Salut à tous ! :D Ça y est ! Le marathon du passé est lancé ! Prêt à vous farcir 6 chapitres d'affilée ? :D Pour ceux et celles qui meurent d'envie de savoir ce qui attend Valéria et Harold dans le futur, désolée, mais faudra attendre. :) Alors ce chapitre est un de mes préférés, et j'espère de tout cœur qu'il vous plaira ! ^^ Encore merci à vous tous, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^


Chapitre 20 - Frayeurs

De près, le navire paraissait encore plus grand, plus terrifiant et il ne donnait vraiment pas envie de s'y aventurer !

- Euh… Maintenant qu'on est là, comment on s'organise ? Demanda Rustik

- Je vais explorer les quartiers principaux avec un volontaire. Vous autres, vous cherchez aux alentours et dans les salles inférieures en passant par le trou de la coque. Mais prenez garde aux anguilles si elles se montrent. Répondit Harold

- Moi, je vais plutôt me poster au sommet du mât et faire le guet.

- Excellente idée, Verika. De là-haut, tu pourras couvrir plus de terrain. Soit juste prudente.

- Compte sur moi. Au moindre problème, je siffle. Et tu peux être sûr que la moindre bestiole qui se pointe, je lui plante une flèche ! Souriait-elle

- Ouais. Et euh... Qui se désigne pour aller avec toi ? Moi personnellement, je n'ai pas trop envie d'entrer là-dedans. Ce bateau me colle vraiment la frousse… Annonça Kognedur

- Moi. Je vais t'accompagner, mon frère. Se proposa Dagur

Le groupe, tout comme Harold et Verika, regardait Dagur avec étonnement. Lui ?! Volontaire ?! Ça faisait bizarre ! Même de l'entendre appeler Harold « mon frère » après ce qui s'était passé ! Verika se méfia particulièrement de cette initiative. Vu qu'Harold avait raconté l'incident entre Eret et Dagur, elle craignait que Dagur le lui fasse payer, à l'écart du groupe et de faire passer ça pour un accident !

- Euh… T'est sûr ? Demanda Harold

- Woh ! Cache ta joie ! S'étonna Dagur, vexé.

- Euh… Non, mais si tu veux m'accompagner, je ne vais pas dire non.

- Vaut mieux. Parce que deux cerveaux futés valent mieux qu'un pour trouver cette épée et se tirer d'ici au plus vite.

- Euh… Ouais, pas faux. Dans ce cas, allons-y. Bonne chance à vous tous. Dit-il aux autres

Le reste du groupe hocha la tête puis ils se séparèrent pour entamer les recherches. Rustik se proposa pour fouiller la cale du navire avec Astrid, et Kognedur se proposa pour chercher tout autour. Verika resta un instant sur place à regarder Harold et Dagur grimper sur le bateau via les fissures dans la coque. Elle était inquiète en regardant Harold, mais elle était méfiante quand son regard se posa sur Dagur. Priant les dieux pour qu'il n'arrive rien de grave, elle grimpa à son tour sur le navire et grimpa jusqu'en haut du mât, puis fit le guet, arc à la main et prête à tirer.

Sur le pont, Harold et Dagur jetèrent un rapide coup d'œil, mais rien n'attira leur attention si ce n'était Verika qui escaladait le mât avec agilité. Ils décidèrent de passer en premier par la trappe, mais en bas, c'était sombre et lugubre ! Dagur trouva une vielle lanterne poussiéreuse et l'alluma avant de la donner à Harold qui descendit en premier l'échelle en bois. Mais quand il posa un pied à terre, un piège se referma brutalement sur sa jambe en métal et Harold cria par pur réflexe !

- Tout va bien, mon frère ?!

- Ouais… C'est rien… Juste un piège. L'avantage d'avoir une jambe en métal… Dit-il en extirpant sa jambe du piège

- Ouais. Un coup de chance.

- Tu l'as dit. Je n'aurais pas supporté de perdre ma deuxième jambe…

- Mais quelle idée aussi de mettre un piège juste en bas d'une échelle ! Surtout si elle donne accès à la sortie !

- Vu que Grimbeard était menacé par les anguilles, c'est normal qu'il l'ait mis là. Je crois que j'aurais fait pareil pour me protéger et gagner du temps pour vite trouver une solution afin de sortir d'ici…

- Mmh… Vu que c'est toi qui as enclenché le piège, je doute qu'il ait réussi à sortir du navire, ou que les anguilles l'ont poursuivi jusqu'ici. On aurait déjà dû trouver des traces de leurs passages, comme un squelette d'anguille ou je ne sais quoi. Ou alors… Vu que le piège ne s'est pas déclenché plus tôt, il a dû réussir à sortir d'ici et à esquiver ses propres pièges.

- On va laisser tomber les théories pour le moment et se concentrer sur notre objectif. Si y'a d'autres pièges, autant rester vigilants.

- Tu as raison. Et puis on ne sera fixé que quand on l'aura trouvé.

Ils avancèrent dans le couloir qui était vraiment sombre et lugubre. Il faisait tellement sombre et froid dans ce navire, qu'un peu de lumière et de chaleur n'était pas de refus ! En plus, ça sentait aussi l'humidité et l'iode à plein nez, et le plancher craquait à chacun de leur pas. Ils longèrent le couloir, fouillant chaque pièce qu'ils trouvaient sur leur passage, et prenant gardes aux éventuels pièges. Harold n'était pas trop rassuré de ce retrouvé seul avec Dagur, mais avec les menaces que Verika avait prononcées à son égard, il ne craignait pas grand-chose. Il trouvait même que c'était pathétique de sa part de se reposer sur les menaces d'une femme blessée et en colère, mais ça ne l'empêchait pas de rester aux aguets. Par chance, ils n'étaient pas tombés sur un autre piège. A croire que dans la panique, Grimbeard n'avait pu en poser qu'un seul. Au cours d'une fouille, Harold interrogea son coéquipier sur un sujet qui le préoccupé.

- Alors ? Je peux savoir pourquoi tu as spécialement décidé de m'accompagner ?

- Je l'ai déjà dit. Vaut mieux être deux pour trouver cette épée.

- Autre que ça ? Insista Harold

- Hin. Tu as peur que je me venge sur toi ? Ne t'en fait pas, mon frère. Je ne te ferais aucun mal. Je tiens à veiller sur toi.

- Pourquoi ça ?

- Pour Verika. Je sais qu'elle tient de nouveau à toi, comme à l'époque. Avoua-t-il. Pas la peine de le nier, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.

- Euh… Ouais. Bafouilla Harold, légèrement gêné

- Mais c'est aussi pour lui montrer que je ne suis pas un meurtrier. Je ne commettrais pas deux fois la même erreur, même si je sais que tu la regarde d'une manière dont tu ne devrais pas, et que pour être franc, ça m'énerve ! Grommela-t-il

- Sauf que malgré ce que je peux ressentir pour elle, je n'ai pas l'intention de briser votre couple. Elle veut qu'on reste amis, alors je respecte son choix.

- Ah oui ? Vraiment ? S'étonna Dagur

- Oui. Elle t'a choisi toi, et elle ne changera pas d'avis. Même si elle te rejette en ce moment.

- C'est vrai ? Elle te l'a dit ?

- Tu oses me demander ça ? Tu ne la connais donc pas ? Tu n'as pas confiance en elle ? S'étonna Harold

- Bien sûr que si ! Seulement…

- Tu l'aime et elle te manque. J'en suis conscient.

- En gros, oui. Et je…

Sa voix se troubla. Dagur marqua un blanc, ce qui poussa Harold à s'arrêter et à regarder Dagur d'un air compatissant. Voir un homme comme Dagur éprouver de la tristesse, et voir cette tristesse s'abattre sur son visage recouvert de tatouages et de cicatrices, prouva à Harold qu'il l'aimait plus que tout et que ses paroles étaient sincères.

- Non, rien.

- Dagur ? S'étonna Harold

- Aller, viens. Cherchons cette épée. C'est pour ça qu'on est là. Dit-il d'un ton neutre en partant de l'avant

oO*Oo

Verika ne lâchait pas Kognedur du regard. Etant seule et armée que d'une simple épée, elle préférait ne pas la lâcher du regard pour vite lui venir en aide, tout en jetant un rapide coup d'œil aux alentours. Visiblement, les anguilles ne seraient pas de la partie. Tant mieux, pensa-t-elle.

oO*Oo

Rustik et Astrid se frayèrent prudemment un chemin dans la cale submergée. Astrid était obligée d'avancer avec sa hache en l'air, et grimacer en voyant l'eau verdâtre puante emplie d'algues flottant à la surface. Elle avait hâte d'en sortir ! Mais pour une fois, Rustik ne ronchonna pas un seul moment, ce qui faisait plaisir à Astrid. En avançant dans la cale inclinée, ils sortirent enfin de l'eau et continuèrent leurs recherches en prenant garde de ne pas trébucher pour ré-atterrir dans la flotte. Rustik trouva un beau coffre verrouillé, mais Astrid se chargea de briser le verrou rouillé avec sa hache. A l'intérieur, Rustik découvrit quelques breloques sans trop d'importance, mais en fouillant bien, il trouva des objets de valeur, comme des bourses d'or ou des bourses de pierres précieuses.

- Oh oooh ! Super ! S'enthousiasma Rustik

- Réaction typique de quelqu'un qui trouve un trésor. Souriait Astrid en roulant les yeux au ciel

- Exactement ! Et je vais l'emmener avec moi ! Héhé !

- Quoi ? S'étonna Astrid

- Je vais être super riche… Super méga riche… Riche, riche, riche, riiiiiiiiche ! Lalalalalalaaaaa ! Chantonna Rustik tout en mettant ses trouvailles dans un sac

- Rustik, on n'est pas venu pour dilapider ce navire de ses richesses ! C'est l'épée de Grimbeard qu'on doit trouver ! Protesta Astrid

- Ah la, la… Ma petite Astrid. Toi qui est la plus maline d'entre nous, tu ne crois pas que ce serait une bonne chose de ramener ces bijoux ? Vu que notre village est en ruine, ce serait bien qu'on ait quelques richesses pour reprendre un nouveau départ. Non ?

- Je… Pas bête, Rustik. Idée brillante et très altruiste. Je suis fière de toi.

- Fière ? Woh… Ça me fait chaud au cœur de t'entendre dire un compliment, surtout auprès d'un homme qui est prêt à donner la moitié de ses trouvailles pour le bien de son peuple. Rougissait-il

- Je vais faire comme si j'ai rien entendu… Dit-elle en cherchant dans son coin

Une fois le coffre vidé de ses trésors les plus importants et les moins encombrants, Rustik se tourna avec le sourire vers un coffre tout aussi imposant et beau que le précédent.

- Mmh, mmh… Bien le bonjour, monsieur le beau coffret ! Quels trésors caches-tu donc ? Haha… Riche, riche, riche ! Mais… ?!

Il ne trouva que des perruques de toute sorte et de différentes couleurs !

- Des cheveux ?! Bah… Qui les planquerait dans une boite ?!

- Superbe trouvaille, Rustik ! Pouffa Astrid

- Hein ? Non, je suis sure qu'il doit y avoir autre chose … Quoi ?! Encore plus de cheveux ?! Rhaa… Quelle arnaque, je vous jure ! Ronchonna-il

- Mais c'est un trésor inestimable, Rustik ! Tu vas les emmener aussi ? Se moqua Astrid

- Certainement pas !

- Vraiment ? Tu n'imagines pas la fortune que tu pourrais avoir en revendant ces cheveux à ceux qui en aurait besoin ? Mmh ?

- Euh… Quoi que, maintenant que tu le dis… Je crois que je vais les prendre ! Héhé !

Astrid roula des yeux au ciel, et regardait d'un air amusé Rustik qui faisait un rapide choix dans ses trouvailles. Il attacha ensuite son sac sur son dos et poursuivis les recherches avec Astrid. Le fond du navire fut vite fouillé mais ils ne trouvèrent pas la Dragonsword. Ils sortirent du bateau rejoindre les filles, sans se douter qu'au fond de l'eau, quelque chose se manifestait…

oO*Oo

De son coté, Kognedur n'avait rien trouvé à part des morceaux du bateau. Mais elle n'avait pas arrêté de se retourner, persuadée d'avoir entendu où senti la présence de quelque chose ! Ou de quelqu'un ! Quand elle vit Rustik et Astrid ressortir du navire, elle alla vite les rejoindre pour leur faire part de son angoisse.

- Calme-toi, Kogne. Il n'y a rien, ni personne ici. Conseilla gentiment Astrid

- Ouais. Il se serait déjà manifesté, je pense.

- Moi je suis sure que le fantôme du vieux pirate nous guette…

- C'est peut-être parce que Rustik a pillé son navire, mmh ? Se moqua Astrid en se tournant vers Rustik

- Mais ouais, c'est ça. C'est raté pour me faire peur, Astrid ! Les fantômes, ça n'existe pas !

Ils entendirent comme un sifflement de serpent, mais plus prononcé et effrayant, sans pour autant savoir d'où ça venait ! Vu l'écho dans cette caverne, ils avaient l'impression que ça venait de partout !

- Qu'est-ce que c'est que ça ?! S'exclama Astrid, hache à la main et prête à frapper

- Euh… Les fantômes, ça sifflent comme des serpents maintenant ? S'inquiéta Kognedur

- Mais non, andouille ! C'est des anguilles ! Répondit Rustik, également en état d'alerte

Depuis le haut du mât, Verika avait également entendu le sifflement.

- Ah. Je me disais aussi que c'était bizarre que vous ne vous soyez pas manifestée avant, les copines… Mais si vous osez sortir de votre cachette, je saurais vous accueillir. Héhé. Souriait-elle

Cela dit, elle non plus n'arrivait pas à savoir d'où ça venait à cause de l'écho. Elle redoubla de vigilance, et pria les dieux pour qu'Harold et Dagur trouvent vite l'épée.

oO*Oo

Après avoir fouillé la dernière pièce du couloir qui contenait quelques armes, des explosifs et autre breloques appartenant surement à Grimbeard, ils arrivèrent enfin à la dernière porte du couloir, celle qui se démarquait de tous les autres.

- Les quartiers du capitaine... Reste sur tes gardes, Dagur.

- Toi aussi.

Après s'être assuré qu'il n'y avait pas de pièges, Harold l'examina de plus près et jugea qu'elle était fermée à clé.

- C'est fermé. Bon, voilà le plan. On…

- YA !

Dagur défonça la porte à l'aide d'un puissant coup de pied. La porte tomba d'un bloc sur le sol, faisait voler un bon gros nuage de poussière.

- Mais je préfère le tien. Dit-il avec un petit sourire amusé

- Héhé.

A l'intérieur, c'était assez glauque. La pièce était tout aussi sombre et délabrée que le reste du navire, et l'odeur d'humidité et de cadavre empestait fortement ! Seule la lueur de la caverne passée à travers la petite vitre brisée de la cabine, mais ce n'était pas suffisant pour y voir clair. Dagur leva la lampe, et lui et Harold grimacèrent légèrement en voyant un cadavre réduit à l'état d'ossements. Le cadavre était assis sur sa chaise et à moitié affalé sur la table. Il portait encore ses habits rongés par les mites et le temps, et à en juger par la qualité et la forme de sa tenue, ça ne pouvait être que Grimbeard l'Horrible en personne !

- Bon bah il n'a pas réussi à se barrer. Commenta Dagur

- Malheureusement pour lui. Mais s'il est là, ça veut dire qu'on a une chance de trouver l'épée. Et je crois que c'est ce qu'il tient dans ses mains.

- A toi l'honneur, mon frère. Souriait-il

- Sympa… Grommela Harold

Il s'approcha de la table et retira avec dégout les mains osseuses qui tenaient l'épée, puis il l'emporta avec lui pour mieux la regarder à la lueur de la lanterne. Elle était vraiment grande, belle et solide, avec de belles formes sur la lame en os, et sa poignée et garde en acier étaient finement gravés de runes. Mais ce qui étonnait le plus Harold, c'est qu'elle soit assez légère ! Lui qui s'attendait à trouver une grosse épée qui pesait une tonne !

- Bon. Bah ce n'était pas si compliqué, en fait.

- Mouais. Mais j'avoue que je suis un peu déçu que ça été aussi facile. Dit-il en l'examinant de plus prêt

- L'essentiel, c'est qu'on l'a trouvée. Maintenant, on peut…

- Chut ! Tais-toi deux secondes !

- Mais….

Dagur tendit l'oreille et entendit Verika siffler pour les prévenir qu'il y avait un problème. Dagur en déduit que les anguilles étaient venues leur tenir compagnie ! Sans perdre de temps, le duo se hâta de sortir du navire. En s'approchant du rebord du navire, ils virent leurs camarades en proie à plusieurs anguilles assez immenses et très agressives ! Ils se débrouillaient tant bien que mal, mais Harold et Dagur virent surtout une série de flèches s'abattre une par une sur les anguilles, les tuant quasiment en un coup si elles n'avaient pas pu l'esquiver. L'une d'entre elle se prit une flèche qui lui traversa complétement la gorge, et Dagur souriait à pleine dents en voyant l'anguille tomber raide morte dans l'eau.

- Bien joué, Verika ! S'exclama Dagur, fier d'elle

- Alors ?! Vous l'avez trouvée ?! S'exclama-t-elle en continuant de tirer

- Oui ! On l'a ! Répondit Harold en la lui montrant

- Alors emmenez vite les autres vers la sortie ! Je vous couvre ! Ordonna-t-elle

Les deux équipiers rejoignirent la terre ferme et se hâta de venir en aide aux autres. Dagur s'empara de sa hache et trancha en deux une anguille et couvrit les arrières du groupe qui s'enfuyait sous le commandement d'Harold.

- Mais…. Et Verika ?! S'exclama Astrid en courant

- C'est elle qui nous a dit de fuir ! Elle nous couvre ! La rassura Harold

- Et Dagur surveilles aussi nos arrières ! Quelle équipe ! Commenta Kogne avec admiration

- Au lieu de commenter ce qu'on fait, cours ! Conseilla sévèrement Dagur

Une autre anguille se prit une flèche dans la tête. Dagur leva le regard vers le mât et souriait face aux exploits de Verika. Y'avais pas à dire, c'était bien la meilleure archère de toute l'ile des Parenvrilles ! Il en massacra une autre qui venait de s'interposer entre lui et le reste du groupe, puis il se remit à courir, mais s'inquiéta pour Verika qui était restée toute seule en retrait.

Toujours perchée sur le mât, Verika ne cessait de tirer sur les anguilles. Sauf qu'à un moment son carquois fut vide ! Et y'avais encore des anguilles en vie qui s'en prenait au groupe, et non à elle alors qu'elle tuait leurs congénères depuis tout à l'heure ! Face à leur stupidité, elle secoua la tête d'un air blasé. De loin, elle pouvait voir Astrid et les autres se défendre avec leur armes, et Dagur qui lançait ses précieuses dagues. Elle grogna et se décida à descendre pour aller récupérer ses flèches sur les cadavres les plus proches. Elle attrapa une corde et se laissa glisser jusqu'au pont, et sauta par-dessus le navire. Elle courut récupérer le plus de flèches possible et se remit aussitôt à tirer, genou à terre, non loin du petit lac.

Ses amis atteignirent vite l'entrée de la caverne, et sous les ordres d'Harold, Kognedur et Rustik plongèrent les premiers pour regagner le point d'air, puis la barque. Astrid fut la suivante, mais Dagur et Harold restèrent pour venir en aide à Verika. Et puis franchement, aucun des deux n'avait envie de partir pour laisser l'autre avec elle. Dès que la dernière anguille qui les poursuivait fut abattue, ils ordonnèrent à Verika de venir les rejoindre, ce qu'elle fit. Mais au lieu de reprendre le chemin de l'aller qui faisait le tour de la caverne, elle décida de passer au milieu du lac en sautant sur les bouts de rochers présents. Harold et Dagur ne la quittait pas des yeux et eurent un hoquet de surprise quand ils virent deux anguilles surgir de l'eau pour l'attaquer ! Mais Verika ne ressentit aucune peur en les voyants. Avec un sourire malicieux, elle esquiva agilement leurs assauts sur le peu de terrain qu'elle avait pour se battre, puis elle planta une dague dans la gorge d'une anguille et planta brutalement les pics d'un de ses brassards dans la gorge de l'autre !

- Wouh ! Ça ne m'a pas servi souvent, mais je suis contente de voir que c'est toujours aussi efficace ! Souriait-elle en voyant le sang qui dégoulinait de l'anguille.

Elle l'envoya balader avec un coup de pied puis repris sa route vers l'entrée de la caverne et rejoignit enfin les garçons. Bien qu'étant essoufflée, elle adressa un sourire confiant aux garçons puis plongea avec eux. Ils se rendirent au point d'air puis se rendirent sans plus tarder vers la sortie. Heureux de revoir la lumière du jour, ils remontèrent au plus vite dans la barque avec l'aide des autres qui étaient soulagés de les revoir. Par précaution, Harold avait vite donné l'épée à Rustik. Une fois tout le monde dans la barque, et dans la bonne humeur, Kogne hurla après son frère pour qu'il les ramène vers le navire. Mais au moment où Krane allait enclencher le levier, une anguille sortit de l'eau et attrapa Harold pour l'entrainer avec elle dans la caverne

- AH ! NON ! Hurla-t-il avant de finir sous l'eau

- HAROLD ! Hurla le groupe

Mais la barque était déjà en train de se faire ramener à toute vitesse ! Sans plus attendre, Verika plongea dans l'eau avant d'être trop loin de l'entrée de la caverne. Le groupe avait essayé de l'en empêcher mais c'était trop tard. Dagur coupa la corde avec sa dague, et plongea à son tour pour aller les aider, laissant le reste du groupe sur place.

Sous l'eau, Harold se faisait ramener de force vers la caverne. Il faisait de son mieux pour se débarrasser de cette anguille en essayant de l'attaquer avec sa dague qu'il avait réussi à attraper, mais il se fit mordre au bras par l'anguille qui l'avait vu venir ! Il hurla de douleur, laissant s'échapper de grosses bulles d'air tellement ça lui faisait mal ! Presque à court d'oxygène, il sentait sa fin venir, mais il vit une flèche se planter dans le corps de l'anguille. La bestiole se tortilla de douleur et nagea vite pour se mettre à l'abri. Apeurée de voir Harold couler vers le fond du tunnel, Verika redoubla d'effort et nagea le plus vite possible vers lui. Elle parvient à l'attraper et à le hisser jusqu'au point d'air. Une fois à la surface, Verika repris bruyamment son souffle, car elle était à deux doigts de perdre connaissance. Elle fit de son mieux pour rester accrochée au mur tout en reprenant son souffle et en maintenant Harold pour qu'il ne coule pas.

- Harold… Réveille-toi… ! Je… Je ne vais pas tenir très longtemps comme ça… ! Supplia-t-elle

Mais il ne répondait pas et ne reprenait pas conscience en entendant Verika l'appeler et le supplier. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Elle reprit son souffle le plus vite possible et le plaqua contre la paroi rocheuse. Puis elle appuya son corps contre le sien pour le maintenir contre le mur, tout en battant des jambes pour les maintenir à la surface. Puis elle fit ceci sans hésiter, son seul but étant de le ramener à lui. Elle plaqua ses lèvres contre les siennes et insuffla à plusieurs reprises de l'air dans ses poumons. Elle retira ensuite ses lèvres des siennes pour le réveiller avec une gifle. Mais Harold ne se réveilla toujours pas ! Verika, apeurée et épuisée, eut les larmes aux yeux et l'implora encore une fois.

- Harold… Non, réveille-toi !

Elle insuffla encore de l'air à travers un baiser, puis lui redonna une gifle sur l'autre joue. Toujours rien ! Ses larmes et son chagrin devenaient alors plus conséquentes, si bien qu'elle lui hurla dessus en le secouant contre la paroi !

- HAROLD HADDOCK! NOM DE THOR! TU VAS TE REVEILLER, OUI ?! JE T'INTERDIS DE MOURIR ET DE M'ABANDONNER UNE SECONDE FOIS! TU M'ENTENDS ?!

Agrippée à sa combinaison noire, elle lui insuffla désespérément de l'air tout en l'implorant entre chaque souffle.

- Je t'en prie… Ne m'abandonne pas… Je t'aime, tu m'entends ?! Je t'aime ! Alors, reviens…

Rien. Elle était vraiment désespérée ! Son cœur lui faisait horriblement mal ! Elle souffrait tellement qu'elle frappa la poitrine d'Harold plusieurs fois avec son poing !

- J'en supplie… Harold… HAROLD ! Hurla-t-elle désespérément

Avec toute la force de sa colère et de son chagrin, son dernier coup de poing fut tellement brutal qu'Harold se réveilla d'un coup en crachant de l'eau et en reprenant douloureusement son souffle ! Verika le regardait bouche bée. Il était vivant ! Elle l'avait sauvé ! Son cœur se retrouva alors submergé par un puissant sentiment de soulagement et de bonheur ! C'était si puissant qu'elle n'hésita pas à prendre son visage entre ses mains et lui sourire !

- Harold…

- Verika… Tu… ? Argh… Je rêve ou…

Elle déglutit discrètement. Se souvenait-il d'avoir senti ses lèvres contre les siennes ? Ou bien l'avait-il entendu lui avouer ses sentiments pour lui ? Ou les deux ? Elle lui avait dit qu'elle l'aimait, et c'était malheureusement vrai. Elle l'aimait comme quelqu'un aime un ami, mais elle l'aimait aussi d'un amour qui venait progressivement de refaire surface depuis qu'elle l'avait revu sur l'ile des Parenvrilles, mais également à cause de ce qui venait de se passer. Si Harold n'avait pas frôlé la mort, peut-être qu'elle n'aurait rien dit. Et s'il l'avait entendu… Alors elle était dans la bouse de yak jusqu'au cou ! Parce que ça rendrait réel le fait qu'elle aime deux hommes à la fois, et que ce n'était pas possible. Ça rendrait tout beaucoup trop compliqué ! Et en plus, elle ne pourrait pas faire un choix. Ou peut-être que si, en fait. Du moins par rapport à Dagur. S'il apprenait qu'ils s'aimaient et qu'ils s'étaient embrassés, même dans le cadre d'un sauvetage, Dagur serait capable de le tuer ! Et ça, elle ne pourrait pas le supporter ! Rien qu'imaginer Dagur lui faire du mal lui était insupportable… Elle prit alors une décision. Si jamais Harold mentionnait ces mots, alors elle les nierait pour le protéger, quitte à souffrir.

- … tu m'as frappé ? Demanda-t-il

- Euh, je…

Il ne l'avait donc pas entendu dire ces mots, ni même ressenti un contact sur ses lèvres ! Elle se senti soulagée, parce que lui, il ne risquerait rien par rapport à Dagur, et que elle, elle ne serait pas confrontée à un double choix !

- Hin. Crétin… Bien sûr que j'ai dû te frapper ! Riait-elle, en larmes

- En tout cas… Merci de m'avoir sauvé. Souriait-il

- De rien.

- Et moi aussi, je t'aime.

Verika eut un hoquet de surprise. Dans son cœur et sa tête, c'était la panique ! Il l'avait donc entendu ?! Et vu qu'il approchait sa main de son visage, ça voulait dire qu'il y croyait ! Fallait vite qu'elle règle ce détail avant que ça n'empire ! Elle prit alors une attitude neutre et nia ses sentiments.

- Harold… Je crois qu'il y a un malentendu. Dit-elle en repoussant gentiment sa main

- Hein ?

- En effet, j'ai dit ça sous l'effet de la panique, mais je ne t'aime pas comme j'aime Dagur. Je t'aime comme un ami. Rien de plus. Désolée.

Harold fut blessé par ses paroles. Et à cet instant, ce fut la colère qui domina son regard.

- Comment peux-tu oser faire ça… ? Surtout dans un moment pareil…

- Qu… Quoi ? AIE !

Il la prit brutalement par les épaules et fixa intensément son regard, ce qui paralysa Verika.

- Comment peux-tu dire une chose que tu éprouves réellement, puis oser me dire le contraire quand j'ose y croire ?! Pourquoi, Verika ?!

- Parce que je…

- POURQUOI ?!

- Parce que je ne veux pas que tu meurs… Avoua-t-elle d'une voix troublée par un sanglot

Des larmes s'écoulèrent de ses yeux, ce qui diminua la colère d'Harold.

- Bien sûr que je t'aime, Harold… Je t'aime tellement que ça me fait du mal ! A cause de l'amour que j'éprouve pour toi et Dagur, mon cœur est coupé en deux ! Et c'est insupportable !

- Verika…

- Et si on rend cet amour officiel, tu subiras la colère de Dagur ! Et je ne veux pas que tu meurs de ses mains ! Je ne le lui pardonnerais jamais s'il venait à faire ça…

Elle empoigna fermement le visage d'Harold entre ses mains, et lui adressa un regard désespéré et empli de larmes.

- C'est pour ça qu'il faut que tu m'oublie et que tu donnes ton cœur à quelqu'un d'autre ! Si tu fais ça, tu seras épargné du courroux de Dagur et je pourrais continuer de vivre à ses côtés avec la conscience tranquille !

- Quitte à souffrir tous les deux ? Demanda-t-il tristement

- Pas tant que ça. On pourra continuer de se voir et se côtoyer comme des amis… dit-elle en penchant la tête vers l'avant. Il faut qu'on poursuive nos vies chacun de notre côté comme si rien n'existait entre nous, à part de l'amitié. Si on veut survivre, je ne vois que ça comme solution... Et au moins, nous serons heureux tous les quatre.

- Verika. Je ne peux pas tomber amoureux d'Astrid… c'est… c'est ma meilleure amie !

- Je le sais, Harold ! Mais il faut que tu montres à Dagur que tu t'intéresses à elle si tu veux rester en vie !

- Il ne me fait pas peur, tu sais !

- Sauf que je le connais mieux que quiconque ! Même qu'il a de nombreuses qualités dont je suis presque la seule à en bénéficier… Il est jaloux et possessif. Regarde ce qu'il a fait à Eret ! Tu veux vraiment subir le même sort et me briser le cœur ?! S'exclama-t-elle désespérée

- Bien sûr que non, mais…

- Alors si tu tiens à moi et à ta vie… Oublie-moi ! Je sais que ça va être dur, mais on n'a pas le choix !

- Verika…

- Promet le moi ! Insista-t-elle

- Promis…

Reconnaissante, Verika l'enlaça dans ses bras et pleura dans son cou. Harold baissa tristement la tête. Ce qu'il ressentait lui faisait encore plus de mal que les coups de poing de Verika ou la morsure de l'anguille ! Même qu'il se souvenait de l'avoir entendu dire « je t'aime » et d'avoir senti ses lèvres contre les siennes, il aurait préféré ne pas s'en souvenir pour ne pas souffrir encore une fois d'un amour impossible ! En voyant son visage s'attrister à ce point, Verika préféra vite changer de sujet.

- Tu crois que ça va aller pour sortir d'ici ?

- Je n'en sais rien… Mon bras me lance, et j'ai l'impression d'être vite essoufflé…

- C'est ma faute… Je n'aurais pas dû taper si fort… En même temps, si je ne l'avais pas fait... Tu serais…

- C'est rien Verika. Je suis content que tu l'aies fait. Souriait-il sincèrement

Ils continuaient de se regarder et de sourire le plus naturellement possible en reprenant au maximum leurs souffles, quand soudain, Dagur apparut juste à côté d'eux. Verika cria sur le coup, puis elle se calma en voyant que c'était Dagur.

- Tout va bien ? S'inquiéta Dagur en les regardant simultanément

Leurs larmes s'étant mêlées à l'eau, Dagur ne se douta pas un seul instant qu'ils pleuraient. Et comme l'eau était fraîche, ça pouvait expliquer le rose sur leurs visages et le fait qu'ils tremblaient.

- Oui, je… J'suis juste essoufflé… En plus de m'être fait mordre par cette sale bestiole…

- Eh bah je crois que j'ai bien fait de venir !

- En effet. Il faut qu'on l'emmène ensemble vers la sortie. A nous deux, ça devrait le faire.

- Je vais vérifier qu'il n'y a pas d'autres anguilles en approche.

Il replongea et Verika rassura Harold qui tremblait.

- Tout va bien se passer, Harold. Accroches toi… Dagur et moi, on va vite te ramener au bateau. Tout ce que je te demande, c'est de retenir ton souffle le plus possible et de serrer ma main si jamais tu manques d'air. D'accord ?

- Entendu… Mais toi ? Ça va aller ?

- Ne t'en fais pas pour moi.

Elle continuait de lui sourire pour le rassurer, puis elle écarta affectueusement ses mèches qui tomber devant ses yeux, avant de caresser encore une fois sa joue. Malgré l'obscurité, elle arrivait à voir l'intensité du vert de ses yeux, et elle y vit toute la souffrance qu'il devait ressentir à leur sujet. Elle ne s'attarda pas trop sur son regard, car elle souffrait assez comme ça. Elle n'avait pas besoin d'être en plus hantée par ce regard. Elle retira sa main de sa joue et tourna alors la tête vers Dagur qui venait de remonter.

- C'est bon. On va pouvoir y aller. Prête ?

- Oui. Harold ?

- Prêt.

Ils le prirent tous les deux par les bras et après qu'Harold ai retenu au maximum sa respiration, ils plongèrent ensemble et nagèrent au plus vite vers la sortie. Comme le lui avait demandé Verika, Harold tenait sa main, prêt à la serrer au cas où. Mais comme si ça ne suffisait pas, les parois du tunnel se mirent à s'écrouler par petits morceaux, sans qu'ils ne sachent pourquoi ! Ayant une petite idée sur la question, Dagur osa se retourner et vit deux anguilles s'acharner contre les parois ! Ces sales bêtes avaient la ferme intention d'en finir avec eux en faisant écrouler le tunnel ! Sauf qu'à force de faire ça, les parois s'écroulaient aussi sur elles ! Et fatalement, un gros morceau leur tomba dessus, les écrasant au sol.

Mais un autre morceau manqua de s'écraser sur le trio et de boucher à jamais la sortie ! Avant que ça ne se produise, et d'un accord commun, Dagur et Harold poussèrent Verika pour qu'elle soit hors de danger. Résultat, elle était du côté de la sortie, et Dagur et Harold... Et bien... Ils étaient restés de l'autre côté ! Se rendant compte de ce qu'ils venaient de faire, Verika cria d'effroi mais elle perdit presque tout son oxygène ! Elle regagna vite la surface, ainsi que la sortie, et repris son souffle en s'accrochant à la roche. Sans plus tarder, elle replongea pour aller les aider, mais en voyant que le morceau de roche beaucoup trop épais bloquait complétement le tunnel, elle sentit son cœur se serrer ! Désespérée, elle tambourina le rocher de ses poings mais abandonna bien vite pour regagner encore une fois la surface. En larmes et anéantie par cette nouvelle tragédie, elle resta accrochée à la roche et pleura à chaudes larmes. Elle daigna à peine lever la tête quand elle entendit Astrid l'appeler au loin. Le reste du groupe était en train de ramer vers l'entrée de la grotte et s'inquiéta de ne voir que Verika, et de voir qu'elle pleurait.

- Verika ? Où… Où sont Harold et Dagur ?! Demanda Astrid avec crainte

Le rousse ferma les yeux et ne répondit pas. La blonde, tout comme les autres, comprit qu'ils avaient eu moins de chance qu'eux. Astrid ferma les yeux et soupira tristement, la tête baissé.

- Mais faut qu'on aille les aider ! S'emporta Rustik

- Non, Rustik. Ce… C'est trop tard… On ne peut plus rien faire pour eux… Répondit Verika

- Mais… ?! Non… ! Ce… Ce n'est pas possible… Pas eux ! Dit-il, effondré par la réalité

- Hélas, si…

- Rustik… Viens m'aider. Demanda Astrid d'une voix absente

Rustik lui donna un coup de main pour faire remonter Verika dans la barque, puis lui et Kognedur ramèrent lentement vers le navire des chasseurs. Assise sur le banc, Verika ne pleurait plus et ne disait plus rien. Elle semblait être dépossédée de son âme, comme le jour de la mort de son père. L'image d'Harold et Dagur, en train de reposer au fond de ce tunnel délabré avec pour seule compagnie les cadavres des anguilles, lui trottait en boucle dans la tête… Elle n'arrivait pas à se débarrasser de cette image qui la glaçait d'effroi ! Ils auraient pu s'en sortir avec elle, mais ils se sont sacrifiés pour qu'elle ait la vie sauve… Dévastée à l'idée de ne plus jamais revoir les deux hommes qu'elle aimait, elle éclata un sanglot et fut secouée par des soubresauts. Compatissante à sa douleur, Astrid s'asseya à côté d'elle et la prit dans ses bras, pleurant avec elle, tout comme les autres…

Quand la barque regagna enfin le navire, Krane les assaillit de questions, mais il se tut bien vite en voyant leurs têtes d'enterrement ravagées par le chagrin. Sa sœur lui exposa très vite la situation, et il pleura à son tour dans ses bras. Astrid s'occupa de Verika qui semblait la plus anéantie par leurs morts, et Rustik regarda tristement l'épée en os de dragon qu'Harold lui avait donné avant l'incident. Ryker s'avança vers le groupe et présenta de façon plutôt sincère ses condoléances au groupe, mais il eut le culot de demander s'il pouvait jeter un œil à l'épée. Avec l'accord d'Astrid, Rustik la lui donna. Ryker examina attentivement chaque recoin de cette épée unique.

- Elle existe donc… Quelle merveille… Dommage qu'elle ait dû coûter deux valeureuses vies.

Il l'empoigna et essayait de faire quelques gestes avec, mais il ronchonna sur le fait qu'il n'était pas à l'aise pour combattre avec !

- Mais qu'est-ce que… ? Pourquoi je ne… Ah, je vois. C'est une épée pour les gauchers. Comprit-il. Tout guerrier qui manie les armes avec la main droite ne pourra pas s'en servir correctement.

- Vous êtes sérieux ? Et y'a pas un gaucher dans tout votre équipage ? S'étonna Kognedur

- Non. Et dans votre groupe ?

- Seul Harold était gaucher… Répondit tristement Astrid

A bout de force et de chagrin, Verika s'effondra sur le pont. Elle fut vite relevée par Astrid et Kranedur qui l'emmenèrent sans plus tarder dans leur cabine. Ryker rendit alors l'épée à Rustik, ce qui étonna le jeune viking.

- Par respect pour vos camarades disparus, gardez-la. Mais quand on sera arrivé sur l'île du Furie Nocturne, je la reprendrais.

Rustik hocha la tête, puis avec Kognedur, ils rejoignirent leurs camarades qui étaient assis à côté de Verika, cette dernière étant allongée sur sa couchette, le visage ravagée par son chagrin.

oO*Oo

Dans le tunnel malheureusement condamné, la dernière heure n'avait pas encore sonné pour Dagur et Harold. Par miracle, ils étaient toujours en vie, mais avaient de nouveau trouvé refuge au niveau du point d'air. Ils étaient fatigués, ils en avaient marre de l'eau et de nager, mais leur pensées étaient toutes tournées vers Verika. Ils espéraient qu'elle soit en vie, mais leurs cœurs se serrèrent en imaginant le fait qu'elle les croit morts.

- Verika… Murmura Harold, en tapant faiblement son point contre la roche

- Elle va bien, Harold. Elle est en vie. J'en suis sûr ! Et économise tes forces. Tu en auras besoin si tu veux sortir d'ici.

- Et comment… ? L'entrée est condamnée…

- Oublies pas que je suis malin. Et que grâce à cette qualité, j'ai un plan pour sortir d'ici. fanfaronna-t-il

- Sans blague…

- Si je te le dis ! On va sortir de là, mon frère !

- Si tu le dis… Pardonne-moi de ne pas être aussi optimiste que toi...

- Harold. Pourquoi voudrais-tu sortir de cette caverne ?

- Hein ?

- Répond à cette question. Pourquoi voudrais-tu vivre ? Pourquoi voudrais-tu sortir d'ici ?

- C'est pourtant évident ! Pour retrouver tous mes amis et veiller sur eux !

- Parfait ! Alors garde cet objectif en tête parce que tu vas bientôt pouvoir continuer de le faire ! Ok ? Souriait Dagur d'un air convainquant

- Ok. Et… C'est quoi ton plan ?

- En premier… Il faut qu'on retourne dans la caverne.

- Euh…

- Je sais. Tu vas me dire que t'en a marre de plonger et de nager, et c'est pareil pour moi. Mais je te garantis que ce sera la dernière fois ! Aller viens. L'encouragea-t-il

Ils rassemblèrent toutes leurs forces et leur courage et regagnèrent la caverne. Une fois à l'intérieur, et après s'être assuré que des anguilles n'allaient pas de nouveau les attaquer, ils s'affalèrent sur le sol. Enfin sur la terre ferme ! Enfin un peu de répit ! Fini la flotte !

- Et maintenant… C'est quoi la suite ?

- Tu ne remarques rien dans cette caverne ?

- Dagur… Je n'ai vraiment pas envie de jouer aux devinettes…

- Bon… Tu vois ces lueurs bleues ? Ça veut dire que le soleil arrive à passer à travers toute cette roche. Ce qui veut dire qu'on peut sortir par un interstice.

- Hein ? T'a l'intention de grimper au plafond de cette grotte ?!

- Pas vraiment. Mais si on peut créer nous même un interstice… A nous la liberté !

- Et comment tu veux la créer ?

- La fatigue te ramollit le cerveau, mon frère. Tu ne te rappelle pas ce qu'on a trouvé dans le navire ?

- Euh…

Harold essaya de se souvenir de tout ce qu'ils avaient trouvé comme objets durant la fouille du navire. Mais un objet en particulier lui revint en mémoire, et en voyant le sourire malicieux de Dagur, Harold écarquilla les yeux.

- Oh non ! Tu ne penses pas à… ?!

- Et si ! Une belle explosion pour compenser toutes nos souffrances ! Et ça indiquera à Verika et aux autres qu'on est toujours en vie, et ils viendront nous chercher !

- Ah ouais ? Et si l'explosion se déroule mal ? Et si on y reste ? T'as pensé à ça ?

Harold n'était pas du tout convaincu. Dagur en perdit son sourire.

- Euh… Tu chipotes tout le temps comme ça ? Non parce que si tu continues sur cette voie, ça va te jouer des tours quand tu seras la chef de ta tribu.

- Mais non ! C'est juste que…

- Ecoute. On n'a pas le choix, Harold. S'ils croient tous qu'on est morts, ils doivent déjà être en train de s'éloigner de l'île.

Il se releva et tendit sa main vers Harold qui hocha la tête et se releva à son tour avec son aide. Ils retournèrent vers le navire sans croiser d'anguilles vivantes. Apparemment, ils ont dû tous les tuer. Tant mieux. Ça facilitera la suite des opérations. Ils retournèrent à l'intérieur et embarquèrent le plus d'explosifs possible. Une chance qu'ils ne soient pas fichus ! Harold n'avait plus trop mal au bras, mais il faisait de son mieux pour ne pas se plaindre et être une gêne. De retour sur le pont, Dagur chercha le bon endroit à faire exploser.

- Alors… Vu que l'entrée de la grotte et de ce côté… Autant faire exploser… Ce côté-là ! Suis-moi mon frère ! Souriait-il

- J'ai forcément perdu l'esprit pour suivre ce plan, de toute façon… Pensa Harold

Ils marchèrent jusqu'au mur désigné par Dagur. Ils installèrent les explosifs de façon à ce que le mur explose d'un coup et créer une brèche assez grande pour s'y faufiler. Dagur semblait confiant de son plan même s'il n'avait aucune idée de l'épaisseur du mur, et si ça allait marcher du premier coup avec la quantité d'explosif qu'ils avaient trouvé. Quand tout fut prêt, il demanda à Harold de se mettre à l'abri, en retrait derrière un gros rocher. Inquiet, il obéit sans protester. Il regarda Dagur allumer la mèche et courir vers leur planque, puis ils se protégèrent avec leurs bras. Le mur explosa violemment en plusieurs morceaux qui volèrent dans tous les sens. Les garçons se protégèrent davantage quand des bouts de cailloux leur tombèrent dessus, mais certains d'entre eux leur infligea quelques blessures. Dagur se prit un violent coup à la tête et tomba à terre en gémissant. Harold eut le réflexe de se jeter sur lui pour le protéger et il attendit patiemment que tout s'arrête. Quand ce fut le cas, il releva la tête et observa le résultat. Comme l'avait prédit Dagur, une brèche fut ouverte !

- Dagur… Dagur ! Hé ! Réveille-toi ! Oh c'est pas vrai…

Harold emmena l'inconscient vers la sortie avec ce qui lui restait de force. Les rayons du soleil s'infiltraient dans la caverne, redonnant ainsi l'espoir à Harold qu'ils allaient sortir de cette maudite caverne ! Une fois dehors, il arriva sur une toute petite plage envahie par les gravats de l'explosion. Au loin, il voyait que le navire des chasseurs s'était légèrement éloigné de l'île. Harold allongea alors Dagur sur le sol, prit l'épée qu'il avait sur lui, et joua avec les reflets du soleil sur la lame, pour leur donner un signal d'alarme supplémentaire.

oO*Oo

Sur le navire, Ryker et ses hommes avaient entendu l'explosion et virent les signaux de lumière. Dans la cabine, Astrid et les autres avaient également entendu une explosion, et sur ordre d'Astrid, Rustik et les jumeaux allèrent aux nouvelles. Astrid resta au chevet de Verika qui était allongée sur le côté, sans dire un mot. Tout ce qui bougeait, c'était ses cils et les larmes qui s'écoulaient sur ses joues. Astrid avait essayé de lui faire boire ou manger quelque chose, ou même de la faire réagir, mais c'était peine perdu. Verika était comme dépourvue de son âme. Dépourvue de l'envie de vivre. Et puis ses muscles lui faisaient tellement mal qu'elle préférait rester immobile. Astrid ressentait beaucoup de peine d'avoir perdue Harold, mais elle n'osait imaginer la souffrance de Verika. Elle qui avait perdu son père, sa meilleure amie… Voilà que maintenant, Harold et Dagur lui ont été arrachés ! Comment le destin pouvait-il être aussi cruel ?! Elle caressa tristement les cheveux de Verika, puis releva la tête quand Rustik entra tout essoufflé dans la cabine.

- Alors ? C'était quoi cette explosion ?

- Tu… Tu ne vas pas le croire ! Ça venait de l'île ! Ils sont en vie !

- Ils sont vivants ?! S'exclama Astrid, soulagée

- Bah je doute que ce soit les anguilles qui ont fait péter la caverne et qui envoient des signaux de lumière ! Souriait Rustik, tout aussi soulagé qu'elle

- Verika ! Tu entends ?! Ils sont en vie ! S'exclama Astrid, folle de joie

- Non. Ils sont morts… J'étais là… J'ai tout vu… Murmura-t-elle d'une voix presque inaudible

- Verika, lève-toi ! Allez ! Il faut que tu en juge par toi-même !

- Ils sont morts, Astrid…

- Rhoo… Rustik ! Emmène-la !

- Compris.

Rustik prit le corps à moitié inerte de Verika dans ses bras et l'emmena au pas de course sur le pont. Verika n'avait même pas réagi pour se défaire de ses bras. Elle n'avait plus d'envie ou d'énergie, et elle refusait de croire ce qu'elle venait d'entendre. Harold et Dagur seraient en vie… ? Pourquoi jouait-t-on avec son cœur ? Était-elle maudite ? Ses amis n'auraient pas pu attendre de les avoir ramenés sur le bateau avant de lui annoncer la bonne nouvelle ? Et si juste l'un deux avait survécu ? Et s'ils se refaisaient attaquer au risque de mourir pour de bon ? Elle n'aurait pas le courage de voir ça, et d'imaginer de nouvelles images horrifique qui la hanteraient jusqu'à son dernier souffle. Sous le regard intrigué de tous, Rustik l'emmena prêt du rebord et Astrid tourna sa tête pour qu'elle voit les signaux.

- Tu vois ? Ils sont en vie ! Tu y crois maintenant ? Demanda-t-elle avec joie

- Ils… Ils sont vivants… ? Murmura-t-elle sous le choc

- Oui ! On va vite aller les chercher, t'en fait pas !

Ryker ordonna à deux de ses hommes d'aller les chercher. Même qu'elle était épuisée et encore sous le choc, Verika se sentait tellement envahi par la joie et le soulagement qu'elle oublia ses craintes et demanda à partir avec les chasseurs. Le trio monta alors dans la barque et ramèrent vers l'île. Heureuse et impatiente de les retrouver, Verika demanda aux chasseurs d'accélérer la cadence, ce qu'ils firent. Harold était soulagé de voir une barque se rapprocher de plus en plus, puis il tourna son regard vers Dagur qui se réveilla enfin.

- Oooh… Que… Qu'est ce qui… ? Je suis mort, c'est ça ?

- Non. Tu vas vivre. Souriait Harold. Et en plus de ça, ton plan a marché ! Regarde ! Dit-il en pointant du doigt la barque

- Héhé… Tu vois ? Qu'est-ce que je t'avais dit ? Rappelle moi de frimer tout à l'heure… Riait-il, malgré sa blessure qui le lançait.

- En effet, tu avais raison. J'aurais dû t'écouter et te faire un peu plus confiance. Désolé. Avoua-t-il

- Bah, c'est rien. L'important, c'est qu'on soit tiré d'affaire. Dit-il en se relevant

- Justement. Je ne te l'ai pas encore dis, mais… Merci de m'avoir sauvé.

- De rien. Et merci de m'avoir également sauvé, mon frère.

- Je ne suis pas ton frère. Souriait-il en roulant les yeux au ciel

- Oh allez… Avoue que t'aime bien quand je t'appelle comme ça ?

Ils s'échangèrent un sourire amusé puis regardèrent la barque qui venait d'accoster sur la rive. En les voyant tous les deux en vie, Verika oublia sa fatigue et ses douleurs musculaires, et sauta par-dessus la barque pour courir vers eux !

- DAGUR ! HAROLD ! S'exclama-t-elle avec un immense sourire

Ils la regardaient avec le sourire et furent légèrement surpris, mais amusés que Verika les serre tous les deux dans ses bras !

- Bande d'idiots… ! Ne me refaite plus jamais ça… ! Dit-elle dans un sanglot.

- Désolé…

- Ça ne se reproduira plus. Promis.

- Vous avez intérêt… ! Vous allez bien… ? Demanda-t-elle en les regardant à tour de rôle.

- Oui. Grâce à Dagur, on va bien. Sans lui, on ne serait plus là.

- Euh... Ouais, mais sans ton aide, je n'y serais pas… Arrivé tout... Seul…

- Dagur ? S'inquiéta Verika

Sa blessure la lançait encore et elle lui donnait le tournis ! Mêlés à la chaleur du soleil, Dagur n'arrivait plus à tenir sur ses jambes, alors il s'effondra à moitié dans les bras de Verika.

- Dagur ! La vache, il saigne beaucoup… Il faut vite vous ramener pour vous soigner. Hé, vous ! Venez vite nous aider !

Les chasseurs donnèrent un coup de main au trio qui fut chaleureusement accueilli par leurs camarades une fois de retour sur le navire ! Ryker leur souhaita un bon retour plus ou moins poli, puis leur conseilla d'aller se reposer et de penser leurs blessures avant qu'ils n'atteignent la dernière étape du voyage. L'île du Furie Nocturne.