Prise d'insomnie. Trop envie d'en finir avec ce passage. Je vous ai pondu le chapitre 26 dans une frénésie d'écriture.

Je vous demande d'avance pardon s'il est bourré de fautes d'étourderies. J'espère que ça ne gâchera pas votre plaisir et qu'il sera à la hauteur de vos attentes. (VERSION CORRIGEE, vous ne devriez plus trop saigner des yeux!)

J'avais trèèèès hâte de passer à la suite et Levi me manquait beaucoup.

Donc j'avoue quelques épreuves ont été passés sous silence bien qu'elles soient parfaitement prévues...dites moi si elles vous manquent et je tenterais peut-être de les inclure dans une Backstory (le projet me plait de plus en plus! Et vous?) J'ai décidé de plus m'étaler sur cette première mission bonus parce qu'elle est quand même super symbolique pour eux et que tout le reste, c'était surtout un gros délire de ma part! (D'où le fait que j'ai quand même envie de vous laisser les lire un de ces quatre. Entre la saison 1 et la saison 2 je pense! En attendant faites moi part de vos envies pour quelques scènes qui vous tiennent à coeur!

Bien que je sois trop crevée actuellement pour répondre à tous mes commentaires, sachez que je les ai TOUS LU et que je meurs d'impatience d'y répondre! Vous m'avez rassurée, soutenue...vous avez été géniales! Je vous adore! J'étais tellement émue que j'en ai versé une larmichette.

Vous me donnez le courage de continuer à me donner à fond.

N'oubliez jamais que vous êtes mes chatons!

Bonne lecture.

My Beautiful Beast

Chapitre 26: The Strong and the Weak (Final)

Il n'y avait pas à dire, les Prisonniers étaient clairement désavantagés. Du moins si on ne prenait pas le temps de convenablement analyser toutes les données du problème.

On pouvait penser qu'ils étaient désavantagés, petit un parce qu'ils étaient attachés par des cordes épaisses. Petit deux parce qu'ils n'avaient absolument aucune cohésion d'équipe. Troisièmement parce que leurs adversaires étaient tous armés jusqu'aux dents. Les Criminels étaient déterminés à ne pas leur laisser la moindre chance de rafler les points bonus qui leur permettraient d'enfin se rapprocher de leurs scores dans le classement général.

Keith Shadis était à la hauteur de sa réputation.

C'était un sacré sadique.

Après qu'ils eurent enfilés leurs uniformes et été mis au courant de l'emplacement du fameux point Sécurité, on les avait confiés aux bons soins des Criminels qui s'étaient faits une joie de les saucissonner. Enfin, la plupart d'entre eux avaient juste eu les poignets entravés. Mais des mètres de cordes avaient été utilisés pour entièrement enrouler les bras d'Eren, Mikasa et Reiner. On les avait ensuite conduits en pleine forêt au milieu de nulle part, dans une sorte d'abri géant où les instructeurs devaient stocker de l'équipement avant toute cette mise en scène. D'ailleurs quelques boites en bois traînaient encore par-ci par-là. Certains Prisonniers s'en étaient servis comme d'un appui pour se mettre dans une position plus confortable lorsqu'on leur avait ordonné de s'installer à même le sol.

L'abri était séparé en deux.

La première salle, munie de chaises et de quelques tables, était occupée par les Criminels. Et la seconde, l'entrepôt à proprement parlé, par leurs Prisonniers. A intervalle de temps régulier, une équipe de Criminels venaient s'assurer qu'ils étaient toujours bien attachés et calmes. Comme il leur aurait suffi de poster quelques gardes dans la pièce avec eux, Armin en déduisit que cette disposition et cette façon de faire devait être l'un des règlements spéciaux auxquels devaient obéir les Criminels.

On devait leur avoir donné des instructions secrètes après qu'ils aient été séparés de l'équipe des Prisonniers.

Depuis une heure qu'ils étaient là, retenus captifs, Armin avait eu tout le temps d'analyser la situation dans laquelle ils se trouvaient réellement. Keith Shadis avait beau être un sacré sadique, il n'était pas stupide. Cette mission n'aurait eu aucun sens si tout avait été pensé pour que les Criminels en sortent victorieux.

Déjà, en y réfléchissant bien, les instructeurs leurs avaient laissé beaucoup trop d'indices sur les réels enjeux du défi.

Ils s'appelaient les Prisonniers.

Et l'ennemi ? Les Criminels.

Pour une académie qui se targuait de vouloir tous les envoyer croupir en prison, le nom était plutôt mal choisi, non ?

Ensuite les tours de gardes. On avait favorisé toutes leurs chances de s'échapper. Les murs de l'entrepôt étaient pratiquement recouverts de fenêtres. Si ce n'était toujours pas suffisant pour comprendre qu'il y avait anguilles sous roche, on pouvait aussi prendre en compte la répartition plus qu'injuste des équipes.

Les Prisonniers étaient trop peu nombreux pour pouvoir s'en sortir.

Jamais il ne s'en sortirait tous indemnes face à autant d'opposants, ce qui réduisait considérablement leurs options s'ils voulaient remporter la victoire. Pourtant Armin pensait avoir saisi le vrai sens de tout ça. Rien qu'avec le tout premier énoncé de la mission…Pour beaucoup, ça n'avait été qu'une simple musique, diffusée dans les hauts parleurs des baraquements. Mais pour lui, elle avait indiqué une partie essentielle du défi.

La participation collective obligatoire.

Une seule défection et c'était tous les élèves de la chambre qui se voyaient contraints d'abandonner la partie.

Armin avait déjà un plan qui pouvait tous les faire sortir de là et se rendre au point Sécurité en essuyant le moins de perte possible…le plus dur maintenant ce serait de réussir à…

Son flot de pensées fut interrompu par un mouvement.

Déjà, ce qu'il craignait venait d'arriver.

L'un d'entre eux avait réussi à se détacher.

Et le pire, c'était qu'il s'agissait d'Annie Leonhart, l'une des personne les plus égoïstes et les plus égocentriques de leur groupe…

Elle s'était redressée tout doucement après avoir laissé tomber ses cordes au sol. Elle leur jeta à peine un coup d'œil avant de se diriger sous leurs regards ébahis vers l'une des fenêtres. L'un des Prisonniers, son prénom était Erik si Armin s'en souvenait bien, l'apostropha : « Hey ! Leonhart ! Détache nous ! » Annie lui jeta à peine un regard : « Hors de question ! Je pense que t'es assez intelligent pour te rendre compte qu'il est impossible qu'on s'échappe à plusieurs. Un gros groupe se ferait canarder comme des pigeons. Je préfère tenter ma chance seule ! » Conny grogna : « Hey ! C'est super naze comme façon de penser ça ! » Annie soupira : « Peut-être. Mais je déteste me prendre la tête. Je serais capable de me repérer dans le noir et d'atteindre le point de Sécurité d'ici à ce que votre réveil indique 3h du matin. Est-ce qu'un seul d'entre vous pense pouvoir faire la même chose ? » Un silence lui répondit.

Elle poussa un nouveau soupire : « C'est bien ce que je pensais ! Je ne vais pas m'encombrer de boulets ! » Sasha intervint : « Moi ! Moi je peux faire la même chose ! Je suis super douée pour la chasse, mon père et moi on part souvent en expédition en forêt… » Annie fronça les sourcils : « Non. J'ai vu comment tu te comportes Sasha. Impossible de comprendre ce qu'il te passe par la tête. Tu représentes un risque encore plus grand que celui de libérer un boulet…» Ymir répliqua : « T'as une mentalité dégueulasse Annie. J'aime bien ça. T'es honnête avec toi-même et tu sais comment atteindre tes objectifs…dans une autre situation je me serais contenté de t'applaudir des deux mains et je n'aurais eu aucune envie de te cracher au visage… » Annie marqua une pause.

Puis elle continua de se diriger vers la fenêtre.

Erik reprit sur un ton méprisant : « En même temps, de quoi vous vous attendiez de la part d'une E.C ? Ce n'est pas comme si elle avait le moindre sens moral… » Un silence accueillit sa réplique. Thomas surpris demanda : « Comment tu sais que c'est une E.C ? » Erik prit un air condescendant : « Je suis un vrai membre de l'Elite moi, j'ai mes sources ! » Eren reformula : « Excuse-nous toquard, on ne savait pas que t'étais un Elitiste. Sinon on t'aurait posé une vraie question. Je reprends donc. Qui est-ce que t'as sucé pour obtenir cette information ?» Conny ne put s'empêcher de pouffer de rire. Très vite imité par Sasha et Ymir. Erik le vrilla du regard : « Tu ferais mieux d'arrêter de la ramener Ackermann ! T'es une pomme pourrie, t'es pas tombé loin de l'arbre, presque tous tes amis proches, Sasha Braus, Conny Springer et Armin Arlert sont des E.C… » Un nouveau vent d'étonnement souffla sur le groupe. Jean, sourcils froncés, demanda incrédule : « Armin est un E.C ? » Il lui paraissait impossible d'imaginer le genre de crime dont s'était rendu coupable le blond.

Armin venait de rougir jusqu'à la racine des cheveux. Sasha et Conny, eux ne paraissaient pas plus affectés que ça par la révélation.

Eren grogna : « Je suis presque sûr de pouvoir te péter le nez sans avoir à me détacher avant…. » Mikasa s'en mêla : « Eren…laisse-moi faire. Je sais exactement où viser… » Annie avait repris sa marche silencieuse vers la fenêtre d'un pas plus décidé. Armin dont les méninges tournaient à 150 km/h se décida enfin à intervenir : « ARRETEZ ! » Un lourd silence tomba dans la pièce. Tous braquèrent les yeux vers la seule porte de l'entrepôt, mais pas un seul Criminel ne l'ouvrit.

Armin reprit son souffle : « Ils ne viendront pas. » Ils lui jetèrent tous des regards intrigués. Il prit son courage à deux mains (il n'avait pas du tout l'habitude de s'exprimer en public) : « Selon mes calculs il nous reste encore quinze minutes avant qu'ils n'aient le droit de revenir nous surveiller… » Gros silence. Mina demanda d'une petite voix : « Le droit ? » Armin hocha gravement de la tête : « Ca fait une heure qu'on est là, à déprimer et chercher un moyen de s'en sortir. Durant ce laps de temps, les Criminels ne sont venus que trois fois vérifier ce qu'on faisait. A chaque fois dans un intervalle de temps de vingt minutes. Et toujours par petit groupe de trois…De plus, est-ce que vous n'avez pas trouvé bizarre qu'ils n'aient pas tout simplement placé des gardes pour nous surveiller à l'intérieur de l'entrepôt ? Tout comme nous, ils ont dû recevoir des consignes spéciales. Ce qui veut dire que nous avons encore toutes nos chances de nous en sortir…» Armin avait l'air tellement sûr de lui qu'ils étaient tous en train de boire ses paroles comme s'il s'agissait d'une révélation divine.

Fait qui était loin de plaire à tout le monde.

Erik grogna : « Super, génie du crime et qu'est-ce que ça change ? » Jean grogna : « Tu ne voudrais pas la fermer un peu ? Qui que tu sois, tu commences à me gonfler ! » Reiner jeta un regard mauvais en direction d'Erik : « Nous avons tous nos raisons d'agir comme on le fait dans la vie. Je n'apprécie pas le fait que tu te permettes de juger les actions passées des autres. Et encore moins de révéler leurs secrets sans leur permission… » Sasha hocha de la tête : « Tu viens de détrôner Jean de sa place de Roi des bites. » Jean s'écria : « Eh ! » Erik pouffa : « De toute façon je ne m'attendais pas à ce que vous compreniez de quoi je parle ! Vous êtes tous cinglés ! » Armin l'ignora pour se concentrer sur Annie : « Je t'en prie Annie, donne-nous une chance de trouver une meilleure solution. Si tu t'en vas maintenant, tu risques de gâcher toutes nos chances de nous enfuir ensuite… » Ils se fixèrent un moment.

On aurait dit qu'apprendre qu'Armin partageait sa condition d'E.C, ça avait réussi à la faire hésiter une seconde.

Elle croisa les bras sur sa poitrine : « A en croire tes calculs, il te reste dix minutes pour me prouver que j'ai une bonne raison de ne pas me tirer d'ici sans vous… » Tout à coup, toute la scène devint concrète. Armin comprit qu'il n'aurait plus d'autres choix que d'exposer son plan et ses pensées, à ces dix-sept étrangers. Il savait que Mikasa et Eren seraient toujours de son côté mais…il leur jeta un coup d'œil. Ses deux amis le regardaient avec cette lueur dans les yeux, celle qu'il lui réservait spécialement. Celle qui disait qu'ils l'avaient reconnu comme membre de leur groupe. Comme quelqu'un de fort qui méritait leur respect. Armin s'était toujours demandé ce qu'il avait bien pu faire pour mériter leur amitié. Pour mériter qu'ils le protègent et lui permettent de vivre sa vie comme il l'entendait, à l'abri…

Eren déclara : « Quoique tu décides Armin, on sera avec toi. » Mikasa renchérit : « Ca fait un moment que tu réfléchis, on attendait que tu trouves une solution…

- T'as toujours été celui qui trouvait une solution… » Armin avait envie de pleurer. Il ne voulait pas se montrer indigne de leur confiance. Il allait réussir à convaincre tous les autres. Il redressa la tête : « Premièrement parlons de ce que j'ai appris. Pour l'instant tout l'enjeu pour les Criminels est de réussir à atteindre le point Sécurité. Contrairement à ce qu'on croit, ils n'ont aucun intérêt à nous garder prisonniers ici. Leur nom l'indique, ils sont des Criminels. Et un Criminel, ça commet des crimes ! Ils veulent sûrement récupérer quelque chose qui serait dissimulé dans la zone de sécurité…» Erik renifla de dédain : « Et tout ça, tu l'as déduit de quoi ? Ton expérience personnelle ? »

Annie s'avança d'un pas nonchalant et d'un coup de pied retourné éclata la boite en bois qui se trouvait juste derrière Erik, faisant apparaître un trou à deux centimètres de sa tête : « Ramène là encore une fois pendant ses explications, le boulet… et la prochaine fois, je viserais incroyablement juste…je vais t'apprendre à la dure de quoi est vraiment capable un criminel… » Ymir siffla son appréciation : « Je sens qu'on va être amie toutes les deux ma petite Annie. Je m'excuse de t'avoir traité en secret de plante verte coincée du cul. » Krista gémit : « Ymiiir… » Annie les ignora et fit face à Armin : « Tu es en train d'insinuer que leur but n'est pas de nous empêcher d'atteindre le point S mais plutôt de s'y rendre eux-mêmes ? » Armin acquiesça : « Oui…sinon Keith leur aurait indiqué où il se trouvait et ils auraient pu tout simplement poster des gardes dans les alentours en attendant qu'on vienne essayer de se mettre à l'abri. Cette mission bonus n'aurait alors été qu'un prétexte à nous voir nous affronter. Et je ne pense pas qu'ils auraient pris la peine d'organiser toute cette mise en scène si c'était le cas…. » Eren était fier de son meilleur ami. Il l'avait toujours été. Et il avait toujours su au fond de lui qu'Armin était sans doute le seul d'entre eux à avoir la véritable étoffe d'un héros.

Mais il était diablement satisfaisant de voir naître dans le regard des autres la même admiration qu'il pouvait lui-même éprouver à l'égard du blond.

Armin poursuivit : « Maintenant passons aussi aux conditions qu'il nous faut remplir pour remporter les points bonus. Depuis le début, sans qu'on s'en rende compte, les instructeurs n'ont pas cessé de nous parler d'unité et de coopération. Si un seul échoue ou abandonne, les autres de sa chambrée se voient pénalisés…cet énoncé à lui seul veut tout dire… » Une pause. Personne ne voyait où il voulait en venir. Sasha fut la première à avouer qu'elle était dans le noir complet : « Oh grand maître Armin, veuillez éclairer notre lampe torche… » Jean grogna : « Oh, mais ce n'est pas vrai, Sasha ! T'es même trop con pour te souvenir d'une expression aussi facile ?! C'est lanterne le mot, lan-ter-ne !

- Plus personne n'utilise de lanternes de nos jours Face de cheval ! C'est ton expression qui est complètement conne ! » Eren ne trouvait déjà plus aucun sens à leur dispute et il ne savait pas comment Sasha avait pu imiter à la perfection l'air courroucé de Jean, mais il avait bien failli en éclater de rire. En dépit de la situation tendue dans laquelle ils se trouvaient tous…il était presque certain que Reiner (derrière son air solennel), Frantz, Hannah et Krista se retenaient eux aussi de laisser libre cours à leur fou rire...

Berthold les recentra : « Vous êtes en train de ruiner notre précieux temps ! Laissez Armin terminer ! » Armin le remercia d'un hochement de tête. Puis il révéla : « Il n'y a qu'une seule chose à déduire de cette condition. C'est qu'en réalité, nous ne sommes pas seulement vingt Prisonniers... » Nouveau gros silence. Jean était agacé : « Explique-toi mieux que ça! » Armin hocha à nouveau la tête : « Très bien. Autrement dit, nos vrais alliés sont les membres de notre chambrée. Si un seul d'entre nous échoue, c'est le groupe entier qui est pénalisé ! Nous devons l'expliquer à ceux de vos chambres qui ne sont pas là, mais je pense que les instructeurs leur ont déjà discrètement fait passer le message ! Pour ce qui est de ma chambre, nous sommes tous les sept présents. Les membres de celles d'Annie sont là, eux aussi… » Ils étaient tous en train de s'observer comme s'ils cherchaient à savoir lequel d'entre eux étaient absents.

Frantz déclara, dépité : « Nous sommes tous les cinq là nous aussi, Daz, Nack, Tom, Thomas et moi-même… » Tous se mirent à fixer Erik. Le brun à lunettes demeura silencieux et revêche. Jean grogna : « Suuuuper. On va devoir compter sur les acolytes du Roi des bites pour nous prêter mains fortes ? Actuellement, je suis plutôt pas rassuré qu'on ait confié une arme à des types capables de devenir potes avec un tel connard… » Armin soupira : « Oui, j'ai bien peur qu'il faille leur faire confiance. Mais on ne devra pas nécessairement compter sur eux pour tout…Annie. Les quinze minutes sont bientôt écoulées…alors… Est-ce que tu veux vraiment écouter mon plan ou est-ce que tu préfères tenter ta chance en solo ?... » Elle claqua de la langue et détourna les yeux : « Tu te fiches de moi ? Après ce que tu viens de dire, comment je pourrais laisser les autres ici ? Même si j'atteignais le point Sécurité, ça ne me rapportera rien du tout! »

Armin se fendit d'un sourire lumineux : « Génial ! » Erik gronda : « Une minute ! Tout son exposé était sympa, mais qu'est-ce que ça change au fait qu''ils soient armés et pas nous ? Mes quatre potes ne vont pas suffire à tous nous protéger ! Et il est hors de question qu'on se sacrifie pour votre pomme…. » Ymir claqua de la langue comme Annie : « Et ensuite monsieur parle du manque du sens moral des E.C ? T'es vraiment le Roi des pourris toi mon gars… » Armin intervint : « On est armé. Nous avons deux choses qu'ils n'ont pas. Premièrement nous détenons une information capitale pour eux. Deuxièmement, ils ne savent pas que maintenant, nous avons des raisons d'agir comme une véritable équipe… »

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Une nouvelle heure était sur le point de s'écouler.

Les Prisonniers avaient toujours l'air aussi abattus. Ils les avaient bien entendu se disputer et même se battre (à en croire la boîte en bois explosée..) mais toujours rien ne semblait les décider à prendre une initiative et enfin quitter leur entrepôt…si ça continuait comme ça, le groupe des Criminels n'allait pas réussir à atteindre leurs véritables objectifs…comment pouvaient-ils donner un coup de pouce à ces crétins sans qu'ils ne se méfient d'eux ?...Il ne fallait pas leur rendre la tâche trop facile, non plus…

Des cris et des hurlements leur parvint de l'entrepôt.

Ils s'agrippèrent à leurs armes et posèrent les yeux sur l'horloge mural qui se trouvait de leur côté. Plus que deux minutes avant qu'ils n'aient le droit d'entrer…plus qu'une….maintenant ! Le groupe de trois Criminels autorisés à se rendre dans la pièce ouvrirent d'un coup la porte, pour tomber sur un spectacle navrant. Bien qu'il était certain qu'aucun Prisonnier n'ait jamais prêté la moindre intention aux noms et aux visages de ceux qui les suivaient dans le classement général, les Criminels eux n'avaient d'autres choix que de savoir non seulement comment ils s'appelaient tous mais aussi d'être au courant de chacun des potins qui circulaient à leur sujet.

Du coup, il était facile de deviner ce qu'il avait bien pu se passer pour que l'entrepôt ce soit transformé en véritable champ de bataille.

Tout le monde avait été témoin de la raillerie de Jean Kirstein à l'encontre d'Eren Ackermann, rien d'étonnant à ce qu'ils soient en train d'essayer de se frapper avec les pieds. De leur côté, Mikasa et Annie s'affrontaient du regard, tandis que Sasha et Ymir s'insultaient vertement. Krista paraissait désemparée, Mina et Hannah s'étaient collées l'une à l'autre et couinaient tout en évitant de se prendre malencontreusement un coup de pied de la part d'Eren ou Jean. Reiner, Berthold et Marco essayaient vainement de tous les calmer, mais ils ne faisaient qu'ajouter au capharnaüm qui emplissait la pièce. Armin Arlert s'était recroquevillé dans un coin. Tandis que Thomas, Frantz, Tom, Daz et Nack, observaient la scène avec un air ahuri.

Seul Erik Soldz s'était redressé, écarté du groupe et paraissait clairement sur le point de craquer.

A peine eurent-ils mis les pieds dans la salle qu'il se jeta sur eux : « Je vous en supplie ! Sortez-moi de ce trou à rat ! J'en ai marre de ces cinglés ! Je ne suis que vingtième moi ! J'en peux plus de toutes leurs conneries ! Est-ce que je suis vraiment obligé de rester là ? » Le plus grand et trapu des Criminels l'écarta d'un coup d'épaule qui le fit tituber : « Oui, tu restes ! On vous garde tous à l'œil ! Retourne à ta place Erik ! Et vous là tous les autres calmez-vous où je vous promets de que je vous tire une balle d'air dans les jambes ! » Ils firent mine de se calmer mais la tension dans la pièce était encore palpable.

Les Prisonniers se vrillaient tous du regard.

Erik continua : « je vous en prie…me laissez pas là ! Je sais de source sûre qu'il y a des E.C parmi eux… » Gros silence. Eren gronda : « Erik ! Gros tas de merde ! Ferme-la ou on te le fera regretter... » A peine Ackermann eut-il fini de parler que tous les autres commencèrent à se montrer hostile. Erik ajouta : « Je ne veux pas rester avec eux ! Vous avez entendu ce qu'il vient de dire ? Et puis Annie a déjà essayé de me tuer ! » Il désigna la boite explosée de la tête : « J'étais là avant ! Imaginez ce qu'elle aurait pu me faire si je n'avais pas esquivé ! »

Il commençait à les agacer à pleurnicher. Le même Criminel répliqua : « Pour la deuxième et dernière fois Erik, retourne à ta place où je te…

- Je vous dirais où se situe le point de Sécurité ! » Gros silence. Les trois Criminels firent mine de ne pas être intéressés, mais ils semblaient tout à coup beaucoup plus tendus. Le Criminel qui s'était le plus enfoncé dans la pièce demanda : « Et pourquoi est-ce que ça nous intéresserait ? » Erik parut le prendre pour un idiot : « Parce qu'ils sont les meilleurs élèves du Camp et que vous avez vu comme moi de quoi ils sont capables ! » Les Prisonniers commencèrent tous à l'insulter, le traiter de lâche et de balance.

Les Criminels leur intimèrent le silence en les pointant de leurs armes. Le plus grand ordonna : « Parle Erik ! » Le binoclard prit un air suffisant lorsqu'il s'expliqua : « Ils sont forts. Alors même s'ils n'ont pas encore réussi à se libérer pour l'instant, on sait tous que ce n'est qu'une question de minutes ! Qu'allez-vous faire quand ils seront tous lâché dans la nature ? Eren Ackermann est capable de parcourir 400m en environ 40 s. Reiner Braun est un tank humain. Annie Leonhart une machine de guerre…Sasha, Conny, Mikasa, Jean Kirstein…est-ce que vous voulez vraiment que je continue à vous expliquer en quoi ça peut virer au cauchemar ? » Ils marquèrent une pause. L'un des Criminels demanda : « Qu'est-ce que tu proposes ?

- C'est simple. Je veux que vous m'escortiez jusqu'au point Sécurité. Une fois là-bas, vous n'aurez perdu que quelques points et moi, j'en aurais gagné un peu ! Ensuite plus la peine de se fatiguer à les surveiller ! Il suffira que vous les attendiez sur la ligne d'arrivée pour les canarder… » Les Criminels se lancèrent des coups d'œil entendus.

Pour la forme, Jean cracha : « Tu ne l'emporteras pas au paradis Erik… » Mikasa suivit : « Tu as raison. On va se libérer… » Eren termina : « …et c'est toi qu'on viendra chercher en premier… ». Un frisson traversa très visiblement Erik alors qu'il subissait de plein fouet leurs regards haineux. Les prunelles vertes d'Eren paraissaient jeter des éclairs et l'Elitiste avait l'impression que ses jambes ne le supportaient plus. Il savait qu'ils jouaient tous la comédie. Mais sur le coup, il sentit au plus profond de lui qu'ils ne plaisantaient peut-être pas autant que ça. Il avait fait une erreur en s'en prenant aussi directement à Armin. Le regard de Jean était clairement mauvais. Mikasa avait l'air de lui souhaiter mille morts. Et Eren…

Un nouveau frisson le traversa. Eren n'était simplement pas normal. Erik avait presque l'impression d'être prisonnier du regard d'un prédateur assoiffé de sang…

Celui qui devait être le chef des Criminels (d'une façon ou d'une autre puisque tous semblaient demander son avis avant de réagir) acquiesça de la tête : « Très bien. On accepte ton deal Erik… » Il parut sincèrement soulagé. Le deuxième Criminel, Corentin, faisait partie de la chambrée d'Erik. Il y avait vingt minutes de ça, ils avaient réussi à profiter de la ronde effectué par les trois précédents Criminels pour parler à David, un autre de ses camarades pour lui faire passer un message rapide, tandis que les deux autres Criminels séparaient Jean et Eren alors qu'ils faisaient mine pour la millième fois de se frapper.

Ils avaient ainsi réussi à les prévenir du fait que les Prisonniers savaient tout de leur véritable intention…

Corentin déclara : « Chef. Erik fait partie de notre chambrée…s'il ment on devrait pouvoir le savoir. On se connait depuis toujours… » Le chef acquiesça de la tête : « Très bien, Erik, toi et tes potes vous allez vous rendre au point S. J'enverrais deux, trois hommes pour vous surveiller… » Il pointa le canon de son arme sur la tempe d'Erik qui déglutit et menaça : « A quelques mètres de distance ce joujou t'assomme et te donne une bonne commotion cérébral. Mais à bout portant…je me demande bien quels genres de dégâts ça peut faire…à la moindre entourloupe Erik. Tu seras notre premier cobaye… » Armin comprit instantanément pourquoi c'était lui qui s'était imposé comme chef de leur groupe. C'était une brute épaisse. Tyrannique et sadique…

Et Armin s'y connaissait effroyablement bien en brutes en tout genre…

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Erik était déjà parti depuis une demi-heure.

Si tout s'était passé comme prévu, ses camarades et lui, avaient déjà maîtrisés les quelques véritables Criminels de leur expédition, pris possession de leurs armes et se dirigeaient réellement vers le point S, en toute sécurité. C'était la condition selon laquelle Erik avait accepté de leur prêter main forte plutôt que de les trahir. Maintenant que c'était fait, et qu'ils étaient débarrassés de lui, les autres Prisonniers pouvaient passer à la seconde phase du plan. Qu'Erik atteigne la base en premier avec ses amis, ça n'allait pas leur faire obtenir plus de points que les autres. Mais ça Armin s'était bien gardé de le lui révéler.

En réalité, ce qu'on attendait des Prisonniers, c'était bien plus difficile que de simplement devoir se mettre à l'abri.

Leurs ennemis étaient des Criminels.

Et c'était à eux, les Prisonniers, 'braves héros de l'académie', de les arrêter.

Le hic avec les brutes, c'était qu'elle ne faisait confiance à personne. Le chef des Criminels était loin d'être bête. Il avait donc sûrement déjà envoyé un petit groupe de Criminels pour vérifier qu'il n'était rien arrivé aux escortes d'Erik (ceux qui ne faisaient pas partie de sa chambrée). Si Armin se fiait à son instinct, les Prisonniers avaient des ennemis qui se baladaient actuellement dans les bois, prêts à faire feu. De plus, une fois que le chef serait sûre d'avoir été trahi, il reviendrait leur demander des comptes…il ne leur restait que dix minutes pour finir de mettre en place la phase deux.

Leur joyeux bordel avait eu pour but d'empêcher aux Criminels de vérifier leurs liens. Cela faisait au moins une heure qu'Annie les avait tous détachés (sauf Erik).

Après qu'Armin ait fini de leur donner ses dernières instructions, Eren, Mikasa, Sasha et Connie brisèrent une vitre et s'échappèrent vers les bois.

Si leur union faisait leur force. Il leur fallait impérativement en contrepartie diviser le groupe des Criminels pour mieux les conquérir. Raison pour laquelle les Prisonniers devaient avoir l'air plus désunis que jamais…quoi de mieux qu'un abandon pour écarter les suspicions du groupe ennemi ?

Quelques minutes s'écoulèrent encore avant que les Criminels n'entrent en trombe dans la pièce.

Le chef constata les dégâts et poussa un juron bien senti. Krista avait plissé les yeux comme si les mots prononcés à l'instant l'avait physiquement blessée. Armin trouva son attitude plutôt adorable (comme la plupart des mecs présents) mais il se reconcentra bien vite pour avoir l'air le plus dépité possible. Le chef frappa avec rage dans une boite avant de les braquer de son fusil : « Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ?! » Jean prit son air le plus détestable et condescendant lorsqu'il répondit : « Ça ne se voit pas, du con ? Tu vois bien qu'ils ont pris la tangente, non ? » L'un des trois Criminels présents pris un air paniqué : « Quoi ? Mikasa, Eren, Sasha et Conny sont en liberté ?! » Il avait l'air sur le point de se faire dessus…le chef lui jeta un regard noir : « Et alors abruti ? Ce n'est pas comme s'ils allaient nous attaquer ! On est plus nombreux, armés et ils n'ont aucune raison de revenir ici ! Ils doivent se diriger vers le point S….envoie dix gars pour les arrêter ! Non ! Attend ! N'en laisse que quatre ici. Envoie tous les autres ! Canardez-les à vue ! »

Armin retint un sourire. Bingo. Ils avaient bien faits de tabler sur la peur irrationnelle (enfin, presque irrationnelle) que leur inspirait le duo Ackermann…

Le regard du chef se posa sur lui. Il s'avança d'un pas furieux et lui agrippa le col pour le soulever du sol. Armin, désemparé, lutta de toutes ses forces pour ne pas qu'il se rende compte qu'il n'était plus attaché. S'il le frappait, alors il ne réagirait pas. Il n'allait pas gâcher leur plan pour si peu… : « Eren déteste Jean. Sasha n'encadre pas Ymir, Mikasa semble avoir une dent contre Annie…ils connaissent à peine les autres. Donc je comprends qu'il les ait largués. Mais pourquoi est-ce qu'ils ont laissé leur larbin en arrière, hein ? Je croyais qu'ils t'emmenaient partout ! » Armin déglutit, cette brute n'était pas l'une des brutes lambda qu'il avait toujours affronté jusque-là.

C'était une brute de niveau expert.

En mode pré-sélection passée de l'académie Survey Corp.

Il allait falloir qu'Armin la joue serrer s'il ne voulait pas éveiller ses soupçons…

Alors il répondit ce qu'il aurait honnêtement dit dans la même situation si pour une raison ou pour une autre, Eren et Mikasa avaient dû l'abandonner: « …je leur ai demandé de m'abandonner…je préfère encore mourir que d'être un poids pour eux… » Un silence accueillit sa réplique. Le chef le libéra de sa poigne. Lorsqu'il fut de nouveau assis par terre et en sécurité, Armin remarqua que Reiner, Jean, Marco, Thomas, Tom, Daz, Mina, Krista, Nack, Berthold et même Ymir se tenaient tendus, prêts à intervenir pour voler à son secours.

En une fraction de seconde il eut une image très claire et précise de ce qu'ils pouvaient tous devenir.

Tous ensembles.

Unis et indestructibles.

Cette épreuve n'était pas qu'un vulgaire moyen de gagner des points bonus. De s'élever dans le classement général. C'était une leçon de vie grandeur nature. Ils avaient appris à se connaître. A savoir à qui faire confiance ou non. Ils avaient travaillé main dans la main et confiés leur survie et leur avenir à d'autres…Ils commençaient à peine à faire connaissance, c'était vrai. Ils exploreraient à peine les possibilités d'amitiés qui se tissaient aussi sûrement qu'une toile d'araignée faite d'acier trempée et les reliaient les uns aux autres.

Qu'ils se querellent, s'amusent, se disputent ou s'apprécient, ils étaient déjà ce qu'Armin ne pouvait faire autrement que de considérer comme un groupe d'amis.

Peut-être qu'il s'avançait trop. Qu'il était trop fleur bleu.

Peut-être que les choses n'allaient pas évoluer dans ce sens-là mais… il avait envie de croire en cette vision.

Tout comme Keith Shadis très probablement.

Raison pour lesquels ce vieux fourbe et retord les avait forcé à faire équipe. Armin l'imaginait, tranquillement assis à les observer derrières ses écrans de surveillance….il était certain qu'il avait quadrillé le secteur de caméras….

L'un des Criminels revint dans la salle et annonça : « C'est bon chef ! Ils sont partis. » Jean poussa un soupir de soulagement : « Enfin. J'en avais tellement marre d'être assis dans cette pièce de merde ! » Le chef fit volteface incrédule pour se prendre en pleine tête l'un fameux des coups de pieds retournés d'Annie. Le second Criminel eut à peine le temps de la mettre en joug qu'il se faisait plaquer au sol par Reiner. Les trois derniers Criminels présents dans la première salle, commencèrent à tirer dans leur direction. Les Prisonniers se mirent tous à l'abri derrière les caisses en bois qu'ils avaient déplacées pour l'occasion (qu'est-ce qu'ils avaient manqué de sens d'observation ces Criminels….). Les boites craquèrent sous l'impact des balles invisibles.

Jean et Berthold rampèrent pour s'emparer des fusils des deux Criminels assommés dans l'entrepôt.

Depuis sa position allongée au sol Berthold parvint à toucher l'un des Criminels en plein dans la cuisse. Sa victime cessa le feu et poussa un gémissement de douleur. Jean claqua de la langue et plaça son œil dans le viseur : « Pfff, frimeur ! » Avant de lui-même tirer. Il parvint à désarmer le deuxième Criminel d'une balle dans l'épaule. Le garçon poussa un cri de douleur alors qu'il portait la main là où il avait été touché. Le dernier Criminel préféra se rendre que de se voir blesser. Il jeta son arme à terre et leva les bras bien haut. Berthold siffla : « Jolie tir Jean… » Jean se frotta sous le nez et ferma les yeux en prenant un air confiant: « Je comptais garder cette botte secrète pour vous épater pendant l'épreuve de tirs mais je suppose que… » Marco, accroupit à ses côtés, lui posa une main compatissante sur l'épaule : « Jean, ils sont déjà en train de partir…personne ne t'écoute » Il rouvrit les yeux et grogna : « Vous pourriez au moins me laisser mon moment de gloire, non ?! » Krista fut la seule qui prit la peine de lui répondre : « Désolés Jean, peut-être plus tard ? » Ymir renchérit : « Oui, Face de cheval, t'aura tout le temps de te venter quand les autres ne seront pas en train de se battre pour survivre et nous permettre de tous nous échapper… » Elle lui balança une paire de lunettes à vision nocturne et s'équipa elle-même de la seconde.

Les trois autres paires de lunettes avaient été confiés à Reiner, Berthold et Annie.

Jean se sentit flatter qu'on le considère comme faisant partie des meilleurs.

Mais comme d'habitude il mit un point d'honneur à ne rien en laisser paraître.

Il se contenta d'imiter le tic d'Annie qu'ils avaient mystérieusement tous fini par adopter. Il claqua à nouveau de la langue, s'équipa et s'arma convenablement : « Oookay, puisqu'Eren le Psycho et Mikasa chérie ont besoin d'aide… » Marco, debout à ses côtés lui lança un sourire énigmatique : « Jean…est-ce que tu te rends compte que tu viens de mettre Eren et Mikasa dans la même phrase ? Tu es exactement comme les gosses de CP. Tu embêtes la fille que t'aime… » Jean en laissa tomber sa mâchoire : « Marco, rassure-moi, tu t'es pris une balle d'air comprimé dans la tête, n'est-ce pas ? » La voix courroucée d'Armin leur parvint depuis l'extérieur : « Jean ! Si par ta faute Eren ou Mikasa sont blessés, je supplierais Annie à genoux de te tirer dans les testicules… » Il entendit Annie répondre : « Pas besoin de supplier Armin…pas besoin de supplier… » Jean choqué répliqua : « Ce groupe de cinglés a réussi en trois jours à peine te faire dire le mot bite et à transformer le gentil Armin en tyran sanguinaire ! »

Ce furent sur ces belles paroles, qu'ils se mirent en route pour retrouver leurs quatre amis au cœur de la forêt sombre.

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Ils n'avaient pas eu besoin d'aller bien loin.

D'ailleurs il avait mieux valu qu'ils restent au plus près de l'abri histoire de pouvoir rejoindre les autres plus facilement. Si Armin avait raison quant au but ultime de cette mission. Ils devaient capturer le plus de Criminels possible avant de les traîner jusqu'au point S.

Il leur faudrait se montrer aussi organisé qu'efficaces s'ils voulaient y arriver avant 6h du matin.

Les premiers coups de feu les forcèrent à se mettre à l'abri et à légèrement se séparer.

Chacun allait essayer d'attirer des Criminels dans une direction différente afin d'avoir plus de chance de les maîtriser. Eren s'était dissimulé dans un buisson après avoir fait mine de courir tout droit. Deux Criminels s'approchèrent de sa position, leurs lunettes sur le nez. Eren savait qu'il aurait dû être clairement désavantagé mais c'était loin d'être le cas. Il ne savait pas si c'était à cause de la lumière lunaire ou de tout autre chose, mais il était capable de les distinguer aussi bien qu'en plein jour. Ses sens étaient en ébullition. Il pouvait les sentir et si bien les entendre, qu'il était capable de déterminer à quelle distance ils se trouvaient de lui avec précision.

Leurs souffles saccadés alors qu'ils s'avançaient, le fusil en position de tir, l'odeur de leur transpiration et de leur crainte…Eren captait absolument tout.

Il se passa une langue nerveuse sur les lèvres. Son cœur battait la chamade et ses poings le démangeaient. Enfin, il avait l'autorisation explicite de frapper quelqu'un…Il bondit sur celui qui se trouvait le plus proche de lui, le fauchant par les jambes. Ils roulèrent. Eren se positionna sous lui avant de l'envoyer valser sur son camarade en le propulsant de ses deux jambes. Les Criminels se percutèrent dans un bruit mat. Eren attrapa le fusil qu'avait laissé tomber son adversaire et se redressa d'un coup en servant de la seule force de ses jambes. Il effectua une sorte de début de salto pour se retrouver, face à l'ennemi, le fusil en position pour faire feu.

Sans perdre une seconde, il tira dans le tas.

Ils poussèrent des cris de douleur. Eren profita du moment pour s'approcher et écarta du pied la seconde arme. Il la repoussa assez loin pour que son propriétaire ne puisse pas espérer l'atteindre, avant de déclarer : « Ne m'en veuillez pas les gars. Mais vous serez beauuucoup plus facile à traîner si vous êtes inconscients… » L'un d'entre eux venait de lever la tête, incrédule : « Quoi ? Inconscients ? Non ! Attends…on peut discuter… » Eren s'était penché et avait attrapé les lunettes à vision nocturne de l'un d'entre eux avant de se les placer sur le visage. Puis il ramassa rapidement la seconde arme et s'écarta de quelques pas pour mettre un peu de distance entre eux.

Enfin sans plus prêter attention aux suppliques du premier Criminel, il visa. Déjà, ils se redressaient en titubant tout en affirmant qu'ils ne tenteraient pas de se défendre. Par bénéfice du doute (et parce qu'il mourrait d'envie d'appuyer sur la gâchette) Eren leur tira dans la tête. Ils s'effondrèrent. Peut-être qu'avec de vraies balles il les aurait manqués…mais ce n'était pas le moment de penser à ça.

Il fallait vite qu'il rejoigne les autres.

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Le plan d'Armin s'était si bien déroulé, qu'ils n'avaient presque pas eu à fournir d'efforts.

Mikasa avait réussi à maîtriser au moins quatre Criminels à elle seule. Lorsqu'elle les avait rejoint, elle s'était servie de la corde qui la maintenait prisonnière pour les ligoter et les avaient emmenés comme un bourreau emmenait ses victimes à l'abattoir. La voir arriver, avec ses quatre fusils en main et tirant une cordée de Criminels dépités, ça avait eu un côté comique. Sasha et Conny étaient parvenus à échapper à leurs poursuivants grâce à leur agilité avant de les conduire droit dans le piège que leur tendait les autres Prisonniers. C'était Jean et Ymir qui avaient fini par les assommer d'une balle en pleine tête.

A la fin, lorsque le groupe de Prisonniers partit à la rencontre du groupe de Criminels qui avait suivi discrètement Erik et sa chambrée, ils étaient tous armés. La bataille finale n'avait rien eu d'épique. Mais Eren avait au moins eu l'occasion de s'entraîner au tir sur des cibles mouvantes. Les derniers Criminels en état de combattre (ces pauvres fous) avaient tenté d'échapper à leur feu nourri en hurlant de terreur.

Positionnés dans l'ombre de la forêt qui environnait la clairière qu'était le point S. les Prisonniers ne craignaient absolument pas de tirs retour. Armin déplora le fait que les Criminels n'aient pas eu la présence d'esprit de les attendre sous le couvert des arbres plutôt que de se poster comme des idiots pile devant Erik, au beau milieu d'une zone découverte.

Plaindre le sort de ses ennemis…

Quelle brave âme cet Armin….

Clairement l'une des seules du groupe des Prisonniers.

A part Krista bien entendu.

Quand Keith Shadis et son équipe d'instructeurs vinrent à leur rencontre, Krista était déjà en train d'essayer de soigner tous les Criminels que Jean, Reiner, Eren, Thomas, Conny, Berthold et Sasha étaient allés chasser dans la forêt (A savoir qu'ils étaient revenus sur leur pas et avaient littéralement chassé les rescapés et collecter les inconscients du groupe de Criminels avant de les trainer jusqu'au point S.)

Keith leur avoua n'avoir vu un groupe de Prisonniers réussir cette mission bonus qu'une seule autre fois de sa vie. Et que là encore, l'équipe en question avait jouis de la présence d'un Ackermann dans ses rangs. Eren se sentit incroyablement flatté d'être comparé à Levi et son Escadron. Il s'était senti poussé des ailes et s'était avec enthousiasme qu'il avait accueilli les résultats du défi. Shadis leur annonça leur nombre de points selon les actions effectuées par chacun (Armin précisa à Eren avec un air satisfait qu'il avait déjà deviné qu'ils étaient surveillés depuis le début). Le blond eut d'ailleurs droit à une mention spéciale pour son dévouement, son intelligence et son incroyable sens pratique.

A la fin, les Prisonniers décidèrent de le porter en triomphe. Ils le soulevèrent tous à bout de bras pour le projeter dans les airs une bonne dizaine de fois avant qu'il n'ait l'air de vouloir régurgiter son dîner et qu'ils le laissent à nouveau toucher la terre ferme.

Cette épreuve les avait unies comme jamais ils ne l'auraient cru possible.

Par la suite qu'elles furent individuelles ou par équipe plus aucune mission bonus ne leur résista. Avant même l'arrivée du dernier jour d'épreuves le fossé qui s'était créé entre les vingt-cinq premiers du classement et le reste des élèves était abyssal. Les autres se battaient surtout pour ne pas finir à la dernière place ou au moins atteindre le score nécessaire pour bénéficier des avantages qu'auraient les élèves de seconde classe. Il était évident que ceux qu'on appelait dorénavant le groupe des Monstrueux Prisonniers, demeureraient ensembles jusqu'à la fin.

Qu'ils se chamaillent, se battent ou s'apprécient tout simplement, un indéfectible lien s'était créé entre eux.

Le Dimanche pendant les préparatifs et même pendant la fête qui signait le dernier jour du Camp, ils étaient demeurés inséparables. Leur joie de vivre et leurs aisances naturelles à dominer leur environnement avaient éclipsé tout le reste. Ils avaient créé leur propre bulle. Ils obéissaient à leurs propres règles et il était impossible de ne pas les considérer avec envie, jalousie, admiration, crainte ou fascination. Ils ne laissaient personne indifférent. Les nouvelles stars montantes du Survey Corp. avaient comme tous les ans été choisies par le Camp et ses épreuves phénoménales.

Alors qu'il riait de bon cœur et frappait sa chope de jus de fruit contre celle de Daz qui jouait l'homme bourré, Armin eut à nouveau cette vision.

Sasha dansait avec Krista et Ymir et elles étaient totalement hors tempo. Jean, Eren, Reiner, Marco et deux ou trois autres garçons faisaient un concours de bras de fer alors que Conny tentait de pousser d'autres élèves à faire des paris, promettant que les résultats n'étaient pas truqués…Annie, Mina et Hannah discutaient paisiblement en observant leur feu de joie géant…

Armin se les représentaient tous. Plus vieux. Diplômés…

Unis et indestructibles.

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Tout de même un petit mot à Emylou, dont le commentaire a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase...je ne m'attendais pas à un commentaire pareil. Aussi enthousiaste et touché. Tu n'as pas idée de l'impact qu'ont eu tes mots (ils sont tombés pile poil) L'assassin royal a été l'un de mes premiers livres de fantasy. Elle m'a aidé à développer mon imaginaire et m'a insufflé la joie de l'écriture et ses souffrances...

Bref. Je suis un peu trop sentimentale en ce moment (ça doit être la période des fêtes...) Donc je vais m'arrêter là avant de vous faire fuir (rire)

Prochain chapitre? Retour à la maison. Et ce qu'à fait Levi pendant cette loooongue semaine de célibat...

Plein de love sur vous!

A très vite!