CHAPITRE 5
Heeey ! Non, je n'abandonne pas cette fic, bien au contraire. J'aime cette fic. Je vous aime. Aimez-la avec moi !
Je suis DÉSOLÉE pour le temps. Vraiment. Mais j'ai pas arrêté de bouger, j'ai plus d'ordi, breeef, je galère.
Je ne réponds plus aux reviews anonymes. Désolée pour ça aussi. Mais j'écris sur une tablette, c'est long, c'est chiant, alors j'essaye de raccourcir au mieux. Mais n'arrêtez surtout pas ! Ça fait vraiment plaisir. :)
C'est mon plus long chapitre jusqu'à maintenant, j'espère que vous l'apprécierez !
Bref, la suite !
- Je ne le répéterai pas deux fois, Hummel. Tu m'as bien compris ?
Kurt affronta le regard de Karofsky et poussa un soupir excédé.
- Oui, j'ai compris.
- Parfait. Dégage, maintenant.
- J'ai quelque chose à te demander avant.
Le boss haussa un sourcil, impatient.
- Je voudrais que tu diminues mes missions de nuit, exigea Kurt. Le travail que tu me donnes n'est pas des plus compliqués, mais il est fatiguant et long. Je vais finir par m'effondrer et tu le sais très bien.
David se pencha pour dévisager le garçon, ses cernes sous les yeux bleus glacés, et remarqua qu'il peinait à les garder grands ouverts. Dubitatif, Karofsky se redressa et croisa les bras.
- Je te diminue à trois nuits par semaine. Ce soir est libre si tu veux, parce que tu as des bons résultats en ce moment. Ton week-end est libre aussi, sauf si je le demande. J'irais pas plus bas.
Kurt soupira puis acquiesça doucement.
- Donc, tu te rappelles ce que tu as à faire, demain ? Soupira une énième fois Karofsky.
- Oui, s'agaça Kurt.
- Bien. Et Jeudi ? Ce que je t'ai envoyé par message ?
- Oui. Je dois revendre des téléphones, écouteurs ou autres choses qui valent chers avec Matt, Alexia et Ben, que tu nous as chargés de voler il y a une semaine.
- Très bien ! Tu vois, c'est pas compliqué, se moqua Karofsky.
- Je n'ai jamais dit que c'était compliqué, contra Kurt. Peut-être que ton cerveau primitif comprends mal les paroles des autres.
- Espèce de...
La main de Karofsky claqua violemment sur la joue de Kurt, qui grimaça. Ils s'affrontèrent du regard quelques secondes puis Karofsky poussa Kurt contre le mur en expirant de la même façon qu'un buffle en colère.
Malgré la peur, Kurt ne pût s'empêcher de ricaner à cette vision.
- Qu'est-ce qui te fait rire ? Grinça Karofsky.
- Oh, rien d'important, répondit Kurt.
- C'est moi, c'est ça ? S'énerva le plus grand.
- Bien ce que je dis. Rien d'important.
Quel idiot, mais quel abruti... Il avait obtenu ce qu'il voulait, plus de sommeil en perspective, et il cherchait la merde.
Kurt savait bien qu'il prenait des risques, mais il n'en avait strictement rien à foutre dans ce domaine. Sa bouche parlait pratiquement toute seule, tant sa rancœur envers Karofksy était importante. Ce mec l'avait tellement fait souffrir dans ses premières années de lycée... À l'époque, le footballeur avait achevé de briser le garçon déjà bien amoché par la vie.
Connard.
Le châtain contempla le feu qui brûlait dans les yeux de l'autre et déglutit.
S'il savait se battre, même contre les grands baraqués comme Karofsky -vivre dans un quartier assez mal-famé avait ses avantages...-, il était conscient qu'il devait éviter de frapper son boss.
Un sourire étira les lèvres de Karofsky. Pas le genre de sourire qui vous rassurait, non... Plutôt le contraire.
- Je vais te mettre sur Smythe. On a un gros contrat à négocier avec lui.
- Quoi ?! Mais... Mais pourquoi moi ?! Je veux dire, comme punition, tu peux me frapper, me faire lever encore plus tôt que d'habitude, me mettre sur des clients chiants, mais s'il te plaît, pas Smythe !
- Smythe.
- Mais pourquoi tu me mets moi ? Et Jake ?
- Parce que Sebastian t'aime bien.
- Il ne m'aime pas, marmonna Kurt. Il aime ce que je lui fais. Par ta faute.
- Bref, ça rapporte pareil, même plus. Tu sais ce que tu as à faire, maintenant, tu dégages. Tu rentres chez toi, t'as rien pour ce soir, chanceux.
- Ouais, c'est fou ce que je suis chanceux, soupira Kurt.
Kurt sortit en trombe de la base miteuse qu'ils utilisaient, énervé. Il n'appréciait guère Sebastian.
Sebastian était l'un des plus gros clients de Karofsky et sa bande. Difficile à convaincre. Le problème avec lui, comme beaucoup d'autres, restait la négociation. Et ça, c'était le boulot de Kurt, Jake, Alexia et Mary. Aussi, Sebastian était toujours, malgré et envers tout, un petit arrogant sournois.
- Naya, c'est moi ! Fit Kurt en poussant la porte de l'appartement étrangement ouverte." Naya était là après tout, peut-être qu'elle avait oublié de fermer derrière elle pour une fois.
Personne ne lui répondit, et sans s'inquiéter particulièrement, le châtain posa son sac dans l'entrée avant de reprendre.
Personne ne lui répondit, mais Kurt ne s'en inquiéta pas outre mesure. Posant son sac dans l'entrée comme il en avait l'habitude, il rappela :
- Naya ? T'es où ?
Aucune réponse. L'appartement restait d'un silence terrifiant. Un nœud de forma alors dans le ventre de Kurt, et il commença à paniquer.
Son habitude de la peur l'aida à contrôler son anxiété, et il tenta de se raisonner. Les mecs de Karofsky ne pouvaient pas avoir fait du mal à sa sœur, elle était juste endormie dans son lit...
Il se précipita pour ouvrir la seule chambre de l'appartement, celle de Naya, pour sentir son cœur se figer dans sa poitrine.
Vide.
Alors toute tentative de raisonnement disparut comme une poussière balayée d'un simple coup de vent, et il commença à crier le nom de sa sœur dans toute la petite superficie de l'appartement. Un hurlement aigu le stoppa net.
- Kurt ! Kurt, à l'aide !
Son esprit créa automatiquement l'image de sa petite sœur, entourée de deux gars bien plus grands et musclés qu'elle, en train de la traîner par une sortie qu'il n'avait pas vu, jusqu'à la base pour lui faire on ne sait quoi.
Tout ça parce que Kurt avait été irrespectueux ! Smythe n'était pas une assez lourde punition ?
- Naya ?! Où t'es ?
- À la fenêtre ! Cria-t-elle. Je suis à la fenêtre !
Kurt s'arrêta une seconde fois, manquant cette fois de tomber. À la fenêtre ? Qu'est-ce qu'elle foutait à la fenêtre ?! Son esprit se débrouilla pour lui imposer une fois de plus une image horrible, sa sœur accrochée désespérément au rebord de la fenêtre, tentant de ne pas lâcher de peur de s'écraser.
Le châtain se précipita vers la fenêtre du salon, et ne vit rien. Une vague de panique afflua une nouvelle fois quand il lâcha, désespéré :
- Je ne te vois pas ! Paniqua Kurt.
- En bas, je suis en bas !
Kurt baissa la tête si vite qu'il grimaça de douleur. Douleur vite oubliée lorsqu'il aperçut sa sœur, sa tignasse brune, sa petite silhouette encore plus fine que la sienne, totalement et littéralement suspendue au dessus du vide, se balançant au rythme du vent, attachée à la taille par une corde.
Jésus, merde.
Sa sœur leva des yeux terrifiés et baignés de larmes vers lui, et en croisant ce regard, Kurt se rappela soudain que sa sœur avait le vertige.
- Kurt, aide-moi, supplia-t-elle lorsqu'elle croisa son regard. Je crois que la corde va craquer…
- Attrape ma main, ordonna-t-il en reprenant rapidement son sang-froid. Ne la lâche surtout pas.
Une fois que la prise autour de sa main fut assurée, Kurt tira un bon coup. Mais d'une seule main -l'autre étant accrochée à la fenêtre pour plus de stabilité-, ce n'était pas simple.
- Aide-toi de tes pieds si tu peux, Naya, lui intima-t-il d'une voix aussi douce qu'il le pût dans la situation, afin de ne pas faire paniquer encore d'avantage sa sœur. Ce serait mieux.
La respiration saccadée, Naya hocha fébrilement la tête et tenta de se propulser à l'aide d'une prise qu'elle trouva. La manœuvre rata. Un des battements du cœur de Kurt aussi. La main autour de laquelle se refermaient ses doigts glissa, et Naya hurla, terrorisée. Au dernier moment, Kurt la retint, tint fermement sa main et tira de toutes ses forces.
Il parvint à remonter la forme tremblante, haletante et terrifiée de sa sœur en lieu sûr, et il s'écroula sur le sol de l'appartement, le souffle court et le cœur battant. Ils restèrent quelques instants ainsi -des secondes ? Des minutes ?-, à synchroniser leurs souffles et à tenter de se calmer. Puis, doucement, Kurt détacha de ses doigts habiles mais encore tremblants la corde qui serrait la taille fine de la plus petite. Une grande inspiration accueillit son geste, et en faisant glisser la corde le long des jambes de Naya avant de la balancer Dieu sait où, Kurt réalisa que son ventre était compressé par ce truc qui lui avait probablement sauvé la vie quelques minutes plus tôt.
Les larmes de sa cadette mouillèrent son tee-shirt, et Naya recommença à trembler plus violemment.
- Naya, calme-toi, murmura Kurt en comprenant que sa sœur subissait la retombée de l'adrénaline. C'est fini. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- D... Deux m... Mecs. Ou.. Ou trois. Je sais plus.
Elle prit une inspiration pour tenter de réguler sa respiration, puis reprit.
- Ils sont entrés dans l'appartement en défonçant la porte -il faudra la réparer, d'ailleurs- et j'ai compris que c'était mauvais pour moi... J'ai pensé un moment que c'était des policiers qui venaient nous arrêter parce qu'on vivait seuls, et qu'ils allaient nous séparer et que je ne te verrais plus jamais et...
La plus jeune s'était remise à trembler, mélangeant ses mots. Kurt caressa doucement ses longs cheveux bruns.
- Naya, calme-toi, ce n'était pas la police. Je suis toujours avec toi. Alors raconte-moi la suite, s'il te plaît.
Elle hocha la tête, essuya ses yeux rapidement du dos de sa main et continua son histoire, toujours allongée sur Kurt.
- Comme j'ai paniqué, j'ai voulu me cacher dans un placard, de la même façon que tu me l'as appris quand il y avait... (Elle frissonna à ses propres mots et aux souvenirs qu'ils entraînaient.)
- Je t'ai déjà dit qu'on ne parlait plus de ça, lui intima Kurt doucement. Raconte-moi juste ce qu'il s'est passé. J'ai besoin de savoir.
- Ils m'ont trouvée quand même, et ils m'ont immobilisée. Je me suis débattue parce que j'avais très peur qu'ils m'enlèvent ou quelque chose du genre...
- Est-ce qu'ils t'ont frappée ? L'interrompit Kurt, redoutant la réponse.
Sa sœur hésita, puis leva les yeux vers lui, arrêtant de parcourir machinalement son torse de ses doigts. Leurs regards aussi bleus l'un que l'autre se croisèrent, et Kurt eut la réponse sans que Naya aie besoin de parler.
- Ils t'ont frappée, les connards, siffla Kurt. Je les retrouverais et je vais leur rendre la monnaie de leur pièce., bouillonna-t-il.
- Non, Kurt, fit doucement Naya. Je ne veux pas que tu fasses ça.
Le ton presque suppliant de sa sœur lui fit de nouveau baisser les yeux. Il hésita, puis hocha la tête à contrecœur, bien que toujours énervé.
- Où est-ce qu'ils t'ont frappée ?
- Ils m'ont juste donné un coup de pied pour que j'arrête de bouger, répondit Naya. Dans les côtes.
Instinctivement, Kurt resserra son étreinte. Il détestait l'idée qu'on s'en prenne à sa sœur. Naya nicha son nez dans l'épaule du plus grand, et ils restèrent ainsi quelques minutes, profitant simplement du fait d'être ensemble.
- Après, reprit soudain Naya, ils ont attaché une corde autour de ma taille, et ils l'ont serrée fort. Ils ont noué l'autre extrémité à la fenêtre, puis ils m'ont poussée. C'est à moment que j'ai eu le plus peur je crois, avoua-t-elle. Je pensais que le vide allait m'aspirer, que la corde allait craquer, que j'allais m'écraser au sol, tomber, dégringoler..-
- Calme-toi, fit fermement mais gentiment Kurt. C'est fini. Je suis là, c'est terminé.
- K... Kurt, tu peux rester là ce soir ? S'il te plaît ? Hésita Naya. Je ne veux pas... Je ne veux pas rester toute seule.
- Je reste avec toi, la rassura-t-il.
- Et... Est-ce que je peux dormir avec toi, comme quand j'étais petite ? Demanda timidement la brune.
- Bien sûr, accepta Kurt. Viens là.
Il souleva sa sœur en la gardant serrée contre lui, puis marcha jusqu'au canapé, la tête de Naya enfouie dans le creux de son épaule. Il s'allongea sur ce qui lui servait de lit, laissant Naya s'accrocher à son tee-shirt. Le châtain étendit une couverture sur eux, avant de reprendre la plus jeune dans ses bras.
- Je ne veux pas que tu m'oublies, marmonna Naya en fermant les yeux. Je serais trop triste.
- Je ne t'oublierais jamais, murmura Kurt, le cœur serré à ses paroles qui auraient pu être prononcées dans un autre contexte si la corde avait lâché avant qu'il ne remonte Naya.
Mais pourquoi est-ce qu'elle lui parlait de ça ?
- Si toi aussi tu arrêtes de m'aimer, alors je n'aurais plus personne, bredouille Naya si bas que Kurt crut l'avoir rêvé.
La brune se blottit un peu plus contre le garçon, et chuchota ensuite quelque chose d'incompréhensible avant de sombrer véritablement dans les bras de Morphée.
- Je t'aimerais toujours, Nay'.
Kurt déglutit à la vue du petit sourire de sa sœur, et détourna le regard.
Il était hors de question que tout cela se reproduise. Il allait devoir apprendre à mettre sa rancœur de côté, car il n'était pas seul, et Naya représentait la chose à laquelle il tenait le plus.
Un jour, Blaine bafferait son subconscient. Il n'avait aucune foutue idée de comment, mais il y arriverait.
Depuis que le brun savait qu'il ne reverrait pas Emily avant un bout de temps, Pétronille (Blaine avait choisi un prénom ridicule à sa petite voix, pour se venger. Non mais ho...) passait son temps à parler. Genre, vraiment.
De pingouins, de Kurt, de bêtises que Blaine tentait de ne pas écouter…
Ça allait jusqu'à le déconcentrer en cours. Où il était justement, en ce moment même. SVT… Ce que la prof racontait ? Mystère. Fallait avouer qu'il s'en fichait.
- Délinquaaaaaant ! fit Pétronille.
- Tais-toi. Tu me pourris la vie.
- Nope ! Tu sais, j'ai parlé au président des koalas, il accepte de nous laisser consommer de l'eucalyptus en guise de marijuana –les lamas ont tout mangé, on a plus rien-, seulement si tu acceptes de faire la danse des koalas pour qu'ils rigolent un peu. Tu dois sauver l'humanité et faire la danse des koalas. Bon, le président était sympa, mais les pingouins resteront les animaux les plus beaux et drôles du monde…
Blaine retint en lui la furieuse envie de se taper la tête contre la table, sachant pertinemment que ce serait inutile et que cela ne ferait qu'augmenter sa migraine.
Car oui, il avait mal à la tête. Et pas qu'un peu. Il devait absolument trouver une idée pour que John lui fasse entièrement confiance, et c'était quasiment impossible lorsqu'une putain de voix vous chantait l'hymne des pingouins en fond sonore.
Blaine enfouit sa tête entre ses mains, lassé, et poussa un long soupir. Entre ça et la torture que lui avait infligée Kurt -un contact, un simple contact ! Blaine voulait beaucoup plus, et ça le faisait flipper. Moins il avait d'attaches, mieux c'était.-, il avait l'impression que sa tête allait exploser.
- Blaine, ça va ? S'enquit doucement Marley, l'air inquiet.
- Ouais ouais, marmonna Blaine. C'est bon.
Marley détourna le regard au ton un peu sec de Blaine, qui se sentit rapidement coupable. La jeune fille était le seul point d'attache qu'il avait, ici.
- Ne me dis pas que tu tombes amoureux de Marley ? Ironisa Pétronille.
- Abrutie. Je suis gay.
- On ne sait jamais.
Il fallait qu'il passe à la phase 2. Non qu'il en ait hâte… C'est vrai, il a-do-rait se faire engueuler parce qu'il était invivable. C'était sa joie dans la vie.
- L'ironie ne te va pas, Blaine, intervint Pétronille. C'est comme le gel.
- Qu'est-ce qui me va alors ?
- Rien ne te va. Tu es irrécupérable. Sauf peut-être… Le chapeau officiel de la danse des koalas.
- Ta gueule.
Le bouclé soupira, et sortit une plaquette d'aspirine de sa poche avant d'en avaler un. Marley à côté de lui posa une main sur la sienne afin qu'il croise son regard.
- Blaine, ça n'a pas l'air d'aller.
Cette fois ce n'était pas une question, c'était une constatation. Il était si transparent ? Cette voix l'épuisait, aussi… Cette situation le tuait également. Et puis, le bref contact que Kurt et lui avaient échangé le hantait encore. Son corps d'adolescent ne se satisfaisait pas d'aussi peu, et ça commençait à agacer sérieusement Blaine, en plus de tout le reste.
- J'ai la migraine, répondit le brun.
Après tout, c'était vrai !
- Il n'y a que ça ? fit Marley d'un air suspicieux.
- Oui, il n'y a que ça.
- Mensooooonge ! S'infiltra Pétronille.
- Comme si j'allais lui dire : "Non, une petite voix chiante me parle dans ma tête de pingouins et je vais bientôt partir en Inde sans revoir ma jumelle pendant un temps indéterminé, mais ça va !".
- Tu passerais pour encore plus taré que tu ne l'es déjà.
Blaine soupira une énième fois, et sortit son portable de sa poche pour envoyer un message à l'agence. Il ne négociait pas souvent avec ces connards, mais il devait voir Emily. Ou avoir juste avoir un contact, lui parler, ou... N'importe quoi.
La réponse à sa demande arriva aussitôt, comme d'habitude. "Jusqu'à où es-tu prêt à aller ?" Blaine déglutit. Il jouait sur du risqué. Il hésita une micro seconde, puis se rappela de la dernière fois qu'il avait parlé à sa sœur. Cela faisait quatre mois. Quatre mois qu'ils n'avaient aucun contact. Alors, Blaine répondit ce qu'il ne fallait jamais répondre. "Je ferais ce que vous voudrez."
Quelques minutes passèrent, et il attendit, le cœur battant et la gorge nouée. Il avait peut-être aucune raison d'espérer, après tout. Sa sœur était probablement à des heures de Lima, qu'est-ce qu'il pouvait se passer, après tout ? Elle n'allait pas débarquer avec son grand sourire habituel et ses cheveux aussi bouclés que les siens, pour le serrer dans ses bras, l'envahir de son odeur d'épices et de shampoing à la cannelle.
Au lieu de ça, son téléphone commença à vibrer. L'A.A. Qu'est-ce qu'ils voulaient encore ?
Blaine sentit son ventre se nouer. Peut-être était-ce...? Non, il ne préférait pas de bercer dans de fausses illusions. Mais quand même...
Le bouclé prit un air mal-en-point -ce n'était pas compliqué, vu son angoisse et sa migraine-, et marmonna assez fort pour que le professeur l'entende :
- Monsieur, je peux sortir ? Je crois que je vais vomir...
L'enseignant prit un air paniqué et lui fit un geste rapide de peur qu'il salisse sa classe, sûrement.
Blaine se précipita dehors, s'éloigna de la salle pour qu'on ne l'entende pas. Il décrocha rapidement et porta le cellulaire à son oreille.
- Blaine ? Hésita une voix féminine alors que Blaine balbutiait presque : "Emily ?"
Une inspiration aiguë et légèrement tremblante se fit entendre de l'autre côté de la ligne, puis un cri suraigu et excité lui vrilla les tympans.
- OH MON DIEU Blaine !
Le bouclé émit un rire heureux, puis lança :
- Je n'y croyais pas quand mon téléphone s'est mis à sonner, mais j'ai quand même fait genre que j'allais vomir pour sortir. Tu aurais vu la tête du prof !
Emily éclata de rire, et un grand sourire étira les lèvres de Blaine sans qu'il puisse s'en empêcher.
Lorsqu'Emily lui demanda comment ça se passait chez lui, si il avait eu pas mal de touches là où il était, Blaine balbutia :
- Eh bien... Il y a un mec...
- Un seul ?! S'étonna Emily. Cela ne te ressemble pas, Blaine. Tu ne t'attardes jamais sur les coups d'un soir.
- Ce n'est pas un coup d'un soir, marmonna Blaine d'une petite voix.
- Quoi ? Balbutia Emily. Blaine. Ne me dis pas... Que ce mec, là... Il te plaît ?
- Euh... Si. Non. J'crois. Enfin non. En fait, il me drague, et... Il... Il est super sexy Em', t'imagine pas. Un truc de fou, je n'ai jamais vu ça. C'est dur de lui résister. Même si j'essaye de faire genre que non. Je ne veux pas qu'il soit un coup d'un soir comme les autres, donc je n'accepte pas.
- Blainey, soupira Emily. Tu connais...
- Oui, je connais les règles, Em', coupa Blaine, agacé. Je les connais même TRÈS BIEN.
- Calme-toi, lui intima doucement Emily.
- Désolé, marmonna Blaine. On... Peut arrêter d'en parler ?
- Oui, mais... Fais attention, hein ? Fit Emily d'une voix anxieuse.
- T'inquiète, sourit légèrement Blaine. Em', j'ai quelque chose à t'avouer, fit-il en reprenant son sérieux.
Alors que le bouclé expliquait son départ qui approchait inexorablement, il essaya de contrôler le tremblement de sa voix. Au moment où il termina, le silence l'alarma et il crut qu'il avait raccroché par inadvertance.
- Em' ?
- Je... Je suis là, murmura-t-elle d'une voix nouée.
- Tu pleures ?
- Non, trancha-t-elle un peu trop fort pour que ça soit naturel.
- Em'...
- Bon, si, avoua-t-elle. Mais cette agence est remplie de hijos de putas ! S'énerva Emily.
Au passage en espagnol de sa soeur, Blaine comprit qu'elle était dans un pays hispanique, car elle avait plus tendance à confondre les deux langues lorsqu'elle était dans ce genre d'univers.
Ils continuèrent la conversation en espagnol, Blaine ayant un assez bon niveau pour la suivre.
Une sonnerie résonna vaguement, mais il l'ignora, à l'instar du bruit des chaises raclant le sol et des pas dans le couloir.
- Tu es à quelle phase ? Demanda soudain Emily en espagnol.
- Je dois bientôt passer à la deux.
- Oh... Bonne chance, soupira Emily. La pire. J'ai connu des familles qui ont très mal vécu cette phase.
- Moi aussi... Et toi, où tu en es ?
- La...
La voix d'Emily fut coupée, et Blaine fronça les sourcils. Il regarda son téléphone, qui lui indiquait la fin de l'appel. L'A.A. Quelle bande d'abrutis.
Énervé, Blaine lança une ou deux injures en espagnol, et balança l'appareil à terre.
- Eres español ? Fit une voix féminine derrière lui. ( Tu es espagnol ? )
- No.
Il ne savait même pas ce qu'il était, à vrai dire... Américain ? Asiatique ? Bref.
Blaine prit le temps d'observer la fille qui venait de l'aborder. Cheveux noirs, yeux de la même couleur, longs cils fournis, corps sans défauts, uniforme de cheerlader, peau typée. Ça devait être une des plus belles filles du lycée. Vu les regards que lui lançaient les mecs en passant devant eux, oui. Elle repassa dans la langue que tout le monde pratiquait autour d'eux.
- Pourtant, les gens parlant couramment l'espagnol, connaissant autant d'insultes et n'étant pour autant pas hispanique, ça ne court pas les rues.
- Et pourtant... Fit Blaine en haussant les bras. Je le parle juste à peu près correctement parce que j'ai passé beaucoup de temps en Espagne et en Amérique du Sud.
La brune hocha la tête, puis se présenta.
- Me llamo Santana Lopez. Y tu ?
- Blaine.. Anderson.
Le bouclé marqua une minuscule hésitation avant d'utiliser le nom qu'il portait en ce moment. Il en changeait presque tous les mois, après tout... Il espéra que son arrêt n'intrigue pas la jeune fille, mais celle-ci hocha simplement la tête.
Une vibration se fit entendre, et Blaine jeta un coup d'oeil à son portable pour s'apercevoir que cela ne venait pas de lui, mais de Santana. Un sourire triste étira ses lèvres, et ses yeux brillèrent légèrement. Elle leva le regard sur Blaine, s'essuya hâtivement les yeux et siffla :
- Tu n'as pas intérêt à raconter ça autour de toi, c'est bien compris ? Sinon je me débrouille pour que tu sois arrosé de slushies tous les matins en arrivant.
- T'inquiète. Qui est-ce que c'était ?
- Ma copine.
- Tu es...? S'étonna Blaine.
Il en avait vaguement entendu parler lors de l'affrontement entre Kurt et elle, mais dit de voix propre, ce n'était pas pareil.
- Gay ? Ouais. Ça te pose un problème ? L'agressa Santana.
- Pff, j'm'en fous, c'est ta vie, soupira Blaine. Je le suis aussi.
- C'est vraiment une école de dauphins... Oh, non, merde, je parle comme Britt' maintenant, jura-t-elle.
- Britt' ?
Santana lui lança un regard signifiant clairement : "T'es limité ou tu le fais exprès ?".
- Ma. Petite. Amie, lui répondit-elle en insistant sur les mots.
- Aaah. Oui.
- T'es pas très intelligent toi, hein ? Railla Santana.
- Je ne te permets pas ! S'offusqua Blaine.
- Ce n'est pas de ma faute si ta taille est proportionnelle à ton intelligence, se moqua la brune." Elle le parcourut du regard. "Et Dieu que c'est petit."
- Espèce de garce, soupira Blaine. Les piques sont visiblement ton seul moyen de te faire des amis, ou d'éloigner les gens, au choix, se moqua-t-il.
Santana marmonna vaguement, puis se retourna, un léger sourire aux lèvres. Blaine partait également, lorsqu'il fut arrêté par la voix de Santana :
- Wow, Fredon ! Attends.
L'hispanique lui enfonça un papier dans la main, que Blaine déplia pour y voir un numéro de téléphone visiblement griffonné à la va-vite.
- Ne considère pas que je te drague ou quoi que ce soit, grinça-t-elle. Tous les mecs qui ont mon numéro veulent me choper.
- Santana. Je suis gay.
- Ah, ouais.
Elle repartit véritablement cette fois, laissant Blaine un petit sourire aux lèvres.
- Arrête de te foutre de moi ! Hurlait Kurt. Je sais très bien que ce sont TES hommes qui ont été dans mon appartement !
- Bon, bon. J'avoue, ironisa Karofsky. Ils font dire que ta soeur est très jolie.
- Espèce de... !
Kurt tenta de se jeter sur Karofsky, mais le "garde du corps" de celui-ci l'en empêcha, le retenant par les deux bras dans une position assez inconfortable.
- Si tu refais encore du mal à ma soeur, de quelque façon qui soit, je te TUE, cracha Kurt. Tu m'as compris ?
Pour ces propos, le garçon reçut un coup de poing dans la mâchoire et grimaça.
- Je te rappelle que c'est grâce à l'argent que je te fournis que tu peux vivre, Kurt.
L'intéressé grinça des dents mais ne répondit rien. Comment est-ce qu'il savait ça ? Il ne pouvait toujours pas bouger, pour ne rien arranger. Saleté de mec !
- Eh oui, je le sais, s'amusa Karofsky. Selon mes hommes, ton appartement est trop petit pour accueillir plus de deux personnes, et encore, tu ne dois pas avoir ta propre chambre. Tu l'as laissée à ta soeur, hein ? Quel adorable garçon. Dieu, je n'aimerais pas vivre comme toi !
Kurt ne répondit rien, le visage fermé et la mâchoire serrée. Il se sentait humilié.
- Tu as compris la leçon ? Susurra Karofsky. Encore une insulte, une remarque "spirituelle", un refus d'obéir ou un manque de respect quelconque, et tu peux dire adieu à ton fric.
- Ouais, marmonna Kurt.
- Laisse-nous, ordonna Karofsky au mec qui retenait Kurt.
Une fois l'homme parti, Kurt étira ses bras retenus douloureusement depuis quelques minutes.
- Je peux partir aussi, je suppose ? Avança Kurt.
- Tu as un client ce soir, ne l'oublie pas, lui rappela Karofksy. Je compte sur toi, Kurt.
- Ouais, ouais, soupira-t-il.
- Bon.
Karofsky l'attrapa par le menton et l'embrassa, avant de le pousser. Kurt garda son visage fermé, pas choqué le moins du monde. Ce n'était pas la première fois, après tout.
- Maintenant, dégage.
Sa petite voix le laissait tranquille. Et c'était une sensation tellement géniale...! Blaine souriait depuis l'appel d'Emily, quoi qu'il fasse -même en cours de maths, et Dieu qu'il détestait les maths. Il n'y comprenait RIEN.
Il était aux alentours de vingt-trois heures trente. Blaine ne comptait pas entamer la phase 2 en arrivant à des heures innommables, mais il avait simplement trouvé comment attendrir John. L'inquiéter puis rentrer en prétendant s'être perdu dans les quartiers mal-famés -ce qui n'était pas probable, vu qu'il avait, comme la plupart des "agents" de l'A.A, un sens de l'orientation très développé à force de devoir se repérer dans des villes différentes tout le temps- lui semblait être une bonne méthode.
Il marchait donc, son sourire légèrement fané à la vue des filles qui lui faisaient des signes euh... Suggestifs, puis écarquilla les yeux à la vue d'une personne emmitouflée dans une écharpe et un sweat à capuche pas assez épais pour le temps de septembre relativement froid -surtout la nuit-, piétinant sur place pour se réchauffer.
- K... Kurt ?
