Note de l'auteur : Je tiens à revenir dans notre monde un instant pour dire un mot pour l'un de mes plus proches amis qui malheureusement est actuellement dans un coma végétatif et ne se réveillera pas. Il était plus qu'un ami, il me comprenait et savait comprendre et analyser les choses telles que moi je les voyais. Je sais que mes écrits ne pourront jamais être lu par toi, mon ami, mais sache que j'ai été plus qu'heureuse de te rencontrer, te connaître et être considérer comme l'une de tes plus proches amies. Cette pensée et cet hommage est pour toi Rémi V. Sache que je ne t'oublierais pas et garderais toujours ton souvenir dans une partie de mon cœur. Que toute ma peine et ma force accompagne ta famille dans cette lourde épreuve.
Le 18 septembre
Je fus surprise de voir Mai et Tate venir à ma rencontre lorsque je franchis le seuil de l'Académie. Mai avait senti mon malaise et tenta de me rassurer. Elle m'expliqua qu'il était normal de rester ensemble puisque nous travaillions ensemble sur un projet commun. Bien que cette requête me laisse perplexe, je ne pouvais aller à l'encontre de celle-ci. Je ne voulais pas paraître désagréable alors je me suis contentée de les remercier. Natsuki est arrivée, comme à son habitude, en retard. Les autres membres du groupe étaient déjà tous présents mais cela ne semblait pas la perturber, bien au contraire. J'ai pu voir un sourire radieux sur son visage lorsque son regard croisa le mien. Je ne savais pas pourquoi mais ce geste me fit moi-même sourire légèrement. Nous avions décidé de rester un peu dehors en attendant notre second cours, le premier ayant été annulé au dernier moment. Les autres élèves avaient remarqué ma proximité avec Natsuki et ses amis. Peu à peu, je devins contre mon gré, le centre des discussions. J'aurais aimé m'excuser et partir dans un coin pour éviter les propos que j'entendais. Ils ne cessèrent de murmurer des choses qui ne me plaisaient guère et me blessèrent au plus profond de moi. Perdue dans mes pensées, je fus ramenée à la réalité lorsque je sentis un souffle chaud au creux de mon oreille me murmurer telle une berceuse « Ne fais pas attention à eux. Ils sont juste jaloux de toi. » Je ne pouvais que la remercier silencieusement pour sa bienveillance.
Le 18 septembre
Ma surprise a été sans nom lorsque j'ai remarqué Shizuru avec mes quatre amis. Je ne pouvais que sourire en les rejoignant. Je ne pouvais m'empêcher de me sentir bien à proximité de Shizuru. Cependant, elle avait un regard triste et perdu après quelques minutes à mes côtés. J'ai tout d'abord pensé qu'elle était encore inquiète pour sa maison ou qu'elle n'appréciait pas être aussi proche de moi. En prêtant attention aux dires nous avoisinant, je compris pourquoi. Même si la situation était difficile, cela me rassurait que je n'étais pas la cause de ce malaise. Enfin pas directement en tout cas. Entre 'le toutou du club des cinq' ou 'la putain de Kruger', mon sang ne fit qu'un tour. J'avais envie de tabasser les personnes ayant émis ses propos si abjectes si … Je ne trouve pas de mots tellement je trouvais ce comportement inacceptable. L'un des derniers commentaires eut raison de ma patience. Un jeune homme avait prononcé les mots 'la pauvre a trouvé un moyen de monter dans l'échelle sociale'. Je ne pouvais plus supporter. J'avais envie de le faire taire. Je regrettais de ne pas avoir un permis de tuer tous les connards de cette Académie. Soit dit en passant, il ne resterait plus grand monde si c'était le cas. Mais ma priorité était Shizuru. Je me suis alors approchée de son oreille et murmuré des termes que je voulais rassurant. Elle m'offrit un léger sourire comme réponse. Sur ce, je me dirigeais vers notre salle de classe tout en bousculant volontairement et fusillant du regard le jeune homme ayant émis ses propos. Il me fixa un instant mais a vite compris qu'il ne gagnerait pas si on en venait aux mains. Il se contenta de lui-même rejoindre sa classe. Shizuru passa devant moi et murmura doucement un 'Merci Natsuki'. A ce moment-là, la joie avait écrasé directement la colère que je ressentais. Cette jeune femme a le don de m'apaiser. Sans même le savoir, elle me fait encore plus tomber amoureuse d'elle.
Le 18 septembre
La journée se passa sans difficulté. Pour la première fois depuis mon arrivée à cette Académie, je n'avais été seule que pour aller aux toilettes, et encore ... Mai m'avait presque supplié de déjeuner avec eux. Puis Nao avait insisté pour que je prenne place sur le siège vide du dernier rang entre elle et Natsuki. Tate avait gentiment acheté un soda aux autres filles du groupe et me sourit poliment en m'en tendant également un. Quand à Akane, elle ne cessait de me poser de questions auxquelles j'essayais de répondre tout en restant vague. Je savais que tous se posaient des questions à mon égard mais une seule ne semblait pas vouloir empiéter sur ma vie personnelle. Natsuki écoutait mes réponses mais se contenta de parler du projet et de me poser des questions relatives à ce sujet. A la fin de la journée, la pluie avait commencé à tomber. Je n'avais pas de parapluie et ayant salué le club des cinq comme certains les appellent, je commençais à marcher rapidement. Je fus surprise de voir une voiture roulée au ralentie à côté de moi. La vitre se descendit, révélant Natsuki. Celle-ci avait pris une légère couleur rosée en me proposant de me raccompagner. Je ne voulais pas lui montrer où je vivais alors j'ai poliment refusé. Elle semblait chercher ses mots et murmura une succession de mots qui me firent capituler. Cette jeune femme a vraiment le don de me surprendre.
Le 18 septembre
Toute la journée avec Shizuru. Le rêve absolu. Je ne pensais pas que cela arriverait et pourtant, elle s'est même assise près de moi, suite aux demandes plus que poussées de Nao. Mes amis l'avaient intégré à notre groupe. Je ne pouvais que les remercier pour cela. Ils savaient ou plutôt avaient deviné que j'avais des sentiments forts pour Shizuru.
Je me souviendrais toujours la première fois que je l'ai vu prendre place dans notre classe. J'avais été envoûtée jusque l'âme par cette femme. Mai avait été la première à s'en rendre compte. Elle m'avait alors demandé si je voulais juste m'amuser avec elle ou si je ressentais quelque chose de profond pour elle. J'ai toujours eu un caractère froid et solitaire mais jouer avec une personne n'a jamais fait partie de mes défauts. Nao avait commencé à me chercher et me taquiner en parlant d'elle. Pour autant, j'ai su qu'elle comprenait ce que je ressentais. Un amour simple et certain. Sans intérêt à jouer, sans aucune autre chose que ce sentiment de plénitude et de bien-être.
Et aujourd'hui, elle est là à mes côtés. Je l'écoutais répondre aux questions d'Akane mais ne voulais pas la brusquer. Alors la seule excuse que j'ai trouvée pour lui parler était le projet. Au soir, je vis Shizuru marcher sous la pluie et entendis Mai me dire « Alors t'attends quoi pour la ramener ? ». Sans vraiment de raison, j'avais sprinté jusqu'à ma voiture et après l'avoir repéré, roulais au ralenti à ses côtés. Comme je m'en doutais, elle a refusé mon offre alors encore une fois la seule chose qui m'est venue à l'esprit fut balancée « Je serais rassurée de te savoir au sec pour rentrer. Je m'en voudrais si tu es malade demain. » Elle fit le tour de la voiture et je souris quand elle rentra dans l'habitacle. J'essayais de me souvenir de ce que mon père m'avait raconté sur sa façon de plaire à ma mère. 'Le premier rendez-vous peut se faire autour d'un café ou d'un dîner, le plus important est de traiter comme une princesse la femme ayant dérobé son cœur'. Les mots de mon père me revinrent à l'esprit. Shizuru était ma princesse quoi que puisse penser les abrutis de notre Académie. Je la regardais discrètement. Elle fixait la route, calme et sereine. Lorsque je me suis arrêtée à un feu rouge, j'ai tout de suite embrayé sur ma pensée « Tu accepterais un café ou un thé ? ». Elle semblait surprise par ma requête mais m'expliqua qu'elle devait rapidement rentrer chez elle. J'essayais de cacher ma tristesse en murmurant un « Une autre fois alors ». Arrivée devant chez elle, la pluie avait cessé. Je vis une femme tenir plusieurs paquets, en équilibre dans ses mains, se diriger vers son portail. Je présumais que c'était sa mère et m'empressais de descendre de la voiture. J'ai souris poliment à la femme et lui ai porté ses paquets. Elle m'invita à rentrer ce que je ne pouvais pas refuser. Une tasse de café à la main, celle-ci me remercia et je me suis correctement présentée. A l'entente de mon nom de famille, elle s'inclina plus profondément sur quoi je lui ai signalé que ce n'était pas utile. Shizuru me fixa étrangement face à ma requête mais se contenta de siroter son thé. Au moment de partir, j'ai fait la boulette la plus magistrale de ma vie en disant « C'est une belle maison que vous possédez vous et votre mari ». Je vis un regard triste sur le visage de Shizuru et entendis sa mère me dire d'une voix triste « Mon mari est décédé depuis plus de cinq ans mais je vous remercie de votre compliment Kruger-sama ». J'avais fixé un instant Shizuru et lui pris délicatement la main. Je ne sais pas pourquoi mais je lui ai baisé le revers de celle-ci en lui murmurant tendrement « Je suis désolée d'avoir parlé d'un sujet douloureux pour toi. J'espère que tu me arrivera à pardonner pour ma maladresse ». Je ne lui laissais pas le temps de répondre que j'étais déjà dans ma voiture, roulant direction chez moi. J'avais quand même partagé un café avec ma douce.
Le 18 septembre
Natsuki était une bonne conductrice. Malgré mon refus pour sa proposition, elle ne me laissa pas sur le bord du chemin. J'ai été d'autant plus surprise de la voir aller au secours de ma mère et de faire des tâches dignes d'une domestique. Son acceptation d'un café ainsi que son refus face au geste de soumission de ma mère me laissa d'autant plus perplexe. L'énonciation de mon père m'avait laissé triste face à certains souvenirs mais la chaleur ressentie sur ma main m'avait vite ramené à la réalité. Je vis Natsuki redémarrer et après cela ma mère n'avait cessé de me poser des questions sur elle. Ma mère semblait ravie que la jeune femme soit quelqu'un de doux et d'attentionné à mon égard et j'avoue que j'appréciais ce que m'offrait Natsuki.
Le 25 novembre
Depuis plus de deux mois, j'avais pour habitude d'arriver tôt le matin, et de raccompagner Shizuru chez elle. J'avais même eu le privilège de l'amener boire un verre il y a quelques jours. Elle se dévoilait petit à petit. Je me sentais vraiment privilégiée pour la confiance qu'elle me donnait. Tout était rose dans mon monde. Ma mère semblait avoir plus de temps à m'accorder suite à l'aide de la gouvernante, que je n'avais d'ailleurs jamais pris le temps de rencontrer. Mon père, quant à lui, était heureux de mon implication dans mes devoirs. Shizuru me donnait l'envie de travailler. Cela me permettait d'être proche d'elle et aussi d'avoir une excuse pour rentrer plus tard le soir. J'avais vraiment envie de lui demander plus que de l'amitié mais je ne voulais pas l'offenser. Je devais y aller progressivement et l'apparition du festival de l'hiver ne pouvait pas mieux tomber.
Le 15 octobre
Depuis plusieurs mois, je passais beaucoup de temps avec Natsuki, commençant à vraiment devenir dépendante de cette femme. J'aimais le fait qu'elle me traite comme une femme et la façon dont elle me regardait. J'ai appris que Mai et Tate étaient en couple depuis plus d'un an et qu'Akane et Nao étaient ensembles depuis plus de 8 mois. Natsuki était donc la seule célibataire du groupe mais ne semblait pas être intéressée par les personnes venant la courtiser. Elle était souvent avec moi, prétextant vouloir laisser les couples ensembles. Nous avions alors commencé par partager une table de classe puis nos heures après les cours. Depuis peu on passait même du temps à l'extérieur de l'Académie autour d'un verre. J'étais étonnée qu'elle connaisse aussi bien les bas quartiers ainsi que certains gérants de ces lieux. Elle semblait habituée. Personne ne lui montrait le respect dû à son rang. Elle n'en voulait pas et cela me laissait encore plus admirative de cette femme. Je commençais à développer un sentiment fort et presque douloureux à son égard. Je ne pouvais pas l'aimer, pas de la façon que je le souhaitais. Les raisons n'ont pas besoin d'être énoncées. Alors je me contentais d'apprécier son amitié. Nous étions assises sur un banc dans le parc et elle semblait légèrement distante. Je lui ai donc demandé la raison de ce sentiment et elle m'a débité une requête que je ne pouvais pas accepter sachant la signification de celle-ci. Je sentis sa main sur la mienne. Le regard suppliant ainsi que le murmure sortant de ses lèvres firent disparaître l'ensemble de mes réticences.
Le 15 octobre
Je fixais le lac en essayant de trouver un moyen de l'inviter à ce fichu festival. Entre le 'Il suffit d'y mettre un peu de tact' de Mai et le 'Fonce chiot, on a qu'une seule vie' de Nao, je ne savais pas l'attitude à adopter. Je savais qu'il était réputé pour amener la personne que l'on aime et je pense qu'elle le savait aussi. Ceci rendait encore plus difficile ma demande. Cela serait comme lui avouer indirectement mon amour. Et je savais qu'elle ne ressentait pas ce que je ressentais à son égard. Au final c'est suicidaire de lui demander de m'accompagner. Je le sais mais je veux tellement l'avoir à mes côtés lors de cette soirée. Je n'y étais jamais allée, au grand damne de ma mère qui cherchait à chaque fois un partenaire ou une partenaire pour m'accompagner. Mais cette année j'avais envie d'y aller avec la plus belle femme que je n'avais jamais rencontrée. Je restais plongée dans mes plus sombres pensées quand elle prit doucement la parole. Lorsque j'ai entendu l'inquiétude dans sa voix, je ne pouvais plus faire taire mon cœur et lui ai demandé de but en blanc. Nao avait pour ainsi dire eut le meilleur conseil « Tu accepterais de venir avec moi au festival ? ». Je sentis qu'elle allait refuser alors je lui ai saisi la main et ai murmuré tout en la caressant du bout des doigts un « je t'en prie Shizuru » quasiment inaudible. Mai avait pour finir donné elle aussi un très bon conseil. Elle porta une légère rougeur en répondant à voix basse un léger « d'accord ». Je me suis alors relevée et lui ai présenté ma main pour qu'elle puisse reproduire mon geste. J'avais l'esprit léger lorsque je redémarrais ma voiture, l'ayant redéposée chez elle.
