Heyyy heyy coucou mes chéris ! Je saiiis, ça fait longtemps. Je suis désolée. Tout le monde part en vacances, eh ! Justement, je suis sur le point de partir en vacances (repartir, en fait, bref) et je veux poster. C'est un long chapitre, pour me faire pardonner de mon retard ! Je vous aimmeeee !

Les revieeeewws !

ProudOfDarren : OUI- Non. Non, non, bien sur que non. Les Blacks sont méchants ouep ! Pour la fin heureuse tu verras, mais ça sera pas une fin triste t'inquiète ! Merci beaucoup !

Guest : Merci de ton commentaire ! Merciii pour tout ! J'espère avoir ton avis sur ce chapitre !

Klaine123 : Ahhh, un Klaine sur une île * revasse * mais je suis trop sadique hehe * merde j'ai dit ça ? * brref merci et merci de ta review !

bbklaine : FIOUUU ALORS Ehhh, sois pas méchante avec mon chapitre :ccc En vrai j'avais vraiiment oublié Ryan Murphy quand j'ai appelé Ryan, je sais pas pourquoi xD Aww oui, merci ! Oui, pauvre Kurtie :c Yeppp Naya est intelligente ! ( WOHOHO CA FAIT BEAUCOUP D'INSULTES LA xD ) Awwwww ne meurs pas pour la fic hahaaa ! HAHAHA UN COCHON BLACK xD Parce que je suis sadiiiique ! Aw, merci ! (Sérieusement ? xD) Ouep, malheureusement pour vouus Tu pleures Réellement xD ?! Haha ouep ! (Sexyy la bave) AMEN, merci pour la lonngue review ! La suite est là !

Miss-Mandragore : On est d'accord. J'ai eu à peine 14 sur 40 en maths, juste uh, horrible. Ouip ! Hahahahaaa le cri de rage mon dieu xD Oui, j'aime beaucoup Sophia aussi ! Oui, pour Emily, c'est génial ! Et je me suis dit, je vais mettre un truc léger entre les deux ! Oui, Quinn me fait de la peine :c Et Santana était très émouvante à écrire, j'étais plutôt à fond x') BONNE SUITE ET MERCI DU REVIEW

Born This Way 8 : J'ai déjà répondu à ta review, toi x')

Un petit coucou à ma choupi que j'aime !

Bonne lecture, et n'oubliez pas : UNE REVIEW = UNE HEURE AU SOLEIL, AU BORD DE L'EAU, OFFERTE A TOUS LES LECTEURS DE LB.


Blaine était tétanisé. Son corps ne répondait plus, son cœur battait à toute vitesse. Sa respiration se saccada. Où était-il, que faisait-il, qui était-il, il ne s'en rappelait pas. Tout ce qu'il voyait était l'homme en face de lui, qui s'approchait dangereusement.

Il ne pouvait pas bouger. Ses pieds étaient cloués au sol, tout son être était engourdi. Il ne pouvait pas bouger.

Une main se renferma sur son poignet, et ça lui provoqua comme un électrochoc. Il tira sur son bras pour se libérer et se recula rapidement.

- Je… Je ne bougerais pas, balbutia Blaine. Je ne bougerais pas.

- Effectivement, avec tes bandages, tu n'iras pas loin, susurra moqueusement l'homme.

La respiration de Blaine se bloqua. Il avait raison. Rien qu'au mouvement trop brutal pour dégager son bras, le plus petit sentait la douleur se répandre dans son bras et son épaule. Mais qu'importe, il devait courir, s'échapper. Il aimait Kurt, il adorait Santana, Naya, Marley, Quinn… Il ne voulait pas partir.

- Je ne partirais pas, siffla Blaine. Pas question.

- Arrête un peu tes bêtises, tu veux ? Soupira l'homme, lassé.

Il agit rapidement, et attrapa plus fermement son bras, puis mit sa main sur son épaule, pour ainsi retourner Blaine et bloquer son bras gauche dans son dos. Il l'attira à lui et murmura à son oreille, railleur :

- Bien sûr que tu partiras. De toute façon, je ne vois pas pourquoi tu voudrais rester.

- Des gens m'aiment ici, grimaça Blaine, sentant la douleur de son bras envahir tout le haut de son corps alors qu'il tentait vainement de se dégager.

- Personne ne t'aime. Je ne vois pas comment on pourrait sincèrement aimer un garçon comme toi, comme vous tous dans cette agence. Vous n'êtes qu'une bande de gosses seulement bons à faire de l'argent. Maintenant tu viens avec moi.

Blaine essayait de toutes ses forces de se dégager, mit des coups de pieds à l'homme, mais celui-ci ne bronchait que rarement, peu sensible. Le plus petit cria pour se faire entendre, pour que quelqu'un l'aide, mais la main qui le tenait par l'épaule se plaqua sur sa bouche pour l'empêcher de faire plus de bruit. Il tira de toutes ses forces pour se dégager, mordit la main, donna des coups de pieds à tort et à travers sans résultat. Au bout d'un moment à marcher dans des couloirs peu fréquentés pour ne pas se faire repérer, l'homme monta son bras, et Blaine gémit bruyamment. La peur se répandait dans tout son être à présent. Personne ne l'entendait, il allait provoquer l'échec de la rébellion, il allait quitter Kurt…

- Je reconnaîtrais un gémissement de Blaine n'importe où.

Le brun se tortilla pour regarder derrière et son regard s'éclaira à la vue de Kurt, les yeux brillants de colère. Black se retourna lentement pour faire face au jeune homme, et lança, moqueur :

- Fascinant.

- Vous vous moquez, mais vous êtes dans un bâtiment archi-sécurisé ici, et vous le savez très bien, ricana Kurt. Vous ne pouvez pas prendre la fuite à toute allure comme d'habitude.

Pour toute réponse, l'homme tordit simplement un peu plus le bras de Blaine dans son dos, et sa main étouffa le cri de douleur que le plus petit fit. La rage brûla dans les yeux du châtain, qui se jeta sur Black.

- Vous allez payer pour tous ces connards dans l'A.A ! Prévint Kurt avant de lancer son poing dans le visage de l'homme, qui grogna à la douleur.

Pour toute réponse, Black tira un peu plus sur le bras de Blaine, menaçant de le casser. Le plus jeune cria de douleur et des larmes s'échappèrent de ses yeux. Kurt se sentit trembler, et ne put quitter le visage douloureux du plus petit. Black profita de cette diversion et son pied frappa Kurt qui vacilla.

- Tu te bats peut-être pour lui, mais s'il est ta motivation, il est aussi ta faiblesse, susurra Black avant de traîner un Blaine tremblant plus loin.

Kurt se ressaisit rapidement en les voyant s'éloigner. Il ne pouvait pas laisser faire ça, Blaine ne pouvait pas se défendre contre cet homme, Kurt devait l'aider, le sauver. Il se mit à courir très rapidement et envoya violemment son pied dans le dos de l'homme, le prenant par surprise. Celui-ci vacilla, puis se retourna, furieux.

- Très bien, tu l'auras cherché.

Il jeta Blaine qui atterrit brutalement contre le mur, et lui siffla :

- Si tu t'avises de bouger, je donne l'ordre de faire tuer Jeff. A toi de choisir.

Le plus petit blêmit et lança un regard désespéré à Kurt. S'il bougeait, un de ses frères se faisait tuer par sa faute. Le châtain hocha la tête, ils ne pouvaient pas prendre ce risque. Kurt ne prévint pas et lança son poing dans le visage de Black une deuxième fois, profitant de son absence de protection. L'homme riposta et Kurt souffla, manquant soudain d'air à cause du coup dans son ventre. Il réagit pourtant très rapidement, il n'avait pas le temps de s'occuper de la douleur, Blaine lui serait arraché s'il ne gagnait pas.

- Messieurs, messieurs, arrêtez !

Une infirmière se précipita pour séparer les deux, mais fut presque éjectée à la même place que Blaine. Elle le reconnut et reconnut Kurt également grâce au bandage autour de sa tête. Aussitôt, elle bipa un code noir, indiquant un danger dans l'etablissement, et sortit son téléphone rapidement alors que Kurt et Black continuaient à se battre. L'infirmière donna à son interlocuteur leur position puis entreprit de faire les soins à Blaine qui tenait son bras en grimaçant.

Des hommes arrivèrent et séparèrent rapidement Black de Kurt qui s'essuya l'œil hâtivement, s'étant ouvert l'arcade sous les poings de l'homme, puis fixa de nouveau un regard rageur sur lui.

- Monsieur, vous allez nous suivre sans opposer de résistance, ordonna un grand homme, visiblement chargé de la sécurité dans l'établissement.

Black se débattit sans succès et les hommes l'emmenèrent. Blaine vit son cauchemar s'éloigner puis disparaître de sa vue, et seulement là, ses épaules se relâchèrent. Kurt tomba à genoux à côté de lui en haletant, et l'infirmière se leva pour les ramener dans leur chambre, les deux ayant besoin de soins.

- Les garçons ? Appela-t-elle alors qu'elle défroissait sa blouse, ne voyant pas les deux se lever.

Elle baissa les yeux vers eux. Kurt avait posé sa main contre la joue de Blaine pour l'attirer près de lui, et l'embrassait doucement. Blaine finit par répondre au baiser en arrêtant enfin de trembler et la main de son bras valide attrapa le tee-shirt de Kurt en approfondissant le baiser. Ils le rompirent sans que l'infirmière ait quelque chose à dire. La tête de Blaine s'enfouit dans le cou de Kurt et le plus jeune murmura :

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi, Blaine. Je t'avais dit que je ne le laisserais jamais t'emmener.

Un sourire attendri étira les lèvres de la jeune femme au dessus alors que Kurt caressait le dos du brun. Si seulement elle aussi connaissait un amour comme celui-ci…

- Allez les garçons, vous avez besoin de soins, insista-t-elle doucement en secouant l'épaule de Kurt.

Ils hochèrent la tête et se relevèrent un peu difficilement. Kurt passa un bras autour de la taille de Blaine et ils prirent la direction de leur chambre.


- Chandler ! S'illumina Blaine alors qu'il entrait dans le commissariat.

Le blond lui sourit à son tour et parcourut son corps d'un air inquiet alors que Kurt s'en allait en lui disant qu'il l'attendait dehors.

- Tes blessures vont mieux ? S'enquit Chandler.

- Oui, ne t'inquiète pas.

Il avait toujours mal quand il marchait et ne se sentait pas de courir vraiment, et son bras était toujours douloureux à cause de Black, mais n'était pas cassé. Il devait simplement éviter de trop le bouger. Ses côtes avaient toujours quelques hématomes également, mais il le vivait assez bien.

Chandler hocha la tête et ajouta sur un ton plus bas.

- Pourquoi crois-tu qu'on est là ?

- Je pense qu'ils ont besoin de nos témoignages pour dire si ce qu'il dit est vrai ou non, et ajouter nos versions à l'histoire, fit Blaine.

Le blond acquiesça et ils s'assirent tous les deux sur les sièges pour attendre, continuant de parler :

- C'est bien alors, soupira Chandler. Ca veut dire que l'A.A s'effondre de toutes parts.

Un sourire sadique s'était étendu sur ses lèvres à la dernière phrase, et Blaine ricana légèrement, amusé.

- Oui.

- Je sais que tu as peur pour Emily, Blaine, sourit tristement Chandler en tournant les yeux vers lui.

Le bouclé baissa le regard en hochant la tête, et Chandler passa un bras autour de son épaule affectueusement :

- Je connais Emily, et toi aussi. Elle s'est toujours battue contre eux et maintenant qu'elle sait qu'une révolution est en cours elle ne faiblira pas, bien au contraire. Ta sœur est intelligente et rapide. Elle saura s'en sortir, ne t'inquiète pas.

- Jeff a été pris, avoua Blaine en levant les yeux vers Chandler.

- Q- Quoi ? Balbutia le blond.

- Oui. Jeff a été capturé. Black l'avait utilisé comme élément de chantage quand il a voulu m'emmener, pour que je ne bouge pas, et Nick m'a confirmé ça quand je l'ai appelé. Wes était déjà au courant mais n'avait pas pu prévenir tout le monde…

Chandler enfouit sa tête dans ses mains.

- Oh mon Dieu, c'est horrible. Toi et moi savons ce que Jeff peut subir, et nous ne faisons rien…

- C'est pour la liberté, Chan'… Murmura Blaine.

- Mais à quel prix ?

Cette question resta en suspens, car un jeune homme, visiblement un stagiaire, les repéra et s'avança vers eux :

- Blaine Anderson et Chandler Kiehl ?

- Oui, confirmèrent-ils après un léger instant d'hésitation vis-à-vis de leur nom –leur métier oblige.

- Suivez-moi.

Ils furent emmenés dans une petite pièce, séparée d'une autre par un miroir qui ne permettait pas à ceux de l'autre salle de les voir. Dans cette dernière, il y avait Black et un agent de police.

- Très bien les garçons, je suppose que vous savez pourquoi vous êtes là, lança une femme qu'ils n'avaient pas remarquée. Vous êtes bien des agents de l'A.A ?

Ils hochèrent silencieusement la tête. Les réflexes de « ne jamais en parler » ne s'effaçaient pas d'un seul coup. La femme parut le remarquer et leur sourit gentiment.

- Ne vous inquiétez pas. Nous sommes en train de chercher comment démanteler votre agence, pour vous libérer. Aussi, nous avons besoin de témoignages avant de donner à la presse le loisir de diffuser l'information. Donc, tout d'abord, je voudrais que vous me disiez si ce que cet homme répond est juste, puis ensuite, j'aurais besoin que vous deux répondiez à certaines de nos questions. Entendu ?

- Entendu, acquiesça Blaine après un regard avec Chandler.

Ils se tournèrent vers l'autre pièce, et les questions commencèrent.

- Comment vous appelez-vous ?

- Alexander Kirk.

- Pour qui travaillez-vous ?

- Cela ne vous regarde pas.

Chandler se tourna vers la femme, étonné.

- Mais vous savez qu'il travaille pour l'A.A. Pourquoi vous le lui demandez ?

- Pour mettre au point des bases et pour voir s'il est apte à répondre. Visiblement, il ne l'est pas, grinça la jeune femme.

Le policier qui interrogeait Black ricana simplement et sortit des photos de son dossier. A la surprise de Chandler et Blaine, il y avait des photos d'eux, et même de quelques autres agents. La femme haussa les épaules avec un sourire en coin, du genre « Quoi ? Nous ne sommes pas totalement aveugles, on savait que vous existiez. »

- Connaissez-vous ces enfants ?

- Non.

- On vous a arrêté en train d'essayer d'en enlever un ! S'agaça le policier en se levant, les mains à plat sur la table.

Black se contenta de rigoler doucement, et le policier se rassit calmement.

- Ecoutez, vous ne gagnerez rien à protéger cette agence, car moins vous coopérerez, plus vous prendrez de peines. Ce que vous faites est passible de prison. Si vous nous aidez, on peut alléger votre peine.

- Je vois, fit simplement Black.

- Ils vous menacent ? Ils vous payent énormément ? Interrogea le policier.

- Ni l'un ni l'autre. Seulement, cette agence est insaisissable. On peut faire faire ce qu'on veut à ces gosses et vous n'arrêterez pas un système qui marche depuis longtemps.

- On retrouvera ces enfants, contra calmement le policier.

- Impossible.

- Nous avons déjà deux d'entre eux sous notre protection.

Black se redressa légèrement.

- Deux ? Lesquels ? Vous n'avez que Blaine.

- Ceci est confidentiel, sourit moqueusement l'homme.

Visiblement mal à l'aise, Black finit par se mettre en face du policier.

- Très bien. Posez-moi vos questions.

- Qui vous donne des ordres ?

- Le grand patron.

- Qui est-il ?

- Je ne sais pas. Je ne suis qu'un homme de main.

- Où est-ce que vous ou les enfants se reposent entre deux voyages ?

- Dans des bases partout dans le monde.

La femme se tourna vers Chandler et Blaine, cherchant leur affirmation.

- C'est vrai, confirma Blaine. Nous avons des bases dans énormément d'endroits.

- Les policiers sont partout dans le monde. Dès que nous aurons trouvés les emplacements, nous trouveront forcément des enfants, non ?

- En effet. Mais beaucoup d'entre nous sont éparpillés aux quatre coins du monde, soupira Chandler.

- Vous nous donnerez tous les noms que vous pourrez et nous ferons des recherches. Et une fois que nous aurons accès aux informations, on trouvera les adresses et tout sera rapide.

- Vous devez trouver Miss Tania, alors ! Se souvint Blaine. C'est elle qui nous supervise et qui organise nos voyages. C'est un des principaux rouages du système.

La policière le remercia chaudement et rentra dans le pièce d'à côté pour murmurer quelque chose à son collègue.

- Que savez-vous d'une certaine « Miss Tania » ? Demanda-t-il à Black.

Black ricana et regarda à travers le miroir. Il était incapable de voir Blaine ou même Chandler, mais les deux déglutirent.

- Ils sont là, pas vrai ? Vos deux protégés. Avec Blaine. Méfiez-vous d'eux. Ils ne sont pas aussi mignons et innocents qu'ils en ont l'air. Ils sont tout sauf de pauvres adolescents perdus, ce sont des escrocs professionnels. Ils manipulent, ils jouent avec les sentiments, ils brisent des gens depuis leur enfance. Ils n'ont aucun sentiment, ils n'aiment personne. Vous savez ce qu'on fait de ce genre de gosses quand ils atteignent la majorité ?

Chandler et Blaine retinrent leur respiration, et sentirent la tension s'installer.

- On les tue. Et vous direz à Blaine qu'on fera de même avec Emily et lui s'il dit un seul mot.

Le brun sentit son cœur battre trop fort et sa respiration s'accélérer.

- Qui est Emily ?

Cette question lui parut loin, beaucoup trop loin. La femme et son collègue l'avaient posée en même temps.

« - Heyyyy p'tit !

- Mes salutations.

- Oh, non.

- Ohhh, si.

- Je trouve que ton désespoir à nous retrouver est navrant.

- Pourquoi est-ce que vous revenez ?

- Ton esprit était trop obscurci par la peur pour qu'on arrive à parler quand il y avait Ryan, et l'évocation d'Emily nous a réveillé.

- On a une nouvelle trop cool !

- Quoi, vous avez tous les deux une maladie incurable et vous allez mourir maintenant, là, tout de suite ?

- Crétin.

- Goujat.

- Non, on t'a trouvé des billets pour notre lieu de vacances préféré, avec la frontière entre les pingouins et les koalas ! Tu t'y plairas beaucoup !

- Taisez-vous.

- Non. »

Les voix continuèrent et Blaine sentait sa vision se troubler. Il avait besoin de sortir, il avait besoin de respirer.

- Sors, je viens d'envoyer un message à Kurt, il arrive, fit une voix douce dans son brouillard.

Il hocha faiblement la tête et sortit rapidement, s'adossant au mur en fermant les yeux. Le couloir était vide, le bruit dans sa tête martelait contre ses tempes et il avait l'impression qu'il allait imploser.

Une odeur bien connue l'envahit soudain et il inspira, un peu plus rassuré. Des bras s'entourèrent autour de sa taille et l'attirèrent dans une étreinte apaisante.

- Je suis là, tout va bien. Tout va bien.

Une main passa dans son dos doucement, de long en large, et la respiration de Blaine se calma doucement. Il rouvrit enfin les yeux.

- Kurt, lâcha-t-il, soulagé.

- Oui. J'ai reçu le message de Chandler. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Il… Il a… Black a dit que… J'avais raison quand je t'ai parlé du fait qu'ils se débarrassaient de nous à notre majorité. Ils… Ils nous tuent, Kurt.

Kurt le serra un peu plus contre lui, et Blaine put sentir la rage qui montait dans son petit-ami.

- Et ensuite il a… En quelque sorte deviné que j'étais là et il a menacé… Enfin il a dit qu'ils tueraient Emily et moi si je disais quoi que ce soit.

Le châtain souffla longuement puis attrapa le visage de Blaine entre ses mains, collant son front au sien.

- Ecoute moi, Blaine. Tu ne dois pas le croire. Il est en position de faiblesse, c'est lui qui va aller en prison toute sa vie. Emily et toi vous allez vivre, vous allez enfin pouvoir passer le temps que vous voulez ensemble. Ils n'ont pas ta sœur, ils ne t'ont pas. Ils sont en train de perdre et ils le savent. Ne te laisse pas abattre par des menaces comme ça. Et de toute façon, j'ai dit que je te protégerais toujours, et je te l'ai prouvé i peine plus d'une semaine. Je ne les laisserais pas t'atteindre, et la police se chargera de ta sœur. Ne t'inquiète pas.

Blaine soupira nerveusement et Kurt caressa sa joue de son pouce.

- Bébé, tu m'as aidé de tellement de façons. Je vis mieux, je ne m'écroule plus de fatigue, je mange à ma faim, et en plus de tout, j'aime, alors qu'avant je ne me contentais que de vulgaires plans culs. Et tout ça, c'est depuis que tu es là. Tu as pris mon monde, tu m'as secoué d'une façon que j'ai essayé de repousser mais au final qui a amélioré ma vie. J'arrive même à être calme et doux avec quelqu'un d'autre que Naya, même si je reste un connard avec pas mal de gens. Donc, laisse-moi t'aider, crois moi. Ils ne te feront plus de mal, maintenant. Je te le promets.

- Promis ? Chuchota finalement Blaine.

- Promis.

Le plus jeune sourit enfin et pencha légèrement la tête pour attraper les lèvres de Kurt. Le châtain répondit avec un petit sourire et se pressa contre le corps de Blaine. Celui-ci noua ses bras autour du cou de Kurt et une de ses mains monta dans ses cheveux avant d'appuyer un peu contre sa tête, approfondissant le baiser. Les lèvres de Kurt descendirent dans le cou du plus petit qui soupira de bien-être, et il sentit son petit-ami sourire moqueusement dans son cou.

- Pas dans un commissariat, Blaine… Murmura Kurt avant de lui faire un suçon dans le cou.

Le bouclé gémit de frustration en tirant sur les cheveux du garçon qui finissait sa marque, puis l'autre se dégagea.

- Allez, je vous attends dehors. Tu dois y retourner, pas vrai ?

- Ils… Ils vont nous poser des questions, soupira Blaine.

- Dis-toi que tu contribues à couler cette agence, bébé, murmura Kurt en caressant tendrement sa joue avant de déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Courage.

- Merci.

Kurt l'embrassa moins chastement une dernière fois puis partit finalement.

- Ca va ? S'inquiéta Chandler alors que Blaine rentrait de nouveau dans la pièce.

- Oui, ne t'inquiète pas. Merci d'avoir appelé Kurt, sourit Blaine. Ils en sont où ?

- De rien. Oh, eh bien, Black a livré certaines bases, et a été renvoyé dans sa cellule. Des forces spéciales ont déjà eu les informations. Tout ça devient un truc international, peut-être qu'ils arriveront à tous nous libérer.

- Techniquement Chan', tu es déjà libre, contra Blaine.

Le blond soupira en se tournant vers Blaine.

- Peut-être « libre », mais je n'existe pas officiellement et je suis censé être mort, Blaine. Ce n'est pas une grande liberté.

- Les garçons, pouvez-vous me suivre maintenant ? Demanda la policière.

Ils obéirent et partirent vers une autre pièce, beaucoup moins stressante que celle de Black.

- Très bien, donc je vous informe que cette conversation sera enregistrée. Nous avons besoin de tous les détails possibles, d'accord ?

Les deux hochèrent sagement la tête, la peur au ventre. Toutes leurs barrières du passé se mettaient en place.

- Vous pouvez parler en toute sécurité. Personne ne vous fera de mal pour ça. Je suppose qu'on vous a enseigné de ne jamais parler de cette agence, mais maintenant vous devez le faire.

- Qu'est-ce que vous voulez savoir ? Murmura Chandler.

- Comment avez-vous rejoint cette agence ?

- On nous enlève en très bas âge, dans les hôpitaux ou les orphelinats, marmonna Blaine.

- Êtes-vous payés pour ça ?

Blaine et Chandler éclatèrent de rire, sombrement, puis répondirent :

- Non. Mais les familles payent pour nous adopter et trouve l'agence mystérieusement disparue et injoignable une fois qu'on eut fugué.

Ils continuèrent à répondre à des questions simples, jusqu'à celle qui figea Blaine :

- Qui est Emily ?

- Ma sœur jumelle, avoua Blaine, décidant d'opter pour l'honnêteté.

La policière haussa un sourcil et les deux garçons durent lui expliquer le principe du chantage pour tous les frères et sœurs présents parmi les agents. A la fin, elle hocha la tête, et leur demanda s'ils avaient des règles quelconques. Au regard échangé entre Chandler et Blaine, elle se douta que oui.

- Eh bien oui, nous avons des règles, commença Chandler. La règle 1 est que l'on ne peut jamais tomber amoureux, la règle 2 est que nous ne devons jamais nous attacher, et la règle 3 qui clos l'affaire est que nous ne devons jamais, sous aucun prétexte, parler de l'agence à quelqu'un d'extérieur.

- Et nous avons tous les deux brisés ces règles, marmonna Blaine.

- Ah oui ? S'étonna la femme alors qu'elle notait ce que Chandler avait dit.

- Nous sommes tous les deux en couple, justifia Blaine.

L'interrogatoire continua encore quelques temps, les garçons luttèrent contre leurs automatismes le plus possible, ayant du mal à parler, surtout Blaine.

- Pourquoi les agents ont commencés à refuser de bouger, il y a quelques semaines ? Demanda la policière.

- Nous avons lancé une rébellion, expliqua Blaine. Enfin, les deux plus âgés de l'agence ont fait passer le mot, mais l'idée vient de nous et d'eux, nous nous sommes en quelque sorte alliés.

Ils durent ensuite expliquer le groupe de Santana et ce qu'ils faisaient, puis une autre question arriva, qui fit se figer cette fois Blaine et Chandler.

- Pourriez-vous me parler des punitions ?

Un silence tomba dans la salle, et Blaine baissa la tête, se tendant. Chandler détourna les yeux, lâchant une expiration tremblante.

- … Je suppose que c'est un sujet sensible.

Les garçons hochèrent faiblement la tête, et la femme prit un ton doux.

- Ecoutez, je ne vais pas vous forcer. Mais si vous voulez avoir toutes les chances de couler cette agence, il faut nous faire confiance. Nous sommes capables de vous sauver. La presse saura et indignera les gens. Plus personne ne laissera passer une telle chose, les services secrets trouveront les enfants, vos amis, vos sœurs, frères. Mais pour cela, vous devez nous raconter ce qu'il vous est arrivé. Même les pires choses. Surtout. Pour que les gens prennent conscience de ô combien vous avez souffert. Laissez-nous vous sauver, d'accord ?

Blaine garda la tête obstinément baissée. Il avait été sensible au discours de la femme, bien sûr, mais il n'arrivait même pas à le raconter à Kurt. Il ne pouvait pas parler de ça. Il en était incapable.

- O… Okay, déclara soudainement Chandler. Je vais vous parler de… De ça. Blaine, tu peux sortir si tu veux.

- Je… Chan', tu n'as pas à faire ça… Murmura Blaine de sorte à ce que la femme n'entende pas. Et je vais rester pour toi, c'est dur pour toi aussi…

- Mais moi je suis libre de tout ça depuis un an. Tu es en plein dedans, et tu as l'histoire avec Emily. En plus, tu es l'un de ceux qui est resté le plus longtemps.

- Okay mais… Je reste, murmura Blaine.

Chandler soupira puis commença.

- Très bien. Nos punitions sont… Eh bien… On nous envoie dans des familles inadaptées. Souvent… Souvent violentes, murmura-t-il. Très souvent. Cela s'appelle des MFTP. Mauvaise Famille Traumatisante Personnelle. Chacun à la sienne, l'agence les paye quelques dollars pour arrondir leur fin de mois et en échange ils nous gardent quelques jours ou… Semaines…

- Pourrais-tu me raconter ton expérience avec ça ? Demanda doucement la femme.

Chandler serra sa chaise, tendu, et Blaine voyait bien que, même s'il se faisait comme il avait moins de mal, le blond souffrait de replonger là dedans.

- Hm, eh bien je… Ma MFTP était… Un homme. Juste un homme. Un… C'était un drogué. Quand il était stone il ne savait plus ce qu'il faisait et… Je me suis pris pas mal de… Enfin vous voyez. Quand il ne me frappait pas, il restait allongé quelque part à divaguer. Il se nourrissait peu et je devais me débrouiller. J'y suis resté un peu plus d'une semaine. J'avais été puni parce que… Parce que j'avais raté la phase 2, celle qui consiste à être méchant. Je n'avais pas su être insolent, mon… mon bouclier avait craqué. J'en ai payé le prix.

La femme hocha la tête, et n'insista pas auprès de Blaine, ayant compris que c'était beaucoup trop douloureux pour en parler.

Ils sortirent enfin, et Blaine frissonna, les souvenirs l'envahissant. Le plein air lui fit beaucoup de bien, et il chercha Kurt des yeux. Kurt qui avait dit qu'il l'attendait dehors. Il avait besoin de Kurt.

- Blaine, je ne veux pas te vexer, mais on dirait un drogué en manque.

Le brun se retourna, la tête pleine d'images horribles et l'esprit ailleurs. Kurt le remarqua rapidement et fronça les sourcils.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé là-bas, Blaine ?

Le garçon resta obstinément silencieux, les yeux baissés et les bras entourant son torse dans un geste de protection inconscient.

- Kurt ? Viens, murmura Chandler avec un signe de tête.

Le plus grand le suivit puis haussa un sourcil, en attente d'une réponse, mais Chandler savait bien qu'il s'inquiétait mais ne le montrait pas.

- Elle nous a demandé de raconter la MFTP. Blaine n'a pas pu répondre et il n'a pas prononcé un mot depuis que l'on est sortis.

- Oh… Je ne sais rien à propos de ça, murmura Kurt.

- La seule chose que je peux te dire c'est… Etrangement et j'ai peur de savoir pourquoi, mais Blaine s'est mit à trembler quand on nous a amenés pour la première fois de notre vie à un match de baseball, peu avant que je parte donc nous devions avoir… Un peu plus de quinze ans. C'était réservé aux plus grands parce qu'il y avait trop de tensions et de menaces de rébellion, je crois... Bref, sa respiration s'est accélérée soudainement et il est sorti en courant du stade. Les gens de l'A.A étaient furieux d'avoir gâché un ticket, mais je n'ai jamais compris pourquoi cette peur. Ca doit sûrement avoir un rapport avec ce qu'il s'est passé dans sa MFTP…

Kurt pâlit, et regarda Chandler en secouant la tête :

- Tu n'as sérieusement pas compris ?

- Q… Quoi ? Heureusement pour moi, je n'ai été frappé que quelques fois, alors je ne…

- Chandler. Blaine s'est mit à trembler à la vue d'une batte de baseball. Quelle autre utilité peut avoir une batte de baseball, à ton avis ? Une utilité qui aurait un rapport avec vos MFTP, une punition et une peur à première vue inexplicable ?

Chandler entrouvrit la bouche, choqué. Kurt le laissa et alla vers Blaine qui avait toujours les yeux fixés au sol.

- Ne pense plus à ça, murmura Kurt en l'entourant de ses bras.

- J…Je… Balbutia Blaine.

- Je sais. Tu me raconteras quand tu pourras. Allez viens, on rentre, chuchota-t-il avant de l'embrasser.

Blaine prit sa main et Kurt noua ses doigts à ceux du brun. Il y avait encore tellement de choses qu'il ignorait de lui.


- Mais au fait, le site de l'A.A qu'on avait vu tout au début, pourquoi la police ne s'en sert-elle pas ? S'interrogea soudainement Quinn, dans leur grenier.

- Ils l'ont supprimé, je suppose, quand ça a commencé à chauffer pour eux, fit Santana. Ils ne sont pas suicidaires.

Quinn poussa un soupir de déception, mais son attention fut réattirée par Santana qui l'appela hâtivement, l'encourageant à lire ce qu'elle avait trouvé.

« Je m'appelle Wes. Juste Wes, je n'ai pas de nom de famille. Je suis l'un des plus vieux agents de l'A.A et un des principaux lanceurs de la rébellion. Dès mes huit ans, on m'a obligé à manipuler des gens, à ne jamais avoir le droit d'aimer. Je n'ai pas eu le droit à une famille ni à un environnement sécurisant. Je n'ai jamais eu d'éducation, j'ai des séquelles plutôt importantes, et je refusais que des enfants subissent les mêmes choses que nous, alors j'ai voulu agir. »

- C'est Wes ! On lui a demandé son témoignage, le monde s'intéresse de plus en plus à eux !

- Il y a de plus en plus de sites qui parlent de l'A.A, regarde !

Un article sur un blog d'actualité parlait en effet de l'agence.

« A.A ? Anti-adoption. Voici ce que veut dire cette abréviation que vous allez entendre de plus en plus, la polémique de demain, le sujet brûlant à ne pas manquer. Un rapide résumé ? Des enfants, enlevés à la naissance ou dans des orphelinats, très jeunes, auxquels on interdit d'aimer et on impose de manipuler des familles adoptantes avant de fuguer en ayant été atroce pour que la famille ne veuille plus jamais adopter. « On nous a toujours dit que l'adoption était contre nature, et que nous devions leur faire comprendre », déclarera un des enfants qui en a réchappé. Trafic d'enfants, maltraitance, escroquerie, la police et les services secrets se mobilisent pour libérer ces malheureux « agents » qui n'ont pas le droit à une famille. Quant à nous, citoyens du monde, notre rôle est simple : faire passer l'information pour empêcher cette agence de continuer à faire du mal. »

- Cet article décrit super bien la situation ! S'exclama Quinn.

Santana ne répondit pas, et se leva simplement pour descendre, prenant l'ordinateur portable avec elle.

- Eh, où tu vas ? Demanda Quinn en la suivant.

- Imprimer cet article en plein d'exemplaires, et toi tu appelles le groupe. On va aller les afficher partout.

Un sourire naquit sur les lèvres de Quinn, qui acquiesça avant de sortir son téléphone.


« Aujourd'hui, une affaire qui fait scandale : une agence qui oblige des enfants et adolescents à briser des familles pour éradiquer l'adoption et gagner de l'argent grâce aux donations des adoptants. Les enfants auraient une vie épuisante et, d'après les psychologues étudiant les quelques cas disponibles, garderaient des séquelles monumentales, ce qui a poussé les plus grands d'entre eux à se révolter, faisant parler d'eux. »

- Tu vois, c'est de ça dont je te parlais ! De pauvres gosses obligés à détruire eux-mêmes leur enfance ! La police est en train de les rechercher dans le monde pour les sauver, et ils diffusent au maximum l'information.

- Dieu du ciel, pauvres enfants… Murmura la femme devant l'écran. Ma chérie, ce n'était pas toi qui avait vu un des hommes qui ont fait éclater l'affaire aux grands jours, avec les tentatives d'enlèvements ?

Une jeune fille rousse était bloquée devant la télévision, la fourchette suspendue en l'air, les yeux écarquillés.

- Eh, Sarah ! Ne peux-tu donc pas répondre ?

- Oh putain.

- Sarah, ton langage ! La réprimanda sa mère.

- Maman, tu vois qui est Emily ?! Mon amie, la nouvelle, brune aux cheveux bouclés, avec qui je suis allée faire du shopping quand j'ai vu cet homme ?

Un silence accueillit sa question, et l'adolescente continua :

- Elle a été adoptée, et elle est transférée depuis peu. Elle parle espagnol mieux que la prof, et elle savait déjà comment était habillé l'homme qui était derrière nous. Maman, Papa, ce mec était là pour elle. Emily est l'une des leurs !

- Dieu du ci-

- Pitié chérie cesse de dire ça, soupira son mari.

- Putain, lâcha Sarah, choquée.

- Sa… Commença sa mère.

- Non, là elle peut le dire, fit son père. T'imagines-tu un seul instant comme cette pauvre fille a dû souffrir ? Cette gamine a le même âge que notre Sarah, et elle est en pleine révolution, n'a pas de famille et n'a jamais connu autre chose. J'espère sincèrement qu'elle s'en sortira, et les autres enfants également.


« 'A.A', explications, précisions et témoignages. Cette agence dont tout le monde parle : vous pensez tout savoir, mais il n'y a dans le JT que la partie visible de l'iceberg. Maltraitances, règles, chantage, enlèvements, apprenez tout de ce système malsain. »

L'émission débuta, et la chaîne qui la passait atteint des chiffres d'audience astronomiques, ce soir-là.


« - Et donc je disais, la dernière que j'ai vu un lapin blanc, c'était celui d'Alice au pays des merveilles.

- Oh, ce lapin est une connaissance proche. Il comprend ma répulsion devant ces animaux si peu civilisés qui s'abaissent à se promener nus et à faire leurs besoins à tout va.

- Les nudistes ?

- Non, les animaux ordinaires.

- C'est bien ce que je dis. Donc je parlais du lapin. On a discuté, mais peu de temps. Dieeuuu, il est tellement pressé !

- Il est connu pour cela, à vrai dire, Pétronille.

- Nous ne sommes pas toujours obligés de correspondre à la vision que les autres ont de nous.

- C'est une belle phrase.

- Oh merde !

- Je me disais, aussi. Tu sais que j'ai croisé l'empereur des chimpanzés ?

- Louis ?

- Non, lui est le Roi des singes. Tu faiblis dans la connaissance des personnalités, Pétronille !

- Oui, je sais…

- Donc je…

- Il est 4 heures du matin. 4. Heures.

- Les petites voix n'ont pas besoin de sommeil.

- C'est ce qui nous rend si forts comparés à vous pauvres humains.

- Juste… Laissez-moi dormir… »

Blaine gémit de désespoir dans son lit. Kurt dormait profondément à côté, il ne se réveillerait pas facilement en pleine nuit. Les voix continuèrent, et Blaine se leva sans bruit, enfilant un tee-shirt avec son boxer. Il sortit sur le balcon, appréciant la brise fraîche de la nuit. Peut-être que courir lui viderait l'esprit ?

Il rentra, enfila un jogging et ses baskets, et sortit silencieusement.

- Blaine merde tu étais où ?! S'écria Kurt alors que le brun rentrait dans la chambre, à sept heures.

- Allé courir, fit faiblement le garçon, épuisé.

- En pleine nuit ?!

- Oui.

- Tu te fous de moi ?! S'exclama Kurt. Non mais je n'y crois pas !

Blaine leva enfin le regard sur Kurt, et cligna difficilement les yeux. Il se passa la main sur le visage, éreinté.

- J'ai… J'ai cru qu'ils t'avaient retrouvés, qu'ils t'avaient enlevé et que je n'avais rien pu faire, murmura Kurt. Ça fait trente minutes que je suis en panique totale.

- Je suis désolé, chuchota Blaine. Je suis vraiment désolé. Les… Les voix. Je devais me vider la tête.

Kurt hocha la tête, comprenant, et se leva, faisant avancer Blaine pour qu'il ressorte.

- Kuurt, je veux dormir, gémit Blaine.

- Tu dois prendre une douche, ordonna Kurt.

- Tu viens avec moi ?

- Si tu es sage, murmura Kurt. Donc obéis.

Docilement, Blaine alla jusqu'à la salle de bain, se déshabilla, et sans laisser le temps à Kurt de dire quoi que ce soit, retira également ses vêtements au châtain avant de le tirer avec lui dans la douche. Pourtant il tombait de fatigue, et le plus grand le savait pertinemment. Il se contenta donc le laver doucement, laissant Blaine fermer les yeux, soupirant de bien-être, puis le rinça rapidement, le sécha et donna un jogging à Blaine. Il prit sa main pour la ramener dans la chambre, et Blaine s'effondra dans le lit, Kurt le couvrant.

- Désolé de t'avoir inquiété, murmura Blaine.

- Oublie ça et essaye de dormir.

Le brun sombra et Kurt commença à s'habiller pour aller travailler. Alors qu'il allait sortir, des marmonnements l'arrêtèrent. Il s'adossa à la porte, observant.

Blaine gesticula, secoua la tête, souffla lourdement puis se redressa soudainement, des cernes sous les yeux et l'air à bout. Il gémit quelque chose qui ressemblait à peu près à « Fermez-la » et enfouit sa tête dans ses mains.

- Combien fois par nuit ? Demanda simplement Kurt.

- Assez pour me faire lever à quatre heures du matin pour aller courir, marmonna Blaine. Je ne pourrais pas me rendormir maintenant.

Il se leva en gémissant, et s'étira douloureusement :

- Le manque de sommeil fout tout mon organisme en l'air, j'ai mal partout…

- Je connais ça, soupira Kurt.

- Tu vas être en retard au boulot, murmura tristement Blaine, l'air d'avoir peur de se retrouver seul avec ses voix.

- … J'ai été impeccablement à l'heure depuis le début, même en avance. Sebastian était en train d'à moitié coucher avec Chandler le matin de mon premier jour, alors je peux bien faire un retard.

Il retira sa veste et ses chaussures, puis poussa Blaine sur le lit pour le prendre dans ses bras. Le plus jeune s'y réfugia sans protester et se serra contre lui.

- J'en ai assez… Murmura Blaine.

- Je sais… Ce sera bientôt fini…

- Embrasse-moi, demanda Blaine.

- Tu es épuisé…

- Je ne te demande pas du sexe. Embrasse-moi, exigea Blaine plus fermement.

Kurt ne se fit pas prier, et leva le menton de Blaine pour poser ses lèvres contre les siennes. Blaine prit ses joues entre ses mains et se plongea avec ferveur dans le baiser, comme pour oublier. C'était sûrement une des raisons.


Deuxième fois. C'était la deuxième qu'il se levait en pleine nuit pour sortir, oppressé par le bruit dans sa tête, amplifié par le silence autour de lui. Au moins, quand il courait, il entendait ses pas dans le silence paisible de la nuit, sa respiration, les battements de son cœur, il pouvait se concentrer sur autre chose. Il aimait beaucoup courir.

Son corps n'aimait pas autant que lui, visiblement, car il sentit sa tête tourner alors qu'il revenait, à six heures. Il tomba dans la chambre, commençant à respirer trop rapidement, se recroquevillant et enfouissant sa tête dans ses mains pour calmer la douleur dans ses membres.

- Tout va bien. Calme-toi, ça va… Fit une voix douce.

On le souleva pour le porter jusqu'à son lit, puis Kurt (son odeur et sa voix avaient confirmés sa supposition) l'entoura de ses bras en caressant ses cheveux, lui murmurant des choses apaisantes.

Il ne pourrait décemment pas passer toutes ses nuits ainsi.


- Je dois la voir, murmura Blaine. Je dois la voir, je ne peux plus lutter. J'abandonne.

Marley se redressa, affolée. Ils étaient deux dans le grenier de Santana, Marley faisait passer des infos sur l'A.A avec les réseaux sociaux.

- Quoi ?!

- Je vais devenir- non, je suis. Je suis fou, je dois voir ma sœur, merde, je dois la voir ! Cria Blaine en se levant. Je m'en fous de leur stupide rébellion, de leur stupide révolution, de leur stupide force, force que je n'ai pas ! Je veux voir ma sœur jumelle !

- Blaine, Blaine, écoute-moi ! Tu es fort aussi, tu dois lutter !

- J'en ai assez de lutter Marley ! Je ne dors plus, je suis épuisé, je suis irritable, je suis horrible, je me demande comment Kurt arrive à me supporter et comment vous arrivez à me supporter, je dois juste partir, je retrouverais Emily, ils n'ont qu'à me capturer si ça me permet de la voir, je vais les appeler, ils peuvent me faire ce qu'ils veulent, je suis habitué après tout je…

- Blaine, as-tu pensé à Emily ? Emily qui doit user autant de force que toi pour tenir ? Et tu veux faire tout effondrer pour quoi, pour quelques instants avec elle ? Mais nous sommes en train de gagner, Blaine ! Nous gagnons ! Et quand l'A.A sera coulée, tu pourras voir ta sœur autant que tu veux ! Les voix disparaîtront !

Le brun lâcha une expiration tremblante et se rassit faiblement.

- Promis ?

- Promis. Allez, aide-moi à diffuser les informations. Plus on ira vite plus vite tu retrouveras ta sœur, okay ?

Blaine s'empara du deuxième ordinateur.


Un hurlement déchira le silence, et Nick retint un sanglot, accroché à son téléphone.

- Arrêtez, je vous en prie… Je vous en supplie…

- Alors Nick, je croyais que tu aimais Jeff ? Tu ne l'aimes visiblement pas assez, puisque tu le laisses souffrir pour que tu sois libéré, se moqua une voix.

Un nouveau cri de souffrance résonna derrière, et Nick frissonna, se sentant terriblement impuissant.

- Je ferais tout ce que vous voulez, arrêtez… Supplia Nick.

- Dis à tes camarades de cesser et de recommencer à travailler. On se fera oublier quelques temps puis tout ira bien de nouveau.

- Non. Je ne peux pas. Nous sommes malheureux comme ça.

- On n'est pas toujours heureux dans la vie ! Vous serez heureux quand vous serez morts ! S'agaça l'homme.

- Vous ne nous ferez pas changer d'avis.

- Tant pis.

Plusieurs cris à la suite se firent entendre, puis un « Pitié ! » qui déchira le cœur de Nick.

- Ton petit-ami ne t'aime pas assez pour te libérer, dommage hm ? Railla l'homme. Je m'obstine à dire que vous serez heureux morts. La vie ne peut être modifiée, les enfants comme vous ont des rôles.

Jeff lança, assez fort pour que Nick l'entende à travers le téléphone, malgré sa voix brisée :

- Je préfère mourir pour mes idées que vivre emprisonné dans une cage !

- Oh, ça peut se faire sans problèmes.

Nick entendit un bruit de lame, et supplia l'homme au téléphone, terrifié, les larmes dévalant ses joues. Un hurlement retentit soudain, puis une toux et un bruit sourd, comme si Jeff s'était effondré à terre.

- Il sera plus heureux, maintenant.