Salut à tous ! :D Bon. Pour ceux qui détestent vraiment Verika ou pour ceux qui l'adorent, j'ai le regret, ou la joie, de vous annoncer que dans ce chapitre… ELLE MEURT ! Voilà ! x)
Alors oui, les deux groupes vont se retrouver, le Furie Nocturne fera son apparition, y'aura encore du drama, du sang et plus encore ! ;)
Pour le bras d'Astrid, oui, il y aurait pu y avoir une autre solution, mais j'avais envie de lui couper le bras histoire d'ajouter encore un peu de drama et de violence à ce chapitre qui en contenait déjà pas mal ! x) Et plutôt que d'hésiter entre le choix de la laisser en vie et qu'elle se rétablisse, ou qu'elle meure, cette idée me plaisait dès le départ. Et puis j'avais encore besoin d'elle en vie pour la suite de l'histoire. Voilà ! :)
Alors infos spéciales : Ce chapitre est l'avant dernier en ce qui concerne le passé ! Au total, la fic fait 27 chapitres et il se conclura sur le présent. :) Mais ce chapitre vous offrira ENFIN les réponses que vous attendiez en ce qui concerne l'apparition d'Harold dans le présent et sa haine envers la famille Grimborn, etc. ;)
Voilà, voilà ! J'espère que ce chapitre vous plaira ! Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos avis dans les reviews ! ;) Encore merci à vous tous, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ! ^^
Chapitre 25 - Ultime étape
A quelques mètres du camp d'Harold, le groupe de Ryker s'apprêtait à quitter son bivouac après avoir repris des forces. Le temps qu'ils rassemblent leurs affaires, ils entendirent la voix d'une femme, celle d'Astrid ! Kognedur et Rustik n'eurent plus aucun doute. C'était bien elle ! Elle était en vie, mais elle avait des ennuis vu comment elle venait de hurler ! Son hurlement leur glaça tellement le sang, que leur inquiétude redoubla ! Ils réussirent à convaincre Ryker d'aller à son secours, mais ce dernier semblait songeur et attentif.
- Qu'est-ce qui y'a ? Demanda Kognedur
- Sa voix ne provient pas de la direction prise par les Vipères…
- T'es sûr ?
- Oublie pas que je suis un chasseur expérimenté, blondinette. Et mes oreilles m'induisent rarement en erreur. Et d'après ce que j'en crois, l'écho de sa voix peut vouloir dire que vos amis ont peut-être réussi à la sauver.
- Sérieux ?!
- Oui. Mais pourquoi elle hurle à la mort, ça, je n'en sais rien.
- Dans ce cas, il ne faut pas trainer ! Allons-y ! Déclara-t-elle avec détermination
Le groupe se mit alors à la recherche d'Astrid en se fiant à ce qu'a entendu Ryker. Pour Kognedur et Rustik, l'espoir de revoir leur famille et leurs amis les submergeaient de toute part, tout comme Dagur qui espérait revoir Verika. Seulement lui, était plus discret qu'eux sur ses émotions.
oO*Oo
Loin des autres, de l'autre côté du point d'eau, Verika demeurait agenouillée sous la pluie. Elle profitait de cette opportunité pour chasser au maximum le sang qui était encore sur elle et sur son épée, mais aussi pour soigner ses blessures et verser quelques larmes. Dans l'abri, Astrid souffrait de sa mutilation malgré tous les bons soins d'Harold et de Kranedur. Ils lui donnaient à boire et à manger, épongeaient son front, désinfectaient au maximum son bras et arrêtaient son saignement avec ce qu'ils avaient sous la main. C'est sûr que s'ils avaient leurs sacs de voyage, ils auraient pu la soigner dans de meilleures conditions ! Dix minutes plus tard, Verika revint dans l'abri non sans être légèrement pâle malgré son teint d'origine. Dans sa main, elle avait le poulet qui était resté par terre. En le revoyant, Krane serra les lèvres et détourna tristement son regard. Elle s'installa près du feu et commença à le déplumer. Personne ne lui fit de remarques à ce sujet. Y'en avait déjà assez eut comme ça.
Une fois le poulet déplumé, elle l'embrocha et le fit cuire au-dessus du feu, puis elle resta assise devant le feu pour se réchauffer et le surveiller. De son côté, Harold alla encore cueillir des mûres en grande quantité. Le bosquet étant plein, il y aurait encore en quantité pour satisfaire plusieurs appétits. Une fois revenu, il proposa sa récolte à ses amis qui ne refusèrent pas d'en manger. Par gentillesse, Harold en proposa à Verika mais elle refusa d'un simple non de la tête. Le poulet était enfin prêt. Mine de rien, l'odeur alléchante d'un poulet cuit au feu de bois leur ouvrait grandement l'appétit ! Surtout celui d'Astrid qui n'avait rien mangé de consistant depuis leur pause sur la montagne ! Les mûres avaient fait l'affaire, mais ce n'était pas suffisant. Verika coupa plusieurs morceaux de poulet qu'elle disposa sur une grande feuille pour que tout le monde se serve. Krane et Harold en prirent aussi, ce qui fit intérieurement rire Verika. Après un bon repas, le petit groupe décida d'aller dormir. Harold resta auprès d'Astrid qui avait toujours de la fièvre. Harold lui donna à boire et lui passa de l'eau sur le front, mais à ses yeux, ça semblait insuffisant. Verika s'approcha et lui tendit deux types de feuilles.
- Tiens. Qu'elle mâche quelques feuilles de chaque en même temps et qu'elle avale la bouillie avec de l'eau.
- C'est quoi ?
- C'est des feuilles qui aident à faire tomber la fièvre et calmer les douleurs. Y'en a suffisamment pour toute la nuit.
- Je… Merci, Verika.
- De rien.
Verika partit se coucher et tourna le dos à Harold et Astrid. Harold regarda un court instant les feuilles médicinales et les approcha de la bouche d'Astrid pour qu'elle les mâche, mais la blonde chipota parce qu'elle n'avait plus de force.
- Allez Astrid, courage… Mâche… Ça ira mieux après… L'encouragea Harold
Souhaitant quand même guérir, Astrid les mâcha même si les feuilles avaient un goût assez fort ! Harold lui donna ensuite de l'eau et elle avala sa bouillie. Elle frissonna de dégout mais Harold la félicita en lui caressant la joue.
- Bien joué, Astrid. Continue de te battre… Tu va-t'en sortir, je te le promets… Tu m'entends ? Tu peux y arriver ! Accroche-toi…
La blonde grimaça encore à cause de la fièvre et de ses douleurs, puis elle essaya de se calmer pour trouver un peu de repos. Harold lui tenait la main et lui caressait tendrement le visage. Il ne savait pas ce qu'il pouvait faire d'autre.
- Je t'en prie, reste avec nous… Un monde sans toi, ça n'aurait aucun sens, Astrid… l'implora-t-il
Les yeux fermés, Astrid esquissa un faible sourire et s'endormit progressivement. Les feuilles semblaient avoir fait un peu d'effet, ce qui rassura Harold. Il s'autorisa à s'endormir auprès d'elle, parce qu'Astrid ne lui avait pas lâché la main. Et lui non plus ne voulait pas la lâcher. Quelques minutes après, Krane se réveilla parce qu'il venait d'avoir une drôle de sensation. Il avait eu l'impression de sentir la présence de sa sœur ! Se demandant si c'était un rêve et ne voulant pas réveiller les autres pour rien, il se leva discrètement et sortit du campement. Etant de retour sur le sentier, Krane vit au loin le groupe de Ryker qui se dirigeait vers leur campement, torches à la main. Quand le regard des jumeaux se croisa, ils se mirent à courir l'un vers l'autre en hurlant avec bonheur le nom de l'autre ! Ils s'enlacèrent, puis se cognèrent mutuellement le crâne, et s'enlacèrent de nouveau !
- Qui t'accompagne ? Lui demanda Ryker
- Euh… Bah y'a Harold, Verika et Astrid.
Face à cette bonne nouvelle, Rustik, Kogne et Dagur furent ravis et soulagés. Et comme tout à l'heure, Dagur se montra plus discret qu'eux. Il tourna un instant le dos au groupe et regarda la bague qu'il venait de sortir de sa poche. En la regardant, il esquissa un sourire et l'envie de retenter sa chance l'envahit.
- Tout le monde est donc vivant ? Parfait. Alors conduis-nous à eux.
- Pas de soucis ! Nom d'un yak, ils vont avoir une sacrée surprise ! S'enthousiasma Krane
Tout en racontant ses aventures à sa sœur, il emmena le reste du groupe rejoindre les autres dans leur petit campement.
- Hé vous autres ! Regardez qui j'ai trouvé ! S'exclama-t-il
Aussitôt, le trio se réveilla non sans difficulté puisqu'ils avaient enfin réussi à trouver le sommeil. Mais quand ils virent Ryker et les autres, le sommeil les quitta subitement pour laisser place à la surprise et à la joie ! Harold se leva pour aller enlacer ses amis et saluer les chasseurs, Astrid resta allongée et Verika se leva avec un léger sourire en voyant des retrouvailles aussi joyeuses. Son regard se posa alors sur celui qu'elle avait espéré revoir, et quand elle le vit, elle eut un hoquet de surprise !
- Dagur… Murmura-t-elle
- Verika ! S'exclama Dagur
Se fichant du regard des autres et de leur avis, ils se mirent à courir l'un vers l'autre. Les larmes aux yeux, Verika lui sauta au cou, puis elle prit son visage entre ses mains, lui adressa un sourire joyeux et l'enlaça à nouveau. Le bonheur de Verika était tellement grand, qu'elle tremblait et pleurait à chaudes larmes contre lui. Tout aussi fou de joie, Dagur enfouit son visage dans son cou et l'enlaça très fort contre lui, si bien qu'elle décolla du sol. Elle était tellement petite et légère que ça ne posait aucun problème à Dagur pour la porter ! Seulement, son étreinte était encore plus forte que l'étreinte d'Harold, et du coup, ses blessures qui s'étaient en quelque sorte refermées se rouvrirent et lui donnèrent comme des coups de jus dans la poitrine ! Et c'est vrai quand le revoyant et en lui sautant dessus, elle avait complément oubliée qu'elle était blessée !
- AAAH ! Hurla-t-elle, frappée par la douleur
- Euh… Verika ? S'inquiéta Dagur
- Dagur… Je… Lâche-moi ! Supplia-t-elle d'une voix étranglée
- Hein ? Je... Je ne comprends pas… Qu'est-ce qui y'a ?! S'inquiéta-t-il en la reposant à terre
- C'est… C'est mes blessures… Elles… AAH… Dit-elle en grimaçant de douleur.
- Comment ça ? Quelles blessures ?! Qu'est-ce que tu… Oh...
Dagur regarda sa main recouverte de sang frais. Harold et Krane étaient étonnés car ils ignoraient que Verika avait été blessée ! Elle n'en avait pourtant pas l'air tout à l'heure ! Elle savait vraiment bien cacher son jeu. C'est ce qu'Harold constata tristement. Le regard sévère, Dagur la porta dans ses bras, telle une princesse, et se tourna vers le groupe entier.
- Je vais aller la soigner. Le premier qui s'approche, je le tue ! C'est compris ?!
Comme il avait ses affaires et celle de Verika sur lui, il courut vers les bois, le plus loin possible du groupe et sans que le groupe n'eut le temps de lui répondre. Une fois assez loin, Dagur adossa Verika contre un arbre et déposa leurs affaires. Il sortit de quoi la soigner, puis commença à la déshabiller en lui ôtant son corset noir.
- Dagur… Murmura-t-elle, les yeux à demi clos.
- Sssh. Tout va bien se passer, Verika. Je suis là.
Elle hocha la tête et regarda Dagur lui ôter son corset, ses brassards, puis écarter en deux son haut d'armure en écailles bleu foncé. En l'ouvrant, Dagur fut contrarié et horrifié en voyant cinq points de sang se répandre sur sa tunique bleue clair. Verika frissonna à cause de l'air frais, et sur la demande de Dagur, elle écarta légèrement son dos du tronc pour qu'il lui ôte tout son haut. Elle savait que tout le haut de son corps serait dénudé mais ça lui était égal, parce qu'elle avait entendu Dagur prononcer une menace de mort si quelqu'un osait venir fouiner. Dagur écarta ses fringues ensanglantées et enroula son dos dans sa couverture de voyage. Il prit ensuite sa tunique fichue et essuya le sang qu'elle avait sur le corps, faisant grimaçait Verika à chaque fois que le tissu touchait une plaie. Il nettoya ensuite les plaies avec l'eau de sa gourde et appliqua des bandages avec une certaine difficulté. En effet, poser à nouveau ses mains sur le corps de sa belle, la revoir nue, et revoir sa poitrine ferme et généreuse le faisait rougir. Verika remarqua se détail et esquissa un sourire amusé.
- Depuis quand je ne t'ai pas vu rougir ? Demanda-t-elle
- Je ne sais pas. Je peux savoir comment tu t'es fait ça ? Demanda-t-il en restant concentré sur ses soins
- En affrontant le Vipère titan pour qu'Harold et Krane puissent emmener Astrid en lieu sûr.
- Et pourquoi c'est toi qui l'a affronté et pas eux ? Oh et puis peu importe. Le principal… C'est que tu sois en vie et que je t'ai retrouvée.
Verika lui adressa un doux sourire et continua de regarder Dagur appliquait ses bandages, frissonnant à chaque contact de ses mains sur sa peau de porcelaine. Déjà qu'à cause de l'air frais du soir, sa poitrine était plus ferme et sa peau subissait les effets de la chair de poule. Mais au contact de ses mains douces et chaudes, c'était pire, et ça lui faisait de l'effet.
- Je suis contente… Souriait-elle avec un léger rougissement
- Contente ?
- Oui. On est qu'à deux… Tu prends soin de moi... Et on arrive à communiquer. Comme avant.
- C'est vrai. Admit-il avec un sourire. Mais j'aurais préférait que ça se passe autrement. Voilà, j'ai fini. Tu vas pouvoir te rhabiller… Mais sans ta tunique. Elle est fichue.
- Hin. Tu veux déjà que je me rhabille, Dagur ? Tu en a déjà assez de me voir ? Ou plutôt…. De me revoir ? Le taquina-t-elle
- Pas du tout. Simplement... Vu que tu as été blessée, vaut mieux pas que tu prennes froid. Et suffirait pas que tes blessures se rouvrent si je venais à t'enlacer à nouveau un peu trop fort.
- Mmh, c'est juste. Tu peux m'aider à me rhabiller ?
- Bien entendu. Souriait-il
Dagur s'approcha pour lui enfiler le haut de sa tenue, mais Verika attrapa sa nuque et l'attira vers elle pour l'embrasser et coller son corps nu contre son armure. Le métal qui la composait la fit frissonner, mais les bras de Dagur qui entouraient prudemment son dos la faisaient davantage frissonner. C'était un moment très sensuel. Dans ses bras, elle se sentait de nouveau en vie et rassurée, si bien que la peur de l'avoir perdu, la peur qu'il soit mort et la joie de l'avoir retrouvé se faisait ressentir à travers ses baisers qui devenaient de plus en fougueux. Dagur ressentait la même chose qu'elle et continua de l'embrasser. La tournure que prenaient les choses était la preuve mutuelle que tout s'arrangeait. Il ne manquait plus qu'une chose. Dagur rassembla son courage, rompit leur baiser et regarda sa belle qui était toujours nue et prisonnière de ses bras.
- Verika ?
- Mmh ?
- Veux-tu…
- Oui. Répondit-elle directement avec un tendre sourire
- Euh… Je n'ai pas eu le temps de finir ma phrase, tu sais ? Riait-il de sa réaction
- Je sais. Mais j'avais l'intention de te dire ça dès que tu me le demanderais, parce qu'avoir dit non sur le navire a été une belle erreur, en plus d'avoir préféré porté de l'intérêt à cette histoire de bague disparue, plutôt que de te suivre sur le pont. Avoua-t-elle avec sincérité
Devant le mutisme de Dagur, qui était heureux de l'entendre dire ça, Verika exprima un petit rire amusé.
- Alors maintenant que j'ai dit oui… Je peux l'avoir ma bague ?
- Oh euh… Bien sûr. Euh… Deux secondes.
Il chercha la bague dans sa poche, sous le rire de Verika. Ça l'amusait toujours de voir que derrière ses grands airs de guerriers sanguinaire, il pouvait se montrer sensible, attentionné et embarrassé ! Dagur retrouva la bague, lui prit sa main et passa sans soucis la bague à son doigt. Verika regardait sa bague avec un éclat de tendresse et de joie, avant d'accorder ce regard à l'homme de sa vie qu'elle venait enfin de retrouver. Ils plongèrent mutuellement leur regard dans celui de l'autre, et comme ils étaient seuls, Dagur s'empara tendrement du visage de Verika pour l'embrasser encore et encore. La jeune femme n'avait plus conscience du reste tellement qu'elle était envoutée par ce baiser et son bonheur ! Pareil pour Dagur ! Ils interrompirent malheureusement leurs baisers parce que Verika commençait à avoir la peau complétement glacée. Elle s'habilla avec l'aide de Dagur, puis voulant tous les deux resté encore un peu seuls, Dagur s'adossa contre l'arbre et Verika allongea son dos contre son torse et se recouvrit avec la couverture. Etant seuls et au calme, elle souhaita lui parler d'un sujet futur.
- Dagur ? J'aimerais te parler d'une requête qui nécessitera ton appui en tant que futur chef des Parenvrilles.
- Je t'écoute. Dit-il, intrigué de sa demande.
- Voilà. Ce voyage m'a ouvert les yeux sur une chose. Le retour d'Harold et des autres n'a pas été une chose bénéfique pour moi… Toi... Et notre couple. Par agacement, j'ai exposé la situation à Harold qui a visiblement accepté, mais je tenais également à t'en faire part.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Quand tout sera fini et qu'on sera rentrés… Je souhaite qu'ils retournent tous sur Berk, avec tout le matériel et la main d'œuvre nécessaire pour reconstruire leur village. Je souhaite que tout redevienne comme avant, et que les seules visites qu'on aura d'eux soient celles pour les missions diplomatiques.
- Mon père risque de ne pas apprécier cette requête.
- Je sais. Mais en tant que futur chef, c'est à toi de trouver les arguments et user de ton influence pour qu'il accepte.
- Verika. Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? S'inquiéta Dagur
- Oui. Et ce n'est pas la peine de me faire changer d'avis. J'ai longuement réfléchi, j'ai ouvert les yeux et j'ai fait mon choix. Toi. Ce sera toujours toi, Dagur. Dit-elle en prenant fermement ses mains dans les siennes
- Verika…
- Et pour être honnête, je n'ai jamais autant eu d'ennuis et de contrariétés que depuis qu'ils sont là ! Et j'en ai marre de changer tout le temps d'avis sur ma relation avec eux ! Amis, ennemis, je leur en veux, je ne leur en veux pas, je ne leur en veux plus… J'en ai marre ! Je veux que ça s'arrête ! Je n'ai pas besoin d'eux pour être heureuse. Je l'étais juste avec toi, Marina et Osvald… Alors je continuerai de l'être avec toi et ton père, chez nous... Lui souriait-elle
Dagur demeura silencieux durant quelques secondes, le temps d'analyser sa demande.
- Eh bien dans ce cas, j'accepte.
- Merci Dagur... Souriait-elle avec reconnaissance.
- Bien. Je crois qu'il est temps de rentrer au campement, même si j'avoue être très bien, ici, avec toi.
- Moi aussi. Mais vaut mieux les rejoindre avant qu'ils ne se mettent à paniquer et à vouloir nous retrouver.
- Humph ! Vu la frousse que je leur aie infligé tout à l'heure, ils n'auront pas bougé de l'entrée du campement ! Allez, on y va. Riait-il
Mais une fois debout, Dagur se rappela d'une chose qui le rendait soudainement pensif.
- Dagur, ça va ?
- Tant qu'on y est… J'aimerais également t'informer d'une chose, concernant Harold.
- Euh… Quoi donc ? S'étonna-t-elle, légèrement méfiante
- Harold t'a sauvé la vie en se lançant à ta poursuite depuis le sommet de la montagne. Pour ça… Je lui suis reconnaissant, malgré ce qui s'est passé. Grâce à lui, j'ai pu te retrouver saine et sauve et avoir le bonheur de te demander ta main.
- Et donc… ? S'impatienta Verika avec crainte
- En tant que futur chef, il est de mon devoir de récompenser celui qui a sauvé ma future femme, même si tu l'es déjà depuis quelques années. Je tiens donc à le récompenser en lui accordant quelque chose qu'il pourrait vouloir.
- Quoi ?! Mais… C'est débile ! Excuse-moi de dire ça, mais c'est vraiment débile !
- Non. C'est la règle des chefs vikings. Mon père te le dirait. Répondit-il calmement
- Non mais je sais, je la connais la règle ! Je voulais dire que c'est débile dans le sens où il pourrait te demande quelque chose qui me concerne ! Avec tout ce qui s'est passé, t'a pas peur qu'il demande quelque chose qui gâche tout encore une fois ?! S'exclama Verika avec inquiétude
- Tout dépend de ce qu'il demandera à ton égard.
- Mais…
Dagur posa sa main sur son épaule et lui accorda un sourire rassurant.
- T'en fait pas, ça va bien se passer.
- Mais je…
Devant son air calme et mature, Verika n'eut pas d'autre choix que de céder et de garder son calme.
- D'accord. Si tel est la volonté du futur chef des Parenvrilles, et de mon futur époux… Alors je m'en remets à ta volonté. Céda-t-elle sans grande joie
- Merci Verika. Pour qu'on soit tranquilles, je vais régler ça tout de suite. Tu veux bien rester ici le temps que j'aille le chercher ?
- A parce que je dois assister à ça ?!
- Oui. Pour te prouver que je peux être un bon chef… Et l'homme que tu mérites.
Son attitude calme et mature, ainsi que ses paroles si sincères touchèrent son cœur. Mais malgré ça, et avec un léger sourire, elle hocha simplement la tête car elle n'avait plus tellement envie de parler. Elle regarda Dagur s'éloigner vers le campement, laissant Verika toute seule, en proie à une nouvelle inquiétude. Elle craignait que cette histoire ne finisse mal alors que tout venait de s'arranger ! Se maudissant d'avoir parlé d'un tel sujet aussi vite, elle appuya sa tête contre un arbre et frappa l'arbre de ses poings. Elle ne voulait plus que ça se dispute ou que ça se bagarre…. Tout allait très bien alors pourquoi tout devrait mal finir ? Cette discussion ne pouvait pas attendre le lendemain ? Après avoir fini de martyriser le pauvre arbre, elle reprit son souffle et essaya de voir le bon côté des choses.
- Dagur a réagi, parlé, et raisonné de manière très mature. Comme son père. Mmh… J'ai peut-être tort de m'inquiéter. Mais si Harold demande quelque chose qui… Oh là, là... J'espère qu'il ne demandera rien de stupide… Mes dieux… Faite qu'il ne demande rien… Supplia-t-elle en fermant les yeux, la tête et les poings toujours contre l'arbre.
oO*Oo
Dans le nid du Vipère, le Furie Nocturne avançait calmement au milieu des brasiers à moitié éteints et des cadavres des Vipères. Il avança jusqu'au corps de son pauvre ami, dont le sang continuait de couler malgré les coagulations autour de ses nombreuses plaies. En voyant un tel massacre autour de lui, même envers des bébés sans défenses, le dragon noir ronronna tristement, puis appuya son museau contre la tête de son vieil ami en lui demandant mentalement pardon. Il émit alors un grognement quand il sentit l'odeur de Verika qui empestait contre les écailles du Vipère. Aussitôt, son grand regard vert se fronça, ses pupilles devinrent aussi fines que possible, et il émit un autre grognement empli de colère ! Il avait en tête l'odeur de l'humain qui venait de tuer un de ses plus proches amis. Et au lieu de lui courir après pour le tuer, il avait décidé de laisser le groupe d'humains venir jusqu'à son repère, sans rencontrer d'incident. Parce qu'une fois là-haut, il s'occuperait personnellement de son cas.
oO*Oo
Au campement, après avoir fêté leurs retrouvailles et d'avoir fait part des bonnes et des mauvaises nouvelles, le groupe installait progressivement son campement autour du point d'eau. Ayant récupéré leurs sacs et leurs affaires, Harold, Astrid et Krane purent enfin soigner leurs plaies convenablement. Tout le monde se coucha les uns après les autres, et au moment où Harold allait se coucher après avoir terminé de soigner le bras d'Astrid, Dagur vint à sa rencontre au grand étonnement d'Harold.
- Qu'est-ce que tu veux, Dagur ?
- J'aimerais te parler en privé, Harold.
- On ne peut pas discuter demain ? Je suis crevé, la…
- Je sais, mais c'est une discussion qui ne peut pas attendre. Et tant qu'on a du répit, je souhaite avoir cette discussion avec toi.
- Je sens que je vais le regretter… Bon, d'accord. Je te suis.
- Merci.
Harold suivit Dagur sous le regard étonné de ses amis qui ne dormaient pas encore. Ça intriguait Harold de voir Dagur revenir au camp sans Verika, et surtout, d'être très calme, aussi bien dans sa gestuelle que dans le son de sa voix. Après cinq minutes de marche, Harold vit enfin Verika qui était adossée à un arbre, les bras croisés et le visage neutre. Harold se demandait vraiment ce qu'il venait faire ici, en leur présence, loin du groupe. Quelque chose lui disait que ça ne présageait rien de bon.
- Bien. Harold. Si je t'ai fait venir, c'est pour te remercier d'avoir sauvé Verika.
- De rien.
- Mais en tant que futur chef de Parenvrilles, et comme le veut la coutume, il est de mon devoir de récompenser celui qui a sauvé ma future femme.
- Ah c'est pour ça que tu m'as fait venir ? Pour me récompenser ? S'étonna Harold
- Oui. Dis-moi ce que tu veux et je te l'offre.
Harold se demandait si toute cette histoire n'était pas un piège, même s'il connaissait l'existence de cette loi. Et en même temps, il comprenait Dagur. Si n'importe quel viking avait pu sauver sa mère des griffes du dragon qui la dévorée quand il n'était qu'un nourrisson, Stoik aurait gracieusement récompensé son sauveur ! Et voyant le sérieux qui régnait dans le regard de Dagur, Harold jugea que ce n'était pas une blague.
- Désolé, Dagur. Mais je n'ai pas sauvé Verika pour avoir quelque chose en retour. Je l'ai sauvée, parce que c'était normal de le faire.
- Tu ne souhaites donc rien ? S'étonna calmement Dagur
- Non.
- Hein ? Oh allez, Harold ! Cherche bien ! Je suis sûr qu'il y'a quelque chose que je peux t'offrir en récompense ! Insista Dagur d'un ton tout à fait amical.
Dans son coin, Verika ne disait rien et ne montrait aucun signe d'agacement ou d'inquiétude, même si ces deux sentiments dominaient son cœur.
- Non, Dagur. Je ne veux rien, à part vous souhaiter mes plus sincères félicitations pour votre engagement, et que vous les acceptez. Maintenant si tu me le permets, je voudrais aller dormir.
Il fit demi-tour vers le camp, sous le regard de Verika qui, intérieurement, le remercia de n'avoir rien demandé ! De toute façon qu'aurait-il pu demander en sachant qu'elle et Dagur étaient officiellement promis l'un à l'autre, et que la situation entre elle et le reste du groupe était tendue et compliquée ? Cependant, Dagur ne se contenta pas de cette réponse ! Verika leva alors les yeux au ciel devant tant d'entêtement !
- Harold Haddock ! Ta réponse ne me suffit pas ! Je tiens tout de même à t'offrir quelque chose, même si c'est une pacotille !
- Tu es sourd, Dagur ? J'ai dit que je ne voulais rien.
- Tout le monde souhaite quelque chose, enfin !
- Mais moi, non. Sur ce, bonne nuit. Dit-il en refaisant demi-tour
- Je…
- Harold ! Demande-lui quelque chose, qu'on en finisse ! S'exclama Verika, à bout de nerfs
Harold s'arrêta, levant à son tour les yeux au ciel. Il savait que ça ne présageait rien de bon ! Lui demander quelque chose… ? Harold trouvait ça trop ironique. La seule chose qu'il ait toujours désirée… C'était elle. Mais maintenant, elle appartenait définitivement à Dagur. Harold sentait alors une horrible vague de fureur l'envahir. Dagur l'aurait-il fait venir exprès pour le narguer davantage ? Possible. Pourtant, grâce à Astrid, Harold avait pris la ferme décision de cesser d'ennuyer Verika et d'oublier les sentiments qu'il avait pour elle ! Alors pourquoi ça le rendait aussi furieux ? Il prit une discrète inspiration pour se calmer, et avec une indifférence parfaitement maîtrisée, Harold se tourna une dernière fois vers eux.
- Et que veux-tu que je lui demande, Verika ? Une arme ? De l'or ? Je ne veux rien de tout ça. La seule chose que je veux… C'est aller dormir et profiter du répit qui nous est accordé. Est-ce que vous me l'accordez ou pas ?
- C'est donc ton dernier mot ? Demanda Dagur
- Oui.
- Dans ce cas, excuse-moi d'avoir insisté. Encore merci pour l'avoir sauvée, et… Repose toi bien.
- Merci. Vous aussi.
Verika et Dagur hochèrent la tête et le laissèrent regagner le campement. Loin d'eux, Harold cogna son poing contre un arbre, repris son calme, puis continua d'avancer. De leur côté, Dagur et Verika rassemblèrent leurs affaires et regagnèrent le camp. Maintenant que cette histoire de récompense était réglée, Verika se sentait plus détendue.
- Je suis fière de toi, Dagur. Même si au départ, je n'étais pas enchantée de l'idée, je suis finalement contente que tu l'aies fait.
- Vraiment ?
- Oui. Et je pense que ton père serait tout aussi fier de toi.
- Merci. Mais je ne comprends pas pourquoi Harold ne voulait rien ! Tous les autres auraient pas hésité à me demander quelque chose. Je pourrais même te dire ce que Rustik, ou les jumeaux auraient voulu s'ils avaient été à sa place ! Mais alors lui… S'étonna Dagur en y repensant.
- Ce n'était peut-être pas la peine d'insister aussi. Un seul non suffit en général à ce que le chef laisse tomber. Souriait-elle
- Ou alors… C'est parce que tu étais là. Supposa-t-il
- Vas-y, dis que c'est de ma faute ! Riait-elle. Bon allez, trêve de bavardage et allons dormir. Harold a raison. Profitons du répit que nous accordent les dieux. Dès demain, ce sera peut-être inenvisageable.
Ils s'installèrent parmi les autres, mais en retrait, et passèrent une bonne nuit de repos bien méritée, main dans la main. Au petit matin, tout le monde se sentait reposé et de meilleure humeur même s'ils s'étaient couchés en pleine nuit. Chacun prit son petit déjeuner à son rythme, profitant de la tranquillité. Ryker annonça à tout le monde qu'ils se remettraient en route en début d'après-midi, et aussitôt, les Berkiens protestèrent sur sa décision par rapport à l'état d'Astrid.
- Ryker, son bras est amputé ! Il lui faut plus de temps pour se reposer !
- Ce n'est pas mon problème. On a déjà perdu assez de temps comme ça ! Si on devait attendre que tout le monde se sentent mieux pour avancer, l'hiver serait déjà là ! Et puis j'en ai marre de vous entendre vous plaindre ! Mes hommes sont tout aussi blessés que vous et ils ne se plaignent pas !
- Ça, c'est parce que tu leur fait peur. Se moqua Dagur
- C'est ça. Bref, si votre copine se sent pas capable d'aller plus loin, qu'elle reste ici. D'ailleurs, s'il pouvait aussi rester avec elle, on perdrait moins de temps pour avancer ! Ajouta Ryker en s'adressant à Rustik
- Ryker, il est hors de question qu'on les abandonne ! On est partis ensemble… Alors on rentrera tous ensemble ! Et… S'énerva Harold
- Ecoute, jeune homme. Voilà le marché. Si au moment du départ, ils ne sont pas capables d'avancer, alors ils restent là ! Mais s'ils le sont, faudra pas qu'ils se plaignent, sinon, je les largue sur place ! Compris ?
N'attendant même pas qu'Harold lui réponde, Ryker s'en alla dans les bois. De son côté, Verika avait assisté à la discussion sans pour autant y participer. Continuant de s'entraîner avec son arc qu'elle était heureuse d'avoir récupérée grâce à Dagur, Verika continua de s'entraîner tout en laissant une oreille traîner.
- Non mais, je vais le… Rageait le jeune viking en regardant le chauve s'éloigner
- Laisse tomber, Harold… Soupira Astrid
- Quoi ?
- Ecoute… Vu mon état, je ne sers plus à rien… Avoua tristement Astrid
- Pareil pour moi. Avoua Rustik
- Dites pas ça ! Vous…
- Harold, Ryker a raison. C'est préférable que je ne parte pas avec vous. Je vais plutôt rester ici, avec Rustik.
- Dans ce cas, je reste avec vous. Hors de question de laisser des infirmes seuls et sans défenses !
- Moi aussi je reste ! Ajouta Kogne.
- Et moi aussi ! On n'abandonne jamais ses potes !
- Les gars… Il vaut mieux que vous partez avec Ryker et les autres. Avec le maximum d'effectifs valides, vous aurez plus de chance de vaincre ce dragon. Et puis vous pourrez toujours revenir nous chercher pour nous emmener sur le navire. Dit-elle d'un ton convainquant.
- Mais, Astrid…
- Ma décision est prise. Et puis… Je ne peux plus combattre. Ma fièvre et mes douleurs se sont légèrement calmées grâce à ces feuilles au goût immonde, mais mon goût pour le combat est parti en même temps que mon bras…
Verika était tout de même étonnée qu'Astrid abandonne aussi vite. Depuis l'enfance, Astrid a toujours été une guerrière ! Une battante qui n'avait peur de rien ni de personne ! Et là… Elle abandonnerait à cause d'un bras en moins ? C'était son bras gauche qu'elle venait de perdre ! Pas le droit ! Elle pouvait toujours tenir sa hache et s'en servir ! Alors c'est quoi qui la gênait ? La peur de ne pas savoir se battre avec un bras en moins ? De faire perdre du temps aux autres et de causer la mort de quelqu'un parce qu'elle n'aurait pas su le protéger ? Ça se tenait, mais vu le caractère d'Astrid, Verika refusait d'y croire et de la laisser se décourager ! Elle pourrait lui apprendre à se battre comme avant, même si elle n'avait que la matinée devant elle. Seulement… Elle avait dit que sauver Astrid de la mort était sa dernière bonne action envers les Berkiens. Elle hésita à se tourner vers eux et de lui proposer son aide, les mains tremblantes et agrippées à son arc. Le visage sévère, elle abandonna son idée et continua de s'entraîner. Quand à Astrid, elle décida de bouger un peu malgré son état fébrile. Elle alla voir Verika pour lui demander où elle avait trouvé ces feuilles.
- Salut.
- Salut. Qu'est-ce que tu veux ? Demanda-t-elle sans la regarder
- Euh… Te demander où tu as trouvé ces feuilles ? Je risque d'en avoir encore besoin d'ici qu'on rentre à la forteresse.
- Tu les trouveras dans les bosquets justes là, à la gauche des mûres.
- D'accord. Merci Verika. Au fait… Ça va tes blessures ?
- Elles ne m'empêchent pas de marcher et de tirer, donc ça va.
- Tant mieux. Bon entrainement. Souriait-elle
Avant qu'Astrid ne s'éloigne, Verika craqua malgré ses convictions et l'interrogea sur le sujet qui la travaillait depuis tout à l'heure.
- Tu comptes vraiment abandonner sans te donner la peine d'essayer ?
- Quoi ? S'étonna Astrid en se retournant
- Te battre. La grande Astrid Hofferson abandonne sans même avoir essayé de se battre avec un seul bras ? Dit-elle en tirant une flèche
- Verika… On n'est pas chez nous, là. Si j'étais sur Berk ou à la forteresse… Bien sûr que j'essaierais de me battre pour m'habituer à… Ça. Seulement là…
- Seulement quoi ? Etre sur une île hostile remplie de dragons sauvages ne te donne pas la motivation nécessaire pour essayer ? Rétorqua Verika en tirant une nouvelle flèche
- En si peu de temps, je ne peux pas faire de miracle. Alors je préfère abandonner au lieu de me bercer d'illusions.
- Comme tu voudras. Répondit-elle en haussant les épaules.
- Attends… Tu veux dire que toi, tu essayerais même si ça semble impossible de faire des progrès en si peu de temps ?
- Absolument.
- Hin… C'est facile à dire pour toi. Tu as encore tes deux bras.
- Et alors ? Se battre, protéger les autres et sauver sa vie avec un seul bras est possible, Astrid. Suffit d'avoir la volonté de croire qu'on peut y arriver.
- Ça t'est déjà arrivé ?
- Oui. Lors d'un entrainement, et pour de vrai.
- Oh. Bah en tout cas… Merci d'avoir essayé de me motiver, mais plus rien ne sera jamais pareil pour moi.
Avec un sourire reconnaissant, la blonde s'éloigna pour aller récolter suffisamment de feuilles médicinales. Verika la regardait s'éloigner, puis claqua la langue avant de reprendre son entrainement avec acharnement. Elle se retenait de toute ses forces d'aller la voir et de la provoquer en duel pour la motiver, parce que même si elle les avait tous renié et ne voulait plus avoir affaire à leurs problèmes, ça la mettait dans une telle rage qu'Harold et les autres acceptent sa décision aussi facilement, sans rien tenter ! Surtout Harold ! Pour sauver Astrid des griffes des Vipères, il était prêt à remuer ciel et terre… Et là… Il ne l'encourageait pas plus que ça pour qu'elle s'entraîne à combattre malgré son infirmité ?! Et il était prêt à la laisser seule avec Rustik sans qu'ils puissent se défendre en cas d'attaques ?! Elle se demandait vraiment à quoi ça servait qu'elle risque sa vie si c'était pour l'abandonner à son triste sort et qu'elle refuse de se battre ! Elle se disait qu'elle aurait mieux fait de tous les laisser sur place et de partir à la recherche de Dagur !
En cueillant les feuilles, Astrid ne pouvait s'empêcher de repenser à sa discussion avec Verika et de se demander si elle avait tort ou raison d'avoir fait ce choix. Elle avait pourtant envie de reprendre la route avec eux et de combattre, mais son visage s'attrista en regardant son bras manquant. L'allusion que Verika lui avait faite, comme quoi c'était une dégonflée, l'attrista encore plus ! Etant fatiguée et souffrante malgré ses sourires rassurants, ses nerfs lâchèrent et elle éclata en sanglots, à genoux devant le buisson. Ses pleurs alertèrent tout le monde, mais Harold fut le premier à courir à son chevet.
- Astrid ?! Ça va ?!
- Non ça ne va pas... ! Je… Je ne suis plus bonne à rien et je ne suis qu'une dégonflée… ! Mais le pire, c'est que je ne veux pas être séparée de vous ! Je ne veux plus ! Dit-elle en larmes dans ses bras
- Quoi ? Mais attend, qui a dit que t'étais une… ?
Ayant vu Astrid parler avec Verika, Harold tourna brusquement son regard vers la rouquine qui les regardait sans bouger, sans éprouver de peine. Cette fois, c'en était trop ! Il se leva d'un bond et marcha droit vers la rouquine qui soupira d'un air blasé.
- C'est toi qui l'as mise dans… ?! Demanda-t-il d'un ton sévère
- AH !
Tout le monde se tourna cette fois vers Rustik ! Kognedur était occupée de soigner ses yeux et quand elle eût fini, Rustik avait essayé de les ouvrir. Petit à petit, il avait réussi à voir des bouts de lumière, puis à force de papillonner, il arrivait de nouveau à revoir la lumière, les formes et les couleurs !
- Je… Je vois…. Bafouilla-t-il
- Euh… Rustik ? S'inquiéta Kogne
Comme Kognedur était la première chose qu'il revoyait depuis que ses yeux étaient plongés dans les ténèbres, il la serra dans ses bras, un immense sourire aux lèvres et les larmes aux yeux !
- JE VOIS ! Hurla-t-il fou de joie
Ses amis étaient fous de joie pour lui, mais furent surpris et bouche bée de le voir embrasser Kognedur sur les lèvres avant de la serrer à nouveau dans ses bras ! Même Verika fut surprise et haussa un sourcil en voyant ça ! Ça l'amusait même de voir Kognedur toute gênée et rougissante, et de la voir cogner Rustik avant de filer se cacher dans les bois ! De son côté, Astrid avait cessé de pleurer et regardait Rustik avec le sourire. L'état de son ami était pour elle une preuve que des miracles peuvent surgir même dans de sombres périodes ! Après une courte réflexion, Astrid alla voir Harold et lui demanda de l'aider à s'entraîner. Bien que surpris, Harold accepta avec joie de l'aider ! Il en oublia même Verika et sa rage récente contre elle ! En les regardant s'éloigner, Verika esquissa un léger sourire avant de reprendre son entrainement.
- Bien joué, ma grande. Se dit-elle, intérieurement fière d'elle.
Harold passa donc le reste de la matinée avec Astrid, et s'entraîna avec elle. Encouragée et motivée, Astrid reprenait petit à petit confiance en elle et parvint à désarmer Harold plusieurs fois ! Quant à Rustik, il arrivait à revoir clairement tout ce qui l'entourait et s'était entraîné de son côté avec Kranedur. Après un entrainement fructueux, du repos et un modeste repas, et ayant chacun récupéré leurs sacs et leurs armes, le groupe entier était prêt à reprendre la route.
oO*Oo
Pendant les quatre heures de marche jusqu'au sommet de l'île, le groupe avait bien avancé, et bien discuté durant les courts temps de pause, mais une chose les intrigua. A aucun moment, ils n'avaient rencontrés de difficulté ou de dragons sauvages. Ce qu'ils trouvaient tous assez étrange. Quelque uns suggérèrent que c'était le Furie Nocturne qui les laissait venir à lui pour en finir avec eux. D'autres approuvèrent l'idée, mais d'autres la trouvaient absurde. Plus ils s'approchaient du sommet de la montagne, plus l'air devenait froid, plus le paysage devenait blanc et le silence disparaissait. On entendait juste les bruits de pas dans la neige, le souffle du vent, et le léger brouhaha de leurs affaires.
Ils arrivèrent enfin au sommet de la montagne, et avancèrent sur un large terrain plat. Le soleil luisait sur le sommet en formes de crocs de dragons, et les ombres se reflétaient sur le terrain enneigé, donnant l'impression que les crocs étaient gigantesques. Tout le monde déposa ses affaires dans un coin, empoignèrent leur armes et scrutèrent l'horizon. Les archers équipés des flèches toxiques restaient à l'affût du moindre signe de leur ennemi juré, tout comme Harold qui tenait la Dragonsword d'une main. Ryker adressa un bref regard à l'épée et à son porteur d'un air méchamment envieux, avant d'empoigner fermement sa propre épée. Tout le monde attendait une manifestation du Furie Nocturne qui devait normalement être ici. Et il était bel et bien là, furtivement caché au sommet de la montagne, derrière les crocs de pierre ! Grâce à son odorat extrêmement développé, il avait réussi à savoir lequel d'entre eux avait mis fin à l'existence des dragons Vipères. En regardant Verika, un large sourire mauvais s'étendit sur son visage. Il s'apprêta à lui tirer dessus, et comme elle était en plein milieu du groupe, ça ne ferait pas qu'une seule victime ! Il ouvrit la mâchoire et rassembla tout sa puissance dans son tir, mais Dagur aperçut un mouvement parmi les ombres sur le sol.
- VITE ! DISPERSEZ VOUS ! Hurla-t-il
Il avait à peine eu le temps d'hurler son conseil et d'écarter Verika du danger, que le dragon tira un puissant tir plasma au sein du groupe ! La majorité d'entre eux l'esquivèrent, mais les deux derniers chasseurs furent désintégrés sur place sous les yeux horrifiés des autres ! Sans plus attendre, les archers tirèrent avec leurs flèches toxiques quand le dragon déploya ses ailes et survola le petit champ de bataille. Malgré la présence du soleil, sa lueur bleutée était parfaitement lumineuse, car elle reflétait la colère qui animait le démon ! Agilement, il esquiva chacun des tirs et tira deux fois sur les guerriers qui esquivèrent à leur tour ses attaques. Voulant s'amuser davantage, le dragon atterrit et envoya balader tous ceux qui l'approchaient avec de puissants coups de queues et d'ailes, ce qui fut le cas de Krane, Rustik et Ryker ! Ryker fut balayé sur la surface du terrain, tandis que Krane et Rustik heurtèrent la montagne.
Krane avait perdu connaissance, mais Rustik fut légèrement sonné et tenta de se relever. Sa vue était brouillée en raison du sang qui coulait dans son œil à cause d'une blessure au front. Le dragon s'apprêtait alors à lui donner un puissant coup de griffes, tout en déviant les flèches avec ses ailes, mais Kogne s'interposa au même moment et s'écroula dans les bras de Rustik, profondément entaillée à la gorge. Le dragon souriait d'un air satisfait alors que les autres étaient horrifiés ! Avant de mourir, Kognedur eut tout juste le temps d'adresser un faible sourire à Rustik avant de fermer les yeux et de mourir. Rustik pleura à chaude larmes en la serrant dans ses bras, avant de se relever, recouvert de sang, et de pointer son arme vers le dragon.
- Tu vas payer pour ce que tu lui as fait, espèce de sale enfoiré ! S'exclama-t-il, fou de rage
Nullement touché par ses insultes, le dragon laissa Rustik charger sur lui avec un seul œil valide, puis l'envoya de nouveau balader avec un coup de queue, après avoir volontairement esquivé son coup de hache. Rustik atterrit une seconde fois contre la montagne et sombra dans l'inconscience. Verika profita de l'inattention du reptile pour lui tirer des flèches toxique le temps que Ryker chargeait de nouveau sur lui. Dagur chargea également, blasé de tirer des flèches alors que son truc à lui, c'était de foncer sur l'ennemi, armes à la main ! Comme Harold ne devait l'achever avec l'épée qu'au moment où le dragon serait touché avec le poison, il relaya Dagur pendant qu'Astrid s'occupait de leur fournir des munitions qu'elle avait récupérées sur les cadavres des chasseurs. Vu son état, c'est tout ce dont elle se sentait capable de faire. A un moment, Dagur parvint à sauter sur le dos du Furie et à le maintenir alors que le démon essaya de s'en dépêtrer.
- DAGUR ! Hurla Verika
- VERIKA ! TIRE ! Hurla Dagur en resserrant l'étreinte de son bras autour du cou du dragon
En voyant le dragon lui donner des coups de griffes à l'aveugle, tout en se battant contre Ryker, Verika fit le vide en elle, et se concentra. Harold et Astrid évitèrent même de la regarder pour pas la déconcentrer. Dès que l'opportunité se présenta, elle lâcha une flèche toxique qui se planta sur le front du dragon ! Et par chance, le poison s'écoula dans ses yeux ! Le dragon ferma subitement les yeux et se mit à rugir en continu, essayant de se débattre davantage tout en essayant d'essuyer le liquide sur ses yeux avec sa patte, tel un chat qui ferait sa toilette en mode accéléré !
- HAROLD ! QU'EST-CE QUE TU ATTENDS ?! ACHÈVE LE ! Lui hurla Dagur qui continuait de maintenir sa proie
Harold hocha la tête avec détermination, s'empara de la Dragonsword et chargea sur le dragon ! Poussant un puissant cri de douleur, le Furie parvint à se libérer de ses adversaires et à les envoyer valdinguer en déployant ses ailes. Dans sa démence, il tira deux fois n'importe où, et un tir s'abattit à quelques centimètres d'Harold qui tomba à terre, légèrement sonné. A ses côtés, une crevasse assez large venait de se créer à cause du tir plasma. Une chance qu'il ne soit pas tombé dedans ! Effrayée, Astrid hurla son nom et Verika eut un hoquet de frayeur. La rouquine empêcha la blonde d'aller à son secours pour pas qu'elle se fasse tuer, et s'était donné pour mission de la protéger, épée à la main. De son côté, le dragon devenait progressivement faible et docile, alors Dagur en profita pour remonter sur lui et le maintenir brutalement avec une corde. Harold s'apprêtait alors à se relever pour achever sa mission, non sans difficulté à cause de l'attaque. Mais Ryker se pointa et lui piqua la Dragonsword sous son nez avec un large sourire satisfait !
- R… Ryker… ? S'étonna Harold
Le chauve laissa Harold sur place, mais ce dernier attrapa sa tunique pour l'empêcher de tuer le dragon à sa place ! Ryker le repoussa violemment par terre à l'aide de sa main valide !
- M'en veux pas, gamin. Mais hors de question que tu t'attribue un tel privilège. Et qu'importe que l'arme soit pour les gauchers, je saurais quand même m'en servir pour tuer cette bête !
Il se dirigea alors vers le Furie qui était trop faible pour riposter, mais dont la haine intérieure était toujours aussi vive ! Les filles allèrent au chevet Harold, enfin… Surtout Astrid ! Le regard à demi clos sur Verika, le dragon ragea de ne pas pouvoir lui tirer dessus de là où il était ! Mais Harold et Astrid étaient les plus proches et le dragon savait que la rouquine avait une âme protectrice. Le Furie rassembla donc tout ce qu'il lui restait d'énergie pour tirer son dernier tir plasma droit sur Harold ! Et malgré l'étreinte causée par la corde, ça ne l'empêchait pas de vouloir tirer. Dagur resserra alors la corde et Ryker chargea au pas de course pour l'achever. Avant qu'il ne soit trop tard, le dragon tira et ne lâcha pas ses cibles du regard jusqu'à sa mort.
En retrait, et bien avant que le dragon ne tire, Verika avait aperçu et deviné ce que le dragon voulait faire ! Elle fut alors frappée par l'effroi en voyant qui il visait !
- Harold… Murmura-t-elle
Elle ne pouvait pas le laisser mourir ! Elle ne voulait pas qu'il meure et devienne à son tour de la poussière ! Après tout, c'est grâce à lui et à son courage qu'elle était encore en vie ! Alors elle devait lui sauver la vie en retour ! Et Astrid non plus ne méritait pas de mourir ! Pas après tout ce qu'elle avait fait pour elle ! Avec courage, elle attrapa le bouclier d'Harold qui était avec ses affaires, courut droit vers eux et poussa Astrid sur le côté avec la force de son épaule ! Elle n'aurait pas eu la force et le temps de les mettre tous les deux hors de danger. Elle bloqua alors le tir avec le bouclier, mais comme le tir était trop puissant, le plasma désintégra le bouclier en deux. Le tir passa à travers et toucha Verika en plein ventre, la faisant valser vers l'arrière ! Elle atterrit brutalement sur le dos, laissant du sang s'étendre sur la neige alors que sa bouche entrouverte laissa un dernier souffle de vie s'en échapper, et que ses yeux bleus encore ouverts, mais sans vie, fixer le ciel bleu. Le groupe fut de nouveau horrifié, surtout Astrid et Harold qui avaient assisté de près à sa mort ! Mais le Furie fixait la dépouille de Verika avec un regard satisfait et esquissa un large sourire, le meurtrier de ses amis étant enfin puni…
Dagur, horrifié du destin de Verika, sauta du dragon, courut vers elle et prit le corps de sa bien-aimée ensanglantée et gisant sur le sol enneigé dans ses bras. Les larmes aux yeux en ne la voyant pas réagir, il poussa un puissant cri de rage et de désespoir, en même temps que le dragon qui hurlait à la mort après s'être fait empaler le cœur avec l'épée de Grimbeard ! A ce moment-là, le corps tout entier du dragon se mit à luire d'une lueur bleutée encore plus puissante ! Il trembla de partout et laissa une puissante onde sonique s'échapper de son corps et s'étendre tout autour de lui, faisant trembler toute la zone. La neige s'effondra partiellement du sommet, le sol se fissura d'avantage, et les survivants n'eurent pas d'autre choix que de quitter la zone de combat avant de subir les dommages causés par cette onde ! Onde dont la puissance était semblable aux ondes produites par une dizaine de Mille Tonnerres !
Avant de fuir, Ryker en profita pour trancher la tête du dragon et rejoignit les survivants qui s'étaient précipités vers les inconscients pour les emmener avec eux. Dagur dut à contrecœur laisser Verika sur place, et aida Astrid à porter Krane et Rustik qui s'étaient réveillés. Quand à Harold, il avança prudemment à cause de son étourderie. Mais dans la précipitation, Ryker le bouscula avec un coup d'épaule qui lui fit perdre l'équilibre. Sa jambe en métal heurta un petit rocher dissimulé par la neige et il glissa par terre. A cause de cette maladresse, il tomba au fond de la crevasse qui fut immédiatement bouchée par une épaisse couche de neige. Ryker n'avait pas eu le temps de le rattraper, et Harold avait à peine entendu la voix d'Astrid qui hurlait désespérément son nom avant que tout devienne noir autour de lui.
