Joyeux Noël à vous qui lisez ma fiction! J'espère que ce chapitre vous plaira, belle lecture! Diogène.
« Nous l'avions rêvé » de Diogène
Chapitre 9 « Que le spectacle commence! »
« Il n'est de grand amour qu'à l'ombre d'un grand rêve. » Edmond Rostand
- Dothy ! Dépêche-toi, nous allons arriver en retard !
Candy regarda encore la pendule, dix-neuf heures. Elle soupira en voyant enfin son amie sortir de la salle de bain, vêtue d'une robe fourreau de satin jaune pâle.
- Qu'est-ce que tu peux être pénible ! Ce n'est pas nous qui montons sur scène il me semble ! Nous en avons à peine pour quinze minutes en voiture, le lever de rideau est à vingt heures, nous avons largement le temps. Et comme nous ne ferons pas la queue avec les autres puisque nous entrerons par l'entrée des artistes, et vu que tu ne veux pas le voir avant la représentation, je ne vois pas pourquoi tant de hâte !
- S'il y avait de la circulation ? Je voudrais tout de même qu'il ait mon bouquet avant de rentrer en scène.
- Il l'aura ! soupira Dothy. J'ai prévenu l'attachée de presse, elle le lui remettra de ta part.
- Tu as songé à ça ? Merci, j'aurais dû y penser moi-même mais je suis si nerveuse. Et que dis-tu de ma robe ?
- La même chose qu'il y a dix minutes, tu es sublime. Quand je pense que tu trouvais ma robe en lamé argent trop audacieuse ! Même moi, je n'oserais porter celle-là, tu risques de ne pas arriver aussi pure que tu voudrais l'être avant ce dîner !
- Je ne quitterai pas mon châle avant ça, ni ma résille d'ailleurs. Tu la trouves trop impudique ?
- Pas sur toi. Et puisque tu ne vas pas le laisser mourir de désir toute la nuit, tu as raison, fais-lui le grand jeu, ça sera un souvenir inoubliable.
- J'y compte bien. On verra jusqu'où il tiendra. Mais tu sais que toi aussi tu es très sexy ! Philippe risque d'avoir des regrets ! Au fait, tu es certaine que ça ne te dérange pas que je te chasse de chez toi ?
- Je t'ai dit que non. Mathilde est ravie de m'avoir, nous allons pouvoir nous remémorer nos souvenirs des cours de couture.
- Pourquoi n'a-t-elle pas continué dans cette voie ?
- Un mari et trois enfants ! Voilà aussi pourquoi j'apprécie d'être célibataire, les hommes qui acceptent la vocation d'une femme sont rares, tu es une privilégiée ma belle. Ton bel acteur est une perle rare !
Elle lui sourit puis eut une pensée pour Anthony, elle l'avait si mal jugé, si peu découvert. Mais elle la chassa immédiatement, plus rien ne devait la ramener au passé, ce soir Terry et Candy allaient sceller leur éternel amour.
-OOOoOOO-
La costumière entra dans la loge avec une énorme corbeille de roses de toutes les couleurs.
- Posez-les avec les autres, dit-il d'un ton indifférent.
- Elle est de mademoiselle Hart, monsieur. Madame Brandt m'a dit de vous l'apporter.
- Alors mettez-la sur mon bureau et s'il en vient d'autres, distribuez-les au personnel ! Maintenant laissez-moi seul !
Une fois qu'elle fut sortie, il se leva et caressa de ses doigts les pétales délicats. Il remarqua une enveloppe dépassant du bouquet. Son cœur s'emplit de chaleur en lisant ces quelques phrases qu'il grava dans sa mémoire :
« Fais un vœu, mon étoile ! Cette nuit est celle de toutes les surprises. Notre amour te portera au sommet, je t'y attends. Je t'ai aimé, je t'aime et je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle. Ta Taches de son, ta femme. »
Il sourit, le cœur empli de quiétude. Dans quelques minutes, le rideau se lèvera et pour elle, il sera le meilleur Cyrano qu'on n'ait jamais vu sur une scène. C'était certain, c'est cet amour qui lui donnait ce talent, c'était elle qui l'avait conduit vers son destin, leur destin. Ce n'était plus elle et lui, mais nous, ensemble, envers et contre tout, pour le pire et le meilleur, jusqu'à la mort.
« Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?
Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
Une communication ayant un goût de fleur,
Une façon d'un peu se respirer le cœur,
Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme ! »
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac
Quand le rideau se referma sur le troisième rappel, la salle n'en finissait pas d'applaudir. Puis tous se dirigèrent vers la sortie alors que Candy, Dothy, Mathilde, Eléonore, Gino et Tristan, James et Christopher le fiancé de Becky, partirent en direction des coulisses. En voyant une occasion d'y pénétrer elles aussi, quelques jeunes filles se glissèrent dans leur groupe mais furent refoulées par l'agent de sécurité devant l'entrée.
- Désolé mesdemoiselles, seule la famille des artistes entre ici. Pour vous, il faudra attendre devant la sortie, certains acteurs vous accorderont des autographes.
- Terrence aussi ? demandèrent trois d'entre elles.
- Et Philippe Berthier ?
- Est-ce qu'on verra Terrence ?
- S'il vous plaît, nous le verrons ?
- Du calme mesdemoiselles, vous pourrez voir monsieur Berthier. Pour monsieur Grandchester, je ne suis pas au courant.
Candy eut encore le temps d'en voir soupirer quelques-unes unes de désespoir avant de franchir la porte. Elle se dit à cet instant qu'elle était la femme la plus enviée du monde et qu'elle ne donnerait sa place pour rien au monde. Dothy lui envoya un clin d'œil complice et lui dit à l'oreille :
- Quel effet ça te fait d'être l'élue d'un sexe symbole ?
Elle lui répondit par un sourire très fier qui en dit plus long que tout ce qu'elle aurait pu dire. De toute façon, sa gorge était trop nouée par toutes les émotions où elle était passée pendant ces deux heures. Elle essuya sa joue encore humide des larmes versées à la fin de la pièce, lors de la mort de Cyrano et du désespoir de Roxane qui venait de réaliser que l'auteur de toutes ces lettres d'amour, celui qu'elle aimait, était Cyrano et pas Christian.
Eléonore Baker la poussa vers la loge de son fils.
- Allez-y la première Candy. Vous devez avoir hâte et lui aussi. Je vais d'abord aller féliciter Philippe et Marie Conrad avec qui j'ai beaucoup travaillé.
Elle lui sourit et hocha la tête, en effet elle avait grande hâte. Elle frappa à la porte.
- Entre mon amour.
Elle se précipita dans ses bras. Il la reçut avec délice. Elle le couvrit de tous les adjectifs qui lui vinrent en tête, qu'il avait été fabuleux, grandiose, magnifique, magistral… Il voulut la faire taire par un baiser mais il portait encore son faux nez et se cogna dans le sien. Ils en rirent, elle le lui enleva en riant et pleurant en même temps et lui accorda son baiser. Elle nicha son visage dans son cou, il la serra étroitement.
- Merci mon ange, c'est toi ma force, je t'aime.
Puis il rit encore en voyant qu'il lui avait aussi offert un peu de son maquillage. Il lui essuya la joue.
- Je vais enlever ça avant de t'en mettre encore partout. Dis-moi, quelle est la surprise que tu me réserves ?
Elle lui envoya un regard énigmatique pendant qu'il s'essuyait le visage avec une serviette humide.
- Un dîner en amoureux que j'ai préparé moi-même.
- Ça je le sais déjà. Et puis ?
- Et puis, tu verras ! Tu auras tes surprises le moment venu.
- Plusieurs ?
- Chut !
Elle l'embrassa à nouveau pour le faire taire. Mais en sentant qu'il tentait de glisser sa main sous le châle qui recouvrait ses épaules, elle se dégagea.
- Tu es incorrigible. Ta mère voudrait te féliciter, il faut que je le fasse aussi avec tes partenaires. Ensuite tu iras finir ton travail. Il y a beaucoup de journalistes et de photographes qui t'attendent. Sans compter une nuée d'admiratrices qui se désespèrent de te voir à la sortie des artistes.
- Ah non ! Pas ce soir ! Demain peut-être. Ce soir, je ne veux que toi comme admiratrice. Les journalistes, je vais les expédier en dix minutes et nous sortirons discrètement. Philippe se chargera des admiratrices, il adorera ça.
- Il y en a aussi qui aimeraient le voir mais un peu plus pour toi, elles vont être déçues.
- Tant que je ne te déçois pas, peu m'importe. L'attachée de presse leur offrira une photo dédicacée, ça les consolera.
- Tu es cruel avec les femmes et j'aime ça ! Lui susurra-t-elle en lui volant un dernier baiser avant de s'enfuir vers la sortie en riant. Je vais chercher ta mère, essaie d'être gentil avec elle au moins !
-OOOoOOO-
- Tu as dis qu'on sortira discrètement ! Je ne vois pas comment !
En effet, en regardant par la fenêtre du premier étage donnant une vue plongeante sur le devant du théâtre, elle vit une nuée d'admiratrices et d'admirateurs mais moins nombreux, bloquer les deux sorties du théâtre. Terry y jeta un œil indifférent puis lui dit malicieusement :
- Ne t'inquiète pas, j'ai la solution. J'ai demandé à Jules tout à l'heure de garer ma voiture quelques rues plus loin.
- Et comment sort-on ?
- Derrière le théâtre il y a une porte qui donne dans la cour. Il faudra faire quelques acrobaties mais c'est un jeu d'enfant pour nous. Ça nous rappellera le bon temps au collège Saint-Paul.
- Des acrobaties ? Tu as vu ma robe et mes chaussures ?
- J'aimerais justement la voir d'un peu plus près mais nous n'avons pas le temps. Ne t'angoisse pas, je t'aiderai. Cela va être très amusant de s'enfuir comme des voleurs, princesse !
Mais une fois tous deux dans la cour, il y avait un mur d'environ trois mètres de haut, sans aucun point points d'appui. Elle le regarda l'air perplexe.
- Un jeu d'enfant ! Sans corde, c'est impossible d'y grimper ! Et il n'y a rien pour en accrocher une de toute manière.
- Si, à la gouttière et la corde la voilà !
Il la sortit de la vieille poubelle dans un coin.
- Depuis quand as-tu tout prévu ?
- Hier, j'ai pensé que ça pouvait être utile. Allez, montre-moi encore tes talents, ma championne de lasso !
- J'ai du perdre la main depuis le temps ! Fit-elle en soupirant mais en faisant tout de même un nœud coulant à la corde. A sa grande surprise, elle réussit à l'accrocher à la gouttière du premier coup, sous le sifflement admiratif de Terry.
- Tu es la meilleure ma chérie.
- Peut-être mais je ne suis pas certaine que la gouttière résistera.
- Essaie la première, tu es légère comme une plume. Et si ça lâche, je te rattraperai.
Elle ôta ses escarpins et s'attela à la tâche. Elle eut un peu de mal à cause de sa robe longue qui s'emmêlait dans ses pieds. Elle lâcha une main et la releva un peu en la maintenant pour continuer son escalade, de l'autre.
- N'en profite pas pour regarder dessous.
- Moi ? Je suis un gentleman, je n'utilise jamais ce genre de procédés.
- Tu parles ! Ce ne serait pas la première fois. Hourra ! J'y suis arrivée. A toi, je pense que ça tiendra.
Il lui lança d'abord ses souliers et sa bourse, qu'elle rattrapa au vol. Il coiffa son borsalino, mit ses lunettes noires, avant de se hisser.
- Eh ! Il y a un toit après ce mur !
- Oui mais après le toit, c'est une ruelle. Et après, à nous la liberté ! Dit-il à son oreille.
Elle sursauta, elle n'avait même pas eu le temps de remettre ses souliers, qu'il était déjà à côté d'elle.
- Nous avons aussi l'expérience de courir sur les toits. Souviens-toi de la chambre de méditation !
- C'est vrai que ce collège prison ne nous a jamais empêchés d'aller où bon nous semblait.
- Tu es un bel oiseau qui doit rester libre. C'était un crime de t'enfermer, ce collège n'était pas fait pour nous.
- Si on pouvait revenir dans le passé, j'y retournerai encore pour pouvoir te rencontrer. Il ne m'a semblé une prison qu'après ton départ.
- Là où ailleurs, nous nous serions rencontrés tôt ou tard, c'était notre destinée.
Il essaya encore de glisser sa main sous son étole. Elle tapa sur ses doigts en riant.
- Tu veux que nous y passions toute la nuit sur ce toit ? Tu n'as pas faim ?
- Si j'ai faim ? Je meurs de faim, j'ai une faim dévorante.
Elle devina son regard dévorant derrière ses verres sombres, il ne pensait pas à de la nourriture culinaire.
- Alors, allons-nous en, un dîner nous attend.
Et elle lui échappa à nouveau, il la suivit. Une fois de l'autre côté, il fallut encore en descendre. Il en sauta avec souplesse sans se faire mal. Puis il lui tendit les bras.
- Comme la dernière fois !
Elle lui fit confiance et atterrit dans ses bras sans qu'il ne vacille ni ne la lâche. Il la serra contre lui avant de la reposer sur ses deux pieds. Elle releva vite son étole qui avait glissé et dévoilé son épaule nue. Ils partirent bras dessus, bras dessous. Deux rues plus loin, ils trouvèrent la voiture de Terry garée. Ils n'avaient croisé personne. Il lui tendit ses clefs après lui avoir ouvert la portière conducteur.
- Je te laisse conduire chérie, je n'en ai pas envie.
- Moi ? Mais je n'ai jamais conduit d'autre voiture que la mienne !
- Elle se conduit de la même manière.
- Elle est plus grande ! Et si je la cabosse ?
- Nous en rachèterons une autre ! fit-il en haussant les épaules.
Elle se lamenta encore un peu puis se mit au volant, puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire étant donné qu'il s'était déjà installé d'une façon alanguie sur le siège passager. Elle fit crisser le levier de vitesses au démarrage, partit lentement mais au bout de quelques minutes, elle se relaxa et ils arrivèrent chez Dothy sans la moindre éraflure.
- Tu vois, tu t'en es très bien sortie.
- Ce serait dommage de la cabosser, c'est là que nous avons passé notre première nuit.
Il rit et sortit lui ouvrir la portière.
- Alors, nous la garderons toujours en souvenir. Il faudra aussi acheter le River Green, le Mauritania. Et pourquoi pas le collège Saint-Paul de Londres !
- Idiot ! Ne recommence pas à te moquer de moi !
- Je ne me moque pas, c'est sérieux.
- Alors, c'est que tu es fou ! dit-elle en pouffant et en ouvrant la porte d'entrée.
- Oui je suis fou ! fit-il après l'avoir prise dans ses bras pour franchir le seuil.
- Terry ! Je peux marcher toute seule ! protesta-t-elle en le laissant quand même l'embrasser dans le cou.
- C'est toi qui me rend fou ! murmura-t-il d'une voix rauque en voulant encore glisser sa main sous l'étole, dans le bas de son dos.
Elle se débattit encore pour la forme, il allait ruiner sa surprise. Mais elle sentait sa résistance fondre, ses baisers la brûlaient. Elle se laissa aller contre lui mais il cessa de lui-même et la reposa sur ses pieds.
- J'ai hâte de goûter à ta cuisine ! dit-il d'un ton plus sérieux, j'ai faim.
- Nous allons passer à table dans quelques minutes, chéri. Va m'attendre au salon, sers-toi un apéritif. Je t'appellerai dès que ce sera prêt.
- Tu ne veux pas que je t'aide ?
- Ça va aller. Va plutôt te reposer, tu dois être fatigué après deux heures de représentation.
- Pas du tout, j'ai seulement très faim.
Elle lui sourit avant de s'éloigner.
« Place pour le deuxième acte mon amour. Je vais te rassasier jusqu'à en frôler l'indigestion. La nuit commence à peine. »
-OOOoOOO-
- Chéri ! Tu peux monter, c'est prêt !
Il éteignit sa cigarette, revenant à la réalité. C'était inutile de se perdre plus longtemps dans ses songes, elle était là haut, c'était sa voix cristalline qui l'appelait pour la rejoindre. Alors pourquoi avait-il cette impression d'avoir tout rêvé depuis deux mois jour pour jour qu'il était entré pour la première fois dans cette demeure ? Il savait bien au fond de son cœur, avant même d'ouvrir cette porte, que c'était elle qu'il retrouverait. Son cœur ne lui avait jamais menti, il brûlait quand elle s'approchait depuis leur première rencontre sur le Mauritania. Pour elle seule, il ressentait cette chaleur et cette paix intérieure. Et il était maintenant certain qu'elle ressentait la même chose, seulement pour lui. Alors pourquoi se sentait-il si nerveux, comme si il allait la voir pour la première fois ? Il sourit, c'était peut-être le cas. Elle était si surprenante, un peu plus merveilleuse chaque jour, si faite pour lui.
La porte de son petit salon était ouverte, une table ronde y était dressée. La pièce était pleine de fleurs, quatre chandeliers aux quatre angles l'éclairaient d'une douce lumière. « Un vrai dîner aux chandelles », pensa-t-il. Sa voix sortit de la chambre attenante.
- Ôte ta veste mon amour, tu n'auras pas froid ici. Si tu pouvais aussi ouvrir la bouteille de champagne, je n'y suis pas arrivée !
Il posa sa veste sur le dossier du sofa et prit la bouteille qu'il coinça entre ses jambes en faisant glisser le bouchon. Il faillit la lâcher, son cœur s'emballa en voyant l'apparition enchanteresse qui se tenait devant lui. Elle avait enlevé son étole et la résille qui enserrait ses cheveux. Ils étaient tirés vers l'arrière, ornés de petites étoiles argentées qui projetaient des éclairs dans la pièce. Il en fut un instant ébloui et fasciné, l'ovale de son visage était plus fin ainsi, plus sophistiqué, ses yeux plus verts et profonds. Mais la respiration lui manqua en découvrant la robe qu'elle portait, que son étole ne couvrait plus. Une robe si moulante, au décolleté en V qui dévoilait le creux de sa poitrine et en épousait ses seins hauts arrondis. Une robe si blanche et si fine qu'elle en était presque transparente. Une robe totalement dénudée dans le dos, jusqu'aux reins. Un dos parfait de finesse et de sensualité qu'elle lui dévoila en faisant un tour sur elle-même en riant devant son air ahuri et paralysé. Le bouchon de champagne sauta au plafond, ce qui le réveilla et la fit rire davantage. Elle attrapa vite une coupe sur la table pour que le liquide ambré ne se déverse sur la moquette.
- Serais-tu devenu maladroit ? dit-elle d'un clin d'œil coquin en lui tendant la coupe et en remplissant une autre.
Il ne répondit pas, il était toujours incapable de bouger.
- Et timide ? poursuivit-elle d'un regard séducteur.
- Qui ne le serait pas ? réussit-il à dire d'une voix fébrile.
- Tu la trouves trop osée ?
Elle prit un air candide et un ton gêné, en essayant de rougir un peu sous son regard fiévreux.
- Peut-être qu'il vaudrait mieux alors que j'en mette une autre, je ne voudrais pas que…
- Non, garde là ! s'empressa-t-il de dire. Ce serait dommage d'enlever une pareille merveille. Dothy s'est encore surpassée.
- Celle-là, c'est moi seule qui l'ai imaginée, elle l'a juste dessinée. Bien sûr, elle ne peut être portée devant n'importe qui. C'est pour ça que j'ai du garder mon étole toute la soirée. Tu aimes ?
- Tu as vraiment besoin que je te réponde avec des mots ?
Elle baissa joliment les yeux devant son regard de feu qui en disait tellement, jouant le rôle de naïve qu'elle comptait garder durant tout le dîner pour essayer de le faire patienter. Elle leva sa coupe.
- Buvons à ton éblouissant succès et aux futurs !
- Et à l'amour, ma déesse, notre amour !
Il lui sourit de sa manière la plus séductrice, celle qui la rendait pantelante, en cognant dans sa coupe.
« C'est l'arroseur arrosé ! Voyons qui craquera le premier ! » se dit-elle en buvant une gorgée pour calmer sa gorge asséchée. »
Mais pendant tout le repas, il sut garder cette impassibilité qui le caractérisait. Ils dégustèrent les mets raffinés qu'elle avait mis la moitié de l'après midi à confectionner, les yeux dans les yeux et le silence n'était perturbé que par les compliments qu'il lui faisait après chaque plat. Et vint le dessert, son incomparable gâteau au chocolat selon Dothy, accompagné d'un sorbet au citron.
- Avec toi et tous tes talents, plus on mange et plus on a faim ! émit-il en plongeant sa cuillère avec délectation dans sa part de gâteau, tout en la fixant avec insolence.
- L'appétit vient en mangeant ! lui répondit-elle de ce même ton équivoque.
- Dothy a encore raison, dès qu'on goûte à ta cuisine, tout ce qu'on a pu manger auparavant nous semble bien médiocre !
- Il y a beaucoup de cordons bleus en ce monde trésor mais merci.
- Aucune aussi belle, ça donne aussi envie d'y goûter !
- Si tu as encore faim, reprends une part de gâteau ! dit-elle d'un ton innocent après un sourire très audacieux et tout en le frôlant volontairement de son bras nu alors qu'elle s'était levée et positionnée derrière lui pour desservir les coupes. Il réussit à rester maître de lui tout en recevant une brassée de senteur de roses sous ses narines.
- Plus tard. Je crois qu'une autre bouchée pourrait me faire exploser.
- Alors, je vais le remettre au frais ou il va fondre avec cette chaleur.
Il fixa son dos nu pendant qu'elle rangeait le gâteau et les restes du repas dans une armoire réfrigérante. Ses mains se mirent à le démanger et sa bouche s'ouvrit de désir. Mais il résista encore, essuya vite son front si chaud et répondit à son nouveau sourire dès qu'elle se retourna. Elle se dirigea ensuite vers un angle de la pièce où trônait un phonographe sur un haut tabouret, choisit un disque, revint vers lui d'un sourire encore plus ravageur et lui envoya un clin d'œil malicieux.
- J'ai quelque chose pour te faire digérer, écoute bien et fais-moi danser.
Une musique envahit alors le salon, une valse, leur valse, celle qu'ils avaient dansée lors du festival de mai il y a six ans. Elle lui tendit sa main fine et blanche, lui décocha un autre regard irrésistible quand il fut levé et qu'il la domina d'une tête, ce qui lui offrit une vue plongeante sur son décolleté, qui le rendit presque paralysé. Il se laissa emmener au milieu de la pièce comme un petit chien, quand sa main se posa sur sa taille, là où la peau était nue, il crut qu'il allait s'évanouir.
- Je l'ai déniché chez un brocanteur de Brooklyn, c'est romantique, non ?
Est-ce qu'elle attendait une réponse ? il se sentait incapable de parler, de penser à autre chose qu'à essayer de se contenir. Il était désormais évident qu'elle avait organisé toute cette mise en scène pour cette fois aller jusqu'au bout du chemin entamé il y a deux mois. Il ne la savait pas perverse au point de le laisser repartir sur cette faim dévorante qui le submergeait des pieds à la tête. Cette robe en était la preuve, trop sexy pour un regard autre que celui d'un mari ou un amant, trop indécente pour qu'un homme normalement constitué n'en soit troublé, presque un appel au viol. Une goutte de sueur lui coula dans les yeux, elle lui essuya et dit d'un ton innocent :
- Tu as chaud chéri ? Enlève ton gilet, tu te sentiras mieux.
Elle le fit elle même, ce qui électrisa sa peau quand ses doigts s'attardèrent sur sa chemise et augmenta encore son supplice. C'était pourtant très grisant, très érotique et sans précédent pour lui. Il n'aurait donné sa place pour rien au monde mais il essayait de tenir puisque c'est ce qu'elle désirait, faire durer les choses le plus longtemps possible. Une autre goutte coula, qu'elle essuya à nouveau en souriant. Puis sans le prévenir elle lui dénoua sa cravate, très lentement puis les deux premiers boutons de sa chemise et lui souffla dans le cou pour le rafraîchir. Cette fois, il se crut au bord du point de rupture, avala sa salive et voulut la serrer contre lui. Mais c'est à cet instant que la musique se tut, prétexte ou hasard, elle s'esquiva pour arrêter le gramophone. Lorsqu'elle se retourna à nouveau et lui sourit avec tant de confiance, il réussit à se retenir de ne pas se jeter sur elle tant il n'en pouvait plus. Il entendit les battements de son cœur résonner dans sa poitrine, elle dut les entendre aussi car elle eut un regard plus amoureux et lui dit d'une voix douce et tendre :
- Je vais chercher ton cadeau, ne bouge pas.
Il ne voyait pas comment il l'aurait pu, ses jambes lui semblaient si faibles. Mais il eut encore la force d'un sourire timide et tenta de calmer son corps pendant son absence. Elle revint trente secondes après de la chambre attenante, portant un paquet volumineux qui la couvrait jusqu'à la taille et qu'elle posa sur le sofa. Elle lui fit alors signe de s'approcher, il réussit à faire les trois pas nécessaires et observa la forme sous le papier de soie.
- C'est un tableau ? murmura-t-il d'une voix éraillée.
- Oui, un tableau peint par Gino.
Il sonda son regard malicieux et pâlit en entendant la suite.
- J'ai posé pour lui.
Elle sourit encore devant son air stupéfait et se moqua pour le faire réagir.
- Ouvre-le, il ne te mordra pas !
Un sursaut d'orgueil traversa ses prunelles bleues et il dénoua la ficelle d'un geste brusque. Il en fit autant du papier mais plus délicatement pour ne pas risquer d'abîmer la toile. Sa main avait retrouvé de l'assurance, mais ça ne dura pas, en découvrant l'œuvre de son ami, elle se mit à trembler. Il leva la tête et s'aperçut qu'elle avait disparu, le bruissement de sa robe lui indiqua qu'elle était retournée dans la chambre, il sut qu'elle l'avait fait pour lui épargner un trop plein d'émotivité en sa présence, plus que pour sa propre pudeur. Mais il était au dessus de ça désormais, il n'avait pas honte d'être si ému et il savait qu'elle aimait ça en lui et n'y voyait surtout pas faiblesse, au contraire. Et il laissa l'émotion le gagner entièrement en contemplant cette beauté nue couchée au milieu d'un tapis de pétales de roses. Si belle, si désirable, si troublante qu'il en trembla de la tête aux pieds mais ce qui le troubla le plus, ce n'était pas son corps parfait, sa peau diaphane, ses seins si appétissants, ses cuisses merveilleuses dont l'une repliée cachait la partie la plus intime de son anatomie. Tout ça le confortait dans cette certitude qu'elle était extrêmement belle et aux courbes sublimes, il en connaissait déjà les formes surtout avec la robe qu'elle portait ce soir. Non, ce qui le troublait le plus, c'était son visage peint de trois quart et en particulier ce regard si empli d'amour, un regard qu'elle ne posait que sur lui, son regard, si réalistement transcrit sur la toile par son ami Gino. Il n'arrivait pas à s'en détacher, il se sentait hypnotisé par lui, une voix sortant de la chambre, si douce et si sensuelle l'y obligea.
- Terry ! Viens, mon amour !
Il dut mettre un siècle pour la rejoindre, les quelques mètres jusqu'à sa chambre lui parurent des kilomètres tant ses jambes étaient faibles. Mais il réussit à franchir le seuil de la chambre et la vit de dos vers la fenêtre aux rideaux rouges tirés, on aurait dit une statue mais une statue qui parla.
- Je pense que Gino a un peu déformé la réalité mais ce n'est que mon avis. Je te laisse juger par toi même, voici maintenant … l'original.
Elle fit glisser lentement les bretelles de sa robe qui tomba sur la moquette dans un bruissement de soie. Elle était désormais entièrement nue.
- Au cas où il te resterait encore des scrupules, reprit-elle d'un ton toujours aussi doux mais plus volontaire, porte ton regard sur la commode. Tu y verras la preuve qu'il n'y a plus aujourd'hui aucune raison de ne pas accepter ce dernier cadeau. Je suis libre et Candice Neige André voudrait que tu lui fasses l'amour !
Note de l'auteure:
AVERTISSEMENT, la fin du chapitre contient des scènes érotiques
Il jeta un bref coup d'œil sur l'acte de divorce en soupirant de joie intérieurement puis reprit le court chemin sur son magnifique corps blanc. Il la vit ensuite se retourner lentement, un bref regard sur le sien mi-timide, mi-impatient, cette fois il s'avança vers elle plus vite et plus assuré. D'abord, il finit de calmer ses nerfs en la serrant fort contre lui, elle mit naturellement ses bras autour de sa nuque et son visage contre son torse, il la sentit plus nerveuse qu'elle ne l'avait montré, son corps frémissait. Il la rassura en murmurant plusieurs fois son prénom avec adoration puis en allant chercher ses lèvres pour un baiser réconfortant avant de poursuivre l'aventure. Il commença par caresser ce dos qui l'avait tant nargué, ses épaules, ses bras, puis le creux de ses reins et pour arriver à ses si jolies fesses, il reprit sa bouche en l'attirant plus près, elle se hissa sur ses orteils pour lui faciliter la tâche. Quelle douceur, quelle volupté, jamais il ne ressentit autant de bonheur qu'en cet instant délicieux. Elle reprit alors confiance en elle et ses doigts ôtèrent un à un les boutons de sa chemise et une fois son torse mis à nu jusqu'à la taille, elle y posa sa paume entière et se mit à le caresser comme lors du pique-nique, d'abord légèrement puis plus sensuellement en commençant déjà à soupirer de plaisir. Sa bouche s'arracha de la sienne, impatiente d'y goûter enfin. Il sentit sa peau s'hérisser, ses tétons se durcir sous ses lèvres fraîches glissant de plus en plus bas, jusqu'à son nombril qu'elle s'attarda à butiner avec gourmandise. Titillé jusqu'à finir par émettre un gros soupir d'extase, il la souleva de terre et l'emporta jusqu'au lit, elle s'accrocha à son cou en penchant la tête, la bouche humide et les yeux fiévreux plongés dans les siens un peu plus brillants encore. Il la déposa au centre du couvre-lit rouge, se débarrassa de sa chemise d'un mouvement hâtif, en fit autant de ses souliers qu'il abandonna à terre et s'allongea à ses côtés sans la quitter des yeux. Il l'admira encore quelques minutes, intégralement, puis lui murmura à l'oreille :
- Tu es encore plus belle en vrai mon amour, rien n'est plus beau en ce monde que toi, merveilleuse Candy !
- Je t'aime ! répondit-elle seulement d'un soupir et par son regard humide.
Il sourit béatement avant de plonger dans cette nouvelle aventure, vécue en rêves d'innombrables fois et enfin réelle ce soir. Ses mains explorèrent son corps diaphane jusqu'à plus soif, puis ses lèvres jalouses en firent autant. Ses beaux seins blancs et fermes le firent soupirer davantage, elle gémissait déjà elle aussi tant, un cri jaillit de sa gorge lorsque la bouche de Terry effleura son trésor blond. Il résista alors à le goûter davantage pour l'instant, il fallait que ce soit inoubliable, que tous les plaisirs les submergent un à un avant l'explosion suprême. Il posa alors une main sur sa gorge et la laissa apaiser son corps en se contentant d'un long et délicieux baiser qu'elle apprécia autant puisqu'elle désirait la même chose, que ça dure le plus longtemps possible. Alors elle retira ses lèvres, se positionna de côté face à lui et en caressant ses mèches brunes lui dit en souriant :
- Tu sais, Gino m'a donné un autre tableau, il m'a dit qu'il n'était pas imaginable qu'il soit loin de l'autre, tu devines lequel ?
- Je crois ! répondit-il d'un demi sourire narquois. Alors, tu as vu ce gringalet, pas terrible, n'est-ce pas ?
- Eh bien, franchement, je ne peux te dire que ce que tu es devenu me laisse indifférente, c'est évidemment très beau, très sexy et très rassurant pour une femme.
Elle fit glisser ses doigts sur sa musculature en même temps qu'elle parlait, ses biceps ronds, ses épaules sculpturales, puis ses pectoraux saillants, ses yeux en suivaient aussi les formes, trahissant son désir et son admiration.
- Mais, ça n'aurait rien changé pour moi si tu étais toujours comme sur ce tableau, plus mince c'est vrai mais pas gringalet, n'exagère pas, et déjà merveilleusement beau. Tu es vraiment extraordinairement beau Terry, à mes yeux le plus beau de tous et j'ai hâte de le constater encore un peu plus !
- Ne te gêne pas, je n'attends que cela ! dit-il d'une voix plus rauque.
Elle rosit quelques secondes, baissa les yeux sous les siens si flamboyants, on aurait dit une nuit d'été étoilée. Mais la curiosité et le désir furent les plus forts, ses émeraudes replongèrent dans ses prunelles, ses mains glissèrent de sa gorge à son ventre avant d'emprisonner le bouton de son pantalon et la fermeture éclair qui s'ouvrirent d'un geste rapide. Ses doigts blancs effleurèrent ce nouveau morceau de peau, le fin sillon de poils bruns qui s'enfonçait sous le bout de tissu de coton de son slip blanc. Elle traça d'un doigt la limite, allant jusqu'à la naissance de sa hanche, tira un peu sur le pantalon, juste un peu, pour apprécier chaque nouveau centimètre carré de peau inconnue. Un petit bout de sa fesse droite lui apparut, elle caressa quelques secondes ce morceau de peau douce qui devint colline un peu plus loin, ferme, lisse et ronde. Puis elle la délaissa, sa main revint sur la ceinture du pantalon, l'autre se glissa sous sa hanche gauche, au point opposé et elles tirèrent simultanément sur la flanelle noire pour l'en débarrasser. Elle le fit le plus lentement possible pour que son regard ait le temps de découvrir chaque centimètre de ses cuisses, très musclées elles aussi mais sans exagérations, toutes en longueurs et en souplesse, à peines velues sur le haut et un tout petit peu plus après les genoux mais de poils fins et assez courts, ce qui n'en cachait pas les courbes souples. Des jambes de dieu Grec qu'elle caressa avec appétit quelques autres secondes, en essayant de ne pas trop vite s'attarder sur ce renflement si évident sous son slip trop moulant. Elle ne l'avait aperçu qu'un quart de seconde mais ça avait été suffisant pour estimer l'état d'excitation et la mensuration de son propriétaire, aussi harmonieux que le reste de sa personne. Il appréciait vraiment beaucoup sa façon de le dénuder morceau par morceau, ça l'excitait davantage mais sa faim était maîtrisée par cette nouvelle sensation, être objet de désir de la femme tant aimée, se sentir séduisant et viril tout en laissant son côté doux s'exprimer. Il se tourna un peu plus vers elle en pliant un peu sa jambe droite, ça masqua sa virilité mais offrit une vue plus grande de ses fesses. Elle comprit son message mais commença par revivre l'expérience de son dos, les yeux plongés l'un dans l'autre, les bouches s'effleurant et mêlant leurs arômes chauds. Puis, quand sa main s'en sentit un peu rassasiée, elle s'aventura sous le fin tissu blanc et se reput de ces monts charnus. Sa bouche partit aussi à l'aventure, sa gorge et son épaule brûlèrent sous son haleine épicée, elle soupira à nouveau, il laissa lui aussi s'exprimer son désir puissant en caressant ses seins plus voluptueusement. Quand les doigts de sa dulcinée frôlèrent son membre dressé dans son slip, il laissa échapper un son de contentement en s'arquant et se laissa retomber sur le dos pour qu'elle accomplisse ce qu'il restait à faire. Elle choisit encore la manière la plus lente et excitante possible, sa bouche parcourut de petits baisers son torse jusqu'à sa cuisse, encercla son bas ventre, la couture du tissu puis se posa sur la bosse en trois petits baisers chatouilleux qui le firent gémir et frémir des pieds à la tête. Et enfin, elle se décida à le dévoiler, le tissu glissa encore sous ses mains. Il se dressa sous son regard, dur et volumineux, tendu à l'extrême, entouré de poils plus fournis et veiné du bleu de l'impatience. Elle sentit alors son bas ventre lui crier son envie de l'avoir en elle sur le champ et ne put s'en cacher.
- Oh ! Terry ! Nous n'avons plus besoin d'imaginer que nous sommes ensemble, nous le sommes enfin, cette fois c'est vrai, je t'attends depuis si longtemps, je brûle, viens, je t'aime !
Il ne lui laissa pas une seconde d'insupportable attente, il l'enveloppa de son corps, elle le reçut sur elle comme un cadeau, un sourire de bonheur maquilla son visage pâle et ses yeux troublés. Il devait avoir cette même pâleur, cette même fièvre dans les yeux, il lui sourit de la même façon.
- Je t'attends depuis encore plus longtemps, mais ça en valait le coup, jamais je n'ai rien ressenti de tel, pour la première fois enfin, je fais l'amour, c'est… incomparable ! Oh ! Je t'aime !
Elle le sentit enfin entrer en elle, elle l'enserra de ses bras et de ses jambes en gémissant, unis enfin au plus près qu'un homme et une femme peuvent l'être. Elle savoura l'instant où il choisit de mémoriser cette sensation sans bouger encore mais en collant sa peau et sa bouche aux siennes par un long et profond baiser. Puis ce ne fut plus possible de patienter davantage, la chaleur envahissant chaque parcelle de leur corps les métamorphosa en amants passionnés. Dans la chambre résonnèrent soupirs et halètements, gémissement de plus en plus profonds et réguliers, craquements du lit quand les instants plus frénétiques succédaient à d'autres plus langoureux pour faire durer le plaisir. Quand il la voyait sur le point de basculer aux frontières sans retour, il ralentissait ou remplaçait cette danse par d'autres baisers, d'autres mots tendres, d'autres caresses et elle le suivait de toute sa confiance. Il réussit à faire durer au maximum cette intense étreinte, s'il n'avait pas eu en tête que son plaisir à elle comptait plus que le sien, il n'aurait pu tenir bien longtemps après pareille excitation et si longue abstinence. Mais vu qu'elle s'efforçait aussi de lui donner autant qu'elle en recevait et elle était généreuse dans ce domaine aussi et pas timide, il se sentait inondé d'amour et c'était un autre plaisir si bénéfique. Mais quand il la vit les yeux plus ouverts, si ouverts que le vert débordait d'humidité, quand ses halètements devinrent petits cris, quand ses cuisses se replièrent pour emprisonner les hanches de son partenaire, il sut qu'elle allait atteindre le sommet. Alors, il relâcha sa volonté, s'empressa de la rejoindre et laissa les choses se faire d'elles même. Et une énorme explosion les submergea à la même seconde. Elle la fit transparaître par un cri profond et à peine étouffé par son poing collé à sa bouche et son autre main agrippée au couvre-lit de satin rouge tant l'orgasme fut long. Il la laissa déborder par des spasmes de ses muscles qui le firent trembler plusieurs secondes, s'inonder de sueur, s'arquer sur ses deux bras tendus et grimacer tant la jouissance était forte. Puis une sensation de bien-être les envahit, il posa sa tête sur ses seins, emmêlé contre son corps. Elle caressa ses mèches brunes en savourant cette délicieuse plénitude, les battements de cœur ralentirent dans les corps repus l'un de l'autre, les âmes heureuses, le destin ne les avait pas trahi cette fois, l'espoir les inondait.
Un engourdissement dut finir par la gagner car quand elle rouvrit les yeux, ramenée à la réalité, elle était seule au milieu du lit. Deux secondes de panique, aurait-elle encore rêvé ? Non, elle sentait son parfum boisé, sa chemise était négligemment posée sur le chevet droit, elle la prit et la huma avec bonheur. Et elle vit le rai de lumière sous la porte, il était à côté. Le réveil indiquait deux heures cinq, elle calcula un endormissement d'à peine une heure. Elle se leva, revêtit un déshabillé de dentelle blanche et pieds nus et à pas de loup, alla entrouvrir la porte silencieusement. Elle le vit attablé, aux trois quarts de dos et toujours nu, occupé à dévorer un gros morceau de gâteau au chocolat et plongé dans le tableau posé sur la seconde chaise face à lui. Elle franchit la distance qui les séparait sur la pointe des pieds et fit un « coucou ! » aigu vers son oreille. Il sursauta si fort qu'il s'étrangla. Elle rit tout en lui tapotant le dos pour qu'il avale.
- Tu n'as pas honte ? réussit-il à dire en toussant encore.
- Non chéri, je te le devais, souviens-toi en Ecosse, les fantômes ! Un à un mon cœur !
- Ma démarche avait pour but de t'avoir dans les bras, pas de t'étouffer ! Ça ne t'a pas suffit de m'avoir fait frôler l'attaque, petite démone ? Gronda-t-il ensuite, faussement fâché en l'attirant sur ses genoux.
- Alors tu n'as pas aimé ? Minauda-t-elle en s'alanguissant un peu plus sur ses genoux.
- Oh ! Si, diablesse et ce n'est que le début, j'espère !
- Seulement si tu en as envie, rajouta-t-elle la bouche en cœur avant d'avaler la cuillerée de gâteau qu'il lui mit de force dans la bouche.
- Puisque l'appétit vient en mangeant, sache que j'ai une faim de loup ! répondit-il d'un regard sans équivoques.
Il lui lécha le coin des lèvres tartiné de chocolat, elle rit sous les chatouilles puis prit la cuillère et lui fit subir la même chose. Tout ça finit bien sûr par un long et délicieux baiser, puis elle savoura quelques instants, lovée dans ses bras avant de rouvrir la bouche.
- Tu n'as pas sommeil, chéri ?
- J'ai passé assez d'années dans mes rêves, je préfère aujourd'hui la réalité.
- Moi aussi, c'est mieux que tout ce que j'ai pu rêver.
- Je n'arrive pas encore à croire que tu aies pu faire ça ! dit-il après quelques secondes à l'avoir serrée plus fort.
- Fait quoi ?
- Le tableau, tu étais si timide avant, c'est d'ailleurs la seule chose qui ait tant changé en toi.
- Je n'étais pas timide mais adolescente et ignorante. Et toi, pourquoi l'as-tu fait ?
- Je ne sais pas, par ennui ou défi, les deux sans doute. Gino le voulait, j'ai voulu lui faire plaisir et lui prouver que j'avais confiance en lui. Mais je n'ai jamais eu envie de le voir.
- Et maintenant ?
- Bof !
- Tu as tort, il y a quelque chose d'intéressant à voir.
- Quoi donc ?
- Il faut accepter de le voir pour le savoir chéri !
- Alors, montre-le-moi.
Elle poussa un cri de joie et retourna dans la chambre. Quand elle en revint, elle tenait un tableau de la même taille que l'autre dans les mains mais à l'envers pour lui cacher l'œuvre. Elle alla d'abord déplacer une autre chaise qu'elle mit à droite de l'autre, posa le tableau dessus et s'écarta pour qu'il puisse les voir tous les deux. Puis elle attendit son jugement qui fut long à venir tant la surprise couvrait son visage.
- Incroyable ! émit-il enfin, sacré Gino !
- N'est-ce pas que c'est magnifique ! On dirait bien que tu me regardes et que je te regarde et que les deux tableaux se prolongent comme s'ils n'en faisaient qu'un ! Je ne sais pas s'il y a pensé en peignant le tien mais certainement avant de faire le mien car il m'a dit que les deux tableaux devaient être réunis aussi. Et avoue que tu es divinement beau trésor !
Il fit une grimace amusée mais ne la contredit pas, lui plaire lui plaisait beaucoup trop. Elle reprit le chemin de sa bouche puis inonda sa gorge et sa poitrine de petits baisers qui finirent de remettre le feu en son corps. Il défit la ceinture de son déshabillé, écarta les pans et caressa ses seins hauts, puis ses cuisses et enfin son antre blonde. Elle gémit très vite, il la fit se relever et il y posa ses lèvres et sa langue qui la rendirent haletante et frémissante. Il lécha l'ondée suave qui suintait autour de son bourgeon dur. Elle geint, il suça ce bonbon acidulé, but encore à la fontaine d'extase en la maintenant par les fesses car elle vacillait, ondulait et haletait sans honte. Quand elle se mit à trembler de partout sous un soupir bruyant de contentement, il la calma en la gardant contre sa bouche, se laissant caresser les lèvres par l'onde de sa jouissance, des gouttes tièdes qui coulaient sur mon menton puis sa gorge. Les minutes passèrent ainsi, elle reprit une respiration calme, ses mains caressaient le sommet de la tête de Terry. Il leva les yeux sur elle, elle arborait un air béat et adorateur. Il s'extasia et lui dit :
- Tu es mon amour ce qu'il y a de plus beau et de plus fait pour moi sur cette terre, une œuvre d'art. Comment ai-je pu passer tant d'années sans toi ! Je tuerai plutôt que de laisser encore à un autre !
- Il n'y aura plus jamais que toi, répondit-elle dans son regard, d'une voix rauque.
- Il n'y a jamais eu que toi ! acheva-t-il d'un ton profond avant de se lever, l'emporter à nouveau dans ses bras jusqu'à la chambre où ils s'adonnèrent encore aux mille et une manières de s'aimer et se le prouver.
Fin du chapitre 9
