« Nous l'avions rêvé » de Diogène
Chapitre 23 « Ce jour tant désiré »
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Nevermore
« Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.
Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant
" Quel fut ton plus beau jour? " fit sa voix d'or vivant,
Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.
- Ah ! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées !
Et qu'il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées ! »
Paul Verlaine
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On était le sept octobre. Il avait plu pendant les sept jours précédents, on n'avait pas vu pointer le soleil depuis douze jours. A l'aube, un vent violent chassa les nuages, laissant ensuite apparaître une éclaircie et qui sécha les routes un peu boueuses. Puis le vent cessa d'un coup, plus un seul nuage apparent, le ciel était d'un bleu-vert tendre et les rayons du soleil rendirent l'air pur et plus respirable.
La veille, Albert, Archibald, Annie, Jordan et Georges arrivèrent à New York et s'installèrent dans un appartement appartenant au chef de famille. La grand tante Elroy n'avait pas pu faire le voyage, elle souffrait d'une crise de goutte dans son pied droit mais elle avait transmis à Albert une lettre de vœux de bonheur pour le futur couple. Eléonore Baker était arrivée le jour d'avant, Terry était allé la chercher à la gare et l'avait installée dans une chambre de sa maison, fraîchement décorée par Candy. Celle-ci avait meublé aussi la plus grande chambre à l'opposé de celle de Terry, avec sa salle de bain attenante, pour Anthony et Dothy puisque Terry les avait invités à venir quand ils voudraient pendant le voyage de noces du couple, afin de tenir compagnie à Martha et Peter et profiter de la piscine.
Dothy s'était sentie mal à l'aise à l'arrivée d'Albert, Anthony lui avait annoncé qu'il allait le chercher ainsi que ses cousins et Georges, qu'il lui dirait tout dès qu'il pourrait lui parler seul. Elle espérait qu'Albert ne serait pas vexé ni peiné de lui avoir préféré son neveu mais surtout qu'Anthony n'en subisse pas les conséquences. Il l'avait appelée à la boutique aussitôt qu'il put et elle soupira fort quand il lui dit en riant :
- Ma chérie, mon oncle avait deviné que tu me plaisais beaucoup trop à Lakewood après votre discussion puis rupture. Il est trop malin pour nous mais je t'assure qu'il n'a pas l'air triste, vexé ou fâché, il m'a dit qu'il était heureux que je sois enfin amoureux et que j'avais bien choisi !
- Oh ! Mon amour ! Merci d'être aussi tolérant, tu acceptes de moi ce que peu d'hommes accepteraient et ton oncle autant.
- J'accepte ton passé parce que tu acceptes aussi le mien ma chérie mais surtout mon futur stérile que peu de femmes accepteraient en connaissance de cause, hormis Candy.
- Je suis si heureuse maintenant que je suis rassurée sur William, je suis la femme la plus heureuse du monde, hormis Candy.
- Moi aussi je suis aussi heureux que Terry ma belle, avec toi je me sens enfin complet, il n'y a aucuns tabous et c'est tellement grisant de repousser chaque jour les limites.
- Et tu crois que nous allons encore tenir jusqu'à quand mon amour ?
- Pas longtemps, j'ai peur que la nuit de noces soit aussi la notre étant donné que Terry et Candy nous obligent à dormir chez eux pour éviter un accident au cas où on boirait un peu trop !
- Ça ne te dérange pas que ça ait lieu chez lui ?
- Pas plus que ça l'a dérangé que la sienne ait eu lieu chez toi ma chérie !
- C'est vrai ! Tu as raison, ce serait logique alors ! Anthony ! J'ai hâte tu sais !
- Et si je te déçois ?
- Pourquoi, tu as des problèmes à ce niveau ?
- Personne ne s'est plaint mais mon corps n'est pas des plus souples.
- Je ne suis pas adepte des acrobaties non plus mon amour, je crois que la simplicité est ce qu'on a fait de mieux pour des amoureux sujets aux raideurs et rhumatismes comme nous. Moi aussi je te décevrais peut-être mon prince mais je prend le risque car je ne peux plus me passer de toi un jour, je t'aime plus que tout, c'est si fort, si bouleversant, si merveilleux !
- Je t'aime aussi avec certitude maintenant ma déesse, un simple désir n'aurait pas résisté si longtemps, l'amour seulement permet de préférer l'attente vers le paradis que le feu de paille d'un orgasme fugace.
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C'est en se remémorant ces mots merveilleux et la voix si douce qui lui susurrait au téléphone que Dothy finissait d'ajuster la robe de mariée à Candy ce matin du sept octobre.
- Tu vois ma belle, même le soleil n'aurait pu manquer ce rendez-vous tant espéré, la journée va être la plus belle de cette fin d'année !
- On dit pourtant : mariage pluvieux, mariage heureux Dothy !
- Tu penses ! Je me suis mariée un jour de pluie et vois le résultat !
- Est-ce que tu prétends toujours ne jamais te remarier ma chère ?
Dothy sourit et haussa les épaules.
- Je ne dirai plus jamais, jamais mais… je n'en suis pas là et ce n'est pas en ce jour clé que je vais penser à ça, c'est ton mariage Candy, tu es la reine toute la journée, la reine des roses !
- Tu t'es vraiment surpassée Dothy ! Quelle merveille tu m'as créée, elle est vraiment telle que je l'ai rêvée, c'est un chef d'œuvre ! Et puis, c'est vrai que le soleil est plus que le bienvenu car sans mon étole, on verra mieux ce splendide décolleté de dentelle !
- Oui, la dentellière est une grande artiste, je suis fière du travail que nous avons fait, moins du costume d'Anthony, j'ai manqué de temps, je voulais lui broder aussi une rose blanche sur le col de la veste.
- Tu aurais eu plus de temps si tu n'en avais pas perdu à refuser cet amour que la vie t'a offert !
- Que veux-tu ! C'est tellement plus facile de s'occuper de celui des autres, surtout quand le cadeau est si jeune, si beau et si improbable !
- Il est parfait pour toi Dothy, prends-en soin, il est fragile sous ses dehors incassables et il a tellement besoin d'amour !
- Je ne veux plus rien d'autre que ça Candy, je ne peux plus être heureuse sans lui, tout ce que j'ai été avant lui n'a été que de l'attendre et même si j'ai encore peur qu'il finisse par me trouver vieille, je ferai tout pour le garder. Mais cessons de parler de lui, je t'ai dit, c'est toi le seul sujet de conversation ce jour !
- Non, pas que moi, tu crois que je me marie seule alors ?
- Non mais ton promis, tu ne le verras qu'à l'église, la tradition m'interdit de t'en parler.
- Alors de quoi parler ?
- De plus rien ici, il est temps d'aller te montrer aux femmes et de poursuivre la tradition.
Peu après, Dothy se sentit encore plus fière d'elle en voyant les femmes s'extasier devant la robe de mariée de Candy. Eléonore Baker, Annie Cornwell et Martha ne cachèrent pas leur admiration et plaisir d'une telle splendeur. Elle ne joua pas les fausses modestes, elle était bien telle que voulue, unique, originale et magnifiée par son inspiratrice. La robe idéale pour la mariée idéale mais aussi sa plus grande œuvre car créée dans l'endroit rêvé et près du prince créateur de cet endroit et son prince à elle dorénavant. La robe était idéale pour Anthony mais elle l'était autant pour Terry qu'Anthony, l'avantage d'être beaux tous les deux sans qu'un fasse de l'ombre à l'autre. Pour Terry, elle avait imaginé un costume blanc ourlé d'or et mis à part qu'il avait manqué de patience pour les dernières retouches tout à l'heure et montré son côté ronchon plus rare désormais, il était aussi parfait que voulu et elle l'expédia avec plaisir dans le premier voyage vers Harlem, avec James et Archibald pour lui tenir compagnie.
Candy reçut maintenant les quatre cadeaux traditionnels et pour le premier : quelque chose de neuf, Annie lui offrit une pochette en satin rose. Pour quelque chose de bleu, Dothy glissa dans la pochette un mouchoir de soie d'un bleu proche des yeux de Terry. Pour celui de vieux : Eléonore lui mit dans la pochette, sur le mouchoir, un cadeau du père de Terry alors qu'elle venait de lui annoncer sa grossesse, une broche ayant appartenu à Sarah Bernard selon une légende. Martha rajouta à côté de la broche et sur le mouchoir quelque chose en prêt : un Napoléon en argent, son porte bonheur. Candy lia ensuite la cordelette dorée d'un nœud papillon puis la serra contre son cœur ému avant de la rendre à Dothy qui la conserverait le temps de la cérémonie à l'église.
La coiffeuse revint ajuster le voile sur la coiffure savante qu'elle avait créée sur Candy, composée aussi d'une rose de mousseline blanche accrochée au chignon garni de rubans pour augmenter le volume de ses cheveux courts gaufrés et rendus plus brillants par une laque pailletée d'or. Le jupon de la robe était fait de ces mêmes roses de mousseline blanche cascadant autour de sa taille et le tout offrait un tableau impressionnant. Eléonore s'extasia encore sur sa future belle-fille en avouant ses rancunes par comparaison à sa première bru qu'elle n'avait guère aimé. Candy avait déjà compris que Susanna était encore pour elle, celle qui avait rendu son fils malheureux trop longtemps quoi qu'elle lui ait peut-être sauvé la vie et se dit cette fois qu'elle pouvait maintenant lui demander un cadeau inestimable. Elle alla alors lui glisser sa demande à l'oreille et après deux ou trois protestations et plaintes, obtint satisfaction. Heureuse pour Terry, Susanna et même Martha qui l'espérait aussi depuis longtemps, elle revint à son jour et se trouva sans fausse modestie, belle et radieuse pour mériter autant de bonheur qu'espéré, même bien plus.
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Terry avait retrouvé à Harlem, Gino et Tristan ainsi que des amis noirs du quartier comme Jonas et Joseph. Il attendait Albert et Anthony avec impatience car le trac commençait à l'envahir. Mais ils n'arrivaient pas et le révérend Jackson lui demanda d'attendre dans le presbytère car il y avait quelques curieux dans les parages avec des appareils photos et si Candy arrivait, il ne fallait pas qu'il la voit. Terry obéit mais se sentit vite oppressé dans cette petite pièce mal éclairée et ressortit pour allumer une cigarette. Il se fit tancer par le révérend mais argumenta qu'il n'allait pas fumer dans l'église quand il vit la voiture cabossée d'Anthony arriver et se sentit alors enfin rassuré. Il soupira, partit l'accueillir sans s'occuper du type qui le mitrailla de son appareil. Il vit bien James se précipiter pour lui dire que c'était un mariage privé mais s'en ficha et monta vite sur le siège avant à côté d'Anthony qui le regarda d'abord avec étonnement puis en souriant.
- Tu m'as l'air bien inquiet mon ami ! Ne t'en fais pas, elle ne va pas se sauver, elles sont toujours en retard pour leur mariage !
- C'est seulement le trac et on m'empêche de rester dehors pour fumer. La solitude ne me réussit pas, tu arrives juste au bon moment. Mais où est ton oncle ?
- Il avait un dernier truc à régler, il va arriver avec Georges d'un instant à l'autre. Il ne voulait pas que je prenne ma guimbarde mais je me suis dit que tu préférais que je sois là vite, même en bagnole pourrie !
- Tu penses comme je me fiche encore plus de ça en ce moment ! Mais c'est vrai que tu détonnes encore vu ton élégance dans ce smoking ! Dothy s'est surpassée !
- Tu n'as encore rien vu ! Bon, il vaut mieux qu'on aille tous les deux dans ce presbytère au cas où elle arriverait à l'heure ! Ne t'inquiète pas, je ne te lâcherai pas jusque là !
- S'il le faut !
Une fois tous deux sortis de la voiture, Archibald qui sortait de l'église et les regardait avec un air impressionné en voyant le bras d'Anthony autour des épaules de Terry, les suivit dans le presbytère.
- Je peux me joindre à vous ?
- Evidemment ! fit Terry.
Puis une fois tous les trois assis sur un banc, Archibald dit en riant :
- Ça me rappelle la fois où nous étions à la messe avec mon frère et que le curé nous a disputés car il avait mis une grenouille dans le bénitier et fabriqué une boite à coassement pour les bruitages. Tu te souviens Anthony ?
- Oui Archie ! On a dû rester sur ce banc deux heures pour prier. Si le curé savait ce que mon esprit a préféré faire au lieu de prier, il aurait été furieux encore.
- Et moi donc ! Alistair devait sûrement penser à sa prochaine invention ! Qu'est-ce qu'il me manque !
Puis en voyant Terry soupirer :
- Désolé Terry, je voulais seulement dire que tu nous permets de revivre un trio d'amis comme à l'époque même si tu n'as rien de commun avec mon frère.
- Ça c'est sûr ! Je l'admirais beaucoup, c'était un génie, je n'aurais jamais parié qu'il réussisse à réparer cet avion qui n'avait pas volé depuis des lustres. Il avait tout appris seul en plus ?
- Oui seul avec ses livres. A côté de lui je me sentais bien stupide !
- Chacun a son intelligence Archie, tu es calé en finances et en politique ! fit Anthony
- Oui mais à l'époque j'étais le moins intéressant entre un cerveau et un tel cavalier et séducteur !
- Moi j'enviais la complicité entre toi et Alistair, je n'osais pas trop m'immiscer entre vous même quand j'en avais envie. Il a fallu que Candy arrive pour que nous soyons plus soudés.
- Oui c'est vrai, elle nous a apporté tant de joie et de nouveautés !
- C'est drôle quand même d'être réunis ici tous les trois quand on sait que Candy a été de la même façon dans nos cœurs à un moment donné ! s'exclama Terry en riant.
- Oui, on ne l'aurait pas imaginé il y a un an ! approuva Anthony en riant aussi.
- C'est en effet du domaine de l'improbable ce que nous vivons mais ça prouve que nous avons bien grandi et appris les leçons de notre Candy ! finit Archibald en riant également.
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Pendant que les trois hommes devisaient dans le presbytère de l'église, la future mariée partait avec la limousine conduite par Peter en smoking, et accompagnée de Dothy, Annie, Eléonore et Martha.
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Albert et Georges arrivèrent à Harlem et James leur dit où étaient le futur marié et ses deux neveux. Albert laissa Georges puis entra aussi dans le presbytère et trouva les trois hommes en pleine rigolade.
- Je vois que l'ambiance est bonne ici ! Puis-je me joindre à vous ?
- Tu peux ! ânonna Anthony alors que les deux autres firent juste un signe de la tête vu leur fou rire.
- Ah ! William ! Je leur ai raconté la fois où tu as filé une raclée à Daniel après qu'il ait maltraité des chevaux !
- Ah ! Oui, je me souviens, j'ai vu Neil prêt à empoisonner César et Cléopâtre, mon sang n'a fait qu'un tour, j'ai oublié que je n'étais pas qu'Albert et je lui ai fichu une raclée puis suis reparti aussi vite de crainte de me retrouver face à Sarah. Entre ma demi-sœur et moi ce n'était pas le grand amour, elle était bien contente que je parte sur les routes pour vivre mes expériences en attendant d'être prêt à gérer les affaires de la famille. Ma tante a accepté mes dix années de liberté en échange de la promesse que je succède ensuite à mon père mais Sarah, qui est la fille du premier mari de ma mère, mort peu après son mariage, aurait bien aimé que je disparaisse et quand elle a appris que Candy m'avait soigné lors de mon amnésie, elle réalisa qu'elle ferait mieux de s'éloigner, ce qu'elle a fait avec son mari en s'installant à Miami.
- Personne ne les regrette, ni elle ni sa fille ! fit Archibald avec dédain.
- J'ai rencontré Elisa à Washington lors de ma tournée vous savez ! dit Terry en regardant à sa droite Anthony et Albert puis à sa gauche Archibald.
Les trois affichèrent une mine étonnée et curieuse mais ne pipèrent mot en attendant la suite. Terry fixa à nouveau devant lui puis raconta :
- Oui, elle est venue voir la première, sans son mari, seule comme une grande et elle a ensuite sollicité une entrevue avec moi dans ma loge !
Il marqua à nouveau une pause, souriant en fixant l'affiche d'une publicité sur un combat de boxe qui semblait insolite dans ce petit presbytère rattaché à l'église.
- Et que t'a-t-elle raconté ? fit Anthony, ne semblant donc pas douter qu'il ait accepté cette demande de sa cousine.
- Que des ragots et méchancetés bien sûr ! répondit Terry cinq secondes après en tournant la tête à droite et souriant à Anthony.
- Forcément ! Mais sur qui ? Pas toi ni Candy, elle n'aurait pas osé quand même ?
- Tu ne l'en crois pas capable ?
- Si mais je la sais maligne, si elle espérait… quelques attentions de ta part, elle n'a pas pu risquer ta colère, je me trompe ?
- Non Anthony, tu es très malin toi aussi !
- Je connais surtout bien ma cousine ! Alors, elle t'a dit du mal sur… moi je suppose ?
- Que des mensonges, ne t'inquiète pas !
- Ça ne risque pas de m'inquiéter, je sais qui tu as cru quoi qu'elle ait inventé ou déversé ! Mais je suis très curieux tu sais !
Terry éclata de rire et hésita mais quelqu'un frappa puis entra. C'était James.
- La limousine arrive messieurs, vous devez aller à l'autel monsieur Grandchester, ordre du révérend ! Ah ! Et vous aussi monsieur Brown ! Ordre de madame Malone pour ce coup !
- Elle a donc décidé de t'accrocher la corde au cou aujourd'hui aussi, au cas où tu te sauverais ! ricana Terry pour cacher l'emballement de son cœur à savoir Candy si proche et de ce moment si attendu pour lui.
- Ma foi, si c'était vrai, je pourrais bien te surprendre à la laisser faire mon ami mais je sais que ce n'est pas ça, c'est qu'on m'a aussi interdit de voir ta promise avant l'instant voulu, va savoir pourquoi !
Terry rit, cette petite provocation à faire semblant de le rendre jaloux, le détendit encore. Albert et Archibald rirent aussi puis décidèrent de sortir dehors vu qu'ils n'en avaient pas été interdits.
- Alors, on vous laisse entre privilégiés de vos belles ! dit même Albert avant de suivre Archibald, moi je serai ravi que tu te maries très vite mon neveu, ça m'éviterait de revenir bientôt sur le continent, sinon attends le Noël de l'année prochaine !
- J'en prends note tonton !
Terry regarda son futur beau-père et futur cousin sortir puis inspira longuement alors qu'Anthony se levait et lui tendit la main.
- Allez cette fois c'est pour de bon Terry, va vers ton destin si désiré et rêvé.
Celui-ci se leva en souriant, laissa Anthony arranger un peu sa cravate, lisser son costume, remettre une mèche de ses cheveux en place puis l'entraîner sans lâcher sa main jusqu'à la porte menant à l'autel et l'ouvrir. Le révérend, derrière sa chaire leur fit signe de prendre leurs places. L'église était à moitié pleine, Anthony reconnut au passage tout le personnel de la clinique et amis du cabaret en fond d'église et au milieu, les amis du monde du théâtre dont une bonne partie des acteurs de Cyrano sauf Philippe. Il se demanda s'il allait venir vu sa déconvenue récente avec Dothy. Après il y avait la famille, James rejoignait Tristan près d'Eléonore et Martha. Les deux religieuses lui sourirent au passage et bien sûr à Terry à ses côtés. Enfin les enfants placés tout devant pour avoir une bonne vue se mirent à applaudir quand ils virent les deux hommes puis le reste de l'assemblée suivit. Terry gagna sa place face à l'autel et le révérend qui lui sourit, Anthony se mit à gauche, à la place des témoins de la mariée, où Dothy le rejoindrait. A la droite de Terry il y avait Gino et Archibald, ses témoins. Anthony vit la porte de l'église s'ouvrir mais ce n'était pas encore la mariée, il reconnut Philippe et faillit ne pas reconnaître la si belle fille à son bras, tant de la voir vêtue si élégamment mais sobrement dans sa longue robe gris perle, son manteau entrouvert beige et ses cheveux blond vénitiens tirés en arrière en chignon sobre, n'était pas arrivé encore. Il tourna vite la tête vers Terry qui la reconnut aussi car il sourit largement et hocha la tête. Ce qui conduisit ensuite le regard d'Anthony vers le couple qui souriait de concert en fixant aussi Terry et le hochement de Philippe dut lui répondre comme il le voulait. Oui, la compagne de Philippe, qu'il semblait tenir fièrement par la main, n'était autre qu'Emma Powers. Ils s'installèrent près de Christopher et Becky fraîchement mariés. Anthony se dit que soit Philippe voulait tenter de rendre jalouse Dothy en s'affichant avec Emma, soit il avait juste voulu faire plaisir à Terry en se proposant comme chevalier servant de son amie si à part, soit une combinaison des deux. Enfin, il oublia ce questionnement en entendant madame Jackson assise à son harmonium, entamer le début de la marche nuptiale de Mendelssohn puis la porte de l'église s'ouvrit en grand de l'intérieur par deux habitants du quartier. Terry avait le cœur en tambour et lorsque la lumière du soleil jaillit en rayons dans l'église et qu' une apparition féerique suivit, le tout le laissa pantois. Un murmure suivit les pas de ce couple, l'admiration était réelle et manifeste dans la salle. Qui aurait pu rester indifférent à ce tableau angélique d'une rose épanouie sous des pétales de satin et mousseline blanche, un long voile formant au sommet une rose accrochée à ses cheveux libres mais crantés et laqués de paillettes qui illuminaient son visage découvert au teint de porcelaine et lèvres roses, et ses paupières à peine soulignées d'un peu d'or aussi. Elle rutilait, sa robe était un chef d'œuvre et Albert à son bras adoptait un air si fier qu'Artaban lui même ne saurait saisir. Terry resta figé comme une statue à les regarder avancer si lentement, le temps avait suspendu son vol pour lui, il se demandait comment il arrivait encore à respirer tant son cœur tressautait dans sa poitrine.
Candy se demandait aussi si elle arriverait à atteindre l'autel sans s'évanouir. Son cœur tambourinait si fort, tous ces regards sur elle l'impressionnaient bien qu'on ne peut plus chaleureux. Au bras de son père pour la seconde fois mais enfin sans regrets ni remords, elle n'avait le trac que pour Terry, pour ne pas le décevoir une seconde, le rendre fier et aussi amoureux que le sept juillet. En franchissant le seuil de l'église, elle vit la foule, beaucoup d'habitants étaient venus, tous ceux qu'elle connaissait et croisait depuis six mois, d'autres connaissant mieux Terry, tous à l'aise avec la famille et les amis blancs, comme les enfants de la maison Pony qui avaient donné l'exemple plus tôt. Derrière elle, il y avait Annie et Dothy, demoiselles d'honneur et garantes du voile de trois mètres. Ensuite son regard croisa ceux de ses collègues infirmières et du docteur Richard qui portait beau le smoking. Puis elle vit les acteurs, le sourire de Becky la rassura un peu. Elle reconnut ensuite Philippe qui lui fit un clin d'œil. Elle regarda la très belle jeune femme à ses côtés, elle ne la connaissait pas, peut-être était-ce une autre actrice ou une amie à lui. Les sœurs de Pony furent les suivantes à croiser le regard de Candy et leur fierté la rassura davantage. Martha et Eléonore avaient les yeux emplis de larmes, Tristan et James étaient près d'elles. Enfin, elle put voir le premier rang avec les enfants mais son regard ne put s'y attarder en sentant son cœur tiédir, elle releva les yeux puis partit vers la gauche, elle vit Anthony si béat, elle versa une première larme de bonheur, il savait bien que la robe de Dothy était aussi née grâce à lui, prince des roses. Il lui offrit un sourire empli de fierté et d'amour et elle put enfin rejoindre sans plus une once d'anxiété son prince époux tant désiré. Il était si beau, si lumineux, si magnifique. Elle croisa son regard si humble et admiratif et sentit cette évidence d'être née pour ce jour, devenir l'épouse de ce si bel homme tant aimé et ne plus le quitter jusqu'à la mort. Il était si sublime dans son costume blanc rehaussé d'or, aucun homme ne pouvait rivaliser avec une telle perfection physique, mentale et spirituelle. Il laissa couler sa larme, il la regardait comme si elle était Vénus, Juliette, Roxane et la vierge Marie réunies. Elle lui sourit en y mettant tout son amour et lâcha le bras de son père qui la déposa près de Terry, sans plus désirer quoi d'autre qu'y rester toujours. Ils s'admirèrent autant qu'ils purent avant de s'agenouiller devant l'autel, Terry fut évidemment autant impressionné par la robe aux roses si éblouissante et digne d'elle. Il pensa alors à sa créatrice et quitta sa belle trois secondes pour sourire à Dothy qui s'était installée près d'Anthony et avait les yeux humides mais un sourire de mère fière aussi et il put remarquer également qu'elle était sublime aussi dans une robe de satin beige et rose pâle très simple mais rehaussée d'un long collier de perles roses, la rendant plus fascinante et racée. Anthony était bien sûr à sa gauche, tous deux témoins de la mariée et il sourit encore à Terry d'un regard exprimant qu'en effet, il était ébloui de tant de beauté et talent. Terry avait aussi remarqué comme Dothy et Anthony étaient assortis et sans doute que dans peu de temps, ce seraient eux à la place des mariés et Candy et lui en témoins.
Toute l'église était presque en transe à regarder ces futur mariés, l'amour imprégnait l'église d'une aura sereine et romantique. Le révérend Jackson les laissa encore quelques secondes dans leur cocon soyeux puis entama la cérémonie.
Il commença par une sorte de plaidoirie pour expliquer à tous que s'il avait accepté d'unir dans son église des divorcés, il ne le faisait que par conviction que Dieu comprenait que parfois on soit dans l'erreur quoi que sincère et que des liens défaits sans victimes ni blessures valaient mieux que des mariés malheureux et prisonniers du mensonge. Dieu était Amour et Pardon, le mariage symbolisant l'amour et la famille, Dieu reconnaissait ici l'amour, la générosité, la modestie et le pardon. La salle applaudit à tout rompre ce discours, Anthony se dit que le révérend ferait un bon avocat mais il en imposa ensuite en juge usant du marteau pour faire taire la salle et leur demander de prier deux minutes sur le pardon de leurs erreurs. Quand il pensa que la salle était mûre, il reprit un ton doux et expliqua à tous que la mariée souhaitait lire un poème qu'elle avait écrit pour Terrence en cadeau de mariage. Terry l'ignorait et montra bien sa surprise et sa hâte à l'entendre. Candy lui sourit mais sentit le trac l'envahir. Elle inspira un bon coup en sortant de son gant un papier, le regarda deux secondes mais ne put ouvrir la bouche sans avoir les yeux de Terry dans les siens alors elle baissa sa main puis récita de mémoire :
« Long fut le silence qui m'interdisait
Hier encore ta main.
Long est le chemin qui m'a conduite
Aujourd'hui vers mon destin.
Long sera mon bonheur près de toi dès
Demain et tous leurs lendemains.
Toi, Terrence, mon éternel compagnon d'âme,
Hier, aujourd'hui et demain
Désormais ne font plus qu'un.
Je te veux pour époux, je veux être ta femme.
Accorde-moi ta main
Afin que mon cœur dise, enfin !
Je t'aime Terrence, je t'aimerai sans fin. »
Elle avait réussi à parler assez fort pour que toute la salle entende, sans se tromper ni hésiter mais la dernière phrase fut enveloppée d'un sanglot et Terry prit sa main et la baisa avant de la garder précieusement dans les siennes. La salle applaudit de nouveau sans que le révérend les interrompe cette fois. Anthony laissa aussi s'écouler sa larme en souriant encore béatement, Dothy en versa une aussi en voyant pour la première fois cet homme qu'elle adorait, pleurer sans honte de bonheur et cela la fit en verser d'autres de bonheur pour elle.
Le révérend Jackson s'éclaircit à nouveau la voix pour entamer l'instant solennel et la salle désormais muette et attentive écouta la mariée répéter son serment.
« Moi, Candice Neige André ici présente, je te prends pour époux, toi, Terrence Graham Grandchester, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse ou la pauvreté et jure de t'aimer et te protéger jusqu'à ce que la mort nous sépare. »
Terry sentit un nouveau souffle dans son cœur, elle avait accepté son destin. Il ouvrit aussi la bouche pour en faire autant mais il entendit sa voix dérailler dès les premiers mots et comme au théâtre, choisit l'humour pour se détendre.
- Veuillez m'excuser, je n'ai pas l'habitude de parler en public. Pardon mon ange.
Elle sourit, la salle éclata de rire, il inspira un coup puis reprit d'une voix claire, émue, pas théâtrale mais vraie.
« Moi, Terrence Graham Grandchester ici présent, je te prends pour épouse, toi, Candice Neige André, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse ou la pauvreté et jure de t'aimer et te protéger jusqu'à ce que la mort nous sépare. »
Gino, premier témoin du marié vint alors avec le coussin où reposaient les alliances. Terry avait choisi cette idée des féministes de vouloir l'égalité des époux, deux alliances et deux rituels. Il glissa l'anneau au doigt de Candy ayant ôté ses gants. Elle en fit autant avec l'autre, lui mit à l'annulaire gauche sans le quitter des yeux puis ils se sourirent en réunissant leurs deux mains baguées d'un simple anneau d'or mais gravés à l'intérieur de leurs initiales, soit TG et CG, Terrence Grandchester et Candice Grandchester désormais, suivi de la date d'aujourd'hui, sept octobre 1919, date du mariage.
- Par les pouvoirs qui me sont conférés et sous le toit et la miséricorde de notre seigneur bien aimé, je vous déclare Terrence et Candice, unis par les liens sacrés du mariage. Amen. Vous pouvez maintenant embrasser… Oui, évidemment, c'est déjà fait avant que j'ai fini… embrasser la mariée bien sûr !
Anthony sentit un tel soulagement en lui devant l'aboutissement espéré pour Candy avec ce baiser long qui fit aussi ovationner la foule, qu'il pleura encore quelques larmes et Dothy ne put s'empêcher de saisir sa main. Il la regarda, la trouva si belle et bouleversante qu'il la prit par la taille et l'embrassa rapidement mais devant toute la salle sur les lèvres. Elle se sentit très fière de cette déclaration à tous puis applaudit avec tout son cœur les mariés qui revinrent enfin au monde et entamèrent la descente de la nef vers la sortie. Dehors, ils reçurent les traditionnelles pluies de riz et une ovation encore plus grande car une autre partie de la population d'Harlem était là, faute de place dans l'église et ils furent impressionnés du nombre. Mais l'avantage fut aussi qu'ils avaient organisé un philtre anti-journalistes et seul le photographe officiel mitrailla tant qu'il put pour immortaliser l'événement. Un seul journaliste était invité par Terry, un ami et l' article autorisé irait à son journal sérieux sans scandales ni racolages.
Avant la cérémonie civile, qui aurait lieu à seize heures chez les Grandchester et vu le beau soleil et la température douce, en partie dehors, il était prévu un vin d'honneur au cabaret avec tout ce monde. Candy réussit à envoyer son bouquet derrière elle mais il n'atterrit pas dans les mains de Dothy ou Annie mais celles de Stacy ravie. Terry dut serrer tant de mains tendues qu'il fallut un bon quart d'heure pour traverser les deux cent mètres de l'église au cabaret. Mais à presque midi, ils investirent le hangar aménagé, décoré de tentures blanches et de fleurs et au buffet bien garni de tartes, gâteaux, petits fours, certains concoctés par les habitants. La boisson coula aussi à flots, le champagne surtout mais aussi de succulents jus de fruits et limonades pour les enfants. Après un toast de bienvenue, une distribution de cadeaux commença. Les quatre infirmières collègues de Candy à la clinique lui offrirent une belle couverture patchwork, tricotée par des patientes et elles-mêmes. Le docteur Richard lui offrit une colombe en verre poli, symbole de paix mais aussi d'un surnom qu'il aimait utiliser pour Candy : ma colombe. Pour Terry, les hommes d'Harlem offrirent une collection de disques de blues et le révérend lui offrit une bible. Enfin, Terry, après les remerciements en profita pour offrir aussi son cadeau de mariage à son épouse. Il lui déclara devant tous qu'il avait écrit une modeste chanson pour elle mais qu'il chantait trop moyennement pour l'interpréter, ce qu'elle sut bien faux, il chantait parfois les soirs pour elle et sa voix était aussi envoûtante que juste. Mais il devait en jouer la mélodie à l'harmonica et ne pouvait chanter en même temps, alors il avait demandé à l'épouse du révérend qui avait une voix puissante et magnifique, de l'interpréter pour lui. Celle-ci s'en fit une joie et de sa voix de diva du blues en fit quelque chose de grandiose. Le texte de Terry était une telle déclaration d'amour à son épouse que celle-ci éclata en sanglots de bonheur dans les bras de son père durant toute l'interprétation puis les bras de Terry encore un bon moment après.
… C'est toi mon ange d'amour,
Toi que jour après jour,
Je regarde, j'embrasse, j'admire.
C'est toi mon ange d'amour,
Que j'aime à te voir sourire.
Toi que j'aime plus chaque jour
Et qui aujourd'hui m'a épousé,
La promesse d'un avenir
Plein de toi pour toujours
C'est toi mon ange rêvé,
Toi qui m'a offert ton cœur
Et accepté le mien à ton côté .
N'oublie surtout jamais
Mon ange d'amour
Que c'est avec toi toujours
Que je veux rêver …
L'orchestre recomposé sur la scène entama ensuite une chanson tirée d'un cantique des actes des apôtres et d'un hymne du XVIII ème siècle, répétant ces mots : « Oh happy day, Oh jour heureux! », la femme du révérend encouragea la salle à chanter avec elle et même les plus réservés comme Annie ou Georges Johnson finirent par être gagnés par l'ambiance joyeuse.
{ Il deviendra un arrangement gospel en 1967 }
Oh Happy Day (Oh Jour Heureux)
Oh happy day (oh happy day)
Oh jour heureux (oh jour heureux)
Oh happy day (oh happy day)
Oh jour heureux (oh jour heureux)
When Jesus washed (when Jesus washed)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé)
When Jesus washed (when Jesus washed)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé)
When Jesus washed (when Jesus washed)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé)
Washed my sins away (oh happy day)
Lavé de tous mes péchés (oh jour heureux)
Oh happy day (oh happy day)
Oh jour heureux (oh jour heureux)
Lalalalalala lalalalala...
Lalalalalala lalalalala...
Oh happy day (oh happy day)
Oh jour heureux (oh jour heureux)
Oh happy day (oh happy day)
Oh jour heureux (oh jour heureux)
When Jesus washed (when Jesus washed)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé)
When Jesus washed (when Jesus washed)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé)
When my Jesus washed (My Jesus washed)
Quand mon Jésus m'a lavé (Mon Jésus m'a lavé)
Washed my sins away (oh happy day)
Lavé de tous mes péchés (oh jour heureux)
Lalalalalala lalalalala...
Lalalalalala lalalalala...
He taught me how to watch (to watch) to watch, to fight and pray (fight and pray)
Il m'a montré à regarder (regarder) regarder, me battre et prier (me battre et prier)
And He told me how to live rejoicing (rejoicing) every, (every) every everyday
Et il m'a dit comment vivre en appréciant (appréciant) chaque (chaque) chaque jour
Oh happy day
Oh jour heureux
Oh happy day (oh happy day)
Oh jour heureux (oh jour heureux)
Oh happy day (oh happy day)
Oh jour heureux (oh jour heureux)
When Jesus washed (when Jesus washed)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé)
When Jesus washed (when Jesus washed)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé)
When Jesus washed (when Jesus washed) my sins away (oh happy day)
Quand Jésus m'a lavé (quand Jésus m'a lavé) de tous mes péchés (oh jour heureux)
I'm talking about the happy day
Je parle du jour heureux
(Oh happy day)
(Oh jour heureux)
He taught me how(how) oh yeah
Il m'a montré comment (comment) oh ouais
How (to watch) to watch, (fight and pray)
Comment (regarder) regarder (me battre et prier)
Sing it, sing it come on and sing it (fight and pray)
Chante-le, chante-le allez et chante (me battre et prier)
And to live (and live rejoicing), come on everybody
Et comment vivre (en appréciant), allez tout le monde
(Every day, everyday) sing it like you mean it
(Chaque jour, chaque jour) chante-le comme tu le sens
(Oh happy day) Oh, happy day (oh happy day)
(Oh jour heureux) Oh jour heureux (oh jour heureux)
I'm talking about the happy days (oh happy day)
Je parle des jours heureux (oh jour heureux)
Come on I'm talking about the happy days (oh happy day)
Allez je parle des jours heureux (oh jour heureux)
Oh happy days (oh happy day)
Oh jours heureux (oh jour heureux)
Oh talking about the happy days (oh happy day)
Oh je parle des jours heureux (oh jour heureux)
Oh talking about the happy days (oh happy day)
Oh je parle des jours heureux (oh jour heureux)
Sing it sing it sing it (oh happy day)
Chante-le chante-le chante-le (oh jour heureux)
Oh happy day !
Oh jour heureux !
Quand Candy put enfin aller embrasser Philippe, il lui révéla qui était sa compagne et elle la regarda un moment avec intérêt puis lui sourit et l'embrassa aussi sur les deux joues.
- Je suis bien heureuse d'enfin vous rencontrer Emma, mon mari ne m'a dit que du bien de vous !
- C'est un homme formidable, tous mes vœux madame Grandchester !
- Merci mais appelez-moi Candy, je ne suis pas encore habituée à ce nom aristocrate !
- Ça viendra vite, il te va comme un gant ! fit Philippe d'un clin d'œil.
- C'est vrai Candy, comme s'il avait été crée pour vous ! rajouta Emma d'un sourire criant de sincérité qui fit fondre Candy.
- Merci Emma ! J'espère que vous viendrez souvent nous voir ici ou ailleurs, Terry et moi, vous n'oublierez pas ?
- Non Candy, merci.
- Je vous laisse, on se reverra à la maison ?
- Oui, on assistera à votre mariage civil aussi vu que Terry m'a promis que si je reste jusqu'à ce soir, il va jouer ses scènes favorites autour de la table !
- C'est vrai, il l'a promis à Anthony aussi et…
Elle se rendit compte qu'elle parlait à Philippe de son rival et resta un instant embêtée mais celui-ci précisa :
- La page est tournée Candy, je ne resterais pas sinon, Emma et moi sommes ensemble et je suis très amoureux d'elle !
- Ah ! Alors je suis bien contente, félicitations !
- Merci Candy ! Tu devrais filer, je vois ton cher époux qui te cherche !
Une fois partie, Emma regarda Philippe.
- Tu as dit ça pour la rassurer seulement j'imagine ?
- Non chérie, je suis vraiment amoureux, je te l'ai bien déjà expliqué hier, tu ne me crois pas pourtant, je suis sûr que je t'aime Emma !
- Tu ne peux pas aimer une putain Philippe, tu vas souffrir ou m'obliger à changer de métier si tu t'attaches !
- Pour l'instant je ne souffre pas et je ne t'obligerai jamais à rien, je veux que tu m'aimes plus qu'aucun homme, plus que ta liberté mais sans te l'enlever, je veux être aimé comme Candy aime Terry et Dothy aime Anthony, que tu m'aimes juste moi et que tu me sois fidèle du cœur !
- Tu es bien capable d'y arriver si tu me fais miroiter mon rêve impossible mon beau Philippe ! dit-elle avant de rire puis de l'embrasser rapidement sur les lèvres mais le cœur plus trépidant que d'habitude tout de même.
-OOOoOOO-
Le premier adjoint du maire de New York vint procéder à seize heures à la cérémonie civile, le mariage officiel et le seul valable pour la loi en fait et bien que la magie soit moins forte, pour certains ce fut encore des instants émouvants et symboliques. D'abord pour Terry qui vit enfin Candy signer l'acte de mariage de son nouveau nom puis signer les témoins et surtout Anthony qui n'était pas obligé car un seul témoin par marié suffisait mais vu que ce n'était pas interdit et que ça rajoutait tant de charme et de rareté à ce mariage, ils n'allaient pas se priver de ce cadeau. Anthony signa d'une main certaine contrairement à l'acte de son divorce et Candy apprécia beaucoup ce moment. Dothy avait signé avant et Gino et Archibald suivirent. Terry contempla ensuite ce document, inscrivant dans l'Histoire cette incroyable destinée et ce carré idéal pour quatre âmes sœurs.
Cet après midi il faisait beau et chaud comme un jour de mai et la cérémonie eut donc lieu dans le jardin, sous une tonnelle emplie de fleurs et même quelques roses poussées en serres. Un kiosque avait été installé pour l'orchestre et un cuisinier réputé officiait dans les cuisines de Martha avec ses deux aides pour le dîner. En attendant, le champagne recoula à flots et des jongleurs, clowns et magiciens divertissaient enfants et adultes alors que le photographe mitraillait à nouveau les mariés sous tous les plans. Eléonore Baker offrit aussi son cadeau promis. Susanna Marlowe, venue juste pour la cérémonie civile avec son compagnon Michael Dones, entendit ses excuses et ses remerciements d'avoir voulu sauver son fils, devant lui-même et Candy. Celle-ci versa une larme et lui pardonna bien volontiers, Eléonore l'embrassa puis elles parlèrent théâtre. D'autres acteurs amis de Terry et deux admiratrices de la première heure dont une nonagénaire, n'étaient pas venus le matin à Harlem mais assistèrent à cette cérémonie. Il y avait aussi Robert Hattaway et sa femme, John Schneider le producteur de Terry, le directeur du théâtre Lincoln et le concierge Jules, un acteur de cinématographe ami d'Eléonore et déjà assez célèbre, le patron du restaurant italien « La Strada » apprécié de Terry et son libraire favori.
Anthony n'avait pas encore offert son œuvre intégrale de Molière à Terry, le cadeau de la famille serait offert dans l'intimité ce soir mais il avait confié à Thomas la responsabilité de ce cadeau avec celui de Candy, un autre livre mais aux pages vierges pour qu'elle les remplisse un jour de ses mémoires, crée pour elle avec son nom actuel sur la couverture et un dessin réalisé par Gino de la maison et colline de Pony d'après photographie, plus du raton laveur ami de sa jeunesse, Capucin. Il avait retrouvé avec un grand bonheur tous les enfants mais Thomas lui manquait bien plus, chaque jour il pensait à lui et sans Dothy, il n'aurait supporté cette absence. La veille, elle lui avait dit de suivre son cœur et de proposer à Thomas de le garder ici pour devenir son père. Il avait donc accepté d'écouter son cœur et Dothy, et avait demandé son avis à l'enfant ce matin à l'arrivée du car. Le petit avait sauté de joie, les sœurs étaient contentes aussi quoi que peu surprises car elles se doutaient que ça arriverait. Thomas l'avait tout de suite appelé papa et Anthony larmoya en s'entendant enfin appeler ainsi. Il lui demanda d'appeler désormais Terry et Candy tonton et tata pour leur offrir leurs cadeaux. Mais avant que Thomas n'offre les cadeaux, le couple reçut un vase, une horloge, de la vaisselle et plus rare, de la part d'Eléonore, un chalet de vacances à la montagne. Jordan, le fils de deux ans d'Archibald et Annie trottina pour donner le cadeau de ses parents, du moins la photo du vrai cadeau, un piano à queue magnifique qu'ils découvrirent ensuite au salon et qui fut inauguré par Annie et une sonate de Mozart bien interprétée. Anthony fut impressionné par ce cadeau qu'il ignorait, il pensait que le cadeau de famille serait le seul pour eux vu l'importance de ce cadeau et le besoin d'être plusieurs à l'offrir. Mais il n'allait pas reprocher à son cousin sa générosité, surtout après qu'il ait entendu son oncle lui dire qu'Archibald avait voulu qu'Annie se sente cette fois vraiment en osmose avec sa sœur de cœur et que lui voulait que Terry sache que maintenant il ne doutait plus de lui et le respectait totalement. William n'avait pas de cadeau surprise mais il sut offrir un toast et un discours mémorable au couple du jour. Ensuite, Anthony trouva le moment parfait pour donner son cadeau, il fit signe à son fils de venir et tous deux s'avancèrent au devant des mariés.
- Tonton Terry, moi aussi j'ai un cadeau pour toi et un pour tata Candy. Ils sont sur la table, ici, fit le petit.
- Wow ! Ce gros paquet enferme sûrement un beau cadeau ! s'exclama Terry en s'y précipitant sans lâcher la main de Candy. Et le plus petit aussi bien sûr !
- Le gros c'est pour toi, le petit pour tata et c'est avec tout notre cœur qu'on vous les offre.
- Et c'est avec tout notre cœur qu'on apprécie mon cher Thomas, dit Terry charmé par ce petit bonhomme, comme Candy qui l'embrassa goulûment sur ses joues roses. Puis en découvrant les cadeaux et leur plaisir évident, il reçut encore plein de bisous des deux qui montrèrent aussi ainsi à Anthony combien il avait bien choisi.
L'orchestre entama peu après la première valse et les mariés la dansèrent seuls admirés de tous.
Autour d'eux, tous les admiraient. Gino confia à son compagnon :
- Tu te souviens du jour où je l'ai ramené chez nous Tristan ?
- Comme si c'était hier ! Ce n'était pas le jour mais deux heures du matin, il était si ivre que tu as dû presque le porter et j'ai cru à ce moment que c'en était fini de notre couple vu sa tête d'Adonis. J'ai passé des heures d'angoisse puis lorsqu'il est venu me dire que tu lui avais parlé toute la soirée de moi après que lui t'ait raconté son amour perdu, j'ai été aussi ému qu'une jeune fille. Et il est très vite devenu comme un fils pour moi aussi, le fils que nous n'avons pu avoir.
- Je n'ai jamais regretté un seul jour mon choix de vie et de compagnon tu sais, quand j'ai quitté ma femme pour toi, j'ai fait la plus belle chose de ma vie et avec Terrence et maintenant Candy et tout le bel avenir qu'ils nous permettent d'avoir, je suis comblé.
- Moi aussi mon Gino, les menaces et insultes n'ont jamais fait regretter mon choix d'être officiellement ton compagnon de vie, vingt ans d'amour méritaient bien ces risques.
- Imagine si un jour on acceptait que deux hommes se marient ! Tu m'épouserais alors ?
- Certainement ! Déjà pour faire plaisir à Terry qui m'a dit un jour qu'il serait normal que nous ayons le même droit de se marier et divorcer que les autres ! Mais, ce n'est pas important pour nous, ça changerait quoi après tout, nous avons choisi de l'être sans besoin de l'approbation des autres !
- Je crois que les choses ne peuvent changer que si nous décidons de les changer et pas en attendant que les autres le fassent à notre place Tristan. Tu as raison, un mariage ne nous apporterait rien, nous avons déjà tout !
Tristan sourit à son compagnon puis à Anthony qui devait avoir entendu car il était juste à côté. Il lui répondit aussi en souriant puis se pencha vers son oreille et lui dit :
- Au cas où, si vous avez besoin d'un deuxième témoin, pensez à moi !
-OOOoOOO-
Puis Terry invita sa mère et Candy son père adoptif. Pour poursuivre cette logique, Terry invita ensuite Dothy et Candy et Anthony époustouflèrent ceux qui les entouraient. Archibald et Annie eurent droit au tour suivant puis Candy invita James tandis que Terry fit rosir d'émotion Martha dans une valse lente. Anthony dansa une deuxième valse avec Dothy puis retourna s'asseoir après l'avoir encouragée à continuer à danser. Celle-ci, en voyant Terry se diriger vers Philippe et Emma, se décida à enfin aller le saluer car jusqu'à présent même si elle n'avait pas cherché à l'éviter, le hasard ne l'avait pas mise face à lui de près encore. Quand elle arriva jusqu'à eux, elle entendit Terry inviter Emma à danser et profita de l'occasion.
- En attendant que ton amie revienne, tu pourrais m'inviter aussi Philippe ?
- Avec plaisir Dothy mais tu sais que je ne danse pas aussi bien que ton ami, il nous a ébloui tout à l'heure !
- Oui, il est doué mais surtout quand il danse avec Candy, ils sont très en accord sur ce sujet ! Mais tu es très bon danseur aussi Philippe, nous nous sommes bien fait remarquer également ces samedi soirs aux cabarets si tu te souviens !
- Bien sûr ! Oui on a bien déliré sur la piste !
Il lui sourit puis lui tendit le bras et ils rejoignirent les autres pour danser. Elle attendit un peu puis lui dit :
- Je suis heureuse que tu ais trouvé Emma tu sais, elle est très belle et vous êtes très assortis.
- Je te remercie, je trouve aussi. Tu sais qui est Emma n'est-ce pas ?
- Oui, elle est d'abord l'amie de Terry, puis d'Anthony, puis de Candy, elle peut être la mienne aussi si elle en a envie.
- Emma n'a aucun préjugé sur personne, elle ne peut que te plaire et toi lui plaire. Elle doute encore que je puisse réussir à l'accepter longtemps comme elle est mais j'y crois vraiment tu sais !
- Tout est possible Philippe si on y croit très fort. Ne laisse personne te faire douter, même pas elle !
- Je vais essayer !
-OOOoOOO-
Les gens du théâtre partirent quelques temps après le bal, sauf Philippe. Susanna et son fiancé étaient partis aussi à ce moment ainsi que Stacy qui rentra avec James qui revint une heure après. Il restait avec le couple : Eléonore, Gino et Tristan, Albert, Archibald et Annie, mademoiselle Pony et sœur Maria, les enfants, Emma, Philippe, Dothy, Anthony, Peter, Martha et James. Celui-ci dit discrètement à Anthony qu'ils étaient arrivés et l'avocat proposa alors à tous qu'on offre le cadeau de la famille au couple. Terry et Candy se demandèrent bien qui pouvaient être ces invités surprise quand James dit en riant qu'ils en avaient déjà assez d'attendre dans la rue. Et quand ils entendirent un hennissement et virent arriver deux chevaux bien connus, ils furent surpris mais très heureux.
- Sultan ! cria Terry en courant vers le bel étalon noir.
- Stella ! Youpi ! C'est gentil de les avoir invités, on n'y avait pas pensé mais on les adore ! fit Candy en sautillant puis filant aussi caresser ses amis.
- Ils ne sont pas seulement invités, dit William en allant les rejoindre pour caresser les deux chevaux aussi, ils viennent également habiter ici pour toujours mes enfants.
- Quoi ? Mais… on n'a pas d'écurie ni de pré pour eux ! dit Terry désolé.
- Crois-tu qu'on ait acheté les chevaux sans penser à tout mon gendre ? fit William moqueur. Qui crois-tu avoir comme nouvelle famille ? Des idiots ? Et qui a pu avoir cette folle idée de cadeau à ton avis ? Un crétin ?
Terry regarda Anthony qui semblait gêné que son oncle lui mette encore tout le mérite sur le dos et se précipita vers lui et le serra à l'étouffer.
- Tu as toujours des idées épatantes mon ami, rien ne pouvait me faire plus plaisir, merci !
Anthony était très fier de lui bien sûr mais surtout très ému et fut soulagé quand Terry le libéra et alla serrer aussi dans ses bras William puis Archibald et embrasser sonorement les joues d'Annie puis de toutes les dames, même les sœurs dans l'euphorie. Ainsi plus personne ne voyait l'émotion d'Anthony et il put ensuite lui dire ce qu'il avait fait il y a peu.
- Cela n'a pas été difficile de convaincre le propriétaire de Sultan et Stella de nous les vendre, par contre j'ai eu un peu de mal pour celui du champ voisin mais… j'y suis arrivé, il vous appartient désormais et dans quelques jours l'écurie sera construite. En attendant il y a juste un abri pour les nuits mais la météo est bonne, ils seront au chaud avant que le froid n'arrive. Mais je refuse de recevoir tout l'honneur de ce cadeau car c'est William qui a d'abord pensé à un cadeau vivant, puis Archibald à acheter un terrain et le bon argument pour convaincre ce propriétaire qui n'était pas très conciliant.
Candy remercia les trois hommes avec autant à chacun pour montrer le message compris puis proposa à son époux d'inaugurer leur cadeau maintenant.
- Ici ? Avec ta robe ?
- En amazone avec toi sur Sultan seulement et sans mon voile c'est possible et ça vaut une photo je crois.
- C'est sûr ! approuva Albert. Allez, fils, montre nous comme tu ne fais qu'un avec ce beau pur sang à la même crinière que toi, à ce qu'on m'a dit !
Terry rit de cette comparaison et souleva son épouse pour la mettre sur Sultan. Puis, agile comme un indien, il sauta prestement derrière elle et fit trottiner Sultan autour pour qu'on les admire et que le photographe les immortalise. Anthony apprécia encore plus qu'un autre ce beau tableau et leur demanda d'aller sur la colline pour une photo, ce qu'ils firent avec plaisir. Puis, juchés sur Sultan et face à un début de coucher de soleil sur New York, ils se sentirent encore un peu plus heureux.
- Regarde Candy, comme c'est beau et bon de vivre, comme on a de la chance, comme j'ai de la chance d'avoir une si belle famille grâce à toi et comme je t'aime toi qui a su m'aimer comme je l'espérais.
- Oui Terry, c'est si bon de vivre, de t'aimer, de les aimer tous. Notre famille est déjà grande mais elle grandira encore et nous rendra toujours plus heureux. Merci de m'aimer plus que le raisonnable mon amour, je suis si fière quand tu te montres toujours plus en avance. Je t'aime plus fort que le raisonnable aussi mon prince de toute la vie, je te promets que je ne cesserai pas de tout faire pour te plaire, t'égaler et t'aimer plus encore.
- Moi aussi ma princesse Juliette de toute ma vie, mon épouse à jamais, mon amour de Taches de son. Allez, encore un galop avant de rejoindre notre famille adorée !
Il y eut encore de bons moments pendant le dîner de rois qui les régala tous. Terry tint sa promesse en jouant des scènes de théâtre à tous. La pièce montée énorme avait été servie l'après midi pour tous les invités et en dessert on avait choisi pour ce soir un vacherin glacé, surtout pour les enfants. Les sœurs et les enfants furent ramenés à leur hôtel avec le bus à vingt-deux heures. Gino et Tristan rentrèrent aussi puis Philippe et Emma suivirent. On appela un taxi pour ramener Albert, Archie, Annie et Jordan à l'appartement de New York. Une fois tous partis, Peter et Martha allèrent se coucher et il ne resta alors plus que les deux couples. Terry proposa une dernière coupe de champagne dans le salon. Puis ils cognèrent en chœur le cristal entre leurs quatre mains.
- A notre destin incroyable ! dit le marié en souriant aux autres.
- A notre amitié indestructible ! poursuit Anthony du même sourire charmeur.
- A notre carré plus solide que l'acier ! continue Dothy d'une voix gouailleuse.
- A notre avenir qui ne sera que du bonheur et du talent ! termine la belle mariée d'un clin d'œil.
-OOOoOOO-
Avertissement, la scène qui suit est érotique
Lorsque Dothy et Anthony furent dans leur chambre, conscients que cette nuit, il n'était plus question de faire encore durer l'attente et le plaisir, que le moment était venu, ils se retrouvèrent un moment aussi gauche que des jeunes amoureux tant le stress les envahit. Elle ne voulait pas prendre l'initiative pour une fois, elle avait envie qu'il décide et conduise le bal. Il était si stressé en la voyant si pleine d'espoir qu'il sentit sa jambe droite faiblir et dut s'asseoir sur le lit brutalement. Bien sûr, elle se précipita, inquiète.
- Qu'y a-t-il mon amour ? Tu as mal ?
- Non, c'est juste que j'ai pas mal bu, au début ça donne la pêche puis la fatigue remplace et sur moi, mes muscles fragilisés se font vite remarquer. Je suis désolée Dothy, j'ai peur de te décevoir !
- Anthony !
Elle sourit de le voir fragile et l'embrassa avec tant d'amour, qu'il gémit et retrouva ensuite plus de force. Il frôla alors ses seins moulés dans sa belle robe et les vit se tendre, la pointe dressée, lui montrant son pouvoir sur elle. Elle le regarda avec candeur et lui susurra :
- Tu vois comme je t'appartiens déjà mon amour ! Imagine alors comme je meurs d'être enfin à toi !
Il sourit puis décida de mourir aussi avec elle. Il releva alors le bas de sa robe, caressa sa belle cuisse enveloppée d'un bas de soie blanc puis alla y poser ses lèvres et la dégusta en se sentant envoûté par son arôme épicé. Elle geint vite, la jupe relevée jusqu'au ventre, sentant la langue d'Anthony effleurer son aine tout en pétrissant ses cuisses. Puis il se releva d'un coup, la vit offerte et tremblante et se mit à délivrer ses seins prisonniers de leur corsage, de façon douce mais avide. Lorsque ses deux monts charnus durs jaillirent, il hoqueta et les épousa de ses mains avant de se pencher pour les embrasser puis les sucer longtemps à s'en pourlécher. Elle se tordit de plaisir et il se sentit encore plus fort. Il se releva lentement, déboutonna sa chemise, s'en délesta, fit pareil avec son maillot de corps avant de déboutonner son pantalon et le baisser jusqu'à ce que son caleçon blanc fasse voir sa virilité tendue à l'extrême.
- Je t'en prie, libère-moi, aime-moi enfin comme j'en ai tant rêvé ! lui dit-il alors comme une prière.
Elle larmoya, se redressa, se débarrassa du reste de sa robe puis de sa culotte de soie, se releva et tira sur son caleçon puis caressa son sexe amoureusement en lui disant les yeux dans les yeux :
- Je t'aime Anthony Brown, je t'aime comme je n'ai jamais aimé aucun homme et je te veux en moi et avec moi le plus longtemps possible ! Oh ! comme tu es beau !
Il se laissa alors glisser sur le lit avec elle. Elle le protégea de son corps, se noua autour de lui comme une liane et épousa chaque centimètre de sa peau en le caressant sur son autre versant avec des mains à la faim insatiable. Quand il s'enfouit en elle, elle ondula, un long plaisir s'empara d'elle ; il haleta aussi rapidement, il se sentait enfin parfaitement à l'aise, à sa place, en plein jour, ses yeux dans les siens, en osmose et de plus en plus empli de bien-être, d'électricité en tout le corps et de fourmillements allant crescendo. Il la voyait dans le même état, elle haletait régulièrement en poussant toujours plus son bassin en avant, puis elle noua ses chevilles autour de lui en pétrissant ses fesses davantage. Il la sentit près du ciel et poussa aussi très fort en jouissant si puissamment qu'il trembla longtemps ensuite sur elle. Elle le serra fort aussi en caressant ses cheveux d'or.
- Mon amour ! Ça va ?
- Oui je crois… Oh ! Ça se trouve non, je n'ai jamais senti ça de ma vie, c'est peut-être un infarctus aussi !
L'entendre plaisanter ainsi lui montra l'étendue de cet amour qui les avait fait exploser et elle oublia le cynisme et rit aussi.
- Alors ayons des infarctus chaque nuit, je ne demande que ça ! Moi aussi j'ai vécu plus que jamais auparavant mon cœur !
- La différence c'est l'amour n'est-ce pas ? Je t'aime de toute mes forces ma Dothy, veux-tu m'épouser maintenant que je t'ai prouvé que je n'étais pas impuissant et pas trop mauvais amant ?
Elle se plongea dans ses yeux si clairs et étoilés puis répondit :
- Je t'épouserai même impuissant ou mauvais amant Anthony, je ne peux plus vivre sans toi !
- Alors tu dois m'épouser à Noël, dès que nos jeunes mariés reviendront d'Europe et avant que William ne retourne en Afrique !
- Je le note sur mon, agenda surchargé chéri, je t'épouse pour le meilleur et le pire en décembre, peut-être même le 21 ?
- C'est vrai que ce serait un jour idéal mais tu n'as pas peur que ça te prive encore de cadeaux si on cumule avec ton anniversaire et Noël peu après ?
- Je n'ai pas peur de ça, je sais que tu n'oublieras pas chaque anniversaire, j'aurai un triple cadeau de toi !
- Je tâcherai d'être à la hauteur de ton espérance ma beauté ! Tu crois que la nuit de noces de nos mariés frise la même perfection que nous ?
- Je le crois fort, nous le saurons dans deux mois et quelques nous aussi quand on se mariera et vivra notre nuit de noces !
- C'est vrai ! Oui, de toutes façons, Candy avait de quoi séduire son mari d'après mes souvenirs de ce qu'elle a acheté à Chicago pour cette nuit de noces et que j'ai vu sans le vouloir !
Dothy rit, heureuse de ne sentir ni gêne ni jalousie à entendre ça puis décida de regoûter elle aussi à séduire son futur mari à elle.
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Il est vrai que pour Terry, la découverte des dessous de rose si sexy de son épouse avait provoqué quelques réactions enthousiastes bien sincères. Elle lui avait offert un strip-tease de sa robe de mariée très sensuel et quand elle avait ondulé vers lui en corset rose et bas blancs pour poser son pied à talon aiguille sur sa cuisse afin qu'il lui retire sa jarretière, son trophée gagné, il avait hurlé comme un loup affamé. Elle avait crié : « chut » et l'avait bâillonné puis éclaté de rire et il avait arraché de ses dents le ruban fétiche. Ensuite, plus rien n'aurait pu arrêter son désir puissant de posséder sa femme ; un plaisir différent l'envahit, elle était déjà à lui avant de porter son nom et son alliance mais elle était maintenant son épouse aux yeux de la loi des hommes et de Dieu et il avait en plus du droit, le devoir de l'aimer et lui donner un enfant si la nature le permettait. Et puis, en sentant sa semence fuser en elle, il sentit aussi en lui une bouffée de plaisir d'un autre goût, le devoir n'était plus une punition, il devenait aussi un plaisir.
Fin du chapitre 23
