Le 4 décembre
Un an que ma Natsuki et moi étions ensemble. Malgré des disputes légères et des soucis notamment sociaux, nous étions toujours ensemble. Ses parents semblaient m'apprécier un peu plus chaque fois qu'ils me voyaient. Et ce, malgré que Natsuki ne vienne plus chez moi que je n'allais chez elle. Quand j'avais posé la question, elle m'avait répondu simplement « Nous pouvons dormir ensemble chez toi sans déclarer une guerre contre mon paternel et ses fichues croyances ». Natsuki voulait plus que « dormir » ensemble mais je ne voulais pas lui avouer que j'avais peur et que je n'avais aucune expérience dans ce domaine. Elle ne m'avait pas forcé mais ses gestes parlaient pour elle. J'ai eu le courage une nuit de lui dire que je n'étais pas prête à avoir des relations sexuelles avec elle. S'ensuit deux heures de questionnement pour comprendre le pourquoi de mon sentiment. Toutes sorte de questions avaient fusé. Que ce soit du type "Tu ne m'aimes pas assez c'est ça?" à "Je te promets que les autres avant toi n'ont pas compté, tu me crois hein?". Je lui avais finalement avoué, fatiguée par la discussion que je n'avais jamais fait l'amour avec personne. A voir son regard, elle était plus qu'étonnée.
Le 4 décembre
Suite au choc de la révélation, je m'étais calmée dans mes gestes. Je n'aurais jamais imagé qu'elle pouvait être encore vierge. Rien qu'à y penser, mon esprit beugue à nouveau. Une femme comme elle n'avait jamais bai… heu eut de plaisir charnel. Oui j'étais choquée. Je ne voulais pas forcer Shizuru malgré que j'en aie terriblement envie. J'avais essayé de la rassurer sur le fait que je pouvais attendre. J'étais frustrée de ne pas pouvoir lui faire l'amour et souvent me défoulais une fois rentrée chez moi. Mon père amenait souvent l'étincelle et s'ensuivait une soirée d'engueulade. Un soir, ma mère m'avait rejointe dans ma chambre et me tira les vers du nez. Quand je lui ai expliqué, elle semblait étonnée que nous n'ayons pas passé « le cap » selon ses propres termes. Elle me fit une déclaration que je n'aurais jamais voulu entendre sur sa première fois et sur le fait que ce fut avec mon père, pendant leur nuit de noces. Je savais que Shizuru avait gagné des gallons suite à son comportement mais cette conversation m'avait traumatisé à vie. Qui voudrait entendre ce genre de choses avec des détails plus que … hum poussés dirons-nous, sur sa conception ? Je ne pourrais plus jamais regarder mes parents de la même façon maintenant. Bref, revenons avant ces détails si … précis. J'eus des frissons rien qu'à y repenser. Pour autant, ma mère avait soulevé une idée sur laquelle je devais travailler…
Le 4 juin
Je fus étonnée de voir Natsuki avec ma mère dans le salon. J'étais sortie faire des courses et n'avais pas rendez-vous avec elle. Depuis ma révélation gênante s'était écoulée 6 mois. Natsuki était patiente et semblait supporter l'abstinence. Pour autant, notre quotidien avait un peu évolué. Depuis ce jour, elle disparaissait pendant quelques heures ou coupait son téléphone sans me donner la raison. J'avais cru au début qu'elle pouvait avoir une maîtresse mais avait reçu une claque derrière la tête lorsque j'avais émis cette hypothèse à Mai. Nao m'avait simplement dit qu'on ne peut pas dresser à 100% une louve du jour au lendemain mais que « Chiot te restera fidèle jusqu'à sa mort ». J'avais donc retiré cette idée de mon esprit malgré une ignorance de ses activités. Quand j'avais vu ma mère les larmes aux yeux, je m'étais empressée de demander la raison de ce malaise. Les parents de Natsuki avaient-ils fini par la renvoyer ? Oui car c'est bien chez les Kruger que ma mère avait trouvé un emploi. Croyez-moi que la surprise avait été de taille lorsque j'étais rentrée dans ma mère tout en quittant la chambre de Natsuki. Madame Kruger semblait rassurée de savoir que Madame Fujino était en fait madame Viola, pouvant mettre un visage sur la personne responsable de mon éducation. Je fus sortie de mes souvenirs et pensées lorsque je vis Natsuki se lever et se mettre à genoux devant moi. Tout en sortant une petite boîte de sa poche, elle récita un texte qu'elle devait avoir apprise par cœur. Je me souviens être restée sans voix et éclatée en sanglot tout en trouvant refuge dans ses bras.
Le 4 juin
J'ai vu la joie qu'arborait la mère de Shizuru suite à ma demande. Depuis que je l'avais vu chez moi, les relations entre mes parents et elle avaient changé. Ma mère passait plus son temps à lui parler que de lui laisser les tâches pour lesquelles, elle était employée. Mon père, quant à lui, avait proposé de lui offrir un autre poste, plus valorisant. Elle avait refusé sous le regard surpris de mon père. Elle ne souhaitait pas qu'on change son idée sur elle suite à ma relation avec sa fille. Cela lui valut un certain respect de la part de mon père. Ce qui soit dit en passant était une première. Bref, revenons à ma demande. Je voulais faire les choses biens pour une fois. J'avais donc signalé à mes parents mes futures actions. Mon père semblait satisfait que je suive un plan tel qu'il l'aurait tracé. Quant à ma mère, j'ai juste compris à travers ses sanglots qu'elle était heureuse que je me comporte enfin comme un adulte. Lorsque je vis Shizuru devant moi, j'avais décidé d'agir avant de perdre le fil de ma résolution. Je lui avais demandé de m'épouser. Un sourire orna mon visage lorsqu'elle accepta ma requête.
Une jeune femme sourit tout en collant un bout de papier dans un petit cahier. Autour d'elle, jonchaient des coupures de papier, une paire de ciseaux et un tube de colle. Sur ces genoux reposaient trois petits carnets. L'un rouge, l'autre vert et le dernier mauve. Elle sentit deux bras s'enrouler autour d'elle.
- Que fais-tu amour ?
- Je fais revivre notre passé...
La femme tendit le cahier vert et embrassa la main libre qui jouait avec ses cheveux châtains.
- Où as-tu trouvé ça ?
- Dans le grenier. Je ne savais pas que ma Natsuki tenait un journal.
Natsuki pointa du doigt le carnet rouge.
- Je pourrais te dire la même chose.
Shizuru hocha la tête et lui tendit le carnet mauve.
- J'ai fait un collage de nos écrits.
Natsuki s'assied et feuilleta la dernière page de celui-ci.
- Tu t'es arrêtée d'écrire le jour de ma demande ?
- Non, je continue tous les jours d'écrire pour être sûre que je ne rêve pas.
Natsuki portait un sourire séducteur et embrassa sensuellement sa moitié.
- J'espère pouvoir lire ce que tu as pensé de notre première fois.
- Natsuki serrait déçue si elle lisait mes dires …
- Et pourquoi cela ?
Shizuru embrassa à son tour sa compagne et émit sensuellement.
- Eh bien. Tu le voulais depuis longtemps et je pensais qu'il en sortirait quelque chose de plus … hum le mot m'échappe ... L'abstinence et le stress ont dû restreindre tes envies ma 'Suki.
Celle-ci se releva et souleva Shizuru qui rigola légèrement face au geste de sa compagne. Celle-ci se fit allonger délicatement sur le canapé et sentit Natsuki l'embrasser et la caresser sensuellement. Celle-ci murmura entre deux baisers.
- Mes envies sont loin d'être complètement assouvies … Si tu connaissais mes pensées Shizuru, tu comprendrais à quel point je t'aime comme au premier jour.
Shizuru caressa doucement le visage de sa femme et murmura à son tour.
- Natsuki … Si tu entendais les miennes, tu comprendrais que je t'aimerais jusqu'à mon dernier souffle.
Natsuki hocha la tête et rigola légèrement ce qui surprit Shizuru.
- Avant que tu ne comprennes que je t'aime. Je ne cessais de penser « Connais-tu mes pensées ? ». Je ne pouvais pas imaginer qu'un jour tu les connaîtrais aussi bien mon amour.
- La vérité c'est que je les connaissais déjà …
- Vraiment ?
- Ara ara Natsuki devrait lire l'intégralité de mon collage. Ainsi elle comprendrait que depuis le début, nous avions les mêmes pensées l'une envers l'autre …
Natsuki embrassa de nouveau la jeune femme en-dessous elle.
- Je le ferais … Mais avant …
- Hum ?
- Devine à quoi je pense ?
Shizuru ne put retenir un rire lorsqu'elle sentit Natsuki descendre son corps entre ses jambes.
