« Nous l'avions rêvé » de Diogène

Chapitre 26 « Pour qu'une rose éclose » et épilogue

L'été s'annonçait plutôt joliment en ce vingt-huit juin 1920, le soleil brillait depuis quatre jours et comme le printemps avait été assez pluvieux, les légumes et les fraises du potager des Grandchester avaient déjà belle allure. Les fleurs paraient leurs plus vives couleurs, les roses Tendre Candy éclataient de blancheur et les roses Rubis bourgeonnaient. Anthony avait rajouté une rose fuchsia ourlée de violet pour la naissance du premier héritier Grandchester attendu d'un jour à l'autre. Candy était persuadée qu'il ou plutôt qu'elle, puisque le couple croyait toujours dur comme fer que ce serait une fille, arriverait aujourd'hui vingt-huit, multiple de sept et jour anniversaire de son père. Anthony, Dothy, Thomas et Rubis s'étaient donc installés depuis hier chez eux pour être certains de ne pas rater une miette de cet événement si attendu. Pourtant minuit sonna sans le moindre signe annonçant l'enfant chéri.

Le lendemain, Candy qui se sentait nauséeuse décida d'aller à la clinique demander l'avis du docteur Richard. Terry l'emmena avec Dothy ; Anthony avait un rendez-vous professionnel. Le brave docteur l'ausculta et ne vit aucun signe d'accouchement proche, son col utérin était bien fermé et le bébé n'avait pas descendu depuis la dernière visite huit jours plus tôt. Le couple rentra donc chez eux et Candy pensa qu'elle s'était peut-être trompée sur la date de conception : plutôt que fin septembre comme elle l'avait cru, cela avait pu se produire pour leur nuit de noces. C'était encore plus extraordinaire si c'était vrai mais étant donné leur destin incroyable, pourquoi ne pas espérer donc aussi que le bébé naisse le sept juillet ?

Quand Anthony revint, Candy lui expliqua tout cela et il ne douta pas qu'elle ait raison. Et donc, comme il restait six jours d'attente, il retourna chez lui avec Dothy et les enfants et s'octroya une journée de congé le sept juillet.

Le six au soir, Candy et Terry partirent à la clinique, la future mère avait des contractions toutes les trente minutes. Elle s'installa dans une chambre avec lui et ils attendirent que minuit arrive. Lorsque Stacy passa les voir à minuit trente, Candy tricotait calmement et Terry somnolait sur un fauteuil. Il était près de cinq heures quand Candy perdit les eaux et que le travail débuta vraiment. Le docteur Richard fut appelé et Terry prévint Dothy et Anthony. Ils arrivèrent vingt minutes plus tard, les enfants étant déjà mis en pension depuis la veille à la maison du bonheur sous la douce surveillance de Martha et Peter. Ils furent accueillis par Stacy qui leur dit que Candy était encore en phase de dilatation et Terry près d'elle puisqu'il comptait assister en intégralité à l'accouchement de son enfant. Les Brown connaissaient ce choix du couple et bien que l'agrément du docteur Richard ait été long à obtenir, il avait fini par se faire à cette idée inhabituelle, ses à priori se situant surtout dans la crainte d' une complication avec la parturiente, que le père ne pourrait rendre que plus compliquée à gérer. Etant un homme, il savait les hommes plus impressionnables que ces dames pour ces miracles de la nature, mais Terry lui semblait depuis longtemps à part avec ses idées égalitaires et rebelles. Cependant lorsque Candy, après une forte contraction dit à Stacy d'aller chercher Anthony et Dothy, il tiqua grandement.

- Tu veux nous transformer la salle de travail en salon de thé ma colombe ? Qu'as-tu d'urgent à dire à tes amis pour le faire aux portes de la délivrance ?

- Je voudrais qu'ils assistent aussi à la naissance docteur Richard, s'il vous plaît ?

- Eux aussi ? Mais enfin Candy, qu'est-ce que c'est que ces coutumes ? Ce n'est pas une pièce de théâtre un accouchement, tu ne vas pas y inviter toute ta famille !

- Non juste Anthony et Dothy en plus de Terry. C'est important docteur, Anthony est mon premier mari vous le savez et il a tant rêvé que j'ai un enfant, je voudrais lui offrir ce cadeau, Terry est d'accord !

Le bon docteur regarda Terrence qui tenait la main de Candy à ses côtés, semblant calme et hochant la tête. Il se dit qu'il était face au couple le plus incroyable qui soit et ne put que sourire d'admiration de tant de confiance et d'altruisme.

- Et je suppose que la dame doit aussi y assister pour soutenir son mari en plus d'être la future marraine ?

- Oui docteur et parce qu'elle est celle qui a rendu possible cette naissance !

- Bon… Si vous m'assurez tous de ne pas vous évanouir pour nous donner plus de travail encore à Stacy et moi, j'accepte deux invités encore mais pas un seul de plus !

Il avait froncé les sourcils pour la forme mais son sourire toujours aussi débonnaire contredisait son ton menaçant.

- Promis docteur Richard, approuva Terry avant d'embrasser le front de Candy qui soupira puis crispa la bouche en sentant la nouvelle contraction.

- Ça recommence déjà ! Oh, elle est plus forte…

- Ça a l'air d'être l'heure de la délivrance dans peu de temps ma colombe, bon va chercher nos invités Stacy ! Terrence, toujours sûr de tenir le choc ?

- Oui docteur, quoi que je ressente, je ne la lâcherai pas je vous promets ; si elle le supporte, je le supporterai aussi… au moins pour le mental puisque les douleurs ne peuvent être partagées.

- Non mais elle souffrira bien moins avec toi je crois, dit-il en souriant à nouveau de le voir si attentionné avec Candy, lui massant la nuque alors qu'elle se tenait son gros ventre de ses deux mains comme pour communiquer aussi avec l'enfant pendant cette contraction de signe d'arrivée imminente.

Dans la salle d'attente, Anthony et Dothy assis et se tenant la main, virent Stacy sortir de la salle d'accouchement puis leur dire que Candy et Terry souhaitaient qu'ils viennent voir le bébé naître. Le couple qui ignorait totalement ce souhait était sous le choc, surtout Anthony qui avait la bouche ouverte et bredouillait :

- Voir le bébé naître ? Mais… c'est… hein ?

Stacy confirma.

- Oui assister à l'accouchement, vous êtes d'accord ?

- Heu… je…

Dothy se réveilla la première, se leva et tira sur la main d'Anthony pour qu'il se lève aussi.

- Oui nous sommes d'accord Stacy, puisque c'est le souhait de Candy et Terry. Allez viens mon chéri, c'est un privilège à ne pas rater !

Anthony se laissa entraîner par sa femme comme un toutou, incapable de parler et le cœur palpitant comme un tambour. Mais peu à peu son cerveau imprimait cette information : Candy et Terry voulaient qu'il vive aussi ce miracle, c'était le plus beau cadeau possible et Terry lui offrait, quel homme ! Dès qu'il entra, il vit le beau tableau qu'il formait avec Candy qui bien que crispée sourit au couple. Mais elle n'arriva pas encore à parler alors Terry le fit à sa place.

- C'est pour bientôt nos chers amis, merci d'être venus accueillir notre petit ange de l'amour !

- Merci de nous le permettre ma douce, dit Anthony en se précipitant vers elle. Il embrassa son front puis serra le bras de Terry.

- Et surtout toi Terry !

- De rien, elle saura ainsi vite qui sont ses parrains !

Le docteur rit un peu.

-Toujours persuadés que ce sera une fille à ce que je vois ! Ca m'amuserait quand même de voir votre tête si finalement on voit apparaître un petit garçon !

- Ce sera le même bonheur : fille ou garçon docteur mais j'ai rêvé que c'est une fille et je crois en mes rêves, fit le futur père fièrement.

- En tout cas, Candy avait raison pour le sept, ne sommes-nous pas le 7 juillet doc ? dit Stacy en faisant un clin d'œil.

- J'avoue en effet que ce petit être va bien arriver le 7 car le col est grand ouvert, admit-il après avoir regardé sous le drap couvrant les jambes de sa patiente. C'est parti ma colombe, prends bien ta respiration car il va falloir commencer à pousser très fort.

Candy obéit mais la douleur devint plus forte et elle se crispa tant que ce fut un coup pour rien.

Les hommes n'eurent plus la mine fière et Dothy prit la parole pour la première fois depuis son arrivée.

- Ce n'est rien ma chérie, la prochaine fois sera la bonne, je ne peux pas te conseiller mais on m'a dit que c'était plus facile en étant moins couchée, la tête relevée. Qu'en pensez-vous docteur ?

- Cela dépend des femmes en fait, chacune doit choisir sa meilleure position ; j'en ai vu des préférer s'accroupir ou même rester debout en s'accrochant à quelqu'un ou quelque chose. Qu'en penses-tu ma colombe ?

Candy grimaça, sentant une douleur dans le dos fort désagréable mais elle put répondre avant la prochaine contraction.

- Non pas debout mais c'est vrai que j'ai mal au dos, je veux bien essayer de me relever un peu.

Terry comprit tout de suite et la souleva doucement pour que sa colonne vertébrale ne soit plus écrasée. Anthony mit l'oreiller sous ses lombaires, Stacy en sortit un autre d'une armoire et le mit sous ses épaules. Candy se sentit mieux pour respirer mais une contraction la fit se plier en deux et elle poussa de toutes ses forces en serrant les dents. Chacun des hommes, en communion la maintint par une épaule et la tête. Anthony tenta de la motiver.

- Pousse ma douce ! Souviens-toi , cette souffrance a but de te donner le plus grand des bonheur ! Bientôt, elle sera là, dans tes bras, en vrai ! Tu l'attends depuis si longtemps ma chérie ! Je suis si fier et heureux d'assister à ce miracle !

Terry rajouta :

- Oui mon amour, cette douleur que tu subis seule, te permet de faire venir notre enfant de l'amour, merci tellement mon ange de me faire père, rien n'est plus beau !

- Oui, tu sais que je t'envie un peu ma belle, poursuivit Dothy en lui caressant le ventre par dessus le drap, mais tu m'offres un autre moyen de connaître ce que plein de femmes vivent, merci infiniment.

Candy sentit ses yeux pleurer, la douleur était forte mais tant de soutien la rendait plus supportable. Pourtant le docteur Richard la découragea lorsqu'il conclut après examen :

- C'est encore raté ma colombe, il va falloir pousser plus fort encore.

- Plus fort ? Oh !

Elle ne s'imaginait pas le pouvoir, il lui fallait de quoi trouver plus de force, elle pensa à ce qui l'aiderait sûrement.

- Terry, j'ai besoin de toi, appelle ta fille pour qu'elle vienne vite, chante-lui quelque chose !

Celui-ci fut surpris, il regarda Anthony qui sourit en haussant les épaules puis dit :

- Cela te donne l'occasion de découvrir déjà si ta fille sera aussi une admiratrice de ta voix de stentor !

- Heu… oui je vais essayer mais… que veux-tu que je chante Candy ?

- La chanson que tu as écrit pour notre… mariage !

Le futur papa tenta de se souvenir de son texte qu'avait chanté la voix puissante de madame Jackson, quelques mots sortirent de la sienne, blafarde et tremblante ; Candy n'entendit pas grand chose, une nouvelle contraction faillit la faire hurler, elle mordit sa lèvre. Anthony le vit et lui dit :

- Ne te retiens pas de crier Candy, tu dois libérer ta douleur, tu es forte mais tu n'as pas besoin de lutter contre ça !

- Non, je ne veux pas crier, j'ai mal mais ma fille ne naîtra pas en m'entendant hurler mais… en entendant son père chanter !

Terry se sentit alors idiot de ne pas oser, Candy ne pensait qu'à offrir un accueil merveilleux au bébé et lui se sentait inutile. Alors il reprit d'une voix sûre, plus forte et grave son chant d'amour à ses deux amours. Candy sentit alors le moment pour essayer de pousser, Terry lui donnait le rythme, elle inspira un grand coup et poussa, maintenue par les deux mains solides de ses hommes et toujours celle de Dothy sur son ventre. Le docteur Richard l'encouragea aussi.

- Cette fois c'est la bonne ma colombe, pousse de toute tes forces !

- Je la sens bouger ! s'exclama la styliste en palpant sous le drap.

- En effet, ce bébé semble bien engagé, ça a l'air de fonctionner ce chant des sirènes alors, il faudra que je le teste à une autre parturiente et un mari volontaire !

Candy reprit son souffle, elle se sentait écartelée mais fière d'elle et de Terry. Dothy la regardait avec admiration, Anthony réalisait aussi comme son épouse l'avait préféré à la possibilité de mettre au monde un enfant, non pas qu'il le découvrait à l'instant mais le reconsidérait pleinement. Et lorsque Dothy croisa son regard, elle lui sourit encore plus amoureusement, ce qui l'émut fortement et une larme coula sur sa joue. Mais la nouvelle contraction de Candy mit fin à ses pensées, elle laissa échapper un râle entre ses dents en poussant fortement et serrant le poignet de Terry qui la maintenait sans cesser de chanter malgré sa peine de ne pouvoir en faire davantage.

- Mon Dieu, ça fait trop mal, gémit Candy, je ne vais pas y arriver, je n'en peux plus !

- Mais si , mais si ma colombe, fit le docteur après avoir levé le drap et souriant ; je vois la tête, tu y es presque, encore une ou deux poussées et ton bébé verra le jour !

- Oh, c'est vrai ? Mon Dieu, donnez-moi la force !

Terry pleurait, Anthony avait du mal à se retenir aussi, Dothy renifla mais entonna le « Oh Happy Day » du mariage, Terry se secoua et reprit le refrain, Anthony suivit de sa voix de fausset et Stacy se dit qu'elle pouvait aussi chanter que ce jour était heureux. Candy sentit alors un souffle l'envahir, elle avait une chance incroyable de mettre au monde son enfant entourée de sa famille, elle n'allait pas flancher maintenant ; elle poussa en sentant son bassin s'écarter atrocement, enfonçant ses ongles dans le bras de son mari et celui de son frère de cœur, en ouvrant des yeux immenses et larmoyants, puis elle s'affaissa dans les bras des hommes, alors que le docteur se pencha et tira un être sanguinolent qui poussa un cri perçant.

- C'est en effet une fille ma colombe ! Et elle a l'air de vouloir chanter avec son père !

- Oh ! Mon Dieu !

- Quelle merveille !

- Une fille ! Rosemary !

Chacun eut sa réplique, tous étaient en larmes, tous sentaient un bonheur plus grand que tout ce qu'ils avaient connu, la grâce les avaient touchés. Et lorsque le docteur posa le bébé sur le ventre de sa mère, ils virent ses petites mains, ses pieds mignons, son minuscule nez, son ventre rond, sa tête rouge mais parfaite. Le docteur les rassura aussi.

- Oui elle m'a l'air réussie ! Il faut couper le cordon, vous voulez le faire Terrence ?

- Moi ? Je…

- Oui mon amour, fit Candy éplorée et si heureuse, n'aies pas peur, coupe comme te le montre le docteur, ce n'est pas douloureux, ni pour elle ni pour moi, c'est comme quand on coupe les cheveux ou les ongles.

Terry prit le ciseau mais sa main tremblait un peu. Il regarda Anthony qui pleurait, en extase devant le bébé. Il lui prit la main.

- Aide-moi parrain !

Il avait murmuré, Anthony s'éveilla et posa sa main sur celle de Terry puis ils coupèrent ensemble le cordon. Candy caressa la tête de sa fille, elle avait des cheveux mais pour l'instant on ignorait la couleur. Elle fut pourtant presque sûre qu'ils seraient bruns et qu'elle avait la bouche de Terry.

- Ma petite fille ! Ma Rosy ! Ma Rosemary ! Bonjour Rosemary Eléonore Grandchester ! Je t'aime si fort tu sais mon petit amour !

Terry posa aussi sa main sur son petit corps, il sentit une brûlure immense dans son cœur.

- Je t'aime aussi immensément fort ma fille, mon trésor, ma Rose d'amour ! Merci la vie pour ce cadeau, merci Candy, je suis si heureux ! Merci docteur ! Merci monde merveilleux !

Anthony enchaîna :

- Moi je suis ton parrain, Rosemary chérie et je t'aime aussi énormément. Tu as le prénom de ma mère, elle était belle et douce, tu seras encore plus belle, tu es la fille d'un ange et d'une étoile filante. Je jure de te protéger toujours ma filleule adorée. Merci pour ce cadeau la vie !

- Bonjour jolie Rosemary, poursuivit Dothy très émue aussi. Je suis ta marraine, avec ton parrain nous avons deux enfants qui ont hâte de te voir, nous te donnerons tout plein d'amour et te protégerons toujours aussi ma toute belle ! Bienvenue dans notre monde où les rêves se réalisent !

Le docteur Richard finit par verser sa larme aussi vu ce touchant spectacle mais décida ensuite de procéder au nettoyage du bébé et de l'examiner mieux. Stacy s'occupa de Candy qui venait d'évacuer le placenta ; la délivrance achevée, elle lui fit un peu de toilette. En simultané, à la demande de son épouse Terry nota sur un carnet ce que le docteur disait.

- Elle pèse trois kilos cinq, c'est un beau bébé. Elle mesure cinquante cinq centimètres. Le cœur bat très bien, elle a dégagé ses voies respiratoires toute seule, elle a crié à dix secondes, elle a serré mon doigt, les muscles fonctionnent, elle a des réflexes normaux, des cheveux fournis bruns, les yeux semblent bleus et parfaits mais on verra plus tard pour la couleur définitive. Tout va bien Candy, c'était vraiment un accouchement facile et sans problèmes comme je les aime. Ah, j'oubliais ! Il est… il sortit sa montre à gousset et fit des yeux ronds. Incroyable ! Donc, Rosemary Eléonore Grandchester est née le 7/7 1920 à 7 heures 35 à la clinique de Harlem à Manhattan, ville de New York, Etats-Unis d'Amérique !

Terry, Candy, Anthony et Dothy se regardèrent, ayant la même pensée : ce 35 étant le résultat de cette multiplication du 7 par 5, le carré avait produit ce cinquième élément, ce fruit, cette rose née de l'amour et la sagesse. Mais chacun garda sa conclusion pour lui, le docteur et Stacy ne pourraient en comprendre autant, ça sortait du domaine cartésien mais pour les deux couples, les preuves parlaient d'elle même sur leur destin incroyable.

Le docteur Richard finit d'essuyer la petite puis vint la rendre à sa mère.

- Donnez-la à son père docteur !

Terry n'en mena pas large mais obéit et se sentit bientôt encore plus heureux avec sa fille dans les bras.

- Elle est si légère mais si précieuse ! Tu es belle comme un cœur de rose ma Rosy ! Oh ! Candy ! Tu nous as crée une œuvre d'art ! C'est toi la plus grande artiste de la famille !

Les larmes coulant toujours à flots de ses yeux, la jeune maman grava cette image dans sa mémoire éternelle: son plus grand rêve avait eu lieu, enfin elle était mère, elle qui n'avait pas connu la sienne, elle sentait un amour si intense, un bonheur inimaginable, cette fois elle était complète, elle était femme et mère, sa vie ne s'arrêterait plus jamais, l'éternité lui appartenait ainsi qu'à Terry devenu père, leurs deux sangs ayant crée une vie qui les prolongerait pour toujours dans l'avenir.

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Quelques jours plus tard, Rosemary rencontra sa grand-mère Eléonore, son grand-père Albert, Archie et Annie avec leurs deux fils : Jordan et son petit frère Julian né en mars. Un défilé d'amis suivit pour admirer la merveille ; Becky Taylor qui avait aussi accouché en décembre dernier d'un garçon prénommé Gary en fut, Gino et Tristan vite gâteux de la princesse que le peintre s'empressa de faire le portrait, Susanna Marlowe, Marie Conrad, Philippe Berthier et Emma Powers qui faisaient encore mentir ceux qui pensaient qu'un tel couple ne pouvait durer.

Les jours passant montrèrent que le bébé avait hérité de la couleur des yeux de son père, de ses cheveux et en comparant les photos d'Eléonore, une troublante ressemblance des deux bébés. Candy était fière que son désir soit aussi récompensé.

Le baptême fut célébré le lendemain à Harlem par le révérend Jackson car Albert repartirait début août en Afrique et on ne savait pas quand pouvoir à nouveau réunir toute la famille et les amis. Rosemary avait 14 jours puisqu'on était le 21 juillet, un jour clef encore. Tout le monde était vêtu de blanc, la belle robe brodée qu'avait créée Dothy pour sa filleule faisait sensation ; le blanc symbole d'innocence, de paix et de lumière. Anthony avait fait des bouquets composés de fleurs blanches: ancolies, lys, arums, centaurées, chèvrefeuilles et bien entendu quelques roses Tendre Candy insérées. L'église d'Harlem n'avait jamais été si fleurie et blanche. Lorsque la cérémonie fut finie, tous furent conviés à un repas au cabaret transformé en restaurant ce dimanche d'été. La petite avait reçu une médaille de Marie par sa grand-mère, Eléonore était si fière et gaga de sa petite fille qu'elle ne pensait qu'à lui acheter plein de choses, ce qui faisait sourire ses parents mais qui cherchaient à lui faire renoncer avec tact chaque nouvelle idée d'achat. Albert avait aussi pris son rôle de grand-père à cœur, une jolie gourmette avec son prénom et une gravure de rose ornait le délicat petit poignet du bébé et il avait déjà rajouté son nom à l'arbre généalogique de sa famille ainsi que dans les actionnaires de la banque André pour lui offrir un petit pécule en plus à sa majorité. Les parrains et marraines avaient offert le trousseau et Anthony avait planté avec Terry le jour de sa naissance un jeune arbre sur la colline, un cerisier japonais qui grandirait en même temps que Rosemary.

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Epilogue

« Pour qu'une rose éclose

Il faut beaucoup s'aimer

La patience récompense

Les cœurs bien entraînés

Ainsi naîtra la jolie rose

Pour qu'une rose éclose

Il faut aussi rêver

Au fruit de la passion

Cueilli à maturité

Ainsi germera la tendre rose

Pour qu'une rose éclose

Il faut bien l'arroser

D'une pluie de baisers

Souvent la caresser

Ainsi fleurira la chère rose

Pour qu'une rose éclose

De soleil la réchauffer

En toutes saisons

Beaucoup l'embrasser

Ainsi grandira la belle rose »

Poème de Diogène

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Terry avait parfois un peu d'angoisse dans son nouveau rôle, Rosemary qu'il appelait souvent Rosy était si fragile, si petite dans ses bras mais pourtant jamais plus grosse responsabilité ne lui fut donnée ; il voulait être un papa parfait, il n'avait pas d'exemple à part Archie et Anthony ; il se laissait porter par son cœur et participait de moitié à tout ce qu'il fallait faire pour prendre soin d'un bébé comme changer ses langes, la baigner ou lui raconter déjà des contes et poèmes de sa voix censée douée pour ça, comme de pousser le landau dans les promenades. Il appréhendait maintenant de devoir la quitter dans quelques jours pour commencer à monter sa nouvelle pièce. Il avait traduit lors des trois derniers mois de grossesse de Candy où elle avait arrêté de travailler, une pièce française de Georges Feydeau intitulée « La puce à l'oreille », avec l'aide d'Anthony souvent puis proposé ce projet à son producteur qui n'avait pas encore accepté de le financer d'ailleurs, doutant du succès de ce genre-là à Broadway. Mais Terry, poussé par Candy et Anthony qui lui proposa même d'en financer une partie par la vente de son appartement, ne pouvait pas renoncer avec tant de foi en lui de sa famille. Seulement il savait qu'il devrait cette fois gagner de l'argent de cette pièce, Cyrano avait juste couvert les frais faute d'avoir écourté la tournée de deux mois, cette fois il devait renflouer son compte où l'avenir serait plus difficile. Il avait aussi écrit pas mal de poèmes ces mois, l'inspiration avait été riche dans son bonheur d'époux et de futur père. Candy lui avait suggéré de les faire éditer, d'abord il s'était opposé à l'idée de partager avec des étrangers cette intime émanation de lui, puis l'idée s'était acheminée ; il avait alors relu toutes ses créations, certaines lui semblaient possiblement lisibles pour d'autres âmes poétiques en attente de partages d'expériences positives. Comme lui avait dit Gino le jour de sa majorité : tout était recyclable, joies ou peines, bonheurs ou malheurs, tout pouvait être transformé en art, en esthétisme et apporter à d'autres un peu d'utilité ou de plaisir. Alors il avait apporté un échantillon de dix poèmes à un éditeur de Brooklyn pour avoir un avis, celui-ci le rappela dès le lendemain pour lui dire qu'il aimerait en lire davantage puis une fois une vingtaine d'autres lus, de publier de sa maison un ouvrage de son nom. Terry lui avoua alors qu'il souhaiterait utiliser un autre nom pour publier ses poèmes, au moins pour la première fois car il ne voulait pas qu'on l'achète juste par curiosité pour l'acteur. L'éditeur fut alors moins emballé mais comme Terry lui assura qu'il ne changerait pas d'avis, soit il publiait un premier ouvrage sans s'aider de sa célébrité d'acteur, soit rien du tout, il finit pas accepter ce défi en espérant ne pas se tromper. Ce premier recueil de poème intitulé : « A tire d'Elles » signé Ryan Scody, anagramme de CandyRosy, ses deux princesses, ses Elles, devrait sortir en parution début septembre en principe et Terry se disait que si ça ne marchait pas, ça prouverait au moins que ses poèmes n'étaient faits que pour lui et ses muses, donc il n'était pas vraiment inquiet en comparaison de sa pièce. Mais pour le moment il était serein, ses projets n'étaient pas l'essentiel, Candy lui avait donné une petite fille magnifique et c'était son jour de baptême, un jour merveilleux. Demain donnera ses réponses…

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Anthony regardait Thomas qui expliquait à Albert comment il avait gagné son match de base ball avec son équipe le mois dernier. Rubis était si jolie avec sa robe blanche crée par sa mère, les grosses manches ballons ornées de gros nœuds papillons rose pâle et ses cheveux bruns joliment bouclés en deux couettes lui faisait penser à Candy petite. Il était fier de sa famille, depuis son mariage tout avait été du bonheur, Dothy ne cessait de le séduire, c'était bien l'épouse idéale en tous points. Les seuls points noirs à son bonheur étaient d'ordre professionnel avec un procès pour le mois prochain qui devait enfin condamner son ancien patron John Bradley à ce qu'il méritait après ses malversations et surtout sa tentative de meurtre sur lui la veille du nouvel an et qui l'avait épargné de la mort seulement grâce au destin lui ayant donné Terry comme ami, comme frère unique. Ce procès où il serait l'avocat de la victime donc de lui même, il s'y préparait depuis six mois, il avait un dossier solide et ne voyait pas comment Bradley pourrait se sauver de son destin d'aller en prison pour un certain temps même s'il était libre grâce à une caution depuis que sa plainte avait été portée au juge. Pourtant toute la satisfaction qu'il avait ressentie en montant ce dossier avec l'idée de rendre justice et faire payer à son ancien patron toutes ses mesquineries, faisait place maintenant à l'angoisse et la peur d'avoir surestimé ses capacités et que l'avenir soit à jamais le prolongement de ce procès et de toutes les conséquences qu'il n'avait pas envisagées au départ. Car en fait, le dossier de corruption qu'il avait subtilisé à Bradley pour se garder de lui au cas où, cachait un bien pire secret encore. C'est son ami le commissaire Rogers qui avait mené l'enquête avec lui qui avait trouvé lors d'une perquisition chez Bradley que cet avocat réputé et aux tarifs onéreux était un membre du Klu Klux Clan, cette organisation raciste et criminelle sévissant depuis longtemps aux Etats-Unis. Cette organisation longtemps cantonnée dans le Sud avait hélas retrouvé un gros souffle pendant la guerre mondiale, le président Wilson la tolérait discrètement dans son gouvernement sous conditions de ne pas prôner ni faire violences pour inciter les noirs à aller se faire voir ailleurs et surtout ne pas espérer autant de droits que les blancs. Bradley avait bien montré son racisme devant Anthony mais pas au point de deviner qu'il était un membre éminent du klan et qu'il avait participé à un lynchage en 1917 à Philadelphie. Anthony n'avait pas de preuves concrètes de cela mais sa révolte d'un tel crime était devenue forte, il avait plein d' amis noirs désormais, mais même sans cela il n'aurait pas accepté cette idéologie stupide et inégale bien sûr, mais en ayant choisi de s'installer professionnellement à Harlem afin d'aider ce quartier comme l'avait commencé son ami idéal, il se sentait donc encore plus déterminé à faire que Bradley paie aussi pour ses actes racistes criminels même si c'était pour d'autres actes qu'il serait condamné. La conscience d'Anthony était soumise à dure épreuve, il espérait qu'une fois finie cette mission, il aurait la force et les moyens de trouver comment démanteler le klan à New York, voire si le destin l'y aidait, le faire interdire. Enfin, il se sentait petit pour si grande œuvre mais comme disait Terry, ce n'était pas parce que c'était difficile qu'il ne fallait pas essayer. Il était déjà soulagé que le duc de Grandchester ait définitivement renoncé à vouloir récupérer l'héritage de Terry, le renoncement de Bradley ayant démotivé ses ambitions en ajout d'une nouvelle lettre plus exhaustive des conséquences en mauvaise publicité à son encontre. Il y avait du gros ouvrage devant Anthony mais il était soutenu, aidé et compris comme jamais. Et pour l'instant il était justement avec tous ceux qui œuvraient pour rendre le monde meilleur et il devait en profiter sans se soucier de demain. Demain est un autre jour.

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Dothy était fière de voir ses enfants si épanouis. Thomas tenait son rôle de grand frère à cœur, quel gentil petit garçon et si intelligent. Il allait entrer au collège en septembre, un collège réputé à New York et Rubis commençait à lire et écrire grâce aux leçons d'un précepteur efficace. Elle, continuait à travailler, en tant que styliste et couturière uniquement et donc chez elle, la boutique tournait grâce aux deux vendeuses. Ainsi elle combinait sa vocation et l'envie de bien profiter et éduquer ses enfants cadeaux du destin. Et l'amour la rendait encore plus imaginative, elle avait mis à la mode une robe blouse ample et courte d'été, après celle de soirée en lamé que Candy avait inauguré à son anniversaire, ses modèles avaient du succès. Anthony travaillait aussi beaucoup mais rentrait tôt en fin d'après-midi pour participer aux activités avec les enfants et elle ; les dimanche étaient aussi riches en échanges, chez les Grandchester souvent, jamais ennuyeux ni tristes. Elle était fière d'Anthony, il était plus angoissé depuis quelques jours, elle le massait pour le détendre chaque soir au coucher, ça finissait souvent en plus coquin, à leur grand bonheur, le temps ne faisant qu'embellir et renforcer leur entente de tous bords. Seul un nuage était apparu récemment, elle avait reçu une lettre de son ex-mari, il voulait la revoir pour s'excuser d'avoir été stupide, il disait qu'il avait changé et qu'il n'avait toujours aimé qu'elle. Vingt ans après leur divorce, alors qu'il n'avait jamais donné signe de vie, voilà qu'il réapparaissait ! Bien sûr, elle ne risquait pas de le croire et le reprendre, il devait avoir eu vent de sa réussite, il voulait lui soutirer de l'argent mais cette fois il pouvait toujours courir. Ce qui la tracassait c'était de le dire à Anthony, seule Candy le savait pour le moment, elle comptait bien évidemment lui dire mais espérait que cette lettre reçue ne donnerait jamais de suite. Candy n'était pas d'accord, elle avait raison, Dothy décida de le dire à Anthony dès demain, aujourd'hui c'était leur jour choisi pour parrainer le petit ange que le ciel leur avait confié à protéger. Demain, il sera temps…

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Candy qui dans sa belle robe blanche arborait sa silhouette mince et sa mine resplendissante quatorze jours après son accouchement, contemplait sans se lasser sa fille, cherchant dans ses premiers sourires encore des ressemblances avec son père et cette fierté et complétude qui la transperçait depuis ne la quittait plus. Etre mère était un tel nouveau bonheur et plaisir, la nourrir de son sein, prendre soin d'elle, embrasser sa peau douce et lui répéter qu'elle l'aimait de tout son cœur et la chérirait toujours, rien n'avait de comparaison à ce rôle si merveilleux mais n'en avait pas pour autant diminué celui d'épouse, elle en aimait depuis encore plus son unique et incroyable époux pour ce si beau cadeau. Elle espérait bien en avoir d'autres, un petit garçon surtout, elle avait hâte de cet avenir merveilleux encore. Et puis, elle pourrait reprendre en partie son métier bientôt, d'abord pour l'administratif et quand Rosy serait sevrée, l'infirmière pourrait concilier travail et famille raisonnablement. Elle était aussi fière d'avoir pu faire rentrer Mélissa son infirmière si douée à l'école de médecine, pour devenir médecin au meilleur des cas et peut-être plus tard succéder au docteur Richard à la clinique de Harlem. Stacy et les deux autres infirmières assuraient en attendant tous les soins mais une nouvelle recrue ne serait pas de refus si quelqu'un voulait pourvoir l'annonce. Avec tout ce qui avait déjà été accompli et en voie d'accomplissement avec Anthony, on ne pouvait que se sentir fier et prêt à poursuivre ce projet commencé par Terry, son monsieur T si extraordinaire. Mais Candy avait aussi hâte d'aller montrer sa merveille de fille de son merveilleux époux à ses deux mamans, ils iraient passer Noël à Lakewood et à la maison Pony dans cette intention. Albert ne serait peut-être pas là mais il lui avait confié son secret il y a trois jours, qu'elle ignorait jusqu'alors et que seul Anthony connaissait. Son père adoptif avait aimé une jeune fille à seize ans, la fille d'une servante de Lakewood. Sa tante Elroy avait renvoyé la mère et la fille en le découvrant, ce qui avait aussi donné à l'héritier André une raison de plus pour fuir devoir et raison longtemps et tenter de retrouver Nancy. Et il avait enfin trouvé une piste en Afrique du Nord, par l'entremise d'un ami, le père d'Ali qu'il avait emmené avec lui l'année dernière en Amérique pour se perfectionner en médecine vétérinaire. Elle aurait vécu à Oran en Algérie semble-t-il et Albert avait donc hâte de repartir en Afrique pour tenter de la retrouver enfin. Candy était heureuse à l'idée que peut-être un jour, son nomade de père aurait envie lui aussi de fonder une nouvelle famille et apporter encore du bonheur à celle déjà construite. C'était à la fois difficile d'imaginer son père et éternel ami s'installer en sédentarité mais pas impossible, il l'avait dit : les voyages formaient la jeunesse mais ne faisaient pas le but d'une vie. Il lui avait aussi appris que Daniel Legrand avait écrit de Miami pour lui demander un travail à la banque André en vue de se marier. Après deux mois de désintoxication, il était parti chez ses parents en Floride, on n'avait plus eu de nouvelles puis cette demande. Albert voulait lui laisser une chance, Archibald était plus réticent, Annie avait demandé de procéder à un vote pour décider suivant la majorité. Candy avait choisi de lui laisser une chance, Terry et Anthony n'étant pas étonnés de son choix décidèrent de le respecter et Daniel eut donc l'autorisation de revenir à Chicago et d'intégrer un poste de stagiaire assistant dans un premier temps à la banque André puis suivant ses capacités de gravir les échelons peut-être. Le temps dirait donc si Daniel voulait vraiment vivre honnêtement et sainement, la grand-tante Elroy était en tout cas contente de le revoir vivre près d'elle les premiers temps. Il y avait aussi Tom et son épouse Betty qui attendaient un heureux évènement, son ami d'enfance comblait aussi ainsi mademoiselle Pony et Sœur Maria.

Tout n'était donc que soleil dans la vie de Candy depuis qu'elle avait accepté de vivre son destin rêvé, elle savait bien qu'il y aurait des nuages et des peines encore, le bonheur calme ne pouvait durer toute une vie mais désormais avec une si grande famille, il n'y aurait plus jamais la solitude des lendemains déserts, demain serait ce qu'il sera mais il sera construit sur un présent solide et heureux. Demain… se réaliseront les rêves d'aujourd'hui !

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Postface

J'avais rêvé d'un amour ambitieux et sans limites, j'ai repoussé les barrières, fait voltiger les préjugés et poussé fort la porte de mes audaces pour créer cette idéale histoire où mes rêves de liberté, d'amour, d'amitié, de générosité, de tolérance, d'esthétisme et d'érotisme prenaient vie. J'espère que mon rêve a pu être le vôtre comme il a été le rêve de Terry et Candy, d'Anthony et Dothy, d'Albert, de Philippe et Emma, de Gino et Tristan, de Susanna et Michael, de Becky et Christopher, d'Archibald et Annie, de mademoiselle Pony et Sœur Maria, du docteur Richard, du révérend Jackson et son épouse, de Stacy, de Mélissa, d'Abraham, de Lola Rossinella, d'Ali, de James, de Martha, de Peter, de Thomas, de Rubis, de Rosy, de Sultan et Stella, de Sucre d'orge… Il sera encore un rêve dans l'avenir que je vous laisse imaginer seuls. A moins qu'un jour je poursuive le rêve de moi-même si l'inspiration revenait me hanter… Merci d'avoir été au bout de nos rêves chers lecteurs et lectrices !

Cette fiction débutée en 2003 a été achevée en août 2016, Diogène.

FIN