Salut à tous ! :D Et voilà. C'est la fiiiiiiiiiiiiin ! « Oh non ! Pas déjà ?! o.O » Ah bah si ! Toute histoire doit avoir une fin mes chers lecteurs :) J'espère néanmoins que cette fin vous plaira :3 Si c'est le cas, faites-le moi savoir dans les reviews ! ^^ Pour info, il y aura une bagarre dans ce chapitre. Mais pour que vous ayez une idée de comment les deux adversaires se battent, regardez l'affrontement entre Ada Wong et Svetlana Belikova dans le film Résident Evil Damnation ;)

Sur ce, je vous remercie tous du fond du cœur pour avoir été présents durant cette aventure ! Merci ! ^w^ Je vous souhaite une bonne lecture… Et je vous dis à mardi pour une nouvelle fiction basée sur l'univers de Dragon ! :D Bisous ! ^^


Chapitre 27 - Destin funeste

Les cinq survivants étaient hors de danger. La montagne avait fini de trembler et de s'effondrer, et à présent, un grand calme mortuaire régnait au sommet de cette montagne, mais également au sein du groupe. Krane, Rustik et Astrid avaient tous les trois décidés de retourner en haut chercher le corps de Kognedur et de Verika pour leurs funérailles, ainsi que le maximum de leurs affaires pour le voyage de retour. Ils remontèrent en silence, les yeux envahis par les larmes. Ryker posa son trophée sanguinolent par terre et remonta leur donner un coup de main. Quand Astrid revit l'endroit ou Harold avait disparu, elle éclata inévitablement en sanglot, à genoux dans la neige, pleurant la mort de son meilleur ami et le seul homme qu'elle n'avait jamais aimé. Les garçons retrouvèrent le corps de Kogne et pleurèrent également. Krane s'en voulait terriblement d'avoir perdu connaissance durant la bataille et il regrettait plus que tout de ne pas avoir été là pour sa sœur… Pour son dernier souffle… Mais aussi pour la sauver…

De son côté, Dagur s'était chargé de retrouver le corps de Verika, et il la retrouva. En la voyant si pale, les yeux ouverts, recouverte de neige et de sang, Dagur la reprit dans ses bras et l'implora inutilement de revenir à elle. Il savait que c'était inutile, mais il refusait de croire qu'elle était morte ! Et pourtant… Elle était bien partie. Elle ne fit aucun mouvement, ni aucun battement de cils, il n'entendait plus son cœur battre, ni le son de sa respiration… Il n'avait plus la force de parler… Fou de chagrin, il ne cessait de la regarder et de caresser son visage, laissant ses larmes s'écraser sur son visage serein. Il se demandait pourquoi elle est allée les sauver alors qu'elle avait décidé de les chasser de sa vie ? En plus, ça n'avait servis à rien puisqu'Harold était mort lui aussi ! Son grand cœur et son courage, malgré ses nombreuses blessures passées, ont dû, selon lui, prendre le dessus. Il ne pouvait qu'être fier d'elle.

Mais il se demandait surtout ce qu'il allait devenir sans elle… Sans la seule personne qu'il avait aimée de tout son cœur et dont elle lui avait fait la joie d'accepter de devenir sa femme. Sa joie n'aura été que de courte durée. Tout ça à cause de ce maudit dragon ! Le sachant décapité par Ryker, une partie du cœur de Dagur trouva le repos. Mais le reste allait être à jamais tourmenté par sa mort ! Les autres lui présentèrent leurs condoléances, mais il les envoya tous balader ! S'ils n'étaient pas tous venu pour cette expédition, Verika ne se serait jamais mise en danger pour les protéger !

Tout comme eux, Dagur confectionna un petit bûcher rien que pour Verika. Il l'installa dessus, lui murmura difficilement quelques dernières paroles et lui donna un dernier baiser. Mais en sentant ses lèvres si froides contre les siennes, Dagur explosa de chagrin, son front contre le sien, puis il tomba à genoux. Elle lui manquait déjà énormément ! Sa voix, son odeur, sa chaleur, son rire, ses yeux… Tout ! Avant de mettre le feu au bûcher, il ôta tristement la bague de son doigt et la serra fermement dans le creux de sa main en regardant Verika se consumer dans les flammes. Le plus silencieusement possible, le groupe pleura la mort de leurs camarades et honora leur courage et leur mémoire, et restèrent auprès d'elles jusqu'au bout.

Le retour fut long et morne. Personne n'osait dire un mot. Surtout Dagur. Après avoir attaché la bague de Verika autour de son cou, son regard sévère et anéanti ne le quitta pas durant un seul instant. Il maudissait les dieux, le destin ou encore l'univers d'avoir permis l'existence des dragons, et d'avoir infligé la présence des Berkiens pour cette expédition ! Sans eux et les dragons, Verika serait encore en vie, à ses côtés ! Durant le trajet, le groupe avait rencontré des dragons sauvages, mais quand Ryker leur montra avec satisfaction la tête de leur vaillant chef décapité, ils eurent de la peine pour lui et ils fuirent par crainte de subir le même sort ! Ils regagnèrent assez vite leur navire et ne tardèrent pas à faire voile sur l'ile des Parenvrilles. A cinq, ils n'eurent pas trop de mal à manœuvrer le navire.

Durant les quelques jours de navigation, Dagur s'était isolé du groupe pour les repas et le reste. Il ne voulait plus avoir affaire à eux, même si tout comme lui, ils souffraient d'avoir perdu leurs amis. Eux qui croyaient que le retour serait plus agréable après avoir vaincu le Furie Nocturne… Ils se trompaient ! Pourtant, ils avaient tous conscience que leur mission était un véritable succès, mais ils n'auraient jamais cru qu'il y aurait autant de pertes. Plus rien ne sera comme avant pour chacun d'eux, mais pour leur tribu aussi. L'héritier du trône de Berk et la future régente des Parenvrilles venaient de disparaitre. La possibilité d'élire un nouvel héritier était possible, mais remplacer un grand amour, ça, non.

oO*Oo

A la forteresse, tout le monde était déjà fou de joie quand on annonça l'arrivée du navire des chasseurs ! Avec joie et espérance, Stoik et Osvald attendirent aux quais que le navire accoste. Mais quand ils virent que peu d'entre eux descendirent sur les quais, leur joie laissa aussitôt place à l'inquiétude. Aucun membre du groupe n'avait la force de s'expliquer devant eux, sauf Ryker. Il présenta aux chefs et aux peuples, la tête du Furie Nocturne, et aussitôt tout le monde manifesta sa surprise et leur joie, mais avec moins d'entrain que prévu. Ryker la donna à Osvald qui comme convenu, donna un coffret empli d'or pour récompenser ses services. Ryker garda comme seul butin l'épée de Grimbeard l'Horrible, puis après avoir pris le coffret, il remonta sur son navire et passa une annonce pour recruter de nouveaux chasseurs.

Le groupe n'avait pas envie de lui dire adieu, ni merci. Ils ne pouvaient plus supporter ce type qui au final, était le plus heureux de tous ! Ils allèrent voir leurs chefs et père, qui les accueillirent avec tristesse et joie. Ils demandèrent ce qui s'était passé et où étaient Harold, Verika et Kognedur. Astrid trouva la force de leur faire part de la tragédie, mais s'effondra en larmes dans les bras de Stoik qui pleurait, tout comme Osvald. Ils les emmenèrent dans la forteresse pour qu'ils se reposent et se restaurent, et qu'ils puissent raconter en détail ce qui s'était vraiment passé. Stoik et Osvald avait besoin de savoir ! Après des discussions difficiles et des torrents de larmes, tout le monde essaya d'aller prendre un peu de repos. Et avec le vin qu'ils avaient bu, ils s'endormirent très vite !

Ne voulant pas aller se coucher dans sa chambre, ou régnait fortement les souvenirs et la présence de Verika, Dagur resta à table et but autant de vin qu'il pouvait, jetant à terre chaque bouteille vide. Il ne se sentait plus bon à rien. Il n'avait plus aucune envie. Sa joie de vivre était morte en même temps qu'elle. Désormais, cette forteresse lui semblerait immense et vide de vie. Ça le torturait d'être là, parce qu'il avait l'impression de voir Verika partout et d'entendre ses rires dans chacune des pièces, telles les rires d'un fantôme. La tête affalée contre ses bras, Dagur sanglotait à son aise, sans honte. Osvald se tenait près de la porte de la salle à manger, et regardait tristement son fils pleurer la mort de Verika. Le voir dans cet état lui rappelait la douloureuse époque où sa femme bien aimée l'avait quittée des suites de sa maladie, et qu'il avait sans cesse pleuré sa mort, maudissant tout ce qu'il pouvait maudire. En tant que père, il se devait d'aider son fils et de le soutenir dans cette dure épreuve.

- Fils… Dit-il en s'approchant de lui

- Quoi ? Dit-il d'un ton sec

- Ecoute. Je sais que ça risque d'être difficile… Mais tu devrais essayer d'aller dormir un peu.

- Et comment pourrais-je dormir, hein ?! Elle partageait ma chambre, mon lit, ma table, mon foyer… TOUT ! Partout où je vais, je la revois comme si elle était revenu avec nous ! Comme si elle ne c'était jamais fait tué par ce démon ! S'exclama-t-il furax et bourré

- Je sais... Mais le responsable de sa mort l'a payé de sa vie. C'est un argument consolable, non ?

- Ce n'est pas suffisant ! Et comme son crâne sera exposé au-dessus de ton trône, il me rappellera à jamais que c'est à cause de lui que je l'ai perdue !

Il balança violemment sa bouteille de vin à travers la pièce et elle se brisa en mille morceaux. Osvald avait suivi la trajectoire et le massacre de la bouteille d'un simple regard. Le vieux barbu craignait que Dagur ne se remette jamais de la mort de Verika et qu'aucune autre femme ne puisse la remplacer.

- Et puis tiens… Vu qu'on n'arrête pas de parler d'elle… J'ai une requête de sa part à t'exposer.

- Laquelle ?

- Elle souhaitait que tous les Berkiens dégagent de chez nous et repartent sur leur satanée île !

- Pourquoi donc ?

- Pourquoi ? Parce qu'ils lui ont fait vivre un enfer durant le voyage ! Et ils m'ont également tapé sur les nerfs ! Elle voulait qu'en rentrant, tout redevienne comme avant… Avant qu'ils ne débarquent. Et c'est ce que je souhaite aussi !

- Dagur… Je ne peux pas accéder à sa requête.

- Pardon ? Tu ne comptes rien faire ?!

- Oui. Avoua calmement son père

- Et pourquoi ?!

- Pourquoi ? Réfléchis. Pourquoi devrais-je accéder à la requête d'une personne qui n'est plus là ? De plus, tu es saoul et tu ne mesure plus ce que tu dis parce que ton cœur est obscurci à cause de ton chagrin. C'est pour ça que tu devrais aller dormir. Tu te sentiras beaucoup mieux et tu verras les choses plus clairement.

- Je ne suis plus un gosse à qui il faut dire ce qu'il doit faire ! Et je ne suis pas saoul ! Je suis l'héritier du trône et Verika avait accepté de devenir ma femme ! Alors je compte bien respecter son souhait !

- Je suis donc dans l'obligation de te dire non. Maintenant va te reposer. Ordonna Osvald en faisant demi-tour

- Je n'ai pas à t'obéir et à dépendre de toi pour les expédier sur Berk !

Pour le calmer, Osvald infligea à contre cœur une baffe à son fils qui se calma instantanément, le regard perdu dans le vide.

- Sauf que le chef ici, c'est moi ! Stoik et son peuple sont mes invités et ils sont sous ma protection ! De plus, ils ont subi autant de pertes que nous et les réexpédier dans leur village en cendres serait cruel ! Ils ne bougeront pas d'ici et je ne veux plus entendre parler de cette requête ! C'est compris, Dagur ?

- Tu refuses alors… Maugréât-il dans un murmure

- Est-ce que c'est compris ?! Insista Osvald d'une grosse voix qui résonna dans toute la pièce

- Parfaitement. Seulement…

Il poignarda son père en plein ventre avec son épée et la lame était ressorti de l'autre côté, et dégoulinait de sang. Ayant parfaitement conscience de ce qu'il venait de faire, Dagur ne quitta pas des yeux son père qui le regardait avec de grands yeux ronds qui se vidait progressivement de toute vitalité.

- Je ne suis pas d'accord pour autant. Et sache… Qu'ils sont tout aussi responsables de sa mort ! Et je réclamerais justice !

Il ôta d'un coup son épée et reçut une grosse giclure de sang, en plus de recevoir au visage du sang que son père venait de cracher et qui dégoulinait sur sa barbe. Le vieux chef tomba à genoux, puis s'écroula sur le sol dallé, tremblant, les mains contre sa plaie. Dagur lui accorda à peine un regard et ne ressentit presque aucune tristesse en voyant son père gire sur le sol qui se recouvrait lentement de son sang. A ce moment, deux gardes entrèrent dans la salle à cause du bruit causé par l'assassinat d'Osvald. En voyant leur chef par terre et son fils se tenir devant lui avec une arme ensanglantée, ils furent sous le choc !

- Seigneur Dagur ?! Qu'a… Qu'avez-vous fait ?!

- Mon père n'était plus digne de régner et j'ai simplement décidé d'accélérer sa mise à la retraite ! Dorénavant, je suis votre chef ! Prosternez-vous devant moi ou vous mourrez sur l'instant !

Devant son regard et son sourire démentiel, et par crainte de mourir à leur tour de ses mains, les gardes se prosternèrent devant lui, pour le plaisir de leur nouveau chef. Ses premiers ordres furent d'envoyer les gardes chercher chaque Berkien présent sur l'ile et dans la forteresse, et de les emmener sur un navire. Les gardes s'exécutèrent pendant que Dagur se rendit calmement sur les quais. Pour chacun des Berkiens, l'incompréhension dominait tout le reste ! Ils ne comprenaient pas pourquoi ils se faisaient emmener avec leurs affaires ! De plus, les gardes ne répondaient à aucune de leurs questions ! Même à Stoik ! Quand tout le monde fut emmené sur un navire qui contenait quelques provisions, armes et outils, Stoik s'adressa à Dagur d'un air mécontent, alors que Dagur semblait satisfait.

- Dagur ! Qu'est-ce que tout cela veut dire ?! Où est ton père ?!

- Mon père… A pris sa retraite, Stoik.

- Il… Tu l'a tué… ? Comprit Stoik avec effroi et tristesse

- Peu importe. Dorénavant, c'est moi le nouveau chef des Parenvrilles ! Souriait-il

- Et pourquoi sommes-nous tous rassemblés sur ce navire ?!

- Parce que je ne veux plus voir un seul Berkien de toute ma vie ! Et si l'un de vous ose s'approcher de notre île, je l'exécuterai de mes mains ! Déclara-t-il avec un immense sourire.

- Dagur ! Ton père n'aurait jamais permis une chose pareille ! Surtout pas après les tragédies que nous venons de subir !

- Sauf que je ne suis pas mon père. Je suis moi ! Maintenant, faites voile sur votre chère ile natale et croupissez là-bas ! Par ailleurs, les missions diplomatiques entre nos deux tribus viennent de prendre fin aujourd'hui, Stoik.

- Ce que tu t'apprête à faire va entrainer des guerres, Dagur ! S'exclama le chef avec colère

- Ah oui ? Et avec quelles armées comptez-vous nous envahir et nous massacrer ? Vous avez tout juste assez de guerriers pour reconstruire vos maisons et protéger vos vies contre les dragons qui oseront réclamer vengeance ! Alors maintenant que tout est réglé, bon vent !

- Verika n'aurait pas apprécié que tu fasses ça, Dagur ! Tu crois qu'elle serait fière de toi ?! S'exclama Astrid

- Sauf que c'est ce qu'elle voulait, ma chère Astrid. Elle voulait qu'en rentrant sur l'île, tout redevienne comme avant que vous débarquiez chez nous ! Moi, je ne fais qu'exécuter sa volonté. Et la mienne, par la même occasion !

Ravi de l'expression de surprise et de tristesse sur le visage de la blonde et de ses amis, Dagur ordonna à un garde de larguer les amarres. Quelque gardes et villageois restèrent sur les quais avec leur chef pour regarder les pauvres Berkiens regagner leur village. Dagur resta jusqu'à ce que le navire disparaisse à l'horizon, puis repris sa vie en tant que nouveau chef.

oO*Oo

Les années passèrent bien tristement. Dagur était toujours aussi dévasté par son chagrin, et il avait laissé la folie s'emparer de lui, faisant naitre son nouveau nom… Dagur, le Dérangé ! Dans tout l'archipel, sa démence et sa force, tout comme sa cruauté et son sadisme, ainsi que son courage et sa témérité à vouloir se débarrasser du maximum des dragons étaient connus de tous ! Bien qu'il leur était interdit de parler d'eux, son peuple regrettait beaucoup Osvald et l'époque où lui et Verika étaient en vie. Depuis qu'elle n'était plus là, Dagur n'avait jamais fréquenté une autre femme. Pas même pour prendre une épouse et assurer sa lignée. A ses yeux, aucune femme dans tout l'archipel n'aurait pu convenir pour ce rôle, à part Verika.

Toutes les affaires de Verika furent scellées dans la chambre qu'elle occupait de son vivant. Dagur n'avait jamais remis les pieds à l'intérieur, laissant le contenu de la pièce se recouvrir d'une épaisse couche de poussière et de toiles d'araignées. La seule chose qu'il avait gardé d'elle, c'était sa bague de fiançailles. Elle était toujours accrochée autour de son cou, et demeurait toujours intacte même s'il avait mené plusieurs combats en la portant autour du cou. Dagur n'y prêtait plus attention par moment, mais parfois, quand il était dans ses quartiers, il la regardait avec mélancolie tout en fredonnant sa berceuse qu'il n'avait jamais oubliée. Et à chaque fois, il sombrait dans le chagrin. Tel fut sa vie durant tout ce temps, et rien n'avait changé. Et pas une seule fois, il n'avait regretté d'avoir tué son père et d'avoir chassé les Berkiens.

La seule chose qui l'avait rendu heureux, à part massacrer le plus de dragons possible au nom de Verika, c'était l'idée de la revoir quand il rejoindrait le Valhalla. Mais il avait également ressenti la crainte qu'elle ne le reconnaisse pas quand il partirait d'ici, bien plus âgé qu'elle au moment de sa mort. Mais la majeure partie du temps, l'idée qu'elle le reconnaisse et qu'elle l'accueille les bras ouverts, avec son tendre sourire qui illuminerait son visage d'ange, le consolait. Et jusqu'à ce que Dagur meure de vieillesse, cet espoir ne l'avait pas quitté. Et c'est avec un sourire apaisé qu'il quitta ce monde, en versant une larme qui coula le long de son visage ridé vers sa barbe grise, et en serrant son pendentif dans le creux de sa main.

oO*Oo

Du côté des Berkiens, les premiers temps furent très durs pour eux. Comme Gueulfor était toujours atteint de démence, ils ne purent compter sur ses talents de bricoleur pour reconstruire le village. Les provisions données par Dagur furent très vite consommées, et le réapprovisionnement fut tout aussi dur que la reconstruction. Mais les trésors que Rustik avaient ramené du navire fantôme leur avaient bien servis ! Rustik n'avaient même plus eut le cœur de garder un seul trésor pour lui tout seul. Tout le monde lui était reconnaissant, et il avait accepté les remerciements des villageois et de son chef avec humilité. Avec toutes ces aventures et ces malheurs, Rustik n'était plus aussi vantard qu'avant !

Grâce à Stoik et Astrid, tout le monde trouva quoi faire et trouva la motivation et la force nécessaire pour avancer. Astrid s'était de plus en plus habituée à son bras manquant, et s'était faite au rang de bras droit de Stoik. Mais comme Dagur, elle ne s'était jamais remise de la mort d'Harold, sans pour autant devenir quelqu'un de froid et de cruel ! Elle n'avait jamais cru non plus à ce que Dagur lui avait dit au sujet du souhait de Verika. Elle n'y avait jamais cru, même si y'avais eu quelque différents et soucis avec Verika de son vivant. Elle s'était toujours dit que ce qu'il avait dit, c'est parce qu'il souffrait de son absence.

Kranedur poursuivait sa vie avec un terrible manque qu'il n'avait jamais réussi à combler. Heureusement que Rustik était toujours là. A la longue, ils étaient devenus des amis proches, devenant presque inséparables.

Quant à Stoik, il se sentait comme tout parent qui venait de perdre un enfant. Les premiers temps, il avait beaucoup pleuré, presque tous les jours. Puis à la longue, son chagrin s'était atténué. Il avait accepté cette perte et cette douleur, tout comme il l'avait fait pour Valka.

Le rapport entre eux et les Parenvrilles n'avaient pas évolué. Aucune guerre n'avait été lancée, et les Berkiens avaient vite pris conscience que se venger et lancer un assaut ne servirait à rien. Dagur avait raison. Ils n'étaient pas assez nombreux. Si, mais seulement pour défendre le village contre les quelques dragons sauvages qui avaient osé s'approcher du village.

Quant aux dragons, depuis la mort du Furie Nocturne, ils s'étaient tous sentis désemparés, divisés et vulnérables, si bien que leurs espèces disparaissaient progressivement de l'archipel, rendant peu à peu aux Vikings leur liberté, mais leur enlevant ce pour quoi ils se battaient depuis des siècles ! Et jusqu'à ce que leur monde évolue, leurs vies demeurèrent comme telles.

oO*Oo

De retour à la maison, Valéria et Harold venaient de finir de ranger leurs courses et de jeter à la poubelle tout ce qui était susceptible d'être empoisonné. Ils avaient pris leur petit déjeuner en ville puis s'étaient rendus au supermarché. Après cela, Harold suggéra à Valéria d'inviter Cami et Chris pour manger avec eux, ce qu'elle accepta, fermement décidé à passer un bon moment avec ses amis ! Harold les appela tous les deux le temps que Valéria prépare à manger. Harold annonça avec joie qu'ils seraient quatre à table et les convives arrivèrent à l'heure. Après des retrouvailles émotives, Cami et Chris témoignèrent leur soulagement envers Valéria. Ils passèrent ensuite à table, prêt à en apprendre davantage, mais Chris remarqua quelque chose par la fenêtre qui le rendit quelque peu soucieux.

- Ça ne va pas ? Demanda Harold

- C'est juste qu'il y a une fille dehors…

- Mmh ? Mouais, jolie fille. Et alors ? S'étonna Cami

- Bah je suis sûr de l'avoir déjà vu quelque part, mais je ne sais plus où… Dit-il en s'asseyant

- Ne cherche pas. Ça va te revenir quand tu t'y attendras le moins. Conseilla Valéria en servant les assiettes

- T'as raison. Mais c'est chiant de ne plus savoir… Grommela-t-il

- Oh fait, Val. Tu as des nouvelles de ton oncle ? S'inquiéta Cami

- Bah j'ai eu un coup de fil de l'hôpital pendant que je faisais mes courses mais je n'ai pas encore eu le temps de les rappeler. Mais je vais….

- Ça me revient ! S'exclama Chris. La fille dehors… Je l'ai vu sortir de la voiture de ton oncle pas plus tard que tout à l'heure ! Juste devant l'institut de beauté !

- Quoi, c'est sa copine ? Il a la côte dis donc ! Val ? Ton oncle fréquente des minettes de vingt ans, maintenant ? Ricana Cami.

- Euh… Je ne pense pas être au courant qu'il sort avec quelqu'un. Mais je trouverais ça un peu… Dérangeant, s'il sortait avec une fille de mon âge. Je rappelle qu'il a quand même pas loin de quarante ans ! Dit-elle avec une légère grimace.

- Mmh… Bah vu le sourire et le petit signe de la main qu'elle lui a fait en sortant de la voiture, ça doit forcément être sa petite amie ! Ajouta Chris

Harold avait une autre opinion sur le sujet et adressa un regard inquiet à Valéria qui comprit la signification de ce regard. Tout à coup, on frappa à la porte. Les quatre résidents se tournèrent à l'unisson vers celle-ci. Derrière la vitre, Chris reconnu la jeune fille et alla ouvrir avec l'accord de Valéria. Mais quand la rouquine croisa de nouveau le regard inquiet d'Harold, la peur l'envahit et s'apprêtait à dire à Chris de ne pas ouvrir ! Mais c'était trop tard ! Chris avait à peine ouvert la porte qu'elle se claqua violemment contre son visage ! Ses amis se levèrent de table, choqués, et Ingrid en profita pour entrer de force dans le salon. Puis après un rapide coup d'œil dans la pièce, elle se rua vers la cuisine pour tuer Valéria. Cette dernière fronça alors le regard et donna un bref ordre à ses amis.

- Harold ! Emmène Cami et Chris loin d'ici !

Il n'eut pas le temps de répondre que Valéria attrapa la carafe d'eau et la balança sur la brune qui l'esquiva sans sourciller. Valéria se jeta ensuite sur elle et s'en suivit un affrontement entre les deux jeunes femmes qui esquivaient, interceptaient et se donnaient des coups avec agilité, rapidité et férocité, telles des tueuses d'élites ! Harold n'en revenait pas des talents de combattante de sa belle, et Cami n'en revenait pas de ce qui se passait ! Une folle venait de débarquer comme une furie et livrait un affrontement au corps à corps avec sa meilleure amie !

- Mais qu'est-ce qui se passe ?! S'exclama-t-elle

Ne voulant pas laisser Valéria seule, même si elle semblait parfaitement gérer la situation, Harold attrapa Cami par la main et l'emmena rejoindre Chris qui était assis à terre, le nez cassé et en sang ! Cami l'aida à stopper le saignement, mais Harold ne lâcha pas du regard les deux femmes. Il voulait intervenir, mais Cami l'en dissuada en expliquant que Valéria savait parfaitement se battre ! Harold serra les dents, mais devait admettre que la rouquine se débrouillait extrêmement bien ! Aussi bien qu'Astrid ou Verika ! À l'époque Viking, Valéria aurait eu sans contester sa place au sein des guerriers ! À un moment, Valéria réussi à coincer sa cible entre elle rien qu'avec la force de ses bras et serra de toutes ses forces pour étouffer sa victime. Quand elle posa son regard sur Ingrid, son regard était semblable à celui de Ryker et Viggo quand ils avaient la haine ! Elle était tellement en colère, qu'elle était prête à tuer l'une des personnes responsables de la mort de sa famille, de son propre assassinat, mais elle n'en ferait rien, même si c'était très tentant. Son but premier était surtout de protéger ses amis !

- Cami ! Appelle la police ! Ordonna-t-elle

A moitié en train d'étouffer, Ingrid vit des couteaux assez gros et tranchant disposés sur un présentoir dans la cuisine. Elle réussit à se libérer de l'entrave de Valéria et se dépêcha d'en attraper un qu'elle brandit d'un air extrêmement menaçant. Harold et les autres prirent peur, ce qui fait que Cami oublia d'appeler la police ! Valéria n'avait pas peur et continuait de regarder avec fureur son assaillante. Quand Ingrid se jeta sur elle avec son couteau, la rouquine esquivait agilement ses attaques toute aussi meurtrières les unes que les autres ! Mais à un moment, elle se fit prendre par surprise et se fit taillader le haut du bras ! Surprise par la taille de la blessure et la douleur associée, elle n'eut pas le temps d'esquiver le coup de talon aiguille qu'Ingrid lui donna dans le ventre ! Valéria valsa alors vers le canapé et se cogna le dos contre les accoudoirs en bois. Tel un robot tueur, Ingrid s'approcha d'elle pour l'achever avec son couteau. Refusant catégoriquement de mourir, Valéria attrapa l'un des plaids posés sur le canapé et le jeta sur Ingrid qui ne l'esquiva pas à temps. Le temps que la brune se dépêtre du plaid, Valéria se releva et lui donna un coup de pied dans le postérieur, ce qui fit chuter Ingrid ventre à terre sur le tapis avec le plaid encore sur elle.

Le répit étant très court, et ne pouvant plus se battre dans son état, Valéria ordonna à tout le monde de sortir et de monter dans sa voiture ! Elle prit le volant, Harold s'essaya sur le côté passager alors que Cami et Chris montaient à l'arrière. Une fois tout le monde en voiture et attaché, Valéria alluma le moteur et roula vers le centre-ville. Dans la maison, Ingrid s'était relevé et s'empressa de sortir de la maison. En voyant ses cibles prendre la fuite en voiture, elle se dirigea vers la voiture de Cami, brisa la vitre côté conducteur et démarra la voiture en bidouillant les câbles. Une fois le moteur en marche, elle roula à toute vitesse et rattrapa très vite la voiture rouge. Quand Valéria vit dans son rétroviseur qu'Ingrid les poursuivait au voulant de la voiture de Cami, elle fronça le regard et informa ses passagers de s'accrocher. Ignorant pour cette fois les règles de la circulation, elle fit un brusque demi-tour pour rouler sur la voie opposée et dans les prochaines rues, dans le but de semer la tueuse. Elle vit Ingrid faire de même, mais sa voiture heurta violemment une bouche à incendie qui se mit à jaillir de l'eau. En voyant ça, Cami ne put s'empêcher de péter un câble !

- MA VOITURE ! Elle va la mettre dans un état !

- Ce n'est pas le moment de penser à l'assurance, Cami ! S'exclama Valéria

Valéria continua d'appuyer sur le champignon et de rouler entres les différentes rues de la ville, tout en faisant attention à la neige et aux verglas, ainsi qu'aux habitants et les autres véhicules. Même dans un moment pareil, la jeune femme refusait que des innocents subissent des dommages collatéraux pour la folie et l'ambition de son oncle ! Malgré ses douleurs et sa blessure, Valéria arrivait à gérer la conduite et la situation, malgré l'intensité de sa colère envers Viggo ! Elle n'en revenait pas qu'Harold avait vu juste à son sujet ! Pour avoir le contrôle de la station, il avait donc engagé une complice pour se débarrasser de sa famille ?! Elle se mit donc à taper son volant avec son poing tout en poussant un cri de rage. Bien qu'elle ait fait sursauter tout le monde, ils se montraient tous compréhensifs à son égard. En voyant leurs réactions dans son rétroviseur intérieur, elle s'empressa de s'excuser.

- Je… Je suis désolée les gars ! Pardonnez-moi !

- T'a pas à t'excuser, Val… C'est normal de péter un plomb dans ce genre de cas... Répondit faiblement Chris qui ne saignait plus trop du nez

- Oui, mais je tiens surtout à m'excuser de vous avoir entraînés la dedans ! Je n'aurais pas dû vous appeler… Quelle idiote ! Rageât-elle en tapant encore une fois son volant

- C'est moi qui les ai appelés Val. Et c'est moi qui a suggéré l'idée.

- Je sais, Harold… Mais c'est moi qui ai dit oui ! Bordel, je n'aurais pas dû… Ragea-t-elle, les yeux brillants

- Euh, simple question… Pourquoi on se fait poursuivre par une cinglée hyper bien golée ? Demanda Cami

- En gros, mon cher oncle adoré veut diriger la station depuis toujours et il a élaboré un plan pour se débarrasser de moi et de ma famille ! Rétorqua Valéria avec un sarcasme accompagné d'un grand sourire moqueur

- Hein ?! Mais je croyais qu'il t'adorait ?!

- Il nous a menti et s'est joué de nous durant toutes ces années ! On s'est tous fait avoir ! Tous ! Mais je ne compte pas le laisser gagner cette manche ! Oh que non !

Elle regarda à nouveau dans son rétroviseur et serra les dents en voyant qu'Ingrid était toujours après eux !

- Et l'autre garce qui nous colle toujours ! Fait chier ! S'exclama-t-elle

- Vu comment elle nous colle et qu'elle s'est battue contre toi, ça doit vraiment être une tueuse professionnelle…

- Merci pour l'info, Chris ! On n'avait pas remarqué ! Critiqua Cami

- Val ? Dit Harold

- Quoi ? Dit-elle le plus calmement possible

- Ce n'est peut-être pas le moment de dire ça, mais je t'ai trouvé impressionnante tout à l'heure !

- Hin... Merci, Harold. Souriait-elle

- Quand tu disais vouloir me faire une démo l'autre jour, tu ne plaisantais pas, hein ? Souriait-il

- Hin, tu en doutais vraiment ? Ricana Valéria malgré la situation

- Un peu, mais là, j'en doute plus ! Riait-il

Valéria exprima un bref rire et continua de zigzaguer entre les quelques voitures présentes sur la route. Après qu'elle ait dépassé la dernière voiture en vue, Ingrid ne se gêna pas pour appuyer sur le champignon et fut très vite au niveau de la voiture rouge.

- Euh... Val… Signala Harold en voyant la voiture arriver de plus en plus vite

- Ça va aller, Harold. Restez tous calmes et j'arriverai à le rester aussi. Et je pourrais aussi mieux me concentrer pour envoyer cette garce dans le mur !

- Tu… Tu serais vraiment prête à tuer ? S'étonna Cami

- Ça pose problème ? On cherche à me tuer, je te rappelle ! Je ne vais quand même pas m'arrêter en plein virage et négocier ma vie tout en buvant un café avec mon assaillante !

- Oui. C'est logique. Excuse-moi.

- C'est rien. Au fait, t'a appelé la police ?

- Non, je n'ai pas pu le faire puisque… AAAH ! Hurla-t-elle

La voiture d'Ingrid heurta violemment leur voiture ! La voiture de Valéria se retrouva malheureusement prise en sandwich entre les rebords des terre-pleins et l'autre voiture ! Les branches des arbres fouettaient sans relâche les vitres de la voiture et griffaient la carrosserie. En regardant les arbres et les terre-pleins, Valéria se disait que ce serait bien de s'en servir contre leur assaillante ! Quand Ingrid s'éloigna de la voiture pour charger de nouveau contre la leur, Valéria appuya de toutes ses forces sur les freins. La voiture d'Ingrid heurta violemment le terre-plein, et dans un fracas de tôle froissée, la voiture se retourna plusieurs fois pour se retrouver sur le toit ! Valéria esquissa un grand sourire satisfait et en profita pour foncer droit au commissariat !

Une fois là-bas, Valéria se gara vite fait devant le bâtiment et entra au pas de course avec ses amis. Leur arrivée brusque alerta tous ceux présents dans le hall, et le policier de l'accueil, un jeune homme aux cheveux roux coiffé en queue de cheval, fut intrigué mais méfiant d'une entrée aussi brusque ! Surtout en voyant que deux d'entre eux étaient blessés et en sang !

- Je veux voir le commissaire Bludvist tout de suite ! Exigea Valéria

- Je regrette, mais le commissaire n'est pas là. Il dîne avec le maire.

- Rho, la poisse… Grommela Valéria en serrant les points sur le comptoir. Dans ce cas, appelez-le et dite lui de venir tout de suite ! C'est urgent !

- Désolé, mais c'est impossible. S'excusa poliment le policier.

- Impossible ? Hin. Est-ce que vous savez qui je suis ?!

- Euh… Vous êtes Valéria Copper ?

- Exactement ! Le commissaire est chargé de l'enquête qui concerne la tentative de meurtre à mon égard et il m'a demandé de l'appeler si j'avais du nouveau ! ET J'EN AI ! Alors vous allez me faire le plaisir de prendre votre téléphone et de l'appeler, ou je peux vous assurer que je m'arrangerai pour que vous finissiez le reste de votre carrière à la circulation ! S'exclama-t-elle, furieuse

C'était le silence total dans l'entrée ! Tout le monde avait les yeux rivés sur Valéria et le policier qui la regardait avec des grands yeux ronds ! Harold souriait, encore une fois impressionné par sa copine, alors que Cami et Chris pouffaient discrètement à cause de l'audace de leur amie et de la tête du policier ! La rouquine ne lâchait pas son interlocuteur du regard et garda son regard déterminé et sévère.

- Je… Ecoutez, mademoiselle. Calmez-vous et essayez plutôt de m'expliquer ce qui vous arrive.

- Je ne dirais pas un mot de plus à un homme qui se sert de son stylo pour touiller dans son café ! Si je ne peux pas avoir affaire au commissaire, alors faites venir la personne la plus haut placée qui est encore présent dans le bâtiment ! Et…

- Qu'est-ce qui se passe ici ?!

Le policier et son interlocutrice, tout comme Harold, Cami et Chris, se tournèrent vers la personne qui venait de parler. Ils virent alors une jeune femme aux cheveux blonds très courts et aux yeux verts sortir des bureaux. Elle marchait calmement vers le hall d'accueil, mains dans le dos. Elle semblait de nature froide, mais extrêmement compétente ! Elle s'arrêta et observa attentivement Valéria et ses amis, mais son regard demeura fixé sur la rouquine.

- Alors ? C'est la jeune femme qui ne cesse de faire du vacarme, agent Throk ?

- Oui, adjudant Mala.

- Adjudant ? Parfait. J'ai besoin de votre aide pour… Expliqua Valéria

- Si vous le permettez, mademoiselle Cooper, nous allons discuter dans mon bureau afin d'éviter tout monopolisation du hall d'accueil. Suivez-moi. Conseilla calmement Mala, mais d'un ton légèrement froid

Le petit groupe s'apprêtait à la suivre, mais quand ils entendirent des personnes commenter l'apparition d'une nouvelle arrivante, ils se tournèrent et virent que leur assaillante était là ! De plus, elle était dans un sale état. Son tailleur gris était abimé, ses cheveux étaient décoiffés et sa tresse était à moitié défaite, et elle était blessée au visage et un peu partout au corps. Mais sa détermination à vouloir tuer Valéria et ses amis était toujours aussi grande ! Quand elle vit Valéria, elle fonça droit sur elle, poussant les gens qui étaient sur son passage et se frottant aux policiers qui essayaient de la stopper, dont Throk. Face à l'état d'urgence, l'adjudant Mala emmena Valéria et ses amis à l'abri dans son bureau. Le groupe la suivit alors que Verika lui exposait la situation.

- Adjudant, cette femme doit immédiatement être mise hors d'état de nuire ! Elle nous a poursuivis en voiture à travers toute la ville, depuis mon domicile ! Elle et mon oncle sont les responsables de la tentative de meurtre à mon égard, ainsi que celui de ma…

Un coup de feu venait d'être tiré, provoquant la panique et l'effroi dans le hall ! Ingrid avait réussi à attraper l'arme de Throk et s'en était servi pour tirer sur Valéria, la touchant de dos, en plein cœur ! Puis comme le lui avait ordonné Viggo, elle se donna la mort en se tirant une balle dans la tête puisqu'elle s'était faite attrapée, causant encore plus de panique et d'effroi ! Dans un dernier souffle de vie, Valéria tourna son regard terrifié vers Harold qui l'avait rattrapé avant qu'elle ne heurte le sol. Elle lui adressa un faible sourire et murmura un faible « je t'aime » avant de mourir. Harold n'arrivait plus à parler et n'arrivait pas à détacher son regard de Valéria ! Cami éclata en sanglots dans les bras de Chris, et Harold ne tarda pas à éclater en sanglots en serrant fortement le corps sanguinolent de Valéria contre le sien ! Il poussa un puissant cri de rage et continua de pleurer…

Plusieurs minutes plus tard, le médecin légiste arriva. L'équipe médico-légale emmena le corps d'Ingrid et l'enferma dans un sac mortuaire. Harold n'avait pas quitté Valéria un seul instant et avait du mal à vouloir la lâcher quand l'équipe voulut l'emmener sur le brancard. Chris et Cami réussirent à lui faire lâcher prise et regardèrent tristement la fermeture se refermer sur le visage de leur amie. Le médecin légiste s'en alla, laissant le trio avec Mala pour qu'elle recueille leurs témoignages. Malgré leurs cœurs troublés par le chagrin, ils avouaient tout ce qu'ils savaient sur Ingrid et Viggo. Surtout Harold, puisqu'il en avait discuté avec Valéria la veille.

La police fit correctement son travail en croyant leurs témoignages. Ils arrêtèrent Viggo qui se trouvait dans son bureau à la station, et tous les clients le regardaient avec étonnement se faire calmement emmener par la police. Après des heures d'interrogatoire extrêmement efficaces, Mala et Drago l'inculpèrent pour le meurtre de Valéria et de ses parents, mais aussi pour celui d'Ingrid puisque le rapport d'autopsie montrait avec certitude qu'elle avait encore des traces de somnifère dans le sang et que son état physique montrait qu'elle était sous hypnose au moment du meurtre ! Il fut également accusé de beaucoup de choses, et grâce aux témoignages d'Harold, de Cami et de Chris, Viggo ne put trouver une seule faille pour se faire disculper, malgré qu'il affirmait être innocent et de s'être fait berner par Ingrid alors qu'il avait avoué être tombé amoureux d'une fille qui avait la moitié de son âge ! Il fut donc envoyé en prison pour le reste de sa vie, sans regrets pour sa nièce et sa famille, et maudissant à jamais Harold et le concept de l'amour !

Face à une telle tragédie, et sans responsable pour les diriger, le personnel de la station n'eut pas d'autres choix que de renvoyer les pensionnaires chez eux et de leur rembourser le reste de leur séjour. Le personnel était incapable de répondre aux pensionnaires concernant l'avenir de la station et si elle était ouverte pour l'année prochaine. Avant de partir, les clients fidèles de la station se rendirent à l'enterrement de Valéria. Harold, Cami et Chris étaient présents, ainsi qu'une bonne partie de la ville. Gustav n'était pas là car il détestait les enterrements, et il n'aurait pas supporté de voir le corps de Valéria reposer dans un cercueil, et de voir ce cercueil finir sous terre. La cérémonie fut belle, émouvante et pas trop longue. Mais quand elle fut mise en terre et que le fossoyeur commençait à recouvrir son cercueil de terre, Chris s'adressa à Harold qui ne quittait pas la tombe des yeux.

- On va y aller, Harold.

- Mmh, mmh…

- Tu nous rejoins tout à l'heure chez moi ?

- Mmh, mmh…

Voyant qu'il n'était pas décidé à parler, ce qui pouvait se comprendre, Chris le laissa tranquille et rentra chez lui avec Cami qui était agrippée à son bras. La pauvre n'avait presque plus dit un mot depuis l'interrogatoire et ses larmes n'avaient cessé de couler. Harold resta donc jusqu'au bout, et quand le fossoyeur eut fini son travail, il adressa un regard navré à Harold et s'en alla à son tour. Harold resta encore des heures devant la tombe, si bien que la nuit était déjà là et la neige s'était mise à tomber depuis un petit moment. Il était tellement malheureux qu'il s'en fichait pas mal qu'il fasse nuit et qu'il neige ! Plus rien ne l'intéressait puisque Valéria n'était plus là ! Sans elle, il ne savait pas ce qu'il ferait de sa vie. Il n'avait même plus envie de vivre !

- Qu'est-ce que je vais devenir sans toi… ? Comment pourrais-je avoir envie de vivre dans un monde où tu n'existes plus… ? J'aurais toujours Cami et Chris, mais sans toi… Plus rien ne serait pareil…

Il jeta un regard autour de lui. Il n'y avait personne. Parfait. Il serait donc tranquille pour ce qu'il s'apprêtait à faire.

- Tu ne voudrais sûrement pas que je fasse ça. Mais je n'ai pas d'autre choix. Si tu ne peux plus être avec moi… Alors c'est moi qui irais te rejoindre. Dit-il avec détermination, malgré ses larmes.

Il enleva à son aise son cache-nez, ses gants, puis son gilet, son pull et son t-shirt qu'il laissa tomber sur le sol enneigé. Il frissonna à peine quand son torse fut en contact avec le vent glacial et les flocons de neiges. Il se mit ensuite à genoux, puis se coucha ventre à terre contre la tombe recouverte de neige. Il serra la mâchoire, trembla et gémit de douleur face à la morsure du froid sur son corps encore chaud !

- Tu sais… Je… Je n'ai jamais cessé d'aimer Verika depuis mon enfance… Mais je me rends compte aujourd'hui… Que le grand amour de ma vie… Ce n'était pas elle… Mais toi… !

Une phrase que lui avait dite Astrid lui revint alors en mémoire, et il esquissa un sourire.

- Une… Une amie m'a dit qu'un jour… Je rencontrerais la fille faite pour moi et qu'elle m'aiderait à tourner la page… Et cette fille… C'était toi ! Des siècles plus tard, je… Je t'ai enfin trouvée ! Mais je t'ai vite perdue…

Il éclata un sanglot contre la tombe, ses doigts glacés frôlant du bout des doigts l'épitaphe, là où était gravé le prénom de sa belle. Il était tellement mort de froid qu'il tremblait comme un fou sur la tombe. Tant qu'il avait des forces pour parler, il termina de faire ses adieux à sa bonne étoile.

- Val… Vivre un jour de plus sans toi… Me fait autant de mal que la morsure du froid sur ma peau… Mais ma souffrance… Prendra bientôt fin… Parce que je sais… Que je te rejoindrai… J'aurais dû mourir… Depuis bien longtemps, mais là… Je suis heureux de pouvoir enfin partir… ! Je t'aime, Val… Merci pour tout… Attend moi… J'arrive…

Dans la foulée, Harold pensa à tous ses amis et à son père, et leur adressa un message avec le sourire.

- Astrid… Papa… Les amis… Je vais également vous retrouver… ! Des siècles plus tard, c'est vrai… Mais nous seront tous enfin réunis… ! Soyez juste patients encore quelques instants…

Harold ferma les yeux et continua de trembler mais avec un sourire réconfortant sur le visage. Il sombra alors dans l'hypothermie et son cœur ne tarda pas à cesser de battre. Une heure après qu'il se soit allongé sur la tombe pour s'y laisser mourir, Chris commençait sérieusement à s'inquiéter qu'Harold ne soit toujours pas rentré ! Il voulut partir à sa recherche, mais l'état de Cami causé par une trop grosse consommation d'alcool l'empêchait de partir. Surtout qu'en plus, la blonde ne voulait pas rester toute seule ! Ivre morte, elle finit par vomir tout ce qu'elle avait bu dans les toilettes, avant de s'effondrer et de s'endormir sur le carrelage, pleurant son amour secret. Chris dût alors la coucher dans son lit et resta chez lui pour veiller sur elle, tout en priant pour qu'Harold aille bien. Et c'était effectivement le cas. Quand des visiteurs le trouvèrent le lendemain matin sur la tombe de Valéria, il était recouvert de neige, rigide et bleu de froid, mais les gens pouvaient lire sur son visage qu'il semblait heureux et qu'il avait un sourire sur les lèvres.

FIN