« Nous l'avons rêvé » de Diogène
Chapitre 24 « L'avenir leur appartient »
Le lendemain, les jeunes mariés firent d'abord une petite promenade à cheval avant de profiter au maximum de ce dernier jour en famille avant le départ. Les enfants et les sœurs reprirent le train en milieu d'après midi mais déjeunèrent auparavant et s' amusèrent beaucoup à la maison. Thomas fut un peu triste qu'ils partent mais il avait encore plus hâte de vivre tout ce qu'il était possible dans cette grande ville moderne avec son père, Dothy, l'école bientôt, certainement de nouveaux amis et apprendre plein de choses comme monter à cheval par exemple et ainsi rendre fier son père. Martha était déjà gâteuse de ce petit et ne pensait plus qu'à imaginer de nouveaux desserts et des idées pour lui faire plaisir lors des week-ends. Archibald et Annie acceptèrent après insistance des leurs de rester cinq jours de plus à New York pour des vacances imprévues. C'est William qui assurerait la direction de la banque durant ce congé bien mérité qu'Annie espérait depuis longtemps. Anthony décida donc de ne pas trop travailler cette première semaine et profiter au mieux de sa famille. Eléonore partit elle, le lendemain avant les mariés pour retourner à Boston chez son compagnon.
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Enfin les jeunes mariés embarquèrent avec leurs bagages au port ; William, Archibald, Annie, Anthony et Dothy les accompagnèrent et les acclamèrent de leurs bons souhaits en leur faisant de grands signes jusqu'à ce que le paquebot quitte le port et laisse un sillon sur l'eau opaque de l'océan atlantique.
Terry et Candy ne les quittèrent pas non plus des yeux en mouvant leurs bras aussi énergiquement tant qu'ils purent. Puis, excités par cette croisière qui allait également faire revivre tant de souvenirs et de plaisirs sur le Mauritania, ils oublièrent leur tristesse de cette longue séparation avec leur chère famille de cœur et se laissèrent vivre ce que le destin leur avait enfin offert en récompense de leur fidélité et leur volonté si exemplaires.
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A New York, Anthony n'avait plus le temps de trop rêver le jour vu le travail qu'il abattit après le départ de ses cousins. Il y eut d'abord un premier vrai procès pour lui, en instance, pour défendre un commerçant d'Harlem face à l'administration et il le gagna après deux semaines de préparation. Sur ce succès modeste pour lui puisque sans difficulté mais bénéfique pour sa publicité car dès le lendemain deux autres clients voulaient qu'il s'occupe de leur cas, une femme pour un divorce et un vieil homme qui se croyait victime d'une arnaque boursière. Il étudia le deuxième cas plus longuement avant de convenir qu'il était possible ; le divorce il l'accepta après une vingtaine de minutes vu les traces bleues sur les bras de cette femme noire battue régulièrement par son mari.
Il avait accepté après avoir bien réfléchi, d'aller vivre chez Dothy avec Thomas car sa maison était grande et bien plus chaleureuse que son modeste appartement. Au début il avait hésité, ça lui semblait un peu bizarre que ce soit lui qui aille s'installer chez sa fiancée mais sa fierté masculine s'inclina vite après avoir écouté celle-ci lui expliquer quel amour elle entretenait pour sa maison choisie et qu'elle souhaitait faire aimer autant à l'homme qu'elle avait aussi choisi et le fils qu'elle héritait aussi par amour. Pour Anthony, le bonheur de Dothy et de Thomas prévalait tout désormais, puis il s'attacha aussi très vite à cette maison où il avait déjà de très bons souvenirs. Thomas s'y plut aussi très vite et avec les week-ends en complément chez les Grandchester et les gâteries de Martha devenue pour le petit peu après, Tatie Martha, la vie devint un bonheur de chaque instant. Puis Thomas fut inscrit et entra à l'école la plus proche de la maison de Dothy et il commença des cours de piano en espérant pouvoir offrir à tonton Terry et tata Candy une petite interprétation pour leur retour à Noël. Avec ses nouveaux parents, ils avaient déjà été voir la statue de la liberté, visité pas mal d'endroits dont Broadway qu'il aimait parcourir pour les nombreuses affiches et lumières clignotantes. A un des nombreux théâtre, une nouvelle pièce était annoncée pour bientôt : une comédie d'un auteur italien du 17ème siècle, accessible aux enfants et Anthony n'hésita pas à réserver trois places d'avance. Ils assistèrent aussi à leur premier match de base-ball, Thomas s'amusa bien, se passionna pour l'équipe gagnante et repartit fièrement avec un maillot à leur effigie et une balle signée de leur capitaine.
La première semaine de novembre, Anthony rentra de son bureau de Harlem et Thomas, suivi de Dothy toute joyeuse, accourut au devant de lui pour crier :
- Papa, il y a une lettre venant d'Ecosse pour nous, de tonton et tata !
Il se sentit aussi heureux et pressé de la lire que son fils et Dothy mais prit le temps de les embrasser, rentrer calmement et se débarrasser de son manteau et sa sacoche d'avocat avant ce plaisir. Puis tous trois assis confortablement sur le canapé, il entama la lecture à haute voix. Il reconnut la belle écriture de Terry sur les pages mais Candy avait écrit en post-scriptum:
« Vous savez qu'il écrit bien mieux que moi notre étoile mais je suis à moitié pour les pensées et toujours à fond pour vous dire qu'on pense énormément à vous et vous embrasse fort. A bientôt mes très chers Anthony, Dothy et mon amour de Thomas, votre Candy. »
Ils rirent tous trois puis Anthony débuta la longue prose de Terry.
« Edimbourg, quatorze octobre 1919,
Nos très chers Dothy, Anthony et Thomas, en espérant que vous allez bien et que vous êtes sages et joyeux. D'abord un bon anniversaire au chanceux papa, bienvenue dans ta vingt-troisième année Anthony, quand tu liras cette lettre elle sera déjà bien entamée mais même en différé nous sommes de tout cœur avec toi pour le fêter deux fois. Maintenant un résumé de nos impressions sur le continent européen.
C'est étrange comme rien n'a changé ici, comme si le temps s'était arrêté dans ce petit village près d'Edimbourg. Les seules différences avec nos souvenirs, c'est qu'il n'arrête pas de pleuvoir depuis hier matin où nous avons franchi la porte du manoir et qu'hélas, il reste de moins en moins d'habitants pour faire vivre le bourg. En été, c'est un peu plus vivant paraît-il mais la population est âgée, le village se meure faute d'enfants. Le manoir est lui aussi tel qu'on l'a laissé mais heureusement nous n'avons pas eu à affronter les toiles d'araignées vieilles de six ans, tout a été entretenu comme voulu. Le lourd portail grince toujours autant et la nuit les armures du grenier font des bruits étranges sous les courants d'air qui s'infiltrent entre les fissures des lattes de bois. Des souris doivent vivre en grand nombre au grenier si ce ne sont pas les fantômes qui dansent le fox-trot vu tous ces bruits de pas. Peut-être que ma grand-mère en avait assez d'être seule et a invité ses amis à un bal en notre honneur en fait car on entend aussi une musique sourde d'on ne sait où. Après ce trait d'humour facile pour oublier le temps, revenons à l'émotion d'avoir retrouvé madame Catherine, la gouvernante qui veille sur ce vieux manoir depuis dix ans. Elle nous a reconnu et a été ravie de nous savoir mariés. Nous avons passé la soirée d'hier à évoquer nos souvenirs. Son fils Marc qui a partagé de bons moments de ma jeunesse ne vit plus ici hélas, il est à Londres et nous ne le verrons pas non plus quand on y retournera pour embarquer pour Calais car il travaille dur pour poursuivre l'entreprise de son père disparu, une fabrique de tartans. Et ce tartan est vraiment très chaud en plus de grande qualité, madame Catherine nous en a offert une couverture et on l'apprécie vraiment les nuits tant elles sont froides et humide dans ce château plein de courants d'air. En fait, il ne faut venir ici qu'en été et si le temps ne s'améliore pas nous partirons plus tôt mais l'Ecosse a toujours quand même son charme. Ses vertes prairies, ses cornemuses qu'on entend au loin, le lac cher à nos cœurs d'adolescents, la panse de brebis farcie ou haggis et le Loch Ness et son monstre légendaire que l'on espère rencontrer. Thomas, tu demanderas à papa de te raconter la légende de Nessie si tu l'ignores encore, il la raconte si bien ! Enfin, les anciens du village nous promettent le retour du soleil en fin de semaine vu que les marmottes n'ont pas encore hiberné !
Par contre, nous avons débarqué à Londres sous un soleil radieux comme quoi ! Le voyage s'est passé sans incidents, la mer est restée calme presque tout le trajet et le Mauritania résiste bien aussi au temps, pas comme le Titanic soit disant insubmersible !
La première chose que nous avons faite à Londres c'est de revoir le collège Saint-Paul. Il est toujours ouvert et tenu par les religieuses mais ce n'est plus mère Grey qui le dirige mais mère Ursule, plus souriante et gentille. Mère Grey a pris sa retraite il y a trois ans et coule des jours austères et calmes dans un couvent. Mère Ursule a accepté qu'on rentre dans l'école, elle a subi quelques nouveaux aménagements, plus de cachot et de chambre de méditation mais une salle d'études des arts et lettres, incroyable ! Par contre le chêne de la colline n'existe plus, un orage l'a foudroyé, on l'a arraché et remplacé par un marronnier. Mais revoir la colline et la vue sur Londres nous a fait plaisir même sans le chêne où a vécu Capucin un an.
Ensuite nous sommes allé au Blue River Zoo et il n'a guère changé aussi, la cabane d'Albert est toujours là et le gardien actuel s'appelle William, étonnant ! Nous nous sommes rendus ensuite sur la tombe de mon père et sans le vivre tristement, ça m'a fait du bien de la voir enfin. Puis j'ai tout de même été saluer le nouveau duc de Grandchester par politesse mais il n'est pas sorti grand chose d'intéressant de cette visite, hélas encore rien n'a changé. Oublions ces gens et passons à la suite, revoir Patricia O'brien, l'amie de Candy et la petite amie de notre regretté Alistair, devenue sœur Cécile désormais. Mais il semble que son engagement dans les ordres suite au malheur qu'elle a vécu se soit peu à peu transformé en plaisir de pouvoir se consacrer aux orphelins, comme sœur Maria, elle est heureuse de sa vie et c'est l'essentiel. Alistair restera son seul amour hormis Dieu, elle chérit son souvenir, elle n'a pas besoin d'en parler, il est dans son cœur à jamais.
Nous n'avons pas oublié ensuite d'aller nous promener à Windsor, puis les quais de la Tamise et le sacro-saint thé de dix-sept heures avec une part de pudding à la gelée de groseilles comme ne savent le faire que les bons britanniques de souche ! Dommage de ne pouvoir en ramener pour vous nos très chers, je suis sûr que tu admettrais tout de même qu'il y a quelques bonnes pâtisseries chez mes compatriotes à demi, Anthony !
Dites à Martha qu'on l'embrasse très fort tous les deux. Embrassez aussi Sultan et Stella entre les oreilles, nous sommes vraiment très heureux de les avoir à portée de main, c'était le cadeau le plus idéal pour nous et en remercions encore tous ceux qui en sont pour quelque chose. A bientôt nos très chers amis, rendez-vous pour Paris à la prochaine lettre et d'ici là, prenez grand soin de vous.
Nous vous embrassons très fort tous les trois.
Candy et Terry. »
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- Viens voir Terry, il neige, c'est merveilleux ! Quel beau cadeau encore pour nous ! Mais il est un peu tôt pour annoncer l'hiver je trouve !
Il se précipita et constata aussi que le ciel parisien était décoré de flocons voletant.
- Ça ne durera pas je crois, ils sont trop parsemés, l'air est doux. Mais oui, c'est beau le Sacré Cœur, la butte sous les flocons ! Habille-toi chérie, on ne va pas rester ici avec un tel spectacle, allons danser la valse sur la place pour avoir encore un souvenir.
Candy éclata de rire ; depuis qu'ils étaient à Paris, trois semaines, il avait eu des idées incroyables. D'abord il avait acheté tous les tableaux des peintres du jour à leur arrivée. Ensuite il avait chanté la sérénade sous les fenêtres de l'hôtel jusqu'à ce qu'elle accepte de descendre en rappel avec les draps attachés comme au temps du collège. Après ce spectacle, ils avaient grimpé à pieds au sommet de la tour Eiffel et chanté à tue-tête là haut « Auprès de ma blonde » et en français pour tous les deux. Puis il avait joué deux fois dans la rue des scènes de théâtre et obtenu un succès non négligeable sans qu'on sache son réel métier, en piécettes trébuchantes qu'ils reversèrent à une œuvre de bienfaisance. Depuis leur arrivée en France ils couraient partout pour tout visiter, tous les meilleurs restaurants selon Anthony, les théâtres bien sûr, l'opéra Garnier, le Moulin Rouge, le château de Versailles, le Louvre, Pigalle, Saint-Germain-des-prés, leur hôtel étant à Montmartre face au sacré Cœur. Et ils avaient déjà acheté tant de choses depuis leur arrivée à Paris, des cadeaux pour tout le monde mais aussi tant de livres, d'œuvres d'art, de vêtements et de disques musicaux, qu'il faudrait un bateau rien que pour eux au retour. Ils partiraient après demain pour l'Italie mais une semaine au lieu de deux, pour être sûrs d'être rentrés à New York pour Noël. Elle réalisa donc encore son désir mais après deux tours de valse, un haut le cœur la stoppa. Elle réussit à le cacher à Terry et prétexta avoir vu un chat courir sur un toit pour se justifier. Puis elle fit mine d'aller le voir plus loin afin de se remettre.
- Non, il a du filer, je ne le vois plus, tant pis. Mais si on montait plutôt sur la butte Terry, ça doit être encore plus beau là-haut.
- D'accord, dit-il ravi et en voulant courir pour monter les marches. Mais cette fois, Candy se sentit incapable de faire ça et dut bien le lui dire.
- Pas si vite mon cœur, je suis un peu fatiguée ce matin.
- Tu n'es pas malade au moins ma princesse ? Tu veux qu'on rentre et que j'appelle un docteur ?
- Tu penses ! Non, je t'assure que ce n'est pas nécessaire Terry, c'est juste la fatigue du rythme que nous menons depuis près d' un mois, tu sais que je suis moins du matin que toi, ce soir je serai à nouveau au top.
- Bon, tu sais mieux que moi ces choses, je te fais confiance et j'ai mieux pour toi que monter doucement, je vais te porter et on va courir.
Elle n'eut pas le temps de l'en dissuader, il l'enleva dans ses bras et grimpa en moins de temps qu'il faut le dire l'escalier de la butte de Montmartre. Candy sentit à nouveau la nausée venir sous les secousses et dès remise sur ses pieds, dut s'éloigner pour rendre son petit déjeuner.
- Oh ! Candy ! Tu es vraiment malade je crois, il vaut mieux rentrer et aller voir un médecin.
- Bon, d'accord, je vais le faire pour te rassurer mais ce n'est sûrement pas grave, tu verras.
Une heure après le verdict du médecin tomba et n'étonna pas Candy mais elle expliqua son souhait au médecin qui heureusement parlait et comprenait l'anglais.
- Oui docteur, je pensais bien que c'était ça, je suis infirmière voyez-vous. Maintenant j'en suis certaine grâce à vous mais j'aimerais que mon époux l'ignore encore quelques jours. Je voudrais lui faire cette surprise quand nous serons à Vérone en Italie, dans moins d'une semaine.
- Ce n'est pas un problème pour moi madame mais vous risquez d'avoir ces nausées chaque matin désormais, il va forcément s'en apercevoir.
- Laissez-moi essayer quand même docteur, ce serait tellement beau s'il pouvait l'apprendre à Vérone. Quand je lui dirai que c'était juste une indigestion, vous le confirmerez s'il vous plaît docteur ?
- Ma foi, il n'y a rien de grave à mentir pour un tel cadeau de mariage, entendu madame Grandchester, je dirai cela.
Terry avala ce diagnostic et après avoir convaincu son épouse de ne plus sortir aujourd'hui pour qu'elle se repose, en profita pour écrire une longue lettre encore pour Anthony et Dothy ainsi que cinq cartes postales pour les autres.
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Anthony travaillait dans son bureau sans relâche depuis trois heures. Il finissait de compléter le dossier qui serait remis demain à la mairie pour enfin permettre de transformer ce que Terry et James avaient commencé un an plus tôt avec la clinique gratuite puis le bureau d'aide sociale en une fondation d'entraide publique médicale et culturelle. Il avait réuni toutes les pièces nécessaires que l'administration exigeait en un mois, l'appui de la banque André apportait un poids conséquent pour la convaincre. Il finit de vérifier sa chemise contenant ce gros dossier pour être sûr de n'avoir rien oublié quand on frappa à sa porte. Après avoir sommé d'entrer, il vit James qui avait une mine bizarre.
- Un problème James ?
- Je viens de recevoir une lettre de Londres très… désolante et peut-être inquiétante, Anthony.
- De Londres ?
- Oui d'Angleterre et du duc Edward Richard Grandchester en personne.
- Le frère de Terry ? Enfin, demi-frère ?
- Oui lui-même. J'avoue que j'ai hésité avant de venir mais je crois que vous aurez une meilleure appréciation que moi de ce qu'il faut penser et comment réagir à ça. Tenez, lisez !
Il lui tendit une enveloppe, Anthony la prit puis sortit la feuille blanche en papier vélin à l'intérieur alors que James s'installait sur le fauteuil en face de lui. Anthony déplia la missive, il vit en entête un emblème en forme d'écusson montrant la croix de Saint-Georges, un cheval cabré et l'initiale G calligraphiée avec style sur un branchage de ronces, apparemment le blason du duché de Grandchester. Puis il entama la lecture de la courte prose et soupira en la reposant sur son bureau.
- Le duc de Grandchester réclame la part d'héritage que son père a légué à Terry ! Il dit que son père n'aurait jamais accepté que cet héritage serve à être distribué à la charité publique, donc qu'il n'a pas respecté la volonté de son père.
- Oui, c'est bien ce qui est écrit hélas et je ne comprend pas pourquoi il fait ça plus de deux ans après.
Anthony se souvint que dans sa lettre Terry avait évoqué brièvement avoir rendu visite au duc mais que ça ne valait pas la peine d'en parler plus.
- Terry lui a rendu visite je pense et ça a du mal se passer, plus mal que Terry le croit. Mais c'est absurde, son père n'a sûrement pas stipulé que cet argent ne soit pas utilisé comme son fils le souhaitait. Vous avez lu ce testament ?
- Oui, j'ai la copie dans mon bureau, non, il n'y avait pas de clause sur la façon d'utiliser cet argent, il lui a légué simplement sa part filiale en argent seulement et le manoir d'Ecosse.
- Donc cette requête n'a pas lieu d'être, c'est sûrement de l'intimidation, il tente peut-être, connaissant la fierté de son demi-frère, qu'il lui rende l'argent par orgueil. Mais nous n'allons pas laisser ce fat prétentieux gagner à pareil manigance.
- Alors que faisons-nous ?
- Bien que ce ne soit qu'une simple lettre recommandée d'avis de rembourser sans injonction encore, mieux vaut être clair et sec déjà. Je vais lui faire un résumé des lois et des droits de Terry, qui devrait le faire réfléchir avant de menacer à tort et à travers. Ensuite nous verrons mais ne vous en faites pas James, votre patron n'aura pas à rembourser son héritage.
- Il vaudrait mieux Anthony car en plus d'être parti depuis longtemps pour créer tout ça, avec les traites sur la maison, il serait difficile de verser cette somme sans devoir l'hypothéquer.
- Je croyais qu'il avait fini de la payer ?
- Heu…
James comprit qu'il aurait dû se taire, Anthony comprit que Terry avait non pas menti car il n'avait rien dit du tout mais laissé croire qu'il était plus riche que prévu.
- Parlez James, je ne lui dirai pas que vous m'avez parlé. C'est mieux pour lui James, l'ignorance perd parfois.
- Oui, de toute façon, c'est trop tard, je croyais que vous saviez tout mais…Terrence est ainsi, l'argent et lui c'est toujours un détail sans importance. Donc la maison est encore sous un crédit de quinze ans et les nouveaux aménagements et ameublements de pièces ont reconduit le crédit d'un an, le mariage et le voyage de noces de six mois et… la tournée de Cyrano a rapporté moins que coûté vu son désir de ne la faire durer que deux mois au lieu de six ou huit qu'il aurait fallu. Alors, il vit sur la précédente pièce et on ne sait pas jusqu'à quand. Ceux qui croient qu'on peut devenir très riche en étant acteur se trompent Anthony, du moins pour mon patron qui est un vrai panier percé qui ne pense qu'à faire plaisir et vivre au jour le jour. Mais attention, tout ce que je viens de vous dire n'est pas pour critiquer et alarmer, il n'est pas non plus inconscient, tout est prévu pour vivre tranquillement mais à condition de ne pas avoir un problème qui coûte cher comme celui-ci.
- Au pire James, je n'aurai pas de mal à réunir la somme avec les André mais comme je vous l'ai dit, ce sera inutile vu que le duc est dans son tort.
- Vous me soulagez Anthony, merci d'être là aussi pour nous rassurer plus vite car ce genre de lettre m'angoisse, je n'aime pas qu'on s'attaque à lui avec de telles armes. Moi si j'avais un frère tel que lui, je serais le plus heureux de la terre, ce duc n'est vraiment pas son frère hélas !
« En effet James, cet Edward Richard Grandchester n'est toujours pas ton frère, quel crétin ! Mon pauvre Terry, ces gens là ne méritent pas plus qu'indifférence d'être aussi stupides et mesquins mais mieux vaut y aller franchement, moi je vais leur montrer ce qui peut arriver si on veut nuire à ma famille ! »
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Terry faillit encore découvrir Candy vomir ce deuxième matin à Rome mais elle s'en sortit encore par une ruse et quand il revint dans la salle de bain, toute preuve était effacée. La nausée arrivait dès le réveil, huit heures et durait une heure environ, ensuite tout redevenait normal et le soir elle était encore plus en forme qu'avant et son appétit sexuel au sommet. C'est pour ça que Terry ne la crut pas gravement malade encore sauf quand elle s'évanouit dans ses bras près du Colisée. Il paniqua et ameuta la foule autour de lui, un médecin finit par être trouvé et comprit assez vite l'état de Candy. Revenue à elle, bien que ne comprenant et parlant l'italien que par bribes, elle devina que le médecin allait dévoiler son secret à Terry vu son immense sourire. Elle simula alors un nouvel évanouissement et s'accrocha au cou du docteur, lui dit à l'oreille: « chut, surprise, Vérone. » L'homme saisit vite et expliqua à Terry trop affolé pour avoir entendu et compris que Candy avait fait un étourdissement à cause de son émotion devant pareil témoignage d'Histoire et un peu de fatigue. Vu le rythme de leur périple, Terry le crut mais envoya à nouveau sa femme se reposer à l'hôtel avant qu'ils partent demain pour Venise. Candy se dit que Venise serait aussi pas mal pour lui dire qu'il allait bientôt être papa car ces deux prochains jours prévus à Venise, il serait difficile de ne pas avoir la nausée en gondole et là il allait vraiment trop s'inquiéter. Elle feuilleta le livre sur Venise, devant le palais des Doges ou dans une gondole sous le pont du Rialto lui semblèrent les lieux les plus romantiques.
Ce fut plutôt à l'hôtel où ils s'installèrent à Venise, face au palais mais sans gondole car Candy s'évanouit une nouvelle fois à peine levée pour aller aux toilettes et Terry était blanc quand elle rouvrit les yeux.
- Cette fois c'est moi qui décide ma chérie, c'est forcément grave et je ne vois pas autre chose à faire que de te faire hospitaliser pour des examens approfondis. C'est ce que tu dirais à un patient qui aurait tes symptômes n'est-ce pas ?
- Si c'était un patient, oui chéri mais… pas si c'est une patiente.
- Pourquoi donc ?
- Parce que ce ne serait pas la première fois qu'une dame aurait de tels symptômes sans être malade.
- Mais tu le saurais si tu étais enceinte, tu n'as pas émis cette possibilité depuis que tu as cette nausée et… tu es enceinte Candy ?
- Et toi tu y as pensé sans le croire juste parce que je ne t'ai pas incité à le penser ? Zut !
- Pourquoi, tu n'es pas enceinte alors ?
- Mais si gros nigaud mais je voulais que ce soit une vraie surprise pour toi, déjà que je n'ai pu tenir jusqu'à Vérone !
- Tu es enceinte ? C'est sûr ?
- Oui Terry, le docteur français me l'a confirmé, je suis bien enceinte, c'est plus que sûr !
- De combien ?
- Combien de temps ?
- Je ne vois pas quoi d'autre !
- De deux mois Terry, avant notre mariage mais pas à Chicago, plutôt à ton retour de tournée, fin septembre.
- Et tu es certaine que tout va bien avec tout ce que je t'ai fait subir à Paris ?
- Rien de mauvais pour le bébé Terry, seules mes nausées matinales, ces quelques syncopes et un peu de fatigue mais uniquement aussi le matin sont la conséquence de ma grossesse mais ce serait pareil sans avoir tant couru. Terry, tu ne vas pas culpabiliser maintenant de m'avoir tant rendue heureuse pour notre lune de miel ? Je ne suis qu'enceinte mon chéri, pas malade, enceinte de toi et j'aimerais tant savoir si tu es autant heureux que moi de ce cadeau de la vie, car pour l'instant je ne vois en toi qu'inquiétude ?
Il se décomposa, en effet il s'était encore senti fautif stupidement en confondant symptômes de grossesse et problèmes de santé. Il se mit à genoux devant elle, lui prit la main et dit dans ses yeux, les siens perlant de larmes brillantes :
- Pardonne-moi mon amour, je suis toujours aussi stupide de ce côté-là mais je vais apprendre plus rapidement maintenant. Oui je suis aussi heureux que toi Candy, je suis le plus heureux de la terre et je remercie la Nature ou Dieu de ce cadeau encore.
Elle sourit et lui tendit les bras pour qu'il la serre ; il le fit d'abord timidement, elle le força à oublier ses craintes, il la serra très fort puis il la couvrit de baisers, la posa sur le lit, embrassa autant son ventre encore plat et dit au bébé :
- Même si tu es encore très petit mon bébé, peu importe, il n'est jamais trop tôt pour dire je t'aime, je t'aime déjà autant que ta merveilleuse maman.
- Tu as raison mon cœur, il n'est jamais trop tôt. Moi aussi je t'aime déjà si fort mon bébé, j'ai tellement rêvé à toi, depuis tant d'années, tu seras mon plus précieux trésor toute ma vie, rien ne passera avant toi mon enfant, je te protégerai et prendrai soin de toi, promis.
- Anthony et Dothy seront autant heureux que nous, dommage qu'on ne puisse pas leur apprendre immédiatement.
- Oui il vont être fous de joie et de merveilleux parrains pour notre bébé, n'est-ce pas ?
- Evidemment et ce sera sûrement une petite fille, Rosemary, n'est-ce pas ?
- Il y a longtemps que j'espère Rosemary mon amour mais si c'est un petit rebelle de garçon ?
- Il arrivera aussi au bon moment mais je ne crois pas que c'est lui dans ton ventre ; c'est une fille, celle que j'ai vu dans mon rêve, avec des taches de son, ton sourire et peut-être mes yeux, je ne les ai pas bien vus et tous les bébés ont les yeux bleus je crois.
- Oui quelques jours. D'accord, ce sera une fille mais elle aura aussi tes cheveux bruns et te ressemblera autant que possible pour qu'on sache que tu es son père.
- Comme si j'avais besoin de ça Candy !
- Ne te vexe pas mon cœur, je sais bien que tu n'as pas besoin de ça, c'est pour moi, ce n'est pas indispensable ni que pour le physique mais je serais tellement fière qu'elle soit aussi belle que toi, aussi ouverte d'esprit et intelligente. Ca ferait plaisir aussi à sa grand-mère n'est-ce pas ?
- Peut-être mais je l'aimerai pareil telle qu'elle sera, je sais bien qu'on n'a pas des enfants qui nous ressembleront forcément, je ne sais qu'une chose, un enfant a besoin du plus d'amour possible et d'une éducation pour devenir un adulte bien construit.
- Alors tu en sais autant que moi chéri, tu sais l'essentiel. Nous apprendrons ensemble et évidemment que moi aussi je l'aimerai pareil tel qu'il sera, fille ou garçon, rebelle ou obéissant. Nous aurons bientôt un enfant mon amour, fin juin, le vingt-huit peut-être naîtra notre bébé et la seule chose qui m'importe vraiment est qu'il soit en bonne santé.
- Tu penses que tu arriveras à supporter le voyage de retour ma chérie ?
- Il le faudra bien trésor, je dois rentrer avant Noël et surtout ne pas accoucher ici, ce serait trop dommage.
- Espérons que tes nausées ne durent pas trop longtemps.
- On verra mais ce n'est pas si pénible, ça vaut bien ce grand bonheur, c'est juste un désagrément mineur comme dirait Anthony. Souffrir un peu pour vivre ensuite un immense bonheur et une grande fierté, c'est génial !
- Alors nous allons tout de même jusqu'à Vérone avant de retourner à Brest pour embarquer ?
- Bien sûr mon Roméo ! Etre aussi près de Vérone et ne pas y aller serait le comble ! Ta Juliette voulait t'annoncer notre enfant dans cette ville symbolique, au moins on vivra la scène du balcon encore plus originalement car à trois désormais.
- C'est vrai, c'est génial, ça rend le mythe tellement plus optimiste ! Car si Juliette s'était sue enceinte, elle n'aurait pas osé avaler du poison qui pouvait nuire au bébé, Roméo ne se serait pas poignardé, ni elle et ils auraient vécu heureux ensuite.
- Alors le destin est encore bien fait, il fallait qu'on aille à Vérone à trois, pas de regret, génial !
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Anthony reçut une lettre à l'entête du cabinet Bradley ce lundi où Terry et Candy finissaient leur voyage de noces à Vérone. Il la décacheta en se demandant ce que son ex-patron lui voulait. Il le découvrit vite, John Bradley lui signifiait qu'il venait d'être investi par le duc de Grandchester pour le représenter à New York afin de récupérer par tous les moyens l'héritage qu'avait reçu Terrence à la mort de son père. Anthony ne prit pas cette nouvelle menace à la légère, le « par tous les moyens » était clair, Bradley n'était pas de ceux qui s'engagent dans une affaire sans gage de réussite et s'il osait user de ces termes c'est qu'il pensait avoir des arguments fiables. Mais Anthony sourit puis se leva, rangea la lettre, prit ses clef de voiture et partit à la maison chercher un dossier qu'il se félicita d'avoir emporté avant de quitter ce patron peu scrupuleux. Il repartit aussitôt pour les bureaux de son ancien patron. Quand il en ressortit une heure plus tard, il se sentait vidé de toute énergie. John Bradley n'avait pas accepté facilement de plier, les insultes avaient plu sur lui, il avait réussi à rester stoïque bien que certaines étaient immondes mais il n'avait pas voulu s'abaisser au niveau de ce gros homme suant de haine et de vulgarité. Mais il se sentait aussi soulagé, son geste avait payé et même s'il n'était pas fier d'avoir utilisé le chantage, il ne regrettait pas car c'était pour que sa famille de cœur soit encore en paix et heureuse. La seule chose qui l'ennuyait c'était qu'il devait garder secret tout ça, même à Dothy bien qu'il aurait voulu lui confier tout de lui, hélas, ce n'était pas toujours possible d'être limpide et droit.
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Terry était désolé pour Candy et priait pour que la tempête cesse et qu'ils arrivent vite à New York. Candy avait toujours ses nausées matinales mais elle avait aussi le mal de mer, son estomac subissait des épreuves chaque matin jusqu'à midi, même en restant à jeun, rien ne le calmait. Ensuite, quoi que le bateau tangue autant, ça cessait d'un coup, elle avait une faim de loup, faisait deux repas en un puis elle pouvait se promener, lire, s'adonner aux plaisirs amoureux et dîner encore d'un bon appétit, veiller tard. Mais dès six heures désormais le supplice recommençait et cette tempête depuis hier frisait l'insupportable. Quoi qu'elle lui dise la journée, Terry culpabilisait le matin que ce ne soit qu'elle qui doive subir les désagréments de la grossesse mais il ne pouvait rien faire de plus que ce qu'il faisait. Le troisième jour de mer houleuse, elle le chassa de la chambre pour fuir cette odeur aigre et il n'eut pas le choix. Alors il alla au salon pour écrire un poème pour elle et le bébé mais fut bientôt interrompu par un steward qui vint l'avertir qu'un bateau avait des avaries importantes à un demi-jour d'eux et que le commandant allait leur porter secours mais ça retarderait leur arrivée. Terry pensa à sa pauvre épouse mais il ne pouvait pas demander qu'on laisse des passagers en danger sur un navire juste parce que Candy avait des nausées. Il dit à l'homme qu'il comprenait et que si nécessaire on pouvait lui demander son aide dans cette épreuve. Quand Candy alla mieux, elle apprit cette nouvelle qui ne la désola pas et qui la porta aussi aux volontaires à aider en tant qu'infirmière. Heureusement il n'y eut pas besoin qu'elle soigne, personne n'était blessé mais il fallut accueillir sur le bateau une cinquantaine de passagers supplémentaires plus l'équipage et Terry dut donner son salon privé à un couple et ne se contenter avec Candy que de sa cabine. Une journée supplémentaire pour arriver à New York fut nécessaire et ils n'avaient pu prévenir personne, ils n'étaient pas sur le Mauritania puisqu'ils étaient partis de Brest pour éviter de retourner à Londres. Ce fut donc le seize décembre au lieu du quinze, à huit heures du matin, qu'ils débarquèrent.
Ils arrivèrent en taxi à la maison une heure après. Martha et Peter les accueillirent et les prévinrent qu'Anthony et Dothy étaient partis à Chicago depuis trois jours et leur demandaient de les appeler sitôt rentrés. Terry ne perdit donc pas de temps et appela Lakewood de son bureau pendant que Candy allait se rafraîchir et se changer. Elle finissait d'enfiler une robe en laine vert bouteille quand Terry déboula dans la chambre, les yeux rieurs et souriant.
- Devine ce que nous allons avoir comme autres beaux cadeaux pour Noël chérie ?
- Ils se marient ?
- Oui le vingt-et-un ! Mais pas seulement ! Ils ont adopté une petite fille, Rubis !
- La petite Rubis ? Oh ! Mais elle avait une maman ! Ça veut dire qu'elle est…
- Oui hélas, elle n'a pas survécu à sa maladie. Mais elle va avoir d'autres parents et des formidables !
- Oui, elle ne pouvait mieux tomber ! Et puis, elle a quatre ans, sans oublier sa mère, à cet âge c'est plus simple à vivre ce changement de parents !
- Oui et elle aura aussi Thomas comme frère pour la protéger ! Deux enfants déjà pour nos futur mariés ! Ils n'ont pas perdu de temps, nous n'en sommes qu'à un, à peine plus gros qu'un abricot ! Mais attends, ce n'est pas fini la liste de cadeaux, nous avons un nouveau pensionnaire à l'écurie, un poney qui se nomme Sucre d'orge et qui tient compagnie à Sultan et Stella. Anthony l'a acheté pour la petite Rubis. Il pourra aussi plus tard offrir ses premiers cours d'équitation à notre fille ou fils si je me suis trompé, enfin à nos enfants. Et pour finir en beauté dans les cadeaux, voici la cerise sur le gâteau : Albert est resté pour assister au mariage qui aura lieu à Lakewood et comme nous sommes les témoins il va falloir que nous repartions dans deux jours jusqu'à là-bas ! Tu penses que tu le pourras ?
- Dans deux jours, je serais bien reposée ! Bien sûr que je le supporterai, je n'aurai pas le mal de mer en voiture et pour rien au monde je ne voudrais ne pas y assister ! Tu leur as dit pour notre surprise à nous ?
- Non, j'ai préféré qu'on le dise ensemble là-bas.
- On va pouvoir aussi passer Noël avec toute la famille alors ! Mademoiselle Pony, Sœur Maria et les enfants seront forcément au mariage !
- Oui c'est aussi pour ça qu'ils le font à Lakewood, toute notre famille y sera. Si nous emmenons Martha, Peter et James, ce sera un Noël aussi magnifique !
- Oui mais et ta mère, Gino et Tristan, Philippe et Emma ?
- Ma mère pourra peut-être venir mais pour les autres…
- Oui c'est peut-être trop demander. Mais appelle ta mère tout de suite tout de même !
- De toute façon je comptais l'appeler pour lui dire que nous sommes rentrés et qu'elle va être grand-mère !
Elle le regarda repartir pour son bureau, elle mit les mains sur son ventre encore plat mais qui contenait le fruit d'un amour hors norme.
« Mon bébé si petit, tu as entendu ou ressenti tout ce bonheur autour de nous ? Le destin a gâté ta maman mon cœur, tu as le papa le plus merveilleux du monde et une grande famille déjà, quel bel avenir nous attend mon amour, il nous appartient, personne ne nous l'enlèvera, je te le promets ! »
Fin du chapitre 24
