Heyy heyy coucou ! Oui je poste avec un jour de retard mais eh, j'ai fait une nuit blanche pour finir ce chapitre et le suivant, donc je me suis endormie pitoyablement avant d'avoir le temps de poster. Oui, je sais. Je sors.

Il ne reste plus qu'un seul chapitre après celui-ci, et Lost Boys sera terminé ensuite.

J'ai des idées en tête, et si vous avez des idées à me proposer, ou des prompts, n'hésitez pas ! Et pour lire les autres projets, mon compte n'attend plus que vos abonnements, comme ça je retrouverais les fidèles sur les écrits suivants !

Les reviews !

Klaineuse : Ouiiii, j'ai adoré écrire ce moment ! Aww, merci, mais il y en aura d'autres, alors n'hésite pas ) Hahaha, oui ! Merci, bye !

bbklaine : MERCI BEAUCOUP ! Aww merci ! Tu n'as pas mis de review, mais merci ! Hehehe merci ! Merci pour toutes les choses gentilles :D Awwww, merci pour le commentaire, je t'attends pour ce chapitre !

Miss-Mandragore : J'ai eu Mention Très Bien aussi, yay ! Aw merci ! J'ai des projets en tête, donc j'espère que ça te plaira ! Merci, j'adore Niff alors pas question de tuer Jeffou ! Merci, j'ai bien aimé écrire ce passage ! Haha, tu ne connais pas le Chanbastian ? Je ne sais plus comment j'ai découvert ça, mais cherche des fanart sur Internet et tu comprendras pourquoi je les aime tant, ils sont adorables ! Merci ! Hahaha ouiii ! Hehe, Kurt est beau et sexy, j'ai essayé de faire leur rencontre légèrement drôle pour ne pas partir dans le mélo-dramatique. Aw, merci ! Tu verras pour Em. BYYYYE

ProudOfDarren : Awwww, trop chou, merci ! Hehe, ouais, Seb n'est pas toujours un connard ! Aw merci pour tout, et je ferais sûrement des O.S sur cet univers de temps en temps, je me suis beaucoup attachée à ça. Et pour continuer à me lire, il y aura probablement d'autres fictions Klaine, alors n'hésite pas à t'abonner à ma chaîne pour être avertie ! :3 Merci pour la review et j'attends celle du chapitre.


- CHANDLER ?!

- Wes, Blaine, vous aviez dit que vous les préviendriez ! S'offusqua Chandler avant de rire alors que les plus petits lui sautaient dessus.

- On a oublié, firent de concert Wes et Blaine.

- Pour les questions qui arrivent, non je ne suis pas mort, c'était un plan de Wes, oui je vais bien, oui vous m'avez tous énormément manqué. Ahhh non les enfants, lâchez mes jambes, je vais tombe- Aie.

Tout le monde assaillit Chandler de questions malgré les réponses qu'il avait fourni au début, pas mal de personnes l'étreignirent, et il resta avec eux, se mêlant au groupe.

Ils s'étaient rassemblés dans le gymnase où on les avait tous emmenés, enfants comme adolescents. Blaine tenait Emily près de lui, les deux refusant de s'éloigner de trop pour l'instant. Jeff avait quelques marques, et un bandage sous le tee-shirt, mais tout le monde l'avait accueilli en héros et son sourire fier amusait Nick, qui le serrait contre lui, le blond entre ses jambes. Wes et David veillaient en quelque sorte sur les autres, et les petits jouaient en s'interpellant à grands cris. Les enfants de douze, treize ou quatorze ans qui étaient entre les deux choisissaient entre être calmes ou jouer.

Bientôt, ils n'eurent plus le choix, car on leur demanda de tous s'asseoir. Des infirmières arrivèrent dans la salle, et coupèrent une mèche de cheveux pour l'ADN à chacun des agents.

Les plus jeunes, ceux qui n'avaient pas encore commencé à travailler ou ceux qui commençaient à peine, semblaient pleins d'espoir et surexcités. Les adolescents étaient plus réservés, ils savaient très bien qu'après quatorze, quinze, seize ans sans un enfant, on faisait son deuil. Pourtant, ils espéraient quand même, car c'était leur souhait à tous : avoir une famille.

Alors que les infirmières faisaient le tour, Blaine s'aperçut de la tristesse dans les yeux de Chandler. Tirant Emily avec lui, il s'approcha du blond.

- Chan', qu'est-ce qu'il y a… ? Demanda Blaine.

- Ça va, sourit Chandler.

- Si tu continues à maltraiter tes sentiments, rien n'ira mieux et tu le sais, fit doucement Emily. Pas de mensonges entre nous.

- Je suis orphelin, avoua le garçon. La prise d'ADN sur moi ne sert strictement à rien.

Blaine et Emily prirent un air désolé, et Chandler les stoppa.

- Ça va, okay ? C'est juste… C'est dur de voir tout le monde espérer alors que je n'ai même pas un seul espoir.

- Tu ne sais jamais, peut-être que…

- Non, coupa Chandler. On n'envoie pas un enfant dans un orphelinat quand il lui reste une famille.

Emily se contenta de le prendre dans ses bras, puis ils changèrent de sujet pour divertir Chandler.


- Quinn ? Je peux te parler ?

- Bien sûr, s'étonna la jeune fille alors qu'ils étaient de nouveau au lycée, dans les gradins.

C'était le premier jour à l'école depuis les vacances de printemps. Blaine n'y était pas, pour une raison évidente, et lui envoyait des messages, autant qu'il pouvait. Des sextos qui s'étaient finalement transformés en conversation assez importante, Blaine encourageant Kurt à se confier à Quinn à propos de Ryan.

- Non mais… Ça risque d'entraîner un séchage de cours.

- En quoi c'est quelque chose de mal ? Railla Quinn en s'asseyant face à Kurt. Vas-y.

- Je… Je suppose que tu te poses des questions, marmonna Kurt en fixant ses mains.

- Pas mal, oui, avoua Quinn.

- Pose les, j'essayerais d'y répondre au mieux.

Quinn le regarda, les yeux un peu écarquillés, parce qu'enfin, Kurt était totalement honnête avec elle. Jamais il n'avait prononcé ces phrases.

- Eh bien… Tout d'abord… Ton père, il… Il vous battait, Naya et toi ?

Kurt inspira, expira, puis secoua négativement la tête.

- Pas Naya. Juste moi. Naya s'est juste pris un coup quand elle a cherché à me défendre.

- Et… Comment ? Je veux dire…

- Tu veux dire, avec quoi ? L'aida Kurt. Avec les poings et les pieds, et parfois…

Il ferma les yeux, puis termina d'une voix tremblante :

- Parfois s… sa ceinture.

Quinn secoua la tête, comme si tout ça était trop pour elle, qu'elle ne pouvait pas imaginer son meilleur ami souffrir à ce point, et c'était probablement le cas.

- Combien de temps ? Murmura-t-elle.

- Un an, répondit machinalement Kurt. Le soir de mon coming-out. J'avais quinze ans.

- M… Mais il était homophobe ?

- Ouais. Un ivrogne, surtout, marmonna Kurt en détournant les yeux.

La jeune fille passa une main douce sur la joue de Kurt, et il tourna la tête vers elle, toujours aussi mal à l'aise.

- Je peux continuer les questions ? Tenta Quinn.

- Ouais, murmura Kurt.

- Comment les journées habituelles se passaient, quand tu étais encore chez lui ?

- Eh bien je… Je me levais le plus tôt possible, j'essayais de trouver quelque chose à manger pour Naya et moi, même s'il n'y avait jamais grand-chose. Je me préparais, m'occupais un peu des blessures que j'avais si besoin était, puis je réveillais Naya, elle se préparait et on partait le plus silencieusement possible, pour ne pas le réveiller.

« Le matin se résumait à des cours qui ne m'intéressaient pas ou peu et à éviter Karofsky qui était là en dernière année. Le midi, on payait si on pouvait le repas, autrement on… On volait ce qu'on pouvait. Tu comprends c'était… C'était notre seul repas…

Bref, la plupart du temps je me faisais pousser par Karofsky quelque fois, j'allais en cours où je dormais un peu, puis je raccompagnais Naya. Généralement, Ryan était sorti dans les bars quand on rentrait, alors on faisait nos devoirs, on avait un peu de temps libre, j'essayais de trouver de quoi manger et quand j'y parvenais on dînait. Vers 23 heures j'envoyais Naya se cacher d… Dans le placard de ma chambre, et j'attendais, parce que j'avais déjà tenté de dormir pour ne pas qu'il… Enfin tu vois, et il m'avait simplement tiré du lit pour… Pour me... Enfin je n'avais pas pu me défendre car j'étais encore embrouillé par le sommeil, et jamais je n'ai recommencé.

Il rentrait généralement vers minuit et… Et il… Ne m'oblige pas à le dire. »

Quinn le rassura avec un sourire doux.

- Je ne vais pas t'obliger. Et ensuite ? Après ça ?

- Après, il s'endormait et Naya me soignait. Je l'ai fait souvent seul aussi, parce que je faisais en sorte qu'elle aille beaucoup chez Marley, même si elle n'aimait pas me laisser seul. Je dormais un peu, et le schéma recommençait.

- Il… Il… Tous les soirs ? Balbutia Quinn.

- Oui. Quasiment, murmura Kurt.

- Quel connard, siffla Quinn.

Kurt hocha la tête faiblement, et Quinn le prit dans ses bras doucement, allant lentement pour lui laisser le temps de se dégager. Le plus grand ne le fit pas.


- Marley, tu te rappelles de ce moment, où on s'était disputées, que j'avais dit que je te confierais des choses sur mon père quand je serais prête et que Blaine avait dû aller manger avec Quinn et mon frère et que ça avait juste entraîné une énième partie de jambes en l'air entre ces deux là ?

La jeune fille rigola doucement en hochant la tête, se rappelant, mais s'arrêta de rire au visage sérieux de Naya.

- Je suis prête, maintenant.

- Oh. Oh, je vois, balbutia Marley. Euh, oui, okay, attends.

Naya ouvrit la bouche mais fut coupée par l'étreinte de sa meilleure amie.

- Pour briser la tension, justifia Marley.

Les deux s'assirent à terre, dans la chambre de Marley. Les cours étaient finis et elles étaient seules à la maison.

- Okay, je… J'ai perdu ma mère très jeune, tu sais ça. Ensuite… Ensuite mon père n'a pas supporté de nous voir, Kurt et moi, parce qu'on lui ressemblait trop sûrement, et il a abandonné très rapidement. Il nous a laissé nous débrouiller seuls. Il buvait et ne revenait que tard le soir. On s'en sortait, puis… Puis il y a eu cette soirée. Kurt s'est fait frapper pour la première fois, parce qu'il en avait assez et qu'il avait fait son coming-out. Après ce soir là… P… Presque chaque soir, je me cachais dans le placard, le grand placard de la chambre de Kurt, parce que Ryan faisait presque toujours le tour des chambres pour se donner bonne conscience et par mécanisme, et Kurt refusait catégoriquement qu'il me voie, parce qu'il avait peur pour moi. Ensuite… Ensuite il… Il frappait Kurt. C'est devenu de plus en plus violent. C… C'était atroce Marley je… Je l'entendais… Je l'entendais, chaque nuit, je l'écoutais hurler alors que je me cachais. Je me sentais tellement impuissante, il disait tout le temps que j'étais trop petite pour faire quoi que ce soit… Mais… Ses hurlements, ses supplications, ils… Ils me hantent encore. J'aurais voulu ne jamais entendre ça, et je l'ai entendu pendant presque un an, presque chaque soir. Ensuite il venait dans la chambre, tremblant et souvent couvert de bleus qui se formaient, de sang… Et moi je… Je le soignais…

Naya commença à pleurer vraiment, et Marley l'attira dans ses bras en lui chuchotant des paroles apaisantes. La plus jeune continua un peu difficilement :

- Je le soignais comme je pouvais, parce qu'il tremblait trop pour le faire lui-même. Il l'a appris un peu plus tard, je ne sais pas comment, mais il a réussi à trouver les gestes pour se soigner seul. Mais pas… Pas les soirs avec la… La… Oh mon dieu, gémit-elle en éclatant en sanglots, Marley, j'entends tout, j'entends ses cris, je…

- Tu n'es pas obligée de tout dire, la rassura Marley.

- Je te dois ça… On va lui faire un procès pour qu'il soit enfin loin de nous, je dois être capable de passer outre, et tu es ma meilleure amie... Tu... Tu es la seule à qui je puisse me confier vraiment, et je dois y arriver avec toi, sinon je ne pourrais jamais réussir.

Marley hocha la tête, puis serra un peu plus la petite dans ses bras, caressant ses cheveux.

- Courage, murmura-t-elle.

Naya hocha la tête et rouvrit la bouche.

- Il réussissait à se soigner seul, sauf… Sauf les soirs avec la ceinture, frissonna Naya. Je… Atroces, Marley, ces nuits étaient atroces. Son dos était à vif, écorché, Kurt saignait et il tremblait comme jamais. Un soir je n'arrivais pas à l'aider, il continuait de trembler, il avait de la fièvre et il délirait presque, il n'arrêtait pas de gémir et… Et je ne savais pas conduire, l'hôpital était trop loin, je… J'ai cru qu'il… Qu'il allait mourir, Marley…

La brune se remit à sangloter, et l'autre se contenta de la serrer un peu plus fort, en colère. Kurt n'aurait jamais dû autant souffrir, et Naya n'aurait jamais dû être témoin de tout ça.

- Je suis restée à son chevet et j'ai été prendre toutes les choses froides que je pouvais trouver. Il a fini par se calmer au petit matin, et on a été incapables d'aller en cours ce jour-là. Mes mains avaient tellement souvent son sang sur elles que j'ai l'impression qu'il y est encore, parfois, et je vérifie nerveusement.

- Oui, je me demandais d'où venait cette manie… Murmura Marley.

La plus petite marmonna contre le tee-shirt de l'autre, puis un silence se fit. Naya reprit finalement la parole.

- C'était un lendemain de « ceinture ». Les marques étaient encore vives et douloureuses, je le voyais grimacer dès qu'il bougeait trop ou parfois juste mettre sa tête entre ses bras, terrassé par toute la douleur qu'il ne pouvait pas contrôler. Ryan est rentré tard, bourré comme d'habitude, nous n'avions pas mangé, j'avais vu les cernes sous les yeux de Kurt, l'épuisement dans ses traits. Je savais que ça allait finir par le tuer, tu comprends ? Il était en train de se tuer à petit feu. J'avais prit ma décision depuis le début de soirée, et quand Ryan est arrivé, je suis sortie silencieusement, et je me suis interposée alors qu'il levait la main sur Kurt. Je me suis prise un coup, et Kurt a semblé très calme et responsable, malgré la rage dans sa voix, et il m'a dit d'aller prendre mes affaires. On s'est installés dans le lycée ensuite, puis on a eu l'appartement, et voilà.

Marley hocha la tête, comprenant que c'était terminé, puis essuya les larmes de la plus petite.

- Tu as été courageuse.

- Ce n'était qu'un coup, soupira Naya, Kurt a…

- Non. Ce soir là aussi tu as été courageuse, mais tous les autres soirs aussi. Ce n'était pas une vie, Nay'. Et pourtant tu as su rester à l'abri parce que ton frère te l'avait demandé, même si l'être que tu aimes le plus au monde souffrait et que tu ne pouvais rien faire, tu as vu ton image du paternel voler en éclats dans ton enfance, techniquement tu n'avais même plus de parents, tu mangeais à peine à ta faim, tu étais fatiguée, tu t'occupais de Kurt quand il se relâchait enfin, tu l'as soigné alors que tu n'y connaissais rien, tu as eu le courage de faire tout ça et de ne rien laisser paraître, soir après soir. Ton enfance et début d'adolescence ont été atroces. Tu es incroyablement courageuse, d'accord ?

Naya ne répondit pas mais se cala contre Marley qui l'embrassa dans les cheveux.

- Merci de m'avoir raconté ça.

- Merci de m'avoir écouté, répondit doucement la petite.


« - On l'a dressé pour qu'il associe ce son à la souffrance.

- C'est barbare ! »

Si Naya et Emily discutaient de la grandeur d'âme d'Hermione, Blaine se figea à la première phrase. « Associe ce son à la souffrance ».

Son esprit était créatif et se souvenait très bien des choses, des sons. Un bruit de batte de baseball traînant sur le sol le fit se mettre à trembler légèrement, et il prit une longue inspiration. Le bruit arriva de partout, l'envahissant, et Blaine enfouit sa tête entre ses genoux, les ramenant contre sa poitrine dans un instinct de protection. Il associait ce son à la souffrance.

Une odeur le fit se calmer légèrement. L'odeur de Kurt. Le plus grand venait de rentrer du travail et s'était précipité pour le prendre dans ses bras en voyant son état, le serrant contre lui. Emily et Naya, semblant finalement s'apercevoir que Blaine ne réagissait plus avec elles, s'alertèrent et l'odeur d'épices l'envahit à son tour, quand Emily prit sa main.

- Tout va bien, bébé, murmura la voix apaisante de Kurt, vibrant contre son oreille. Il y a Emily, Naya et moi. Tu es en sécurité ici.

Blaine hocha la tête faiblement, et s'appuya contre le torse de Kurt, relevant un peu la tête. Le film tournait toujours à côté. Le bouclé renifla un peu, et s'aperçut qu'Emily avait les larmes aux yeux.

- Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Blaine, où est-ce qu'ils t'ont envoyés ? Murmura-t-elle. Je ne… Mes quelques jours ont l'air d'un paradis à côté de ta MFTP, si ça t'a laissé ça comme séquelles. Je… Je suis tellement d… désolée… Tout est de ma faute…

- Arrête, ordonna Blaine alors que Kurt avait entouré son ventre de ses bras pour le relaxer. J'ai survécu à ça parce qu'il n'y avait qu'une phrase dans ma tête, « Emily est heureuse ». J'ai supposé, à juste titre j'espère, que tu avais rencontré quelqu'un, et que pour te forcer à t'en séparer, l'A.A m'avait envoyé là-bas. J'ai fait la même chose pour Kurt, Em'. Alors maintenant tu vas le rappeler, parce que tu n'es pas encore totalement heureuse.

- J… Je… Bredouilla Emily.

- S'il te plait, ne rends pas ma souffrance inutile, supplia Blaine, et appelle le…

- Il ne va plus vouloir de moi…

- S'il t'aime comme j'aime ton frère, il ne t'en tiendra pas compte. Tu avais de bonnes raisons, coupa Kurt.

Blaine se tourna pour l'embrasser amoureusement, puis Emily soupira.

- O… Okay. Je vais le rappeler.

Elle sortit son téléphone et partit dans la chambre de Naya pour s'isoler. Avec les murs fins, Kurt, Naya et Blaine entendirent tout.


Emily composa le numéro, le cœur battant, et appuya sur l'écran pour l'appeler. Son ventre semblait décidé à remonter dans sa gorge, elle avait du mal à respirer. S'il la repoussait… Elle avait jusqu'ici opté pour la solution du « Je me cache », mais à présent…

- Allô ? Fit une voix qui lui fit fermer les yeux.

- A… Allô, Léo ?

- Emily ?

- O… Oui. Je… Léo, je suis désolée. Terriblement désolée.

- Ça fait une putain d'année, Emily. Une année entière depuis que tu es partie.

- J… Je sais, je… Je suis désolée, Léo…

- « Désolée » ne résoudra pas tout ! Ça fait un an qui je n'ai plus de copine parce que je n'arrive pas à t'oublier !

- Léo, je… Je t'aime toujours.

- Tu… Merde, Emily. Tu ne peux pas partir un an sans nouvelles puis me dire ça. Tu n'as pas le droit.

- Léo, je t'en prie, laisse-moi t'expliquer…

- Non, tu n'as pas le droit de dire ça. J'ai trop souffert à cause de toi, Emily. Tes parents adoptifs ont souffert aussi, ils n'ont pas adoptés d'autres enfants et ils sont malheureux. Les amis que tu avais commencé à te faire ne comprennent toujours pas. Et moi, j'avais confiance en toi.

- Léo, s'il te plait… Je peux tout t'expliquer…

- Rien ne justifie à quel point j'ai souffert, Emily. Je t'aime, mais je ne veux pas souffrir encore. C'est mieux pour nous deux…

- Non, attends ! Supplia-t-elle. Attends, je t'en supplie !

L'autre marqua une légère pause, hésitant, et Blaine choisit ce moment pour ouvrir presque brutalement la porte de la chambre de Naya, prenant le téléphone d'Emily des mains.

- Allô, Léo, c'est ça ? Demanda-t-il.

- Euh… Ouais, c'est qui ? S'étonna l'autre. Son nouveau copain ?!

- Son frère, sombre idiot. Tu ne la laisses pas parler ? Je vais t'expliquer, et laisse moi parler parce que j'ai été séquestré à cause de ton histoire avec ma sœur, okay ?!

Léo balbutia, puis finit par donner son accord.

- C'est pas tellement compliqué. Tu vois, cette agence dont tout le monde parle, l'A.A ?

- Ouais ? … Oh.

- Comme tu dis. Oh. Il y avait des règles, et des punitions. La première règle était de ne pas tomber amoureux. Ma sœur t'aimait et t'aime toujours. Tu fais le rapprochement ?

- Je… Oh, merde…

- Elle vivait son histoire avec toi et pendant ce temps-là on m'a envoyé… Ca importe peu. Le truc est qu'on m'a frappé plus d'une fois et ce pendant assez longtemps. Ensuite, ils m'ont pris en photo avec les marques, et ils l'ont envoyé à Em, pour qu'elle craque. Pourrais-tu aimer une fille qui reste insensible à une menace pareille ?

- N… Non. Je suis désolé.

- Ecoute, se radoucit Blaine, je comprends que tu aies souffert. Un an c'est vraiment, vraiment long, surtout sans nouvelles. Mais maintenant qu'on est en train de s'en sortir, Emily a besoin de toi pour être heureuse, accorde lui ça, elle ne l'a jamais vraiment été. Sur ce, je te la repasse.

Le brun tendit le téléphone à sa sœur qui lui fit un regard profondément reconnaissant, et alla s'asseoir sur le lit, parlant plus doucement. Blaine sortit discrètement.

- Alors ? S'inquiétèrent Naya et Kurt.

- Je crois que ça va, soupira Blaine en fermant la porte. Il allait raccrocher quand je suis intervenu.

- Quel… Marmonna Kurt.

- Bébé, elle l'avait abandonné sans nouvelles ni explications depuis un an, il ne savait pas à propos de l'agence. Comment est-ce que tu aurais réagi à sa place ? Demanda doucement Blaine.

- Je… Ouais. D'accord. Mais heureusement que tu lui as parlé.

- Ouais, je ne pouvais vraiment pas laisser le bonheur lui filer encore entre les doigts, soupira Blaine.

Kurt sourit et l'embrassa, puis Naya alla mettre un autre DVD pour leur changer les idées et laisser Emily parler tranquillement.


« Tout était vague : le matelas gonflable au fond de la pièce, la porte qui laissait parfois entrer un de ses geôliers, sa vision. Son ventre le tiraillait à un point qu'il ne réussissait même plus à bouger, gardant une position fœtale. Ses cheveux étaient un peu trop longs et sales, ses boucles tellement emmêlées qu'il ne se risquait plus à passer ses doigts entre elles, et il avait maigri, réellement maigri. Il le savait car il avait les mêmes vêtements depuis le début et qu'à présent son tee-shirt était bien trop large.

Une porte s'ouvrit, et Blaine commença à respirer plus profondément, s'obligeant à rester calme pour savoir qui est-ce que c'était : Jessica ou Travis. La nourriture moindre ou la douleur. La vulgarité ou la violence.

Le bruit d'un bois de basse qualité raclant le béton froid le fit se figer, et sa respiration s'accéléra.

- Non, gémit-t-il faiblement.

Travis l'ignora et le bruit de raclement s'arrêta. Pour autant Blaine ne fut pas apaisé pour autant : ça voulait simplement dire que la batte était à présent en l'air.

Un éclair de douleur éclata dans ses côtes, et il cria, tentant de se lever pour, instinctivement, échapper aux coups. Sans succès.

Il retomba à terre à force des coups dans le ventre, et se recroquevilla pour donner le moins possible de surface à frapper. Travis le prit violemment par le bras pour le relever :

- T'es chez moi ici, alors si j'ai envie de m'amuser avec toi, je m'amuse.

Blaine gémit de désespoir et cria soudainement à un coup dans son visage. Le passage à tabac dura quelques minutes encore, et le plus petit sentait ses forces partir peu à peu, il criait de moins en moins et la douleur se faisait lointaine. Il avait juste à laisser tomber…

« Emily, Blaine ! Souviens-toi d'Emily ! » Fit une voix lointaine dans sa tête.

Le jeune homme inspira difficilement et s'obligea à réagir, se protégeant avec les bras. Finalement lassé, Travis le lâcha. Blaine retomba faiblement au sol en toussant, et n'eut même pas la force de se traîner jusqu'au matelas gonflable alors que la porte se fermait. Il resta sur le béton froid à trembler et à respirer fortement et trop vite. Il ne devait pas s'endormir, ne pas fermer les yeux, sinon sans soins ici il serait foutu. L'A.A perdrait de l'argent, seul point positif. Mais Emily…

Non. Emily avait besoin de lui. Emily avait besoin de son frère, même si elle était aussi forte que lui, elle avait besoin de son frère, et Blaine ne pouvait pas l'abandonner.

Alors il garda les yeux résolument ouverts, concentré sur autre chose que la douleur qui pulsait dans chaque parcelle de son corps. »


- Blaine, bébé… Blaine, réveille-toi, tout va bien. Tu es en sécurité ici. Je t'aime. Emily est revenue avec toi. Tu ne travailles plus pour l'agence. Tout va bien, d'accord ?

La respiration entrecoupée, saccadée, Blaine se redressa rapidement, puis regarda autour de lui, terrifié. Il finit par tomber sur Kurt qui le regardait avec inquiétude et se réfugia automatiquement dans ses bras. Ses épaules s'agitèrent rapidement de sanglots, et Kurt caressa son dos doucement, soupirant. Après les voix, c'étaient les cauchemars qui troublaient les nuits de Blaine.

- J… Je suis d… désolé de t… t'empêcher de dormir sans a… arrêt, sanglota Blaine. Je… Je suis vraiment désolé…

- Ne dis pas ça, le réprimanda doucement Kurt. C'est important pour moi. Tu es important pour moi.

Blaine ne répondit pas, et les sanglots continuaient d'agiter son corps, sans pouvoir s'arrêter. Kurt l'attira sur ses genoux, mettant ses jambes de chaque côté de sa taille pour le serrer contre lui.

- Je t'aime, murmura Kurt.

- J… Je t'aime aussi…

Kurt comprit qu'il ne pouvait pas vraiment parler maintenant, et se contenta de le serrer contre lui dans une étreinte protectrice, lui murmurant des mots apaisants. Il avait vraiment, vraiment envie de retrouver cette « MFTP » et leur faire payer. Le combat avec Black avait été un petit peu libérateur, mettre son poing dans la figure de ce mec lui avait bien plu, au final.

Son attention se replaça sur Blaine, et il déposa un baiser dans ses cheveux, traçant des cercles dans son dos.

- E… Emily ne doit pas savoir, murmura finalement Blaine.

- Pour la MFTP ?

- Pour le cauchemar, la MFTP, ce qu'il s'est passé, le temps que j'y ai passé… Elle ne doit rien savoir. Kurt, elle va se détester, et je ne veux pas que ça arrive.

La jeune fille dormait dans la chambre de Naya, ayant décidé d'accorder une nuit au couple. Kurt soupira, puis prit les joues dans Blaine entre ses mains pour que le plus jeune le regarde.

- Blaine… Il faut que tu parles de ça. A Santana, à moi, à qui tu veux… Mais tu dois en parler…

Le plus petit renifla puis leva les yeux vers Kurt, avant de se pencher pour déposer ses lèvres contre les siennes. Le châtain répondit lentement au baiser, posant une main sur la joue de Blaine pour caresser sa joue de son pouce. Ils finirent par s'éloigner doucement, et Blaine renifla, un peu plus calme :

- Je veux bien t'en parler un peu… Autant que je le pourrais…

- A présent on a tout le temps qu'il faut, le rassura Kurt en caressant sa joue.

Blaine acquiesça faiblement, puis, toujours un peu tremblant, commença :

- Ils… Ils s'appelaient Travis et Jessica. Comment dire… Le stéréotype américain du citoyen de banlieue qui n'a rien à faire de sa vie, eh bien il y a leur image à côté, tu vois ? Jessica était chargée de la nourriture et j'avais une… Une… Je ne peux pas l'appeler chambre, Kurt, murmura-t-il, se rappelant douloureusement de chaque détail.

- Qu'est-ce que c'était ? Murmura le châtain doucement.

- U… Une cave avec un matelas gonflable dans un coin et.. et un seau, c'est tout… Il faisait noir, et froid… Je… J'y suis resté deux semaines et quelques jours, je… j'avais du mal à faire les comptes. On aurait dit une nuit interminable…

Le brun enfouit sa tête dans ses mains, respirant longuement, se maîtrisant.

- Pleure si tu en as besoin, bébé, chuchota Kurt. Je ne veux plus que tu repousses tes émotions comme tu le faisais, je me rappelle encore de tes sanglots quand tu as cru que je te trouvais horrible, tu ne savais pas quoi faire, tu étais totalement déboussolé. Je veux que tu puisses ressentir des choses sans que ça te panique, d'accord ?

- D… D'accord…

Il releva la tête, puis continua :

- Jessica me jetait les trucs qui traînaient dans les placards. Parfois je n'avais rien à manger dans la journée, parfois je pouvais avoir un truc plus consistant, mais c'était la plupart du temps des choses inutiles, du genre barre de céréales ou petits gâteaux… J'ai… Je flottais dans mes vêtements Kurt, j'avais mal sans arrêt, c'était atroce.. Ils... Kurt, je n'étais pas humain pour eux. Ils... me traitaient comme si je ne pensais pas, ne ressentais pas... Je... Je m'étais tellement habitué à manger peu qu'en sortant enfin je n'ai réussi à reprendre une alimentation normale qu'au bout d'un mois...

Le brun soupira nerveusement et plusieurs fois, essayant de se reprendre, et leva les yeux vers Kurt, comme s'il essayait de se raccrocher à quelque chose de réel, pour ne pas replonger dans les souvenirs.

- Je... Il y avait Travis, aussi. Lui s'ennuyait beaucoup a... alors il... il... me frappait p... pour se divertir.

Blaine serra les dents en fermant les yeux, tremblant. Il les ouvrit de nouveau, et recommença à parler, employant un ton détaché comme si tout ça ne l'affectait pas, mais sa voix tremblait de plus en plus.

- Il venait quelle que soit l'heure. Je pouvais dormir, il n'en avait rien à faire. Puis, il... il me frappait. Mais pas avec ses poings ni quoi que ce soit, avec u... une...

Blaine prit une profonde inspiration, mais sa voix se brisa au mot :

- Batte. A... Avec une batte de baseball.

Sa respiration s'accéléra de plus en plus au fur et à mesure qu'il continuait.

- Il ne p... prenait même pas la peine de la porter a... alors il la laissait traîner s.. sur le sol et.. et je l'entendais. Je savais que j'allais souffrir q... quand j'entendais ce bruit, tu comprends ? Je... Je savais.

Il se mit à trembler, et sa voix se saccada :

- Je n'avais r... rien Kurt, pas un décompte de jours, rien à faire dans la journée, plus de forces, j'avais tellement mal avec la malnutrition et l... les coups que je restais recroquevillé sur le matelas ou à même le sol, et j... je... Je me sentais tellement faible et...

Les larmes commencèrent enfin à s'échapper de ses yeux, et il lâcha, la voix brisée, le regard baissé de honte.

- Je ne me sentais même plus humain, ni digne de vivre... Je me disais que, si on me traitait comme ça, c'était que je l'avais mérité, que j'étais différent des autres enfants, que... que cette nuit interminable ne finirait jamais...

Il releva les yeux, évitant le regard de Kurt, et rouvrit la bouche :

- M... Mais ils sont finalement venus me chercher. L'A.A. Ils ont du me porter, Kurt.

La dernière phrase exprimait un dégoût de lui-même tellement peu dissimulé que Kurt prit la joue de Blaine dans sa main pour le forcer à le regarder.

- Tu venais d'être... Séquestré, battu et sous-nourri pendant des jours, Blaine. Et ces connards t'ont délibérément abandonné la-bas. Ils pouvaient bien de porter, au moins, murmura-t-il.

Blaine ne sourit pas, mais ses yeux libérèrent un peu du dégoût de soi à la vue de l'amour et de la confiance dans les yeux de Kurt.

- Je.. Okay, reprit enfin Blaine. Ils sont venus, on m'a soigné et nourri, et j'ai pu voir Emily. Je crois q... qu'elle a remarqué que quelque chose avait changé en moi, Kurt, qui nous différenciaient enfin légèrement...

Blaine prit la main de Kurt et la posa contre sa poitrine, détournant le regard et murmurant, concluant son récit :

- Quelque chose s'est... s'est brisé, là.

Kurt garda sa main sur le torse de Blaine quelques temps encore, puis son autre main souleva délicatement son menton. Blaine leva un regard fuyant et plein de souvenirs et souffrance sur le châtain, qui lui sourit tendrement.

- Bravo, déclara-t-il simplement. Pour avoir réussi à raconter ça. Blaine, si tu savais à quel point tu es fort... Si tu pouvais seulement te voir comme je te vois... ! Tu as connu des choses que personne ne devrait connaître, tu as surmonté des épreuves atroces, et tu arrives à avoir honte de tout ça...

- Quand est-ce que tu comprendras que ce discours s'applique à toi, surtout ? Chuchota Blaine.

Kurt secoua la tête, et attira Blaine sur ses genoux, pour qu'ils soient plus proches.

- On parle de toi.

- Mais...

- Bébé, clos tes magnifiques lèvres et laisse moi m'exprimer, tu veux ?

Blaine ferma la bouche sagement.

- Tout ce que je retiens de ce que tu viens de me raconter, c'est que tu as connu une période d'intense douleur, où tu aurais pu perdre ton humanité, parce que l'on ne te traitait pas comme un être humain. Tu aurais pu devenir froid, distant, inhumain. Mais au contraire, Blaine, tu représentes... tu es l'être humain parfait. Tu ris, tu aimes, tu te bats, tu es intelligent, fort et beau, tu as des défauts et des problèmes, des problèmes immenses. Blaine, les problèmes de la plupart des gens sont leur devoir de maths, les tiens provoquent une révolution ! Tu... Tu es extraordinaire, et tu ne le réalises même pas. C'est de ce garçon que je suis tombé amoureux. Ces jours dans ta MFTP, je voudrais les effacer. Je voudrais retrouver Travis et Jessica pour leur faire payer. Mais dans l'instant présent tu es là, dans mes bras, et je ne te lâcherais plus, maintenant qu'une chance inouïe t'a amené jusqu'ici, jusqu'à moi. Tout ce qu'il s'est passé là-bas est... Me met atrocement en colère, je déteste ce qu'il t'est arrivé. Mais je suis quand même fier que tu aies réussi à le dire.

Blaine sourit finalement, pour la première fois depuis le début de la conversation. Il poussa un peu Kurt pour s'asseoir sur ses cuisses, et murmura :

- Merci, merci tellement d'être là et de... t'intéresser à mes histoires, tu sais je... Je t'aime. Je t'aime vraiment, vraiment.

- Moi aussi je t'aime vraiment, vraiment, railla un peu Kurt, touché malgré tout.

Blaine ne répondit pas et se pencha sur Kurt pour l'embrasser lentement. Le châtain attrapa ses hanches en les serrant un peu, et le plus petit commença à leur faire faire des mouvements, contre celles de Kurt. Celui-ci gémit faiblement.

- Bébé, tu es épuisé...

- Mais je te veuux, geignit Blaine en accentuant le mouvement de ses hanches, se mettant à mordiller la peau blanche de son amant.

- Il y a nos soeurs à côté... Rigola Kurt, essoufflé, tentant d'étouffer ses petits gémissements aux choses que Blaine lui faisait ressentir.

- Sois silencieux...

Sur ces paroles, Blaine fondit sur les lèvres de Kurt.


- L'accusé Ryan Hummel, levez-vous.

L'homme aux cheveux noirs et aux traits fins s'executa. Ses yeux bleus étaient tellement froids qu'il ne semblait même pas concerné ni même affecté par son propre procès.

- Vous êtes accusé de maltraitance, délaissement et agression. Que répondez-vous à cela ?

L'avocat de Ryan se leva, et rétorqua avec un regard dédaigneux vers Kurt assis légèrement plus loin, avec Naya.

- Votre Honneur, quelle est la parole la plus fiable ? Celle d'un adulte ou celle d'un voyou de dix-sept ans ?

- Objection Votre Honneur ! S'interposa l'avocat de Naya et de Kurt. Juger à l'apparence physique est un abaissement déplorable ! Mon client a du faire la démarche de venir déposer plainte après tout ce qu'il a vécu, il n'a pas besoin de se faire rabaisser par un homme pleins de préjugés !

Le juge hocha la tête, et accepta l'objection de l'avocat. Au premier rang, Blaine et tout le groupe ainsi que Sophia et John prenaient tout un banc, et s'étendaient même derrière. Blaine était nerveux avec Ryan si proche, et sifflais des commentaires légèrement trop fort, sur la méchanceté de l'avocat de Ryan, à quel point Ryan était affreux...

- Pouvez-vous nous raconter la version des faits du point de vue des plaignants, Maître ? Demanda le juge.

L'avocat hocha la tête et commença :

- Une histoire bien triste, Votre Honneur ! La mère de mes clients est morte alors qu'ils n'avaient respectivement que huit et six ans, et à partir de ce moment, l'accusé a quasiment cessé de s'occuper d'eux, les faisant vivre avec la nourriture et le toit qu'il leur fournissait, rien de plus. Des enfants s'élevant tous seuls votre Honneur, mais diable, dans quel monde vivons-nous ?!

Blaine fit un petit sourire, et s'appuya sur Emily à côté de lui.

- Je l'aime bien, lui.

- Et le juge aussi, visiblement, chuchota Emily. C'est vrai qu'il les défend bien. Ton petit-ami sait s'entourer, Blainey.

L'avocat se tourna vers le public, haussant la voix pour accaparer toute l'attention.

- Mais si seulement il n'y avait que ça ! À l'âge de quinze ans, mon client commence à se faire frapper par l'accusé, et ce en présence d'une petite fille qui est impuissante face à ça !

Blaine se tendit. Bien sur, préciser ça était indispensable, mais c'était dur quand même d'entendre parler de ça. Kurt devant était visiblement nerveux et Blaine résistait à l'envie d'aller le prendre dans ses bras.

- Toute cette violence s'est perpétuée pendant une année entière, votre honneur !

- Objection ! se manifesta l'autre avocat.

- OBJECTION REFUSÉE ! Fit d'une grande voix le juge.

Un sourire triomphant s'installa sur toute la rangée des amis de Kurt et Naya, et l'avocat se rassit, marmonnant.

- Dois-je préciser que mes clients ne pouvaient se déplacer jusqu'à des soins, et que c'était ma petite cliente -il s'avança jusqu'à Naya pour la faire se lever- ici présente qui devait soigner son frère sans aucune connaissance en la matière ? Cette adorable petite, forcée à cela, mais dieu je le répète, dans quel monde vivons-nous ?!

Le juge semblait, comme toute l'assemblée, subjugué par l'histoire, et quand l'avocat répéta sa phrase en montrant Naya, des murmures indignés s'élevèrent dans la salle. L'innocence de Naya était d'autant plus renforcée au milieu de tous ces adultes ou jeunes hommes, son regard bleu, ses longs cheveux noirs noués en une tresse lâche et sa silhouette fine et petite. Tout le monde, en quelques secondes, s'était pris d'affection pour Naya.

- Mon histoire n'est malheureusement pas terminée, chers amis, et elle va en empirant. Je vais devoir, et cela me semble indispensable, vous parler de l'acte qui a provoqué la fuite de mes clients. Pour vouloir défendre son frère qui refusait que l'accusé ne la voie, ma petite cliente s'est volontairement prise un coup pour protéger mon client ! Votre Honneur, pouvez-vous seulement concevoir de frapper une enfant qui veut seulement défendre son grand frère ?!

- Objection ! Cria l'autre avocat. Quelles sont vos preuves ?! Des témoignages d'ados en manque d'attention ?!

Ignorant la colère du public, l'avocat de Kurt et de Naya sourit simplement, et croisa les bras avant de déclarer calmement :

- Des cicatrices, que je préfère ne pas montrer pour préserver un peu de dignité à mon jeune client. Je souhaiterais que ce voeu soit respecté, et je ne peux rien faire pour vous si vous n'êtes pas capable de voir qu'une fois encore, la vérité sort de la bouche des enfants.

Des applaudissements retentirent dans la salle, faisant se retourner Kurt et Naya vers leurs amis. Le Juge dut calmer le public, mais il était clairement en accord avec la version de Kurt et Naya.

- Quelque chose à ajouter Maître ? Demanda le Juge.

- Ce sera tout pour l'instant, fit calmement l'avocat en allant se rasseoir.

Blaine se tourna vers Emily et les autres, furieux.

- Et l'agression ?!

- Bouclettes, il va se servir de l'agression comme d'un as dans sa manche ! Ne sois pas idiot ! Le reprimanda Santana.

Emily rigola légèrement et Santana lui fit un clin d'oeil. Quand Blaine avait présenté Emily à ses amis, tous avaient explosés de joie, l'avaient serrée, acclamée, et bien plus tard dans la soirée, Santana et Emily s'exprimaient en espagnol rapidement, en pleine conversation. Depuis, les deux s'entendaient très bien.

- Votre Honneur, je crois bon de rappeler que le principe de la Justice est d'entendre tous les points de vue, pour ne pas inculper un innocent.

- Objection ! Je me refuse à ce qu'on appelle l'accusé "un innocent", même dans un sous-entendu.

La salle ricana légèrement, mais l'avocat de Ryan continua, imperturbable.

- Quoi qu'il en soit, on a oublié de vous révéler un détail important.

Il se tourna vers le Juge, puis vers le public.

- Le plaignant Kurt Hummel est homosexuel, déclara-t-il d'un ton plein de dégoût.

Emily dut retenir Blaine de se jeter sur l'avocat, et le bruit qu'il provoqua attira l'attention de certaines personnes derrière eux.

- Mon client a cru bien faire en tentant de redresser l'éducation du plaignant, qui a attrapé ce... problème sûrement à cause de la mort de sa mère. Mesdames, messieurs, comment reagiriez-vous si vous appreniez que votre fils aîné faisait des choses que je n'oserais pas nommer avec d'autres garçons ?!

Marley dut aider Emily pour retenir Blaine, qui posait un regard brûlant de rage sur l'avocat en tentant de se lever.

- Je n'ai rien à ajouter, termina l'avocat, visiblement content de lui.

- Votre Honneur, lança l'avocat de Kurt et de Naya en se levant, allons nous de nouveau débattre sur la question des homosexuels ici ? Ici, dans une affaire de violence et de maltraitance de mineurs ?! Allons-nous laisser faire cela ?! D'autres débattent cette question pour nous. Ici, dans cette salle, chacun a son avis, mais ce n'est ni l'endroit ni le moment d'en parler. Tenter de distraire les gens du véritable crime qu'a commis l'accusé est un acte bas et vil.

Blaine se calma un peu, visiblement rassuré. Cet homme savait parler aux foules.

Malheureusement, l'autre se leva.

- Votre Honneur, mesdames, messieurs, je crois que vous avez oublié de qui nous parlons. Kurt Hummel. Ce nom que nous connaissons tous alors que ce délinquant n'a que dix-sept ans. Dois-je demander au plaignant comment il s'en est sorti en arrachant sa fille à mon client ?

- Objection ! Cette question est inappropriée et n'a pas lieu d'être.

- Developpez, invita le juge.

- À cause de qui mon client a-t-il du trouver un logement, payer des factures, suivre ses cours et substituer aux besoins de sa soeur ? Auriez-vous préfété, peut-etre, qu'ils meurent de faim et de froid dans la rue ?!

Des acclamations d'encouragement fit sourire légèrement l'avocat. Celui de Ryan soupira.

- Vous avez parlé d'agression, mais encore une fois vous n'en avez pas les preuves.

Santana rigola tellement peu discrètement que des gens se tournèrent vers elle alors qu'elle riait :

- Quel con, hahaha ! Il se jette lui-même dans la gueule du loup !

L'avocat de Kurt et Naya n'eut pas l'air surpris, et éleva simplement la voix.

- Je souhaite appeler un témoin à la barre !

- Accordé, fit le juge.

- Blaine Anderson !

Blaine se leva sans bruit et marcha jusqu'à la barre. Ses doigts effleurèrent ceux de Kurt quand il passa près de lui, dans un mouvement imperceptible, mais qui les réconforta tout de même.

- Alors Blaine, qu'as-tu à dire sur l'agression ?

- J... J'en faisais partie. J'étais une des victimes.

- Peux-tu nous le raconter ?

- Oui. Je rentrais dans l'appartement de Kurt et Naya, et on a vu... On a vu Naya pleurer sur le canapé. Elle avait l'air terrifié. Derrière, il y... il y avait Ryan.

Blaine relata la scène le plus fidèlement possible, et conclus :

- Nous nous sommes finalement retrouvés aux soins intensifs.

- Merci Blaine. Si vous le voulez, je voudrais appeler un autre témoin. John Anderson.

Le juge lui accorda, et John alla à la barre alors que Blaine retournait s'asseoir.

- Monsieur, racontez-nous, quand êtes-vous arrivé ?

- Eh bien, mon fils Blaine se faisait frapper par cet homme -il désigna d'un coup de tête Ryan. La petite Naya nous avait appelés en pleurs, terrifiée, et nous avait attendu en dehors de l'immeuble pour nous guider alors que son frère et un de ses meilleurs amis étaient peut-etre en danger de mort. Elle ne pouvait rien faire de mieux que de nous appeler, et elle a eu un excellent réflexe. Nous sommes donc arrivés, et j'ai vu cet homme frapper mon fils qui était recroquevillé à terre, hurlant de douleur. Kurt était étendu inconscient à côté, et du sang coulait sur le parquet près de sa tête. C'était un spectacle affreux, horrible. Je me suis donc jeté sur cet homme, l'ai assommé, puis nous avons appelés les urgences.

- Je vous remercie. Je n'ai rien d'autre à ajouter, Votre Honneur.

Le conseil délibéra, et quelques temps plus tard le juge se leva, ouvrant la bouche :

- Je condamne l'accusé à sept ans de prison ainsi qu'une interdiction formelle d'approcher Kurt Hummel, Naya Hummel et Blaine Anderson à plus de deux kilomètres. Une pension sera versée aux Hummel pour qu'ils puissent vivre mieux et leur cas sera confié aux services sociaux.

Le marteau s'abattit et Blaine ainsi que tous les autres applaudirent bruyamment. Certains crièrent même, dont Kitty, Quinn ou Blaine.

Kurt et Naya se tournèrent vers eux avec un immense sourire, et Blaine n'avait pas vu ce sourire depuis longtemps. Naya et lui firent le tour, et la brune se jeta dans les bras de Marley qui la félicita chaudement. Kurt prit la main de Blaine et malgré le léger dégoût de certaines personnes, l'embrassa soudainement, avant de coller leurs fronts.

- Je t'aime.

- Je t'aime, et je suis fier de toi, chuchota Blaine.

- Tu me le fais comprendre ce soir ? murmura Kurt pour cacher son émotion.

- Je le ferais bien maintenant, mais je doute que le juge apprécie.

Kurt rigola, puis tous sortirent, décidant d'aller fêter ça. John et Sophia les previnrent de les appeler s'ils avaient bu pour les ramener, puis partirent, ayant félicité grandement Kurt et Naya.


- Comme vous le savez, c'est ma soeur jumelle, Emily, commença Blaine, assis en face de John et Sophia, Emily à ses côtés. Nous étions l'élément de chantage de l'A.A pour l'autre, et je suis désolé de ne pas vous en avoir parlé.

John et Sophia indiquèrent qu'ils comprenaient, et Emily intervint.

- Je suis consciente que tout ça est beaucoup. L'agence, Kurt, les problèmes, l'agression... Vivre avec Blaine n'a probablement pas été de tout repos. Et maintenant, je débarque. Je suis désolée pour tout ça, madame, monsieur, s'excusa-t-elle en soupirant.

- Appelle nous John et Sophia, Emily, sourit John.

- Et cela ne fait rien, reprit Sophia. Après tout, nous avons fait la démarche d'adopter Blaine. Quelques soient les difficultés.

- J'ai rarement rencontré des couples aussi gentils et justes que vous, vous savez, déclara finalement Emily.

Sophia et John eurent un sourire, et la remercièrent.

- Mais... Reprit Blaine, la police a fait des recherches pour notre ADN et... Un couple y correspond, murmura-t-il.

La main d'Emily attrapa celle de Blaine et ils baissèrent les yeux, quasiment en même temps.

- Je... On n'a jamais eu de famille à nous, vous savez, marmonna Blaine. Et je... S'ils veulent de nous... On n'a pas vraiment décidé encore. Tout ce que je sais, c'est que je veux garder contact avec vous, okay ?

Sophia se leva pour l'entourer de ses bras, et, Blaine lâcha la main de sa soeur pour rendre à Sophia, pour la première fois, son étreinte, fort. John vint le serrer à son tour, et Blaine marmonna, un peu gêné.

- Je... Je vous aime beaucoup, et je suis désolé d'avoir été insupportable pendant longtemps.

- On t'aime aussi, Blaine. Et sache que, pour Emily aussi, notre porte sera toujours ouverte.


La jeune fille se pressa un peu plus contre son frère, nerveuse.

- Et s'ils ne voulaient plus de nous ? S'ils étaient en fait horribles ? Et...

- Calme toi, Em, chuchota Blaine. Écoute, ce sont nos parents, mais on ne choisit pas sa famille, d'accord ? Alors on verra, mais dans tous les cas, on est tous les deux. On s'en sortira forcément.

Emily hocha faiblement la tête, et une voix de femme brisa le silence.

- E... Emily ? ...Blaine ?