« Nous l'avions rêvé » de Diogène
Chapitre 16 « Les cartes truquées »
Dothy se sentit encore mal à l'aise en voyant que Candy revenait avec Anthony. Elle était seule sur la terrasse à siroter une orangeade, il avait l'air si gai, si souriant en venant la saluer avec Candy, et celle-ci si en extase devant lui, qu'elle douta à nouveau de leur récente fraternité.
- Devine qui était dans le même train que Terry a pris, Dothy ?
- Quel hasard ! répondit-elle après avoir entendu l'anecdote en souriant mais cherchant la faille.
- Voulu par le destin Dothy ! fit Candy en ôtant une poussière invisible pour elle sur l'épaule d'Anthony qui caressa sa joue puis fixa la styliste avec insolence.
Elle faillit s'étouffer avec son verre quand il vint se pencher sur sa main en un baisemain très appuyé et un :
- Heureux de te revoir encore plus belle, chère Dothy !
Elle eut ensuite son regard dans le sien et se sentit si déshabillée, qu'elle montra dans le sien un nuage noir qu'il décoda en nouveau signe d'antipathie à son égard. Il lâcha donc sa main et s'excusa :
- Je vais voir mon oncle, veuillez m'excuser, à tout à l'heure Candy.
- Oui chéri.
Celle-ci le suivit des yeux avec tendresse puis se rendit compte du regard fâché de Dothy.
- Qu'y a-t-il ?
- Tu lui as dit chéri Candy ! J'espère que c'est un lapsus !
- Non ! Quel mal y a-t-il ?
- On ne dit ceci qu'à son amoureux il me semble !
- Cela dépend du ton employé Dothy, je sais à qui je parle crois-moi.
- Terry est d'accord ?
- Terry a confiance en moi Dothy et pas toi apparemment, cela me désole !
- Et si Anthony faisait semblant pour que tu retournes avec lui ?
- Quoi ? C'est cela que tu penses Dothy ? De mon Anthony ? Oh ! Je n'arrive pas à croire que tu le vois encore ainsi toi si perspicace en d'autres temps ! Tu me fais beaucoup de peine, excuse-moi, je vais ranger mes affaires dans ma chambre.
Dothy regretta de lui avoir causé de la peine mais elle avait suivi le précepte de Terry en lui disant sa vérité et quoi qu'elle douta encore d'avoir raison, Candy maintenant savait qu'il pouvait y avoir une autre version à un tel changement chez son ex-mari.
Candy ravala sa peine sitôt ses affaires rangées, elle pardonna à son amie de ne pas être parfaite pour savoir qui était vraiment Anthony car il est vrai qu'elle ne savait pas tout de lui. Elle ne lui révèlerait pas ses secrets mais elle lui expliquerait mieux les choses comme l'avait fait Terry avec elle pour son passé trouble.
Anthony oublia le rejet de Dothy dès qu'il embrassa son oncle et lui raconta comment il avait envoyé baladé son patron puis loupé son train et la rencontre brève mais intense avec Terrence.
- Il m'a remercié deux fois par rapport à Candy, une en m'envoyant deux places de théâtre puis une fois encore ici : merci pour tout. Pourtant, il pouvait m'en vouloir de lui avoir menti, d'avoir mal agi avec Candy, d'être à jamais l'ex-mari de la femme de sa vie.
- Et toi, pourquoi trouves-tu celui qui t'a menti par omission, t'a contraint à changer de vie et d'avoir moins Candy avec toi, aussi intéressant ?
- Il a le courage de ses ambitions, il voit plus loin que les apparences, ne s'occupe pas du quand dira-t-on et aime vraiment beaucoup Candy.
- Terry est bien ainsi mon neveu, il te ressemble pas mal, vous êtes en effet faits du même bois mais ça ne suffit pas toujours pour devenir amis. Cependant, je crois que tu es déjà son ami et lui le tien, alors, à vous de tisser ce qui vous conviendra sous le regard réjoui de Candy.
- J'aimerais vraiment ce futur là William, mais j'ignore si je vais rester à New York alors je ne veux pas encore me faire d'illusions sur ce que le destin ne me permet pas d'avoir, comme pour les enfants. J'avais envie de me faire confiance et d'en prendre un à la maison Pony mais je me suis rendu compte qu'en ayant tout misé sur Candy, je n'avais pas appris à me débrouiller tout seul pour tout et je refuse d'être père sans le mériter.
- Toujours tu te donneras des défis difficiles mon neveu, par intégrité, fierté mais surtout amour. Inutile que je te redise que tu mérites ce que tu espères, mais ne te tracasse pas pour des histoires de tâches ménagères et autres détails que quelqu'un peut faire à ta place alors que tu feras seul avec grand cœur ce qu'un enfant attendra de toi.
- Je sais bien mais quoi qu'on me dise, un enfant sans maman c'est un demi-échec pour moi. Et en plus, maintenant je suis sans travail !
-OOOoOOO-
Candy ne raconta pas à Terry que Dothy doutait d'Anthony vu qu'elle comptait bien la convaincre que cette fois elle se trompait mais elle lui demanda clairement s'il trouvait inconvenant qu'elle emploie des termes affectifs par habitude et seulement d'un sens amical, avec celui qu'elle aimait comme un frère. Il lui répondit lui aussi très clairement.
- Tu l'appelles comme tu aimes Candy, j'avais déjà compris et accepté tout ce qui vous unit, maintenant que j'ai vu ce que j'espérais voir, absolument rien ni personne ne peut me faire interpréter de travers notre vérité.
- C'est pour être sûre que rien ne te blessera mon amour, tout est si clair en effet pour nous mais d'autres peuvent voir autre chose et c'est un détail que je ne t'avais pas encore dit.
- Maintenant c'est fait et encore une fois, j'ai confiance en toi, en moi, et même en lui désormais.
- Tu as cette certitude en ayant lu en lui ?
- Oui, il est clair comme de l'eau de roche.
- Tu ne l'imagines pas jouer double jeu ?
- Non ou alors, c'est qu'il serait meilleur acteur que moi, ce que je n'imagine pas non plus.
- Il est avocat, il sait plaider, ce qui est un peu théâtral aussi.
- C'est vrai et je ne l'ai jamais vu à l'œuvre mais son métier, il ne le fait pas sur un quai de gare. Il ne joue pas la comédie, ne triche pas, n'a pas d'idées tordues en tête car il t'aime mieux qu'un frère et ne souffre pas que tu sois malheureuse, donc il me respecte parce qu'il me sait aussi sincère que lui désormais.
- C'est exact, mais ça va au delà du respect maintenant, il … t'apprécie beaucoup, tout simplement.
- C'est réciproque sans avoir besoin de savoir toute sa vie, c'est instinctif, c'était inimaginable pour moi auparavant mais puisque rien ne nous sépare plus mais nous relie, pourquoi refuser ce cadeau ? Dois-je encore éclairer ta lanterne mon ange ?
- Non, elle est lumineuse mon cœur, merci.
- Merci à toi d'avoir très bon goût ma tendre douceur.
- C'est inédit, je le prends mon grand bébé loup. Non, c'était pour rire mon immense amour !
-OOOoOOO-
Archibald avait appelé après Terry pour inviter les quatre résidents de Lakewood à dîner. Dothy avait constaté qu'Anthony tenait ses distances désormais avec elle et au dîner, la seule fois où il lui parla personnellement, il avait réemployé le vouvoiement. D'un côté cela
l'arrangeait qu'il soit si froid, de l'autre ça l'agaçait qu'il fasse comme si elle n'existait pas alors qu'il était encore le centre d'intérêt autour de la table. Chacun y allait de sa question sur ses projets, vu qu'il laissait toujours dans le vague où il vivrait demain, tous l'incitaient à ne surtout pas aller trop loin et bien qu'il montrait qu'il fallait parler d'autre chose, elle pensait que sa vanité était satisfaite. Plusieurs fois elle se retint de lui dire que son chantage affectif ne la trompait pas et que ses sourires d'ange et ses yeux d'azur ne risquaient plus de la séduire elle. Puis, à sa joie le sujet de conversation changea, le petit Jordan, la grossesse d'Annie, alors elle s'y joignit en voyant avec plaisir Anthony perdre son sourire candide. Au retour, elle écouta Candy assise à l'arrière avec Anthony, lui disant que Terry acceptait que la limousine l'emmène aussi à la maison Pony, le ramène à New York s'il voulait, qu'il se sente à l'aise et sache qu'il sera toujours le bienvenu pour lui. Elle regarda vite dans la vitre pour voir son reflet, il souriait, semblait très fier d'avoir réussi à mettre même le rebelle dans sa poche. Elle vit aussi sa main caresser celle de Candy et sentit un autre nuage traverser son cœur.
-OOOoOOO-
Anthony se leva à l'aube pour aller se baigner dans le lac Michigan, à un endroit difficile à trouver pour qui ne vivait pas ici, une petite crique à dix minutes à pieds et il n'eut pas à la partager ce matin. Il revint en sifflotant, ses cheveux blonds humides flottant sur ses épaules, la chemise pas reboutonnée jusqu'au col, la serviette à la main. Il n'était encore que huit heures et il pensait que les autre dormaient encore mais Candy l'attendait et lui reprocha de n'avoir pas pensé à l'inviter. Il lui promit que demain ils iraient ensemble puis la prit dans ses bras et lui raconta un souvenir dans l'oreille juste au moment où Dothy apparaissait sur la terrasse et cette fois elle ne put le supporter, et comme seul Anthony pouvait la voir, elle le foudroya du regard et rebroussa chemin. Candy se retourna et ne vit que ses jambes.
- C'était Dothy ?
- Oui, la belle styliste doit avoir oublié quelque chose, elle reviendra, dit-il en ne comprenant vraiment pas pourquoi elle le détestait autant et s'en sentant encore déçu mais sans le montrer.
Dothy grimpa les escaliers et se retrouva face à William qui sortait de sa chambre. Prise d'une envie de se venger de l'affront subi, elle le prit par la main et l'entraîna à nouveau dans sa chambre puis l'embrassa fougueusement.
- Eh bien, quel agréable petit déjeuner ! Nous pourrions leur dire alors, ce serait plus simple pour…
- Non, c'est bien plus excitant ainsi, nous sommes libres et sans projets, nous prenons le plaisir tel qu'il vient, ça suffit bien !
Il hocha la tête et suivit son précepte, s'adonna avec elle au plaisir. Pourtant, elle se sentit encore plus en colère ensuite, car aussi contre elle désormais pour avoir réagi de la sorte. William la laissa pour aller rejoindre Archibald à la banque André, il fallut bien qu'elle sorte de sa chambre. Personne ne la vit alors elle retourna dans la sienne et prit une douche pour effacer toutes traces suspectes. Candy vint frapper à sa porte, elle inventa un mal de tête pour décliner son invitation à aller voir son ancien employeur à la clinique heureuse, le docteur Martin. Sitôt qu'elle entendit la voiture partir, Dothy sortit de sa chambre et alla se promener dans le jardin, persuadée qu'Anthony avait suivi Candy mais elle comprit son erreur en se retrouvant face à lui. Elle pâlit en le voyant accroupi à examiner de près les roses.
- Désolée ! s'exclama-t-elle en lui tournant le dos.
- Moi aussi madame Malone, je suis désolé de vous causer tant de déplaisir mais je crois avoir autant le droit d'être ici que vous alors vous pourriez faire une trêve de cette guerre dont j'ignore le mobile.
- Je ne suis pas en guerre après toi Anthony, inutile de me parler comme à une vieille folle, je suis juste déçue par ton attitude avec Candy, répliqua-t-elle après s'être retournée brusquement.
- Déçue ? Pourtant, je crois être bien plus attentionné et gentil qu'avant avec elle.
- Oui, beaucoup trop même pour un soi-disant frère.
- Ah c'est ça ! fit-il en éclatant de rire. Tu ne crois pas que l'on puisse devenir le frère de son ex-épouse ?
- En théorie si, mais tu as peut-être trouvé ce prétexte pour la reconquérir ou te venger.
- Eh bien ! Quelle image ai-je pu te donner en mari pour me voir encore si mauvais ! Mais tu as sûrement de bonnes raisons, je ne t'en veux pas et te laisse seule choisir dans quel camp tu finiras par me ranger à la fin de ton enquête.
- Quel cynisme !
- Cela je l'avoue, mon humour est souvent cynique, pourtant je ne crois pas l'être dans la vie.
- Pourquoi ne veux-tu pas la laisser tranquille avec Terrence ?
- Lui-même me fait confiance Dothy alors je ne vois pas ce que j'ai fait de si mal pour autant de méfiance ?
- Un frère ne se fait pas appeler chéri ou mon amour, ne tripote pas autant sa sœur et ne se fait pas caresser le dos par elle dans ma cuisine.
- Tu me reproches donc ce qu'autant Candy que moi faisons pour vivre notre fraternité !
- Je la connais bien, elle ne peut tricher par malice, elle est naïve et si tu uses avec elle du chantage affectif en la menaçant d'aller vivre à Paris, elle fera ce que tu voudras qu'elle fasse, tu le sais bien.
- Non Dothy, jamais elle ne fera ce qu'elle pensera une trahison vis à vis de Terrence, tu devrais le savoir aussi. Mais si c'est juste de moi dont tu doutes, plutôt que tenter de t'expliquer par des mots combien tu te trompes, suis-moi, je vais te montrer une preuve visuelle très explicite.
- Tu veux que je te suive où ?
- Dans la maison, c'est là qu'elle se trouve. Tu hésites ? Que crains-tu ? Me rangerais-tu au même rang qu'un Daniel Legrand maintenant !
Cette fois Dothy réfuta avec certitude.
- Non Anthony ! Je ne confonds pas tout ! Et je sais bien que tu ne risques pas d'être attirée par moi, je ne suis pas complètement idiote !
Il ne répondit pas en pensant : « pas idiote mais modeste alors ! » Puis il rit et partit vers la maison. Elle le rattrapa très vite et resta à son niveau jusqu'à ce qu'ils rentrent dans une pièce du rez-de-chaussée qu'elle n'avait encore jamais visitée. C'était un bureau équipé en plus d'un billard, une méridienne et un rocking-chair. Mais il ne la laissa pas s'attarder sur tout cela et lui montra où regarder, sur le mur droit, un grand tableau, un portrait d'une très belle jeune femme blonde aux yeux bleus de la même teinte que ceux d'Anthony.
- C'est ta mère ?
- Oui.
- Et la sœur de William ?
- Oui.
- Et Candy lui ressemble un peu, les cheveux et le sourire il me semble.
- Oui.
- Alors pourquoi l'avoir épousée ?
- Pour pouvoir la garder près de moi.
- Mais tu la… désirais ?
- Oui mais jamais en la regardant de près, juste son corps et seulement parce que j'espérais fortement avoir un enfant d'elle, la femme et mère parfaite, ma mère.
- Si tout cela est vrai Anthony, tu veux peut-être, même inconsciemment, toujours un enfant d'elle ?
- Bien sûr Dothy puisqu'elle reste la seule femme au monde avec qui j'ai voulu un enfant mais cela restera dans le domaine du rêve et je pourrai le concrétiser autrement quand elle en aura un avec Terrence, en devenant tonton.
- C'est pour ça que tu le trouves maintenant formidable, pour qu'il te laisse jouer les tontons gâteaux ?
- Décidément Dothy, quoi que je dise, tu me vois vraiment moche, alors restons en là, garde ton opinion et sors de cette pièce s'il te plaît !
Elle pâlit de le voir arborer un air triste et ne put résister à mettre sa main sur son bras.
- Non, je veux bien te croire mais je ne comprends pas pourquoi tu t'entêtes à ne vouloir un enfant que d'elle ?
- Je m'entête ?
Il éclata de rire, elle recula en voyant ses yeux devenir presque transparents.
- Allons Dothy ! Je te croyais perspicace ! Candy ne t'a rien dit mais tu aurais dû deviner seule, comme pour qui était le grand amour de Candy. Non ?
Elle réfléchit en regroupant tout ce qu'elle avait entendu puis eut un flash.
- Tu… ne peux pas… en avoir ?
- Bravo, ta perspicacité est revenue ma belle, félicitations. Oui je suis stérile Dothy, à jamais.
- Je suis désolée, je te demande pardon.
- Je te pardonne pour tout le mal que tu vois en moi Dothy mais ne deviens surtout pas condescendante par pitié, je préfère ton mordant.
- Je ne suis ni hypocrite, ni condescendante, ni orgueilleuse Anthony. Je m'excuse juste pour ma méfiance exagérée mais pas pour ce dont je ne suis pas responsable. Mais il y a encore des points troubles comme ces caresses dans ma cuisine.
- Décidément ! Ma plaidoirie manque donc de preuves de mon innocence, soit !
- Que fais-tu ? dit-elle en le voyant déboutonner sa chemise.
- Juste te montrer une autre preuve Dothy, rassure-toi je n'ôte que la chemise.
Il se tourna et lui montra son dos, une cicatrice d'une dizaine de centimètres le barrait au centre dans la région lombaire. Elle exprima son étonnement.
- Je croyais que tu n'avais eu que la jambe brisée dans cette chute de cheval, elle ne m'a rien dit !
- Candy sait comme je déteste qu'on parle de mes blessures mais avec toi rien d'autre ne perce tes certitudes.
- Non, je… oui, c'est vrai, je suis trop bornée avec toi, je ne sais pas pourquoi.
- Peu importe, je t'aime bien parce que tu restes sincère même dans l'antipathie mais si celle-ci n'existe que par des méprises dues à un manque d'informations, je veux les élucider. Par contre si c'est viscéral, que tu ne peux me souffrir d'instinct alors… tant pis pour moi.
- Explique-moi mieux, je te dirais après ce qu'il reste en moi !
Il la trouva vraiment culottée et de plus en plus belle alors il sourit et la pria de s'asseoir tout en reboutonnant sa chemise.
- Si tu le permets, je vais m'asseoir aussi car ma jambe le réclame.
Elle opina en attendant qu'il choisisse son siège préféré, ce fut le rocking-chair, alors elle prit la méridienne. Elle l'écouta ensuite religieusement en le regardant se balancer en un rythme lent.
- Mon dos a en effet subi un choc violent avec cette chute de cheval et le résultat a été : deux vertèbres écrasées qui m'ont valu une opération afin de les maintenir en place avec une plaque de métal et des vis, et en souvenir : une vilaine cicatrice. Le fémur de ma jambe droite a aussi été rafistolé d'une plaque, ce qui la maintient raide. Voilà en gros mes pathologies Dothy, contente-toi en car je n'ai vraiment pas envie de refaire trois ans de rééducation maintenant, tu n'auras qu'à demander à Candy si tu veux, elle te dira tout si je l'autorise. Mais donc mon dos fragile est sensible et dans le stress ou la fatigue, rien ne vaut un massage et la main de Candy connaît bien son sujet vu qu'elle est infirmière. J'ai renoncé seulement à l'épouse Dothy, pas à l'infirmière, l'amie, la confidente et parfois la mère de substitution qui lui fait dire ce que maman me dirait dans les termes choisis pour l'occasion. Je comprends que c'est ambigu pour qui ne sait pas comme Candy et moi sommes proches et solidaires. Oui je l'aime et elle m'aime mais tout a été testé pour savoir maintenant avec certitude comment nous pouvons le vivre et c'est ainsi, platoniquement mais tendrement et toujours en accord avec ce qu'elle ressent normal avec l'amour passionnel qu'elle éprouve pour Terrence et ce que lui peut aussi accepter. Et si je le trouve de plus en plus formidable, ce qui est vrai, c'est entre autre mais beaucoup pour sa capacité à tout ressentir le vrai de Candy avec bien peu d'explications, juste par confiance tant il l'aime avec le cœur.
- Cela est plus que certain, Terrence sait aimer comme un seigneur, néanmoins, peut-être au fond que toi aussi.
- Je crois en effet savoir aimer Candy en sœur aussi bien que Terrence l'aime en épouse, qu'il le ressent ainsi instinctivement et cela nous facilite le respect l'un pour l'autre. Mais pour aimer… comme lui, vu que ça ne m'est jamais arrivé, difficile à dire.
- Tu es jeune, intelligent et… séduisant, ça t'arrivera bien un jour si tu la laisses arriver.
- Je n'ai rien à offrir à une épouse, je dois me contenter de ce que je peux avoir et me surpasser sur ce que je peux réussir.
- Ta carrière d'avocat seulement ?
- Ma vie d'abord Dothy, mais avec ce que j'ai même si ça te paraît moins éblouissant que les ambitions de Terrence et Candy.
- Cette fois non Anthony, je ne juge pas tes ambitions moins respectables que celles de Terrence, je sais bien qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut mais ce qu'on peut. Moi aussi j'ai dû renoncer à mes plus anciennes ambitions hélas !
- Est-ce indiscret de savoir lesquelles ?
- Non, un mari que j'adorerais et des enfants, comme toi.
- Tu n'es pas stérile ?
- Non, j'ai été enceinte d'une fille à seize ans, de mon ex-mari, mais je l'ai perdue. Et maintenant j'ai déjà bientôt trente-six ans, plus de mari, donc peu de possibilités d'avoir un enfant.
- La mode n'oblige plus les femmes à se marier pour avoir un enfant de nos jours.
- Oui mais ce n'est pas la mode qui me guide dans ce domaine mais mon éthique qui refuse d'avoir un bébé de quelqu'un que je n'aimerais pas et un enfant sans père.
- Depuis ton mari, tu n'as pas aimé un autre homme ?
- Non Anthony, pas assez.
- Finalement nous avons des points communs tous les deux Dothy.
- Finalement oui.
- Alors que dit ton instinct ? Antipathie ou sympathie ?
Elle le regarda se balancer plus vite dans le rocking-chair et sourit.
- Il dit… sympathie Anthony.
- J'ai donc remporté mon procès contre le fourbe Anthony, chouette !
Elle sourit de le voir à nouveau gai et se dit qu'en effet il avait tout pour qu'on l'apprécie, comme Terrence.
- Pour fêter cette victoire Dothy, accepterais-tu mon invitation à déjeuner en ville ?
- Heu, oui mais Candy ?
- Elle veut aussi voir une ancienne collègue et peut-être même monsieur Trevord son ancien propriétaire à l'époque où elle vivait avec William amnésique, elle risque de rentrer tard.
- Et tu n'as pas eu envie de revoir tout ce petit monde ?
- Je ne suis pas aussi doué qu' elle pour me faire des amis, mais je l'aurais accompagnée si elle n'avait pas Peter comme garde du corps, pour tenir la promesse faite à son étonnant fiancé escaladant les immeubles.
- Oui il est aussi surprenant que toi en fait.
- Alors c'est oui ?
- C'est oui, je vais me changer, essayer de me faire belle pour toi, dit-elle sur le ton de la plaisanterie. Mais lui, prit un ton très sérieux et des yeux admiratifs pour lui répondre.
- Tu es mieux que belle Dothy, tu es vraiment une femme complète avec qui on se sent bien si on mérite ton amitié.
- Merci Anthony, à tout de suite.
-OOOoOOO-
Il avait eu raison car à leur retour, Candy n'était pas revenue et avait laissé un message à la cuisinière de ne pas l'attendre pour déjeuner et qu'elle rentrerait au plus tard à dix-huit heures.
- Pour le coup de fil de Terrence ! compléta Anthony d'un clin d'œil complice à Dothy.
Elle rit et le suivit jusqu'au salon avec le plateau et leurs tasses à café, puis attendit qu'il prenne dans l'armoire ce fameux album photo de famille qu'elle avait hâte de voir. Elle s'assit à ses côtés et dut parfois se pencher pour visionner les photos et elle finit par s'apercevoir qu'il en profitait à chaque fois pour lorgner son décolleté.
- Maudit gamin ! dit-elle en tapant sur son nez. Ta maman ne t'a pas dit que c'est mal de faire ça à une dame ?
- Elle n'en a pas eu le temps ! répondit-il sérieusement puis, pour ne pas plomber l'ambiance si agréable depuis leur virée en ville, reprenant son rôle de gamin espiègle : mais tu pourrais m'en montrer encore davantage pour m'apprendre les règles en venant avec moi nager dans le lac, en maillot, c'est bien non ?
- Je n'ai pas emporté de maillot de bain Anthony, je nage plus que moyennement en plus et l'eau doit être froide si c'est un lac.
- Oui, le lac Michigan, l'eau est agréable et ce n'est pas tout de suite profond, même si tu ne nages pas, ça rafraîchit.
- Je t'ai dit que je n'ai pas emmené de maillot, je ne vais pas me baigner en robe !
- J'aurais bien une meilleure idée ! dit-il d'un œil vicieux qui lui fit recevoir une autre petite tape. Mais je vois que tu trouves ça mal alors allons en emprunter un à Candy qui en a emporté, c'est certain.
- Elle n'a pas les mêmes mensurations que moi voyons ! Elle est bien plus mince hélas !
- Tu ne vas pas me dire que tu te trouves grosse en plus de te trouver vieille, madame Malone !
- Pas vieille, juste d'une autre génération que toi jeune homme, pas grosse, juste un peu plus large d'un peu partout que Candy.
- On s'en fiche, on peut quand même aller voir ce qu'elle a dans sa penderie.
- Oh je le sais très bien vu que c'est moi qui ais dessiné tous ses vêtements.
- C'est vrai, et elle est drôlement élégante depuis que c'est toi. Avant… elle portait un peu n'importe quoi et moi je n'y connais rien de rien alors je pensais que c'était son goût.
- Et moi je croyais que tu décidais tout pour elle, j'ai vraiment été injuste avec toi.
- Alors fais-moi encore plaisir en venant te baigner avec moi.
Elle faillit se noyer en voyant ses iris devenir immenses et plus azur et son cœur palpita un peu fort. Elle prit ça pour un peu de tachycardie mais ne put lui refuser ce cadeau. Il dit encore :
- Chouette ! Je vais me baigner avec la reine de l'élégance, la bellissime Dothy, quel honneur !
- Fiche-toi encore de moi, gamin et tu vas boire la tasse.
- Si tu peux me rattraper Dothy ! Sur terre c'est facile mais pas dans l'eau, tu verras.
-OOOoOOO-
Elle vit et même bien davantage qu'elle n'aurait pu imaginer car après cette baignade plus rien ne serait comme avant.
Le maillot de Candy lui allait mais sa poitrine un peu plus généreuse était moulée, comme ses hanches et elle rougit comme une gamine devant le regard enchanté d'Anthony. Puis elle oublia ses complexes en voyant sa cuisse balafrée et à nouveau son dos fragile.
- Tu vois, tu ne peux être plus complexé que moi ! Pourtant, avec toi, je m'en fiche d'être rafistolé, tu le sais maintenant et tu ne me regardes pas comme une bête curieuse, avec pitié.
- Non, je trouve que tes cicatrices n'enlèvent rien à ton allure, tu es bien bâti, mince mais bien dessiné et elles ne sont pas laides, juste évidentes et aussi la signature que grâce à elles tu es debout.
Il sourit fièrement qu'elle ait une définition telle qu'il aimait et prit sa main pour en baiser la paume en la regardant avec encore plus de plaisir. Elle finit par rire car sa lèvre la chatouillait mais faisait battre son cœur encore plus fort. Cette fois, elle pensa que c'était peut-être un élan du cœur mais trouva l'idée amusante puisque c'était du à leurs jeux de gamins pour rire. Alors elle se mit sur la pointe des pieds et lui posa un baiser sur la joue. Il sourit et pris d'un élan, il tourna vite la tête pour lui en poser un sur les lèvres. Mais cette fois, elle réagit mal.
- Tu es fou Anthony ? Ça, ce n'est vraiment pas bien !
- Pourquoi ? fit-il d'un air vraiment surpris.
- Parce que le jeu a des règles et tu viens de les enfreindre, c'est mal ce genre de contact pour nous qui ne sommes qu'amis.
- Et si c'était pour te dire que ça ne me suffit déjà plus d'être juste ton ami, que tu me plais beaucoup de toutes les façons.
- Ne dis pas de bêtises Anthony, je suis trop vieille et déjà trop connue pour toi, tu as bu trop de ce vin, tu me confonds avec une autre.
- Non, je ne te confonds pas et le vin n'y est pour rien si tu es belle, idéale pour mes critères et si fascinante. Je crois que je suis amoureux Dothy.
- Non, vraiment, cette fois tu pousses le bouchon petit. Je pourrai presque être ta mère, n'as-tu pas honte ?
- Je préfère Candy pour la remplacer parfois Dothy, toi tu ne lui ressembles pas du tout heureusement ! Je te jure que je ne me moque pas Dothy, tu me plais et ton âge ne compte pas pour moi qui vivais avant comme un vieux, reviens de la mort et ne peux me reproduire.
- Mais tu es aussi et surtout l'ex-mari de Candy, ma meilleure amie !
- Et alors ? Après tout ce que tu m'as reproché, tu me sors ce cliché, trouve autre chose Dothy !
- D'accord alors écoute bien mon petit ! Je suis déjà avec ton oncle, nous sommes ensemble. Ça te va comme raison ?
Il devint livide, recula et s'excusa.
- Toi et William ? Crois bien que si j'avais supposé, jamais je ne me serais permis de t'approcher Dothy, je te demande pardon. Mais… décidément je ne suis pas doué pour choisir les femmes, oublie tout ça, c'est vrai j'ai trop bu, j'ai dit n'importe quoi.
Il lui tourna le dos, partit dans l'eau et plongea pour nager un crawl rapide. Dothy resta un instant à le regarder puis ramassa ses vêtements et s'enfuit de honte.
-OOOoOOO-
Candy revint à dix-sept heures quarante et trouva Anthony en train de lire le livre de Terry dans le salon.
- Je suis fatiguée de toutes ces visites. Monsieur Martin devient gâteux, il m'a raconté trois fois de suite ses facéties avec les infirmières de la maison de retraite. Par contre, il est encore en forme physiquement, il fait ses petites promenades quotidiennes jusqu'au lac et pêche encore. Sinon, tout va bien pour Judith mais je t'épargne tout ce que nous nous sommes dit, je te vois bien concentré.
- Ce Dorian Gray est incapable d'aimer, sauf son apparence, il est laid de l'intérieur et son portrait va de plus en plus ressembler à son âme et vieillir à sa place.
- Oui, Oscar Wilde le dépeint blond aux yeux bleus, très beau et angélique, comme toi mais toi tu es aussi beau dedans.
- Tu en as douté tout de même un bon moment ! Je sais que je suis aussi capable de cruauté quand je me sens incompris, j'ai vu le fil qui sépare le côté bien du côté mal, il suffit de peu pour basculer et il est dur de le traverser dans l'autre sens seul.
- Tu ne seras jamais seul mon chéri, jamais ici.
Elle mit la main sur son cœur, il sourit et la fit asseoir à ses côtés pour se serrer contre elle. Elle le berça en caressant ses cheveux. Lorsque le téléphone sonna, il la poussa pour qu'elle s'y précipite mais ce n'était pas Terry mais la tante Elroy. En voyant son air devenir déçu puis exaspéré, Anthony lui prit le téléphone des mains. Il entendit une phrase désobligeante adressée à Candy alors il fut très concis, sec et froid.
- Grand-tante, c'est Anthony. Inutile d'user votre salive sans raison, alors écoutez-moi bien. Je viendrais vous rendre visite demain matin pour vous faire signer l'acte de mise sous tutelle de Daniel par William et prendre de vos nouvelles. Oui, je suis là depuis hier mais j'ai pris cette journée pour me reposer. Non, je ne vous ai pas oubliée, je comptais vous appeler demain matin. Non, je ne suis pas revenu pour toujours et je préfère résider à Lakewood avec William. Oui, avec Candy aussi, nous ne sommes pas en froid. Pourquoi ? Je vous parlerai demain grand-tante, oui. D'ailleurs Candy m'accompagnera ainsi vous pourrez voir vous même comme il n'y a aucune chance que je la déteste ! Bonsoir ma tante !
Il raccrocha sous le regard désolé de Candy. Il l'ébouriffa d'un sourire, elle n'eut pas le temps de lui faire pareil car la sonnerie retentit à nouveau et Anthony décrocha au cas où ce serait la tante en furie mais non, c'était Terry.
- Allô ! Oui, elle est là, je vous la passe. Oui ? Oui c'est bien moi mais…Non, c'est elle qui est forcément pressée, pas moi. Vous accorder cinq minutes ? Elle dit oui, qu'elle va en profiter pour aller boire une limonade. Oui, elle vient de sortir, nous sommes seul à seul si je puis dire.
- Alors je vais pouvoir en profiter pour vous demander quelque chose sans qu'elle le sache tout de suite, si vous le permettez Anthony ?
- Je vous écoute Terrence.
- J'aimerais bien qu'il y ait des roses blanches dans mon jardin, celles que vous avez crée, les tendres Candy, ces magnifiques roses aussi belles que celle qui vous a inspirée. Je n'y connais rien mais mon chauffeur Peter est aussi jardinier alors…
- C'est d'accord Terrence, je lui donnerai des plants de Sweet Candy avant de partir mais elles ne fleuriront chez vous qu'au printemps prochain.
- Je vous remercie Anthony, c'est un beau cadeau encore.
- Les roses ne vivent que si on les fait pousser, merci de vouloir les faire perdurer au delà de Lakewood, surtout là où vivra leur âme : Candy.
- Candy vivra toujours entourée de ce et ceux qu'elle aime, je n'ai besoin, comme vous, que de la savoir heureuse mais jamais je ne dis ce que je ne pense pas, même pour elle.
- Je sais, moi non plus, et je suis très difficile en amitié, pourtant je me permets de penser qu'un ami c'est aussi quelqu'un qui vous montre la voie à suivre alors déjà pour ça, vous l'êtes pour moi, mais aussi par sympathie et admiration.
- Votre voie est-elle plus claire aujourd'hui pour les autres plans ?
- Non, elle est dans le vague. D'un côté professionnel je suis à l'orée de plein de petits chemins mais j'en cherche un qui me plaise plus qu'un autre, un bien caché. Et pour le reste, je crains de m'être il y a peu encore trompé de route au point de penser qu'il serait mieux que je recommence tout ailleurs. Enfin, vous savez que seule Candy me relie à New York, William à Chicago mais il en repartira. Je lui ai promis d'assister à votre mariage, j'y serai mais… si ensuite je ne pouvais faire autrement que partir, moi aussi je vous demanderais une faveur, de l'aider à vivre cette peine le mieux possible.
- Je vous le promets déjà Anthony mais moi aussi je préfèrerais que vous restiez à New York, ou au moins pas trop loin. Et si j'ai le pouvoir de vous aider à éclaircir votre route, ça me ferait plaisir puisque nous sommes amis et parents.
- Merci Terrence.
- Je préfère qu'on m'appelle Terry en famille.
- Merci Terry, je n'oublierai pas mais j'ai besoin de trouver déjà l'orée de ma route seul, une vieille habitude.
- Parfois on cherche toute sa vie ce qu'on a sous les yeux mon ami, ce n'est pas un dicton mais une phrase qui me semble faite pour toi et qui depuis un petit moment me trotte dans la tête.
- Ça me parle mais a encore un goût de sens interdit en ce moment Terry. Tu n'as pas la suite de l'énigme ?
- Non mais prends le temps de bien regarder et fais confiance au destin, je suis d'avis qu'il est de notre côté si on lui fait confiance.
- Je vais méditer tout ça Terry, merci. Candy vient de revenir, elle est quand même un peu épatée qu'on soit si rapide à se dire l'essentiel mais elle a l'air ravie, je te la passe, à bientôt.
- A très bientôt Anthony. Candy ? Oui mon amour, cette « rencontre » a été aussi facile que de te dire que je t'aime.
- En fait je ne suis pas étonnée vu que c'est moi qui vous ai trouvé et je suis douée pour dénicher les plus rares exemplaires. Hein ? Non c'est Anthony qui dit que vous n'êtes pas des livres pour parler d'exemplaires et de te dire en parlant de livres que tu as égaré « Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde » à la maison louée, il l'a vu dépasser de sous le canapé. Ce n'est pas le tien ? J'aurais pourtant juré, non, le tien est chez nous. Alors il devait être à un ancien locataire, on devra le rendre à l'agence, dommage tu le lisais Anthony. Il dit qu'il le rendra après l'avoir lu. Bien ta façon de rendre justice Maître ! Non je plaisante ! Oui Terry, je me doute que tu ferais pareil, moi aussi. Oui, parlons d'autre chose, Anthony est parti, dis-moi ce que vous vous êtes dit mon cœur ? Non ! Ça alors ! Déjà des secrets sans moi, zut, ça c'est moins drôle alors !
-OOOoOOO-
Dothy finit par sortir de sa chambre alors que Candy parlait encore à Terry. Elle chercha Anthony mais ne le vit pas, par contre William rentrait et ça la rendit encore plus honteuse d'elle même. Mais elle lui sourit comme avant en s'informant de sa journée. Puis il alla se changer et elle chercha à nouveau avec anxiété où était le neveu la rendant si mal dans sa peau en ce moment. Elle écoutait derrière la porte du portrait de sa mère discrètement quand Candy sortit du salon.
- Je me demandais ce qu'est cette pièce, je n'ai pas oser ouvrir ! lui dit-elle pour se justifier.
- Le bureau d'Anthony, son antre aux souvenirs surtout.
- Ah ! Alors je m'abstiendrais d'y mettre mon nez.
Candy soupira en croyant que cette réflexion était due encore à ce qu'elle imaginait être Anthony et lui demanda de lui consacrer quelques minutes dans sa chambre, ce que Dothy ne put refuser bien que ça la contrariait.
- Dothy, penses-tu toujours qu'Anthony fait semblant d'être maintenant presque un frère pour me remettre dans son lit ? demanda-t-elle directement.
- Non, fit Dothy avec certitude.
- Alors tu le trouves sincère et respectable ?
- Il est respectable oui Candy, oublie les idioties que je t'ai dites, je ne les pense plus du tout.
- Je suis bien contente alors, je me disais que tu ne pouvais te tromper ainsi sur lui longtemps, il est si gentil. Ce serait cruel de l'accuser de fourberie, il n'a jamais agi que pour mon bonheur en fait, même quand il semblait dur et indifférent, c'était pour me pousser à le quitter car au fond il savait bien que notre mariage ne me rendait pas heureuse.
- Il a joué les maris égoïstes pour t'inciter à le quitter, pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?
- Par respect pour lui, passer pour un exemple de courage et d'héroïsme n'est pas sa tasse de thé, il est le genre à trouver naturel de préférer se respecter même s'il faut perdre le respect des autres pour le mieux de qui compte le plus. Il est d'une nature qui déteste la pitié de compassion, s'impose des défis de caractère pour renforcer ses défenses, compenser ses faiblesses et surtout rester digne et debout en toutes circonstances. La vie ne l'a pas épargné Dothy, il peut être cynique parfois pour tromper ses douleurs et use de l'humour noir parce qu'il a vu la mort de près et ne la craint pas, mais jamais il n'a été fourbe, hypocrite ou traître. Terry est certain qu'Anthony est clair comme de l'eau de source, ils sont déjà amis, ils viennent de se parler au téléphone et moi-même j'ai été épatée par la rapidité à se parler comme des frères. Tu imagines Terry se tromper à ce point ?
- Non Candy, je t'ai dit que c'est moi qui me suis trompée, seulement moi, j'ai été aveugle, pardonne-moi.
- Bien sûr Dothy, ce n'est pas grave, ne culpabilise pas pour autant, tu as l'air triste.
- Non, je ne suis pas triste, juste lasse, je crois que le climat d'ici ne me réussit pas.
- Tu n'es pas tombée malade, j'espère ! Ton front est un peu chaud, espérons que ce ne soit pas un rhume, as-tu mal à la gorge, éternues-tu ?
- Non, je me sens juste fébrile et pas très joyeuse mais une bonne nuit de sommeil arrangera tout.
-OOOoOOO-
Anthony avait médité les paroles de Terry dans sa chambre mais tout ce qui était sous ses yeux pour l'instant n'était pas pour lui sur le plan sentimental. Et le côté professionnel dépendait d'abord de savoir où vivre et New York semblait ne pas vouloir de lui car maintenant c'était Dothy qu'il devrait éviter, surtout si cet émoi survenu si vite mais si fortement refusait de le quitter et risquait de le rendre jaloux de son oncle. C'était horrible de désirer la femme d'un ami, d'un oncle si aimé et important pour lui. Même s'il l'ignorait, il aurait dû le deviner vu que Candy le souhaitait. Mais Dothy n'avait rien laissé supposer jusqu'à cette cinglante révélation lancée comme une gifle, avec même la rage de faire mal. Pourtant il croyait l'avoir enfin apprivoisée, elle s'était prêtée à leurs jeux comme une gamine, avait laissé la laisse lâche longtemps, mais pour ensuite serrer plus fort le nœud et le ramener à cette vérité : il n'avait rien de ce qu'il fallait pour intéresser une femme, surtout une comme elle. Malgré tout, il ne chercha pas à s'apitoyer sur lui même, c'était une nouvelle épreuve à dépasser et il la dépassera. Mais pour l'instant, le courage manquait de déjà voir avec d'autres yeux le couple discret qu'elle formait avec William, alors il décida de ne pas rester là ce soir et de tenter de se changer les idées. Il prit une douche et s'habilla de son meilleur costume, avec la belle chemise bleue nuit que Candy avait achetée, mais sans cravate, pas boutonnée au col, façon Terrence Grandchester. Il se coiffa ensuite en arrière, ses cheveux n'avaient pas eu le temps d'être coupés à New York, mais au fond il se trouvait pas mal ainsi et décida de ne plus suivre que ses envies pour l'apparence et pas ce que la majorité adoptait. Il descendit dire au premier rencontré qu'il sortait, ce fut Candy qui faisait une tarte aux pêches dans la cuisine alors que la cuisinière épluchait des pommes de terre.
- Je ne dîne pas ici ma douce mais garde-moi bien ma part de tarte, je la mangerai en rentrant ou demain matin.
- Compte sur moi, sois prudent sur la route et passe une bonne soirée.
- Toi aussi ma chérie.
Il prit la voiture de William, une Ford imposante et avec un toit contrairement à la vieille et lente Dodge de 1914. Il partit en ville, roula doucement pour revoir toute la ville, puis s'arrêta au cabaret restaurant tout nouveau où chantait cette italienne, l'ex-petite amie de Daniel et où on pouvait jouer légalement au poker ou à la roulette.
-OOOoOOO-
Dothy avait été à la fois soulagée et triste qu'Anthony soit parti. Elle l'avait blessé volontairement par peur de lui, il lui faisait peur et c'est uniquement pour cela qu'elle avait cherché de quoi le mépriser sans succès. Cette peur de l'apprécier cachait tout simplement la peur de trop s'attacher à lui alors qu'elle n'en avait pas le droit. De tous les hommes qu'elle avait autour d'elle, le dernier dont elle pensait pouvoir tomber amoureuse était bien Anthony. Il y a vingt ans qu'elle n'avait plus senti ce souffle de jeunesse, ces palpitations dans le cœur, ce désir d'aimer et de s'offrir totalement à un homme. Philippe n'avait pas réussi, William si passionnant pas plus, il n'était pas possible qu'un jeune homme de 22 ans, d'abord trouvé insignifiant et égoïste en mari de Candy, puis supportable en nouveau divorcé plus gentil et gentleman avec Candy, puis incompréhensible en frère ami de son ex-femme et enfin après des précisions, si admirable, généreux, audacieux, drôle, passionnant, cultivé, fascinant et de plus en plus beau, séduisant, attendrissant et hypnotisant avec ses yeux incroyables, ait eu ce pouvoir de réveiller ce cœur si méfiant. Mais il ne s'était heureusement rien passé qui puisse encore être oublié, il ne pouvait plus l'approcher de près, il était trop respectueux de son oncle et certainement trop fier. Et puis il n'avait eu qu'un léger béguin par ivresse, manque sentimental et sans doute physique, et par manque de choix. Elle ne pouvait l'imaginer être vraiment amoureux d'elle, elle était trop âgée pour lui, ce qu'elle acceptait pour un homme qu'elle n'aimait pas d'amour, elle ne pouvait le concevoir pour une passion durable. Pourtant déjà son cœur souffrait de l'imaginer parti à la conquête d'une belle jeune fiancée pour oublier cette toquade d'un jour et de lui donner son corps ferme mais fragile à aimer. Elle chassa cette pensée triste en la transformant en espoir que la vie offre aussi de bonnes choses à ce jeune homme si surprenant qui avait vécu déjà tant de douleurs, il le méritait. Mais une décision était maintenant certaine, elle ne pouvait plus poursuivre cette liaison avec William maintenant. Ne pas l'aimer, étant donné qu'elle ne lui avait pas fait croire n'était pas grave. Ne pas éprouver un plaisir dévastateur passait aussi mais pas de trahir son propre cœur et sa conscience davantage que le nécessaire. Anthony ne saurait rien de son émoi mais il saurait au moins qu'elle n'avait surtout pas voulu l'humilier.
Elle descendit dîner en se promettant de vite terminer cette histoire avec William, en douceur, sans bruit et sans le blesser aussi par manque de tact. Mais Candy empêchait de pouvoir le faire ce soir alors elle reprit son mal de tête fantôme en prétexte pour retourner dans sa chambre peu de temps après le dîner, partit avec les deux aspirines et le regard tendre de William si pesant désormais pour elle, puis réfléchit à se donner vraiment mal à la tête en guettant le moindre bruit de voiture jusqu'à ce que son cœur cogne très fort dans sa poitrine, à deux heures dix alors que ce pas différent passa devant sa porte puis entra dans la sienne.
-OOOoOOO-
Il aurait pu au moins soulager son besoin physique naturel pour se prouver qu'une femme en valait bien une autre pour ça mais il n'avait prouvé que l'inverse. Il avait joué au poker longtemps, la chance dit-on n'était pas au jeu pour les cœurs épris et heureux en amour mais il se savait bon joueur et avait gagné pas mal car il savait aussi s'arrêter de jouer comme il le voulait vu que l'argent ne le motivait pas. Forcément, les curieux affluent quand on gagne ; les femmes intéressées surtout, les putains de luxe comme Lola Rossinella en particulier. Elle était belle, sexy, les formes pleines, des yeux noirs charbon dangereux, en d'autres temps il l'aurait goûtée puis jetée car trop vulgaire et intéressée par l'argent même s'il avait cru qu'elle le trouvait aussi à son goût sexuellement. Mais il s'était bien amusé avec elle au moins, surtout en l'entendant dire :
- Décidément, tous les hommes de cette famille sont beaux et j'ai eu le moins de tous dans mon lit.
- Mais le plus facile à déplumer Lola, ne regrettez rien.
- Si, je regrette d'avoir eu pitié de Daniel en lui donnant de la drogue quand il la réclamait car je ne voulais vraiment pas le rendre malade, je vous assure.
- Je vous crois, il se fait soigner maintenant, nous savons bien que ce n'est pas vous qui l'avez rendu mauvais.
- C'est certain que ce n'était pas lui non plus le plus courageux de la famille.
- C'est forcément Terrence Grandchester le plus courageux d'après votre récit.
- C'est certain qu'il l'est, et fort, beau, viril, célèbre et riche. Hélas c'est aussi le plus fidèle, donc inapprochable mais heureusement doué pour voir le talent.
- Vous m'avez dit qu'il n'était jamais venu ici, où a-t-il pu vous entendre chanter ?
- Oh ! Il lui a suffi de m'entendre parler, mon accent l'a charmé, il parle italien en plus cet hidalgo.
- Un hidalgo est espagnol Lola, se moqua-t-il.
- Oui, vous êtes aussi beau dans le genre opposé mais à vous je décerne le prix de la ruse et de l'ironie, signore Brown.
- Et pour mon cousin Archibald ?
- Lui, il est tout simplement le plus snob, il m'a clairement dit que je le dégoûtais et que nous ne serons jamais du même milieu.
- Il est aussi fidèle à sa belle épouse Lola, autant que Terrence à ma cousine.
- Et votre ex-femme d'après Daniel ! C'est très étrange que cette petite blonde attire tant les hommes, elle est pourtant fade.
- Pas du tout Lola mais inutile de discuter goûts et couleurs, parlez-moi encore de ce que vous a promis Terrence ?
- Il m'a promis un contrat dans un grand cabaret de New York, vous n'y croyez pas ?
- Si Lola, soyez sûre de l'avoir, Terrence n'a qu'une parole. Mais qu'auriez-vous aimé en plus de lui à part devenir sa maîtresse ?
- Rien d'autre, je ne suis pas non plus stupide à espérer être l'épouse d'un tel homme, de plus épouse est beaucoup moins agréable que maîtresse, surtout s'il veut un héritier. Mais vous, vous n'êtes plus marié, pas fiancé, est-ce donc juste Daniel qui nous sépare ?
- Je l'ignore, essayez donc de me le dire Lola, je veux bien tester cinq minutes vos charmes.
Elle eut l'air enchantée et déploya l'arsenal. D'abord un baiser fougueux mais vu le peu de retour, elle prit ses mains et les posa sur ses seins pour qu'il les caresse. Il essaya mais tout de suite le corps de Dothy en maillot de bain apparut dans sa tête et il s'écarta de Lola d'un air dégoûté.
- C'est encore pire que Terrence et son air blasé et glacial. C'est à se demander si vous ne vous êtes pas tous ligué pour m'humilier et venger la petite blonde, c'est une vendetta !
- Non Lola, pour moi c'est juste mécanique, ma santé ne suit pas, la faute à un accident de vie seulement. Aucun regret, une belle carrière vous attend à New York et plein d'hommes riches et beaux, ciao Lola.
Elle le regarda partir en boitant et se dit qu'il était le plus imprévisible de la famille car il se diminuait lui-même pour éviter de vexer, décidément quelle famille !
-OOOoOOO-
Candy alla voir si Anthony dormait encore à huit heures, il avait dit qu'ils iraient ensemble se baigner mais il avait dû rentrer tard et il était étalé et nu sur le ventre au milieu de son lit alors elle voulut refermer la porte mais il ne dormait pas.
- Candy ! Viens me masser le dos s'il te plaît, il est raide ce matin.
Elle eut un temps d'hésitation, si Dothy était là elle trouverait ça scandaleux. Mais elle le connaissait par cœur, elle était infirmière et médicalement, elle voyait parfois des hommes nus sans que personne n'y voie le mal, même Terry.
- Qu'as-tu fait pour être si raide ? lui demanda-t-elle après avoir ausculté ses lombaires.
- J'ai joué au poker, je suis seulement resté trop longtemps assis.
- Alors cela devrait aller mieux après un peu d'étirements, mets l'oreiller sous ton ventre. C'est vrai, j'aurais dû te masser dès ton arrivée, ces heures de train à cause de moi en plus de tous ces mois à trop travailler, et maintenant tu dois encore essuyer la colère de la grand-tante, alors que tu devrais te reposer.
- La grand-tante, ce n'est rien, il faut bien que j'aille la saluer de toute façon, quoi qu'elle dise, elle m'a élevé quand maman est morte et elle n'a pas tout fait mal tout le temps.
- Je sais bien, je regrette de toujours la décevoir, je suis désolée qu'elle soit si seule maintenant, j'espère qu'elle fera enfin taire son orgueil pour ses vieux jours afin d'être moins seule.
- Nous verrons tout à l'heure ma douce. Sinon ta soirée s'est bien passée ?
- Oui mais je ne me suis pas couchée tard vu que Dothy avait encore mal à la tête, j'espère qu'elle ne couve pas une grippe. Alors j'ai discuté avec Albert, appelé Annie, puis lu, voilà. Et toi ? De combien t'es-tu enrichi ?
- Deux cent dollars.
- Fichtre ! Tu pourrais en vivre si tu voulais !
- Je ne veux pas, je veux au contraire faire mon métier autrement, pour rendre service à ceux qu'on laisse toujours au bord de la route.
- A Harlem, tu serais très utile, ils ne sont pas nombreux les avocats blancs défendant les noirs.
- Je sais et j'y ai songé sérieusement mais je n'ai pas encore décidé où vivre. Ici aussi on manque d'avocats pour les pauvres, qu'ils soient noirs ou blancs, même d'avocats incorruptibles à la pègre, mais c'est plus dangereux. Et à Paris, patrie des droits de l'homme, je pourrais devenir avocat totalement gratuit pour les pauvres vu que l'état prévoit ces fonctionnaires publics payés par l'état pas très cher mais ça me suffirait bien vu la qualité de vie que j'aurais maintenant que la paix y est revenue.
- Si tu te plaisais plus en France, n'hésite pas à cause de moi mon chéri, je serai heureuse si tu l'es, dit-elle en retenant une larme.
Mais il la devina alors il se retourna et la prit dans ses bras et l'embrassa sur le front.
- Je me plais là où tu es Candy mais j'ai besoin d'être où mon destin le voudra et j'essaie de trouver un indice qui m'indiquerait la route.
- La maison Pony peut-être ?
- Il m'en faut un autre avant tu le sais bien, une mère.
- On la trouvera, laisse-toi le temps. Mais je suis déjà sûre que tu ne la trouveras pas là où on joue au poker.
- Je l'ai constaté aussi hier, dit-il en riant. Je suis tombé sur l'italienne, Lola, tu sais ?
- Oui. Elle a dû te faire le grand jeu à toi aussi ?
- Oui, sans succès et elle a été vexée que ce soit la troisième fois dans la famille. Elle a décerné à Terry le premier prix de fidélité et de courage, à Archibald celui du snobisme, et à moi celui de la ruse et de l'ironie. Elle est plus futée qu'on ne croit en fait et chante assez bien.
- Cela facilitera les choses pour Terry alors étant donné qu'il doit lui trouver un bon contrat alors qu'il ne fréquente pas d'autre cabaret qu'à Harlem mais je doute que celui-ci plaise à Lola.
Anthony éclata de rire et pensa enfin à couvrir son entre jambe alors que Candy lui massait maintenant la cuisse sans s'en soucier. Il se dit enfin qu'avoir été son mari ne serait jamais plus un regret vu ce que cela avait permis de construire cet amour fraternel sans tabous ni gênes, chaque jour plus solide et intense. Il pouvait désormais tout lui dire et fut tenté de lui avouer son penchant pour Dothy mais elle même avait rêvé qu'elle tombe amoureuse de William et inversement, elle serait trop triste de ne pas pouvoir prendre parti et le savoir encore en peine de cœur, alors il tut ce qu'il pensait être seul à digérer.
- Allons nous baigner à notre crique ma Candy, rien de tel pour mon dos après tes mains d'or.
- Dothy est peut-être debout, on pourrait l'inviter ?
- Non, laisse-la se reposer, tu m'as dit qu'elle avait mal à la tête.
- Oui mais c'est peut-être passé.
- Elle ne doit pas être une fanatique de baignade à mon avis, et je préfère qu'il n'y ait que toi, on est si bien ensemble.
- C'est vrai et je vais prier pour que le destin trouve de quoi te faire préférer New York et continuer notre histoire. C'est toi qui as voulu qu'on y vive, moi ça me terrorisait.
- Oui, de peur de revoir Terry et découvrir qu'il t'aimait lui aussi toujours. Mon destin m'a incité à t'y emmener pour lui peut-être.
- C'est certain Anthony, c'est toi qui m'a guidé vers Terry deux fois, tu es la personne au monde qui a le plus d'influence sur ma vie, tu es mon âme jumelle et Terry mon compagnon d'âme.
- Alors peut-être que ça marche dans les deux sens, que tu vas me conduire vers ma compagne d'âme.
- J'aimerais bien mon chéri mais pour l'instant je ne vois pas la route. Mais si c'est moi qui peut l'indiquer, il te suffit de ne plus me quitter jusqu'à ce qu'on l'ait trouvée, tout simplement.
- Tu crois que Terry sera d'accord si ça prend beaucoup de temps ? dit-il en riant et sortant du lit sans complexes.
- Je crois qu'il t'a déjà répondu, tu es le bienvenu et tu sais très bien où sont nos limites, là où l'un de nous en souffrirait mais à trois avec chacun un rôle unique, ce sera facile tu verras. Et puis c'est impossible que tu attendes très longtemps vu ce que le destin a déjà fait pour t'emmener ici.
- Tout serait donc décidé par le destin ? Et nos choix personnels ?
- Si on fait confiance à son destin, il nous mène vers nos choix les plus profonds je crois.
- Alors je vais essayer de mieux aimer mon destin pour mériter ma vie et ma famille de cœur.
Fin du chapitre 16
