Salut à tous ! :D Allez hop ! Retour dans le présent pour y retrouver Harold, Valéria, Viggo, Ingrid et Drago ! YEAH ! ^^ J'espère que le chapitre précédent vous aura apporté toutes les réponses que vous attendiez depuis le début de cette fic ! :D Alors concernant le destin des Parenvrilles et des Berkiens, vous saurez tout dans le dernier chapitre. Pour info, le chapitre 27 sera une conclusion sur les deux époques ;)

Enfin bref. Ce chapitre ci est en majorité assez tranquille par rapport aux nombreux chapitres du passé. Il y aura BEAUCOUP de blablabla, histoire que les personnages fassent le point entre eux. Et vu tout ce qui s'est passé, c'est nécessaire ! x) Néanmoins, j'espère que ce qui se passera dans ce chapitre vous plaira et vous donnera envie de savoir la suite ! :3 Sur ce, merci à vous tous, bonne lecture et à la semaine prochaine pour le dernier chapitre ! Bisous ! ^^


Chapitre 26 - Confidences

Les sirènes et les gyrophares des secours et de la police suscitèrent l'attention des voisins qui sortirent de chez eux pour voir ce qu'il se passait. Dehors, les policiers empêchaient quiconque de passer et ne répondirent qu'à très peu de questions. Chez Valéria, l'ambiance était tendue. Il y avait beaucoup de va-et-vient de la part des policiers qui récoltaient des preuves et effectuaient des analyses dehors, dans l'entrée, la cuisine, le salon, l'escalier, l'étage et la salle de bain. Les secouristes étaient occupés avec Valéria et Viggo pour des analyses sanguines et routinières. Harold resta aux côtés de la jeune femme, ne disant rien et se montrant attentif aux soins qu'elle recevait. Il esquissa une légère grimace quand il vit un secouriste planter une aiguille dans son bras pour extirper son sang. D'après les secours, tout allait très bien pour elle. Mais pour Viggo, ça n'allait qu'à moitié. A cause du somnifère, il était à moitié dans les vapes et fut pris d'étourdissement. Les secours l'installèrent sur un brancard et l'emmenèrent à l'hôpital pour le garder en observation et effectuer d'autres analyses. Il ne pouvait donc pas répondre aux questions du commissaire Bludvist qui venait d'arriver. En le voyant entrer dans le salon, Valéria déglutit à l'idée de discuter avec cet homme qui lui fichait un peu la frousse. Mais avec Harold à ses côtés, ça devrait aller. Harold haussa légèrement les sourcils en voyant ce colosse s'approcher d'eux. Il admettait que Drago Bludvist était assez impressionnant !

- Mademoiselle Cooper. La salua-t-il

- Commissaire... Le salua-t-elle faiblement.

- Monsieur. Dit-il en regardant Harold

Harold hocha la tête et regarda le commissaire prendre place sur le fauteuil, face à Valéria qui était toujours assise sur le canapé avec un plaid sur les épaules. La pauvre était calme, sans vie, inquiète… Puis elle leva ses yeux rougis vers le commissaire quand ce dernier s'adressa à elle.

- Mademoiselle. Ne vous inquiétez pas. Votre oncle est entre de bonnes mains.

- Je sais. Les secours m'ont dit que sa vie n'était pas en danger même s'il fait une mauvaise réaction à ce somnifère… Dit-elle en essuyant une larme

- Nous allons vite trouver celui ou celle qui as fait ça. Je veillerai personnellement à ce que le coupable soit mis sous les verrous.

- Merci…

- Bon. Je sais que ça risque d'être difficile pour vous, mais j'ai besoin que vous me racontiez tout ce qui s'est passé aujourd'hui dans les moindres détails.

- D'accord… Aujourd'hui, j'ai passé toute la journée seule, jusqu'à ce que mon oncle arrive vers 20h pour souper.

- Mmh, mmh… Dit-il en prenant des notes

- Le repas s'est bien passé, on s'est assis sur le canapé avec une tasse de thé... Puis c'est là que tout à commencer à devenir flou. On s'est mis à bailler, mon oncle est tombé le premier, puis ce fut mon tour. Et quand j'ai ouvert les yeux, j'étais dans ma salle de bain, dans les bras d'Harold qui m'a empêché de me noyer dans la baignoire. Dit-elle en lui prenant la main et en lui adressant un sourire reconnaissant

- Justement. Jeune homme… Comment se fait-il que vous soyez arrivé à temps pour sauver mademoiselle Cooper ? Vous n'étiez pourtant pas chez elle au moment de l'incident ?

- Non. J'étais chez un ami et j'ai reçu un appel de Valéria. Mais quand j'ai décroché, je n'entendais que le bruit de l'eau. Je l'ai donc rappelée et comme elle ne décrochait pas, je suis allé chez elle.

- Pour quel motif ?

Le jeune couple se sentait bêtement gênés de répondre à une question aussi simple. Harold décida de ne pas rentrer dans les détails et d'avouer l'essentiel.

- Nous nous étions disputés et je voulais arranger les choses en face à face.

- Mmh, mmh. Vous étiez donc chez un ami qui habite… ?

- Le quartier voisin. En sortant de chez lui, une intuition me disait de courir.

- Une intuition ? Eh bien vous avez bien fait de la suivre ! Le complimenta Drago

- Merci.

- Et quand vous êtes arrivé… Qu'avez-vous vu ? Est-ce que vous avez entendu quelque chose ?

- Euh… Non, je n'ai rien entendu de particulier. C'était calme quand je suis arrivé. En regardant discrètement par la fenêtre, j'ai remarqué que Viggo était par terre, puis en voyant que la vitre de la porte était brisée, ça m'a inquiété. Quand je suis entré, je suis allé vérifier s'il était vivant, puis en voyant les deux tasses par terre, mais que Valéria n'était pas là, et me souvenant du bruit de l'eau dans le téléphone, je suis tout de suite monté à l'étage.

- Automatiquement ? Vous n'aviez pas peur de tomber sur le criminel ? S'étonna Drago

- Non. Je ne pensais qu'à sauver Valéria. Et si j'avais dû croiser ce criminel, je ne l'aurais pas laissé faire et me serait défendu comme j'aurais pu.

- Je vois. Revenons à vous, mademoiselle. Depuis votre perte de connaissance jusqu'à votre réveil, vous souvenez vous de quelque chose en particulier ?

- Vu que j'ai cette partie de ma journée dans le néant, ça ne va pas être facile de m'en souvenir… Avoua-t-elle d'un ton désolé

- Faites de votre mieux. Vous souvenez vous d'une voix ? D'une odeur ? D'une impression ?

- Non… Ce… C'était le noir total. Je dormais bien, c'est tout ce que je peux dire…

- Une dernière question et je vous laisse tranquille. Est-ce que vous auriez une idée de qui aurait pu faire ça ? Depuis votre visite au commissariat, vous n'avez pas reçu d'autres signes de menaces ?

- Ça fait deux questions. Rétorqua mentalement Valéria avec sarcasme. Non. A part la lettre rose, rien du tout. Et non, je ne vois vraiment pas qui aurait pu faire ça…

- D'accord.

Drago rangea son carnet dans la poche de son uniforme et se leva. Valéria et Harold firent de même pour le saluer et le raccompagner à la porte.

- Merci à vous deux d'avoir répondu à mes questions. Mademoiselle… Nous vous tiendront rapidement au courant des résultats de l'enquête. D'ici-là que nous ayons mis le criminel sous les verrous, souhaitez-vous que mes hommes assurent votre protection et surveille votre domicile ?

- C'est très gentil, mais… Non merci. Je n'arriverais pas à vivre ou à garder mon sang froid si je vois des officiers postés dans ma maison et devant ma rue, jours et nuits. J'ai mon garde du corps personnel et il conviendra tout à fait. Assura-t-elle en désigna Harold du regard.

- Très bien. Si vous changez d'avis, téléphonez au commissariat et j'enverrais mes hommes le plus vite possible.

- Merci commissaire. J'ose espérer que vos hommes ont enfin fini de relever toutes les empreintes, afin que je puisse à nouveau disposer de mon intérieur et prendre un peu de repos ?

- Oui, mademoiselle. Nous allons partir. N'oubliez pas. Si la moindre chose vous revient, téléphonez-moi.

- Je le ferai. Merci beaucoup.

Cinq minutes plus tard, tout le monde était enfin parti. La vitre cassée avait été calfeutrée avec un morceau de bois et depuis sa fenêtre, Verika regardait les lumières bleu et rouge s'atténuer dans le quartier. Quand elles eurent disparu, elle tira tous les rideaux et poussa un grand cri de rage qui fit sursauter Harold.

- Pffou… Ça fait du bien… Avoua-t-elle en s'appuyant contre le dos du canapé.

- Je te crois. Euh… C'est quoi le programme pour ce soir ?

- Vu qu'ils m'ont inutilement donné des cachets pour me calmer, je ne peux pas boire pour dire de décompresser. D'ailleurs… Je crois que je n'oserais plus rien boire ou manger avant demain matin…

- Je goûterai les aliments avant toi si tu veux ?

- Et risquer de prendre des dégâts à ma place ? Hors de questions. De toute façon, je n'ai pas très faim… Bref. Pour le reste de la nuit, tu montes avec moi.

Elle monta vers l'étage mais tourna la tête vers Harold en voyant qu'il était resté sur place.

- Tu veux vraiment que je reste avec toi ? S'assure-t-il

- Bien sûr que oui, voyons ! T'est mon copain ! C'est normal de pas laisser sa copine toute seule et sans défense alors que j'ai failli me faire tuer !

- Je sais, désolé. Décidément… Je n'arrive pas à parler avec les filles quand elles ne vont pas bien. Euh…Val ? Je peux te poser une question ?

- J'ai envie d'aller dormir Harold… Je suis fatiguée… Soupira-t-elle

- Je sais, mais… Juste ça. Pourquoi t'as pas suggéré Gustav comme potentiel coupable ?

- Humph... Figure-toi que ça m'est venu à l'esprit. Mais plusieurs choses me disent que ce n'est pas lui. Tout d'abord… Il est consigné chez sa mère qui habite en centre-ville. Ensuite, il a 16 ans, il déteste le sport et a de nombreuse reprises, il nous a prouvé qu'il avait pas du tout de force dans les bras. Alors je vois mal un ado tout maigrichon porter ou traîner une femme de vingt ans jusqu'à l'étage, puis la déposer dans la baignoire en sachant qu'on est plus lourd quand on est profondément endormi. Donc si ça avait été lui…Tu l'aurais trouvé par terre, le dos en bouillie et souffrant d'une rupture d'anévrisme à cause d'un gros effort.

Harold était largué et impressionné à cause de l'esprit d'analyse de Valéria, même s'il ignorait ce qu'était une rupture d'anévrisme. Il hocha simplement la tête et monta avec elle se coucher. Cette fois, ils étaient restés habillés mais dormaient l'un contre l'autre. Harold faisait de son mieux pour que Valéria se sente rassurée, et c'était le cas. Mais la jeune femme n'arrivait pas à trouver le sommeil, son esprit étant perturbé par tous ces trucs de dingue.

- T'arrives pas à dormir ?

- Comment pourrais-je… ? Je n'arrête pas de repenser a tout ce qui s'est passé, j'essaye en vain de me souvenir d'un détail qui m'aurais échappé, de chercher qui pourrait nous vouloir du tort, je pense à mon oncle qui est à l'hôpital, et…

Harold colla ses lèvres contre les siennes, la forçant à se taire. Émotionnellement perturbée, elle s'agrippa à lui et lui rendit fougueusement son baiser, les larmes aux yeux. Harold dut rompre le contact pour reprendre son souffle, mais en voyant le visage de Valéria ravagé par ses émotions, Harold se mit à genoux sur le lit, alluma la lampe de chevet et lui demanda de s'allonger sur le ventre. Ayant compris son idée, elle lui tourna le dos puis s'allongea sur la couette. Harold s'asseya à califourchon au niveau de ses jambes et lui massa le dos en passant ses mains sous son t-shirt. Il se permit même de dégrafer le soutien-gorge de Val pour optimiser son massage. Avec amusement malgré son chagrin, la jeune femme se redressa pour ôter son haut et son sous vêtement et se rallongea. Harold continua de la masser et Valéria réussi à se détendre petit à petit.

- Harold… ?

- Mmh ?

- Tu peux me parler de l'époque viking ? Histoire d'oublier mon monde et mes soucis pendant quelques minutes ?

- Bien sûr, Val. De quoi veux-tu que je te parle ? Des dragons ?

- Non. En fait, je… Je voudrais que tu me parle de Verika. J'ai envie d'en savoir plus sur elle... Avoua-t-elle d'une voix gênée

- Pas de soucis. Après tout ce que je t'ai fait, je te dois bien une explication. Répondit-il, pas si étonné de sa demande

- Tu es sûr ? Insista Valéria

- Ne t'en fais pas Val. Ça va aller. Assura-t-il en lui souriant

- Dans ce cas, je t'écoute.

Elle s'installa confortablement, la tête dans le creux de ses bras. Harold prit une discrète inspiration et se lança dans son récit tout en continuant de masser le dos de Valéria. Du fait qu'elle soit de dos, ça allait lui faciliter la tâche.

- Pour commencer, Verika et moi, nous venions du même village, le village de Berk. C'était ma meilleure amie et mon grand amour secret. Mais un jour, elle a dû quitter le village à cause d'une erreur commise par son père. Et par ordre du mien qui était le chef, elle est donc partie dans le village de mon pire ennemi, Dagur, fils du chef Osvald, de la tribu des Parenvrilles.

Mentalement, Valéria nota avec un petit sourire que c'était des drôles de nom pour l'époque ! Berk, Parenvrilles, Dagur, Osvald…

- J'ai été ravagé par son départ, mais aussi par le fait que je n'ai rien fait pour l'empêcher de partir. Quand j'étais petit… J'étais trop faible et trop lâche pour oser contester une décision de mon père, ou me défendre contre les autres. Et du coup, elle est partie en me reprochant d'avoir été un lâche alors qu'elle avait toujours été là pour me défendre. A daté du jour de son départ, j'ai tout fait pour devenir un grand guerrier pour que plus jamais je ne revive ce que j'ai vécu. J'ai aussi gardé l'espoir et le rêve de la revoir pour lui prouver que j'avais changé et qu'elle puisse à son tour compter sur moi.

- C'est beau et en même temps, c'est tellement triste… Soupira tristement Valéria

- Ce n'est pas le plus triste, Val. Quand mon village a été ravagé par les dragons, nous sommes allés trouver refuge sur l'ile de Dagur. Là-bas, j'ai retrouvé Verika, mais elle était devenue sa petite amie. Elle avait littéralement changé d'apparence et de caractère. Elle était devenue comme lui. Je ne la reconnaissais pas…

- Changer d'apparence ? S'étonna-t-elle

- Quand elle était petite, elle avait des longs cheveux roux et elle les a coupé presque comme les miens. Elle s'était tatouée, elle s'était fait une armure en peau de dragon, elle savait se battre comme Dagur. Une vraie tueuse ! Surtout avec un arc…

- Eh bah… Elle devait avoir un sacré caractère !

- Je ne te le fais pas dire. Bref. En les voyants ensemble, je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir de la jalousie, de l'envie, de l'injustice… Mais leur amour était tellement fort que je n'avais pas le cœur à le briser. Et comme elle me haïssait toujours depuis les 15 années qui nous ont séparés, ça ne servait à rien que je m'accroche aux sentiments que j'avais pour elle.

- Mais c'est ce que tu as fait ? Devina-t-elle

- Oui. Inutilement. J'ai réussi à redevenir son ami et ça aurait dû me suffire, mais ce n'était pas le cas. Après une autre attaque des dragons sur l'ile des Parenvrilles, des chasseurs ont débarqués pour recruter des volontaires afin de se débarrasser du chef des dragons. Le Furie Nocturne.

- Et parmi les chasseurs… Se trouvait Ryker, n'est-ce pas ?

- Oui. Ce n'était pas un être recommandable, mais il connaissait son métier comme personne. Il était malin, fort et doué à l'archerie, malgré son sale caractère.

Ça lui faisait bizarre de parlait de lui à sa descendante, et elle, ça lui faisait bizarre qu'on lui parle de son ancêtre comme si on lui parlait d'un grand-père ou d'un oncle ! Et dire que Viggo ne savait rien de leur ancêtre ! Ce ne serait pas faute de vouloir en savoir plus ! Auprès d'Harold, il pourrait savoir tout ce qu'il veut ! Mais valait mieux laisser tomber cette idée.

- Mes amis et moi avions tous accepté de le suivre, y compris Dagur et Verika. Le voyage s'était fait en mer pour une durée de plusieurs jours. Mais avant d'aller affronter le dragon, on a dû aller chercher deux armes pour le terrasser. Du poison, et une épée faite en os de dragon. La…

- La Dragonsword ? Demanda Valéria en tournant sa tête vers Harold

- Comment connais-tu cette épée ? S'étonna Harold.

- C'est l'héritage de ma famille. Depuis mon ancêtre, Ryker, elle est transmise de génération en génération à tous les hommes de notre famille. Aujourd'hui, c'est mon oncle qui la possède chez lui. Je l'ai tenue une seule fois quand j'étais petite, mais j'ignorais juste qu'elle était faite en os de dragon ! Voilà pourquoi elle était si lourde… Humph. Je me demande si mon oncle sait de quoi elle est faite…

Harold s'était arrêté de la masser, hallucinant en premier sur le fait qu'elle connaissait l'épée et qu'elle l'ait prise dans ses mains quand elle était petite ! Tous les deux ont tenu l'épée à des siècles d'intervalle, pour ensuite se rencontrer et en parler des siècles plus tard ! Ça le faisait toujours halluciner de voir que leurs vies étaient liées ! Mais ce qui le consternait tout autant, c'était d'apprendre que Ryker s'était attribué l'épée alors qu'il ne l'avait pas récupérée lui-même dans la grotte ! En constatant qu'Harold avait cessé son massage et qu'il semblait songeur, Valéria s'excusa et l'invita à continuer.

- Excuse-moi, Harold. Qu'est-ce qui s'est passé après ?

- Une fois qu'on a eu tout ce qu'il nous fallait, on s'est rendu vers notre destination finale. Là-bas, ça n'a pas était une partie de plaisir ! On a affronté des dragons, on s'est fait embusqué, et au final, on s'est retrouver séparé en deux groupes. Moi, j'étais avec Verika et un ami, puis nous somme aller porter secours à une amie qui avait été enlevée par des dragons. Et plus tard, on s'est tous retrouvé.

Le son de sa voix était moins calme qu'au début, ce qui intrigua la rouquine. D'après elle, ça voulait dire qu'il s'était passé quelque chose de fâcheux ce jour-là.

- Ça c'est mal passé ?

- Non, mais… Disons que j'ai reçu un nouveau coup de poignard.

- Concernant Dagur et Verika ? Devina-t-elle

- Mouais. En se retrouvant, Dagur a demandé la main de Verika, et évidemment, elle a dit oui.

- Aie… Grimaça Valéria

Harold croyait qu'elle disait ça par rapport à cette révélation, mais en fait, en annonçant qu'ils s'étaient fiancés, une vague de colère l'avait envahi et il ne s'était pas rendu compte qu'il lui avait fait mal en la massant !

- Et ce bougre a eu le culot de me demander devant elle ce que je pouvais souhaiter pour l'avoir sauvée. Je lui ai bien sur dit que je ne voulais rien parce que la logique veut qu'on ne sauve pas les autres pour avoir des récompenses, alors il m'a laissé tranquille, même si la seule chose que j'ai toujours voulu depuis l'enfance, c'était elle ! Grommela-t-il

- Aïe ! Grimaça de nouveau Valéria

- Son attention n'était pas mauvaise puisque je connaissais la tradition des chefs vikings qui doivent remercier ceux qui ont sauvé leur femme. Sauf que j'avais vraiment l'impression qu'il voulait me narguer encore plus ! Ajouta-t-il avec colère

- AIE ! Harold, tu me fais mal ! S'exclama Valéria

- Que… ?! Oh pardon Val ! S'excusa-t-il en voyant des marques rouges sur son dos.

- C'est rien… Le rassura-t-elle

Harold essaya d'oublier sa colère et de ne pas la retranscrire dans ses gestes.

- Je comprends que ça a pu te mettre en colère d'apprendre ça… Dit-elle avec compassion

- Sauf que ma colère et son bonheur ont été de courte durée... Maugréa-t-il tristement

- Comment ça ?

- Après nos retrouvailles, on a poursuivi notre route vers le repaire du dragon, au sommet de la montagne, au cœur même de l'île. On est enfin tombé sur le dragon, on s'est battus, on a perdu nos équipiers… Puis là, tout s'est enchaîné ! Dagur a chargé sur le dragon pour le maintenir et lui donner du fil à retordre, Verika a réussi à toucher le dragon avec une flèche imbibée de poison destinée à l'affaiblir et à lui brouiller les sens, et moi, je devais l'achever avec la Dragonsword. Sauf que le dragon a tiré et j'ai fini à terre, légèrement étourdi. C'est là que Ryker entre en scène.

Valéria ne disait plus rien, ce montrant très attentif à cette partie de l'histoire. Elle était déjà intriguée par tout ce qu'Harold lui avait raconté ce soir et la dernière fois, mais là, elle allait enfin savoir comment le plus puissant des dragons a péri, ce que son ancêtre avait à voir avec son triste destin, et comment Harold avait fini sous la glace !

- Quand j'ai voulu me relever pour finir ce que j'avais commencé, Ryker a pris l'épée et m'a empêché de faire mon travail. Même que l'épée à été conçue pour les gauchers, il disait que ça ne l'empêcherait pas de tuer le dragon… Comme j'étais déjà sonné à cause de l'attaque de notre ennemi, et que je voulais l'empêcher de le tuer à ma place, Ryker m'a repoussé et s'est dirigé vers le dragon. Sauf qu'avant de lui porter le coup de grâce… Le dragon a eu le temps de tirer une boule de plasma droit sur moi…

Harold ne disait plus rien et avait retiré ses mains du dos de Valéria. Cette dernière se redressa et se tourna vers lui, cachant sa poitrine avec son t-shirt. En voyant le regard triste d'Harold, la suite de l'histoire n'était surement pas agréable à entendre et à raconter.

- Qu'est ce qui s'est passé ensuite ?

- Verika s'est interposée pour me sauver et elle n'a pas survécu…

- Oh non… Tu… Tu l'a donc vue mourir ? Murmura-t-elle avec tristesse.

- Oui… Je revois encore le moment ou la boule de plasma a éclaté le bouclier en deux… Qu'elle l'a touchée de plein fouet avant qu'elle ne tombe sur la neige qui se recouvrait de sang… Et qu'un dernier souffle s'extirpe de sa bouche entrouverte alors que ses yeux encore ouverts fixaient le ciel…

- Harold…

- Je crois me souvenir ensuite que le dragon est mort et qu'au moment de fuir, Ryker m'a bousculé et je suis tombé dans une crevasse créée par le tir du dragon. Depuis, je ne me souviens de rien… Jusqu'à ce que je me réveille à l'hôpital avec toi à mes côtés…

Harold versa silencieusement une larme qu'il essuya avec la manche de son gilet. Valéria l'enlaça tendrement et Harold resserra ses bras autour de son dos dénudé.

- Je suis sincèrement désolée, Harold… Désolée que mon ancêtre ait gâché ta vie…

- D'une part oui, mais s'il ne l'avait pas fait… Jamais je n'aurais eu le bonheur de te rencontrer…

- Moi non plus… Rougissait-elle, émue de ce qu'il venait de dire. Dis ? C'est pour ça que tu m'as appelé Verika lors de ton réveil à l'hôpital ? Parce qu'elle avait le même teint et la même couleur de cheveux que moi ? Comprit-elle

- Oui. Mais pas les mêmes yeux. Les siens étaient bleu gris. Mais comme je l'ai vu mourir, je me suis dit que je devais halluciner. Mais je te rassure, Val. Vous avez des points communs et des similitudes physiques, mais vous êtes toutes les deux différentes. Et en étant à tes côtés, je n'ai pas l'impression de vivre une histoire avec elle.

- Je le sais, Harold. Merci de me le dire et de me rassurer à ce sujet. Souriait-elle. Et sache… Que je suis désolée que tu aies vécu un amour impossible. Aimer une femme qui en aime un autre alors que tu l'as toujours aimée depuis l'enfance… Et la voir mourir sans avoir pu lui dire ce que tu ressens… Je trouve ça triste…

- Détrompes toi. J'en ai eu l'occasion.

- Sérieux ? Alors qu'elle était avec Dakur ? S'exclama-t-elle, assez surprise.

- Dagur. Rectifia-t-il

- Désolée. Est-ce que… Je peux savoir ce qui s'est passé ?

- Je n'ai pas trop envie de parler de ça…

- D'accord.

Elle se tourna pour remettre son t-shirt et attendit patiemment, assise sur le rebord du lit. Harold devina qu'elle voulait savoir la suite et il ne la blâma pas. Après tout, c'est lui qui venait de lui donner une info intéressante ! Il est donc normal qu'elle veuille savoir la suite !

- Lors d'un sauvetage dans la caverne où on a trouvé l'épée…

Valéria fit immédiatement demi-tour en s'asseyant en tailleur sur son lit, face à Harold. Sa curiosité et son petit air malicieux le firent sourire.

- … On s'est avoué nos sentiments. Et le seul baiser que j'ai eu d'elle… C'est quand elle a voulu me ramener à la vie après que j'ai failli me noyer à cause des anguilles qui gardaient la caverne.

- Des anguilles ? Eurk... Grimaça-t-elle. Et après ?

- Pour éviter de me faire décapiter par Dagur, elle avait pris la douloureuse décision de tout garder secret, et m'a fait jurer de ne rien dire et de me forcer à l'oublier.

- Et ça a marché ?

- Non. Dagur s'est rendu compte d'un truc alors qu'on a rien fait. Il s'est emballé et ma foncé dessus pour m'embrocher, mais Verika s'est interposée manquant de se faire embrocher à ma place.

- Eh bah… Elle en avait du courage ! Si ce n'est pas de l'amour, je ne comprends plus rien… Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?

- On s'est tous les trois expliqué. Ça a tourné en disputes et en explications très sérieuses, mais tout a empiré entre elle et moi. Parfois ça allait… Parfois non. Je ne savais même plus comment agir avec elle, ni ce que je devais dire ou ressentir. Elle qui voulait qu'en rentrant chez nous, tout redevienne à l'époque où elle est partie de mon village… Je crois qu'elle avait raison. Ça aurait été une bonne chose pour nous tous. Elle aurait tranquillement fait sa vie avec Dagur, et moi, je serais rentré avec mon peuple pour rebâtir notre village et je serais finalement passé à autre chose.

- Sauf que tu l'aimais tellement que tu aurais eu du mal à l'oublier. La preuve, tu pensais encore à elle quand tu t'es réveillé.

- C'est vrai. Même des siècles plus tard, je repensais encore à ce que je ressentais pour elle, à ma souffrance, mais aussi à sa mort, et à la culpabilité que je ressentais de pas avoir mieux esquivé l'attaque du dragon et d'avoir retardé Ryker pour qu'il lui coupe la tête… Sans mes actes, elle serait restée en vie plus longtemps que ça…

- Harold…

- Humph… Mais le pire, c'est que je ne sais même plus ce que j'étais à ses yeux… Soupira-t-il, la tête entre ses mains.

- Probablement quelqu'un à qui elle tenait beaucoup. Supposa Valéria avec un petit sourire

- Quoi ? Dit-il en relevant la tête

- Bah vu qu'elle s'est encore une fois interposée pour te protéger, c'est qu'elle devait encore avoir de l'affection pour toi. Si elle ne t'aimait pas, elle ne l'aurait pas fait.

- Tu crois ?

- J'en suis convaincue. Même qu'elle a fait son choix entre deux hommes, et vu tout ce que tu m'as dit sur elle, il me semble évident qu'elle n'aurait pas supporté de vivre dans un monde dans lequel tu n'existes plus. Dit-elle avec le sourire

- Alors même en sachant qu'elle aurait pu mourir… Elle a quand même décidé de me sauver après m'avoir dit qu'elle nous reniait de sa vie… ? Je n'en reviens pas… Murmura Harold, sidéré.

- Et ouais. Elle t'aimait encore malgré tout ce qui n'allait pas entre vous. Ça ne devait pas être facile pour elle. Avoir son cœur coupé en deux, être partagée entre toutes ces émotions, être obligée de faire un choix et de le maintenir… Sans compter tout le reste qui vous concerne depuis l'enfance… La pauvre… Ça devait vraiment être le bordel émotionnel dans sa tête… Soupira-t-elle avec compassion

- Sans doute… Mais tout aurait été plus simple si j'avais réussi à aimer une autre femme durant ces quinze années de séparation. Ça nous aurait à tous épargné des problèmes et ça m'aurait fait beaucoup moins de mal en apprenant qu'elle était avec Dagur. Mais comme un idiot, je suis resté accroché à mes sentiments d'enfance…

- Faut pas t'en vouloir pour ça, Harold…

- Si. Mais bon. Ce qui a été fait est fait et je ne peux rien changer à ça. Maintenant, je dois juste apprendre à vivre avec mon passé, mes regrets et mes peines, et apprendre à aller de l'avant avec toi.

- Et je serais toujours aussi ravie de t'aider. Mais je voudrais comprendre une dernière chose…

- Je t'écoute.

- Voilà. Si tu en veux à Ryker par rapport à Verika… C'est parce que s'il ne t'avait pas empêché de tuer le dragon… Et qu'il n'avait pas perdu du temps à discuter pour se vanter de la gloire… Le dragon serait mort avant d'avoir tiré sur toi ?

- En gros, oui. Même si finalement, je suis en partie responsable du destin tragique de Verika.

- Et si tu en veux personnellement à Ryker… C'est pour t'avoir fait tomber dans cette crevasse, même accidentellement ?

- Oui.

- Je vois...

Dégoûté du comportement de son ancêtre, Valéria se dressa sur ses genoux et inclina respectueusement la tête, l'air solennel, face à Harold qui se demandait quoi.

- Harold Haddock. Au nom de toute ma famille… Je te présente mes plus humbles excuses pour tout le mal qui t'a été causé…

- Val, arrête ça… Tu n'as pas à t'excuser pour ce que Ryker a fait ! Tu n'y es pour rien !

- Mais j'ai honte de lui, moi maintenant ! Alors pour moi… Accepte mes excuses.

- Oh. Bon bah dans ce cas, j'accepte. Dit-il avec un sourire rassurant

- Merci. Autre question.

- Mmh ?

- Pourquoi tu n'as pas confiance en mon oncle ?

- Oh non, Val... J'ai déjà répondu à cette question… Souviens-toi de comment ça a fini… soupira Harold, mal à l'aise

- Je m'en souviens, Harold. Mais j'aimerais vraiment savoir pourquoi tu te méfie de lui ? Vu ce dont tu viens de me faire part, je pourrais peut être mieux comprendre ? Et puis, promis, ça ne finira pas en cris et en dispute. Assura-t-elle calmement. Et puis après tout, j'ai répondu à ta question sur Gustav. Ajouta-t-elle.

- Pff… Bon d'accord. En fait… Il y a quelque chose que je trouve bizarre.

- Dis-moi.

- Tu ne trouves pas ça bizarre que tous tes malheurs ont commencé depuis que tes parents sont partis et que ton oncle soit arrivé en ville ?

- Euh… Tu insinues que mon oncle serait responsable de tout ? S'étonna-t-elle

- Je n'ai pas de preuves. Juste des suppositions.

- Dans ce cas, expose-les.

- D'accord. Pour commencer, ton oncle et Ryker ont exactement la même tête qui ne rassure pas. Si ce n'est que Ryker était chauve et qu'il était plus baraqué. Et pour finir, il se dégage de ton oncle une méfiance que je ressentais à l'identique pour Ryker. Si mes amis étaient là, ils te diraient tous la même chose ! Même Verika et Dagur !

- A ce point-là ? Pourtant… Je ne ressens rien de mauvais quand je suis avec lui. Il a toujours été un oncle attentionné et un frère aimant pour ma mère !

- Comme Ryker, Viggo sait certainement se jouer de ceux qui l'entourent pour arriver à ses fins. Ryker était très intelligent, et ton oncle a visiblement hérité de cette qualité.

- Je… Je ne sais plus quoi penser, là...

- Ecoute Val. Je ne veux pas t'embrouiller l'esprit, mais réfléchis deux secondes. Il n'y aurait pas un détail que tu trouverais louche depuis qu'il est arrivé ? Ou même en lien avec tes parents ?

- Euh…

Ses émotions étant perturbées, elle avait du mal à y voir clair. En repensant calmement à ses parents, Valéria se rappela des paroles de son oncle au sujet du voyage que sa mère voulait tant faire depuis des années. Puis elle se rappela plusieurs choses le concernant, et ce qu'elle imagina lui donna la chair de poule !

- Non… Ça peut pas être vrai… Murmura-t-elle

- Quoi ? Dis-moi, Val.

- Bah… Depuis l'enfance, ma mère voulait partir aux Caraïbes. Et quand elle s'est mariée, elle s'est juré de faire ce voyage pour ses 30 ans de mariage. Et mon oncle le savait depuis toujours… Ensuite, y'a le fait qu'il n'a pas pleuré une seule fois devant moi, qu'il soit toujours calme, présent, prévenant, qu'il m'ait dit un truc du genre… « La vie nous offre de nombreux pouvoirs, alors autant savoir tous les utiliser. L'intelligence, le cœur, la force ou encore les cinq sens humains. » Y'a aussi son étonnement quand j'ai confirmé vouloir reprendre le contrôle de la station après l'annonce de la mort de mes parents, mais il se pourrait aussi qu'à cause du choix de ma grand-mère, il… Non, je ne veux pas le croire ! C'est impossible !

- De quoi ? Qu'est-ce qu'elle a décidé ?

- En fait… J'ai entendu dire qu'à l'époque, mon oncle n'aurait pas apprécié que l'entreprise soit confiée à mes parents. Ce qui expliquerait pourquoi il a travaillé loin d'ici. Mais ça a été décidé y'a des années et depuis, y'a toujours eu une bonne entente entre lui et ma famille…

- Ça pourrait justifier pas mal de choses, si ton oncle était vraiment le responsable… T'a autre chose qui te… ?

- Quoi ? Pour ce soir ? Tu veux savoir si mon oncle aurait… Oh merde… Nan. Nan, je ne veux pas croire ça non plus… ! Protesta-t-elle en cachant sa tête entre ses mains

- Val, qu'est-ce qu'il aurait pu faire ?

- Il… Tout le temps du repas... On est resté ensemble… Mais à un moment je me suis absentée pour aller aux toilettes… Et je... Je pense…

- Tu penses qu'il aurait trafiqué les sachets de thé le temps que t'avais le dos tourné?

- Mmh, mmh… Surtout qu'il en boit rarement… Son truc, c'est le café… Corsé et sans sucre…

Elle éclata en sanglot, les mains agrippées à ses cheveux ! Elle n'en pouvait plus… Elle se demandait vraiment pourquoi elle ne lui avait pas posé cette question le lendemain !

- Je ne veux pas croire que c'est lui, Harold ! Personne ne prendrait le risque de s'empoisonner avec un somnifère qui ne lui réussirait pas ! C'est du suicide !

- Sauf si on ne veut pas se faire accuser. Supposa-t-il

- Et comment il aurait pu tuer mes parents puisqu'il était ici le jour où leur bateau a explosé ?

- Et s'il avait un complice ? Imagine que ce soit ce complice qui serait entré chez toi après que vous soyez tombé endormis, pour ensuite te déposer dans la baignoire ?

- Mais… Pourquoi il voudrait me tuer ?

- Réfléchis. Tes parents étaient les responsables de la station. A cause de leurs morts, tu es devenu l'héritière. Et si tu venais à mourir…

- Il posséderait enfin la station comme il l'a toujours souhaité… Comprit-elle, en larmes.

Elle ferma tristement les yeux et sanglota de plus belle. Harold la serra tendrement dans ses bras et la jeune femme s'agrippa à lui, pleurant à chaudes larmes contre son gilet.

- Je ne sais plus quoi penser…Tout est différent maintenant…

- Je suis désolé, Val… Je ne voulais pas te rendre encore plus malheureuse, mais je ne voudrais pas non plus que l'amour que tu lui porte t'aveugle, et qu'il en profite pour te porter préjudice si c'est vraiment lui le responsable de tous tes malheurs...

- Je sais Harold… Je sais que tu agis pour mon bien… Seulement, j'ai du mal à croire qu'il chercherait à tuer ma famille et qu'il aurait joué la comédie… Nous avions toujours porté de l'affection pour lui… ! Il… Il m'a même dit qu'il était fier de moi, de mes capacités, qu'il avait foi en moi et qu'il aurait été heureux d'avoir une fille comme moi ! Alors pourquoi il m'aurait menti durant toutes ces années… ?!

- Pour éviter tout soupçon en se comportant comme une personne aimante et attentionnée.

- C'est… C'est monstrueux… ! Comment vais-je me comporter avec lui, maintenant ?! C'était la seule famille qu'il me restait, et maintenant… Je me sens encore plus orpheline…

Elle sanglota de plus belle, ce qui brisa le cœur d'Harold. Il l'enlaça davantage contre lui, rageant en pensant au mal que Viggo provoquait pour son propre intérêt ! Si c'était lui le coupable, comment pouvait-il faire ça à sa pauvre nièce qui l'aimait sincèrement ?!

- Je ne te laisserais plus jamais seule, Val. Sur les dieux, je le jure !

- Merci Harold… T'est vraiment adorable… Dit-elle avec un sourire reconnaissant

- C'est surtout parce que je t'aime et que je ne veux pas te perdre à cause d'un fou manipulateur ! Rétorqua-t-il sévèrement

Surprise, Valeria se redressa et fixa Harold avec ses grands yeux noisette qui ruisselaient de larmes. Harold se pinça alors les lèvres, honteux.

- Pardon… Je me permets de l'accuser alors qu'on ne fait qu'émettre des suppositions. J'espère sincèrement que je me trompe à son sujet, et…

Valéria colla ses lèvres contre les siennes, les mains agrippées au gilet de son petit copain pour l'attirer vers elle.

- Je ne t'en veux pas pour ça… C'est plutôt ce que tu as dit qui m'a surpris et me rend heureuse en ce moment… Murmura-t-elle contre ses lèvres.

- Et je pensais sincèrement ce que j'ai dit, Val. Ce que je vis avec toi est tellement magique, que je ne supporterais pas de te perdre ! J'en mourrais ! Si tu savais comme je suis heureux d'être arrivé à temps pour te sauver…

- Et moi, donc…

- Ryker est responsable de la mort de Verika, mais je ne laisserais pas Viggo être responsable de la tienne ! Jamais ! Lui déclara-t-il en plongeant dans son regard

- Oh, Harold… Rougissait-elle malgré ses larmes. Merci pour tout… Dit-elle en enroulant ses bras autour de son cou.

- Merci à toi, Val. Merci de me faire à nouveau confiance, de me laisser être auprès de toi pour t'aimer et te protéger… Mais aussi pour m'avoir écouté tout à l'heure. Je me sens beaucoup mieux grâce à toi.

- De rien. J'arrivais déjà à te comprendre, mais après tout ce que tu m'as raconté… Je te comprends encore plus. Et toute ma rancœur et mes doutes se sont envolés. Souriait-elle

- T'est vraiment ma bonne étoile… Souriait-il

- Et toi, tu es un garçon fantastique. J'ai beaucoup de chance de t'avoir…

Ils s'embrassèrent tendrement, puis ne voulant plus se lâcher, ils continuèrent de s'embrasser. Valéria commença à le déshabiller en lui ôtant son gilet, mais vu les événements de la soirée et l'état émotionnel de Valéria, Harold n'osait pas trop la toucher même s'il en avait envie.

- Val, tu es sur de vouloir qu'on fasse… ?

- Oui… Pas toi ?

- Si, mais tu ne préférerais pas… ?

- Dormir ? Non. Avec tout ce qui s'est passé et toutes ces discussions, j'ai besoin de tout oublier et de décompresser avec un câlin…

Elle lui ôta son t-shirt et continua de l'embrasser tout en caressant son torse.

- Ne t'en fais pas… Je dormirais bien après... Le rassura-t-elle dans un murmure légèrement coquin et malicieux

Elle continua de l'embrasser tout en faisant parcourir ses mains délicates sur le corps d'Harold. Ne souhaitant pas gâcher le désir de sa belle, Harold s'empara de son visage et l'embrassa fougueusement. Les deux amoureux vécurent un moment des plus torrides. Dans les bras d'Harold, Valéria ne pensait plus à ses malheurs, mais au bonheur qu'elle vivait à cet instant ! Si bien qu'après, elle s'effondra dans son lit, essoufflée et en sueur, et son cœur qui battait la chamade.

- Ça va ? Demanda Harold en s'allongeant à ses côtés

- Ouais, impec… T'est doué, ce n'est pas de ma faute… Souriait-elle

- Je suis si doué que ça ? S'étonna-t-il

- Quoi, tu en doute ? S'étonna-t-elle avec amusement

- Euh… Non, mais...

- Quoi ? Aucune femme ne te l'a jamais dit ?

- Si. A l'instant.

Valéria était perplexe alors qu'Harold avait les joues roses et un regard gêné. En le voyant dans cet état, Valéria cru comprendre quelque chose qui l'étonna encore plus.

- Harold ? Avant moi… Tu n'avais jamais… ?

- Non.

- Ja… Jamais ? Dit-elle encore plus surprise

- Oui. Tu es la seule femme que j'ai connue. Avoua-t-il sans honte

- Ouah… Je n'en reviens pas… Vu comment j'ai pris du plaisir la dernière fois et maintenant, j'ai cru que tu avais déjà couché avec d'autres femmes et que tu savais comment t'y prendre avec elle... Avoua-t-elle, toujours aussi perplexe

- Bah non. Je savais comment on devait s'y prendre, mais je ne l'ai jamais faite avec une femme de mon époque. Quand j'ai couché avec toi… J'ai juste suivis mon instinct. Mais j'ignorais vraiment que j'étais doué, jusqu'à maintenant.

- Woh…

- Et si ça peut te rassurer, tu es très douée aussi. Dit-il avec sincérité

- Ravie de le savoir… Surtout que… Bah j'étais dans le même cas que toi. Avoua-t-elle en jouant nerveusement avec une mèche de cheveux

- Mmh ? Tu n'avais jamais… ? S'étonna Harold

- Non. J'ai déjà eu deux petits copains, mais ça n'a jamais été plus loin. Ce n'était juste… Pas les bons. Mais je suis contente d'avoir découvert ça avec toi. Dit-elle avec un adorable rougissement.

- Moi aussi.

Il lui donna un tendre baiser et la serra dans ses bras. Heureuse, Valéria se blottit contre lui et ne tarda pas à s'endormir. Épuisé et tout aussi heureux qu'elle, Harold ne tarda pas à la rejoindre.

oO*Oo

Viggo sortit en milieu de matinée de l'hôpital. Ne risquant plus rien, le médecin l'avait laissé repartir après lui avoir donné une ordonnance et des recommandations au cas où il se sentirait mal. Il lui donna également des nouvelles de sa nièce et le rassura à son sujet. Remerciant avec distinction son interlocuteur, Viggo retourna tranquillement à son hôtel via un taxi. En chemin, il aperçut du coin de l'œil Valéria et Harold avec des sacs de courses dans les bras, prêt à les mettre dans le coffre de la voiture de Valéria. De retour à l'hôtel, il salua brièvement le réceptionniste qui l'avait poliment salué, et une fois dans sa chambre, l'expression de son regard changea littéralement ! Il était fou de rage que son plan ait échoué ! Mais il était également en colère contre Ingrid qui avait mal fait son boulot, et contre Harold qui d'après le médecin, aurait sauvé Valéria de la noyade.

Il entendit alors du bruit dans la salle de bain. Ingrid était là et devait probablement prendre une douche. La laissant tranquille et sans faire de bruit, Viggo se dirigea vers le bar et se servit un copieux verre de whisky avant de s'installa confortablement dans son fauteuil et de ruminer en lui-même toute sa colère ! Quand Ingrid sortit de la salle de bain, vêtue simplement d'une grande serviette de toilette, elle fut sur le coup surprise de voir quelqu'un d'autre dans la pièce sans l'avoir entendu entrer. Quand elle vit que c'était Viggo, elle devint joyeuse et soulagée de le revoir, si bien qu'elle courut vers le fauteuil et s'agenouilla à ses pieds.

- Viggo ! Je suis contente de te revoir ! ça va ?

- Comment dire… As-tu une idée de comment je vais, Ingrid ? Demanda-t-il d'un ton très calme, sans pour autant la regarder.

- Ecoute, je sais que le plan a foiré et j'en assume l'entière responsabilité.

Curieux, Viggo tourna légèrement son regard vers la brune qui ne semblait pas affolée de son échec ou craintive de subir sa colère. Au contraire, elle demeurait confiante, douce, et souriante.

- J'aurais dû attendre que l'eau dépasse son menton avant de partir. Non. Mieux. J'aurais dû attendre jusqu'au bout et lui maintenir la tête sous l'eau si elle s'était réveillée. Mais je n'avais pas prévue que son Don Juan allait venir à son secours !

- Moi non plus. C'est toujours pareil. Les héros trafiquent toujours les projets des gens ambitieux. C'en est presque comique. Répondit calmement Viggo

Il but ensuite une longue gorgée, puis regarda les reflets de la lumière à travers le liquide ambré.

- Harold risque de poser plus de problème que je ne le croyais. Tant qu'il sera là… Il déjouera inconsciemment mes projets puisque lui et Valéria s'aiment et ne semble plus vouloir se quitter. De plus, ce garçon n'a pas l'air aussi idiot que les jeunes de son âge. Je décèle en lui une grande capacité intellectuelle. La première fois que je l'ai rencontré, j'ai tout de suite senti qu'il se méfiait de moi, même si j'en ignore la raison. Mais peu importe. Bientôt, il ne sera plus qu'un lointain souvenir.

- Tu veux que je le tue avant elle ? Ou en même temps qu'elle ?

Viggo se leva quelques secondes plus tard de son fauteuil et se dirigea calmement vers la grande baie vitrée, admirant avec intérêt la vue qu'il avait sur les massifs montagneux de la station.

- Je ne sais pas encore. Je n'avais pas vraiment prévu de tuer ce garçon.

- Mmh. Néanmoins, si tu me confie ce travail, je peux t'assurer que je n'échouerai pas cette fois. J'irais jusqu'au bout. Assura-t-elle avec détermination

- Je n'en doute pas.

Il demeura pensif quelque secondes, puis se tourna vers la brune qui attendait un mot, un ordre. Il posa alors son verre sur la table de chevet et se tourna calmement vers Ingrid.

- Que dirais-tu de venir avec moi prendre un peu l'air ? J'ai l'impression d'étouffer dans cette pièce.

- Bien sûr. Je reviens.

Se disant qu'il ne lui en voulait pas tant que ça, elle se dirigea vers la salle de bain et termina de se préparer. Elle ressortit vêtue d'un tailleur à pantalon gris et avait tressé ses cheveux sur le côté. Viggo l'emmena faire un tour en voiture, bien que la destination était inconnue à la jeune femme. Il l'emmena dans un endroit assez tranquille, là où personne ne verrait ce qui allait se passer.

- Viggo ? Qu'est-ce qu'on fait ici ? S'étonna-t-elle en regardant l'endroit derrière ses vitres teintées

- Tu vas très vite le savoir.

Profitant du fait qu'elle soit intriguée par le paysage, il lui planta dans la nuque une micro fléchette qui contenait un puissant somnifère ! La brune cria sur l'instant, grimaça en retirant la fléchette et se tourna avec incompréhension vers Viggo qui demeurait calme.

- Que… Qu'est-ce que ça veut dire, Viggo ?! Pourquoi tu m'as… ?!

- Drogué avec ceci ? Vois-tu, c'est une partie du sort que je réserve à ceux qui me déçoivent.

- Te déçoive ? Mais je… Je croyais que tu pardonnais mon échec !

- Le pardon, ce n'est pas très judicieux pour les affaires. La confiance, en revanche… C'est impératif, Ingrid. Et je ne peux pas me permettre d'accepter une incapable à mes côtés. Avoua-t-il avec indifférence

Ingrid examina la fléchette de couleur rouge comme le sang, et eut un hoquet d'effroi parce qu'elle savait à quoi servait cette fléchette ou plus précisément le produit qu'il y avait dedans ! Elle ôta rapidement sa ceinture et essaya de sortir de la voiture, mais Viggo avait verrouillé la porte et observait Ingrid avec un petit sourire amusé. Piégée à l'intérieur, elle se retourna pour tenter de le tuer mais elle sentait ses forces diminuer et elle s'effondra sur son siège, morte de fatigue. Les yeux à demi clos, elle ne lâchait pas Viggo du regard, cherchant en vain la force de bouger pour le tuer !

- Comprends bien que ça me chagrine de t'infliger ça, surtout après tout ce temps passé ensemble. Mais… Encore faut-il que je sois vraiment chagriné de ton sort. Souriait-il en lui caressant la joue

- Quoi… ? Que... Que veux-tu dire… ?

- Tout simplement que tu n'étais qu'un pion depuis le début. Tout comme avec Harold, la première fois que j'ai posé les yeux sur toi après t'avoir sauvé d'une mauvaise affaire, j'ai su que tu pourrais m'être très utile. Et ta gratitude depuis cette époque m'a été très utile !

- Tu t'es donc servi de moi… ?! Alors que je t'aimais et que j'ai tout fait pour... !

- J'avoue que je me suis bien amusé avec toi. Aussi bien sur le plan sexuel que sur le plan criminel. Mais ton erreur d'hier soir est impardonnable.

- Viggo… Tu n'es qu'un… !

- Oh, je sais très bien ce que je suis, Ingrid. Hinhin. Tu me hais et tu as peur, c'est un fait et je ne t'en veux pas. Mais sois sans crainte. Tu t'apprête à me rendre un grand service qui me rendra heureux pour le restant de mes jours. Et ce bonheur, je saurais t'en être éternellement reconnaissant. Hinhin.

Il attendit qu'elle tombe de sommeil, et avec satisfaction, il roula jusqu'au centre-ville et se gara devant un centre d'institut de beauté. Coupant le moteur, il se tourna vers Ingrid qui dormait toujours. Il l'observa un court instant, réalisant qu'il ne la reverrait plus jamais. De toute façon, il avait depuis toujours prévu de se débarrasser d'elle de cette manière, même si elle n'aurait pas échoué hier soir. Par gratitude, il lui donna un baiser puis pratiqua sur elle une puissante hypnose ! Avec ces vitres teintées, personne ne pouvait voir qui était dans la voiture, ni ce qui s'y passait !

- Écoute-moi très attentivement, Ingrid. Tu vas sortir de cette voiture dans une minute, avec un sourire naturel aux lèvres, puis tu me feras un léger signe de la main quand tu fermeras la portière et tu me regarderas m'éloigner avec la voiture. Ensuite, tu perdras naturellement ton sourire avant de te diriger à pieds chez Valéria. Une fois là-bas, je veux que tu la tue en premier, puis Harold, par tous les moyens que tu voudras. Et si y'a d'autres personnes dans la maison, tue-les sans hésiter. Ne laisse aucun survivant. Puis quand tu auras fini de les tuer, jette-toi du haut du pont qui surplombe le canal. Mais si tu te fais attraper avant ou après les avoir tués, ne dis rien et donne-toi la mort. A trois, tu te réveilleras et tu feras exactement tout ce que je viens de te dire.

Il s'asseya convenablement sur son propre siège, l'air détendu, mains sur le volant.

- Adieu, ma chère Ingrid. Un... deux… trois…

Il claqua des doigts et Ingrid se réveilla naturellement. Sous hypnose, elle exécuta les ordres de Viggo, en commençant par sortir de la voiture comme si de rien n'était. Elle se tourna ensuite vers Viggo et lui adressa un signe de la main quand elle referma la portière et qu'elle le regarda s'éloigner avec la voiture. Selon ses ordres, elle perdit son sourire et marcha tranquillement vers la maison de Valéria, alors que Viggo se débarrassait de la fléchette en la jetant discrètement par la vitre de sa voiture.