mouais. Mais je me demande s'il n'aurait pas aussi un lien avec Verika !
- Qu... quoi ?
- Répond encore à cette question... Est-ce que Ryker est responsable de la mort de Verika ?
Harold demeura muet sur le sujet et fuyait à moitié son regard. Mais son silence offrit à Valéria la réponse qu'elle attendait, ce qui l'horrifia encore plus. Elle avait l'impression que son estomac pesait une tonne et que son énergie la quittait petit à petit. Elle tremblait et elle ne se sentait pas bien…
- Oh bon sang… Si ça se trouve… T'a jamais cessé de l'aimer...
- Non, Val ! Celle que j'aime, c'est toi !
- C'est ça ! Je me suis documenté sur les vikings, figure toi ! Quand vous aimez quelqu'un, c'est pour toujours, jusqu'à ce que vous vous retrouviez au Valhalla !
Elle laissa encore quelques larmes s'écouler sur son visage, puis elle continua de blâmer Harold et de lui balancer sa dernière théorie sur la situation.
- Comment ai-je pu être aussi idiote…
- Val…
- Il n'y avait vraiment aucune chance pour que nos destins se croisent et pourtant, c'est arrivé… Et j'ai cru à ce qui nous arrivé ! Mais vu que tu as appris qui nous sommes, tu comptais surement venger sa mort et ton destin sur nous, c'est ça ?! S'exclama-t-elle en larmes
- Val, non ! Tu dis n'importe quoi ! Jamais je ne vous aurais...
- … fait du mal ? Trop tard. C'est déjà fait.
Elle s'écarta de la porte pour le laisser passer.
- Maintenant va-t'en. Je ne veux plus te voir.
Inutile de la raisonner. Elle était aveuglée par la colère et le chagrin. Elle devait d'ailleurs se retenir de lui faire du mal et ce n'était pas l'envie qui lui manquer ! Harold soupira tristement puis empoigna un vieux sac à dos qu'elle lui avait donné. Mais avant de quitté la chambre et la maison, Harold ajouta une dernière chose.
- Contrairement à ce que tu penses, Val, je t'aime. Et je suis sincèrement désolé. Et même si tu ne veux plus me revoir, sache que je serais toujours là pour te protéger.
- Humph... La seule chose qu'il fallait protéger, c'était mon cœur. Et tu viens de piétiner ce qu'il en restait... Maintenant, va-t'en. Rétorqua-t-elle sèchement sans croiser son regard.
Harold s'exécuta et quitta la maison. Valéria avait écouté chaque bruit de pas, et son cœur se serra quand elle entendit un bruit de clé contre un meuble. Et quand elle entendit la porte claquer, elle s'effondra par terre et pleura à chaude larme. Elle n'avait pas eu le courage de le retenir, ni de lui courir après. Son pauvre cœur qui était déjà brisé, l'était encore plus. Elle voulait qu'il s'en aille, mais elle n'en avait pas non plus envie… Elle l'aimait profondément… Et c'est ça aussi qui lui faisait horriblement mal…
- C'est injuste… Pourquoi… Pourquoi... POURQUOI ?! Répétait-elle, en larmes
Elle avait trop mal. Elle avait l'impression de manquer d'air depuis qu'il était parti. Malgré sa colère, un détail lui vint en mémoire. Où est ce qu'Harold comptait passer la nuit ? Les hôtels sont complets et il neigeait à moitié ! Sans abri, il risquerait de mourir de froid ! Elle trouva la force de se relever pour lui courir après, mais dans la précipitation, elle perdit sa pantoufle dans l'escalier et dégringola violemment jusqu'en bas. Elle serra les dents et osait à peine bouger à cause de la douleur qu'elle ressentait partout. Derrière sa cascade de cheveux roux, elle vit les clés d'Harold qu'il avait posé sur le petit meuble dans l'entrée. Il était vraiment parti et il ne comptait pas revenir…
Son cœur était partagé entre le chagrin et la colère qu'elle éprouvait, et la peur qu'il lui arrive quelque chose de grave. Mais son départ était la cause de sa colère à elle, et de la volonté d'Harold. Et il était quasiment impossible de faire marche arrière... Le temps que la douleur et son chagrin passe, Valéria continuait de pleurer, la tête contre le parquet.
oO*Oo
Harold avait mis sa capuche et son cache-nez pour lutter contre le froid et la neige qui tombait légèrement sur la ville. Il tourna la tête et regarder d'un air triste la maison de Valéria. Il s'attendait un peu à la voir sortir de chez elle en pantoufles pour le rattraper, mais non. Elle devait vraiment être en colère contre lui. Il l'avait bien cherché aussi. Acceptant la réalité que le bonheur ne soit pas pour lui, Harold repris la route, les yeux brillants. Il continuait de marcher et de marcher… mais pour aller où ? Les hôtels étaient tous complets. Et en plus, il venait de quitter un abri sûr. Il pourrait essayer d'aller chez Cami, mais accepterait-elle de l'héberger en sachant la vérité, en plus d'être la meilleure amie de Valéria ? Haussant les épaules, il se mit en route vers chez elle mais par le plus grand des hasards, il croisa celle de Chris.
- Salut Chris.
Ce dernier haussa un sourcil en le voyant dehors sous la neige et avec un sac à dos.
- Harold ? Qu'est-ce que tu fais dehors avec un sac à dos ?
- Disons que… Val et moi, on s'est disputés et ça a mal fini…
- Comment ça « mal fini » ?
- Je crois que c'est fini entre nous…
- Mince… Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Tout allait pourtant très bien tout à l'heure ! S'étonna-t-il
- Je sais…
- Tu veux m'en parler ?
- Pas trop, non…
- Ah. Et du coup… Tu fais quoi la ?
- Je vais retourner dans les hôtels pour voir si y'aurais pas une chambre de libre cette fois.
- Humph… A cette période de l'année, je n'y compterais pas. Ce que je peux te proposer, c'est un canapé.
- T'est sûr ? Le fait de savoir que Valéria est malheureuse par ma faute te donne quand même envie de m'aider ? S'étonna Harold
- Oui. Parce que j'ai le sentiment que tout va très vite s'arranger.
- J'en doute…
- Sois pas négatif, Harold ! Si je dis que ça va s'arranger, c'est que ça va s'arranger ! Allez viens. Lui souriait-il
N'ayant pas trop le choix, mais heureux qu'une solution se présente à lui, Harold suivit Chris jusque chez lui. Epuisé et n'ayant plus le moral pour rien, il s'installa sur le canapé avec la permission de Chris. Ce dernier mangea donc un morceau en solo, et avant qu'il ne monte se coucher, il adressa un bref regard à Harold qui dormait déjà. Chris soupira tristement en voyant que ses joues portaient des traces de larmes.
oO*Oo
Si certains avait le cœur en peine, ce n'était pas le cas de Viggo et d'Ingrid ! Ces deux-là était dans leur chambre d'hôtel et dînaient en tête à tête. Viggo dégustait son repas avec un sourire qu'il n'avait pas décroché de son visage depuis qu'il avait raccompagné Harold et Valéria.
- A ce que je vois, tu es ravi de ta soirée. Souriait Ingrid
- Et comment ! Infliger des blessures progressives à ceux dont tu veux te débarrasser est une vraie partie de plaisir. Et c'est encore plus plaisant quand elles font effet ! Heureusement que j'ai pu compter sur toi, ma chère.
- Je n'ai pas fait grand-chose, tu sais. A part prendre un verre, tout en demandant s'il était possible qu'il diffuse cette chanson en attendant que mon rendez-vous galant arrive. C'est sûr que j'ai dû jouer la personne qui se demandait quoi en voyant ta nièce pleurer et de voir qu'ils changeaient la musique. Et j'ai également dû jouer les âmes compréhensibles quand le serveur est venu m'expliquer pourquoi ma chanson a dû être coupée, mais aussi la fille attristée de voir que son rendez-vous n'arriverait pas… C'est barbant de jouer la comédie, mais ça vaut parfois le coup !
- Je suis d'accord. Oh, avant que j'oublie… Le blond t'allait très bien.
- Merci. C'est vrai que j'ai l'embarras du choix avec toutes mes perruques. Tu embarques tout dans un sac, tu te changes discrètement, et hop, le tour est joué ! Et au moins, personne ne fera de lien avec moi si je me montre tel quel. Riait-elle
- C'est sûr. T'est la reine du camouflage.
- Merci du compliment. Et je pense que demain, tu seras encore plus heureux.
- Demain ? Ah oui. Le courrier.
- Oui. Mais pas que pour ça, je pense.
- Que veux-tu dire ? S'étonna Viggo
- Je ne sais pas… J'ai juste l'impression que demain sera une très bonne journée.
- Eh bien, espérons que tu aies vu juste.
- Mmh, mmh. Mais j'espère avoir vite l'occasion de m'amuser.
- Ne t'en fait Ingrid. Soit juste patiente et ça viendra plus vite que tu ne le penses. Crois-moi. Dès qu'elle m'aura averti de la réception de son courrier, tu pourras agir dans peu de temps. Assure-t-il avec un sale sourire
- Espérons. Souriait-elle.
oO*Oo
Après avoir fini de pleurer, Valéria n'arrivait plus à vouloir bouger du sol, malgré le fait qu'être depuis un moment sur le sol devenait de plus en plus inconfortable. Elle se força à se lever pour aller se coucher afin d'être un peu en forme pour aller au travail demain. Elle se demanda comment elle pourrait avoir envie de dormir et d'aller travailler ! Elle avait le sentiment que la vie l'avait quitté. Elle éteignit les lumières du salon et monta d'un pas lent vers la salle de bain pour nettoyer sa plaie à la tempe. C'était pas grand-chose mais valait mieux soigner ça. Elle vérifia qu'elle n'avait pas eu d'autres blessures ouvertes à cause de sa chute, mais non. Elle se passa donc un coup d'eau sur le visage, puis elle alla se coucher toute habillée.
Malgré ses efforts, elle n'arrivait pas à s'endormir. Elle demeurait immobile, le regard tourné vers la fenêtre. A travers les rideaux, elle regardait le vas et vient des branches qui se mouvaient au rythme du vent, et dont l'éclat de la lune les avaient transformées en ombres chinoises. C'était hypnotisant. Elle était tellement calme qu'elle avait l'impression de pouvoir entendre les pauvres battements de son cœur brisé. Elle pensait inévitablement à Harold et à tout ce qu'il lui avait dit, faisant le point pour elle-même. Elle se demandait aussi ou est ce qu'il était. Etait-il à l'abri ? Ou dehors ? Une voix dans sa tête lui disait que c'était plus son problème, et une autre lui disait que c'était normal qu'elle s'inquiète pour lui, puisqu'elle l'aimait. Mais malgré cette vérité absolue, elle n'était toujours pas partie à sa recherche. Allait-elle le regretter ? Elle ne savait plus… c'est à ce moment-là qu'une voix lui rappela qu'il aimait encore Verika, que Ryker était le responsable de leur destin tragique et qu'Harold cherchait sûrement à se venger. Ses larmes continuaient de couler alors qu'elle faisait de son mieux pour ne plus écouter cette voix et penser à tout ça. Ça faisait beaucoup trop mal ! Elle n'en pouvait plus... Et elle n'arrivait plus à vouloir rester dans cette chambre et dans ces draps qui portait encore la trace de parfum d'Harold ! Elle se leva d'un bond et s'enferma dans la seule pièce qui était épargnait de la présence d'Harold. La chambre de ses parents. En y entrant, elle éclata aussitôt un sanglot, s'effondra sur la couette, et parvint à s'endormir quelques minutes plus tard.
Si elle pensait que la situation avec Harold était largement suffisante et que son moral ne pourrait pas être plus bas, la pauvre était loin de se douter de ce qu'elle allait subir. A son réveil, il était déjà bien tard. Elle avait loupé le réveil pour aller au travail. Et de toute façon, elle n'avait pas envie d'y aller. Son oncle avait raison. C'était trop tôt. Mais qui aurait cru que la soirée se passerait ainsi ? Elle se leva du lit d'un pas trainant, et prit simplement un verre de jus de fruit. Elle n'avait pas faim. Elle enfila ensuite un gilet et alla chercher son courrier. Ça faisait un petit moment qu'elle n'avait pas été le chercher. Elle posa ensuite le tout sur la table et le tria lentement. Y'avait beaucoup de pubs et peu de lettres. Mais une seule attira son attention. L'enveloppe était rose et son adresse était grossièrement écrite, comme si c'était l'écriture d'un enfant. Mais y'avais pas d'adresse d'expéditeur. Elle l'ouvrit et vit une simple feuille de papier. En la dépliant, son visage se figea d'effroi quand elle lut le message composé de différentes lettres de toutes formes et de toutes tailles.
« Hihi ! C'est bientôt ton tour ! »
C'était une lettre de menace… Valéria la relut encore et encore, puis elle émit très vite une hypothèse qui lui glaça le sang. La personne qui lui avait envoyé ça… devait être responsable de la mort de ses parents ! Et maintenant, c'était son tour à elle… Mais qui ? Et pourquoi ?
Elle qui était abattue par le chagrin, voilà qu'elle était envahi par la peur… La première chose qu'elle fit, c'est d'appeler son oncle. L'idée de se calmer ne lui était même pas venue à l'esprit ! Lui seul saurait quoi faire et quoi dire pour la rassurer. Elle composa le numéro et attendit nerveusement qu'il décroche, ce qu'il fit avant que Valéria ne tombe sur le répondeur.
- Allo ?
- Oncle Viggo ? C'est moi, Val !
- Val ? Mais… Qu'est-ce qui se passe ?
- Ecoute, je sais que tu es à la station, mais il faut que tu viennes tout de suite à la maison !
- Mais pourquoi ? Ça ne va pas ?
- Non, ça ne va pas du tout… J'ai… J'ai…
- Ecoute, j'arrive tout de suite. Garde ton calme, compris ?
- Compris…
Viggo raccrocha et Valéria demeura immobile un long moment, tout en continuant de serrer son téléphone dans sa main. Elle n'avait pas osé le lui dire au téléphone. Elle tenta de garder son calme et de s'occuper en attendant l'arrivée de Viggo. Et comme promis, il arriva assez vite à la maison. Et quand il franchi le seuil de la porte, Valéria lui sauta au cou tellement qu'elle était soulagée de le voir !
- Tout va bien Val. Je suis là. La rassura-t-il en lui caressant les cheveux
- Oui, heureusement…
- Bon. Maintenant que je suis là, calme toi et dis-moi ce qui se passe.
Elle sécha ses larmes, puis elle lui donna la lettre qu'elle avait laissée sur le comptoir de la cuisine. Viggo fronça alors le regard en voyant l'enveloppe rose.
- Toi aussi tu l'as donc reçu. Maugréa-t-il
- Hein ? Comment ça « toi aussi » ? S'inquiéta-t-elle davantage
Avec un soupir contrarié, Viggo sortit de sa veste la même enveloppe rose et la donna à sa nièce. C'était exactement la même ! L'écriture était la même ! Pas d'adresse d'expéditeur et c'était le même message… La peur de la jeune femme redoubla. Son oncle avait également reçu une lettre de menace ?! Mais pourquoi voulait-on leur mort ?! Après ses parents, cette mystérieuse personne s'en prendrait maintenant à eux ?! En repensant à ses parents, Valéria ragea contre le fait qu'ils ont été assassinés, et non victime d'un accident ! Mais pourquoi ?! C'est ce qu'elle n'arrêtait pas de se demander…
- On fait quoi alors ?
- Mmh… Personnellement, je reste sceptique face au danger que pourrait représenter ces lettres.
- Pourquoi ?
- Pour commencer, l'écriture est beaucoup trop enfantine et l'enveloppe rose ne fait pas du tout sérieuse. Et puis qui menace les gens avec un simple « Hihi » ? Ça m'a tout l'air d'être une plaisanterie de mauvais goût, si je puis dire.
- Mais… C'est marqué « c'est bientôt ton tour ! » Ça veut dire qu'après papa et maman, nous sommes les prochains ! Vaut mieux en faire part à la police, non ?
- Tu as raison. Après tout, nous sommes deux à l'avoir reçu. Si encore j'étais le seul à l'avoir reçu, j'aurais attendu d'avoir d'autres manifestations de la part de cet inconnu pour aller voir la police. Mais pour que tu sois rassuré, je vais t'accompagner au commissariat.
- Merci mon oncle…
- Tu es rassurée ?
- En partie. Avec tout ce qui m'arrive, je n'avais pas besoin de ça… Bref. Tu veux un café ?
- Volontiers.
Ils s'installèrent alors à table. Valéria déjeuna à son aise pendant que Viggo buvait calmement son café. Intérieurement, il était très satisfait de la tournure de son plan. Mais un détail le fit sortir de ses pensées.
- Au fait… Où est Harold ?
- Il n'est pas là. Répondit-elle calmement
- Ah oui, c'est vrai. Si je me souviens bien, il commence son travail ce matin.
- C'est bien ça.
- Euh… Tout va bien ? S'étonna Viggo
- Oui.
- Ça, c'est un oui qui veut dire non. Vous vous êtes disputés ?
- On peut dire ça. Répondit-elle d'une voix absente alors qu'elle buvait son jus de fruit.
- Bah. Je suis sûr que ça va s'arranger. La rassura-t-il
- Je ne suis pas du même avis.
- Mais si, voyons. Les disputes de couple, ça arrive tout le temps et à tout âge. Vous allez vite vous réconcilier.
Elle ne répondit pas et se contenta de fermer les yeux et de soupirer longuement, ce qui étonna Viggo.
- Val ?
- Je vais aller m'habiller. Je n'en ai pas pour longtemps.
Elle monta se changer et rejoignit son oncle dix minutes plus tard. Ils allèrent ensemble au commissariat et durant le trajet, Valéria demeurait bien silencieuse. Ses conversations avec Harold et son oncle se mélangeaient dans sa tête. Elle repensa alors à ce qu'Harold lui avait dit sur son oncle et son ancêtre. Et du coin de l'œil, elle l'observa. Ce ressemblaient-ils vraiment ? Aussi bien au niveau physique qu'au niveau caractère ? Viggo remarqua qu'elle le regardait et s'étonna de la voir rougir et détourner le regard.
- Qu'est ce qui y'a ? J'ai un bouton sur le nez ? Plaisanta-t-il
- Hin... Non, ce n'est pas ça. C'est juste… Que je suis admirative du sang froid et du courage dont tu fais preuve. C'est vraiment un trait de caractère des Grimborn ?
- On peut dire ça.
- Même de notre ancêtre ? Ryker Grimborn ?
- Mmh ? Pourquoi tu me parle de lui ? S'étonna réellement Viggo
Elle devait vite trouver une excuse à cette conversation.
- Parce que le temps que je t'attendais… J'ai repensait à ta façon d'agir qui est assez exemplaire pour moi. Et je me demandais si depuis le premier membre de notre famille, Ryker, ce courage est un puissant trait de famille ?
- Euh… Je pense que oui.
- Mmh, mmh… Tiens, vu que tu es le seul de la famille à t'intéresser à notre lignée… Que sais-tu de lui ?
- Holà... Riait-il. Et bien… je sais juste qu'il a vécu à l'époque viking, et que c'était un puissant guerrier. Faut dire qu'à cette époque-là, ils devaient tous l'être.
- Sans doute.
- Malheureusement, je n'en sais pas plus.
- C'est rien. Merci de m'avoir répondu. Je me sens mieux. Souriait-elle
- Mais je t'en prie.
Valéria demeura calme et regardait le décor urbain défiler devant ses yeux. Si Viggo faisait exprès de sourire, cette conversation l'intriguait. Pourquoi parlait-elle du jour au lendemain de leur ancêtre, alors qu'elle et sa famille ne s'en était jamais préoccupé ? De tous, Viggo a toujours été le seul à s'intéresser à leur généalogie. Il finissait par se dire que ce n'était qu'un hasard. Ils arrivèrent au commissariat et sur la demande de Viggo, un policier les emmena voir le commissaire. Valéria marchait derrière son oncle et demeurait toujours aussi calme. Elle ignorait les commentaires que le personnel faisait sur elle et son oncle, mais surtout sur les commentaires concernant sa beauté, mais aussi les regards et les sourires. Elle trouvait que c'était vraiment déplacé. Une fois dans le bureau du commissaire, Viggo le salua.
- Commissaire Bludvist.
Ce dernier se tourna vers eux et leur adressa un regard que Valéria ne trouvait pas très chaleureux. Il avait vraiment une tête à faire peur avec son regard sévère, ses dreadlocks et ses quelques cicatrices au visage.
- Monsieur Grimborn…. Mademoiselle Cooper… Je vous en prie, asseyez-vous.
- Merci. Dirent-ils en s'asseyant sur les deux chaises situées face au bureau.
- Que puis-je pour vous ? Demanda-t-il de sa voix grave et calme.
Valéria n'avait pas envie de parler et préférait laisser son oncle parler en leurs noms.
- Nous sommes venus pour ceci.
Viggo déposa sur le bureau les deux lettres de menaces. Tout comme Viggo et Valéria, Drago haussa un sourcil en voyant les deux enveloppes rose. Il les examina attentivement et fut également surpris du contenu du message et de la calligraphie employé pour l'adresse.
- Vous les avez reçues quand ?
- Ce matin. C'était dans le courrier de la station.
- Pareil, mais dans ma boite aux lettres. Répondit Valéria d'une voix presque inaudible
- Et vous les prenez au sérieux ? S'étonna Drago
- Nous ne devrions pas ? Mes parents ont été tués et cette lettre dit que c'est bientôt notre tour ! Comment ne pourrait-on pas prendre ça au sérieux ?! S'étonna Valéria
- Calmer vous, mademoiselle. Je n'exclus pas la possibilité que cette menace soit authentique. Mais dans toute ma carrière, je n'ai jamais vu de lettre de menace de ce genre. Du rose… Une écriture enfantine… J'ai plus l'impression qu'il s'agit d'une farce faite par un gamin.
- Mais…
- Mademoiselle. Vous êtes sûre qu'aucune personne assez jeune dans votre entourage, et qui puisse connaitre votre malheur, ne vous en veut pour vous faire une farce de ce genre ?
- Euh, je….
Une personne assez jeune ? La première personne qui lui vint à l'esprit, c'était Gustav. Mais vu le sermon et les menaces de Chris, il l'aurait quand même pas prit le risque d'aggraver son cas ?! C'était impossible à envisager. Mais en même temps… Du rose représente en quelque sorte l'amour, et il connait l'adresse de sa maison et de la station. Et en plus il distribue le journal ! Et vu sa jalousie envers Harold… Et vu qu'il aurait pu avoir toute la journée et la nuit pour mettre au point ses lettres… Ça pourrait-être lui. Mais Gustav ne serait quand même pas aussi débile que ça ?! Valéria pourrait parler de lui au commissaire, mais elle était intérieurement convaincue qu'il n'y était pour rien.
- Non, je ne crois pas.
- Je vois. Ecoutez. Nous ferons des analyses d'empreintes sur ce courrier, et nous vous tiendrons au courant. Si vous constatez autre chose de bizarre ou d'inquiétant dans les jours à venir, n'hésitez pas à nous en faire part. à moins que ce soit déjà le cas ? Demanda-t-il en les regardant successivement.
- A part cette lettre, non. Répondit Viggo
- Pareil. Répondit-elle
- Bien. Un de mes hommes va prendre votre déposition et vous pourrez partir. Vu l'importance de votre famille dans cette ville, je vous tiendrai personnellement informés.
- Merci, commissaire.
- Merci.
- Je vous en prie. Je ne fais que mon devoir.
Viggo et Valéria ressortirent du commissariat une demi-heure plus tard. Une fois dehors, Valéria prit une grande bouffée d'air. Déjà qu'elle n'aimait pas l'ambiance qui régnait dans cet endroit, mais la situation actuelle, ainsi que tout ce qu'elle ressentait et pensait sans relâche, l'étouffait de l'intérieur !
- Respire, ça va aller.
- J'espère…
- Tu es pâle… Viens, on va aller boire un café et manger un morceau. Vu que t'a pas vraiment déjeuné, ça te fera du bien.
- Merci, mais je n'ai pas faim…
- Eh bien moi, j'ai un petit creux. Alors tu vas m'accompagner et manger un morceau. Puis-tu vas rentrer te préparer pour venir travailler. Changer d'atmosphère te fera le plus grand bien.
- Oui, mais…
- Ecoute, Val. Si nous sommes vraiment menacés, il ne faut pas laisser cette personne, quel qu'elle soit, nous intimider. Le mieux qu'on ait à faire, c'est de poursuivre nos vies comme si de rien n'était. Et puis je reste convaincue que ces lettres sont qu'une simple blague.
- Si tu le crois… Alors je vais essayer d'y croire aussi. Et puis je vais suivre tes conseils et faire comme si de rien n'était. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre.
- Je suis ravi de l'entendre. Alors ? On va le prendre ce café ? Souriait-il
- D'accord.
Ils remontèrent dans la voiture et ce mirent en route vers le café de Chris. Viggo aurait pu aller n'importe où, mais il avait entendu dire que ce café restaurant avait une très bonne réputation. Et puis autant aller dans un lieu convivial, surtout après une matinée pareille. Viggo se gara et décrocha sa ceinture, mais Valéria ne semblait pas décider à sortir de la voiture.
- Tu ne viens pas ? S'étonna Viggo
- Non.
- Pourquoi ? Ah oui. C'est là qu'Harold travaille. Mince…
- Mmh, mmh. Dit-elle avec un léger hochement de tête.
- Val. Tu es sûre de ne pas vouloir régler ce problème aussi ?
- Non. Celui-là, il risque d'être plus compliqué à gérer. Et puis je n'ai pas la tête à ça. La station est plus importante.
- Bon. Comme tu voudras. Je vais donc prendre deux cafés à emporter. D'habitude, je n'aime pas trop manger dans ma voiture, mais pour toi, je veux bien faire une exception.
- C'est gentil.
- Je reviens.
Elle suivit du regard son oncle qui entra dans le café. A travers les vitres, elle pouvait le voir en train de parler à Chris. Elle vit aussi qu'il n'y avait pas grand monde, et qu'Harold s'occupait des clients présents. Il portait un tablier et avait l'air de s'en sortir. Tant mieux pour lui, pensa-t-elle. Même si elle disait que sa situation avec Harold était moins importante que le reste, elle n'arrivait pas à le quitter des yeux. Elle le regardait vaquer à droite et à gauche avec un sourire certainement forcé. A ses yeux, l'hypothèse que ce soit lui l'auteur des lettres était totalement exclu. Il commençait à peine à s'adapter à la civilisation moderne. Et puis il ne savait pas utiliser le système postal de cette époque, et il ne connaissait pas l'adresse de la station et de la maison. Il savait juste où elles se situer. L'idée qu'il ait envie de se venger sur sa famille, et qu'il aimait toujours cette fille lui trottait encore en tête. Une voix lui disait que c'était idiot, et une autre disait que non. Elle se sentait toujours aussi perdue et aussi souffrante qu'hier soir. Elle laissa sa tête s'affaler sur le siège et soupira tristement. Elle vit alors son oncle revenir avec deux cafés et un sachet de viennoiserie.
- Le gérant te fait le bonjour.
- C'est gentil.
- Tu ne me demande pas par rapport à Harold ?
Elle haussa les épaules et croqua dans son croissant, ignorant le regard qu'Harold lui adressait à travers la grande baie vitrée. Puis voyant aucune manifestation de sa part, il retourna travailler. Viggo savourait discrètement sa joie de voir sa nièce autant souffrir. Entre ses parents, les menaces et ses problèmes de couple… Il serait dur pour elle de remonter la pente. Après leur petit déjeuner express, Valéria retourna chez elle pour se changer, puis elle repartit avec son oncle à la station. Tout se passa bien, puis le soir, elle reçut un appel de Cami qui venait d'être au courant de la situation par le biais de Chris. Valéria lui répondit qu'elle n'avait pas envie d'en parler, et qu'elle n'avait envie de voir personne pour le moment. Cami, qui était chez Chris, rapporta le résultat de la conversation aux garçons. Harold soupira, la tête dans le creux de ses mains sous le regard compatissant de ses amis. Quant à Viggo, il était à l'hôtel avec Ingrid et lui fit un rapport détaillé de la situation. La jeune femme en fut ravie, mais Viggo insista sur la particularité des lettres.
- Mais quand même… Du rose ? Y'avais pas d'autre choix de couleur ? Riait-il
- Bah quoi ? Tu préférais peut-être des enveloppes noires ? Ou rouges ? Souriait-elle d'un air malicieux
- Mmh… Non. Mais tu sais que ni elle, ni le commissaire n'ont pris ça au sérieux ? Même moi j'étais étonné quand j'ai vu cette lettre rose parmi le tas de courriers sur mon bureau ! On aurait plus dit une invitation d'enfant à un goûter d'anniversaire ! Même le mot et l'écriture de l'adresse, ça fait gamin !
- Haha, excellent ! Au moins, ça laisse tout le monde dans la confusion ! Riait-elle
- J'en conviens.
- Et maintenant, je fais quoi ? J'attends encore ?
- Oui. Attend quelque jours et tu pourras t'occuper d'elle.
- Oh, mon amour… Je peux choisir le nombre de jour à attendre ? S'il te plait… Je veux moi aussi pouvoir prendre quelques décisions… L'implora-t-elle en faisant des yeux de biche
- Tu veux tirer au sort, c'est ça ? Devina-t-il avec un sourire
- Oui ! Dit-elle, en faisant l'enfant.
- Bon, très bien. Va chercher les dés.
- Je les ai déjà sortis ! Hihi !
Elle sortit de sa poche deux dès qu'elle secoua dans le creux de ses mains en priant pour que ça fasse un petit chiffre. Elle les lâcha, mais quand les dés s'arrêtèrent, elle esquissa un grand sourire en voyant que la somme était de trois ! Elle adressa un regard à Viggo qui leva les yeux en même temps qu'elle, puis elle se réinstalla confortablement sur sa chaise.
- Le sort en est jeté. Dans trois jours, elle mourra ! Souriait-elle, aux anges
- Le jour du Seigneur ? Et bien qu'il en soit ainsi. Souriait Viggo.
oO*Oo
Valéria soupait tranquillement chez elle, même si l'ambiance était morbide, puis elle alla prendre une douche avant d'aller se coucher. Chez Chris, Harold regardait tristement son téléphone, plus particulièrement la photo de Valéria. Il voulait lui envoyer un message ou l'appeler. Chris et Cami l'encouragèrent à le faire, ce qu'il fit. Mais à peine l'avait-il appelé qu'il tomba direct sur son répondeur. Il abandonna pour ce soir et alla se coucher. Chris emmena Cami dehors pour discuter discrètement du problème actuel.
- Qu'est-ce qu'on fait ? On ne peut pas les laisser continuer comme ça.
- Ça ne fait à peine qu'une journée, Chris. Laisse passer le temps. Je suis sûre qu'ils régleront leurs problèmes d'eux-mêmes.
- Si tu le dis.
- Bon allez, je vais rentrer. Bonne soirée et merci pour l'invitation. Souriait-elle
Elle lui fit la bise, mais elle avait ce petit air triste que Chris savait déceler depuis toutes ces années. Avant que la blonde ne s'en aille, Chris lui posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis trop longtemps.
- Cami ?
- Mmh ?
- Comment tu fais pour vivre avec ce qui te pèse sur le cœur depuis tout ce temps ?
- Je ne sais pas. Répondit-elle tristement sans se retourner
- Ça ne t'est jamais venu à l'idée de vouloir lui dire la vérité ? Ou même de lui dire ce que tu as sur le cœur ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que si je lui avais dévoilé mes sentiments, aujourd'hui, tout serait différent entre nous. On a toujours été amies et c'est quelque chose que je ne veux pas perdre même si je suis folle d'elle depuis le début. Elle ne s'en ait jamais douté, mais faut dire aussi que j'ai tout fait pour ne pas lui montrer que j'aime les filles.
- Tu crois vraiment qu'elle t'aurait rejetée de sa vie si elle le savait ?
- Je n'en sais rien. C'est un risque que je n'ai jamais voulu prendre. Et puis, tu sais... Je l'aime tellement que je préfère la garder comme amie plutôt que de prendre le risque de la perdre à jamais.
- Et tu vas continuer comme ça, jusqu'à la fin de tes jours ?
- Oui, Chris. Par amour, je suis prête à poursuivre cette voie. Pourtant… Quand je l'ai embrassée l'autre jour, je me sentais tellement bien… C'était un de mes rêves et il s'est réalisé. Bon, il n'a duré que quelques secondes mais c'était déjà tellement magique…
- Cami…
- Enfin bref. Bonne nuit, Chris. Et euh… garde ça pour toi, d'accord ? Demanda-t-elle gentiment
- Je n'ai jamais rien dit, alors je ne vais pas commencer à le faire. Assure-t-il
Elle lui adressa un sourire reconnaissant et s'en alla chez elle. Chris la regardait s'éloigner avec le cœur lourd, lui qui avait le béguin pour elle depuis le lycée. Il s'était fait une raison sur eux deux après avoir appris la vérité sur Cami dès qu'il lui avait avoué ses propres sentiments et lui avait proposé de sortir avec lui. Mais pourtant, ça ne l'empêchait pas de continuer de l'aimer, tout en étant son ami. Sur le trajet, Cami pensait sans cesse à Valéria. Si bien que quand elle fut à son tour dans son lit, elle osa imaginer le fait que ce soit vraiment fini entre elle et Harold. Elle pourrait ainsi aller la réconforter, puis de fil en aiguille, elle arrivait à lui révéler ses sentiments et Valéria y succomberait sans la rejeter. Mais c'était qu'un rêve. Et elle se maudissait d'avoir l'audace d'imaginer que Valéria perde l'homme qu'elle aime pour pouvoir prendre sa place ! Ce n'était pas digne d'une amie, même si elle était amoureuse d'elle. Elle soupira tristement et ferma les yeux pour trouver le repos. Mais elle repensa involontairement à ce baiser qu'elle avait échangé avec elle, et elle en avait les larmes aux yeux face à la réalité que ce bonheur et cet amour n'arriverait jamais. Elle l'aimait tellement… A tel point que se souvenir de ce baiser avait eu de l'effet au niveau inférieur. Sa culotte était légèrement trempée… Pour se consoler elle-même, elle garda en tête le souvenir des émotions qu'elle avait ressenti en l'embrassant, puis elle fit descendre ses mains sous sa culotte. Malgré ses larmes, Cami se trémoussait et couinait à son aise jusqu'à ce qu'elle explose de plaisir. Ses mains et sa culotte étaient encore plus trempés qu'au début, mais ça avait suffi pour la calmer et l'aider à s'endormir.
oO*Oo
Les journées s'enchaînaient de la même manière, avec les bons et les mauvais côtés. Valéria partait travailler du matin au soir et faisait de son mieux pour se montrer accueillante avec les clients de la station et gérer les problèmes avec bonne humeur. Vers la fin de semaine, la patinoire plein air était enfin finie ! Elle avait tenue à gérer seule l'acheminement de ce projet, comme le lui avait demandé ses parents. Concernant Harold et ses amis, ça n'avait pas changé. Elle voulait voir personne. Et elle n'avait plus pris la peine de vouloir arranger les choses avec Harold. Parce que dès qu'elle essayait de lui envoyer un message ou de l'appeler, leur dernière discussion lui revenait sans cesse en tête et elle pleurait à chaque fois en repensant à ce qui l'avait blessée ce soir-là. Pourtant, il allait bien falloir qu'elle se décide à arranger les choses ! Surtout qu'il lui manquait horriblement…
De son coté, Harold l'avait appelé plusieurs fois, il lui avait envoyé des sms et il lui avait laissé des messages sur son répondeur. Tous ces messages étaient emplis de regrets sincères. Valéria en était consciente, mais elle n'arrivait pas à vouloir y répondre. Surtout les deux premiers jours. Mais à partir du troisième jour, elle ne savait plus quoi faire. Surtout quand elle reçut un dernier message d'Harold.
« J'ai conscience que tu m'en veux toujours, et que ce n'est pas prêt de changer. Je vais arrêter de te harceler d'appels et de messages, et j'attendrais patiemment que tu m'appelles. D'ici-là, prend soin de toi et n'oublie pas que je t'aime. Harold. »
Des larmes tombèrent sur l'écran de son téléphone. Jamais elle ne s'était sentie aussi perdue… Elle hésita à appuyer sur la touche appel, mais elle se ravisa, jugeant que c'est encore trop tôt malgré son irrésistible envie de le revoir.
Ce samedi fut bien triste. Elle le passa seule, en pyjama, nichée au fond de son canapé avec un oreiller et un plaid. Elle avait tiré les rideaux, coupés les téléphones, fermé la porte à double tour et regarder la télé avec un immense plateau repas composés de crème glacée, de gâteaux, de bonbons, de soda et de plein d'autres cochonneries qui faisaient grossir mais elle s'en fichait. Pareil pour dimanche, mais le soir, elle fit un effort parce que son oncle venait souper à la maison. L'ambiance n'était pas très joyeuse et les sujets de conversation se résumaient à la station. Après le repas, Valéria monta à l'étage pour aller aux toilettes et Viggo en profita pour envoyer un sms à Ingrid qu'il s'empressa d'effacer pour éviter tout soupçon ou lien avec elle. Puis il mit ses gants en cuir noir et ajouta dans la boite de thé quelques sachets qui contenaient un puissant somnifère. Il rangea ensuite ses gants et débarrassa naturellement la table. Mais Valéria s'y opposa gentiment quand elle revint dans la cuisine.
- Non, laisse. C'est à moi de le faire. Dit-elle en voulant prendre les assiettes
- Je peux quand même te donner un petit coup de main, non ?
- Mais, je… Bon d'accord.
- Si tu veux, va t'asseoir un moment sur le canapé. Proposa-t-il
- D'accord. Mais avant, je crois que je vais me faire un thé. Tu veux quelque chose à boire ?
- Mmh… Oh, un thé, tiens. Tu m'as donné envie. En plus, ça fait un moment que je n'en ai pas bu. Souriait-il
- Alors va pour deux thés. Souriait-elle
Viggo termina de débarrasser la table pendant que Valéria préparait deux tasses de thé avec les sachets drogués, puis ils s'installèrent tous les deux dans le canapé. Viggo prit un magazine pour voir ce qui avait à la télé. Il examina le programme, tout en buvant son thé. Bien qu'il n'avait pas très envie de faire un somme, il le but pour que son plan soit parfait et qu'il ne soit jugé pour le futur meurtre de sa nièce. Le somnifère avait pas de gout, pas d'odeur, ni de couleur, mais il laisserait une trace dans le corps humain. Valéria ne se rendit compte de rien et questionna Viggo sur le programme.
- Y'a des trucs intéressants à voir ?
- Pas vraiment. Des films déjà vus pour la plupart. Tout ce que je pourrais trouver d'intéressant, c'est ce… reportage… Dit-il en baillant
Ça commençait enfin à faire effet. Y'a pas à dire, ce somnifère est vraiment puissant !
- Fatigué ?
- Un peu…
- Pareil. C'était une semaine… Assez éprouvante… Dit-elle en baillant aussi
- Hin, apparemment… C'est conta… gieux... Bailla-t-il
Il laissa tomber sa tasse sur le tapis, puis voulant se relever pour la ramasser, il se laissa tomber par terre, profondément endormi. Inquiète, Valéria voulut s'approcher de lui, mais elle laissa à son tour sa tasse tomber avant de s'effondrer elle-même sur le tapis. Grâce au sms envoyé par Viggo, Ingrid entra dans la maison en fracassant la vitre de la porte. Par chance, aucune alarme ne s'activa et personne ne l'avait vue depuis l'extérieur. Elle portait une tenue souple noire, ainsi qu'une cagoule noire. Et de cette manière, on ne voyait plus que ses yeux verts en amande. Elle ne traîna pas et s'approcha du canapé. Elle vit Viggo et Valéria endormis, et les tasses à terre. Derrière sa cagoule, elle souriait en voyant que Viggo était beau quand il dormait, puis elle traîna Valéria dans les escaliers, jusqu'à la salle de bain. Sauf qu'en la traînant, le portable que Valéria avait dans la poche de son jogging s'enclencha et appela Harold tout seul. Ingrid glissa la rouquine dans la baignoire, le dos collé contre le fond, sans remarquer que son portable était en marche. Elle activa les robinets à pleine puissance et regarda avec satisfaction la jeune femme paisiblement endormie. Elle attendit quelques secondes, puis ferma la porte de la salle de bain et quitta la maison sans laisser de trace.
oO*Oo
Au moment où le portable de Valéria émettait l'appel, Harold lisait un livre. Quand son portable se mit à sonner, il fut surpris mais content qu'elle l'appelle ! Le message conseillé par Chris avait visiblement portait ses fruits ! Il décrocha et l'appela, mais il n'entendit aucune réponse, à part un étrange bruit d'eau qui coule. Il insista encore et encore, mais toujours rien. Il coupa l'appel et l'appela à son tour, mais Valéria ne décrocha pas.
- C'est bizarre… Pourquoi elle m'appelle si c'est pour rien dire ? Murmura-t-il
Songeur, Harold se leva et enfila son gilet.
- Tu vas où ? Demanda Chris qui était juste à coté
- J'en ai marre d'être séparé d'elle. Il… il faut que je la voie ! Et puis si elle veut me parler, je veux que ce soit face à face.
- Ok. Bah bonne chance ! Souriait Chris
Harold lui rendit son sourire et se dirigea calmement vers la maison de Valéria. Mais sans qu'il sache pourquoi, quelque chose lui ordonnait de courir. Comme une intuition. Et même dans sa vie passée, Harold ne s'était jamais trompé quand il avait eu une intuition. Il se mit donc à courir et arriva bien vite chez elle. Il se risqua à jeter un coup d'œil à travers les fenêtres et écarquilla les yeux en voyant Viggo par terre, immobile, dans le salon ! Harold remarqua ensuite que la vitre de la porte de la cuisine était cassée ! Sans hésiter, il rentra dans la maison et se rua au chevet de Viggo.
- Il… Il dort… ? Mais… Comment ça se fait ?
Il vit sa tasse à ses côtés et en déduit que Viggo a dû être endormi à cause de la boisson. Ce qui l'intrigua, c'est de ne pas voir Valéria dans le salon, alors qu'une seconde tasse se trouvait par terre. Tendant l'oreille, il entendit comme un bruit d'eau qui coule et repensa aux bruits d'eau qu'il avait entendu à travers le téléphone… Horrifié, il leva alors le regard vers le plafond, dans la direction où se trouvait la salle de bain.
- Valéria…
Il monta quatre à quatre les escaliers et entra dans la salle de bain. Quand il tourna la tête vers la baignoire, la tête de Valéria était à peine sous l'eau, ses longs cheveux roux flottant autour de son visage de porcelaine.
- VAL !
Sans plus attendre, Harold se rua vers elle et l'extirpa de la baignoire. Il fit de son mieux pour lui faire reprendre conscience tout en l'implorant de se réveiller, mais il commençait à désespérer en ne la voyant pas réagir !
- Oh non, non, non, non, non… Val, réveille-toi ! J't'en prie !
A son grand soulagement, Valéria se réveilla brutalement et lui cracha un peu d'eau sur la figure, puis respira bruyamment
- Val… Bafouilla Harold, soulagé
- Ha… Harold… ?! Tu… ?!
Son regard jonglait entre Harold et la baignoire qui n'allait pas tarder à déborder à cause des robinets qui étaient toujours ouverts. Avec effroi, elle se demanda ce qu'elle faisait ici au lieu d'être dans son salon, pourquoi la baignoire allait déborder et pourquoi elle était trempée ! Tout était confus dans sa tête depuis le moment où elle prenait le thé avec son oncle… Mais quand elle remarqua qu'Harold était également trempé, qu'elle était dans ses bras, qu'il avait les larmes aux yeux et qu'il ne cessait de lui sourire, elle comprit qu'il venait de lui sauver la vie
- Tu m'as sauvée…
- Je t'avais bien dit que je serais toujours là pour te protéger... Souriait-il
- Mais… Comment as-tu su que j'étais en danger… ? S'étonna-t-elle
- J'ai reçu un appel de ton portable. Je ne te cache pas que j'étais content de voir que tu voulais me parler, mais je n'entendais rien d'autre que le bruit de l'eau qui coulait.
- Mon… Mon portable… ? Mais il est… Oh.
Elle sortit de sa poche son portable complètement fichu. Avec une grimace dégoûtée, elle le regarda dégouliner pendant qu'Harold refermait les robinets.
- Comme l'écran est tactile… il a dû s'enclencher tout seul. Un coup de chance…
- Oui. Un coup de chance que je sois arrivé à temps ! Si je n'avais pas eu l'intuition de devoir courir en sortant de chez Chris… Tu serais…
- Mais je ne le suis pas… Grâce à toi… Souriait-elle
Elle trouva la force de se redresser pour le serrer dans ses bras.
- Comment ai-je pu croire que tu voudrais ma mort ? Je suis vraiment stupide… ! Je te demande pardon… !
- Non, c'est à moi de m'excuser. Je… J'aurais dû te dire la vérité bien avant, mais je ne savais pas comment…
- C'est rien. Oublions tout ça… Tu m'as manqué, Harold…
- Toi aussi, Val…
Elle tremblait de froid et de chagrin, mais elle souriait dans le creux de son cou. Harold se sentait de nouveau en vie dans ses bras, tout comme elle. Ils étaient heureux de pouvoir s'enlacer. Mais d'un coup, Valéria se rappela que son oncle s'était évanoui avant elle !
- Viggo ! S'exclama-t-elle, horrifiée
- Il va bien, Val. Il dort toujours.
- Mais je dois aller l'aider ! Non… En premier, faut que j'appelle la police, que je me sèche et que je me change !
- D'accord. Mais vu ton état, vas-y doucement. Conseilla-t-il
Elle lui adressa un léger sourire, puis avec le portable d'Harold, elle appela la police. Puis elle se changea à toute vitesse et se rendit sans plus attendre au chevet de son oncle, et patienta auprès de lui jusqu'à ce qu'il se réveille, et que la police et les secours débarquent.
