« Nous l'avions rêvé » de Diogène
Chapitre 15 « La force du destin »
Anthony raccrocha, furieux et se dit ensuite qu'il avait bien fait de décider il y a plusieurs jours de se préparer à quitter le cabinet Bradley. Il alla voir ce qu'il avait eu le temps de subtiliser à son patron et se félicita d'avoir emmené la veille la copie de tous les clients qu'avait eus Bradley depuis cinq ans. Puis il appela la gare, un train qui allait à Chicago partirait ce soir et un autre partait dans trois heures pour Détroit. Il réfléchit, même s'il trouvait ensuite un transport pour faire Détroit Chicago rapidement, il raterait encore la pièce, donc ça ne servirait qu'à compliquer son trajet d'aller à Détroit. Et puis il devait d'abord aller à la banque, télégraphier, chez le coiffeur et s'acheter une ou deux chemises car depuis son divorce il n'avait rien renouvelé, Candy le faisait si bien. Pour la cuisine c'était pire, il n'y avait plus rien de comestible dans les placards, il prenait même les petits déjeuners au bar désormais. C'était propre car la concierge lui avait trouvé une femme de ménage sinon ce serait dégoûtant. Il ne savait rien de ces tâches ménagères, comme beaucoup d'hommes, mais trouvait maintenant cela handicapant s'il envisageait d'adopter un enfant même déjà grand. Il se demanda si Terrence était plus doué que lui, difficile à dire vu son milieu d'origine mais avec lui, l'apparent ne voulait rien dire. Machinalement, il chercha parmi ses dossiers emportés celui de l'acteur et relut sa fiche. Il n'y avait pas prêté attention à l'époque, aujourd'hui il l'étudia en détails. Il constata d'abord qu'il était plus jeune que lui mais de peu, trois mois de moins, c'était presque pareil donc question âge. Il s'aperçut ensuite que son jour de naissance était le 28, double du 14, son jour d'anniversaire et quadruple du 7, celui de Candy. C'était drôle comme hasard. Sinon il se souvenait qu'il était né à New York et pas à Londres et qu'il avait donné en profession le seul titre d'acteur alors qu'il était déjà devenu metteur en scène et un acteur de théâtre renommé. Il ne semblait pas faussement modeste, il lui avait dit qu'il pouvait redescendre s'il croyait son succès acquis ; non, c'était quelqu'un qui se connaissait bien, ne trichait pas avec lui-même ni avec les autres. Il survola les autres pages de l'acte de divorce et ne s'arrêta qu'à sa signature juste après le : lu et approuvé. Il trouva ses p et ses accents aussi longs que les siens, ses o étaient bien ronds et tout penchait à gauche, comme lui, étrange. Tout cela lui donna envie de le connaître mieux autrement qu'à travers Candy et tout le reste, de pouvoir même lui parler de maints sujets, même de Candy et sans méfiance ni gêne. Un ami, un vrai, était quelqu'un à qui on pouvait tout dire, il n'en avait eu aucun vraiment à part Candy et son oncle. Même avec Archibald c'était resté surtout familial, sinon cela n'avait pu aller au delà de la camaraderie à Paris, et à Chicago d'un bon collègue et de bons amis de Candy qui l'appréciaient aussi. Et ici rien sauf un patron haineux qui avait osé insulter Candy de traînée et qui devenait un ennemi désormais. Il n'avait pas besoin d'un ami pour se sentir moins seul mais pour partager ce qu'il avait de meilleur en lui et recevoir autant. Il rangea ses papiers en espérant pouvoir au moins croiser encore ce regard bleu océan à Chicago, pour y lire qui sait, un nouveau message qui l'aiderait à commencer une nouvelle vie.
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Le rideau tomba sous l'ovation des spectateurs. Quand ceux-ci virent qu'au troisième rappel les acteurs ne revenaient plus sur scène, ils se levèrent pour gagner la sortie. Candy et sa famille laissèrent la salle se vider, écoutant au passage les commentaires. Tous bons et encore des réflexions admiratives sur le jeu de Terrence et sa performance physique. Albert serra la main de Candy encore toute émue de la surprise de Terry qui, une fois remercié la salle, remercia les familles André et Cornwell pour leur présence et dédia cette soirée à celle qui l'avait inspirée depuis cinq ans sur scène : sa fiancée et bientôt épouse, la merveilleuse Candice Neige André. Annie, à sa gauche avait aussi encore des larmes dans les yeux, autant pour la mort de Cyrano que pour la dédicace et entraîna Candy à l'écart une fois la salle vidée.
- Candy ! Comment ai-je pu être si aveugle ? Toujours je serai nulle en sœur pour toi ! Heureusement que tu as trouvé une amie plus douée que moi.
- Allons Annie, tu ne pouvais deviner ce que je cachais exprès, j'avais si honte d'aimer toujours et à jamais Terry. Mais j'aimais aussi Anthony, et je l'aimerai toujours comme lui m'aime, platoniquement. Dothy, étant étrangère à ce passé a eu plus d'indices pour deviner et démêler tout cela mais elle est mon amie d'abord parce que je l'aime pour ce qu'elle est. Je t'aime aussi pour ce que tu es, depuis toujours, comme une sœur et personne ne peut te remplacer dans ce rôle. A part pour celui qu'on aime en époux, le cumul en amitié est agréable, tous uniques mais tous différemment dans nos cœurs. Sèche tes larmes Annie, cette fois je suis certaine d'être heureuse et d'avoir pris le bon chemin pour garder ce bonheur. Souviens-toi, notre rêve d'avoir une famille, il est réalisé. Tu en as deux et moi aussi et nous sommes toujours réunies dans l'une d'elle, c'est merveilleux.
- Oui Candy, et je suis certaine que tu vas maintenant bientôt vivre ton deuxième plus grand rêve, tout a été prévu pour toi en fait, Dieu ne peut que récompenser une si belle âme.
- Une chose à la fois Annie. Pour l'instant, il est l'heure que tu rencontres la fabuleuse troupe du théâtre Lincoln et son illustre metteur en scène et acteur de génie, le plus grand du siècle, de tous les temps même, l'immense, le merveilleux, le grandissime Terrence Grandchester.
Annie sourit devant tant d'adjectifs mais ne put s'empêcher de rougir de timidité à l'idée de voir tant de célébrités. Les années ne l'avaient pas beaucoup débarrassée de ce charmant défaut et elle eut du mal à vouloir entrer dans la loge de l'acteur vedette.
- Annie, c'est Terry qui est derrière cette porte, pas un autre.
- Pour moi Terry c'est loin Candy, je ne suis qu'une admiratrice comme une autre à l'idée de le voir, comprends-le, j'ai un trac fou.
- C'est vrai que je l'aurais eu autant si je le revoyais juste maintenant, même sans l'aimer avec passion. Mais je t'assure que Terry est heureux de te revoir et qu'il a fait d'énormes progrès en galanterie.
Annie respira un bon coup et entra enfin mais la gentillesse et galanterie de Terry firent encore davantage rougir la jeune femme. Il lui baisa la main, la complimenta sur sa beauté et son élégance. Enfin elle cessa de rougir quand il aborda sa grossesse et le petit Jordan que Terry avait pu voir l'après midi, avec son père à la banque juste avant d'aller au théâtre Eléonore.
- Vous avez tous les deux un beau petit garçon, un autre enfant arrive, quelle réussite. J'ai souvent pensé dans ces années de séparation forcée à Archibald et toi, Alistair et Patricia. Hélas, ce couple là n'existera jamais plus mais je l'imaginais toujours uni lui aussi aujourd'hui sans ce triste destin. Ton mari a toujours eu tout mon respect Annie, c'est peut-être même aussi par respect l'un pour l'autre que nous nous se battons si souvent.
- Disons à moitié pour ça, dit-elle avec un sourire sans rougir en jetant un œil sur Candy. Je suis vraiment heureuse de te revoir et de l'avenir qu'on aura ensemble Terry. J'ai eu souvent envie de tenter une demande pour te parler après tes représentations ici mais sans jamais oser pour plusieurs raisons.
- Oui, les mêmes qui m'ont empêché de demander à un employé de te prier toi et Archibald de bien vouloir me voir dans ma loge. Maintenant, tu n'as plus besoin de t'inquiéter à venir acheter des places, je réserverai toujours le premier rang à Chicago à ma famille et la place centrale te reviendra obligatoirement.
- Merci Terry, qui que tu sois où deviennes pour moi, tu es aussi mon acteur préféré. Mais j'ai beaucoup aimé aussi comme joue ton Christian, monsieur Berthier.
- Alors je vais te le présenter Annie, dit Candy mais méfie-toi, c'est un séducteur impénitent mais très sympathique.
- Et il préfère les brunes, rajouta Terry.
Annie rougit de nouveau puis proposa une autre voie.
- Et… Roxane ? Elle est aussi très douée cette actrice, pouvons-nous plutôt aller voir mademoiselle Taylor ?
- Tu verras les deux Annie, et tous les autres vu qu'Albert les a tous invité à dîner. Mais c'est vrai que tu vas t'entendre avec Becky, elle attend comme toi aussi un bébé. Viens, laissons notre vedette se changer Annie, en route !
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Peu après la visite à Becky, Candy entendit un technicien à l'entrée des coulisses dire à quelqu'un qu'il ne pouvait pas entrer et voir monsieur Grandchester. Elle confia Annie à Dothy en grande discussion avec Marie Conrad, la nourrice de Roxane dans la pièce et alla voir de plus près qui voulait tant voir Terry. Elle devina vite en entendant une voix rocailleuse au fort accent italien et une allure prétentieuse et tapageuse.
- Je vous dit que je suis attendue par monsieur Grandchester, menez-moi à lui !
- Mes ordres sont de ne laisser entrer que sa famille et vous n'êtes pas sur ma liste mademoiselle.
- Povero cretino ! Il m'a invitée lui-même, allez-lui demander, vous verrez ?
- Très bien, mais restez derrière la porte, je dois la verrouiller par sécurité.
- Attendez John, fit Candy en se montrant. Mademoiselle, êtes-vous Lola ?
- Si, Lola Rossinella et il signore Grandchester a accepté de me recevoir en privé dans sa loge mademoiselle, dites-lui que je suis là !
- Mais parfaitement ! fit la fiancée de Terry en souriant à cette arrogante et pulpeuse créature. Venez mademoiselle Rossinella, je vais vous conduire à sa loge.
Celle-ci hocha la tête sans répondre à son sourire et la suivit la tête haute. Candy garda pourtant son sourire en frappant à la porte de la loge et ne vérifia pas s'il était présentable dès qu'elle l'entendit dire :
- Entrez !
L'italienne la frôla de sa robe rouge au décolleté profond et pigeonnant sans la remercier et entra sans gêne dans la loge de Terry. Celui-ci laçait ses chaussures et fronça un sourcil en levant les yeux sur elle.
- Mademoiselle Rossinella ? Je pensais que cette visite était devenue inutile, ne nous sommes-nous pas déjà entendus ce matin ?
- Si, si, parfaitement entendus, ma visite n'est qu'amicale, comment partir sans vous dire mon admiration après une soirée si… émouvante ?
Elle avait accompagné chacun de ses mots d'un pas et soupira fort sous les yeux de Terrence en lui étalant ses charmes mais il ne fixa que ses yeux.
- Merci, si la pièce vous a plu c'est aussi ça de gagné pour vous mademoiselle Rossinella. Je vous souhaite le même succès bientôt à New York.
- Donc, je peux compter sur votre promesse, vous me prenez sous votre aile si… rassurante ?
- Je vous trouverai un contrat dans un cabaret chic oui, c'est promis. Mais laissez-moi le temps mademoiselle, je dois d'abord retourner à New York, nous avions convenu d'un mois de délai.
- Parfaitement et j'attendrai sans douter de votre parole. Cependant… il se peut que ce matin, nous n'avons pas eu le temps ou la tranquillité pour discuter de certains détails.
- Quels détails ?
- Disons… de qui pourrait remplacer mon fiancé pour ne pas me sentir seule à New York, dit-elle en le fixant avec gourmandise en gonflant encore le torse.
- Vous aurez un grand choix une fois là-bas, c'est certain.
- Mais il se peut que celui qui me conviendrait le mieux soit devant mes yeux ! Pourquoi chercher ailleurs, vous êtes tout ce qui me plaît… Terrence.
Elle ignora son regard indifférent et voulut s'accrocher à son cou de ses mains, il les lui retira immédiatement en déclinant de la tête.
- C'est non mademoiselle Rossinella.
- Sans même regarder ? Pourtant… je crois avoir de quoi satisfaire un homme comme vous, fort et courageux ! Regardez !
Elle dégrafa son bustier, en sortit ses seins opulents et fermes et se mit plus près de lui. Il les regarda sans émotion, elle lui prit la main et la posa sur l'un d'eux, il fixa ses yeux sombres avec indifférence, elle soupira alors en le lâchant.
- J'ai compris, c'est parce que j'étais la maîtresse de Daniel que vous détestez trop !
- Non, c'est juste parce que je ne veux pas d'autre maîtresse que ma fiancée et future épouse, je l'aime, lui suis fidèle et trouve toutes les autres femmes sans intérêt. Cela n'empêche que vous êtes belle et intéressante dans d'autres critères Lola, donc vous réussirez dans la chanson et trouverez un protecteur fait pour vous à New York, mais ce ne sera jamais moi.
- Avec vous, insister serait stupide, une telle franchise le prouve. Bon, oublions alors mais je le regrette vraiment, même sans autre intérêt que le plaisir, c'est regrettable.
Elle remonta son bustier et vint lui serrer la main mais il la baisa.
- Vous êtes très intelligente Lola, préparez vos bagages, je vous enverrai très vite quelques adresses idéales.
Elle lui sourit à nouveau sensuellement mais sortit sans plus insister. Elle croisa alors le regard de la petite blonde, se souvint de la dédicace dédiée à une fiancée blonde et la reconnut enfin.
- Bravo signorina, vous avez tiré le gros lot ! Tous mes vœux de bonheur !
- Pareillement mademoiselle Rossinella, fit Candy en lui souriant encore gentiment. Puis elle entra dans la loge de Terry, lui sourit et se jeta dans ses bras.
- C'est certain que j'ai gagné le meilleur lot, oh ! je t'adore toi !
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Le Régent, restaurant réputé, était près du théâtre Eléonore, donc la majorité des acteurs s'y rendirent à pieds sauf Becky, Marie Conrad et Terry vu l'attroupement qui l'attendait à la sortie. Philippe réussit à satisfaire une partie des admiratrices en autographes et en mentant en leur disant que Terrence ne sortirait pas avant une heure. Mais il en resta tout de même six à vouloir l'attendre. Albert amena sa voiture devant la sortie des artistes, se chargea lui-même d'y faire monter les deux actrices et Candy. Dothy avait choisi de partir avec les Cornwell un peu avant et un vieux monsieur tout tordu, les six admiratrices pouvaient donc attendre longtemps leur vedette car le vieil homme rajeunit bien vite une fois entré dans le restaurant.
- Personne n'a soupçonné que ce vieux débris était si séduisant et athlétique, dit Dothy en riant et déshabillant le vieillard accroché à son bras de son manteau, sa perruque grise, ses lunettes et sa fausse moustache.
Celui-ci finit le strip-tease en remettant sa chevelure en place puis en soulevant la belle styliste et la faisant tournoyer un peu avant de la reposer d'un seul bras pour prouver ses dires. Philippe avait regardé la scène avec un peu d'envie et cela n'avait pas échappé à Terry. Alors il entraîna son amie vers lui pour discuter en attendant les autres. Il était persuadé depuis son intrusion matinale à Lakewood, vu que Dothy était descendue quelques secondes après Albert, qu'elle partageait sa chambre et donc qu'elle en était tombée amoureuse mais qu'elle ne voulait pas encore que cela se sache. En la voyant si à l'aise avec Philippe et même l'embrasser sur la joue pour le féliciter d'avoir été encore meilleur ce soir, Terry comprit qu'elle le voyait bien seulement en ami désormais alors que Philippe la regardait différemment d'avant, avec tendresse. Lorsqu' Albert entra avec les filles, il lui sembla qu'elle s'était légèrement éloignée de Philippe pour lui parler, mais c'était peut-être un hasard.
Le hasard ou pas avait placé Philippe face à Dothy, tandis que ce n'était pas du tout lui qui avait mis Albert à sa droite. La grande salle avait permis de positionner les tables côte à côte et en carré, ainsi tout le monde se voyait. Terry était à la gauche de Dothy et Candy avait Becky à ses côtés et Annie juste en face avec Archibald, ce qui permettait la discussion facilement. Les autres acteurs et employés s'étaient assis au gré des places et de leurs envies. Candy avait apporté à Becky un présent de son fiancé Christopher et celle-ci s'extasiait encore sur le joli bracelet de perles roses.
- Nous nous marierons dès mon retour, le 28 septembre, ainsi mon ventre ne se verra pas trop. C'est seulement pour les parents de Christopher, bien qu'ils sachent compter, ils préféreront. J'aimerais beaucoup que tu sois là Roxie, Terrence me fait l'honneur de venir, sinon ce sera très simple.
- J'en serai ravie Becky, je t'espère aussi avec Christopher au notre fixé pour le sept octobre suivant.
- Bien entendu ! Nous ferons un voyage de noces plus tard, vers Noël. Tu sais Roxie, ce bébé doit déjà adorer le théâtre car c'est quand je joue que je me sens le mieux de la journée, si légère et sereine. En fait, il ne me donne que peu de désagréments mais sans lui, je suis certaine que j'aurais perçu avec moins de détails la force de transmettre des émotions vu que je joue d'abord pour lui et que je veux qu'il garde un souvenir de tout cela, comme Terrence a dû le vivre dans le ventre d'Eléonore je pense.
- Certainement qu'à défaut de transmettre le talent, cela donne déjà le goût du théâtre. Il serait intéressant de savoir combien d'acteurs le sont devenus déjà dans le ventre maternel mais ça doit être rare, tu n'es peut-être que la deuxième connue.
- Non chérie, intervint Terry, il y a eu avant ma mère et moi rien qu'en Amérique, trois actrices enceintes sur scène ayant eu un fils ou une fille pour suivre cette même voie. Mais il y a eu autant de pères l'ayant transmis et davantage de non transmission de talent, c'est toute une combinaison de choses qui crée le goût pour un art ou autre chose.
- Nous verrons donc à la prochaine génération de Grandchester ! dit Dothy d'un sourire.
Terry prit cela avec un grand sourire, Candy avec un petit et la pensée que ça suffisait toutes ces allusions à ce que personne ne pouvait décider et qui blessait quand cela n'arrivait jamais. Alors elle coupa court en demandant à Philippe de raconter des anecdotes de ce premier mois de tournée.
Au milieu du repas, Philippe soupçonna fort que Dothy et Albert André étaient plus que des amis. Deux fois il s'était penché pour lui parler à l'oreille, leurs mains se frôlaient parfois sur la table sans qu'ils en soient gênés et Candy semblait chercher aussi des détails pour deviner leur lien exact et donc secret si elle-même l'ignorait. Il chercha alors ensuite à avoir une certitude en menant une joute oratoire que seul Terry comprit vraiment.
- Dothy, tu as déjà raconté à Candy comment nous avons failli passer la nuit enfermés dans le métropolitain de New York suite à une panne d'électricité ?
- Non Philippe, mais tu vas le faire bien mieux que moi alors.
Dix minutes après, ceux qui avaient écouté cette histoire qu'on pouvait en fait résumer en une phrase, se dirent que Philippe était doué pour conter et tenir en haleine un auditoire. Dothy rajouta d'ailleurs que l'entendre était bien plus passionnant que de l'avoir vécu et Philippe choisit de se vexer qu'elle avoue s'être ennuyée avec lui.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit Philippe, c'est d'être coincée une heure dans le métro qui ne m'a pas passionnée, pas nos promenades.
- Alors, oublions cela et dis-nous quel genre d'aventure te tenterait prochainement ? Lointain voyage ? Nouveau projet professionnel ? Changement de vie ?
- Ma vie me convient Philippe, mon métier aussi. Pour le voyage, il ne te semble sans doute guère lointain mais c'est déjà un voyage d'être à Chicago pour moi qui quitte rarement New York.
- Une aventurière comme toi doit certainement avoir envie d'aller plus loin dans l'audace que l'Illinois, aussi beau soit-il ?
- Tu sais bien qu'on ne peut pas tout faire dans la vie Philippe. New York permet l'audace, l'originalité et donne plus de libertés qu'ailleurs. Chacun ses aventures et voyages, les miens ont été surtout de pouvoir vivre de ma passion et à ma façon, comme vous tous acteurs, mais il ne me permet pas de traverser toute l'Amérique comme toi. Mais quand je déciderai de prendre ma retraite, il se peut que je voyage plus géographiquement, nous verrons.
- Et vous monsieur André, vous voyez-vous ne plus voyager ?
Albert sourit en voyant Candy exprimer par une mimique qu'elle ne l'imaginait pas.
- Pour elle non, pour moi… il y a un temps pour tout Philippe, si vous permettez qu'on évite ces « monsieur ».
Puis en voyant Philippe acquiescer :
- Moi je passerai peut-être ma retraite à devenir sédentaire, qui sait ?
- Et quel est l'endroit idéal pour la vivre, ici ou en Afrique ?
- En vérité, je ne sais pas encore, mais ici sont mes racines, mon port, ma maison.
- Ainsi qu'à New York ! fit Dothy en le regardant tendrement selon Philippe.
- Bien sûr, je voulais dire dans ce pays, réparti ici et à New York pour ma famille. Donc si je décidais d'y vivre toujours, il me faudrait encore choisir entre ces deux villes.
- Et peut-être même trois, fit Candy en soupirant. Voire un autre continent.
- C'est envisageable, dit Albert.
Puis en voyant Dothy perplexe :
- Pour Anthony, il ne sait pas encore où il veut vivre et pourrait même retourner en France.
- Vraiment ? Cela m'étonnerait beaucoup de lui.
- Pas moi, dit Albert d'un soupir aussi, il est capable de tout, n'a peur de rien.
- Ce n'est pas dans ce sens que je dis que ça m'étonnerait, William mais pour les sentiments, sa famille, toi, Candy.
- Nous verrons, dit Candy encore agacée du tour que prenait cette conversation et qui ne regardait et intéressait pas Philippe et les autres ne connaissant même pas Anthony.
Terry crut lui que c'était à cause de ça que Candy devenait triste dès qu'elle pensait à Anthony, ce pire qu'elle avait évoqué, que le divorce avait permis, encore une longue séparation. Elle triturait le bord de la nappe, il lui prit la main et la serra sous la table, cela calma son esprit. Dothy la regarda regarder Terry tendrement et se rassura en trouvant enfin une bonne raison à cette étreinte si ambiguë dans la cuisine, elle était due à cette éventualité de départ et c'est pour ça qu'elle lui disait qu'elle ne le quitterait jamais vraiment. Pourtant une seconde après, elle envisagea qu'Anthony avait usé de ce chantage là pour la récupérer. Puis la honte revint et elle avala son verre de champagne d'un trait pour chasser ces vilaines pensées venant à chaque fois qu'elle revoyait cette image. En levant les yeux sur Philippe, la fixant étrangement, elle pensa qu'il avait percé son mauvais côté et ne trouva rien d'autre à dire que :
- Et toi Philippe, aimerais-tu vivre ailleurs qu'en Amérique ? As-tu un autre rêve à poursuivre que le théâtre et séduire les femmes ?
Candy faillit s'étouffer, Terry resta stoïque comme toujours, Archibald rit, Annie rougit, Philippe le prit au premier degré.
- Tu as raison, ça faisait partie du rêve en voulant être comédien mais on peut changer, même moi je peux vouloir rêver à la femme et plus les femmes.
- Alors je te souhaite de la rencontrer bientôt Philippe, en Amérique ou ailleurs !
- Toi aussi Dothy, je te souhaite de trouver l'homme idéal si ce n'est fait.
Elle hocha la tête d'une façon vague, Albert souriait sans rien montrer, Candy trouvait qu'elle avait un peu hérité du cynisme d'Anthony depuis qu'elle était ici, Terry se dit qu'elle ne croyait pas aux sentiments de Philippe et que Philippe en souffrait. Il commençait à craindre que ce trio vire à l'inimitié et mit fin à cette joute en mettant sur la table un nouveau sujet de conversation : sa propre adolescence en Angleterre au collège Saint-Paul avec Candy, Annie et Archibald. Becky les poussa vite à raconter plein d'anecdotes, Philippe s'intéressa aussi beaucoup à ce sujet dès qu'il entendit la rencontre musclée entre Archibald et Terrence et toutes les bagarres et duels qui suivirent. Marie Conrad se joignit aussi à cette discussion après avoir exprimé tout haut ce qu'elle pensait du caractère belliqueux de Terrence à l'époque, soit : « une vraie tête de cochon et de mule réunies », ce qui fit bien rire même le concerné.
Après le dessert, Terry commença à sentir la fatigue le submerger et quand Dothy proposa de danser au son du piano, il cacha son manque d'enthousiasme. De plus, elle choisit de l'inviter lui en premier au lieu d'Albert ou Philippe, ce qu'il osa lui dire une fois la danse entamée.
- Parce que je voulais te dire quelque chose en tête à tête. Tu as forcément vu ou deviné que William et moi…
- Je n'ai rien supposé et rien dit de mes non suppositions.
- Je n'en doute pas mais vu l'attitude de Philippe, la supposition doit être facile pour d'autres aussi. Pourtant, je préférerais que Candy ne soit jamais sûre de rien vu que ce n'est pas ce qu'elle espère.
- Elle n'espère que ton bonheur, rien d'autre.
- Je ne suis pas prête à aimer à nouveau un homme et vu que je n'aime pas William alors qu'il est parfait, ce n'est pas demain la veille pour un autre.
- Philippe te regrette, il est jaloux, je le crois aussi sincère.
- Ni William, ni Philippe ne m'éblouissent Terrence, ça ne doit arriver qu'une fois dans une vie. A mon âge, il faut apprendre à se contenter de ce qu'on peut avoir mais je ne poursuivrais pas une aventure au delà de ce qu'elle m'apporte plus de déplaisir que de plaisir. Sitôt partie d'ici tout sera fini avec William et si Candy l'ignore, c'est bien mieux.
- Elle est ton amie quoi qu'il arrive.
- Oui mais l'amitié nous soumet parfois à devoir dire des choses désagréables, par honnêteté et respect.
- La vérité doit être dite à un ami.
- Merci Terrence, avec toi c'est si facile la vérité, tu n'es pas si compliqué à vivre en vrai, alors que certains sont trop imprévisibles.
- Philippe voudrait peut-être juste redevenir ton ami en fait !
- Philippe ! Oui, peut-être, moi aussi je crois. Tu as l'air fatigué, tu devrais rentrer dormir Terrence.
- Je ne rêve plus que de ça Dothy.
- Alors suis-moi, une amie sert aussi à dire la vérité. Candy !
Dix minutes après, Candy le ramenait avec la petite voiture, il dormait à moitié. Elle l'aida à gagner la chambre, le déshabilla puis n'eut que le temps de baiser ses lèvres et il dormait profondément. Elle n'était pas fatiguée alors elle rangea les affaires de Terry dans son sac en y ajoutant les cinq chemises neuves et un paquet cadeau caché entre elles. Puis elle prit une douche, alla lire un peu dans le salon vu que Peter n'était plus là mais à Lakewood. Ses pensées l'emportèrent bientôt à la maison Pony qu'elle reverra bientôt. Elle avait pu parler au téléphone avec Sœur Maria la veille, aurait aimé qu'elle puisse venir voir la pièce avec mademoiselle Pony mais pas plus cette fois qu'une autre, les deux dames n'avaient voulu quitter leurs pensionnaires et les emmener tous n'était pas simple. Elle se souvint des enfants d'il y a deux ans, certains n'y seront plus, de nouveaux les remplaceront, lequel sera idéal pour Anthony ? Seulement lui le saura mais se donnera-t-il enfin cette chance sans se sous-estimer ? Quand sera-t-il là ? Un train venant de New York était prévu à Chicago à midi, celui de Terry pour Saint-Louis partait à treize heures. Donc, Anthony arriverait à Lakewood alors qu'elle partirait d'ici avec Terry et ne le verrait qu'après. Dommage que les deux trains ne soient pas plus accordés en heure, dommage qu'elle ne puisse joindre Anthony pour qu'il l'attende à la gare, dommage que le destin ne soit pas prêt à mettre ces trois personnes face à face enfin. Pour l'heure, le sommeil arrivait, alors elle rejoint son fiancé et se glissa avec bonheur contre sa chaleur et s'endormit aussitôt.
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Note de l'auteure:
AVERTISSEMENT, la scène qui suit est de caractère érotique
Elle s'éveilla avec vue imprenable sur son regard bleu saphir. Il sourit de sa façon la plus séduisante et douce, juste réservée à elle et caressa une boucle de ses cheveux sur sa joue.
- Mon amour ! articula-t-elle en le ressentant fort dans le cœur, mon seul amour !
Il sourit autrement, de sa façon admirative d'elle, un peu candide. Puis il lui répondit dans la langue universelle de l'amour, en posant ses lèvres sur les siennes, tout en la respirant et la caressant de ses mains aventurières. Elle s'ouvrit à son désir dès qu'il eut dégrafé sa nuisette et effleuré la peau de ses seins jusqu'à son entrecuisse chaude. Mordant sensuellement sa lèvre inférieure, elle s'écarta comme une fleur s'offrant au soleil et se frotta à sa main jusqu'à s'humidifier et rougir, gémissant sans quitter ses yeux. Lorsqu' il fut satisfait des conséquences de son effet puissant sur elle, la sentant déjà prête comme jamais à le recevoir, il ôta fébrilement son caleçon, se rapprocha d'elle et vint la caresser de son membre durci, ondulant sur son intimité moite. Elle se tordit comme une anguille, le suppliant des yeux dès que le membre phallique s'éloignait trop de son antre ruisselant de désir. Il ne résista bientôt plus à son envie et voulut tenter son tout premier fantasme jusque-là inexploré avec elle, en lui susurrant dans le creux de son pavillon d'oreille, et survolté juste d'y songer :
- Tourne-toi et mets-toi à quatre pattes…
D'abord incrédule et désarçonnée de cette demande émise presque comme un ordre lancé en couperet ne pouvant souffrir un refus qui mènerait au purgatoire des désirs déçus, elle ne sentit pourtant pas un soupçon de refus venir en elle, l'once d'une insulte ou l'outrage d'une proposition ô combien indécente pour un amant jusque ici si délicat et soucieux d'égalité en tout. Se souvenant en fait de leur dernière conversation concernant les fantasmes, qu'elle avait elle-même entamé afin de pouvoir lui offrir une belle panoplie de plaisirs sans encombrement de pudeur inutile, vu que l'amour seul leur dictait leur conduite, elle comprit qu'il voulait s'offrir ce premier couplet avant son départ avec une nouvelle position et un autre scénario peut-être. Un peu anxieuse de le décevoir, elle s'emplit de toute la volonté possible et chassa les dernières traces de pudeur, les relents d'orgueil et les rares soupçons de morale qui pouvaient affadir ce cadeau qu'elle voulait lui offrir afin qu'il le garde en souvenir un mois et qui, égoïstement un peu aussi, lui assurerait encore une plus grande fidélité de lui, si tant est qu'il puisse être encore plus fidèle qu'il ne l'est mais comme rien n' était impossible…
Comme il ne s'était passé que quelques secondes depuis cette demande et son choix, elle lui sourit de sa façon la plus coquine possible, lui lança même une œillade brûlante qui le fit frémir d'impatience puis elle se dressa sur son séant, se tourna et se mit à genoux sur le lit, réfléchissant maintenant très vite sur la position la plus confortable mais aussi provocante à enflammer le plus ses sens. Ses bras attirèrent alors instinctivement l'oreiller et elle y posa ses mains tout en cambrant le dos et écartant un peu plus les jambes.
Terry la fixa, une myriade d'émotions l'emplit à cette vue : d'abord un peu d'intimidation, non pas d'étonnement qu'elle accepte sa demande mais d'une admiration encore grandie pour elle et sa faculté à tout comprendre de lui si vite.
Il était aussi subjugué par son dos souple, sa croupe face à ses yeux comme jamais avant, ses fesses si rondes et belles, à la teinte laiteuse de porcelaine et que la lumière faible perçant sous les rideaux de velours beige chamoirait d'ombres instables.
Son regard caressa sa peau une minute puis, sentant son sang chauffer et courir dans ses veines comme un érable gorgé de sève prêt à être saigné de son sirop liquoreux et sucré, il se positionna lui aussi à genoux derrière elle, posa ses longues mains sur ces deux lunes sacrées et les parcourut pour en apprécier aussi le grain satiné et tiède. Il sentit son phallus se rigidifier plus brutalement et un appel de liberté l'envahit, une vague de puissance traversa son échine et le désir se métamorphosa en envie de mener un autre combat avec les forces animales enfouies en lui depuis elle ; juste auparavant déversées sur des putains, sans souci de délicatesse mais bien frustrantes en somme car aucune tendresse ni notion infime d'amour en découlait. Là, l'amour n'avait plus à être prouvé ni remis en doute, il était au sommet de sa perfection et après avoir exploré la passion douce, passer à une passion plus sauvage, devait être visité au moins une fois.
Il fit glisser ses doigts sur la raie de ses fesses en remontant vers ce puits suintant, son index s'humidifia sous l'exploration de sa chair chaude, il n'alla pas loin, elle exprima un petit couinement de souris qui l'excita ; il ramena ce doigt mouillé jusqu'à ses lèvres, en aspira les embruns musqués comme on goûte un bon cru de Bourgogne et se sentit aussitôt ivre pour cette chevauchée rêvée depuis longtemps dans ses nuits les plus osées.
Empoignant ses hanches ni trop larges ni trop étroites, juste à l'empan idéal de ses mains fortes mais élégantes, il s'introduisit sans plus de préavis en elle et l'assaillit en une saillie brutale qui la fit lâcher quelques borborygmes et un autre couinement. Il ne s'arrêta pourtant pas sur ces signes car elle se cambrait davantage et à chaque pénétration poussait vers l'arrière en rythme comme pour l'avoir encore plus profondément en ses entrailles. Elle laissa aussi sa tête tomber mollement face à l'oreiller, les cheveux libres et épars cachant son visage à sa vue, les deux mains crispées froissant la taie, les bras bien raides pour se soutenir. Il ne soupçonna pas que cette posture et ces bruits en elle étaient dus à un inconfort car un halètement d'abord à peine audible s'ébruita d'elle, puis gravissant les octaves à la vitesse des va-et-vient de leur corps, si bien que bientôt la chambre de cette maison heureusement bien éloignée d'autres oreilles que les leurs, offrit une symphonie des plaisirs hédonistes, en chœur et en harmonie avec les ahanements qu'il ne pouvait retenir tant son corps s'excitait et se galvanisait à la pénétrer, la labourer, la posséder encore et encore. Oui il se sentait comme un propriétaire terrien, ce corps de femme lui appartenait comme jamais, il la sentait si heureuse de lui offrir son fantasme, d'y trouver aussi son plaisir, de le faire même s'amplifier à le pousser ainsi plus en elle toujours et sans peine.
Avec l'énergie d'un tigre, il laissa grimper au plus haut la jouissance, ses mains emprisonnèrent ensuite ses deux seins et il les pétrit un peu avant d'en pincer les pointes de façon à la faire couiner encore. Mais comme elle fit aussi sortir de sa bouche une sorte de « oui » mal articulé mais pourtant clair, il poursuivit cette petite brutalité à ses seins en un écrasement par ses deux mains pour en sentir toute leur profondeur. Mais il eut vite une autre idée tout en continuant à s'enfouir dans ses chairs, il chercha de sa main droite son clitoris et le titilla subtilement. Ce geste eut son effet immédiat, sous ses mèches blondes bouclées, une plainte jaillit et monta crescendo vers le mont des plaisirs, menaçant de vite se transformer en orgasme et il se sentit encore plus puissant de voir sa douce colombe se métamorphoser en tigresse. Elle secouait sa tête de gauche à droite en criant des « oui », des « encore », des « Terry », elle se mit à baver sur l'oreiller, ses mains se durcirent sur lui et son buste tomba, la force l'avait lâchée mais sa tête se posa sans heurt et elle la tourna vers la gauche, la joue sur la taie, les yeux clos, les lèvres se libérant de ses plaintes lancinantes et répétitives.
Il quitta son clitoris, sa main remonta à sa taille et il choisit de se libérer lui aussi de cette intense jouissance qui traversait ses hanches, sa poitrine et sa tête. Il ralentit le rythme, écoutant leurs corps unis et synchronisés se chantant leur hymne à l'amour l'un à l'autre. Il rugit en un feulement hypnotique, elle cria jusqu'à ce que sa voix ne soit plus qu'un éraillement et son souffle à bout, leur orgasme étant si violent qu'il les laissa aussitôt après dans un état d'abattement tel, que leurs deux corps toujours unis se laissèrent tomber sur le lit, lui sur elle mais avec quand même la force et volonté pour ne pas être un poids ; un peu de travers contre son dos pour la laisser respirer mais encore en elle jusqu'à ce que la nature reprenne sa loi et les détache tout en les unissant encore un peu plus dans leur cœur et leur esprit.
Fin de la scène érotique
- J'ai adoré ! glissa-t-il ensuite dans son oreille. Tu es toutes les femmes du monde Candy, mon épouse amante pour toujours.
- Je veux l'être pour toujours Terry, j'ai hâte de porter ton nom, de dire ces mots, ce serment si vrai entre nous, porter ton alliance, une robe magnifique et unique, oui j'ai hâte.
- Moi aussi mais j'aurais voulu autant que toi ce qui nous est interdit, croyance ou pas, c'est regrettable.
- Et si nous demandons au révérant Jackson de bénir notre union ? Lui aussi refuserait ?
- Le révérant Jackson ? Oui ! Si nous avons un espoir, ce ne peut-être que de lui ! Candy tu es merveilleuse, je vais lui écrire et le supplier de nous bénir.
- Je ferai pareil mon cœur, oui, de toute façon, je te promets un beau et inoubliable mariage monsieur mon époux amant pour toujours.
-OOOoOOO-
A la gare de Chicago, Georges attendait Anthony pour le ramener à Lakewood, mais il ne descendit pas du train venant de New York alors il retourna seul là-bas. Candy n'en sut rien car elle partit avec Terry dans un taxi à midi quinze et ils y arrivèrent à midi trente. A peine sur le trottoir, une petite fille échappa à sa mère et se précipita dans les jambes de l'acteur en criant :
- C'est toi Cyrano ? Pourquoi ton nez n'est plus si gros ?
Sa mère accourut pour s'excuser.
- Cindy ! Viens ici ! Je vous demande pardon monsieur et mademoiselle !
- Il n'y a pas de mal, dit-il en souriant à la mère puis à la petite fille. Ce qui m'étonne c'est que tu m'aies si facilement reconnu jeune et jolie demoiselle, avec mon chapeau et sans mon faux nez, dis-moi Cindy ?
- J'ai reconnu ta fiancée monsieur Cyrano, car maman a été soignée par elle.
- Oui, dit vite sa mère vu l'étonnement de Candy. C'était il y a des années et vous avez vu tant de patients, j'étais hospitalisée à la clinique Ste Johanna et je n'ai pas oublié comme votre sourire et votre gentillesse m'ont aidée à guérir plus vite. Je l'ai dit à Cindy hier soir au théâtre, voilà.
- Et puis tu marches comme Cyrano et même mon papa il dit que tu pourrais jouer tous les rôles bien même si tu te déguises en encore plus laid, rajouta la petite fièrement en le regardant droit dans les yeux.
- Quel beau compliment ! J'en ai de la chance de rencontrer avant de partir, mes admiratrices les plus jolies et gentilles comme ta maman et toi.
Puis en s'accroupissant au niveau de Cindy :
- Tu diras à ton papa que je le remercie et qu'il a beaucoup de chance d'avoir une si belle famille.
- Promis Cyrano. Je peux avoir un bisou de toi ?
- Avec plaisir Cindy, tu es trop mignonne pour que je parte sans un bisou.
Puis une fois qu'elle eut serré ses petits bras autour de son cou et qu'ils eurent chacun donné un gros bisou à l'autre, il sortit une photographie de son portefeuille qu'il signa à son prénom et lui offrit avec son chapeau. Mais Cindy voulut encore un bisou de Candy qui s'y prêta avec joie et serra aussi la main de sa mère alors que Terry l'embrassa aussi sur la joue sous quelques regards curieux ou envieux.
- Tous mes vœux de bonheur ! leur souhaita-t-elle encore avant de dire à Cindy qu'il fallait rentrer à la maison. La petite obéit mais se retourna encore deux fois pour leur dire au revoir de la main. Candy regarda encore Terry avec admiration et en souhaitant encore plus vite un bébé de lui.
- Elle t'a tapée dans l'œil cette admiratrice là ! dit-elle en plaisantant et pour ne pas prêter attention aux regards curieux, maintenant qu'il marchait sans chapeau.
- Oui, tout à fait mon genre de fille, une petite blonde maligne et culottée et qui s'appelle Cindy, comment résister ?
- Surtout pas chéri, j'adore te voir si adorable avec ce genre de public.
Il lui sourit puis se décida à avancer plus vite vu le regard appuyé d'une femme et son peu d'envie de devoir signer des autographes à tout va.
- Rentrons dans la gare ma chérie, je vais devoir t'obliger à presque courir maintenant.
- Cela nous fera digérer un peu de sport Terry, allons-y et ne t'inquiète pas, avec moi elles oseront bien moins t'ennuyer, sinon !
Personne ne peut dire si son avertissement lancé calmement avait été perçu mais ils arrivèrent sur le quai où les acteurs attendaient, sans avoir été perturbés en route autrement qu'en regards soutenus et maintenant qu'il y avait toute la troupe, la curiosité était divisée. Le train allant à Saint-Louis, leur prochaine destination et venant de Toledo, Pittsburgh et auparavant Washington, n'était pas encore arrivé. Le chef de gare l'annonça cinq minutes après, soit à douze heures cinquante et il repartirait à treize heures comme prévu. Terry et sa troupe avaient un wagon réservé pour eux seuls, le dernier mais il était occupé par les voyageurs descendant à Chicago et il fallut les laisser sortir d'abord. Quand Philippe ne vit plus personne descendre il grimpa dedans et partit s'installer, bientôt suivi par d'autres. Pourtant, un passager était encore en train de sortir son sac du porte-bagages et il semblait avoir du mal alors Philippe lui proposa de l'aider et celui-ci ne refusa pas.
- Vous êtes un peu plus grand que moi alors avec plaisir, monsieur.
Philippe sortit le sac qui était en fait, coincé dans le filet et le donna à l'homme qui le remercia. Puis il le vit partir en boitant et lui demanda s'il avait besoin d'aide pour descendre du train. Le jeune homme lui fit signe que non et lui souhaita bon voyage sans se retourner.
-OOOoOOO-
Terry laissa monter toute sa troupe, il le ferait au dernier moment une fois ses adieux finis et pour plus d'intimité, il entraîna Candy derrière un poteau bien placé.
- Encore un long mois d'attente, mais après nous ne nous quitterons plus un seul jour pendant au moins un an, promis.
- Un mois ça passe vite mon amour, et encore, ce n'est qu'une demie absence vu qu'on peut se parler grâce à cette merveilleuse invention qu'est le téléphone.
- Oui, ça a été moins dur que je ne l'aurais cru ce premier mois donc je suis moins triste cette fois. Mais promets-moi d'éviter encore Chicago seule, que tu rentreras bien en taxi à Lakewood.
- Promis chéri mais je dois d'abord retourner à la maison pour prendre mon sac et la petite voiture.
- J'aurais dû dire à Peter de venir ici, suis-je bête !
- Mais non, c'est moi qui voulais d'abord demander à Dothy, puis j'ai préféré être seule avec toi. Je te promets que je ne ferai que le nécessaire et rentrerai tout de suite à Lakewood.
- J'espère que tu y trouveras ce que tu souhaites Candy, ainsi qu'à la maison Pony. Salue tout ce petit monde pour moi, j'ai hâte de pouvoir y aller moi aussi.
- Bientôt Terry, désormais tout arrivera bientôt. Embrasse-moi maintenant.
-OOOoOOO-
Anthony descendit enfin du train et se demanda un instant si tous ces passagers n'étaient pas ensemble. Il avait souri à cette belle jeune fille blonde et cette autre dame plus âgée, peut-être la mère et la fille, qui se serrèrent dans le couloir pour le laisser passer.
- Quels beaux yeux ! glissa Marie Conrad à l'oreille de Becky, tu ne trouves pas ?
- Si Marie, l'amour et la grossesse n'empêchent pas de voir ce qui est beau.
Cependant, en se retournant discrètement, elle vit qu'il boitait et eut de la tristesse pour lui.
Anthony avait l'habitude qu'on soit triste pour lui, il ne faisait plus cas de ces regards de pitié, il pouvait marcher et descendre des escaliers, il ne refusait pas d'aide pour ce qu'il savait impossible pour lui, il connaissait ses limites et ses compétences et n'avait besoin d'aucune pitié. Il descendit donc les marches du train à son rythme, accroché d'une main à la poignée pour ne pas risquer de glisser et chuter, sa hantise. Dans l'autre main il tenait son sac, un peu lourd mais pas dans la catégorie interdit pour lui. Il posa sa jambe gauche en premier sur le sol, la valide, pour s'offrir une bonne stabilité avant de poser la réparée. Puis il partit de son allure différente, la tête haute, bien droit, ni fier, ni honteux, digne et debout. Il visionna le quai, ne reconnut rien de familier alors il se dirigea vers la sortie.
Candy huma un autre parfum que celui de Terry et ouvrit les yeux mais ne vit que le poteau qui les cachait tous deux. Après tout, ce parfum n'était pas si rare. Elle retourna à celui qui partait et imprima à nouveau en mémoire chaque détail adoré et il fit pareil. Puis le chef de gare annonça le départ dans deux minutes alors elle le pressa. Ils sortirent de leur cachette, ne regardèrent que vers le wagon du train où ils allèrent tous deux main dans la main.
Anthony sursauta en entendant une femme dire à une autre :
- Oui, c'est la troupe de comédiens qui a joué hier Cyrano, celle de Terrence Grandchester, ils occupent tout le wagon.
Il se retourna, vit deux silhouettes enlacées, une lui était très familière. Il faillit crier son prénom mais la scène qu'il voyait l'émut et il ne voulut pas l'écourter. Il resta immobile sans pouvoir les quitter des yeux, leur baiser lui fit aussi plaisir et il sourit sans avoir prévu que l'acteur porterait son regard jusqu'à lui.
En effet, Terry embrassa une dernière fois Candy sans s'occuper des regards mais l'un d'eux lui fit un étrange effet, une sensation douce dans le cœur qui lui fit en chercher la raison et il rencontra un regard inoubliable et aussi expressif qu'il l'espérait.
- Anthony !
Candy sursauta, Terry avait juste articulé sans mettre le son mais elle ne pouvait se tromper. Elle se retourna et le vit à une quinzaine de mètres, sourire angéliquement, elle avait bien reconnu son parfum, il était passé près d'eux à ce moment. Il sourit cette fois d'un air désolé d'arriver si tard, Terry entraîna Candy, trop indécise encore de savoir quoi faire, vers l'avocat qui du coup avança du plus vite qu'il pouvait pour gagner du temps. Mais le sifflet retentit, le train démarra, Anthony hocha négativement la tête en serrant juste très vite la main tendue de Terry.
- Une autre fois Terrence !
- J'y compte bien Anthony !
Il repartit en arrière et sauta sur le marchepied du train. Candy courut pour pouvoir encore toucher sa main et lui dire :
- A bientôt mon amour !
Terry lui dit la même chose puis regarda Anthony, toujours si lumineux et affable, avancer jusqu'à elle, puis poser sa main sur son épaule comme un frère le ferait.
- Je veillerai sur elle, personne ne lui fera de mal ! affirma l'avocat pour le rassurer.
- Je sais, je pars tranquille maintenant, merci pour tout Anthony.
Celui-ci sourit encore en lui faisant signe, il avait eu sa réponse et elle remplit son cœur de joie et de motivation pour son devenir.
Terry aussi se sentit plein de joie, cette si courte rencontre était la plus riche en émotions jamais vécue depuis Candy et il avait encore plus hâte de rentrer pour en revivre une.
Candy vit l'ombre de Terry disparaître et se tourna vers Anthony et se serra contre lui.
- Anthony ! Tu es là, quel bonheur, mais quelle bizarrerie que tu sois dans le train venant de Washington et pas celui de midi !
- Hasard à moitié voulu par le destin apparemment ma douce, mais je ne regrette pas, je suis fier de moi en fait !
- Moi aussi car j'avais bien vu il y a six ans tout compte fait.
-OOOoOOO-
Anthony attendit que le taxi les dépose tous deux à la maison louée pour ces deux jours par Terry, pour lui demander ce qui s'était passé avec Neil et l'issue de l'odyssée. Elle prépara vite du café et s'installa avec lui sur le canapé dans le salon.
- A toi je dirai tout Anthony, tu seras le seul à qui j'oserai dire que je n'aurais pas rencontré Neil sur la route à cette heure tardive si je n'avais pas fait une scène de jalousie ridicule à Terry auparavant, qui l'a blessé et qui l'a fait aller dehors pour la cacher, puis le remord m'a fait courir après lui mais pas dans la bonne direction. Ensuite…
Elle termina par comment Terry avait ramené Neil mais de la version d'Albert, plus complète que celle de Terry si concise. Puis elle attendit en sirotant son café le verdict d'Anthony.
- De mon point de vue Candy, il n'y a pas trente-six responsables dans cette histoire mais un seul : Daniel. Que tu te sois disputée avec Terrence, que ce soit toi ou lui le responsable de cette dispute, quelle importance ? Tu as laissé croire à William et Archibald que tu te promenais seule pour digérer, ce qui aurait pu et c'est suffisamment explicatif pour n'importe qui et n'a jamais été une faute pénalement ou moralement de marcher sur une route, même la nuit. Un violeur est un criminel Candy, Terrence avait raison, laisser Daniel libre était un délit de complicité, vouloir le tuer est un sentiment normal pour un homme en colère respectueux des femmes mais tu as raison, tuer c'est se mettre au même niveau que les criminels et c'est gâcher sa vie. L'envoyer en prison n'était pas non plus la meilleure solution vu que Daniel est drogué et alcoolique mais s'il avait eu le temps de te faire plus de mal et que nous ayons tous réussi à ne pas le tuer, j'aurais plaidé pour qu'il soit puni pénalement en me fichant du scandale car je ne connais pas d'autre moyen de neutraliser pareil criminel et de protéger les innocents. Mais tu as échappé au pire grâce à un homme qui t'aime sincèrement et est très intelligent et courageux. Laissons donc encore une chance à Daniel puisque tu le veux, bien que je crois que c'est plus sa frousse et lâcheté qui l'a empêché de faire pire qu'il n'a pu criminellement. En tout cas, cette fois il n'a plus droit à l'erreur, une fois désintoxiqué il va devoir s'assumer et ne plus jamais t'approcher sans autorisation sinon…
Mais franchement ma douce… pourquoi perdre ton temps à être jalouse alors qu'il ne voit que toi ?
- C'était pour le passé, celui que tu m'as crié au visage à Philadelphie, tu te souviens ?
- Oui mais je ne citais bêtement que des journaux sans savoir et seulement par blessure d'amour propre.
- Je sais bien, moi j'ai refusé de savoir le vrai du faux et j'ai tout mal interprété mais c'est réglé maintenant et plus rien ne peut nous désunir vu notre sincérité.
- Je crois sincèrement que tu vas réussir ton mariage ma Candy, avec ou sans moi.
- Je préférerais avec, Anthony ! Je t'en prie, quoi que tu décides pour ton avenir, essaie d'être le sept octobre à New York, Terry l'espère aussi.
- Et bien… le sept… en octobre en plus… comment refuser tant de signes bénéfiques ! J'y serai Candy, seul l'incontrôlable m'empêchera d'assister à ton mariage.
- Oh ! merci mon chéri, je t'adore ! Mais tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu étais dans le train venant de Washington ?
- Tout simplement parce qu'hier, j'ai raté mon train direct faute d'avoir voulu acheter des bricoles, j'ai mal calculé mon temps étant donné que c'est toi qui te chargeais de tout ce qui m'embêtait et en plus, je n'ai même pas trouvé des chemises qui me plaisent. Donc j'ai pris le train de dix-neuf heures pour Indianapolis, suis descendu à Pittsburgh puis ai repris celui qui venait de Washington et allait à Chicago, sans savoir que Terrence et sa troupe le prenait. Et je crois que j'occupais le wagon qu'il occupe. Je me demandais justement si tous ces gens étaient ensemble. Un homme jeune et grand, cheveux châtains ondulés un peu longs, m'a aidé à sortir mon sac coincé dans le filet.
- Ce devait être Philippe Berthier, Christian dans la pièce, il est très sympathique.
- Et puis, une belle blonde m'a souri, une dame plus âgée l'accompagnait.
- Ce ne peut-être que Becky Taylor, la Roxane de Cyrano, et sûrement Marie Conrad, sa gouvernante dans la pièce. Becky va se marier et attend un… bébé.
- Et elle ne prend pas de risques pour lui ?
- Non, son rôle n'est pas trop physique, elle voit un médecin dans chaque ville, tout le monde est au petit soin pour elle, elle m'a dit se sentir encore mieux tant c'est riche en émotions pour son bébé. Terry était furieux quand il l'a appris, elle n'avait rien dit à l'audition, mais une fois rassuré en lui ayant remémoré que sa propre mère jouait encore à neuf mois de grossesse et qu'il s'en est fallu de peu qu'il naisse sur la scène, il l'a pris aussi en heureuse expérience et joie pour elle.
Anthony rit de bon cœur de cette anecdote en regrettant encore de n'avoir pas vu la pièce.
- Ce soir il joue à Saint-Louis alors ?
- Non, demain soir. Justement, il a réduit un peu le nombre de représentations pour que Becky n'en souffre pas.
- C'est bien. Mais, il ne la jouera plus à New York ?
- En fait… il attend la réponse du directeur du théâtre Lincoln car je lui ai demandé s'il pouvait refaire une représentation au retour pour Susanna, son ex-femme, qui l'a ratée en mai.
- Et c'est toi qui lui as demandé ? dit-il en éclatant de rire. Décidément Candy, tu es unique !
Puis sans rire :
- Et si moi aussi j'aimerais pouvoir voir ce que j'ai raté, tu crois que le directeur sera plus compréhensif ?
- Je ne sais pas mon chéri mais compte sur moi pour faire tout mon possible si c'est pour toi, parole de Candy l'unique !
Avant de partir pour Lakewood dans la petite voiture d'Albert, Candy alla chercher son gros sac et en sortit devant Anthony, trois chemises neuves à sa taille et des teintes qui lui plaisaient.
- Es-tu devenue voyante ma douce ?
- Disons que c'est un hasard à moitié voulu par le destin mon cher ! En fait, j'ai dû en acheter hier pour quelqu'un qui en ce moment les use à une vitesse folle, et comme je savais déjà que tu viendrais, je n'ai pas résisté vu le choix de couleurs, surtout tous ces bleus. Néanmoins, si tu as besoin d'autres choses, je me ferai un plaisir de faire les boutiques pour toi, il y a même Dothy pour m'aider et elle ne choisit pas pour les autres ce qu'elle porte rassure-toi !
- Elle est en vacances, laisse-la en profiter, seules les chemises urgeaient, tu m'accorderas une autre journée à New York plus tard.
- Donc tu y retournes ?
- Oui mais plus pour travailler avec Bradley, cette fois c'est bien fini.
- Tu as démissionné ?
- Il m'a fichu à la porte après que je lui ai dit quel misogyne, crétin, hypocrite, condescendant, vendu d'avocat pourri il était. Mais c'est moi qui suis parti bien sûr vu que c'était préparé.
- Tu lui as dit tout ça, Wow ! Tu es incroyable et très rebelle mon Anthony et tu as eu bien raison. Mais maintenant ?
- Maintenant je vais prendre quelques jours de vraies vacances, au programme : farniente, balades, admirer la nature, nager, et surtout vivre chaque seconde dans la joie et le plaisir.
- Alors tu pourrais venir à la maison Pony aussi ?
- Peut-être.
- Dans une limousine noire conduite par un chauffeur ?
- A-t-elle un bar ?
- Oui et tu peux allonger tes jambes sur le siège d'en face et incliner ton dossier, grand confort.
- C'est une expérience qui mérite d'être vécue alors, oui j'accepte si tu le demandes tout de même à Terrence d'abord, je préfère.
- Il sait déjà que tu y vas, enfin que j'espérais que tu m'y accompagnes plutôt. Mais je lui poserai la question dans les règles tout à l'heure c'est entendu. Bon, on y va ?
Il hocha la tête puis ramassa un livre qui dépassait dessous le canapé.
- C'est à toi ? Oscar Wilde, « Le portrait de Dorian Gray ».
- Non, ça ne peut-être qu'à Terry, tant pis pour lui.
- Je te le rendrai après avoir essayé de le lire, je n'ai pas emmené de livres justement pour que mon sac reste supportable.
Fin du chapitre 15
