Hey ! Je sais que j'ai beaucoup de retard mais eh, j'étais au ski - excuse un peu nulle -. Quoi qu'il en soit j'ai eu le temps d'écrire durant les trajets et tout ça, alors ce chapitre est assez long. Malgré tout, j'espère que ça ira !

Le dernier chapitre n'a pas eu beaucoup de succès... Cette fic ne vous plaît plus ? :c

Miss-Mandragore : Haha, merci ! Yep, elle veut garder Blaine ! Youhou ouais x') Et Sebastian propose quelque chose de bien, tu verras c; Merci de ta review !

Klaine29 : Merci :) Pourquoi tu le sens mal ? :0 Merci de ta review et d'être fidèle au poste à chaque fois ! ;3

Dédicace à ma choupi : je t'aime !

Bonne lecture !


- C-Comment ça ? Se bloqua Kurt.

- Je veux que tu travailles pour moi. Tu seras peut-être un peu moins bien payé, mais ton salaire sera régulier et pas au Black. Au moins 1500 euros par mois, si la boite marche bien.

- En quoi ça consiste ? Demanda doucement Kurt, n'osant pas y croire.

- C'est sans prétention pour l'instant. Une agence de livraison à domicile, ça ne parait pas mais figure toi que ça rapporte. Je veux m'allier avec toutes les entreprises qui ont besoin de livrer et j'engage pas mal d'adolescents en bonne santé et capables de se débrouiller dans n'importe quel quartier. Je sais que tu connais cette ville comme ta poche a force du trafic, et que tu es rapide sur un vélo, je t'ai vu rentrer chez toi comme ça un nombre incalculable de fois et... Voilà. Je t'offre ce poste. A toi de faire le bon choix.

Les yeux bleus écarquillés de Kurt faisaient s'effondrer toute l'image du petit voyou insensible qu'il s'était construit, et malgré ses efforts pour remettre la protection, il n'y parvint pas. Alors, il offrit à Sebastian ce que peu de personnes avaient l'occasion de voir, et que le plus vieux n'avait jamais, jamais vu.

Un véritable sourire. Un de ceux qui plissaient les yeux, dévoilaient les dents parfaitement, illuminaient celui qui l'avait provoqué. Et puis, Kurt fit un autre cadeau à Sebastian qui était déjà submergé par la puissance du simple sourire honnête de Kurt.

- Merci, oh mon Dieu... Merci, merci Sebastian ! J'accepte !

Merde, Sebastian était tellement attiré par ce garçon, et ses yeux brillants ne l'aidaient en rien. Pourtant, il lui fit simplement un sourire et déclara en prenant sa main solennellement pour la serrer :

- Kurt Hummel, je vous déclare membre de mon agence ! Bienvenue !

Kurt rit, de son rire d'ange cristallin, et le sourire de Sebastian s'élargit. Dieu, pourquoi aviez-vous envoyé ce garçon sur Terre si Seb ne pouvait pas l'avoir ?

- Bon, soupira Sebastian, je vais te demander ton numéro de téléphone, tout ça...

Kurt lui donna, et repartit joyeusement après qu'ils se soient serrés la main une deuxième fois. Sebastian aurait bien profité encore un peu des magnifiques yeux brillants et du regard reconnaissant qui remuait quelque chose dans son ventre, mais ça n'aurait pas été professionnel, et il ne comptait pas faire comme cet abruti de Karofsky qui s'était fait détesté par Kurt avec cette attitude. Il voulait une relation correcte et amicale avec lui, pour effacer leur passé tumultueux à cause de The Lost Boys. Ensuite, quand Blaine partirait comme il lui avait dit, il aurait peut-être une chance... Peut-être.


- Blaine !

L'interpellé sursauta sur son lit, pour voir Kurt qui rentrait par la fenêtre entrouverte prévue à son effet -à force, Blaine en avait marre de se lever pour lui ouvrir.

- Blaine, j'ai un travail ! Fit-il, un grand sourire aux lèvres et les yeux brillants. J'ai un travail !

Le brun le regarda, choqué, une demie seconde, puis se leva aussitôt et lui sauta dans les bras, trouvant ses lèvres pour l'embrasser passionnément. Il n'y avait pas grand-chose d'autre à dire, après tout.

Le sourire de Kurt s'élargit encore, et il attrapa les poignets de Blaine noués autour de son cou et le poussa de façon à ce qu'il rebascule sur le lit, s'étendant sur lui et tenant ses poignets qu'il plaqua sur le matelas au dessus de sa tête. Blaine se laissa faire quelques temps, sentant que Kurt avait juste envie de le toucher et d'exprimer sa joie dans quelque chose qu'il connaissait et maîtrisait. Il souleva un peu les hanches alors que le plus âgé embrassait son cou, puis lâchait un de ses poignets pour commencer à passer une main sous son tee-shirt. Quand il lâcha son autre poignet pour lui enlever son tee-shirt complètement, Blaine décida de reprendre un peu quelques initiatives. Entourant le visage de Kurt de ses mains, il plaqua ses lèvres contre les siennes pour l'embrasser, demandant l'entrée de sa bouche qui lui fut aussitôt autorisée.

- C-C'est génial Kurt, mais comment... ? Haleta un peu Blaine.

Kurt jeta le tee-shirt du bouclé plus loin et commença à mordiller, sucer et lécher à peu près tout ce qu'il pouvait atteindre.

- Sebastian, souffla Kurt. Il m'a offert un job. Putain Blaine, tes abdos... Gémit-il légèrement en passant sa langue contre.

Si le garçon gémit à la sensation, il se figea à ses paroles. Sebastian, le mec qui voulait Kurt à tout prix, et qui faisait tout à coup le gentil, juste après que Blaine lui ait dit qu'il allait partir. L'image de Kurt couchant avec Sebastian provoqua chez lui une étrange sensation. Ça ressemblait un peu à de la colère, oui, mais... Mélangée avec une espèce de sentiment de possession ou... Alors que Kurt attrapait de nouveau ses lèvres, Blaine comprit.

C'était ce qu'on appelait de la jalousie. Ça ressemblait à ce qu'Emily lui avait décrit quand son petit copain -le seul qu'elle ait jamais eu- passait un peu trop de temps à rigoler avec une autre fille à l'époque où ils n'étaient pas ensembles. Kurt n'était pas son petit copain, alors il n'était pas censé ressentir ça, si ? Il était censé l'accepter, ils étaient juste plans culs après tout...

Les dents de Kurt attrapèrent son téton pour le mordiller doucement, et il gémit. L'idée que Sebastian aie le même traitement le fit se tendre légèrement, et par instinct, il passa ses doigts dans les cheveux doux de l'autre, comme pour le garder avec lui.

- Et... tu le trouves beau, Sebastian ? Murmura-t-il, hésitant.

Kurt lui lança un regard mi-amusé mi-lubrique, et s'approcha de son oreille, la titillant un peu avant de murmurer :

- Tu ne serais pas un peu jaloux ?

Blaine déglutit. Il avait mis un temps ridicule à comprendre ce qu'était cette sensation quasi-inconnue, et Kurt le perçait à jour en quelques secondes.

- Pas du tout, mentit-il.

Il s'empara de ses hanches encore couvertes par son slim, et glissa ses mains dans le tissu, massant un peu la peau tendue. Kurt étouffa un gémissement et laissa Blaine échanger leurs places. Le bouclé retira le tee-shirt de l'autre, et ses yeux survolèrent ses muscles fins, sa peau pâle et ses cicatrices blanches. Il se demandait encore d'où elles pouvaient venir, mais comme elles ne sautaient pas aux yeux, Blaine décidait d'ignorer ça jusqu'il sente le bon moment arriver.

Il passa donc sa langue le long des flancs du plus vieux qui étouffa un autre gémissement en marmonnant un "Putaiin, Blaine...". Sentant le sentiment définitivement étrange et assez désagréable augmenter à la pensée de ce c... De Sebastian provoquant ça chez Kurt, le plus jeune s'installa entre ses jambes et déboutonna son slim, le baissant rapidement, Kurt l'aidant à le retirer en bougeant habilement les jambes. Sans laisser le temps au plus grand de reprendre le dessus, Blaine croisa son regard et baissa son boxer aussi.

C'était encore lui qui provoquait tous les gémissements de Kurt.

- Eh behh, toi quand tu es jaloux... Haleta Kurt alors que Blaine fondait sur lui.

Le brun marmonna et commença un va-et-vient rapide, faisant lâcher à Kurt un long gémissement brisé au-dessus. Quelques minutes de ce traitement finirent par faire haleter Kurt qui tira un peu sur les boucles de Blaine.

- B-Blaine je... Je vais...

Normalement Kurt ne prévenait pas vraiment ses plans culs quand ça arrivait. Il les laissait se débrouiller avec, tout simplement. Mais c'était la première fois que Blaine lui offrait ça, et puis... C'était Blaine.

Le garçon marmonna juste, levant ses yeux assombris par le désir vers lui, et Kurt comprit rapidement que Blaine comptait avaler.

- Blaine putain... !

Il vint avec un petit gémissement aigu, et Blaine se retira doucement, provoquant un petit 'pop' assez vulgaire, puis se pressa contre le plus vieux qui se remettait.

- Aide j'ai besoin, haleta Blaine en se collant à lui.

Kurt rit un peu, marmonna "J'ai Yoda dans mon lit", puis commença des mouvements, le faisant se libérer rapidement.

- J'adore quand tu es jaloux, déclara Kurt.

Blaine lui lança un regard vexé, puis finit par rire doucement.

- Allez, viens là, fit doucement Kurt en le prenant dans ses bras, l'allongeant sur lui.

Le garçon commença à embrasser son cou tranquillement, Kurt caressant son dos encore chaud. Ils restèrent ainsi un temps indéterminé, profitant juste de la présence de l'autre.

- Hey, Blaine... ? Commença Kurt.

Le garçon bourdonna un peu contre sa peau pour montrer qu'il l'écoutait.

- Tu as déjà été dans une fête foraine, ou un parc d'attraction ?

Les lèvres de Blaine se figèrent contre sa peau, et le corps du brun se tendit. Il se redressa, évitant le regard de Kurt. Malgré ça, le garçon remarqua l'humiliation dans ses yeux, comme s'il avait honte de ne jamais avoir été dans ce genre d'endroits où n'importe quel enfant avait déjà été.

- ... Non, marmonna-t-il. Jamais.

- Ça te dirait d'y aller avec moi ? Il y en a une en ville en ce moment.

Les yeux mordorés de Blaine croisèrent le regard bleu de Kurt, pleins d'espoir. Il hocha la tête, et Kurt appuya sur le bas de son dos pour l'encourager à se rallonger sur lui.

- Je pourrais avoir une barbe à papa ? Demanda Blaine d'une petite voix contre sa peau.

Kurt hocha doucement la tête, et Blaine retourna dans son cou pour reprendre ses baisers. Blaine n'avait jamais été dans quelque chose d'aussi bête qu'une fête foraine. Il n'avait même pas eu ça. Kurt doutait qu'il ait des souvenirs d'enfance corrects. Il doutait même qu'il ait eu une enfance, tout court.

- Dis, Blaine...

Le garçon marmonna distraitement, montant ses lèvres contre sa mâchoire.

- Tu peux me raconter la première fois où tu as quitté une famille, à cause de l'A.A ?

Blaine se redressa et se dégagea de l'étreinte de Kurt pour s'asseoir à côté. Kurt vit toutes ses barrières se redresser presque instantanément.

- Pourquoi ? Fit-il froidement.

- Pour savoir ce que ces fils de putes ont fait, concrètement, répondit Kurt, la voix dure.

Blaine soupira, et se leva, toujours torse nu.

- Je dois te raconter la première fois que j'ai brisé les espoirs et coeurs d'un couple, c'est ça ?

Kurt approuva, grimaçant à la formulation, et Blaine marcha un peu dans sa chambre, pour finalement regarder dehors, pensif.

- Au point où tu en es, de toute façon... Soupira le brun.

Il commença, l'air nonchalant alors que Kurt se doutait que ce n'était qu'une façade.

"J'avais huit ans. Huit ans c'est l'âge où on commence, tu sais, à faire... Ce genre de choses. À briser le coeur des gens. Je venais d'avoir huit ans, à vrai dire. C'était le jour de mon anniversaire. Ils m'ont dit qu'ils avaient une surprise pour moi, et j'ai pensé que peut-être moi aussi je pourrais avoir une famille, avec des parents comme à la télé qu'on regardait des fois. C'était notre rêve à tous."

Le bouclé souffla, ne semblant pas vouloir replonger là-dedans, mais il continua doucement.

"Ils m'ont amenés dans une maison. Elle était pas super grande, mais elle paraissait accueillante, tu vois ? J'ai commencé à me dire 'Peut-être ?'. On est rentrés, et il y avait un couple qui nous a accueillis. Ils avaient l'air vraiment gentils, la femme ne pouvait pas avoir d'enfants, alors ils avaient cherché à adopter, et m'avait trouvé. J'avais une famille."

La voix de Blaine se brisa un peu à la fin, mais il s'éclaircit la gorge et continua.

"Les gens de l'A.A avaient vraiment l'air heureux pour moi. Ils ont dit au couple qu'ils voulaient me dire au revoir en privé, et une fois seuls, ils m'ont dit que je devais faire semblant. Semblant de les aimer, puis être méchant, et partir en laissant un mot comme quoi ils ne devaient plus jamais adopter, qu'ils étaient nuls. Mais moi... Moi je les aimais déjà..."

Nerveusement, Blaine passa une main dans ses boucles, et Kurt hésita à se lever pour le rejoindre, mais vu les signes que le corps de Blaine exprimait -doigts crispés, peau tendue...-, il ne valait mieux pas.

"Ils m'aimaient vraiment. Je crois. En tout cas ils étaient un peu attachés à moi, et moi aussi. Les gens de l'A.A sont revenus pour 'régler des dernières petites affaires', et ils m'ont dit que maintenant je devais être insupportable. Encore une fois je devais obéir, je n'avais pas le choix... Je n'avais pas le choix, répéta-t-il d'une voix un peu tremblante.

Alors j'ai été méchant, insupportable, insolent, tout ce que tu veux. Ils ne comprenaient rien, mais ils ont fini par prendre à la phase 2. Ils finissent tous par prendre. Quand le conflit à la maison est devenu permanent, le moment est venu de partir. J'ai écrit une lettre comme quoi je partais, que rien ne servait de me chercher, qu'ils avaient mal joué leur rôle. J'avais écrit 'Pardon' en bas, mais je l'ai rayé finalement. Ils auraient encore moins compris.

J'ai préparé toutes mes affaires, et puis comme j'étais encore petit, je voulais les voir une dernière fois. Je me suis faufilé dans la cuisine, je les ai observé un certain temps. Ils préparaient à manger tous les deux, ils avaient l'air heureux. Genre vraiment heureux, comme ces émissions idiotes à la télé tu vois ? C'était vraiment beau à voir, je n'avais jamais connu ça. Mais ce n'était pas pour moi, et ça ne le sera jamais. Alors je suis retourné dans ma chambre et je suis sorti par la fenêtre. Je ne les ai jamais recontactés."

Kurt s'était levé entre temps. Une grande colère s'emparait de lui au fur et à mesure que Blaine racontait, et à la fin, il avait juste envie de se débrouiller pour trouver cette agence, et de faire payer à ses membres, un à un. Blaine se retourna, les yeux un peu humides, et murmura en secouant la tête.

- Ne me juge pas... Je t'en prie...

Le plus vieux écarquilla les yeux. Sérieusement, Blaine pensait que Kurt allait le juger là dessus ? Et puis sur quoi, d'abord ? Des personnes malveillantes obligeaient des gamins à briser eux-mêmes leur enfance, et... Oh puis merde.

- Sérieusement Blaine ? Sérieusement ?!

Blaine recula légèrement, un peu effrayé par l'élan de colère de Kurt.

- Tu me dis ça, tu oses me dire ça ?! De ne pas te juger ?!

Les yeux mordorés du garçon s'embuèrent un peu plus et il secoua la tête, voulut parler mais Kurt continua :

- Tu crois franchement que... Putain, ça me dégoûte tellement, souffla Kurt en balançant un coup de pied dans le lit.

Blaine, lui, comprenait totalement autre chose. Déjà persuadé que ce qu'il faisait était horrible, il ne lui en fallut pas beaucoup pour penser que Kurt était dégoûté par ce qu'il faisait, pas par autre chose. Ses larmes commencèrent à couler et il murmura :

- S'il te plait, Kurt...

- Mais s'il te plait quoi ?! S'écria Kurt. S'il te plait quoi, Blaine ?! Que j'accepte ça sans rien dire ? Bah si figure toi je dis quelque chose, ça me met tellement en colère putain !

Il survolait plus qu'il ne regardait Blaine et ne remarquait pas vraiment que le garçon se persuadait tout seul que Kurt le trouvait horrible. Cette idée lui déchira le coeur et il se mordit la lèvre de toutes ses forces pour empêcher les larmes de couler.

- Je déteste ça. Tellement.

Le plus vieux jura de nouveau en balançant le poing contre un mur, et resta la main crispée, les yeux fermés et la mâchoire serrée. Un sanglot le fit sursauter, et il tourna la tête vers Blaine.

Le brun continuait de se mordre la lèvre aussi fort qu'il le pouvait, et avait probablement réussi à se faire saigner au lieu d'empêcher les larmes de couler. Blaine ne pleurait jamais. Pleurer était pour ceux qui ressentaient des choses, lui ne ressentait rien. Il avait fini par s'en persuader et jusqu'à maintenant, il contenait tout sans problèmes. Il n'y avait eu que deux bavures. Quand il pensait qu'il allait quitter Lima, Kurt et tous les autres, et ne plus revoir sa soeur pendant une année entière, et aujourd'hui. Si on se penchait sur les raisons, Kurt apparaissait toujours.

A chaque fois qu'il pleurait, toutes ses larmes et frustrations contenues essayaient de s'exprimer, alors c'était toujours assez violent. Le plus jeune eut un hoquet et mit ses mains sur sa bouche, incapable de savoir quoi faire pour se maîtriser.

- Blaine, eh, qu'est-ce que tu as ? Fit doucement Kurt en s'approchant de lui.

Blaine eut un autre sanglot et Kurt n'hésita plus, le prenant dans ses bras.

- Bébé, pourquoi tu pleures ? Murmura-t-il en caressant ses cheveux.

- Je... Je suis d-désolé, haleta Blaine. Je... Je sais que tu me trouves horrible, je... Je suis dé... désolé de faire toutes ces choses alors que tu n'as pas de famille, je ne peux pas... Je suis désolé... S'il te plait ne... Ne me repousse pas... Gémit-il contre son torse.

Le coeur de Kurt battait tellement fort contre sa poitrine que Blaine le sentait à tous les coups, mais Kurt n'était pas vraiment gêné, parce qu'il sentait les battements du coeur de Blaine aussi rapides et forts que les siens.

- Je ne vais pas te repousser Blaine, fit doucement Kurt. Je n'étais pas en colère à cause de toi, mais à cause de ce que ces... Ces gens te font faire depuis que tu es enfant. Ils t'ont fait détruire toi-même ton enfance, et je... Ça me donne envie de les trouver et de les faire payer. Calme-toi... Murmura Kurt alors que Blaine pleurait contre son épaule.

Ça déchirait le coeur de Kurt de voir le garçon ainsi. Le châtain se doutait bien que son éclat de colère n'était pas la seule raison des larmes de Blaine, seulement le déclencheur. Le plus jeune contenait tout en permanence, ne restait jamais dans un environnement stable, était sans arrêt victime du décalage horaire et n'avait quasiment rien à quoi se raccrocher -à la connaissance de Kurt. Ce n'était pas étonnant que lorsqu'il craque, cela devienne rapidement assez violent.

Vu que le plus petit ne semblait pas réussir à s'arrêter de pleurer, Kurt se recula et bascula sur le lit tellement confortable de Blaine, s'asseyant et le prenant sur ses genoux. Le garçon enfouit sa tête dans son cou et continua d'hoqueter, Kurt caressant son dos doucement.

- Chut, calme-toi... Murmurait gentiment le plus vieux en l'embrassant de temps en temps.

Des hoquets violents l'agitaient, qui brisaient le coeur de Kurt et le faisaient se sentir tellement en colère contre les responsables de son état. Rien ne semblait le calmer, les caresses un peu et les baisers aussi, mais les sanglots reprenaient toujours.

Kurt saisit les joues de Blaine entre ses mains et contempla quelques temps son visage doux. Son regard caressa sa peau parfaite, ses yeux mordorés et un peu rouges à cause des larmes, ses cils rendus encore plus longs pour la même raison, ses joues rougies, ses lèvres qu'il mordait pour essayer de se contrôler.

Blaine était tellement magnifique que Kurt ouvrit la bouche pour parler, dire n'importe quoi, et les seules choses qu'il réussit à penser furent trois petits mots. Minuscules, vraiment. Mais il referma aussitôt la bouche en fronçant les sourcils. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Il était Kurt Hummel. Il était insensible, avait abandonné ces choses futiles depuis bien longtemps, ne s'adonnant qu'à l'amour fraternel. Pourtant Blaine lui faisait ressentir tellement de choses... Qu'est-ce qu'il lui prenait ?

Il décida de l'embrasser à la place, d'abord tendrement puis un peu plus profondément, réalisant que cela semblait calmer Blaine. Fermant les yeux, le plus jeune noua ses bras autour du cou de Kurt, qui ferma les yeux à son tour.

- Kurt, ils vont peut-être me tuer tu sais, murmura Blaine quelques temps plus tard en se détachant de ses lèvres.

Le châtain sursauta et croisa le regard de Blaine, qui baissa les yeux en passant ses doigts distraitement sur le torse de Kurt.

- Comment ça ? Fit Kurt.

- Quand on devient majeur, on ne peut plus se faire adopter. On ne sert plus à rien, et on n'a pas d'identité. Alors il y a une rumeur qui dit qu'ils nous tuent le jour de notre majorité.

Kurt resta silencieux quelques temps, et finit par demander :

- Comment tu arrives à savoir ça et continuer à faire tout ce que tu fais ? Comment tu peux réussir à vivre dans la peur permanente ?

Blaine leva enfin les yeux vers lui, et murmura quelques mots d'une voix très basse.

- Je n'ai pas le choix. Je n'ai jamais connu autre chose.

Le châtain souffla très fort, puis souleva Blaine par la taille, le mettant sur son épaule, le faisant crier de surprise.

- Kurt ! Qu'est-ce que tu fais ?!

"- Il va te balancer à la poubelle, t'es périmé.

- Oh non, nous allons sentir mauvais...

- Ernest. Tu n'as pas d'odeur. T'es une petite voix.

- Je n'en ai que faire. La moindre des politesses est de sentir bon, même quand l'on n'a pas d'odeur. C'est un principe. C'est extrêmement vulgaire de répondre aux autres petites voix que votre hôte a été balancé dans une poubelle.

- ... Je comprends pas Ern'.

- Ne m'appelle point Ern' !

- Erneuuh, Ern' !

- Tu la provoques en l'en défendant, tu sais.

- Ern'. Ern'. Ern'. Steuplait on dirait de l'allemand."

Kurt se baissa, Blaine toujours sur l'épaule, et attrapa leurs tee-shirts et pantalons respectifs avant de sortir de la chambre. John et Sophia n'étaient heureusement pas là. Le plus vieux balança Blaine sur le canapé et se jeta sur lui, l'écrasant de tout son poids avant de se mettre à le chatouiller, le faisant éclater de rire.

- Kurt ! Arrête ! Mon Dieu, rigola-t-il, je vais mourir, arrête !

- Tu me donnes quoi en échange ? Susurra l'autre à son oreille.

Le brun ouvrit la bouche, surpris, mais ne fut pas assez rapide. Les doigts de Kurt recommencèrent à le torturer un peu partout, et il finit par haleter :

- Tout ce que tu veux, tout ce que tu veux !

Kurt se redressa sur les cuisses de Blaine avec un petit sourire en coin, puis se leva et lui jeta ses habits.

- Habille-toi. Je saurais me souvenir de ce que tu viens de dire, ne t'inquiète pas.

Blaine déglutit puis enfila son tee-shirt et son pantalon alors que Kurt se rhabillait aussi.

- Allez viens, on sort, fit Kurt.

Le plus jeune le fixa avec des yeux suspicieux, et Kurt rigola.

- Eh, tu me connais, ce que tu viens de me promettre je l'utiliserais de manière lubrique, stresse pas !

Blaine finit par rire aussi et laissa le bras de Kurt entourer sa taille pour sortir.

- Où on va ? S'enquit-il.

- Te construire une enfance, répliqua simplement Kurt.


- Tu veux vraiment leur annoncer ?

- Oui, vraiment. Ce sont mes amis.

- Ils ont l'air un peu idiots.

- Tu t'es regardée ?

- Peut-être, mais je suis quand même mignonne, nargua Kitty.

- Naya est très belle et Blaine est sexy, contra Marley.

La blonde fronça les sourcils.

- Naya est très belle, hein ?

- Oh Kitty, tu ne vas pas être jalouse tout de même !

- Et si j'ai envie ? Provoqua l'autre en croisant les bras.

Marley fit une moue que Kitty jugea adorable, et la blonde craqua rapidement.

- Okay, on leur annonce demain. Maintenant reviens avec moi, exigea l'autre en tendant sa main pour que Marley l'attrape.

- Tu crois qu'ils seront heureux pour moi ? Fit doucement Marley. Et que les gens autour de nous l'accepteront ?

- J'espère, Marley, répondit l'autre. J'espère.


- Tu es adorable, finit par soupirer Kurt en souriant un peu à Blaine.

Le plus jeune leva des yeux surpris vers lui, et rougit un peu.

- Tu n'en avais réellement jamais goûté ? Demanda Kurt.

- Jamais, souffla Blaine.

- Verdict ?

- Ch'est la meilleure chose au monde, miaula Blaine en mangeant une autre bouchée de sa barbe à papa.

Kurt rit et ils allèrent s'asseoir pour que Blaine profite tranquillement de sa sucrerie. Le garçon se tourna pour adresser un grand sourire au plus vieux, qui sourit à son tour. Les trois mots s'imposèrent de nouveau dans son esprit et il déglutit. "Il te fait ressentir bien plus que tu ne voudrais l'admettre, arrête de te voiler la face." Fit une petite voix dans sa tête, et il la fit taire en balayant ses pensées.

Il traînait avec Blaine parce que merde, ce garçon savait coucher. Uniquement pour ça. Aller prendre une barbe à papa pour essayer de lui insuffler un semblant d'enfance était... Quelque chose qu'il faisait pour... Pour être sur de garder ce plan cul parfait uniquement pour lui. Rien de plus.

Kurt fit un sourire doux qu'il transforma rapidement en son habituel sourire en coin, et s'amusa du rougissement des joues de Blaine.

- Bon, décida Kurt alors que Blaine venait de finir la confiserie et qu'il essayait vainement d'essuyer son visage collant avec la serviette fournie, on va faire quelques trucs que tu dois avoir fait au moins une fois dans ta vie.

Le plus vieux prit sa main, soupirant lorsqu'il remarqua qu'elle était totalement collante de sucre. Blaine ne savait décidément pas manger. Le bouclé lui lança un regard d'excuse, et tenta de dégager ses doigts de ceux de Kurt.

- Raah, attends, s'agaça Kurt en le traînant jusqu'à un petit robinet implanté dans la terre.

Il fit couler l'eau et amena les mains de Blaine, commençant à les laver, puis mouilla ses propres mains pour nettoyer son visage collant. Une fois qu'il retira ses mains de la peau douce de Blaine pour essuyer ses mains dans son jean, il croisa son regard déstabilisé.

- J-J'aurais pu... Le faire seul ou... Pourquoi tu as fait ça ? Balbutia-t-il.

Kurt fronça les sourcils, puis se rappela que Blaine ne connaissait rien à tout ça. Il posa une main sur la joue du plus jeune, qui le fixa.

- Ma mère faisait ça avec moi, fit Kurt doucement. Ça s'appelle l'instinct maternel. Les mères font toujours tout ce qu'il faut pour que leur enfant aille bien, et râle dès qu'il est tout sale, rigola Kurt. Alors souvent, c'est les mères qui s'occupent de te laver le visage quand tu as mangé du Nutella n'importe comment, ou les habits que tu as sali en faisant de la peinture ou... Quoi que ce soit d'autre... Finit faiblement Kurt alors que Blaine secouait la tête.

- Je n'ai aucune image de tout ça, Kurt... Murmura Blaine. Les mères font... Elles font vraiment ça ?

Kurt hocha la tête.

- La mienne le faisait avec Naya et moi. Puis j'ai du le faire pour Naya, alors j'ai gardé les gestes, justifia Kurt. Maintenant on va te gagner une peluche.

Les yeux de Blaine s'illuminèrent au dernier mot.

- Peluche ? Fit-il.

- Peluche, confirma Kurt en riant un peu.

Surexcité, Blaine les traîna à une de ces machines et attendit que Kurt sorte une pièce de monnaie de sa poche en sautillant. Le brun avait 16 ans, et se comportait exactement comme un enfant en n'en ayant probablement pas conscience. Cela attendrissait Kurt, mais le rendait un peu triste en même temps. Blaine n'avait jamais pu faire tout ça, et il n'était pas censé le faire à cet âge.

Une peluche en forme de pingouin dans les bras -pour une raison étrange, cela avait fait rire Blaine, alors Kurt s'était débrouillé pour l'attraper-, ils firent un nombre incalculable d'attractions, et Kurt se surprit lui-même en n'allant pas dans un train fantôme avec Blaine, parce que même s'il était gentil et tout ça, il ne fallait pas pousser, il restait lui-même, et ne parviendrait probablement pas à garder ses mains pour lui avec Blaine qui se réfugierait contre lui à cause de ces choses ridicules qui faisaient un peu peur la première fois. Et Kurt voulait donner un truc qui ressemblait à des souvenirs innocents à Blaine. Le garçon n'avait pas besoin de mains baladeuses.

Mais il restait tout de même Kurt Hummel. Alors que le soleil se couchait et qu'ils sortaient des stands commençant à s'allumer, Blaine riant à quelque chose que le plus vieux venait de dire, il ne put s'empêcher de l'observer quelques instants, son sourire éclairant son visage et ses joues rougies à force de courir partout, de s'émerveiller de tout et de rien, de rire et de crier dans les attractions. Kurt sentit son coeur s'accélérer et s'empara de la taille de Blaine, le soulevant pour le presser contre lui. Blaine arrêta de rire mais garda son sourire alors qu'il nouait ses bras autour de la nuque de Kurt. Celui-ci sourit un peu et les poussa derrière un stand quelconque, appuyant le dos de Blaine contre et posant doucement ses lèvres contre celles du brun. Le soleil se couchait derrière eux alors que Kurt passait ses mains sous le tee-shirt de Blaine, vénérant à chaque fois un peu plus ses abdos à chaque occasion qu'il avait de les toucher, parce que Dieu, Blaine était incroyablement bien foutu. Il laissa échapper un petit gémissement d'envie qui fit sourire Blaine contre ses lèvres.

- Eh, Kurt, murmura Blaine alors que le châtain soulevait ses cuisses pour le surélever.

- Mmh ?

- Je te dois toujours quelque chose, et tu as un travail, il faut bien te récompenser, fit doucement Blaine en passant ses mains dans ses cheveux. Et j'ai envie de toi, surtout.

Kurt sentit une grande chaleur se répandre dans son ventre, et il n'était pas seulement excité. Il était... Merde... Quel était ce mot, là... Hm... Kurt allait le retrouver. Il se sentait comme ça de plus en plus souvent avec Blaine. Ah ! Enfin, ça lui revenait ! C'était exactement ce mot.

Heureux.


- Vous êtes enfin ensembles ?! S'écria Naya. Oh mon Dieu !

Elle sauta dans les bras de sa meilleure amie, et toutes deux partirent dans un délire de cris aigus et de communication qu'elles seules comprenaient.

Blaine et Kitty se jugèrent du regard quelques instants, les bras croisés, puis Blaine finit par briser la tension présente entre eux deux.

- Je te conseille de faire attention à elle.

- Je compte bien le faire, mouton renié par ses camarades blancs.

Blaine haussa un sourcil amusé au surnom, puis tous deux finirent par rire.

- Sans déconner, je t'aime bien, je crois, mais fais gaffe à ce que tu lui fais. Et ne va pas trop vite, exigea Blaine.

- Je n'ai jamais été en couple avec une fille avant tu sais, je ne risque pas d'aller trop vite, contra Kitty.

- Alors soyez prudentes, conseilla simplement Blaine.

- Quoi, t'as peur que je la mette enceinte ? Se moqua Kitty.

Blaine rigola un peu, puis Naya se tourna vers Kitty pour lui parler, alors il s'occupa de Marley.

- Alors, heureuse ? Fit doucement Blaine.

Marley sourit, puis encercla Blaine de ses bras.

- Je suis contente que tu sois avec nous, murmura-t-elle. Je t'apprécie vraiment tu sais.

Blaine eut un sourire, un peu déstabilisé, mais rendit son étreinte à Marley. Les prières de Marley à l'encontre du Dieu des tartes avaient fini par se réaliser, Blaine devrait peut-être faire pareil...

"- Nope. Tu dois NOUS prier.

- Et de toute façon, que comptes-tu demander ?

- Être plus grand, j'suis sûre !

- Tu as bien vu que ça plaisait à Kurt d'être le plus grand des deux. Il ne souhaitera pas ça.

- Avoir des cheveux moins moches ?

- Pour cela personne ne peut rien faire.

- Un coiffeur p'têtre ?

- J'en doute plus que sérieusement.

- Il aurait des superpouvoirs tu sais. Oh mon Dieu Blaine Superman est ton coiffeur ! Tellement la classe ! Attends... Ça voudrait dire que... Superman est gay ?!

- Pétronille, parfois je me demande où tu vas chercher tout ça.

- Superman est gay... Tout mon monde s'écroule. Et Loïs n'était qu'une couverture ! Tu crois qu'il se tape Batman ? Enfin, Batman se tape déjà Robin, donc ça ne m'étonnerait pas trop..."

- Raah mais fermez-la, grinça Blaine entre ses dents.

Marley sursauta, et Blaine se gifla mentalement. S'il commençait à répondre à ses petites voix, il n'en sortirait jamais.

- Tu parlais à... Devina Marley.

- Ouais, souffla Blaine. Désolé. Leurs discussions m'épuisent.

- C'est pas grave, fit doucement Marley. Tu n'as jamais pensé à... Consulter ?

"- Eh, nan ! Notre existence est privée, comme un cocktail de Léonardo DiCaprio ! Putain quel beau gosse celui-là...

- Pétronille ! Ton langage !

- Roooh ça va. Tu voudrais pas qu'une inconnue vienne farfouiller dans notre espace ?

- ... Non.

- Bah voilà. Et laisse-moi parler comme je veux.

- Je ne sais pas qui a fait ton éducation mais...

- J'suis comme Blaine. J'en ai jamais eu. Pas vrai Blaine ?

- Ça Pétronille, c'est méchant."

Blaine déglutit et secoua la tête. Il faudrait expliquer d'où tout cela venait, et il y aurait trop des risques.

- D'accord, comme tu veux... Soupira Marley.

Le brun sourit de nouveau et ils s'orientèrent vers d'autres sujets.


- Tu... Kurt, j'ai besoin de me mettre au point avec toi.

Kurt haussa un sourcil en se tournant vers Quinn.

- Depuis que Blaine est là, tu as l'air plus... Plus souriant. Tu as l'air d'aller mieux. Savoir que je n'y suis pour rien ne me rend pas forcément très heureuse, mais tu vas mieux, alors... C'est ce qui compte. Mais maintenant... Je voudrais des explications. Et j'espère que tu pourras m'en accorder.

Kurt la considéra quelques temps, et les deux s'affrontèrent du regard sans rien dire. C'était Quinn. Ils régnaient toujours sur McKinley, même si Kurt avait laissé Blaine l'approcher, leur comportement n'avait pas totalement changé. Kurt était simplement plus doux lorsque Blaine était là, mais tout ne se métamorphosait pas d'un seul coup.

- ... D'accord. Mais il y a des choses que je ne suis pas prêt à admettre, Quinny.

Elle hocha la tête, et se prépara à écouter.

- J'ai fui de chez mon père à 16 ans, avec Naya. Ne me demande pas pourquoi, je ne le dirais pas, soupira Kurt. Je me suis réfugié au lycée en premier lieu, mais il a fallu prendre les choses en main rapidement.

"Je n'avais pas d'argent. J'ai commencé à voler quelques trucs mineurs, des choses à manger principalement parce que ce qu'on récupérait à la cafétéria ne suffisait pas vraiment, mais n'ayant jamais volé, je n'osais pas trop. On a pas mal maigri avec Naya dans cette période. Un jour, j'ai compris qu'on ne pouvait plus vivre comme ça, en se cachant dans des salles du lycée ou dans des gymnases. C'était trop risqué.

Je volais dans un magasin de nourriture, et j'avais mal retiré une étiquette, donc ça a sonné. Le propriétaire allait me faire la peau quand David Karofsky m'a vu. Il avait grandi, semblait plus puissant. Je pensais qu'il allait juste se moquer, mais il m'a simplement pris par le bras, et a fait comme si j'étais son petit frère qui avait encore fait une bêtise. Le propriétaire a finalement laissé passer, et Karofsky m'a proposé plus loin un travail, pour que j'arrête de voler. J'aurais du me méfier mais... Ça devenait urgent d'avoir de l'argent, alors j'ai accepté.

C'est comme ça que je me suis retrouvé dans ce gang. Avec l'argent de la première paye, j'ai loué un appartement, celui que tu connais, et j'ai vu le soulagement dans les yeux de Naya. Elle se demandait comment j'avais fait, mais tu comprends, elle avait un endroit où rentrer...

J'ai commencé par faire des trucs pas bien méchants, du genre trafic, menace parfois quand quelqu'un ne faisait pas ce que Dave voulait, mais ça c'était rare. Quand j'ai grandi un peu plus encore et que j'ai commencé à devenir plus froid et insolent, Dave m'a fait entrer dans le vif du sujet, et j'ai commencé à servir de distraction à certains grands patrons ou hommes d'affaires pour que Dave se fasse plus d'argent. Quand il a compris que ça marchait, il m'a fait faire ça presque uniquement, de plus en plus souvent le soir, de plus en plus tard.

Il n'y a pas longtemps, il a appris pour Blaine et moi, ce qu'on faisait. Sebastian, un client proche de Karofsky, m'a aidé à quelques reprises. Un soir, Dave a compris que je couchais toujours avec Blaine, et il a pété un câble. Il m'a tabassé, et encore une fois ce Sebastian m'a tiré de là. J'ai vraiment frôlé l'hôpital ce soir là, je crois, alors je me suis promis de ne pas retourner là-bas.

J'ai cru que j'allais mourir doucement dans cette ville, sans argent, mourant de faim ou une connerie du genre. J'ai même demandé à Marley de s'occuper de Naya quand je partirais pour lui éviter de mourir de faim aussi... Je lui ai demandé d'oublier cette truc il n'y a pas longtemps. Sebastian m'a proposé un travail. Honnête, cette fois. Livreur. Je sais que ce n'est pas grand-chose, mais si ça suffit pour nous faire survivre... Voilà. Tu sais à peu près tout."

Les deux s'affrontèrent du regard, de nouveau, et alors que Quinn se mordait la lèvre, les larmes aux yeux, Kurt lança :

- A toi.

Quinn hésita, puis se décida.

- Okay. Tu sais que je vivais mon existence parfaite -à peu près- jusqu'à ce que Puck me fasse tomber enceinte. Tout s'est effondré.

"Mon père m'a mise dehors. Je n'avais personne, Puck avait dit à Finn qu'il avait couché avec moi. Je ne savais pas où aller. Je me suis réfugiée dans le foyer dans lequel je suis encore, mais il n'y avait que peu de places, si tu en avais eu l'idée aussi, surtout pour deux personnes comme Naya et toi. Tout le monde m'a abandonnée, et j'ai commencé à me couper, parce que c'était trop, je ne m'étais pas préparée à ça. Quand le bébé est né, je l'ai fait adopté, je n'étais pas prête à m'en charger. Puis tu m'as trouvée, tu m'as empêché de recommencer, et on est devenus les rois du lycée. Mon histoire n'est pas aussi compliquée que la tienne."

Quinn fixa Kurt après avoir fini, et Kurt lui rendit son regard.

- On est bien tous les deux, finit par rire un peu Kurt.

Quinn rit faiblement à son tour, et baissa les yeux sur ses mains.

- Je... Je ne comprends pas comment tout ça a pu t'arriver... Murmura-t-elle. Et pourquoi à toi... Pourquoi tu n'as plus de famille, et...

- Je sais ce que je n'ai plus, soupira Kurt, mal à l'aise.

- Pardon. Mais c'est tellement... C'est tellement injuste...

- Ça va Quinny, la rassura Kurt. C'est fini pour moi. J'ai un travail, des personnes importantes comme Naya et toi, et...

- Tu as Blaine, sourit doucement Quinn.

Kurt rougit légèrement, et finit par acquiescer, confirmant les doutes de Quinn. Naya et elle ne partageait plus le monopole de l'amour de Kurt, elles devaient le partager avec un autre arrivant, et Quinn espérait que Kurt aurait encore assez d'amour pour les trois en quantité suffisante, qu'il ne soit pas trop brisé.


« Ramenez vos fesses au quartier général. Maintenant. » - Santana.

Kurt soupira dans son appartement avant de prendre ses clés et sortir, Quinn se leva de son lit peu confortable en faisant un signe vague aux autres du foyer, Naya prit le chemin inverse alors qu'elle rentrait du lycée pour se diriger vers le quartier espagnol, traînant Marley et Kitty avec elle.

- Pourquoi tu as ramené Bonnet Blanc et Blanc Bonnet ici ? S'agaça Santana en désignant Marley et Kitty, s'adressant à Naya.

- Je suppose que je suis Blanc Bonnet ? Soupira Kitty.

- Je n'ai rien dit, tu penses ce que tu veux, railla Santana.

- Je sens que je l'aime pas elle, marmonna Kitty en s'asseyant.

- Je les ai ramené parce que je leur fais confiance, surtout à Marley, et Marley est avec Kitty, donc elles vont nous aider. Après tout, plus on est pour lutter contre ça, mieux c'est !

Les plus vieux se concertèrent du regard, puis ce fut Quinn qui acquiesça en premier.

- Alors vous avez des nouvelles ? Fit Santana en s'asseyant sur les coussins disposés autour d'un ordinateur portable, dans la petite pièce qui servait de quartier général à leur petit groupe.

- J'ai des précisions, signala Kurt.

Il leur expliqua dans les grandes lignes ce que Blaine lui avait confié, et tout le monde semblait en colère après cela.

- J'ai mieux encore, répliqua Santana. J'ai trouvé quelqu'un qui a réchappé de toute cette merde, par Internet, et Dieu sait que j'ai galéré.

Un grand silence accueillit la déclaration, et Santana éleva la voix.

- Rentre, blondinet !

Un jeune homme blond entra timidement dans la pièce, ses lunettes dévorant son visage, et Santana continua :

- Il s'est échappé de l'emprise de l'A.A depuis un an. Je pense qu'il peut nous être d'une grande aide.

- Mais comment as-tu réussi ? S'étonna Naya.

- Un plan très élaboré et du chantage, soupira le garçon.

- Comment t'appelles-tu ? Fit doucement Quinn.

- Chandler. Chandler Kiehl.


Avis, conseil ?