Note de l'auteur : Merci pour les review ainsi que les mises en favori et suivi. Sur ce, place à l'essentiel.


Le 3 décembre

Je me regardais dans le miroir. Je portais une robe d'été rouge, entrouverte à mi-cuisse sur mon côté droit. J'avais attaché mes cheveux en une queue de cheval laissant volontairement mes oreilles visibles ornés de boucles d'oreilles. Après vérification de mon apparence, je pensais à la réaction de Natsuki. Me trouverait-elle trop simple ? J'aurais peut-être dû aller faire un peu de shopping pour cette occasion. Mais ce n'était pas moi … Dépenser une somme importante d'argent juste pour un vêtement alors que cette somme pourrait être plus utile pour l'achat de produits alimentaires ou des choses nécessaires au quotidien, le choix dans ma tête était fait. Je descendis et fis face à ma mère portant un large sourire. Elle me complimenta sur ma tenue et me prit délicatement dans ses bras. Je l'entendis me murmurer sa joie face à mon épanouissement et sa fierté d'être ma mère. Elle finit sur une phrase qui me réchauffa le cœur « Ton père serait vraiment fier de toi Shizuru ». Après un bref salut, je me mis en marche direction le festival. Sur le trajet, je rencontrais des jeunes en couples et je ne pouvais que sourire sachant que Natsuki était au bout de ce chemin. Après plusieurs minutes de marche, j'arrivais devant l'entrée du festival. Je vis Natsuki appuyée contre un arbre, attendant patiemment ma venue. Elle avait choisi de porter un simple jean avec une chemise. J'étais d'un coup rassurée sur mon choix vestimentaire. J'aimais la voir de cette manière. Quand son regard croisa le mien, j'ai tout de suite compris que ma tenue lui plaisait également.

Le 3 décembre

Après plus de vingt minutes a essayé de convaincre, non rectification a essayé de me débarrasser serait plus juste, de ma mère qui ne cautionnait pas mon style vestimentaire, j'ai pu enfin arriver au festival. Qui dans ce monde mettrait à cette époque un kimono traditionnel pour aller à un festival ? … Ma mère a vraiment l'esprit démodé quand elle s'y met. Tout en attendant Shizuru, je ne pouvais m'empêcher de l'imaginer en kimono. Elle pourrait sans aucun doute me faire revenir sur mes propos. J'avais vraiment hâte de la voir. J'espérais de toutes mes forces qu'elle n'ait pas changée d'avis. Elle avait refusé que je vienne la chercher alors je me retrouvais là appuyée contre un magnifique cerisier japonais à l'attendre. Les mots m'avaient quitté quand je la vis s'avancer vers moi. Cette robe était faite pour elle et je ne pouvais que sourire à la vue qui s'offrait à moi

Le 3 décembre

Nous avions remonté tout le festival, profitant l'une de l'autre. Après plus de deux heures de marche, elle me proposa de m'installer sur un banc en retrait des animations et alla chercher de quoi nous rafraîchir. En l'attendant, des jeunes hommes me fixèrent avec une certaine envie et j'essayais de ne pas les regarder. Je reconnus Nagi qui prit place à mes côtés sur le banc. A sentir son haleine, je savais qu'il n'était pas de sang frais. Il commença à me dire des propos assez grossiers, sortit une liasse de billets de son portefeuille et me la tendit. J'ai voulu me lever mais il me saisit par derrière et me tint fortement. Il commença à me caresser et je n'arrivais pas à me défaire de son emprise. Au moment où les larmes allaient couler, j'entendis un léger clic. L'homme me tenant se remit droit sur ses jambes et déglutit difficilement. Je ne savais pas la raison de son comportement alors j'ai suivi son regard. Natsuki se tenait devant moi un pistolet en main, mettant en joue Nagi. Il se retira, blanc comme un linge. Je la vis se mettre à genoux devant moi et baisser la tête tout en s'excusant.

Le 3 décembre

C'était une bonne soirée mais je commençais à être fatiguée. Je voulais demander à Shizuru de sortir avec moi à la fin de la soirée et cela me paraissait une bonne idée de le faire maintenant. Je l'ai donc laissé quelques minutes pour aller lui chercher une boisson fraîche et surtout pour me remettre les idées bien au clair. Quand je l'ai vu se débattre face à cette petite merde de Nagi, j'ai lâché les verres et ai sorti de ma veste mon pistolet. Je ne sors jamais sans, c'est un cadeau de mon père suite à une fusillade où il avait été la cible. J'avais enclenché la détente et l'ai fixé sans ciller. Il déglutit difficilement, incapable d'assumer son acte. Il s'est enfui à toute jambe, quel homme …, me laissant dans la même position. J'ai alors rangé mon arme et reportais mon attention sur Shizuru. Comment pourrais – je lui demander d'être mienne alors que je ne suis pas capable de la protéger ? J'ai fait la seule chose que je pouvais alors faire : m'excuser. Je me suis relevée et l'ai ramené à ma voiture. Une fois installée dans l'habitacle, je l'ai regardé et passé délicatement ma main sur sa joue pour la ramener à la réalité. J'avais alors dit les mots que je pensais depuis la première fois que je l'avais vu « Je t'aime Shizuru »

Le 3 décembre

J'ai été surprise de voir Natsuki à mes genoux et surtout de la voir posséder une arme. Nous avions regagné sa voiture et c'est là que mon cœur a raté un battement. Sa main froide est venue caresser ma joue et je l'ai regardé. Elle m'a avoué son amour en ne me quittant pas des yeux. J'ai senti un souffle chaud sur mes lèvres et avant même de comprendre, elle m'avait embrassé. Le baiser n'avait pas duré longtemps et était simple et chaste. Elle me sourit légèrement et démarra la voiture. Arrivée devant chez moi, elle éteignit le moteur et me fixa douloureusement. Je savais qu'elle s'en voulait pour l'acte de ce malotru mais je ne voulais pas. Elle avait été douce, attentionnée et surtout patiente avec moi. Tout ce que l'on pourrait demander à sa moitié. Je lui ai donc demandé de venir boire un café avec moi avant qu'elle ne rentre chez elle.

Le 3 décembre

J'étais dans la cuisine et vis une note sur la table à manger. Je la tendis à Shizuru qui me signala que sa mère ne rentrerait pas ce soir. A voir sa façon de réagir, ça devait être routinier. Elle me tournait le dos et je voulais la sentir contre moi. Je me suis donc avancée et ai placé mes mains autour de son ventre, la tenant légèrement. Elle sursauta au début puis continua la préparation du café. Je l'ai embrassé dans le cou, la sentant frissonner. Je voulais plus de cette femme alors je l'ai retourné et l'ai embrassé sur les lèvres d'une façon désireuse. Je me collais davantage à elle, cherchant plus de contact et continuais à l'embrasser. Après un moment, je collais ma tête sur son front et lui caressais légèrement le dos. Les paroles sortant de sa bouche m'avaient laissé sans mot.

Le 3 décembre

Ma mère ne rentre pas ce soir. Encore une nuit seule dans cette maison. J'étais perdue dans mes pensées quand je sentis deux bras s'enrouler autour de moi. Natsuki semblait vouloir un contact et m'embrassa sur le cou. Elle était d'une douceur qui me fit frissonner. Elle m'embrassa d'une manière sensuelle et j'aimais cela. Je voulais plus de contact et elle aussi semble-t-il. Je savais que nous risquions d'aller beaucoup plus loin si nous continuons de cette manière. Elle s'arrêta et se contenta de me tenir contre elle. Les mots sont sortis de ma bouche sans le vouloir « Reste avec moi s'il te plaît »

Le 3 décembre

Une telle proposition ne peut pas être refusée alors je me retrouvais dans un lit n'étant pas le mien attendant Shizuru. Elle semblait hésitée mais se glissa dans le lit avec moi. Je l'ai embrassé tendrement et l'emprisonnais dans une étreinte protectrice. Je savais que nous n'étions pas prête pour cela alors je lui ai murmuré un bonne nuit et l'ai senti se positionner contre moi, nos deux corps ne faisant qu'un.

Le 4 décembre

Je me suis réveillée contre un corps chaud, une sensation que je n'avais jamais eu la possibilité de ressentir. Natsuki avait sa tête posée au-dessus de la mienne et semblait encore dormir. J'essayais de me dégager sans la réveiller mais des caresses dans mon dos me signalèrent mon échec. Elle sursauta lorsqu'elle entendit la porte de ma chambre s'ouvrir et cela ne pouvait être qu'une seule personne.

Le 4 décembre

J'ai senti des mouvements me réveillant par la même occasion mais cela ne me gêner guère d'être réveillée si Shizuru en était la cause. J'allais l'embrasser tendrement quand un bruit me fit sursauter. Je me suis levée d'un coup faisant face à la mère de Shizuru. Essayant de justifier ma présence et surtout ne voulant pas qu'elle imagine que j'ai profité de sa fille, je me retrouvais en sous-vêtements devant ce qui sera, je l'espère, ma belle-mère. Elle me fixa un instant puis tourna les talons en signalant qu'elle allait faire du café. Je suis restée dans la même position jusqu'à ce que j'entende un léger rire provenant de derrière moi.

Le 4 décembre

Natsuki essayait tant bien que mal de se justifier. Ma mère m'adressa un regard signalant toute sa confiance. Natsuki resta droite comme un piquet dans ses sous-vêtements. Je ne pus m'empêcher de rire face à son malaise. J'entendis un simple grognement et la vis enfiler ses vêtements à la hâte.

Le 4 décembre

Je buvais mon café faisant face à la mère de Shizuru. Celle-ci se contenta de m'observer sans aucune parole. Shizuru avait décidé de prendre une douche me laissant seule avec sa mère. Après un long silence, je l'entendis me dire « Je ne vous demande qu'une seule chose : Prenez soin de ma fille car c'est tout ce qui me reste. » Je l'ai fixé à mon tour et ai essayé de faire ressortir l'assurance de mes dires « J'aime votre fille et serais me montrer digne d'elle et de votre confiance Madame ». Elle semblait être rassurée. Shizuru nous rejoint quelque temps après avec un léger sourire. La vérité reprit le dessus quand je me souviens ne pas avoir prévenu mes parents. M'excusant, je me dirigeais à la hâte vers ma voiture, non sans un dernier baiser à ma bien-aimée.

Le 4 décembre

En remontant vers la cuisine, j'avais entendu la déclaration de Natsuki à mon égard et cela me réchauffait le cœur. Une fois Natsuki partit, ma mère me demanda des détails sur ma soirée, sur quoi je ne pus m'empêcher de rougir.

Le 4 décembre

Je n'avais même pas passé le pas de la porte que ma mère m'interpella, m'incendia serait plus juste à vrai dire. Je savais que c'était uniquement de l'inquiétude et attendis patiemment qu'elle finisse de se soulager les nerfs. Un fois fait, je lui adressais un sourire vrai en lui racontant l'intégralité de ma soirée. Ma mère avait retrouvé son calme et me donna sa bénédiction. La nouvelle n'avait pas été prise de la même manière par mon père. Il m'avait demandé d'être prudente et de ne pas faire des choses que je pourrais regretter. Quand je lui ai demandé plus d'informations à ce sujet, il m'a simplement dit que je devais me montrer patiente pour les choses relatives à un couple et d'attendre d'être sûre de mon engagement. Mon père avait une réputation et ne voulait pas avoir des problèmes sur des possibles rumeurs entre moi et une jeune femme d'un milieu moins aisé. Il m'avait alors expliqué que certaines personnes penseraient que j'utilise cette situation pour 'assouvir certains besoins humains' ou que Shizuru l'utilise pour monter dans l'échelle sociale. J'avais donc dû lui promettre de me montrer vigilante à ce sujet. Le plus difficile pour moi serait d'en parler à Shizuru. Je voulais que tout le monde sache qu'elle et moi formions un couple mais cela ne ferait que porter préjudice au maintien de celui-ci.