Salut à tous ! :D Ravie que le chapitre précédent vous ait plu ! J'espère que celui-là vous plaira tout autant car au programme, il y aura encore du drama, des preuves d'amitié, de l'humour, de la romance, une prédiction de mademoiselle Astrid (Héhé !), un peu de… HICCSTRID ! x) et encore du dramaaaaaaaa ! x) Voilà, voilà ! J'ai hâte de lire vos commentaires ! ^^ Encore merci à vous, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^


Chapitre 21 - Rien ne s'arrange

L'après-midi et le début de soirée furent entièrement consacrés aux soins et au repos. Et ce n'était pas de refus ! Astrid s'était occupée de la morsure d'Harold, Kogne s'était occupée de soigner les blessures minimes du groupe et Verika s'était occupée des blessures de Dagur. Ce dernier était toujours inconscient et allongé sur sa couchette. Depuis leur retour sur le navire, Verika n'avait pas cessé un seul instant de veiller sur lui, prenant à peine du repos pour elle. Les jambes ramenées vers elle, Verika le regardait dormir, et souffrir par moment. Même qu'elle n'aimait pas voir quelqu'un qu'elle aimait souffrir, valait mieux qu'il soit dans cet état plutôt que mort. Et elle remerciait plusieurs fois les dieux d'avoir épargnés Harold et Dagur. Quand vint l'heure du souper, Astrid alla lui parler.

- Verika ? Viens manger un morceau.

- Je n'ai pas très faim, Astrid. S'il se réveille, je…

- Je sais. Mais pour le moment, il dort. Alors profites-en pour te reposer et te restaurer. Tu ne pourras pas l'aider si tu ne te sens pas bien.

- Tu as raison…

La rouquine suivit la blonde à table avec les autres. Verika remarqua le nombre assez conséquent de bandages et de pansements, mais au moins, ils étaient tous de retours, sains et saufs sur le navire. Mais à part Dagur, celui qui avait un bandage plus important, c'était Harold.

- Ça va ton bras ? Lui demanda Verika

- Ça me lance encore un peu, mais c'est supportable.

- Tant mieux. Souriait-elle

Elle fit de son mieux pour oublier Dagur pendant quelques minutes le temps de manger un morceau, mais c'était assez dur. Krane cherchait une idée pour détendre l'atmosphère, et son regard se posa sur le sac rempli de trésors de Rustik. Mais quand il se leva pour aller le chercher, Rustik s'emporta.

- Hé ! C'est à moi ! Pas touche !

- Y'a quoi là-dedans ? Demanda Krane

- Rien d'important !

- Rien d'important ? C'est comme ça que tu appelles tes trésors trouvés sur le navire ? Souriait Astrid

- Hein ?! Y'avais des trésors sur le navire ? S'étonna Krane.

- Ouais ! Vous auriez dû voir ses yeux… Ils brillaient de mille feux, et il n'arrêtait pas de chanter en se dandinant comme ça… Tadatataaa ! Riche ! Riche ! Riche ! Se moqua Astrid en faisant une petite danse sur sa chaise.

- Toi dans le genre moucharde, tu excelles en la matière ! La gronda Rustik

- Krane ! Vas-y, ramène le sac ! J'ai trop envie de savoir ce qui y'a là-dedans ! Demanda Kogne avec joie

- Rhooo ! Harold ! Aide-moi ! Fais quelque chose !

- Bah… Tu sais, Rustik... Tout ce mystère vient de piquer ma curiosité. Avoua Harold sous les rires d'Astrid

- Bravo ! Bonjour le soutien, monsieur le futur chef ! Pff... Bon c'est d'accord. Mais c'est MOI qui montre ! Ronchonna-t-il

Rustik arracha le sac des mains de Krane qui retourna vite s'asseoir à côté de sa sœur. Verika était toujours aussi calme et peu bavarde, mais elle regardait d'un air curieux le sac que Rustik déposa sur la table. Vu le bruit et le volume du sac, il devait y en avoir des choses là-dedans ! En ouvrant le sac, Rustik retrouva le sourire qu'il avait quand il les avait trouvés.

- Bien. Pour commencer… J'ai une flûte en bois finement gravée.

- Tiens, donne !

Krane prit la flûte et se mit à jouer un joli petit air de musique qui dura à peine quelques secondes.

- Alors ? Qu'est-ce que vous en dites ?

- Pas mal. Tu saurais la jouer deux fois plus vite ? Demanda Verika

- Pas de problème ! Kranedur Thorston ne refuse aucun défi !

Il essaya de jouer sa mélodie plus vite et ce fut un succès ! Verika avait le sourire durant le défi, puis quand Krane termina de jouer, elle se mit à rire et à applaudir.

- Trop fort ! Bravo Krane !

- Mille mercis, Verika ! Ça fait chaud au cœur de voir que mes talents d'artistes en herbe sont appréciés!

- Qu'a tu trouvé d'autre, Rustik ? Demanda Harold

- Alors j'ai trouvé des bijoux, de l'or, des pierres précieuses, des objets en or et en argent… Ou encore de magnifiques perruques ! Regardez !

Il sortit une longue perruque noire frisée et une longue perruque blonde raide. Kogne fut intéressée et demanda à Rustik si elle pouvait essayer la perruque noire. Elle l'essaya et regarda son reflet dans un miroir que Rustik avait trouvé et qu'il venait de lui passer.

- Mouais... C'est pas mal… Ça met mes yeux en valeur, vous ne trouvez pas ?

- C'est sûr que ça change ! Passes la moi ! Riait Astrid

Elle l'essaya à son tour pendant que Kognedur essayait la perruque blonde et jeter un œil aux bijoux contenu dans un petit coffret en bois. Y'avait des bracelets, des colliers, des bagues, des boucles d'oreilles… Il y en avait pour tous les goûts ! Astrid regarda de quoi elle avait l'air avec la perruque mais grimaça en voyant le résultat.

- Mmh… Moi, je n'aime pas trop. Ça me donne l'air sévère. Tiens, Verika.

- Non, merci. J'ai horreur des cheveux frisés. Souriait-elle

- Oh ? Bah si tu n'aimes pas celle-là, essaie la blonde. Kogne ?

- J'ai envie de la garder encore un peu… Je me sens si belle dedans !

- Fais-toi plaisir, Kogne. Souriait Verika

- Et avec ces beaux bijoux, je me sens comme une reine !

- Une reine qui chlingue le poisson, quelle classe ! Se moqua Krane qui manqua de peu de se prendre un coup de poing sur la tête

- Rustik ? T'en a d'autres ? Demanda Astrid

- Mmh… Une perruque grise…. Des cheveux pour hommes… Tiens, en voilà une rousse.

- Et avec de longs cheveux en plus ! Essaye-la, Verika ! S'enthousiasma Astrid

- C'est pour me convaincre de me laisser repousser les cheveux ? Plaisanta-t-elle. Hin. Allez, donne.

Elle l'essaya et là, tout le monde était bouche bée ! Ça lui allait tellement bien les cheveux longs ! Ça lui allait bien aussi les cheveux courts, mais ils avaient l'impression qu'elle ne les avait jamais coupés. Et avec son armure en peau de vipère, ça la rendait encore plus belle, et ça accentuait le bleu de son armure ! Quand Verika se regarda dans le miroir, elle fut assez surprise du résultat.

- Woh… Ça fait drôle...

Elle passa naturellement ses doigts dans cette longue chevelure qui lui arrivait en bas du dos, suivant du regard ses doigts qui glissaient entre les mèches. Le souvenir du jour où elle avait fait ça avant de les couper lui revenait clairement en mémoire. Ça lui faisait vraiment bizarre, mais elle grimaça en voyant que ce n'était pas pratique avec son armure. Les mèches s'accrochaient dans ses pics et son épaulière, et ça lui chatouillait la nuque.

- Humph… Ça se voit que j'ai plus l'habitude d'avoir des longs cheveux. Ce n'est vraiment pas pratique avec ce genre d'armure. Souriait-elle en les démêlant

- Mais pourquoi tu les as coupés, au fait ? Demanda Rustik

- En fait, c'était parce que...

- Argh… Aaah…

Alertée par les plaintes et les agitations de Dagur, Verika eut un faible hoquet de surprise et courut à son chevet, la perruque encore sur sa tête.

- Dagur ? L'appela-t-elle

Il se réveilla en sursaut, et se redressa lui-même sur sa couchette.

- Wouh ! Ils étaient balèze ces rêves… Souriait-il en se frottant les yeux.

- Ça va ?

Il tourna son regard vers Verika qui était agenouillait à ses côtés, et fut bouche bée en la voyant avec les cheveux long.

- Euh... J'ai dormi si longtemps que ça ?! S'étonna-t-il

- Hein ? Hin... Non. C'est juste une perruque. Riait-elle

- Ah. Attends, tu… Tu m'as soigné ? Demanda-t-il en regardant ses bandages

- Comme si je n'allais pas le faire, idiot. Surtout après ce que tu as fait pour le groupe. Lui souriait-elle

Il lui adressa un tendre sourire, et elle continuait de le lui rendre. Astrid remarqua qu'Harold semblait songeur en les regardant, alors ayant une idée, elle se leva de table et s'adressa au groupe.

- Je crois qu'on devrait les laisser un moment et en profiter pour aller prendre un peu l'air. Venez, vous autres.

- Hé, ne vous embêtez pas pour… Protesta Verika

- On va juste prendre l'air deux secondes. Souriait Astrid en lui adressant un petit clin d'œil

Le groupe sortit sans broncher de la cabine, laissant ces deux-là entre eux. Verika avait clairement deviné les intentions d'Astrid. Et vu ce qui s'était passé dans la grotte avec Harold, Verika trouvait que ce n'était pas plus mal pour tenter d'arranger les morceaux entre elle et Dagur. Pas par dépit afin de se débarrasser des sentiments qu'elle éprouvait pour Harold, ni pour le protéger de Dagur, mais c'était surtout parce qu'elle le voulait sincèrement. Il lui manquait trop. Et puis, après tout, il lui avait prouvé qu'il n'était pas un monstre, et qu'il avait su se montrer altruiste et bienveillant, même envers Harold.

- Je vais changer ton bandage à la tête.

- D'accord.

Verika exécutait chacun de ses gestes avec douceur et Dagur la regardait faire calmement et sans rien dire. Quand le bandage fut presque changé, Verika lança un sujet de conversation pour briser l'ambiance.

- Au fait…T'as rêvé de quoi ? Demanda-telle en enroulant un nouveau pansement autour de sa tête.

- Si je te le dit, ils ne vont pas se réaliser.

- Ça, c'est pour les vœux, Dagur. Pas pour les rêves.

- Sauf que mes rêves sont des vœux, Verika.

Dagur se risqua à tendre sa main vers son visage. Il lui caressa tendrement la joue, puis se mit à jouer avec une longue mèche entre ses doigts. Verika ne disait rien et le regardait faire.

- Humph. Ça fait bizarre… J'ai l'impression de te revoir quand t'avais 16 ans.

- C'est sûr que ça remonte à loin tout ça. Souriait-elle

- Ils ne te manquent pas ?

- Parfois. Mais je suis tellement habituée à mes cheveux courts que je me vois mal les laisser repousser. Avoua-t-elle en regardant une mèche entre ses doigts.

- Pareil. Mais je dois avouer que par moment… Le souvenir de ta longue chevelure qui reflétait la lueur des flammes me manque.

- C'est vrai ?

- Oui. Mais y'a pas que ça qui me manque…

Avec un sourire triste, il lui caressa à nouveau la joue. Verika ferma les yeux en souriant, puis embrassa la main de Dagur avant de recroiser son regard. Un court instant de silence s'installa entre eux, puis avec un petit sourire, Verika tendit sa main vers sa perruque pour l'enlever, mais Dagur l'en empêcha en attrapant sa main.

- Non… Garde la encore un peu.

- Pourquoi ? Demanda-t-elle, intriguée de cette demande

- Parce que ça me rappelle l'époque où j'avais le sentiment de ne t'avoir jamais déçue… Avoua-t-il

Son regard exprimait une telle tristesse et tellement de regrets sincères, que Verika ne pût s'empêcher de croiser ses doigts avec les siens et d'approcher son visage du sien. Elle lui vola un baiser que Dagur rendit avec fougue. Fou de bonheur de l'avoir retrouvée, il la hissa à califourchon sur ses jambes, mais grimaça à cause de sa blessure à la tête.

- Tout doux, monsieur le grand sensible…. T'es encore en convalescence j'te rappelle… Riait-elle

- Hin… Que veux-tu ? Ce n'est pas de ma faute si je suis heureux et amoureux… Riait-il

Avec un petit rire amusé, Verika colla son front contre le sien et caressa tendrement ses joues. Dagur la serra dans ses bras, sa tête posée contre sa poitrine. Verika l'enlaça à son tour et caressa tendrement la partie de sa tête qui n'était pas blessée. Elle était contente que ce soit arrangé entre eux, mais elle pria les dieux pour que le reste s'arrange aussi.

oO*Oo

Dehors, la moitié du groupe s'ennuyait et s'interrogeait au sujet de Verika et Dagur. Surtout les jumeaux et Rustik !

- Euh... dites ? On va attendre combien de temps dehors ? Non parce que moi, j'ai sommeil ! Informa Rustik

- Moi aussi, en plus d'avoir froid… Dit Kogne

- Et moi, j'ai encore faim ! Ajouta Krane

- On va rester encore cinq minutes le temps qu'ils se retrouvent. Avec tout ce qui s'est passé en ce moment, ils en ont bien besoin et ça calmera les tensions entre eux et le groupe. Répondit-Astrid.

- Quoi, tu crois qu'ils sont en train de… ?! Demanda Rustik avec une légère grimace

- Non, je ne pense pas. Le rassura Astrid

- Ouais, ils doivent juste se faire pleins de bisous et de câlins d'amour. Ajouta Kogne

La jumelle ricana en voyant la tête de Rustik, mais Harold ne rigolait pas. Il faisait de son mieux pour ne pas se montrer affecté, et pour respecter la promesse faite à Verika. Les cinq minutes passèrent, et le groupe retourna à la cabine, sauf Harold. Il demeura sur place, à regarder le vaste océan, puis il prit une inspiration et s'adressa à Astrid avant qu'elle ne rejoigne les autres.

- Astrid ?

- Mmh ? Dit-elle en se tournant vers lui

- Je… Je me demandais si…

- Oui ?

- Si ça te dirais d'observer un instant le ciel avec moi ?

- Euh, je… Oui, pourquoi pas. Souriait-elle, agréablement surprise

Il l'emmena dans un coin tranquille, loin du regard des chasseurs, ce qui étonna la blonde.

- Euh… On ne pouvait pas rester là où on était ? Demanda-t-elle

- Je n'ai pas trop envie de sentir leur regard dans mon dos. Surtout quand je veux passer un moment tranquille.

- Je comprends.

Enfin tranquille, ils s'accoudèrent au rebord du navire et observèrent silencieusement le ciel étoilé. La mer était tranquille, la lune leur souriait et l'air était légèrement frais. Le cadre était parfait pour une tentative. Observant Astrid du coin de l'œil, le regard d'Harold se posa sur sa main. Le cœur battant, il approcha presque timidement la sienne et la posa sur la main d'Astrid. En sentant un contact moite et tremblant sur sa main, elle haussa un sourcil et tourna la tête vers Harold.

- Harold ?

Il prit une inspiration discrète et se tourna vers elle avec des joues roses. En plongeant dans son regard azur qui brillait à cause de la lune, Harold ne trouva pas la force de parler, mais d'agir. Il fit un pas vers elle et approcha timidement son visage du sien sous le regard plus qu'étonné de la jolie guerrière.

- Euh… Harold ?

- Chuuut… Ordonna-t-il dans un murmure

Timidement, il déposa ses lèvres sur les siennes et Astrid ferma les yeux pour apprécier ce geste surprenant et inattendu de sa part. Mais Harold n'arrivait pas à apprécier cet instant, ni à y accorder toute son attention puisque Verika, les sentiments qu'il avait pour elle et le souvenir de cette caverne hanter toujours son esprit et son cœur, malgré toute sa volonté pour l'oublier ! De ce fait, il rompit le contact, ce qui étonna Astrid.

- Non, je ne peux pas… Murmura-t-il

- Harold ? S'inquiéta-t-elle

- Je suis désolé, Astrid, je… Je ne peux pas… Je ne veux pas te faire davantage de mal… Tu ne mérites pas ça… Pardon…

- Harold…

Il retourna s'accouder contre le rebord du navire et regardait tristement le reflet de la lune qui vacillait sur l'océan. Astrid le regardait avec tristesse. Elle voyait clairement qu'il souffrait, qu'il luttait contre ses sentiments et qu'il s'en voulait pour ce qu'il venait de faire... En tant qu'amie, elle se devait d'agir et de l'aider au mieux.

- Harold. Je ne t'en veux pas, tu sais. Dit-elle en posant sa main sur son épaule

- Ne dis pas ça pour me remonter le moral, Astrid… Je le vois que je t'ai fait de la peine. Et tu as parfaitement le droit de m'en vouloir…

- Non. Parce que je trouve que c'est vraiment noble de ta part de ne pas vouloir me faire du mal. Mais ce qui me fait de la peine… C'est de te voir souffrir comme ça.

Harold enfouit son visage entre ses mains et soupira tristement à travers. Ça brisait le cœur d'Astrid de le voir dans cet état.

- Harold… Dis-moi ce que je peux faire pour t'aider ?

- J'aimerais me confier… Mais avant, il faudrait que tu me promettes de garder secret tout ce que je vais te dire.

- Sur les dieux, je te le jure. Maintenant, dis-moi ce qui ne va pas. Souriait-elle pour le rassurer.

- Très bien... C'est Verika.

- Ah ?

- Oui. Dans la caverne, elle… M'a avoué qu'elle m'aimait.

- Vraiment ?

- Mais le problème, c'est qu'elle aime Dagur tout autant que moi.

- Aïe... Grimaça Astrid

- Mouais… Et le truc, c'est qu'elle ne veut pas qu'on affiche nos sentiments pour éviter que Dagur ne le sache et me tue. Pour me protéger, elle a donc décidé de retourner auprès de lui, et m'a fait promettre de l'oublier et d'aller de l'avant avec quelqu'un d'autre. Chose que je ne peux pas faire… Ou que je n'arrive pas à faire…

Harold serra les poings et laissa des larmes s'écouler sur ses joues.

- J'ai honte de moi, Astrid… Je m'accroche désespérément à elle et résultat, je nous fais souffrir tous les deux ! J'ai honte de t'avoir donné de faux espoirs et de te faire souffrir alors que tu ne mérites pas ça…

- Harold…

- Verika m'a plusieurs fois conseillé d'aller de l'avant avec toi et je te jure que j'aimerais. Mais tu es ma meilleure amie ! Pas un bouche-trou ! Et je… Je ne voudrais pas que l'amour qui pourrait naître entre nous soit faux ! Je voudrais que tout soit vrai ! Aussi bien dans mes paroles que dans mes gestes…

Harold lui prit affectueusement les mains et la regarda avec ses yeux brillants. Astrid y plongea à son tour, le regard tout aussi brillant que le sien.

- Je te respecte trop, Astrid… Je ne peux pas faire semblant de t'aimer et risquer de te perdre… C'est pour ça que je te demande encore pardon…

- Je… Encore merci de ta franchise et de ta compassion à mon égard, Harold… Je suis très touchée… Merci… Souriait-elle, reconnaissante et émue

Tout aussi reconnaissant qu'elle, Harold l'enlaça affectueusement. Les yeux fermés, ses larmes trouvèrent refuge dans la capuche en fourrure de la jeune guerrière.

- Merci à toi, Astrid… Merci de m'aider et de me comprendre…

- De rien. J'aimerais t'aider davantage, tu sais… Comment faire pour que tu ne sois plus triste ? Parce que c'est une vraie torture à voir…

- Je ne sais pas… Si je pouvais m'arracher le cœur et ôter les sentiments liés à Verika, je le ferais. Ou alors… Je peux demander à Rustik de m'assommer avec un bon coup de poing. Avec un peu de chance, Verika serait effacée de ma mémoire…

- Mmh, mmh. Mais vis-à-vis d'elle… Qu'est-ce que tu aimerais, là, tout de suite ?

- Je… Je voudrais qu'elle… Non. En fait…

Son regard se reporta de nouveau sur l'océan. Et progressivement, il devint sévère.

- C'est moi qui aimerais être à la place de Dagur. J'en suis jaloux, tu sais ?

- Vraiment ? Ça ne te ressemble pas d'être jaloux. S'étonna-t-elle, les bras croisés et attentive à la suite.

- Avec le recul, j'ai de quoi l'être. Il me l'a quand même volée quand on était petit ! Et il souriait d'un air victorieux le jour de son départ ! Et franchement, je me demande ce qu'elle a pu lui trouver pour finir dans ses bras !

- Mmh, mmh.

- Pourtant… Dagur a des qualités que j'ai finies par voir, et c'est grâce à lui si je suis en vie. Et même si par ma faute, Verika a appris la vérité sur Eret, il aurait très bien pu profiter qu'on soit seul pour se venger et faire passer ça pour un accident. Mais il n'a rien fait, parce qu'il voulait lui prouver qu'il était quelqu'un de bien, et que pour elle, il ferait tout pour se faire pardonner. Il ne m'a donc pas sauvé par dépit. Et j'ai bien vu dans son regard qu'il voulait vraiment me sauver ! Dis-toi que quand on est sortis de la grotte et qu'il m'a appelé « mon frère », ça ne m'a pas du tout dérangé. Ça m'a même fait rire !

- Mmh, mmh.

- Et puis… Si j'aime vraiment Verika, je devrais être heureux pour elle. Elle est devenue quelqu'un d'incroyable et elle a finalement trouvé le bonheur… Même si ce n'est pas avec moi…

- Harold…

- Ils vont bien ensemble... Et ils sont heureux ! Ça se voit ! Je n'ai pas le droit de détruire leur bonheur et de m'accrocher à elle comme si j'avais une chance de prendre la place de Dagur ! Je sais que ça n'arrivera jamais ! Et je n'ai pas le droit d'être jaloux de lui… Je... J'me dégoûte… Je suis pathétique ! Je l'ai retrouvée et elle m'accorde la possibilité d'être de nouveau son ami ! Et moi, je… Maintenant que je sais qu'elle m'aime, je me sens encore plus mal et perdu...

Astrid analysait dans sa tête tout ce qu'il venait de lui dire et conclut que ce n'était pas aussi simple pour lui que pour Verika. Un triangle amoureux ? Rien de pire...

- Tu sais... Tu n'es en ce moment pas le seul à te sentir aussi perdu et aussi mal.

Harold tourna son regard vers elle. Cette fois, c'est lui qui allait se montrer attentif à ce qu'elle allait lui répondre.

- Ta douleur est tout à fait compréhensible, Harold. Mais pour Verika, ça doit être tout aussi compliqué. Avoir son cœur qui bat d'un même amour pour deux personnes… Je n'ose pas imaginer le bazar dans sa tête et dans son cœur.

- Moi non plus…

- Et tu dis que tu ne prendras jamais la place de Dagur. Mais d'un sens… Tu l'es, puisqu'elle t'aime autant que lui. La preuve, elle ne serait pas retournée aussi vite près de lui, et elle ne t'aurait jamais proposé un tel marché dans le but de te protéger ! Tu comprends ce que je veux dire ?

- Bien sûr, Astrid. Mais j'aurais préféré ne pas me souvenir l'avoir entendu me dire « je t'aime » alors que j'étais dans les vapes. Tout serait bien plus simple.

- Mmh. C'est sûr.

- Qu'est-ce que je dois faire alors ?

- Je crois que tu le sais déjà. Mais peut-être qu'entendre une amie te le conseiller t'encouragerait davantage...

Elle le regarda droit dans les yeux avec un regard empli de bons conseils et d'attention.

- Respecte ses choix et fais tout pour l'oublier. Sinon, tu te rendras de plus en plus malheureux, et elle, elle ne sera jamais pleinement heureuse. Si elle voit que tu ne t'intéresse plus à elle, alors elle pourra vite oublier ses sentiments à ton égard et se concentrer davantage sur son amour pour Dagur. N'oublie pas que ça fait des années qu'ils sont ensemble, Harold. Je pense qu'elle serait encore plus déchirée de perdre un amour profond qu'un amour éphémère. Tu comprends ?

- Mmh, mmh.

- Ce sera dur de l'oublier, j'en conviens. Mais je suis sûre qu'un jour, tu trouveras une fille que tu aimeras de tout ton cœur, et qui te permettra d'oublier Verika. Peut-être pas tout de suite, mais peut-être dans les jours à venir. Mmh ?

- Sûrement. En tout cas… Merci beaucoup Astrid. Je me sens mieux grâce à toi.

- J'en suis ravie. Et puis si tu veux vite l'oublier, t'a qu'à passer plus de temps avec moi. Pas en tant que couple, mais si on s'entraîne, qu'on mange, qu'on discute, qu'on se rassure ou qu'on rit ensemble, ça devrait les rassurer tous les deux. Souriait-elle

Harold lui rendit son sourire et lui caressa affectueusement la joue. En plongeant dans son regard, il se rendit compte de sa bêtise d'enfance.

- J'ai été bien bête à l'époque… Et je le suis toujours. Si je ne m'étais pas entêté à juste te voir comme une amie… Peut-être que…

- Ce n'est pas grave Harold. Il faut que tu arrêtes de te reprocher des trucs. Ce qu'on est aujourd'hui me convient toujours autant. Le rassura-t-elle en souriant.

- Qu'est-ce que je ferais sans toi, Astrid… Souriait-il

- Bonne question ! Répondit-elle avec humour

Avec le sourire et le cœur plus en paix qu'avant, Harold était prêt à tout oublier et à aller de l'avant une bonne fois pour toute. Le vent devenant un peu plus frais, ils retournèrent ensemble dans leur cabine. A l'intérieur, Dagur était en train de souper dans sa couchette, Rustik et Kognedur étaient couchés, Krane essuyait son cou avec un chiffon mouillé et Verika déplaçait ses affaires avec une grimace.

- Euh… Tout va bien ? Lui demanda Harold

- Ouais. Juste… Évitez de vous approcher de Krane. Conseilla Verika

- Pourquoi ? Eurk… Mais qu'est-ce qui sent comme ça ?! Demanda Astrid qui s'approchait de sa couchette

- Bah en fait… Dans le sac de Rustik, il y avait du parfum et je l'ai mis pour le tester. Mais le souci c'est que… Bah… Depuis l'époque de Grimbeard, le parfum est pourri ! Du coup, ça pue dans toute la cabine, je me retrouve exclu du groupe et je fais de mon mieux pour faire disparaître cette odeur. Avoua Krane.

- Désolée que tu sois exclu, mais c'est temporaire et vital pour nous tous. Répondit Verika

- Ouais. Et moi, ça me fera du bien d'être un peu loin de toi. Ajouta Kogne.

- Sérieux, Krane. Pourquoi t'a mis du parfum ? C'est les filles qui mettent ça ! Ronchonna Astrid, écœurée de l'odeur

- Ah le parfum, c'est pour les filles ? S'étonna Krane. Pourtant, j'ai une sœur mais elle n'en met jamais. Tout ce qu'elle met, c'est de l'huile de poisson sur ses cheveux. Mais je n'appelle pas ça du parfum.

- Eurk… Ce sera un miracle si j'arrive à ne pas vomir cette nuit… Murmura Astrid

- Mais c'est surtout de la faute de Rustik ! C'est lui qui a embarqué ça ! Protesta Krane

- Bla, bla, bla… Hé, je ne pouvais pas savoir ! Et puis je ne pouvais pas prendre mon temps pour faire le tri ! Le flacon était joli, alors je l'ai pris. Point barre ! Bon, sur ce, je voudrais dormir. Alors bonne nuit tout le monde ! Ronchonna-t-il en se cachant sous sa couette à cause de l'odeur

- Ah la, la… Je vous jure… Bref. Tu déménages ? Demanda Astrid en regardant Verika avec un petit sourire

- Oui. Comme ça s'est arrangé, je retourne auprès de lui. Merci de m'avoir permis de squatter ton coin, Astrid. Bonne nuit. Souriait-elle

- Bonne nuit, Verika. Dit-elle en s'allongeant dans sa couchette

Elle passa avec le reste de ses affaires à côté d'Harold et lui adressa un simple sourire qu'il lui rendit. Crevé de sa journée, il alla se coucher, puis ce fut le tour de Krane, de Dagur, puis celui de Verika qui éteignit la dernière lanterne. Quand Harold se réveilla après une nuit légèrement pénible, sa première attention fut basée sur Astrid. Elle dormait encore et Harold resta un moment à la regarder dormir. Elle lui semblait si sereine... Il repensa alors à leur conversation de la veille, ainsi qu'à ses conseils et sa compréhension. Avec le sourire, il remercia les dieux qu'elle soit présente dans sa vie. Le reste du groupe se réveilla petit à petit, puis après le petit déjeuner, l'épée de Grimbeard fut le centre de l'attention. Comme Harold était le seul gaucher du groupe et qu'il l'avait prise des mains du pirate, l'épée lui revenait de droit. Dagur ne s'y opposa même pas. Discrètement, Verika observait Harold et Astrid et fut soulagée de voir qu'Harold respectait sa promesse. Ça lui donnait l'impression qu'Astrid servait de bouche trou, et c'était à moitié vrai, mais ils n'avaient pas le choix. Et puis tant que personne n'était au courant de ce marché entre elle et Harold, tout irait bien. A ce sujet, Verika était convaincue qu'Harold n'en parlerait à personne. Pas même à Astrid. Il n'y aurait aucun intérêt à le faire, sinon à rendre les gens malheureux. Et puis avec le temps, cette promesse s'effacera de leur mémoire et leurs sentiments mutuels s'estomperont.

Il ne restait que deux jours de voyage. Le groupe et les chasseurs allaient en profiter pour s'entraîner. Ryker mettait au point le poison qu'il allait utiliser sur le Furie Nocturne. Pour en produire une grande quantité, ça allait demander du temps, mais comme il s'y connaissait, ça ne devrait pas lui poser de problème. De leur côté, chaque membres du groupe s'entraîna dans son coin avec ses propres armes et méthodes d'entrainement. Etant la seule arme capable de tuer le Furie Nocturne, Harold s'entraîna à manier la Dragonsword avec Dagur qui s'était proposé pour être son adversaire. Bien entendu, tout le groupe avait essayé de manier l'épée en os de dragon, mais ils n'étaient pas très à l'aise au combat. De son côté, Verika s'entraînait à l'arc. Elle travailla sur sa vitesse de tir sur trois cibles disposées en triangle. Flèches à terre, elle ne cessait de les attraper et de les tirer une à une en alternant les cibles dans le même ordre et de plus en plus vite. Elle décida ensuite de faire une petite pause en s'asseyant sur le rebord du navire, les jambes flottant au-dessus de la mer.

- Je peux te tenir compagnie ? Demanda Astrid

Elle avait une gourde d'eau dans les mains et Verika l'autorisa à s'asseoir à côté d'elle. Astrid en but une gorgée et la donna à Verika qui ne refusa pas un peu d'eau.

- Merci. Dit-elle après en avoir bu une gorgée

- De rien. Alors ? Tout s'est finalement arrangé entre toi et Dagur ?

- Jusque-là, ça va. Frôler la mort nous a de nouveau rapprochés. Et toi, avec Harold ? Souriait-elle.

- Comment ça « moi et Harold » ?

- Bah, vous êtes rentrés les derniers hier soir. Doit-on en conclure quelque chose ? Demanda-t-elle d'un air taquin

- Pas vraiment. On n'a fait que discuter. Répondit-elle avec un sourire neutre

- Bon, d'accord.

Verika ne chercha pas à en savoir davantage. Astrid risquerait de suspecter quelque chose de louche. Mais la réponse qu'elle venait de recevoir était assez typique face à ce genre de question et Verika eut un petit sourire en se disant qu'ils n'avaient peut-être pas fait que discuter. Quand à Astrid, elle restait vigilante. Elle avait promis à Harold de ne rien dire et de faire comme si elle n'était pas au courant pour la caverne et leur promesse. Pourtant, quand elle regardait Verika, elle se doutait que derrière ses sourires et sa bonne figure, elle devait être tiraillée par la situation. Et en tant qu'amie, Astrid aurait voulu l'aider et lui servir de confidente. Mais comme Marina n'était plus là, Verika n'avait plus vraiment de copine à qui se confier. Et même si elle considérait Astrid comme une amie, la blonde avait l'impression qu'elle ne pourra jamais remplacer Marina. Pourtant, elle était convaincue que ça lui ferait du bien de se confier. Peut-être était-ce pour accepter plus facilement la situation que Verika avait décidé de tout garder pour elle. Verika but une nouvelle gorgée puis rendit la gourde à Astrid avant de s'étirer un peu les bras.

- Aaah… Ça fait du bien !

- C'est sûr. Dis ? Ça te dirait d'être ma partenaire de combat ? Les garçons s'entraînent entre eux, ainsi que les jumeaux avec Rustik. Alors pourquoi pas nous ?

- Bonne idée ! Ça me changera de l'archerie.

- Alors c'est parti !

Astrid sortit sa hache et Verika brandit son épée, puis elles se ruèrent l'une sur l'autre. De leur côté, Harold et Dagur s'arrêtèrent de combattre pour reprendre leur souffle. Harold maîtrisait assez bien l'épée qui était facilement maniable, en fait. Et grâce à Dagur, l'entrainement fut plus aisé ! Harold fit une pause sur le pont, profitant de la chaleur du soleil. Mais Dagur était obligé de retourner dans la cabine à cause de sa blessure à la tête. Mais avant d'y entrer, il observait Verika qui s'entraînait avec Astrid. Le fait qu'il ait pu retourner auprès d'elle et qu'elle lui ait pardonné sa maladresse le rendait extrêmement heureux. Une seconde chance comme celle-ci ne lui serait peut-être plus accordée. Les dieux ont leurs limites avec de tels présents. Se rendant compte de la chance qu'il ait, il chercha une idée qui pourrait prouver à Verika au combien elle est précieuse à ses yeux. Se disant qu'il trouverait une idée au cours de sa sieste, il entra dans la cabine. A l'intérieur, il trouva Rustik qui faisait également une pause en comptant les pierres précieuses et les pièces d'or de son butin.

- Alors ? On compte ses richesses ? Demanda-t-il avec un sourire amusé

- Et ouais. Faut bien que je sache combien je possède puisque je vais donner la moitié au village pour qu'on puisse reprendre un nouveau départ sur Berk.

- Généreuse décision, Rustik.

En regardant toute ces pièces et ces pierres qui scintillaient à la lumière du feu, Dagur eut une idée.

- Dis-moi, Rustik. Dans tous tes trésors… Tu aurais des bijoux ?

- Des bijoux ? Et comment !

- Je peux jeter un œil ?

- T'a l'intention d'acheter ? Souriait-il

- Seulement si je vois quelque chose qui me plait. Souriait-il

- Dans ce cas… les voici.

Rustik ressortit le petit coffret en bois qui contenait les bijoux et les étala soigneusement sur sa couchette. Dagur s'agenouilla pour les regarder attentivement et trouva enfin son bonheur !

- Quel est ton prix pour cette merveille? Souriait-il en pointant l'objet du doigt.

- Mon prix ? Bah… j'en sais rien moi. 5 pièces d'or ?

- 5 ? Tu en auras 20.

- 20 ?! Woh… Et euh… Comment comptes-tu payer ?

- Je n'ai rien sur moi. Mais chez moi, j'ai de quoi payer. J'embarque donc ceci et je te paierai au retour. Marché conclu ?

- Marché conclu, Dagur !

Ils se serrèrent la main pour conclure l'affaire, et Dagur alla se reposer en embarquant son achat. Mais avant, il se tourna vers Rustik pour ajouter quelque chose.

- En revanche, tu ne parles pas de cet achat à qui que ce soit avant demain matin. Si tu tiens ta langue, tu pourras avoir 10 pièces d'or en plus.

- 10 ?! T'est sérieux Dagur ?!

- Tout à fait. Mais si tu cafardes, j'en toucherais deux mots à Ryker sur tes richesses. Pour son commerce de dragons, il serait bien content d'avoir un peu d'or pour ses transactions.

- Euh… Message reçu.

Rustik rangea ses bijoux et repris ses comptes avec le sourire, face à la pensée d'avoir 30 pièces d'or pour un simple bijou ! Dagur s'installa confortablement sur sa couchette, puis tout en réfléchissant, il faisait tourner entre ses doigts une jolie bague en or ornée d'un beau rubis qu'il admirait avec le sourire, surtout en voyant la lueur des flammes se refléter dans la pierre rouge.

oO*Oo

A la nuit tombée, tout le monde rentra dans la cabine pour manger un morceau et dormir. Leur entrainement les avait épuisés, mais d'une certaine manière, ils se sentaient bien ! Mais heureusement que des dragons sauvages ne les avaient pas attaqués, aussi bien dans les airs qu'en mer. C'était un des points positif de ce voyage. Aucune attaque surprise ne c'était encore passé. « Prions les dieux pour que ça continue », se disaient-ils.

Dans la cabine, Kogne fit un caprice auprès de Rustik pour qu'elle puisse revoir les bijoux. Après avoir répété sa demande dix fois, et ayant ajouté une éventuelle possibilité d'achat à la dixième demande, Rustik céda enfin, même s'il voulait aller dormir. Avec des étoiles plein les yeux et un grand sourire, Kogne regarda de nouveau tous ces beaux bijoux. Après avoir bu une gorgée d'eau, Dagur s'apprêtait à sortir pour rejoindre Verika, mais il se stoppa quand il entendit Kognedur râler à propos d'un bijou manquant.

- Rustik, où est la bague ?

- Laquelle ? Y'en a plein !

- Celle en or avec le petit rubis dessus ! C'est une de mes préférées et elle n'est pas là alors que je voulais l'acheter ou la troquer contre un des trésors Thorston ! Où est-ce qu'elle est ?

Rustik était cuit. Pourquoi fallait-il qu'elle ait craqué sur cette bague ?! Il croisa discrètement le regard de Dagur qui devint légèrement mauvais, signe que s'il caftait, il serait ruiné !

- Bah, je ne sais pas. Mentit Rustik

- Comment ça ? Tu gardes précieusement tes trésors dans ton sac, qui en plus, ne bouge pas de ton coin ! Elle n'a pas pu bouger de la boite, et encore moins du sac. Résonna Astrid

- Je suis d'accord, Astrid. Mais tu es sûr que tu l'a pas fait tomber hier soir en me la rendant ? Demanda-t-il à Kognedur

- Comment oses-tu m'accuser ? C'est ta marchandise ! C'est à toi de faire gaffe ! Pas moi !

- Rho la, la… Pour une bague, je vous jure ! Tu ne veux pas en acheter une autre ? Ou un autre bijou ?

- Non ! C'est celle-là qui me plaisait !

- Rustik. Tu es sûr qu'elle n'est pas dans le fond de ton sac ? Demanda Harold

- Sûr de chez sûr ! J'ai tout trié et tout ranger durant ma pause. Et quel piètre marchand ferais-je si mes marchandises étaient éparpillées parmi tous mes biens ? Mmh ?

- Pas faux. Dans ce cas… Personne ne te l'aurait piqué ? Suggéra Harold

- Non. Personne n'a fouillé dans mon sac. Il n'a pas bougé depuis ma pause.

- Cette bague à quand même pas pu disparaître ! Mmh… A moins… Que si tu ne l'as pas pommé et qu'on ne te l'a pas piqué… Alors ça pourrait vouloir dire que tu l'as revendu à quelqu'un. J'ai tort ? Demanda Krane après son résonnement

- Je... Pff. J'aurais tout entendu avec vous. J'ai rien revendu, ok ?

- Alors on te l'a piqué ! C'est évident ! S'énerva Kogne

- Qui a piqué quoi à qui ?

Verika venait de rentrer dans la cabine et regardait ses amis d'un air étonné. Contrairement aux autres, elle n'était pas tout de suite rentrée parce qu'elle finissait de ranger ses flèches et les cibles. Dagur serra discrètement les dents en la voyant. Lui qui voulait la voir tant qu'elle était dehors et loin du groupe, il allait devoir trouver une excuse pour la refaire sortir sans que ça paraisse louche ! Et l'urgence se pointa quand elle s'asseya à table pour boire, et que Krane vint lui expliquer la situation.

- Vois-tu Verika… On est en train de résoudre une affaire très louche. Une bague a disparu de la marchandise de Rustik, et on essaie de savoir où elle a pu passer. Expliqua Krane d'une voix mystérieuse

- Ah ? Et… Vous avez regardé par terre ou dans le sac ?

- Déjà fait ! Non mais tu nous prends pour des débiles ou quoi ?! S'énerva Kogne

- Hein ? Mais non, je…

- Calme-toi, Kogne. Après tout… Ce n'est qu'une bague. La calma Astrid

- Ouais, ce n'est pas comme si elle allait te servir pour un truc méga important ! Bon tu veux acheter autre chose à la place ou pas ? Non parce que là, j'en ai ras le casque ! Rétorqua Rustik qui en avait plus que marre.

- Euh… Attends une minute… Quoi comme truc import… Demanda Krane

Dagur lui coupa la parole, enfin décidé à agir. Si ça continuait comme ça, tout serait gâché !

- Mouais. Bah pendant que vous vous mettez d'accord sur vos transactions qui tapent sur les nerfs, moi je vais prendre l'air. Verika ? Tu m'accompagne ? Demanda-t-il d'un ton neutre

- Mmh ? Oh, je n'ai pas trop envie, Dagur. Je suis crevée et je viens de m'asseoir.

- Même pour cinq minutes ?

- Pff… Bon, d'accord. J'te suis. Dit-elle en se levant

- AAH ! S'exclama Kognedur

Tout le monde se tourna vers la jumelle, y compris Verika. Dagur leva les yeux au ciel et se tourna également vers Kognedur qui avait des yeux ronds et les mains sur la bouche. En la regardant, Dagur maudissait mentalement le destin qui faisait exprès de mettre des bâtons dans les roues quand y'avais une chose importante à faire !

- Quoi ? Qu'est-ce qui y'a ? T'a gobé une mouche ? Ricana Krane

- Ce… I… E… Euh… Non, c'est passé. Rustik ? Fait voir si t'as pas autre chose qui pourrait m'intéresser ?

- Ah ! Quand même ! Grommela-t-il

Perplexe de la voir abandonner l'affaire de la bague, Krane s'adressa d'un air étonné à sa sœur.

- Holà, holà frangine ! C'est quoi ce délire ? Tu changes d'avis comme ça ? Ça ne t'intéresses donc plus de savoir où est passée cette… ooooOOH ! S'exclama Krane avec des yeux tout aussi rond que sa sœur

Les jumeaux venaient de résoudre l'affaire et se retenait d'en faire part à tout le monde, du moins tant que Verika était dans la pièce ! Ce fut ensuite au tour d'Astrid d'avoir une petite réaction, bien moins flagrante que la leur, mais qui n'échappa pas au regard de la rouquine.

- Euh… Je peux savoir ce qui se passe ? Demanda Verika

Tout le monde essaya de reprendre une attitude normale, mais c'était trop tard. En plus, Harold venait à son tour de comprendre ! Même si son attitude voulait montrer qu'il s'en fichait, ce n'était pas le cas de son regard. Ce qui intrigua de plus en plus Verika !

- Hé oh ! Je vous parle !

- Bah laisse tomber. Ils font les intéressants. Viens. Répondit Dagur en lui prenant la main

- Hé oh, deux secondes ! Si t'a si envie de sortir, vas-y ! Moi, je veux savoir pourquoi on parle de cette bague et deux secondes après, tout le monde à des réactions bizarre en me regar… Oh…

Son visage reflétait la surprise et elle fut comme figée sur place ! Elle venait de comprendre ! Dagur soupira. C'était fichu pour la surprise... Surtout quand il croisa son regard !

- Dagur… ? Ne… Ne me dit pas…

Dagur ferma les yeux et soupira longuement. Quand il ouvrit les yeux, il foudroya le groupe du regard, tel un Écrevasse qui lancerait une puissante salve d'éclairs sur ses ennemis !

- Je suppose que vous êtes tous fiers de vous ?! Vous n'auriez pas pu attendre qu'on soit sortis pour vous exciter sur le sujet ?! S'exclama-t-il, furieux.

Grâce aux autres, il était déjà bien sur les nerfs ! Plus calme à l'intention de la rouquine, il sortit la bague de sa poche. En la voyant, Verika fut encore plus surprise et son cœur continuait de battre à tout rompre, mais pas dans le bon sens ! Elle demeurait immobile, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, et son visage ne reflétait pas la joie, mais l'inquiétude et la stupeur !

- Verika. Est-ce que tu… Demanda-t-il en en posant un genou à terre

A peine avait-il commencé à parler, que les filles plaquèrent leur mains contre leur bouche, et les garçons affichaient une tête surprise, sauf Harold qui préférait détourner le regard. Quant à Verika, elle eut enfin un déclic car son cerveau lui envoyait enfin un ordre ! Celui de se manifester !

- Woh ! Woh ! Woh ! Deux secondes ! Tu… Tu fais quoi là ?! S'exclama-t-elle, d'une voix bizarrement aiguë et troublée par ses sentiments

- Figure-toi que j'essaie d'aller jusqu'au bout de mon idée ! Rétorqua-t-il

- De… Devant tout le monde ?! S'étonna-t-elle, stupéfaite de son audace

- Si c'est ce qui te pose problème…

Il se releva et lui prit la main pour l'emmener vers l'extérieur, mais elle s'en dégagea rapidement. Ce qui étonna et inquiéta Dagur.

- Verika ? Pourquoi tu…

- Non…

- Pardon ? S'étonna Dagur

- Je… Je ne peux pas dire oui… Désolée, Dagur.

Sa réponse choqua aussi bien le Parenvrille que les Berkiens ! Harold avait brusquement tourné son regard vers elle, son visage reflétant de la stupeur, mais aussi de l'incompréhension ! Dagur regardait à présent Verika avec une expression sévère. Après tout, ce n'était pas le genre d'attitude et de réponse qu'il aurait espéré recevoir ! Faut dire aussi que ce n'est pas du tout ce genre de scénario qu'il avait prévu pour sa demande !

- « Non » ? Je… Je peux savoir pourquoi ?!

- Je ne te le dirai pas devant eux ! La situation est déjà assez embarrassante comme ça ! Répondit-elle sévèrement

Cette fois, Dagur était deux fois plus à bout de nerfs ! Qu'est-ce que les dieux avaient contre lui ce soir ?! C'était supposé bien se passer !

- Oooooh non, non, non, Verika. Quand j'ai avoué pour Eret, tu as tenu à ce que je m'explique devant tout le monde ! Aujourd'hui… C'EST TON TOUR!

Furieux, il sortit son épée et la pointa sur elle, ce qui l'effraya qu'un peu, malgré son air calme. Les autres préféraient ne pas s'en mêler, même si c'était déjà le cas. Le regard froncé, Harold ne les quittait pas du regard !

- Et sache que je ne te laisserai pas tranquille, ni dormir, ni sortir, tant que tu ne m'auras pas répondu ! Alors j'écoute. Pourquoi ?!

- Pourquoi… ? Tu oses vraiment me demander pourquoi ?! C'est pourtant évident ! Tu vois que tout a été gâché et tu me demande quand même ma main ! Et tu t'apprêtais à le faire devant tout le monde ! C'est vachement romantique et inapproprié ! Moi, j'ai surtout l'impression que vu qu'ils t'ont mis sur les nerfs, tu me force à te suivre pour que je dise oui ! Mais du coup, je n'ai pas envie de dire oui ! J'aurais plutôt eut envie que tu me refasses ta demande un autre jour ! Et surtout pas sur ce navire, ni dans de telles conditions ! On n'est pas en vacances, j'te ferais dire ! On est en mission pour tuer cette saleté de Furie Nocturne !

Le regard toujours aussi sévère, ils ne cessaient de se dévisager. Malgré sa colère, Dagur étudiait calmement les arguments de Verika dans sa tête, et il devait malheureusement admettre qu'il avait foiré sur ce coup. Il ne savait pas pourquoi, mais quelque chose lui disait que ce n'était pas que pour ces raisons.

- Il n'y a pas que pour ça que tu m'as dit non. N'est-ce pas ?

- Quoi ? S'étonna-t-elle

Elle essayait de rester neutre et calme, alors que Dagur fixait attentivement ses yeux. Dans le regard de la jeune femme, il décelait quelque chose qu'il ne connaissait pas au bout de toutes ces années passées avec elle. De la peur. Mais d'où pouvait-elle provenir ? Verika manifestait rarement de la peur ! Surtout en sa présence et depuis tous ce temps !

Si Marina était là, elle l'aurait aisément deviné, puisqu'elle avait déjà vu cette étincelle dans le regard de Verika… La peur de perdre celui qu'on aime.

Depuis l'arrivée des Berkiens sur leur île et ses retrouvailles avec tous ses amis d'enfance, Dagur s'était montré attentif à un détail. L'attachement qu'elle pourrait de nouveau ressentir pour eux, et les effets que ça aurait sur leur couple. Concernant les autres, il n'avait pas vraiment ressenti de crainte. C'était surtout par rapport à Harold. Et vu l'éclat commun dans le regard d'Harold et de Verika… Il écarquilla les yeux et entrouvrit la bouche. Ce qu'il redoutait était finalement arrivé…

- C'est par rapport à lui que tu m'as dit non… Comprit-il

- Hein ?! Non ! Je…

- Il a donc réussi à gagner ton cœur. Ajouta-t-il, la tête baissée et le regard clos

A ses yeux, ce n'était pas si étonnant. Harold était devenu un beau jeune homme, il avait du charisme, il était devenu fort, il était devenu très intelligent, il avait gagné le respect de son peuple, et il était du même âge que Verika. N'arrivant plus à raisonner sagement, et débordant de rage, il poussa Verika et fonça à travers la cabine pour embrocher celui qu'il considérait comme son frère ! Harold se préparait déjà à esquiver et contre attaquer, alors qu'Astrid rassemblait les autres vers le fond de la salle. Mais Verika ne comptait pas laisser Harold et Dagur se battre ! Harold n'avait aucune chance ! Rétablissant immédiatement son équilibre, elle fonça sur Dagur et lui sauta à temps sur le dos !

- DAGUR ! ARRÊTE ! Ordonna-t-elle

- TU LE DÉFENDS ?! J'AVAIS DONC VU JUSTE ! S'exclama-t-il en se débattant

Il était totalement aveuglé par sa rage et son envie de sang ! Avec la force de ses jambes et sa souplesse au combat, elle l'expulsa vers l'arrière, comme elle l'avait fait avec Ryker dans la forteresse ! Dagur fut balayé vers la porte, mais comme Verika, il excellait dans le combat rapproché. Jamais elle n'avait réussi à le battre à ce jeu-là ! Rétablissant rapidement son équilibre, il fonça de nouveau vers Harold, alors que Verika avait à peine eut le temps de se remettre en position de combat avant que l'inévitable se produise. Dagur s'apprêtait à porter une estoque qu'Harold n'aurait pas su contrer à temps ! Le groupe entendit le bruit de la lame qui érafler quelque chose, puis le son du sang qui s'égouttait sur le plancher, puis un gémissement sourd. Puis ils entendirent et virent Dagur regretter son attaque ! Parce que ce n'était pas Harold qui venait d'être touché. C'était Verika.