Salut à tous! :D Alors désolée de vous décevoir, mais Verika échappe encore une fois à la mort ! x) C'est prévu qu'elle meure, mais pas tout de suite. ;) Alors dans ce chapitre, Dagur va encore en énerver certains x) Mais j'espère que son attitude dans la suite des événements vous plaira et qu'il saura se faire pardonner. :) Enfin bref, j'espère que ce chapitre vous plaira ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! :3 Sur ce, encore merci à vous tous, bonne lecture, bon réveillon et joyeux noël ! :D Bisous ! ^^


Chapitre 22 - Regrets

Verika ne lâchait pas du regard celui de Dagur qui exprimait de l'horreur et des regrets. Le sien exprimait de la tristesse, et celui d'Harold exprimait de la peur en voyant du sang sur la lame de Dagur ! Dagur n'arrivait pas à parler, alors Verika ferma les yeux et s'extirpa de sa lame. Au grand étonnement de tous, elle tenait encore debout et ne semblait pas souffrir énormément. A en juger par le peu de sang sur la lame et sur le sol, elle devait juste être sévèrement égratignée. Et c'était le cas. Son corset noir était bien tailladé sur le côté, et on pouvait voir sa chair et une longue plaie sanguinolente. Le groupe se dit qu'elle avait eu de la chance, mais ce n'était pas le cas. Verika savait ce qu'elle faisait. Depuis l'enfance, elle connaissait par cœur les attaques de Dagur et sa façon d'attaquer. Il lui était donc possible de contrer l'attaque en coinçant la lame entre sa taille et son bras. Elle avait également prévu le risque de se faire blesser, mais ça ne l'inquiétait pas. Elle avait déjà eu bien pire. Indifférente face à la douleur, au sang qui coule et aux réactions de ses amis, elle prit un chiffon qui était sur la table et le posa sur sa plaie en grimaçant à peine.

- De justesse… Soupira-t-elle, tristement

- Ve… Verika, je… Bafouillai Dagur

- Astrid ? Peux-tu sortir avec les autres ? Il faut que je parle à ces deux-là.

- Mais…

Devant le regard implorant et ferme de Verika, Astrid emmena les autres qui regardaient le trio avec intrigue et inquiétude. Astrid fut la dernière à sortir, et avant de fermer la porte, elle adressa à Verika et Harold un regard compatissant.

- Bien. Asseyez-vous.

- Verika… Avant, tu devrais soigner ta blessure.

- Ce n'est pas grand-chose, Harold. J'irais me soigner quand je vous aurais dit ce que j'ai à vous dire. Dagur, fais-moi le plaisir de poser cette épée. Demanda-t-elle en posant son regard sur l'épée encore couverte de son sang

- Euh… Oui. Verika, je suis désolé… Je ne voulais pas… Bafouilla-t-il de nouveau après avoir remis son épée dans son fourreau

- Me tuer ? Non. Ça je le sais bien. Mais tuer Harold, oui. Et je t'avais prévenu de ce qui allait arriver si tu essayais de le tuer, lui ou les autres.

Cette phrase ne le choqua pas plus que ça. C'est vrai que sur le coup, ça lui était sorti de la tête ! Mais en voyant Verika blessée à la place d'Harold, il s'en était rappelé et se maudissait mentalement. Cependant…

- Hin… Pour pouvoir te mettre avec lui, c'est ça ? Rétorqua-t-il

- Non.

- Quoi ? Mais je croyais que…

- Dagur, laisse-moi te révéler quelque chose. Te cacher davantage la vérité ne serait pas une bonne idée.

- Euh… Verika ? S'inquiéta Harold.

- En effet, Dagur. J'aime Harold. Je m'en suis rendu compte quand on était tous les trois dans la caverne.

Dagur comprit alors pourquoi ils avaient de drôles de têtes quand ils les avaient rejoint dans le point d'air, ainsi que les réactions de Verika quand elle les avait tous les deux enlacés à la sortie de la grotte !

- Mais le hic… C'est que je l'aime tout autant que toi.

Si elle semblait sincère et désolée, Dagur bouillonnait de l'intérieur et Harold restait sur ses gardes au cas où il lui viendrait une nouvelle envie sanguinaire.

- Tu l'aime ? Humph… J'en étais sûr ! Vous vous êtes bien foutus de moi, tous les deux ! « On est juste amis » ! Tu parles ! Ragea Dagur en les foudroyant successivement du regard

- Dagur… Laisse-moi finir. S'il te plait. Après, tu pourras hurler autant que tu veux.

Même s'il avait plus envie de tout casser que de rester assis et d'écouter, Dagur obéit. Pour calmer ses nerfs, Dagur prit un chiffon qui trainait sur la table et joua nerveusement avec, l'oreille attentive mais le regard fixé sur son bout de tissu. Verika enchaina donc ses explications, debout devant eux, la main sur sa plaie. Harold pouvait voir que le chiffon était bien imbibé de sang.

- J'admets que je suis en partie responsable, mais je n'ai pas choisi de tomber amoureuse de lui. Humph… En fin de compte… J'aurais préféré ne jamais lui dire que je l'aimais. Ça été la plus grosse erreur de ma vie.

Elle croisa le regard d'Harold, qui exprimer la même tristesse qu'elle.

- Les triangles amoureux n'apportent jamais rien de bon. Et je ne peux pas aimer deux personnes en même temps, ni en choisir un sans faire de mal à l'autre.

- Pourtant, tu t'es réconcilié avec moi quand j'ai repris connaissance dans la cabine ! Et là… Tu m'annonce que tu l'aime ! Je ne comprends pas ! Tes mots et tes gestes d'affection n'étaient donc pas sincères ?!

- Bien sûr que si. Crois-moi, Dagur. J'avais sincèrement fait mon choix pour ne pas perdre tout ce qu'on avait bâti ensemble, tout en espérant que mes sentiments pour Harold disparaissent, mais tout en craignant aussi que tu découvres la vérité et que tu t'en prennes à lui. Ce qui a été le cas…

Le ton de sa voix changea, ainsi que l'expression de son visage. Depuis le début, elle était calme et triste, mais là, elle leur montra un visage ferme et sévère, tout comme le son de sa voix.

- Et une fois de plus, tu as agi et foncé dans le tas sans réfléchir, ni prendre la peine de connaitre la vérité ! Et j'en ai marre !

- Oui, mais…

- Et vu qu'apparemment, il suffit de me côtoyer pour risquer de se faire tuer par jalousie… Je vous chasse de mon cœur !

- Hein ?

- Quoi ? Comment ça « Je vous chasse de mon cœur » ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Harold

- Que je ne vous aime plus, et ne vous aimerais plus jamais ! Ni toi, ni lui ! Mon cœur n'appartiendra plus jamais à personne. J'en ai marre de tous ces problèmes de cœur qui ne font qu'empirer les choses ! Alors autant ne plus aimer qui que ce soit pour que tout le monde soit content et hors de danger.

C'en était de trop pour Harold ! Il se devait d'agir et d'exprimer ce qu'il ressentait avec sincérité pour éviter que Verika perde tout ce à quoi elle tenait, même si elle avait elle-même pris la décision de fermer définitivement son cœur. De l'autre côté de la porte, Astrid et les autres étaient agglutinés contre la porte, l'oreille collée contre le bois. Ils n'entendaient presque rien, mais Astrid demeura attentive au cas où ça tournerais en bagarre armée.

- Verika, je refuse que tu fasses ça ! Ce qu'on ressent l'un pour l'autre, c'est moins puissant que ce qui t'uni à Dagur !

- Ma décision est prise Harold ! Ni toi, ni Dagur ne me ferait… !

- Laisse-le finir. Je suis curieux d'entendre ce que le briseur de ménage, le traitre, le menteur, ou encore mon faux-frère, a à dire pour sa défense ! Dit-il en souriant d'un air mauvais.

- Ne recommence pas à me donner des surnoms Dagur ! Ce qui s'est passé entre Verika et moi, c'était qu'une erreur ! S'énerva Harold

- Ah oui ? Et qu'est ce qui s'est passé exactement ? Mmh ? Insista Dagur

- Rien. Ce qui nous est arrivé… N'est rien d'autre qu'un caprice du destin, qui n'a servi à rien d'autre que de causer de la souffrance !

Tout comme Verika, la voix et l'expression faciale d'Harold changea.

- Verika. Tu dis avoir regretté de m'avoir avoué que tu m'aimais ? Et bien sache que moi… Je regrette de l'avoir entendu malgré mon état ! J'aurais même aimé ne jamais te revoir. Lui avoua-t-il d'un ton ferme

Elle ne répondit pas et se contenta de le fixer froidement. Entendre Harold dire ça, ça lui faisait du mal. Comme tout le reste.

- Même toi Dagur. Ajouta Harold sur le même ton

- Humph ! Sympa, mon frère ! Ricana Dagur

- Je ne suis pas ton frère ! Dernier avertissement !

Il reporta son attention sur Verika qui exprimait à merveille l'indifférence. Depuis l'enfance, les malheurs s'étaient accablés sur elle. Elle avait donc appris à dissimuler sa peine et ses sentiments en public. Du moins durant la majeure partie du temps.

- Les dieux ont voulu depuis le début que tu sois loin de moi ? Et bien je vais respecter leur volonté ! Tu n'es donc pas obligée de prendre une telle décision. Restez ensemble et soyez tranquilles ! Je ne serais plus jamais un boulet pour vous ! Je le jure sur les dieux !

Dagur se leva de table, foudroyant du regard le jeune viking. Verika les regardait successivement s'affronter du regard debout l'un face à l'autre. Elle se sentait mal. C'était le genre de situation qu'elle craignait. Tout ce qu'elle espérait c'est que ça ne tourne pas de nouveau en bagarre, et que cette discussion s'arrête au plus vite…

- Dis donc, espèce de traitre ?! Qui a dit que je voulais toujours d'elle après ce que vous m'avez fait, hein ?! Tu crois que parce que tu balance de grandes phrases, que tu agis noblement pour sauver ton honneur, et que tu jures sur les dieux… Que je vais te croire, retourner auprès d'elle et faire comme si de rien n'était ?! Ha ! Tu rêves ! Quand on te trahit une fois, les traitres reviennent toujours à l'assaut pour te trahir ! Encore et encore !

- Alors tu ne l'aimes pas assez pour lui pardonner ?! Dagur, c'est de ma faute si on est dans cette situation ! Elle n'y est pour rien !

- Je m'en moque ! Et puis elle nous a bien dit qu'elle ne voulait plus de nous ? Alors qu'elle se rassure ! Ça en fera un de moins dans ses pattes !

Dagur tourna brusquement son regard vers la jeune femme qui tourna également son regard vers le sien. Intérieurement, elle était abattue à cause de son regard. Quand il avait ce regard, c'était dur de le faire disparaitre. Verika ne reverrait donc plus jamais son regard si doux et empli de tendresse à son égard. Quel gâchis… Sa vie n'était que du gâchis. Rien ne durait. Tout n'était que rêves et illusions…

- Autre chose à nous dire Verika ? Hein ? Tant qu'on y est !

Elle le regarda deux secondes en silence, ignorant la douleur qui commençait à se faire sentir au niveau de sa blessure. Elle fit un oui de la tête et fit sa nouvelle annonce, la tête haute et le regard déterminé.

- Oui. Dès qu'on aura battu le Furie Nocturne… Je ne rentrerai pas avec vous sur l'ile des Parenvrilles.

- Quoi ?! S'exclama Harold

- Vu que mon destin, c'est de perdre tous ceux auquel je tiens les uns après les autres, je préfère dorénavant, et dès aujourd'hui, faire cavalier seule. Je ne veux plus jamais avoir affaire à l'un d'entre vous.

- Ouah. Tu veux vraiment te débarrasser de nous ? Et bien soit. Fait comme il te semble ! Après tout, tu n'es plus une petite fille. Tu es libre de faire ce que tu veux, et je ne vais pas m'embêter à te retenir puisque tu me chasse de ta vie ! Mais je préfère te prévenir, Verika. Si tu remets les pieds chez les Parenvrilles… Je saurais t'accueillir comme il se doit. Que mon père soit d'accord, ou pas !

- Dagur ! Tu… Tu viens de la menacer de mort ?! S'exclama Harold, outré de ce qu'il venait d'entendre.

- En tant que futur chef des Parenvrilles, je me suis permis de prononcer à l'avance une sentence à l'égard d'une traitresse qui vient de trahir son chef et futur époux. Non parce que vu qu'elle a refusé ma demande, alors que normalement, une femme n'est pas censée refuser la demande en mariage du chef, c'est déjà quelque chose que je ne tolère pas !

Harold ne savais pas quoi dire. Tout ce qu'il faisait, c'était de rester silencieux et de le regarder avec stupeur et colère. Il était vraiment sérieux ?! Il refusait d'y croire ! Si lui n'en revenait pas, Verika demeurait immobile, calme et indifférente. Elle avait pris ses décisions, Harold aussi, et là, c'était au tour de Dagur. Même si la plupart des gens dirait qu'il disait ça pour passer ses nerfs et expulser sa colère, Verika savait que ce qu'il disait était vrai. Et que s'il voulait la tuer, il le ferait ! Ce qui la chagrina intérieurement…

- Et puis, regarde-la ! Elle ne dit rien et ne réagit même pas ! Ce qu'on dit ou décide, elle s'en moque complétement !

- Tout à fait. Répondit-elle calmement. Maintenant, si vous voulez vous entretuer, vous pardonner, devenir les pires ennemis ou je ne sais quoi, faite comme vous voulez ! Je n'en ai plus rien à faire de ces histoires ! Oh. Une dernière chose…. Le premier qui aurait l'envie, et qui essaierait de reprendre mon cœur… Je lui ferais bien pire qu'une entaille. Dit-elle froidement en les regardant à tour de rôle, même si son regard se posa finalement sur Dagur.

- Hin. Message reçu. Mais y'a aucune chance que ça arrive. Sur ce, bonne fin de soirée !

Il lui tourna le dos et se dirigea vers la porte. Dehors, le groupe s'écarta le plus discrètement et le plus rapidement possible ! Mais avant que Dagur ne touche la poignée, il posa une dernière question à Verika.

- Une dernière chose. Le « non » de ma demande. C'était…

- C'était surtout par rapport à ce que j'ai dit. Mais pour être honnête, j'aurais préféré que tu me le demande plus tard, le temps que mon cœur te soit entièrement accordé, comme avant.

- Mouais. Et tu ne te demande pas pourquoi je te l'ai demandé maintenant, et pas à notre retour ? Rétorqua Dagur. Oh et puis à quoi bon… Bonne soirée !

Il sortit de la cabine sans ajouter un mot, et claqua la porte. Verika soupira tristement puis se dirigea vers sa couchette qu'elle déménagea dans le coin de la pièce. Comme elle était légèrement pale et en sueur, elle y alla en douceur.

- Verika…

- La discussion est finie Harold. Fiche moi la paix.

- Non, elle n'est pas finie ! Tu… Tu n'étais pas sérieuse quand tu disais que tu ne rentrerais pas avec nous ?

- Bien sûr que si. Tout ce que j'ai dit était on ne peut plus sérieux.

- Mais enfin… Verika ! Reviens sur tes paroles ! Ta place est sur l'île des Parenvrilles, et à nos côtés !

- Sauf que je ne suis plus rattaché à toi, ni à lui, et que je suis le seul maître de mon destin, Harold ! Je n'ai plus à obéir aux autres comme quand j'étais petite ! Et puis à quoi bon changer d'avis ? Tu l'as entendu ! Je suis bannie de l'ile et menacée de mort si je remets les pieds là-bas !

- Non mais tu ne vas pas croire ce qu'il a dit ?! C'était que des phrases en l'air pour faire sortir sa colère ! Ca n'avait rien de sérieux !

- Humph… Détrompe-toi. Quand Dagur dit ou fait quelque chose, il est toujours sérieux.

- Mais…

- Maintenant laisse-moi tranquille et occupe-toi de tes affaires et de ton groupe, d'accord ?! J'ai des choses à faire et j'aimerais les faire en paix !

Elle conclut froidement la discussion en emportant son sac, et Harold n'insista pas. Furieux, abattu, et n'ayant plus le goût à rien, il alla se coucher, le dos tourné à la jeune fille. Quant à Verika, elle termina d'installer sa couchette, puis trouva la force et le courage d'accrocher son drap sur les deux murs du coin. Ainsi, elle pourrait se soigner sans que quiconque la reluque. Le résultat n'était pas terrible vu qu'elle était blessée, mais le temps de ses soins, ça ferait l'affaire. Elle s'y glissa derrière, essoufflée et tremblante à cause de la douleur, mais aussi à cause de son chagrin. En ôtant son corset, elle revivait toute la discussion ainsi que toutes les réactions de Dagur et d'Harold, ce qui lui faisait monter les larmes aux yeux.

- Au moins… Tout est fini et plus personne ne risque rien… Ce n'est pas plus mal, même si j'ai tout perdu…

Elle pleurait en silence et serrait les dents quand elle désinfecta sa plaie. La douleur de sa blessure était un bon prétexte pour pleurer et gémir. Le groupe entra quelques minutes dans la cabine et ne s'approcha pas de Verika qui était toujours cachée derrière son drap. En silence, ils alternaient tristement leurs regards entre Harold et Verika. Et quand Dagur était sorti, ils l'avaient regardé tout aussi tristement qu'eux. Surtout en l'entendant hurler de rage en massacrant plusieurs tonneaux avec son épée ! Verika sortit alors de sa cachette. Elle était souffrante, en larmes et encore plus pâle. Elle accorda un bref regard aux autres et décrocha son drap avant d'aller s'allonger. Le groupe l'imita, mais Astrid s'approcha d'elle d'un pas timide et navrée mais elle se fit « gentiment » remballer par la rouquine qui disait vouloir dormir, et ne vouloir parler à personne !

Astrid abandonna à contre cœur et alla s'occuper d'Harold en espérant un meilleur résultat de sa part. En voyant son visage ravagé par toute cette histoire, et vu qu'elle avait tout entendu à travers la porte, elle savait qu'il se sentait mal et qu'il souffrait. Pareil pour Verika. Compatissante à sa douleur, elle soupira tristement, puis se coucha à son tour. Mais elle ne fut pas surprise de sentir la main d'Harold s'emparer de la sienne d'une main tremblante. Elle caressa alors de son pouce la main d'Harold et continua de le faire jusqu'à ce qu'il se calme et s'endorme.

Dehors, Dagur s'était calmé. Quand il rentra dans la cabine après avoir démoli des tonneaux et s'être brièvement expliqué avec un chasseur, il observa silencieusement la salle. A l'intérieur, il ne restait qu'une lampe allumée. La sienne. Malgré la demi-pénombre, il pouvait voir que tout le monde dormait et qu'il avait tous des airs tristes sur leur visage. Mais il prit soin de ne pas regarder Verika, même si son cœur le poussait à le faire. Il éteignit sa lampe et se coucha, le regard fixé au plafond, et il repensa à leur discussion. Mais en repensant également à sa demande qu'il aurait dû faire sur le pont… Au-dessus du ciel étoilé et de la lune scintillante… Et qui aurait du bien se passer comme il l'avait imaginé, son cœur se serra et des larmes s'écoulèrent malgré lui sur ses joues. Soudain, il entendit Verika gémir et respirer assez fort. Sa blessure devait vraiment lui faire mal. Son cœur lui disait de faire un geste, mais sa fierté, sa tristesse et sa colère l'empêchait de réagir. Il lui tourna alors le dos et essaya de s'endormir.

Le lendemain, le petit déjeuner fut morbide. Le groupe resta entre eux, mais Verika et Dagur restèrent dans leur coin pour prendre leur petit déjeuner. Aucun membre du groupe n'osa parler ou lever le regard sur eux, de peur que la situation empire. Verika se cacha de nouveau pour se soigner, puis elle sortit de la cabine avec son arc, ses flèches et un petit baluchon dans la main, qui contenait de l'eau et de quoi manger pour la journée. Le groupe et Dagur devina qu'elle avait l'intention de siéger au sommet du mât jusqu'à ce soir. Jusqu'à ce que le navire atteigne les rives de l'île du Furie Nocturne, la situation entre Verika et les autres n'avait pas changé. L'archère s'était montrée froide et distante avec tout le monde. Personne ne faisait exception. Quant à Dagur et Harold, ils s'étaient également montrés froids et distants avec elle. Et entre eux… La distance et les mauvais regards n'avaient pas cessés.

Verika avait passé le reste du voyage au sommet du mât, veillant l'horizon, et n'était redescendue que le soir pour aller se coucher. Et pour ce qui était de sa blessure, elle avait pris de quoi se soigner dans ses affaires. Elle était presque rétablie, mais la prudence était encore conseillée. Quant aux autres, ils avaient poursuivis leur entrainement, et Ryker ne s'était pas du tout préoccupé de leurs histoires. Il avait enfin terminé de préparer le poison. Les différents dragons dans les cages de son navire furent donc les premiers cobayes. Et quand ils tombèrent engourdis et raides morts en moins de dix secondes, toutes espèces confondues, Ryker étira un large sourire satisfait. Il n'y avait plus qu'à prier les dieux pour que ce poison soit aussi efficace sur le Furie Nocturne.

oO*Oo

L'île était enfin en vue, en début de l'après-midi du deuxième jour. Depuis le sommet du mat, Verika avait une très belle vue. L'île était immense, feuillue et possédait beaucoup de roche. Au cœur de l'île, se trouvait une montagne enneigée, dont le sommet avait la forme de deux cornes de dragon très larges et très hautes, qui montaient vers le ciel et dont une pointe était plus haute que l'autre. D'un air songeur, Verika se disait qu'ils n'atteindront pas facilement cette montagne, qui pour elle, devait être le repaire du dragon noir. Outre le terrain à parcourir, ils allaient sûrement croiser des dragons sauvages. Ou même le Furie en personne ! Plus elle examinait cette île, plus elle s'étonnait de voir que ce démon vivait dans un tel endroit. Elle l'avait plutôt imaginé vivant sur une île aussi lugubre que l'île des Exilés.

N'étant pas repéré pour le moment, Ryker donna à ses hommes l'ordre de cacher le navire dans une cachette nichée dans une large falaise, à l'écart de l'île. Caché dans la roche, le navire ne risquerait rien. Sur son ordre, tout le monde se rassembla sur le pont pour recevoir ses instructions.

- Bien. Ecoutez-moi attentivement. C'est ici que la chasse commence ! Nous ne pouvons plus faire marche arrière ! Nous avons la Dragonsword et le poison Vorpent ! La vie du Furie nocturne touche à sa fin !

- Euh... Vous êtes sûr que c'est la bonne île ? Non parce que ça ressemble plus à une île paradisiaque. Et je dois dire que je suis déçu. Remarqua Kranedur.

- Ouais. On s'attendait plus à voir une île qui représente l'enfer ! Ajouta sa sœur

- Ne vous fiez pas aux apparences. L'île est peut-être ce qu'elle semble être, mais le mal règne à l'intérieur ! Bref. D'après ce qu'on sait, notre cher Furie aurait élu domicile au sommet de la montagne enneigée. Le but de notre mission est simple. On traverse l'île pour atteindre le sommet, on le tue, et on rentre. Pigé ?

L'ensemble de l'équipage hocha la tête d'un bloc, encore plus motivé pour en finir avec ce maudit dragon noir ! Ryker s'approcha d'un chasseur qui tenait six carquois de flèches dans ses mains, mais fermés, sans flèches dedans, et sans la sangle pour l'attache dans le dos, ce qui intrigua le groupe. Il en donna trois à ses meilleurs tireurs, il en prit un pour lui, puis il en donna un à Verika, qu'elle examina avec curiosité.

- A part la rouquine, qui est doué à l'arc ? Il en reste un.

- Moi. Répondit Dagur

- Bien. Vu vos têtes, je vais vous expliquer. Ce carquois ne s'attache pas dans le dos, mais à la ceinture, parce qu'il contient des flèches disposées assez spécialement. Regardez.

Il ouvrit son carquois et le montra à l'ensemble du groupe et de ses chasseurs. A l'intérieur, six flèches étaient accrochées sur les rebords du carquois. Ryker en retira une et le groupe put voir que la pointe de la flèche était cachée dans une espèce de petit sac noir, solidement attaché à la tige.

- Dans ce sac, ce trouve le poison de Vorpent sous forme liquide. En tirant, la flèche atteindra sa cible, et avec l'impact, la flèche percera le sac et le poison s'écoulera sur la peau du dragon. Vu que les écailles du Furie sont trop solides, essayez de viser la tête. Le poison entrera par la bouche, les yeux ou les narines, et ça devrait le mettre à terre. A ce moment-là, votre ami profitera de cette occasion pour lui asséner le coup de grâce avec la Dragonsword. Conclut-il en adressant un regard à Harold.

- Compris. Répondit Harold.

- Sur ce, prenez vite ce qu'il vous manque et montez dans les barques ! On descend dans cinq minutes !

Le groupe retourna dans leur cabine prendre leurs affaires manquantes, et Verika et Dagur furent les premiers à sortir, ayant déjà tout ce qu'il fallait sur eux. Elle monta alors dans la barque et attendit patiemment le départ, pendant que Dagur s'équipa d'un arc sur le pont. Sans adresser un seul regard à Verika, Dagur monta à son tour dans une autre barque, dos à Verika. Hors de question pour lui de monter avec elle ! Verika ne l'en blâma pas. Malgré sa colère, elle reconnaissait avoir mérité ce qui lui arrive. Si elle n'avait pas laissé son cœur se partager en deux au lieu de rester ferme et fidèle, aucun d'entre eux n'en serait là... Quelle ironie quand même ! Elle qui n'avait cessé de vouloir agir pour le bien de tous… Tout le monde souffrait et tout le monde avait perdu quelque chose ! Pourtant, elle trouvait une partie de cette histoire injuste ! Harold et elle n'avait pas échangé un vrai baiser, ne c'était pas fait une vrai déclaration, et ils n'étaient pas allés plus loin ! Elle n'osait imaginer ce que ça aurait donné si ça avait été le cas et que Dagur l'apprenne ! Mais peu importe les regrets et le passé. Ce qui a été fait est fait, et ce qui a été dit est dit. Et leurs histoires personnelles ne devaient pas mettre en péril leur mission ! Pas en étant si proche du but ! La dernière chose qui l'attrista, c'était de constater que leurs promesses d'antan ont été mutuellement rompues. L'un avait finalement abandonné l'autre, en plus de l'avoir fait souffrir…

Ryker les regardait d'un air étonné, mais haussa vite les épaules vu que ce n'était pas ses oignons et qu'il n'en avait rien à faire. Cinq minutes plus tard, toutes les barques du navire descendirent à la mer, avec à leurs bord Ryker, ses hommes et le groupe. Il n'y avait plus personne sur le navire. Le trajet fut rapide et prudent. Ils ne mirent pas longtemps pour atteindre l'île et s'étonnèrent de ne pas avoir encore reçu un comité d'accueil ! Restant sur leur garde, ils suivirent Ryker sur la plage, pour ensuite pénétrer dans un sentier niché dans la forêt qui bordait le tour de l'île. Cette forêt n'avait rien à voir avec les forêts de Berk ! Celle-ci était plus dense, plus diverse et plus grande que depuis la plage. Malgré qu'ils étaient nombreux dans cette forêt, ils arrivaient à avancer les uns derrière les autres, demeurant aux aguets d'un danger qui n'était toujours pas survenu. Tout le monde trouvait ça bizarre en fait ! L'île était déserte ou quoi ?! Ryker était sûr que c'était la bonne île ? Vu qu'il venait de donner la même réponse que Krane à Rustik, mais sur un ton moins patient, personne n'osa encore en douter !

La traversée dans cette forêt dura deux heures interminables. Même si on ne le voyait pas vraiment, le soleil tapait à travers les feuillages et sur les nerfs ! Ça devenait pénible d'avancer avec cette chaleur étouffante et d'en suer à cause d'elle ! De plus, la soif se faisait de plus en plus sentir. Les gourdes étant presque vides et l'eau n'étant plus si fraîche, il fallait vite trouver un point d'eau. Et ils en trouvèrent un dix minutes après que les jumeaux aient entamés leurs gourdes ! Quelle chance ! L'endroit était absolument magnifique ! Il y avait une petite cascade qui s'écrasait dans un beau point d'eau entouré de roches et de végétations, mais aussi par la forêt.

- J'y crois pas ! C'est de la folie ! Regardez ça ! Vous avez vu ?! S'exclama Rustik, ébahi devant un tel endroit

- C'est vrai. C'est dingue comme cet endroit est magnifique ! Souriait Astrid

- J'suis d'accord. Pensa Verika

- Bien. Remplissez vite vos gourdes ! On reprend la route dans cinq minutes !

- Cinq minutes ?! On ne peut pas rester plus longtemps ?! S'étonna Rustik

- On a une mission à remplir, je vous rappelle ! Pas le temps de traîner et de prendre du bon temps !

- Relax, Ryker. Au contraire, je crois surtout que ce serait utile de traîner ici un petit moment. Signala Astrid

- Et pourquoi ?

- Parce que ça fait des jours qu'on n'a pas pris de bain. Pour preuve, certains commencent à sentir plus que d'autres ! Et je pense que ça ferait du bien au moral des troupes, ainsi qu'à notre sécurité. Manquerait plus que des dragons nous traquent à cause de nos odeurs de transpiration ! Mais comme c'est toi le chef de cette expédition, c'est toi qui vois.

- Mmh… Pas bête. Vingt minutes. Pas plus. Céda-t-il

Avec un grand sourire, Astrid emmena ses amis autour du point d'eau pour remplir leurs gourdes et se désaltérer. Ryker et ses hommes firent de même, même si le chauve demeurait aux aguets. Cette île était trop calme à son goût. Ça cachait surement quelque chose ! Une fois les gourdes remplies, c'était l'heure du bain !

- Aller ! Le dernier dans l'eau est un vieil œuf de 2000 ans tout pourri !

- Wouhou ! C'est parti ! S'exclamèrent les jumeaux

- Tu pique une tête avec moi, Harold ? Demanda Astrid avec un immense sourire

- Pourquoi pas ! Souriait-il

Verika les regarda faire et s'approcha plus calmement de l'eau, tout comme Dagur. Ce dernier lui avait adressé un bref regard dès qu'elle s'était avancée. Après avoir fait trempette, les jumeaux nagèrent jusqu'à deux petits rochers au milieu de l'eau et essayèrent de tenir le plus longtemps en équilibre dessus. Dagur nettoyait sa barbe, Astrid et Harold étaient assis l'un à côté de l'autre dans l'eau, et Rustik était également dans l'eau, le dos allongé contre la paroi rocheuse.

- Oh mon Thor… Dommage que c'est l'île du Furie Nocturne, parce que cet endroit donne vraiment envie de rester ici et de ne jamais rentrer… Dit-il d'un air complètement détendu

Dagur était pas loin et avait clairement entendu ce qu'il venait de dire. Automatiquement, il repensa à ce que Verika avait dit sur le fait qu'après leur victoire, elle ne rentrerait pas avec eux et entamerait une vie solitaire. Son réflexe fut de lever discrètement son regard vers Verika, qui s'était installée plus loin sur la roche, les pieds flottant dans le vide. Il ne lui avait pas adressé la parole ou le moindre regard franc depuis cette fameuse soirée, mais pour être honnête avec lui-même, elle lui manquait. Horriblement même… Chaque fois qu'il la regardait sans qu'elle s'en aperçoive, il sentait son cœur se serrer et les regrets l'envahir. Il reconnaissait avoir dit toutes ces horreurs sur le coup de la colère, et il s'en voulait.

- Quel idiot… Elle avait quand même sincèrement décidé de me pardonner pour ce que j'ai fait à Eret, elle a eu le courage de me dire la vérité sur elle et Harold, et malgré tout, elle avait maintenu son choix. Même si elle dit ne plus vouloir aimer et vouloir être seule, je vois bien que ces décisions la font souffrir. Je la connais quand même ! Et moi... Même si j'ai dit que je ne l'aimais plus, que je la rejetais et que je n'hésiterai pas à la tuer… En la regardant… Je me rends compte que je ne veux rien de tout cela ! Au contraire, je veux qu'elle me revienne ! Je veux la revoir sourire ! L'entendre rire ! Lui demander pardon ! Lui dire pourquoi je voulais lui demander sa main ce soir-là ! La serrer dans mes bras ! L'embrasser ! Bref… Retrouver ma Verika…

Dagur soupira discrètement et continuait de réfléchir, le regard rivé sur la surface de l'eau. Verika regardait tristement les autres s'amuser et être ensemble, et regrettait de ne plus pouvoir se joindre à eux à cause de ses décisions.

- C'est marrant. Ils sont là, devant moi, mais ils me manquent. Tous. Mais comme je l'ai clairement dis… Je ne veux plus avoir affaire à qui que ce soit. Je veux rester seule, alors autant m'y habituer, même si pour être honnête, j'en souffre. Humph… Et des que cette mission sera finit… Où est-ce que je vais aller ? Vu la taille de l'archipel, j'ai le choix ! Ça va me faire drôle de vivre ma vie en solitaire et de me défendre seule contre des dragons sauvages. Pas que je ne m'en sens pas capable, mais depuis toujours, j'ai fonctionné en équipe avec Marina et Dagur…

En buvant une gorgée d'eau, elle porta discrètement son regard sur Dagur.

- Dagur… Je crois que de tous, c'est lui qui me manque le plus. C'est même évident ! J'ai beau regarder Harold, il me manque moins que lui ! Pourtant… Même si j'ai des sentiments pour lui, je crois que ça doit être ceux que je ressentais à l'époque. Son retour dans ma vie a été un vrai chamboulement et j'ai mal su gérer tout ça. Et résultat… J'ai perdu Dagur et il me hait… Depuis l'incident, Harold traîne tout le temps avec Astrid… D'un sens, tant mieux… Et je n'ai plus aucuns amis. Cool.

Elle poussa un léger soupir, enlaça ses bras autour de ses genoux et regarda Harold pendant un bon moment. Il était assis aux côtés d'Astrid et semblait heureux auprès d'elle. Et c'est à force de le regarder et de repenser à ce qu'elle ressentait pour lui, qu'elle se rendit compte d'une chose qui la rendit perplexe ! Son regard était posé sur Harold, mais il s'était de lui-même posé à de nombreuses reprises sur Dagur ! Et son cœur aussi était à chaque fois tourné vers Dagur dès qu'elle regardait Harold !

- Nom de Thor… Il me suffit de vivre tout cet enfer émotionnel pour me rendre compte que le seul pour qui mon cœur bat d'un amour sincère… C'est Dagur ! J'ai cru que j'aimais Harold tout autant que lui… Mais c'est faux ! C'est mes sentiments du passé qui ont resurgit et je me suis progressivement laissée envahir par eux en le côtoyant! Et puis le fait qu'il ait beaucoup changé en bien et qu'il soit empli de charme m'a aussi perturbée, tout comme les récents événements qui n'ont pas arrangé mes souffrances ! Quelle andouille ! Toutes ces années auprès de Dagur… Gâchées à cause de tout ça ?! Bwaaa ! J'me dégoûte !

Elle frissonna de dégout et frotta nerveusement son épaule tatouée. Se souvenant de son tatouage, elle y jeta un regard. Tristement, elle regardait ses doigts retracer le dessin de l'Ecrevasse, qui à ses yeux, était le symbole de sa véritable tribu. Elle leva ensuite les yeux vers sa mèche qui lui tombait légèrement devant les yeux.

- Mes cheveux… Mon tatouage… Même mon armure… Tout ça, c'est des souvenirs de ma vie avec Dagur. C'est lui qui m'a donné envie de me couper les cheveux aussi court que lui et de me faire un tatouage de la même couleur que les siens. C'est lui qui a tant fait pour moi. C'est lui qui m'a aidée, réconfortée, écoutée, soutenue, aimée, conseillée, entrainée… Pas Harold ! Pff. C'est ridicule. Je n'ai pas besoin d'énumérer tout ça pour me convaincre que je l'aime plus qu'Harold. C'est l'évidence même ! J'aime Dagur de tout mon cœur ! Je l'aime toujours autant et je continuerais de l'aimer lui, et aucun autre homme ! Lui seul suffirait à me combler de bonheur ! Et c'est ce qu'il a fait, avec Marina et Osvald. Et maintenant… Je n'ai plus rien… Pensa-t-elle, les yeux brillants

- Tu ne vas pas te baigner avec les autres ?

Surprise, Verika regarda derrière elle, et vit Ryker qui la regardait avec les bras croisés. Haussant les épaules, elle reporta son regard sur le décor.

- Pas envie. Et puis, je me suis déjà lavée. Contrairement aux hommes, les femmes ne sentent pas autant le fauve. Rétorqua-t-elle froidement.

- Mmh, mmh.

Face à cette réponse, Ryker aurait pu se contenter d'hausser à son tour les épaules et de s'en aller, mais il ne le fit pas. Il se contentait de rester-là, à regarder cette rouquine dont la répartie et le sale caractère lui tapait sur les nerfs ! Il se demanda même pourquoi il était allé la voir ! En regardant le point d'eau, Ryker eut une petite idée. D'un regard légèrement amusé, Ryker attrapa Verika par le rebord de son corset et la souleva rapidement sans qu'elle n'ait eu le temps de réagir ! Vu qu'il était plus grand et plus fort qu'elle, pour lui, c'était comme s'il portait un simple sac de voyage ! En bas, le groupe porta à tour de rôle son regard sur eux, intrigué de ce qui se passait. La curiosité de la jeune femme, tout comme sa crainte, augmenta quand elle vit Ryker s'approcher davantage vers le rebord.

- Ryker, qu'est-ce que tu fais ?! Non mais… ?! Repose-moi tout de suite ! Protesta-t-elle

La majorité du groupe et de ses hommes venait de comprendre son intention ! Le sourire du chauve s'intensifia, puis il prit de l'élan….

- Bonne baignade ! S'exclama-t-il tout joyeux

… et il balança de toutes ses forces la jeune femme dans les airs, qui hurla un puissant « AAAAAAAAAAH » sous le coup de la peur et de la surprise ! La bouche entrouverte, bouche bée ou encore amusé pour certain, tout le monde suivi Verika du regard jusqu'à ce qu'elle atterrisse la tête la première dans l'eau et éclabousse tout ce qui se trouvait autour d'elle ! L'effet de surprise fit même tomber les jumeaux de leurs rochers ! Verika remonta à la surface, les cheveux devant les yeux. Elle recracha l'eau qu'elle avait dans la bouche et dans le nez, puis elle balaya d'un rapide revers de main ses mèches trempées et adressa un regard furieux envers Ryker qui était mort de rire !

- SALE CRETIN DE CHAUVE ! ÇA VA PAS NON ?! TU IMAGINES SI JE M'ETAIS FRACASSEE LE CRANE CONTRE UN ROCHER?!

- Joli plongeon ! Hahaha ! Ravi de voir que je n'ai pas raté mon coup ! Ça m'aurait fait des pièces d'or en moins si j'avais ramené ton cadavre auprès d'Osvald ! Hahaha !

- Rhoo, je vais le… JE VAIS TE…

- Maintenant arrête de râler et profite de l'eau ! Hahaha !

Elle fronça davantage le regard et serra les dents à force de le regarder, puis quand son regard croisa celui du groupe, il devint moins sévère. Le souffle rapide, elle les regardait à tour de rôle, ressentant de la colère pour chacun d'entre eux. Après tout, c'est de leur faute si son cœur a été troublé et que l'instant magique qui aurait dû lui être accordé a été anéanti ! Elle reconnaissait également que s'ils s'étaient tous montrés discrets au sujet de cette bague, elle aurait accepté la demande de Dagur ! Mais quand son regard sévère croisa celui de son seul et unique amour, son cœur se serra quand elle vit qu'il se contentait de la fixer, sans rien exprimer de bon ou d'encourageant, même si ça l'avait amusé de l'entendre hurler contre Ryker ! Ne pouvant supporter davantage ce regard, elle regagna la rive et se dirigea vers la forêt. Astrid voulait la suivre pour lui parler et lui venir en aide, mais quelque chose lui disait de ne pas y aller, alors elle resta dans l'eau avec Harold. Après quelques pas, Verika s'adossa contre un arbre et en profita pour essuyer son visage et remettre ses cheveux en place.

- Rrrh… C'est officiel, je déteste ce type ! Maugréa-t-elle en repensant à Ryker.

Quand elle eut fini, elle resta un moment contre l'arbre à regarder le vide devant elle, ainsi que l'eau qui s'égouttait le long de ses mèches. Elle repensait à Dagur, à son regard et à ses sentiments toujours aussi profonds pour lui, mais les larmes lui montaient de nouveau aux yeux. Pour passer ses nerfs et son chagrin, elle attrapa sa dague et fit plusieurs moulinets agiles et rapides, passant ainsi sa dague d'une main à l'autre. Elle allait de plus en plus vite, jusqu'à ce qu'elle se blesse légèrement à la main avec et qu'elle la lance avec rage dans un arbre ! Les yeux débordant de larmes, elle regardait sa dague, puis sa coupure sur le dos de sa main, tout en repensant aux prouesses que Dagur accomplissait avec les siennes. Se dire qu'il pourrait la tuer avec un simple lancer lui glaça le sang ! Tremblante de chagrin, elle se laissa tomber par terre, dos contre l'arbre.

- Etais-tu sincère… ? Après tout ce temps passé ensemble… Après tout ce qu'on a vécu et traversé… Tu n'hésiterais pas à me tuer… Pour une stupide erreur… ?

Elle éclata pour la première fois en sanglot et enfouit sa tête dans le creux de ses jambes. Elle pleura un court instant, revivant dans sa tête tous ses moments de tendresse et de complicité avec Dagur. Puis quand elle releva son visage, elle cala son crane contre l'arbre et regarda tristement les rayons du soleil qui tentaient de percer à travers les arbres. Soudain, elle fronça le regard, intriguée par une odeur. Une odeur sucrée. Délicieusement sucrée… Malgré la chaleur étouffante, ça sentait tellement bon, qu'elle était incapable de penser à autre chose ! Son chagrin venait subitement de disparaitre pour laisser place à la gourmandise et à la curiosité ! Elle se demandait d'où pouvait provenir cette odeur, alors elle se leva lentement et marcha droit devant elle, se laissant guider par cette odeur hypnotisante, tel un zombie.

Au point d'eau, dix minutes après que Verika soit entrée dans la forêt, le temps de pause accordé par Ryker toucha malheureusement à sa fin. Le groupe tout entier rassembla ses affaires, triste de partir, mais fraichement requinqué. Quand Ryker demanda au groupe où était passé Verika, ils lui répondirent qu'ils ne l'avaient pas revue depuis son entrée dans les bois. Astrid se désigna pour aller la chercher. Mais ne la voyant pas, elle se mit à l'appeler, mais elle n'obtint aucune réponse. C'était le calme plat, à part le léger bruit du vent dans toute la végétation. Inquiète, elle continua de la chercher et de l'appeler, mais la seule chose qu'elle trouva, c'était sa dague plantée dans l'arbre et des traces de pas sur un sentier. Elle l'extirpa du tronc, mais son inquiétude augmenta quand elle sentit à son tour une odeur sucrée. Connaissant la cause de cette odeur, elle retint sa respiration et courut sans plus tarder rejoindre ses amis ! Ces derniers s'étonnèrent de la voir revenir en courant, et de reprendre son souffle une fois revenue auprès d'eux.

- Astrid ? Qu'est-ce qui se passe ? Où est Verika ? Demanda Harold

- En danger… Elle… Il…

- Hein, quoi ? Attend. Reprend ton souffle et explique-nous !

- Pas le temps… Elle… Un dra… Dagur !

- Quoi ?

Dagur s'était joint au groupe, intrigué de revoir la blonde revenir dans cet état, et sans Verika. Etant essoufflée et inquiète, Astrid fit de son mieux pour poser correctement sa question.

- Est-ce que… Dans sa vie… Verika… A déjà croisé… Une Douceur Fatale ?

- Non, pourquoi ?

- Parce que j'ai senti l'odeur sucrée que ce dragon utilise… Pour attirer ses proies jusqu'à elle ! Comme on en a déjà croisé un lors d'une mission… J'ai su reconnaitre l'odeur avant de me faire avoir… Mais je crois que ce n'est pas le cas de Verika ! Tout ce que j'ai retrouvé… C'est des traces de pas sur un sentier… Et ça. Dit-elle en montrant la dague

- C'est bien la sienne… Affirme-t-il avec inquiétude

Le son de sa voix laissait sous-entendre à Harold que Dagur ne se fichait pas du sort de Verika. Il s'inquiétait encore pour elle ! Et s'il s'inquiétait, alors ça voulait dire qu'il l'aimait toujours et qu'il y avait peut-être une chance pour que tout s'arrange entre eux ! Du moins s'ils arrivent à temps pour la sauver…

- Bon. Protégez votre respiration avec un bâillon et partons tout de suite à sa recherche !

- Où est-ce que vous allez ? Où est la rouquine ? Demanda Ryker qui venait d'arriver

- En proie à une Douceur Fatale ! Nous partons la sauver ! Répondit Astrid

- Une Douceur Fatale ? Mmh… Intéressant… Besoin d'aide ?

- Ça ira Ryker. Donne-nous cinq minutes. Répondit Dagur derrière son bâillon

- Tiens donc ? Tu pars la sauver ? Je croyais que t'en avait plus rien à faire d'elle, vu que vous vous faites la gueule depuis deux jours !

Dagur ignora sa remarque et s'élança au pas de course dans la forêt, suivis du reste du groupe. Sachant parfaitement suivre une piste dans la forêt, que ce soit d'un humain ou d'un dragon, Dagur prit la tête du groupe. Il n'en avait rien à faire des remarques et des avis que pourrait faire les autres à son sujet ! Tout ce à quoi il pensait, c'était Verika et au danger qu'elle courait. Lui qui voulait sincèrement se faire pardonner et la reconquérir, c'était l'occasion ou jamais ! Attentif au son et au moindre indice, il courait à travers le sentier, suivis au pas de course par Harold et les autres.

- Quand même… Ça m'a toujours fait rire ce nom pour un dragon ! Douceur Fatale… On dirait plus le nom d'une friandise toxique qu'autre chose ! Dit Rustik

- Carrément ! Ça ne fait pas très menaçant ! Acquiesça Kogne

- Pas besoin qu'un dragon porte un nom horrible pour être terrifiant, vous savez ! Rien que le fait de penser à sa méthode de capture me fait froid dans le dos ! Leurs répondit Harold

- Rhaa, c'est de ma faute ! Je n'aurais pas dû la laisser seule ! J'aurais dû la suivre comme je voulais le faire ! Ragea Astrid

- Ce n'est pas ta faute, Astrid ! Personne ne pouvait prévoir que ce genre de dragon vivait dans cette partie de l'ile !

- Mouais… Ce point d'eau était trop magnifique pour être vrai. Pas étonnant qu'on ait trouvé aucune bêtes, ni aucuns dragons dans le secteur ! S'ils savent qu'une Douceur Fatale logeait dans le coin, ils ont dû vite déguerpir pour pas ce faire dévorer !

- Ou alors elle change fréquemment d'endroit quand elle voit qu'il n'a plus rien à manger!

- Et comme par hasard, on tombe sur ce dragon dès notre arrivée !

- Vous pouvez-vous taire deux secondes ?! J'essaie de me concentrer pour la retrouver et l'entendre! Ordonna sévèrement Dagur, à bout de nerfs

- Désolé de te dire ça Dagur, mais même qu'on parle, on n'entend rien depuis tout à l'heure ! Peut-être qu'elle s'est déjà fait…

- RUSTIK ! Ferma la, ou je te…

- Je la vois ! Droit devant ! VERIKA ! S'exclama Astrid

Le groupe vit enfin Verika qui continuait de marcher sans pour autant avoir entendu Astrid. Elle n'était plus sur le sentier, mais dans une petite clairière. Toujours envoutée par l'odeur sucrée, elle marchait vers une curieuse plante à quatre tiges, aux jolies couleurs verte et jaune, et recouvertes d'épines rouges. Verika tendit alors sa main vers la plante qu'elle trouvait extrêmement jolie, alors que le groupe entra dans la clairière. Ses doigts étaient à quelques centimètres de la plante, que les tiges se mirent à bouger sur elles même, et que chaque bulbe s'ouvrit en trois mâchoires !

- VERIKA ! RESTE PAS LA ! VA-T'EN ! S'exclama Harold

Ne la voyant pas réagir à sa mise en garde ou au danger qui se manifestait devant ses yeux, Harold attrapa son bouclier et tira sur Verika. La corde cachée dans son bouclier s'enroula autour de la taille de la rouquine, qui se fit aussitôt ramener de force vers le groupe ! Une fois à leur côté, Astrid lui appliqua un bâillon sur le nez, ce qui fit légèrement revenir Verika à la raison.

- Hein ?! Mais qu'est-ce que… ? Où… Où suis-je... ?!

- En sécurité, maintenant. Souriait Astrid avec soulagement

- Euh… Quelqu'un peux me dire ce que c'est que cette plante ?! Demanda Rustik en regardant la plante qui continuait de gesticuler dans tous les sens

- Trop cool ! Je veux une plante comme ça chez moi ! Pour chasser les insectes, ce serait trop pratique ! S'enthousiasma Kogne

- Ou éloigner les Viking trop collants ! Héhé ! Souriait Krane

Le reste de la plante s'extirpa des buissons dans lesquels elle était cachée, dévoilant ainsi un corps, quatre pattes, des ailes, et une longue queue double ! Les quatre têtes se tournèrent à l'unisson vers le groupe, puis elles se mirent à rugir de leurs mâchoires totalement déployées, crachant ainsi de légers filets de bave !

- Ce n'est pas une plante… C'est un Rapidopiège ! Rétorqua Harold

- Plante ou dragon... Un bon coup de hache et on en parle plus ! Ajouta Dagur d'un regard sévère envers le dragon

- Et la Douceur Fatale ? Où elle est ? Demanda Astrid en regardant autour d'elle

- Dans l'immédiat, ce n'est pas ce qui nous importe, Astrid. Lui répondit Harold

- Il a raison. Astrid ? Emmène Verika à l'abri. On se charge de ce dragon. A cinq contre quatre têtes, ça devrait vite être réglé, même si personnellement, je pourrais m'en charger tout seul. Déclara-t-il, hache à la main

- Vous êtes sûrs que ça va aller ? Demanda Astrid

- Oui. Veille sur elle, c'est tout ce que je te demande !

Comprenant ce que ses paroles signifiaient, Astrid esquissa un léger sourire et emmena Verika qui était encore légèrement dans les vapes à cause du parfum sucré. Une fois les filles hors de la clairière, le reste du groupe fit face au dragon multi-tête, mais aussi face à la Douceur Fatale qui venait de sortir du sol. C'était un dragon assez petit, long et beige. Il avait une longue queue, des petites ailes, une langue très rose et ondulée, et un corps qui semblait être recouvert de bourrelets grassouillets. Ce qui explique que le groupe n'arrivait pas à distinguer les yeux du petit dragon qui devaient être cachés en dessous d'un de ces bourrelets. Le dragon rejoignit les rangs du Rapidopiège après lui avoir adressé un regard amical, puis il se mit à grogner en regardant le groupe.

- Ah d'accord. Comprit Harold avec une légère grimace

- Hé ? Pourquoi le Rapidopiège n'est pas affecté par le parfum sucré ? Et pourquoi ils font équipe ?! S'étonna Rustik

- Justement, Rustik. Ils font équipe parce qu'ils sont amis. Le regard qu'ils ont échangé en dit long sur leur amitié et leur coopération. Répondit Harold

- Leur coopération ? S'étonnèrent les jumeaux

- Oui. Je pense que l'un attire les proies et l'autre les dévorent… Avant de se partager les restes.

- Humph. Qu'il y ait un ou deux dragons… Peu importe ! Ils vont regretter d'avoir choisi ma femme comme casse-croûte ! YAAA ! Hurla-t-il en chargeant sur les dragons, hache à la main